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le dernier manuscrit de said mekbel

Posté par algeriedemocratie le 28 juin 2009

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« Saïd Mekbel, une mort à la lettre », de Monika Borgmann

Posté par algeriedemocratie le 28 juin 2009

« Saïd Mekbel, une mort à la lettre », de Monika Borgmann

Les bouleversantes confessions d’un chroniqueur de génie

C’est un livre qui donne la chair de poule que viennent de publier, à Paris, les éditions Téraèdre. Ce sont des entretiens donnés en décembre 1993 par Saïd Mekbel à Monika Borgmann. Une année après, le 3 décembre 1994, l’enfant de Bgayet (Béjaia), dans la basse Kabylie, était assassiné à Alger.

Saïd Mekbel était à ce moment là directeur du quotidien Le Matin. Celui qui écrivait le fameux billet, Mesmar Djeha, savait qu’il allait mourir. Et pourtant il n’avait pas voulu quitter l’Algérie. Il voulait résister dignement, jusqu’au bout. Il voulait aussi écrire un roman qui ne passerait pas inaperçu ; c’était son plus grand rêve. « Je crois qu’on veut réellement sacrifier pour sacrifier une partie de la population. Mais je suis troublé maintenant. Je suis troublé parce qu’au début, je me disais que c’étaient les intégristes qui tuaient. C’était facile. C’était confortable, c’était peut-être pas loin de la vérité.
Mais plus on avance sur les assassinats, plus on réfléchit, plus on se dit que ce ne sont sûrement pas que les intégristes. C’est sûrement une mafia, comme la mafia italienne, américaine ou japonaise. Donc, il y a les intégristes et puis il y a aussi la mafia. Ils tuent soit pour établir un nouveau régime, soit pour protéger leur régime », dit Saïd Mekbel à Monika Borgman, le 4 décembre 1993.

Pourtant, à cette période-là, le quotidien Le Matin soutient ouvertement les militaires algériens. Dans ce livre d’entretiens impressionnants et vrais, Saïd Mekbel va au fond du mal algérien et cite des noms de responsables (dont certains sont toujours au pouvoir) et les accuse de crimes. Saïd Mekbel revient également, dans ce livre, sur son parcours d’ingénieur et de physicien, sur son passage au quotidien Alger-Républicain (publication où Albert Camus a fait ses débuts dans le journalisme) avant que ce journal ne disparaisse à la suite du coup d’état du colonel Houari Boumediene en 1965.

Saïd Mekbel avait été arrêté par la sécurité militaire en 1967 et n’avait pas échappé à la torture. « C’était un combat, ils te torturaient un peu, parce que c’était leur métier et ils attendaient que tu résistes. C’était un match. C’était une compétition pour eux. Une fois, un de mes tortionnaires m’a dit, deux jours après m’avoir torturé : « ah, c’est bien, tu as résisté, c’est bien, je te félicite ». Il te torture et après il te félicite. C’est toujours un rapport de force. Il ne faut jamais perdre sa supériorité sur l’autre. Et la seule arme qu’on possède, c’est la réflexion. Il faut sentir l’autre, appréhender comment lui te perçoit. Certains de mes rapports avec mes tortionnaires se sont transformés. Vers la fin, l’un d’eux m’a demandé si je pouvais lui faire une lettre pour son supérieur afin que l’on revoie sa situation.
Voilà des tortionnaires qui viennent te voir pour que je leur écrive une lettre, c’est quand même terrible », avoue Saïd Mekbel, l’auteur de cet inoubliable billet, le dernier qu’il avait écrit, intitulé « Ce voleur qui… ».

Youcef Zirem

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confession », recueillie en 1993 par Monika Bergmann, Saïd Mekbel, directeur du quotidien algérien Le Matin, assassiné

Posté par algeriedemocratie le 28 juin 2009

Dans cette « confession », recueillie en 1993 par Monika Bergmann, Saïd Mekbel, directeur du quotidien algérien Le Matin, assassiné « par des islamistes » un an plus tard, explique pourquoi il est convaincu que les meurtres d’intellectuels attribués aux GIA étaient commandités par le général « Tewfik » Médiène. Et il dit sa conviction que s’il est tué à son tour, ce sera sur son ordre.

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C’est le cœur serré que l’on referme, après l’avoir lu, « Saïd Mekbel, une mort à la lettre », le livre d’entretiens entre Saïd Mekbel et Monika Borgmann. Journaliste algérien, le premier était le directeur du quotidien Le Matin, jusqu’à son assassinat, par deux balles dans la tête, le 3 décembre 1994, « par des islamistes ». La seconde est une journaliste allemande, qui s’était rendue en Algérie il y a quatorze ans, fin 1993, pour tenter de comprendre comment certains intellectuels algériens résistaient alors à la vague d’assassinats de leurs pairs, attribués aux islamistes, et « pourquoi ils restaient en Algérie alors que d’autres quittaient le pays ». Elle obtint alors de Mekbel trois entretiens approfondis, où celui-ci, par la grâce d’une mystérieuse empathie, confia à la journaliste allemande des secrets qu’il n’avait jamais révélés auparavant, même à sa famille.

