réponse de salah eddine Sidhoum sur le site quotidien d’algérie

Posté par algeriedemocratie le 28 juin 2009

En réponse aux frères intervenants :
Je crois que tous les compatriotes sincères sont d’accord sur l’impérative nécessité du changement, après 47 ans de fuite en avant d’un régime illégitime dont la politique a mené le pays et la Nation vers une terrible FAILLITE SANGLANTE.
Il est vrai que nous entendons depuis des décennies et plus particulièrement depuis la supercherie démocratique de 88 des voix disparates prôner ce changement. Mais chacun avait sa propre perception du changement, sans tenir compte du point de vue des autres. Chacun voulait imposer à sa manière le changement. Certains dans les maquis, d’autres dans les salons ou les officines. Très peu avec le peuple et sa jeunesse.
Après 47 ans d’une indépendance inachevée et 18 ans de violence politique, le bilan est peu reluisant. Nous ne parlerons pas du régime illégitime, de ses échecs patents et de ses tares connues de toutes et de tous et rabâchées maintes fois jusqu’à la nausée. Nous préférons parler de la société, de ses «élites » et de sa classe politique. C’est-à-dire parler de nous-mêmes, de nos insuffisances et de nos erreurs qui ont permis à une voyoucratie de prendre en otage notre propre pays. Ces « élites » tant intellectuelles que politiques ont-elles été à la hauteur pour pouvoir constituer cette locomotive capable de sortir la société du tunnel ténébreux dans laquelle est a été enfermée depuis des décennies ? N’avons-nous pas failli quelque part par notre autosuffisance ? Ne nous ne sommes nous pas déconnectés de notre « ghachi » méprisé et abandonné à lui-même et à tous les aventuriers de tous bords ? Autant de questions auxquelles nous devons répondre avec franchise et sincérité. On ne peut avancer et nous lancer dans cette dynamique de changement sans avoir fait notre autocritique, pour ne pas dire notre mea-culpa.
Nous le disons et le répétons : l’Algérie n’est pas seulement malade de son régime politique, elle est surtout malade de ses élites.
Sans la complicité d’une bonne partie de ces élites, la voyoucratie vomie et honnie par le peuple aurait –elle pu rester indéfiniment au pouvoir, après tous les désastres qu’elle a provoqué ?
Consciemment pour certains et inconsciemment pour d’autres, ces « élites » participent à maintenir ce statu-quo politique suicidaire. Par les divisions artificielles entretenues par une partie de cette classe intellectuelle et politique, le pouvoir est arrivé à paralyser toute activité d’organisation et de structuration d’une véritable opposition.
Nous sommes arrivés à une telle situation que nous doutions de nos propres origines. Des « esprits pseudo-éclairés » remettent en cause notre ALGERIANITE, alors que celle-ci a été FORGEE PAR L’HISTOIRE, ce que la France coloniale avec ses gigantesques moyens n’a pu réaliser avec nos parents.
D’autres – une infime minorité – au nom d’une démocratie sélective, se permettent d’exclure une partie de la société, se posant en tuteurs du peuple et toujours au nom de leur « démocratie » qui n’a rien à voir avec la Démocratie.
D’autres hier, au nom d’un nationalisme plus que douteux et brandissant de fausses attestations communales, se sont permis de distribuer des brevets de patriotisme aux bravaches et de qualifier de traitres d’illustres héros de la guerre de libération.
Certains enfin, dégoulinant de nifaq, ont voulu nous ré-enseigner l’Islam par la force. Il est vrai que la démission des véritables élites religieuses a permis à des charlatans de se jouer de notre noble religion. Personne à l’époque n’avait le courage de rappeler à ces derniers « qu’il ne s’agissait pas d’enseigner au musulman une croyance qu’il possédait déjà, mais de restituer à cette croyance son efficacité » pour reprendre Malek Bennabi.
A la lumière de ces erreurs criardes du passé, avons-nous tiré les leçons et sommes-nous capables de mettre de côté nos divergences, le plus souvent artificiellement entretenues par qui on sait et nous entendre sur un minimum de principes démocratiques et de valeurs civilisationnelles qui lient l’écrasante majorité du peuple, pour sauver l’Algérie de ce désastre annoncé ?
