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un détenu de guantanamo extradé vers l’algérie

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

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scandale sexuel au fmi

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

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PETITE BIO DE AIT MENGUELLET

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

Lounis Aït Menguellet

Lounis Aït Menguellet (Lewnis At Mangellat) (né le 17 janvier 1950 à Ighil Bouammas en haute Kabylie) est un chanteur et guitariste algérien kabyle contemporain.

 

Davantage poète que chanteur, il demeure probablement l’un des artistes les plus populaires et les plus attachants de la chanson kabyle contemporaine, un poète qui est devenu le symbole de la revendication identitaire kabyle. À propos des évènements qui ont secoué la Kabylie ces dernières années, il dit que, égale à elle-même, la région est un bastion de la contestation et qu’elle a toujours été à l’avant-garde des luttes. « Je parle de la Kabylie à ma façon, afin d’apporter quelque chose pour que les choses évoluent », avant de s’empresser d’ajouter qu’il ne fait jamais de politique. Il a écrit quelque 150 chansons et fait l’unanimité parmi toutes les générations kabyles.


 Biographie

Le prénom Lounis lui a été transmis par sa grand mère, parce qu’elle l’aurait entendu en rêve quelque temps avant le 17 janvier, date de sa naissance. Son oncle paternel, émigré en Oranie, lui choisira un autre prénom, celui d’un de ses meilleurs amis: Abd Ennebi, prénom qui restera ignoré de tous, y compris de Lounès lui même jusqu’au moment où, à Alger, on exigera les papiers du jeune écolier. Il passa les premières années de son enfance dans son village natal avant de déménager à Alger chez ses frères Smaïl et Ahmed. Il fréquente l’école primaire puis le collège Technique du Champ de Manœuvres où il reçoit une formation d’ébéniste. Lounis n’aime pas les études, puisque, dit-il, on peut tout trouver dans les livres.

La carrière de Lounis Aït Menguellet peut être scindée en deux parties selon les thèmes traités : la première, plus sentimentale de ses débuts, où les chansons sont plus courtes et la seconde, plus politique et philosophique, caractérisée par des chansons plus longues et qui demandent une interprétation et une lecture plus approfondie des textes. Ahkim ur nsaa ara ahkim (Pouvoir sans contre-pouvoir), Idul sanga anruhNekni swarach n ldzayer (Nous, les enfants d’Algérie) : Aït Menguellet choisit délibérément dans ses concerts récents de chanter ces poèmes, plus longs et plus composés, comme une invitation lancée à son public à une réflexion et à une découverte. 

En présentant son nouvel album à la presse, le 16 janvier 2005, à la veille de sa sortie le jour de son cinquante-cinquième anniversaire, à la Maison de la Culture de Tizi Ouzou, Lounis a fait remarquer que « l’artiste ne fait qu’attirer l’attention des gens sur leur vécu et interpeler leur conscience. C’est déjà une mission et je ne me crois pas capable d’apporter les solutions aux problèmes ». Aigri par la situation sociale et politique de son pays déchiré, Lounis puise de moins en moins dans son répertoire de chansons sentimentales qui ont caractérisé ses débuts.


Une enfance marquée par la guerre d’indépendance

Il a vécu une enfance difficile, partagé entre sa région natale et Alger où il s’installera un temps chez ses frères Smail et Ahmed. Ses parents exerçaient une activité de commerçants. « Ma famille avait pour tradition le commerce. On avait une sorte de ferme et des magasins dans l’Oranais, à Rahouia. Les hommes y allaient à tour de rôle pour faire marcher les commerces. Les femmes et les enfants restaient en Kabylie ». Il aura à peine le temps de commencer ses études primaires à l’école de son village : « J’y suis allé pendant une année, avant que l’école ne soit détruite, brulée par les Moudjahiddines ».

La suite ? « Elle a été un peu compliquée. J’ai tenté de reprendre les études au village, et j’ai fait quelques années encore avant l’indépendance. Puis, après 1962, je suis parti avec mes frères sur Alger où j’ai repris le cursus primaire dans une école aux Champs de Manœuvres, et de là, j’ai atterri au collège d’enseignement technique dans lequel je suis resté trois ans ».

Au cours de la dernière année, Lounis doit tout abandonner après la mort, dans un accident de la circulation, de son grand frère, jeune commissaire de police à Alger, qui l’avait à sa charge et s’occupait de lui depuis le départ du père à Oran.

Pendant ses études – il suit une formation d’ébéniste dans un collège technique – il s’éprend de littérature, grâce à un professeur particulièrement pédagogue, et commence à écrire des poèmes, qu’il chante dans la plus pure tradition orale de la poésie berbère.

Obligé de travailler pour vivre, Lounis trouve un emploi de secrétaire subdivisionnaire au ministère des Travaux publics. Mais, parallèlement, il commence à se lancer dans la chanson, sans penser encore à devenir chanteur.


Les débuts dans la chanson

Ses débuts dans la chanson remontent, à l’année 1968. Il avait à peine dix-huit ans lorsqu’il crée avec quelques copains le groupe Imazighen. « On était des débutants, on a beaucoup bourlingué, fait des galas, des fêtes un peu partout en Kabylie. Je me rappelle bien de ce gala qu’on avait fait à la salle des fêtes de Tassaft. Elle était archicomble, et j’en garde un très bon souvenir. C’était notre premier gala réussi, ça nous a vraiment galvanisés ». Des pères blancs avaient mis à leur disposition une pièce pour que le groupe puisse répéter. Et au 1er étage, Mouloud Mammeri dispensait des cours de langue amazighe ; Lounis apprendra l’alphabet tifinagh grâce à l’écrivain.

