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assassinat de chaabani-chadli en parle

Posté par algeriedemocratie le 23 décembre 2008

Chadli l’a ressuscité jeudi à El Tarf

La trouble exécution du colonel Chaâbani

Il avait à peine 30 ans lorsqu’il a été exécuté par ses frères d’armes. En cette matinée du 3 septembre 1964, le plus jeune colonel de la Révolution algérienne, Mohamed Chaâbani, chef de la Wilaya VI (Grand Sahara) n’est (déjà) plus.

La « première » exécution de l’Algérie indépendante venait d’avoir lieu. Dans les bas-fonds de la prison militaire d’Oran. Condamné la veille au soir à la peine de mort par une cour martiale qui avait siégé dans l’enceinte même de cette prison, le « dissident » à Ben Bella est passé froidement par les armes. Le verdict était sans appel. Immédiatement exécutoire. 44 ans après, l’affaire Chaâbani hante toujours, tourmente protagonistes, acteurs actifs ou passifs et témoins, et interpelle bien des consciences. Accusé de tentative de sécession, de « traîtrise », le colonel Chaâbani a eu droit à un simulacre de procès. Il a été jugé, sans avocat, sans témoin et exécuté comme tant d’autres avant et après lui. Sommairement.

De sa ville natale, El Tarf, l’ancien président de la République, Chadli Bendjedid, évoquait jeudi dernier le nom de ce révolutionnaire, disciple d’Ibn Badis, qui avait remplacé le colonel Si Haouès à la tête de la Wilaya VI, région pétrolifère et gazière, en 1958. Chadli Bendjedid faisait partie avec les colonels Bencherif (Gendarmerie), Saïd Abid, Bensalem Abderrahmane et Draïa Ahmed, du tribunal désigné par Ben Bella avec un magistrat civil (Zertal) pour rendre une seule sentence. Une sentence sans appel et immédiatement exécutoire contre Chaâbani. « Boumediène m’a informé que Ben Bella avait demandé de le condamner à la peine de mort », déclarait l’ancien Président. « Nous avons tout fait pour que le Président revienne sur sa décision. Saïd Abid s’est fait insulter comme un malpropre lorsqu’il y est retourné une seconde fois. Avant même que nous finissions de nous entendre, il y a eu des mouvements impressionnants de la gendarmerie. Nous avons compris l’acharnement et l’empressement pour le mettre à mort que par la nécessité de taire des révélations compromettantes », ajoutait-il. De la culpabilité du premier président de l’Algérie indépendante, Ahmed Ben Bella, dans l’exécution de Chaâbani, le commandant Amor Sakhri, un des plus fidèles collaborateurs du colonel Chaâbani, en est persuadé. Néanmoins, l’assassinat serait l’œuvre, selon lui, de la « troisième force », des transfuges de l’armée française qui ont forcé la main à Ben Bella et à Boumediène.

La main de Boumediène

Dans une interview accordée au journal Le Soir d’Algérie du 25 janvier 1993, Sakhri déclare : « Chaâbani était précisément contre ces éléments (DAF) qui n’ont rien à voir avec la Révolution et qui se sont empressés de prendre le pouvoir (…). Se sentant en position de force et avec la complicité des autres forces politiques opportunistes, ils (les éléments de cette troisième force) ont exercé une pression sur Ben Bella et Boumediène pour les convaincre de la nécessité de se débarrasser de Chaâbani. En 1962, Chaâbani, tout comme les autres cadres de la Wilaya VI, était benbelliste et j’ajouterai pour l’histoire qu’il l’était plus que nous autres. Profitant de cette situation, Boumediène avait mobilisé tous ses alliés militaires et politiques pour exercer une pression sur Ben Bella, à telle enseigne que ce dernier est arrivé jusqu’à douter de la loyauté de Chaâbani. Celui-ci était accusé de tentative de sécession. Une accusation grave et sans aucun fondement dans le seul but d’étiqueter Chaâbani pour justifier sa liquidation à l’égard de l’opinion publique. »

La déclaration du colonel Tahar Zbiri en 1990, colonel de la Wilaya I (les Aurès) conforte cette thèse : « Chaâbani, qui avait une vaste culture, refusait de voir des officiers de l’armée française à des postes de responsabilité autres que techniques. C’est l’une des raisons du différend qui l’opposa à Boumediène. En fait, Chaâbani, en prenant la parole au congrès du FLN en avril 1964, a déclaré qu’il fallait procéder au nettoyage de l’armée des éléments infiltrés connus pour leur appartenance à la France coloniale. » L’historien Gilbert Meynier disculpe Ben Bella et atteste, dans Histoire intérieure du FLN-1954-1962, que le colonel Chaâbani a été « arrêté, jugé et exécuté à la demande insistante de Boumediène, après que Ben Bella eut refusé sa grâce ». Le colonel Chaâbani, natif d’Oumache, un village de la région de Biskra, rejoindra après des études secondaires, l’institut Ben Badis à Constantine. Etudiant, il ne tarda pas à abandonner ses études pour rejoindre les rangs de l’ALN et devenir le compagnon et collaborateur du colonel Si El Haouès jusqu’à sa mort. Selon Gilbert Meynier, « il fut arrêté, jugé et exécuté à la demande insistante de Boumediène après que Ben Bella eut refusé sa grâce ». Fethi Dib, patron des moukhabarate (services de renseignement égyptiens), révèle dans ses Mémoires une tout autre version. Une version aux couleurs de coup d’Etat.

