le monde-diplomatique.fr analyse l’économie algérienne

Posté par algeriedemocratie le 12 décembre 2008

 

À L’OMBRE DE LA GUERRE,UNE SOCIÉTÉ EN MIETTES

L’économie algérienne menacée par la mafia politico-financière

« J ’AI abandonné l’université il y a trois mois. Il ne me restait pourtant que deux semestres pour obtenir mon diplôme d’ingénieur. Mais à quoi bon ? J’en avais assez des alertes à la bombe dans le train entre Alger et l’université de Bab Ezzouar. Assez des cours annulés faute d’enseignants. Et puis surtout, mon frère m’a proposé de travailler avec lui. Il a créé une boîte d’import-export et ça marche bien. En un mois, je gagne en moyenne plus de 90 000 dinars (9 000 francs). C’est mieux que le meilleur ingénieur du pays. C’est même mieux, paraît-il, qu’un ministre… »

En tenant ces propos, Hamid, un jeune Algérois au visage anguleux, ne cherche pas à provoquer. Il est simplement représentatif d’une génération. Celle des nouveaux hommes d’affaires, des jeunes qui investissent dans le commerce mais de façon plus organisée et plus légale que leurs prédécesseurs, les fameux « trabendistes » ou contrebandiers. Si ces derniers multipliaient les allers-retours avec l’Europe, le Maroc ou la Tunisie pour acheter des marchandises et les revendre, le tout dans une organisation précaire largement dépendante de l’octroi de visas ou du bon vouloir des douaniers, leurs successeurs ont, eux, découvert la légalité – ils ont un registre de commerce et paient leurs impôts, ils utilisent la télécopie, Internet, les lettres de crédit et surtout l’importation par conteneurs.

« Le trabendo, la galère du cabas, tout cela, c’est terminé, poursuit Hamid. Aujourd’hui, quand on se déplace à l’étranger, c’est pour rencontrer des fournisseurs ou négocier avec des banques. C’est pour cela que les gens instruits ont moins honte de faire du commerce. »

La libéralisation du commerce extérieur en 1994 et son ouverture au secteur privé ont ainsi permis la création de plus de trois mille sociétés d’import-export . En 1997, les « privés » algériens ont importé pour près de 2 milliards de dollars grâce à la convertibilité commerciale du dinar. En Algérie, le génie populaire désigne ces entreprises commerciales par l’expression de « sociétés d’import-import ». Une manière comme une autre de pointer le fait que ces nouveaux entrepreneurs sont bien incapables d’exporter et de se frotter à la concurrence internationale, mais, surtout, qu’ils ne font, ni plus ni moins, que gaspiller les réserves nationales en devises étrangères.

« Exporter ? demande Hamid. Exporter quoi ? Pour exporter, il faudrait qu’il y ait des usines qui tournent dans ce pays. Une production autre que celle des hydrocarbures ou des dattes. Personne n’a encore envie de se lancer dans la fabrication. Le meilleur moyen de faire de l’argent en Algérie, c’est le commerce. Même ceux qui ont des usines préfèrent les fermer et se reconvertir en importateurs. » Abasourdis par plusieurs années de violence, les Algériens découvrent donc avec fatalisme ces milliardaires de la guerre qui n’éprouvent aucune gêne à exhiber leurs signes extérieurs de richesse.

« Les nouveaux modèles de berlines de luxe allemandes circulent déjà à Alger avant même d’apparaître en France ou en Italie, s’indigne un enseignant. Il y a eu une période où les gens avaient peur de montrer leur richesse. Mais, depuis quelques mois, les groupes terroristes sont moins actifs dans les grandes villes, et les belles voitures réapparaissent, tout comme des fêtes somptueuses sont à nouveau organisées. »

Mais cette libéralisation du commerce extérieur, fierté des fonctionnaires du Fonds monétaire international (FMI), n’est pas aussi réussie qu’il y paraît. Si n’importe quel opérateur privé peut, en théorie, importer des marchandises, il est des domaines auxquels il vaut mieux ne pas se frotter.

« Les monopoles publics ont été remplacés par des monopoles privés proches des cercles du pouvoir. Il est inutile d’essayer d’importer des produits alimentaires, des médicaments ou des matériaux de construction. Tout le monde sait qu’il y a des gens incontournables sur ces marchés et qu’il vaut mieux, pour sa propre sécurité ne pas s’en approcher », reconnaît un employé de la chambre de commerce d’Alger.

Des entreprises publiques mises à sac

LES fournisseurs français savent ainsi qu’il vaut mieux ne pas essayer de multiplier les contrats et qu’il leur est hautement conseillé de ne traiter qu’avec un seul interlocuteur. « Je mets au défi n’importe quel opérateur algérien anonyme d’importer du sucre ou du ciment français. Au mieux, il recevra un refus poli du fournisseur », poursuit l’employé de la chambre de commerce d’Alger. Quant au pire, les responsables de sociétés algériennes d’« import- import » sont capables de fournir des dizaines de récits qui laissent songeurs. Un jeune importateur oranais a ainsi vu sa cargaison de sucre déclarée impropre à la consommation par des services portuaires à la mauvaise foi évidente. D’autres opérateurs ont eu moins de chance : les Algériens sont persuadés que certains assassinats attribués à des groupes islamistes armés sont liés à des affaires de rivalités en matière de commerce international.

« C’est clair qu’il faut trouver une niche qui n’éveille pas l’appétit des plus gros. L’informatique, les composants électroniques, les accessoires d’automobile en sont quelques-unes », explique Hamid. Mais le problème est que les gros importateurs sont insatiables. Et localiser les bonnes affaires leur est d’autant plus facile qu’ils disposent d’informateurs au sein de toutes les administrations, notamment portuaires et douanières.

« Au départ, l’importation de canettes de bière européenne était pratiquement ouverte à tout le monde. Et puis le fils d’un général à la retraite a décidé que ce marché devait lui revenir de manière exclusive. Comme par hasard, les autres importateurs ont commencé à avoir de graves problèmes avec l’administration, et certains ont perdu toutes leurs cargaisons. Le signal était clair », raconte un cadre de l’Entreprise du port d’Alger.

Dans cette conjoncture où des intérêts privés tentent de prendre le contrôle de l’économie, avec la complicité, on ne le répétera jamais assez, des institutions internationales qui feignent de ne pas connaître la réalité de la situation, la question de la privatisation des entreprises publiques se pose avec beaucoup d’acuité.

« Comment privatiser sans brader ? Comment faire en sorte que les entreprises vendues ne soient pas dépecées ? », se demande ainsi un haut fonctionnaire algérien.

« Il est normal que l’Etat algérien se désengage des activités où le secteur privé peut mieux faire. Mais la privatisation totale ne doit pas être envisagée. Il existe des entreprises publiques qui sont capables de résister et de fonctionner dans un environnement concurrentiel. Qu’on nous donne simplement les moyens de lutter à armes égales avec le privé ou les entreprises internationales », affirme-t-on auprès de l’Union nationale des entrepreneurs publics (UNEP), l’une des rares organisations à tenter de défendre encore l’idée d’une économie mixte.

Plus de quatre cents entreprises publiques économiques (EPE) sont concernées et le manque d’informations concernant les projets de privatisation témoigne, pour nombre d’observateurs, des tensions engendrées par ce dossier. D’autres entreprises publiqueslocalesont été vendues, dissoutes ou n’ont tout simplement pas trouvé preneur. Ce fut, par exemple, le cas pour beaucoup d’hôtels, dont certains ont été construits par l’architecte François Pouillon : les investisseurs potentiels, algériens ou étrangers, n’en ont pas voulu même au prix du dinar symbolique. Ce manque d’engouement s’explique par l’ampleur des travaux à engager pour rénover ces établissements, mais aussi par le fait que le tourisme en Algérie reste un secteur dont l’avenir dépend essentiellement de l’amélioration du climat sécuritaire.

Du coup, nombre d’investisseurs font pression pour que le gouvernement vende des entreprises solides telles qu’Air Algérie ou même encore la Sonatrach (entreprise pétrolière). Dans le même temps, d’autres entreprises publiques, rentables elles aussi, font l’objet de réelles tentatives de déstabilisation. C’est le cas, par exemple, de Saïdal, une entreprise pharmaceutique, qui s’efforce de faire revivre une industrie nationale, largement concurrencée par les sociétés privées importatrices. « Cette dynamique dérange, explique un cadre de Saïdal. Le PDG de notre entreprise a été victime de plusieurs attentats terroristes. Nos installations de production sont régulièrement ciblées, et nous avons été obligés de créer une filiale de sécurité pour nous protéger. Personne n’arrivera à nous convaincre que ces attentats sont le fait des groupes islamistes. »

En clair, les lobbies qui souhaitent que l’Algérie continuent à importer des médicaments plutôt que de les fabriquer seraient derrière ces attentats. La déstabilisation par une violence qu’il est aisé d’attribuer aux terroristes n’est pas la seule arme utilisée par ceux qui souhaitent transformer le pays en gigantesque comptoir commercial. On peut aussi, c’est moins risqué et plus fréquent, s’attaquer aux équipes dirigeantes des entreprises publiques, en critiquant leur gestion. Le cas de l’entreprise Sider, à laquelle appartient notamment l’important complexe sidérurgique El Haddjar (dans l’est du pays), en est l’illustration parfaite .

Le 21 février 1996, les dirigeants de l’entreprise sont arrêtés, puis condamnés, en octobre 1997, à de lourdes peines de prison. Il a été établi que, au moment de l’arrestation de l’équipe dirigeante – qui espère une décision de cassation de la part de la Cour suprême ou bien une grâce présidentielle -, le dossier d’accusation était vide : ce n’est que par la suite que les autorités judiciaires s’attacheront à le remplir, en diligentant des audits comptables et financiers dont les résultats restent critiqués. Très médiatisée, cette affaire met aussi en relief le fait que l’Algérie, engagée officiellement dans l’économie de marché, est loin d’avoir réformé son droit du commerce et des affaires, comme l’assure un ancien cadre de Sider installé en France.

« Le dossier d’accusation contre ces dirigeants était vide, et les différents griefs de la justice se basent sur le code de gestion socialiste des entreprises. Comment peut-on défendre l’économie de marché et poursuivre un PDG parce qu’il a utilisé la carte de crédit de l’entreprise alors qu’il était en mission à l’étranger ? »

Plus scandaleux encore, on reproche à un accusé de se faire appeler « Charles de Gaulle », tandis qu’un autre se voyait traiter de « harki ». Sans prétendre que les dirigeants de Sider sont tous exempts de reproches – « Il y a sûrement quelques brebis galeuses parmi les accusés », reconnaît ainsi un membre du comité informel de soutien aux dirigeants de Sider -, il est évident, pour la majorité des observateurs, que les principaux opérateurs liés à l’importation de ronds à béton pour la construction ont intérêt à ce que Sider décline, voire que l’entreprise soit purement et simplement dissoute en raison de mauvaises performances commerciales.

« Les dix dirigeants actuels de Sider, tout comme ceux qui se battent ailleurs pour maintenir à flot leurs entreprises, savent qu’ils peuvent aller en prison parce qu’ils appliquent des méthodes de gestion moderne que la justice continue à prohiber. Le flou est total, et cela va nécessairement avoir un effet négatif sur la performance de ces entreprises. Si le gouvernement veut limiter l’influence des groupes d’intérêts hostiles aux EPE, il doit légiférer rapidement et ne plus permettre qu’on puisse déstabiliser une équipe dirigeante en se cachant derrière des règles de gestion archaïques », estime l’économiste Amar Ouahad.

Fayçal Karabadji

édité en septembre 1998

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Salim Laïbi : LA FAILLITE DU MONDE MODERNE – Extraits “LETTRE OUVERTE A ÉRIC ZEMMOUR”

Posté par algeriedemocratie le 27 octobre 2012

Salim Laïbi : LA FAILLITE DU MONDE MODERNE – Extraits “LETTRE OUVERTE A ÉRIC ZEMMOUR”

Salim Laïbi : LA FAILLITE DU MONDE MODERNE – Extraits “LETTRE OUVERTE A ÉRIC ZEMMOUR” dans DROITS DE L'HOMME(22) ZEM1Via http://www.mecanopolis.org

C’est avec un grand plaisir que nous publions en exclusivité sur Mecanopolis un deuxième extrait du livre de notre camarade, frère et ami Salim Laïbi : LA FAILLITE DU MONDE MODERNE.

Ce livre, dont la sortie est initialement prévue pour le 6 novembre prochain, peut d’ores-et-déjà être commandé par nos lecteurs aux EDITIONS FIAT LUX.

« Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois- tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »

Chapitre 7, versets 3 à 5, Évangile selon Saint Matthieu. CHAPITRE IX

LETTRE OUVERTE A ÉRIC ZEMMOUR

« Pardonner une offense et c’est la porte ouverte à toutes. » Publilius Syrus.

Incontestablement et de toute évidence, l’islam est présenté depuis quelques années comme l’ennemi public numéro un. Utilisé à tout-va comme un écran de fumée pour camoufler toutes les trahisons commises au cours de décennies de décisions politiques irréfléchies et catastrophiques, qui nous ont conduits là où nous sommes aujourd’hui : plus de 3 millions de chômeurs à temps plein, plus de 10 millions de Français vivant sous le seuil de pauvreté et des caisses vides, un pays en faillite et endetté à hauteur de 2 500 milliards d’euros. C’est la stratégie du bouc émissaire qui a été imaginée et mise au point et qui servira à expier les fautes et les péchés des transgresseurs, moyennant un sacrifice, celui du minaret derrière lequel voudrait se cacher la forêt luxuriante des prévaricateurs plus que jamais avides, à la veille de leur chute. Plusieurs trublions médiatiques se sont attaqués à l’islam, pourtant vous ne trouverez aucun musulman à la tête de l’État (les seuls Maghrébins ayant eu accès à des postes ministériels cette décennie sont tous francs-maçons et se comptent sur les doigts d’une seule main), aucun bougnoule dans l’organigramme de HSBC, Goldman Sachs ou UBS. Aucun melon n’est impliqué dans la construction de l’UE et des choix ultralibéraux de ses élites. On ne trouve la signature d’aucun bicot au bas du mini traité de Lisbonne imposé contre l’avis même du peuple, dit souverain, car le Maghrébin est exclu de la vie politique occidentale.

Dans la liste de ces agitateurs, on peut citer Caroline Fourest, Riposte laïque, Finkie le clown, H. Chalghoumi, Mohamed Sifaoui, Guy Millière, Frédéric Encel, Nadine Morano, le perfide P. Val, É. Lévy, Claude Guéant… et j’en passe. Éric Zemmour est le plus emblématique, car il concentre toutes les tares possibles dans un si petit corps.

Dans l’émission de Canal plus Salut les Terriens, présentée par Thierry Ardisson le 6 mars 2010, Éric Zemmour faisait gratuitement19 la promotion de son dernier livre Mélancolie française. Il y a déclaré très calmement que les Français issus de l’immigration étaient plus contrôlés que les autres, parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes… c’est un fait. En pleine forme, ce même 6 mars, il récidivera en affirmant sur la chaîne France Ô que les employeurs ont le droit de refuser des

Arabes ou des Noirs. Il ira encore plus loin en citant L’islam dans les prisons, de Farhad Khosrokhavar, dont il écorchera le nom et qui confirmerait que 70 à 80 % des prisonniers seraient musulmans, selon une enquête commandée par le ministère de la Justice. Zemmour sera évidement soutenu par le laquais de la CIA Robert Ménard.

La fiche wikipédia de notre génie français nous liste ses activités médiatiques. À l’instar de ses confrères, il est doué du don d’ubiquité : « Z & N », émission de débat sur Paris Première, le vendredi à 22 h 50. Ça se dispute, émission de débat le samedi à 11 h 36 sur I-Télé. Le Figaro Magazine, Zemmour y publie une chronique hebdomadaire. Le Forum de l’Histoire, sur la chaîne Histoire. Z comme Zemmour, chronique quotidienne dans la matinale de RTL. Le spectacle du monde, Éric Zemmour réalise une chronique de deux pages sur des thèmes d’actualité dans ce mensuel français qui traite de politique et de culture. Zemmour est partout en même temps ; il distille sa propagande à une très grande échelle malgré sa profonde médiocrité.

É. Zemmour a été relaxé des poursuites pour diffamation raciale concernant les propos qu’il a tenus dans Salut les Terriens. Ses mots ont été jugés « choquants » mais pas « diffamatoires ». L’UMP surfera sur cette relaxe en l’invitant le 2 mars 2011. Il sera convié par Hervé Novelli et ovationné par les élus UMP présents à la convention nationale des réformateurs libéraux. On était en pleine période de débat sur l’identité nationale, burqa, minarets puis viande halal…

Entrons dans le vif du sujet. Pour ma part, je suis entièrement d’accord pour reconnaître à Zemmour le droit de dire qu’en France, une grande majorité des prisonniers sont d’origine maghrébine. Je le sais, j’ai travaillé en milieu carcéral aux Baumettes de Marseille. Zemmour devrait néanmoins ajouter que ce pourcentage concerne les prisons proches des quartiers sensibles et que le pourcentage exact est de 50-80 % et non 70-80 %. Il faut aussi qu’il explique quelles sont les origines d’un tel déséquilibre, d’une telle anomalie statistique. Car la jeunesse française d’origine maghrébine est une fabrication franco-française ! La jeunesse maghrébine native n’a rien à voir avec les beurs des ghettos ; elle est constituée de surdiplômés, cultivés et emplissant les universités occidentales par suite d’une politique de fuite des cerveaux. Faut-il lui rappeler que les hôpitaux français fonctionnent grâce à un contingent de FFI (ou Faisant Fonction d’Interne) maghrébins sous payés et exploités ! Les stratégies urbaines de cantonnement et de ghettoïsation ont été délibérément choisies et appliquées par des Français natifs. Loin de moi la moindre velléité de pleurnichaillerie qui me dégoutte au plus haut point, mais les faits sont têtus et ils doivent être analysés tels qu’ils se présentent. Quand, en tant que chirurgien dentiste libéral, gagnant correctement ma vie, j’ai énormément de mal à trouver un logement, il faut commencer à se poser les bonnes questions. Qu’en sera-t-il alors d’un jeune de cité, paumé dans une banlieue sulfureuse, se débattant comme il peut à la recherche d’un emploi ou d’un logis ? Je ne veux même pas l’imaginer. Mais Zemmour n’en a cure.

Je reste tout de même très attaché à la liberté d’expression de M. Zemmour, afin qu’il puisse nous expliquer ses théories et observations. La liberté de parole doit être préservée, elle est un signe de supériorité intellectuelle car lorsque l’on a raison, on ne craint pas la contradiction. Elle a certes des limites, celles du respect de la dignité d’autrui. On n’insulte pas les gens, on respecte leurs croyances. On peut débattre mais avec civilité, sagesse et bonne foi sans aucune volonté d’injure ou d’humiliation.

Ce postulat étant posé, il faut que Zemmour accepte ce qui va suivre, c’est-à-dire un récapitulatif non exhaustif du banditisme juif, tel que nous le connaissons aujourd’hui. Je dirais même que, statistiquement, si on utilisait le Chi 2 par exemple, on pourrait trouver plus de corrélation entre le banditisme et le judaïsme qu’avec l’islam, étant donné la faible importance de la population juive en nombre. Limite que je ne franchirai pas car un bandit est juste une racaille de plus sur terre et ne peut être forcément juif. Je ne parle évidemment pas des talmudistes qui ont légiféré clairement pour légitimer la rapine des goyim tout juste bons à être volés, trompés, violés, et esclavagisés par l’usure. Ilme paraît donc juste d’énumérer quelques grandes figures, très grandes figures, du banditisme juif. Il n’est pas question ici de vols de scooters ou de sacs à main mais de crimes ô combien crapuleux et aux conséquences parfois planétaires. La liste qui suit se fera au gré de la mémorisation des crapules, les noms seront donnés ainsi que les chefs d’inculpations.

Nous éviterons de parler de Judas, l’homme de sinistre mémoire – n’en déplaise à Botul – qui vendit son maître et prophète pour quelques vulgaires deniers. Nous éviterons de citer les courriers historiques comme ceux d’Ivan le Terrible répondant en des termes secs au roi polonais Sigismond- Auguste en 1550 interdisant aux juifs de rentrer et vivre dans son royaume20. Ce serait gênant et l’endroit ne s’y prête pas. Enfin, nous éviterons aussi de parler de la famille proche de Zemmour qui s’en chargea lui-même dans l’émission de Ruquier sur France 2. Famille de bandits et de mafieux qui ont terrorisé le XIe arrondissement de Paris. En 2002, un documentaire a été réalisé par Henri-Claude de la Casinière, sur les cinq frères Zemour, titré Z comme Zemour21 (seul un des cinq ne sera pas impliqué dans leur criminelle ascension). Un petit « M » différencie ces deux familles qui étaient pourtant liées par le sang. Nous éviterons donc de dire que ces assassins ont tué des dizaines de personnes lors de leurs règlements de comptes avec les Atlan (autre grande famille mafieuse parisienne juive avant l’arrivée des Zemour). Ils étaient impliqués dans la traite des blanches, proxénétisme, drogue, escroqueries, fraude aux assurances… Ça commence bien !

Parlons plutôt de B. Madoff et de ses 60-80 milliards de dollars volés dans la plus grande pyramide de Ponzi de l’histoire. Citons les Stéphane Alzraa, Gilles Bénichou… amis du commissaire corrompu Michel Neyret. Escrocs de haut vol, les cousins Alzraa et Bénichou sont millionnaires et passés maîtres ès arnaque à la taxe carbone. Cette arnaque s’élève à plusieurs « milliards » d’euros appelée aussi Carrousel à la TVA. Ils s’essayent aussi à la contrebande de cigarettes. Ils rémunéreront grassement le commissaire contre une centaine de fiches de recherches d’Interpol. Ils font partie de la mafia juive lyonnaise comme l’a déclaré M. Neyret à son épouse Nicole. Samy Souied est un autre malfrat israélien impliqué dans ce caroussel de TVA et qui se fera assassiner dans les rues de Paris22. Dans la famille mafia juive on a également Manu Dahan, arrêté récemment en Espagne pour « tentative d’extorsion de fonds et séquestration ». Autrement vous avez le robin des bois de la famille, Gilbert Chikli, en fuite en Israël après avoir détourné 20 millions d’euros en ayant eu le culot de donner une interview sur France 2. Il a même tenté d’arnaquer l’Élysée !

