MESSAGE DE ALI BELHADJ SUITE AUX ATTENTATS

Posté par algeriedemocratie le 30 juin 2009

TRADUCTION
DU MESSAGE DE ALI BELHADJ
VICE-PRESIDENT
DU FIS ALGERIEN
SUITE AUX ATTENTATS
DU 11 AVRIL 2007 A ALGER

 QUELQUES MOTSCe texte, daté du 19 avril 2007, a été transmis par Yasser As-Sirri (Al-Sirri), alias Abou Ammar, fondateur de  » Al Marsad Al-Ilami Al-Islami « , une organisation qui se présente comme le défenseur des droits des musulmans arrêtés dans le monde. Il vit en exil à Londres. En 2004, il avait été arrêté en raison de la lettre de couverture fournie à de faux journalistes arabes pour assassiner Ahmad Shah Massoud en Afghanistan.

Ali Belhadj parle ici sur un ton plus serein que celui qu’on lui connaissait au début des années 90. On remarque néanmoins sa tendance excessive à attribuer la responsabilité des attentats et des assassinats au pouvoir en raison de la violence de sa gouvernance. Il parle de terrorisme d’État et oublie le terrorisme des organisations islamistes. Par contre, il n’attribue pas les attentats du 11 avril à l’armée ou aux services secrets algériens comme c’était devenu une habitude de la part des islamistes.

On voit en Algérie deux fronts, tout aussi impitoyables l’un que l’autre, se faire face : le pouvoir, avec au coeur de son dispositif l’armée et les services, d’un côté. Les organisations islamistes et leur fer de lance, les terroristes, de l’autre. A cela, il faut ajouter les manipulations des uns et des autres, et surtout des services sur le terrain, pour travestir la vérité à leur avantage.

(Les passages soulignés en gras le sont dans la version en arabe du texte).

  LE TEXTE D’ALI BELHADJ 

 » Au nom d’Allah le miséricordieux, le tout miséricordieux

Louanges à Allah qui dit dans son noble Livre  » Bientôt vous aurez à vous souvenir de ce que je vous dis [Quant à moi], je confie mon sort à Dieu, car il voit bien ses serviteurs «  (1). Bénédiction et prière sur le plus noble des envoyés qui dit le hadith (2)  » la religion, c’est la sincérité « , et sur sa famille et sur tous ses compagnons.

Après le préambule nécessaire, paix, bénédiction et miséricorde d’Allah soient sur vous.

Que l’opinion publique, intérieure et extérieure, sache que les évènements qui ont secoué dernièrement notre pays, l’Algérie, sont en réalité le fait d’une crise politique complexe, aux aspects multiples, dans une situation où une solution politique juste et globale n’a pas abouti. Depuis le coup d’État de malheur contre la volonté du peuple en 1992 (3), les jours et les années passés ont démontré, que ne servaient à rien la répression, les mensonges propagés par les médias, la pratique du dénigrement, les dénonciations, les condamnations, les campagnes médiatiques douteuses, la manipulation des gens, l’instrumentalisation des sentiments, le tout sous le signe de la mise à l’écart de la partie de l’opinion qui déplait au pouvoir réel. Tout cela est inutile, semblable à un calmant dont l’efficacité s’estompera avec le temps, avant que les choses ne reprennent leur cours normal.

Accomplissant notre devoir de conseiller et de vigile, nous mettons en garde le régime. Sa manière de résoudre l’immense crise qui asphyxie le pays a prouvé son inefficacité et ses limites. La courte vue qui l’inspire a eu pour résultat la mort de milliers de personnes de toutes les classes sociales du peuple algérien, y compris des gens ordinaires travaillant dans les milieux sécuritaire et que le pouvoir a utilisé comme boucliers humains afin de rester en place et de préserver ses intérêts illégitimes.

La plus grande responsabilité ne tombe pas sur la jeunesse en rébellion pour défendre sa religion ou bien défendre son quotidien et ses droits légitimes. Celui qui étudie l’histoire de l’humanité et la cause des conflits armés découvre que les régimes despotiques, qui adoptent la répression terroriste, alimentent et engendrent la violence politique. A l’origine, en tant que phénomène social apparent, elle est à l’état latent au coeur de la société et n’attend pour s’exprimer que l’apparition de circonstances politiques et sociales qui lui soient favorables. Cela n’exempte pas les auteurs de leur part de responsabilité directe. De tels régimes endossent la responsabilité totale des violences, de l’extrémisme ou de réactions aux conséquences incalculables. Car, la violence de la tête, celle de l’État, engendre la violence de la base. (4)

Les sages et les observateurs équitables, qui suivent la situation algérienne depuis le coup d’État mené contre le choix du peuple en 1992, et cela avant l’apparition d’Al Qaïda, devenue le portemanteaux sur lequel on accroche les raisons des échecs (5), savent que le système politique d’Algérie qui a perdu sa légitimité devient, avec le temps, source de danger pour toutes les catégories du peuple algérien. S’il n’est pas remplacé, par des moyens pacifiques, après l’ouverture de l’espace politique à tous les partis, cela conduira tôt ou tard le pays à une catastrophe. Les victimes tomberont par dizaines y compris parmi les simples citoyens embauchés dans les secteurs sécuritaires. Ils sont devenus les victimes de ce régime répressif et croupissant, qui continue de se boucher les oreilles refusant tout conseil ou mise en garde même s’ils émanent d’intellectuels réputés, d’hommes de science (religieux et scientifiques), d’hommes politiques, de journalistes ou d’experts.