Le 20 août 1964, F. Dib a rencontré Ben Bella à Alger pour lui rendre compte des résultats de l’entretien qu’il avait eu avec Khider, dont la demande de grâce au profit des opposants emprisonnés. Ben Bella aurait dit à F. Dib : « Concernant les chefs emprisonnés, ils seront jugés par un tribunal et s’il sont condamnés à mort, ils seront exécutés car ils sont accusés d’avoir tenté un coup d’Etat dans lequel Khider lui-même est impliqué. » Dans un discours prononcé le 5 juillet 1964, Ben Bella avait qualifié le colonel Chaâbani « d’apprenti bachagha Bengana, de vice-roi des dunes et de réactionnaire ». Le colonel Bencherif accuse le colonel Chaâbani de « dissidence et de crimes de guerre ». Selon l’ex-patron de la Gendarmerie, ancien de l’armée française, Chaâbani était entré en dissidence dans la région de Bou Saâda jusqu’au cessez-le-feu. La Wilaya VI a été dissoute, d’après lui, juste après la mort de Si Haouès et rattachée à la Wilaya IV. Il accusera aussi Chaâbani d’avoir ordonné le massacre de 700 djounoud (soldats) messalistes à Charef (Djelfa).

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chadli parle de la mort de boumediene

Posté par algeriedemocratie le 23 décembre 2008

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L’ancien président algérien, Chadli Bendjedid, relance la polémique et le doute au sujet de la mort de son prédécesseur Houari Boumediene, dans une interview publiée dimanche par El-Khabar. A une question sur les circonstances de la mort de Boumediene, Chadli donne une réponse étonnante et inattendue de sa part : «Je ne peux pas trancher sur cette question. Est-il mort de façon naturelle ou bien a-t-il été empoisonné ? Cependant, j’ai le sentiment que sa mort ressemble à la mort de Yasser Arafat.»Le décès du leader palestinien est donné pour suspect par son entourage et par plusieurs analystes qui parlent d’un « assassinat déguisé ».

Venant de la part de son successeur, cette déclaration sur Boumediene ne manque pas de poids.
Dans cette même interview, Chadli Bendjedid évoque également plusieurs aspects cachés de la vie du défunt Houari Boumediene qu’il a bien connu.

Après le rebondissement de l’affaire Mecili, cette révélation surprenante de l’ancien président Chadli Bendjedid est la seconde à impliquer la hiérarchie militaire…Et nous ne sommes encore à 15 mois des présidentielles !

Voici les principales réponses de Chadli Bendjedid :

El Khabar : Monsieur Chadli, il est rare qu’un président évoque un autre président qui l’a précédé ou remplacé, cela vous dérange-t-il de parler du président Houari Boumediene ?
Chadli Bendjedid :
Jamais de la vie. Avant d’être président, Boumediene était mon compagnon d’armes et un ami dont j’étais fier. Trois décennies après sa mort, il est regrettable qu’on ne lui accorde pas tout l’intérêt et la considération qu’il mérite, à part quelques rencontres circonstancielles qui ont lieu une fois l’an, à dessein politique. Je regrette aussi que de nombreux hommes politiques se drapent du manteau de Boumediene, lorsqu’il s’agit d’évoquer les aspects positifs de son époque, puis s’en lavent les mains lorsqu’on parle des points négatifs de cette période.

El Khabar :Revenons, s’il vous plaît, au Boumediene que vous avez connu.
Chadli Bendjedid :
La plupart des gens ont une fausse image de Boumediene. Il était replié sur lui-même, réservé et timide. Il était peu bavard et écoutait plus qu’il ne parlait. De plus, il ne prenait pas de décisions avec empressement mais consultait son entourage. Cependant, il savait se montrer strict et efficace lorsqu’il s’agissait de l’intérêt du pays. Les gens ont de Boumediene l’image d’un dirigeant autoritaire et totalitaire. Il n’était pas comme ça… Que ce soit dans l’armée, le Conseil de la révolution ou le gouvernement, Boumediene consultait ses adjoints pour les plus importantes décisions. Après sa mort, certains ont tenté d’éluder leurs responsabilités dans la prise de décisions collectives, dont l’échec a été imputé à Boumediene.
Je veux assurer que nous assumons tous les grandes décisions de l’ère Boumediene, avec ses aspects positifs et négatifs.

El Khabar : On reproche à Boumediene ses choix concernant les grandes options du pays, contentons-nous de sa position sur deux questions : l’arabisation et l’islam.
Chadli Bendjedid :
Boumediene s’est intéressé à l’arabisation, car il était convaincu que la restauration de la langue arabe était une revendication du mouvement national, mentionnée dans tous les documents officiels de la Révolution algérienne. Durant son mandat, l’administration et la justice ont été arabisées, et une politique globale a été tracée pour l’arabisation progressive de tous les paliers de l’enseignement. Cela dit, il appelait aussi à l’ouverture aux autres langues et les autres cultures, dans la mesure où elles pouvaient servir la langue arabe.
Boumediene avait une foi profonde, et il tenait à appliquer les principes de la charia (loi islamique), et à les adapter à l’option socialiste. Il ne faut pas perdre de vue qu’il avait étudié à El Azhar, et il considérait que l’islam est la religion de la justice sociale et de l’égalité en droits et devoirs

El Khabar :P ouvons-nous vous parler des derniers jours de sa vie, et avez-vous des doutes sur les circonstances de sa mort ?
Chadli Bendjedid :
Je ne peux pas trancher sur cette question. Est-il mort de façon naturelle ou bien a-t-il été empoisonné ? Cependant, j’ai le sentiment que sa mort ressemble à la mort de Yasser Arafat. Durant les dernières années de sa vie, il me rendait visite à Oran, au siège de la deuxième région militaire, et je remarquais des marques d’épuisement sur son visage, il ressentait certaines douleurs mais il ne s’en plaignait pas.
A son retour de Damas, après la réunion du Front de résistance et de défi, Boumediene n’apparaissait plus en public, ensuite il a été transféré à Moscou pour y être soigné, mais sa maladie s’est aggravée, et après son retour, il est mort le 27 décembre 1978.