Un an plus tôt, en 1967, son cousin Ouahab l’avait pris presque de force pour l’emmener subir l’incontournable et très redouté passage à l’émission Nouva Ihafadhen de la Radio kabyle que Cherif Kheddam, une grande figure de la modernisation de la chanson kabyle, consacre à la découverte des « chanteurs de demain ». Il y chante sa première chanson, composée en 1966, à l’âge de seize ans, à la suite de sa première (et dernière, avouera-t-il plus tard) déception amoureusee, Ma trud ula d nek kter (Si tu pleures, moi je pleure encore plus). Celui qui avait l’habitude de chanter entre copains sous le clair de lune d’Ighil Bouammas, son village natal, devient, en quelques mois, cette idole qui bouleverse les cœurs. Sa carrière est lancée.

Ce cousin s’occupait du groupe, et jouait un peu le rôle de manager. « C’est lui qui m’avait vraiment poussé à y aller. Dans le temps, il était au groupe comme un manager, il nous débrouillait des galas, le transport. Il était très actif avec nous jusqu’en 1970. Puis, je suis rentré au village, les autres se sont dispersés, et le groupe a fini par disparaître. Mine de rien l’expérience a quand même duré près de trois ans ».

De retour chez lui à Ighil Bouammas, Lounis est recruté comme secrétaire à la Kasma de la région, et il se marie. Mais il doit quitter son travail, après seulement quelques mois d’exercice, pour partir sous les drapeaux. Sa première fille – il aura au total six enfants – vient au monde alors qu’il accomplissait son instruction à Blida, avant d’aller faire ses dix-huit mois à Constantine.

C’est également pendant cette période que Lounis prendra son véritable départ dans la chanson. Toujours grâce à son cousin Ouahab, qui avait pris contact avec un éditeur, Yahia L’hadi (qui était aussi un célèbre chanteur arabe oranais), il enregistre en 1969 à Oran quatre chansons; dont la toute première, Ma trud ula d nek kter, pour ses deux premiers 45 tours, sortis en même temps.

Avec l’aide d’un de ses amis, Kamel Hamadi, il surmonte les obstacles imposés par la vie militaire pour continuer à enregistrer : « Kamel m’avait, en fait, beaucoup aidé à foncer. Je venais en permission le weekend, et il me réservait à l’avance le studio de Mahbou Bati à Alger pour enregistrer. À l’époque, c’était des 45 tours. Je laissais alors la bande à Kamel pour chercher un éditeur, s’en occuper, et moi je reprenais le train pour Constantine le dimanche en soirée ».

C’est ainsi qu’il ne se rendra compte du succès remporté par son second tube A Louiza, qui avec Ma selber « Je n’en savais absolument rien. Moi j’étais loin, à Constantine enfermé dans une caserne… ».


Les années d’or

Aït Menguellet était sans doute loin d’imaginer qu’il venait d’entamer une longue carrière, et que, par la suite, cette période des débuts serait qualifiée « d’années d’or », titre donné en 1987 à la réédition de ses premières chansons. À ce sujet, il précise avec modestie : « Ce titre je n’ai jamais eu la prétention de le proposer. C’est l’éditeur qui s’en est servi sans même m’aviser. Je n’aurais jamais osé. Je l’ai découvert comme tout le monde sur les jaquettes des cassettes rééditées. Alors s’il est mauvais je ne suis pas responsable, et si les gens ont trouvé qu’il convient, je n’ai aucun mérite non plus ».

Dès le départ, il se situe en rupture avec les orchestrations luxuriantes (et souvent inutiles à son avis) de la musique « berbère » de cette époque. Son langage est à la fois poétique et revendicatif. Il est devenu un symbole de la musique amazighe, à tel point qu’on l’a souvent qualifié de Georges Brassens kabyle.

Dans les années soixante-dix, il s’installe quelque temps en France, où il s’impose comme l’une des grandes figures de la chanson kabyle dans l’émigration. Il passe une première fois à l’Olympia en 1978, fait le plein au Zénith de Paris en 1985, et remplit toujours les stades de Tizi Ouzou, de Béjaïa et la salle Atlas à Alger. À partir de cette période, il commence à devenir le symbole de la revendication identitaire berbère qu’il exprimera de façon éclatante une décennie plus tard, lorsqu’il délaissera les chansons sentimentales de ses débuts pour adopter un style plus philosophique, plus politique, qui ira en s’affirmant avec des chansons fondatrices comme Agu (le Brouillard), Tibratin (Missives) et surtout Idaq wul (le Cœur oppressé).

Les gens se reconnaissent dans le malaise social dépeint par Aït Menguellet. Ses textes contiennent cette dose de subversion nécessaire à la prise de conscience d’un peuple qui revendique son identité. Lounis Aït Menguellet dérange. Le 25 octobre 1985, il est condamné à trois ans de prison ferme pour « détention illégale d’armes de chasse et de guerre ». Il est mis en isolement durant trois mois. Malgré les aléas de la conjoncture et de l’ingratitude humaine, il reste le plus populaire des chanteurs kabyles. Et surtout le plus dense et le plus profond. Parce qu’il a su garder sans doute un parfait équilibre entre l’inspiration et la technique et qu’il constitue un moment fort de la chanson kabyle moderne et de la chanson algérienne contemporaine.


