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TRÊVE D’HYPOCRISIE ET DE LÂCHETE. UNISSONS-NOUS POUR SAUVER L’ALGERIE !

Posté par algeriedemocratie le 20 juin 2009

Salah-Eddine SIDHOUMCe nouveau drame qui a vu le massacre de plus de vingt de nos enfants dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj, interpelle encore une fois les consciences libres de notre cher et malheureux pays. Encore une fois, des Algériens ont fait couler le sang d’autres Algériens. Encore une fois, ces innocentes victimes, utilisées comme boucliers par les imposteurs au pouvoir pour préserver leurs privilèges, viennent s’ajouter à une cette longue liste macabre ouverte un certain 5 octobre 88, par ceux qui ont pris en otage notre pays depuis 1962.
Cette Algérie qui avait su, grâce à l’héroïsme de son peuple, mener une des plus grandes révolutions libératrices du siècle dernier, qui allait aboutir à la décolonisation de toute l’Afrique, est devenue aujourd’hui la risée du monde. Un pays aux mains d’une voyoucratie sans foi ni loi qui a fait de ce paradis terrestre, un enfer. Une voyoucratie qui, par son « génie » maléfique, a rendu ce peuple pauvre dans un pays aussi riche. Une voyoucratie qui a cultivé durant des décennies une profonde haine dans nos cœurs et qui voit des Algériens, torturer, exécuter sommairement et faire disparaitre et sans aucun état d’âme leurs frères Algériens. Qui voit des Algériens égorger et massacrer des dizaines, voire des centaines d’Algériennes et d’Algériens, sans aucun remord. Et le tout dans un climat d’impunité totale.
Qui avait dit que les enfants et petits-enfants d’Abane, Ben Boulaïd, Ben M’Hidi et Didouche, allaient devenir des frères ennemis dans cette Algérie qu’ils avaient libérée avec des centaines de milliers d’autres martyrs au prix de leur sang et de leur vie ? Qui avait dit que les enfants et petits-enfants de ces héros allaient se transformer en bombes humaines et en harragas dans l’Algérie dite « indépendante » alors que leurs parents ne l’ont pas fait dans l’Algérie colonisée ?
Le moment n’est plus aux jérémiades et aux dénonciations hypocrites de ces crimes abjectes. Le moment est à la réflexion et à l’action. Que de condamnations sélectives et fourbes depuis 92 ? Pour quels résultats ? Le maintien de ce statu quo mortel qui profite au régime illégitime et à ses affidés !
Il faut avoir l’honnêteté, la sincérité et le courage de traiter les causes profondes de cette crise qui perdure depuis 1962 et qui s’est transformée en tragédie depuis 92, n’en déplaise aux « intellectuels » et politicards couards de salon !
Quitte à nous répéter, la crise algérienne est une crise éminemment politique. Elle remonte aux lendemains de l’indépendance et s’est aggravée au fil des décennies. C’est une crise de LEGITIMITE DU POUVOIR et sa solution ne peut être que politique, n’en déplaise encore une fois aux pseudo-intellectuels thuriféraires du régime. Des volontés politiques sincères et sages l’ont dit en 92, quand le régime aux abois et ses boutefeux autoproclamés démocrates appelaient à la solution sécuritaire et à l’éradication d’une partie du peuple Algérien. Les arrestations arbitraires, la torture, les disparitions forcées, les exécutions sommaires, les ratissages, les manipulations criminelles, les groupes armés d’opposition au régime et leurs attentats aveugles et meurtriers, les milices, les escadrons de la mort, les infiltrations de certains groupes armés, les tribunaux d’exception, la multiplication des effectifs militaires et policiers, l’achat de matériel de guerre ultrasophistiqué, le massacre de populations, la fausse réconciliation nationale et l’impunité ont-ils réglé la crise Algérienne ? Que non ! Et cela dure depuis 18 ans.
Devant l’aggravation de cette crise et dans tous les domaines, le pays se dirige vers un véritable tsunami populaire qui risque de balayer le pays. Il est de notre devoir de nous mobiliser et de réagir pour empêcher l’irréparable !
Il n’y a pas d’autre solution que la solution politique et cette dernière passe inéluctablement par un changement radical du régime illégitime en place. Ce changement, nous le souhaitons pacifique, mais l’entêtement de la voyoucratie jalouse de ses privilèges mal acquis, risque de nous mener, à Dieu Ne Plaise vers un changement violent.
Il est temps que toutes les volontés nationales ici et en exil se rassemblent autour de valeurs et de principes démocratiques pour créer cette dynamique mobilisatrice populaire. Il est temps aussi que ce qui reste de probe dans notre « classe politique » mette un terme aussi à son autosuffisance et à son obstination, pensant détenir à elle seule la solution…. dans les salons. Aucune individualité, aucune tendance et aucun parti n’a le monopole ni ne détient le brevet de la démocratie, de l’Islam ou du nationalisme. La démocratie qui est une culture et un moyen de gestion politique de la société, se juge sur le terrain et non par des discours hypocrites. Et l’Algérie, encore une fois n’a besoin ni d’un Zaïm, ni d’un messie, encore moins d’un « génie » qui attendrait un hypothétique coup de téléphone des Tagarins. Elle a besoin de tous ses enfants, sans exclusion aucune, pour la libérer de cette voyoucratie et la reconstruire.
Il est temps aussi que ce qui reste de probe dans notre « classe politique » sorte du cadre de la stratégie du pouvoir, dans laquelle elle s’inscrit inconsciemment. Ce n’est pas en jouant les troubadours politiques au cours des carnavals électoraux, qu’on risque d’ébranler ce régime. Bien au contraire, par cette pratique on constitue la vitrine pseudo-démocratique de ce même régime aux yeux de l’opinion publique internationale, tout en se discréditant vis-à-vis de notre opinion nationale qui n’est pas aussi dupe que le pensent certains.
Nous en appelons aussi à ceux qui appartiennent à ce régime et qui n’ont pas les mains tâchées de sang, à prendre conscience de la gravissime situation du pays – que seules les sirènes de la propagande essaient de leur dissimuler – et d’œuvrer avec toutes les volontés nationales sincères à la résolution de la crise. Nous avons besoin de toutes et de tous, car comme disait l’illustre homme politique DEMOCRATE, Nelson Mandela : « Il faut libérer aussi bien l’opprimé que l’oppresseur lui-même, enfermé derrière les barreaux des préjugés et de l’étroitesse d’esprit ».
Nous en appelons encore une fois à une prise de conscience collective. Evitons de nous tromper de cible comme en 92 et mettons de côté nos divergences artificiellement entretenues par qui on sait.
Œuvrons à sauver notre Algérie de ce tsunami qui se profile à l’horizon.
Toutes nos pensées vont à toutes les victimes sans exception, d’hier et d’aujourd’hui, du drame national.