El Khabar : Pouvons-nous vous demander comment vous lui avez succédé ?
Chadli Bendjedid :
Avant sa mort, le président Houari Boumediene m’a désigné responsable des corps de sécurité. Les querelles autour de sa succession avaient débuté avant sa mort, mais je n’aspirais pas, personnellement, au poste de président. J’évoquerais tous ces détails un jour dans mes mémoires, et je me contente ici d’indiquer que le quatrième congrès du Front de libération nationale m’a désigné secrétaire général du parti, et candidat à la présidence de la République.

El Khabar :Certains ont pensé que les décisions que vous avez prises après votre arrivée au pouvoir vont à l’encontre de la politique de Boumediene, quel est votre commentaire ?
Chadli Bendjedid :
Avant sa disparition, Boumediene pensait sérieusement à introduire des changements radicaux dans la politique agricole, la politique industrielle et les nationalisations. Ceux qui m’accusent d’avoir effacé les traces de l’ère Boumediene sont précisément ceux qui ont le plus bénéficié de la situation et qu’on appelle les barons du régime, ainsi qu’une minorité de gauchistes qui ont voulu obtenir des privilèges au prix de quelques marchandages mais j’ai refusé, et lorsque j’ai entrepris les réformes, on a dit que je voulais effacer les traces de Boumediene. On a aussi parlé de décennie noire. De quelle décennie parlent-ils ? Ont-ils analysé objectivement l’époque Chadli ? Ont-ils évalué les réalisations dans le domaine de l’économie ? Qui oserait dire aujourd’hui que l’instigateur du pluralisme politique, de l’ouverture du champ médiatique et de la culture des droits de l’Homme est une autre personne que Chadli ?

El Khabar :Un dernier mot sur Boumediene ?
Chadli Bendjedid :
Son unique souci était de libérer l’Algérie de la colonisation et la construction d’une Algérie qui jouisse de la justice sociale et de la prospérité.
Il rêvait d’une société affranchie de l’ignorance et de la dépendance. Il a servi son peuple au point d’oublier les siens et sa propre personne. Je le vois toujours entouré d’un halo de lumière.

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Posté par algeriedemocratie le 23 décembre 2008

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Assassinat du rebelle Lounès Matoub

Posté par algeriedemocratie le 23 décembre 2008

Assassinat du rebelle Lounès Matoub

matoubLe pouvoir a-t-il participé à l’assassinat du chanteur kabyle Lounès Matoub, en 1998? Enquête sur une instruction fantôme : Enigme à l’algérienne.

Qui a commandité, qui a manipulé les assassins de Lounès Matoub , héros kabyle disparu le 25 juin 1998? Qui sont ces «coupables» qu’on exhibe à la télévision, ou qui disparaissent sans laisser de traces? «Libération» a enquêté: le dossier d’instruction est presque vide, et des secteurs proches du pouvoir semblent impliqués.

Les ongles manucurés, le jeune homme en tee-shirt Chevignon se présente poliment à l’écran comme un «membre du GIA» et raconte sans façons comment son commando tendit l’embuscade mortelle contre le chanteur Matoub Lounès, le 25 juin 1998. «On a décidé le matin cette action quand on a vu qu’il descendait en voiture à Tizi Ouzou.» Se revendiquant de la même équipe, surgit ensuite un dénommé Saïd qui explique, lui, que «l’embuscade était préparée depuis une semaine». Libres, bien nourris, ils énumèrent une liste de sept personnes qui seraient «dans le coup». C’est en regardant ce documentaire à la télévision nationale algérienne, où même la météo ne se prévoit pas sans l’aval du pouvoir, que des magistrats en charge du dossier Matoub Lounès ont appris l’existence de ces «coupables». Depuis la mort du chanteur chéri de Kabylie, qui mit la région au bord de l’émeute, au moins une dizaine d’«islamistes», morts ou vifs, ont ainsi été présentés comme ses assassins.

Il y a quelques semaines encore, aucune enquête, aucun interrogatoire de ces hommes ne figurait au dossier d’instruction. Il n’y a pas de rapport d’autopsie, ni d’analyse balistique. Ni de reconstitution.

En Algérie, ce déferlement de coupables n’a pas surpris. En neuf ans de violences, on s’est habitué à l’opacité. L’assassinat de Lounès ne fait pas exception.

Mais cette fois, il y a un grain de sable. Il s’appelle Malika Matoub et personne ne l’avait vu venir. Juste après le meurtre de son frère, elle déclarait, catégorique: «Matoub est victime de l’islam baathiste et de sa version armée: le terrorisme islamiste.» Aujourd’hui, avec sa mère, elle anime une fondation qui s’est fixé pour but de «connaître la vérité». Dans son appartement parisien, Malika s’énerve: «Cessons de trouver de faux assassins. Nous n’accepterons pas un simulacre de procès destiné à tromper l’opinion et à clore le dossier. Nous exigeons une véritable enquête.» Depuis l’Algérie, un message lui est parvenu en décembre, transmis à un proche par des inconnus masqués: «Ne t’en mêle plus.» En vain. L’affaire Matoub est en train de devenir l’histoire d’un impossible enterrement.