Une autre fraude à la TVA sera découverte à Rennes avec un préjudice pour le Trésor public de 20 millions d’euros. Le concept est le même, déclarer des ventes fictives pour récupérer une TVA sonnante et trébuchante. La fraude sera montée par des hauts fonctionnaires dans les locaux mêmes de la… GLNF ! Qui a parlé de complot maçonnique ? Le cerveau s’appelle Rubens Lévy23. Les millions d’euros disparaissent comme de vulgaires poules ! Mais en filigrane, la situation est très sérieuse puisqu’elle implique des services secrets étrangers, un assassinat, un enlèvement et torture ainsi que l’établissement de vrais-faux papiers de la part de nos hauts fonctionnaires illuminés : cartes de police, passeports simples et diplomatiques.

On peut également citer la gigantesque arnaque des affaires Sentier I et II. Ce sont des arnaques aux assurances qui consistent à déclarer des sinistres qui n’ont jamais existé. Mais c’est aussi une filouterie qui consistait à envoyer des chèques en Israël afin de les encaisser sous un autre nom, du fait que c’est le seul pays au monde qui légalise la falsification de chèque. Des valises de chèquespasseront la frontière française grâce à des porteurs au-dessus de tout soupçon, des rabbins loubavitchs !

Oui, il existe une pègre, une mafia24 que l’on appelle juive comme existent ses cousines chinoise, napolitaine ou albanaise. Prenons Meyer Lansky ou Benjamin « Bugsy » Siegelbaum (homme d’une violence inouïe, initiateur de la French Connection) ou son héritier Alvin Malnik. Mais également Arnold Rothstein, Lony Zwillman, Dutch Schultz… membres de la « Jewish Big Six » de la côte Est- américaine ! Mais les USA ont offert au monde une ribambelle d’autres criminels juifs comme Louis « Lepke » Buchalter, Jacob « Gurrah » Shapiro et son frère Meyer, Abraham Reles, Harry Strauss (soldat de Reles et responsable d’une centaine d’assassinats) ou tout simplement la Murder Incorporated, un gang de nettoyeurs principalement juifs et qui a à son actif plus de 2 000 meurtres… Ajoutons à cette liste Joey Amberg, Harry Kazner, Albert Tannenbaum, Mendy Weiss, Pretty Levine, Gangy Cohen, Joseph Epstein, Albert Louis Greenberg, Morris Rosen, Gus Greenbaum, Charlie Birger (parrain du Missouri), David Berman, Tibor Rosenbaum rabbin et trésorier de la mafia US dont le représentant israélien fut Amos Manor, le chef du contre-espionage, Samuel Flato-Sharon, Sam Rothberg, Louis Boyar, le célèbre Jack Ruby (trafiquant d’armes et mafieux), …

Attention, que l’on ne se méprenne pas. Il n’est pas question pour la mafia juive américaine, ou Kosher Nostra25, de drogue, armes, jeux, pornographie, corruption, prostitution et trafic d’alcool ! Il est question de financement de campagne électorale jusqu’au soutien de deux candidats à la présidentielle Herbert Hoover et Franklin Roosevelt26 contre quelques largesses dès l’élection gagnée. Selon l’adage du pile je gagne, face tu perds, le duo Luciano/Lansky sera toujours gagnant. Ces deux parrains ont même créé un état criminel et mafieux à Cuba lors de l’élection du général Fulgencio Batista en 1952, soutenu et protégé par la CIA. Batista et Lanski seront amis proches. Il convient de dire que Lansky travaillait aussi pour la CIA ! N’est-ce pas sublime ! Il est capital de savoir que la mafia italienne a été créée par Giuseppe Mazzini, le révolutionnaire italien franc-maçon du 33e degrè. C’est la maçonnerie mondiale qui l’a créée et qui l’instrumentalise comme bras armé. La mafia sera d’ailleurs toujours considérée par la justice italienne, et ceci dès sa naissance, comme une société secrète et non un groupe de simples bandits.

L’aventure cubaine sera une tentative de normalisation des activités criminelles de Meyer Lansky dans une gigantesque machine à blanchir. On appelait Cuba à l’époque « Le bordel des USA » ! Ils ont même osé une conférence de la mafia dans un hôtel cubain avec plus de 1 000 participants, animée par Franck Sinatra et dans laquelle la vie de Bugsy a été exigée pour des raisons d’argent. Pendant plus de 10 années, le crime organisé cubain a été tenu par un juif russe ! La cocaïne arrivait directement dans l’aéroport « militaire » de Cuba ! L’État cubain va même s’associer avec Lansky dans la construction des dizaines d’hôtels de luxe venant abriter les activités illégales de la mafia. Et lorsque le peuple se révoltait, Batista le massacrait avec l’assentiment de la mafia et de la CIA. Pendant que l’on torturait le peuple, Lansky continuait la construction de dizaines d’hôtels de luxe. Lorsqu’il comprendra qu’il a tout perdu avec l’arrivée de F. Castro, avec la CIA, il tentera de le tuer en multipliant les actes terroristes et en envahissant la Baie des cochons. Pour finir, M. Lansky demandera la nationalité israélienne afin de terminer ses vieux jours sur l’Île de la Tortue27, que représente cette construction illégitime et scélérate qu’est l’entité sioniste.

salim dans DROITS DE L'HOMME(22)

Revenons à notre continent. Qu’en est-il de Jacques Crozemarie, accessoirement frère la truelle ? Il détourna avec ses congénères Michel Simon et Pascal Sarda des millions d’euros en faisant croire qu’il avançait dans la recherche contre le cancer ! Quelle ignominie ! Il a été condamné malgré deux pétitions, l’une de 700 et l’autre de 1 000 signatures de personnalités de haut vol qui assuraient les juges de son intégrité légendaire.

Qu’en est-il de l’épidémie de pédophilie si répandue dans la communauté de M. Zemmour ? N’est- ce pas R. Polanski, réalisateur de cinéma qui fut condamné pour avoir drogué et sodomisé une gamine de 13 ans et qui lui a offert 500.000 $ pour qu’elle retire sa plainte ? Ce génie universel ultime a été défendu par toute une ribambelle de racailles sous de fallacieux prétextes. La même accusation a été dirigée contre feu M. Polac28, écrivain et homme de télé, qui décrivit dans ses mémoires les faits abjects que nous lui reprochons. Idem pour Daniel Cohn-Bendit, agitateur allemand qui se vantait chez Pivot de se livrer à des attouchements avec des enfants de moins de deux ans ! Maurice Gutman, élu municipal UMP de Mesnil-Saint-Denis et membre du Crif, a été condamné en 2010 pour les mêmes faits. Il s’est fait piéger par l’émission de France 2, Les infiltrés ; il draguait une gamine de 12 ans et ce n’était pas sa première fois ! On peut même aller jusqu’en 1937 pour débusquer un énième détraqué en la personne de Léon Blum qui dans son livre Du Mariage29, ne trouvait pas l’inceste si avilissant et abject !

L’affaire Didier Schuller, c’est tout de même autre chose que les wech wech. Membre de la GLNF, il sera impliqué dans les affaires des HLM des Hauts-de-Seine, l’affaire Schuller-Maréchal, financement occulte de parti politique… Lors de sa fuite en République Dominicaine, il sera protégé par l’ambassade des USA ! Quant au couple P. Balkany, la justice les condamnera à 15 mois de prison avec sursis pour avoir utilisé des salariés de la mairie à leur profit ! Il aura le culot de demander une remise gracieuse (230.000 €) que Thierry Breton lui accordera. Je vous le dis, on est entourés de vermines !

Est-il utile d’évoquer ici le cas de DSK ? À lui seul, il devrait inspirer plus de modestie et de contrition à notre petit furet audiovisuel. Parlons de Thierry Gaubert, fils d’Armand Goldenberg, il sera reconnu coupable en mai 2012 d’abus de confiance et d’abus de biens sociaux. Il est actuellement mis en examen dans l’affaire Karachi pour subornation de témoin mais aussi pour être impliqué dans l’affaire du financement de l’élection présidentielle de Balladur, suite aux allégations de sa propre femme. Encore une fois, il n’est pas question ici de menus larcins mais plutôt de milliards d’euros détournés et de meurtres.

Dans la galaxie délinquante juive, mon préféré est S. Dassault Bloch. Ce filou a été condamné pour avoir acheté les voix de ses électeurs en 2008 et perdra la mairie ! Pour l’anecdote, il a été condamné pour avoir pratiqué la chasse avec une carabine à lunette, juché sur un 4×4 dans sa propriété de 850 hectares à Rambouillet ! Une des stratégies de la défense consistera à rappeler que Dassault fut déporté à Drancy30 ! La grande classe. Il sera également condamné à trois ans de prison avec sursis dans l’affaire belge Agusta, beaucoup plus sérieuse et grave, pour corruption active.

Que dire de Sarközy et ses innombrables casseroles ! Rappelons rapidement les affaires Karachi, Bettencourt, l’affaire des travaux de son loft, le financement libyen de sa campagne électorale, la folle affaire Tapie… Que dire d’un J.-F. Copé, patron de l’UMP et certainement futur candidat à la prochaine présidentielle. N’est-ce pas lui qui exploitait la shoah quand Martin Hirsch l’épinglait dans des conflits d’intérêt. Copé que l’on voit dans les photos de famille de Ziad Takieddine, escroc notoire du fisc français, barbotant dans sa piscine antiboise, recevant des montres à 15.000 euros et des voyages touristiques gratuits. Évidemment tout ceci n’est qu’un énième complot…

Marc Rich de son vrai nom Marc David Reich est un milliardaire multi-passeports qui a été condamné aux USA avec 50 chefs d’inculpation. Il fuira en Suisse à l’instar de son coreligionnaire Roman Polanski et figurera parmi les 10 personnes les plus recherchées du FBI. Il sera gracié pour on ne sait quelle raison, quelques heures seulement avant que Bill Clinton ne quitte la présidence. Ce ne sera pas la première fois puisque qu’il récidivera avec l’affaire des « Quatre de New Square » dans laquelle quatre rabbins ont créé une fausse école juive pour toucher un prêt gouvernemental de 40 millions de dollars. Leurs peines seront commuées là encore malgré la gravité des faits.

Inutile d’insister outre mesure sur Goldman Sachs, qui n’ont d’égal dans leur gigantisme, que la maison Rothschild. Groupe de malfaiteurs dont les crimes sont innombrables et se chiffrent en « centaines de milliards de dollars » ! Ils dépassent de loin Bernie Madoff… Son patron actuel, Lloyd Blankfein dit tout haut qu’il se prend pour dieu, mais il ne parle pas du même Dieu que le nôtre, puisqu’il est question de Mammon. Ses basses besognes vont entraîner le monde vers une troisième guerre mondiale et ce zozo de Zemmour nous bassine avec ses histoires de Maghrébins et de Noirs. Goldman Sachs ne sera pas seul pour détruire la planète, spéculer sur la nourriture, trafiquer les comptes des nations… il y a également d’autres banques juives comme J. & W. Seligman & Co, Kuhn Loeb & Co (Jacob Schiff), Lehman Brother, August Belmont & Co, M. M. Warburg & Co, …

Pour les aider dans leurs tâches sacrées, les USA vont mettre à la tête des institutions les plus importantes, des personnalités de la même confession. A. Greenspan, ami d’Ayn Rand, sera patron de la Fed dix-huit années durant. Il sera remplacé par l’incompétent B. Shalom Bernanke qui inondera le monde de son billet de singe, mais on aura aussi DSK au FMI, Paul Wolfowitz à la Banque Mondiale, Tim Geithner au Trésor US et j’en passe. Les responsables du désastre de la financiarisation du monde sont justes là sous vos yeux.

Restons aux USA et parlons de M. H. Kissinger, plus grand criminel au monde devant l’Eternel puisqu’il a organisé une quantité incalculable de coups d’états, de guerres et massacres dans le monde entier. Qu’en est-il d’un G. Soros qui spéculera sur les monnaies du Sud-Est asiatique au début des années 90, ruinant des économies entières ? Sans omettre de parler des actions subversives que ce sayan mène avec ses révolutions colorées afin d’imposer son paradigme de l’Open Society ! Financer et pousser aux révoltes des pays étrangers avec comme conséquences de nombreux morts, il faut vraiment être sabbataïste ou frankiste pour en être fier. Un autre milliardaire trouble, fait aussi partie de la grande fraternité truellique (GLNF), Arcady Gaydamac. Pure création du Mossad, il deviendra milliardaire par la force de ténébreux esprits. Compagnon de route d’un autre puissant parrain du crime organisé, Mikhaïl Tchernoï, ils dévaliseront la banque centrale Russe, de plusieurs dizaines de millions de dollars ! Gaydamak sera poursuivi en 2001 par la justice française pour « blanchiment d’argent», «blanchiment aggravé», «abus de biens sociaux», «abus de confiance», «fraude fiscale » et « commerce d’armes illicite ». Il prendra lui aussi la fuite vers l’Île de la Tortue. Vivotent dans cette nébuleuse diabolique des personnages comme Roman Abramovitch, Jozef Karam, Boris Berezovski, ainsi que le géant mondial Lev Leviev du diamant sanguinolent… Il est question avec ces quelques personnages de centaines de milliards de dollars, de 80% de la production russe d’aluminium, de trafic d’armes… Toute cette clique de malfrats a pignon sur rue en Israël en raison de sa proximité et de ses accointances avec Ariel Sharon et passe en France même pour des victimes- démocrates-de-la-tyrannique-Russie-chrétienne-et-antisém…

Remontons légèrement dans le passé de la guerre coloniale algérienne. Bacri-Busnach ne sont-ils pas les escrocs qui ont aggravé le contentieux de la dette française en corrompant aussi bien le consul Deval que le misérable « diable boiteux » ! Incident qui finit par la guerre avec ses millions de morts.

Rien de bien spécifique ou de grave par rapport à ce qui a précédé. Les Bacri et Busnach seront initiés maçons à la loge Napoléon31 à Livourne, ce qui scelle définitivement le lien avec le complot mondial.

Une autre gigantesque escroquerie se fera sur le dos de la Shoah puisque de fausses victimes déclareront avoir été lésées par les nazis afin de pouvoir toucher le pactole32. L’arnaque a duré des années et a coûté des millions d’euros à l’Allemagne. Une honte sans nom. Un autre congénère de Zemmour s’illustrera par sa mythomanie lors de son récit hypermédiatisé concernant un passage dans des camps de la mort. Herman Rosenblat33 et son histoire de pomme va faire pleurer l’Amérique entière avant de vite déchanter devant l’ampleur de la manipulation. Et puisque la mémoire des crimes contre l’humanité est imposée quotidiennement concernant la seconde guerre, qu’en est-il du crime monstrueux fait contre les Noirs africains.

Concernant l’esclavagisme et la traite triangulaire, de nombreux juifs participèrent au trafic d’esclaves. On possède les noms des bateaux ainsi que ceux de leurs propriétaires : L’« Abigail- Caracoa » d’Aaron Lopez, Moses Levy, Jacob Crown, Isaac Levy et Nathan Simpson. Le « Nassau » et le « Four Sisters » de Moses Levy. Les « Anne » et « Eliza » de Justus Bosch et John Abrams. Le « Prudent Betty » de Henry Cruger et Jacob Phoenix. Le « Hester » de Mordecai et David Gomez. Le « Elizabeth » de Mordecai et David Gomez. L’« Antigua » de Nathan Marston et Abram Lyell. Le « Betsy » de Wm. De Woolf. Le « Polly » de James De Woolf. Le « White Horse » de Jan de Sweevts. L’« Expedition » de John et Jacob Roosevelt. Le « Charlotte » de Moses et Sam Levy ainsi que Jacob Franks et enfin le « Franks » de Moses et Sam Levy.

Un petit mot sur l’escroc Claude Lipsky que l’on appela l’« escroc du siècle » avant que l’affaire Madoff ne se soit ébruitée. Il a arnaqué 450 familles de militaires français dans des investissements fictifs, en passant par des banksters suisses. La fraude est estimée à plus de 40 millions d’euros et autant de drames familiaux et de souffrances. Un autre mot concernant Julien Soufir34, juif français qui a égorgé un malheureux chauffeur de taxi palestinien à Tel-Aviv juste parce qu’il voulait « se payer » un Arabe. Mais avant cela, il a poignardé et tué un commissaire français en 2002, Alexis Marsan, lors d’une manifestation du Crif en soutien à l’entité sioniste scélérate. Said Bourarach quant à lui a été assassiné par une horde de brutes féroces. Ce simple gardien de supermarché a été roué de coups et noyé par six personnes de la communauté de Zemmour. Pas un mot dans les médias, du moins sur l’appartenance confessionnelle des assassins. Imaginez une seule seconde un scénario inverse avec des délinquants ou des criminels maghrébins ou noirs… Après une hypermédiatisation de ce fait divers, qui ne se souvient pas de ce qu’il s’est passé dans l’affaire tragique dite du Gang des barbares ?

À Marseille, je peux vous conter deux histoires récentes fortes intéressantes. Celle du pharmacien Bruno Barkate, escroc-pyromane qui a essayé de brûler les archives de la sécurité sociale pour faire disparaître ses doubles facturations qui se montent à des centaines de milliers d’euros ! Il se fera kidnapper par ses complices et fera la une des journaux provençaux. Une autre fraude à la sécurité sociale vient d’éclater. Il serait question d’un dentiste qui massacrerait les dents de ses patients dans le but de réaliser le maximum de céramiques, que la CMU paiera. Je vous laisse imaginer le patronyme du présumé coupable…

Une autre affaire bien plus sérieuse intéresse la communauté juive marseillaise puisqu’elle touche le vice-président du consistoire et du Crif, Sylvain Ammar35, dit Zvi pour les intimes et réputé comme étant le plus grand marchand de sommeil à Marseille, entre autres étiquettes honorables. Soupçonné depuis déjà longtemps d’escroquerie à la TVA ou de commercialisation de fausses Nike, il sera impliqué dans une sombre histoire de meurtre d’un commercial monégasque, Olivier Plançon. Pendant que ce dernier gisait dans son véhicule en se vidant de son sang, M. Ammar a estimé judicieux de récupérer des cartons de la voitureau lieu d’appeler les urgences ! Quand la justice voudra comprendre ce qui s’est passé, il criera au… complot qui, vous le savez désormais, a bon dos !

On verra même des coreligionnaires de M.Zemmour spécialisés dans le trafic d’organes! Décidément ! Cinq rabbins de New Jersey36 ont été impliqués dans une grande affaire de trafic d’organes aux USA, réseau ayant ses ramifications jusqu’en Israël et en Suisse. Ils seront inculpés également de corruption et d’extorsion de fonds. Le rabbin Levy Izhak Rosenbeaum37 plaidera coupable. Il sera dénoncé grâce à l’infiltration d’un homme d’affaires véreux juif, Solomon Dwek, ancien spéculateur immobilier déshonoré et arrêté par le FBI et confronté à une peine de prison pour une fraude s’élevant à 50 millions de dollars. Un autre juif, Moshe Harel, sera l’un des principaux suspects cités dans le trafic d’organes humains pratiqué au Kosovo en 2008, dans le cadre de la clinique Medicus de Prishtina. Il a été arrêté en Israël ; malheureusement ce pays n’extrade pas ses ressortissants.

L’idéologie talmudique permet ce genre de comportements comme le confirme clairement Chabad Lubavitch ou rabbi Yitzhak Ginsburgh dans la célèbre revue Jewish Week du 26 avril 1996. À la question : « Si un Juif a besoin d’un foie, pouvez-vous prendre le foie d’un non-juif innocent ignorant pour le sauver ? La Torah le permettrait probablement. La vie juive a une valeur infinie, Il y a quelque chose infiniment plus saint et unique de la vie juive que la vie non-juive38. » Consternant !

Quittons ce monde glauque et sataniste du trafic d’êtres humains pour faire un tour dans un autre trafic, celui des cachets d’ecstasy. À la fin des années 1990, des juifs hassidiques, Sam Gold et Yosef Zimmerman, feront les mules pour Jackie, un dealer d’ecstasy israélien. Encore une fois, la ruse qui consiste à utiliser des rabbins pour passer des marchandises prohibées et illégales est utilisée sans état d’âme.

La dernière affaire Elmaleh-Lamblin démontre encore une fois la puissance de la mafia juive et ses tenaces tentacules internationales. Il est question cette fois-ci de blanchiment d’argent de la drogue marocaine, de trafic de cette même drogue, de lingots d’or… Sont impliqués : un certain Jacob Azeroual, son père Michel, des Chétrit, Mardoché et Judah Elmaleh, Nessim Elmaleh (responsable chez HSBC Genève), Issac Khaski, Steve Ohana,… Il est question de plusieurs centaines de millions d’euros comme toujours.

C’est à ce moment précis que nous pouvons apprécier à sa juste valeur le talent d’humoriste d’Alain Finkielkraut lorsqu’il affirmera sans rougir et avec son aplomb légendaire : « Le peuple juif est fondamentalement saint. » !

Quant à l’Israël, c’est la plus grande fumisterie de l’histoire puisqu’il est question du vol de la terre d’un peuple, sous prétexte de références bibliques assimilées à un acte notarié ! Cette mascarade que l’on nomme démocratie possède illégalement la bombe atomique (200-400 missiles) mais également celle à neutrons, à hydrogène et des missiles de croisière de longue portée. Ceci a été rendu possible après le vol des plans à la France, par un complot qui est passé au dessus du général de Gaulle, comme l’expliquera si bien Pierre Péan dans son livre Les deux bombes (1991). Effectivement, la centrale de Dimona ressemble comme deux gouttes d’eau à son homologue française… Le missile Jéricho a été fabriqué grâce notamment à Dassault dès 1961 et ce, malgré les ordres contraires du général de Gaulle ! Ceci constitue un acte extrêmement grave de trahison ! Cette affaire à elle seule pourrait suffire à clouer le bec des anticonspirationnistes, si seulement ils étaient dotés de cerveaux.

Je pourrais continuer ainsi longtemps encore, au risque d’infliger au lecteur déjà sonné par ce qui précède, une énumération quasi interminable et fastidieuse des prouesses de la pègre juive ; je ne peux que renvoyer ceux qui voudraient approfondir le sujet aux travaux d’Hervé Ryssen. Il convient donc maintenant de faire la somme de tous ces crimes monstrueux aussi bien par leur gigantisme que par leur ignominie. On parle de plusieurs centaines de milliards de dollars évaporés, de trafics d’êtres humains, de faillites, guerres, coups d’états, drogues, ventes d’organe, pornographie… Si on additionnait le total des crimes de toute la jeunesse africaine, on n’arriverait pas à la cheville d’un Madoff ou d’un Blankfein. Il est utile et essentiel de noter que dans la majorité des cas les coupables juifs sont déjà très bien installés et nantis, voire carrément riches ; ce qui n’est jamais le cas du petit Maghrébin ou Sénégalais du 93.

Ainsi, il est temps que M. Zemmour se décide à fermer sa grande gueule et commence à faire le ménage dans sa communauté, car s’il y a bien lieu d’effectuer des contrôles répétitifs au faciès, ce serait sur le sien et sur celui de ses semblables, surtout lors des passages en douane de ses coreligionnaires hassidim.