Salah-Eddine SIDHOUM
Signataire de l’APPEL du 19 mars 2009
Alger le 18 juin 2009

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Karim Tabbou- >

Posté par algeriedemocratie le 20 juin 2009

Karim Tabbou. Premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS)

« Ce qui se passe à Ghardaïa c’est le printemps noir bis »

De l’arrestation des militants FFS à Ghardaïa aux alternatives de changement du système politique, Karim Tabbou brosse pour El Watan Vendredi un tableau peu optimiste de la chose politique algérienne. Entre répression et stigmatisation de la protestation, les forces du changement se trouvent exsangues sans pour autant abdiquer, selon le premier secrétaire du plus vieux parti d’opposition.

-  Dans le sillage des derniers heurts à Berriane, des militants de votre parti ont été arrêtés à Ghardaïa, dont le secrétaire national Kamel Eddine Fekhar, avant d’être relâchés. Comment analysez-vous ces arrestations ?

- Notre militant est accusé d’avoir incendié un véhicule avec d’autres jeunes de Berriane, lors des événements. Il s’agit d’une opération punitive contre le FFS et un message pour intimider la population, car nos élus ont établi un espace de dialogue entre eux et la population, ils leur rendent compte des affaires de leur wilaya. Nos élus avaient dénoncé, en apportant des preuves, que la catastrophe – les inondations d’octobre 2008 –, qu’a connue la région, est aussi d’origine humaine avant qu’elle ne soit naturelle, car il y a un marché douteux de construction passé par les réseaux mafieux que le FFS avait révélé dans un rapport.

