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L’Hécatombe et la Presse ou les démons du mensonge

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

L’Hécatombe et la Presse
ou les démons du mensonge
 » Il n’est point de secret
que le temps ne révèle « 

Le Général Mohamed
Lamine Mediene Alias Toufik

Préface:

La guerre n’anéantit pas seulement les hommes, les biens et la vie en général, mais détruit également les principes, l’éthique, la déontologie et surtout l’espoir.
En Algérie, rares sont ceux qui savent résister aux charmeurs de la corruption morale et matérielle et la presse comme tout organisme stratégique n’échappe pas à cette règle.
Depuis le début de la tragédie, certains journaux ont perdu leurs essences et leur crédibilité acquises chèrement après les événements d’octobre 88, dans un pays où tous les moyens d’information appartiennent depuis l’indépendance aux décideurs.

Est-ce un hasard si la profession a payé un aussi lourd tribut ?
La mort violente des journalistes algériens et étrangers a dévoilé la détermination de ceux qui veulent à tout prix étouffer la vérité ; abaisser le rideau de fer est pour eux une nécessité afin de mener à bien la politique de l’horreur.
Cette cruauté a permis la neutralité bienveillante de la majorité et la compromission de certains autres ; les meurtres, les menaces puis l’isolement (pour ne pas dire la clandestinité et l’exil) des autres ont fini par anesthésier l’esprit critique et paralyser la quête de la vérité qui ont caractérisé la presse algérienne à l’issue des événements d’octobre 88.

Des journalistes qui ont pris avec des médecins le leadership des comités contre la torture en octobre 88 (avec la participation remarquée de l’actrice Isabelle Adjani), qui ont écris les mémoires d’octobre et sont devenus des portes voix criant leur indignation en répétant « plus jamais ça », se sont transformés en apôtres de l’éradication et en plumes de sangs.

Il est dit :  »On n’a pas le droit de tuer un homme parce qu’on ne connaît pas les images qu’il y a au fond de ses yeux », principe sacré du droit à la différence et du respect d’autrui que bon nombre de journalistes ont sacrifié au nom de la pseudo-sauvegarde de la démocratie que les intégristes veulent décapiter.

Comment expliquer aux communs des lecteurs la conversion rocambolesque d’une presse contestataire et parfois rebelle à l’avant garde de la lutte pour les droits de l’homme et la dignité humaine, en un instrument fatal entre les mains des thaumaturges du cabinet noir. Cette presse qui est devenue une girouette changeant de sens avec les vents des luttes des clans.
Certes dans un pays soumis à des bouleversements en profondeur où les affrontements entre idéologies antinomiques et intérêts divergents ont ouvert la voie à une atrocité meurtrière, le principe sacré du respect de la vie humaine est tombé à la faveur de fatwas d’imams ou pseudo-cheikhs ignares et de muftis incultes made in DRS. Mais le plus grave encore, c’est que la presse qui était le garde fou du champ politique, a fini par céder. Le résultat est connu de tous et les écrits relatifs à ce sujet sont bien loin du non dit ; les cours restent toujours pleins tant que justice n’est pas faite.

Nous ne voulons pas et nous n’avons pas la prétention de faire le procès de la presse ou des journalistes, l’histoire se chargera tôt ou tard d’une telle mission, mais nous tenons par contre à expliquer les mécanismes et les dessous de la manipulation et montrer que la démission des consciences a très largement contribué et d’une façon substantielle au pourrissement de la situation. Notre espoir est que ce dossier puisse contribuer, même de manière très modeste, à la libéralisation des consciences journalistiques, l’assainissement du milieu médiatique et la réhabilitation de la fonction de journaliste ; pour que demain soit meilleur pour ceux qui achètent chaque jour leur journal et qui s’attendent à y trouver leurs souffrances mises à nu afin de pouvoir espérer que le surlendemain sera meilleur !

Le début:

Depuis le renversement de Chadli en janvier 1992, le commandement de l’ANP de l’époque prend en charge la diffusion de toute information touchant de près ou de loin l’institution militaire ou la vie politique du pays. Les moyens de communication sont mis sous surveillance stricte afin de s’assurer du contrôle du reste des événements.
Dans le passé, cette mission délicate a de tout temps été attribué au service presse de la Direction du Renseignement et de la Sécurité qui a mis sur pied au fil des ans un service très spécialisé qui a tissé sa toile autour de tous les médias.
La gestion et la manipulation de l’information est une arme moderne très redoutable qui est employée pour gérer une situation de crise, façonner l’opinion publique et même retourner celle-ci lorsqu’elle est hostile à la politique en cours. C’est une spécialité bien établie dans tous les services secrets du monde, appelée « Média Management ou Crisis Management » et qui a démontré son efficacité plus particulièrement lors de la guerre du Golf.

En Algérie, la DRS n’est pas en marge dans ce domaine, les exemples sont nombreux, mais la pratique la plus connue de tous est la censure classique qui couvre tout le champ politique. Cette opération est assurée par l’intermédiaire de son service presse de manières différentes, mais le but final reste la manipulation psychologique de l’opinion publique nationale et même internationale lorsque le sujet a une dimension internationale.

L’exploitation et la manipulation de l’information sont réalisées par une sous direction de la DRS : le service presse, plus scientifiquement baptisé «service psychologique ». Il est en charge de la «guerre médiatique ». Cette sous direction est basée actuellement au centre opérationnel de Belaroussi (l’ex-centre de support opérationnel technique), situé derrière la cité des Asphodèles à Ben Aknoun et est connu par les introduits dans les milieux médiatiques sous le nom de code CCD.

Le centre Belaroussi, classé très sensible, est commandé par le fameux Colonel Aziz. Il abrite les bureaux du centre de la communication et de la diffusion (CCD) qui est dirigé par le colonel Tahri Zoubir alias Hadj Zoubir.
Si El-Hadj comme il est communément appelé, est comme ses prédécesseurs, en charge du recrutement par n’importe quel moyen du plus grand nombre possible de journalistes (même étrangers), le but est bien simple : la censure passive et active de tout ce qui est considéré comme une information à caractère sécuritaire.

La censure passive est plus classique, elle permet la régulation des moyens médiatiques que ce soit la télévision, la radio, la presse écrite ou très récemment l’Internet (le serveur du Cerist, ANEP, Wissal), et ce par l’intermédiaire d’officiers présents sur place, qui bénéficient de postes importants (bureaux de sécurité) et jouissent d’une liberté d’action sans limites. Chaque bureau de sécurité au sein d’un organisme médiatique comme la TV, la radio, les stations régionales (TV et radios) et l’APS regroupe une petite équipe d’officiers qui veille 24 heures durant sur le bon déroulement des choses. Il est même arrivé qu’un officier soit lui-même le directeur de l’établissement comme cela est souvent le cas concernant le poste de directeur de l’APS (comme le colonel Talmat, décédé en 1996).
La censure active est plus importante car elle nécessite des moyens humains importants à savoir des agents et des spécialistes en communication, capables de créer l’événement et de renverser une situation médiatique hostile.

Ce sont des spécialistes, le plus souvent des étrangers (spin docteurs : ce qui veut dire, des docteurs en renversement de crise), qui tracent les démarches à suivre pour minimiser les retombées médiatiques d’une situation catastrophique (comme ça a été le cas après les massacres de 1997 et 1998).
Dans tous les cas, le CCD a pour mission : la culture du secret dans le seul but de manipuler les masses d’une population en quête de vérité. Rien ni personne ne compte devant la soi-disant raison d’Etat, ce sceau sous lequel bien des vies sont sacrifiées et tant d’autres gâchées.

Tahri Zoubir est un ancien officier issu de la Direction Centrale de la Sécurité de l’armée (DCSA), il a occupé des postes de responsabilités assez importants avant de devenir commandant du CCD. Il a été le sous directeur de la sous direction des points sensibles ; ce qui englobe la sécurité de toutes les enceintes militaires à travers le territoire national. Il a joué un rôle clé lors du départ du général Kamel Abderahman et plus tard dans celui du général Mohamed Betchine qui a été aussi son ancien chef.
El Hadj Zoubir est assisté dans ses taches par toute une équipe d’officiers qui sont :

*Le colonel Smail Hallab du corps de la gendarmerie nationale qui commande un service de soutien à Zoubir depuis le quartier général à Bab Djedide.

*Le colonel Kamel originaire de la DRS avec ses hommes qui sont : les commandants Hamdi Amalou et Omar Bououne, le capitaine Amine et le lieutenant Salah du service analyse de la DRS.

*Le commandant Miloud Originaire de la DCE et le Capitaine Hamza Originaire du centre opérationnel « Antar » et qui travaillent tous deux pour le compte de Smain Lamari.

*Les adjoints directs de Zoubir, originaires de la DCSA tout comme lui, sont : les commandants Djilali et Samir.

*les Capitaines Djamel, Mohamed et Boudjemaa, le lieutenant Madjid, l’adjudant chef Abdenour Khodja et la PCA Djamila (personnel civil assimilé), qui constituent le secrétariat général du CCD.

Le recrutement des plumes est réalisé grâce à la collaboration directe d’une classe de journalistes totalement dévouée aux thèses de la DRS moyennant des avantages matériels très importants et une notoriété acquise grâce à leurs protecteurs. Une deuxième classe de journalistes est recrutée sous la compromission, à la suite de grandes pressions, sous la menace et même parfois grâce à de vrais-faux attentats attribués aux GIA. Il existe cependant des journalistes qui ont su rester fidèles à l’esprit de déontologie mais qui ont payé le refus d’être achetés, soit de leurs vies, soit en abandonnant le journalisme, soit en étant obligés de quitter l’Algérie et d’opter pour l’exil. Dans tous les cas, Le colonel Tahri Zoubir est prêt à aller jusqu’aux limites de la barbarie pour exécuter les ordres de Toufik et Smain.

Avant de devenir le chef du CCD, Zoubir a dû montrer patte blanche vis-à-vis de Toufik auquel il a largement témoigné sa fidélité. La confiance de Toufik a été acquise grâce à Mohamed Betchine. En réalité, ce dernier à peine installé, après l’élection de Zeroual, qu’il commence à approcher discrètement des cadres avec lesquels il a travaillé à la DCSA ou à la DRS pour le soutenir dans sa soi- disant démarche de paix. Plusieurs officiers le rejoignent effectivement, soit directement au siège de la présidence, soit restent en contact permanent pour lui rendre compte au fur et mesure de ce qui se passe à la DRS. Il fait de même avec le commandant Tahri Zoubir (à l’époque sous directeur des points sensibles et chargé de mission spécial pour la DCSA) qui n’ hésite nullement avant d’aller voir Toufik et lui rendre compte de l’offre de Betchine. L’ancien directeur de la DRS croyant avoir réussi le retournement de Zoubir se prend dans son propre jeu, et Toufik lui fait parvenir des informations qui ont permis par la suite de renverser toutes les tentatives de récupération du MDN par le président Zeroual et l’élimination spectaculaire de Betchine. Il va sans dire que Zoubir a été largement récompensé pour cette fidélité qui lui a ouvert les portes d’un pouvoir immense.

Depuis sa nomination à la tête du service presse, suite au départ du colonel Fawzi actuellement en poste à Rome en tant qu’attaché militaire, Zoubir a suivit les ordres de Toufik à la lettre et a réalisé quelques coups médiatiques qui ont eu un impact important sur la vie politique du pays même à l’échelle internationale, parmi ces opérations de manipulation médiatique:

*L’interview réalisée par le journaliste de  »Chark el Awsat », Amir Atahiri.

*La couverture médiatique de l’opération de Ouled Allal.

*Les attaques contre le général Mohamed Betchine et qui ont conduit par la suite à la démission du président Zeroual.

*Très récemment l’aide à Khaled Nezar et la promotion médiatique des anciens officiers de l’armée française par l’intermédiaire du colonel Mohamed Rabah Boutella, fondateur du mouvement des officiers algériens de l’armée française.

*Et La campagne menée pour discréditer le MAOL.

Ce travail de maître manipulateur n’aurait jamais pu aboutir sans l’apport considérable de ses agents, qui signent de leurs noms ou de leurs pseudonymes des articles tous faits au CCd et qu’ils reçoivent le plus souvent par fax à leurs rédactions respectives. Ces plumes mercenaires s’emploient à donner de la crédibilité à des faits ou à des évènements factices, concoctés par la cellule analyse du CCD dans le but de damner le pion à tous ceux qui résistent ou combattent le totalitarisme militaire.

L’affaire Atahiri:

L’interview réalise par ce journaliste en mars 98 est un boom médiatique, puisqu’il fait énormément de bruit même à l’étranger où il est repris par plusieurs magazines et agences de presse. Il va sans dire que la promotion de cet article à l’intérieur de l’Algérie est prise en charge par les relais médiatiques locaux sous la direction de Zoubir en personne.

Durant cette période post-massacres, les pressions subites par les généraux sont très fortes et l’opinion publique nationale et internationale sont presque unanimes sur le fait que l’armée est mêlée d’une manière ou d’une autre à ces horribles massacres. Le sujet tabou qui fait trembler l’ensemble des généraux algériens est les demandes persistantes d’une enquête internationale faites par des organisations de défense des droits de l’homme en Algérie avec l’appui de plusieurs ONG ou des personnalités politiques algériennes et étrangères.

La question «qui tue qui?» est née et les généraux sont mis à l’index par plusieurs temoins gênants. Les attaques faites contre ces généraux sont finement projetées vers l’institution militaire. Ils ne veulent pas être dissociés du corps de l’armée et toute atteinte à leurs personnes est assimilée à une attaque contre l’ANP qu’ils veulent montrer solidaire et unie derrière ses commandeurs. Cette subtilité leur a permis de dissoudre l’onde de choc qui a suivit les grands massacres de civils et ce à l’intérieur même de l’institution militaire. La souveraineté de l’Algérie étant logiquement associée à celle de l’armée, par conséquent, ils sont eux aussi au-dessus de tout soupçon et tout ce qui peut altérer cette souveraineté est hors de propos et inacceptable, voir diplomatiquement incorrect.

C’est le général Toufik qui a personnellement veillé à ce qu’une riposte médiatique puisse être organisée pour ne pas laisser le champ libre aux spéculations et interrogations qui peuvent ajouter encore de l’huile sur le feu et rendre plus délicate la position des généraux vis-à-vis du reste du monde.
En plus du dépêchement secret de plusieurs envoyés spéciaux chargés d’exposer l’étendu du problème du terrorisme intégriste en Algérie aux leaders du monde arabe et occidental, le renforcement de la citadelle des généraux devait être impérativement entrepris et il a fallu pour se faire organiser une contre offensive médiatique à l’échelle internationale.

Dans cette même stratégie, le CCd à cette époque a fonctionné H24 et a réalisé beaucoup de programmes dont:

*Une série de temoignages de « repentis » du GIA diffusés sur la chaîne de télé nationale et sur le canal satellite. Ces témoignages ont pour objectif bien sûr la levée des accusations qui pèsent sur l’armée.
*Une autre série de reportages abordant les ramifications du GIA dans les capitales européennes avec le soutien des bureaux de sécurité locaux.
*Des conférences animées par des personnalités proche du pouvoir ayant pour objectif le ralliement de l’intelligentsia occidentale à la cause des généraux, en Suisse, en France, en Allemagne, en Angleterre (Khalida Messaoudi, Said Saadi, Saida Benhabiles, Hamraoui Habib Chawki, Reda Malek, Mohamed Salah Dembri…).
*L’invitation de plusieurs personnalités étrangères à Alger où ils sont reçus en grande pompe et ont droit à des séjours grand luxe durant lequels ils animent des conférences soutenant le régime et lui apportant la caution morale
(Bernard Henry Lévy qui a passé le nouvel an 98 à Alger et qui a porté tout le temps son gilet par balle, André Glucksmann qui a ouvertement appelé à aider l’armée, Jack Lang…).
*L’envoi de témoins présumés des massacres et des victimes du GIA vers la France et la Suisse où ils ont pour mission la défense de l’armée contre toutes les accusations lors de leur participation à des débats télévisés retransmis en direct bien évidemment en Algérie.

Des activités parallèles de soutien à l’armée sont menées tambour battant, mais les généraux doivent malgré tout le sang froid qu’ils essayent de faire paraître, faire passer le message au monde entier que l’armée est innocente, qu’elle ne tue pas (sauf par erreur), qu’elle ne torture pas et qu’elle est le rempart des nationalistes convaincus, honnêtes et soucieux de sauver l’Algérie et de l’inclure dans un monde moderne. C’est dans cette optique que le général Mohamed Lamine Mediene décide de monter ce coup en faisant parler un général de l’armée pour mettre les points sur les  »i » à ceux qui disent que l’armée est muette.
Toufik ordonne à Zoubir de lui proposer un journaliste étranger crédible aux yeux du monde médiatique qui pourrait être utilisé pour mener à bien le plan préétabli. Pour des raisons de crédibilité, le journaliste choisi devrait être entre les deux mondes occidental et oriental, francophone de préférence et connu sur la scène de la presse internationale. Parmi une liste de noms de journalistes capables d’être utilisés, le choix est arrêté sur Amir Atahiri qui est déjà venu plusieurs fois à Alger.

Amir Atahiri est un journaliste d’origine iranienne, spécialiste du fondamentalisme islamiste, il est aussi l’ex-rédacteur en chef d’un journal proche du Chah d’Iran. Il écrit actuellement dans le quotidien arabe « ACHARQ Al-AWSAT  » des articles traitants des sujets touchant l’Algérie et intervient souvent sur la chaîne américaine CNN comme un expert du terrorisme international et présente ses analyses sur le développement de l’intégrisme islamiste en Iran et dans le monde. Dans presque tous ses écrits, il soutient la politique du tout sécuritaire et ne cache pas son soutien à l’armée. Il a su grâce à ses articles, qui ont donné des bouffés d’oxygène médiatique au généraux, créer une relation de confiance avec des hommes politiques et des journalistes algériens acquis à la cause des chefs de l’armée.

Après l’accord de Toufik, Zoubir charge un de ses agents qui a d’étroites relations avec Amir Atahiri de contacter ce dernier et de lui lancer une invitation attrayante sans rentrer dans les détails.
En effet, Amir est approché au mois de février 1998 par ce contact qui l’invite à passer quelques jours en Algérie et lui promet une possible rencontre avec un haut responsable de l’ANP. Entraîné par cette offre alléchante, il obtient son visa auprès du consulat d’Algérie à Londres en un rien de temps; le chef du bureau de sécurité de l’Ambassade en l’occurrence le colonel Belaïd Benali est au courant de l’affaire et charge son second Cheikh Benzeineb alias Abdelhak de faire le nécessaire. Le général Toufik est informé dés la délivrance du visa.

A son arrivée à Alger, il est accueillit à bras ouverts par son ami algérien et conduit à un hôtel grand luxe en attendant de faire son reportage. Il a fallu qu’il attende deux jours avant que son contact ne lui confirme qu’un haut gradé de l’armée, un général, allait le recevoir et lui accorder une interview exclusive. C’est dans un des salons feutrés de la résidence Djenan El-Mithak que Amir Atahiri est reçu par le colonel Hadj Zoubir, qui habillé en général, se fait passer pour un puissant général Algérien de l’ombre. La rencontre dure plus de quatre heures durant lesquels Zoubir s’efforce d’aborder tous les points déjà discutés avec Toufik lors d’un précèdent briefing. A la fin de la rencontre avec Amir, tout est réglé, même le magazine qui pourrait publier la rencontre, à la seule condition que le nom du général ne soit pas cité et que le pseudonyme de général X soit utilisé à la place. Pour Amir Atahiri c’est une vraie aubaine, il croit qu’il vient de réaliser un scoop sans se douter qu’il est entrain de se faire manipuler.

Le magazine francais de renom  » politique Internationale » est savamment choisit pour plusieurs raisons: d’abord c’est un magazine pseudo academique lu par les décideurs de la politique étrangère de tout le monde francophone et fait office de conseiller dans le traitement des affaires délicates. En suite, la publication par cette revue de l’interview avec le fameux général, donnerait de la crédibilité a toute l’histoire sans que le lecteur ne puisse se douter que c’est un coup monté.

Comme prévu, la publication en mars 98 de l’article fait un tabac et le sujet est repris par plusieurs journaux et agences de presse. Le suspense soulevé par le nom « général X » donne lieu à des spéculations diverses, pour les uns c’est Nezar, pour d’autres Mohamed Lamari. Le plus important est que le message de Toufik parvienne au monde entier et il n’est pas difficile de lire dans l’interview que l’armée ne tue point et que seuls les GIA sont responsables des massacres, que la violence n’est pas dûe à l’arrêt du processus électoral mais plutôt une stratégie de prise de pouvoir par les islamistes et que Chadli est personnellement responsable de la prolifération du germe fondamentaliste…
Mais plus important c’est que le message que Toufik veut faire passer aux leaders des pays occidentaux est que le terrorisme est vaincu et qu’il est temps de normaliser les affaires avec l’Algérie. Le but de Toufik est atteint et Zoubir a réussi un coup de maître.

L’opération Ouled Allal:

Après les terribles massacres de Raïs, Sidi Moussa et Bentalha, les généraux Mohamed Lamari, Toufik, Fodhil Cherif et Smain décident d’une opération de grande envergure dans le but de montrer que l’armée est présente sur le terrain, qu’elle n’est pas inerte, qu’elle est toujours forte, qu’elle ne laisse pas impunis les crimes contre les civils, mais surtout pour contrecarrer toute action politique occidentale favorable au déploiement d’une force militaire internationale de maintien de la paix en Algérie. Un tel scénario serait une catastrophe sans précédent pour les généraux du MDN, puisque la première implication est la constitution d’une commission d’enquête sur les massacres. Ils leur faut donc absolument montrer au reste du monde une autre image de l’ANP, celle des grands protecteurs des faibles et ils ont tout fait pour inoculer aux observateurs de la scène algérienne que les généraux algériens ne tuent pas des civils innocents.

Les généraux s’inspirent pour l’occasion du modèle américain de gestion médiatique des conflits armés. Ils savent qu’ils n’ont pas droit à l’erreur et ont employé tous les moyens médiatiques en leur possession pour couvrir l’offensive de l’armée afin de garantir un maximum de publicité positive.

Ouled Allal est un petit village situé à environ cinq kilomètres de Sidi moussa et fait partie de cette région macabrement célèbre du « triangle de la mort ». Il est devenu fantomatique à l’image des autres villages environnants depuis le commencement des massacres; seuls les habitant qui n’ont pas où aller sont restés dans leurs modestes habitations, essayant de préserver le seul bien qui leur reste: leur vie. C’est aussi un village qui a majoritairement voté FIS (comme celui de Raïs, Benthalha, Sidi Moussa…), et compte bien sûr, comme tous les villages aux alentours, des sympathisants qui abritent des islamistes armés des GIA ou de l’AIS et les ravitaillent. Ce village est épargné par les massacres!

Au début du mois de septembre 97, le général Fodhil Cherif, commandant de la lutte anti-terroriste prépare avec ses aides de camp, une offensive extraordinaire contre ce petit village, qui selon eux abrite le quartier général des auteurs des massacres des villages voisins. Le plan de l’opération inclut l’apport des forces spéciales, l’aviation, l’artillerie, les blindés et des bulldozers pour ouvrir des passages dans les pseudo-champs de mines (une première mondiale, quand on sait que les bulldozers ne résistent même pas au souffle d’une mine anti-Chars, alors que les mines artisanales des groupes islamistes armés sont faites à partir du remplissage des bouteilles de gaz butane avec un mélange hautement explosif donnant une force équivalente à l’explosion de bombes de deux cents kilogrammes utilisées par l’aviation de l’ANP). Très vite, à la mi-septembre, un dispositif impressionnant estdéployé prés de Sidi Moussa et à la vue des moyens militaires mis à contribution pour la circonstance, on a l’impression que l’armée algérienne part à la guerre contre une autre armée d’une puissance colossale.