SALIM LAÏBI, in LA FAILLITE DU MONDE MODERNE

Lire le premier extrait publié sur Mecanopolis

Reproduction autorisée avec indication des sources

Notes :

19 Toute autre activité commerciale devra payer le droit de passer à la télé. La vente de livres est une activité commerciale comme une autre et pourtant, propagande oblige, elle est exonérée de droits de passage dans les médias mainstream.

20 « Ne pas permettre aux Juifs de se rendre dans nos États, car Nous ne voulons voir dans Nos États aucun mal, Nous voulons au contraire que Dieu accorde aux hommes dans Nos États de vivre dans la paix, sans aucun trouble. Et toi, Notre frère, désormais ne Nous écrit plus à propos des Juifs. » in. Alexandre Soljénitsyne, Deux siècles ensemble, 2002, Paris, Fayard, p. 27.

21 Est-ce que Zemmour a fait un choix délibéré lorsqu’il a choisi le titre de sa chronique à RTL en prenant le même : Z comme Zemmour ? Faudra lui poser la question.

22 <http://fortune.fdesouche.com/30267-du-rififi-dans-le-milieu-juif>.
23 <http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/ille-et-vilaine/fraude-a-la-tva-proces-fleuve-a-rennes-01-11-2009-635433.php>.

24 Un partie des informations qui vont suivre proviennent du livre de M. Hervé Ryssen, La mafia juive, Paris, Baskerville, ISBN 978- 952455929, 395 pages, 26 €.
25 Appelée également Yiddish Nostra.
26 Voir ce documentaire fort intéressant de la chaîne Arte sur ce lien : <http://www.dailymotion.com/video/xsoirq_la-mafia-juive-et- italienne-a-cuba-meyer-lansky_news>.

27 Zone de non-droit où s’agglutinaient naguère pirates et flibustiers

28 Lire le texte ici : <http://www.pedopolis.com/pages/les-affreux/michel-polac/>.
29 « Je n’ai jamais discerné ce que l’inceste a de proprement repoussant, et sans rechercher pour quelles raisons l’inceste, toléré ou prescrit dans certaines sociétés, est tenu pour un crime dans la nôtre, je note simplement qu’il est naturel et fréquent d’aimer d’amour son frère ou sa sœur » In, Du Mariage, 1937.
30 <http://www.liberation.fr/france/0101209503-le-chasseur-dassault-au-tribunal-le-pdg-est-juge-pour-un-safari-illegal-sur-sa-propriete>.

31 Lucien Sabah, La franc-maçonnerie et l’antisémitisme, article paru dans la Revue des études juives, janvier 1996, 155, fasc. 1-2. 32 <http://www.liberation.fr/monde/01012301438-vaste-escroquerie-menee-par-de-fausses-victimes-des-nazis>.

33<HTTP://WWW.DAILYMOTION.COM/VIDEO/XRPTK3_LE-PHENOMENE-HERMAN-ROSENBLAT-UN-SURVIVANT-DE-LA-SHOAH-BALANCE- TOUT_FUN>.

34 <HTTP://WWW.YOUTUBE.COM/WATCH?V=FV_FJB6PRHW>.
35 <http://www.newsofmarseille.com/affaire-plancon-zvi-ammar-sexplique/>.

36 <http://www.youtube.com/watch?v=MlgOvHqYYPE>.
37 <http://www.diatala.org/article-trafic-d-organe-de-reins-le-juif-levy-izhak-rosenbaum-plaide-coupable-96720654.html>. 38 <http://www.youtube.com/watch?v=MarXKQ8mnuc>.

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Réponse du Dr SIDHOUM – Appel du général YALA

Posté par algeriedemocratie le 27 octobre 2012

Réponse du Dr SIDHOUM – Appel du général YALA

Réponse du Dr SIDHOUM – Appel du général YALA dans salah-eddine sidhoum(25) dr-sidhoum-300x223Mon absence momentanée ne m’a pas permis de participer dès le début au débat suscité par l’appel de notre compatriote MT. Yala.

Il est clair que le constat présenté par cet officier supérieur est celui de tout Algérien sincère et conscient de la grave situation nationale. Et ce constat a déjà été fait depuis des décennies bien avant l’accélération de la déliquescence sociale et de la faillite politique. A l’époque ceux qui osaient dénoncer cette triste réalité nationale, en dehors des discours ronflants des thuriféraires larbins de l’imposture totalitaire, étaient traités de réactionnaires, contre-révolutionnaires, quand ils n’étaient pas carrément étiquetés de fils de harkis.

Il est encourageant de voir aujourd’hui d’ex-serviteurs du système, civils et militaires tenir le même discours que ces opposants « ennemis de la Révolution » et tirer les mêmes conclusions sur la nécessité impérieuse d’un changement radical du système.

Il est clair aussi que la faillite de ce système honni est le résultat de 50 ans d’illégitimité du pouvoir (je dis bien 50 années). Un pouvoir pris par la force des armes, entretenu par les coups d’Etats, les intrigues et « légitimé » par des mascarades électorales à la Neagelen.

J’aurais voulu connaitre le point de vue de Mr Yala sur le devenir de la sinistre police politique, dans l’Etat de Droit de demain auquel nous aspirons tous. Cette police politique, colonne vertébrale d’un régime illégitime, responsable par sa politique de terreur, de nombreux drames depuis 62 et qui continue à « gérer » sans partage tous les espaces de la vie publique, sociale et politique.

Sinon sur le plan des propositions, il y a beaucoup de points de convergences avec d’autres initiatives dont celles du FCN (changement radical et pacifique, respect des valeurs civilisationnelles de la Nation, démocratie, droits de l’homme, alternance véritable, Constituante….). Mr Yala avance l’idée d’un « pacte national de citoyenneté » comme creuset à toutes les forces politiques réelles et comme base d’action pour le changement. Au FCN et bien avant avec l’Appel du 19 mars 2009, nous avons déjà proposé de nous entendre sur un « compromis politique historique ».

Je crois que le moment est venu de fédérer sérieusement toutes ces volontés sincères, loin de tout calcul politicien et de visions idéologiques ou partisanes étroites, autour de ces principes et valeurs communes clairement énoncées qui constitueront le socle de notre pacte national ou compromis politique pour pouvoir lancer ce vaste et solide mouvement populaire pacifique du changement radical.

Il est certain que ce mouvement fédérateur en vue d’une action bien définie qu’est le changement de système politique (et non un changement dans le système) ne doit en aucun cas être un assemblage de partis et autres associations hétéroclites mais un véritable front réunissant des volontés sincères et engagées sans exclusion ni exclusive, débarrassées de leurs oripeaux idéologiques stérilisants.

En aucun cas, ce mouvement rassembleur ne doit être l’otage d’un quelconque esprit zaïmiste. Une direction collégiale doit piloter ce projet fédérateur.

Il est important de rappeler aux adeptes du grenouillage boulitique le fait que nul n’a le monopole du changement, de la démocratie, de la religion ou de l’identité nationale. Le changement doit être l’œuvre de toutes et tous ceux qui sont engagés sur le terrain à SERVIR et à SAUVER l’Algérie de ce chaos programmé et non l’œuvre de prétentieux qui voudraient déjà se positionner pour une quelconque prise de pouvoir alors que le bateau Algérie risque de couler.

Tout comme nous devons insister sur le fait que dans l’Etat de Droit de demain, auquel nous aspirons tous, aucune institution de l’Etat, quelle qu’elle soit, ne peut et ne doit se prévaloir d’être au-dessus de la souveraineté du peuple, seule source de légitimité.

Sommes-nous capables d’avancer dans ce sens et de passer des multiples initiatives à une œuvre nationale unificatrice salvatrice qui nous permettra de passer d’un régime illégitime perdurant depuis 50 ans à un véritable Etat de Droit avec ses institutions stables démocratiquement élues ?
La question reste posée.

Amicalement.
Salah-Eddine SIDHOUM.
Alger 26 10 2012

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Quand les bravaches de Ghardimaou torturaient et condamnaient les Hommes de Novembre. Témoignage du Commandant Bouregaa.

Posté par algeriedemocratie le 25 octobre 2012

 

 

Témoignage du commandant Lakhdar Bouregaa, de la wilaya IV durant la guerre de libération nationale, arrêté en 1967 par la police du colonel Boukherouba, torturé et condamné à 30 ans de prison.

Quand les bravaches de Ghardimaou torturaient et condamnaient les Hommes de Novembre. Témoignage du Commandant Bouregaa. dans vive l'algerie(128) bouregaa

In http://wilaya4.chez.com

 

Je fus arrêté le 3 juillet 1967, rue Larbi Ben M’Hidi, au cœur d’Alger. Des policiers en civil m’ont encerclé et littéralement séquestré alors que je me rendais chez une de mes connaissances. Ils m’ont passé les menottes devant de nombreux témoins, et embarqué à bord d’une Peugeot 403 noire. Peu après, j’ai été emmené au commissariat du « Cavaignac », à deux pas de la Grande Poste. J’y restai jusqu’aux alentours de minuit. Des hommes de faction se succédaient pour me surveiller. Ils entraient, me regardaient silencieusement, restaient un moment, puis repartaient sans dire un mot.
Je fus ensuite conduit ailleurs, dans une gigantesque bâtisse, où je fus jeté dans une cellule sombre, au sous-sol. J’appris plus tard que d’autres personnes, accusées d’appartenir au mouvement de Krim Belkacem, étaient détenues dans le même bâtiment.
Je fus détenu dans cette cellule pendant un mois, où je subis toutes sortes de tortures, physiques et psychologiques. J’ai été frappé par des tortionnaires qui utilisaient des bâtons ou me piétinaient pendant que j’étais maintenu allongé. J’ai subi la gégène, appliquée sur les parties les plus sensibles. Il n’était pas rare je sois aspergé d’eau sale, dont on me balançait tout un seau sur le corps. La torture variait, selon le tortionnaire. Quand je me sentais défaillir, ou m’évanouissais, ils arrêtaient les sévices, pour reprendre aussitôt que je reprenais conscience.
Je ne pouvais soupçonner l’existence, dans nos services de sécurité, d’hommes aussi haineux, capables de tels actes. Ils poussaient leur horrible tâche jusqu’aux limites du possible. Ils devaient savoir qu’avec le temps, l’organisme s’habitue à la torture, car je commençais, moi-même, à m’habituer aussi bien sur le plan physique que psychologique. Je ne sentais presque plus la douleur. Une sorte de défi m’opposait à des tortionnaires. Ils n’arrivaient pas à me faire plier, pour m’amener à leur dire ce qu’ils voulaient. Et moi, de mon côté, je ne pouvais ni mourir ni me soumettre et passer outre mes principes.
L’affrontement gagnait en violence avec le temps, pour atteindre son paroxysme. Mais je leur répétais continuellement que tout ce que je savais, les services de sécurité le connaissaient parfaitement. Ils continuèrent, misant sur le temps et la douleur pour me faire plier, espérant chaque jour que je m’écroule et les implore. Ce traitement se poursuivit jusqu’au 27 août 1968, date à laquelle je fus transféré, presque inanimé, à la prison de Sid El-Houari, à Oran.
Je ne pus changer de vêtements pendant trois mois de détention. On m’a même empêché de laver ceux que je portais. Et quand arrivé l’heure de m’emmener de ma cellule à Alger vers une autre cellule, à la prison de Sid El-Houari, à Oran, je fus menotté, et attaché avec d’autres prisonniers.
Nous avions tous les yeux bandés. Nous fûmes jetés dans un camion sans aération, dont la seule odeur aurait pu nous étouffer. Nous avons fait plus de quatre cent kilomètres dans ce camion.
Je restai deux mois à la prison de Sid El-Houari, sans que ma famille et mes amis sachent où je me trouvais. Quand mes proches s’en inquiétaient auprès des services de sécurité, on leur répondait qu’eux aussi me recherchaient, et qu’il fallait les aider à me retrouver !
A Sid El-Houari, bien que j’aie les yeux toujours bandés, je compris qu’on me mettait dans les sous-sols. J’entendis de nombreuses portes s’ouvrir et se fermer, ainsi qu’un grand brouhaha. Je fus amené à descendre des escaliers abrupts pour aboutir au sous-sol. Je fus jeté, seul, dans une cellule.
C’était une prison terrible, sinistre. Le froid y était glacial en hiver. La saleté y était repoussante. Il fallait mener une guerre continue contre les moustiques. Les cellules étaient en fait des sortes de puits creusés le long des couloirs. Elles n’étaient pas suffisamment larges pour qu’on je puisse s’y allonger. La mienne ne devait pas faire un mètre sur deux. S’y retrouver donne l’impression d’être avalé par la terre.
Mon plus grand ennemi, dans cette cellule, était le silence. Un silence lourd, pesant, terrifiant. Il donnait un sentiment de solitude absolue. Il était interrompu par de rares bruits tout aussi sinistres, le grincement d’une porte qui s’ouvre, la toux d’un détenu malade, le cri d’un détenu qui se laisse aller au désespoir.
Mon arrivée dans ce monde des ténèbres fut brutale. Mon geôlier m’enleva le bandeau que je portais depuis mon départ d’Alger, et, d’une violente poussée de la crosse de son arme, me désigna ma destination. Je trébuchai, et m’étendis de tout mon long dans la cellule. Je n’avais pas vu la fosse. Il faisait sombre, et mes yeux n’étaient pas encore habitués à l’obscurité, ni d’ailleurs à la lumière, après ces longues heures durant lesquelles je portais une cagoule.
Je tâtonnai, essayant de découvrir ce nouveau monde dans lequel j’atterrissais. Je vis très une faible lueur. Elle provenait du bas de la porte de la cellule. Je devais me mettre à genoux pour arriver à sa hauteur, car la cellule était aménagée à un niveau inférieur d’un mètre environ de celui du couloir.
Il n’y avait pas d’aération. Je dus bientôt faire face à un autre problème : comment faire mes besoins ? Je tâtonnai, mais ne trouvai rien. Il n’y avait même pas la fenêtre aux traditionnels barreaux. Rien que l’obscurité. Pas une anfractuosité. Des murs en terre, fissurés, je le sentais au toucher, avec une odeur tenace. Un toit humide, et des moustiques. Un sol avec des pierres qui me forçaient à changer constamment de place, pour tenter de trouver, en vain, une position confortable. Je regrettais ma cellule d’Alger!
Je désespérais. Je ne voyais pas de solution en vue. J’étais condamné à combattre la mort et la démence dans cet environnement terrifiant. J’y restai trente jours et trente nuits. Je ne pouvais plus faire la différence entre le jour et la nuit, entre le réel et l’illusoire, entre la crainte de la mort dans des conditions dont mes proches ne seraient jamais au courant, et la peur de la démence. Je dépensais l’essentiel de mon énergie à tenter de garder ma lucidité, à conserver mes esprits. Je voyais jusqu’où la barbarie pouvait entraîner les hommes, et de quelle manière elle pouvait les amener à traiter leurs pairs.
Le 27 septembre 1968, à 19 H, la porte s’ouvrit enfin. Mon geôlier m’ordonna de ramper pour sortir. Je pus ramper, difficilement, agrippai le rebord de la cellule, et finis par sortir du trou. Je me retrouvai dans le couloir. J’étais face à un groupe de gardiens. En fait, il s’agissait d’hommes de la sécurité militaire, comme je l’appris plus tard.
Ils me firent sortir, pour m’embarquer dans une voiture et me ramener de nouveau à Alger. Avant de me remettre en prison, ils m’ont bandé les yeux et m’ont fait longuement tourner dans les rues d’Alger, pour que je ne puisse situer l’endroit où on m’emmenait. J’avais envie de vomir, j’étais exténué, mais par dessus tout, j’avais faim et j’étais très affaibli.
La voiture s’est enfin arrêtée. J’étais presque soulagé de me retrouver en prison. Je fus de nouveau emmené vers une cellule. Le plus âgé d’entre mes geôliers me dit :
- Maintenant, tu es entre des mains sûres. Tu es à la sûreté nationale.
Nous t’avons ramené à Alger pour terminer l’interrogatoire. Le premier était insuffisant. Un nouveau round d’interrogatoires débuta alors. Des questions, toujours des questions, mille fois répétées, sous mille formes, jour et nuit, posées par un homme, puis un autre, et un troisième, puis c’est un tout un groupe à la fois qui s’acharne contre moi. Elles variaient, concernaient un sujet puis un autre, sans logique apparente. Elles n’étaient pas rattachées à une seule affaire, mais portaient sur des accusations multiples.
J’étais convaincu que ces hommes étaient des déséquilibrés qui se réjouissaient de la souffrance des autres. Pas un seul sujet concernant ma vie, y compris dans ses aspects privés, n’a été épargné. Ils me demandaient des précisions, revenaient sur des détails infimes.
Je n’avais plus une conscience réelle de ce qu’ils me voulaient. J’étais exténué, j’avais faim et je tombais de sommeil. J’étais éprouvé par la torture et les humiliations qu’ils m’ont fait subir. J’étais convaincu que je mourrais entre leurs mains.
Ils regardaient les traces des blessures que j’avais subies pendant la guerre de libération quand, les poitrines nues, nous combattions ce que je pensais être l’ennemi de l’Algérie, le seul… Ils regardaient bien la cicatrice, sur ma peau, puis y éteignaient leurs cigarettes. Ils le faisaient d’un geste détaché, tout en parlant d’autre chose. L’un d’eux y appliquait un
morceau de fer chauffé à blanc, et demandait avec ironie, à ses compagnons :
- S’agit-il d’une vraie blessure ou d’une morsure de chien ?
Son collègue prenait le relais :
- C’est bien une morsure de chien. Je vois la trace des crocs.
Le troisième ne pouvait être en reste et enchaînait :
- Le moudjahid pouvait-il réellement faire face aux mitrailleuses et à l’aviation française ? On va voir aujourd’hui s’il est vraiment aussi courageux. Et il enfonçait sauvagement ses ongles dans la blessure. Quand mes geôliers se sont rendus compte que ces méthodes ne donnaient pas de résultat, ils en ont adopté d’autres. Ils me suspendaient au plafond par les poignets, à l’aide d’une chaîne, et me laissaient dans cette position pendant plusieurs heures, jusqu’à sentir que mes articulations étaient sur le point de rompre. L’un d’eux se mettait ensuite sur une chaise, au-dessous de moi. Je pouvais alors laisser mon poids reposer sur ses épaules. Je ressentais un énorme soulagement, qui ne durait cependant
que quelques secondes. Car l’homme se retirait brutalement. Tout le poids de mon corps était attiré le vide, pour être retenu par les chaînes que qui me retenaient, suspendu. Les souffrances aux poignets et aux bras étaient atroces.
Mes tortionnaires s’amusaient. Ils avaient établi une sorte de compétition pour voir qui d’entre eux serait le plus inventif sur les moyens de me torturer. Tout au long des séances de torture, ils ne cessaient de me frapper de leurs matraques recouvertes de caoutchouc. La plupart des coups étaient destinés aux parties les plus sensibles. Je n’avais plus de force pour protester, ni pour crier. Je m’évanouissais régulièrement, mais ils me réveillaient en m’aspergeant d’eau.
Plus le temps passait, plus ils se montraient cruels. Je ne savais ce qui suscitait le plus leur colère : est-ce le fait que refusais de parler, ou que je refuse de les supplier ? Ma seule requête, c’était de demander de l’eau.
Dans tout ce que je subissais, il me semblait qu’une gorgée d’eau, une seule, pouvait soulager toutes mes douleurs. Je n’avais jamais imaginé que la douleur provoquée par la soif puisse être plus forte que tout le reste.
Mais mes tortionnaires étaient des professionnels. Eux savaient. Ils opposaient un refus systématique à ma demande. Par contre, ils me plongeaient souvent la tête dans de l’eau sale, que je buvais jusqu’à ce que mon ventre gonfle. Alors, ils m’allongeaient sur le dos et l’un d’eux me marchait sur le ventre, jusqu’à ce que l’eau se mettre à couler de ma bouche,
de mon nez, de mes oreilles et d’autres orifices naturels.
J’ai été soumis à cette torture pendant un mois, après mon retour de la prison d’Oran. Je ne dis pas un mot de plus que ce que j’avais déclaré lors des premiers interrogatoires. Pour une raison simple : je n’avais rien à dire.
Finalement, ils se lassèrent, et me ramenèrent en prison. Je fus embarqué dans un camion, qui tourna longtemps dans les rues d’Alger, pour me donner l’impression qu’on m’éloignait de la capitale. Je fus ensuite ramené à la même prison que j’avais déjà connue avant celle d’Oran. J’avais les yeux bandés, mais je me repérai grâce à la forme des marches que je descendis et aux différents bruits de portes que j’entendais. J’en fus convaincu car peu après mon arrivée, j’entendus un muezzin dont je reconnaissais la voix. Son appel,  » Allah Akbar « , m’a fortement remonté le moral.
Dieu était avec moi.
Je fus rapidement mis en présence d’un officier de la sécurité militaire. J’étais pieds et poings liés, enchaîné à une chaise. L’homme me faisait face.
- Nous avons examiné ton dossier, dit-il. Tu es un homme propre. Il n’y a pas l’ombre d’un doute. Mais les enquêteurs de la police t’ont beaucoup chargé, après que tu aies reconnu des actes graves, peut-être sous l’effet de la torture. Nous, à la sécurité militaire, nous souhaitons que ton interrogatoire soit concis, précis et définitif, qu’on puisse savoir exactement ce qu’il en est.
- Je vous laisse avec votre conscience, répondis-je aussitôt. Je vous ai dit, à vous et aux policiers, ce que je savais des évènements du 11 décembre 1967. Je n’ai rien à ajouter. Peu importe pour moi de savoir quel est le service responsable de ma torture. Ce que j’ai fait, je l’ai fait par conviction, de ma propre volonté. Si vous voulez vous-mêmes ajouter quelque chose à mes déclarations, libre à vous. Je suis votre prisonnier.
- Je veux entendre une seule chose, dit-il calmement. Des informations nous sont parvenues selon lesquelles tu as planifié l’assassinat du président Boumediene.
Je ne pus me retenir. J’éclatai d’un rire nerveux. Malgré la douleur, et la situation désespérée dans laquelle je me trouvais, je ne pus me contrôler. Je voyais parfaitement leur démarche. Il se préparait à m’envoyer de nouveau à la torture, pour me contraindre à avouer un acte aussi grave.
L’entretien fut bref. Il ne donna aucun résultat. Je n’avais rien à dire. Je fus donc de nouveau ramené à Oran. C’était le 27 octobre 1968. Le départ eut lieu à quatre heures du matin. Arrivé en fin de matinée, je fus de nouveau jeté dans une autre cellule, où je ne vis pas de lumière pendant trois jours, à l’exception des courts moments durant lesquels le geôlier ouvrait la porte pour glisser un sombre plat de lentilles et une morceau de pain datant de plusieurs jours.
Je n’y restai pas longtemps. Nouveau transfert. Il commença, cette fois encore, par un bruit de clés, puis une voix, celle du geôlier, m’appelant à prendre mes affaires et à sortir. Quelles affaires pouvais-je posséder ? Un seau, pour faire mes besoins, une vieille couverture et une natte.
- Tu as bénéficié d’une amnistie, me dit-il. Le procureur t’attend.
- A quelle occasion cette amnistie a été décidée ? demandai-je.
- Ne sais-tu pas qu’on est à la veille du 1er novembre ? répondit-il, sur un ton qui n’appelait pas de réplique, ni n’admettait de nouvelles questions.
Je quittai ma cellule et m’engageai dans le couloir, mes poignets rattachés à mes pieds par une chaîne. Je marchais au milieu de deux rangées de gardiens, dans un climat fiévreux, avec de nombreux détenus attendant leur libération. Nous entendîmes des youyous et des coups de feu dehors, des parents qui fêtaient l’événement.
Un gardien s’approcha de moi. Il me scrutait attentivement. Il fit plusieurs tours autour de moi, me regardant comme on détaille une bête, au marché, avant de se décider à l’acheter. Il me fit descendre un escalier en pierre, pour aboutir à un couloir. J’y étais à peine arrivé qu’un autre gardien me poussait vers une porte métallique. Un troisième me donna un violent coup de pied, et je me retrouvai à l’intérieur d’une cellule où je faillis perdre mon équilibre. Un froid glacial y régnait.
Je fis connaissance avec la cellule qu’on m’offrait en cadeau à la veille de l’anniversaire du 1er novembre. En fait, il s’agissait d’un petit espace aménagé à côté d’une fosse sceptique. La pièce était un peu plus spacieuse que mon ancienne cellule. Sous la porte, je pouvais voir les chaussures des gardiens quand ils passaient devant ma cellule. Mais au centre, la fosse dégageait une odeur insupportable. J’étais exténué, affaibli. J’avais maigri, et mes anciennes blessures me faisaient souffrir. Mais comment dormir ?
Et où mettre ma tête ? Du côté de la porte, qui laissait passer un froid glacial, ou du côté de la fosse avec son odeur pestilentielle ?
J’avais un compagnon. Un rat. Comme si ma présence le dérangeait, il se présenta peu après mon arrivée, me regardant bien en face. Je voulus le chasser en le menaçant avec le seau, mais j’avais peur de faire tomber cet unique ustensile dans la fosse sceptique. J’utilisai finalement ma abaya pour faire semblant de le menacer. Il s’enfuit, plongeant dans la fosse.
Je pensais m’en être débarrassé, mais je me trompais. Il revint peu après, accompagné de plusieurs autres rats, de tailles différentes. J’avais droit à la visite de toute la famille. Je me mis légèrement en retrait, pour les surveiller. Nous observions une sorte de trêve.
Mon esprit était cependant ailleurs. Nous étions à la veille du 1er novembre. Je me rappelais des moments qui m’étaient chers. Mon village, quand j’étais gamin, lorsque nous allions pêcher dans l’oued. Ou dans la forêt, quand nous allions chasser des oiseaux. Puis la guerre de libération, quand, avec les miens, nous menions le grand combat contre le colonisateur pour libérer notre terre sacrée ; la fraternité et le sens du sacrifice qui avaient marqué cette époque.
Après cette épopée, je me retrouvais prisonnier dans un sous-sol, à côté d’une fosse sceptique, assiégé par les rats, à la veille du 1er novembre. Est-ce là le destin de ceux qui ont aimé leur pays ? J’avais envie de pleurer devant toutes ces injustices, cette persécution, qui me ramenait à une existence quasi-bestiale.
Mais je devais aussi faire face. Je me mis à cultiver le souvenir. J’appris progressivement, dans la douleur, à développer une sorte de mémoire sélective. Je revivais les grands moments d’émotion, je forçais mes pensées à aller vers ce qui était fort, puissant, dans cette épopée qui fut la nôtre. Le bonheur absolu de savoir qu’on vit pour défendre sa liberté ; la terrible douleur d’apprendre qu’on a perdu un frère, un ami, un compagnon ; les larmes d’impuissance quand on voit l’un d’eux tomber, à un mètre, en sachant qu’il a eu droit à la récompense suprême, la chahada.
Mais d’autres pensées réussissaient à revenir, faisaient une intrusion, et finissaient par s’imposer, car ce sont les images du présent ; des images de ces moments de déchéance, quand des hommes, ayant pris le pouvoir de manière illégitime, en abusent au profit de dictateurs sans scrupules.
Pendant que ces pensées contradictoires se bousculaient dans mon esprit, j’entendis des légers coups répétés, tout proches. Je crus que les rats grignotaient quelque chose, ou tentaient de creuser un trou dans le mur. Je compris ensuite que le détenu de la colline voisine voulait me parler. Il attendait que je lui réponde. Je craignais cependant que ce ne soit un piège. Je m’abstins de répondre à ses appels.
Mais il ne s’est pas découragé. Quel drame vivait-il, lui aussi ? Comme moi, il devait avoir un besoin terrible de parler, de communiquer, de se confesser. De trouver un mot de réconfort, d’encouragement. La prudence lui dictait d’éviter tout contact avec les autres détenus. Le châtiment risquait d’être terrible. Mais il avait visiblement dépassé le stade de la peur.
Il finit par m’appeler. Il me semblait que sa voix me parvenait du bout du monde.
- Je suis un détenu comme toi. Ecoute ce que je vais te dire, clama-t-il.
Je gardai le silence. Son audace avait accentué mes doutes. J’étais de plus en plus convaincu que c’était un piège. Mais l’homme continuait à frapper à coups réguliers, tout en m’appelant. Je finis par lui demander qui il était, où il se trouvait, et ce qu’il voulait.
- Je suis détenu comme toi, dit-il. Approche-toi.
Je m’approchai du mur. Il reprit :
- Je les ai entendus ouvrir les portes de la cellule et la refermer sur toi tard dans la nuit. J’ai compris qu’ils amenaient un prisonnier. D’où viens-tu ?
- Pourquoi ?
- Je voudrais savoir d’où tu viens pour te demander des nouvelles de certains de mes amis dont j’ignore le sort, dit-il.
Je le devançai :
- Depuis quand tu es ici ?
- Depuis un mois.
Je mis ses paroles en doute. J’étais de nouveau convaincu que c’était l’un des gardiens qui me tendait un piège. Ou un homme de la sécurité militaire enfermé à côté de moi à cet effet. J’excluais qu’un homme puisse tenir un mois dans ces conditions. J’étais décidé à connaître ses intentions, au moins pour voir clair. Je lui demandai de me décrire sa cellule, et
ce qu’elle contenait.
- J’étais dans ta cellule, où je suis resté plusieurs jours. Ensuite, ils m’ont transféré dans ma cellule actuelle. Elle est meilleure, et moins dangereuse. Suis mes conseils. N’attaque pas les rats. Ne les tue, ils n’en seront que plus nombreux quand ils reviendront. La bouche d’égout qui est dans ta cellule se déverse dans la collecte principale de la ville. Tout ce
que tu peux faire, c’est disposer des petits morceaux de pain au bord de la bouche d’égout. Les rats s’en contenteront et te laisseront tranquille.
Pendant que mon voisin me révélait ces plans de bataille contre les rats, je me rappelai le roman d’Albert Camus, La Peste. Je remerciai mon interlocuteur. Je devais apprendre, plus tard, qu’il faisait partie du mouvement de Krim Belkacem. J’appris donc à combattre les rats, ou plutôt à éviter de les combattre, pour me contenter de les éviter, et d’accepter de cohabiter avec eux. Puis, me vint également à l’esprit l’histoire d’Abou Firas El-Hamadani, ce grand chevalier, détenu par les romains, qui avait une tourterelle pour seule voisine. Il lui chantait :
Que dire avec une tourterelle comme voisine,
Chère voisine, sais-tu ce que j’endure ?
Chère voisine, la vie ne nous a pas gâtés,
Viens partager mes soucis, viens.
Mais mes compagnons à moi sont des rats et des geôliers. Il n’y avait ni Romains ni tourterelle. J’enviais Abou Firas. J’en voulais à ce destin, à l’Histoire, qui me donnait des concitoyens si cruels, et des compagnons si peu agréables. J’étais contraint de partager ma nourriture avec les rats.
Pendant cette période de détention, je pris l’habitude de respecter scrupuleusement les conseils de mon voisin. Je disposais un peu de pain sec au bord de la fosse sceptique, attendant que les rats viennent déjeuner. Je mangeais ensuite le plat, avec un vague goût de lentilles, qu’on me servait invariablement. Je respectais ma part du pacte avec les rats, et ils ne me dérangeaient pas trop. J’avais besoin de compagnie dans ces moments difficiles. Je me surpris à trouver du réconfort à leur présence. Une fois
dépassé le dégoût qu’ils suscitent, ils étaient les seuls êtres vivants que je côtoyais.
Je décidai, un jour, de voir de quoi se composait le plat qu’on m’offrait.
Je le versai dans le seau me servant à faire mes besoins. Je sacrifiais ainsi un repas, rien que pour savoir. Je comptai exactement dix sept lentilles, navigant dans un demi-litre d’eau. C’était ma ration alimentaire.
Après la commémoration de l’anniversaire du 1er novembre, je fus déplacé vers une autre cellule. J’abandonnai le précieux seau. J’étais content de m’en débarrasser, mais il m’avait été très utile. En plus de différents autres usages hygiéniques, si on peut parler d’hygiène quand on est acculé à vivre près d’une fosse sceptique, je l’utilisais, le soir, pour y mettre les pieds. J’avais peur que les rats ne m’attaquent, profitant de mon sommeil.
J’étais convaincu que j’avais atteint le fond, et que je ne pourrais que remonter. Mais le destin m’emmenait sur une autre piste, cruelle. Je fus transféré vers une cellule où avait été détenu mon compagnon d’armes et ami, Mohamed Chaabani, quelques jours avant son assassinat. Il avait gravé son nom sur le mur de la cellule, dans une pratique à laquelle aucun
prisonnier au monde ne peut échapper.
Un autre personnage y avait séjourné. C’est le  » Barbu « , un ressortissant yougoslave arrêté par les autorités françaises après avoir acheminé clandestinement des armes en faveur des maquis de l’ALN à bord de l’Athos, en 1956. Avant de mourir, il avait, lui aussi, gravé son nom, sa date de naissance et son pays sur le mur de la cellule. Il avait creusé le mur
avec ses ongles. Depuis, cette cellule était devenue  » la cellule du Barbu « .
Dans les jours qui suivirent, je peu enfin rencontrer des hommes. Des êtres humains, ou ce qui en restait. Certains faisaient partie de l’organisation de Krim Belkacem, d’autres étaient liés au soulèvement de Tahar Z’Biri. D’autres, enfin, avaient été des officiers de l’ANP. Mais le régime, avec sa vision étroite du nationalisme, avait mis en doute leur nationalité, les considérant comme marocains, et travaillant donc pour les services spéciaux de Rabat. Certains avaient été rapatriés de l’étranger, notamment
d’Egypte, où ils avaient été envoyés en formation par l’armée. Ces officiers nés au Maroc, ou dont l’un des parents était marocain, avaient pourtant été de brillants soldats ou officiers de l’ALN. Beaucoup sont tombés en martyrs, et les autres se retrouvaient suspects et emprisonnés.
Ils auraient pu constituer une base pour renforcer la solidarité entre les pays du Maghreb, et raffermir cette fraternité dans le combat qui avait émergé pendant la guerre de libération. Ils sont devenus des détenus, suspectés de trahison, rejetés par leur propre pays parce soupçonnés de travailler pour le voisin, le frère ! Simple illustration de la dérive monstrueuse que prenaient les régimes en place dans les pays du Maghreb.
Ces hommes ne constituaient qu’une infime partie du drame que recelait la prison d’Oran, devenue un des centres où étaient punis, humiliés, détruits les révolutionnaires. J’ai vu des compagnons mourir de faim, tomber sous la torture ou emportés par la maladie. D’autres ont perdu la raison. D’autres encore ont attrapé la tuberculose, ou ont perdu la vue. A
ma connaissance, personne n’est sorti totalement indemne de cette prison, que nous appelions  » le sous-marin « . On l’appelait ainsi car bien que construite sur un monticule relativement élevé, ses cellules avaient été aménagées dans les sous-sols, que nous atteignions avec toutes les peines du monde. Je n’ai pas vu la lumière pendant une année. Je n’ai pas aperçu le soleil ni la lune pendant toute cette période, et je n’ai pas entendu le cri d’un oiseau ou d’un animal, à l’exception des rats et des aboiements de chiens qui nous menaçaient parfois devant les portes des cellules.
Les visites familiales étaient totalement interdites. Mon épouse et mes enfants sont venus à plusieurs reprises jusqu’à la prison, à Oran, dans des conditions pénibles, mais ils ont été systématiquement empêchés de me voir. Une vieille oranaise, Mme Behiri, les a aperçus une fois, au cours de l’un de ces voyages. Elle fut prise de pitié devant le spectacle de ces enfants, assis à côté de leur mère devant la porte de la prison, attendant vainement une autorisation pour voir leur père. Elle s’approcha d’eux, fit connaissance avec ma femme et de mes enfants, et les invita chez eux.
Elle leur offrit l’hospitalité. Elle est devenue une amie de toute ma famille.

