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Fouzia Naït Lhadj «Le public va adhérer à la pièce Business is business»

Posté par algeriedemocratie le 16 juillet 2009

Fouzia Naït Lhadj«Le public va adhérer à la pièce Business is business»

La Dépêche de Kabylie : Pouvez-vous nous parler de cette nouvelle pièce «Business is business» ?

Fouzia Naït Lhadj : Cette  pièce théâtrale  raconte l’histoire de deux couples, qui viennent de terminer leur études universitaires et qui cherchent un emploi. Ils occupent un sous-sol en guise de lieu d’hébergement. Puis ils décident de se marier. Et comme il n’y a pas de logements, ils débarquent avec leurs épouses dans ce sous-sol. Les conflits vont commencer entre les deux couples, chacun veut expulser son ami d’enfance et occuper cet espace avec sa femme. Cette pièce est une comédie, où il y a beaucoup de rire, et des problèmes sociaux que nous vivont au jour le jour. C’est ainsi, qu’on a adapté cette pièce pour notre scène, notre public et notre société. Jusqu’à maintenant, je pense que, la pièce a très bien marché au niveau de toutes les wilayas.

 

Vous avez parlé de la réussite de cette pièce dans les wilayas : pouvez-vous nous en citer quelques unes ?

On a fait une très grande tournée, pratiquement une quarantaine de spectacles, dans la willaya de Tizi Ouzou, on est en train d’effectuer une tournée dans les régions les  plus reculées à Timizart, Aïn El Hammam, Iferhounene, Azazga, Maâtkas, Azeffoun et d’autres, et ce juste après le Panafricain, puisque, la pièce Business is Business est en spectacle à Tizi Ouzou.

Or, le 20 juillet nous serons sur les  planches du Théâtre régional de Bgayet ; là-bas aussi,  nous avons prévu un riche programme avec l’aide de Omar Fetmouche, et ce pour faire une distribution dans toutes les régions les plus lointaines. Egalement nous allons faire une tournée dans les universités, puisque c’est leur cause, leur problématique et je pense que le public va adhérer à cette pièce qui reflète les problèmes sociaux.

  

Cette pièce est-elle en expression kabyle ou bien arabe ?

En effet, la pièce Business is business est dans les deux langues, et ce, pour toucher le public le plus large. Lorsque vous vous rendez par exemple dans les différentes régions de pays, ils n’acceptent pas en général tamazight parce que il n’y a pas de public pour ça. Alors nous avons fait la représentation dans les deux langues, d’ailleurs, la dernière fois, lors de la tournée nationale, on a fait presque 20 wilayas et la pièce a été tournée en langue amazighe, même les deux pièces Cna n Tyur et la pièce Business is Business.

Ainsi, c’est une expérience pour nous, et on va continuer à travers le territoire national, puisque il y a toujours un public dans toutes les wilayas qui apprécie le théâtre amazigh, ça reste un combat, une lutte et on n’est y dedans.

 

Pourquoi avoir porté votre choix sur cette pièce pour participer au Festival panafricain ?

Tout d’abord, parce que la pièce «La spirale» nous l’avions présentée au Festival du théâtre professionnel et la pièce Sinistré est passée lors des Journées théâtrales d’expression kabyle de Tizi Ouzou, et maintenant, c’est au tour de «Business is Business» de présenter le savoir-faire du Théâtre régional de Tizi.

 

Votre impression sur le Festival Panafricain ?

C’est notre festival, il nous a ouvert énormément de chances, de possibilités et d’échanges puisque on n’est en contact avec des sommités africaines, des philosophes, des dramaturges, des grands metteurs en scène qu’on se connaissait pas, parce que le théâtre algérien n’est pas très proche de celui des Africains. J’espère qu’il y’aura une très grande participation africaine et algérienne pour créer un large espace d’échange. En outre, le Festival panafricain nous a permis d’avoir un aperçu sur les traditions du continent africain à travers l’artisanat, les tableaux de peinture, les photos, la musique et la danse. Toute l’Afrique est ici, dans notre pays, c’est excellent ! 

 

Votre dernier mot ?

J’espère que je représenterai très bien notre théâtre lors de cette manifestation culturelle… merci pour La Dépêche de Kabylie de m’avoir ouvert ses colonnes. 