Le sage a dit

Après près de quarante ans de carrière, plus de 200 chansons produites (il affirme être incapable lui-même d’en donner le nombre exact) et une notoriété bien établie, Lounis Aït Menguellet est toujours resté « ce campagnard fier », « ce montagnard au fort caractère », essayant de couler des jours paisibles dans son village d’Ighil Bouammas près de Tizi Ouzou. « La vie au village n’est pas aussi ennuyeuse qu’on le pense. Le village où l’on est né présente des attraits que d’autres personnes ne peuvent pas voir. Le fait de me réveiller le matin et de voir la même montagne depuis que je suis né m’apporte toujours quelque chose. »

Victime d’un lynchage en 2001, lié à la situation difficile que connait l’Algérie depuis le début des années 1990, il écrit deux ans plus tard Nedjayawen amkan (On vous a laissé la place), qui est censée être une chanson-réponse à cet évènement dont il refuse de parler.

En 2005, il sort un nouvel album Yennad Umghar (Le sage a dit), et fait remarquer que la sagesse qu’il chante dans ses chansons est puisée chez les petites gens qu’il côtoie. Le titre le plus long de l’album – il dure 8′ 22″ - Assendu n waman (Les brasseurs de vent) dénonce à la fois les manipulateurs d’opinion qui ont un rang officiel, mais également, toutes les voix officieuses, partisanes, généralement adeptes de la politique politicienne. Lounis constate que les brasseurs de vent « viennent, promettent. Et reviennent, oublient. Et disent, c’est ainsi que se font les choses ». Nul acteur politique n’est épargné, et c’est justement ce que certains reprochent à Aït Menguellet : son manque d’engagement. Il rétorque qu’il n’est pas chanteur engagé par vocation. Lui, il est humaniste, rebelle, observateur et porte-voix des petites gens, des humbles, de toutes ces voix écrasées par toutes sortes d’hégémonies, que l’on ne laisse jamais s’exprimer.


Un poète à la voix envoûtante

Ni philosophe, ni penseur, tout juste poète (« on me le dit si souvent que je commence à y croire »), Lounis s’interdit, dans ses chansons, de donner des leçons. « Je ne fais que de l’observation. Elle peut être juste ou fausse. Mes mots ne sont pas des vérités générales. Mais, quand je les dis, ça me fait du bien ». Avec des mots simples, il raconte la vie des gens simples qu’il cotoie, et sait transmettre une émotion qui touche un public de plus en plus nombreux, qui se presse à ses concerts. Et, avec modestie, il ajoute : « Je suis un homme ordinaire, plus ordinaire que les ordinaires ».

La voix envoûtante et profonde de Lounis Aït Menguellet porte un chant qui vient du fond des âges ; c’est celle des troubadours du Moyen Âge, celle des musiciens traditionnels de tous les peuples qui ont su préserver leur âme. Par sa seule magie, cette voix chaude transporte ceux qui l’écoutent au cœur de la Kabylie. Troubadour, chanteur-compositeur, Aït Menguellet perpétue cette tradition orale des montagnes kabyles qu’a si bien mise en évidence avant lui le grand poète Si Mohand, décédé en 1906, et qu’a chantée Taos Amrouche, sœur du poète Jean Amrouche, décédée en exil, en Tunisie.



Le chantre de la chanson kabyle

Lounis Aït Menguellet part sans cesse à la source pour puiser « une prose littéraire orale, cette prose amazigh traditionnelle dans ses différentes formes d’expression autour desquelles a évolué la mémoire collective de la société », fait remarquer Mohammed Djellaoui, auteur d’un essai sur la poésie d’Aït Menguellet, et il ajoute que le poète « met la légende et la vertu au service d’une cause ».

Cette cause, c’est celle de la culture berbère. Longtemps marginalisée, réduite à un genre mineur, la chanson kabyle, grâce à Lounis Aït Menguellet, a renoué avec le fonds traditionnel berbère qu’a chanté avant lui Slimane Azem, interdit d’antenne dans son pays durant plus de vingt-cinq ans. L’auteur de « Asefru » a su créer des formes et des structures propres à sa poésie en jouant sur l’ambiguïté de sens des mots qu’il utilise, permettant une interprétation pluridimensionnelle de la part de ses auditeurs.

En avril 1980, lorsque le wali de Tizi Ouzou décida d’interdire une conférence de l’anthropologue Mouloud Mammeri sur « La poésie ancienne des Kabyles », la population de la ville, puis des régions avoisinantes, sans parler d’Alger, où les Kabyles sont très nombreux, se souleva, à l’appel des étudiants, pour défendre, à travers les poètes anciens, la langue des ancêtres. L’un de ses défenseurs les plus ardents fut Aït Menguellet :

Reconnais ce qui est tien
Prends garde de ne jamais l’oublier!…
Langue kabyle
Celui qui t’aime
Te sacrifie sa vie
Il te vénère
Et pour toi garde la tête haute
C’est grâce à tes fils
Que l’Algérie est debout.