Années 80, un révolté kabyle

C’était en juin 1998. Matoub est à Paris. Il vient de terminer l’enregistrement de son dernier disque. Il rentre à Taourirt-Moussa, son village près de Tizi Ouzou, dans cette maison de montagnard kabyle dont il a fait la plus belle du village. «Sa porte était toujours ouverte. Il trimballait tous les fous du village dans sa Mercedes. Il aimait avoir du monde autour de lui», raconte Fodil. Né dans la maison à côté, il est l’ami d’enfance, le confident. Il se souvient de chaque date: 1979, le premier disque de Matoub et, tout de suite, le succès. Dans sa région, Lounès devient beaucoup plus qu’un chanteur, le symbole d’une forme très algérienne de révolte contre le système, plus viscérale que politique. «Dans la rue, des gens l’imitaient, raconte Mohamed, un de ses copains de Taourirt-Moussa. Ses sorties provoquaient de petites émeutes. Avant chaque manifestation d’envergure, la police venait lui chercher des histoires pour qu’il la ferme.»

Avec l’émergence du MCB (Mouvement culturel berbère) au début des années 80, Matoub chante, défile, défie le pouvoir du parti unique qui impose la monoculture arabo-musulmane. Au-delà de la contestation du régime, Lounès est consumé par une cause: la reconnaissance de la langue et de la culture kabyles. «Tête brûlée, il aimait la provoc, aller trop loin, reprend Mohamed. Dès qu’il voyait un flic, il accélérait. Il n’y avait que lui pour se permettre ça. Il y avait un côté sacrificiel chez lui.»

En octobre 1988, alors qu’Alger est paralysée par des manifestations de jeunes, Lounès est interpellé à un barrage en Kabylie pendant qu’il distribue des tracts appelant au calme. Les gendarmes s’agitent. «Retenez vos chiens», assène Lounès à leur chef. Cinq balles, tirées à bout portant, en feront un grand blessé à vie.

En 1991, le Front islamiste du salut gagne les élections. Lounès en pleure. Il prend position au côté du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), où se retrouve une fraction des militants berbères du MCB et qui s’oppose à toute «solution politique» de la crise, prônant une guerre totale contre les maquisards islamistes. Depuis toujours, les armes, la violence font partie de son univers. Désormais, il ne sort plus sans sa kalachnikov. «Il fonctionnait aux tripes et c’est tout. Matoub n’était pas un militant classique, un homme d’appareil», raconte Fodil.

1994, les ombres d’un enlèvement

En 1994, en Kabylie, alors que Lounès boit une bière dans un café, il est enlevé, séquestré puis relâché par un commando armé. Attribuée officiellement aux GIA, cette action est restée entourée d’ombre. L’évoquer, c’est rallumer cette polémique: qui fait quoi? qui manipule qui? La version la plus souvent avancée aujourd’hui, même dans les cercles du pouvoir, évoque des maquisards bien réels mais manœuvrés dans l’ombre par des «ultras» de la cause berbère qui veulent se doter d’un martyr. «Convaincu au départ qu’il avait bien été victime de terroristes agissant au nom de l’islam, Matoub est devenu très susceptible sur cette affaire», reprend Fodil. «Il ne voulait plus en parler. Alors qu’il mettait toute sa vie en chanson, il n’en a jamais consacré une à cet événement. Cela restait comme une douleur, comme s’il n’était plus si sûr de ce qui s’était passé. Mais le remettre en question lui aurait semblé un reniement.» Matoub en gardait une amertume. «Je suis une grenade dégoupillée, aime-t-il répéter. J’explose aux mains de ceux qui croient me contrôler.»

Quatre ans plus tard, en juin 1998, le chanteur tient à être au pays pour la sortie de son album: un concentré de Matoub avec, en prime, une version iconoclaste de l’hymne national. Même la date de sortie est une provocation: le 5 juillet, anniversaire de l’indépendance, la loi sur l’arabisation entre en vigueur. Concession aux islamistes modérés alliés au pouvoir, ce texte interdit l’usage du français dans l’administration, jusque-là bilingue. En Kabylie, toute mesure en faveur de la suprématie de l’arabe fait hurler: on s’attend à une vague de protestations.

Mais cette fois, le climat est beaucoup plus trouble. Selon le Maol, un groupe d’officiers dissidents de l’armée réfugiés à Madrid et visiblement bien renseignés sur les rouages de l’Etat, des rencontres secrètes auraient eu lieu entre de hauts dirigeants du RCD – parmi lesquels Norredine Aït-Hammouda – qui trouvent les autorités trop conciliantes face à l’islamisme et des généraux partageant les mêmes vues. Au cours d’une de ces réunions, se serait élaboré le projet d’un de ces coups d’Etat tordus, tout de bluff et manipulation, comme il s’en trame à chaque fois que la guerre des clans s’exacerbe au sommet de l’Etat. Des gradés, dont le Maol cite les noms, auraient affirmé que, si la direction de l’armée n’apprécie pas la loi d’arabisation, elle ne peut s’y opposer ouvertement et il serait plus habile que la mobilisation parte de la population elle-même. La Kabylie, en pleine effervescence à cause de cette loi, paraît le terrain le plus favorable. S’en prendre à l’un des symboles de la culture berbère serait une provocation susceptible d’allumer la mèche. Durant cette réunion, un dirigeant du RCD aurait affirmé qu’il se charge d’enflammer la Kabylie. Sans autre précision. Ces informations, diffusées par le Maol sur l’Internet, n’ont été ni démenties ni confirmées par le RCD, qui a refusé de nous répondre.

Ce 21 juin 1998, attablé avec Matoub dans un bistro près de Tizi, Fodil, l’ami de toujours, reste perplexe. «Je ne l’avais jamais vu comme ça. Lui qui ne craignait jamais rien, il avait peur. Il se sentait suivi, parlait comme en langage codé, avec des phrases du genre: « Je me suis rendu compte de beaucoup de choses »»… Fodil poursuit: «Je lui ai dit: quitte le pays.» Matoub s’obstine. Un problème privé le retient aussi. Il vient de se marier. Nadia a 20 ans. «Je venais d’avoir mon bac, raconte-t-elle. Je suis allée demander un autographe à Matoub.» «Il en est tombé amoureux fou. Il se sont mariés six mois plus tard», reprend Mohamed.