Une drôle de justice

J’ai passé près d’une année dans l’obscurité la plus totale. Je ne quittai s une cellule que pour me rendre dans une autre cellule. Je ne reçus aucune visite. Personne ne m’a appelé par mon nom pendant toute cette période. J’avais perdu tout contact avec l’humanité, à l’exception des gardiens de la prison, si on peut encore parler d’humanité en ce qui les concerne.

J’apercevais parfois leur tenue sombre. La notion de lumière perdait son sens. On m’interdisait de lire et d’écrire. Je fus empêché de me changer pendant quatre mois. Mes vêtements partaient en lambeaux, et tout mon corps en souffrait. Mon état physique se dégradait, du fait des privations et de la torture.
Je fus maintenu dans ces conditions inhumaines jusqu’en juillet 1969.
Alors que j’avais perdu toute notion de temps et de calendrier, un gardien est venu, un jour, ouvrir la porte de ma cellule. Il me fit sortir dans le couloir. Je redécouvrais la lumière. J’étais aveuglé. Je ne pus la supporter. Je m’évanouis. J’avais un handicap visuel, que je n’ai jamais réussi à soigner.
Moi non plus, je ne sortirais pas indemne du  » sous-marin « , si jamais je devais en sortir vivant.
Je fus emmené par des éléments des services de sécurité vers le tribunal militaire d’Oran, appelé  » cour révolutionnaire « . J’y croisai, pour la première fois, le regard de certains des accusés qui, comme moi, avaient séjourné en prison pour les mêmes accusations. C’était un moment pénible, mais émouvant. Je pus lire des regrets, des reproches dans ces
regards, mais aussi beaucoup de respect partagé. Il y avait notamment Ali Mellah, Layachi Amirat, Maammar Kara, ainsi que d’autres, des officiers, des chefs de bataillons, des chefs d’unités, des militants.
J’étais surpris par la composition hétéroclite de la cour. Elle comprenait des officiers, des anciens de l’ALN, mais aussi d’autres, qui provenaient des promotions Lacoste, ces hommes formés par l’ancien gouverneur d’Algérie pour prendre le relais du colonisateur. Je me demandais comment ils pouvaient cohabiter. Mais je me rendais aussi compte à quel
point Boumediene avait réussi à écraser tous ces hommes, pour les mettre à son service.
Certains membres de la cour portaient la robe traditionnelle des magistrats, mais d’autres étaient venus en tenue d’officier, arborant grades et décorations. Je constatai que quelques uns avaient accédé au grade de colonel pendant ma détention. C’était la première promotion de colonels depuis l’indépendance.
La salle du tribunal fut envahie par un public nombreux, composé de proches des accusés et de curieux venus assister à la condamnation de ceux que la presse avait présentés comme de dangereux criminels. Un climat particulier régnait alors. Le pouvoir avait réussi à créer des conditions favorables pour organiser le procès selon sa volonté. Nous fûmes présentés comme des criminels aussi dangereux que des nazis. Une grande campagne avait été orchestrée autour du procès, jusqu’à convaincre l’opinion publique que nous étions le Mal.
Dans l’enceinte du tribunal, le climat était particulièrement tendu. La cour était présidée par Mohamed Benahmed Abdelghani, colonel, futur ministre de l’intérieur, futur chef du gouvernement, le chef d’une équipe de fossoyeurs venus enterrer des victimes déjà détruites par la prison et les sévices. Il était secondé par Ahmed Draïa, futur patron de la police et futur ministre, et Mohamed Touati, futur idéologue du régime.
En pleine séance du tribunal, sont arrivés les responsables de la sécurité militaire. A leur tête, le colonel Kasdi Merbah, patron de la SM, futur ministre, chef du gouvernement, accompagné de Yazid Zerhouni, un de ses adjoints, futur ministre de l’intérieur. Ils s’installèrent sur des sièges au premier rang. Ils avaient des cartables, dont ils tiraient des dossiers, des documents par paquets, qu’ils mirent bien en évidence, face aux magistrats. Ils voulaient visiblement les impressionner, pour les pousser à prononcer les condamnations les plus sévères.
C’était un jeu très curieux. La plupart des membres de la cour étaient considérés comme suspects dans la tentative de coup d’état de Tahar Z’Biri, y compris le président de la cour, Abdelghani. Un des détenus l’a d’ailleurs publiquement accusé d’avoir participé aux préparatifs du putsch.
Cet homme aurait donc pu se retrouver parmi les accusés. Il était leur juge. La simple présence de Kasdi Merbah et Yazid Zerhouni lui rappelait la précarité de sa situation. Il devait donc se montrer d’autant plus zélé, pour prouver à Boumediene sa fidélité. Et le seul moyen de prouver sa loyauté devait l’amener à nous enfoncer.
La dérive a commencé aussitôt après l’ouverture de ce procès marathon. Il était clair qu’il ne serait guère question de justice. Les accusations les plus absurdes s’alignaient contre nous, alors que le vocabulaire utilisé n’avait aucun rapport avec la justice. On entendait beaucoup plus des mots comme  » impérialisme « ,  » réaction « ,  » sionisme « , que ceux supposés être utilisés traditionnellement dans les tribunaux. On ne parlait pas de loi, d’article, de procédure, de code pénal, de preuves, mais de contre-révolution  de suppôts de l’étranger et de déstabilisation. Nous sommes rapidement devenus des agents de l’impérialisme et de la réaction, comme si ces grands mots venaient de trouver la preuve de leur existence en Algérie. La loi, principal fondement des sociétés civilisées, était totalement bafouée.
Le président de la cour a lu un long discours, rédigé par des officiers de la sécurité militaire. Il lisait difficilement, il ânonnait, sans même saisir le sens de ce qu’il disait. Il nous a ensuite appelé à la barre les uns après les autres. Certains ne pouvaient se tenir debout, conséquence de la torture et des sévices subis pendant le long séjour en prison. Personne ne nous a demandé les circonstances de notre arrestation, ni où nous trouvions depuis cette date. Torture, méthodes particulières d’interrogatoire, détention dans les cachots, tout ceci fut occulté.
Quand est arrivé mon tour, je me suis levé, face au président de la cour, Abdelghani. Il a cité les charges retenues contre moi. après une courte pause, il m’a posé une première question :
- Quelle a été ta participation à la guerre de libération ?
- Je souhaiterais être dispensé de répondre à cette question dans les conditions actuelles, répondis-je aussitôt, car le passé ne jouit plus d’aucune considération. Comment allez-vous tenir compte de mon passé militant alors que je suis accusé d’être un agent de l’impérialisme, de la réaction et du sionisme ? Je ne pense pas que mon djihad puisse avoir la moindre crédibilité face à l’ampleur de ces accusations…
Il me coupa sèchement :
- La cour veut, à travers cette question, confirmer que tu es un spécialiste de l’agitation. Tu es le grand opposant, ajouta-t-il ironiquement.
Nous savons que tu es un homme qui a participé à de multiples révolutions. Tu sais ce que je veux dire, comme nous savons à propos de quelles révolutions nous allons t’interroger.
Je voyais où il voulait m’entraîner. Je décidai donc de répondre calmement à toutes ses questions. Mais l’atmosphère changea très rapidement,
quand il m’accusa d’avoir organisé un projet d’attentat contre Houari Boumediene. Je ne pus me contenir :
- Personne, parmi ceux qui me connaissent, ne pourra croire que je suis homme à tremper dans un assassinat. L’assassinat ne fait pas partie de mes principes, et ma morale révolutionnaire le rejette. Quand j’ai vu que la méthode de gouvernement de Houari Boumediene menait le pays à la dérive, je l’ai combattu par les armes, puis au sein du FFS, et enfin après le soulèvement du 11 décembre. Je remercie Dieu d’avoir réussi à sauver Tahar Z’Biri. Tout mon combat contre Boumediene a été public.
Je l’ai mené de ma seule volonté. Quant à l’assassinat, à l’organisation d’attentats et de manière générale, tout ce qui vise à frapper un homme dans
le dos, tout ceci ne fait pas partie de ma morale, ni de mes méthodes d’action. Vous le savez très bien.
Abdelghani m’a interrompu :
- Ne dis pas  » Boumediene « . Il faut dire :  » Monsieur le Président « .
- J’ai pris l’habitude de l’appeler Boumediene. Si vous voulez que j’utilise une formule plus respectueuse devant vous, cela ne me fera aucun
mal.
Tout en fouillant dans le dossier, contenant des centaines de pages, il reprit :
- Ce que tu as dit à l’instruction n’est pas conforme à la réalité. Le tribunal ne fait pas confiance à tes déclarations.
Le président de la cour parlait en français, aussi bien lorsqu’il s’adressait à moi que quand il parlait à ses assistants. Il n’a pas prononcé un mot en arabe.
Je décidai de prendre l’initiative :
- Si je dois répondre à d’autres questions pour permettre d’établir la vérité, je suis prêt.
Il sortit alors une lettre. Il l’étala devant lui, et commença à en lire des extraits :
- Tu as rencontré Krim Belkacem. Vous avez eu de longues discussions sur l’avenir de son organisation. Après une pause, il ajouta :
- N’essaie pas de nier. L’auteur de la lettre est un témoin oculaire.
Il cita le nom de l’auteur : le commandant Azzeddine. C’est l’un des deux hommes qui avaient assisté à ma rencontre avec Krim Belkacem.
Parmi ceux que j’avais vus, c’est lui qui se montrait le plus enthousiaste pour pousser Krim à agir contre Houari Boumediene.
Je ne fus pas surpris d’entendre ce nom. Je le connaissais bien. Je connaissais son aptitude à la trahison et son opportunisme. C’est lui qui avait longuement pleuré Si Lakhdhar, dans l’espoir de le remplacer au sein du Conseil de la Wilaya IV. Il avait fini par y arriver. Il avait saisi toutes les opportunités pour servir les puissants du moment, là où il s’est trouvé.
Mon opinion sur sa moralité et sur le sens de ses engagements se trouvait confirmée.
- Si je dois être jugé par cette cour, je refuse d’être jugé par correspondance, dis-je à mon tour. Je ne pense pas qu’il y ait un seul tribunal au monde qui fonctionne de cette manière. Si vous tenez absolument à présenter cette lettre comme preuve contre moi, pourquoi ne pas évoquer mes contacts avec l’ambassade d’Algérie à Rabat ? Pourquoi refuser
d’en tenir compte, alors qu’ils peuvent constituer des preuves à décharge et influer sur votre jugement ? J’aurais pu rester à l’étranger, mais mon innocence m’a poussé à rentrer dans mon pays et affronter le régime selon d’autres règles. Et puis, s’il faut absolument avoir recours à ce genre de témoignages, pourquoi ne pas ramener le témoin lui-même ? Je suis convaincu qu’il est ici même, à Oran. Peut-être même est-il devant la porte du tribunal, ou dans une pièce à côté…
Le procureur, Ahmed Draïa, a demandé une suspension de séance. Je n’avais pas eu le temps de m’asseoir que trois personnes me menottaient et m’emmenaient hors de la salle. J’étais assailli par le doute. Ne seraient-ils pas tentés de m’exécuter sur le champ ? J’en étais là de mes pensées quand surgit devant moi le procureur, Ahmed Draïa, en compagnie d’un officier, Hassan Merabet. Sur un ton qui m’a surpris, car dépourvu de haine, il m’a demandé :
- Qu’est-ce que tu entendais par cette  » justice par correspondance »?
- Une cour révolutionnaire ne peut tenir compte d’une lettre portant d’aussi graves accusations, répondis-je. Qu’est-ce qui vous prouve qu’elle est authentique ? Vous risquez de prononcer une condamnation à mort sur la base d’un document suspect. Il serait plus juste de convoquer l’auteur de la lettre.
Il ordonna aux gardiens de me ramener dans la salle du tribunal. Je fus invité à me lever pour entendre le verdict prononcé contre moi, après trois jours de procès. La peine était de trente années de prison ferme.
J’étais condamné à vingt années de prison pour avoir participé à la rébellion de Tahar Z’Biri du 11 décembre 1967, et à dix années de détention pour avoir fait partie de l’organisation de Krim Belkacem. La peine prononcée était plus lourde que ce que le procureur avait requis !

