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ça devient flagrant!!!!hihihi

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

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liberté (Mardi 14 Juillet 2009)

Analyse d’un expert militaire sur l’affaire des moines de Tibhirine

Un colonel de l’ANP répond au général Buchwalter

Par : Colonel de l’ANP

Je m’insurge contre les allégations de ce François Buchwalter, général français à la retraite, qui tente, par ouï-dire fantaisiste et après 13 années de silence durant lesquelles plusieurs autres versions aussi saugrenues
que la sienne ont été avancées par ses pairs pour porter atteinte à nos services de sécurité et à nos forces armées, de semer le doute à nouveau sur ce qui était advenu des moines trappistes du monastère de Tibhirine, dans les maquis de Médéa, un certain mois de mars 1996.

Je m’insurge d’abord pour la mémoire de ces religieux qui méritent un peu plus de dignité et de respect de la part de leurs ressortissants qui font de leur mort un fonds de commerce indécent.
Je m’insurge contre cette forme d’ingratitude envers les forces armées algériennes qui, à l’époque, n’avaient cessé de remuer ciel et terre, dans une traque farouche et sans relâche, à la recherche des ravisseurs de ces religieux, quand l’ambassade française maintenait son mutisme quant aux tractations engagées avec le chef des GIA.
Je m’insurge contre ce général qui accepte et rapporte une telle version des faits émanant (selon ses dires) d’un félon qui détiendrait lui-même ces indiscrétions de la part de son frère supposé être chef d’escadrille d’hélicoptères.
Pour ce général, j’expliquerai, dans ce qui va suivre et par un petit rappel de tactique militaire des plus élémentaires, que son niveau de compétence opérationnelle s’est, à analyser ses bavardages, avéré nul.
Je m’insurge enfin contre le fait que de telles allégations soient prises en compte par les hautes instances françaises (malgré leur rétractation finale), leur donnant ainsi une consistance à même de semer un sérieux doute dans l’opinion nationale française et internationale.

Mais, revisitons ce supposé événement gardé secret et procédons par un raisonnement par l’absurde

À l’époque, le couvre-feu était de rigueur et toute personne interceptée au-delà de l’horaire fixé était considérée, de par la loi, suspecte et sujette à toute méprise de la part des forces de sécurité. On peut donc légitimer en toute légalité les conséquences d’un bivouac, repéré au crépuscule et en plein milieu de maquis.
L’Armée algérienne n’a pas exporté de guerre hors des frontières nationales.
Elle mène un combat imposé sur son propre territoire et ce faisant, elle n’assume que son devoir constitutionnel et ne saurait être montrée d’un quelconque doigt accusateur.
Général ! Pourquoi avoir attendu 13 années pour remettre sur le tapis cette histoire, alors que vous étiez au su des pourparlers menés au niveau de votre ambassade à Alger avec ce fameux “Abdullah” pour la libération des
7 moines ? Que faites-vous du témoignage des deux autres moines rescapés du monastère ayant assisté à l’enlèvement de leurs frères ? Que faites-vous de l’enregistrement audio transmis à votre ambassade ?
Que faites-vous des communiqués du GIA de l’époque ? Cette attente de 13 ans pour “soulager votre conscience”, au-delà de la prescription légale des faits, constitue-t-elle l’attente nécessaire pour être sûr des départs en retraite des différents acteurs de l’époque pour parler en toute quiétude ? Même si les hommes s’en vont, les archives restent.
Ce classement “secret-défense” que vous dites apposé à votre rapport adressé à l’époque à votre hiérarchie me surprend. En tant qu’ancien élève de votre collège interarmées de défense, j’ai cru y avoir appris que ce niveau de classification concernait exclusivement les documents, plans et supports écrits, filmés ou enregistrés, dont la divulgation pouvait porter préjudice à la défense d’une nation, dans sa compréhension la plus large. En quoi, donc, cette supposée “bavure” de l’Armée algérienne pouvait avoir une quelconque incidence sur la défense française ? À imaginer la teneur de votre document, je l’aurais classé, au plus, “confidentiel”.
En vérité, je pense plutôt que votre rapport a tout simplement été classé sans suite, car dénué de logique militaire et de preuve concrète pouvant étayer vos dires. S’il en est, ce fut une sage décision.

Revisitons maintenant les faits dans leur réalité

Ces moines ont disparu entre le 26 et le 27 mars 1996 et leurs têtes ont été retrouvées vers la fin du mois de mai 1996, reposant sur un lit de satin blanc : s’ils avaient été, à leur disparition, la cible d’un hélicoptère, ces têtes seraient déjà en décomposition avancée et les traces d’égorgement post-mortem seraient identifiées, à l’autopsie, par le légiste.
À moins que vous ne vouliez faire comprendre que les sciences forensiques en Algérie constituent un domaine ignoré. Maintenant, voyons les faits : voilà donc des moines trappistes qui bivouaquent jusqu’au crépuscule en toute quiétude en milieu hostile, dans les maquis d’une chaîne montagneuse réputée infestée de terroristes, et cela au moment même où une opération militaire d’envergure est menée dans la zone. Quel courage !
D’abord, ces moines, même s’ils étaient connus pour leur totale abstinence, ne nourrissaient pas pour autant l’abstinence de ce don de Dieu qu’est la vie. Loin d’être suicidaires, ils ne se seraient jamais embarqués dans une telle aventure, au risque de connaître un sort des plus abominables, sachant pertinemment que les terroristes des GIA avaient juré la mort de tout “Roumi” trouvé sur la terre d’islam. Ensuite, et c’est là où j’explique au général colporteur de ragots de félon comment se déroule une opération de lutte antiterroriste.
Premièrement : la présence de deux hélicoptères en retour d’opération (c’est ce qui est rapporté par la presse) témoigne d’un appui feu de l’échelon supérieur pour l’opération supposée, en l’occurrence de l’appui feu du niveau régional dont dépendent les moyens aériens affectés à la lutte antiterroriste pour la Région militaire. L’appui feu de l’échelon supérieur, général, suppose un centre opérationnel interarmées déployé sur la zone où se trouve un officier de liaison des forces aériennes qui travaille sur fréquence radio des hélicoptères en opération avec lesquels il reste en liaison permanente. Si ce pilote avait “repéré” un objectif suspect sur son itinéraire de retour, il aurait obligatoirement demandé l’autorisation à cet OL de traiter. L’ouverture des feux requiert toujours l’autorisation expresse du commandant du COIA. En outre, le traitement d’une zone avec appui feu commence toujours par un traitement intensif de ou des objectifs par l’artillerie de campagne, après que la zone eut été bouclée tous azimuts par les forces terrestres pour empêcher le repli des terroristes et avant que les hélicoptères ne procèdent au traitement (tirs de roquettes, d’obus ou largage de bombes).
Ensuite, vient le ratissage et le nettoyage de la zone par les troupes au sol. C’est le b.a.-ba du traitement d’une zone hostile. Ainsi, si dans cet enfer de feu et dans les bruits assourdissants d’explosion de bombes et d’obus, vous trouvez admissible que des moines fassent leur bivouac pour admirer tranquillement les étoiles, là, dans ce maquis et en périphérie de la zone d’opération, c’est que vous avez accédé à votre grade de général sans n’avoir jamais connu de baptême du feu.
Savez-vous ce que peut faire l’explosion en série d’obus de 122 mm à charge forte ou de bombes largables de 250 ou 500 kg ? Apparemment non. Référez-vous à vos aînés qui ont fait la guerre d’Algérie, ils vous le diront — encore que ceux-là utilisaient des bombes au napalm.
Sachez que toute la faune disparaît de cet enfer, y compris les oiseaux. Ces moines, en outre, comment ont-ils fait pour se frayer un passage au travers d’un bouclage de zone pour entrer dans ce maquis ? Les bouclages s’effectuent la veille de toute opération et les militaires les auraient vite repérés, en mouvement et avant le moment du bivouac.

Deuxièmement : les hélicoptères en retour d’opération reviennent à la base, toujours par haute altitude, et ce, pour gain de vitesse et pour éviter les tirs éventuels de snipers. Comment le pilote de cet hélicoptère (non doté de caméra thermique pour détecter les sources de chaleur) aurait détecté, la nuit tombante, le fameux bivouac sous le maquis et à son altitude de vol ? Il lui aurait fallu, au moins, une lunette à intensification de lumière et scruter le sol tout au long de son vol au lieu de naviguer !
Comment aurait-il tiré, de son initiative, sur un objectif non identifié et qui aurait pu être un détachement de lutte, un commando de chasse, un poste d’observation, un groupe de Patriotes ou tout autre élément de nos forces combinées ? Impossible.
En outre, je pense que vous n’êtes pas sans savoir comment est calculé l’emport du carburant pour permettre à un hélicoptère de se déplacer d’un point A, traiter un point B et retourner vers le point A, sans refulling, et ce, compte tenu du chargement embarqué et des conditions géoclimatiques.
Vous devez donc savoir que la phase de traitement d’objectif est toujours optimisée, dans le calcul d’autonomie, et que la phase retour se fait impérativement dans le temps alloué et avec le niveau de sécurité requis des réservoirs. Le pilote, dans cette contrainte, ne peut se permettre de perdre de l’altitude, d’effectuer un déroutage latéral pour se repositionner à 180° de sa trajectoire, de se mettre en position de combat et de traiter un objectif (non inscrit dans son plan de vol) en un ou plusieurs raids et encore moins se poser au sol pour ensuite re-décoller à destination de la base. Le carburant restant ne lui aurait jamais suffi.
Dans tous les combats des forces armées combinées (et c’est universel), l’identification ou le dénombrement des morts sur les champs de bataille ne relève pas des forces aériennes, mais des forces terrestres chargées du ratissage et du nettoyage final. Alors pourquoi ce pilote se serait-il posé au sol pour s’enquérir du résultat de son tir ? Pure fabulation ! (Je vous fais une confidence, général : nos pilotes ne recensent pas leurs trophées sur leur carlingue).
Savez-vous, au moins, qu’un hélicoptère ne peut se poser en rase campagne sans la sécurisation préalable du périmètre d’atterrissage ?

Troisièmement : dans le scénario de
7 moines autour d’un feu de bivouac, un hélicoptère ne pourra jamais les tuer tous, simultanément par un tir de mitrailleuse de
12,7 mm ou même après plusieurs raids, car les rescapés auraient fui pour se cacher sous les arbres et se protéger des obus.
Cette affirmation est du simple fait technique que la mitrailleuse coaxiale est un monotube dont les tirs génèrent une ligne de feu sur un seul plan vertical (même si le tir est oblique). Pour les tuer tous et à la fois, il aurait fallu que ces moines fussent positionnés en enfilade. Je ne pense pas que ces malheureux religieux jouaient, à ce moment-là, à saute-mouton ! Pour les tuer tous à la fois, il aurait fallu un bitube ou un tétratube — auquel cas, ce pilote n’aurait même pas retrouvé de soutanes !

Quatrièmement : l’écoute supposée de cette fameuse phrase du pilote “j’ai tiré sur des moines” me fait tout simplement sourire tant elle est dénuée de crédit. Vos pilotes français, général, parlent-ils en clair en cours d’opérations de combat ?
Qu’en est-il donc advenu du concept d’interopérabilité avec les forces de l’Otan et de la codification anglo-américaine de vos communications militaires ?
Après ce bref rappel d’éléments de tactique qui atteste de l’impossibilité des faits rapportés, je tiens à vous préciser, général, que l’Armée algérienne s’enorgueillit de la discipline de ses hommes et de l’unicité de son commandement.
Rien ne se fait d’initiative et toute action relève d’une planification minutée et rigoureuse et s’exécute sur ordre d’une seule autorité. Aussi, ne croit à toute cette fabulation que celui qui veut y croire, envers et contre toute logique et, de toute évidence, pour des raisons autres que celles que vous évoquez.
Désolé, général, vos “révélations” ne tiennent pas du tout la route et votre scoop est un non-événement.
Je suppose que c’est parce que vos élucubrations sont dénuées de tout sens que nos officiels n’ont pas jugé utile de leur réserver une quelconque suite.

Colonel de l’ANP
à la retraite

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qui donc a été enfantée cette bête immonde?

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

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La notoriété doit-elle donner toute liberté à un écrivain pour franchir les lignes de démarcation d’une éthique intellectuelle universelle et piétiner toutes les règles d’humilité que des générations de libres penseurs ont adoptées comme préceptes de conduite déontologique respectables?
S’adonner ainsi à des exercices d’apologie de l’intolérable, aux prétextes que la petite famille (révolutionnaire?) à laquelle on appartient se doit d’être lavée de tout soupçon est une attitude basée sur des principes douteux.
Ceux qui ont lu la presse Algérienne du jeudi 9 Juillet auront compris mon allusion à ces louanges dithyrambiques qui frisent le ridicule de ce déserteur de l’armée devenu écrivain de renommée mondiale mais dont la structure intellectuelle de militaire aigri refuse tout débat contradictoire, au point de demander au matin de ne jamais plus parler de lui, ayant sans doute compris que les lecteurs de ce journal n’étaient pas une bande de beni-oui-oui  s’adonnant à un jeu de consensus intellectuel infâme.
Lui « KY » pousse l’indélicatesse et l’hypertrophie d’un moi démesuré jusqu’à accuser le Jury du Goncourt de Parisianisme pour ne pas lui avoir attribué ce grand prix littéraire « KY’l » estime mériter plus que d’autres.
Qu’à cela ne tienne, ne parlons plus de Lui ! Interdisons-nous de prononcer son nom ! Mais devons nous, de ce fait, nous interdire, pour satisfaire un caprice d’enfant gâté du régime, de commenter un article de journal rempli de contre vérités et de déclarations à l’emporte pièce qui donnent à son contenu une allure de commandements prophétiques? Devons nous accepter sans broncher que l’on continue de nous ordonner de nous taire et passer sous silences de telles bévues ?
Non! Non! Et non! Ton combat serait  vain Mohamed si tu ne nous permets pas de prendre la relève et transmettre par nos plumes l’espoir dont les exhortations du fond de ta cellule poursuivent notre lâcheté jusqu’aux recoins les plus profonds de nos cauchemars.
Par qui donc a été enfantée cette bête immonde, qu’il serait indécent de disculper, sinon par la bête Gendarmo-Miltaro-FLN qui martyrise le peuple depuis 1962 ?
Comment peut-on à ce point se permettre d’innocenter de façon aussi catégorique l’armée quand elle agit dans l’ombre alors que ses actions dans la lumière bousculent encore la mémoire collective d’un peuple martyrisé à jamais par des images de soldats armés jusqu’aux dents déambulant dans les rues d’Alger et s’adonnant à la sale besogne que seules les armées des grandes dictatures osent faire: celle de tuer ses propres enfants.
D’aucun semble décidément avoir perdu la mémoire, mais pour rappels:
-Fin des années 70 dans les rues d’Alger : l’armée Algérienne ose, sous l’ordre d’un certain Yahiaoui (secrétaire général du FLN) le geste que même l’armée de Pinochet n’a pas osé, celui de lâcher des dizaines de militaires aux comportements barbares tenants en laisse des bergers allemands de la main gauche et un fouet cinglant (qui siffle encore dans mes oreilles) de la main droite pour corriger nos incivilités et imposer à une foule compacte de marcher sur des trottoirs étroits avec l’interdiction ferme d’empiéter sur la chaussée.
-1982, Tizi-Ouzou: l’armée massacre de jeunes innocents dont le seul tort était de revendiquer par des marches pacifiques une identité volée par un pouvoir arabo-baathiste illégitime.
-1988, Alger: l’armée massacre d’autres innocents dont le seul tort était de revendiquer, peut être avec une goutte fatale de violence qui a fait déborder le vase de la Hogra, un peu plus de liberté, confisquée par ce même régime illégitime.
-1992, Annaba: l’armée assassiné Boudiaf en direct à la télé afin d’éviter une commission d’enquête qui, semble-t-il,  était sur le point d’être lancée. Commission qui visait certaines transactions douteuses de hauts responsables et dignitaires de ce même  régime illégitime.
-2001, Tizi-Ouzou, encore et toujours, la branche de la gendarmerie militaire massacre encore plus d’innocents dont le seul tort était de s’élever contre cette Hogra généralisée qui à donné aux gendarmes le droit de TUER Guermah Massinissa, un enfant du peuple dont il est facile d’imaginer toute l’innocence en s’imprégnant du regard INNOCENT de son propre père, et qu’un certain ministre de l’intérieur, dont il me répugne d’écrire le nom, avait traité de Voyou.
Je laisse au lecteur le soin de piocher dans la mémoire collective pour trouver de nombreux autres exemples allant dans le sens de cette Hogra érigée en mode de gouvernance par des imbéciles que l’armée, Kalashnikov à l’épaule, porte aux commandes depuis 1962.
Que faut il donc de plus pour se convaincre de la capacité de nuisance de cette bande Militaro-FLN  à l’histoire douteuse?
Et si elle ose tuer des innocents au vu et au su de tous, comment peut on décemment croire qu’elle puisse se gêner de s’adonner à ces tristes besognes dans l’ombre des maquis, loin des regards de témoins gênants?
L’adage populaire stipule que lorsqu’on veut nous dissimuler une évidence « on cherche à nous cacher le soleil avec un tamis », mais dans ce cas précis, il ne s’agit même plus d’un tamis mais d’un simple cheveu de bébé, car que cherche-t-on après tout, dans cette affaire de moines de tibhirines, sinon faire remonter en surface une vérité que l’on nous dissimule sous le poids de mensonges grotesques depuis si longtemps ?
Qui redoute tant cette vérité sinon ceux qui ont des rivières de sang sur les mains ?
Et puisque l’Algérie est décrétée maison de verre par le putschiste invétéré pourquoi empêcher des regards neutres d’y jeter un coup d’oeil consolant ? Et, de toutes-façons, que peut-on vraiment discerner à travers une maison de verre fumé ?
Tant que ces BZB illégitimes (le génie de mes compatriotes saura décoder, façon terroir, ce que ces initiales de Boue-tef Belkhadem et l’autre, inspirent) continueront de régner sur un peuple asservi, l’armée et les relais intégristes qu’on a délibérément enfantés, continueront de nous assassiner, que ce soit dans l’ombre ou dans la lumière.
Et cette bête immonde, ne représente qu’une petite ramification d’une idéologie intégriste que la bête Militaro-FLN aux commandes depuis 1962 continue de dispenser dans nos écoles pour nous asservir de façon irréversible.
Nous aurions bien aimé entendre ces vociférateurs « KY » s’erigent en imposteurs de l’histoire aux ordres de leurs maîtres, le jour où, des centaines de mains levées de ces députés-Harkis grassement payés ont donné l’aval au viol de la constitution pour permettre à ce « ennas-bounta » de perpétuer un règne absolu qui n’a rien à envier à celui des pharaons d’il y a 6000 ans.
Il est aussi pour le moins curieux et pervers de lire les commentaires de notre presse qui font l’unanimité d’une surenchère suspecte, et de parti pris indiscutables, pour défendre l’idée d’une armée républicaine qui n’aurait rien à se reprocher. C’est vrai que chez nous, l’adage populaire qui veut que « je n’aime pas mon frère, mais je n’aime pas non plus celui qui ose le taper » semble bien ancré dans nos esprits. Mais, tout de même ! Un peu d’impartialité servirait d’avantage cette vérité que tout le monde semble désespérément chercher mais que tout le monde semble promptement chasser dès qu’elle ose montrer le bout du nez.
Bien sûr, on peut toujours invoquer l’idée soutenue par la plupart de nos démocrates républicains qu’entre deux maux, l’on doit choisir le moindre, mais pourquoi devrait-on s’interdire l’idée d’une guérison totale de tous les maux qui rongent notre société et oser rêver d’un monde meilleur, où l’on ne doit plus se contenter du moins mauvais canasson pour prendre en mains notre destinée ?
Pour revenir à ces douces louanges dithyrambiques dédiées à l’armée, nul besoin de lumière pour entrevoir la profonde laideur d’âme de son auteur. Chaque mot est un rayon de plus qui rajoute à la brillance d’une lâcheté intellectuelle abjecte.
Se permettre l’écart insupportable de prendre comme témoin à décharge Dieu lui même est une attitude qui discrédite toute la thèse que l’on veut nous  présenter comme vérité absolue.
« Zolas » de l’écriture, où êtes-vous donc ?  Êtes vous donc condamnés à vous complaire dans une position de petits messagers en charge de laver le déshonneur de la tribu aux commandes ?
Ah ya Kateb khouya! Ce soir, 20 ans après ta disparition, je te pleure encore, et mes larmes sont gonflées par l’outrecuidance de ces escrocs de l’écriture, ces hypocrites qui poussent l’indecence jusqu’à invoquer Dieu pour le prendre à témoin de leurs divagations et nous faire avaler des couleuvres que leurs gorges rejettent pour éviter leur propre étouffement.
Tapez-nous ! Tuez-nous ! Mais laissez-nous crier notre douleur !