Pour la première fois depuis le début de la crise, des journalistes de la presse écrites triés sur le volet sont convié à suivre de loin l’évolution des opérations sur le terrain.
Depuis le poste de commandement opérationnel (PCO), installé à Sidi Moussa, Fodhil Cherif coordonne en présence du le général Said Bey, alors chef de la première région militaire, les mouvements des troupes et le travail des différentes armes présentes sur le terrain. En utilisant ses méthodes peu chirurgicales, Fodhil Cherif décide de nettoyer le village maison par maison et Gourbi par Gourbi car il faut dire que les gens qui vivent dans ces lieux sont des gens simples et très pauvres. Les portes des habitations sont fracassées par les parachutistes du 25ème, 90ème et 18ème régiment de reconnaissance et le 12ème régiment de para-commandos (RPC), l’élite de l’ANP,qui forment la coordination de lutte contre les activités subversives (le CLAS) commandé par Fodhil Cherif.

Quelques civils sont évacués par les hommes des forces spéciales dans la hâte, la peur au ventre et sous une pluie d’insultes et de coups, ils n’ont même pas le temps de ramasser le peu de biens qu’ils ont. Les consignes de Fodhil Cherif sont très claires « ne prenez aucun risque et tirez au moindre danger ». C’est le colonel Tartague et ses hommes qui s’occupent de la localisation des maisons infectées, grâce à ses agents qui sont partout.
Dés les premiers accrochages avec les islamistes armés, les bombardements commencent; les hélicoptères de support de combat MI8 (portant 64 roquettes) et MI17 (portant 192 roquettes) lancent leurs roquettes à tout bout de champ, et le commandant aviateur de cette mission au PCO, le Lt-Colonel Staihi Laouar a même ordonné de tirer à la roquette sur des bergers des environs arguant que ce sont des bergers du GIA. Il est presque impossible de décrire la scène complètement: les déflagrations, le feu, les cris, les nuages de poussière. A la fin de l’opération qui a duré plusieurs jours, usant des chars T-72 nouvellement acquis auprès de la république tchèque (un marché entre la firme OMNIPOL et les généraux algériens, qui sera abordé dans le dossier corruption et affaires), Fodhil Cherif ordonne de donner l’assaut final, rien ne doit être épargné. Les quelques maisons qui ont résisté aux tires de roquettes, chars et armes de tout genre sont démolies et mises à terre. L’opération grandiose est terminée et seul le minaret tient encore debout, le reste de la mosquée est détruit et le village de Ouled Allal est rayé de la carte.

Tout au long de l’évolution de l’offensive militaire, des déclarations à l’intention de la presse font état des dégâts subits par le terrorisme qui vient de perdre à Ouled Allal son quartier général; à croire que tous les maux de l’Algérie ont commencé dans ce petit hameau devenu zone de la mort.
Le 08 octobre 97, Fodhil Cherif, seul habilité à parler aux médias, fait état de la découverte d’un charnier contenant près de quatre vingt corps. Impassiblement, il avance que ce sont les corps des femmes et des jeunes filles enlevées dans les villages où les massacres ont eu lieu et tuées par les commandos des GIA après avoir été violées, alors qu’aucune expertise médicale ou enquête n’a été faite, mis à part le décompte des victimes et leur enterrement dans des fosses communes par les éléments de la protection civile. Cette déclaration, Fodhil Cherif l’a par la suite conforté en annonçant la découverte d’un important lot de documents authentifiés par le sceau du GIA et qui réglemente le partage des femmes kidnappées sur les lieux des massacres. Un autre document rédigé par le pseudo-responsable des massacres faisant état du bilan du butin (bijoux et argent ) récupéré sur les corps des victimes lors des massacres et dont Antar Zouabri, l’agent de Tartague étant le destinataire.

Le but est de convaincre l’opinion publique nationale et surtout internationale et de manière irréversible, que les seuls coupables des atrocités commises ici et là sont les terroristes islamistes. Pour étayer ces déclarations, des femmes égorgeuses sont présentées sur la chaîne de télévision nationale et ont confirmé leur appartenance aux GIA et avoué leur participation aux massacres.
Comme le chapitre des massacres est traité dans le dossier de la lutte anti- terroriste avec plus de détails, nous allons seulement citer le but final de l’opération Ouled Allal.
Les journalistes invités pour couvrir cet épisode macabre ont le droit, une fois l’opération terminée, de photographier les corps des dizaines d’islamistes allongés les uns à côté des autres. Ils sont présentés comme les auteurs des massacres qui ont secoué le monde entier. Un seul islamiste armé vivant, le visage défiguré, plein de sang, se tenant à peine debout, est exposé aux journalistes qui n’ont pas le droit de lui parler.

En réalité, quelques corps seulement appartiennent aux membres des groupes Armés abattus pendant l’offensive, les autres sont prélevés du lot de réserve, à savoir les islamistes et les victimes disparus, arrêtés et torturés par Tartague et ses hommes de l’escadron de la mort, qui sont détenus et maintenus en vie dans des conditions animales et ce dans des endroits tenus secrets (comme les hangars de la caserne du service prés du cimetière de Staouili où prés de dix ans auparavant ont été conduit les émeutiers d’octobre 88) afin de servir dans des opérations pareilles à celle de Ouled Allal comme des figurants du dernier acte, c’est à dire ramenés et exécutés sur place pour être exhibés devant la presse afin de montrer au monde que les responsables sont mis hors d’état de nuire.
C’est cette pratique abjecte, inqualifiable qui va au-delà de la barbarie, qui a fait que le nombre de disparus en Algérie dépasse les quatre milles cas. Autant de victimes qui vont hanter la mémoire de ceux qui leurs ont ôté le droit d’avoir une tombe et à leurs proches celui de faire leurs deuils.

La décapitation de Betchine:

Ce scandale qui a fait beaucoup de bruit très récemment n’aurait jamais eu le succès escompté sans la complicité appuyée et les complicités implicites des agents du service et de ses relais dans la sphère politique. Les tenants et les aboutissants de cette affaire sont connus de tous et c’est sans doute l’une des opérations les plus connue du CCD.

Nous ne nous faisons pas l’avocat du diable, mais la férocité des tires croisés contre la personne de Betchine ont fait que ce dernier abandonne vite le terrain du jeu politique pour se réfugier dans l’enclos des affairistes mafieux pourchassés par des juges véreux. Les journalistes qui ont déclenché l’affaire ont reçu au préalable des consignes très strictes de la part de Zoubir. Toute la stratégie de l’anéantissement de l’empire « Betchine » décidée comme cela est déjà décrit dans de précédents dossiers, par les grosses têtes du MDN est appliquée avec soin. Salir Betchine  » qui n’est déjà pas très propre » vaut mieux que l’abattre. Il faut dire à ce sujet que même la famille de Betchine n’est pas épargnée et est traînée dans la boue pour signifier à Betchine que les choses peuvent aller très loin et dépasser le cadre de sa propre personne. Les nombreux titres de presse que possède Betchine sont tous incapables de faire face à la vague d’accusations gravissimes portée contre lui par  » Nourdine Boukrouh » (d’abord au journal El Khabar), fer de lance de Toufik et qui est largement récompensé pour ses bons et loyaux services.

Ghalib Djebour, gendre de Betchine et directeur du journal l’Authentique reçoit des avertissements très sérieux de Toufik, son ex-chef (Ghalib Djebour, a fait partie de la DCSA comme officier et a fini par quitter le service avec le départ de son beau-père en 1990), qui lui sort les dossiers de plusieurs affaires dans lesquelles Djebour est compromis. Parmi ces nombreuses affaires, son implication directe dans les malversations de sa société de gardiennage et de protection rapprochée « Idoine » ( d’où « l’affaire Idoine »). Ghalib Djebour recrute de jeunes sous-officiers ou officiers issus des services et les arme dans le but d’assurer la protection rapprochée de nombreuses personnalités proche de Betchine. Pour obtenir des contrats de protection, la société Idoine monte de vrais-faux attentats. Le cas du délégué exécutif communal (DEC) de Bordj El-Kiffan en est un exemple: une dame mariée à un magistrat proche de Betchine, pour laquelle Ghalib organise un faux attentat afin de justifier d’un contrat de protection du DEC au montant 2.500.000 Dinars entre la mairie de Bordj El-Kiffan et la société Idoine. Le DEC de Bordj El-Kiffan empoche 30% du montant de la transaction soit 750.000 Dinars.

Une autre affaire plus grave encore, celle de trafic d’armes où Ghalib est impliqué avec un certain Boualem El-Mekhfi, le fils du fameux Cheikh El-Mekhfi. Une partie des armes récupérées par ce dernier lors de ses opérations est transmise par son fils à Ghalib qui les utilise pour sa société Idoine.

Les affaires sont nombreuses et le degré de compromission de Ghalib lui vaut de se taire face aux mises en garde de Toufik sous peine de se voir lui-même emporter par le courant. Il faut rappeler que Betchine a battu en retraite en bravant la menace de rendre publique des affaires de détournements et de malversations de tout genre dans lesquelles sont impliqués un bon nombre de généraux mais dès qu’un compromis est trouvé entre les deux parties, à savoir les généraux du MDN d’un côté et Zeroual et Betchine de l’autre, la presse cesse ses attaques et tout rentre dans l’ordre.
Nous passons sur les détails publiés par la presse surtout le Journal « El Watan » qui a été l’un des premiers titres à soutenir l’offensive de Toufik.

L’abjuration de l’histoire:

C’est avec stupeur que bon nombre d’Algériens, surtout ceux de l’ancienne génération qui ont fait du premier novembre une date immuable, ont appris par la presse écrite que Khaled Nezar était un héros de la guerre de libération la plus extraordinaire du vingtième siècle. Plus grave encore, cet homme qui a fait le deuil de l’Algérie et l’a plongé avec ses compères dans une obscurité sans fin, revendique haut et fort la paternité de l’Armée Nationale Populaire moderne, cette institution qui faisait autrefois la fierté de chacun.
Nous n’allons pas invoquer la longue liste des actes criminels de cet homme inqualifiable en mal de légitimité historique et qui a largement contribué par son excès de zèle à l’allongement de la longue liste des noms de ceux qui ont versé leur sang pour la terre qu’il est entrain de piller aujourd’hui. Dans son livre il damne le pion aux vrais baroudeurs (expression utilisée pour désigner les Moudjahidines qui ont engagé des combats armés avec les forces militaires de colonisation et qui signifie aussi tirer et sentir l’odeur de la poudre : le « Baroud ». Il les désigne de maquisards abrutis qui n’en faisaient qu’à leurs têtes et qui avaient besoin d’instruction en tous points. Il va sans dire qu’il tire au passage la révérence à ses anciens compagnons de l’armée française sans lesquels l’Algérie indépendante n’aurait jamais vu le jour.

Nezar n’est pas le seul à essayer de se faire un lifting historique, le général Mohamed Touati a redécouvert son amour pour les Kabyles et son interdépendance berbère qu’il revendique ces dernières années à tout bout de champ, surtout dans les milieux du RCD auxquels il prêche ses discours néo-séparatistes et prodigue ses conseils envenimés. Ce que peu de Kabyles savent, c’est que cet individu qui est aussi du même milieu que Nezar, n’est certainement pas l’enfant de cour qu’il essaye de faire paraître derrière sa façade courtoise et belliqueuse, pire encore il est maculé du sang de dizaines de jeunes kabyles honorables qui ont rejoint le combat du FLN et de pauvres civils sans défense.

En 1956 (années où la fine fleur des hommes tombait au champ d’honneur les uns après les autres) alors qu’il était jeune officier (Aspirant promu pour sa fidélité et sa rigueur, alors qu’il était sous-officiers à l’origine), il est arrivé avec un détachement de soldats français au Douar Beni-Flik non loin d’Azefoun où il a personnellement sélectionné prés d’une vingtaine de jeunes hommes du village et qui sont froidement fusillés sur place, comme représailles à une frappe de «fellagas » contre une caserne française de la région.
Ironie du sort, pendant l’été 1985, alors qu’il était à l’école de la santé militaire de Sidi-bel-abbès, il est revenu sur les lieux de son crime pour participer avec une délégation officielle à l’inauguration du premier CEM de la région. Même homme, différent uniforme, les habitants du village de Beni-Flik l’ont reconnu dés qu’ils l’ont vu et ce qui devait être un jour de fête s’est très vite transformé en un soulèvement populaire. C’est aux sages de ce village martyr qu’il doit encore la vie car il a failli être lyncher et ce malgré son uniforme et son grade de commandant, les villageois hors d’eux l’ont chassé à coups de pierres.

Touati n’a certainement pas oublié ce jour qui reste « normalement » gravé dans sa mémoire et certainement dans celles des habitants du village de Beni-Flik. Il n’a de Kabyle que le nom et c’est dans la logique des choses que de le trouver aujourd’hui derrière le meurtre de Lounes Matoub et d’autres Kabyles « comme lui » et dont il pleure la disparition.

Khaled Nezar a bien entendu bien profité de la largesse de certains titres de presse et de la complicité malveillante de certains journalistes à l’affût d’un parrain. Ils se sont investis pour convaincre le commun des citoyens du bien fondé des intentions du nouveau messie des Aurès. Ce dernier est présenté par la presse comme une providence pour notre pays et lui accordent le droit de traîner dans la boue tous ceux qui ont osé le contredire ou lui faire le moindre reproche. L’esprit du coup d’Etat de janvier 92 est défendu avec férocité par les journalistes et à aucun moment le choix du tout sécuritaire n’est mis en doute, bien au contraire, c’est l’essence même du combat démocratique dont se réclament les journalistes éradicateurs.

Même à la retraite (officiellement), Khaled Nezar se présente comme le gardien des valeurs de l ‘ANP dont il se fait aussi le porte-parole permanent et n’hésite nullement à faire des déclarations gravissimes sans en référer préalablement pour autorisation au chef de l’Etat (le président Zeroual et après lui Bouteflika) qui apprend la chose comme tout le monde par le biais de la revue de la presse qui lui ait présenté quotidiennement. Les déclarations de Nezar sont en fait des mises en garde à peine masquées à l’intention du chef de l’Etat pour bien notifier le divorce entre le politique et le militaire et rappeler que le pouvoir est une affaire d’uniforme qui ne peut être porté qu’au sein du MDN.

Des individus comme Khaled Nezar, Mohamed Touati, Salim Saadi, Rabah Boutella… ont tout fait pour compromettre les gens sincères qui ont quitté l’armé française soit avant soit après l’appel du 19 mai 1956 et qui ont majestueusement servi la révolution et l’Algérie. Certains sont tombés au champ d’honneur et d’autres comme le regretté général Khelil Lahbib (une des bêtes noires de Larbi Belkheir), Latrech Abdelhamid (colonel de l’ANP et ex. SG du MDN), Ben Salem Abderahman (Cdt de l’ALN et membre du conseil national de la révolution), Mahmoud Chérif (ancien Lt de l’armée française et colonel de l’ALN) et tant d’autres dont les noms ont été intentionnellement occultés par ceux qui ont pris part dans ce qui sera décrit plus tard comme «la grande conspiration» qui a commencé par l’empoisonnement du président Houari Boumediene, savamment préparé et mis en oeuvre par un de ses proches collaborateurs. l’Avènement de Chadli Bendjedid, Larbi Belkheir, Abbes Gheziel, …au pouvoir ; Le premier nettoyage de l’ANP durant les années quatre vingt, la purification du champ politique, le deuxième nettoyage de l’ANP durant les années quatre vingt dix et la main mise actuelle sur le devenir de l’Algérie.

Les attaques contre le MAOL:

Embarrassés par l’étendue des publications du Mouvement Algérien des Officiers Libres, les généraux impliqués dans la tragédie nationale ont urgé les généraux Toufik et Smain responsables des services de sécurité de trouver une solution à cet imprévu qui a mis à nu les pratiques criminelles longtemps employées dans l’ombre par les généraux.
Le fait que le MAOL ait exclu dès le départ l’usage de la violence comme moyen d’implosion du système, a privé les architectes de l’apocalypse de leur arme favorite, à savoir la surenchère et l’escalade pour discréditer l’adversaire. Le duo de la DRS a opté en fin de compte pour l’infiltration et la riposte médiatique.

Plusieurs tentatives d’infiltrations du Mouvement par la centrale ont échoué grâce à la vigilance des libres qui connaissent bien plus que n’importe qui les méthodes peu légitimes employées par les fers de lance de l’institution militaire. A l’intérieur du pays, les opérations de surveillance, d’écoutes et de contrôle en tout genre n’ont rien rapporté aux responsables de la sécurité et à chaque fois, ils butent contre la détermination des officiers et sous-officiers du mouvement.

La politique désastreuse des généraux qui ont ruiné l’ANP, leurs affaires, leurs fortunes apparentes et leurs nouvelles règles d’exclusion de la classe d’officiers de second rang, à savoir les officiers supérieurs et subalternes qui sont loin du cercle de décision et sont utilisés le plus souvent uniquement comme de la chair à canon, ont été des éléments déterminants dans le changement radical de la mentalité d’un nombre impressionnant de militaires qui ont, fort heureusement, compris que leurs chefs ont trahi la confiance qu’ils avaient en eux. Plus grave encore que ces mêmes chefs les utilisent comme bouclier alors qu’ils gardent leurs enfants officiers au sein de l’armée loin du terrain opérationnel. Le capitaine Mourad Lamari (fils de Mohamed)sorti de l’Académie militaire de Cherchel en 93 est affecté à la DRS, il occupe un poste tranquille au MDN et a bénéficié d’une promotion éclair, alors que plus des deux tiers des ses camarades de promotion ont été tués dans des opérations de ratissages ou dans des offensives antiterroristes. Ce n’est pas le seul fils de général, le capitaine Zoubir Djnouhet affecté lui aussi à la DRS, il travaille à la direction régionale de la DRS 1ere RM ; Le Capitaine Khaled Derradji lui aussi affecté à la DRS, il est au poste de sécurité du CHU Ain Naadja ; Le Capitaine Noureddine Djillali, infanterie mécanisé, affecté à la première région militaire ; Le Capitaine B. Mostefaoui lui aussi affecté à la DRS, le Capitaine Nassim Hamzaoui, le Capitaine Medjahed : le fils adoptif de Nezar…

Tous, des fils de généraux mis à l’abri des balles par leurs pères qui les réservent pour la relève, alors que le commun des officiers est juste bon pour le service express. C’est un matricule anonyme qui est remplaçable à tout moment et peu importe le coût pourvu que la progéniture sacrée des généraux reste sauve. En 89, le fils de Kasdi Merbah a été par contre radié de l’armée juste après l’éviction de son père de la tête du gouvernement(en novembre 89) sur ordre du commandement militaire alors qu’il était en deuxième année à l’école militaire de Cherchel, le motif invoqué étant des plus stupides : déséquilibre mental.

Le climat au sein de l’armée est aussi orageux que celui de la population civile, et à la  »mauvaise publicité » faite par le MAOL, vient s’ajouter le mécontentement et la frustration profonde de la plupart des officiers supérieurs. Les officiers supérieurs (à partir du grade de commandant) qui ne doivent en aucun cas s’approcher de leurs généraux s’ils sont armés, ont vite compris que le manque de confiance qui leur ait témoigné reflète un dysfonctionnement grave. La fissure entre la base et le sommet est bien établie et mise à part un nombre négligeable d’officiers  »Serviteurs » triés sur le volet, personne ne peut accéder à l’olympe des dieux. L’expression est très explicite car c’est en qualité de dieux que les barons de l’armée s’adressent à leurs subalternes.

Le règlement de service dans l’armée (RSA) a été abandonné depuis bien longtemps et les officiers de l’ANP tous grades confondus ne sont plus au service de l’armée et de la nation, mais à celui de généraux et de leurs relais mafieux. Comment expliquer l’ordre donné par le nouveau directeur de la gendarmerie, le général Boustila (très proche de Larbi Belkheir) aux gendarmes de fermer tous les commerces qui font de la concurrence aux grand importateurs, le racket des civils par les gendarmes aux portes des grands marchés alors que les grossistes sont protégés depuis le port d’Alger jusqu’aux points de vente. Le retour de Boustila en lui-même est une insulte à tous les gendarmes honnêtes et reflète bien ce qui se passe réellement dans la haute sphère du command-ement militaire.
Même si le prix du baril de pétrole est à cent dollars, la misère du peuple algérien ne fera que s’aggraver car à chaque fois les prélèvements des généraux sont plus importants. Il va sans dire que le train de vie des ces derniers et celui de la deuxième classe d’officiers reste incomparable, car au sein même de l’armée des frontières ont été dressées et les soldes attribuées aux officiers de seconde classe sont accordées de façon à ce que la date de virement devienne un événement en soi vu la cherté de la vie. En d’autres termes, c’est la politique de la carotte et du bâton qui est appliquée.

Le MAOL par ses campagnes de sensibilisation dérange l’équilibre fragile établi par des généraux qui ne peuvent plus cacher ni leurs implications dans les crimes contre l’humanité perpétrés sur le sol de leur propre pays, ni l’odeur nauséabonde de leurs fortunes indûment acquises, ni leur ignorance des réalités du peuple qui réclame haut et fort leur départ. Le MAOL incarne l’esprit de novembre 54 et rappelle les valeurs oubliées de l’ALN : le sacrifice, l’honnêteté, le travail, la justice et la fidélité ; des fondements qui font peur, même très peur à ceux qui n’ont plus d’honneur.

Il est tout à fait incroyable de voir les généraux assassins gesticuler dans tous les sens devant les instances internationales en faisant semblant que tout est pour le mieux dans le pays et que leur réputation est au-dessus de tout soupçon, alors que les services étrangers savent que ces généraux sont bien des voleurs et sont au courant du montant des sommes détournées vers leurs comptes à l’étranger au centime près. Ayant perdu tout repère, leur plus grave erreur est d’avoir cru que tous les officiers de l’armée peuvent être acheter ou compromis, pour eux des hommes incorruptibles ça n’existe pas ; le MAOL leur a démontré le contraire.

Le système est un panier de scorpions où il n’y a de place que pour les plus venimeux. Comme le reste des arachnides, les sentiments, les valeurs et le partage, ils ne connaissent pas. Leur monde est clos et leurs règles différentes ; la seule loi qu’ils connaissent est absente des livres de droit : c’est celle du plus fort. Ils puisent leurs venins dans la haine qu’ils ont pour tout ce qui est juste, droit et légal.
Portés par la vague de la bonne fortune et des affaires prospères dont ils confient exclusivement la gestion à des seconds très proches (très souvent des officiers avec lesquels ils ont un lien de parenté), les généraux se partagent l’Algérie du nord au sud, d’est en ouest. Tout est mis sur la table, la moindre ressource est recensée même les plus petites usines ou le plus petit lopin de terre, c’est un monopoly grandeur nature où l’on joue pour de vrai. Le seul perdant est la population qui n’ose même plus lever la tête pour voir.
C’est dans cette atmosphère où l’argent est intiment mêlé au pouvoir, où la vie humaine n’a plus de valeur, où les hommes sincères deviennent un obstacle qu’il faut réduire à néant, que le MAOL est venu rappeler au reste des officiers le serment de servir l’Algérie et son peuple et c’est la raison pour laquelle le commandement mafieux fait tout son possible pour faire taire la voix de la vérité, celle des hommes libres.

Sur le plan médiatique, une série d’article a été publiée par les journaux : liberté, quotidien d’Oran et El Alam El Siyassi, suite à la convocation des journalistes auteurs des écrits au centre Belaroussi par le colonel Zoubir, l’ordre est donné aux mercenaires de la plume d’assimiler le mouvement à une frange du GIA, une biographie tronqué d’un officier identifié comme membre du MAOL ( un transfuge des services secrets algériens), réfugié en Angleterre, est distribué aux journalistes corrompus.

Le colonel Zoubir fait croire à ces vassaux, que le colonel B.Ali n’est que le fameux capitaine Haroun ! Et que ce dernier est un dangereux islamiste donc non fiable et ennemi des journalistes ! La chasse à courre est ouverte.
Partant du principe bien connu dans le service et qui dit «quand on veut abattre son chien on dit qu’il est enragé», les penseurs de la DRS ont décidé d’assimiler le MAOL à une frange du GIA. C’est la meilleure option qu’a trouvé Zoubir espérant ainsi stopper la déferlante vague de révélations sur les agissements des généraux assassins.