La prison, pas la soumission

Je n’étais pas surpris par la sentence. Je m’attendais au pire. Nous vivions sous une junte militaire, qui n’avait aucun respect pour les libertés et les Droits de l’Homme. Au fond de moi, je n’en attendais guère mieux. J’étais même un peu soulagé que ce chapitre prenne fin. Je n’oubliais pas les tortionnaires et les geôliers, avec leurs matraques et leur
gégène, ainsi que ses rats, ses poux, ses puces, et, par dessus tout, l’enfer de l’isolement.
Ma famille et mes amis furent plus frappés que moi par la dureté de la peine. Ils étaient terrifiés. Une consolation, tout de même : mes enfants étaient encore trop jeunes, et ne mesuraient pas la signification de ce qui m’arrivait.
Nous fûmes emmenés hors de la salle du tribunal, pour être transférés en prison. Le jour même, vers minuit, les geôliers nous ordonnèrent de nous regrouper dans une salle. En présence de nombreux policiers et hommes de la sécurité militaire, le directeur de la prison demanda à haute voix aux hommes impliqués dans le soulèvement de Tahar Z’Biri d’écrire une lettre au président du conseil de la révolution Houari Boumediene pour solliciter une mesure de grâce.
Tous les détenus acceptèrent cette proposition. Ils se dispersèrent, cherchant qui un stylo, qui du papier, chacun essayant de trouver la belle formule qui toucherait la sensibilité de Boumediene. Plusieurs d’entre eux durent déchirer la lettre, pour la réécrire, puis la déchirer une seconde fois, ne la trouvant pas assez expressive ni assez touchante pour émouvoir le  chef de l’état.
Je refusai de me plier à cette démarche humiliante. J’ai été arrêté, mis au secret, affreusement torturé, injustement condamné à l’issue d’une parodie de procès. Et maintenant, on me proposait une suprême humiliation, celle de demander au responsable de tous mes malheurs d’avoir pitié de moi !
J’informai mes compagnons de malheur que je refusais d’écrire un seul mot à Boumediene pour demander son pardon. Ils me regardèrent, surpris et apitoyés. Ils me demandèrent de ne pas être trop  » extrémiste « .
Certains murmuraient, entre eux, que je n’y croyais pas, ou que je n’avais plus toute ma tête. Le directeur de la prison me supplia. Il évoqua mes enfants, me demandant de le faire pour eux. Il se proposa pour rédiger lui-même ma demande de grâce. Je n’aurais qu’à la signer. Je rejetai son offre.
Mes co-détenus s’apitoyaient sur mon sort. Mais en fait, c’est moi qui avais pitié d’eux. J’en arrivais presque à les mépriser. La vie ne leur avait décidément pas appris grand chose. Ils n’avaient pas compris la nature de ce système. Ils acceptaient d’être reconnaissants envers leur propre bourreau. Il était, certes, difficile de les condamner, mais je refusais une liberté à n’importe quel prix. En rejoignant l’ALN, j’avais accepté l’idée de mourir pour la liberté. Mais je la refusais si le prix en était l’humiliation.
Tout le monde s’y mettait, essayant de me convaincre de revenir sur ma décision. J’en avais assez de ces sollicitations. Pour y mettre fin, je m’adressai au directeur de la prison :
- S’il faut absolument que je sollicite une mesure de grâce, je demande qu’au préalable, nous soyons transférés dans une autre prison, avec les truands et bandits de grand chemin. Ce sera beaucoup mieux pour nous.
Personne ne saisit la portée de ma déclaration. Tout le monde était occupé à chercher son propre salut, attendant une nouvelle journée qui signifierait peut-être la liberté. Mais quelle liberté ? Je refusais celle à laquelle on accède en demandant pardon à son tortionnaire. Le poids de la soumission me paraissait plus dur à supporter que la prison, malgré ce
que j’avais enduré.
Face à mon attitude intransigeante, le président du tribunal qui m’avait condamné à trente ans de prison, Mohamed Benahmed Abdelghani, a demandé, à son tour, à me rencontrer en tête-à-tête. Il avait déjà rencontré les autres détenus, après avoir reçu leurs demandes de grâce. Je fus introduit auprès de lui. Sa promotion était encore récente, et il montrait
le zèle nécessaire pour la justifier. Il avait une allure soignée, et portait des lunettes à monture dorée.
Le face à face ne manquait pas de piment. La sentence qu’il avait prononcée constituait une barrière définitive entre nous.
- Pourquoi n’as-tu pas fait une demande de grâce comme tes compagnons ? me demanda-t-il
- Pour une raison simple, répondis-je. Le tribunal qui m’a condamné à trente ans de prison peut tout aussi bien prononcer mon acquittement.
Pourquoi une demande de grâce, alors que la sentence avait été décidée avant même l’ouverture du procès ?
Il hésita un moment, puis reprit :
- Ne désespère pas, dit-il. La sentence prononcée constitue une condamnation de principe. Elle n’est pas définitive. A la première fête nationale, tu seras transféré vers une prison à Alger, pour être près des tiens. On attendra un peu, et tu seras ensuite libéré.
Comme s’il parlait pour lui-même, il poursuivit :
- Quelle confiance peut-on accorder à cette vie ? Et qui sait ? Un jour viendra peut-être où je serai le détenu, et toi, tu seras alors un homme
libre, en face de moi. C’est la vie !
Il s’arrêta, comme s’il attendait une réponse de ma part. Je gardai le silence. Je ne voulais pas m’engager avec lui dans une discussion qui m’amènerait à lui révéler le fond de ma pensée. C’est lui qui devait se sentir tourmenté. Peut-être sentait-il que j’étais plus libre, dans ma prison, que lui, dans son uniforme de colonel. Je n’avais rien à solliciter. Je ne voulais montrer aucun regret. J’avais fait des choix, conformes à mes principes, mon éthique et ma morale. J’avais pris des risques pendant le grand djihad, la guerre de libération. J’étais prêt à assumer les souffrances de l’indépendance.
Elles devaient s’avérer particulièrement dures. Je passai encore sept années en prison. J’ai connu la plupart des prisons algériennes. La fraternité avec les autres détenus allégeait partiellement le poids de la détention et du sentiment d’injustice qui ne m’a jamais quitté. La prison m’a appris certaines règles de la sagesse et la patience. J’y nouai des amitiés qui ont survécu pendant des décennies. J’y découvris des hommes libres, et découvris que de nombreux hommes se croyant libres sont en fait des esclaves.
Malgré la durée de la détention, je n’ai jamais perdu espoir. Je préservai ma dignité, malgré les conditions de détention et les traitements inhumains qui y étaient en vigueur. Je m’accrochais à mon pays, je me rappelais le sacrifice des chouhada, et refusais de me laisser entraîner par le désespoir. Dans les moments difficiles, je me rappelais mes compagnons
chouhada, ces immortels, eux que Dieu glorifiait :  » Ne croyez pas que ceux qui sont tombés pour la gloire de Dieu sont morts. Ils sont vivants auprès de Dieu qui pourvoit à leurs besoins « . Cela me suffisait.

source: lequotidiendalgerie.org

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A bord d’une embarcation de fortune, neuf jeunes de Dellys fuient vers l’Espagne

Posté par algeriedemocratie le 1 juillet 2012

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Les Jeunes Algériens continuent de fuir leur pays en prenant tous les risques possibles et inimaginables ! Pour preuve, à Dellys, une ville côtière située à 50 Km de la capitale Alger, neuf jeunes harragas ont fui vers l’Espagne à bord d’une simple embarcation de fortune !

 

Selon le correspondant local d’El Watan,   »ces harraga, âgé entre 20 et 36 ans, sont arrivés sains et saufs après une traversée qui aura duré plus de 48h ». Ils ont même réussi à contacter « leurs proches hier pour les rassurer de la réussite de l’aventure » !  Cette nouvelle tentative de harga prouve on ne peut mieux que les jeunes Algériens ne voient aucune perspective prometteuse pour l’avenir dans leur propre pays.

source: NessNews

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entretien avec l’écrivain Djamal Arezki sur le receuil de nouvelle en tamazight Akal d wawal

Posté par algeriedemocratie le 30 juin 2012

“Passer à l’ecriture pour preserver la langue”

entretien avec l'écrivain Djamal Arezki sur le receuil de nouvelle en tamazight Akal d wawal dans tamazight(65)

Djamal Arezki, écrivain d’expression amazighe, vient d’éditer aux éditions Tira un recueil de nouvelles intitulé Akal d wawal (Terre et parole) qui est une production de pas moins de onze nouvelles en tamazight. Pour Djamal Arezki, le passage à l’écriture est un moyen de préserver et de garder une empreinte de sa propre culture.

La Dépêche de Kabylie : Parlez-nous un peu de vous ?

Djamal Arezki : je suis né à Tazmalt en 1966, enseignant de tamazight et inspecteur de français à Bouira depuis 1998. Je suis titulaire d’un Master 2 en sciences de l’éducation et d’une maîtrise en lettres modernes que j’ai obtenus à l’université Paris 8. En plus de Akal d wawal, j’ai également publié Contes et légendes de Kabylie, chez Flies France, à Paris en 2010.

Votre livre s’intitule Akal d wawal (Terre et parole). Qu’évoque ce titre?

Et bien comme son nom l’indique, c’est l’enracinement de la parole dans un terreau qui est le nôtre, celui d’Imazighen. Tamazight est une civilisation de parole. La parole est le pouvoir dans notre société. On dit en kabyle: Bu yiles, medden akk ines! Celui qui a la parole a le pouvoir, a de l’influence. C’est dans ce contexte que j’ai rédigé ce recueil de nouvelles où j’ai repris la sagesse d’antan, les belles paroles, les jeux de mots, les histoires anciennes en les contextualisant, en les «habillant», en les rendant vivantes avec des personnages de ma création, tout en gardant le fond, parfois sa moralité.

Lors de votre conférence à Aokas, vous avez évoqué le passage de la culture de l’oralité à celle de l’écriture pour sauver notre patrimoine intellectuel et culturel. Pensez-vous qu’il est vraiment possible, à l’heure où le lectorat est en déperdition ?

D’abord je remercie l’association Rahmani Slimane qui m’a donné l’occasion de rencontrer des lecteurs, des amis, de pouvoir m’exprimer. D’ailleurs, je la félicite pour l’excellent travail qu’elle entreprend. Ensuite, pour répondre à votre question, je dirai que le passage à l’écriture est inévitable si on veut sauvegarder encore ce qui reste de notre culture, guettée malheureusement par la disparition si on n’agit pas. Un long travail de sauvegarde et de transcription est nécessaire, voire vital. Je crois fermement qu’on pourra, non seulement, sauvegarder notre patrimoine culturel mais le développer aussi par des créations nouvelles : romans, nouvelles, théâtre…par de la recherche. Taqbaylit se trouve partout : dans les champs, dans les villages, dans les comportements de tous les jours, dans la façon de penser et d’agir, etc.

Quel rôle joue l’école pour la promotion de la langue Amazighe?

L’école est une arme à double tranchant. Par le passé récent, elle a joué un rôle des plus néfastes dans le reniement de la langue et de la culture amazighes. Aujourd’hui, qu’elle prend en charge de façon parcellaire, incomplète et facultative cette langue, elle pourra la promouvoir si certaines conditions sont réunies. Je crois que ce n’est pas encore le cas aujourd’hui. Beaucoup de choses restent à faire à commencer par l’abrogation du caractère facultatif de son enseignement, un des principaux obstacles à sa généralisation et à sa prise en charge sérieuse. L’école est, par définition, un instrument entre les mains de l’idéologie officielle, son prolongement, je dirai. Et l’idéologie officielle inclut, dans sa vision, juste du bout des lèvres, la culture et l’identité amazighes du peuple algérien…

Akal d wawal est édité en langue amazighe. Pensez-vous qu’une littérature d’expression amazighe a encore sa place en Algérie ?

Bien évidemment, sinon je ne l’aurais probablement pas écrit ! Non seulement elle a sa place mais nous devons la développer, il y va de notre devoir, de notre identité aussi. Si on ne le fait pas nous-mêmes, je ne crois pas qu’il puisse y avoir quelqu’un pour le faire à notre place. Comme quoi, on n’est mieux servi que par soi-même.

Quel regard portez-vous sur la littérature d’expression amazighe ?

Ces dix dernières années ont vu un élan formidable en matière de production et de création littéraires. Ce n’est pas négligeable pour une langue frappée d’ostracisme officiel durant des millénaires. Des langues et des cultures prestigieuses contemporaines de Tamazight ont complètement disparu. Je crois qu’il convient de relativiser «la chose». En dépit de l’absence de la qualité de la production escomptée, la littérature d’expression renait de ses cendres au grand dam de ses détracteurs (et ils sont nombreux malheureusement). Editer une centaine de romans, de nouvelles, des pièces de théâtres, des traductions tous azimuts ne peut être qu’encourageant.

Quels sont les problèmes que rencontre le monde de l’édition en langue amazighe ?

L’édition, la distribution et l’absence d’une véritable politique du livre (pas seulement Amazigh, je suppose) sont des freins, des obstacles à sa promotion. En outre, la lecture tout comme l’écriture, est une activité sociale qui n’a pas sa place chez nous. Très peu de gens lisent. L’école n’a pas su ni pu installer cette culture du livre. Il est vrai qu’elle est fortement concurrencée par l’image certes mais la lecture est irremplaçable, comme l’a si bien confirmé Mouloud Feraoun : «Le seul moyen d’être et de devenir cultivé est la lecture». L’histoire lui donne raison. On ne pourra jamais faire l’économie du livre.

Comment est née votre passion de l’écriture ?

En évoquant Feraoun justement, c’était l’un des tous premiers auteurs que j’avais lus. Son écriture, son style, les sujets qu’il aborde m’ont grandement aidé à aimer la lecture. Par la suite, ma curiosité m’a poussé à lire autre chose, à diversifier ma lecture. Enfant, je ne comprenais pas tout ce que je lisais. Mais avec le temps, j’ai acquis la bonne habitude de lire. Ensuite, j’ai eu la chance d’évoluer dans un milieu favorable. J’ai eu des amis qui avaient des livres et qui lisaient beaucoup aussi. D’ailleurs nous sommes toujours restés en contact et nous échangeons toujours des livres. Nous avons créé une sorte de réseau où circulait toute sorte de livres (du moins ceux qui étaient disponibles), y compris ceux écrits clandestinement en tamazight. L’interdit, loin de nous dissuader, était un vrai tremplin. Quel plaisir de lire un livre interdit ! C’était à cette époque-là que je commençais à rédiger des histoires, des contes, à transcrire des poèmes anciens… que je garde toujours. J’ai pu recueillir un important corpus de poèmes inédits.

Que vous inspire le mot Tira (écriture) ?

Tira, l’écriture avant d’être une passion, est d’abord un moyen d’expression privilégié. Je crois qu’il n’existe nulle part une civilisation sans écriture. L’écriture c’est aussi une façon de réfléchir à tête reposée, un moyen de création, de conservation et de transmission des idées. En littérature, elle permet de rêver, de donner libre cours à son imaginaire, à son génie créateur…L’écriture, tout comme le reste s’apprend par la pratique surtout et se développe.

Quels sont vos projets futurs ?

Je viens de finir, en collaboration avec mon ami Bellil Yahia, un livre sur un poète résistant du XIXème siècle, en l’occurrence Mohand Saïd Amlikech des At Sidi Ali Ou Abdellah, du village d’Iaggachen, à At Mlikech (Béjaïa). Pour son bicentenaire (il était né en 1812, mort en 1877), l’association culturelle qui porte son nom lui organise un festival culturel qui aura lieu conjointement à Tazmalt, Boudjellil et At Mlikech, du 01 au 04 juillet 2012. J’ai aussi un autre recueil de nouvelles en Kabyle que j’ai intitulé Inig aquccah (un voyage inachevé) qui paraîtra bientôt j’espère, un essai, en français, sur Taos Amrouche et des traductions du français au kabyle dont certains extraits ont déjà paru dans diverses revues, notamment dans ayamun.com consultable en ligne.

Un mot à vos lectrices et lecteurs ?

J’espère qu’ils trouveront bien du plaisir à me lire. Un auteur n’existe que par ses lecteurs. J’attends leurs échos qui me permettront d’aller toujours de l’avant, d’affiner davantage mon style d’écriture.

Entretien réalisé par Reda Senoune

source: dépêche de kabylie

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Les enfants perdus de Kabylie

Posté par algeriedemocratie le 9 juin 2012

In Liberation
04.06.2012

grand angle Une vague de suicides de jeunes à Tizi-Ouzou bouleverse une communauté qui oscille entre la honte et la crainte d’être stigmatisée par le pouvoir.

Par JEAN-LOUIS LE TOUZET Envoyé spécial à Tizi-Ouzou, Algérie

Au mois de mars, l’air est sec, froid et souvent d’un bleu très dru à 900 mètres d’altitude à Adrar, un petit village de Kabylie, au nord-est de Tizi-Ouzou, en Algérie. A Adrar il n’y a rien, mis à part des locaux commerciaux qui n’ont jamais ouverts mais le gaz de ville et l’éclairage public sont pour bientôt. Quand le temps est dégagé, on peut voir la mer et la baie d’Azeffoun.

Le 18 mars dernier, aux alentours de 19 h 30, l’alerte est donnée dans tout Adrar. Le jeune Mohamed Douzen, onze ans, élève de 5e (l’équivalent du CM2), dernier d’une famille de treize enfants, a disparu. Ce soir-là les choses n’allaient pas comme d’habitude. Le petit Mohamed avait tourné autour de ses sœurs dans l’après-midi comme une guêpe, les sollicitant pour un câlin, pour un oui pour un non, se pelotonnant comme un chat sur leur lit, leur demandant avec insistance ce qu’elles étaient en train de faire.

Arezki, agent de l’autorité villageoise, se souvient ce soir-là, quand la nouvelle de la mort du petit Mohamed est tombée, du vacarme de chaises, de pieds, et de tabourets renversés. Mohamed était encore une heure auparavant dans les jambes de sa mère partie «chercher des légumes chez la voisine», raconte-t-il. C’est le frère aîné de Mohamed, Makhlouf, maçon comme son père, qui a retrouvé le petit pendu accroché avec un nœud coulant à la branche noueuse d’un olivier sur la parcelle du voisin, distante de trois cents mètres de la maison familiale. Le petit avait pris l’habitude de «jouer sous les oliviers». Pour son père, «c’était son refuge».

Le corps n’avait pas la moindre oscillation et était «encore chaud» quand Makhlouf et Amine, un des cadets, maçon tout comme les autres, ont décroché leur petit frère qu’ils ont éclairé avec des torches et des lampes à gaz. Amine raconte aujourd’hui, en s’essuyant les yeux avec le revers de sa manche, qu’il ne manquait «pas cinq centimètres», en montrant l’écart entre le pouce de l’index, pour que les pieds en flèches, chaussés «de petites tennis blanches», touchent les deux briques rouges que le petit avait transportées du dernier étage du domicile familial, toujours en chantier, pour se hisser et en finir.
«Je me suis suicidé»

La maison des Douzen ne possède ni Internet ni parabole. Elle a deux étages dont le dernier est hérissé de fers à béton. Au rez-de-chaussée, il y a un café tenu par le père, Ali, et ses fils. Un café de village avec des viennoiseries sous plastique sur des présentoirs métalliques. La télé, qui diffuse uniquement les chaînes nationales, est aujourd’hui en sourdine. Les consommateurs en terrasse sirotent, silencieux, des expressos et du thé. Ils ont vue sur la route, les nids de poule et la volée de marches de la mosquée.

Le père, après avoir porté en tremblant une cigarette à la bouche, trouve un semblant d’équilibre pour dire : «C’était un gentil garçon, rêveur qui passait du temps avec nous dans le café à écouter les adultes sans rien dire. Puis il partait d’un coup se cacher sous les oliviers…» Les voisins se consultent du regard, l’écoutent parler sans l’aider d’une parole, d’un geste. Ses mains sont énormes et tavelées par le ciment. Il porte une salopette en denim nouée jusqu’au dernier cran à la taille par un ceinturon de cuir.