Un témoignage majeur sur le début des « années de sang »

Pendant des années, « peut-être trop longtemps », dit-elle, Monika Borgmann n’a pas voulu rendre public ce « testament », se demandant si elle « avait le droit de le publier ». Son propre parcours de réalisatrice de documentaires engagés au Liban l’a fait changer d’avis, la convainquant « de l’importance de “raconter l’histoire’, […] surtout quand il s’agit de pays qui ont fait le choix de réagir à tant d’années de violence, à tant de massacres, d’assassinats et de disparitions, par l’adoption de lois d’amnistie coupant court à toute recherche de vérité”.

De fait, on peut regretter que ce témoignage majeur sur le début des “années de sang” en Algérie n’ait pu être rendu public plus tôt. Il aurait peut-être contribué à éviter le terrible aveuglement de la majorité des médias internationaux sur la réalité de la “sale guerre” déclenchée en janvier 1992 par les généraux algériens, suite à leur coup d’Etat annulant la victoire électorale du Front islamique du salut (FIS) aux élections législatives de décembre 1991.

Il faut dire que le paradoxe est vertigineux, car le journal de Saïd Mekbel, journaliste chevronné (il avait fait ses classes à l’Alger républicain d’Henri Alleg, après l’indépendance de 1962), était alors à la pointe du combat des “éradicateurs” algériens : ces intellectuels laïques, le plus souvent sincères, avaient fait le choix de soutenir sans réserve l’entreprise d’éradication des partisans de l’islam politique, en fermant les yeux sur les terribles exactions des “forces de sécurité” pour parvenir à leur but -torture généralisée, exécutions extrajudiciaires, disparitions.

“En haut, il y a des gens qui font tuer par pédagogie”

Et pourtant, au-delà des contradictions et des fulgurances de ce témoignage, son fil rouge, répété de façon obsessionnelle, est la mise en cause par Saïd Mekbel de la thèse officielle attribuant aux islamistes les assassinats en série qui frappaient l’intelligentsia algérienne depuis le printemps 1993 :

« Il y a un projet pour liquider cette frange de la population, [parce qu'elle] sait ce que signifie la République, ce que signifie une démocratie » (p. 29) ; « On veut tuer ceux qui détiennent l’héritage de la civilisation universelle » (p. 30) ; « Il y a un cerveau quelque part qui choisit. Peut-être que les exécutants, ceux qui tuent, sont recrutés parmi les petits tueurs islamistes, chez les intégristes. Mais moi, je pense qu’en haut, il y a des gens qui choisissent. Ces choix sont faits très froidement » (p. 34) ; « Au début, je me disais que c’étaient les intégristes qui tuaient. C’était facile. […] Mais maintenant, je suis persuadé qu’il y a des gens qui font tuer un peu par pédagogie ! “ (pp. 37-38) ; « Si on me tue, je sais très bien qui va me tuer. Ce ne sont pas des islamistes. C’est une partie de ceux qui sont dans le pouvoir et qui y sont toujours. Pourquoi ? […] C’est que je suis le seul responsable d’un journal qui n’a jamais travaillé pour le régime » (p. 74).

“Quelqu’un qui nous connaît tous”

Et cet opposant de toujours, arrêté et torturé par la sécurité militaire en 1967, qui s’était interdit de publier quoi que ce soit entre 1965 et 1988, date de l’“ouverture démocratique”, révèle enfin à Monika Borgmann sa conviction, nourrie d’une connaissance intime du système de pouvoir algérien. Ainsi, selon lui, le commanditaire de ces crimes d’intellectuels, “c’est quelqu’un qui nous connaît tous” :

« Il a géré leurs carrières, leurs fichiers, leur vie, leurs diplômes, etc. » (p. 100).

La journaliste allemande lui demande alors :

« C’est quelqu’un de l’armée ? Je te demande ça parce que Khalida Messaoudi a rendu Toufik responsable. »

Il répond :

« C’est ça, c’est lui. […] Son nom est [Mohamed] Médiène. […] Quand j’ai découvert ça, j’ai essayé de rassembler, de faire le puzzle. […] Ce qui est terrible chez cet homme-là, c’est qu’il semble être l’auteur d’une théorie qui affirme que certains pays doivent sacrifier leur élite à un moment donné de leur histoire. […] Et selon cette théorie, il faut commettre des actes choquants pour réveiller les masses, pour réveiller la conscience, la société civile. […] C’est un terrorisme pédagogique. » (p. 100-104)

Début 2008, le général Mohamed Médiène, chef inamovible des services secrets de l’armée (le DRS) depuis 1990, reste le vrai patron d’une Algérie où la majorité de la population est plongée dans la misère, malgré la manne des pétrodollars accaparée par lui-même et ses pairs. Certains contestent toutefois de plus en plus ouvertement sa puissance, au prix d’une nouvelle “lutte de clans” par terrorisme islamiste interposé. Tous ceux qui n’ont pas renoncé à comprendre ce drame toujours actuel doivent impérativement lire ce livre bouleversant.