Kacem Madani

source:matindz.com

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Plate-forme de la Soummam

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

Plate-forme de la Soummam

telle qu’elle a été établie au Congrès du 20 aoutet publiée par EL MOUJAHID
EXTRAITS DU PROCÈS-VERBAL DU CONGRÈS
DU 20 AOÛT 1956

 

I) – La plate-forme politique dont on lira plus loin les principaux extraits
à été adoptée à l’unanimité des congressistes.

II) – Organismes de direction:

a) Le Conseil National de la Révolution algérienne (C.N.R.A.) est composé
de 34 membres: 17 membres titulaires et 17 membres suppléants dont les noms suivent[1]:

Membres titulaires:
Aït Ahmed Hocine
Abane Ramdane
Abbas Ferhat
Boudiaf, Mohammed
Ben Boulaid Mostepha
Belkacem, Benkhedda
Ben Bella, Ahmed
Ben M’hidi, Larbi
Bittat, Rabah
Khider, Mohammed
Krim, Belkacem
Lamine-Debaghine,
Mohammed Mokrane,
Ouamrane, Amar
Tawfik, EI Madani
Yazid, M’hammed
Zirout, Youssef

membres suppleants:
Aïssa
Ben Tobbal, Lakhdar, Commandant-adjoint de la Wilaya II
Boussouf, Abdelhafid, Commandant de la Wllaya V
Benyahia, Mohammed, ex-Président de l’U.G.E.M.A.
Dhiles Slimane, Commandant-adjoint de Ia Wilaya IV
Francis, Ahmed
Mohammedi Said, Commandant de la Wilaya III
Mezhoudi, Brahim, Commandant-adjoint de la Wilaya II
Mouloud
Mellah, Ali, Commandant de la Wilaya VI
Mourad
Massas, Ahmed
Mahri, Abdelhamid
Said
Saddek
Thaalbi, Tayeb
Zoubir

b) Le Comité de Coordination et d’Exécution (C.C.E.) est composé de 5 membres
dont les noms sont tenus secrets. lIs ont été choisis parmi les membres du C.N.R.A.
qui se trouvent en Algérie. Leur quartier général est queIque part dans un maquis.

c) Les Commissions.
Les membres des Commissions sont désignés par le C.C.E. et sont responsables devant lui.

III) – Rapport F.L.N.-A.L.N.:
- Primauté du politique sur le militaire.
- Dans les P.C., le Chef politico-militaire devra veiller à maintenir
l’équilibre entre toutes les branches de la Révolution.

IV) – Rapport Interieur-Exterieur:
- Primauté de l’Intérieur sur l’Extérieur.

V) -A.L.N.:
L’Algérie est divisée en six départements (Wilayas); chaque Wilaya est divisée en zones;
chaque Zone est divisée en régions; chaque région est divisée en secteurs.

a) Les P.C. : La direction collective étant érigée en un principe, tous nos organismes
délibérants devront le respecter scrupuleusement. Le P.C. est composé du
chef (Politico-miIitaire) représentant l’autorité centrale du F.L.N. II est entouré d’adjoints et collaborateurs
qui sont des officiers ou des sous-officiers au nombre de trois, s’occupant des branches militaire-politique,
renseignements et liaisons. Il y a les P .C. de Wilaya, Zone, Région et Secteur.

Mutations: La mutation est prononcée par l’organisme immédiatement supérieur à l’organisme auquel
appartient l’élément. Le principe de la mutation à tous les échelons a été admis.

b) Militaire:
Unités: Le groupe (faoudj) est composé de 11 hommes dont un sergent et deux caporaux. Le demi-groupe
comprend 5 hommes dont un caporal.
La section (ferka) est composée de 35 hommes (trois groupes, plus le chef de section et son adjoint).
La compagnie (katiba) comprend 110 hommes (trois sections plus cinq cadres).
Le bataillon (failek) comprend 350 hommes (trois compagnies plus vingt cadres).
Les grades[2] : Les grades usités en Kabylie ont été adoptés, a savoir :
El Djoundi el aouel (caporal) : un V rouge renversé qui se porte sur le bras droit.
El Aarif (sergent): deux V rouges renversés.
El Aarif el aouel (sergent-chef) : trois V rouges renversés.
El Moussaad (adjudant) : un V souligné par un trait blanc.
Moulazem (aspirant): une étoile blanche.
Moulazem etthani (sous-lieutenant): une étoile rouge.
Dhabet el aouel (lieutenant): une etoile rouge, une étoile blanche.
Dhabet etthani (capitaine): deux étoiles rouges.
Sagh el aouel (commandant): deux étoiles rouges, une blanche.
Sagh etthani (colonel): trois étoiles rouges.

Chef de Wilaya : Ce sera un colonel; ses adjoints seront des commandants.
Chef de zone: Ce sera un capitaine. Ses trois adjudants seront des lieutenants.
Chef de region: Ce sera un sous-lieutenant; ses trois adjoints seront des aspirants.
Chef de secteur: Ce sera un adjudant; ses trois adjoints seront des sergents-chefs.

Insignes[3] : Une étoile et un croissant rouges se portent sur le calot (à faire par chaque Wilaya).
Les galons seront faits par la Wilaya numero 3.

Décorations: Le C.C.E. est chargé de l’étude de cette question.

c) Politique:
Les commissaires politiques et leurs attributions : les tâches principales des commissaires politiques seront :
a) – Organisation et éducation du peuple.
b) – La propagande et l’information.
c) – La guerre psychologique (rapports avec le peuple, la minorité européenne, les prisonniers de guerre).
Les commissaires politiques donneront leur avis sur tous les programmes d’action militaire de l’A.L.N.
d) – Finances et ravitaillement.
e) Administration, Assemblées du peuple:
Les assemblées du peuple seront élues. Elles seront composées de 5 membres dont un président,
et s’occuperont de : l’état-civil, des affaires judiciaires et islamiques, des affaires financières
et économiques et de la police.

[1] Les frères Ben Boulaid Mostepha et Zirout Youssef sont tombés au champ d’honneur.
Le fère Ben M’hidi, Larbi a été assassiné par la soldatesque colonialiste de Massu.
Les frères Belkacem, Mokrane, Aissa, Mouloud, Mourad, Said, Saddek et Zoubir sont inconnus des services de police.
[2] Les commissaires politiques auront les mêmes grades que les officiers des organismes auxquels ils appartiennent.
[3] Tous ces grades sont provisoires. À la libération du pays, une commission militaire sera chargée d’étudier chaque
cas et de pourvoir au reclassement de ces grades dans l’Armée Nationale. Le grade de général n’existera pas jusqu’à
la Libération. Les nominations, cassations, et rétrogradations des officiers sont prononcées par Ie C.C.E. sur
proposition des chefs de Wilaya. Les sous-officiers sont nommés, cassés, ou rétrogradés par le chef de la Wilaya.
Les caporaux sont nommés et cassés par le chef de zone.

 

EXTRAITS DE LA PLATE-FORME
Pour assurer le triomphe de la Révolution algérienne
dans la Lutte pour l’indépendance nationale

   Les extraits de la présente plate-forme du Front de Libération Nationale ont pour objet de définir, d’une façon générale, la position du F.L.N. à une étape déterminante de la Révolution algérienne.

  Elle est divisée en trois parties:
  1) La situation politique actuelle.
  2) Les perspectives générales.
  3) Les moyens d’action et de propagande.

 


[2] Les commissaires politiques auront les mêmes grades que les officiers des organismes auxquels ils appartiennent.  
[3]
Tous ces grades sont provisoires. À la libération du pays, une commission militaire sera chargée d’étudier chaque cas et de pourvoir au reclassement de ces grades dans l’Armée Nationale. Le grade de général n’existera pas jusqu’à la Libération. Les nominations, cassations, et rétrogradations des officiers sont prononcées par Ie C.C.E. sur proposition des chefs de Wilaya. Les sous-officiers sont nommés, cassés, ou rétrogradés par le chef de la Wilaya. Les caporaux sont nommés et cassés par le chef de zone. 
 

 

Documents

Plate-forme de la Soummam


I. – SITUATION POLITIQUE ACTUELLE

  A) – L’Essor impétueux de la Révolution algérienne.

  L’Algérie, depuis deux ans, combat avec héroïsme pour l’indépendance nationale.
  La Révolution patriotique et anticolonialiste est en marche.
  Elle force l’admiration de l’opinion publique mondiale.

  a) La Resistance armée.
  En une période relativement courte, l’Armée de Libération Nationale, localisée dans l’Aurès et la Kabylie, a subi avec succès l’épreuve du feu.

  Elle a triomphé de la campagne d’encerclement et d’anéantissement menée par une armée puissante, moderne, au service du régime colonialiste d’un des plus grands États du monde.

  Malgré la pénurie provisoire d’armement, elle a développé les opérations de guerillas, de harcèlement, de sabotage, s’étendant aujourd’hui à l’ensemble du territoire national.

  Elle a consolidé sans cesse ses positions en améliorant sa tactique, sa technique, son efficacité.

  Elle a su passer rapidement de la guerilla au niveau de la guerre partielle.

  Elle a su combiner harmonieusement les méthodes éprouvées des guerres anticolonialistes avec les formes les plus classiques en les adoptant intelligemment aux particularites du pays.

  Elle a déjà fourni la preuve suffisante, maintenant que son organisation militaire est unifiée, qu’elle possède la science de la stratégie d’une guerre englobant l’ensemble de l’Algérie.

  - L’Armée de Libération Nationale se bat pour une cause juste.

  Elle groupe des patriotes, des volontaires, des combattants décidés à lutter avec abnégation jusqu’à la délivrance de la patrie martyre.

  Elle s’est renforcée par le sursaut patriotique d’officiers, de sous-officiers et de soldats de carrière ou du contingent, désertant en masse avec armes et bagages les rangs de l’armée française.

  Pour la première fois dans les annates militaires, la France ne peut plus compter sur le “ loyalisme  “ des troupes algériennes. Elle est obligée de les transférer en France et en Allemagne.

  Les harkas de goumiers, recrutés parmi les chomeurs souvent trompés sur la nature du “ travail “ pour lequel ils étaient appelés, disparaissent dans le maquis. Certaines sont désarmées et dissoutes par les autorités mécontentes.

  Les réserves humaines de l’A.L.N. sont inépuisables. Elle est souvent obligée de refuser l’enrôlement des Algériens jeunes et vieux, des villes et campagnes, impatients de mériter l’honneur d’être soldats de leur “ Armée “.

  Elle bénéficie pleinement de l’amour du peuple algérien, de son soutien enthousiaste, de sa solidarité agissante, morale et matérielle, totale et indéfectible.

  Les officiers supérieurs, les commandants de zones, les commissaries politiques, les cadres et soldats de l’Armée de Libération Nationale sont honorés comme des héros nationaux, glorifiés dans des chants populaires qui ont déjà pénétré aussi bien dans l’humble gourbi que la misérable khaïma, la ghorfa des casbahs comme le salon des villas.

  Telles sont les raisons essentielles du “ miracle algérien “ : l’ A.L.N. tenant en échec la force colossale de l’armée colonialiste française, renforcée par les divisions “ atomiques “ prélevées sur les forces de l’O.T.A.N.

  Voilà pourquoi en dépit des incessants renforts, jugés aussitôt insuffisants, malgré le quadrillage ou autre technique aussi inopérante que les déluges de feu, les généraux français sont obligés de reconnaître que la solution militaire est impossible pour résoudre le problème algérien.

  Nous devons signaler particulièrement la formation de nombreux maquis urbains qui, d’ores et déjà, constituent une seconde armée sans uniforme.

  Les groupes armés dans villes et villages se sont notamment signalés par des attentats contre les commissariats de police, les postes de gendarmerie, les sabotages de bâtiments publics, les incendies, la suppression de grades de la police, de mouchards, de traîtres.

  Cela afIaiblit d’une façon considérable l’armature militaire et policière de l’ennemi colonialiste, augmente la dispersion de ses forces sur l’ensemble du sol national, et accentue la détérioration du moral des troupes, maintenues dans un état d’énervement et de fatigue par la nécéssité de rester sur un qui-vive angoissant.

  C’est un fait indéniable que l’action de l’A.L.N. a bouleversé le climat politique en Algérie.

  Elle a provoqué un choc psychologique qui a libéré le peuple de sa torpeur, de la peur, de son scepticisme.

  Elle a permis au peuple algérien une nouvelle prise de conscience de sa dignité nationale.

  Elle a également déterminé une union psychopolitique de tous les Algériens, cette unanimité nationale qui féconde la lutte armée et rend inéluctable la victoire de la liberté.

b) Une organisation politique efficace.
  Le Front de Libération Nationale, malgré son activité clandestine, est devenu aujourd’hui l’unique organisation véritablement nationale. Son influence est incontestable et incontestée sur tout le territoire algérien.

  En effet, dans un délai extrêmement court, le F.L.N. a réussi le tour de force de supplanter tous les partis politiques existant depuis des dizaines d’années.

  Cela n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat de la réunion des conditions indispensables suivantes:

  1) Le bannissement du pouvoir personnel et l’instauration du principe de la direction collective composée d’hommes propres, honnêtes, impérméables à la corruption, courageux, insensibles au danger, à la prison ou à la peur de la mort.

  2) La doctrine est claire. Le but à atteindre c’est l’indépendance nationale. Le moyen, c’est la révolution par la destruction du régime colonialiste.

  3) L ‘union du peuple est réalisée dans la lutte contre l’ennemi commun, sans sectarisme:

  Le F.L.N. affirmait au début de la Révolution que «la libération de l’Algérie sera l’oeuvre de tous les Algériens et non pas celle d’une fraction du peuple algérien, quelle que soit son importance “. C’est pourquai le F.L.N. tiendra compte dans sa lutte de toutes les forces anti-colonialistes, même si elles échappent encore à son contrôle.