Dans leurs calculs médiocres et criminels les généraux n’ont pas prévu l’influence grandissante de l’Internet comme moyen moderne de communication, ni celui des chaînes de télévision diffusant leurs programmes par satellite, ils ont sous-estimé le mépris des Algériens envers les médias de l’Etat et leur manque de confiance à l’égard des journalistes  »Tontons macoutes » aux ordres de la DRS.

Le régime militaire a essayé de garder secrète la défection spectaculaire du colonel Baali Ali et du commandant Bouchakour Rabah qui ont reçu l’ordre, du commandement du MAOL (présent à l’intérieur de l’armée), de sortir à l’étranger en tant que porte-parole du mouvement lors d’une mission officielle au Niger en août 1998 (le suivit de la résolution du problème des Touaregs). Une fois là-bas, ils ont changé leur destination vers le Mali.

Cette décision est prise suite à l’assassinat maquillé en accident d’hélicoptère du général Mohamed Touahri et du colonel Hachemi Touabih en février 1998 dans le sud-ouest de l’Algérie. Le premier est membre fondateur du MAOL (ex. Réseau Hakim) et le second porte-parole du mouvement, soupçonné par les services d’être l’officier qui a donné l’interview au quotidien français le Monde le 11 novembre 1997 un jour après les révélations surprenantes du journal londonien The Observer.
Le colonel Hachemi Touabih a été dénoncé par un cadre du Ministère des affaires étrangères travaillant à la section visa ; Le dénommé H. Rachid qu’il connaissait et à qui il avait demandé des informations sur le visa bloqué d’un journaliste français détesté par les services algériens pour ses écrits néfastes aux généraux.
Le destin a voulu que la mort de Touabih Hachemi devienne le bouclier qui allait sauver la vie du colonel Baali Ali, l’officier qui a révélé au monde la réalité de la situation sécuritaire et l’implication directe des services et des forces spéciales dans plusieurs massacres et attentats même contre des étrangers. L’enterrement des deux officiers supérieurs fut très austère et les familles n’ont même pas eu le droit de voir les corps une dernière fois.

Quelques mois plus tard, des officiers du MAOL ont inscrit sur les pierres tombales des deux officiers «membre du Mouvement algérien des Officiers libres mort au service de la patrie» inscription qui a provoqué la colère des généraux qui ont ordonné la profanation des tombes.

Les services algériens sont immédiatement alertés par un service étranger de la présence des deux déserteurs au Mali, Toufik envoie très vite une équipe pour les appréhender coûte que coûte.

Les deux transfuges sont localisés dans un Hôtel à Bamako par le même service étranger qui s’est chargé de les surveiller jusqu’à l’arrivé de l’équipe algérienne.
Le colonel Baali Ali sorti pour téléphoner, remarque la présence suspecte d’éléments étrangers dans le salon miteux de l’hôtel
Dans la rue ses doutes deviennent une certitude lorsque deux hommes le suivent d’une façon policière, il réussit quand même à les semer grâce à la grande foule. Il apprend un peu plus tard que son compagnon le Cdt B. RABAH est tombé entres les mains des Algériens et leurs complices. Fort heureusement, muni de sont titre de voyage (un document qui porte une fausse identité), il regagne Madrid via un autre pays africain.

Le Cdt Bouchakour Rabah une fois rapatrié à Alger, est emmené au CPMI chez le tortionnaire Bachir Tartague où son interrogatoire est mené en présence des deux grands responsables des services : Toufik et Smain.
Ces derniers sont fous furieux, non pas parce que des officiers supérieurs ont déserté , mais parce qu’ils ont pris avec eux des documents classés très secrets et secret défense impliquant les hauts gradés du MDN ( M.Lamari, Toufik, Smain Lamari, M.Ghenim, M.Touati..) dans des affaires qualifiées autrefois « de haute trahison » les rendant ainsi suivant le code pénal militaire passible des armes.

Parmi les documents en question on peut citer :

*La liste des mercenaires recrutés par Smain et Toufik et dont une partie est publiée dans le dossier  »Mercenaires » avant même la révélation par les services yougoslaves de l’arrestation du commando «araignée » accusé de planifier l’assassinat de Milosevic.
Le chef de ce commando en l’occurrence Jugoslav Petrosic a reconnu avoir participé aux massacres de civils en Algérie en 1994 ( entre autre, le massacre d’Elaabadia prés de Ain Defla) à l’instigation d’un responsable des services secrets français (un ami de Smain Lamari).

*La liste des militaires liquidés sur ordre direct de Toufik, Smain, Mohamed Lamari et Fodhil Chérif par l’escadron de la mort.

*Mais surtout des documents impliquant directement des pays étrangers, dans le drame algérien soit en fournissant du matériel spécifique et des armes non conventionnelles (comme la fourniture par les compagnies d’armement sud africaine de quantités astronomiques de barils de Napalm ou des Bombes incendiaires au phosphore ) ou en fournissant une assistance technique très poussée, et des documents sur la façon de mener la guerre aux islamistes ainsi que l’instrumentalisation de la violence.

Les généraux Toufik et Smain présents lors des séances de torture du Commandant Bouchakour Rabah veulent en premier lieu tout savoir sur le Mouvement, son organigramme, noms des membres et leurs affectations. Ils ont vite compris que le mouvement utilise la méthode du cloisonnement, calquée sur le mode de fonctionnement des services car c’est un très bon rempart contre les dénonciations et les infiltrations ; en conséquence le Cdt B. Rabah ne pouvait rien pour eux, leur attention s’est focalisée par la suite sur les documents dérobés du secrétariat de la haute commission de sécurité.
Les documents très accablants pour les généraux algériens et pour certains pays étrangers sont en possession du MAOL et seront utilisés au moment opportun.

Malgré les mutilations et les supplices qu’a subit le Cdt B.Rabah, il est resté fidèle au serment prêté, et il était prêt à sacrifier sa vie pour que la vérité de l’enfer algérien éclate devant l’opinion internationale et pour que les généraux responsables et leurs complices soient désignés et jugés.

Le service étranger qui a participé à l’arrestation du Cdt B. Rabah se reconnaîtra dans ces lignes, il ne va pas être cité pour des raisons propres au MAOL.

Nous portons toutes ces informations à l’opinion publique algérienne non pas en réaction aux écrits du vulgaire indicateur et mouchard, Nacer Belhadjoudja du journal Liberté : ( Fiche n° 132 BN/SP/93/MDN) ni à ceux d’une revue sans audience réelle qui sous le prétexte de défendre les démocrates en Algérie ne fait que blanchir les assassins d’octobre 88 et les bouchers des années 90 moyennant finance, une somme de 300,000 francs donnée au directeur de la publication Pour  »Jean Jacques Porc Chaise » (qui a passé les dernière semaines du mois de mars 2000 à Alger, tous frais payé) en proie à de graves problèmes financiers par le responsable de l’antenne des services à Paris, le colonel Bendaoud, lors d’une rencontre traitant du MAOL. Mais vu l’opacité de la situation en Algérie c’est quand même extraordinaire qu’un planqué parisien puisse avoir de telles informations même tronquées sur un déserteur des services secrets algériens !

Pour certains pseudo-journalistes plus habitués à recopier les articles rédigés par la cellule analyse et synthèse de la DRS et de les parapher de leurs signatures que de faire un travail d’investigation, de recoupement et de vérification, le lien présumé entre le MAOL et l’intégrisme : c’est le responsable de la société qui héberge (et ne gère pas) le site www.anp.org, un certain Paterson, converti à l’Islam !
Une enquête sérieuse aurait prouvé que le MAOL n’a pas plus de liens avec le responsable de la société qui héberge le site que n’importe quel locataire avec son propriétaire. Peut-on accuser une église chrétienne d’intégrisme islamique ? Et pourtant la société en question (webstar)héberge un site chrétien ! Elle héberge aussi une agence de voyage, un journal progressiste arabe qui est le fer de lance contre l’intégrisme et d’autres sites étrangers.

Pourquoi ont-ils oublié dans leurs machinations maladroites de citer notre site WWW.Eldjeich.org alors qu’il renferme la même matière ? Nous avons monté ces sites avec nos propres moyens (factures à l’appui) et contrairement à ceux qui ont dilapidé le pays, nous n’avons pas quitté l’Algérie avec des valises pleines de devises. Notre lutte est à la fois sacrée et légitime et nos moyens sont nobles mais surtout honnêtes.

Les mêmes qui pour nous discréditer insistent sur ce « lien », oublient en fait que la totalité des quotidiens algériens sont dans des locaux appartenant à l’Etat algérien, fournis en papier par l’Etat, et le plus grand annonceur c’est l’Etat !
Peut-on remettre en cause l’indépendance des journalistes habitants des résidences de l’Etat ?
La réponse est oui pour beaucoup d’entre eux mais pas pour tous.
Les attaques contre le MAOL sont la preuve que les généraux et leurs relais sont dans de sales draps ; les assassins de Matoub et leurs complices sont derrière les rumeurs et les écrits. Après avoir utilisé l’intégrisme comme arme non conventionnelle pour tuer la démocratie et stopper les réformes nécessaires au développement économique, ils utilisent le même procédé pour étouffer la vérité. Hélas pour eux, les Algériens ne sont pas dupes ; les graines de la vérité semées par des officiers glorieux et des journalistes courageux et arrosées de leur sang, finiront par éclore.

Le jour est très proche où les Algériens connaîtront le rôle pervers des journalistes dans la guerre civile et comment certains parmi eux sont devenus des sergents recruteurs en France et ailleurs.

Le commandement exécutif du MAOL est à l’intérieur de l’ANP et fait un travail de fond, ce qui a conduit le général Lamari à signer une directive sans précédent qui interdit l’attroupement de plus de deux militaires à l’intérieur et l’extérieur des casernes sans motif valable ou autorisation préalable !
Bien que les membres connus du MAOL à l’étranger furent approchés par les adjoints du directeur de la DRS pour les persuader d’abandonner la lutte moyennant des sommes d’argents astronomiques (l’argent égaré des pauvres algériens) et des postes à faire rêver plus d’un, tous les officiers et sous-officiers du MAOL restent profondément attachés à leur serment pour que l’Algérie vive et pour que justice soit rendue.

Ce n’est pas un hasard si le journal Liberté reproduit l’article la veille du printemps berbère. Le propriétaire du titre, un certain Isaad Rabrab, homme d’affaire véreux, très proche des délinquants décideurs, est un faux militant de la cause berbère. C’est un membre influent au sein de la direction du RCD, un parti fantoche aux mains de Toufik et qui n’a qu’une seule raison d’être : contrer les actions politiques des grands partis démocratiques et diviser les militants de la cause berbère. Un parti qui a fait de l’éradication sa raison d’être, au moment où la plupart des algériens militent pour une réconciliation juste, qui mettra chacun des belligérants du conflit devant ses responsabilités.

Ce même parti qui a refusé le dialogue responsable entre Algériens, sous le prétexte fallacieux de défendre la république (la ripoux-blique des généraux), renie ses principes en acceptant la grâce amnistiante des égorgeurs et des violeurs. Tout cela en contre partie de portefeuilles ministériels spécifiques comme celui de la santé où Amar Benyounes (parent par alliance de Nezar), accélère la privatisation du secteur de la santé et celui des médicaments au détriment de SAIDAL.
Le comble de la mauvaise foi chez Said Saadi (l’homme de Toufik) est atteint lorsqu’il déclare que l’amnistie a permis la récupération de plus de 4000 pièces d’armes, en oubliant de mentionner par ailleurs que depuis l’arrivé de Bouteflika, la violence a fait plus de 5000 morts et que la Kabylie est devenue depuis, la région la moins sûre d’Algérie !

Les militants sincères du RCD «et ils sont nombreux » se posent la question du pourquoi d’un tel revirement dans la politique du parti ? Et pourquoi maintenant ?

La réponse à cette interrogation est venue de la bouche même d’un haut responsable du RCD en rupture de banc, troublé et affecté par l’affaire Matoub. Il a contacté le MAOL pour marquer son indignation face à la grande magouille (son identité a été confirmée par le MAOL et sera gardée secrète pour des raisons évidentes concernant la sécurité de cette personne).
Après plusieurs contacts téléphoniques et dans un document écrit, il nous livre son témoignage qui est reproduit ici fidèlement :

 » Militant de la cause berbère de la première heure, j’ai rejoint le RCD dés sa création, séduit par le discours de rupture, l’affirmation laïque et surtout par le côté moderniste de la nouvelle formation.
Militant enthousiaste et convaincu, jusqu’au premier signal d’alarme en 1997 à l’occasion des élections truquées au profit du RND, parti de la présidence. Me trouvant dans les locaux du parti à Alger, je surprends une conversation téléphonique entre Khalida Messaoudi et une personne dont j’ignore le nom ; Khalida insiste sur la nécessité de faire en sorte que véronique Taveau, journaliste à ARTE, chaîne de télévision française, parte avec quelque chose de consistant, elle conclue par cette phrase : « si vous êtes d’accord, les services de sécurité ce n’est pas un problème ».
S’adressant à moi après avoir raccroché le téléphone »ce soir on va leur faire honte » (Laachiya n’bahdlouhoum).

Le soir avant la clôture du scrutin, comme par hasard Khalida sert à Taveau un bourrage d’urnes en «live » par les militants du RND.
Ce scoop médiatique n’a rien de spontané, sans mettre en doute l’honnêteté et l’objectivité de la journaliste, même si elle est très proche des thèses de notre parti, la fraude réelle que personne ne peut mettre doute, n’est pas le problème, mais c’est la mise en scène et la manipulation de la journaliste par son amie Khalida. Les journalistes qui travaillent en Algérie connaissent les difficultés, les entraves et la surveillance dont ils font l’objet.

Taveau n’était qu’un instrument aux mains d’un marionnettiste invisible qui voulait envoyer un message au clan de la présidence ; en tous les cas, les paroles de Khalida lorsque je lui ai posé la question sur les tenants et les aboutissants de cette histoire ne laissent aucun doute : «Zeroual doit comprendre qu’il n’a pas toutes les cartes en main ! ».
Puis vint l’affaire de l’assassinat de Matoub, avant même de lire votre dossier et les révélations sur votre site, je me posais la question sur le rôle joué par certains responsables du parti et pour qui roule réellement Saadi ?
Lorsque le Premier ministre Ouyahia a voulu imposer la loi sur l’arabisation, je me souviens des déclarations de Saadi lors d’une réunion dont vous avez fait état dans votre dossier :«la loi ne passera pas et si tout va comme prévu, elle sera la tombe de la présidence »
Saadi : un visionnaire ou quelqu’un d’informé ?

Quelques années plutôt, n’a t-il pas affirmé en direct à la télévision au chef intégriste du FIS qu’il n’arrivera jamais au pouvoir !

Dès que la radio de l’état a annoncé la mort de Matoub, les responsables du parti ont eu une réaction troublante, il fallait passer partout le mot d’ordre que le GIA était derrière le crime, alors que la rue criait  »pouvoir assassin ». La déclaration de Khalida Messaoudi accusant les islamistes de l’assassinat et affirmant que beaucoup de gens dans le pouvoir y trouvaient leur compte n’était qu’une façon subtile pour ne pas se couper de la base du parti et de la population kabyle qui elle a vu la main du pouvoir dans cet assassinat.

Dès que la tension est tombée après l’enterrement de Matoub, certains membres du RCD, très gênés par les premiers doutes exprimés par la sour et la mère du chanteur, ont commencé par faire un travail de sensibilisation dans le seul but de consolider la piste islamiste en faisant courir la rumeur sur Malika Matoub l’accusant de vouloir faire un nom et un commerce avec l’affaire !
Sans vouloir mettre en cause Ait Hamouda, son comportement après l’assassinat était plus que troublant. Pourquoi voulait-il à tout prix savoir ce que la sour mijotait en répétant à tout bout de champ qu’elle était imprévisible ?

Pourquoi donnait- il de fausses informations aux journaux et notamment le journal Liberté, (information sur l’autopsie en citant des sources proches de l’enquête), il m’a chargé personnellement de faire circuler le nom d’un suspect auprès de certains journalistes, car ma profession donnait de la crédibilité à l’information. J’ai rompu avec le RCD après l’enlèvement du jeune Naim par des membres des GLD pour intimider Malika.

Ma conviction est faite, l’opposition du RCD à l’islamisme n’est que conjoncturelle et les opportunistes utilisent la bonne foi des militants et leur détermination à défendre la démocratie et la cause berbère à des fins bien terre à terre, un statut et une carrière.
Le RCD est devenu un instrument aux mains des affairistes qui espèrent tirer profit des prochaines privatisations, Les militants sincères doivent poser des questions sur les largesses de Rabrab dont profitent Saadi, Messaoudi et les autres. Une démocratie ne se construit que sur des bases saines avec de la transparence. La direction du RCD en acceptant de participer au gouvernement avec les islamistes et Ouyahia, chef de file des corrompus est la preuve que l’heure du partage et de la compromission est arrivée ».

Voilà le témoignage accablant d’un responsable d’une formation politique, l’exemple vivant de la manipulation à grande envergure.
Un parti qui a cautionné toutes les décisions prises par les généraux qui ont conduit le pays au génocide, le RCD et le GIA sont deux faces d’une pièce entres les doigts d’un prestidigitateur habile.
Le GIA descend du maquis pour faire des affaires (licences de taxi et autres aides) fournis par le gouvernement sans renier l’idéologie dont ils sont restés de fidèles adeptes, le RCD rentre au gouvernement en trahissant la mémoire des victimes du terrorisme et la boucle et bouclée.

Vouloir faire croire aux Algériens que le MAOL est le reflet du FIDA ou du GIA après avoir prétendu que le FFS et les services étrangers y sont derrière n’est qu’une manipulation grotesque de la part des naufragés du crime qui ne trouve que des histoires de  » Tayabates El Hammam » (commères) pour répondre aux accusations de génocide.
Tous ces exemples de manipulation tout azimut et coups fourrés en tous genres, ont été cités juste pour donner un aperçu sur ce qui se passe dans les coulisses du CDD, où l’information est le souffre-douleur d’apprentis sorciers qui tentent contre toute logique de ré-inventer la réalité algérienne. Il est incontestable que l’étendue des préjudices causés par ces faussaires de la pensée n’aurait certainement pas été aussi dramatique sans la complicité incriminable d’une classe de journalistes sans âmes qui ont engagé leurs plumes et ont cautionné le mensonge et l’irréalité dans un combat où l’encre coule à flot pour noyer la vérité.

Pour ces pseudo-journalistes le temps s’est arrêté à partir du moment où ils ont signé leurs pactes d’allégeance aux ordonnateurs de la pensée polarisée, car ils ne connaîtront jamais la satisfaction que ressentent les hommes sincères qui prêtent leurs mots à ceux qui n’ont plus de voix pour crier leur peine et soufflent la vie dans les corps meurtris de toutes les victimes.

La chasse aux sorcières:

Le recrutement des journalistes a de tout temps été un objectif de première priorité pour tous les services opérationnels de la DRS. Si on se reporte aux différents domaines où le rôle de la presse est déterminant on comprend aisément la consécration de tout un service avec des moyens illimités avec pour seul but : le contrôle de l’opinion.
Les moyens investis par la DRS pour recruter un journaliste dépendent de l’importance même du sujet opérationnel. Dans tous les cas de figure, si l’on considère un sujet moyen où l’approche directe n’est pas recommandée pour cause de refus probable de collaboration, une enquête de sécurité est conduite pour identifier le maximum de contacts du sujet, étudier ses habitudes même les plus intimes grâce à l’écoute téléphonique, la surveillance et la filature. Quelques fois même des agents extérieurs sont utilisés pour complément d’enquête ; en définitif tout l’ABC du parfait espion est utilisé, le plus important est le résultat. C’est un cas d’école ou l’on peut dire avec beaucoup de liberté que la fin justifie les moyens.

A la fin de toutes ces conspires primaires et suivant le résultat de l’enquête de sécurité plusieurs cas sont possibles, et le meilleur angle d’attaque (une stratégie d’approche) est adopté:

*Si le sujet a des vices, des secrets cachés ou des points faibles exploitables, ils sont vite adoptés et l’approche est décidée. L’officier traitant essaye durant la rencontre d’utiliser la méthode douce et si le sujet accepte de collaborer, les points faibles ne sont pas cités et sont réservés pour plus tard.
Il faut dire que certains journalistes ont offert deux mêmes d’aider le centrale, ils font aussi du renseignement en milieu journalistique pour diverses raisons qui varient du personnel au politique. C’est l’espèce la plus virulente car elle collabore très intensément pour compromettre d’autres journalistes.

*Si le sujet n’a pas de vices ou de secrets particuliers, l’approche est ensuite basée sur la tentation d’une manière indirecte, c’est à dire en utilisant des tiers personne, les plus proches possible, capables de présenter l’offre de collaboration sous un l’angle qui se confond bien avec le profil du sujet comme le nationaliste et l’intérêt suprême du pays par exemple, pourvue que les paroles de la personne qui fait l’approche trouve un écho chez le sujet. Très souvent le résultat dépend de l’engagement politique du sujet.
Dans ce cas qui nous concerne, des journalistes proches des thèses du RCD par exemple sont recrutable en jouant à la fois sur la corde berbériste et sur la lutte contre l’Etat théocratique.

Il arrive que des journalistes acquis aux thèses du tout sécuritaire refusent de collaborer avec le service et s’ils sont intéressants pour la centrale ça devient un problème car le refus de ceux-ci vient de leur volonté de rester libres, pour eux collaborer avec les services de sécurité relève du domaine de la trahison morale bien qu’ils partagent les mêmes idées que l’armée ; par honnêteté intellectuelle, ils ne peuvent pas se permettre une tel engagement.
C’est ce qu’on appelle dans le jargon des services les têtes dures, ou monsieur principes. Peu de personnes parmi cette catégorie accepte de reconsidérer l’offre et accepte de collaborer après la pression ( la torture morale) et les menaces qui viennent dans la deuxième partie de l’approche et où commence l’utilisation de toutes les méthodes basses.
Bien souvent les sujets récalcitrants sont obligés de quitter le pays, abandonner l’écriture, ou pour certains d’entre eux qui persistent, le risque est grand, très grand même car ils peuvent perde la vie.
Nous allons citer deux malheureux exemples parmis cette dernière catégorie:

Le cas Tahar Djaout:

Il n’est pas utile de rappeler qui est Tahar Djaout, car à lui seul ce nom est plein de symboles et c’est justement sur ce symbole que le service voulait à tout prix mettre la main.
Pour Smain Lamari, alors occupé à monter la machine infernale de contre réaction et de répression, Djaout est un trésor et un pôle pouvant réunir autour de lui des personnalités du monde entier. Il fait donc l’objet d’une attention très particulière.
Au début de l’année 1993 les services secrets sont en pleine crise et les pressions internationales poste-coup d’Etat nécessitent une mobilisation massive d’une nouvelle force, un front capable de contenir les réactions hostiles venues de l’extérieure et celle émanant de l’intérieur. Ce front de défense des valeurs républicaines de l’Algérie et qui sera désigné plus tard par la  »société civile » a besoin de forces motrices capables de le générer une poussée dans le sens politique voulu par les généraux.

A cette époque Said Saadi et Khalida Messaoudi ont déjà traversé un long chemin dans la réalisation d’un tel projet en prenant la tête du mouvement pour la république (MPR), mais il fallait s’assurer du ralliement du plus grand nombre d’intellectuels francophones bien sûr pour donner plus de crédit au mouvement. L’occident en général et la France en particulier étant naturellement bien plus sensible aux appels des intectuels de culture française.
C’est la raison pour laquelle Smain a concentré ses efforts sur cette classe particulière d’intellectuels capables d’exporter plus aisément les thèses politiques des Janviéristes.