Saïd Mekbel, une mort à la lettre, de Monika Borgmann – Téraèdre/Dar al-Jadeed, Paris/Beyrouth, 2008 – 141 pp., 15 euro

source:rue89.com

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Said Mekbel-wikipedia

Posté par algeriedemocratie le 28 juin 2009

Said Mekbel journaliste algérien (né le 25 mars 1940 à Bejaia en Kabylie, assassiné le 3 décembre 1994 à Alger).

Saïd MEKEBEL (dit MEKBEL)- Chroniqueur satirique connu sous le pseudonyme Mesmar Dj’ha

Né le 25 mars 1940, à Bejaia d’une famille modeste, d’un père marin. Il est l’aîné de quatre enfants. A 10 ans, il entre à l’école militaire de Miliana, puis à l’école des cadets de Koléa. Il poursuit ses études à Aix-en-Provence à l’école militaire, il y passe son bac. Sa réussite au concours d’entrée à Saint-Cyr coïncide avec l’Indépendance de l’Algérie mais rentre définitivement au pays le 26 janvier 1963. En mai 1963, il occupe le poste d’Attaché d’administration à la Direction de l’Énergie et des Carburants, participe, aux côtés de Belaïd Abdesselam et de Sid Ahmed Ghozali (futurs Chefs de gouvernement) aux négociations franco-algériennes sur le pétrole. Mais attiré par le journalisme, il fera ses premières armes à Alger républicain où il se fait critique de cinéma, puis démissionne de son poste de la Direction de l’Énergie et des Carburants et devient journaliste à plein temps à partir de mai 1964. Sur les conseils d’Henri Alleg alors directeur de publication, il participe à la chronique satirique de L’Ogre ouverte à tous les journalistes du quotidien, qu’il reprendra ensuite sous le nom d’El Ghoul, au même moment il crée sa propre chronique… Mesmar Djeha (signée Saïd MEKBEL). Il reste à Alger républicain jusqu’au 19 juin 1965 date de la prise de pouvoir d’Houari Boumediene coïncidant avec l’interdiction du journal à paraître. En octobre 1965, il sera recruté par l’EGA (Sonelgaz) En 1969, concours d’entrée à l’ENITA (École Nationale d’Ingénieurs et de Techniciens Algériens, école militaire). En 1974, il obtient le diplôme d’ingénieur électromécanicien, spécialisé en mécanique des fluides. 1974 -1975, professeur d’écoulement des fluides compressibles au centre de Ben-Aknoun et Conférencier technique à l’école technique de Blida. 1975 – 1976 il fait une année à l’école des applications du gaz à Paris. Il poursuivra ses études à la Faculté des Sciences d’Alger et obtient son doctorat d’ingénieur en mécanique des fluides qu’il soutient en 1978. Puis sera nommé Ingénieur Chef de Région Années 80 il sera professeur associé à l’école polytechnique d’El Harrach et membre du jury d’examen de l’IAP de Boumèrdes, période durant laquelle, en amateur, il s’adonnera à la photo et montera son laboratoire chez lui. En 1989, à l’appel d’anciens d’Alger Républicain, il reprend la plume pour faire renaître la chronique d’El Ghoul, qu’il accompagnera souvent de ses propres caricatures, sans pour autant quitter la Sonelgaz, au sein de laquelle il sera nommé Ingénieur Assistant à la direction du transport gaz et sera contacté par Djillali Liabés pour intégrer l’Institut des études de Stratégie Globale de Ain Ouessara . Il participe au journal satirique El Manchar. En 1991, il quitte Alger rép. avec une équipe de journalistes qui créent en septembre de la même année, Le Matin où il réapparaît avec Mesmar j’ha, qu’il décide de planter en haut à droite de la 24. En avril 92, Il crée son propre bimensuel satirique Baroud qu’il arrête après une dizaine de numéros suite à des problèmes administratifs. 1993, il collabore à l’hebdomadaire Ruptures. En septembre il sera nommé directeur de la publication du quotidien le Matin puis en décembre à Sonelgaz, il sera promu ingénieur expert à la direction du transport gaz. Janvier 1994, deux fois menacée, sa femme quitte l’Algérie pour se réfugier en France, Saïd échappe à un premier attentat le 8 mars 94 à la sortie de son domicile. Mais le 3 décembre 1994, il est de nouveau victime d’un attentat dans une restaurant proche du journal à Hussein Dey. Touché de deux balles dans la tête, Said succombera à ses blessures le lendemain à l’hôpital de Ain Naâdja d’Alger . Il sera enterré, au cimetière de Sidi Mohand Amokrane à Béjaia. Son dernier billet ‘ Ce voleur qui ‘ publié le jour de son assassinat fera le tour de la presse mondiale

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L’AFFAIRE DJAOUT: UN CRIME POLITIQUE NON ÉLUCIDÉ

Posté par algeriedemocratie le 28 juin 2009

L’AFFAIRE DJAOUT: UN CRIME POLITIQUE NON ÉLUCIDÉ

Par Arezki Aït-Larbi

L’assassinat du journaliste n’a toujours pas livré ses secrets.

Alger, 8/03/01 - En quittant son domicile situé à Baïnem, une cité populaire de la Banlieue ouest d’Alger, Tahar Djaout, écrivain, journaliste et directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Ruptures ne se doutait pas que sa vie allait prendre, ce 26 mai 1993, un tournant tragique.