Le soir du drame, il se souvient qu’il suivait péniblement ses aînés en montant le mamelon caillouteux éclairé à la lueur d’une torche. Puis alerté par les cris des frères déjà sur place, il a voulu accélérer mais le cœur lui sortait de la poitrine. Il est arrivé hors d’haleine, mâchoire tremblante, et a vu le corps posé sur la mousse qui lui faisait comme un édredon. Il a alors pris le corps de Mohamed dans ses bras en sanglotant attendant que la Sécurité civile monte de Tizi-Ouzou qui ne pourra que constater le décès. La gendarmerie ne s’est pas déplacée sur les lieux mais a gardé le corps à la brigade «pour examens complémentaires».

Par le sentier de chèvres qui mène aux oliviers du voisin, pendant que la sécurité civile emportait le corps par la route, Amine, rentre vers la maison, le visage mangé de larmes. Il tombe, dit-il, sur «un bout de papier» coincé dans une branche de figuier fraîchement cassée : «Je m’appelle Mohamed Douzen et je me suis suicidé.» La maman de Mohamed ne fut prévenue que dans la nuit de la mort de son dernier : «Pour la ménager», souffle le père. Depuis, elle ne sort plus de la maison de la voisine. L’explication, on la lit dans une contribution écrite en 2008 par les professeursBadra Moutassem-Mimouni et Mostefa Mimouni intitulée : Tentatives de suicide et suicide des jeunes à Oran, entre désespoir et affirmation de soi. «En plus de la honte qu’il leur fait subir en se supprimant, cet acte peut être vécu [par les parents] comme une négation de leur existence et de leur place dans la vie. Comme s’ils ne comptaient pas à ses yeux, comme une preuve du manque d’amour et de respect qu’il leur doit de façon inconditionnelle car la culture musulmane est basée sur le respect absolu des parents et de leur autorité» (1).

Le voisinage est venu témoigner de sa compassion à la famille mais pour certains, dit Arezki, le chef du comité de village, les paroles réconfortantes n’arrivaient pas à sortir «comme si la foudre était tombée». Le quotidien arabophone d’Alger, Ennahar, qui n’a pas dépêché de journaliste sur place, a brodé les jours suivants sur une querelle de voisinage qui serait à l’origine du suicide du petit, laissant entendre au passage une faiblesse supposée des parents qui ne savent pas tenir leurs enfants. Le père s’effondre en larmes et dit que jamais il n’a porté la main sur son gosse. Ni jamais grondé «parce qu’il n’avait pas de bonnes notes et puis pourquoi faire ? Il aurait fait maçon, comme ses frères, c’est tout ce qu’on peut espérer ici, maçon…» Deux jeunes psychologues ont été envoyées de Tizi-Ouzou pour accompagner la famille dans leur deuil. Le père qui n’a pas «d’instruction», comme il dit, a vu «tout de suite» qu’il s’agissait de stagiaires «qu’on n’a jamais revues à la maison depuis».
«Poids des traditions»

Pour le seul mois de mars, outre Mohamed, deux autres garçons se sont pendus dans la wilaya de Tizi-Ouzou, en Kabylie. Le 19 mars, en fin de journée, sur la commune d’Irjen, à 18 km de Tizi-Ouzou, le jeune Azdin (prénom modifié) s’est pendu avec la ceinture de son kimono. Il allait avoir 13 ans.

«Ces enfants ne se connaissaient pas. Il s’agit d’un pur hasard. Ils se sont pendus. Ils ne se sont pas donnés la moindre chance de s’en sortir», insiste le médecin psychiatre Mahmoud Boudarene, ancien député du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie, un parti laïc bien implanté en Kabylie). Il souligne qu’«il n’y a jamais d’enquêtes sérieuses concernant les suicides mais on peut avancer que ces passages à l’acte découlent de problèmes psychologiques sévères et d’immenses difficultés pour ces enfants à contrôler leurs émotions. La pendaison est un huis clos contrairement aux immolations qui sont une sorte de mise en scène sacrificielle : je souffre et je me sacrifie au nom des autres.»

Le taux national de 4 suicides pour 100 000 habitants est le pourcentage «officiellement» avancé à Alger mais il«ne correspond pas à la réalité» et serait, selon Mahmoud Boudarene,«beaucoup plus élevé». Un hiatus qui s’expliquerait par «des erreurs statistiques et la dissimulation du suicide en accident ou en mort naturelle dans un pays où le poids des traditions et de la religion est important.»

«En l’absence de statistiques fiables et sérieuses , poursuit-il, il faut en parler car les difficultés auxquelles sont confrontés les Algériens sont des facteurs précipitant le passage à l’acte.»

Un voisin de la famille de Mohamed, qui ne veut pas être cité, s’indigne : «Les journaux en arabe font leurs choux gras sur les suicides et disent que les Kabyles ne sont pas de pas de bons parents, qu’ils battent leurs enfants et qu’ils ne sont pas de bons croyants…» Dans son livre L’action politique en Algérie, un bilan, une expérience et le regard du psychiatre, Mahmoud Boudarene note pour sa part que«la comptabilité morbide égrenée par les médias concernant le suicide en Kabylie a amené les acteurs de la vie politique à interpréter le suicide comme le résultat d’une carence de la foi dans cette région du pays. Les sujets sont alors stigmatisés, blâmés et parfois excommuniés.»
Le corps exposé dans la classe

Exceptionnellement, les obsèques du petit Mohamed eurent lieu le surlendemain du drame. Les prières rituelles furent conduites par l’iman qui s’est bien gardé de rappeler à la famille que le suicide était un acte de désobéissance à Dieu. Mohamed a été porté en terre. Auparavant, son corps avait été placé dans la salle de classe, selon les souhaits des deux jeunes psys. Le directeur de l’école, Monsieur Ramdane, a trouvé cela «traumatisant» pour les enfants mais, dit-il, «j’imagine que les psychologues savent mieux ces choses-là que nous.» Le docteur Mahmoud Boudarene, lui, a jugé l’initiative déplacée : «Personnellement je n’aurais pas pris une telle décision. Ses camarades de classe auraient tout à fait pu aller lui rendre une dernière visite au domicile mortuaire. Une démarche qui s’inscrit dans les usages et qui aurait été un élément précurseur pour le travail de deuil chez les enfants.»

Pour le directeur de l’école primaire, Mohamed «n’était pas intéressé par l’école» : «Ses notes étaient moyennes, parfois en dessous mais il n’y avait pas de pression des parents. L’enfant était turbulent comme tous les gosses de cet âge.» Le jour où il s’est pendu, ajoute Ramdane, Mohamed a blessé d’une pierre le poignet d’une camarade dans la cours de récréation «mais ce n’était pas méchant». Trois jours avant de se pendre, le garçon avait lancé à sa mère dans la cuisine : «Toi aussi, un jour, tu porteras mon cartable dans la rue comme la folle.» Il faisait allusion à un fait-divers qui s’est déroulé deux ans plus tôt dans la commune des Aghribs. Un écolier de CM2, comme lui, s’était pendu en fin d’année scolaire. La mère, folle de douleur, marche depuis, hébétée, dans les rues, avec le cartable de son fils sur le dos. Le père est assis dans un coin sombre de la terrasse, fume cigarette sur cigarette, et répète inlassablement le prénom de son fils.

(1) Editée par le Crasc (Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle) d’Oran.

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Ferhat Mehenni rencontre des représentants de la communauté séfarade à Montréal

Posté par algeriedemocratie le 3 avril 2012

Ferhat Mehenni rencontre des représentants de la communauté séfarade à Montréal

 

MONTREAL (SIWEL) — Dans le cadre de sa tournée de travail au Québec, le président du GPK, M. Ferhat Mehenni, a rencontré lundi soir à Montréal les membres de la communauté séfarade.

 

(PH/ M.I. - SIWEL)

(PH/ M.I. – SIWEL)
Le Président du GPK a rencontré M. David Bensoussan membre de la communauté séfarade et professeur émérite à l’université du Québec à Montréal, UQAM.

Les deux hommes se sont échangés des idées et ont lancé des jalons sur la future relation entre les communautés kabyle et séfarade. La rencontre s’est effectuée en présence des membres des deux communautés.

Aujourd’hui, le président du GPK donnera une conférence de presse à la société de la Saint-Jean-Baptiste à 13h30, (19h30 CET), et prendra ensuite la route pour Ottawa où il est attendu au Parlement canadien. M. Mehenni donnera aussi une conférence publique dans la même ville.

Le président du Gouvernement provisoire kabyle effectue depuis le 1er avril une visite de travail au Québec. Au programme : des rencontres diplomatiques, des conférences à Ottawa et Montréal et des entretiens avec les médias.

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SIWEL 031540 AVR 12

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L’homme et l’auteur par-delà le roman

Posté par algeriedemocratie le 15 mars 2012

L’homme et l’auteur par-delà le roman dans feraoun(16)

Cela fait maintenant un demi-siècle que Mouloud Feraoun est tombé sous les balles assassines de l’Organisation de l’armée secrète (OAS). Ce fut le 15 mars 1962, soit quatre jour avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu qui allait mettre fin à plus de sept ans d’une guerre atroce.

En se faisant un point d’honneur de commémorer régulièrement la disparition tragique de cet écrivain humaniste kabyle, notre journal a eu l’occasion de revenir ainsi sur sa vie, ses écrits littéraires, particulièrement les romans, et l’actualité relative à l’héritage feraounien (traduction en kabyle de ses œuvres, film biographique sur l’auteur, séminaires et journées d’études sur sa vie et son œuvre,…). A l’occasion de ce 50e anniversaire de la disparition de l’auteur du Fils du pauvre, nous proposons au lecteur un retour sur certains écrits et dits de Feraoun qui ne font pas partie de la fiction romanesque. Une partie de ces écrits constitue un segment intime de la création de l’écrivain du fait qu’il a été fixé dans les livres (comme Le Journal et Lettres à ses amis) ; d’autres obéissent sans doute à la tradition qui invite les écrivains à s’exprimer dans la presse, soit par le canal d’entretiens classiques (questions-réponses), soit par la moyen d’articles publiés dans les journaux et dont certains finissent pas être fixés dans un livre sous forme de recueil. Victor Hugo avec ses ‘’Choses vues’’, Le ‘’Journal’’ des Goncourt et celui de Jules Renard, sont des exemples d’un genre qui a fait florès dans l’histoire littéraire occidentale. De même, l’art épistolaire a connu de belles années de gloire aussi bien en Occident que dans d’autres contrées du monde. Ces deux moyens d’expression- journal et échanges de lettres- n’ont pas été abordés par Mouloud Feraoun d’une façon, disons, ‘’préméditée’’. Il n’avait pas l’intention de faire une carrière d’écrivain en réalisant un journal ou en écrivant du courrier à des amis ou des proches. L’on peut dire que la chose s’est presque imposée à lui, d’abord par les événements rapides et cruels qui le poussaient à remplir des feuilles dont il ne voyait pas tout de suite le destin, ensuite par l’insistance imparable de ses amis, à la tête desquels on retrouve Emmanuel Roblès, pour mettre au propres ses écrits et les envoyer à l’édition. La réticence de Feraoun n’est pas due à un manque d’ambition littéraire, mais, on serait tenté de penser que l’auteur du Fils du Pauvre a amplement trouvé sa voie dans le genre romanesque qui, manifestement, le comble par les éloges qui lui furent adressés par la critique littéraire et par les prix qu’il reçut à l’occasion de la publication de certains de ses ouvrages. Nonobstant cette façon de voir, Feraoun a réussi magistralement deux documents importants en écrivant Le Journal et Lettres à ses amis. Le premier ouvrage cité est le rassemblement des notes presque quotidiennes qu’il entreprit le premier novembre 1955 à 18h 30 (soit une année après le début de la guerre de Libération) et qui se termineront brusquement le 14 mars 1962, la veille de son assassinat.

Les journées du Journal

Dans la réédition du Journal en 1998 aux éditions ENAG de Réghaïa, Christiane Achour Chaulet écrit dans sa présentation : ‘’S’il est un texte de Mouloud Feraoun bien délicat à présenter, c’est bien celui du Journal. Texte vivant, écrit par bribes, par fragments, non remanié dans une structure de fiction qui construirait une cohérence, il heurte et bouscule ceux qui le lisent. Seul l’événement central est unificateur : c’est un journal sur la guerre, tout le reste passe au second plan (…) C’est une œuvre écrite sur le vif et qui tranche dans le vif. Le discours autobiographique qui, jusque-là, était voilé, biaisé, se donne à lire ‘’en direct’’, pourrait-on dire. ‘’Le Journal, ajoute-elle, est le texte d’un homme qui observe, meurtri et écartelé, son pays livré à la violence’’. Feraoun écrit lui-même qu’il est’’ un observateur attentif qui souffre toute la souffrance des hommes et cherche à voir clair dans un monde où la cruauté dispute la première place à la bêtise’’ (6 janvier 1957).’’Un peuple habitué à recevoir les coups, qui continue d’encaisser mais qui est las, las, au bord du désespoir (…) Il fait pitié le peuple de chez nous et j’ai honte de ma quiétude’’ (9 septembre 1956)’’ ; et Christiane Achour note que ‘’l’on est bien loin de l’image positive d’une littérature de propagande ou d’autres récits de vie d’acteurs de la lutte, d’un peuple en lutte par conviction et nécessité historique. Dans une page écrite le 12 janvier 1957, Feraoun fait une lecture du journal clandestin El Moudjahid publié par le FLN : « J’ai pu lire d’un bout à l’autre le numéro spécial du Moudjahid. J’ai été navré d’y retrouver pompeusement idiot, le style d’un certain hebdomadaire régional. Il y a dans ces trente pages beaucoup de foi et de désintéressement mais aussi beaucoup de démagogie, de prétention, un peu de naïveté et d’inquiétude. Si c’est là la crème du FLN, je ne me fait pas d’illusions, ils tireront les marrons du feu pour quelques gros bourgeois, quelques gros politiciens tapis mystérieusement dans leur courageux mutisme et qui attendent l’heure de la curée. Pauvres montagnards, pauvres étudiants, pauvres jeunes gens, vos ennemis de demains seront pires que ceux d’hier’’. Le 14 mars, veille de son assassinat, Feraoun écrit la page qui sera la dernière de son Journal et de sa vie : « A Alger, c’est la terreur. Les gens circulent tout de même et ceux qui doivent gagner leur vie ou tout simplement faire leurs commissions sont obligés de sortir et sortent sans trop savoir s’ils vont revenir ou tomber dans la rue. Nous en sommes tous là, les courageux et les lâches, au point que l’on se demande sous tous ces qualificatifs existent vraiment ou si ce ne sont pas des illusions sans véritable réalité. Non, on ne distingue plus les courageux des lâches. A moins que nous soyons tous, à force de vivre dans la peur, devenus insensibles et inconscients. Bien sûr, je ne veux pas mourir et je ne veux absolument pas que mes enfants meurent, mais je ne prends aucune précaution particulière en dehors de celles qui, depuis une quinzaine sont devenues des habitudes : limitation des sorties, courses pour acheter en ‘’gros’’, suppression des visites aux amis. Mais, chaque fois que l’un d’entre nous sort, il décrit au retour un attentat ou signale une victime ». L’édition du Seuil a annexé au Journal, juste après sa dernière page, une lettre écrite par le fils de Feraoun à l’ami de son père, Emmanuel Roblès, après la mort de l’écrivain. C’est une grande lacune dans l’édition algérienne ENAG qui devrait être comblée un jour par respect à la mémoire de Feraoun et par égard au lecteur à qui elle apportera des éléments d’informations précieux. Il y est, entre autres, écrit : « Mardi, vous avez écrit une lettre à mon père qu’il ne lira jamais…C’est affreux ! Mercredi soir nous avons- pour la première fois depuis que nous sommes à la villa Lung- longuement veillé avec mon père dans la cuisine, puis au salon. Nous avons évoqué toutes les écoles où il a exercé (…) C’était la dernière fois que je le voyais. Je l’ai entendu pour la dernière fois le matin à huit heures. J’étais au lit. Il a dit à maman :’’Laisse les enfants dormir.’’ Elle voulait nous réveiller pour nous envoyer à l’école. ‘’Chaque matin tu fais sortir trois hommes. Tu ne penses pas tout de même qu’ils te les rendront comme ça tous les jours !’’. Maman a craché sur le feu pour conjurer le mauvais sort. Vous voyez ! Le feu n’a rien fait. Papa est sorti seul et ils ne nous l’ont pas ‘’rendu’’. « Je lai vu à la morgue. Douze balles, aucune sur le visage. Il était beau, mon père, mais tout glacé et ne voulait regarder personne. Il y en avait une cinquantaine, comme lui,, sur les tables, sur les bancs, sur le sol, partout. On avait couché mon père au milieu, sur une table. A Tizi Hibel nous avons eu des ennuis avec l’autodéfense et l’armée française et nous avons dû nous sauver après l’enterrement. Il est enterré à l’entrée de Tizi Hibel, en face de la maison des Sœurs blanches. » Le Journal de Mouloud Feraoun reste un document essentiel sur la guerre de Libération et sur certains aspects de la vie de l’écrivain. C’est le témoignage d’un être tiraillé et profondément angoissé. « N’ai-je pas écrit tout ceci au jour le jour, selon mon état d’âme, mon humeur, selon les circonstances, l’atmosphère créée par l’événement et le retentissement qu’il a pu avoir dans mon cœur ? Et pourquoi ai-je ainsi écrit au fur et à mesure si ce n’est pour témoigner, pour clamer à la face du monde la souffrance et le malheur qui ont rôdé autour de moi ? Certes, j’ai été bien maladroit, bien téméraire, le jour où j’ai décidé d’écrire, mais autour de moi qui eût voulu le faire à ma place et aurais-je pu rester aveugle et sourd pour me taire et ne pas risquer d’étouffer à force de rentrer mon désespoir et ma colère ? Et maintenant que c’est fait, que tout est là, consigné, bon ou mauvais, vrai ou faux, maintenant que nous entrevoyons la fin du cauchemar, faudra-il garder tout ceci pour moi ?
(…)Je sais combien il est difficile d’être juste, je sais que la grandeur d’âme consiste à accepter l’injustice pour éviter soi-même d’être injuste, je connais, enfin, les vertus héroïques du silence. Bonnes gens, j’aurais pu mourir, depuis bientôt dix ans, dix fois j’ai pu détourner la menace, me mettre à l’abri pour continuer de regarder ceux qui meurent. Ceux qui ont souffert, ceux qui sont morts pourraient dire des choses et des choses. J’ai voulu timidement en dire un peu à leur place. Et ce que j’en dis, c’est de tout cœur, avec ce que je peux avoir de discernement et de conscience ». (17 août 1961).

Des amis et des lettres

Le second ouvrage qui a également une valeur documentaire certaine, c’est Lettres à ses amis, un ouvrage édité par Le Seuil en 1969, soit sept années après la mort de l’auteur, et qui rassemble une bonne partie de la correspondance que l’auteur entretenait avec ses amis. Ces lettres s’étalent de 1949 à 1962 et ne répondent à aucune périodicité particulière.
La réédition par l’ENAG de Réghaïa de Lettres à ses amis en 1998 est présentée par Christiane Achour Chaulet. ‘’Découvrir un écrivain de l’autre côté du miroir…de son écriture est un plaisir toujours renouvelé : celui que nous procure la correspondance rassemblée par Emmanuel Roblès et les éditions du Seuil dans le volume, publié pour la première fois en 1969, Lettres à ses amis. Aujourd’hui où la communication épistolaire a tendance à disparaître, la lecture de ces lettres rappelle la saveur des mots ancrés dans un moment et un lieu précis, encrés par l’écriture et fixant un geste, une pensée, une anecdote aurait transmis dans l’instant mais que la mémoire aurait oubliés. La lecture de ces lettres fait aussi partager le plaisir certain de celui qui les écrit : Feraoun tisse de son ‘’bled’’ des liens et des réseaux et s’il espace ses feuillets d’écriture et d’amitié, il sent l’isolement l’enserrer davantage (…) Par correspondance, Feraoun semble combattre cette solitude qui, bien souvent, lui pèse et qui influe sur son écriture’’. Lettres à ses amis nous révèle une partie importante de la personnalité de Feraoun, ce montagnard kabyle fière de ses origines, cet humaniste déchiré qui appelle les gens à plus de fraternité et ce père de famille simple et consciencieux. ’’Dans la correspondance, nous retrouvons aussi l’intervention incessante de la vie de tous les jours, des petits riens qui continuent même en pleine tragédie, même au cœur de la tragédie ; des petits riens aussi qui font la saveur des relations humaines ou familiales. Le style plus allusif de l’art épistolaire demande un effort d’information de la part du lecteur sur le contexte familial, amical, social et professionnel : treize années feraouniennes, treize années algériennes par lesquelles l’écrivain inaugure une notoriété littéraire jamais démentie depuis et confirme une pratique professionnelle qui est sa vie’’.

La presse : un prolongement de l’acte d’écrire ?