 

Plusieurs intellectuels prennent très naturellement part à cette grande mobilisation par déontologie ou affinité politique, Rachid Boudjedra, Rachid Mimouni, …et d’autres se sont investis dans cette foire de  »sauvegarde » de la démocratie mais nombreux sont ceux qui sont restés en marge préférant suivre les événements de loin en cette période trouble.
Tahar Djaout change du champ littéraire au champ politique avec l’avènement du FIS, il traduit sur papier assez bien l’esprit du combat que préparent les généraux du MDN, seul différence c’est que Djaout pense en poète et écrit naïvement avec tous les sentiments qui peuvent se réunir chez un poète. Pour lui la rupture doit se faire avec toutes formes d’hégémonie qu’elle soit religieuse ou militaire. Il a même l’intention de créer une association pour la défense de la liberté de la presse à cause des restrictions imposées sur la diffusion de l’information.
Les généraux quant à eux sont plus pragmatiques et doivent réussir le plan du Mokh (le général Mohamed Touati) quelles que soient les conséquences

Djaout est bien connu des services et c’est son coté idéaliste qui pose problème, il a déjà été approché auparavant mais il a complètement refusé de collaborer avec la centrale. Cette fois-ci c’est Smain en personne qui suit le dossier et une enquête très poussée de plusieurs semaines est menée pour essayer de trouver une porte d’entrée, mais en vain.
Le sujet est cristal comme on dit et cela rend son recrutement assez difficile. Smain charge un autre agent  » Kabyle » pour tâter le terrain et essayer d’allier Tahar pour le combat, la réponse de ce dernier est sans appel  » J’agis en mon âme et conscience  »!
Pour Smain Lamari, Djaout est une carte gagnante à tous les coups quelque soit le jeux et  »puisqu’il a refusé de travailler pour le service en étant vivant, il le fera en étant mort ».
Sa liquidation est décidée presque à la hâte suite à une occasion plus que propice, la publication le 25 mai 93 de son article intitulé  » la famille qui avance, la famille qui recule ». En publiant cet article Djaout donne à Smain l’occasion rêvée de faire passer le meurtre pour un acte terroriste.

Très tôt, ce matin du 26 mai 1993, tous les alentours de la cité de Bainem sont vidés des petits vendeurs de cigarettes et des travailleurs des chantiers voisins par l’équipe en charge de l’opération. C’est un commando de l’escadron de la mort, la fameuse équipe 192, qui se présente vers dix heures devant la voiture de Tahar Djaout (garée près de son immeuble). Ce dernier vient tout juste de la mettre en marche et c’est un professionnel qui l’exécute après l’avoir appelé par son prénom pour confirmation de l’identité. Pour maquiller le crime, le corps ensanglanté est sorti de la voiture et jeté sur le sol, le tueur prend la voiture et quitte la cité le plus normalement du monde. La voiture est bien sûr retrouvée abandonnée non loin de Bainem.

Cinq jours après, un jeune homme tremblant face à la caméra de télévision, visiblement affecté par la torture, avoue son implication dans l’assassinat du poète. La confession est très claire et les motifs bien établis,  » l’obscurantisme religieux vient de commettre un crime qui soulève toute la Kabylie ». Une campagne médiatique sans précédant est organisée, le mot d’ordre est donné, le coupable invisible tout désigné : Le GIA a tué son journaliste Kabyle numéro un !

Les avocats du vendeur de bonbons présenté à la télévision arrivent très facilement à prouver que leur client est innocent et pour cause au moment des faits il jouait un match de basket à Ben Aknoun, le juge n’a pas d’autres alternatives que de relâcher le pseudo-assassin, les autres complices présumés sont comme d’habitude  »selon un communiqué officiel  » abattus plus tard dans des opérations de police.
Nous avons vu depuis plusieurs repentis défiler devant la caméra de télévision avouant des crimes aussi effroyables les uns que les autres, les exemples son nombreux (Djilali Liabes, M’hamed Boukhobza, Boucebsi, Benhamouda…)
La famille de Djaout a essayé de trouver des témoins parmi les habitants de la cité où tout le monde se connaît, mais en vain. Le commissariat de police locale a déjà fait le nettoyage nécessaire en embarquant une foule de jeunes du quartier qui ont en vu de toutes les couleurs dans les locaux de la police, ils ont appris à la sortie à dire :  » je n’ai rien vu et ça ne me regarde pas », la peur qui régnait a fait le reste.

Smain par contre ne s’attend pas à la création d’un comité de vérité sur l’assassinat de Tahar Djaout, et rien que l’idée de ce comité le met hors de lui, surtout que des journalistes ont suivit ce comité qui pose des questions très embarrassantes et ce n’est pas par hasard que le 15 juin le co-fondateurs de ce comité en l’occurrence, le psychiatre Mahfoud Boucebsi est sauvagement assassiné à l’arme blanche, la signature du crime est un double message, rien ne peut arrêter les fous du pouvoir.

Cette assassinat ressemble très étrangement par ses motifs et ses buts à celui du Chanteur Matoub Lounes, différents lieux, différentes époques, le but rechercher dans les deux cas par Smain et Toufik est le même : la manipulation des foules par ses symboles, même au delà des frontières.
Les retombées médiatiques et politiques de ce meurtre sont énormes, que se soit en milieu journalistique ou politique et la machinerie de la société civile a bien avancé depuis en utilisant la mémoire d’un symbole qui est contraint à la collaboration en étant mort à cause de certains ( Said Saadi &co) qui n’ont nullement hésité à mettre en avant le nom de Djaout à toutes les sauces politico-mafieuses comme ils le feront ensuite avec Matoub.

Le cas Said Mekbal:

De part son caractère Said Mekbal était très proche de Djaout. Connue dans le service sous son célèbre pseudo  »Mesmar J’ha », lui aussi a fait l’objet d’une approche de collaboration par le service de Smain. Insolent, c’est ainsi qu’il est qualifié par l’officier qui a essayé de le recruter, et malgré le fait qu’il ait bénéficié d’une bourse à l’étranger offerte par le ministère de la défense, son attitude est restée plutôt ingrate vis-à-vis du service.

Il s’est fait une réputation par ses écrits peu flatteurs à l’égard des islamistes d’une part et du commandement militaire d’autres part ; ce qui lui a valu d’être plusieurs fois suspendu du journal et rappelé à l’ordre de manière assez désagréable. Said Mekbal a refusé de cautionner la politique du changement partiel, pour lui les islamistes et les militaires sont deux diables de différentes couleurs. Le plus grave pour Mekbel c’est qu’il agaçait très sérieusement Toufik par ses écrits et ses allégations répétées concernant l’implication des services de sécurité dans le meurtre de certains journalistes. Toufik lui fait parvenir un message assez clair  » à ce rythme tu ne vas pas tarder à rejoindre Djaout  » !

En accordant une interview à une journaliste allemande ( dont le nom ne sera pas cité pour des raisons de sécurité et qui garde encore l’enregistrement audio de la rencontre) et ce quelques semaines avant sa mort, il lui a clairement répondu à la question :  »qui veut vous tuer ? »
 »Si vous apprenez que j’ai été assassiné sachez que c’est le général Toufik qui aura ordonné mon exécution ! »

Ses engagements politiques le rendaient naturellement hostile à toute collaboration directe ou indirecte avec les services de sécurité. Quand l’officier en charge de son recrutement lui demande de collaborer avec le service, il a la même attitude que celle de Louisa Hanoune lors de son arrestation en 89 à Ben Aknoun avec sa copine d’Air Algérie. La réponse est identique et le ton employé pour marquer le refus, assez fort,  » Je ne collaborerai pas et faites ce que vous voulez ».

A tout seigneur tout honneur, c’est la réponse que Smain ne voulait surtout pas entendre et c’est la même équipe qui a monté l’opération Djaout qui s’est occupée du dossier Mekbel, et de la même manière : une exécution en bonne et due forme. Seulement dans ce cas, Said Mekbel qui échappe à un attentat le 08 mars 1993, est depuis sur ses gardes et difficile d’approche et c’est la raison pour laquelle le  »travail » est confié à un homme de main de Smain, Abdel Malek Amalou, connu dans le service pour son professionnalisme sous le pseudo « le liquidateur ». Il s’est fait une grande réputation après le meurtre à Paris en 1987 de l’avocat Ali Messili.

Le liquidateur a besoin de s’approcher de Said Mekbel sans que ce dernier puisse se douter de quoi que se soit. Ce qui est fait grâce à la collaboration d’un agent féminin, ( une journaliste qui accompagne le tueur au moment du crime et qui connaît Said Mekbel. Elle le piège et c’est Toufik et Smain qui arrachent  »Mesmar Dj’ha ». Said Mekbel porte le numéro 27.

Il est douloureux de citer ces exemples car les motivations de Toufik et de Smain Lamari sont multiples, en plus des retombées médiatiques de ces opérations funestes, ces assassinats servent d’exemples à d’autres journalistes qui craignant pour leurs vies n’ont plus le choix. Pour les responsables du service presse de la DRS, après les meurtres de plusieurs journalistes soit par le service comme c’est le cas des exemples précédents soit par la main des islamistes, la cueillette des plumes est devenue très facile. Il fallait les recevoir à bras ouvert et leur offrir la sécurité, les armes ( beaucoup de journalistes sont armés suite à cela par le service ) et tout le confort dont ils ont besoin en échange de leur contribution bienveillante.

Il est important de noter que derrière ces meurtres de journalistes ( surtout les journalistes étrangers ), les généraux Toufik et Smain ont aussi un objectif hautement stratégique par ces liquidations, à savoir le contrôle par ricoché de la presse étrangère et ce par l’imposition d’une protection rapprochée permanente durant tout le séjour du journaliste en Algérie.

De cette façon les généraux sont sûrs de limiter le champ d’action des journalistes étrangers qui ne verront en fin de compte que ce qui arrange le commandement militaire et rien d’autre. Même les contacts avec la population civile sont réduits au strict minimum pour éviter tout dérapage. L’opinion internationale doit à tout prix avoir le même son de cloche  » l’armée est au-dessus de tout soupçon ».

Les victimes :

En plus de ceux qui ont perdu leurs vies, reste ceux qui ont énormément souffert et auxquels nous rendons un grand hommage pour leur courage, leur honnêteté, leur persévérance et leur résistance.
Ils ont subit des tortures en tous genres, des viols, des harcèlements judiciaires et des insultes dans le meilleur des cas. Leur souffrance est celle du peuple algérien avec lequel ils sont toujours restés honnêtes.
Nous ne pouvons pas les citer tous et nous n’avons aucune décoration à leur offrir sinon notre profonde reconnaissance et notre profond respect. Parmi ceux là nous citons :

Salima Ghezali,
Chawki Amari (caricaturiste),
Marc Marginedas (correspondant d’El periõdeco : expulsé),
Mourad Hadjersi(journaliste free lance),
Baya Gacemi (la Tribune),
Faycel Metaoui (El Watan),
Mohamed Sifaoui (correspondant de jeune Afrique),
Abi Mounir (caricaturiste l’Authentique),
Abdelaziz Houmad (directeur d’Ouest Info),
Billal Thaminy (l’ Authentique)
Djillali Hadjaj (El Watan),
Saad Bouakba ( El Youm),
Zoubir Souissi (ancien directeur du soir d’Algérie),
H’mida layachi(El Khabar),
Abdel Ali Hocine (Gayad) (El Khabar),
Djamel Benmered (Exilé),
El Kadi Ihsane (Le quotidien d’Oran),
Touhami Madjouri (El Alam Assiyassi),
Daikha Dridi (free lance),
Mourad Aït Ouarab (free lance),
Ahmed Kaci(l’Authentique).

La dernière victime en date du colonel Hadj Zoubir est un jeune photographe Walid Zeroug, arrêté le mardi 28 mars 2000 à 19h30. Il a été emmené à Ben Aknoun (Belaroussi) où il a passé cinq nuits avant d’être relâché le dimanche vers 17 heures après que l’AFP ait rendu publique l’information.
Ce photographe âgé de 24 ans travaille entre autres pour l’agence française IMA Presse. Son arrestation est directement liée au fait qu’il connaît personnellement l’attaché de presse au sein de l’ambassade de France à Alger. Zoubir avait demandé à Walid Zeroug de collaborer avec lui mais le jeune photographe a refusé.

Les disparus :

Une pensé très particulière à quatre journalistes disparus dont deux arrêtés officiellement par les services de sécurité, à ce jour leur sort est identique à celui des milliers de victimes disparus qui nous interpellent à tous les instants pour que l’on fasse toute la lumière sur les.

Djamil Fahassi : (Radio Algérienne, chaîne III),
Aziz Bouabdallah (El Alam El Siyassi),
Tous deux arrêtés par les services de sécurité.

Kadour Bouselham, (Horizons),
Mohamed Hassaine, (Alger Républicain),
Présumés tués par des groupes islamistes.

Les Agents des services:

Nous tenons avant toute chose à préciser que les noms qui vont suivre sont ceux des personnes qui ont volontairement choisi de collaborer avec les services de sécurité. Les copies des dossiers agents (ou fiches bleues) qu’ils ont signé ainsi que les preuves de leurs méfaits seront transmis aux instances judiciaires le moment venu. Ces journalistes ainsi que d’autres, ont vendu leurs âmes aux assassins de leurs collègues journalistes. Nous n’allons pas non plus nous rabaisser et décrire les détails de leurs vies privées soigneusement notés dans leurs dossiers par les responsables des services et ce d’abord par respect pour leurs familles et aussi par respect pour les lecteurs de ce dossier.

Nous n’avons pas pris en considération le cas des journalistes qui ont cédé sous les menaces et les exactions en tout genre, car ceux là ont au moins le mérite d’avoir essayer de résister. Il faut dire qu’il n’est pas toujours facile de supporter les tortures de quelle nature que se soit.

El Watan:

Salima Tlemçani de son vrai nom Zineb Oubouchou, a été recrutée par le colonel Fawzi. Ses collègues l’ont surnommé le général à cause de ses contacts permanents avec le service et son autorité. Elle est utilisée par Zoubir comme sergent recruteur spécialement avec les journalistes étrangers et remplit des missions pour le service surtout à l’étranger. Elle a déjà été envoyée à une réunion de la fédération internationale de journalistes pour passer les messages de la DRS  » C’est uniquement les islamistes qui tuent en Algérie ». Elle doit partir le 03 mai à Barcelone pour participer à un séminaire international organisé par la coordination des journalistes catalans à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse.
Elle a initié les attaques contre le MAOL d’après les instructions de Zoubir en commençant par diffuser des messages sur Internet sous le pseudonyme de  » SalimaPour ».

Tayeb Belghiche:(actionnaire d’El Watan), surnommé le manchot par les services du CCD; parce qu’il a perdu un bras durant son enfance lorsqu’il a sauté sur une mine dans la région de Souk Ahras.
Il s’est, dès les années 70, spécialisé dans le conflit Algéro-Marocain et l’affaire du Sahara Occidentale.
Tayeb Belghiche est l’agent favori du service pour ce qui est des campagnes de propagandes contre le Maroc et les questions relatives au problème Sahraoui.
C’est lui qui a fait entrer, il y’a dix ans, ABLA CHERIF, de son vrai nom  »Amel Boumediène », dans le monde de la presse. Il l’a mise en relation avec les officiers des services et l’a convaincue de collaborer.

Liberté :

Nacer Belhadjoudja : il est utilisé par le service surtout pour espionner ses collègues, Zoubir l’a bien utilisé pour espionner Ghalib Djebour à l’Authentique, mais il est viré quand le directeur de journal s’en rend compte.
Ses deux frères travaillent aussi pour le service, Rédha Belhadjoudja signe la chronique en page 24 de liberté « le nez et la perte » sous le pseudonyme Hakim Laalam ; Said Belhadjoudja travaille comme correspondant du Soir d’Algérie à Annaba. C’est Nacer qui est le plus lié à Zoubir qui le traite comme son dauphin.

Abrous Outoudert(directeur du quotidien Liberté) : il a été durant de longues années fonctionnaire au ministère de la communication. Il s’occupait de la censure. Originaire du village de Taguemount Azouz, daira de Beni Douala wilaya de Tizi Ouzou, il a été contacté par Isaad Rabrab quand celui-ci a décidé de créer Liberté. Les deux sont originaires de Taguemount Azouz. Ils sont aussi cousins éloignés. Abrous est chargé de la gestion du quotidien liberté afin que Rabrab n’apparaisse pas. Abrous est très proche de Zoubir qui l’utilise comme agent de renseignement notamment auprès de l’ambassade de France où Abrous a des contacts importants. L’information publiée sur le radar de liberté concernant Betchine lui a valu d’être emprisonné. Cette affaire cousue de fils blancs lui a aussi permis de gagner en crédibilité en plus de la prime du service.

Ghania Khelifi.

El Khabar:

Ali Djerri.

Le Matin :

Farid Alilet.

Le Soir D’Algérie:

Fouad Boughanem,
Rabah Abdellah.

Horizons:

Naama Abbes, C’est le colonel Fawzi qui a convaincu Liamine Bechichi à l’époque ministre de la communication de nommer Naama Abbes (Bi-National car née en France) au journal Horizons.

La Tribune:

Khair-eddine Ameyar,
Bachir Chérif Hassan

France 2 :

Ahmed Ouandjli (correspondant ),

Al-Jazzerah:

Boualem Allah Hamid (correspondant ),

La radio algérienne chaîne 3:

Zehira Yahi.

El-Hayat:

Mohamed Moqaddem. (Anis Rahmani)

MBC:

Ahmed Megaache.

Le Quotidien d’Oran :

Mounir Bendjemaa : Ancien journaliste à Horizons et à l’Authentique où il a espionné pour le compte de Zoubir. Après son éviction de ce journal Zoubir le nomme au Quotidien d’Oran, ce journal en partie propriété du chef de la deuxième région en l’occurrence le général Kamel Aberahman. Mounir B. est aussi utilisé pour essayer de discréditer le MAOL sur Internet en lançant des messages sur les sites où il y’a des forums d’algériens.

Hebdo Libéré:

Abderrahmane Mahmoudi.

Le directeur d’Achaab:

Azzedine Boukerdousse.

Le secrétaire général du syndicat national des journalistes ( SNJ ): promu à ce poste par le service : RABAH ABDELLAH. Il signe ses articles au « soir d’Algérie » sous le
Pseudonyme Sofiane Aït Iflis.

El Moudjahid :

Mouloud Benmohamed, qui est devenu presque un habitué des rencontres sur les droits de l’homme à Genève et Paris. Il est envoyé en mission pour prendre des photos et des enregistrements qu’il remet ensuite à Zoubir.

Ces agents des services sont animés par le désir d’arriver vite au sommet comme leurs prédécesseurs que les officiers recruteurs citent en exemple. Le service a souvent bien récompensé ses serviteurs fidèles afin qu’ils servent d’exemples aux autres journalistes plus soucieux de se faire une réputation que de faire honnêtement leur métier.

Zahia Benarouss : Ministre.

Hamraoui Habib Chawki: Ministre.

Ahmed Boubrik:Directeur de la station ENTV de constantine.

Chadli Boufaroua: est devenu directeur du centre d’écoute de Dély Brahim.

Mohamed Tigane : directeur d’El Massa.

Nacer M’hel : directeur de l’APS (ex. Chef du bureau de l’APS à Tokyo, Mexico, et Washington et agent attitré de la DRS).

Naama Abbes : est devenue directrice de l’Horizons.

Abdelhak Bouatoura : Un ancien journaliste à Horizons. Il est récompensé par la DRS en 1997 en le nommant comme attaché de presse au ministère de l’intérieur.

Fatiha Akkab : Ancienne journaliste à Algérie Actualité, devenue fonctionnaire au ministère de la communication.

Zoubir, les Affaires et les Autres :

Le chargé du contrôle de la presse Tahri Zoubir a réagit de la même façon que ses chefs, à peine installer à son poste a Belaroussi qu’il s’est investi en parallèle dans la fructification des affaires de la famille. El hadj Zoubir est le frère de Miloud Zoubir, l’ancien Wali de M’sila, nommé après le dernier mouvement des walis à la willaya de Ghelizane grâce à l’intervention du colonel Zoubir, le frère protecteur.

En 1995, les services judiciaires de la gendarmerie nationale mettent à jours un trafic à grande échelle de passeports, de cartes jaunes (dispense du service militaire) et de sursis militaires valables à l’étranger. Parmi les personnes mises en cause, le propre frère du colonel Zoubir alors wali de M’sila, le commandant du secteur militaire et d’autres relais dans l’administration locale. En fait même Zoubir est bien impliqué en assurant la sécurité de tout le réseau. A 12.000FF (nouveaux francs) la carte jaune et 8.000FF le sursis, les comptes atteignent très vite des sommes gigantesques. Profitant du climat d’insécurité générale et de la crainte des parents pour leurs enfants qui ont atteint l’âge du service militaire, Zoubir et ses complices ont organisé ce commerce très lucratif de la vie humaine. Les parents des jeunes appelés qui peuvent se permettre même en vendant leurs biens préfèrent acheter la vie de leurs enfants plutôt que de les voir partir vers une mort certaine, trop de jeunes ne sont jamais revenus de l’abattoir.

Le colonel Tahri Zoubir

Quand le colonel Zoubir prend connaissance des investigations menées par les gendarmes autour de cette affaire, c’est en personne qu’il dirige les tractations avec le service concerné de la gendarmerie. Ses arguments en tant qu’officier supérieur de la DRS très connu dans le milieu opérationnel sont solides et pour lui le service de police judiciaire de la gendarmerie est entrain de faire capoter une opération interne au service de la DRS couverte par le sceau du secret à des fins de lutte contre le terrorisme. Il est vrai que les services opérationnels de la DRS montent des affaires de toutes pièces (le miel qui attire les abeilles) soit pour des besoins d’infiltration soit pour la neutralisation de certains éléments, (le dossier de la lutte antiterroriste en traitera quelques exemples). Mais aussi d’autres opérations du genre sont aussi préparées pour des besoins personnels, le plus souvent pour le compte des chefs qui veulent éliminer des concurrents gênants ou avoir l’avantage dans des domaines qui les intéressent.

Malheureusement pour Zoubir, un journaliste travaillant pour le journal Le Matin eut vent de cette affaire (sans pour autant qu’il sache le lien de parenté qui existe entre le Colonel Zoubir et le Wali de M’sila), il publie un article sur les dépassements de ce wali. En apprenant la nouvelle, Zoubir devient fou et fait tout pour nuire à ce journaliste : arrestation par Tartague, coups, insultes, menaces de viol et de mort… Toute la machinerie répressive est mise à contribution pour enterrer le sujet en question. Comme à l’accoutumée, Zoubir fait sortir le chef d’inculpation classique, à savoir intelligence pour un service étranger pour légaliser l’arrestation de l’auteur du fâcheux article vis à vis de ses collègues, car le journaliste en question avait des connaissances au sein de l’ambassade de France et des Etats-Unis à Alger.

Les affaires des frères Tahri dépassent largement le cadre du trafic de documents militaires, ils ont même monté grâce à l’argent récolté par ces transactions honteuses, une société d’importation de produits électroménagers en provenance de Tunisie avec le partenariat du chef de sûreté de la wilaya de M’sila et le commandant du secteur militaire. Leur société est devenue avec le temps l’une des plus importante qui fait de la distribution (vente en gros) pour tous les commerçants de l’ouest du pays et même du centre. Leur chiffre d’affaire dépasse les 300 milliards de centimes et c’est grâce à Zoubir que le service des douanes n’a jamais un droit de regard sur ce commerce juteux qui est en pleine floraison.

Une des premières victimes de Zoubir est le DEC d’El Biar, le nommé Mohamed Maarouf qui cède sous les menaces claires de Zoubir. Ce dernier exige avec insistance un lot de terrain pour construction dans la commune. C’est finalement derrière le stade d’El Biar qu’il réussit à en avoir un à un prix dérisoire pour le moins que l’on puisse dire en comparaison avec les prix réels pratiqués sur le marché. Sans se soucier des frais, il fait appel à l’entrepreneur favori des généraux, un certain  »Ami Salah » qui a construit deux villas pour le général Mohamed Touati, deux autres pour le général Abdel Madjid Taghrirt, une autre pour le général Mohamed Lamari ( pour son Fils Mourad) et pour bien d’autres officiers supérieurs.