  4) La condamnation définitive du culte de la personnalité, la lutte ouverte contre les aventuriers, les mouchards, les valets de l’administration, indicateurs ou policiers. D’où la capacité du F.L.N. à déjouer les manoeuvres politiques et les traquenards de l’appareil policier français.

  Cela ne saurait signifier que toutes les difficultés soient complètement effacées.

  Notre action politique a été handicapée au depart pour les raisons ci-après :

  - L’insuffisance numérique des cadres et des moyens matériels et financiers;
  - La nécessité d’un long et dur travail de clarification politique, d’explication patiente et persévérante pour surmonter une grave crise de croissance;
  - L’impératif stratégique de subordonner tout au Front de la Lutte Armée.

  Cette faiblesse, normale et inévitable au début, est déjà corrigée. Après la période où il se contentait de lancer uniquement des mots d’ordres de résistance à l’impérialisme, on a assisté ensuite à une réelle apparition du F.L.N. sur le plan de la lutte politique.

  Ce redressement fut marqué par la grève d’anniversaire du 10. novembre 1956, considérée comme l’événement décisif, tant par son aspect spectaculaire et positif que par son caractère profond, preuve de la “ prise en main “ de toutes les couches de la population.

  Jamais, de mémoire d’Algérien, aucune organisation politique n’avait obtenu une grève aussi grandiose dans les villes et villages du pays.

  D’autre part, le succès de la non-coopération politique lancée par le F.L.N. est non moins probant. La cascade de démissions des élus patriotes suivie de celles des élus administratifs ont imposé au gouvernement français la non-prorogation du mandat des députés du Palais Bourbon, la dissolution de I’Assemblée algérienne. Les conseils généraux et municipaux et les djemaas ont disparu, vide accentué et amplifié par la démission de nombreux fonctionnaires et auxiliaires de l’autorité coloniale, caïds, chefs de fraction, gardes champêtres. Faute de candidatures ou de remplaçants, l’administration française est disloquée; son armature considérée comme insuffisante ne trouve aucun appui parmi le peuple; dans presque toutes les régions elle coéxiste avec l’autorité du F.L.N.

  Cette lente mais profonde désagrégation de l’administration française a permis la naissance puis le développement d’une dualité de pouvoir. Déjà fonctionne une administration révolutionnaire avec des djemaas clandestines et des organismes s’occupant du ravitaillement, de la percéption d’impôts, de la justice, du recrutement de moudjahidines, des services de securité et de renseignements. L’administration du F.L.N. prendra un nouveau virage avec l’institution des assemblées du peuple qui seront élues par les populations rurales avant le deuxième anniversaire de notre révolution.

  Le sens politique du F.L.N. s’est vérifié d’une facon éclatante par l’adhésion massive des paysans pour lesquels la conquête de l’indépendance nationale signifie en même temps la réforme agraire qui leur assurera la possession des terres qu’ils fécondent de leur labeur.

  Cela se traduit par l’éclosion d’un climat insurrectionnel qui s’est étendu avec rapidité et une forme variée à tout le pays.

  La présence d’éléments citadins, politiquement mûrs et expérimentés, sous la direction lucide du F.L.N., a permis la politisation des régions retardataires. L’apport des étudiantes et étudiants a été d’une grande utilité, notamment dans les domaines politique, administratif et sanitaire.

  Ce qui est certain, c’est que la Révolution algérienne vient de dépasser avec honneur une première étape historique.

  C’est une réalite vivante ayant triomphé du pari stupide du colonialisme français prétendant la détruire en quelques mois.

  C’est une révolution organisée et non une révolte anarchique.

  C’est une lutte nationale pour détruire le régime anarchique de la colonisation et non une guerre religieuse. C’est une marche en avant dans le sens historique de l’humanité et non un retour vers le féodalisme.

  C’est enfin la lutte pour la renaissance d’un État algérien sous la forme d’une République démocratique et sociale et non la restauration d’une monarchic ou d’une théocratie révolues.

b) Une organisation politique efficace.
  Le Front de Libération Nationale, malgré son activité clandestine, est devenu aujourd’hui l’unique organisation véritablement nationale. Son influence est incontestable et incontestée sur tout le territoire algérien.

  En effet, dans un délai extrêmement court, le F.L.N. a réussi le tour de force de supplanter tous les partis politiques existant depuis des dizaines d’années.

  Cela n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat de la réunion des conditions indispensables suivantes:

  1) Le bannissement du pouvoir personnel et l’instauration du principe de la direction collective composée d’hommes propres, honnêtes, impérméables à la corruption, courageux, insensibles au danger, à la prison ou à la peur de la mort.

  2) La doctrine est claire. Le but à atteindre c’est l’indépendance nationale. Le moyen, c’est la révolution par la destruction du régime colonialiste.

  3) L ‘union du peuple est réalisée dans la lutte contre l’ennemi commun, sans sectarisme:

  Le F.L.N. affirmait au début de la Révolution que «la libération de l’Algérie sera l’oeuvre de tous les Algériens et non pas celle d’une fraction du peuple algérien, quelle que soit son importance “. C’est pourquai le F.L.N. tiendra compte dans sa lutte de toutes les forces anti-colonialistes, même si elles échappent encore à son contrôle.

  4) La condamnation définitive du culte de la personnalité, la lutte ouverte contre les aventuriers, les mouchards, les valets de l’administration, indicateurs ou policiers. D’où la capacité du F.L.N. à déjouer les manoeuvres politiques et les traquenards de l’appareil policier français.

  Cela ne saurait signifier que toutes les difficultés soient complètement effacées.

  Notre action politique a été handicapée au depart pour les raisons ci-après :

  - L’insuffisance numérique des cadres et des moyens matériels et financiers;
  - La nécessité d’un long et dur travail de clarification politique, d’explication patiente et persévérante pour surmonter une grave crise de croissance;
  - L’impératif stratégique de subordonner tout au Front de la Lutte Armée.

  Cette faiblesse, normale et inévitable au début, est déjà corrigée. Après la période où il se contentait de lancer uniquement des mots d’ordres de résistance à l’impérialisme, on a assisté ensuite à une réelle apparition du F.L.N. sur le plan de la lutte politique.

  Ce redressement fut marqué par la grève d’anniversaire du 10. novembre 1956, considérée comme l’événement décisif, tant par son aspect spectaculaire et positif que par son caractère profond, preuve de la “ prise en main “ de toutes les couches de la population.

  Jamais, de mémoire d’Algérien, aucune organisation politique n’avait obtenu une grève aussi grandiose dans les villes et villages du pays.

  D’autre part, le succès de la non-coopération politique lancée par le F.L.N. est non moins probant. La cascade de démissions des élus patriotes suivie de celles des élus administratifs ont imposé au gouvernement français la non-prorogation du mandat des députés du Palais Bourbon, la dissolution de I’Assemblée algérienne. Les conseils généraux et municipaux et les djemaas ont disparu, vide accentué et amplifié par la démission de nombreux fonctionnaires et auxiliaires de l’autorité coloniale, caïds, chefs de fraction, gardes champêtres. Faute de candidatures ou de remplaçants, l’administration française est disloquée; son armature considérée comme insuffisante ne trouve aucun appui parmi le peuple; dans presque toutes les régions elle coéxiste avec l’autorité du F.L.N.

  Cette lente mais profonde désagrégation de l’administration française a permis la naissance puis le développement d’une dualité de pouvoir. Déjà fonctionne une administration révolutionnaire avec des djemaas clandestines et des organismes s’occupant du ravitaillement, de la percéption d’impôts, de la justice, du recrutement de moudjahidines, des services de securité et de renseignements. L’administration du F.L.N. prendra un nouveau virage avec l’institution des assemblées du peuple qui seront élues par les populations rurales avant le deuxième anniversaire de notre révolution.

  Le sens politique du F.L.N. s’est vérifié d’une facon éclatante par l’adhésion massive des paysans pour lesquels la conquête de l’indépendance nationale signifie en même temps la réforme agraire qui leur assurera la possession des terres qu’ils fécondent de leur labeur.

  Cela se traduit par l’éclosion d’un climat insurrectionnel qui s’est étendu avec rapidité et une forme variée à tout le pays.

  La présence d’éléments citadins, politiquement mûrs et expérimentés, sous la direction lucide du F.L.N., a permis la politisation des régions retardataires. L’apport des étudiantes et étudiants a été d’une grande utilité, notamment dans les domaines politique, administratif et sanitaire.

  Ce qui est certain, c’est que la Révolution algérienne vient de dépasser avec honneur une première étape historique.

  C’est une réalite vivante ayant triomphé du pari stupide du colonialisme français prétendant la détruire en quelques mois.

  C’est une révolution organisée et non une révolte anarchique.

  C’est une lutte nationale pour détruire le régime anarchique de la colonisation et non une guerre religieuse. C’est une marche en avant dans le sens historique de l’humanité et non un retour vers le féodalisme.

  C’est enfin la lutte pour la renaissance d’un État algérien sous la forme d’une République démocratique et sociale et non la restauration d’une monarchic ou d’une théocratie révolues.

 

c) La faillite des anciennes formations politiques.
  La Révolution algérienne a accéléré la maturité politique du peuple algérien. Elle lui a montré, à la lumière de l’expérience décisive du combat libérateur, l’impuissance du réformisme et la stérilité du charlatanisme contre-révolutionnaire.

  La faillite des vieux partis a éclaté au grand jour.

  Les groupements divers ont été disloqués. Les militants de base ont rejoint le F.L.N. L’U.D.M.A. dissoute et les Oulama se sont alignées courageusement sur les positions du F.L.N.; l’U.G.E.M.A. groupant tous les universitaires et lycéens, a proclamé par la voix de son congrès unanime le même sentiment.

  Le Comité central du M. T .L.D. a complètement disparu en tant que regroupement d’ex-dirigants et en tant que tendance politique.

 

- Le messalisme en déroute.

  Le M.N.A., en dépit de la démagogie et de la surenchère, n’a pas réussi à surmonter la crise mortelle du M.T.L.D. Il conservait une assise organique seulement en France du fait de la présence de Messali en exil, de l’ignorance totale des émigres de la réalite algérienne.

  C’est de là que partaient les mots d’ordres, les fonds et les hommes en vue de la création en Algérie de groupes armés ou de maquis dissidents, destinés non à la participation de la lutte contre l’ennemi exécré, le régime colonialiste, son armée et sa police, mais à créer des opérations de provocation et à saboter par le défaitisme, le désordre et l’assassinat, la Révolution algérienne et ses dirigeants militaires et politiques.

  L’activité sporadique et brève du M.N.A. s’était manifestée publiquement, dans les rares villes telle Alger, comme une secte contre-révolutionnaire dans des opérations de diversion et de division (campagne anti-mozabite), de gangstérisme (racket de commerçants), de confusion et de mensonges (Messali, soi-disant créateur et chef de l’Armée de Libération Nationale).

  Le messalisme a perdu sa valeur de courant politique. Il est devenu de plus en plus un état d’âme qui s’étiole chaque jour.

  Il est particulièrement significatif que les derniers admirateurs et défenseurs de Messali soient précisément les joumalistes et intellectuels proches de la présidence du gouvemement français. Ils prétendent dénoncer l’ingratitude du peuple algérien qui ne reconnaîtrait plus “ les mérites exceptionnels de Messali, le créateur, il y a trente ans, du nationalisme algérien “.

  La psychologie de Messali s’apparente à la conviction insensée du coq de la fable qui ne se contente pas de constater l’aurore, mais proclame “ qu’il fait lever le soleil “.

  Le nationalisme algérien dont Messali revendique effrontément l’initiative est un phénomène de caractère universel, résultat d’une évolution naturelle suivie par tous les peuples sortant de leur léthargie.

  Le soleil se lève sans que le coq y soit pour quelque chose, comme la Révolution algérienne triomphe sans que Messali y ait aucun mérite.

  Cette apologie du messalisme dans la presse française était un indice sérieux de la préparation psychologique d’un climat artificiel favorable à une manoeuvre de grande envergure contre la Révolution algérienne.

  C’est la division, arme classique du colonialisme.

  Le gouvernement français a tenté en vain d’opposer au F.L.N. des groupements modérés, voire même le groupe des “ 61”. Ne pouvant plus compter sur les Sayah ou Farès, le béni-oui-ouisme étant discrédité d’une façon définitive et sans retour, le colonialisme français espérait utiliser le chef du M.N.A. dans son ultime manoeuvre diabolique pour tenter de voler au peuple algérien sa victoire.

  Dans cette perspective, Messali représente, en raison de son orgueil et de son manque de scrupules, l’instrument parfait pour la politique impérialiste.

  Ce n’est donc pas par hasard que Jacques Soustelle pouvait affirmer en novembre 1955 au professeur Massignon: “ Messali est ma dernière carte. “

  Le ministre résidant Lacoste ne se gêne pas pour confier a la presse colonialiste algérienne sa satisfaction de voir le M.N.A. s’efforcer uniquement d’affaiblir Ie F.L.N.

  L’hebdomadaire socialiste “ Demain ”, dévoilant les divergences tactiques divisant les gouvernants français, pouvait écrire que certains ministres étaient disposés, pour empêcher le renforcement du F.L.N., à accorder à Messali sa liberté totale, “ le seul problème étant de protéger la vie du leader algérien “.

  Quand on se rappelle que Messali s’est livré à une violente attaque contre les pays arabes, ce qui ne peut que réjouir les Soustelle, Lacoste et Borgeaud, son déplacement d’Angoulême à Belle-Isle justifie la thèse du journal “ Demain “.

  Lorsque la vie de Messali est si précieuse pour le colonialisme français, faut-it s’étonner de le voir glisser vers la trahison consciente ?

- Le communisme absent ?

Le P.C.A. malgré son passage dans l’illégalité et la publicité tapageuse dont la presse colonialiste l’a gratifié pour justifier la collusion imaginaire avec la Résistance algérienne, n’a pas réussi à jouer un rôle qui mériterait d’être signalé. La direction communiste, bureaucratique, sans aucun contact avec le peuple, n’a pas été capable d’analyser correctement la situation révolutionnaire. C’est pourquoi elle a condamné le “ terrorisme “ et ordonné dès les premiers mois de l’insurrection aux militants des Aurès, venus à Alger chercher des directives, de ne pas prendre les armes.

La sujétion au P.C.F. a pris le caractère d’un béni-oui-ouisme avec le silence qui a suivi le vote des pouvoirs spéciaux:

Non seulement les communistes algériens n’ont pas eu suffisamment de courage pour dénoncer cette attitude opportuniste du groupe parlementaire, mais ils n’ont pas soufflé mot sur l’abandon de l’action concrète contre la guerre d’Algérie : manifestations contre les renforts de troupes, grèves de transport, de la marine marchande, des ports et des stocks contre le matériel de guerre.

Le P.C.A. a disparu en tant qu’organisation sérieuse à cause surtout de la prépondérance en son sein d’éléments européens dont l’ébranlement des convictions nationales algériennes artificielles a fait éclater les contradictions face à la résistance armée.

Cette absence d’homogénéité et la politique incohérente qui en résulte ont pour origine fondamentale la confusion et la croyance en l’impossibilité de la libération nationale de l’Algérie avant le triomphe de la révolution prolétarienne en France.

Cette idéologie qui tourne le dos à la réalité est une réminiscence des conceptions de la S.F.I.O., favorable à la politique d’assimilation passive et opportuniste.

Niant le caractère révolutionnaire de la paysannerie et des fellahs algériens en particulier, elle prétend défendre la classe ouvrière algérienne contre le danger problématique de tomber sous la domination directe de la “ bourgeoisie arabe “, comme si l’indépendance nationale de l’Algérie devait suivre forcément le chemin des révolutions manquées, voire même de faire marche arrière vers un quelconque féodalisme.

La C.G.T., subissant l’influence communiste, se trouve dans une situation analogue et tourne à vide sans pouvoir énoncer et appliquer le moindre mot d’ordre d’action.

La passivité générale du mouvement ouvrier organisé, aggravée dans une certaine mesure par l’attitude néfaste des syndicats F.O. et C.F.T.C., n’est pas la conséquence du manque de combativité des travailleurs des villes, mais de l’apathie des cadres syndicaux de l’U.G.S.A. attendant, les bras croisés, les directives de Paris.

Les dockers d’ Alger en ont donné la preuve en participant à la grève politique anniversaire du 18 novembre 1956.

Nombreux furent les travailleurs qui ont compris que cette journée d’action patriotique aurait revêtu un caractère d’unanimité nationale, plus démonstrative, plus dynamique, plus féconde, si les organisations ouvrières avaient été entraînées intelligemment dans la lutte générale par une véritable centrale syndicale nationale. Cette appréciation juste se trouve entièrement confirmée dans le succès complet de la grève générale patriotique du 5 juillet 1956.

Voilà pourquoi les travailleurs algériens ont salué la naissance de l’U.G.T.A., dont le développement continu est irresistible, comme l’expression de leur désir impatient de prendre une part plus active à la destruction du colonialisme, responsable du régime de misère, de chomage, d’émigration et d’indignité humaine.

Cette extension du sentiment national, en même temps que son passage à un niveau qualificatif plus élevé, n’a pas manqué de réduire, comme une peau de chagrin, la base de masse du P.C.A., déjà rétrécie par la perte des éléments européens hésitants et instables.

On assiste cependant à certaines initiatives émanant à titre individuel de certains communistes s’efforçant de s’infiltrer dans les rangs du F.L.N. et de l’A.L.N. II est possible qu’il s’agisse là de sursauts individuels pour retourner à une saine conception de la libération nationale.

