REPONSE DE SAID SAADI A BENCHICOU

Posté par algeriedemocratie le 14 décembre 2008

L’attaque de Benchicou contre le RCD était attendue. Faut-il répondre à un provocateur au risque de gonfler une polémique organisée autour d’une initiative vitale pour l’avenir du pays ? La réponse est oui. Nous ne sommes pas face à une banale invective de plus de la part d’un journaliste sulfureux. Hamidechi suggérait de soutenir Hamrouche à la prochaine élection après avoir voué aux gémonies, trois jours auparavant, le RCD qui a osé participer aux dernières locales. Quelques jours plus tard, M Mérad s’étonnait que le RCD en appelle à une surveillance internationale suspectant, suprême délit, une possible participation de Saïd SADI… Indépendamment de leurs relations personnelles, ces deux journalistes appartiennent à la même écurie idéologique que Benchicou : le communisme algérien dégénéré. Se sachant incapables d’exister par eux-mêmes, ces néo-staliniens, tous tapis dans la presse, ont une peur obsessionnelle du vote et se sont toujours mis au service d’un clan du pouvoir pour survivre politiquement. Il en est d’ailleurs ainsi depuis 1962. Et suivre Benchicou dans ses tribulations éclaire l’intimité du pouvoir dans ses desseins et ses contradictions. En fait, ce qu’il nous dit tient en une phrase: bloquons Bouteflika mais laissons le régime et ses fraudes en l’état; l’essentiel étant qu’elles servent ceux qui me protégent. L’attaque de Benchicou était donc attendue. Elle est cependant venue tôt. Trop tôt. Il est important de savoir pourquoi cet homme rusé-chargé de parasiter l’espace démocratique et donc de garder un minimum d’apparence d’autonomie- a-t-il commis un tel article. La proposition du RCD a provoqué un séisme et les affolements enregistrés dans les cercles maffieux d’Alger viennent de connaître leur première expression ouverte. La décadence est plus avancée qu’on ne le supposait. En invitant à une observation internationale, le RCD savait qu’il maniait l’arme fatale contre un pouvoir né et vivant de la fraude électorale et qu’il engageait là une initiative qui allait mobiliser parrains et clientèles du régime. Si M.Benchicou a pris le risque de s’exposer aussi frontalement et, disons-le, si maladroitement, c’est qu’il y a de solides raisons. Tous ceux qui l’ont connu dans sa vie politique ou son parcours médiatique savent de lui trois choses.

1) Il a toujours été dans les tablettes du clan affairiste des services 2) Il est d’une mégalomanie qui en a fait un homme sans amis 3) Il est d’un anti-kabylisme maladif. Ces deux dernières « vertus » étant consubstantielles au personnage, elles ne sauraient expliquer, seules, sa brusque et pitoyable sortie. A chaud, les avis émis par tous ceux qui connaissent le pedigree du personnage sont unanimes : Benchicou a été sommé de se dévoiler dans la précipitation ; quitte à prendre le risque d’être démasqué. La logorrhée de l’ancien directeur du Matin mérite quelques commentaires car, outre qu’elle renseigne sur les mœurs du régime, elle annonce les prochaines manœuvres d’un système prédateur qui ne conçoit pas de compétition et encore moins d’alternative politiques en dehors de ses rangs. En bon débris du KGB, M. Benchicou commence par fausser les données du débat. La manœuvre a déjà été testée à Alger et a même provoqué une mise au point du RCD dans le journal El Watan dont il faut saluer ici la rédaction.