« Pourquoi cette véhémence ? » se demande l’écrivain Kateb Yacine dans la préface qu’il écrivit en 1989 pour le livre de Tassadit Yacine « Aït Menguellet chante », et il répond : « C’est que tamazight, notre langue nationale, depuis des millénaires, est à peine tolérée, pour ne pas dire proscrite, dans l’Algérie indépendante ! ». La puissance des chansons de Lounis réside dans la qualité de ses textes, la force du verbe : « La paix demande la parole : je suis contrainte de t’abandonner, pays pour qui j’ai l’âme en peine / Ils m’aiment en me comparant à une perdrix / Belle quand je leur sers de festin… », dit l’un de ses textes. Ou cet autre, qui clame : « Nous avons chanté les étoiles, elles sont hors de notre portée / Nous avons chanté la liberté, elle s’avère aussi loin que les étoiles ».

Conscient du rôle essentiel joué par la chanson pour le maintien et la sauvegarde de la langue kabyle, Lounis Aït Menguellet effectue, au travers de ses chansons – dans lesquelles le texte et la langue tiennent une place primordiale – un véritable travail de mémoire pour sa langue maternelle. La défense de sa langue est l’une de ses raisons de vivre : « La chanson a toujours porté à bout de bras l’âme kabyle, l’essence algérienne. Il y a plein de Kabyles qui ont appris leur langue grâce à la chanson ». Les mots du kabyle lui parlent et il continue à en découvrir : « La langue, c’est la mère, la terre ».

Chanteur à textes, Lounis Aït Menguellet n’en a pas moins introduit une recherche musicale plus élaborée dans ses chansons depuis que son fils Djaâffar, musicien lui-même, fait partie de son orchestre, qui ne dépasse pas quatre membres (deux percussionnistes, un guitariste et son fils qui joue au synthétiseur et à la flûte).

À propos de la chanson kabyle, Lounis Aït Menguellet considère qu’elle se porte plutôt bien, dans la mesure où il y a toujours de jeunes artistes qui émergent. « Il y a d’un côté, la chanson rythmée que demandent les jeunes, mais il y a aussi le texte qui reste une chose fondamentale dans la chanson kabyle», souligne le poète pour qui la chanson engagée est avant tout une liberté d’expression.

De nombreux ouvrages et études ont été consacrés à son œuvre en tamazight, en arabe et en français.


Hommage de Kateb Yacine

Dans un texte à propos de la défense de la langue kabyle, le grand écrivain algérien Kateb Yacine, décédé en 1989, rend hommage à Lounis Aït Menguellet :

« (…) Et comme l’ignorance engendre le mépris, beaucoup d’Algériens qui se croient Arabes – comme certains s’étaient crus Français – renient leurs origines au point que le plus grand poète leur devient étranger :

J’ai rêvé que j’étais dans mon pays
Au réveil, je me trouvais en exil
Nous, les enfants de l’Algérie
Aucun coup ne nous est épargné
Nos terres sont devenues prisons
On ferme sur nous les portes
Quand nous appelons
Ils disent, s’ils répondent,
Puisque nous sommes là, taisez-vous !


La discographie de Lounis Aït Menguellet comporte au total, plus de 200 chansons.

  • 1967-1974 : Période des 45 Tours, environ 70 titres.
  • ( 1975 ) : Thalt iyam – Thaghzalt 33 tours voix du globe édition brahim ounasser
  • 1976 : Anidha thedjam ammi (Luzine akham) (ou Anida n-tejjam mmi (Luzin s axxam))
  • 1976 : Live à l’Olympia
  • 1977 : Amdjahed (Ali d Ouali) (ou Amjahed)
  • 1978 : Aaathar (ou Aâettar)
  • 1979 : Ayagou (ou Ay agu) premier album avec les moustaches
  • 1981 : Almusiw (ou A lmus-iw (Askuti))
  • 1982 : Amachahu
  • 1983 : Ammi (ou A mmi)
  • 1984 : Akbaili – Egget-iyi
  • 1986 : Asefru
  • 1988 : « Les années d’or » 48 titres, reprises en 6 K7 des 45 tours des débuts
  • 1989 : Achimi (ou Acimi)
  • 1990 : Avrid n temzi (ou Abrid n temzi (tirga n temzi))
  • 1992 : Akw nikhdaa Rebbi (ou A ken-ixdeâ Rebbi)
  • 1994 : Awal
  • 1995 : Iminig egguid (ou Iminig n yid)
  • 1997 : Siwliyid thamac (ou Siwel-iyi-d tamacahutt)
  • 1999 : Inagan
  • 2002 : Inasen (ou In-asen)
  • 2005 : Yennad Umghar (ou Yenna-d wemghar)

CETTE PETITE BIO EST REPRISE DU SITE (qui merite d’etre vu) http://musique.arabe.over-blog.com