Il est 9 heures du matin. Tahar Djaout entre dans sa voiture, et allume le moteur. Un jeune homme tapote sur la vitre, comme s’il voulait demander quelque chose. Djaout le regarde: il se retrouve brusquement face au canon d’un revolver.

Dans un ultime et dérisoire réflexe de défense, il lève les mains en bouclier. Une détonation, puis une deuxième… Le sort du poète est scellé: touché à la tête, il sombre dans un coma profond, dont il ne se réveillera jamais. Les agresseurs jettent le corps encore agité de soubresauts sur le sol, montent dans le véhicule, et démarrent en trombe.

Du balcon qui surplombe le parking, des voisines qui ont vu toute la scène donnent l’alerte. Évacué vers l’hôpital de Baïnem, Tahar Djaout rendra l’âme une semaine plus tard.

Les aveux télévisés
Le 1er juin 1993, au journal de 20 heures, un jeune homme de 28 ans, Belabassi Abdellah, passe aux aveux. Présenté comme le chauffeur du commando, il affirme que l’ordre d’abattre Tahar Djaout venait de Abdelhaq Layada, « émir » du GIA, et qu’une fatwa avait été lancée contre le journaliste, car « il était communiste, et avait une plume redoutable qui influençait les musulmans! »

Puis, il donne les noms de ses complices: Boubekeur Ras-Leghrab, marchand de bonbons et chef du groupe, Brahimi Mohamed dit Toufik, Ahmed Benderka et Abdelkrim Aït-Ouméziane. Il affirme que pour brouiller les pistes, il devait les déposer à Bab-El-Oued (environ 15 km de la cité de Baïnem où habitait Djaout), et les récupérer, après l’attentat, dans un autre endroit. Ultime révélation, il serait l’unique survivant du commando, ses complices ayant tous étés abattus lors d’accrochages avec les forces de police.

Saïd Mekbel, le célèbre billettiste du journal Le Matin ne cache pas son scepticisme: « On nous annonce que quatre des assassins de Tahar Djaout ont été tués », écrit-il le lendemain dans Mesmar Djeha, sa chronique quotidienne. « Qu’on me pardonne de le dire si brutalement : l’annonce a été reçue comme un gros gag, elle a même fait rire certains… de désespoir. C’est qu’on ne croit plus rien, on ne croit plus personne. »

Ce doute sera conforté par de curieuses lacunes dans l’enquête. En retrouvant, quelques heures après l’attentat, le véhicule de Djaout utilisé par les assassins pour leur fuite, la police s’est empressée de le restituer à la famille, sans procéder aux expertises d’usage. Les voisines qui, de leur balcon, ont vu les assassins, n’ont pas été convoquées pour éventuellement les identifier…

« Commanditaires de l’ombre »
Au lendemain de l’enterrement, une vingtaine d’artistes et d’intellectuels décident de créer un « Comité vérité Tahar Djaout ». Dans un communiqué publié le 7 juin 1993, ils appellent l’opinion publique à les soutenir dans leur quête, car, écrivent-ils, « trop de crimes politiques restent impunis dans notre pays. Les images de lampistes exhibées à la télé ne pourront masquer les commanditaires de l’ombre. »

Parmi les signataires, le professeur en psychiatrie Mahfoud Boucebsi, le chirurgien Soltane Ameur, les écrivains Rachid Mimouni et Nordine Saâdi, le cinéaste Azzedine Meddour et le journaliste Omar Belhouchet. Saïd Mekbel, coordinateur du comité, explique ses objectifs: « nous sommes résolus à lancer une tradition pour connaître les vrais auteurs et commanditaires de ces crimes. »

Le lendemain vers 11 heures 30, le professeur Boucebsi est assassiné de plusieurs coups de couteau devant l’entrée de l’hôpital Drid Hocine, où il était chef de service. À 16 heures, des policiers se présentent au siège de l’hebdomadaire Ruptures, et demandent « les adresses des membres du Comité pour assurer leur protection! » Certains d’entre eux refusent, d’autres, sous la pression, choisiront l’exil. « L’assassinat du professeur Boucebsi est la preuve que nous avons mis le doigt sur un point sensible », confie Saïd Mekbel à des amis. Le 3 décembre 1994, il est abattu, en plein jour à son tour, dans un restaurant d’Alger.

Les juges ne suivent pas
Juillet 1994, l’affaire Djaout arrive devant la Cour spéciale d’Alger, juridiction d’exception créée en 1993 pour juger les affaires de terrorisme, et aujourd’hui dissoute. Dans le box des accusés, le « chauffeur » Belabassi Abdellah et « l’émir » Abdelhaq Layada, arrêté une année auparavant, ont la mine crispée. Le procès commence par un coup de théâtre: Belabassi revient sur ses aveux télévisés et déclare avoir parlé sous la torture. Ses avocats affirment même détenir la preuve qu’au moment du crime, il s’entraînait avec son club de Hand-ball au stade algérois du « 5 juillet. »

Quant à Layada, déjà condamné à la peine capitale pour d’autres crimes, il semble tenir à son innocence dans celui-ci, comme si sa vie en dépendait: « je ne connaissais même pas Tahar Djaout; plaide-t-il, je n’ai entendu parler de lui qu’après sa mort… » En effet, au moment de l’attentat, « l’émir » du GIA se trouvait au Maroc depuis deux mois, avant d’être extradé vers l’Algérie une année plus tard, suite à d’âpres négociations entre les autorités des deux pays. Expédié en quelques heures, le procès se termine par un verdict surprenant: Layada est acquitté et Belabassi, poursuivi pour complicité dans d’autres attentats, écope d’une peine de dix ans de prison.