Le chanteur veut faire connaître Paris à sa jeune femme. Dès décembre 1997, pour lui obtenir un visa, il se tourne vers ses copains du RCD, notamment Saïd Sadi et Norredine Aït-Hamouda. En Kabylie, c’est quelqu’un. Fils du colonel Amirouche, héros de la guerre d’indépendance, ce député dirige aussi l’une des plus grosses équipes de «patriotes», ces milices de civils armés par les autorités. Alors qu’il faut quarante-huit heures à une personnalité politique pour obtenir un visa de court séjour, les intermédiaires ne semblent guère pressés. «Lounès pensait qu’on le faisait lanterner exprès. Il en était obsédé», raconte Malika, la sœur. De son côté, Nadia renchérit: «Ils avaient mon passeport… Cette histoire nous bloquait. J’avais l’impression d’être prisonnière. Matoub appelait presque tous les jours ses copains [du RCD] pour savoir où ça en était. Il raccrochait furieux: « Demain je vais leur faire un scandale et leur bousiller leur local. » Et puis il se calmait.» Le couple s’enferme dans la peur. Et le visa n’est toujours pas là… «On n’arrêtait pas de parler de cela avec Lounès. Qu’est-ce que ça cache? Est-ce volontaire?»

25 juin 1998, embuscade près de Tizi Ouzou

Le 25 juin, Matoub veut faire plaisir aux deux sœurs de sa femme: on ira déjeuner au Concorde, le grand restaurant de Tizi Ouzou. A 10 h 30, la Mercedes noire et ses quatre passagers quittent Taourirt Moussa. Il n’y a que deux routes. Au hasard, la voiture prendra l’une à l’aller, l’autre au retour. A table, Matoub est dans un jour noir, nerveux. Tout le monde repart sitôt le repas avalé. Généralement, à cette heure-là, la circulation est plutôt chargée. Cette fois, la Mercedes ne croise qu’un ou deux tracteurs. «Quand on s’en est rendu compte, il était trop tard», se souvient Nadia, la jeune veuve. Dans un tournant, à 150 mètres du village de Talat Bounane, des coups de feu retentissent. Sur la carrosserie, on relèvera 78 impacts de balles. Matoub est touché de 7 balles, dont 2 mortelles.

La gendarmerie n’est qu’à 7 km (mais 2 km à peine à vol d’oiseau). Pourtant, les six officiers de Beni Douala arrivent largement après les faits. «En haut de la route et sous les arbres de la forêt, nous avons trouvé le repaire du groupe terroriste, aménagé pour stocker du fuel», notent-ils dans leur rapport. Les gendarmes constatent l’utilisation de voitures dans l’opération, mais aucun barrage n’est dressé. Ils ne cherchent pas à poursuivre les assassins, mais n’hésitent pas à les nommer dans leur PV: «Un groupe terroriste armé», expression habituelle désignant les islamistes. Le même jour, une radio française diffuse les propos de Norredine Aït-Hammouda: lui aussi met en cause les islamistes. En Kabylie, une foule en furie occupe les rues, assiège l’hôpital où se trouve le corps. Pour des dizaines de milliers de personnes, l’identité des assassins de Matoub-le-héros ne fait pas de doute. Ils crient: «Pouvoir assassin!» Les édifices publics sont attaqués. Saïd Sadi, président du RCD, veut prendre la parole, les huées l’en empêchent. Impuissant, il se tourne vers Malika Matoub, arrivée de France en catastrophe. Elle tire en l’air pour calmer les esprits. «Pour moi, à ce moment-là, il n’était pas question de remettre en question la version officielle.» La Kabylie vacille trois jours au bord de l’émeute. Puis se calme.

Les mystères d’une non-enquête

A Talat Bounane, lieu de l’embuscade, une poignée de villageois commence à parler. Ou plutôt à murmurer. Les mots coûtent cher en Algérie. Tous se souviennent que, trois jours avant les faits, ils avaient adressé une pétition aux autorités pour signaler «un groupe d’individus rôdant depuis plusieurs soirs vers 21 heures avec des kalash et des grenades». Ils avaient aussi remarqué des voitures visiblement en repérage et un groupe de trois civils armés menant des opérations au même endroit. Le matin même de l’assassinat, vers 11 heures, les gendarmes de Beni Douala ont fait le tour des habitations. Aux commerçants, ils demandent de fermer. A tous, ils ordonnent de ne pas sortir ou, mieux, de quitter le secteur, affirmant qu’il va y avoir des «opérations». Après le meurtre, dans la petite cache des agresseurs, les villageois trouvent tout un matériel de camping. Rien n’a été saisi. Sur l’autre voie menant à Taourirt Moussa, une embuscade avait aussi été tendue. Les deux routes étaient sous contrôle, un travail de professionnel: Matoub n’avait aucune chance. Les plus courageux des villageois décident d’aller témoigner à la Brigade. Ils ne sont pas reçus. Cinq jours après, les six gendarmes sont mutés. Et les trois hommes armés meurent dans un guet-apens.