Au cours de sa carrière d’écrivain, Mouloud Feraoun a eu plusieurs entretiens avec des journalistes ou des écrivains illustres à l’image d’Albert Camus. Il a même un enregistrement à la télévision (ORTF) datant de la fin des années 50. Pour un homme de lettres, cela fait partie des activités ordinaires liées au métier tendant à susciter débats et controverses et allant, aussi, dans le sens de la promotion de sa propre production. Pour Mouloud Feraoun, l’entretien journalistique n’obéit pas à une simple formalité dictée par ‘’le marketing’’, pourtant nécessaire, ni à un ludique échange de questions/réponses. C’est plutôt la continuité, le prolongement de l’homme lucide, humble et humaniste qui s’était investi dans l’écriture, l’éducation des jeunes générations et la promotion des Centres Sociaux. Quatre jours avant le cessez-le-feu, il paya de sa vie sa générosité, son engagement humaniste et son honnêteté intellectuelle. Mouloud Feraoun a été un témoin privilégié d’un des conflits les plus sanglants du 20e siècle après les deux Guerres mondiales. Témoin ? Pas seulement. Dans la tourmente indescriptible où il n’y a pas que des héros et des traîtres, l’écrivain devient acteur même si, par des efforts surhumains, il essaie de casser les ressorts de cette dichotomie et de ce manichéisme réducteurs. Pour cela, il suffit de feuilleter le ‘’Journal’’ que Feraoun avait tenu entre 1955 et 1962 pour se rendre compte des déchirements et de la lucidité précoce du fils de Tizi Hibel.
L’environnement journalistique, à la périphérie de la littérature, qui régnait pendant la fin des années 40 et tout le long des années 50 était caractérisé par le réveil de la conscience européenne faisant suite à la déchéance des valeurs humaines et morales ayant marqué la Seconde Guerre mondiale. Les écrits et témoignages relatifs à cette période ont, en quelque sorte, balisé le champs intellectuel de ce que sera l’Europe pendant les décennies suivantes (Coexistence pacifique, Humanisme, lutte contre le révisionnisme en histoire,…).
Les grands auteurs ayant marqué ce bouillonnement médiatico-littéraire étaient, entre autres, Jean Paul Sartre, Albert Camus, André Malraux, Simone de Beauvoir, Raymond Aron, André Gide et François Mauriac. Mouloud Feraoun, écrivain ‘’indigène’’, instituteur du bled ayant décroché une place au soleil, ne fait pas partie évidemment de cet ‘’aréopage’’ même s’il est pétri des mêmes valeurs humanistes, laïques et républicaines que ces illustres hommes et femmes de lettres. Comme il l’exprime dans ses œuvres et dans ses entretiens, Feraoun traite de l’homme kabyle, de la Kabylie et de la kabylité en les inscrivant dans la grande épopée de l’humanité avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses grisailles, ses imperfections et son élévation. Cette spécificité/universalité n’est pas familière des esprits engoncés dans la vie mondaine et les airs de villégiature. M.Mammeri s’adresse à Feraoun en ces termes :’’Mais, vieux frère, tu en as connu d’autres ; tu sais que pour aller à Ighil Nezman, de quelque côté qu’on les prenne, les chemins montent. Et puis après ? Tu sais aussi que les hauteurs se méritent. En haut des collines d’Adrar n nnif, on est plus prés du ciel.». Tahar Djaout dira de lui : «Malgré cette carrière brisée (par la mort), M.Feraoun restera pour les écrivains du Maghreb un aîné attachant et respecté, un de ceux qui ont ouvert à la littérature nord africaine l’aire internationale où elle ne tardera pas à inscrire ses lettres de noblesse. Durant la guerre implacable qui ensanglanta la terre d’Algérie, M.Feraoun a porté aux yeux du monde, à l’instar de Mammeri, Dib, Kateb et quelques autres, les profondes souffrances et les espoirs tenaces de son peuple. Parce que son témoignage a refusé d’être manichéiste, d’aucuns y ont vu un témoignage hésitant ou timoré. C’est, en réalité, un témoignage profondément humain et humaniste par son poids de sensibilité, de scepticisme et d’honnêteté. C’est pourquoi, cette œuvre généreuse et ironique inaugurée par ‘’Le Fils du pauvre’’ demeurera comme un sorte de balise sur la route tortueuse où la littérature maghrébine a arraché peu à peu le droit à la reconnaissance. C’est une œuvre de pionnier qu’on peut désormais relire et questionner».

Liberté et dignité humaine

Nous avons pu retrouver deux entretiens, séparés par 12 années d’intervalle, que Feraoun avait accordés au journal ‘’L’Effort algérien’’ du 27 février 1953 et à un numéro des ‘’Nouvelles littéraires’’ datant de 1961.
Dans un numéro de la revue ’Les Nouvelles littéraires’’ de 1961, Feraoun répond à la question :’’Quel est le problème de notre époque qui vous préoccupe le plus ?’’ «Le plus important, dit-il, paraît être celui de la liberté et de la dignité de l’homme qui suppose, pour être réglé, que soit réglé avant lui et en toute urgence le problème de la faim et de l’ignorance. Mais, singulièrement, la paix du monde est toujours troublée ou dangereusement menacée par ceux-là mêmes qui proclament chaque jour leur désir et leur intention de résoudre cet important problème de la liberté et de la dignité de l’homme »
A la question «La mort vous obsède-t-elle ?», Feraoun répond avec une déconcertante lucidité : «J’y pense quotidiennement ; elle ne m’obsède pas. L’obsession de la mort a inspiré de belles pages à Pascal sur le ‘’divertissement’’, mais un homme raisonnable n’a aucune inquiétude». ‘’J’ai 48 ans. J’ai vécu 20 ans de paix. Quelle paix ! 1920-1940. Et 28 ans de guerres mondiales, mécaniques, chimiques, racistes, génocides. Non, vraiment, on ne peut pas être optimiste sur l’avenir de l’humanité. On en arrive à penser constamment à la mort, à l’accepter dans sa nécessité objective. Encore un fois, il ne s’agit pas d’obsession».
Quel est le personnage historique que déteste le plus Feraoun ? Dans sa réponse, il ne désigne personne en particulier, mais il s’en prend à des catégories, à des vocations : « Les prophètes et leur fanatisme, les dictateurs et leur sectarisme, les politiciens et leurs mensonges».

Communiquer avec le prochain

En donnant son avis sur le roman, Feraoun estime que, pour lui, « le roman est l’instrument le plus complet mis à notre disposition pour communiquer avec le prochain. Son registre est sans limite et permet à l’homme de s’adresser aux autres hommes : de leur dire qu’il leur ressemble, qu’il les comprend et qu’il les aime. Rien n’est plus grand,, plus digne d’envie et d’estime que le romancier qui assume honnêtement, courageusement, douloureusement son rôle et parvient à entretenir entre le public et lui cette large communication que les autre genres littéraires ne peuvent établir (…) Le romancier, comme le poète et le peintre est digne d’envie. J’aime conter. J’ai peut-être du talent. Je voudrais bien me croire doué. Je n’en sais rien. Quoi qu’il en soit, j’ai beaucoup de choses à dire et tout le reste de ma vie pour cela. La somme d’efforts que mes ouvrages exigeront de moi sera toujours compensée par la joie que j’éprouverai à les écrire. J’écris donc d’abord pour moi. Mais, mon secret espoir est que cela touchera un jour quelqu’un ou beaucoup d’autres. Dans ‘’L’Effort algérien’’ du 27 février 1953, Feraoun parle de sa première expérience littéraire, de lui-même et de ses moments d’écriture : « J’ai écrit ‘’Le Fils du pauvre’’ pendant les années sombres de la guerre, à la lumière d’une lampe à pétrole. J’y ai mis le meilleur de mon être. Je suis très attaché à ce livre, d’abord je ne mangeais pas tous les jours à ma fin, alors qu’il sortait de ma plume ; ensuite parce qu’il m’a permis de prendre conscience de mes moyens. Le succès qu’il emporté m’a encouragé à écrire d’autres livres (…) Il faut ajouter ceci : l’idée m’est venue que je pourrais essayer de traduire l’âme kabyle. J’ai toujours habité la Kabylie. Il est bon que l’on sache que les Kabyles sont des hommes comme les autres. Et je crois, voyez-vous, que je suis bien placé pour le dire. Le domaine qui touche l’âme kabyle est très vaste. La difficulté est de l’exprimer le plus fidèlement possible. » Quand et comment Feraoun écrit-il, sachant qu’il est d’abord un fonctionnaire de l’enseignement ? «Je consacre ma journée à ma tâche professionnelle. J’écris mes livres la nuit et les jours de congé. Je noircis presque tous les jours de trois à quatre pages, sauf quand l’inspiration me fuit. Dans ce cas, je n’insiste pas. Je commence par établir une grossière ébauche du livre. Et c’est en écrivant que j’ordonne mon récit. En gros, je sais où je vais. Mais, au fur et à mesure qu’avance le travail, survient des scènes et des situations que je n’avais pas prévues.» Feraoun parle des livres qu’il aime lire : ’’J’ai beaucoup lu, et de tout. Je goûte les livres vraiment humains, ceux où l’écrivain a essayé d’interpréter l’homme dans toute sa plénitude. Car, l’homme n’est ni franchement bon, ni franchement mauvais. L’écrivain, voyez-vous, n’a pas le droit de parler des hommes à la légère». D’une probité exemplaire et d’une honnêteté intellectuelle rarement égalée, Mouloud Feraoun a été l’un de ceux qui ont placé la kabylité- dans son acception la plus large : honneur, honnêteté, vaillance, sagacité au cœur de leur création esthétique et qui ont porté un regard humain et lucide sur la société et les forces prométhéennes qui la travaillent. Enfin, en matière d’esthétique de l’écriture, il aura été une école que beaucoup d’autres écrivains du Maghreb ont essayé de faire leur.

Amar Naït Messaoud

source: dépêche de kabylie

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Léxique météorologique français amazigh tifinagh

Posté par algeriedemocratie le 25 février 2012

Léxique météorologique français amazigh tifinagh

Écrit par Arhazaf Mohammed

 

 

Abri météorologique :asenfey asensbar.(asenfey :D ictionnaire de Mr .Haddachi Ahmed.asunsber (Néo.pers.)asabir (Amawal n Tawalt.com)
Absorption :asumem.
Accélération de pesanteur :ackukÄ n ustal.
Actinomètre :ASVALQAR.(Néo.pers.)
Advection :asecgeg.(acgag :Le sommet de l’horizon)
Aérologie :asunÄu.(Néo.pers.)
Aérosols :AÄUMADIR(Néo.pers)
Aérostat :AäUãMIL.(Néo.pers).usmil :( Amawal Tawalt.com)
Air :aäu.
Air (masses d’air :aÄultim(Néo.pers.).
Air chaud :aÄu uzvil.
Air instable :aÄu aruãmil.
Air saturé :aäu ufsiy.
Albédo :ASIDMLAL(Néo.pers.).
Alizés :AäULGAN.IÄULGAN(Néo.pers.).
Altimètre :AJGASVAL.adkasval.afasval(Néo.pers.)
Altitude :AJAGAL.adakal.awan.
Altitude géopotentielle :AJAGAL ACELçMAR.adakal acelÇmar.awan acelÇmar(Néo.pers.).
Alto :IJJEGAL.TAWNAT.AVLA.
Altocumulus :Amedlutim.(Néo.pers.)
Altostratus :AMEDLUZAä(Néo.pers.).).
Anémographe :AZuNAV(Néo.pers.).
Anémomètre :AZuSVAL.(Néo.pers.)
Antarctique :agumday.(Néo.pers.)
Anthropique :amednan(Néo.pers.).
Anticyclone :AMERCELÄAY.amerzfay(Néo.pers.).
Aphélie :ANFA.
Arc-en-ciel :tislit n unçar.izzi.tislit n waman
Arctique :agumgaf(Néo.pers).
Ascendance :IGIFEY.
Atmosphère :alsaær(Néo.pers.).
Aurore australe :TAYLGI tanadayt.tafrara tanadayt.tafrara(Dictionnaire Français-Kabyle/Kabyle-Français Site de lexilogos.)
Aurore boréale :TAYLGI tagafayt.tafrara tagafayt.
Aurore polaire :TAYLGI tagumant.tafrara tagumant.
Avalanche :agudfel(Néo.pers.).
Averses :IDIRIZN.imetna.igerr.icebrar.idirizn(« idirz n wawal »assav n yat tweckint n tedyazin ufiv t g usmel n usekka-net.(Averse de parole,Askka-net).icebrar :D ictionnaire de Tamazight de  Mr.Haddachi.Ahmed.
Avertisseurs d’orages :imevtaln n iziliän.imevtaln n imetna.
Avis de tempête :abarip n uglladus,n vimr,n taystitiqit, n tabnannaÏ.
Avis ou BMS(warning) :abarip.
Axe de rotation de la terre :AMERNU N USUTL N WACAL.awum n usutl n wacal.
Azote :adervas(Néo.pers.).
Ballon sonde :tcamma aqulsu.aqulsu(Néo.pers.).
Bande de nuages d’orages :akanin n imedla ,idcurn,tikukkupin,ibalimn,idaliwn, isegniw,isegna n iziliän .akanin n imedla ,idcurn,tikukkupin,ibalimn,idaliwn,isegniw,isegna n imetna.
Bar(millibar) :asatil.aÇaÇa.
Baromètre :aÇazval(Néo.pers.).
Basculement :aagnugey.
Basse latitudes :tifeltiritin tuzdirin.(tifeltiritin :Néo.)
Beaufort(William de) :azuzwu.azuÄu.azuÄeå(azuÄu,azuÄeå(Néo.pers.)
Bilan radiatif :amavin aqaran.amavin anunaw(aqar :Lexique 1980 Paris Edition Imedyazn).inuniwn (Les radiations :le parler des Ayt sexman .Aghbala.Région de Tadla-Azilal.
Biosphère :aderæar(Néo.pers.).
Bleu du ciel :azerzaq n igenna.akÇa n igenna.azbidi.azbibi(azbidi,azbibi(Parler des Ayt Ouirra.El Ksiba n Moha Ou Säid.
Boréal :agafay.
Bourrasque :azayaä
Brise :azuzwu.tazdurttt(tazdurt :Brise du soir).azuÄaå(azuÄaå :Néo.pers.).amazwu.amaÄaå.(AMAÄaå(Néo.pers.)
Brise de mer :Azuzwil(Néo.pers.).amuzwil.amaÄåil.(Néo.pers.)
Brise de terre :azuzkal(Néo.pers.).amazkal.amaÄkal.(Néo.pers.)
Brise thermique :azuzval.(Néo.pers.).amazval.(Néo.pers.)
Brouillard :avemlil.agu.agu(Dictionnaire de Kabyle).tagut.tawut(Tasghunt n tifawt n 08,tasna 30,tamawalt n métérologie/géologie de Mr.Kamel Saïd.)
Bruine(crachin) :aslust(Emission Amawal amazigh de Maysa Rabha Aeqqa).
Brume :tagut.
Buée :tarugt.
Bulletin météo :amavin asensbar.
Bulletin régulier :amavin alugan.
Calotte glaciare :tacaciyt tagersant.
Canicule :izv.smaym(smaym :D ictionnaire de kabyle)
Carbone 14 :Acerbun 14.
Carbonique gaz(C.O 2) :acerbnan avas (C O 2)
Carotte de glace :Xizzu n ugris.
Carte synoptique :tazaragt(Néo.pers.)   iolan
Cellule :avru(Néo.pers.).
Celsius (Anders) :aselsyus(anders).
Celsius (Degré) :aselsyus(afasin).
Centre départemental de la météorologie :alamas agezdaran n usunsber.
Centres d’action :ilumas n igi.ilumas n uguntu.
Chaleur latente :azavil until.
Chaleur solaire :azavil afukan .
Chlorofluorocarbone ou C F C :acerbugdal(Néo.pers.).
Ciel bleu :igenna azerzaq.igenna ukÇiy,igenna azbaban.igenna azbadan.
Ciel de traîne :ignna n uzikrer.
Circulation générale :anyuddu amatan .
Cirro :amedlukal(Néo.pers.).
Cirrus :adelsis(Amawal amazigh tankra ifrance.com).
Cisaillement de vent :aÄyaz n uzwu.aÄuzwu.aÄuzwu(Néo.pers.)
Classification des vents :asefsen n izwutn.asefsen n iÄagÅen.
Climat :anezwi(Lexique de Mr Omar Et-taqi).tazrayt.amseklu.
Climat équatorial :anezwi asegbasan.tazrayt tasegbasant .amseklu asegbasan.
Climatologie :azunzew(Néo.pers.).asunzew.azunzrey.
Coalescence :asuddem.
Col barométrique :tizi taÇaÇevlant.
Condensation :asuÄlu(Néo.pers.).
Confluence :amungey(Néo.pers.).
Congères :itfelam(Néo.pers.)
Continental( Climat):amenÇawan(anezwi,tazrayt,amseklu)).(amenÇaw :Le-xique Paris 1980)
Convection :avesrev.(Néo.pers.)
Convective :( Couche ou tranche) :tavesravt.(aserkim  nev  agazim).(aserkim :Lexique Paris 1980)
Coriolis(Gaspard) :akuryulis (gasbar)
Corps (D’une perturbation) :ajanig (n yan usemxuz)
Couche atmosphérique :aserkim alsaæran.
Couche d’Ozone :aserkim n ulifsir.(ilifsir :Néo.pers.)
Coucher de soleil :atwan.awdic.tidji.tijji.agnunney.
Coup de vent :titi n uzwu.apuddiz n uzwu.uddiz  n uzwu.titi n uÄaå.apuddiz n uÄaå.uddiz n uÄaå.
Courant :aÄru.(Lexique Paris 1980)
Courant ascendant :aÄru yattuyn.aÄru amattay.
Courant descendant :aÄru yajjuyn.aÄru amajjay.
Courant marin ou océanique :anga awlal nev agarawan.agarew(Lexique Paris 1980)
Courant-jet :aÄerugr(Néo.pers.).
Cristaux de neige :igursiln n udfel.agursl :Cristalisation :D ictionnaire de Tamazight de Mr.Haddachi.Ahmed.
Crue-éclair :Angusm(Néo.pers).
Cryosphère :aæramas(Néo.pers.
Cumulonimbus :agimedlu(Néo.pers).
Cumulis(Nuages cumuliformes) :aÄelmedlu(Néo.pers.).
Cycle :azalim.allus.
Cycle de l’eau :azaliman.alusman(Néo.pers).
Cyclogénèse :azalimlal.aluslal.(Néo.pers.).
Cyclone :acelÄey.tazfa.(acelÄey :Le parler d Ayt Säid Ou Ouiccu.Tadla-Azilal).
Cyclone modèle :acelÄey amedyan .tazfa tamedyant.
Cyclone tropical (hurrican):acelÄey awencalan.tazfa tawencalant.(awencal :Néo.pers.)
Déluge :tamayurt(Lexique de Mr Omar Et-taqi).
Dépression :idr.tiÇmi.
Diagramme climatique:anevcaz anezwan.anevcaz azeryan.anevcaz amseklan.
Diffraction :acral.(Lexique de Tawalt.com)
Diffusion :azenzr.
Diluviennes(Pluies) :izedmarn(Parler d’ Ayt Ouirra.El Ksiba n Mouha Ou Säid .Tadla-Azilal).
Direction( du vent) :tanila (n uzwu) tanila n (uÄaå).
Dispersion (des polluants) :azluzzu n isexnanas.azluzzu n isexla.azluzzu n iberbazn.asenfiÇÇer n isexnanas,n isexla,n iberbazn(iberbazn :Lexique de Tawalt.com)
Divinités du vent :ticcumna n uzwu.ticcumna n uÄaå.
Dorsale (ridge) :taorarant (aridj).
Durée du jour :anazig n wazal.(anazig :Lexique de Paris 1980)
Echéance :aklal.
Echelle de beaufort :tiskkilya n bufur.
Eclair :usm.iferkikij(Tawalt.com.Etude de dialecte ghdams)
Eclaircies :izariqn.
Eclipse de soleil ou de lune :afsax n tafuyt nev wi-n tziri.afsax n tafuct nev wi-n tziri.afsax n tafukt nev wi-n tziri.
Ecliptique :afesxan..
Effet :asemdu.agentit.tuzrirt.
Elbido :albid.
Effet de serre :asemdu n uxbac.asemdu n  ucxar.agentit n uxbac.agentit n ucxar.tuzrirt n uxbac.tuzrirt n ucxar.semdu n ubackal.agentit n ubackal.tuzrirt n ubackal.
Effet de papillon :asemdu n tiberbillut.agentit n tibirbellut.tuzrirt n tibirbellut.
El ninö :alnin.
Eléctricité :afusm(Néo.pers.).
Enclume :tuggunt(Dictionnaire de Kabyle).
Ensemencement des nuages :asifs n isegna nev n imedla nev i tkukkupin  nev idcurn nev ibalimn nev idaliwn nev n isegniw.
Ensoleillement :asÏej.
Entrée maritime :akam uwelal.
Eolienne :azumsu(Néo.pers.).
Ephémérides :izemzan.
Equateur :isibges.(Lexique Paris 1980)
Equatorial :( climat)asebgasan(anzwi,tazrayt,amseklu).
Equatoriales et tropicales (régions) :isebgas d iwencalan(isagayn)
Equinose :akeslaÄ(Néo.pers.).
Erreur de prévision :ugul n uzerney.ugul(Lexique de Mr.Omar Et-taqi).azerney :Néo.pers.)
Erreur moyenne de prévision :ugul anammas n uzerney.ugul aderkal n uzerney.ugul amerwasu n  uzerney.
Etalemens :ifsarn.
Etat de la mer :ixiti n ilel.
Evaporation :asruå.
Exosphère :aniræar(Néo.pers.).
Fahrenheit(Degré) :……(afasin).
Faux soleils :igarfuyn(Néo.pers.).igarÏijn.(Néo.pers.)
Flux :asfa.
Foehn :azawaÄ.
Force de coriolis :aÇamir n ukeryulis.
Force du vent :aÇamir n uzwu.aÇamir n uÄaå.
Foudre :tamekrast.iginfr.iginfr !(Asagil n zmazgh awal de Mr Et-talb Ali si j’ai bien reçu le mot.Je demande d’ être affirmé)
Front :ayrri,igenzi.
Front chaud :ayrri nev igenzi azevlan,irvan.
Front froid :ayrri nev igenzi afelÄan,aqerfan,aserfan,aÆerman,aqerzwan.
Frontolyse :afruntulis.
Gelée :tirmi.amengugu.amengugu(Dictionnaire Tacelhit-Tafransist :http://www.freewebs.com).
Gelées blanches :tirmitin tumlilin.imengugutn umliln.
Giboulée :tidirzt.
Girouette :aferwaÄu :aferzwu.aferÄaå.aferwaÄu(Amawal amazigh Tanekra i France.com).aferzwu,aferÄaå(Néo.pers.)
Givrage :asegres.asevres.asuwer.
Givre :agris.avris.iwri.
Glace :acedfil(Néo.pers.).agris(Dictionnare de Tamazight de Mr Haddaci Ahmed.
Glaciaire(époques) :acedfal.(annazn).(annazn :Lexique de Mr.Omar .Et-taqi).agersan(annazn igersan,igersanen).
Glaciation :acedfel.asegres.
Goutellettes :timqqitin.tuddinin.
Gouttes de pluie :timqqa n unÇar,tbicca,tbika,ugeffur. N ukkan.tiddan n unÇar ,tbicca,tbika,n ugffur,n ukkank.ibelvavn.ibelvavn(Le parler des ayt Ouirra.El ksiba de Moha Ou Säid .
Gradient de pression :asalin n idr.asalin  n tiÇmi.
Grain :ifs.
Gravité :astal.
Grêle :abrurey.abrurz.abrurey(Tasghunt n tifawt n 08 .Tamawalt n métérologie/géologie de Mr.Kaml Saïd.
Gulf stream :?
Halo ou parhélies :asensid(Néo.pers.).
Haute atmosphère/basse atmosphère :alsaæar amajjeyal/alsaæar amazdar.