Hérésie Subversive
À l’annonce de cette sentence, Layada apostrophe les journalistes, venus nombreux: « la justice m’a innocenté dans cette affaire, j’espère que vous en tiendrez compte dans vos articles! » Cet acquittement n’empêchera pas des journaux de revenir sur la fable du « poète assassiné par un marchand de bonbons, sur ordre d’un tôlier! » Sans doute pour conforter le classement du dossier judiciaire et éviter les questions restées, à ce jour, sans réponse: qui sont les véritables assassins de Tahar Djaout? Qui sont leurs commanditaires?

Dans un pays qui n’a pas fini de compter ses morts, cette quête de vérité peut paraître dérisoire. Pour certains milieux « républicains », c’est une hérésie subversive. Au nom de « la famille qui avance », une formule empruntée au dernier éditorial de Tahar Djaout et détournée de son sens initial, de véritables « commissaires politiques » sont chargés de traquer les velléités de remise en cause des « vérités » officielles: le moindre doute, la plus timide interrogation sont condamnés comme des « tentatives d’absoudre les islamistes de leurs crimes! »

Malgré ces manœuvres, il reste toutefois une certitude: huit ans après, l’assassinat de Tahar Djaout, comme tant d’autres, reste une énigme.


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Dixième anniversaire de l’assassinat de Saïd Mekbel

Posté par algeriedemocratie le 28 juin 2009

Dixième anniversaire de l’assassinat de Saïd Mekbel

La vérité a besoin de témoins

Voilà bientôt dix ans que Saïd, ce voleur qui… nous quittait en laissant plus de mille billets. Des chroniques : « El Ghoul », « A belles dents », « Mesmar J’ha », en passant par des interviews imaginaires, des écrits dans El Manchar, Baroud ou encore Rupture.