II est certain que le P.C.A. essaiera dans l’avenir d’exploiter ces « placements “ dans le but de cacher son isolement total et son absence dans le combat historique de la Révolution algérienne.

B) La stratégie impérialiste française.

  La Révolution algérienne, détruisant impitoyablement tous les pronostics colonialistes et faussement optimistes, continue de se déveloper : avec une vigueur exceptionneIle, dans une phase ascendante de longue portée.

  Elle ébranle et ruine ce qui reste de l’empire colonial français en déclin.

  Les gouvernements successifs de Paris sont en proie à une crise politique sans précédent. Obligés de lâcher les colonies d’Asie, ils croient pouvoir conserver celles d’Afrique. Ne pouvant faire face au « pourrissement ” de l’Afrique du Nord, ils ont laché du lest en Tunisie et au Maroc pour tenter de garder l’Algérie.

a) La leçon des expériences tunisiennes et marocaines.

  Cette politique sans perspectives réalistes s’est traduite notamment par la succession rapide de défaites morales dans tous les secteurs: mécontentement en France, grèves ouvrières, révoltes de commerçants, agitation chez les paysans, déficit budgétaire, inflation, sous-production, marasme économique, question algérienne à I’O.N.U., abandon de la Sarre à l’Allemagne.

  La poussée révolutionnaire nord-africaine, malgré l’absence d’une stratégie politique commune en raison de la faiblesse organique de ce qu’a été le Comité de Libération du Maghreb, a acculé le colonialisme français à improviser une tactique défensive hâtive, boulversant tous les plans de la répression esclavagiste traditionnelle.

  Les conventions franco-tunisiennes qui devaient jouer le rôle de barrage néo-colonialiste ont été depassées sous la pression conjuguée du mécontentement popuIaire et des coups portés à I’impérialisme dans les trois pays frères.

  Le rythme de l’évolution de la crise marocaine, l’entrée en lutte armée des montagnards venant renforcer la résistance citadine, et surtout la pression de la Révolution algérienne ont été parmi les facteurs les plus déterminants du revirement de l’attitude officielle française et de l’indépendance marocaine.

  Le brusque changement de méthode du gouvemement colonialiste abandonnant l’immobilisme pour s’engager dans la recherche d’une solution rapide était dicté d’abord par des raisons de caractere stratégique.

  II s’agissait:

  1) D’empêcher la constitution d’un véritable second front, en mettant fin à l’unification de la lutte armée au Riff et en Algérie.

  2) D’achever de briser l’unité de combat des trois pays d’Afrique du Nord.

  3) D’isoler la Révolution algérienne dont le caractère populaire la rendait nettement plus dangereuse.

  Tous les calculs ont été voués à l’échec. Les négociations menée séparement avaient pour but de tenter de duper ou de corrompre certains dirigeants des pays frères en les poussant à abandoner consciemment ou inconsciemment le terrain réel de la lutte révolutionnaire jusqu’au bout.

  La situation politique nord-africaine est caracterisée par le fait que le problème algérien se trouve encastré dans les problèmes marocain et tunisien pour n’en faire qu’un seul.

   En effet, sans l’indépendance de l’Algérie, celle du Maroc et de la Tunisie est un leurre.

   Les Tunisiens et les Marocains n’ont pas oublié que la conquête de leurs pays respectifs par la France a suivi la conquête de l’Algérie..

  Les peuples du Maghreb sont aujourd’hui convaincus par l’expérience que la lutte en ordre dispersé contre l’ennemi commun n’a pas d’autre issue que la défaite pour tous, chacun pouvant être écrasé séparement.

  C’est une abérration de l’esprit que de croire que le Maroc et la Tunisie puissent jouir d’une indépendance réelle alors que l’Algérie restera sous le joug colonial.

  Les gouvernants colonialistes, experts en hypocrisie diplomatique, reprenant d’une main ce qu’ils cèdent de l’autre, ne manqueront pas de songer à la reconquête de ces pays dès que la conjoncture internationale leur semblera favorable.

  D’ailleurs, il est important de souligner que les leaders marocains et tunisiens formulent dans des déclarations récentes et renouvelées des points de vue rejoignant l’appréciation du F.L.N.

 

b) La politique algérienne du gouvernement.

  Le gouvernement à direction socialiste dès le 6 février, après la manifestation ultra-colonialiste d’Alger, a abandonné les promesses électorales du Front républicain : ramener la paix en Algérie par la négociation, renvoyer dans leurs foyers les soldats du contingent, briser les “ féodalités” administratives et financières, libérer les prisonniers politiques, fermer les camps de concentration.

  Si, avant la démission de Mendès-France, celui-ci représentait au gouvernement la tendance à la négociation face à la tendance opposée, animée furieusement par Bourgès-Maunoury et Lacoste, aujourd’hui c’est la politique Lacoste qui fait l’unanimité. C’est la guerre à outrance qui a pour but chimérique de tenter d’isoler le maquis du peuple par l’extérmination.

  Devant cet objectif accepté par l’unanimité du gouvernement et la presque totalité du parlement français, il ne peut exister aucune divergence, sauf quand cette politique d’extermination dite “ de pacification “ aura échoué. Il est clair que les buts politiques déclarés à nouveau par Guy Mollet ne servent qu’à camoufler l’entreprise réelle qui veut être le nettoyage par le vide, de toutes nos forces vives.

  L ‘offensive militaire est doublée d’une offensive politique condamnée, d’avance, à un échec.

  La “ reconnaissance de la personnalité algérienne “ reste une formule vague sans contenu réel, concret, précis. La solution politique exprimée d’une façon schématique n’avait au début d’autres supports que deux idées-forces : celle de la consultation des Algériens par des élections libres et celle du cessez-le-feu. Les réformes fragmentaires et dérisoires étaient proclamées dans l’indifférence générale: provisoirement pas de représentation parlementaire au Palais Bourbon, dissolution de l’Assemblée algérienne, épuration timide de la police, remplacement de “ trois “ hauts fonctionnaires.augmentation des salaries agricoles, accès des musulmans à la fonction publique et à certains postes de direction, réforme agraire, élection au collège unique. Aujourd’hui le gouvemement Guy Mollet annonce l’existence de 6 ou 7 projets de statuts pour l’Algèrie, dont la ligne générale serait la création de deux assemblées, la première législative, la seconde économique, avec un gouvemement composé de ministres ou de commissaires et présidé d’office par un ministre du gouvernement français.

  Cela démontre d’une part l’évolution, grâce à notre combat, de l’opinion publique en France, et d’autre part le rêve insensé des gouvemants français de croire que nous accepterions un compromis honteux de ce genre.

  La tentative d’isoler les maquis de la solidarité du peuple algérien, préconisée par Naegelen sur le plan intérieur, devait être complétée par la tentative d’isoler la Révolution algérienne de la solidarité des peuples anticoionialistes, engagée par Pineau sur le plan extérieur.

  Le F.L.N. déjouera comme par le passé les plans futurs de l’adversaire.

  Nous mentionnerons l’appréciation sur la situation internationale dans la troisième partie.

b) La politique algérienne du gouvernement.

  Le gouvernement à direction socialiste dès le 6 février, après la manifestation ultra-colonialiste d’Alger, a abandonné les promesses électorales du Front républicain : ramener la paix en Algérie par la négociation, renvoyer dans leurs foyers les soldats du contingent, briser les “ féodalités” administratives et financières, libérer les prisonniers politiques, fermer les camps de concentration.

  Si, avant la démission de Mendès-France, celui-ci représentait au gouvernement la tendance à la négociation face à la tendance opposée, animée furieusement par Bourgès-Maunoury et Lacoste, aujourd’hui c’est la politique Lacoste qui fait l’unanimité. C’est la guerre à outrance qui a pour but chimérique de tenter d’isoler le maquis du peuple par l’extérmination.

  Devant cet objectif accepté par l’unanimité du gouvernement et la presque totalité du parlement français, il ne peut exister aucune divergence, sauf quand cette politique d’extermination dite “ de pacification “ aura échoué. Il est clair que les buts politiques déclarés à nouveau par Guy Mollet ne servent qu’à camoufler l’entreprise réelle qui veut être le nettoyage par le vide, de toutes nos forces vives.

  L ‘offensive militaire est doublée d’une offensive politique condamnée, d’avance, à un échec.

  La “ reconnaissance de la personnalité algérienne “ reste une formule vague sans contenu réel, concret, précis. La solution politique exprimée d’une façon schématique n’avait au début d’autres supports que deux idées-forces : celle de la consultation des Algériens par des élections libres et celle du cessez-le-feu. Les réformes fragmentaires et dérisoires étaient proclamées dans l’indifférence générale: provisoirement pas de représentation parlementaire au Palais Bourbon, dissolution de l’Assemblée algérienne, épuration timide de la police, remplacement de “ trois “ hauts fonctionnaires.augmentation des salaries agricoles, accès des musulmans à la fonction publique et à certains postes de direction, réforme agraire, élection au collège unique. Aujourd’hui le gouvemement Guy Mollet annonce l’existence de 6 ou 7 projets de statuts pour l’Algèrie, dont la ligne générale serait la création de deux assemblées, la première législative, la seconde économique, avec un gouvemement composé de ministres ou de commissaires et présidé d’office par un ministre du gouvernement français.

  Cela démontre d’une part l’évolution, grâce à notre combat, de l’opinion publique en France, et d’autre part le rêve insensé des gouvemants français de croire que nous accepterions un compromis honteux de ce genre.

  La tentative d’isoler les maquis de la solidarité du peuple algérien, préconisée par Naegelen sur le plan intérieur, devait être complétée par la tentative d’isoler la Révolution algérienne de la solidarité des peuples anticoionialistes, engagée par Pineau sur le plan extérieur.

  Le F.L.N. déjouera comme par le passé les plans futurs de l’adversaire.

  Nous mentionnerons l’appréciation sur la situation internationale dans la troisième partie.

II – LES PERSPECTIVES POLITIQUES

  La preuve est faite que la Révolution algérienne n’est pas une révolte de caractère anarchique, localisée, sans coordination, sans direction politique, vouée à l’échec.

  La preuve est faite qu’il s’agit au contraire d’une véritable révolution organisée, nationale et populaire, centralisée, guidée par un état-major capable de la conduire jusqu’à la victoire finale.

  La preuve est faite que le gouvemement français, convaincu de l’impossibilité d’une solution militaire, est obligé de rechercher une solution politique.

  Voilà pourquoi le F.L.N., inversement, doit se pénétrer de ce principe: la négociation suit la lutte à outrance contre un ennemi impitoyable, elle ne la précéde jamais.

  Notre position à cet égard est fonction de trois considérations essentielles pour bénéficier du rapport des forces:

  1) Avoir une doctrine politique claire ;

  2) Développer la lutte armée d’une façon incéssante jusqu’à l’insurrection générale;

  3) Engager une action politique d’une grande envergure.

  A) Pourquoi nous combattons.

  La Révolution algérienne a la mission historique de détruire de façon définitive et sans retour le régime colonial odieux, décadent, obstacle au progrès et à la paix.

 

  I) Les buts de guerre.

  Les buts de guerre, c’est le point final de la guerre à partir duquel se réalisent les buts de paix. Les buts de guerre, c’est la situation à laquelle on accule l’ennemi pour lui faire accepter tous nos buts de paix. Ce peut être la victoire militaire ou bien la recherche d’un cessez-le-feu ou d’un armistice en vue de négociations. Il ressort que, vu notre situation, nos buts de guerre sont politico-militaires. Ce sont:

  1) L’affaiblissement total de l’armée française, pour lui rendre impossible une victoire par les armes;

  2) La détérioration sur une grande echelle de l’économie colonialiste par le sabotage, pour rendre impossible l’administration normale du pays ;

  3) La perturbation au maximum de la situation en France sur le plan économique et social pour rendre impossible la continuation de la guerre ;

  4) L’isolement politique de la France en Algérie et dans le monde ;

  5) Donner à l’insurrection un développement tel qu’il la rende conforme au droit international (personnalisation de l’armée, pouvoir politique reconnaissable, respect des lois de la guerre, administration normale des zones libérées par l’A.L.N.) ;

  6) Soutenir constamment le peuple devant les efforts d’extermination des Français.

 

I) Les buts de guerre.

  Les buts de guerre, c’est le point final de la guerre à partir duquel se réalisent les buts de paix. Les buts de guerre, c’est la situation à laquelle on accule l’ennemi pour lui faire accepter tous nos buts de paix. Ce peut être la victoire militaire ou bien la recherche d’un cessez-le-feu ou d’un armistice en vue de négociations. Il ressort que, vu notre situation, nos buts de guerre sont politico-militaires. Ce sont:

  1) L’affaiblissement total de l’armée française, pour lui rendre impossible une victoire par les armes;

  2) La détérioration sur une grande echelle de l’économie colonialiste par le sabotage, pour rendre impossible l’administration normale du pays ;

  3) La perturbation au maximum de la situation en France sur le plan économique et social pour rendre impossible la continuation de la guerre ;

  4) L’isolement politique de la France en Algérie et dans le monde ;

  5) Donner à l’insurrection un développement tel qu’il la rende conforme au droit international (personnalisation de l’armée, pouvoir politique reconnaissable, respect des lois de la guerre, administration normale des zones libérées par l’A.L.N.) ;

  6) Soutenir constamment le peuple devant les efforts d’extermination des Français.

 

II) Cessez-Ie-feu.

CONDITIONS :

  a) politiques:

 1) Reconnaissance de la Nation algérienne indivisible.

  Cette clause est destinée à faire disparaître la fiction colonialiste de «1′Algérie française “.

  2) Reconnaissance de l’indépendance de l’Algérie et de sa souveraineté dans tous les domaines, jusque et y compris la défense nationale et la diplomatie.

  3) Libération de tous les Algériens et Algériennes emprisonnés, internés ou exilés en raison de leur activité patriotique avant et après l’insurrection nationale du ler novembre 1954.

  4) Reconnaissance du F.L.N. comme seule organisation représentant le peuple algérien et seule habilitée en vue de toute négociation. En contrepartie, le F.L.N. est garant et responsable du cessez-le-feu au nom du peuple algérien.

  b) militaires:

  Les conditions militaires seront précisées ultérieurement.

III) Négociations pour la paix.

  1) Les conditions sur le cessez-Ie-feu étant remplies, l’interlocuteur valable et exclusif pour l’Algérie demeure le F.L.N. Toutes les questions ayant trait à la représentativité du peuple algérien sont du resort exclusif du F.L.N. (gouvernement, élections, etc.). Aucune ingérence de ce fait de la part du gouvernement français n’est admise.

  2) Les négociations se font sur la base de l’indépendance (diplomatie et défense nationale incluses).

  3) Fixation des points de discussion:

  - Limites du territoire algérien (limites actuelles y compris le Sahara algérien).

  - Minorité française (sur la base de l’option entre citoyenneté algérienne ou étrangère – pas de régime préferentiel – pas de double citoyenneté algérienne et française).

  - Biens français: de l’État français, des citoyens français.

  - Transfert des compétences (administration).

  - Formes d’assistance et de coopération françaises dans les domaines économique, monétaire, social, culturel, etc.

  - Autres points.

  Dans une deuxième phase, les négociations sont menées par un gouvernement chargé de préciser le contenu des têtes de chapitre. Ce gouvernement est issu d’une assemblée constituante, elle-même issue d’élections générales.

 

 III) Négociations pour la paix.

  1) Les conditions sur le cessez-Ie-feu étant remplies, l’interlocuteur valable et exclusif pour l’Algérie demeure le F.L.N. Toutes les questions ayant trait à la représentativité du peuple algérien sont du resort exclusif du F.L.N. (gouvernement, élections, etc.). Aucune ingérence de ce fait de la part du gouvernement français n’est admise.

  2) Les négociations se font sur la base de l’indépendance (diplomatie et défense nationale incluses).

  3) Fixation des points de discussion:

  - Limites du territoire algérien (limites actuelles y compris le Sahara algérien).

  - Minorité française (sur la base de l’option entre citoyenneté algérienne ou étrangère – pas de régime préferentiel – pas de double citoyenneté algérienne et française).

  - Biens français: de l’État français, des citoyens français.

  - Transfert des compétences (administration).

  - Formes d’assistance et de coopération françaises dans les domaines économique, monétaire, social, culturel, etc.

  - Autres points.

  Dans une deuxième phase, les négociations sont menées par un gouvernement chargé de préciser le contenu des têtes de chapitre. Ce gouvernement est issu d’une assemblée constituante, elle-même issue d’élections générales.

 

- La Fédération nord-africaine.

  L’Algérie libre et indépendante, brisant le colonialisme racial fondé sur l’arbitraire colonial, développera sur des bases nouvelles l’unité et la fraternité de la Nation algérienne dont la naissance fera rayonner sa resplendissante originalité.

  Mais les Algériens ne laisseront jamais leur culte de la Patrie, sentiment noble et généreux, dégénérer en un nationalisme chauvin, étroit et aveugle.

  C’est pourquoi ils sont en même temps les Nord-Africains sincères, attachés, avec passion et clairvoyance, à la solidarité naturelle et nécessaire des trois pays du Maghreb.

  L’Afrique du Nord est un tout par : la géographie, l’histoire, la langue, la civilisation, le devenir.

  Cette solidarité doit donc se traduire naturellement dans la création d’une Fédération des trois États nord-africains.