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AM8

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

Tout son répertoire en langue arabe
10 Avril 2008

Bonne nouvelle pour les fans d’expression arabe de Lounis Aït Menguellet. L’artiste a procédé à la traduction en langue arabe de tout son répertoire. Il publiera dans quelques semaines un livre, dans la langue du Coran, comprenant toutes ses chansons.
C’est l’intéressé lui-même qui a dévoilé cette information lors de son passage dans la rubrique «A coeur ouvert avec L’Expression». L’artiste fait savoir que son livre, de 400 pages, sera accessible à tous les fans. Il sera cédé à un prix très abordable. «Il ne dépassera pas les 500DA», a-t-il dit.
La traduction a été faite par M.Belkacem Saâdoune, un ancien inspecteur d’académie. «J’ai bien vérifié les traductions. Je trouve que mon message passe comme en langue kabyle», ajoute-t-il. Et de revenir sur l’idée en elle-même. «C’est un vieux projet. Il y avait déjà des traductions qui ont été faites, dans ce sens, par d’autres traducteurs. Mes quelques chansons qui ont été traduites ne sont pas destinées à la vente. Elles n’ont pas été commercialisées. Ce qui n’est pas le cas de ce livre. Il est destiné spécialement à tout le public d’expression arabe», précise-t-il. Cette énième oeuvre permettra à un large public de découvrir la poésie de Lounis Aït Menguellet.
Nombreux sont les mélomanes qui souhaitent écouter un jour Lounis chanter en arabe. Il ne le fait pas directement, mais il s’offre la possibilité de faire découvrir son patrimoine artistique.
D’autant plus que les chansons de Lounis Aït Menguellet ont atteint l’universalité. Cela, en dépit du handicap de la langue.

Tahar FATTANI

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AM 7

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

La simplicité faite homme
10 Avril 2008 Aït Menguellet et Fattani

Il raconte avec naturel les bribes d’une vie taillée dan le socle granitique du Djurdjura.

Trois heures de discussions à bâtons rompus avec Lounis Aït Menguellet ne laissent jamais indifférent. Des moments qui stimulent des questionnements, le sens, le poids des choses et les avatars de la vie. Ainsi, on est contaminés par une étrange remise en cause des préceptes préétablis et on se dit: finalement on peut porter sa culture au firmament tout en restant soi-même sans les diaprures et les extravagances qui affectent les hommes sur un podium. Tout chez Lounis suggère cela sans qu’il le dise explicitement. «Je ne veux être personne d’autre à part moi même», soutient-il avec une simplicité qui désarme le plus hardi des interviewers, fût-il Marcel Proust. A chaque fois qu’on essaie de comprendre des chansons de Lounis Aït Menguellet dans toute leur complexité, c’est justement la simplicité de l’homme qui nous surprend. Ce monument de la chanson algérienne reste entier en dépit des heurs et les malheurs qui ont jalonné son long chemin d’artiste. Mais d’où tire-t-il cette force, à rester simple jusqu’à la sagesse? Bien évidemment, de sa montagne qu’il chante et de sa «kabylité» qu’il assume. Une kabylité qu’il transcende «ni je romps ni je plie». C’est ainsi qu’il se plaît à contester le slogan fétiche «vaut mieux rompre que plier». Mais avec toutes ses tares, cette kabylité, il la brandit comme un emblème et quelquefois comme un brûlot jeté à la face des poltrons de tout acabit. «Non, je n’arrêterai pas mon gala car je ne reconnaîs pas un second Etat dans ce pays», lançait-il, stoïquement, à la face d’un commissaire de police chargé de le dissuader d’annuler son gala à la salle Atlas en 1991. «Je débarquais de ma montagne pour animer un gala dont les fonds allaient servir à la construction d’une maison de jeunes au village, mais je ne savais pas que les islamistes avaient autant d’autorité et que l’Etat était aussi absent», rappelle-t-il. «Le gala a duré 7 jours et autant de pression, une pression terrible mais il ne fallait pas céder au chantage. A la fin du gala, le même responsable de la police qui voulait me dissuader est venu me proposer de continuer à chanter encore quelques jours et ma réponse a été claire: je ne suis pas venu en provocateur…» A cette époque, l’islamisme bombait le torse à Bab El Oued. Des galas de stars internationales qui devaient se produire à Alger ont été annulés. On se rappelle de la polémique née autour de la venue, pour la première fois en Algérie, de la chanteuse Linda de Suza. Son gala a été annulé d’autorité par les islamistes. La suite de l’ascension de l’islamisme en Algérie est connue. Les assassinats, les attentats et autres crimes rimaient avec les années 90.
La même Kabylité, meurtrière celle là, pousse Aït Menguellat à rester dans son village natal à Ighil Bouamass durant ces années noires du terrorisme. «Je ne pouvais pas et je peux pas admettre que quelqu’un vienne me faire sortir de ma maison, c’est quelque chose d’inconcevable pour moi.» Et dire qu’il constituait une cible privilégiée pour les terroristes. «Je le dois à la vérité et je dis ici que je n’ai jamais reçu de menaces.» «Durant toutes ces années je n’ai pas changé mes habitudes». Allez savoir pourquoi? Lounis intrigue, inspire le respect et force l’admiration. L’homme raconte avec naturel des bribes d’une vie taillée dans le socle granitique du Djurdjura. Une montagne qu’il n’est pas près de quitter pour ne choir dans les basses plaines. «L’vaz ma ixussith udrar arux kan Ad s’semmin» (sans sa montagne, le faucon serait un simple oiseau)

Brahim TAKHEROUBT

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am 6

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

Ses sources d’inspiration
10 Avril 2008 -

Il puise ses textes et ses mélodies de la nature, de la lecture, des coutumes et traditions, de sa vie de villageois et de son expérience sentimentale.