De ses écrits, il dira : « Je ne comprends pas grand-chose à ce qui se passe… J’essaie de faire en sorte de ne pas être avec et pour ceux dont la vocation est de former puis dresser des troupeaux… dans le respect bien compris de cette liberté individuelle. » Ses billets abordaient tout ce qui touchait le pays, avec quelques rares allusions à son propre vécu, quand il écrit par exemple : « On a connu un DG qui, le jour où il devait quitter son fauteuil, régla ses comptes… en signant des décisions dont l’exécution était laissée à son successeur. Pour l’anecdote, cela se passa juste avant octobre 1988… » Mais c’est « Double Casquette », parue à la une du premier numéro d’Alger Républicain 1989, qui signe son retour à la presse, il demande alors à Chadli de choisir entre la présidence du FLN et celle de la République : « D’aucuns souhaitent que le président de la République abandonne la présidence du FLN. » Il reprend en 1991 : « De la stature de notre Président, ne retiendrons-nous donc que le côté Chadli mini ? » Pour le Premier ministre Hamrouche, il aura cette petite remarque : « Il apparaît avec un chapelet de prière à la main… qui pourrait bien annoncer… le ralliement… la complicité. » Puis il se demandera quelle différence il y a entre « Hachani disant : quand nous serons au pouvoir, les journalistes nous rendront des comptes…, et cette personnalité du pouvoir : dorénavant, les journalistes devront arracher la liberté de la presse ». Au cheikh du FIS, conseillant de se préparer à changer les habitudes vestimentaires et alimentaires, il répondra : « … Je vous incite en toute fraternité à aller… vous rhabiller. » A l’arrivée de Boudiaf, « le brasseur d’argile » pour certains, il note l’absence de ses compagnons de guerre, Aït Ahmed, Ben Bella, Bitat, en précisant : « Ce morceau de datte qui est recraché… signe qu’une certaine Algérie lui est restée en travers de la gorge. » De Bouteflika, il aura cette prémonition : « …. Avoir gardé le silence pendant quatorze années pour un homme politique de l’envergure de Bouteflika, c’est plus qu’une erreur, c’est une faute grave que nous risquons peut-être d’endosser, car après quatorze années d’abstinence verbale, s’il est désigné comme Président, il aura tellement de choses à raconter qu’il en oublierait peut-être notre envie de parler. » Concernant le passé de la presse, il écrira : « Nous avions montré beaucoup de générosité dans l’attaque contre certains hommes qui sont aujourd’hui devenus notre honneur… Pour que nous ne recommencions pas les mêmes erreurs. » Puis à certains qui proposent la création d’un comité d’éthique, il répondra : « Chacun de nous est libre de se baigner dans ce qu’il veut… mais je crains les moutons de notre profession… Ceux qui retournent la veste, ceux qui s’agenouillent et se prosternent, offrant aux nouveaux maîtres ce petit trou de balle qui leur sert de nombril et qui a déjà évacué ce qui leur restait de dignité. » Parlant de la torture, il propose de donner des cendriers aux agents de police, en leur expliquant qu’« ils sont à offrir à quelques-uns de leurs collègues, fumistes de profession, qui, dans certains commissariats, demandent aux détenus d’ouvrir la bouche pour l’offrir en guise de cendrier ». A qui profite le crime ? « …Tant ils sont faits pour arranger toutes les extrémités politiques qui veulent conquérir ou se maintenir au Pouvoir. N’y a-t-il vraiment rien d’autre à dérouler sur le chemin qui mène au fauteuil que ce macabre tapis fait de ces corps d’intellectuels… ? » De la destruction du pays, il prendra l’exemple de la cimenterie de Meftah « qui a été l’objet d’un sabotage terroriste… minimum trois mois d’arrêt, s’il appauvrit un pays de plus en plus touché, s’il touche un citoyen de plus en plus appauvri, il doit bien se trouver quelque part des salopards que cela doit enrichir ». Puis, il décrira l’enterrement de Hirèche : « … Son frère répétant sans cesse : “Khad’ouna“ – ils nous ont trahis. » « Sur le chemin du retour, on voit un bourgeois, qui, les mains dans les poches, constate d’un air satisfait l’état d’avancement des travaux de sa villa » et ajoutera en montrant du doigt ceux d’en haut : « Vous trouvez normal… qu’un simple citoyen n’ose même pas faire la chaîne pour acheter son pain, alors qu’un Nahnah, Mehri ou qu’un Ben Bella ou autres énergumènes politiques peut se permettre une flânerie tranquille en ville ? » Il se posera d’ailleurs la question de savoir qui va le tuer : « J’ai parfois grande envie de rencontrer les assassins et surtout les commanditaires » car, plus encore, « je voudrais bien savoir qui va ordonner ma mort ». A un avertissement du Haut Comité d’Etat (HCE), il répondra : « Mais il y en a d’autres aussi, des moins haut placés, qui risquent leur vie… gendarme, soldat, policier et, aujourd’hui, simple citoyen… Il faut aussi qu’on se souvienne que dans notre métier, on court aussi des risques pour sa vie. » De la jeunesse, il se demande « quelle espèce de mutants sont-ils en train de faire naître les trafiquants d’armes et de drogue, les escrocs de la finance, les escrocs de la religion… » Des femmes, il dira : « Combien d’hommes incompétents ont occupé un poste que des femmes compétentes n’ont pas occupé ? » Il raconte l’histoire de cet homme qui vient de recevoir une lettre anonyme lui ordonnant de fermer sa clinique : « Je ne dors plus car je ne sais quoi faire… » Il conseille : « Confiez donc la direction de votre clinique à une femme et partez tranquille. » Pour lui, l’intolérance, c’est cette lettre de ce « combattant anonyme » qui promet une Algérie islamique en condamnant à mort cet autre lecteur, « qui avait eu la lâcheté d’indiquer son nom, d’affirmer qu’il était algérien chrétien, assumant son identité, vivant sa foi, ses convictions et ses idées… » Il en parlera encore, lors de l’assassinat des deux religieuses espagnoles : « Comment peut-on tirer sur deux femmes ? Sur deux religieuses, deux créatures de Dieu… qui voulaient faire pencher la balance du côté de la paix et de miséricorde ? Vers quel monde de ténèbres allons-nous, nous qui ne rêvons que de lumière ? » L’avenir du pays ? Il constate : « Chaque jour qui passe vaut une année de perdue… au moins dix ans de retard sur les terrains… On a reculé, tellement reculé, que dans cet élan, on va sauter la transition et aller à la révolution… » Pour conclure, il laissera cette note : « C’est aux lecteurs, à eux en particulier, que je livre ces écrits du jour le jour, modestes traces laissées par un citoyen… car la vérité est comme la justice : elle a besoin de témoins… Même les tout petits témoins qui peuvent écrire des choses qui restent et qui durent. »

Par Nazim Mekbel

La vérité a besoin de témoins

Voilà bientôt dix ans que Saïd, ce voleur qui… nous quittait en laissant plus de mille billets. Des chroniques : « El Ghoul », « A belles dents », « Mesmar J’ha », en passant par des interviews imaginaires, des écrits dans El Manchar, Baroud ou encore Rupture.