Officiellement, on entend seulement le témoignage des trois femmes à bord. Embrouillés, sous le choc, leurs propos n’éclaircissent pas vraiment le déroulement de l’embuscade. Mais toutes trois ont une certitude, celle d’avoir distinctement entendu les tueurs lancer: «Allah o’Akbar», la «signature» des islamistes. Mais ce cri leur semble manquer de spontanéité. «Avant de s’enfuir, l’un d’eux s’est retourné et de loin, comme s’il avait oublié, il a crié « Allah o’ Akbar »», précise aujourd’hui Farida, une sœur de Nadia. C’était comme un mot de passe, lancé pour qu’on le répète.» A l’hôpital où Nadia reste plus d’un mois, la police lui présente un procès-verbal de ses déclarations accusant les GIA. «Je n’ai jamais dit cela mais j’ai signé. J’avais peur, je me méfiais même des infirmiers.»

A Taourirt-Moussa, la Mercedes 310 noire n’est pas mise sous séquestre mais rendue à la famille. La police n’a pas pris la peine de ramasser les douilles, du 9 mm, du 7,62 et du 39, qui jonchent encore l’intérieur. Des morceaux de cerveau maculent le cuir du siège, côté conducteur. Malika Matoub s’interroge: les deux balles mortelles ont été tirées à bout touchant. Elle réclame des expertises mais se heurte à un mur. «C’est là que j’ai commencé à douter.»

Ses avocats approchent les magistrats de Tizi Ouzou en charge du dossier, pour déposer une constitution de partie civile. Les juges les évitent. Mille chicaneries de procédure se dressent. Parallèlement, un émissaire du pouvoir prend contact avec Malika pour lui proposer «réparation». Une indemnisation au titre des «victimes du terrorisme» lui sera accordée dans les plus brefs délais si elle en fait la demande. Une sorte de marché tacite: à elle l’argent, aux autres le classement d’une histoire trop dérangeante. Malika refuse.

En octobre 1998, quatre mois après le meurtre, Nadia et ses deux sœurs sont entendues par le juge d’instruction pour la seule et unique fois. Ouarda affirme être sûre de pouvoir reconnaître au moins deux des agresseurs. «Le juge a fait comme si elle n’avait rien dit», se souvient Nadia. Installée en France, elle n’est jamais retournée en Kabylie.

Un nouveau «coupable» disparaît

Il y a quelques semaines, une nouvelle arrestation a eu lieu en Kabylie: celle d’Abdelhakim Chenoui, un repenti qui s’était rendu. Après un mois au commissariat, il pousse la porte de la maison familiale à Tizi Ouzou. Sale, amaigri, il a visiblement été torturé. «Abdelhakim est l’un des assassins de Matoub Lounès», glisse l’un des cinq civils de l’escorte. Parmi eux, se trouve Norredine Aït-Hammouda. «C’est grâce à moi que vous pouvez voir votre fils», assure-t-il tandis que le jeune homme est à nouveau embarqué. Depuis, la famille est sans nouvelles. Elle a essayé de faire passer un communiqué dans la presse pour retrouver sa trace. Seuls, deux journaux ont accepté. Le lendemain, l’un d’eux mettait la publication sur le compte d’une erreur. Le frère d’Abdelhakim a tenté en vain de déposer plainte pour enlèvement. «C’est une affaire plus politique que pénale», a juste expliqué un magistrat. Contacté à l’Assemblée nationale algérienne le 17 janvier, Norredine Aït-Hamouda a catégoriquement refusé de nous répondre. Il fait confiance, dit-il, «à la justice de son pays».

Par FLORENCE AUBENAS ET JOSÉ GARÇON , Libération, Le mercredi 26 janvier 2000.

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procès de gafsa en Tunisie

Posté par algeriedemocratie le 23 décembre 2008

Procès de Gafsa : La volonté de mater, une mise en danger de la Tunisie

Le Tribunal de première instance de Gafsa a prononcé un verdict d’une extrême sévérité.

Une présence policière étouffante

Le cadre dans lequel ces condamnations sont intervenues est marqué par l’exhibition d’un important appareil policier. Dès les premières heures de la matinée, un dispositif procédait au maillage des principaux axes routiers du pays, y compris ceux de la ville de Tunis, autorisant des personnes à assister au procès et à continuer leur route et empêchant d’autres et les obligeant à rebrousser chemin. Un dispositif encore plus dense barrait l’entrée même du tribunal.

A la reprise du procès, durant la nuit, lors de l’annonce des condamnations, trois cordons imposants de policiers ont été mis en place dans la salle d’audience : un premier entre les jurés et les accusés, un second entre les accusés et leurs avocats, un troisième entre les avocats et le public.

De la police, il fut grand cas au procès : tous les avocats ont dénoncé la torture systématique subie par leurs clients durant leur détention. Tout ce quadrillage, toute cette mise en scène pour juger qui ? Coupables de quoi ?

Les accusés sont des jeunes en majorité, mais bien encadrés par d’autres, plus âgés. Ces derniers sont des pères de famille, des responsables syndicaux, n’ayant jamais cessé d’user de moyens pacifiques pour exprimer la colère légitime, le désespoir de leurs populations, recherchant le dialogue avec les autorités.

Ce qu’ils semblent avoir tous en commun, c’est du courage et de la dignité. Dans un Etat de droit, leurs dirigeants sont les négociateurs les plus prisés, car ils ont les qualités d’être à la fois représentatifs, ouverts au dialogue et y appelant même, capables de contracter de vrais compromis et de les défendre auprès des intéressés.

Le cycle infernal répression-résistance

Au lieu de cela, les voilà condamnés à dix ans pour «participation à une entente criminelle en vue de commettre des attentats contre les personnes et les biens, rébellion armée commise par plus de dix personnes et troubles à l’ordre public» !

Comme on pouvait s’y attendre, le lendemain même, de nouvelles manifestations de colère en réaction au verdict. Et de nouvelles arrestations. Et le cycle de la répression-résistance-répression de se poursuivre ; ce cycle dans lequel la région est plongée depuis maintenant presque un an. Et dont on voit, non pas la fin, mais l’amplification et l’extension.