C’est ce que nous avons humblement essayé de faire à travers l’Appel du 19 mars 2009, un appel fait en Algérie et en toute indépendance par des Algérien(ne)s libres résidant ici et en exil. Cela a demandé plus de quatre années de consultations de centaines de compatriotes, toutes tendances politiques confondues, sans exclusion ni exclusive, et de quelques personnalités connues pour leur sagesse et leur intégrité qui nous ont apporté leurs sages conseils et leurs encouragements à « cette génération de l’indépendance qui doit parachever le travail que nous avons commencé dans les années 40 » pour reprendre l’une des personnalités consultées.
Après trois mois, sa diffusion s’est largement faite en Algérie et chez notre diaspora. Notre appel s’est fait en direction de notre base et de ses véritables élites, non pas vers les appareils politiques. Même si l’accueil a été majoritairement favorable au niveau de la base, de notre jeunesse estudiantine, de nos universitaires et même de certains ayant appartenu à un moment au système, cet Appel ne pourra se concrétiser que par l’engagement de toutes et de tous ceux qui croient aux idéaux qu’il véhicule et aux buts qu’il s’est fixé.
Je crois et comme l’ont également affirmé et souligné nos compatriotes adhérents à l’esprit du texte, l’Appel est très clair sur les principes et les valeurs qui nous rassemblent. Qui est contre l’Algérianité dans sa globalité ? Qui est contre la démocratie comme moyen de gestion politique de la société ? Qui est contre le respect des Droits de la personne humaine ? Qui est contre le respect et la promotion des cultures de la Nation Algérienne ? Qui est contre le respect des libertés individuelles et collectives ? Qui est contre le libre choix du peuple souverain ? Qui est contre un compromis historique regroupant tous ces principes, accepté et respecté par tous ?
Il faudrait que les choses soient claires pour cette minorité qui nage en eau trouble, déconnectée des réalités nationales et que voudrait être tutrice du peuple et détentrice du monopole de la démocratie. Ce Front du changement National (Djabhat Etaghyir El Watani) sera celui de toutes les Algériennes et tous les Algériens, sans exclusion ni exclusive. Son but est le changement radical du système politique. Ses moyens sont exclusivement pacifiques comme clairement explicités dans l’Appel. Ce Front ne sera inféodé ni à Paris, ni à Washington ni à Ryad ni au Caire. Et nous n’avons de conseils ni de soutien à recevoir de personne si ce n’est de notre propre peuple généreux et patient. Nous ne serons jamais de ceux qui iront quémander un quelconque soutien aux ambassades et nous ne serons jamais de ceux qui libéreront notre Algérie de cette voyoucratie, en entrant sur des blindés français ou américains, comme le disait un ami syrien exilé, militant des droits de l’homme.
Tout comme nous disons et répétons que personne n’a le monopole de l’Islam ou de la démocratie. Le premier est la religion de la très grande majorité de notre peuple. La seconde est une culture et un moyen de gestion politique de la société utilisé par toutes les forces politiques saines, sans exclusive.
Nous ne sommes pas un parti politique, ni des rivaux de quiconque. Notre but et nos moyens sont clairs. Nous n’aspirons nullement à prendre un quelconque pouvoir. Nous n’aspirons qu’à rassembler la grande majorité du peuple et ses forces politiques réellement représentatives en vue de créer cette dynamique populaire du changement et remettre le pays sur ses rails avec un Etat de Droit et de véritables institutions, permettant ainsi aux forces politiques issues du peuple et non des labos, de s’affronter pacifiquement dans une libre compétition démocratique, comme cela se déroule dans les pays civilisés. Et dont le SEUL ARBITRE sera le PEUPLE.
Ayons l’honnêteté de dire qu’il n’y a pas seulement ce régime qui refuse le changement. Il y a aussi cette minorité de politicards, donneurs de leçons, qui refuse le changement. Car demain, par la volonté du peuple souverain et par les voies réellement démocratiques, ces politicards craignent de devenir insignifiants.
Nous pensons qu’après cette phase d’information et de diffusion de l’Appel qui a duré trois mois, nous devons approfondir notre réflexion sur les moyens de mobilisation et d’adhésion populaire.
La solution de cette crise se trouve entre les mains des Algériens. Libérons-nous du climat de suspicion et de peur, inculqué depuis des décennies dans nos esprits et engageons-nous dans la voie courageuse du changement pour sauver l’Algérie.
Le débat est ouvert et L’Histoire demain jugera !

Salah-Eddine Sidhoum
Alger

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