Belaid Abdesslam parle de l’assassinat de Abane

Posté par algeriedemocratie le 12 décembre 2008

Belaïd Abdesslam à propos de «l’assassinat» d’Abane Ramdane

«Sans l’accord de Krim et d’Ouamrane, cela ne serait pas arrivé»

par Sofiane B. , Le Jeune Indépendant, 18 août 2004

« Abane Ramdane dérangeait beaucoup de monde, c’est pour cela qu’il a été assassiné.» C’est par ces propos que l’ancien Premier ministre Belaïd Abdesselam a évoqué l’assassinat de l’initiateur principal du congrès de la Soummam. Abdesslam Belaïd a tenu à expliquer qu’»Abane, vu sa personnalité et sa persévérance, commençait à s’imposer comme le leader de la révolution, ce qui n’a pas été du goût de certains».

Il enchaîne en jetant un pavé dans la marre en disant que «si Krim Belkacem et Ouamrane n’avaient pas donné leur accord, Abane n’aurait jamais été assassiné». C’est en marge d’une conférence organisée par l’association Machaâl-Echahid au forum du quotidien El Moudjahid, à l’occasion de la journée du Moudjahid qui coïncide avec la date du 20 août, que l’ancien Premier ministre a fait ces déclarations.

Cette conférence a été également l’occasion pour des moudjahidine et d’anciens ministres de revenir sur deux moments charnière de la révolution algérienne, à savoir le congrès de la Soummam en 1956 et l’attaque du Nord-Constantinois en 1955.

Concernant l’attaque du 20 août 1955, les intervenants ont profité de cette occasion pour vanter les mérites de Zighout Youcef, «le ferronnier devenu héros», tête pensante de cette attaque à travers laquelle il visait plusieurs objectifs.

Le principal objectif était de desserrer l’étau sur la région des Aurès encerclée pendant plusieurs mois par les forces françaises. L’autre but, selon Mohamed-Salah Bousselama, un des compagnons de Zighout, a été d’impliquer le peuple dans la révolution «pour démontrer à ceux qui doutaient encore que la révolution était bien celle du peuple et non imposée par l’étranger».

Ce dernier a également affirmé que la réaction française a été féroce et sanglante. «Plusieurs Algériens l’ont payé de leur vie», «mais c’était une nécessité pour mettre le peuple devant ses responsabilités». Concernant le congrès de la Soummam, la conférence a débattu les préparatifs de ce moment historique au cours duquel Abane Ramdane avait réussi le miracle de rassembler tous les dirigeants des partis politiques algériens de l’époque autour d’un accord qui se transforma en machine de guerre contre le colonialisme français.

Les principaux objectifs de ce congrès étaient de réunir les chefs de régions, d’évaluer la situation de la révolution, d’organiser l’Armée de libération nationale (ALN) et enfin de désigner un commandement unifié à la révolution. «Pendant 9 ou 11 jours les chefs de la révolution vont se réunir et discuter de la situation dans une maison forestière dans la vallée de la Soummam», «libérée par le colonel Amirouche», a souligné l’ancien ministre et moudjahid, Abdelhafid Amokrane.

La réunion présidée par Larbi Ben M’hidi et rapportée par le secrétaire du congrès Abane Ramdane, a abouti à quatre décisions importantes, selon le conférencier : l’adoption de la plate-forme qui contient les objectifs de la révolution, l’organisation de l’Armée de libération nationale (ALN) avec des grades, des règles de promotion et de conduite et le découpage militaire de l’Algérie en 6 wilayas.

Mais la plus importante des décisions de ce congrès a été la création de deux organes de commandement de la révolution : le Comité de coordination et d’exécution (CCE), qui est un gouvernement de guerre, et le Conseil national de la révolution algérienne (CNRA), qui est une sorte d’assemblée nationale composée de 34 personnes.

Le CCE était composé de cinq membres, à savoir Abane Ramdane, Larbi Ben M’hidi, Krim Belkacem, Benyoussef Benkhedda et Saâd Dahleb. Le conférencier a déclaré qu’à partir de ce moment, la révolution algérienne avait franchi un pas vers le renouveau et vers une autre étape de l’histoire.

Mais la question qui se pose est de savoir si ce congrès, qui a fait tant de bien à la révolution algérienne, ne lui a pas, en parallèle, beaucoup nuit. En effet, les chefs historiques qui ont fait ce grand événement l’ont, tôt ou tard payé de leur vie, comme ce fut le cas pour Abane Ramdane.

S. B.

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