  Les trois peuples frères ont intérêt pour le commencement à organiser une défense commune, une orientation et une action diplomatique communes, la liberté des échanges, un plan commun et rationnel d’équipement et d’industrialisation, une politique monétaire, l’enseignement et l’échange concerté des cadres techniques, les échanges culturels, l’exploitation en commun de nos sous-sols et de nos régions sahariennes respectives.

  Les tâches nouvelles du F.L.N. pour préparer l’insurrection nationale.

  L ‘éventualité de l’ouverture des négociations pour la paix ne doit en aucun cas donner naissance à une griserie du succès, entraînant inévitablement un dangereux relâchement de la vigilance et de la démobilisation des énergies qui pourrait ébranler la cohésion politique du peuple.

  Au contraire le stade actuel de la Révolution algérienne exige la poursuite acharnée de la lutte armée, la consolidation des positions, le développement des forces militaires et politiques de la Résistance.

  L’ouverture des négociations et leur conduite à bonne fin sont conditionnées d’abord par le rapport des forces en présence.

  C’est pourquoi, sans désemparer, il faut travailler avec ensemble et précision pour transformer l’Algérie en un camp retranché, inexpugnable. Telle est la tâche que doivent remplir avec honneur et sans délai Ie F.L.N. et son Armée de Libération nationale.

  Dans ce but, reste valable plus que jamais le mot d’ordre fondamental :

  Tout pour le front de la lutte armée.

  Tout pour obtenir une victoire décisive.

  L’indépendance de l’ Algérie n’est plus la revendication publique, le rêve qui a longtemps bercé le peuple algérien courbé sous le joug de la domination française.

  C’est aujourd’hui un but inmmédiat qui se rapproche à une allure vertigineuse pour devenir, très bientôt, une lumineuse réalité.

  Le F.L.N. marche à pas de géant pour dominer la situation sur le plan militaire, politique et diplomatique.

  Objectifs nouveaux: préparer dès maintenant, d’une façon systématique, l’insurrection générale, inséparable de la libération nationale.

  a) – Affaiblir l’armature militaire, policière, administrative et politique du colonialisme ;

  b) – Porter une grande attention, et d’une manière ininterrompue, aux côtés techniques de la question, notamment l’acheminement du maximum de moyens matériels ;

  c) – Consolider et élever la synchronisation de l’action politico-militaire.

  Faire face aux inévitables manoeuvres de division, de divergence ou d’isolement lancées par l’ennemi, par une contre-offensive intelligente et vigoureuse basée sur l’amélioration et le renforcement de la Révolution populaire libératrice.

  a) – Cimenter l’union nationale anti-impérialiste ;

  b) – S’appuyer d’une façon plus particulière sur les couches sociales les plus nombreuses, les plus pauvres, les plus révolutionnaires, fellahs, ouvriers agricoles ;

  c) – Convaincre avec patience et persévérance les éléments retardataires, encourager les hésitants, les faibles, les modérés, éclairer les inconscients ;

  d) – Isoler les ultra-colonialistes en recherchant l’alliance des éléments libéraux, d’origine européenne ou juive, même si leur action est encore timide ou neutraliste.

  Sur le plan extérieur, rechercher le maximum de soutien matériel, moral, et psychologique.

  a) – Augmenter le soutien de l’opinion publique ;

  b) – Développer l’aide diplomatique en gagnant à la cause algérienne les gouvernements des pays neutralisés par la France ou insuffisamment informés sur le caractère national de la guerre d’Algérie.

 

- La Fédération nord-africaine.

  L’Algérie libre et indépendante, brisant le colonialisme racial fondé sur l’arbitraire colonial, développera sur des bases nouvelles l’unité et la fraternité de la Nation algérienne dont la naissance fera rayonner sa resplendissante originalité.

  Mais les Algériens ne laisseront jamais leur culte de la Patrie, sentiment noble et généreux, dégénérer en un nationalisme chauvin, étroit et aveugle.

  C’est pourquoi ils sont en même temps les Nord-Africains sincères, attachés, avec passion et clairvoyance, à la solidarité naturelle et nécessaire des trois pays du Maghreb.

  L’Afrique du Nord est un tout par : la géographie, l’histoire, la langue, la civilisation, le devenir.

  Cette solidarité doit donc se traduire naturellement dans la création d’une Fédération des trois États nord-africains.

  Les trois peuples frères ont intérêt pour le commencement à organiser une défense commune, une orientation et une action diplomatique communes, la liberté des échanges, un plan commun et rationnel d’équipement et d’industrialisation, une politique monétaire, l’enseignement et l’échange concerté des cadres techniques, les échanges culturels, l’exploitation en commun de nos sous-sols et de nos régions sahariennes respectives.

  Les tâches nouvelles du F.L.N. pour préparer l’insurrection nationale.

  L ‘éventualité de l’ouverture des négociations pour la paix ne doit en aucun cas donner naissance à une griserie du succès, entraînant inévitablement un dangereux relâchement de la vigilance et de la démobilisation des énergies qui pourrait ébranler la cohésion politique du peuple.

  Au contraire le stade actuel de la Révolution algérienne exige la poursuite acharnée de la lutte armée, la consolidation des positions, le développement des forces militaires et politiques de la Résistance.

  L’ouverture des négociations et leur conduite à bonne fin sont conditionnées d’abord par le rapport des forces en présence.

  C’est pourquoi, sans désemparer, il faut travailler avec ensemble et précision pour transformer l’Algérie en un camp retranché, inexpugnable. Telle est la tâche que doivent remplir avec honneur et sans délai Ie F.L.N. et son Armée de Libération nationale.

  Dans ce but, reste valable plus que jamais le mot d’ordre fondamental :

  Tout pour le front de la lutte armée.

  Tout pour obtenir une victoire décisive.

  L’indépendance de l’ Algérie n’est plus la revendication publique, le rêve qui a longtemps bercé le peuple algérien courbé sous le joug de la domination française.

  C’est aujourd’hui un but inmmédiat qui se rapproche à une allure vertigineuse pour devenir, très bientôt, une lumineuse réalité.

  Le F.L.N. marche à pas de géant pour dominer la situation sur le plan militaire, politique et diplomatique.

  Objectifs nouveaux: préparer dès maintenant, d’une façon systématique, l’insurrection générale, inséparable de la libération nationale.

  a) – Affaiblir l’armature militaire, policière, administrative et politique du colonialisme ;

  b) – Porter une grande attention, et d’une manière ininterrompue, aux côtés techniques de la question, notamment l’acheminement du maximum de moyens matériels ;

  c) – Consolider et élever la synchronisation de l’action politico-militaire.

  Faire face aux inévitables manoeuvres de division, de divergence ou d’isolement lancées par l’ennemi, par une contre-offensive intelligente et vigoureuse basée sur l’amélioration et le renforcement de la Révolution populaire libératrice.

  a) – Cimenter l’union nationale anti-impérialiste ;

  b) – S’appuyer d’une façon plus particulière sur les couches sociales les plus nombreuses, les plus pauvres, les plus révolutionnaires, fellahs, ouvriers agricoles ;

  c) – Convaincre avec patience et persévérance les éléments retardataires, encourager les hésitants, les faibles, les modérés, éclairer les inconscients ;

  d) – Isoler les ultra-colonialistes en recherchant l’alliance des éléments libéraux, d’origine européenne ou juive, même si leur action est encore timide ou neutraliste.

  Sur le plan extérieur, rechercher le maximum de soutien matériel, moral, et psychologique.

  a) – Augmenter le soutien de l’opinion publique ;

  b) – Développer l’aide diplomatique en gagnant à la cause algérienne les gouvernements des pays neutralisés par la France ou insuffisamment informés sur le caractère national de la guerre d’Algérie.

 

III. MOYENS D’ACTION ET DE PROPAGANDE

  Les perspectives politiques générales tracées précédemment mettent en relief la valeur et la vérité des moyens d’action que le F.L.N. doit engager pour assurer la victoire complète du noble combat pour l’indépendance de la patrie martyre.

  Nous allons en préciser les grandes lignes sur le plan algérien, français et étranger.

 

1) Comment organiser et diriger des millions d’hommes dans un gigantesque combat

  L’union psycho-politique du peuple algérien forgée et consolidée dans la lutte armée est aujourd’hui une réalité historique.

  Cette union nationale, patriotique, anticolonialiste, constitue la base fondamentale de la principale force politique et militaire de la Résistance.

  Il convient de la maintenir intacte, inentamée, dynamique, en évitant parfois les fautes impardonnables de sectarisme ou d’opportunisme, pouvant favoriser les manoeuvres diaboliques de l’ennemi.

  Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de maintenir le F.L.N. comme guide unique de la Révolution algérienne; cette condition ne doit pas être interprétée comme un sentiment de vanité égoïste ou un esprit de suffisance aussi dangereux que méprisable.

  C’est l’expression d’un principe révolutionnaire : réaliser l’unité de commandement dans un état-major qui a déjà donné les preuves de sa capacité, de sa clairvoyance, de sa fidélité à la cause du peuple algérien.

  II ne faut jamais oublier que, jusqu’au déclenchement de la Révolution, la force de l’impérialisme français ne résidait pas seulement dans sa puissance militaire et policière, mais aussi dans la faiblesse du pays dominé, divisé, mal préparé à la lutte organisée, et surtout, pendant une longue période, de l’insuffisance politique des dirigeants des diverses fractions du mouvement anticolonialiste.

  L’existence d’un F.L.N. puissant, plongeant ses racines profondes dans toutes les couches du peuple est une des garanties indispensables.

  a) – Installer organiquement le F.L.N. dans tout le pays, dans chaque ville, village, mechta, quartier, entreprise, ferme, université, collège, etc.

  b) – Politiser le maquis.

  c) – Avoir une politique de cadres formés politiquement, éprouvés, veillant au respect de la structure de l’organisation, vigilants, capables d’initiatives.

  d) – Répondre avec rapidité et clarté à tous les mensonges, dénoncer les provocations, populariser les mots d’ordre du F.L.N. en éditant une littérature abondante, variée, touchant les secteurs même les plus restreints.

  Multiplier les centres de propagande avec machines à écrire, papier, ronéo (reproduction des documents nationaux et édition de bulletin ou tracts locaux).

  Éditer brochure sur la Révolution et bulletin intérieur pour directives et conseils aux cadres.

  Bien se pénétrer de ce principe : La propagande n’est pas l’agitation qui se caractérise par la violence verbale, souvent stérile et sans lendemain. En ce moment ou le peuple algérien est mûr pour l’action armée positive et féconde, le langage du F.L.N. doit traduire sa maturité en prenant la forme sérieuse, mesurée et nuancée sans manquer pour cela de la férmeté, de la franchise et de la flamme révolutionnaire.

  Chaque tract, déclaration, interview ou proclamation du F.L.N. a aujourd’hui une résonance intemationale. C’est pourquoi nous devons agir avec un réel esprit de responsabilité qui fasse honneur au prestige mondial de l’Algérie en marche vers la liberté et l’indépendance.

 

1) Comment organiser et diriger des millions d’hommes dans un gigantesque combat

  L’union psycho-politique du peuple algérien forgée et consolidée dans la lutte armée est aujourd’hui une réalité historique.

  Cette union nationale, patriotique, anticolonialiste, constitue la base fondamentale de la principale force politique et militaire de la Résistance.

  Il convient de la maintenir intacte, inentamée, dynamique, en évitant parfois les fautes impardonnables de sectarisme ou d’opportunisme, pouvant favoriser les manoeuvres diaboliques de l’ennemi.

  Le meilleur moyen d’y parvenir, c’est de maintenir le F.L.N. comme guide unique de la Révolution algérienne; cette condition ne doit pas être interprétée comme un sentiment de vanité égoïste ou un esprit de suffisance aussi dangereux que méprisable.

  C’est l’expression d’un principe révolutionnaire : réaliser l’unité de commandement dans un état-major qui a déjà donné les preuves de sa capacité, de sa clairvoyance, de sa fidélité à la cause du peuple algérien.

  II ne faut jamais oublier que, jusqu’au déclenchement de la Révolution, la force de l’impérialisme français ne résidait pas seulement dans sa puissance militaire et policière, mais aussi dans la faiblesse du pays dominé, divisé, mal préparé à la lutte organisée, et surtout, pendant une longue période, de l’insuffisance politique des dirigeants des diverses fractions du mouvement anticolonialiste.

  L’existence d’un F.L.N. puissant, plongeant ses racines profondes dans toutes les couches du peuple est une des garanties indispensables.

  a) – Installer organiquement le F.L.N. dans tout le pays, dans chaque ville, village, mechta, quartier, entreprise, ferme, université, collège, etc.

  b) – Politiser le maquis.

  c) – Avoir une politique de cadres formés politiquement, éprouvés, veillant au respect de la structure de l’organisation, vigilants, capables d’initiatives.

  d) – Répondre avec rapidité et clarté à tous les mensonges, dénoncer les provocations, populariser les mots d’ordre du F.L.N. en éditant une littérature abondante, variée, touchant les secteurs même les plus restreints.

  Multiplier les centres de propagande avec machines à écrire, papier, ronéo (reproduction des documents nationaux et édition de bulletin ou tracts locaux).

  Éditer brochure sur la Révolution et bulletin intérieur pour directives et conseils aux cadres.

  Bien se pénétrer de ce principe : La propagande n’est pas l’agitation qui se caractérise par la violence verbale, souvent stérile et sans lendemain. En ce moment ou le peuple algérien est mûr pour l’action armée positive et féconde, le langage du F.L.N. doit traduire sa maturité en prenant la forme sérieuse, mesurée et nuancée sans manquer pour cela de la férmeté, de la franchise et de la flamme révolutionnaire.

  Chaque tract, déclaration, interview ou proclamation du F.L.N. a aujourd’hui une résonance intemationale. C’est pourquoi nous devons agir avec un réel esprit de responsabilité qui fasse honneur au prestige mondial de l’Algérie en marche vers la liberté et l’indépendance.

 

2) Clarifier le climat politique

  Pour conserver juste 1′orientation de la Résistance toute entière dressée pour détruire l’ennemi séculaire, nous devons balayer tous les obstacles et tous les écrans placés sur notre chemin par les éléments conscients ou inconscients d’une action néfaste, condamnés par l’expérience.

 

) Transformer le torrent populaire en énergie créatrice

  Le F.L.N. doit être capable de canaliser des immenses vagues qui soulèvent l’enthousiasme patriotique de la nation. La puissance irresistible de la colère populaire ne doit pas se perdre comme la force extraordinaire du torrent qui s’évanouit dans les sables.

  Pour la transformer en énergie créatrice le F.L.N. a entrepris un colossal travail de brassage de millions d’hommes.

  II s’agit d’être présent partout.

  Il faut organiser sous des formes multiples, souvent complexes, toutes les branches de 1′activité humaine :

 

2) Clarifier le climat politique

  Pour conserver juste 1′orientation de la Résistance toute entière dressée pour détruire l’ennemi séculaire, nous devons balayer tous les obstacles et tous les écrans placés sur notre chemin par les éléments conscients ou inconscients d’une action néfaste, condamnés par l’expérience.

3) Transformer le torrent populaire en énergie créatrice

  Le F.L.N. doit être capable de canaliser des immenses vagues qui soulèvent l’enthousiasme patriotique de la nation. La puissance irresistible de la colère populaire ne doit pas se perdre comme la force extraordinaire du torrent qui s’évanouit dans les sables.

  Pour la transformer en énergie créatrice le F.L.N. a entrepris un colossal travail de brassage de millions d’hommes.

  II s’agit d’être présent partout.

  Il faut organiser sous des formes multiples, souvent complexes, toutes les branches de 1′activité humaine

 

a) Le mouvement paysan.

  La participation massive de la population des fellahs, khammes et ouvriers agricoles à la Révolution, la proportion dominante qu’elle représente dans les moudjahidines ou moussebilines de l’Armée de Libération nationale ont profondément marqué le caractère populaire de la Résistance algérienne.

  Pour en mesurer 1′importance exceptionnelle, il suffit d’examiner le revirement spectaculaire de la politique agraire colonialiste.

  Alors que cette politique était basée essentiellement sur le vol des terres (habous, arch, melk) les expropriations s’étant poursuivies jusqu’en 1945-1946, le gouvemement français préconise aujourd’hui la réforme agraire. Il ne recule pas devant la promesse de distribuer une partie des terres d’irrigation, en mettant en application la loi Martin restée lettre morte à la suite du véto personnel d’un haut fonctionnaire au service de la grosse colonisation. Lacoste lui-même ose envisager, dans ce cas, une mesure révolutionnaire : l’expropriation d’une partie des grands domaines.

  Par souci d’équilibre, pour apaiser la furieuse opposition des gros colons, le gouvernement français a décidé la réforme du khammessat. C’est là une mesure trompeuse tendant à faire croire à l’existence d’une rivalité intestine entre fellahs et khammes, alors que le métayage a déjà évolué naturellement vers un processus plus équitable, sans l’intervention officielle, pour se transformer généralement en « chourka benesf » ou l’association par moitié.

  Ce changement de tactique traduit le profond désarroi du colonialisme voulant tenter de tromper la paysannerie pour la détacher de la Révolution.

  Cette manoeuvre grossière de dernière heure ne dupera pas les fellahs qui out déjà mis en échec la vieille chimère des « affaires indigenes » séparant artificiellement les Algériens en Berbères et Arabes hostiles.

  Car la population paysanne est profondément convaincue que sa soif de terre ne pourra être satisfaite que par la victoire de l’indépendance nationale.

  La véritable réforme agraire, solution patriotique de la misère des campagnes, est inséparable de la destruction totale du régime colonial.