De ses écrits, il dira : « Je ne comprends pas grand-chose à ce qui se passe… J’essaie de faire en sorte de ne pas être avec et pour ceux dont la vocation est de former puis dresser des troupeaux… dans le respect bien compris de cette liberté individuelle. » Ses billets abordaient tout ce qui touchait le pays, avec quelques rares allusions à son propre vécu, quand il écrit par exemple : « On a connu un DG qui, le jour où il devait quitter son fauteuil, régla ses comptes… en signant des décisions dont l’exécution était laissée à son successeur. Pour l’anecdote, cela se passa juste avant octobre 1988… » Mais c’est « Double Casquette », parue à la une du premier numéro d’Alger Républicain 1989, qui signe son retour à la presse, il demande alors à Chadli de choisir entre la présidence du FLN et celle de la République : « D’aucuns souhaitent que le président de la République abandonne la présidence du FLN. » Il reprend en 1991 : « De la stature de notre Président, ne retiendrons-nous donc que le côté Chadli mini ? » Pour le Premier ministre Hamrouche, il aura cette petite remarque : « Il apparaît avec un chapelet de prière à la main… qui pourrait bien annoncer… le ralliement… la complicité. » Puis il se demandera quelle différence il y a entre « Hachani disant : quand nous serons au pouvoir, les journalistes nous rendront des comptes…, et cette personnalité du pouvoir : dorénavant, les journalistes devront arracher la liberté de la presse ». Au cheikh du FIS, conseillant de se préparer à changer les habitudes vestimentaires et alimentaires, il répondra : « … Je vous incite en toute fraternité à aller… vous rhabiller. » A l’arrivée de Boudiaf, « le brasseur d’argile » pour certains, il note l’absence de ses compagnons de guerre, Aït Ahmed, Ben Bella, Bitat, en précisant : « Ce morceau de datte qui est recraché… signe qu’une certaine Algérie lui est restée en travers de la gorge. » De Bouteflika, il aura cette prémonition : « …. Avoir gardé le silence pendant quatorze années pour un homme politique de l’envergure de Bouteflika, c’est plus qu’une erreur, c’est une faute grave que nous risquons peut-être d’endosser, car après quatorze années d’abstinence verbale, s’il est désigné comme Président, il aura tellement de choses à raconter qu’il en oublierait peut-être notre envie de parler. » Concernant le passé de la presse, il écrira : « Nous avions montré beaucoup de générosité dans l’attaque contre certains hommes qui sont aujourd’hui devenus notre honneur… Pour que nous ne recommencions pas les mêmes erreurs. » Puis à certains qui proposent la création d’un comité d’éthique, il répondra : « Chacun de nous est libre de se baigner dans ce qu’il veut… mais je crains les moutons de notre profession… Ceux qui retournent la veste, ceux qui s’agenouillent et se prosternent, offrant aux nouveaux maîtres ce petit trou de balle qui leur sert de nombril et qui a déjà évacué ce qui leur restait de dignité. » Parlant de la torture, il propose de donner des cendriers aux agents de police, en leur expliquant qu’« ils sont à offrir à quelques-uns de leurs collègues, fumistes de profession, qui, dans certains commissariats, demandent aux détenus d’ouvrir la bouche pour l’offrir en guise de cendrier ». A qui profite le crime ? « …Tant ils sont faits pour arranger toutes les extrémités politiques qui veulent conquérir ou se maintenir au Pouvoir. N’y a-t-il vraiment rien d’autre à dérouler sur le chemin qui mène au fauteuil que ce macabre tapis fait de ces corps d’intellectuels… ? » De la destruction du pays, il prendra l’exemple de la cimenterie de Meftah « qui a été l’objet d’un sabotage terroriste… minimum trois mois d’arrêt, s’il appauvrit un pays de plus en plus touché, s’il touche un citoyen de plus en plus appauvri, il doit bien se trouver quelque part des salopards que cela doit enrichir ». Puis, il décrira l’enterrement de Hirèche : « … Son frère répétant sans cesse : “Khad’ouna“ – ils nous ont trahis. » « Sur le chemin du retour, on voit un bourgeois, qui, les mains dans les poches, constate d’un air satisfait l’état d’avancement des travaux de sa villa » et ajoutera en montrant du doigt ceux d’en haut : « Vous trouvez normal… qu’un simple citoyen n’ose même pas faire la chaîne pour acheter son pain, alors qu’un Nahnah, Mehri ou qu’un Ben Bella ou autres énergumènes politiques peut se permettre une flânerie tranquille en ville ? » Il se posera d’ailleurs la question de savoir qui va le tuer : « J’ai parfois grande envie de rencontrer les assassins et surtout les commanditaires » car, plus encore, « je voudrais bien savoir qui va ordonner ma mort ». A un avertissement du Haut Comité d’Etat (HCE), il répondra : « Mais il y en a d’autres aussi, des moins haut placés, qui risquent leur vie… gendarme, soldat, policier et, aujourd’hui, simple citoyen… Il faut aussi qu’on se souvienne que dans notre métier, on court aussi des risques pour sa vie. » De la jeunesse, il se demande « quelle espèce de mutants sont-ils en train de faire naître les trafiquants d’armes et de drogue, les escrocs de la finance, les escrocs de la religion… » Des femmes, il dira : « Combien d’hommes incompétents ont occupé un poste que des femmes compétentes n’ont pas occupé ? » Il raconte l’histoire de cet homme qui vient de recevoir une lettre anonyme lui ordonnant de fermer sa clinique : « Je ne dors plus car je ne sais quoi faire… » Il conseille : « Confiez donc la direction de votre clinique à une femme et partez tranquille. » Pour lui, l’intolérance, c’est cette lettre de ce « combattant anonyme » qui promet une Algérie islamique en condamnant à mort cet autre lecteur, « qui avait eu la lâcheté d’indiquer son nom, d’affirmer qu’il était algérien chrétien, assumant son identité, vivant sa foi, ses convictions et ses idées… » Il en parlera encore, lors de l’assassinat des deux religieuses espagnoles : « Comment peut-on tirer sur deux femmes ? Sur deux religieuses, deux créatures de Dieu… qui voulaient faire pencher la balance du côté de la paix et de miséricorde ? Vers quel monde de ténèbres allons-nous, nous qui ne rêvons que de lumière ? » L’avenir du pays ? Il constate : « Chaque jour qui passe vaut une année de perdue… au moins dix ans de retard sur les terrains… On a reculé, tellement reculé, que dans cet élan, on va sauter la transition et aller à la révolution… » Pour conclure, il laissera cette note : « C’est aux lecteurs, à eux en particulier, que je livre ces écrits du jour le jour, modestes traces laissées par un citoyen… car la vérité est comme la justice : elle a besoin de témoins… Même les tout petits témoins qui peuvent écrire des choses qui restent et qui durent. »