Quels sont les éléments qui entrent dans la création d’une oeuvre artistique? Chaque artiste et poète a une description très fine qui lui est propre. Le voyage, la nature, l’espace, le temps, le rêve, l’imagination, le paysage et les expériences vécues sont autant de sources d’inspiration des grands poètes, artistes et écrivains. Pour Lounis Aït Menguellet c’est tout cela à la fois et parfois rien de cela! Parler de sources d’inspiration de ce grand artiste kabyle, c’est évoquer plus de 45 ans de carrière artistique. C’est un répertoire très riche. «Les thèmes se ressemblent, mais les chansons ne sont pas les mêmes. Chaque chanson est écrite dans un contexte. Parfois, rien de cela», a souligné Lounis, lors de son passage à la rédaction de L’Expression. Durant cette rencontre avec Lounis, on est arrivé à se faire une idée de ses sources d’inspiration. Aït Menguellet puise ses textes et ses mélodies de la nature, de la lecture, des coutumes et traditions, de sa vie de villageois et de son expérience sentimentale. L’artiste livre quelques exemples. Il commence par la célèbre chanson Ammi (mon fils, Ndlr). D’abord, il met fin à toutes les spéculations colportées de bouche à oreille concernant le véritable auteur de cette chanson. «Je suis l’auteur de la chanson. Ce sont mes paroles. La musique est la mienne. Personne n’a contribué ni de loin ni de près dans la composition de cette chanson», a-t-il tranché. Il raconte comment lui est venue l’idée d’aborder un thème politique. «J’ai été inspiré par un passage que j’ai lu dans un livre, Le Prince de Nicolas Machiavel», a-t-il fait savoir. Et de relater les détails de ce passage: «L’auteur demande au prince, au moment de révolte, d’envoyer son général le plus sanguinaire, comme émissaire afin de rétablir l’ordre par tous les moyens. Une fois la mission accomplie et le calme revenu, il lui suggère de prendre le même général et de l’exécuter en plein air…». Ce passage, témoigne Lounis, «m’a bouleversé. Partant de là, j’ai composé la chanson Ammi». Pour l’artiste, il s’agit tout simplement d’un regard critique sur une situation donnée. «Ce n’est pas une étude politique, ni sociologique et encore moins philosophique. La politique ne m’intéresse pas». Et le message? «Je m’adresse à mon fils», nous répond-il avec simplicité. Pour témoigner du grand talent de cet artiste, il suffit de se rendre compte que ce chef-d’oeuvre a été composé en une demi-journée seulement! Oui. Sans étonnement aucun. En une demi-journée. Idem pour la fameuse chanson de son dernier album Amghar (le vieux). Là aussi, je me suis inspiré d’un passage que j’ai lu dans lequel on dit «qu’il n’y a rien de nouveau sous le ciel». Le poète s’est inspiré de ce passage. Il a réussi à présenter une oeuvre hors normes d’une durée de 15 minutes. A travers une poésie bien raffinée, le poète s’engage à expliquer sous forme de question-réponse pendant 15 minutes, des dualités de la vie entre le bien et le mal, la violence et la paix, l’injustice et l’égalité. Il aborde tous les paradoxes, qui existaient déjà avant, mais ayant bouleversé des générations, des années durant. La nature est également une source d’inspiration de Lounis. Comme ce fut le cas dans la chanson Agu, (brouillard). «En descendant de mon village, j’ai été surpris par un fort brouillard qui montait. J’ai tout de suite fait demi-tour et j’ai composé cette chanson», se rappelle-t-il. Les exemples sont nombreux. Ce qu’on peut retenir, c’est que Lounis Aït Menguellet travaille dans un état d’incroyable intensité émotionnelle. C’est un état qui ne peut être expliqué que par l’inspiration. L’artiste fait d’intenses efforts de concentration, au moment de la création. Il fait appel, notamment à son expérience sentimentale. Il suffit juste de savoir que ses poètes idoles sont Charles Baudelaire et Brel, pour ne citer que ceux-là, pour bien cerner Lounis Aït Menguellet.

Tahar FATTANI

   

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interview de a m par l’expression 5