Faute de pouvoir assumer la fraude, les transitaires médiatiques du régime font mine de ne pas avoir entendu le RCD dire et redire deux choses à la fois: oui à la limitation des mandats et, dans le même temps, non à la fraude et donc surveillance internationale. Cette deuxième condition enlevant au régime les fraudes – levain de son existence – il faut brouiller le débat et laisser croire que le RCD est pour la révision de
la Constitution.
On est d’ailleurs surpris que M. Benchicou n’ait pas ajouté dans son élan compulsif, le risque d’une victoire islamiste, autre argument préparé par les officines d’Alger pour disqualifier l’idée d’une élection ouverte. La pression mise sur Benchicou, et qui atteste de l’embarras des potentats algérois, le conduit à délivrer, sur un ton sentencieux, des contre vérités dignes d’El Moudjahid du temps béni du parti unique. « La surveillance internationale n’a servi à rien en Ukraine puisque des irrégularités ont été dénoncées par des observateurs internationaux», claironne-t-il. D’abord M. Benchicou, une fraude condamnée par la communauté internationale vaut toujours mieux qu’une violation de la souveraineté populaire impunie, d’autant que nos despotes se soignent, placent leur argent et aspirent à s’installer, le moment venu, à l’étranger. Ensuite, et vous le savez très bien, en Ukraine comme au Kenya d’ailleurs, c’est l’intervention de la communauté internationale qui a contribué à dégager des solutions de compromis acceptées par tous les partis. Mais dans la désinformation M. Benchicou est inégalable. Il omet de signaler que la même surveillance internationale, qui est du reste une pratique banale et incontournable aujourd’hui, a été mise en œuvre récemment, et avec succès, au Maroc, au Venezuela de Chavez, au Pakistan, au Mexique et que les plus grandes ONG et l’OSCE s’apprêtent à intervenir massivement dans la prochaine élection américaine, compte tenu de ce qui s’est passé en Floride entre Bush et Al Gore en 2004. Tout cela, M. Benchicou le sait. Pourquoi prend-il le risque de se noyer dans des mensonges impossibles à camoufler ? Réponse : il n’a pas le choix. Actionné dans l’urgence, il réagit avec maladresse. Mais concédons-lui cela: il est sincèrement révulsé par l’idée même d’une élection transparente qui mettrait fin à un régime de prédation dont il a, lui-même, tiré de substantiels bénéfices, quitte à en payer occasionnellement le prix quand son propre clan perd la main et qu’il doit sacrifier des seconds couteaux pour préserver la stabilité du régime. C’est ce qui lui est arrivé en 2004. Les gens comme M. Benchicou préfèrent subir les secousses des affrontements claniques pour pouvoir vivre à la marge de la loi plutôt que de voir un jour s’instaurer en Algérie un pouvoir pacifique issu des urnes, apportant, dans la foulée, la démonstration que le fait d’être anti-islamiste n’implique pas que l’on est démocrate.

Imaginons, en effet, un service public qui n’autorise pas les érections de canulars économiques du type Khalifa qui recrute femmes et progéniture payées en devises pour des emplois fictifs. Imaginons une administration qui sévit contre une entreprise, fut-elle de presse, qui ne s’acquitte pas de ses impôts et qui ne rapatrie pas le produit des ses ventes à l’étranger. Imaginons une justice qui rétablit dans leurs droits des associés spoliés de leurs parts… Que deviendraient tous les piques assiettes du régime? Vous auriez pu, M. Benchicou, profiter de votre « soutien critique » comme tant d’autres et vous taire. Mais voilà, votre ego vous joue des tours et vous propulse sur des zones où le bluff et l’escroquerie sont, par définition, difficilement tenables sur la durée. Vous ne pouviez tout de même pas vous persuader que vous alliez berner l’opinion en vous posant en observateur naïf ou en victime désabusée de la fraude de 2004, vous qui avez été le principal ayatollah médiatique de la manipulation depuis le début. D’autant que, mégalomanie oblige, il vous fallait apparaître, avant d’autres, comme faiseur de roi, pour faire valoir un retour sur investissement, quitte à recourir, le moment venu, au chantage sur Benflis que vous pensiez déjà élu. Car enfin, il faut être ou amnésique ou définitivement cynique ou franchement délirant pour imputer au candidat du RCD le dérapage de 2004. Le RCD a participé à cette élection après avoir demandé et obtenu que l’institution militaire se prononce publiquement sur sa neutralité. Il se trouve qu’elle a bourré les urnes le jour du vote pour offrir un score digne de Bokassa à l’actuel chef de l’Etat, malgré une campagne électorale qui avait révélé, ne vous en déplaise, trois candidatures sérieuses dont celle de Said SADI. L’honneur du RCD et de son président n’est pas en cause. Il vous faudra, par contre, vous inquiéter de voir ce qu’il reste de la crédibilité de vos sponsors dans et hors du pays depuis cette forfaiture.

En tout état de cause, le RCD est fondé à exiger aujourd’hui une surveillance internationale parce que, justement, il a testé loyalement et devant l’opinion publique les mécanismes institutionnels internes. Cela s’appelle, M. Benchicou, la conviction politique qui ne s’embarrasse pas de ruses ni de petits appétits conjoncturels sur lesquels beaucoup font carrière en spéculant, bien à tort, sur l’oubli ou la lassitude des citoyens. Voyez-vous M. Benchicou, les escrocs chutent en général parce qu’ils se croient seuls sur scène. Ils s’écoutent, s’admirent et s’autocongratulent sans apercevoir ce qui se passe autour d’eux jusqu’au jour où, d’avoir trop menti et d’avoir trop agressé, tout s’effondre. Votre haine du RCD est l’expression typique d’un profond désarroi. Vous en voulez à des gens qui, ayant votre âge, se sont battus en dehors et contre le régime au moment où votre plume servait avec zèle la dictature. A l’inverse de beaucoup de vos confrères, qui travaillaient dans la presse du parti unique mais qui faisaient le minimum requis en attendant des jours meilleurs ou même, pour certains, qui prenaient des risques pour arrêter la propagande d’alors ou, en tout cas, en réduire les méfaits, vous fûtes en 1980 un des plus zélés activistes à El Moudjahid pour appeler à la curée contre le MCB. Toujours du côté du manche. Déjà. Il est vrai que la jouissance était double: faire allégeance aux puissants et casser du Kabyle. Sur ce dernier sujet, vous récidiverez vingt ans plus tard quand vous laisserez libre cours à une jubilation délinquante en relayant la dégradation politique et sociale menée par le pouvoir contre la région. Il faudra faire plancher un jour quelques étudiants en journalisme sur des dérives de votre journal d’alors. En plus d’alerter la profession sur les dérapages éthiques qui la menacent, cela révélera, en partie, les causes de la misère morale qu’aura connue l’Algérie. Vous avez tort de réagir comme cela, M. Benchicou. L’humilité qui, quelquefoi, grandit son homme, a amené des personnes ayant appartenu à votre famille politique à reconnaître que la stratégie suivie par leur courant depuis l’indépendance a lourdement handicapé l’alternative démocratique. Dignes, ils s’interdisent de vociférer comme vous le faites contre des militants qui ont pu trouver en eux assez de ressources pour s’engager et, pour certains, consentir le sacrifice ultime pour leur pays.