La villa la moins chère a coûté plus de 2,5 milliards de centimes. Celle de Zoubir a coûté près de trois milliards, une somme modique pour ce colonel businessman qui s’est fait construire deux autres villas à Oran, l’une aux noms des membres de sa famille, en plus des logements de fonction qu’il n’a jamais quitté. Cela fait bien de l’espace pour un seul colonel. Rien à voir avec la réalité algérienne, cet officier supérieur parmi tant d’autres vit dans le luxe et la luxure alors que la crise de logement bat son plein.
La mutation du frère wali n’est pas due au hasard, le budget de reconstruction de cette zone martyre aiguise les appétits des vautours du trafic de l’immobilier et du foncier, et les affaires des frères dans ce domaine ne sont pas en laisse. Déjà à M’sila, le Wali Miloud Tahri s’est bien servi et le montant du trafic de lots de terrain, logements d’habitation, locaux commerciaux et engins de transport lourds, est effarant. Pareillement Zoubir a fait de même à Alger avec l’ex. Gouverneur Chérif Rahmani et  »Salah » le fameux entrepreneur. Des terrains agricoles ont été détournés, reclassés constructibles, construits et revendus à des prix exorbitants. Même d’anciens cimetières chrétiens n’ont pas échappé à leur voracité et ont été vendus comme terrains constructibles.

Le lecteur peut se demander légitimement comment est ce que les chefs de Zoubir laissent faire ce subordonné ? En réalité pour eux ces petits trafics c’est du menu fretin. Ils laissent faire pour s’assurer du soutien d’officiers comme Zoubir. Ils peuvent cependant à tout moment le traduire en justice quand il devient gênant ou trop gourmand. Les généraux préfèrent laisser ces miettes aux officiers qui les secondent.
Les affaires des généraux se chiffrent en millions de dollars et les officiers de l’espèce de Zoubir évitent bien de toucher aux chasses gardées des grands.

Le cas du Colonel Zoubir, chef du CCD n’est qu’un exemple parmi des centaines d’autres qui usent leurs fonctions comme un tremplin vers la richesse et qui travaillent d’arrache-pied pour s’assurer une place au soleil. Zoubir sait que son poste lui permet de faire taire tous ceux qui osent parler de corruption, de détournements et de tout ce qui dérange les chefs. C’est de ce point précis qu’il tire sa force et son pouvoir.

Djillali Hadjadj, journaliste et médecin de formation, a longtemps travaillé au journal El Watan et s’est spécialisé au fil des ans dans les affaires de corruptions surtout depuis l’arrivée de Zeroual au pouvoir. Il a écrit un livre traitant aussi de l’étendue du fléau de la corruption dans notre société. Il était bien vu par les responsables des services depuis qu’il avait lancé une série d’articles sur l’empire du Général Betchine, bien plus il a même été félicité plus d’une fois par Zoubir pour son travail. Le vent a très vite tourné dès que ce même journaliste a commencé à s’intéresser de près à l’empire de Toufik et des autres généraux, une pluie d’insultes et de menaces de mort s’est abattue sur lui.

Suite au refus d’abandonner ses enquêtes, Zoubir met tout son poids et utilise tous ses contacts pour le faire renvoyer du journal en décembre 1999. Devant toutes ces exactions, le journaliste persiste en militant contre la corruption au sein de l’association qu’il a crée et a assisté dernièrement en Afrique du Sud au congrès contre la corruption.

Bien des journalistes honnêtes et sincères qui se sont investis dans ce métier noble où la vérité est reine, ont été cassés, poursuivis, martyrisés, assassinés ou dans le meilleur des cas, poussés à l’exil soit par Zoubir, Fawzi ou d’autres manipulateurs de l’ombre qui veulent étouffer à tout prix les voix qui se révoltent. Tant qu’il y aura des gros rats qui se déplacent dans la nuit, croquent l’Algérie à pleines dents et se remplissent le ventre, l’Algérie restera à genoux et son peuple boira l’élixir de l’humiliation que les rats mijotent.

En conclusion notre unique souhait est de pouvoir contribuer par la diffusion de ce dossier à la levée des restrictions qui pèsent sur la liberté de la presse. Que les monstres qui guettent l’Algérie soient bannis à jamais ! Que Zineb et les autres inquisiteurs disparaissent du monde de la presse, car ils ne valent pas mieux que les terroristes islamistes qu’ils combattent.

Notre promesse à tous ceux qui ont donné leurs vies pour la vérité et de continuer à démasquer et à combattre tous les faux démocrates qui se vendent à Rabrab et ses acolytes. Tous les prêcheurs de mensonges qui assassinent l’espoir des plus démunis. Tous les Toufik et Smain qui étouffent les voix de la vérité et souillent de leurs empreintes indélébiles les pages de l’histoire.

Hommages aux journalistes qui ont été la proie de la folie humaine et des renégats aux milles visages. Des noms qui sont tombés l’un après l’autre avec bravoure et dignité. Leur mémoire restera le phare de tous ceux qui disent NON haut et fort aux démons du mensonge.

En cette occasion nous rendons un grand hommage à lutte de Taoufik Ben Brick qui balise le chemin de la vérité avec honneur et courage.

Peuple algérien, personne ne sait de quoi sera fait demain tant que ta volonté reste souveraine et ton désir suprême.

Gloire à nos martyrs et vive l’Algérie

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La Guerre entre le DRS et le DCE selon le MAOL

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

La Guerre entre le DRS et le DCE

MAOL (Mouvement algérien des officiers libres), 9 mai 2002

Fort du soutien de ses amis d’outre-mer, le DCE a commencé à prendre ses distances avec son directeur le general Toufik, et depuis le milieu des années quatre vingt dix, il a tous fait pour se munir d’une autonomie. Il a même demandé à Liamine Zeroual après son élection à la présidence de l’Etat de créer une DST algérienne (reconvertir la DCE en DST), qui serait indépendante du DRS et qui rendrait compte directement au président de la république ! Liamine Zeroual a catégoriquement refusé la proposition. Le général Toufik a su dès lors que Smain allait devenir un problème…et de taille !

Dans l’enceinte du ministère de la défense Nationale, depuis le début 2001, il n’est un secret pour personne qu’entre Mohamed Mediene et Smain Lamari c’est la guerre. Les escarmouches entre les deux antagonistes sont devenues très courantes jusqu’à atteindre des proportions alarmantes, puisque les éléments des deux hommes en sont venus aux armes lors d’une réunion qui s’est tenue au siège de la DCE à Ghermoul. Tout le DRS s’est trouvé ébranlé puisqu’un front nouveau s’est créé dans la direction la plus sensible de toute l’armée. Entre les deux adversaires tout est devenu permis puisque dans ce monde le perdant a tort, toujours tort !

Le conflit a éclaté au grand jour avec un attentat commandité par Toufik contre Smain Lamari devant le siège même du DRS à Dely-Brahim. A quelques mètres de l’entrée de la caserne (siège du DRS), le véhicule blindé de Smain a subit une averse de balles perforantes venant des passagers d’un fourgon qui l’a dépassé. Ils ont aspergé le directeur de la DCE d’un feu nourri pendant quelques minutes très chaudes. Le chauffeur de Smain a trouvé la mort et Smain Lamari a miraculeusement échappé à l’attentat.

A peine trois semaines plus tard, Smain Lamari rend le coup à Toufik. En plein mois de Ramadan le chauffeur de Toufik découvre in extremis une charge de TNT à l’intérieur même du véhicule du DRS avant de démarrer pour se rendre au siège de la présidence de la république où Toufik devait rencontrer Bouteflika en fin d’après midi. La voiture de Toufik était pourtant bien garée et gardée devant la porte d’entrée du bâtiment C au ministère de la défense ; une entrée réservée exclusivement au directeur du département de la recherche et de la sécurité.

En apprenant la nouvelle, la réaction de Toufik ne s’est pas fait attendre et il a de suite démis Smain Lamari par décret de sa fonction de sous directeur du DRS.

Malgré plusieurs tentatives de médiations entreprises par le chef de l’Etat major Mohamed Lamari et Mohamed Touati, le général Toufik a posé une fin de non recevoir à toutes les doléances concernant le sujet à ce jour.

Smain Lamari pensait qu’en ensemençant le terrain opérationnel de ses agents il allait dominer pratiquement la situation sécuritaire et devrait réussir à empoigner les pleins pouvoirs. Ce qui lui aurait permis par conséquent de faire la pluie et le beau temps sur l’échiquier politique de l’Algérie. C’était sans compter avec la ruse de Toufik qui avait justement grâce au général Kamel Abdelrahmane créé une direction de contre espionnage bis (DCE) au sein même du DRS.

La relation entre Toufik et Kamel Abdelrahmane n’a cessé d’évoluer, depuis que ce dernier a réussi à s’imposer sur le terrain opérationnel à la DCSA en donnant ainsi plus de pouvoir à Toufik. Les noces de Kamel Abdelrahmane avec la nièce de Toufik n’ont fait que consolider encore plus les liens entre les deux hommes, devenus très proches par cette parenté officielle.
En effet à la tête de la direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), Kamel Abdelrahmane avait donné les pleins pouvoirs aux Commandants des centres opérationnels pour agir sur le terrain, ouvrant ainsi d’un côté pleinement le champ à tous les dépassements qui ont été orchestrés surtout conte les civils et créant une sorte de situation d’exception où par défaut et manque de textes clairs en la matière, la DCSA se trouvait au-dessus de la DCE de Smain Lamari. Ceci vient du fait que la DCSA est officiellement responsable de la sécurité de tous les biens et les personnes militaires et civiles qui ont un rapport avec l’ANP que se soit de près ou de loin. C’est cette tâche spéciale qui a été savamment exploité étant donné que le personnel de la direction du contre espionnage (DCE) de Smain est composée uniquement de militaires.

Il faut rappeler au passage et à juste titre que le général major Saidi Fodhil a été liquidé par deux fois à cause justement de cette lutte des clans où la DSCA était au centre du conflit ;
Une première fois lorsqu’il a été chassé de son poste de directeur de la DDSE car Smain Lamari ne voulait pas de lui comme interlocuteur vis-à-vis des services étrangers et surtout français. Trop raide, peu coopératif et beaucoup moins complaisant que Smain, les Français ne voulaient pas de Saidi.
Pour l’éloigner Smain avait obtenu à l’époque de Zeroual que Saidi Fodhil soit réaffecté au Commandement des forces terrestres comme chef de la quatrième région militaire. Smain ne voulait pas de lui à la DCSA, puisque Saidi devait permuter son poste avec Kamel Abdelrahman. Liamine Zeroual tenait trop à Saidi Fodhil et Smain Lamari ne pouvait donc pas lui demander de le mettre à la retraite anticipée.

Une seconde fois, comme déjà cité précédemment dans un autre dossier, Saidi Fodhil a payé de sa vie une nomination par décret présidentiel, de nature stratégique, au poste de directeur de la DCSA. Une condamnation à mort paraphé par Zeroual qui voulait prendre en main les affaires de l’armée. Mais le manque de courage et de charisme de Liamine Zeroual ont été les causes directes de la tragédie qui secoue le pays depuis son accession au pouvoir.

La DSCA est devenue le verrou qui contrôle tout le panorama civil et militaire de l’Algérie, et les moyens octroyés par Toufik à ses services opérationnels dépassent toute imagination. Le seul fait de prononcer CPMI-Benaknoun est devenu synonyme d’aller sans retour, un saut vers l’inconnu…, en un mot la mort.

La réputation du CPMI s’est propagée sur tout le territoire national comme une traînée de poudre donnant des sueurs froides aux plus coriaces.
Une concurrence impitoyable a opposé les services opérationnels des deux camps (la DCSA et la DCE) sur le terrain allant même aux liquidations physiques qui ont été perpétrés par les deux partis, et commandités par les chefs des services opérationnels respectifs ; le colonel Bachir Tartag (alias colonel Athman) au Centre Principal d’Investigation Militaire (CPMI à Benaknoun) pour la DCSA et le colonel Farid Ghobrini (alias colonel Farid) pour la DCE au Centre de Recherche et Investigation (CRI ANTAR, à la sortie de Benaknoun, côté du parc zoologique).
L’essentiel avant tout est de satisfaire le chef et le conforter dans son poste; Toufik pour l’un, Smain pour l’autre. Le nombre de civils qui ont fait les frais de cette mascarade et ont péri dans cette course effrénée au pouvoir est effarant. Le tableau de chasse de chacun des partis devait contenir le plus de trophées possibles et c’est l’une des raisons directes de l’énormité du chiffre des personnes disparues.

L’animosité entre le général Toufik et le général Smain a atteint des sommets sur plusieurs dossiers clefs dont celui du Mouvement Algérien des Officiers libres. Après la nomination officielle de Bouteflika comme président, Smain Lamari s’est déplacé en personne à Madrid pour prendre contact avec les représentants du commandement du MAOL à l’étranger. Pour se faire, il a chargé le chef de l’antenne du DRS le colonel Betine Rachid alias colonel Ziad de prendre un premier contact et lui organiser une rencontre dans un grand Hôtel à Madrid. Le commandement du MAOL s’est refusé à rencontrer Smain Lamari malgré plusieurs tentatives de ce dernier. Il est reparti ensuite en France pour s’entretenir avec ses amis de la DST et comble du destin c’est un certain colonel Gérard de la DST qui est revenu officiellement à la charge cette fois-ci à Madrid par le canal des services de la sécurité intérieure espagnole. Les responsables du MAOL ont refusé aussi de se réunir avec l’émissaire français et le dit colonel est rentré bredouille à Paris. Sans désarmer, c’est un général qui s’est déplacé cette fois-ci en personne en Espagne pour offrir aux éléments du MAOL la somme colossale de dix millions de francs nouveaux en échange du silence du mouvement et la bénédiction de la loi d’amnistie mise en scène par Smain Lamari ainsi que le soutien actif à la politique de concorde civile annoncée par Bouteflika.

Une fois de plus les officiers du MAOL ont refusé de le voir malgré d’insoutenables pressions de la part du gouvernement espagnol. Depuis ce jour, l’attitude du gouvernement espagnol envers le MAOL a empiré jusqu’à pousser l’ensemble des officiers présents a Madrid à entrer dans la clandestinité. Les Espagnols avaient décidé de mettre en résidence surveillée tous les officiers du mouvement à la demande des autorités algériennes et françaises.

Il faut dire que le poste d’ambassadeur d’Algérie en Espagne est resté longtemps vacant et cela n’était pas du goût des autorités espagnoles qui ont misé très gros sur le gaz algérien.
Après l’échec du général de la DST, Smain Lamari est rentré fou furieux à Alger et c’est de son bureau qu’il a envoyé un émail au site du MAOL. Sur un temps très menaçant et ferme, il s’est adressé avec un mauvais français pour se plaindre du colonel B. Ali qui a refusé de la voir à Madrid. Il a ensuite fait remarquer que les généraux, dont le MAOL a réclamé le départ à Bouteflika (pour résoudre le conflit en Algérie), ne partiront jamais et que le MAOL doit choisir entre une retraite dorée au soleil ou accepter les conséquences qui allaient s’abattre sur ses éléments surtout en Algérie. Il a fini son message par une réflexion assez révélatrice en disant :  » On y est, on y reste. »

Plus grave encore, quelques semaines après ses menaces, Smain Lamari s’est réuni secrètement avec les représentants d’un service de renseignement étranger (pas Français) à Palma pour convenir entre autres d’un plan de liquidation physique des officiers du MAOL à l’étranger, heureusement que des officiers intègres ont alerté certains organes de presse étrangers qui ont vite révélé l’information.

Quelques jours après le dernier message de Smain, c’est le général Toufik qui a contacté lui aussi directement le MAOL par des messages émail qu’il a envoyé au site internet. Sur un ton courtois, il a essayé de convaincre les responsables du MAOL d’accepter de rencontrer un général, le colonel Belaid Benali alias colonel Alili alors responsable de l’antenne du DRS à Londres a été chargé de préparer le rencontre. Après plusieurs tentatives de la part du général Toufik et devant le refus du Commandement du MAOL à Alger de marchander avec les responsables de la crise, le général Toufik a lui aussi fait des propositions pour les moins surprenantes ; il a proposé des postes de diplomates aux officiers du MAOL dans les capitales de leurs choix en plus d’une somme d’argent faramineuse à titre de dédommagement !
La réponse du MAOL a été : « le sang des milliers de victimes algériennes n’a pas de prix ».
Les Algériens peuvent se demander après tout cela, à quoi peut bien servir le DRS avec toutes ses directions, puisqu’ils n’ont jamais entendu parler de l’arrestation d’un espion quelconque. Et c’est là où le bas blesse, puisque l’Algérie est malheureusement devenue le dépotoir de toutes les actions d’intelligence clandestines.

Le compromis

Smain Lamari a fini par lâcher Toufik, son patron et complice dans le drame algerien depuis dix ans, pour se rallier à Larbi Belkheir. Mercenaire sans scrupules, véritable Judas de l’Algérie actuelle, Smain Lamari revient à son ancien maître Larbi Belkheir pour lequel il exécute désormais toutes les basses œuvres.
Mais Smain Lamari n’ignore pas qu’il doit se méfier, car Belkheir le fourbe se vante volontiers en privé de continuer à ce jour de régner sur l’Algérie parce que les généraux sont  » trop bêtes « . Larbi Belkheir, le Monsieur si gentil et si aimable, selon tous ses visiteurs étrangers, diplomates ou journalistes, sait si bien séduire et tromper. Mais derrière le sourire courtois se dresse en fait un funeste parrain assoiffé de sang et d’argent, le vrai patron et le principal bourreau de l’Algérie depuis plus de vingt ans. La devise de Belkheir est : toujours laisser les autres se compromettre ; lui il n’hésitera pas à lâcher ses créations maléfiques si c’est sa survie qui est en jeux ; d’ailleurs il a mordu la main de son bienfaiteur Chadli Bendjedid, l’homme qui a fait de Belkheir ce qu’il est.
Larbi Belkheir et Mohamed Mediene se déchirent presque ouvertement depuis plus d’une année ; Toufik n’a raté aucune occasion pour envoyer des  »torpilles » à Belkheir, qu’il accuse par divers intermédiaires d’avoir fait assassiner le président Mohammed Boudiaf ou d’avoir provoqué la ruine du pays. Mais étrangement, ils restent par ailleurs unis face aux dangers extérieurs au clan et mettent en avant deux objectifs essentiels:

*Eviter que les justices nationale et internationale les rattrapent un jour.
*Trouver de nouveaux rideaux de fumée politique pour pouvoir continuer à engranger chaque année les milliards de francs qu’ils détournent depuis vingt ans et qu’ils rêvent de transmettre à leurs enfants.
Face aux menaces externes les généraux ont décidé à l’automne 2001, de mettre en place un dispositif de propagande spécial de grande envergure à destination de l’étranger, et surtout de la France. Il s’agissait pour eux de contrer les effets dévastateurs des révélations du Mouvement algériens des officiers Libres, du lieutenant Habib Souaïdia, du colonel Mohamed Samraoui, ou des autres documentaires télévisuel mettant clairement en évidence leurs responsabilités dans le génocide du peuple algérien comme les films de Canal Plus sur l’affaire Matoub Lounes ou le massacre de Bentalha.

Les généraux ont essayé à leur manière d’exploiter cyniquement les nouvelles données de la scène mondiale. Ils ont cru que les évènements du 11 septembre leur ont donné de nouvelles ailes et vont leur permettre de revenir au premier plan sur la scène internationale.
Le grand  »Mokh » Mohamed Touati, conseiller politique au MDN et en charge du Conseil national de sécurité à la présidence de la République et le tenancier militaire effectif, a très clairement annoncé la couleur. Sur un mode sournois et hypocrite propre à lui, dans une interview  »exclusive » qu’il a donné à deux quotidiens, dès le 27 septembre:

 » Que va engranger l’Algérie ? En toute humilité, je ne saurais vous le dire. Mais, ce que je souhaite en ces circonstances, c’est qu’elle puisse détromper l’opinion internationale qui a été abusée par des sources liées au terrorisme international et au terrorisme qui sévit en Algérie, notamment sur la réalité de ce qui s’y déroule. Je souhaite donc que l’Algérie arrive à détromper l’opinion publique de certains pays quant à toutes ces tentatives sournoises qui visent à déculpabiliser les auteurs des massacres commis qui ont mutilé et blessé à vie l’esprit et la mémoire de nombre de nos compatriotes. Il nous faudra agir dans ce sens, mais la question ne dépend pas que de nous. Il faudra aussi compter avec l’amour-propre des Etats qui ne se déjugent pas facilement du jour au lendemain. « 

Dans cette sortie rocambolesque du grand  »Mokh », il suffit presque de changer le mot  »détromper » par  »tromper » pour deviner le programme du nouveau dispositif de désinformation que les généraux ont mis en place pour  » agir en ce sens « . Dans ce dispositif, Khaled Nezzar n’est qu’un pion, à sacrifier s’il le faut. Car celui-ci, est à la fois fermé et borné et n’a plus de pouvoir, contrairement à son vieux chef et bienfaiteur Larbi Belkheir. En le poussant à s’engager dans un procès en diffamation à haut risque, ce dernier et ses collègues ont eu en tête le calcul suivant :

*Si par miracle Nezzar gagne son procès, alors ce sera bon pour tous, puisqu’ils seront ainsi  »absous » par la justice française.
*S’il le perd, ce qui est hautement probable, alors ils auront un bouc émissaire tout trouvé pour les turpitudes des années 1988-1993, à savoir : la répression sanglante des émeutes d’octobre 88, celle des manifestations de juin 1991, le coup d’Etat de janvier 1992, les déportations dans les camps du Sud, l’institutionnalisation de la torture et des exécutions extrajudiciaires, tout cela sera  »la faute à Khaled Nezzar » et à lui tout seul.

Ultérieurement, il restera à trouver un autre bouc émissaire pour la période suivante (de juillet 1993, date de la démission de Nezzar de son poste de Ministre de la Défense, à aujourd’hui) : et c’est là que la stratégie des clans en conflit apparaît au grand jour et fait son nouveau lot de victimes civiles. Larbi Belkheir s’agite en tout sens pour que ce soit le général Mohamed Mediene. Ironie du sort, Toufik voudrait bien lui aussi que ce soit Larbi Belkheir, seulement ce dernier futé, a bien pris les devants en agissant derrière des écrans ; le plus célèbre de tous étant Smain Lamari.

Mais dans ce milieu assez peux ordinaire où la malice côtoie la traîtrise, peut-être bien somme toute que l’un et l’autre finiront par se réconcilier au mépris d’un troisième candidat qui portera le chapeau et cela pourrait bien être le général Smain Lamari qui est déjà très affaibli par sa maladie. Les gros problèmes de santé de Smain Lamari (un cancer avancé, comme celui de son frère décédé il y a quelques années), l’ont très sérieusement handicapé et l’empêche même d’exercer ses fonctions normalement.

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Entre les adeptes de l’éradication, 30 millions d’Algériens en otage…

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

Entre les adeptes de l’éradication, 30 millions d’Algériens en otage…

Lounis Aggoun   
200 000 morts. Quelque 20 000 disparus. Un pays démantelé. Une société démolie…

Le régime responsable de ce bilan présente aujourd’hui un projet d’auto-amnistie, qu’il souhaite faire avaliser par le peuple algérien, à la hussarde.

Un espoir, cependant : des familles de victimes qui préfèrent la vérité et l’honneur à l’argent.

Une initiative : un débat pluriel sur le sujet de la réconciliation nationale. Face au poussif unanimisme de façade que présente le régime algérien – avec le renfort de ses homologues en France –, pour éviter de donner l’impression que la société algérienne soutient ce projet historicide, cette initiative des éditions Hoggar – c’est sans doute la première du genre (initiée par des Algériens) – de réunir dans un même ouvrage les interventions d’une Algérie diverse, pour tirer les leçons des turpitudes du passé et jeter les jalons communs d’un avenir où l’Algérien aurait droit de cité dans son pays, est plus que louable…

Or, c’est parmi ces interventions que se trouve celle de Benaïssa d’où est extrait ce passage terrifiant :

Toute la subversion et la gesticulation berbériste, délirante et réductrice, sous toutes ses facettes, soi-disant démocrate et laïcarde, anti-arabe, chrétienne par quête de carte de séjour, relève de ce registre d’ingérence française impudente et revancharde. Conduits par des islamophobes et francophiles, portés par la haine, plutôt que par l’amour – mille fois légitime – d’une langue que nous chérissons – quant à nous – et conservons au bout de nos lèvres et au fond de nos cœurs, en lui réservant le monopole dans nos foyers, le projet berbériste gréco-latin n’a aucun avenir. Il mourra comme toutes les autres tentatives, visant à saper sous le masque fallacieux de la quête identitaire, le socle spirituel de notre peuple.