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

Cette liberté qui inhibe l’expression
10 Avril 2008

A quoi bon chanter si, au bout du compte, il s’avère que la chanson n’est qu’un ultime recours? C’est une question, somme toute angoissante, qui turlupine l’esprit de ceux qui utilisent le chant pour défendre une cause.
Aït Menguellet se la pose aussi, pendant ses moments de réflexion et de méditation. Nous la lui avons posée à notre tour.
La question est d’autant plus compliquée qu’elle porte en elle quelques contradictions. Si pendant les années 70 et 80, au regard de la conjoncture qu’il traversait, il était prolixe en termes de production dans la chanson engagée, ce n’est plus le cas actuellement. Pourtant, entre les deux époques, un large fossé s’est creusé.
En effet, comment explique-t-on le fait que durant les années 70, alors que l’autoritarisme battait son plein et que la censure guettait tous les créateurs, les artistes, écrivains et autres créateurs algériens trouvaient une brèche pour transmettre leur message, et maintenant, alors que la liberté de s’exprimer est donnée aux chanteurs, la chanson engagée se retrouve dans ses derniers retranchements? «A l’époque, c’est vrai qu’on ne pouvait pas dire ce qu’on voulait. Les libertés individuelles et collectives étaient muselées. La simple expression portant atteinte au pouvoir pouvait s’avérer fatale, néanmoins, on trouvait des échappatoires pour dire notre rage. Le combat que nous menions trouvait sa source. Nous avions la rage au coeur. Il fallait se battre, cela suffisait pour que l’inspiration retrouve sa source», explique Lounis Aït Menguellet.
L’invité de L’Expression semble dire que c’est dans le malheur et la nécessité que la création, quelle que soit sa nature, éclôt. «Il est vrai que durant les années 70, nous ne nous pouvions pas nous exprimer face à un régime autoritaire, mais on le faisait, tout de même, et à notre manière», s’explique Aït Menguellet. Il faut le dire, à cette époque, la région de Kabylie allait droit dans les ténèbres et le chaos.
L’Histoire retient ceci: les Kabyles se sont vu interdire l’expression chez eux, dans leur langue maternelle. Ce qui apparaît comme une manière de couper la population de son cordon ombilical.
Le combat donc pour la reconnaissance de l’identité et de la langue amazighes, transcendait toute autre lutte. «Nous avions à défendre tamazight, et on le faisait avec acharnement», se rappelle l’invité de L’Expression.
Et maintenant, alors que la langue amazighe est érigée au rang de langue nationale, et que les gens peuvent s’exprimer, plus ou moins librement, qu’est-ce qui empêche la chanson engagée de continuer le chemin déblayé par les anciennes générations de chanteurs? Après un moment de réflexion, Aït Menguellet répond: «Maintenant on veut tuer tamazight par tamazight.»
Notre interlocuteur estime que si ce problème avait été résolu depuis belle lurette, on aurait certainement gagné beaucoup de temps. «Cela est valable aussi pour la démocratie et les libertés.» Tout en réitérant son combat pour les causes nobles et justes, l’invité de L’Expression se défend d’être taxé de politique. «Je ne suis qu’un artiste qui chante ce qu’il ressent et ce qui l’angoisse. Je le fais pour dire mes préoccupations et celles de mes concitoyens. Mais je ne suis pas un politique», revendique l’artiste.
A juste raison d’ailleurs. Et puis, n’est-ce pas que l’artiste et les créateurs, au sens large du terme, sont les porte-parole de leur époque?
C’est l’une des quatre vérités. Il faut y croire!

hakim kateb

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interview de ait menguellet à l’expression 4

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

Le Questionnaire de Proust
10 Avril 2008 interview de ait menguellet à l'expression 4 dans AÏT MENGUELLET(54) TP080410-10

Votre vertu préférée?
La sincérité.

Le principal trait de votre caractère?
La discrétion.

La qualité que vous préférez chez les hommes?
La discrétion.

La qualité que vous préférez chez les femmes?
La féminité.

Votre principal défaut?
L’indécision.

Votre principale qualité?

Ce que vous appréciez le plus chez vos amis?
La loyauté.

Votre occupation préférée?
Le tir à l’arc

Quel serait votre plus grand malheur?
Survivre à ma famille.

A part vous-mêmes qui voudriez-vous être?
Moi-même.

Où aimeriez-vous vivre?
A Ighil Bouamass.

La couleur que vous préférez?
Le noir et le blanc.

La fleur que vous aimez?
Toutes.

L’oiseau que vous préférez?
La perdrix.

Vos poètes préférés?
Brel, Baudelaire (universels), Si Mohand U M’hand, Youcef Oukaci, cheikh Mohand Ou L’Hocine (nationaux).

Vos compositeurs préférés?
Variés.

Vos peintres préférés?
Hocine Haroun, Arezki Larbi.

Vos héros dans la vie réelle?

Vos héros dans l’histoire?

Votre nourriture et boisson préférées?
Je mange tous les plats, et je bois de l’eau.

Ce que vous détestez par-dessus tout?
L’ingratitude.

Le personnage historique que vous n’aimez pas?
Je me méfie de l’Histoire.

Les faits historiques que vous méprisez le plus?
Les colonisations.

Le fait militaire que vous estimez le plus?
Le 1er Novembre 1954.

La réforme que vous estimez le plus?
Les droits de la femme.

Le don de la nature que vous voudriez avoir?
Beaucoup.

L’état présent de votre esprit?
Bien.

Votre devise?
«Ur’tsrouzough, ur’kenough» (ne point rompre, ne point plier).

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interview de ait menguellet à l’expression 3

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

Le poète visionnaire
10 Avril 2008 interview de ait menguellet à l'expression 3 dans AÏT MENGUELLET(54) TP080410-12

C’est un «archer» qui rate rarement sa cible.