  Le F.L.N. doit s’engager à fond dans cette politique juste, légitime et sociale. Elle aura pour conséquence:

  a) – La haine irreductible à l’endroit du colonialisme français, de son administration, de son armée, de sa police et des traîtres collaborateurs ;

  b) – La constitution de réserves humaines inépuisables pour l’A.L.N. et la Résistance ;

  c) – L ‘extension de l’insécurité dans les campagnes (sabotages, incendies de fermes, destruction des tabacoops et des vinicoops, symboles de la présence colonialiste) ;

  d) – La création des conditions pour la consolidation et l’organisation de nouvelles zones libérées.

 

b) Le mouvement ouvrier.

  La classe ouvrière peut et doit apporter une contribution plus dynamique pouvant conditionner l’évolution rapide de la Révolution, sa puissance et son succès final.

  Le F.L.N. salue la création de I’U.G.T.A. comme l’expression d’une saine réaction des travailleurs contre l’influence paralysante des dirigeants de la C.G.T., de F.O. et de la C.F.T.C.

  L’U.G.T.A. aide la population salariée à sortir du brouillard de la confusion et de l’attentisme.

  Le gouvernement socialiste français et la direction néo-colonialiste de F.O. sont inquiets de l’affiliation internationale de l’U.G.T.A. à la C.I.S.L., dont l’aide à I’V.G.T.A. et à la Centrale Marocaine a été positive dans divers domaines nationaux et extérieurs.

  La naissance et le développement de I’U.G.T.A. ont eu en effet un profond retentissement. Son existence a provoqué immédiatement un violent remous au sein de la C.G.T., abandonnée en masse par les travailleurs. Les dirigeants communistes ont essayé vainement de retenir les cadres les plus conscients en essayant de retrouver sous les cendres l’esprit de l’ancienne C.G.T.U. dont le mot d’ordre de l’indépendance de l’Algérie fut enterré au lendemain de l’unité syndicale en 1935.

  Mais pour devenir une Centrale nationale, il ne suffit pas à la filiale de la C.G.T. parisienne de modifier le titre ni de changer la couleur de la carte, ni même de couper un cordon ombilical atrophié.

  Pour s’adapter aux fonctions nouvelles du mouvement ouvrier ayant déjà atteint l’âge adulte, il ne suffisait pas à l’U.G.S.A. de changer de forme ou d’aspect extérieur. Quiconque observe les vélléités communistes ne peut manquer de retrouver le rythme et la méthode colonialistes qui ont présidé à la transformation des délégations financières en la bâtarde Assemblée algérienne.

  L’accession de certains militants à des postes de direction syndicale rappelle singulièrement la promotion symbolique de certains élus administratifs.

  Dans les deux cas, il aurait fallu changer le but, la nature et le contenu du Foyer civique et du Palais Carnot.

  L’incapacité de la direction du P.C.A. sur le plan politique ne pouvait que se traduire sur le plan syndical et entraîner la même faillite.

  L’U.G.T.A. est le reflet de la profonde transformation qui s’est produite dans le mouvement ouvrier, à la suite d’une longue évolution et surtout après le bouleversement révolutionnaire provoqué par la lutte pour l’indépendance nationale.

  La nouvelle centrale algérienne diffère des autres organisations C.G.T., F.O. et C.F.T.C. dans tous les domaines, notamment par l’absence de tutelle, le choix de l’état-major, la structure rationnelle, l’orientation juste et la solidarité fraternelle en Algérie, en Afrique du Nord et dans le monde entier.

  1) Le caractère national se traduit non seulement par une indépendance organique, détruisant les contradictions inhérentes à une tutelle étrangère, mais aussi par une liberté totale dans la défense des travailleurs dont les intérêts vitaux se confondent avec ceux de toute la nation algérienne.

  2) La direction est formée non par des éléments issus d’une minorité ethnique n’ayant jamais subi l’oppression coloniale, toujours enclins au paternalisme, mais par des patriotes dont la conscience nationale aiguise la combativité contre la double pression de l’exploitation sociale et de la haine raciale.

  3) La “colonne vertébrale» est constituée non par une aristocratie ouvrière (fonctionnaires et cheminots) mais par les couches les plus nombreuses et les plus exploitées (dockers, mineurs, ouvriers agricoles, véritables parias jusqu’ici abandonnés honteusement à la merci des seigneurs de la vigne).

  4) Le souffle révolutionnaire purifie le climat syndical non seulement en chassant l’esprit néo-colonialiste et le chauvinisme national qu’il engendre, mais en créant les conditions pour l’épanouissement d’une fraternité ouvrière, impérméable au racisme.

  5) L ‘action syndicale, maintenue longtemps dans le cadre étroit des revendications économiques et sociales, isolée de la perspéctive générale, est devenue non un frein dans la lutte anticolonialiste mais un accélérateur dans le combat pour la liberté et la justice sociale.

  6) La population laborieuse algérienne, jugée jusqu’ici comme mineure ne méritant pas l’émancipation, est appelée, non à occuper un rang subalteme dans le mouvement social français, mais à coopérer brillamment avec le mouvement ouvrier nord-africain et international.

  7) L’U.G.S.A. – C.G.T. se verra inévitablement contrainte de se dissoudre à l’exemple des organisations similaires de Tunisie et du Maroc pour céder entièrement la place à l’U.G.T.A., centrale nationale authentique et unique, groupant tous les travailleurs algériens sans distinction.

  Le F.L.N. ne doit pas négliger le rôle politique qu’il peut jouer pour aider et compléter l’action syndicale indépendante de l’U.G.T.A. en vue de sa consolidation et de son renforcement.

  Les militants F.L.N. doivent être parmi les plus dévoués, les plus actifs, toujours soucieux de respecter les règles démocratiques selon la tradition en honneur dans le mouvement ouvrier libre.

  Pas de schématisme: tenir compte de chaque situation concrète et adapter les formes d’action aux conditions particulières, subjectives de chaque corporation.

  - Développer l’esprit de combativité en organisant sans retard l’action revendicative sous une forme souple et variée selon les conditions concrètes du moment (arrêt de travail, grèves locales, corporatives, de solidarité).

  - Entrainer dans l’action les travailleurs européens.

  - Concrétiser la sympathie pour l’A.L.N. en transformant en action de soutien la résistance: souscriptions, fournitures aux combattants, actes de sabotage, grèves de solidarité, grèves politiques.

 

c) Le mouvement des jeunes

  La jeunesse algérienne a les qualités naturelles de dynamisme, de dévouement et d’héroïsme.

  De plus, elle se caractérise par un fait rare. Très nombreuse, elle représente près de la moitié de la population totale, en raison d’un développement démographique exceptionnel.

  En outre elle possède une qualité originale : la maturité précoce. En raison de la misère, de l’oppression coloniale, elle passe rapidement de l’enfance à l’âge adulte; la période de l’adolescence est singulièrement réduite.

  Elle suit avec passion, avec le mépris de la peur et la mort, l’organisation révolutionnaire qui peut la conduire à la conquête de son pur idéal de liberté.

  La Révolution algérienne, les exploits de l’A.L.N. et l’action clandestine du F.L.N. répondent à sa témérité que nourrit le plus noble sentiment patriotique.

  C’est donc pour le F.L.N. un levier infléxible d’une puissance et d’une résistance formidables.

 

d) Intellectuels et professions libérales

  Le ralliement des intellectuels à la patrie algérienne, le fait que la “francisation” n’a pas réussi à étouffer leur conscience nationale, la rupture avec les positions idéalistes individualistes ou réformistes, sont les preuves d’une saine orientation politique.

  1) Former des comités d’action des intellectuels patriotes.

  a) Propagande: indépendance de l’Algérie.

  b) Contacts avec libéraux français.

  c) Souscriptions.

  Le F.L.N. devra assigner aux étudiants et étudiantes, d’une manière rationnelle, des tâches précises dans les domaines ou ils peuvent rendre le mieux : politique, administratif, culturel, sanitaire, économique, etc.

  2) Organiser des services de santé:

  a) chirurgiens, médecins, pharmaciens en liaison avec les hospitaliers (internes et infirmiers);

  b) soins, médicaments, pansements;

  c) infirmiers de campagne, traîtement des malades et convalescents.


e) Commerçants et artisans

À coté du syndicat commercial algérien, dominé par le monopoleur Schiaffino, maître des Chambres de commerce, et le mouvement Poujade raciste et colonial-fasciste, se trouvait le vide constitué par l’absence d’une véritable Centrale commerciale et artisanale, dirigée par des patriotes pour assurer la défense de l’économie algérienne.

  L’U.G.C.A. prendra donc une place importante à côté de l’organisation ouvrière soeur de l’U.G.T.A.

  Le F.L.N. doit l’aider à se développer rapidement en créant les conditions politiques les plus favorables:

  1) Lutte contre les impôts ;

  2) Boycott des grossistes colonialistes, poujadistes, apportant un soutien actif à la guerre impérialiste.

 

f} Le mouvement des femmes

  D’immenses possibilités existent et sont de plus en plus nombreuses dans ce domaine.

  Nous saluons avec émotion, avec admiration, l’exaltant courage révolutionnaire des jeunes filles et des jeunes femmes, des épouses et des mères; de toutes nos soeurs “ moudjahidates “ qui participent activement, et parfois les armes à la main, à la lutte sacrée pour la libération de la Patrie.

  Chacun sait que les Algériennes ont chaque fois participé activement aux insurrections nombreuses et renouvelées qui ont dressé, depuis 1830, l’Algérie contre l’occupation française.

  Les explosions principales de 1864 des Ouled Sidi Cheikh du Sud Oranais, de 1871 en Kabylie, de 1916 dans les Aurès et la région de Mascara ont illustré à jamais l’ardent patriotisme, allant jusqu’au sacrifice suprême de la femme algérienne.

  Celle-ci est aujourd’hui convaincue que la Révolution actuelle aboutira inéxorablement à la conquête de l’indépendance.

  L’exemple récent de la jeune fille kabyle qui repousse une demande en mariage, parce que n’émanant pas d’un maquisard, illustre d’une façon magnifique le moral sublime qui anime les Algériennes.

 Il est donc possible d’organiser dans ce domaine, avec des méthodes originales propres aux moeurs du pays, un redoutable et efficace moyen de combat :

  a) soutien moral des combattants et des résistants;

  b) renseignements, liaisons, ravitaillement, refuges ;

  c) aide aux familles et enfants de maquisards, de prisonniers ou d’internés.

 

4) La recherche des alliances

  Pour libérer leur patrie enchaînée, les Algériens comptent d’abord sur eux-mêmes.

  L’action politique, comme la science militaire, enseignent qu’il ne faut négliger aucun facteur, même apparemment peu important, pour assurer la victoire.

  C’est pourquoi Ie F.L.N. a entrepris avec succès la mobilisation de toutes les énergies nationales. Mais il ne laissera pas l’ennemi colonialisle s’appuyer sur la totalité de la minorité ethnique en Algérie, dresser contre nous l’opinion en France et nous priver de la solidarité internationale.

 

a) Les libéraux algériens

À la différence de la Tunisie et du Maroc la minorité ethnique d’origine européenne a une importance numérique dont il faut tenir compte. Elle est renforcée par une immigration permanente jouissant d’une aide officielle et fournissant au régime colonial une fraction importante de ses soutiens les plus farouches, les plus obstinés, les plus racistes.

  Mais en raison de ses privileges inégaux, du rôle qu’elle joue dans la hiérarchie économique, administrative et politique du système colonialisle, la population d’origine européenne ne constitue pas un bloc indissoluble autour de la grosse colonisation dirigeante.

  L ‘esprit de race supérieure est général. Mais il se manifeste sous des aspects nuancés, allant de la frénésie du type “ sudiste “ à l’hypocrisie paternaliste.

  Le colonialisme français, maître tout puissant de l’administration algérienne, de la police, du monopole de la presse, de la radio, s’est montré souvent capable d’exercer une pression psychologique pouvant cristalliser l’opinion publique autour d’une idée-force réactionnaire.

  Le départ de Soustelle et la manifestation du 6 février ont été les preuves d’une grande habileté dans l’art de la provocation et du complot.

  Le résultat fut la capitulation du chef du gouvernement français.

  Pour atteindre son but, le colonialisme organisa la panique. Il accusa le gouvemement d’abandonner la minorité ethnique non-musulmane à la « barbarie arabe ”, à la “ guerre sainte ”, à une Saint-Barthélemy plus immonde.

  Le slogan fabriqué par le maître-chanteur Reygass et diffusé par le bourreau Benquet-Crevaux, l’odieuse image: “ la valise ou le cercueil “, semblent aujourd’hui anodins.

  Les anciens partis nationalistes n’ont pas toujours accordé à cette question l’importance qu’elle mérite. Ne prêtant d’attention que pour l’opinion musulmane, its ont négligé souvent de relever comme il convient des déclarations maladroites de certains charlatans ignorés, apportant en fait de l’eau au moulin de l’ennemi principal.

  Actuellement, la contre-offensive est encore faible. La presse libérale de France ne peut enrayer totalement le poison colonialiste. Les moyens d’expression du F.L.N. sont insuffisants.

  Heureusement, la Résistance algérienne n’a pas fait de faute majeure pouvant justifier les calomnies de la presse colonialiste du service psychologique de l’armée colonialiste, convaincu de mensonges flagrants par les témoignages de journalistes français et étrangers.

  Voilà pourquoi le bloc colonialiste et raciste, sans fissure le 6 fevrier, commence à se désagréger. La panique a cédé la place peu a peu à un sentiment plus réaliste. La solution militaire devant rétablir le statu-quo est un mirage évident. La question dominante aujourd’hui, c’est le retour à une paix négociée : quelle est la place qui sera faite à ceux qui considérent l’Algérie comme patrie toujours généreuse, même après la disparition du règne de Borgeaud ?

 

Des tendances diverses apparaîssent:

  1) Le neutralisme est le courant le plus important. Il exprime le souhait de laisser les ultracolonialistes défendre leurs privilèges menacés par les nationalistes “ extrémistes “ ;

  2) Les partisans d’une solution “ intermédiaire “; la négociation pour “ une communauté algérienne à égale distance entre le colonialisme français et le rétrograde impérialisme arabe » par la création d’une double nationalité ;

  3) La tendance la plus audacieuse accepte l’indépendance de l’Algérie et la nationalité algérienne, à la condition de s’opposer à l’ingérence américaine, anglaise et égyptienne.

  Cette analyse est sommaire. EIle n’a d’autre but que de souligner la différenciation qui s’opère dans le large éventail de l’opinion publique européenne.

  Ce serait donc une erreur impardonnable que de mettre dans le “ même sac » tous les Algériens d’origine européenne ou juive.

  Comme it serait impardonnable de nourrir l’illusion de pouvoir les gagner entièrement à la cause de la libération nationale.

  L ‘objectif à atteindre, c’est l’isolement de l’ennemi colonialiste qui opprime le peuple algérien.

  Le F.L.N. doit donc s’efforcer d’accentuer l’évolution de ce phénomene psychologique en neutralisant une fraction importante de la population européenne.

  La Révolution algérienne n’a pas pour but de “ jeter à la mer “ les Algériens d’origine européenne, mais de détruire le joug colonial inhumain.

  La Révolution algérienne n’est pas une guerre civile, ni une guerre de religion.

  La Révolution algérienne veut conquérir l’indépendance nationale pour installer une république démocratique et sociale garantissant une véritable égalité entre tous les citoyens d’une même patrie, sans discrimination.


a) La minorité juive.

  Ce principe fondamental, admis par la morale universelle, favorise la naissance dans l’opinion israélite d’un espoir dans le maintien d’une cohabitation pacifique millénaire.

  D’abord, la minorité juive a été particulièrement sensible à la campagne de démoralisation du colonialisme. Des représentants de leur communauté ont proclamé au congrès mondial juif de Londres leur attachement à la citoyenneté française, les mettant au-dessus de leurs compatriotes musulmans.

  Mais le déchaînement de la haine antisémite qui a suivi les manifestations colonialo-fascistes a provoqué un trouble profond qui fait place à une saine réaction d’auto-défense.

  Le premier réflexe fut de se préserver du danger d’être pris entre deux feux. Il se manifeste par la condamnation des Juifs, membres du “ 8 Novembre “ et du mouvement poujadiste, dont l’activité trop voyante pouvait engendrer le mécontentement vindicatif contre toute la communauté.

  La correction infléxible de la Résistance algérienne, réservant tous ses coups au colonialisme, apparut aux plus inquiets comme une qualité chevaleresque d’une noble colère des faibles contre les tyrans.

  Des intellectuels, des étudiants, des commerçants prirent l’initiative de susciter un mouvement d’opinion pour se désolidariser des gros colons et des anti-juifs.

  Ceux-la n’avaient pas la mémoire courte. lls n’ont pas oublié l’infame souvenir du régime de Vichy. Pendant quatre ans, 185 lois, decrets ou ordonnances les ont privés de leurs droits, chassés des administrations et des universités, spoliés de leurs immeubles et de leurs fonds de commerce, dépouillés de leurs bijoux.

  Leurs coréligionnaires de France étaient frappés d’une amende collective de un milliard. lls étaient traqués, arrêtés, internés au camp de Drancy et envoyés par wagons plombés en Pologne ou beaucoup périrent dans les fours crématoires.

  Au lendemain de la libération de la France, la communauté juive algérienne retrouva rapidement ses droits et ses biens grâce à l’appui des élus musulmans, malgré l’hostilité de l’administration pétainiste.