Ces propos ne sont pas l’expression épidermique d’un excité, dans une dispute où il perd le contrôle de ses nerfs, mais les propos réfléchis, soupesés et déclinés après mûre réflexion dans un texte qui prétend exprimer l’esprit d’ouverture et le souci de justice de son auteur. Par quelle logique un texte censé donner un avis individuel sur l’amnistie des massacres de la décennie 1990 conduit-il son auteur à dériver ainsi jusqu’à vouer à « mourir » ce qu’il nomme un « projet berbériste » qu’il appréhende « sous toutes ses facettes », tout projet impliquant des idées et des hommes. Lorsque l’on sait que ce « projet » rassemble la quasi-totalité des Kabyles, que s’y sont ralliés depuis 1980 les Berbères des Aurès, du M’Zab, les Touaregs et un nombre incalculable d’arabophones, on devine que cette phrase ne promet rien d’autre que l’hécatombe. De la quête de justice à l’apocalypse, n’y aurait-il donc qu’un trait de plume ?

On pourrait dire que ce n’est là que l’expression sans conséquence d’un homme sans profondeur, qui mesure difficilement la portée de ses propos. Il n’en est rien : nous sommes même au cœur de la problématique algérienne. Banaliser le « projet » éradicateur que porte ce texte, c’est laisser le monopole de la réponse à d’autres éradicateurs : c’est précisément cela qui s’est passé durant toute la décennie 1990. C’est ce type de discours ultra-minoritaire qui a permis aux généraux de dénier aux Algériens dans leur intégralité le droit au chapitre, le droit à l’humanité et, mutatis mutandis, le droit à la vie.

En 1995, Jean-Louis Debré alors ministre de l’Intérieur, avait interdit la diffusion en France d’un précédent ouvrage des éditions Hoggar, Livre blanc sur la répression en Algérie, au prétexte qu’il pourrait nuire à l’ordre public. Des ouvrages qui dévoilent l’imposture du régime algérien, qui le démasquent comme le promoteur le plus assidu du terrorisme, sur son sol et à l’étranger, à Paris notamment, n’a donné lieu à aucun écho dans les médias les plus importants en France. Aujourd’hui, les gouvernements qui se succèdent dans ce pays n’ont qu’une hantise, empêcher la parole des opposants algériens d’atteindre les mass media, car ils risqueraient de dire des vérités qui ébranleraient le régime français. Tout cela procède d’un a priori, qui est le prolongement même des crimes qui se commettent quotidiennement en Algérie, selon lequel il est préférable de museler les Algériens (à n’importe quel prix) sans quoi ils ne proféreraient que fiel et diffuseraient des idées contraires aux valeurs universelles. Dans les faits, il s’agit d’une omerta sans raison officielle avouable à laquelle ces propos offrent une justification.

Paradoxalement, la publication de ces propos, pour inacceptables qu’ils soient, est salutaire. Car c’est dans des silences – imposés par les armes ou consentis par lâcheté, par calcul mesquin ou par hypocrisie – que s’engouffrent toutes les impostures, toutes les spoliations, les crimes contre l’humanité. C’est d’avoir omis de se saisir des débats le concernant au premier chef que le peuple algérien a été spolié de question essentielles qui auraient pu lui permettre de s’affranchir du joug tyrannique après 1988. Bon nombre d’intellectuels, algériens ou non, quoique hostiles à la junte militaire, ne voyaient pas d’un mauvais œil l’intervention des généraux en janvier 1992. C’était une façon comme une autre de les laisser faire le sale boulot, quitte à intervenir plus tard pour reprendre l’initiative – ils oubliaient que les tyrans n’ont pas pour habitude de renoncer volontiers à leur pouvoir mais plutôt à tout faire pour le consolider. Cette même hypocrisie vaut dans bien des domaines (c’est d’ailleurs cela qui fait que des choses si simples sur l’Algérie paraissent si compliquées) : celui qui a trait à l’identité plurielle des Algériens n’échappe pas à cette règle. Combien d’intellectuels arabophones jugent que la dictature a au moins cela de salutaire qu’elle empêche les Kabyles de « nuire » à l’idée qu’ils se font de l’identité algérienne : arabe, bien entendu. Aujourd’hui encore, c’est cet abandon consenti qui permet que soit menée une campagne de démantèlement du pays, par une sorte de contrat consenti et renouvelé par tacite reconduction.

L’opinion de Benaïssa constitue-t-elle la partie émergée d’une opinion largement répandue dans le milieu islamiste ? On l’ignore. Monsieur Benaïssa a au moins le mérite de l’exprimer, de l’assumer. Il offre ainsi l’occasion de quelques clarifications. Nul avenir viable n’est en effet concevable qui se fonde sur des non-dits, sur des déclarations et des révélations faites sous cape, en aparté ou sous le sceau de l’anonymat ; c’est une qualité qui se fait rare que d’assumer ses idées, les idées claires ayant cette inévitable et fâcheuse tendance à contrarier les extrémistes de tous les bords, à faire le lit d’intérêts occultes qui ne peuvent s’accommoder de la transparence. Voilà pour l’aspect positif, car, pour tout le reste…

Tout est dans l’art grotesque de la confusion, de l’amalgame, de la manipulation. En se dissimulant derrière des extraits du Coran prônant la tolérance, l’amour, le pardon, la justice, l’auteur s’en prend ainsi violemment à des cibles qui, regroupées, constitueraient donc bon gré mal gré l’humanité entière, dont personne ne trouverait grâce à ses yeux, toutes vouées à des fins apocalyptiques.

D’abord le raccourci qui consiste à prêter des projets fantoches à la France, sans nuance, sans la moindre précision. Dans cette dialectique, ce seul mot, « France », condamnerait donc 62 millions d’individus, parmi lesquels des millions de nourrissons, sans distinction de race ni de religion, de sexe ou d’âge, de convictions politiques ou philosophiques. Entre la collusion attestée avec le régime militaire algérien d’une minorité agissante – constituée d’hommes politiques, médiatiques et des acteurs économiques sans scrupule largement identifiés – et la France faite d’un peuple qui n’est en rien concerné par ces dérives, qui paye lui-même la facture de cette collaboration honteuse, en en sacrifiant le tribut humain (attentats de Paris), social et économique (les dividendes financiers de cette prédation ne profitant en rien au peuple français), il y a une marge que la décence interdit de franchir. Mais les millions de Français qui ne portent aucune responsabilité dans ce drame et, parmi eux, les milliers qui, par leur action, par leurs écrits ou par leurs prises de positions honorent la France – notamment tous ceux qui contribuent à faire connaître la vérité sur les crimes dont les islamistes même ont été la cible –, sont une réponse éclatante contre de si légères accusations.

La francophobie procède du même délire mental et du vice intéressé que l’islamophobie qui couvre les spoliations qui fondent le nouvel ordre international. C’est le fait d’une minorité qui aliènent les peuples du tiers monde mais aussi les peuples des pays occidentaux. C’est le fait d’une minorité que les manifestations monstres à Paris, Berlin, Rome, Madrid ou Londres dénoncent sans ambiguïté.

Le second amalgame consiste à passer du « je » à un « nous » indéfini, subrepticement, sans transition. Qui est « nous » ? Ceux qui se sont exprimés dans ce livre collectif ? Englobe-t-il tous les militants islamistes et, plus encore, tous les sympathisants du FIS ? S’agit-il même des Algériens dans leur intégralité ? Ce texte qui prétend condamner les pratiques meurtrières du régime en assume tous les relents totalitaires.

C’est par ce procédé manipulatoire d’un « nous » anonyme que le DRS a manipulé la mouvance islamiste – qui a délégué à des charlatans le soin de sa propre communication – pendant une décennie : les conséquences ne sont pas anodines. L’heure est venue pour tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans ces propos qui les engage de l’exprimer publiquement ; les canaux pour le faire ne manquent plus à l’ère d’Internet. Car la nature dit-on a horreur du vide et le vide laissé par des élites assassinées (physiquement ou intellectuellement) attire décidément l’ignorance « magnifique » et des projets morbides.

Contributeur dans cet ouvrage, je vais quant à moi répondre sur l’aspect « berbériste gréco-latin francophile » de cette intervention – toutes qualifications que j’endosse sans réticence –, voué semble-t-il à une mort certaine. Car le « nous » dont Benaïssa se fait le porte-parole ne s’est donné aucune frontière puisque, bien au-delà du champ religieux, il induit aussi les Berbères dans leur intégralité.

D’abord, les Berbères n’ont jamais affirmé être en « quête identitaire » ; ils savent parfaitement qui ils sont : des Berbères. Leur combat n’est pas de se découvrir mais de se débarrasser des entraves qui les empêchent de vivre en conformité avec cette culture, cette langue, ce mode de vie, qu’ils n’ont jamais perdus, valeurs qu’ils allient fort bien avec le respect d’autrui, avec la générosité, toutes valeurs millénaires que l’islam tolérant qu’ils ont fait leur n’a jamais démenties.

Il faudrait un ouvrage entier pour traiter toute cette question mais un infime résumé d’histoire récente s’impose. Ce sont notamment des berbéristes qui, depuis les années 1930, ont pris leur destin en main contre la colonisation et qui ont mûri le projet qui a abouti à l’indépendance en 1962, indépendance qui a été confisquée par des hommes qui ont tenu un discours qui est l’exacte réplique de celui de Monsieur Benaïssa. Ce sont des berbéristes qui, en 1949, se sont rebellés contre le despotisme de Messali Hadj dont l’étroitesse de vue et les penchants totalitaires ont contribué à écarter du commandement de la révolution ce que l’Algérie avait alors de plus instruit, de plus attaché à la dignité et à la liberté, laissant le champ libre à des comploteurs qui sont à l’œuvre aujourd’hui (en uniformes et armés, c’est plus commode, contre des gens qui ne proposent que des idées). Ce sont des berbéristes qui, durant tout le règne de Boumediene, l’ont défié, de façon active au sein de l’université algérienne, sinon par leur rejet ostensible d’un système qu’ils abhorraient. Ce sont les berbéristes qui ont été à l’origine du Printemps berbère, en avril 1980, qui a sorti le pays de la peur. Les berbéristes ont depuis mené un combat transparent, celui de la démocratie et du respect des cultures algériennes, berbérophone et arabophone, du respect de la pluralité. Ce sont des berbéristes qui, dès 1985, voyant certains de leurs anciens camarades dériver, les ont dénoncés dès les premiers instants, qui, en 1988 – alors que l’univers entier tombait tête baissée dans la manipulation –, ont éventé leurs projets de collusion avec le régime dont ils pressentaient toute la vénalité. Ce sont des berbéristes qui, durant toute la décennie 1990, ont empêché (sans tambours ni trompettes) la Kabylie de sombrer dans la manipulation et préservé l’Algérie d’une guerre civile qui aurait bien convenu à ce régime terroriste. Ce sont les berbéristes qui ont empêché la militarisation de la Kabylie et constitué un rempart contre le projet assumé des généraux de « barbarisation » du pays. Ce sont des berbéristes qui, durant toute cette période, se sont abstenus de participer aux simulacres de vie politique et les berbéristes seront là pour porter haut les idées de liberté, aussi longtemps qu’il le faudra.

À ce projet porteur de liberté, d’épanouissement, de justice sociale, de tolérance, de vie qu’ont mené sans relâche les « berbéristes », Benaïssa répond par un texte effrayant. En une phrase, il résume l’idée assénée depuis 1962 par les dirigeants algériens à l’égard des Berbères : « Vous pouvez à la rigueur parler votre patois chez vous, mais il est exclu d’en faire une langue officielle. » L’expression « berbériste gréco-latin » qui sonne comme une injure dans ce discours a trait, pour les non-initiés – au mode de transcription sur lequel se sont mis d’accord l’ensemble des spécialistes de linguistique et de lettres berbères. Voilà plus de soixante ans que des hommes respectables, des universitaires compétents, des personnalités engagées, au rang desquelles Mouloud Mammeri, planchent sur la question, loin de toute démagogie et d’instinct de violence, en tenant compte de tous les facteurs scientifiques, économiques, culturels, en dépit du danger, au mépris des interdits, pour s’accorder finalement sur un mode de transcription aux vertus multiples.

Leurs résultats constituent une avancée en ce sens que ce choix autonome, délibéré, affranchi, échappe à la colonisation des esprits et des moyens. Elle permet à cette langue et à sa culture de combler sans effort un retard que lui ont imposé les colonisations successives. Elle permet d’échapper aux tutelles anciennes, présentes et futures – c’est sans doute la seule expérience d’espèce réussie – qui n’ont qu’une idée : réduire, satelliser, corrompre, anéantir.

C’est une avancée, face aux « fondamentalistes » de la langue qui préconisent le maintien exclusif de la transcription ancienne, le tifinagh, ce qui limiterait les lettrés à quelques centaines de personnes en comptant large. C’est une avancée, face aux dictateurs qui dénient aux Algériens le libre arbitre, qui concèdent par « apaisement » la reconnaissance de l’« existence » des Berbère, à qui ils concèdent une transcription, mais en caractères arabes. Pour eux, le berbère ne peut au mieux qu’être une sorte d’excroissance de la culture officielle. Ces adeptes de l’écriture arabe ne comptent évidemment pas initier une quelconque production dans ce mode de transcription, ils ne font que s’ériger en instance tutélaire, en dictateurs d’une linguistique dont ils ne veulent de toute façon pas, qu’ils tolèrent provisoirement, les Berbères qui accepteraient de s’y souscrire apportant là la preuve de leur allégeance à ces puissants, dans un cheminement qui ne sert qu’à amortir le choc vers une disparition inéluctable de cette culture. C’est bien sûr une avancée – qui laisse toute latitude à quiconque de lui préférer l’arabe, le français, le hébreu ou le peul – face aux adeptes « d’une langue que nous chérissons [...] et conservons au bout de nos lèvres et au fond de nos cœurs, en lui réservant le monopole dans nos foyers », c’est-à-dire une langue « morte ».

Les intellectuels et les scientifiques berbères ont choisi quant à eux une approche rationnelle, débarrassée des entraves idéologiques et des tabous stérilisants. Leur approche, sans se prétendre exclusive, a abouti à l’élaboration d’un mode de transcription fondé sur les caractères latins, auxquels s’ajoutent quelque signe diacritiques et deux caractère grecs, le gamma et l’epsilon pour des sons spécifiques. Les scientifiques ont cette particularité qu’ils se donnent les moyens qu’ils jugent les plus efficaces, charge à la population ensuite de les assimiler ou de les rejeter. C’est notamment ainsi que les occidentaux ont adopté les caractères arabes en numération, et les exploitent depuis si longtemps qu’ils sont devenus les leurs sans que l’on puisse suspecter leur esprit d’être contaminé ni en matière de religion, ni philosophique ni politique par cet emprunt arabe.

C’est ce « projet » que toute une société – « sous toutes ses facettes (scientifiques, militants, simples citoyens, hommes, femmes) – a façonné, dans des conditions très difficiles, que Benaïssa projette de vouer à la « mort », par une sorte de logique dont personne ne connaît les subtilités et que chacun, semble-t-il, devra tenir pour acquise : c’est cela le totalitarisme.

Reste à savoir qui peut tirer les dividendes de ce texte. L’islam ? On peut en douter lorsqu’on s’aperçoit que l’auteur, en s’appuyant sur des extraits du Coran choisis parmi les plus humanistes, secrète un projet qui se résume à faire « mourir ». Les victimes du terrorisme ? L’auteur n’en fait quasi pas référence. Les algériens en exil ? Non, puisqu’il se fait le prolongement du discours xénophobe de certains Français. Aux Algériens en Algérie ? On chercherait en vain à déceler dans le texte la moindre mention de quelque merci à l’égard de ce peuple ? À qui alors ? Il donne raison à tous ceux qui affirment que les Algériens sont indignes de liberté, indignes de débat, indignes de pouvoir, indignes de culture quelle qu’elle soit, indignes du statut même d’humains : le DRS ! La révo(manipu)lation continue…

Lounis Aggoun
Paris, le 11 juin 2005

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معالم المبادرة السياسية للخروج من الأزمة السياسي

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

معالم المبادرة السياسية للخروج من الأزمة السياسية

علي بن حاج

الحمد لله الذي أرشد عباده المؤمنين إلى المخرج الشرعي عند كل شجار أو تنازع فقال جل وعلا « فإن تنازعتم في شئ، فردّوه إلى الله والرّسول إن كنتم تؤمنون بالله واليوم الآخر، ذلك خير وأحسن تأويلا » والصلاة والسلام على أشرف المرسلين الذي أمر بالتمسك بسنته ونهج الراشدين عند كثرة الإختلاف والأهواء فقال « فإنّه من يعش منكم فسيرى اختلافا كثيرا، فعليكم بسنّتي وسنّة الخلفاء الرّاشدين المهديين من بعدي، عضّوا عليها بالنواجد، وإياكم ومحدثات الأمور… » وعلى آله وصحبه أجمعين الذين تعلموا من الرسول الأكرم أن المخرج من كل المحن والفتن هو العودة إلى تحكيم كتاب الله، من حكم به عدل، ومن تركه من جبار قصمه الله، ومن ابتغى الهدى في غيره أضله الله. أما بعد، السلام عليكم ورحمة الله وبركاته، في ظل الإنسداد والتأزم السياسي وفشل السياسات والحلول الانفرادية المنتهجة من النظام السياسي منذ الإنقلاب على الشرعية في 11 جانفي 1992، وايقاف المسار الإنتخابي، وتعطيل جميع المؤسسات الدستورية –الرئاسة والمجلس الشعبي الوطني والمجالس المحلية والولائية- وما نجم عن ذلك من مظالم فظيعة ومآسي بالغة السوء يعرفها العام والخاص، وفي ظل تجاهل النصائح والإقتراحات والمبادرات الفردية والجماعية التي تقدم بها شخصيات تاريخية ووطنية وسياسية وثقافية وعلمية ودعوية مرموقة وقادة أحزاب سياسية ذات تمثيل شعبي وتجذر اجتماعي ووزن سياسي، غير أن قمة التجاهل الدال على النظرة الاحتقارية والدونية للشعب وعدم المبالاة به من طرف النظام السياسي الفاقد للشرعية والقائمين عليه تجاهل الرسائل والدوافع الشعبية الكامنة وراء تلك المقاطعة الهائلة، وغير المسبوقة في تاريخ البلاد منذ الاستقلال مما يفقد المجلس الوطني الشعبي الشرعية التمثيلة والسياسية.

ونظرا لما سبق ذكره، كان لزاما –شرعيا وسياسيا وأخلاقيا- على قادة الجبهة الإسلامية للإنقاذ الأوفياء لمشروعها وتضحيات رجالها طرح مبادرة سياسية كمخرج للخروج من الأزمة السياسية والإجتماعية والإقتصادية وايقاف التدهور الأمني بعد أن بلغ الفساد والإفساد السياسي مداه وتصاعد حركات الإحتجاج والتململ الشعبي على أكثر من صعيد، مما ينذر بالخطر إن لم يستدرك على عجل.

أما معالم وكليات المبادرة السياسية التي نراها كفيلة بالخروج من الأزمة السياسية الخانقة فيمكن تلخيصها فيما يلي، وهي صالحة للإثراء والتعديل والتطوير من طرف الجميع، سلطة ومعارضة وقادة الفكر والعلم من خلال عقد مؤتمر أو ندوة وطنية تعقد لهذا الغرض النبيل.

أولا: الإصلاح السياسي:

مما لا شك فيه أن كل الإصلاحات مآلها الفشل والواقع أكبر شاهد على ذلك ما لم نتجه بكل شجاعة رأسا إلى إحداث إصلاح سياسي شامل ولكن لب الإصلاح السياسي الهادف يتمثل في الإصلاح الدستوري الشامل والعميق وليس مجرد تعديلات جزئية لا تسمن ولا تغني من جوع، إن الإصلاح الدستوري وهو ذلك الذي يضع بكل دقة ووضوح قواعد النظام السياسي الذي يرد للشعب حريته، وكرامته، وحقه في التمتع بخيرات بلاده، وحقه في اختيار ممثليه بكل حرية بعيدا عن الضغط والإكراه والتزوير بجميع أشكاله، كما يعيد للشعب سيادته داخليا وخارجيا بعيدا عن اكراهات الداخل، وهيمنة الخارج، كما يرسم بدقة الصلاحيات والمسؤوليات ويجعل حدا للتداخل بين الصلاحيات والسلطات والمؤسسات ويفصل بوضوح في النظام الأنسب بين الرئاسي والبرلماني، ولن ينجح الإصلاح الدستوري الشامل إلا عن طريق مجلس تأسيسي منتخب، أمّا الجري وراء التعديلات الظرفية المزاجية ذات الطابع السلطوي الإستبدادي الذي يوسّع صلاحيات الرئيس ويضيّق حقوق الشعب وحرياته الأساسية فلن تجدي نفعا، ولن يعود على الشعب بأي خير، ولن تستفيد منه إلا السلطة الخفية الفعلية النافذة.

ثانيا: الدعوة إلى عقد مؤتمر أو ندوة وطنية:

إن الهدف من وراء عقد المؤتمر أو الندوة الوطنية لجميع الأطراف الفاعلة في الساحة السياسية دون اقصاء أوتهميش تهدف بالدرجة الأولى إلى دراسة أسباب الأزمة، ومراحل تطورها، وسبل ووسائل الخروج منها، وفتح حوار حقيقي وجاد يقلع جذور الأزمة من أصولها، وتحقيق مصالحة حقيقية بعد الفشل الذريع لقانون السلم والمصالحة الأحادي الجانب القائم على الإقصاء وتجريم من عمل داخل الشرعية ومنح الحصانة لمن انقلب على الشرعية الشعبية الدستورية والخروج بقواسم مشتركة يتعهد الجميع باحترامها، والتزامها سلطة ومعارضة مما يرسخ الوحدة الوطنية وممارسة التعددية الحقيقية لا الزائفة الشكلية واستعادة السلم والأمن السياسي والإجتماعي والنفسي، مما يعيد للشعب عامة والشباب خاصة الأمل في مستقبل زاهر كما يعيد للجزائر مكانتها الدولية بعد الإنحسار الديبلوماسي المريع وتراجعها في مناصرة القضايا العادلة في العالم العربي والعالم الإسلامي، ومن الأليق أن ينبثق عن المؤتمر أو الندوة الوطنية لجان لمعالجة كل من جوانب الأزمة السياسية الإجتماعية والإقتصادية والأمنية والثقافية.

ثالثا: حل المجلس الوطني الشعبي:

بعد القيام بالإصلاح السياسي المنشود وعلى رأسه الإصلاح الدستوري بالطريقة السالفة الذكر لا بد من حل المجلس الوطني الشعبي لأنه فاقد للشرعية التمثيلية والسياسية، والكل يعلم أن السلطة الفعلية قد قامت بإلغاء الانتخابات التشريعية التي فازت بها الجبهة الإسلامية للإنقاذ، بل وقامت بالانقلاب على المؤسسات الدستورية في جانفي 1992 بدعوى أن الجبهة الإسلامية للإنقاذ لم تحصل إلا على 3260222 صوتا من أصل 13258554 ناخبا وهذه النسبة في نظرهم لا تمثل الشعب حق التمثيل رغم أن نسبة المشاركة كانت 59% وحصلت الجبهة الإسلامية للإنقاذ على 47% منها في الدور الأول ولا بأس أن نعقد مقارنة بين نتائج 11جانفي 1992 ونتائج 17 ماي 2007 ليظهر الصبح لذي عينين، لقد حصل الائتلاف الثلاثي المساند للسلطة الفعلية على 2459100 ناخبا من أصل 18760400 أي بنسبة 10/13، بينما حصلت الجبهات الثلاث التي تمثل عمق الشعب الجزائري بمختلف تياراته السياسية الكبرى والتي أصرت على ضرورة مواصلة المسار الانتخابي على 5383830 صوت من أصل 13258554 ناخب أي بنسبة 40،60% في الدور الأول، فأي التشريعات الأحق بالإلغاء « مالكم كيف تحكمون » !!؟ وأغلب النواب يمثلون السلطة ولا يمثلون الشعب والأدهى أن الذين فازوا في الإنتخابات فتحت لهم المحتشدات والسجون والذين سقطوا في امتحان الصندوق أعطيت لهم مناصب سياسية على مؤسسات الدولة!!! ولذاك نطالب بحل المجلس الوطني الشعبي على غرار حل المجالس البلدية والولائية لـ 06 ولايات استجابة لأرضية القصر الصادرة عن حركة العروش رغم فقدانها للشرعية الدستورية والقانونية!!! ولا يمكن لبرلمان فاقد الشرعية التمثيلية والسياسية وبتلك النسبة المتدنية أن يشرّع في أمهات القضايا المصيرية للشعب لسبب بسيط لدى العقلاء، ذلك لأن السيادة الشعبية لا يمكن أن تمارس بالتزوير والإقصاء وفي ظل حالة الطوارئ وبرلمان هذا حاله غير مؤهل لتغيير أو تعديل الدستور، فالشعب ليس قطيعا يساق كيفما اتفق.