L’oeuvre d’Aït Menguellet se déroule comme on déroulerait le scénario d’une vie. Une oeuvre culte où aucune de ses créations ne peut laisser indifférent pour celui qui sait et prend le temps de les écouter. Et s’il ne devait s’agir que de lui, l’homme se serait volontiers effacé pour ne céder la place qu’à ses poésies. Des bouts de lumière qui illuminent la trajectoire d’un artiste exceptionnel et auquel s’identifient ses très nombreux admirateurs. Ses thèmes chantés dans sa langue maternelle, le kabyle, sont universels. Cela va de l’amour au plus petit détail de la vie quotidienne, Lounis observe attentivement, écoute et ausculte au plus profond de ses arcanes la société qui l’a vu naître puis grandir. Il est à l’Algérie ce que fut Naguib Mahfouz au pays des Pharaons. Ses mélodies simples mais entraînantes captent et arrivent à dompter l’ouie la plus réfractaire. Il y a tout de même quelque chose d’exceptionnel chez cet artiste: son oeuvre a imposé son image. A l’instar de tous ces grands poètes, ses illustres prédécesseurs: Si Mohand Ou M’hand, Baudelaire qu’il aime citer, Rimbaud ou Yacine et beaucoup bien d’autres encore. Des hommes qui ont eu accès à ce stade suprême du dépassement de soi. Reconnus par leurs pairs, ils ont fait des émules puis école par la suite. Il n’est donc en aucun cas étonnant que certaines oeuvres poétiques de Lounis Aït Menguellet revêtent un caractère prémonitoire.
Lounis visionnaire? Il lève la tête, réfléchit ou peut-être même fait-il semblant de réfléchir? Cela semble déroutant, tant le poète fait preuve d’une retenue dont l’excessivité ne transparaît même pas.
«Peut-être», finit-il par lâcher. Comme si le doute était permis. «Certainement», a-t-on envie de lui répondre. Au fond, il doit bien en être conscient, mais l’homme n’est pas prétentieux. Ce n’est pas le genre.
Les créations de Lounis ne parviennent pas du néant. L’espace doit être bien rempli pour lui. Il s’en abreuve: c’est sa fontaine. Il s’en délecte à ne pas en finir. Il s’agit de cet espace symbolique bien entendu. Il constitue son capital culturel. Dans sa besace: un métissage de la tradition orale cueillie comme un fruit sur la bouche d’une femme, et une culture générale maîtrisée de l’aventure et des conquêtes de l’homme sur terre. Elles constituent le socle de son énergie créatrice. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l’artiste nous a confié que la chanson Ammi, a pris racine dans un passage du Prince de Machiavel. Lorsque nous lui faisons remarquer qu’elle illustre, sans entrer dans les détails, les événements dramatiques d’Octobre 1988 (la chanson a vu le jour en 1982), il marque un temps de réflexion, sans acquiescer totalement, émet-il encore un doute…il a tout de même cette réponse: «En voulant donner des leçons au prince, Machiavel a donné des leçons au peuple». Et qu’aurait donc pensé Lounis de cette dédicace du Prince à Laurent II de Médicis? «Il ne faut pas que l’on m’impute la présomption, moi un homme de basse condition, d’oser donner des règles de conduite à ceux qui gouvernent. Mais comme ceux qui ont à considérer des montagnes, se placent dans la plaine, et sur des lieux élevés lorsqu’ils veulent considérer une plaine, de même je pense qu’il faut être prince pour bien connaître la nature et le caractère du peuple, et être du peuple pour bien connaître les princes.»
Cela sera certainement pour une autre fois. Et puis nos princes n’ont qu’à bien se tenir, car les prochaines flèches feront sans aucun doute mouche, quant au cibles…advienne que pourra.

Mohamed TOUATI

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interview de ait menguellet a l’expression 2

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

La noblesse de chanter l’amour
10 Avril 2008 Un observateur averti de sa société

«Je suis sensible aux problèmes des gens et du pays.»

L’amour est un tabou dans notre société. Sous le règne de la peur, on procède souvent à la dissimulation des choses et des sentiments. Car la culture de la condamnation encercle l’amour et les traditions; les moeurs et la religion stipulent que la rencontre d’un homme et d’une femme, qui ne sont ni parents ni mariés, est un péché. Alors l’amour est interdit.
Le premier combat de Lounis est dans ce sens, il passe tout à coup du rang de campagnard à celui d’artiste avec ses souffrances; il crée un lien pour se sentir plus fort et chacun joue son rôle, on accepte ce qu’il donne: beauté des textes, douleur des mots, mélodies sensibles…On prend parce qu’on a besoin, on prend parce qu’on en a besoin aussi, parce que comme lui, nous subissons le même sort. Pour certains, c’est un soulagement, pour d’autres, c’est la renaissance. Après les années d’or, comme aiment les nommer les gens de sa génération, vers les débuts des années 80, Aït Menguellet s’est retrouvé malgré lui en avant-garde. Il s’explique: «Je suis sensible aux problèmes des gens et du pays.» Le poète n’est pas seulement l’être humain, ses textes ne relèvent pas seulement de son humanité et de sa fragilité, mais ils sont aussi un témoignage de notre société, une empreinte pour ceux qui voudraient l’oublier…Il va droit au coeur, il touche, il bouleverse, il fustige les indifférents. Observateur averti, il énonce des réalités et dénonce des injustices. Tout en posant des questions sur l’avenir, il se remet en question et interpelle les consciences.
D’ailleurs, Lounis Aït Menguellet n’a jamais quitté son pays, il est toujours là quand on a besoin de lui. De sa propre expérience à la vie politique, sociale et culturelle, il nous transmet ses idées, ses doutes, ses colères aussi, parfois…comme le ferait un homme politique en campagne sauf qu’il s’agit là du cas de Lounis. Il s’est désintéressé…«sans être un porte-drapeau, aucun ne me convient d’ailleurs», nous fait-il savoir. Il dit ce qu’il pense au moment où il pense, parfois à fleur de peau, trop peut-être mais toujours avec justesse. C’est un homme avisé, qui sait dans quelle société il évolue, il a le regard malicieux…en tant que témoin et citoyen dans la société.
Aït Menguellet n’hésite pas à prendre position pour défendre ce qu’il croit juste ou ce qu’il croit nécessaire. Ces attitudes lui ont valu des critiques virulentes, pourquoi? Parce qu’il est citoyen avec une notoriété particulière.
Enfin, son public le glorifie, puisqu’il l’accompagne depuis 40 années déjà.

Idir AMMOUR

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