  Aura-t-elle la naïveté de croire que la victoire des ultra-colonialistes, qui sont précisement les mêmes qui l’ont persécutée naguère, ne ramènera pas le même malheur?

  Les Algériens d’origine juive n’ont pas encore surmonté leur trouble de conscience, ni choisi de quel côté se diriger.

  Espérons qu’ils suivront en grand nombre le chemin de ceux qui ont répondu à l’appel de la patrie généreuse, donné leur amitié à la Révolution en revendiquant déjà avec fierté, leur nationalité algérienne.

  Cette option est basée sur l’expérience, le bon gens et la clairvoyance.

  En dépit du silence du Grand Rabbin d’Alger, contrastant avec l’attitude réconfortante de I’Archevêque se dressant courageusement et publiquement contre le courant et condamnant l’injustice coloniale, l’immense majorité des Algériens s’est gardée de considérer la communauté juive, comme passée définitivement dans le camp ennemi.

  Le F.L.N. a étouffé dans l’oeuf des provocations nombreuses du gouvernement général. En dehors du châtiment individuel infligé aux policiers et contre-terroristes responsables de crimes contre la population innocente, l’Algérie a été préservée de tout pogrom. Le boycottage des commerçants juifs, devant suivre le boycottage des Mozabites, a été enrayé avant même d’exploser.

  Voila pourquoi, le conflit arabo-israélien n’a pas eu, en Algérie, de repércussions graves, ce qui aurait comblé le voeu des ennemis du peuple algérien.

  Sans puiser dans l’histoire de notre pays les preuves de tolérance religieuse, de collaboration dans les plus hauls postes de l’État, de cohabitation sincère, la Révolution algérienne a montré, par les actes, qu’elle mérite la confiance de la minorité juive pour lui garantir sa part de bonheur dans l’Algérie indépendante.

  En effet, la disparition du régime colonial qui s’est servi de la minorité juive comme tampon pour attenuer les chocs anti-impérialistes, ne signifie pas forcément sa paupérisation.

  C’est une hypothèse absurde que de s’imaginer que «1′Algérie ne serait rien sans la France  “..

  La prospérité économique des peuples affranchis est évidente.

  Le revenu national, plus important, assurera à tous les Algériens une vie plus confortable.

Tenant compte de ce qui précéde, le F.L.N. recommande:

  1) Encourager et aider à la formation de comités et mouvements de libéraux algériens, même ceux ayant au départ des objectifs limités.

  a) Comité d’action contre la guerre d’ Algérie ;

  b) Comité pour la négociation et la paix ;

  c) Comité pour la nationalité algérienne ;

  d) Comité de soutien des victimes de la repression ;

  e) Comite d’études du problème algérien ;

  f) Comité pour la défense des libertés démocratiques ;

  g) Comité pour le désarmement des milices civiles ;

  h) Comité d’aide aux ouvriers agricoles (parrainage des syndicats, soutien des grèves, défense des enfants et des femmes exploités).

  2) Intensifier la propagande auprès des rappelés et des soldats du contingent.

  a) Envoi de livres, revues, journaux, tracts anticolonialistes ;

  b) Comité d’accueil des permissionnaires ;

  c) Théâtre: pièces exaltant la lutte patriotique pour l’indépendance.

  3) Multiplier les comités de femmes de mobilisés pour exiger le rappel de leurs maris.

  c) L’action du F.L.N. en France

1) Développer l’appui de l’opinion libérale.

  L’analyse de l’éventail politique chez les libéraux en Algérie peut être valable pour saisir les nuances de l’opinion publique en France, sujette à des fluctuations rapides en raison de la sensibilité populaire.

  II est certain que le F.L.N. attache une certaine importance à l’aide que peut apporter à la juste cause de la Résistance algérienne la partie éclairée du peuple français, insuffisamment informé des horreurs indicibles pérpétrés en son nom.

  Nous apprécions la contribution des représentants du mouvement libéral français tendant à faire triompher la solution politique pour éviter une effusion de sang inutile.

  La Fédération F.L.N. en France, dont la direction est aujourd’hui renforcée à Paris, a une tache politique de premier plan pour annuler l’effet négatif de la pression réactionnaire et colonialiste.

  a) Contacts politiques avec les organisations, mouvements et comités contre la guerre coloniale ;

  b) Presse, meetings, manifestations et grèves contre le depart des soldats, la manutention et le transport du matériel de guerre ;

  c) Soutien financier par la solidarité aux résistants et aux combattants pour la liberté.

  2) Organiser l’émigration algérienne.

  La population algérienne émigrée en France est un capital précieux en raison de son importance numérique, de son caractère jeune et combatif de son potentiel politique.

  La tâche du F.L.N. est d’autant plus importante pour mobiliser la totalité de ces forces qu’elle nécessite, en même temps, la lutte à outrance contre les tentatives de survivance du messalisme.

  a) Éclairer l’opinion publique française et étrangère en donnant informations, articles de journaux et revues. Grouper à cet effet les militants expérimentés, les intellectuels et les étudiants.

  b) Dénoncer d’une façon infatigable et patiente la faillite du messalisme comme courant politique, sa compromission avec les milieux proches du gouvernement français, ce qui explique l’orientation dirigée non contre le colonialisme, mais contre le F.L.N. et l’A.L.N.

 

 d) La solidarité nord-africaine

    L’intransigence révolutionnaire du F.L.N., la poursuite farouche de la lutte armée par l’A.L.N., l’unanimité nationale du peuple algérien soudée par l’idéal d’indépendance nationale, ont mis en échec les plans colonialistes.

  Les gouvernements tunisien et marocain ont, en particulier (sous la pression des peuples frères), pris nettement position sur le problème qui conditionne l’équilibre nord-africain.

  Le F.L.N. doit encourager :

  1) – La coordination de l’action gouvernementale des deux pays du Maghreb, dans le but de faire pression sur le gouvernement français : action diplomatique.

  2) – L’unification de l’action politique par la création d’un comité de coordination des partis frères nationaux avec le F.L.N.

  a) Création de comités populaires de soutien de la Résistance algérienne ;

  b) Intervention multiforme dans tous les secteurs.

  3) – La liaison permanente avec les Algériens résidant au Maroc et en Tunisie (action concrète auprès de l’opinion publique, de la presse et du gouvernement).

  4) – La solidarité des Centrales ouvrières U.G.T.T., U.M.T., U.G.T.A.

  5) – L ‘entraide des trois unions estudiantines.

  6) – La coordination de l’action des trois centrales économiques.

 

5) L’Algérie devant le Monde

  La diplomatie française a entrepris sur le plan international un travail interne pour obtenir partout où c’est possible, ne serait-ce que très provisoirement, une aide morale et matérielle ou une neutralité bienveillante et passive. Les seuls résultats plus ou moins positifs sont les déclarations gênées, arrachées aux représentants des États-Unis, de l’Angleterre et de l’O.T.A.N.

  Mais la presse mondiale, notamment la presse américaine, condamne impitoyablement les crimes de guerre, plus particulièrement la Légion et les paras, le génocide des vieillards, des femmes, des enfants, le massacre des intellectuels et des civils innocents, la torture des emprisonnés.

  Elle exige du colonialisme français la reconnaissance solennelle du droit du peuple algérien à disposer librement de son sort.

  La lutte gigantesque engagée par l’Armée de Libération Nationale, son invincibilité garantie par l’adhésion unanime de la nation algérienne à l’idéal de liberté, ont sorti le problème algérien du cadre français dans lequel l’impérialisme l’a tenu jusqu’alors prisonnier.

  La conférence de Bandoeng et surtout la X. session de l’O.N.U. ont eu particulièrement le mérite historique de détruire la fiction juridique de “ l’Algérie française ».

  L’invasion et l’occupation d’un pays par une armée étrangère ne sauraient en aucun cas modifier la nationalité de ses habitants. Les Algériens n’ont jamais accepté la “ francisation “, d’autant plus que cette “ etiquette “ ne les a jamais empêchés d’être dans leur patrie moins libres et moins considérés que les étrangers.

  La langue arabe, langue nationale de l’immense majorité, a été systématiquement étouffée. Son enseignement supérieur a disparu dès la conquête par la dispersion des maîtres et des élèves, la fermeture des universités, la destruction des bibliothèques, le vol des donations pieuses.

  La religion islamique est bafouée, son personnel est domestiqué, choisi et paré par l’administration colonialiste.

  L’impérialisme français a combattu le mouvement progressiste des Oulémas pour donner son appui total au maraboutisme, domestiqué par la corruption de certains chefs de confréries.

  Combien apparaît dégradante la malhonnêteté des Bidault, Lacoste, Soustelle et le cardinal Feltin lorsqu’ils tentent de tromper l’opinion publique française et étrangère en définissant la Résistance algérienne comme un mouvement religieux fanatique au service du panislamisme.

  La ligne de démarcation de la Révolution ne passe pas entre les communautés religieuses qui peuplent l’Algérie, mais entre d’une part, les partisans de la liberté, de la justice, de la dignité humaine et d’autre part, les colonialistes et leurs soutiens, quelle que soit leur religion ou leur condition sociale.

  La meilleure des preuves n’est-elle pas le châtiment suprême infligé à des traîtres officiants du culte, dans l’enceinte même des mosqués ?

  Par contre, grâce à la maturité politique du peuple algérien et la sage et lucide direction du Front de Libération Nationale, les provocations traditionnelles et renouvelées du colonialisme : pogroms, troubles antichrétiens, xénophobie, ont été déjouées et étouffées dans l’oeuf.

  La Révolution algérienne, malgré les calomnies de la propagande colonialiste, est un combat patriotique, dont la base est incontéstablement de caractère national, politique et social.

  Elle n’est inféodée ni au Caire, ni à Londres, ni à Moscou, ni à Washington.

  Elle s’inscrit dans le cours normal de l’évolution historique de l’humanité qui n’admet plus l’existence de nations captives.

  Voilà pourquoi l’indépendance de l’Algérie martyre est devenue une affaire internationale et le problème-clé de l’Afrique du Nord.

  De nouveau, l’affaire algérienne sera posée devant l’O.N.U. par les pays afro-asiatiques.

  Si, lors de la dernière session de l’Assemblée Générale de l’O.N.U., on constata chez ces pays amis le souci tactique exagérément conciliateur, allant jusqu’à retirer de l’ordre du jour la discussion de l’affaire algérienne, il n’en est pas de même aujourd’hui car les promesses de la France n’ont nullement été tenues.

  Ce manque de hardiesse était déterminé par l’attitude des pays arabes en général et de l’Egypte en particulier. Leur soutien à la lutte du peuple algérien demeurait limité; il était assujetti aux fluctuations de leur diplomatie. La France exercait une pression particulière sur le Moyen-Orient en monnayant son aide économique et militaire et son opposition au Pacte de Bagdad. Elle avait notamment essayé de peser de toutes ses forces pour paralyser les urnes psychologiques et morales dont le F.L.N. dispose.

  L ‘attitude des pays non arabes du bloc afro-asiatique était conditionnée, semble-t-il, par le souci d’une part de ne jamais dépasser celle des pays arabes, par le désir d’autre part de jouer un rôle déterminant dans les problèmes tels que ceux du désarmement et de la coéxistence pacifique.

  Ainsi l’internationalisation du problème algérien dans sa phase actuelle a renforcé la prise de conscience universelle sur l’urgence du réglement d’un conflit armé pouvant affecter le bassin méditerranéen et l’Afrique, le Moyen-Orient et le monde entier.

  Nos contacts avec les dirigeants des pays frères n’ont jamais été autre chose que des contacts d’alliés et non d’instruments.

  Nous devons veiller d’une façon systématique à conserver intacte l’indépendance de la Révolution algérienne. Il convient de réduire à néant la calomnie lancée par le gouvemement français, sa diplomatie, sa grande presse pour nous présenter comme une rebellion artificiellement fomentée de l’étranger, n’ayant pas de racines dans la Nation algérienne captive.

  1) – Provoquer chez les gouvemements du Congrès de Bandoeng, en plus de l’intérvention à l’O.N.U., des pressions diplomatiques, voire économiques directes sur la France.

  2) – Rechercher l’appui des États et des peuples d’Europe, y compris les pays nordiques et les démocraties populaires ainsi que les pays d’Amérique Latine.

   3) – S’appuyer sur l’émigration arabe dans les pays de l’Amérique Latine.

  Dans ce but, le F.L.N. a renforcé la Délégation algérienne en mission à l’extérieur. Il devra avoir:

  a) – Bureau permanent auprès de l’O.N.U. et aux U.S.A.

  b) – Délégation dans les pays d’Asie.

  c) – Délégations itinérantes pour la visite des capitales et la participation aux rassemblements mondiaux culturels, estudiantins, syndicaux, etc.

  d) – Propagande écrite créee par nos propres moyens : bureaux de presse, éditions de rapports, documents par la photo et le film

 

CONCLUSION

  Il y a dix ans, au lendemain de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, une formidable explosion a ébranlé l’impérialisme.

  L’irrésistible mouvement de libération nationale, longtemps comprimé, secoua les peuples captifs. Une réaction en chaîne entraîna les pays colonisés, l’un après l’autre, dans la conquête d’un avenir flamboyant de liberté et de bonheur.

  En cette courte période, dix-huit nations sont sorties des ténébres de l’esclavage colonial et ont pris place au soleil de l’indépendance nationale.

  Les peuples de Syrie et du Liban, du Viet Nam et du Fezzan ont brisé les barreaux de leurs cellules et réussi à quitter l’immense prison du colonialisme français.

  Les trois peuples du Maghreb ont manifesté à leur tour leur volonté et leur capacité de prendre leur place dans le concert des nations libres.

  La Révolution algérienne du 1er novembre 1954 est sur la bonne voie.

  La lutte sera encore difficile, apre, cruelle.

  Mais sous la ferme direction du Front de Libération Nationale, la victoire couronnera la longue lutte armée menée par le peuple algérien indompté.

  La date humiliante du 5 juillet 1830 sera effacée avec la disparition de l’odieux régime colonial.

  Le moment est proche où le peuple algérien recueillera les doux fruits de son douloureux sacrifice et de son courage sublime.

  L’indépendance de la Patrie sur laquelle flottera souverainement le drapeau national algérien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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La stratégie impérialiste française.

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

Plate-forme de la Soummam


  B) La stratégie impérialiste française.

  La Révolution algérienne, détruisant impitoyablement tous les pronostics colonialistes et faussement optimistes, continue de se déveloper : avec une vigueur exceptionneIle, dans une phase ascendante de longue portée.

  Elle ébranle et ruine ce qui reste de l’empire colonial français en déclin.

  Les gouvernements successifs de Paris sont en proie à une crise politique sans précédent. Obligés de lâcher les colonies d’Asie, ils croient pouvoir conserver celles d’Afrique. Ne pouvant faire face au « pourrissement ” de l’Afrique du Nord, ils ont laché du lest en Tunisie et au Maroc pour tenter de garder l’Algérie.

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Le communisme absent ?

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

Le communisme absent ?

Le P.C.A. malgré son passage dans l’illégalité et la publicité tapageuse dont la presse colonialiste l’a gratifié pour justifier la collusion imaginaire avec la Résistance algérienne, n’a pas réussi à jouer un rôle qui mériterait d’être signalé. La direction communiste, bureaucratique, sans aucun contact avec le peuple, n’a pas été capable d’analyser correctement la situation révolutionnaire. C’est pourquoi elle a condamné le “ terrorisme “ et ordonné dès les premiers mois de l’insurrection aux militants des Aurès, venus à Alger chercher des directives, de ne pas prendre les armes.

La sujétion au P.C.F. a pris le caractère d’un béni-oui-ouisme avec le silence qui a suivi le vote des pouvoirs spéciaux:

Non seulement les communistes algériens n’ont pas eu suffisamment de courage pour dénoncer cette attitude opportuniste du groupe parlementaire, mais ils n’ont pas soufflé mot sur l’abandon de l’action concrète contre la guerre d’Algérie : manifestations contre les renforts de troupes, grèves de transport, de la marine marchande, des ports et des stocks contre le matériel de guerre.

Le P.C.A. a disparu en tant qu’organisation sérieuse à cause surtout de la prépondérance en son sein d’éléments européens dont l’ébranlement des convictions nationales algériennes artificielles a fait éclater les contradictions face à la résistance armée.

Cette absence d’homogénéité et la politique incohérente qui en résulte ont pour origine fondamentale la confusion et la croyance en l’impossibilité de la libération nationale de l’Algérie avant le triomphe de la révolution prolétarienne en France.

Cette idéologie qui tourne le dos à la réalité est une réminiscence des conceptions de la S.F.I.O., favorable à la politique d’assimilation passive et opportuniste.

Niant le caractère révolutionnaire de la paysannerie et des fellahs algériens en particulier, elle prétend défendre la classe ouvrière algérienne contre le danger problématique de tomber sous la domination directe de la “ bourgeoisie arabe “, comme si l’indépendance nationale de l’Algérie devait suivre forcément le chemin des révolutions manquées, voire même de faire marche arrière vers un quelconque féodalisme.

La C.G.T., subissant l’influence communiste, se trouve dans une situation analogue et tourne à vide sans pouvoir énoncer et appliquer le moindre mot d’ordre d’action.