Les derniers évènements montrent bien l’échec cuisant de la loi de concorde civile et de la prétendue réconciliation, car elle est bâtie sur des propositions malhonnêtes, incomplètes et trompeuses. Cette courte vue mènera certainement à une crise grave et des dizaines de citoyens en seront les victimes y compris la jeunesse en colère et révoltée qui se fait exploser devant les institutions et symboles de l’État. Nous demandons à Allah qu’Il accorde sa miséricorde et son pardon à tous.

Le plus grand défaut de la loi de concorde civile et de réconciliation nationale est la condamnation de la victime, sa mise à l’écart et l’octroi de l’immunité au bourreau qui avait bafoué la volonté du peuple (6). Ce qui amplifie le problème c’est la fermeture de l’espace politique à toutes les oppositions, d’orientations diverses, quand elles sont sérieuses et prennent racine dans la tradition populaire. A leur tête, nous voyons les chefs et cadres du Front Islamique du Salut. Cela touche aussi les sympathisants qui n’ont jamais été condamnés juridiquement. Ces agissements honteux sont considérés comme une criminalisation des idées et des intentions (7). Cela représente un crime qui doit être dénoncé.

Nous proposons un remède et une solution auprès des sages d’horizons divers et des observateurs politiques. On peut résumer cela ainsi :

1- L’ouverture de la bienfaisance (8), des médias, de la prédication et de l’espace politique à tous les fils de l’Algérie de toutes les orientations. Le peuple algérien musulman sera de cette manière le juge en faisant son choix.


2- Le renoncement immédiat au terrorisme d’État incarné par la répression, la vengeance, la chasse à l’homme, l’enlèvement de nuit, sortant du cadre de la loi et de la Constitution et sous couvert d’un état d’urgence injuste qui bafoue la Constitution et la loi.


3- La relance de la liberté d’expression et d’opinion pour tous les citoyens sans que personne ne soit mis à l’écart.


4- Puisque la loi de concorde civile et de réconciliation nationale a échoué, le Président de la République, en raison de sa charge, doit assumer ses responsabilités devant Allah, qu’Il soit exalté, puis devant le peuple et l’Histoire et sortir immédiatement de sa retraite et de son mutisme pour entreprendre une démarche courageuse vers une vraie solution politique, loin de toute manœuvre. Ceci pour ne pas réduire la solution à une répression sécuritaire ou médiatique trompeuse. Surtout que l’article 47 de la loi de concorde et de réconciliation nationale -malgré ses défauts- lui permet de prendre des mesures qui sauvent la réconciliation de l’échec et des difficultés. Car tout chef d’État responsable sait que l’interdiction des droits fondamentaux et la confiscation ou le viol des libertés publiques engendrent toutes sortes de rébellions et de révoltes. L’Histoire en un est le témoin.


5- Les voix qui s’élèvent ici et là et qui ignorent la situation du pays, doivent s’abstenir de tromper en travestissant les faits transmis par les citoyens ordinaires qui en sont les témoins dans leur quotidien du début du déclenchement de la crise à aujourd’hui. (9)

 

Le Vice-Président du FIS
Ali Benhadj (Belhadj)
Le 01 Rabii al thani 1428 de l’Hégire ou 19 avril 2007


NOTES(1) Coran : Sourate 40, verset 41. Traduction du cheikh Si Hamza Boubakeur, ancien recteur de la Mosquée de Paris.

(2) Un hadith est ici une citation de Mahomet.

(3) Il s’agit de l’interruption du processus des élections démocratiques pour empêcher le FIS d’accéder au pouvoir.

(4) On voit ici Ali Belhadj cherchant à déculpabiliser ceux qui ont commis les attentats commis le 11 avril 2007 à Alger (33 morts). On remarque pas une seule fois dans sa lettre il ne désigne nommément ces attentats et préfère rester dans les généralités.

(5) Nous avons gardé l’expression qui, ici, signifie qu’Al Qaïda sert de justification à tous les échecs politiques.

(6) Ali Belhadj inverse ici la manière habituelle de critiquer la loi de concorde et de réconciliation nationale. Les gens de la rue regrettent que les auteurs islamistes d’attentats ne soient pas punis. Le chef islamiste fait des auteurs des attentats des victimes du pouvoir et des excès commis par l’armée. Il voudrait donc les hommes du pouvoir punis pour leur exaction, voire leurs injustices.

(7) Nous pensons qu’Ali Belhadj veut parler là des personnes qui ont été arrêtées sans être jugées.

(8) Ce paragraphe concernant la restauration des droits civils place en premier  » le droit à la bienfaisance « . Il faut expliquer. Les organisations islamistes, le FIS en particulier, utilise la bienfaisance pour se donner une image positive dans la population, spécialement auprès des plus démunis. Tous les pouvoirs des pays musulmans ont compris cela. C’est pourquoi, afin de réduire l’influence des islamistes sur la population, ils tendent à fermer les structures de bienfaisance. Ali Belhadj veut que son parti puisse user avec efficacité de cet outil pour toucher la population et la déterminer en sa faveur.

(9) il s’agit là d’une invitation des relais médiatiques à s’enquérir de l’information auprès des gens du terrain et, surtout, de ne pas la déformer.

Une Réponse à “MESSAGE DE ALI BELHADJ SUITE AUX ATTENTATS”

  1. Flash dit :

    Gut!

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