Haute pression (zone de):idr amajjeyal.tiÇmi tamajjeyal.
Hautes latitudes :tifeltirin timajjeyalin.
Hauteur d’eau :ajgal n waman .adkal n waman.iwn n waman.
Hectopascal :ahektubaskal.
Héliographe :afunuv(Néo.pers.).
Hélios :ahelyus.
Hémisphère nord/sud :azgenæar agafay /unÇil.azgenÆar agfanÇil.azgenæar amaran/unÇil .azgenæar amaranÇil.azgenÆar agafay/anaday.azgenæar  agafday.azgenÆar amaran /anaday.azgenæar amarday.azgenÆar agafay/afisan.azgenæar agafsan.
Heure solaire :tasragt tafukant.
Houle(swel) :amdeswel(Lexique Paris 1980).
Humidité :abjaj.almat.(Lexique de Ghat.Tawalt.com).tagamt :D ictionnaire de Tamazight de Mr.Ahmed Haddachi.)
Humidité absolue : abjaj ugdiz.almat ugdiz.tagamt tugdizt.ugdiz :( Lexique Paris 1980)
Humidité relative :abjaj aveknan.almat aveknan.
Hydrosphère :amanæar(Néo.pers)
Hygromètre :asvalmuv(Néo.pers.).
Hygrométrie :tasvalmuvt(Néo.pers).
Indice d’assèchement :asakin n uzizv.tamatart n ussepÄm.
Indice de confiance :asakin n uflas.
Inlandsis :tacatfelt(Néo.pers.).
Inondation :angugey.asniy.
Insolation :asammer.
Instable :( Atmosphère,air ou flux instable)aruÃmil.(alsaæar,aÄu nev asfa aruÃmil(Néo.pers.).uÃmil (Lexique de tawalt .com)
Instant initial :alextu acetlan.(rextu nev lextu tawalt n imazivn n ugafa)
Imtempérie :agarkud.agartur.agarurz(Néo.pers.).(turza :D ictionnaire de Tamazight de Mr.Ahmed Haddachi.
Inversion :aqluly.
Inversion de subsidence :aqluly n urcag.
Inversion nocturne (ou de rayonnement):aqluley amttilles (nev wi-n uÇenÇr,asiqr).amttills :Le parler des Ayt Säid Ou Ouiccu.Cecle de OuaOuizeght.Région de Tadla -Azilal).
Isobare :aksaldar(Néo.pers.).
Isohypse :aksadkal(Néo.pers.)
Jet-stream :igerÄru(Néo.pers.).
Laser :aqarzer(Néo.pers.).aqazr.
Latitude :tafeltirit.(Néo.pers.)
Lenticulaires(nuages) :ineltan(isegniw,isegna,imedla,idaliwn,tikukkupin,idcurn,ibalimn).
Lever de soleil :anqqer n tafuyt.
Lignes de courant :izirgn n uÄru.
Lumière :asidd.tifawt.ajanou.
Lune :ayyur.aggur.tiziri.
Maille :tiwent.
Marais :amarav.amllaku.amarav(Parler de Midelt)
Marais barométrique(flat flaw) amarav aÇaÇevlan(Néo.pers.).amllaku  aÇaÇevlan.amarav(Parler de Midelt)
Marées :tiyssa.(Amawal n usneghmes.IRCAM.ma)
Masse d’air :alutim n waÄu.aqlilliz n waÄu.
Mer du vent :ilel n uzwu.alezwu.ilel n uÄaå.alÄaå.(ALEZWU.ALÄAå :Néo.pers.)
Mercure :amerkur.
Meridien :aÇuman.
Mers et océans :ilaln d igarawen .agaraw(Lexique Paris 1980)
Mésosphère :amasæar(Néo.pers.).
Météore :agemÄu(Néo.pers).
Météorite :tagemÄut.
Météorologie :asunsber(Néo.pers.)
Méthane(CH4) :avasgam.(Néo.pers.)
Mille marin ou mille nautique :afeÄlal.adalil.agemlal nev ifÄ,agim,adal aceflalan.(Néo.pers.) .adal :Mille.Dictionnaire de Tamazight de Mr.Ahmed Haddachi.)
Millibar :afeÄÇaÇ.agemÇaÇ.adelÇaÇ.(Néo.pers.)
Mirage :amurmu(Le parler de Midelt).amarur.(Dictionnaire Tacelhit-Tafransist).
Mistral :azwulfav.aÄaålfav.azelfav.(Néo.pers.)
Modèle de prévision numérique:aptu n uzerney uynin.
Molécule de gaz :tusnift  n wavas.
Montagne :adrar.
Moussons :iÄeåmirn(Néo.pers.).
Moyenne :alamis.
Nadir :umgil.
Nébulosité :asburrey.
Neige :adfel.arettuo.arttuo(Neige légère)
Nimbostratus :abalimziÄ.asegnazaÄ.(Néo.pers).
Nimbus :abalim..tagunnunt.
Nivo-glaciaire :ugrisdfel.awridfel.(Néo.pers.).
Nivopluvial :abudfal.(Néo.pers).
Nœud :akamis.taglult.
Nomad-
Normale climatique :amagin anezwan.amagin azeryan.amagin amseklan.
Nuages :isegniw.imedla.tikukkupin.idcurn.idaliwn.ibalimn.isegna.isegna(Dictionnaire de Kabyle).
Nuages d’orage :isegniw,imedla,tikukkupin,idcurn,ibalimn n,idaliwn n iziliÄ.isegniw,imedla,tikukkupin,idcurn,ibalimn n,idaliwn,isegna  n umetna.isegnaw,imedla,tikukkupin,idcurn,idaliwn,ibalimn ,isegna n uzayÄ.
Nuées :ibermedla.ibersegna.iberdcar.ibedcar.iberbalimn.iberdaliwn .iberkukupn.iberkupn(Néo.pers.).
Observateur :asenvas.
Observations météorologiques :isnivsen isensbar.
Occlusion :amenmala.
Océanique (Climat) :agrawan(anezwi,tazrayt,amseklu).
Océans :igarawn(Lexique de Paris 1980).
Octas :ayad.
Œil du cyclone :tiï n ucelÄey.tiÏ  n tazfa.
OMM :
Onde d’est ou onde tropicale :amzaz,aderjaj. taÄÄanga,tasfeyt,tayyuvt,aoerbub, n iming nev n ugamaÄ nev Amzaz,taÄÄanga,tasfeyt,tayyuvt,aoerbub,aderjaj., awencalan,tawencalant.
Ondée :idirz.ametna.igerra.acebrir.
Ondulant :amdeswal.anemzaz.amdeswal (Lexique Paris 1980).asefyan.aoerbab.
ONU :
Orage :iziliÄ.ametna.ametna (Tasghunt n tifawt n 08 ,tasna 30,tamawalt n métérologie/géologie de Mr Kamel Saïd).azayÄ(Dictionnaire de Kabyle).
Orographiques :idraran.
Ouragan :agengam.
Oxyde nitreux :asgu asenslan.asgu :( Dictionnaire de Tamazight de Mr.Ahmed Haddachi).
Oxydes d’azote :isga  n udervas.adervas(Néo.pers.)
Oxygène :amvuslal(Néo.pers.).
Ozone(couche) :ilifsir(asekrm).
Ozone (03) :ilifsir.(Néo.pers.)
Paléoclimatologie :azunzk.(Néo.pers.)
Parallèles :isadivn.(Lexique de Paris 1980)
Particules :unfiln.tilicin.
Pascal (Blaise): afeskal.
Périhélie :tayaÇfuyt(Néo.pers.).
Perturbation :asemxuz.aziwz.awrirt.
Phénomène métérologique :tumant asensbar.tumant(Lexique de Mr Omar Et-taqi)
Photosynthèse :asensed(Néo.pers.).
Pluie :anÇar.agffur.tbicca.tbika.akkank.
Pluie continue :anÇar azubdan.agffur azubdan.tbicca tazubdant.tbika tazubdant.akkank azubdan.ametna.ametna(Pluie fine continue et moins forte d’après Mr.Ahmed Haddachi dans son dictionnaire de Tamazight page 25).
Pluie diluvienne :azedmir.wabu.amou.amaras.(Le parler des Ayt Ouirra.El ksiba n Moha Ou Säid.Tadla-Azilal)
Pluviomètre :abusval(Néo.pers.).
Pluviosité :tiggufra.
Point de rosée :tabkkit n ubaqiy.tabkkit n tivli.
Pointe de pollution :amasid n usexnuns.asamid n usexlu.asamid n uberbez(aberbez :D ictionnaire Amazigh –Aärab.Tawalt.com)
Polaire (Masse d’air) :awuman
Polarisation :aswum.
Pôles :iwumn.
Pot au noir :aqlluc g usgan.
Poudreuse :tanevdant.
Ppm (parties par millions) :…(ikaÏisn s igendad.
Précipitations :ilafan.ipezwayn.imlafan (Se précipiter .Amaynu-net.Poème de Mr.Lhanafi Laadawi « Tabrat i waylal imlafan dadda Ali Azayku.Définition donnée par Mr.Amaynu ? Ou l’équipe de Amaynu-net, je ne sais pas.)ipezwayn :Le parler des Ayt Säid Ou Ouiccu.
Pression atmosphérique ou pression de l’air : tiÇmi talesærant  nev tiÇmi n waÄu.
Prévision climatologique :azerney asenzwan..azerney azenzwan.azerney asenzray.azerney azenzray.
Prévisionniste :azernay.
Prévisions météorologiques :izerneyn isenzwan.
Psychomètre :asvalsnef.asvalnf.(Néo.pers.)
QNH :
Radar :isqqil(Néo.pers.).
Radar doppler :isqqil
Radicaux :ufgign.(Amawal amazigh.Tanekra i France.com)
Radiolocalisation :asedqer.(Néo.pers.).
Radiosondage :aqelsuqr..
Radiosonde :taqelsuqert.
Rafale(gust) :afÇazew.(Néo.pers.)
Rayon vert :aqerdal.
Rayonnement :asiqr.azenÇr.
Rayonnement thermique :asiqr azevlan.azenÇr azevlan.
Rayons ultraviolets :iqarn iflarasn(iflarasn :Néo.pers.).izenÇarn iflarasn.
Raz de marées :aberngil(Néo.pers.).
Réfléchi :asendid.
Réflexion :asended(Lexique de Paris 1980).
Réfraction :aseftem(Néo.pers.).
Régime :aziwa(Lexique Paris 1980).
Régions polaires :isagayn iguman.
Retour d’Est :iwerri n iming.iwerri n ugamaÄ.
Révolution :agerwel.
Rosée :abaqiy.tivli.abqa.tabqa.
Rotation :awray.
Saisons :isemhuyn(Lexique de Paris 1980).imirn.
Sattelite :agensa.(Lexique de Paris 1980)
Saturé :afsasay.
Sécheresse :tavurart.tacapurt.azirz.azirz(Lexique de Mr.Omar Et-taqi).tavart(Tasghunt n tifawt n 08,tasna 30,tamawlt n métérologies/géologie de Mr.Kamel Saïd).
Secondaire(Front froid) :asinan(ayrri afelÄan,igenzi afelÄan,ayrri aqerfan,igenzi aqerfan ,ayrri asemÄan,igenzi asemÄan,ayrri aserfan,igenzi aserfan,ayrri aÆerma,igenzi aÆerman,ayrri aqerzwan,igenzi aqerzwan)
Secteur chaud :agazam azevlan.agazam irvan.
SMDSM /
GMDSS :
Smog :aguvemlil(Néo.pers.).
Soleil :tafuyt.tafukt.tafuct.iïij.
Solstice :tubedfuct(Néo.pers.).
Spectre :ademsid(Néo.pers.).amasan.
Stable :uÃmil.abenval.
Station automatique :arrus amasman(amasman :Néo.pers.).
Stratos-cumulus :afaÇaÄlu(Néo.pers.).
Stratosphère :azaÄæar(Néo.pers.).
Stratus :amedluzaÄ.abalimzaÄ.adalzaÄ(Néo.pers.).
Subsidence :agulz.anqqamju.
Surfusion :aflaÄr.aflarkes.(Néo.pers.).
Suspension : acengl                                      .
Système convectif :asunaÄ avesrav.avesrav (Néo.pers.)
Système des vents :asunaÄ n izwutn.asunaÄ n iÄagÅen.
Système mondial d’observation :asunaÄ amaÄlan n usnivs.
Système mondial de télécommunications :asunaÄ amaÄlan n ulmiweÄ.asunaÄ amaÄlan n ulmkem.alemkm d almiwÄ(Néo.pers.)
Système orageux : asunaÄ aziliÄan.asunaÄ ametnan.asunaÄ azayÄan.
Température :tafesnarvit(Néo.pers.).
Température de l’air :tafesnarvit n waÄu.
Tempérées (Régions):irusbivn.(isagayn)
Tempête :aglladus.ivimr..tijjijt. taystitiqit.tabnannaÏ                        aglladus (Amawal amazigh.Tanekra i France.com)
Tempête tropicale :aglladus,ivimr,taystitiqit,tabnnnaÏ,tijjijt awencalan.tawencalant.(aglladus :( Amawal amazigh.Tankra@ifrance.com.)
Temps(prévision de temps) :akud.(azerney n ukud,n utur)
Temps sensible :akud apelfaf.
Temps universel coordoné :akud avzawran asemdig.
Tendance ultérieure :apund anifan.apund(Parler des ayt Ouirra El Ksiba n Moha Ou Säid.Tadla -Azilal.)anifan(adjectif tiré de « nnif »qui signifie :après.)
Terre :acal.akal.
Thalweg ou talweg(trough) :
Thermique pur :tuzvilt taseqqaqt.
Thermomètre :azvasval(Néo.pers.).
Thermosphère :azvalæar(Néo.pers.).
Tonnerre :tignut.iggig.ajjaj.
Tornade :acelÄey.tazfa.
Torricelli :itricli.
Tour des vents :aweddim n izwutn.aåeddim n iÄagåen
Traîne :azicrer.azuvr.
Tranche convective :tugzimt tavesravt. .
Trombe :amaras.wabu.amou.azedmir.
Tropique :awrasdav(Néo.pers.).
Tropopause :tubedzurt(Néo.pers.).
Troposphère :azeræar(Néo.pers.).
Tsunami :asunam.
Turbulences :adrurs.
Typhon :aberzwu.aberÄaå(Néo.pers.).tazfa.acelÄey.
Upwellig :
Vague de chaleur :tayyuvt,amÄÄil,amzaz,taÄÄanga ,oerbub,tasfeyt,aderjaj,acebriw n uzavil.
Vague de froid :tayyuvt,amÄÄil,amzaz,taÄÄanga,tasfeyt,aderjaj,aoerbub,acebriw n ufaliÄ, n uqarif., uÆarim,n uramus,n unesrif,n usarif,n uqerzwu.
Vapeur d’eau :iruååa n waman.
Veille métérologique mondiale :awaz asensbar amaÄlan.amuyd asensbar amaÄlan.
Vent chaud :azwu azevlan.
Vent de surface :azwu n uzur.azwu azuran.aÄaå  n  uzur.aÄaå azuran.
Vent du nord :azwu n ugafa.azwu agafay.aÄaå  n ugafa .aÄaå agafay.
Vent du sud :azwu n unaÇal.azwu unÇil.azwu n iffus.azwu n wadday.azwu afasan .azwu adayan.aÄaå n  unaÇal.aÄa å  unÇil.aÄaå  n iffus.aÄaå afasan.. aÄaå  n wadday.aÄaå adayan.
Vent froid :azwu aqerfan.Azwu afelÄan.aÄaå aqerfan.aÄaå afelÄan.azwu  asemÄan.aÄaå asemÄan.azwu aÆerman.aÄaåaÆerman.azwu aqerzwan.aÄaå aqerzwan.azwu aserfan.aÄaå aserfan.
Vent moyen :azwu amerwasu.azwu anammas.azwu  aderkal.aÄaå  amerwasu.aÄaå anammas.aÄaå aderkal.
Vents :izwutn.iÄagåen.
Vents cycloniques :izwutn icelÄayn.iÄagÅen icelÄayn.izwutn  uzfiyn.iÄagåen uzfiyn.
Vents d’Est :izwutn n iming.iÄagåen n iming.izwutn n ugamaÄ.izwutn igemÄan.iÄagåen n ugamaÄ.iÄagåen igemÄan.
Vents d’Ouest :izwutn n utaram.izwutn  iterman.iÄagåen  n utaram.iÄagåen iterman.
Verglas :agris.avris.iwri.aman Äernin.
Virga :atudal(Néo.pers.)
Visibilité :tizzurqa.
Vitesse du vent :azaz n uzwu.azaz n uÄaå.anasih n uzwu.anasih n uÄaå.
Vortex :taxrrart(Parler des Ayt Ouirra.EL Ksiba n Moha Ou Säid .Tadla-Azilal.
Zcit :
Zénith :anfa.
Zérotage :asemyey.
Zeus :azus.
Zonal(Pour un flux) :aÇayan(i yan  usfa ).

Adriraw :

Source  du lexique en français:Tv 5 monde
http://www.tv5.org/cms/chaîne francophone/meteo/p-173-le lexique.htm?§previsu=…10/04/2010
*Dictionnaire encyclopédique de la langue française.
*Dictionnaire de Kabyle UFED Kabyle-Français/Français-Kabyle ,site lexilogos.
*Lexique Français-Amazigh/Amazigh-Français.Edition Imedyazn .Paris 1980.
*Lexique de la langue Tamazight et ses termes juridiques de Mr.Omar Et-taqi.
*Dictionnaire de Tamazight de Mr .Ahmed Haddachi.
*Amawal amazigh :Asmel n Tankra@ifrance.com.
*Les parlers d Ayt Ouirra El Ksiba n Moha Ousäid,des Ayt Säid Ou Ouiccu.Région de Tadla-Azilal.
*Amawal n Ghat(Tawalt.com).
*Dictionnaire de Tachelhit-Tafransist:http//www.freewebs.com.
*Néologismes personnels.
*Tasghunt tifawt n 08.
*Amawal n usneghmes .IRCAM.ma.

***asnivs :
Ur ufiv g umawal afrasis “ Vent humide” aha rniv t  iddev t ufiv g useglalaf n tacelpit- tafransist :agayaf.Ur ufiv div “La pluie légère” aha rniv  tamnnida nnes g ils amaziv :albabav.ur ufiv div “Le torrent”aha rniv t :agusif.kkiv vriv t s wamak n “L’orage”.ur ufiv div “Le tourbillon”aha rniv t s wamak n amjakect.
*g u-nna izlin s “Molécule “:usiv tamnnida nnes zeg usnnif issamakn  :La partie ,le morceau”
Asirm inu ad zzenÇuv imazivn ani da llan lumn s iwaliwn  nna  vniv.hat ur gin xas isumir i u-nna iran ad ten yasey.nnurzv ad  afv mayd I ittinin uhu nev yah,ad I itter  ad ssefruv imc n tivni nev ad irnu nev ad isumr cra n tawalt yufn ta-lli sumerv.asirm inu ad yaf usevnu nu abrid inemn  issiwiÄn tamzivt s izatiln  nnes.asnebber n tmazivt ayd igan tafada n uzubdu d ussevlel nnes.ar asevnu yaÄn.tanmmirt irvan i wa-nna nev ta-nna isverresn i tvuri.
Ar tettergh asexned n umevri vif tiwaliwin nna mi ur zmirv ad ctiv ivbula nsen.
***itsent tsefra  berra n umawal :
*Le vent souffle :ishuffey uzwu.ar ittesuÄ nev uÄaå.
*Le ciel est nuageux :isignew igenna,iblem igenna,idcer igenna.
*Le ciel est moussade :icenker igenna,iqendec igenna.
*Le ciel nébuleux :ignna asbarray.
*Le ciel est clair suite aux précipitations :israw igenna.
*La neige tombe en flocon :ar isbeloic udfel.
*Les flocons de neige :tircag n udfel nev ibeloicn (abeloic selon  le parler des Ayt Ouirra.El Ksiba n Moha Ou S äid. Le mot signifie aussi les pièces déchirées d’un vêtement).iclifn (Dictionnaire de Tamazight de Mr.Ahmed .Haddachi.
*La mer est agitée :ilel igergep,ilel ixelxeÄ,ilel izellezdey.
*La pluie tombe légèrement :ar isinfis unÇar.
*Sous un soleil écrasant ou brûlant :ddaw  tafuyt  ittiqiqn.
*La neige atteint les genoux :amawÄfud.
*Le soleil se lève :Tenqer tafuyt.
*Le soleil se couche : tetwen tafukt.tevley tafuct,ignunney iÏij.
*La course rapide de vent ,d’une personne ou d’un objet :azzawuÄ.
*La traînée rougeâtre que laisse le soleil quand il se couche :tizurin.imrurivn.
*Le froid glacial :agussu.aramus.
*Le froid :asmmiÄ.aqarif.aÆarim.asarif.anesrif.afaliÄ.

***utur n ussexned :
-G umawal n usunÄn  tamnnida n tawalt tafransist :L’ensemble iga t apecmuÄ  issamakn  taribbut n medden  nev  n iferdasn  yaÄn ur id apecmuÄ igan assav n yan  waylal  g wawal n ayt wirra .al ksiba n mupa u soid  u wirra.
-mar ad nessefsis iwaliwn  ar awn sumurv  I :
*Cosécante :akeznam  g wallad n  agudznam.
*Cosénus :akcunzar g wallad n   akudcunzar.
*Cotangente :akÄusan  g walled n  agudgar.
*Tangente :aÄusan g wallad n agiran.
Iddev ufiv  “ak” ar issamak “aked nev aged issamakn s tefransist “Avec” senyifv “ak” vif “aked” negh “aged”far ad ttefsis tawalt g ususru nnes.  Avzzaf mupmmad

 

source:http://www.amazighnews.net/

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Amawal n « Tameγra »

Posté par algeriedemocratie le 28 janvier 2012

Amawal n « Tameγra »

ad tru ad tettru / ru = ttru
ad yessenfed ad yessiweḍ ar lebγi-s Atteindre son objectif
Ahenni (lehna) Tarzeft Ce qui est emmené en guise de cadeau à la marié ou au marié
Akd akkw / ukud,… Avec
Ardemmani dacu kan néanmoins ( ?!)
azmumeg aseḍsu sourire
Azrug tazniqt/azniq ruelle
ccan azal valeur
faydeg γef acu sur quoi
Faydeg γef umi / γef acu,… Sur quoi / à cause de quoi,…
Isulef Ilaq Il faut
iwata-tt-id ilaq-as / iwata = ilaq
Izerrin iţţεeddin qui passe
lbaγat azaylal
lεella aεedduḍ Ventre
Sima simmal /skud d aεemmal
Sneεteγ / asenεet asskan montrer
Tacwawt Taqacuct ( ?)
Tameddurt Ddunit
tawat tawant
Tesga/Tasga Tama Coin ou aussi côté
tessenqed / asenqed sorte de surveillance dans le but de soustraire des informations…
tettuswaεd tettuskan Elle est montrée du doigt
treγlet (tareγlett/Tireγlin) Agersal champignon
Ttisliwent /sallaw deviennent …
tulwat tefsi / kkawen ifadden-is s’est affaiblie
tunag S’est expatriée
usagem (asagem) Récipient servant à puiser l’eau
Yenhewwal Iḥerrek
yeshetrifen/Ashetref délire
yeṭṭillin yettmuqulen

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