-  Le FFS est accusé également, par le ministre délégué Ould Kablia, d’être derrière les événements de Berriane…

- Le problème qui se pose dans cette région est qu’il y a une conscience politique qui dérange les autorités. Cet espace de libre expression fait l’objet aujourd’hui de répressions policières. La population refuse le traitement répressif réservé à leur problème malgré les opérations médiatico-politiques menées par Ali Tounsi ou Ould Kablia. C’est une approche policière de la politique, car ils veulent imposer un modèle de gouvernance à cette région, qui est d’ailleurs livrée à la mafia. Ils ont imposé les signataires de ladite « charte de réconciliation » entre les communautés de Berriane, qui ne sont pas légitimes afin de mettre fin à la grogne qu’a connue Berriane. C’est la même chose qui s’est passée en Kabylie, qu’on a bien « calciné » politiquement : ils ont créé les archs pour se les offrir ensuite dans un plateau de corruption ! Ce qui se passe à Ghardaïa c’est le printemps noir bis ! Bien qu’en Kabylie la facture a été lourde avec la centaine de jeunes assassinés par les forces de l’ordre. A Ghardaïa, les autorités ont judiciarisé les rapports sociaux et imposé un maillage policier digne de la période coloniale. S’ajoute à cela l’esprit raciste et racisant de nos dirigeants vis-à-vis de cette région. La ville de Berriane aujourd’hui est sous état d’urgence, sous embargo !

-  Que voulez-vous dire par embargo ?

-  Une ville assiégée, à laquelle on veut imposer des représentants de l’administration. Toute contestation de ce procédé est réprimée. C’est une volonté des autorités de pacifier la région : elle est la porte du Grand-Sud où des enjeux économiques prolifèrent. Le régime, à défaut de pouvoir instrumentaliser la menace du terrorisme dans le Sud, trouve plus expéditif de quadriller cette région. On a voulu imposer cette approche policière et populiste à l’opinion publique, une approche orchestrée par les services.

-  Pourquoi l’opposition évoque-t-elle toujours le rôle des services (DRS) dans ce genre d’événements ?

- Toutes les décisions sont prises par le chef des services. Leur technique à ces derniers est de dresser les uns contre les autres. Ensuite, interposer des effectifs impressionnants de policiers. Enfin, gérer la situation par le chantage. Ould Kablia a diligenté une enquête suite aux événements de Berriane afin d’aboutir à une conclusion : décrédibiliser les représentations politiques au niveau local. Berriane n’est pas à son premier incident d’ailleurs. En 1990, la région avait connu la même situation. Au lieu d’engager, à l’époque, un débat sérieux entre les deux parties dans une logique de dialogue, on a laissé les choses pourrir. Une manière de dire aux Algériens que toute tentative de changement mènera vers le chaos. On gère les émeutes à travers le chef de daïra et les walis, on gère la Kabylie par l’argent et la mafia et Ghardaïa par la police. Ajouter à cela la gestion régionaliste des affaires de l’Etat. Cependant, il y a des mouvements de protestation partout en Algérie. Car le pouvoir veut transformer le pays en un vaste commissariat ! Il n’y a pas une réunion de club de football, une assemblée générale d’avocats ou de médecins sans qu’il y ait un agent pour les surveiller ! L’Etat entretient un rapport de mensonge et d’escroquerie avec la population. Une des conditions de construction de l’alternative de changement est la renégociation d’un contrat de confiance avec la population. Et cela, en tenant compte que la société d’aujourd’hui n’est pas celle des années 1990, enthousiaste prédisposée à agir dans l’immédiat. Aujourd’hui, nous sommes face à une population qui supporte difficilement l’impact du mensonge, des fausses promesses et des politiques violentes qui ont été menées à son encontre, et ce, depuis 1991 à ce jour. Cela se passe en présence d’une élite qui tente de s’interposer, mais qui n’est pas décidée à aller soit dans le sens du courant du pouvoir, soit vers la population. On a fait de ce pays une vaste salle d’attente sans avoir le droit d’attendre ensemble.

-  Quelle serait l’alternative à cette situation ?