رابعا: موعد إجراء الانتخابات المحلية :

إجراء الانتخابات المحلية بعد القيام بالإصلاح السياسي والدستوري الهادف وصياغة قانون دقيق للبلدية والولاية يهدف لأن يكون رئيس البلدية أشبه برئيس جمهورية مصغر على أرض بلديته ويتمتع بصلاحيات حقيقية وليس مجرد موظف سامي لا يتصرف إلا في الأمور التافهة التي لا تخدم المواطن ولا تعود عليه بأي نفع مادي أو معنوي كما هو مشاهد في معظم بلديات القطر مما جعل البلديات أشبه بأوكار فساد رسمية، فلا بد من قانون جديد يحرر رئيس البلدية من كل ألوان الضغوط الفوقية التي تجمد نشاطه نتيجة تنازع الصلاحيات مما يعطل مشاريع البلدية التي على أساسها انتخب رئيس البلدية شعبيا.

خامسا: الإجراءات التي ينبغي اتخاذها :

من أجل إحداث انفراج سياسي حقيقي لا بد من اتخاذ إجراءات تساهم مساهمة فعالة في تهيئة الأجواء النفسية والسياسية والأمنية وتمهد لعقد مؤتمر أو ندوة وطنية تحقق ما سبق ذكره من وجوه الإصلاح السياسي الشامل وترفع المعاناة التي يتخبط فيها ضحايا الأزمة ويمكن تصنيف الإجراءات إلى ما يلي:

أ-إجراءات سياسية:

ب.إجراءات ذات طابع إنساني اجتماعي:

ج. إجراءات للانفراج الأمني

سادسا: دعوة الرئيس لتجسيد معالم المبادرة :

تلك هي أهم معالم المبادرة السياسية التي نتقدم بها إلى رئيس الجمهورية بحكم أنه يمثل السلطة الرسمية ولما يتمتع به من صلاحيات دستورية تخوله اتخاذ الإجراءات اللازمة للخروج من الأزمة السياسية التي تنذر بالخطر على أكثر من صعيد، كل هذا نفعله نصحا، وإعذارا أمام الله تعالى، ولأن صاحب السلطة أولى وأقدر على تجسيد المبادرات ممن لا يملك إلا قوة الطرح وأن الله يزع بالسلطان ما يزغ بالقرآن، ولوكنا نحن في سدة الحكم لما تخلفنا عن تجسيد هذه المبادرة التي نراها كفيلة للخروج من الأزمة واستعادة الجزائر عافيتها على أكثر من صعيد، على رئيس الجمهورية إلى استدراك تفاقم الأزمة السياسية بنفسه عشية ذكرى عيد الاستقلال الخامس والأربعين، فيعمل بجد على عقد مؤتمر أو ندوة وطنية تتشكل من الشخصيات التاريخية والوطنية وقادة الأحزاب السياسية بما في ذلك قادة الجبهة الإسلامية للإنقاذ ورجال العلم والفكر والدعوة والثقافة ورجال الإعلام النزهاء المستقلين للخروج بأرضية مشتركة تكون المنطلق الحقيقي للخروج من الأزمة السياسية التي إن لم تعالج بسرعة وحكمة وشجاعة سياسية، يوشك أن يؤدي إلى الانفجار لا سمح الله تعالى، وأن يسرع بتشكيل حكومة إنقاذ وطنية مشكلة من جميع التيارات السياسية والدعوة إلى انتخاب مجلس تأسيسي لوضع دستور جديد يحدد بدقة معالم النظام السياسي الذي يعيد للشعب مكانته، وعزته، وكرامته، داخليا وخارجيا بعيدا عن التلاعب والمخادعة والانفراد باتخاذ القرار السياسي.

وأخيرا نرجو من الله تعالى أن لا تتعامل السلطة مع هذه المبادرة القابلة للتطوير والتعديل وإثراء كسابقتها منذ اندلاع الأزمة في 1992، ومهما يكن أمر، فقد عزمنا بحول الله وقوته على مواصلة الدفاع عن حقوقنا السياسية والدستورية والإنسانية بكل الطرق المشروعة، ولنا -بحمد الله تعالى- في الجعبة أكثر من بديل وطرح وصدق الله العظيم إذ يقول « ولا تهنوا، ولا تحزنوا، وأنتم الأعلون إن كنتم مؤمنين ».

نسأل الله تعالى السداد والثبات وحسن الخاتمة، أمين.
والسلام عليكم ورحمة الله وبركاته.

علي بن حاج

الجزائر يوم الأحد 15 جمادى الثاني 1428هـ
الموافق لـ: 01 جويلية 2007
1.رفع حالة الطوارئ وفتح المجال السياسي والإعلامي والدعوي والخيري واعتماد الأحزاب المعارضة المستقلة عن السلطة وكذا الجمعيات الخيرية، وأن يكون الاعتماد بمجرد الإخطار لا الترخيص لأن الحريات العامة ومنها حرية التعبير لا تحتاج إلى ترخيص. 2.رفع الحظر على نحو 39 تشكيلية سياسية حلت بعد قانون الأحزاب الإقصائي 6 مارس 1997 والذي يمنح وزارة الداخلية صلاحيات فوق الدستور وفي مقدمة الأحزاب التي يجب رفع الحظر عليها الجبهة الإسلامية للإنقاذ التي فازت مرتين في إطار الشرعية الدستورية وبإشراف السلطة ذاتها وأن تكون الأحزاب حرة في اختيار مرجعيتها الفكرية والسياسية دون تدخل من السلطة التي تسعى لترويضها وتدجينها وتطويعها، فالسلطة ليست مخولة لتحديد مرجعيات الأحزاب أو تقيد الحريات العامة والحقوق الأساسية للمواطنين وشتان بين التنظيم والتقيد والتدخل. 3.رفع الممنوعات عن شريحة كبيرة من المواطنين الذين سلبت حقوقهم السياسية والاجتماعية والمدنية وحق اللاجئين السياسيين في العودة إلى أرض الوطن وتمتعهم بسائر حقوقهم المشروعة دون منّة أو تزلف أو إكراه معنوي أو مادي. 4.رفع الوصاية عن الإعلام الوطني بعيدا عن تهديدات مراكز النفوذ ومجموعات الضغط التي تريد أن تجعل من رجل الإعلام مجرد مرتزق أو كاتب ضبط أو ناطقين باسم السلطة الفعلية الخفية، وإيقاف العمل بالقوانين القمعية المسلطة على رجال الإعلام ورفع الحظر على الجرائد المعلقة. 5.ايقاف العمل بالقوانين والإجراءات القمعية المهنية المسلطة على الإئمة والتي تجعل من الإمام مجرد موظف تابع للسلطة، وليس داعية صاحب رسالة شريفة تقوم على التزكية والتعليم والإرشاد والنصح والصدع بكلمة الحق دون خوف من راع أو رعية. 1.إعادة إدماج العمال المطرودين بسبب أرائهم وقناعاتهم السياسية. 2.تسوية الأوضاع الاجتماعية لكل المسلحين الذين نزلوا من الجبال في إطار قانون الوئام المدني لسنة 1999 والذين مازال أغلبهم يعانون من التهميش والفاقة والعوز هم وعوائلهم، مما يدل على فشل قانون الوئام المدني الغامض الذي لم يطبق منه سوى 5%. 3.استدراك الثغرات الميدانية التي شوهت وعطلت البنود الخاصة برد الحقوق الاجتماعية والمدنية لشريحة كبيرة من المواطنين من قانون السلم والمصالحة رغم اعتراضنا عليه في جوانب كثيرة بالغة الخطورة. 4.الكشف عن مصير المختطفين والمفقودين وإطلاق سراح من هو على قيد الحياة والكشف عن أماكن رفات من توفي منهم، والتعويض المعنوي والمادي لعوائلهم المكلومة والتي تعاني من آلام وصدمات نفسية عميقة ومعاناة اجتماعية مريعة. 5.إطلاق سراح كافة مساجين الأزمة وإعادة إدماجهم في المجتمع مما يحفظ لهم كرامتهم وإنسانيتهم. 6.التكفل بضحايا المأساة الوطنية دون تمييز أو انتقاء وفي مقدمة الضحايا الأطفال والنساء والأرامل وأصحاب الإعاقة لتجنب ردود فعل غير منتظرة مستقبلا. 1.التحقيق في جرائم الاغتيال السياسي الذي طال شخصيات سياسية من مختلف التيارات السياسية وكذا التحقيق في الجرائم الغامضة داخل السجون وخارجها وإنشاء لجنة وطنية منبثقة عن المؤتمر أو الندوة الوطنية من أجل العدالة والكشف عن الحقيقة وتحقيق المصالحة الحقيقية والعفو الشامل. 2.إيقاف جميع المتابعات القضائية والأمنية وإيقاف المداهمات والاعتقالات العشوائية القائمة على التعسف في استخدام السلطة والوشاية وتصفية الحسابات. 3.على القيادات العليا للأجهزة الأمنية المختلفة أن لا تتعامل مع قواتها الأمنية كأنها مجرد مرتزقة أو دروع بشرية في خدمة مصالح خاصة مشبوهة لا تمت إلى خدمة المصالح العليا للبلاد بصلة، فأغلب القيادات الأمنية العليا في العالم العربي والإسلامي أصبحت في خدمة المافيا السياسية والمالية لبرونات الفساد والإفساد. 4.فتح حوار حقيقي وجاد لا مع السياسيين فقط، بل مع حاملي السلاح لمعرفة مختلف الدوافع والمظالم التي دفعت بهم لحمل السلاح، ولقد علمنا التاريخ القديم والحديث أن جميع النزاعات المسلحة الداخلية والخارجية انتهت بحلول سياسية، والحل الأمني لا يمكن أن يكون بديلا عن الحل السياسي، وإننا لنعجب أشد العجب من أن هناك نزاعات مسلحة داخلية وخارجية، اندلعت بعد إيقاف المسار الانتخابي في 1992 في بلدان كثيرة وجدت حلولا سياسية حقيقية وبمشاركة حاملي السلاح مما سمح لهم بممارسة حقوقهم السياسية والدعوية والخيرية والإعلامية والأمثلة على ذلك كثيرة في العالم العربي والغربي، بل وجدنا بعض قادة العمل المسلح تولوا مناصب سياسية مرموقة، أما النظام السياسي الجزائري، مازال يتخبط في أزمته إلى يوم الناس هذا، فلا حول ولا قوة إلا بالله، لأن الحلول المطروحة كانت دوما انفرادية، أحادية، إقصائية من إملاء السلطة الفعلية النافذة فضلا على أنها مغشوشة لا صدق فيها ولا إخلاص.



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واجب المقاومة

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009




صلاح الدين سيدهم   

إن الحقيقة الثابتة هي أنه عندما يستولي ويتحكم مغتصبون في قدر أمة، فإنهم لا يستطيعون البقاء في سدة الحكم إلا بالأساليب الغير الأخلاقية، المضللة والمفسدة.


ليس لهذه السلطة الغير الشرعية من خيار لفرض نفسها على الشعب إلا الاستيلاء على كل أوصاف الشرعية وهذا بعد إفراغها من محتواها فتكون كقوقعة فارغة، والهدف من هذا كله هو أن تخدمه هذه الواجهات وتخدم مصالحه بدلا من مصالح الأمة، مع المجازفة بإمكانية تخريب روح هذه الأمة وتماسكها وكذلك مبادئ العدل والمساواة أمام القانون الذين هما أساس تواجدها وضمان استمرارها.

إن مثل هذه الحالة لا يمكن أن تتطور مع مرور الزمن إلا نحو الأسوأ، وهذا هو الواقع الذي لا مفر منه، مهما كانت حجم الثروات الطبيعية للبلاد، أو الخطابات الرنانة والمضللة التي تمجد انتصارات السلطة.

وقد استطعنا التأكد من هذا الواقع، عندما ارتفع سعر البترول إلى مستويات قياسية وسمحت لبلدنا الحصول على مداخيل غير متوقعة. كل هذه الثروات التي كان بإمكانها التخفيف من بؤس وشقاء أكثرنا احتياجا، وتضع آليات لنهضة اقتصادية، ولكنها لم يكن لها من أثر إلا الزيادة من جشع الأقلية الحاكمة، ووضع خطط شبه اقتصادية، مرتجلة وباهظة التكاليف، ولم يكن لها من نتيجة إلا مثل تأثير الجراحة في ساق خشبية.

كان بإمكان كل هذه الأموال الغير منتظرة، أن ترجعنا إلى تسيير عقلاني وراشد لبلدنا، لأن هذه الأموال الضخمة كانت كافية لنهضة اقتصادية حقيقية، وبدلا من ذلك استعلمت وبدون حساب، لتجعل من بلدنا بازارا كبيرا للخردة، حيث أطلق العنان للاستهلاك الفاحش المبالغ فيه، الذي لا يستفيد منه إلا بارونات النظام.

اليوم وقبيل « الانتخابات » الرئاسية، التي تذكرنا بالعهد الستاليني والتي تحضر حسب الطريقة الفلكلورية المعروفة، والتي يجب أن يحمر منها خجلا بارونات النظام، هذا إذا بقيت لديهم ذرة حياء، وصرنا نرى تبذير أموال الشعب لغايات ديماغوجية وشعبوية، وفي نفس الوقت تنهب الأقلية الحاكمة وفروعها المافيوية كل ثرواتنا. ونلاحظ اليوم أن هذه السلطة الغير الشرعية وحتى لو انسلخت من جلدها وغيرت وجهها العدد الذي يلزمها من المرات، هي في طريقها كي تهوي بنا إلى وضع لا نستطيع الخروج منه أبدا، خاصة إذا تطورت الظروف الاقتصادية الحالية إلى الأسوأ. إنها سياسة الهروب إلى الأمام- والتي تعتبر انتحارية للبلاد- لنظام في مرحلته النهائية.

لا نستطيع أن نبقى متفرجين على انحطاطنا وعلى اغتيال أمّتنا ! و بل ليس لدينا الحق. و ستعتبر جريمة عدم تقديم يد المساعدة لأمة في خطر. أمتنا التي ضحى أوائلنا بأرواحهم من أجلها.

إنّ مقاومة تخريب وطننا هو حق مقدس.

ولا يستطيع أحد أن ينكر علينا هذا الحق.

لأن الجزائر ليست ملكية لأحد أو لجماعة. هي ملك للشعب الجزائري، لكل الجزائريين الذين من واجبهم المحافظة عليها من كل الأخطار.

حان الوقت لإنهاء الثرثرة والأحاديث المملّة، والعقيمة و في غرق أنفسنا في الشقاقات والاختلافات المعوقة، حان الوقت لطرح المشاكل الحقيقية ولإيجاد الحلول الصحيحة و الواقعية.

يجب أن تعود السلطة للشعب، وللشعب فقط. بدون أية ألاعيب أو حيل أو استغلال دنيء، يجب أن يرجع النهر المحوّل إلى مجراه ! نهر الكرامة الذي روي بدماء الكثير من أهالينا. ويبقى التغيير الجذري والسلمي للنظام السياسي هو الحل الوحيد لإنهاء أزمة الشرعية للسلطة المستمرة منذ 62.

حان الوقت لمبادرة سياسية، مبادرة سلمية وسياسية خالصة. سنوظف كل حقوقنا كمواطنين أحرار، كي ننطلق لإغاثة وطننا. تفرض هذه المبادرة نفسها كبديل ديمقراطي، والتي تضم كل القوات الحية للأمة، دون إقصاء أو احتكار، بعيدا عن أية ديماغوجية أو انتهازية.

الواجب ينادينا!

ليس لدينا الحق في التردد فكيف بالتراجع. لأنه يجب أن نعود إلى الحق وإلى العدالة. إلى جزائر كل الجزائريين، جزائر العدالة و الحرية و الديمقراطية، متأصلة بقيمها الحضارية ومتفتحة تماما على العالم.

وأسمح لنفسي باستعمال أبيات للشاعر أبو القاسم الشابي:

« إذا الشعب يوما أراد الحياة،
فلا بد أن يستجيب القدر،
ولابد لليل أن ينجلي،
ولابد للقيد أن ينكسر.. »

وفّقنا الله و سدّد خطانا.

صلاح الدين سيدهم
الجزائر مارس 2009

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Le devoir de résistance

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

Le devoir de résistance

Salah-Eddine Sidhoum   

Lorsque le destin d’une nation est capté indûment par des usurpateurs, ceux-ci ne peuvent se maintenir à sa tête qu’en usant de procédés immoraux et corrupteurs. C’est une vérité immuable.


Ce pouvoir illégitime n’a d’autre choix, pour s’imposer au peuple, que de s’approprier tous les attributs de la légitimité, en les dénaturant, en en faisant des coquilles vides, des façades de pure forme qui n’ont d’autre finalité que de le servir, aux dépens de la nation, et au risque d’altérer l’esprit même de cette dernière, sa cohésion, et les grands principes de justice et d’égalité devant la loi qui fondent son existence et sa destinée même.


Une telle situation ne peut qu’empirer. C’est une logique inexorable. De jour en jour, et quelles que soient les richesses naturelles du pays et quels que soient les discours triomphalistes et trompeurs du régime.

Nous avons pu mesurer cette logique dans toute son implacable réalité depuis que la flambée des prix des hydrocarbures ont permis à notre pays d’engranger des recettes inespérées. Toute cette richesse, qui aurait pu soulager la misère des plus démunis d’entre nous, et mettre en place des mécanismes rationnels de redressement économique, n’a eu d’autre effet que de décupler la voracité de l’oligarchie, et de servir à des plans pseudo économiques, improvisés et relativement exorbitants, qui n’auront d’autre résultat que ceux d’un cautère sur une jambe de bois.

Cet argent miraculeux, qui aurait pu servir à nous remettre sur la voie d’une gestion rationnelle et raisonnable du pays, puisque ces moyens colossaux étaient suffisants pour une réelle relance économique, a été utilisé, sans compter, pour faire de notre pays un immense bazar, une véritable khourda où la consommation débridée et démagogique en soi, ne profite réellement qu’aux barons du régime.

Aujourd’hui, à la veille des « élections » présidentielles, dignes de l’ère stalinienne et qui se sont préparées dans l’orchestration folklorique que nous savons tous, et qui devraient faire honte aux barons de ce régime, si tant est qu’ils sont susceptibles de ressentir la moindre pudeur, nous assistons à un usage immodéré de l’argent du peuple, à des fins démagogiques et populistes, alors que l’essentiel de nos richesses est pillé par une minorité et ses réseaux mafieux. Nous observons que ce pouvoir illégitime, même s’il a mué autant de fois que cela lui fut nécessaire, est en passe de nous précipiter dans une situation dont nous ne pourrons plus nous tirer, pour peu que la conjoncture économique mondiale s’aggrave un tant soit peu. Il s’agit d’une véritable fuite en avant – suicidaire pour le pays – d’un régime en phase terminale.

Nous ne pouvons plus continuer à assister en spectateurs à notre propre déchéance, et à l’assassinat de notre nation ! Nous n’en avons pas le droit. Ce serait un crime de non assistance à nation en péril. Notre propre nation. Celle pour laquelle nos aînés ont donné leur vie.

La résistance à la destruction de sa propre patrie est un devoir sacré.

Nul ne peut nous en dénier le droit.

Car l’Algérie n’est la propriété de personne, ni d’un quelconque clan. Elle est celle du peuple algérien, de tous les Algériens qui ont le devoir de la prémunir des périls.

Le moment est venu de cesser les palabres stériles et de nous enfoncer dans des zizanies paralysantes. Le moment est venu de poser les vrais problèmes et de trouver les véritables solutions.

Le pouvoir doit revenir au peuple, et au peuple seul. Sans manigances et sans récupérations sordides. Le fleuve détourné doit retrouver son lit ! Ce fleuve de la dignité qui a charrié le sang de tant des nôtres. Et seul un changement radical et pacifique du système politique permettra de régler définitivement la crise de légitimité du pouvoir qui perdure depuis 1962.

Le moment d’une action politique est venu. Une action pacifique et éminemment politique. Nous userons de tous nos droits en tant que citoyens libres, pour voler au secours de notre patrie.

Une action qui s’imposera en alternative démocratique, qui devra fédérer toutes les forces vives de la nation, sans exclusion ni exclusive, loin de toute démagogie et de tout opportunisme.

Le devoir nous appelle !

Nous n’avons pas le droit d’hésiter et encore moins de démériter. Parce que force doit revenir au droit et à la justice.

Pour une Algérie de toutes et de tous, de justice, de liberté et de démocratie, profondément ancrée dans ses valeurs et grandement ouverte sur l’Universel.

Qu’il me soit permis de faire miennes les paroles d’Aboulqacem Achabbi :

« Si le peuple, un jour, aspire à la Vie,
Force est au destin d’y répondre,
Force est aux ténèbres de se retirer,
Et force est au joug de se briser… »

Que Dieu Guide nos pas !

Salah-Eddine Sidhoum
Alger
5 mars 2009

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La force du régime réside en notre faiblesse (4)

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

La force du régime réside en notre faiblesse

Salah-Eddine Sidhoum





Repères : L’Algérie a signé la convention internationale pour la protection contre les disparitions forcées. Est-ce une avancée ?

Salah-Eddine Sidhoum : Non. C’est une BLAGUE !

Repères : Quels sont les mécanismes à mettre en place pour aboutir à un dénouement juste et équitable de la question des disparus ?

Salah-Eddine Sidhoum : Il est vrai que la question des disparitions forcées est une question très sensible. Le régime semble avoir tranché dans sa charte de l’impunité et de la supercherie nationale en les considérant comme morts. J’avais évoqué ce triste sort lors d’une interview à un quotidien il y a deux années de cela, ce qui avait provoqué une réaction chez certaines mères de disparus, réaction entretenue par certaines personnes qui ont fait de ce douloureux problème un fonds de commerce très juteux, plus particulièrement Outre Méditerranée. Je ne suis pas un adepte en politique de l’entretien des illusions, du nifaq et du mensonge. Il faut avoir l’honnêteté et le courage de dire la vérité à son peuple, même si cela vous fait perdre des plumes politiquement. Car notre modeste conception de la politique est d’être franc et servir son peuple et non lui plaire et le desservir.

Je considère en mon âme et conscience que les planificateurs de cette éradication d’une partie de la population ont commis, concernant les victimes de disparitions forcées, un DOUBLE CRIME CONTRE L’HUMANITE. En les enlevant puis en les exécutant sommairement, probablement après d’horribles tortures.

Tôt ou tard, les langues de délieront et la vérité éclatera.

C’est le droit absolu non seulement pour les familles mais aussi pour toute la Nation de savoir qui a planifié et commandité ces enlèvements d’Algériens puis leur exécution sommaire et connaître les lieux secrets où ils ont été ensevelis.

Donc je crois que même si la question des disparitions est délicate, nous ne devons pas la dissocier des autres crimes contre l’Humanité commis durant cette guerre. Et c’est le rôle de la Commission Vérité et Justice d’enquêter sur tout cela et d’éclairer l’opinion publique et la Justice.

Mais encore une fois tout cela ne pourra être réalisé en toute liberté et équité, que lorsque les Algériens se seront définitivement débarrassés de ce régime et posé les jalons de l’Etat de Droit.

Repères : Des militants des droits de l’Homme se plaignent de l’absence d’un cadre de lutte. Votre avis ?