La passivité générale du mouvement ouvrier organisé, aggravée dans une certaine mesure par l’attitude néfaste des syndicats F.O. et C.F.T.C., n’est pas la conséquence du manque de combativité des travailleurs des villes, mais de l’apathie des cadres syndicaux de l’U.G.S.A. attendant, les bras croisés, les directives de Paris.

Les dockers d’ Alger en ont donné la preuve en participant à la grève politique anniversaire du 18 novembre 1956.

Nombreux furent les travailleurs qui ont compris que cette journée d’action patriotique aurait revêtu un caractère d’unanimité nationale, plus démonstrative, plus dynamique, plus féconde, si les organisations ouvrières avaient été entraînées intelligemment dans la lutte générale par une véritable centrale syndicale nationale. Cette appréciation juste se trouve entièrement confirmée dans le succès complet de la grève générale patriotique du 5 juillet 1956.

Voilà pourquoi les travailleurs algériens ont salué la naissance de l’U.G.T.A., dont le développement continu est irresistible, comme l’expression de leur désir impatient de prendre une part plus active à la destruction du colonialisme, responsable du régime de misère, de chomage, d’émigration et d’indignité humaine.

Cette extension du sentiment national, en même temps que son passage à un niveau qualificatif plus élevé, n’a pas manqué de réduire, comme une peau de chagrin, la base de masse du P.C.A., déjà rétrécie par la perte des éléments européens hésitants et instables.

On assiste cependant à certaines initiatives émanant à titre individuel de certains communistes s’efforçant de s’infiltrer dans les rangs du F.L.N. et de l’A.L.N. II est possible qu’il s’agisse là de sursauts individuels pour retourner à une saine conception de la libération nationale.

II est certain que le P.C.A. essaiera dans l’avenir d’exploiter ces « placements “ dans le but de cacher son isolement total et son absence dans le combat historique de la Révolution algérienne.


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Le messalisme en déroute.

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

- Le messalisme en déroute.

  Le M.N.A., en dépit de la démagogie et de la surenchère, n’a pas réussi à surmonter la crise mortelle du M.T.L.D. Il conservait une assise organique seulement en France du fait de la présence de Messali en exil, de l’ignorance totale des émigres de la réalite algérienne.

  C’est de là que partaient les mots d’ordres, les fonds et les hommes en vue de la création en Algérie de groupes armés ou de maquis dissidents, destinés non à la participation de la lutte contre l’ennemi exécré, le régime colonialiste, son armée et sa police, mais à créer des opérations de provocation et à saboter par le défaitisme, le désordre et l’assassinat, la Révolution algérienne et ses dirigeants militaires et politiques.

  L’activité sporadique et brève du M.N.A. s’était manifestée publiquement, dans les rares villes telle Alger, comme une secte contre-révolutionnaire dans des opérations de diversion et de division (campagne anti-mozabite), de gangstérisme (racket de commerçants), de confusion et de mensonges (Messali, soi-disant créateur et chef de l’Armée de Libération Nationale).

  Le messalisme a perdu sa valeur de courant politique. Il est devenu de plus en plus un état d’âme qui s’étiole chaque jour.

  Il est particulièrement significatif que les derniers admirateurs et défenseurs de Messali soient précisément les joumalistes et intellectuels proches de la présidence du gouvemement français. Ils prétendent dénoncer l’ingratitude du peuple algérien qui ne reconnaîtrait plus “ les mérites exceptionnels de Messali, le créateur, il y a trente ans, du nationalisme algérien “.

  La psychologie de Messali s’apparente à la conviction insensée du coq de la fable qui ne se contente pas de constater l’aurore, mais proclame “ qu’il fait lever le soleil “.

  Le nationalisme algérien dont Messali revendique effrontément l’initiative est un phénomène de caractère universel, résultat d’une évolution naturelle suivie par tous les peuples sortant de leur léthargie.

  Le soleil se lève sans que le coq y soit pour quelque chose, comme la Révolution algérienne triomphe sans que Messali y ait aucun mérite.

  Cette apologie du messalisme dans la presse française était un indice sérieux de la préparation psychologique d’un climat artificiel favorable à une manoeuvre de grande envergure contre la Révolution algérienne.

  C’est la division, arme classique du colonialisme.

  Le gouvernement français a tenté en vain d’opposer au F.L.N. des groupements modérés, voire même le groupe des “ 61”. Ne pouvant plus compter sur les Sayah ou Farès, le béni-oui-ouisme étant discrédité d’une façon définitive et sans retour, le colonialisme français espérait utiliser le chef du M.N.A. dans son ultime manoeuvre diabolique pour tenter de voler au peuple algérien sa victoire.

  Dans cette perspective, Messali représente, en raison de son orgueil et de son manque de scrupules, l’instrument parfait pour la politique impérialiste.

  Ce n’est donc pas par hasard que Jacques Soustelle pouvait affirmer en novembre 1955 au professeur Massignon: “ Messali est ma dernière carte. “

  Le ministre résidant Lacoste ne se gêne pas pour confier a la presse colonialiste algérienne sa satisfaction de voir le M.N.A. s’efforcer uniquement d’affaiblir Ie F.L.N.

  L’hebdomadaire socialiste “ Demain ”, dévoilant les divergences tactiques divisant les gouvernants français, pouvait écrire que certains ministres étaient disposés, pour empêcher le renforcement du F.L.N., à accorder à Messali sa liberté totale, “ le seul problème étant de protéger la vie du leader algérien “.

  Quand on se rappelle que Messali s’est livré à une violente attaque contre les pays arabes, ce qui ne peut que réjouir les Soustelle, Lacoste et Borgeaud, son déplacement d’Angoulême à Belle-Isle justifie la thèse du journal “ Demain “.

  Lorsque la vie de Messali est si précieuse pour le colonialisme français, faut-it s’étonner de le voir glisser vers la trahison consciente ?

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La faillite des anciennes formations politiques.

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

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Plate-forme de la Soummam


   c) La faillite des anciennes formations politiques.
  La Révolution algérienne a accéléré la maturité politique du peuple algérien. Elle lui a montré, à la lumière de l’expérience décisive du combat libérateur, l’impuissance du réformisme et la stérilité du charlatanisme contre-révolutionnaire.

  La faillite des vieux partis a éclaté au grand jour.

  Les groupements divers ont été disloqués. Les militants de base ont rejoint le F.L.N. L’U.D.M.A. dissoute et les Oulama se sont alignées courageusement sur les positions du F.L.N.; l’U.G.E.M.A. groupant tous les universitaires et lycéens, a proclamé par la voix de son congrès unanime le même sentiment.

  Le Comité central du M. T .L.D. a complètement disparu en tant que regroupement d’ex-dirigants et en tant que tendance politique.

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Une organisation politique efficace.

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

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  b) Une organisation politique efficace.
  Le Front de Libération Nationale, malgré son activité clandestine, est devenu aujourd’hui l’unique organisation véritablement nationale. Son influence est incontestable et incontestée sur tout le territoire algérien.

  En effet, dans un délai extrêmement court, le F.L.N. a réussi le tour de force de supplanter tous les partis politiques existant depuis des dizaines d’années.

  Cela n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat de la réunion des conditions indispensables suivantes:

  1) Le bannissement du pouvoir personnel et l’instauration du principe de la direction collective composée d’hommes propres, honnêtes, impérméables à la corruption, courageux, insensibles au danger, à la prison ou à la peur de la mort.

  2) La doctrine est claire. Le but à atteindre c’est l’indépendance nationale. Le moyen, c’est la révolution par la destruction du régime colonialiste.

  3) L ‘union du peuple est réalisée dans la lutte contre l’ennemi commun, sans sectarisme:

  Le F.L.N. affirmait au début de la Révolution que «la libération de l’Algérie sera l’oeuvre de tous les Algériens et non pas celle d’une fraction du peuple algérien, quelle que soit son importance “. C’est pourquai le F.L.N. tiendra compte dans sa lutte de toutes les forces anti-colonialistes, même si elles échappent encore à son contrôle.

  4) La condamnation définitive du culte de la personnalité, la lutte ouverte contre les aventuriers, les mouchards, les valets de l’administration, indicateurs ou policiers. D’où la capacité du F.L.N. à déjouer les manoeuvres politiques et les traquenards de l’appareil policier français.

  Cela ne saurait signifier que toutes les difficultés soient complètement effacées.

  Notre action politique a été handicapée au depart pour les raisons ci-après :

  - L’insuffisance numérique des cadres et des moyens matériels et financiers;
  - La nécessité d’un long et dur travail de clarification politique, d’explication patiente et persévérante pour surmonter une grave crise de croissance;
  - L’impératif stratégique de subordonner tout au Front de la Lutte Armée.

  Cette faiblesse, normale et inévitable au début, est déjà corrigée. Après la période où il se contentait de lancer uniquement des mots d’ordres de résistance à l’impérialisme, on a assisté ensuite à une réelle apparition du F.L.N. sur le plan de la lutte politique.

  Ce redressement fut marqué par la grève d’anniversaire du 10. novembre 1956, considérée comme l’événement décisif, tant par son aspect spectaculaire et positif que par son caractère profond, preuve de la “ prise en main “ de toutes les couches de la population.

  Jamais, de mémoire d’Algérien, aucune organisation politique n’avait obtenu une grève aussi grandiose dans les villes et villages du pays.

  D’autre part, le succès de la non-coopération politique lancée par le F.L.N. est non moins probant. La cascade de démissions des élus patriotes suivie de celles des élus administratifs ont imposé au gouvernement français la non-prorogation du mandat des députés du Palais Bourbon, la dissolution de I’Assemblée algérienne. Les conseils généraux et municipaux et les djemaas ont disparu, vide accentué et amplifié par la démission de nombreux fonctionnaires et auxiliaires de l’autorité coloniale, caïds, chefs de fraction, gardes champêtres. Faute de candidatures ou de remplaçants, l’administration française est disloquée; son armature considérée comme insuffisante ne trouve aucun appui parmi le peuple; dans presque toutes les régions elle coéxiste avec l’autorité du F.L.N.

  Cette lente mais profonde désagrégation de l’administration française a permis la naissance puis le développement d’une dualité de pouvoir. Déjà fonctionne une administration révolutionnaire avec des djemaas clandestines et des organismes s’occupant du ravitaillement, de la percéption d’impôts, de la justice, du recrutement de moudjahidines, des services de securité et de renseignements. L’administration du F.L.N. prendra un nouveau virage avec l’institution des assemblées du peuple qui seront élues par les populations rurales avant le deuxième anniversaire de notre révolution.

  Le sens politique du F.L.N. s’est vérifié d’une facon éclatante par l’adhésion massive des paysans pour lesquels la conquête de l’indépendance nationale signifie en même temps la réforme agraire qui leur assurera la possession des terres qu’ils fécondent de leur labeur.

  Cela se traduit par l’éclosion d’un climat insurrectionnel qui s’est étendu avec rapidité et une forme variée à tout le pays.

  La présence d’éléments citadins, politiquement mûrs et expérimentés, sous la direction lucide du F.L.N., a permis la politisation des régions retardataires. L’apport des étudiantes et étudiants a été d’une grande utilité, notamment dans les domaines politique, administratif et sanitaire.

  Ce qui est certain, c’est que la Révolution algérienne vient de dépasser avec honneur une première étape historique.

  C’est une réalite vivante ayant triomphé du pari stupide du colonialisme français prétendant la détruire en quelques mois.

  C’est une révolution organisée et non une révolte anarchique.

  C’est une lutte nationale pour détruire le régime anarchique de la colonisation et non une guerre religieuse. C’est une marche en avant dans le sens historique de l’humanité et non un retour vers le féodalisme.

  C’est enfin la lutte pour la renaissance d’un État algérien sous la forme d’une République démocratique et sociale et non la restauration d’une monarchic ou d’une théocratie révolues.

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I. – SITUATION POLITIQUE ACTUELLE

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

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I. – SITUATION POLITIQUE ACTUELLE

  A) – L’Essor impétueux de la Révolution algérienne.

  L’Algérie, depuis deux ans, combat avec héroïsme pour l’indépendance nationale.
  La Révolution patriotique et anticolonialiste est en marche.
  Elle force l’admiration de l’opinion publique mondiale.

  a) La Resistance armée.
  En une période relativement courte, l’Armée de Libération Nationale, localisée dans l’Aurès et la Kabylie, a subi avec succès l’épreuve du feu.

  Elle a triomphé de la campagne d’encerclement et d’anéantissement menée par une armée puissante, moderne, au service du régime colonialiste d’un des plus grands États du monde.

  Malgré la pénurie provisoire d’armement, elle a développé les opérations de guerillas, de harcèlement, de sabotage, s’étendant aujourd’hui à l’ensemble du territoire national.

  Elle a consolidé sans cesse ses positions en améliorant sa tactique, sa technique, son efficacité.

  Elle a su passer rapidement de la guerilla au niveau de la guerre partielle.

  Elle a su combiner harmonieusement les méthodes éprouvées des guerres anticolonialistes avec les formes les plus classiques en les adoptant intelligemment aux particularites du pays.

  Elle a déjà fourni la preuve suffisante, maintenant que son organisation militaire est unifiée, qu’elle possède la science de la stratégie d’une guerre englobant l’ensemble de l’Algérie.

  - L’Armée de Libération Nationale se bat pour une cause juste.

  Elle groupe des patriotes, des volontaires, des combattants décidés à lutter avec abnégation jusqu’à la délivrance de la patrie martyre.

  Elle s’est renforcée par le sursaut patriotique d’officiers, de sous-officiers et de soldats de carrière ou du contingent, désertant en masse avec armes et bagages les rangs de l’armée française.

  Pour la première fois dans les annates militaires, la France ne peut plus compter sur le “ loyalisme  “ des troupes algériennes. Elle est obligée de les transférer en France et en Allemagne.

  Les harkas de goumiers, recrutés parmi les chomeurs souvent trompés sur la nature du “ travail “ pour lequel ils étaient appelés, disparaissent dans le maquis. Certaines sont désarmées et dissoutes par les autorités mécontentes.

  Les réserves humaines de l’A.L.N. sont inépuisables. Elle est souvent obligée de refuser l’enrôlement des Algériens jeunes et vieux, des villes et campagnes, impatients de mériter l’honneur d’être soldats de leur “ Armée “.

  Elle bénéficie pleinement de l’amour du peuple algérien, de son soutien enthousiaste, de sa solidarité agissante, morale et matérielle, totale et indéfectible.

  Les officiers supérieurs, les commandants de zones, les commissaries politiques, les cadres et soldats de l’Armée de Libération Nationale sont honorés comme des héros nationaux, glorifiés dans des chants populaires qui ont déjà pénétré aussi bien dans l’humble gourbi que la misérable khaïma, la ghorfa des casbahs comme le salon des villas.

  Telles sont les raisons essentielles du “ miracle algérien “ : l’ A.L.N. tenant en échec la force colossale de l’armée colonialiste française, renforcée par les divisions “ atomiques “ prélevées sur les forces de l’O.T.A.N.

  Voilà pourquoi en dépit des incessants renforts, jugés aussitôt insuffisants, malgré le quadrillage ou autre technique aussi inopérante que les déluges de feu, les généraux français sont obligés de reconnaître que la solution militaire est impossible pour résoudre le problème algérien.

  Nous devons signaler particulièrement la formation de nombreux maquis urbains qui, d’ores et déjà, constituent une seconde armée sans uniforme.

  Les groupes armés dans villes et villages se sont notamment signalés par des attentats contre les commissariats de police, les postes de gendarmerie, les sabotages de bâtiments publics, les incendies, la suppression de grades de la police, de mouchards, de traîtres.

  Cela afIaiblit d’une façon considérable l’armature militaire et policière de l’ennemi colonialiste, augmente la dispersion de ses forces sur l’ensemble du sol national, et accentue la détérioration du moral des troupes, maintenues dans un état d’énervement et de fatigue par la nécéssité de rester sur un qui-vive angoissant.

  C’est un fait indéniable que l’action de l’A.L.N. a bouleversé le climat politique en Algérie.

  Elle a provoqué un choc psychologique qui a libéré le peuple de sa torpeur, de la peur, de son scepticisme.

  Elle a permis au peuple algérien une nouvelle prise de conscience de sa dignité nationale.

  Elle a également déterminé une union psychopolitique de tous les Algériens, cette unanimité nationale qui féconde la lutte armée et rend inéluctable la victoire de la liberté.

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Pour assurer le triomphe de la Révolution algérienne dans la Lutte pour l’indépendance nationale

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

EXTRAITS DE LA PLATE-FORME
Pour assurer le triomphe de la Révolution algérienne
dans la Lutte pour l’indépendance nationale

   Les extraits de la présente plate-forme du Front de Libération Nationale ont pour objet de définir, d’une façon générale, la position du F.L.N. à une étape déterminante de la Révolution algérienne.

  Elle est divisée en trois parties:
  1) La situation politique actuelle.
  2) Les perspectives générales.
  3) Les moyens d’action et de propagande.


[2]Les commissaires politiques auront les mêmes grades que les officiers des organismes auxquels ils appartiennent.  
[3]Tous ces grades sont provisoires. À la libération du pays, une commission militaire sera chargée d’étudier chaque cas et de pourvoir au reclassement de ces grades dans l’Armée Nationale. Le grade de général n’existera pas jusqu’à la Libération. Les nominations, cassations, et rétrogradations des officiers sont prononcées par Ie C.C.E. sur proposition des chefs de Wilaya. Les sous-officiers sont nommés, cassés, ou rétrogradés par le chef de la Wilaya. Les caporaux sont nommés et cassés par le chef de zone. 

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