Par Nazim Mekbel

source: el-watan

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hommage a SAID MEKBEL

Posté par algeriedemocratie le 28 juin 2009

 

Date de publication : 31 août 2007 par nordine

Saïd MEKBEL

hommage a SAID MEKBEL dans SAID MEKBEL(13) said_mekbel

Saïd MEKBEL est né à Béjaïa le 25 mars 1940, ses études l´ont conduit en France pour se terminer à l´indépendance de l´Algérie. Il reprendra des études d´ingénieur en physique à l´âge de 29 ans à l´ENITA, et poursuivra par une thèse de docteur – ingénieur en mécanique des fluides. C´est peut – être ce parcours atypique qui lui a permis d´être aussi constant dans l´écriture. Ce sont Tchékov, Jules Renard, Escarpit, Maupassant et bien d´autres qui l´ont inspiré pour aller vers les nouvelles et les billets. Raconter en quelques lignes un fait divers, une situation était pour lui un défi, défi qui lui coûtera la vie. Au delà de l´hommage à la mémoire de l´homme et du journaliste, évident pour l´esprit libre, il s´agit également de préserver le patrimoine journalistique mais littéraire et culturel. Ces billets célèbres (Mesmar J´ha) apportaient chaque matin une note d´humeur insatiable aux milliers d´algériens accompagnés d´un café serré et d´une cigarette « Afras ».

Décés de Said Mekbel

Saïd a été assassiné le 3 décembre 1994 dans un petit restaurant situé non loin du journal Le Matin où il était directeur de publication Saïd Mekbel, directeur du « Matin », assassiné Correspondance particulière. IL était midi, samedi, quand Saïd Mekbel, directeur de la publication du « Matin » et billettiste de ce quotidien, a été assassiné à bout portant par des terroristes. Saïd Mekbel était attablé en compagnie d´une jeune collègue dans une pizzeria se situant à moins de 30 mètres des locaux du journal « le Matin ». Il n´a pas vu arriver les deux tueurs qui ont tiré deux balles. L´une l´a touché en pleine tête.

Transporté à l´hôpital, Saïd Mekbel a plongé dans un profond coma. Il a succombé à ses blessures. Ce fut un choc terrible. D´abord pour la rédaction du « Matin », puis pour l´ensemble de la presse algérienne. La rédaction du « Matin », une fois la douleur surmontée, a réagi dans l´après-midi. Le quotidien doit continuer sa route. Durant toute la matinée, les confrères, des personnalités de la mouvance démocratique se sont déplacées, d´autres téléphonaient à la rédaction.

Saïd Mekbel, c´était El Ghoul (l´ogre) dans « Alger républicain », jusqu´en 1965, date à partir de laquelle ce quotidien fut interdit. Puis ce fut de nouveau El Ghoul lorsqu´« Alger républicain » est reparu en 1990. Et, à partir de 1991, est devenu Mesmar J´ha (le clou de J´ha) dans le quotidien « le Matin », qu´il contribua à lancer avec une jeune équipe de journalistes issue d´« Alger républicain ». Comme la plupart des journalistes du « Matin », Saïd Mekbel a été un militant actif de l´ex-PAGS. C´était un billettiste de talent, à l´humour corrosif, au verbe moqueur… A travers ses billets satiriques, il épinglait toute la classe politique, y compris le président Zéroual et les généraux de l´armée. Et le petit peuple, à travers le personnage de « l´ami Boussaid », prenait sa revanche sur les grands de ce pays. Mesmar J´ha était un empêcheur de tourner en rond. Il détenait le record de la presse algérienne en matière de citations à comparaître : quinze citations et plusieurs condamnations, dont quelques-unes émanant des militaires ou du FLN. Un billet prémonitoire L´assassinat de Saïd Mekbel a fait la « une » des médias algériens, toutes tendances confondues. La télévision algérienne lui a consacré près de cinq minutes. Son dernier billet (voir ci-contre) paru dans l´édition du « Matin » de samedi était prémonitoire. L´ensemble de la presse l´a reproduit dans ses éditions d´hier en hommage au billettiste de talent qu´il était. Saïd Mekbel sera enterré dans sa région natale, à Bougie, dans la petite Kabylie, une région qu´il aimait tant. HASSANE ZERROUKY Article paru dans l’édition du 5 décembre 1994. l’humanité

source:http://www.soummam.org

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