Salah-Eddine Sidhoum : Là aussi il faudrait clarifier les choses. De quels militants des Droits de l’Homme parlez-vous ? De salons ou de terrain ?

Je sais une chose (car j’étais et je suis toujours sur le terrain) : durant la guerre subie par notre peuple, lorsque des dizaines de citoyens étaient enlevés, torturés, exécutés sommairement ou tués dans les coins de rue et à l’époque où des dizaines de têtes sans corps et de corps sans têtes étaient jetés dans les rues, le nombre des militants des droits de l’Homme se comptaient à peine sur les doigts des deux mains. L’occasion se présente pour rappeler le travail admirable fourni par mon frère de lutte, Me Mahmoud Khelili, Rahimahou Allah durant la sale guerre et au prix de sa vie. Un travail qui a permis, en grande partie au monde de connaître la réelle et dramatique situation des droits de l’Homme. Comme cette poignée de militants impénitents, Mahmoud n’avait pas besoin d’un « cadre de lutte » pour déchirer le voile du mensonge et de la désinformation à l’époque de la terreur institutionnalisée. Je reviens là aussi à Vaclav Havel et au forum des 77. Ce forum qui fut initialement une association de défense des droits de l’Homme « non agréée » (pour reprendre la phraséologie officielle algérienne) n’avait comme « cadre de lutte » que la prison et les minuscules appartements de la poignée d’intellectuels tchèques, avant de se transformer en un vaste mouvement politique libérateur du joug communiste.

Il est vrai que maintenant, avec la condamnation par l’opinion publique et les ONG internationales du régime d’Alger pour ses atteintes massives à la Dignité Humaine, ce qui a tempéré un tant soit peu les ardeurs criminelles des exécutants du pouvoir, nous assistons à une prolifération de militants es-droits de l’homme se bousculant aux portillons de certaines officines étrangères plus que suspectes, installées en Algérie, venues leur « apprendre » les « droits de l’Homme » et comment « voter », dans les salons feutrés de certains hôtels algérois !

Le militantisme pour la Dignité Humaine n’est ni une fonction ni un service rendu. C’est un devoir pour tout citoyen d’une manière générale et de tout intellectuel et politique d’une manière particulière. Et il n’a besoin ni de « leçons » particulières ni de « cadre de lutte ». C’est un combat quotidien.

Nos convictions et les valeurs civilisationnelles auxquelles nous croyons, nous ont interpellés, à une période tragique que traversait notre pays, et nous avons pris nos responsabilités. Nous avons été les témoins acharnés des erreurs et des horreurs de ce régime. Et nous avons témoigné de la triste et dramatique réalité algérienne ! Et nous continuerons à témoigner aujourd’hui et demain pour faire éclater la Vérité, toute la vérité sur le drame vécu par notre peuple quel qu’en soit le prix, en faisant nôtre la citation de feu Robert Barrat : « La vérité et la justice ont aujourd’hui besoin de témoins. Des témoins qui sachent au besoin souffrir martyre sans mot dire ».


Salah-Eddine Sidhoum
Repères, Mars 2007

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La force du régime réside en notre faiblesse (3)

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

La force du régime réside en notre faiblesse

Salah-Eddine Sidhoum   





Repères : Le verrouillage des champs politique et médiatique, dans notre pays, est un secret de polichinelle. Mais est-ce que cela suffit pour expliquer le manque de dynamisme au niveau des partis politiques et de la société en général ?

Salah-Eddine Sidhoum : Le début du verrouillage politique et médiatique remonte à l’indépendance et à la prise sanglante du pouvoir par les imposteurs d’Oujda et de Ghardimaou. Il ne date pas du coup d’Etat de janvier 92. Il fait partie de la stratégie de gestion politique du pays pour empêcher toute velléité politique autonome de s’organiser et de s’exprimer. Cela est un fait indéniable.

Il y a aussi ce laminage par la violence, l’intrigue et l’infiltration des partis politiques représentatifs dont nous avons parlé précédemment et leur remplacement par des partis maison corvéables et malléables à merci.

Mais cela est de bonne guerre de la part du régime immoral dont on connaît la nature totalitaire et qui s’agrippe par tous les moyens au pouvoir. A quoi devons-nous nous attendre d’un système aussi véreux ?

Mais à mes yeux, la lâcheté de nos « élites » intellectuelles et politiques est en grande partie, responsable de cette anesthésie politique. C’est ce vide sidéral qui permet à ce pouvoir de se mouvoir avec une aisance déconcertante. En réalité la force du régime réside en notre faiblesse criarde à nous entendre sur des principes démocratiques communs et à nous organiser. Et le dernier drame national l’a éloquemment montré. Nous avons été sidérés par le comportement de nombreux « intellectuels » et « politiques » devant la tragédie de notre peuple. Beaucoup se sont trompés de cible et certains…..de société !

Je cite souvent le cas de la résistance des intellectuels tchécoslovaques et à leur tête Vaclav Havel qui avait à affronter non seulement la redoutable police politique de son pays mais aussi la tristement célèbre machine répressive soviétique. Ces consciences libres et incorruptibles n’ont pas eu peur de faire de la prison et de perdre leurs privilèges sociaux, pour défendre leurs idéaux et servir leur peuple. Ils ont été ces minces lueurs qui ont éclairé leur société plongée dans les ténèbres du totalitarisme communiste qui se sont transformées en une lumière éblouissante, au lendemain de la chute du mur de Berlin, pour la guider sur la voie de la révolution de velours. J’entends déjà des « intellectuels » me dire : « oui, mais la conjoncture internationale était différente ». Tous les prétextes sont bons pour se débiner et se soustraire à la lutte politique !

Avons-nous une élite de cette trempe pour sortir la Nation algérienne des ténèbres de l’imposture politique ? La question reste posée !

Repères : Alors quelle est selon vous, la démarche à suivre pour aider à l’émergence d’une représentation politique et sociale, capable d’engager le pays dans une construction démocratique ?

Salah-Eddine Sidhoum : La crise politique qui a provoqué le drame sanglant de la décennie écoulée persiste et s’aggrave, n’en déplaise aux propagandistes du pouvoir, à leurs thuriféraires et aux services de l’action psychologique qui essaient de faire croire à l’opinion publique internationale que la crise est derrière nous et que le pays a retrouvé sa quiétude. Elle est annonciatrice, à Dieu ne plaise, d’autres séismes beaucoup plus destructeurs que ce que nous avons vécu durant les années 90.

Il est plus que certain qu’il n’y a plus rien à attendre de ce régime, atteint d’une malformation politique congénitale incurable et qui malgré son état de déliquescence avancé et la faillite sanglante qu’il a provoqué, refuse obstinément de partir.

La situation peu reluisante du pays (qui n’a rien à voir avec la vitrine présentée par le régime) doit susciter en nous un véritable examen de conscience. Devons-nous rester impassibles devant la dramatique dégradation de la situation politique, économique et sociale et la pérennisation de la violence ?

Il est impératif de mettre un terme à cette logique d’autodestruction dans laquelle le régime a claustré la société, en imposant la paix des cœurs et de la raison qui doit être la priorité des priorités.

Tout comme il est impératif de sortir du champ politique artificiel, fécondé in vitro, pour entrer dans le champ politique authentique, qui reflète les réalités nationales et qui tienne compte des forces politiques véritables ancrées dans la société et imprégnées de ses valeurs culturelles.

Il faudrait avoir le courage de briser la stratégie du pouvoir qui consiste à imposer les termes et les limites du débat et se projeter vers un changement radical et pacifique de système. S’inscrire dans sa stratégie, c’est être complice de cette faillite sanglante.

Il est, enfin, plus que nécessaire de briser le cercle vicieux dans lequel est enfermée l’Algérie depuis 1962, à savoir celui d’un peuple sans souveraineté et d’un pouvoir sans légitimité. L’ère des tuteurs en col blanc ou en képi a provoqué assez de dégâts. Il est temps de mettre fin à l’usurpation du pouvoir qui dure maintenant depuis plus de quarante ans et de rendre la parole aux citoyennes et citoyens pour qu’ils puissent choisir souverainement et librement les institutions qui reflètent leurs réalités socioculturelles.

C’est à ces conditions fondamentales et seulement à ces conditions qu’on pourra espérer un véritable changement.

Pour cela il faudra œuvrer à ce que les volontés intellectuelles et politiques sincères se rassemblent et s’organisent dans un cadre autonome, un forum de reflexion et d’action, en vue d’une construction démocratique réelle.

Nous devons prendre l’initiative de réunir autour d’une table, dans le cadre de cette moussaraha, toutes ces volontés sans exclusion aucune pour mettre à plat sans complaisance et dans un climat empreint de paix et de sérénité, tous les problèmes qui nous ont divisé, le plus souvent artificiellement pour ouvrir la voie à la construction d’un Etat de droit. Nous devons cesser de subir dans notre propre pays pour devenir les acteurs de notre propre histoire et les maîtres de notre destin. Cela demandera le temps qu’il faudra mais il est impératif de réhabiliter la pratique politique et d’aboutir au compromis politique historique dont j’avais parlé plus haut et à une alternative politique crédible à présenter à notre peuple en vue de ce changement radical et pacifique de régime. Nous avons une immense responsabilité historique dans cette cruciale phase de rétablissement du dialogue entre Algériens.

Je crois que le peuple mauritanien d’une manière générale et ses élites politiques et militaires d’une manière particulière sont en train de nous donner une leçon exemplaire de réalisme politique et de démocratie.

Avec beaucoup d’exigence morale et intellectuelle et une bonne dose de courage politique, faisons, tous ensemble que le drame de ces années de sang et de larmes se transforme en une véritable résurrection d’une Algérie de dignité, de justice et de libertés démocratiques et que le sacrifice des dizaines de milliers de victimes ne soit pas vain.

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La force du régime réside en notre faiblesse (2)

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

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Salah-Eddine Sidhoum   





Repères : Après le référendum, le pouvoir a convoqué le corps électoral en vue des élections législatives. Quelle analyse faites-vous de la situation du pays à la veille de cette échéance ?

Salah-Eddine Sidhoum : La situation politique qui prévaut actuellement est la même que celle d’hier et d’avant hier. C’est un statut quo mortel. La violence politique persiste, même si elle a nettement diminué. Les foyers d’opposition armée restent actifs. L’injustice, la hogra, la corruption et la misère alimentent et entretiennent ces foyers de révolte armée. Nous sommes entrés depuis 1992 dans une logique extrêmement dangereuse pour le pays. A la violence permanente du régime qu’il a imposé au lendemain de l’indépendance comme moyen de gestion politique répond maintenant une violence devenue endémique d’une jeunesse sans présent ni avenir, à travers les maquis et les émeutes. Les tensions entre le système obsolète et arrogant et la société poussée au désespoir par des décennies d’injustice et de mépris risquent de mener droit vers des lendemains plus chaotiques.

Pour revenir aux « élections » législatives prochaines, il est difficile de parler d’élections dans un système perverti comme le système algérien, quand nous savons que toutes les élections depuis l’indépendance (à l’exception de celles de 91) ont été traficotées par les « services » et leur administration. De véritables mascarades !

Encore une fois, le pouvoir va mobiliser sa clientèle larbine et rentière, ce que j’appelle Ahl el wala oua el inbitah (famille de l’allégeance et de l’aplat-ventrisme) et organiser ce que le peuple appelle le « carnaval fi dechra » pour renouveler sa chambre d’enregistrement dont la facticité et la vacuité ne sont plus à démontrer.

Peut-on parler de vie politique quand nous savons que l’écrasante majorité des « élus » est désignée en réalité par les officines et selon des quotas bien définis dans le cadre d’une fausse carte politique adaptée à la conjoncture du moment et des « équilibres internes » ?

Peut-on parler de vie politique avec un multipartisme de façade, des partis préfabriqués servant de faire-valoir, un syndicalisme de service et des élections truquées en permanence ?

Peut-on parler de vie politique avec un état d’exception qui date pratiquement de l’indépendance et officialisé depuis1992 et dont la prorogation n’est qu’un grossier stratagème pour détourner l’attention de la population des problèmes sociaux inextricables.

Le fossé ne fait en réalité que se creuser entre les citoyens et ce pouvoir honni, ce qui approfondi et aggrave un peu plus la crise politique. Mais le régime n’en a cure. Sa violence est là pour faire rentrer son « ghachi » à beit etaâ (maison de l’obéissance).

Pour les citoyennes et citoyens honnêtes de ce pays, s’inscrire dans la stratégie du pouvoir en participant à cette vie politique factice c’est participer à leur propre destruction et à celle du pays.

Repères : Des observateurs politiques relèvent que les élections n’ont pas réussi à résoudre la crise dans notre pays, pendant que d’autres soutiennent que l’exercice de la politique n’est possible qu’au sein des institutions. Quel est votre avis ?

Salah-Eddine Sidhoum : De quelles élections et de quelles institutions parlez-vous ?

Il est certain que les élections truquées et manipulées de bout en bout depuis l’indépendance ne pouvaient et ne pourront résoudre la grave crise politique que connaît notre pays, tout comme l’exercice de la politique (au sens noble du terme) est impossible au sein des institutions factices.

Repères : Est-ce que vous partagez l’avis selon lequel le pouvoir est en dehors des institutions ?

Salah-Eddine Sidhoum : Là aussi il faudrait clarifier les choses. De quelles institutions parlez-vous ?

S’il s’agit de véritables institutions, démocratiquement élues, elles n’existent pas. C’est pour cela que je persiste à dire qu’il n’y a pas d’Etat dans notre pays, pour la simple raison qu’il n’y a pas d’institutions issues de la volonté populaire.

Quand aux institutions existantes, tout le monde sait qu’il s’agit d’institutions factices issues des laboratoires de la police politique et qui n’ont aucun pouvoir. Un décor en trompe-l’oeil!

Donc le régime d’Alger est bel et bien dans ses « institutions », taillées sur mesure pour le servir et constituer la fausse vitrine d’un régime « démocratique » aux yeux de l’opinion publique internationale qui elle, est loin d’être dupe pour avaler de telles couleuvres.

Repères : Croyez-vous à l’existence d’une classe politique dans notre pays ; ou partagez-vous l’avis selon lequel les partis ne sont que des machines électorales ?

Salah-Eddine Sidhoum : Il existe quelques individualités politiques de valeur mais il n’existe pas de classe politique à proprement dite. A cela, il existe des raisons objectives et historiques.

Nos élites ont toujours brillé par leur trahison, du moins en grande partie. Regardez un peu ce qui s’est passé durant la guerre de libération. Seule une minorité avait rejoint d’emblée le combat libérateur. Beaucoup ont été tués par leurs propres frères. Et le malheureux Abane en est un exemple frappant. Quand aux autres, ils avaient campé au carrefour des vents pour rejoindre tardivement… Tunis ou les intrigants des frontières. C’est cette lâche « désertion » qui a permis à des bravaches et autres aventuriers de prendre en main la révolution avec les dérives que nous connaissons.

Après 62, le pouvoir a su phagocyter très tôt la majeure partie de notre « élite » tant intellectuelle que politique. Cette dernière a bradé el mebda (le principe) pour la khobza. C’est ce que certains historiens ont appelé la socialisation des élites. Il faut avoir l’honnêteté de dire que l’Algérie n’est pas seulement malade de ses dirigeants corrompus mais aussi et surtout de ses élites lâches !

Le constat est déplorable. Les valeurs et les idéaux qui avaient fait la force de notre Nation durant la nuit coloniale ont pratiquement disparu, laissant place à la « kfaza » (aptitude à magouiller), à l’opportunisme, à la médiocrité affligeante et au trabendo politico-intellectuel.

Les quelques partis représentatifs du début des années 90 ont été pratiquement éliminés. Nous savons dans quel piège mortel est tombé stupidement le FIS, comment le FLN rénové d’Abdelhamid Mehri a été brisé par le régime suite au « complot scientifique » organisé par d’ignares intrigants et comment votre propre parti, le FFS, qui reste l’un des rares espaces de liberté et de démocratie, si ce n’est pas le seul, est l’objet de manœuvres déstabilisatrices depuis plus d’une décennie.

Le régime ne veut pas de classe politique réelle. Il a totalement perverti l’action politique en façonnant des partis et des pantins politiques de service (et contrôlés par les « services »). De véritables troubadours politiques qu’on agite à l’occasion des mascarades électorales et référendaires. Malek Bennabi disait à ce sujet : « la politique est une réflexion sur la manière de servir le peuple. La boulitique est une somme de hurlements et de gesticulations pour se servir du peuple ». C’est ce à quoi nous assistons depuis la supercherie démocratique de 88.

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La force du régime réside en notre faiblesse (1)

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

la force du régime réside en notre faiblesse

Salah-Eddine Sidhoum   





Repères : 15 mois après le référendum sur la « charte de la paix et la réconciliation nationale », quel bilan pouvez-vous établir ?

Salah-Eddine Sidhoum : Lors d’un débat sur la chaîne El Jazeera consacré à la « réconciliation » dans notre pays et à la veille du carnaval référendaire et plébiscitaire fin septembre 2005, je qualifiais la charte imposée par le régime de charte de l’impunité et de la supercherie nationale (el moughalata el watania). J’aurais souhaité, malgré ma connaissance de ce régime « politique » sans scrupules, me tromper dans mon analyse. Dix sept mois après, les faits confirmaient malheureusement mes dires.

Depuis cette mascarade référendaire, plus de 400 algériens sont morts et près de mille autres ont été blessés suite aux violences politiques, selon le décompte des journaux et des agences de presse. Et nous savons que cette comptabilité macabre est nettement en deçà de la triste réalité.

Nos compatriotes de l’intérieur du pays assistent quotidiennement à des mouvements de troupes dans plusieurs régions, à des ratissages, à des pilonnages et à des bombardements des maquis par des hélicoptères de combat. Chaque jour apporte son lot de morts, de blessés et de désolation dans nos foyers. Nos enfants, civils et militaires continuent de mourir pour une cause qui n’est pas la leur.

Quand on utilise tous ces moyens militaires, je crois qu’il s’agit bel et bien d’une guerre (qui perdure) et non d’opérations de « maintien de l’ordre » de sinistre souvenir et encore moins de « terrorisme résiduel », concept si cher à certains mercenaires politiques.

Mais le pouvoir, déconnecté des réalités et enfermé dans sa tour d’ivoire, son « Algérie utile », crie à la victoire (contre ses propres enfants !), à la réconciliation et à la paix… factices.

Tout comme la « concorde » initiée par les responsables de la police politique et couverte politiquement par le premier responsable du pouvoir apparent a échoué, la charte dite de la « réconciliation » est vouée à un échec cinglant car les véritables causes politiques de la crise n’ont jamais été abordées et que la Nation n’a jamais été consultée. Feignent-ils d’oublier que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets et que toute solution qui n’emprunte pas le chemin du dialogue et de la concertation et qui ne s’appuie pas sur la volonté populaire est vaine ?

Elaborée dans les ténébreuses boutiques de la police politique et exécutée par le pouvoir de façade, cette « charte » était d’emblée verrouillée. Aucun débat contradictoire n’était permis. Seuls les troubadours et les « meddahines » « boulitiques » étaient autorisés à s’exprimer pour encenser le texte qui est d’une indigence intellectuelle et politique déplorable. La machine de l’action psychologique, bien rôdée depuis quatre décennies était là pour « mobiliser » le peuple et lui faire approuver, malgré lui, le texte à la quasi-unanimité. Cette « charte » est venue consacrer la politique d’éradication et d’exclusion en cours depuis plus d’une décennie et la sacraliser.

Eludant les causes profondes de la crise et de la tragédie qui en a découlé, l’oligarchie, sous couvert de son pouvoir apparent a décidé de régler de manière partiale et partielle les conséquences de ce drame national. Une véritable offense à la mémoire des victimes et une insane tentative de corruption de leurs familles.

Ce texte « plébiscité » par un peuple sans souveraineté et sans voix (l’Algérie des paradoxes !) et transformé en nouveau Coran du Calife Othman, pour reprendre Abdelhamid Mehri, consacre l’impunité totale des responsables de tous bords du drame national et de leurs exécutants. Les putschistes qui ont plongé le pays dans une mer de sang et de larmes, tout en s’auto-amnistiant, s’autoproclameront « artisans de la sauvegarde de la République ». Effectivement ils auront sauvé leur République bananière et des containers, pour plonger l’Algérie et son peuple dans les abysses de la terreur et de la misère.

Ceux qui, hier, s’étaient dressés contre cette politique sanglante et avaient appelé, lors des années de braise à une véritable réconciliation et à la paix des cœurs avaient été qualifiés de traîtres. Demain, ceux qui se dresseront contre cette supercherie nationale, cette paix des cimetières et cette amnésie générale seront criminalisés et passibles de trois à cinq années d’emprisonnement !

On aurait parlé de blague si la situation n’était pas tragique ! Une véritable imposture ! Même les sinistres dictateurs latino-américains n’avaient pas osé cela.

Comment voulez-vous qu’avec toutes ses tares et ses inepties, cette dite « charte » puisse réussir à réconcilier les algériens et ramener la paix dans leurs cœurs meurtris ? Je crois en réalité et pour reprendre une journaliste que, faute de pouvoir réconcilier les algériens, cette farce référendaire a permis seulement à ce régime de se réconcilier avec ses vieilles pratiques totalitaires.

Repères : Quel est le processus à suivre pour aboutir à une véritable réconciliation ?

Salah-Eddine Sidhoum : Il y a deux faits avant tout qu’il faudra préciser :

La crise algérienne est avant tout une crise éminemment politique et sa solution ne peut être que politique. Cela doit être clair. Le régime actuel, juge et partie, responsable en premier lieu et en grande partie du drame national est disqualifié pour résoudre sérieusement la crise.

De ce fait, la véritable réconciliation nationale passe inéluctablement par une large consultation franche et sincère des principales forces et personnalités intellectuelles et politiques représentatives de la Nation, afin d’aboutir à une solution politique globale, après avoir cerné sans complaisance et en toute sérénité les causes réelles et profondes de la crise qui remontent en réalité à l’indépendance. Cela permettra de baliser le terrain politique sur des bases démocratiques en vue de l’édification d’un véritable Etat de droit et de mettre définitivement un terme à cette violence politique initiée au lendemain de l’indépendance par ce régime et qui a fini par gangrener la société toute entière. C’est ce que j’ai appelé la Moussaraha nationale qui aboutira à un véritable compromis politique historique. C’est le volet politique du processus.

Ce n’est qu’après cela qu’on pourra résoudre définitivement les conséquences humanitaires et sociales de la guerre provoquée par l’acte irréfléchi qu’a été le coup d’Etat de janvier 1992.

Le second volet est celui de la Vérité et du Droit. Il est impératif que les Algériens sachent ce qui s’est réellement passé durant ces années de sang et de larmes durant lesquelles ont été commises les pires atrocités contre un peuple sans défense. A l’instar des pays qui ont vécu des drames internes, il est nécessaire de mettre en place une commission nationale pour la vérité et la justice. Soyons clairs sur ce point : vérité et justice ne signifient aucunement règlement de comptes ou vengeance. Et ce n’est qu’après celà que pourra éventuellement intervenir l’amnistie par l’autorité politique légitime. Car comme disait mon ami Lahouari Addi: « un assassin jugé et amnistié se comportera différemment d’un criminel innocenté ».

La découverte de la vérité sur le drame national n’est pas seulement un droit pour les victimes et leurs familles mais aussi un droit pour tous les algériens afin de tirer les leçons en vue d’éviter d’autres tragédies à l’avenir et de mettre un terme aux ardeurs criminelles des aventuriers de tous bords.

Car ce qui s’est passé comme horreurs durant plus d’une décennie ne sont pas de simples faits banaux à verser dans la rubrique des faits divers. La torture institutionnalisée, les exécutions sommaires, les disparitions, les viols et les horribles massacres sont des crimes contre l’humanité imprescriptibles sur le plan du droit international que nul décret ou référendum ne peut effacer. Des atteintes gravissimes aux droits de l’homme qui ne sont pas sans nous rappeler, dans beaucoup de cas les crimes commis durant la guerre de libération nationale ne peuvent être occultés par une politique d’amnésie collective ni par la répression pour faire taire les témoins du drame.

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

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