Oui M. Benchicou, il s’est trouvé des jeunes qui ont refusé de s’incliner devant leurs bourreaux alors que des avocats, et non des moindres, vous ont abandonné quand, détenu, vous les suppliiez de trouver le bon canal pour faire parvenir un message de pardon à ceux que vous aviez ostensiblement combattus simplement par ce que vous les croyiez défaits. Vous avez tort, M. Benchicou, de croire que le peuple algérien est sans mémoire et ambition. Au moment où vous vous abandonnez à l’ivresse de la manipulation médiatique et votre géhenne anti-kabyle, des gens de votre génération et d’autres, bien plus jeunes, construisent dans le RCD, l’Algérie de demain. Arabophones, Berbérophones, Malékites et Ibadites et même, à l’occasion, des Chrétiens se rencontrent, se découvrent, construisent, s’aiment et se protégent. Il n’y a pas que de l’égarement politique dans votre posture, M. Benchicou. Il y a surtout une insulte à l’intelligence de notre peuple. Il est vrai que vous avez de qui tenir. Quand en 1962, certains communistes, déjà tentés par l’entrisme, acceptaient la dissolution de leur parti exigée par Ben Bella, Hocine Aït Ahmed, qui n’était pas marxiste, s’opposait à ce que, légitimement, il considérait comme l’annonce d’une dérive hégémonique de la pensée unique. Las, les grognards du PCA durent céder devant les « antiques souteneurs critiques » au motif que « les forces d’avant-garde doivent savoir faire passer
la Révolution avant leur parti. » Le parti unique venait de s’installer par la grâce de vos géniteurs politiques. Aït Ahmed eut cette réponse que vous apprécierez certainement, vous le féru des citations tapageuses : « C’est mal parti, le putanat d’avant-garde vient de gagner. »
Vous pourrez toujours esquiver la portée essentielle de ce rappel pour spéculer sur les questions qui nous séparent aujourd’hui du dirigeant du FFS. Votre opposition à la surveillance internationale, ultime parade à un désastre national annoncé, n’est donc pas vraiment une surprise. Vous avez une ascendance politique digne de votre indécence, M. Benchicou. Au final, vous dites ne pas vouloir de vote. Pour l’éternité. Dites aux Algériens ce que vous voulez vraiment. Dites-leur qu’il y a à peine cinq mois vous faisiez la tournée des responsables de presse qui vous supportent encore, et ils ne sont pas nombreux, pour les persuader que, pour ce coup-ci, il faut penser à soutenir Hamrouche. L’un d’eux qui a daigné vous écouter a eu ces propos après votre passage : « cet homme est définitivement ignoble. La ddin la mella. »

Vous n’êtes pas contre les élections M. Benchicou. Vous êtes contre les élections transparentes. Plus précisément, vous êtes contre la participation des démocrates. Surtout s’ils sont Kabyles. Vous voulez faire de la politique ? Sortez des labyrinthes, fondez un parti et battez-vous. Il y a eu dans le passé d’édifiants exemples. Un certain René Lévesque, journaliste de son état, respectueux de sa profession, s’engagea au service de sa collectivité et fit une carrière marquée par la performance et la générosité. Générosité, voilà bien un mot que vous auriez gagné à découvrir, M. Benchicou. Votre parcours, vos palabres et vos manoeuvres devaient être rappelées car ils illustrent l’autre face du système en place : celle de la pollution morale, de la rapine et de la provocation manoeuvrière. Et puis, il fallait soulager le journalisme algérien de votre arrogance ; affront d’autant plus insupportable qu’il abuse de la retenue de vos confrères. Oui M. Benchicou, vous êtes un bon symptôme de la maladie algérienne. Oui M. Benchicou, il y a des imposteurs en Algérie. Nous sommes nombreux à leur faire face.

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