- Eh bien paradoxalement, dans ce climat de confusion et de désarrois socioéconomique, c’est bien la population, et non les partis politiques, qui semble avoir pris conscience de la nature de la crise. Les partis démocrates ont tout intérêt à afficher une position claire vis-à-vis des mouvements sociaux de contestation. Tout rapprochement avec le système – négociation de quotas au Parlement ou autres repositionnements à l’intérieur du système – ne fera que les éloigner des aspirations de la société. Cette dernière ne se reconnaît plus dans cet Etat et ne se sent pas représentée dans ses institutions. Que ceux qui veulent se proclamer force de changement désertent les sentiers du pouvoir pour revenir sur le chemin qui mène à la société ! Beaucoup pensent que le seul changement possible c’est celui de changer le système de l’intérieur. Seulement voilà, cela arrange le régime qui continue de promouvoir l’idée – même vis-à-vis de nos partenaires étrangers – qu’il n’y pas d’alternative de changement en dehors de lui-même. On a fait croire que Mohamed Lamari – ex-chef d’état-major de l’armée – était le représentant du courant progressiste au sein du pouvoir, alors qu’en réalité il n’existe ni courant progressiste, ni conservateur, ni autre au sein du régime. Il y a un seul parti : le DRS.

-  Vous avez appelé à un rassemblement des forces démocrates, qu’en est-il aujourd’hui ?

- Que ceux qui présument que le rassemblement démocratique consiste simplement à additionner des sigles se trompent. Il s’agit d’abord d’une entente consensuelle de toute la société sur la manière de traduire les contestations populaires en revendications politiques. Cela concerne toutes les personnes de bonne volonté, soucieuses de l’avenir de ce pays et prêtes à s’inscrire dans un processus de sortie de crise concret à travers des actions sur le terrain.

-  N’y a-t-il pas une démobilisation de la société qui l’empêche d’aspirer au changement ?

- En vérité, les forces du changement existent, mais elles restent dispersées. On les trouve aussi bien dans la presse, parmi les syndicalistes, dans les milieux universitaire ou associatif. Il existe une vie politique au sein de ces microcosmes. Et tous ces gens-là partagent une aspiration commune : le changement. En réalité, ce sont les politiciens qui commencent à se détourner de la politique. Au niveau du FFS, nous avons lancé une initiative au sein de notre parti afin d’apporter la preuve que la société n’est pas dépolitisée. Nous avons donc créé une école de formation destinée à nos élus et cadres. L’idée était de créer un instrument nouveau de mobilisation interne.

-  Vous l’avez présenté comme étant une école ouverte à tout le monde…

- Elle a été ouverte par la suite au public. Nous avons enregistré 3200 inscrits, pour la plupart des étudiants. Nous étudions maintenant sa décentralisation et son élargissement à travers les wilayas du pays.

-  Certains évoquent le projet d’une amnistie offerte par le président Bouteflika, qu’en pense le FFS ?

- L’amnistie fut proclamée depuis l’avènement de Bouteflika ! Si nous étions dans un Etat de droit, Bouteflika aurait dû être présenté devant les tribunaux et non pas candidat à l’élection présidentielle. Tout le monde sait que Bouteflika avait des problèmes avec la Cour des comptes ! La première amnistie décrétée fut celle de permettre à Bouteflika de se porter candidat grâce au pacte scellé avec les militaires. Pacte selon lequel Boutelfika s’engage d’être garant des intérêts de ce même pouvoir. Un autre pacte d’entente a été négocié aussi entre les groupes islamistes armés et le DRS sur le dos de toutes les victimes de ce pays. A la fin, on a rendu hors la loi le principe même d’en parler. Donc c’est plutôt une auto-amnistie qu’autre chose. En 1991, le solgan du FFS était « Ni Etat policier ni Etat intégriste ». Aujourd’hui, le pouvoir a réussi une synthèse : l’Etat militaro-intégriste, bâti sur un pacte de complicité et de silence.

Bio express

Karim Tabbou est né le 2 juin 1973 aux Ouadhias, à Tizi Ouzou, et est licencié en économie à l’université de Tizi Ouzou. Il a rejoint les rangs du FFS en 1991. De simple militant au FFS, il gravit les échelons pour être d’abord nommé porte-parole du parti en 2005, puis, en 2007, il est désigné secrétaire général du FFS par le président du parti, Hocine Aït Ahmed.

Par Zouheir Aït Mouhoub

el watan

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