Par-delà les dures souffrances endurées par les condamnés et leurs familles, la compassion que chacun d’entre nous peut ressentir à leur égard et l’expression réitérée de notre solidarité, on ne peut qu’être préoccupé par la manière dont ce conflit est géré par le pouvoir.

En effet, depuis que la Tunisie a accédé à son indépendance, les autorités de ce pays savent qu’on ne traite les problèmes sociaux ni par le mépris, ni par le bâton. Lorsqu’elles ont ignoré cette règle, elles ont ouvert la boîte de Pandore, livré le pays aux plus grandes (més)aventures et fini par en payer le prix.

Le pouvoir actuel est fort de ces leçons: même durant les années de plomb du milieu des années quatre-vingt-dix, au cours desquelles les libertés fondamentales étaient durement réprimées et la torture dénoncée par les organisations nationales et internationales comme un instrument de pouvoir ayant conduit à des dizaines de morts en détention, les mouvements sociaux de mécontentement, ont bénéficié de son écoute. Les Gouverneurs se rendaient sur les lieux, dialoguaient avec les acteurs et recherchaient, avec eux, les solutions. Les crises sociales locales étaient assez vite circonscrites et de réels compromis trouvés.

Une politique répressive incompréhensible

La crise du bassin minier fait, de ce point de vue, exception. Elle n’a fait qu’enfler, prendre une dimension nationale, puis maintenant internationale. Elle a eu ses morts et ses blessés, ses prisonniers et ses victimes par dizaines; elle a donné lieu à l’intervention de l’armée. Et onze mois après son déclenchement, elle n’est pas close, loin s’en faut. Elle interpelle tous les observateurs et tous les Tunisiens, parce qu’elle est symptomatique d’une incapacité inédite du pouvoir à la juguler et même à créer les voies et les moyens d’un véritable dialogue. Et elle nous interpelle d’autant plus que le détonateur de cette crise (l’irrégularité des opérations de recrutement à la CPG) a fini par être dénoncé au sommet de l’Etat de manière publique et que les problèmes de fond (le chômage massif des jeunes et l’enclavement de la région) ont commencé à recevoir un traitement, certes encore partiel et incomplet, mais qu’il serait injuste de balayer d’un revers de main.

Alors pourquoi cet acharnement ? Pourquoi cette volonté de mater ?

Il urge que nos pouvoirs publics se réapproprient la leçon tirée de l’histoire passée : les mouvements sociaux de ce pays ne peuvent pas être traités à la trique. A l’exhibition et à l’usage de la force pure, il est de leur intérêt de substituer la force du dialogue. La sauvegarde de notre pays en dépend. La leur aussi.

Mahmoud Ben Romdhane – Attariq Aljadid – 19 Décembre 2009

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said sadi prone le dialogue avec le pouvoir

Posté par algeriedemocratie le 23 décembre 2008

Algérie : le président du RCD change de stratégie

Saïd SadiSaïd Sadi, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition) se dit prêt à un dialogue «constructif» avec le pouvoir.

«Saïd Sadi prône le dialogue avec le pouvoir», titre à la Une le quotidien algérien, « La Nouvelle République », paru vendredi 9 février 2007. À l’instar des autres journaux, la publication s’est fait l’écho des propos tenus par le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RDC), à l’issue de la clôture des travaux du troisième congrès de ce parti, actuellement dans l’opposition.
Après sa reconduction à la tête du RCD, Saïd Sadi, connu pour ses critiques au vitriol contre l’establishment algérien, a changé le fusil d’épaule et a appelé au dialogue et au consensus. «Nouvelle stratégie politique au RCD», écrit « El Watan » qui estime que «le RCD semble vouloir adopter une nouvelle stratégie politique : la rupture avec le radicalisme d’antan en appelant à un dialogue pluriel».
«Dans notre pays, en dépit des apparences, il y a moins de divergences sur le contenu que sur le rythme et la manière. L’opposition a pu être impatiente. Le pouvoir a sans doute été trop lent. Seul un débat sérieux, sincère et responsable peut aider la nation à trouver la juste voie. C’est l’un des messages de ce congrès», a expliqué Saïd Sadi, selon « La Nouvelle République ».
«Mais un dialogue avec qui ?», s’interroge pour sa part « El Watan » qui écarte toutefois l’idée que le président du RCD accepterait de participer à un gouvernement. «Pour les observateurs de la scène (algérienne), le discours « assagi » de Saïd Sadi n’aurait pas pour objectif d’inviter le pouvoir à la conclusion « d’un armistice »», souligne le journal. «La manière avec laquelle il (Saïd Sadi) a critiqué le régime actuel plaide pour cette lecture», renchérit « El Watan ».
Saïd Sadi a d’ailleurs lancé en direction des militants de son parti dans son discours de clôture que «le pouvoir doit assumer la responsabilité de son bilan». «On ne peut pas revendiquer en 2007 le pouvoir absolu et refuser d’assumer la moindre responsabilité du bilan de sa propre gestion», a-t-il tranché catégorique.
Le chef du RCD fait remarquer également que «quand un ministre est mauvais, on ne le donne pas en pâture, à travers la télévision, tout en le maintenant dans son staff gouvernemental». Dans la même foulée, il a critiqué la charte algérienne pour la paix et la réconciliation : «quand on veut rétablir la paix, on ne pénalise pas la vérité et la justice». El Watan estime, toutefois, que «la démarche prônée ainsi par le RCD se base beaucoup plus sur la participation partisane». Le parti de Saïd Sadi serait-il prêt à tisser des alliances avec des partis de majorité à l’instar de la coalition FFS-FLN ? Probable surtout que M. Sadi a expliqué que son invitation «est ouverte à tous les partis politiques, y compris les islamistes qui croient en l’Etat de droit et les principes de la Constitution».

Le 12-2-2007
Par : Rachid Abbar

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hend sadi gagne son procés contre salem chaker

Posté par algeriedemocratie le 23 décembre 2008

Hend Sadi, universitaire algérien, a gagné, début mars, le procès en diffamation qu’il a intenté à Paris, à l’encontre de Salem Chaker, algérien aussi, enseignant à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco) de Paris.
L’affaire remonte au 15 février 2005, date à laquelle le quotidien Le Monde publiait un article de Catherine Simon intitulé «L’enseignement du berbère en France est aussi une affaire politique» et qui évoquait la décision prise par le gouvernement français de désigner Hend Sadi «responsable, coordinateur des enseignements et épreuves du berbère », auprès de la Direction des enseignements scolaires. S’indignant de cette nomination, dont il pensait qu’elle devait lui revenir de fait, Salem Chaker déclarait à la journaliste du Monde que «non seulement cet imprévu rival ne peut se prévaloir que d’une agrégation de mathématiques, mais il est officiellement lié à un parti politique proche des cercles dirigeants algériens». Et d’insister en ne reconnaissant au professeur Hend Sadi aucune compétence : «La principale qualité de Hend Sadi est d’être le frère de Saïd Sadi», président du RCD. Et pour ceux qui, éventuellement, ne connaîtraient pas cette formation politique, il enfonce le clou en affirmant qu’il s’agit d’un parti «à recrutement kabyle, très proche du pouvoir algérien, notamment de certains généraux». Et le professeur de l’Inalgo de conclure encore : «La recommandation d’Alger a valeur de diplôme». Ce sont ces propos qui ont amené Hend Sadi à déposer une plainte en diffamation auprès de la Chambre de la presse du tribunal correctionnel de Paris et qui a abouti, le 2 mars dernier, à la condamnation de Salem Chaker, reconnu coupable de délit de complicité de diffamation publique envers un fonctionnaire. Le professeur Salem Chaker a été condamné à verser à Hend Sadi un euro symbolique de dommages et intérêts au titre de la réparation, 2000 euros pour les frais de justice ; le paiement de l’insertion de la condamnation sur deux journaux ou bulletins, au choix de Hend Sadi, dans la limite de 3500 euros par insertion, et enfin, une amende de 1500 euros, avec sursis, et qui, en cas de récidive, ne pourra se confondre avec d’autres amendes. Pour rappel, et contrairement aux affirmations de Salem Chaker, au moment et même quelques mois avant sa désignation à la tête de la Coordination des enseignements et épreuves du berbère, Hend Sadi avait démissionné de sa fonction de président du RCD France. La désignation de Hend Sadi à la tête de la mission de coordination du berbère a été suivie ici en France d’une véritable campagne médiatique de dénigrement menée par Salem Chaker et tendant à disqualifier Hend Sadi, pour le motif, ce qui est un comble, qu’il «est le frère de Saïd Sadi». De plus, avancer des contrevérités selon lesquelles le RCD est «très proche du pouvoir, notamment de certains généraux » cadrait naturellement avec le discours ambiant produit ici et pouvait porter, en jetant la suspicion sur le dossier de l’enseignement du berbère, ont sûrement pensé les initiateurs de la campagne de dénigrement. Et ce fut malheureusement le cas, dans la mesure où les autorités françaises ont supprimé la mission de coordination des enseignements et épreuves du berbère pour ne pas s’encombrer de problèmes ne constituant sûrement pas leur priorité. Il faut également souligner que contrairement aux allégations ayant circulé au moment de la campagne, c’est Hend Sadi lui-même, membre de l’éducation nationale depuis plus de trente ans, qui a été à l’initiative de la création de cette mission en proposant un projet tendant à la mise en place d’une préparation pour les épreuves du berbère au baccalauréat et de stages pour les enseignants, le tout, en étroite collaboration avec «tous les berbérisants, y compris naturellement ceux de l’Inalgo» dont Chaker et le président de cette institution qui s’étaient élevés contre cette mission. Ils voyaient en elle une concurrente et une menace sur le monopole qu’ils exercent sur le berbère. C’est malheureusement cette langue qui est aujourd’hui, avec la suppression de la mission, victime de cette polémique. C’est ce qui explique, d’ailleurs, le sens de la démarche de centaines d’intellectuels (dont, Nourredine Saadi, Nabil Fares, Akli Mellouli, Cherif Benbouriche, Yves Lacoste, et des centaines d’autres et des associations d’élèves et de travailleurs qui ont signé une pétition en direction des autorités françaises et dans laquelle ils demandent le maintien de cette mission à l’éducation nationale. On y lit, entre autres : «Accusée en première page des journaux et sur les sites Internet d’avoir fait place au berbère sur ordre d’Alger, l’Education nationale n’apporte aucun démenti et ne réagit pas. Bien placé pour apprécier le caractère délirant d’une telle accusation, le ministère pour toute réponse décide de supprimer l’objet de la polémique, il ne s’agit que de Berbères. Comme si ce dossier ne concernait ni des citoyens français, ni l’Education nationale. On chercherait à donner raison à ceux qui parlent de gestion indigène de l’immigration que l’on ne s’y prendrait pas autrement.» Et les signataires de qualifier la décision de suspension de «honteuse» au moment où les autorités créent une autorité contre les discriminations. Partant de ces remarques, ils demandent à ces mêmes autorités le maintien de cette mission. Il est à espérer qu’ils soient entendus par les autorités françaises qui sont allées vite en besogne en annulant cette mission tant espérée ici et depuis tant d’années.
K. B.-A.

le soir d’algerie

le 26 mars 2006

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