 

O. Saït

source: dépêche de kabylie

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El-Ghazi, le retour

Posté par algeriedemocratie le 16 juillet 2009

El-GhaziLe retourEl-Ghazi, le retour dans MUSIQUE ALGERIENNE(35) 2171_73413

On avait presque fini par l’oublier. El-Ghazi l’enfant de Bgayet qui vit à Alger, puisque c’est de lui qu’il s’agit, vient de produire un nouvel album avec, pour la plupart, des reprises, de Cheïkh Saddek Abjaoui (El-Babour) dont il a été l’élève, et sa légendaire  » Tawes « .  L’album est intitulé  » Spécial fêtes Kabyle 2009 « . Toutefois, ceux qui feront passer ce CD durant leurs fêtes en famille n’auront pas à rougir puisqu’il s’agit bel et bien de chansons de fêtes familiales. Signalons quand même qu’aucune publicité n’a été faite à ce produit d’El-Ghazi y compris à… Bgayet ! Pourtant, pour ceux qui ne le savent pas, El-Ghazi a enregistré sa première chanson « Chewing Gum » à l’âge de… 14 ans du temps où il était élève de Cheïkh Saddek Abjaoui.                                            

Amastan S.

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Le procès du général Khaled Nezzar contre l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia (1)

Posté par algeriedemocratie le 16 juillet 2009

Algeria-Watch
Le procès du général Khaled Nezzar
contre l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia
Paris, 1er au 5 juillet 2002
Dossier de presse établi par Algeria-Watch
(15 juin – 15 juillet 2002)
PF 360 164, D-10997 Berlin, Allemagne
21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris, France
Fon: 06 23 35 89 07 Fax: 0049 69 79 123 61 60
E-Mail: algeria-watch@gmx.net
Internet: www.algeria-watch.org
2
3
Table
I. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : PRESSE EUROPEENNE
FRANCOPHONE
Le général algérien Khaled Nezzar actuellement en France 14
AFP, Paris, 28 juin 2002
L’armée algérienne défend son honneur lundi au procès de « la sale guerre » 14
AFP, Paris, 29 juin 2002
L’agenda… 15
L’Humanité, 1er Juillet 2002
L’armée algérienne veut se blanchir a Paris. Le général Nezzar attaque en justice
l’auteur de « La Sale Guerre » 15
Libération, José Garçon, lundi 1er juillet 2002
L’Algérien Lyes Laribi porte plainte pour torture contre Nezzar : « Que chacun ose
dire ce qu’il a vécu » 18
Libération, Florence Aubenas, lundi 1er juillet 2002
La « sale guerre » civile algérienne en procès devant le tribunal correctionnel de Paris
20
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 1er juillet 2002
L’armée algérienne « défend son honneur » en France 22
RFI, Mounia Daoudi, 1er juillet 2002
France-Algérie/Paris : nouvelle plainte contre Nezzar 23
Associated Press, 1er juillet 2002
Procès Souaïdia-Nezzar : deux visions de l’Algérie 24
Le journal permanent du Nouvel Obs, 2 juillet 2002
Un ex-Premier ministre algérien défend le rôle de l’armée 25
Reuters, mardi 2 juillet 2002, 15h04
L’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali justifie la mise hors la loi du FIS 26
Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 12h48
« La sale guerre » de l’armée algérienne devant la justice à Paris 26
AFP, mardi 2 juillet 2002, 11h09
L’armée algérienne devant la justice française : « Je n’arrive toujours pas à savoir
comment on a fait ça » : l’officier Souaïdia a raconté hier la sale guerre des généraux
28
Libération, Florence Aubenas, mardi 2 juillet 2002
Algérie : le procès de la « sale guerre » 29
Le Parisien, Catherine Tardrew, 2 juillet 2002
4
« Qui tue qui ? » en Algérie : deux camps s’affrontent au procès Souaïdia 29
AFP, mardi 2 juillet 2002, 21h23
Procès Nezzar-Souaïdia : l’armée algérienne au coeur des débats 30
Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 19h35
L’armée algérienne est une « armée républicaine » (chef état-major) 32
AFP, 2 juillet 2002
Un ex-haut officier compare les méthodes de l’armée à celles des terroristes 33
Associated Press, mercredi 3 juillet 2002, 19 h 36
Procès Souaïdia : un haut gradé accuse l’armée de méthodes « terroristes » 33
AFP, Paris, 3 juillet 2002
L’homme du jour. Khaled Nezzar 34
L’Humanité, ADS, 3 juillet 2002
Procès Nezzar : le mic-mac FIS 35
Le journal permanent du Nouvel Obs, 3 juillet 2002
A Paris, le général Khaled Nezzar défend l’armée algérienne 36
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 3 juillet 2002
L’armée algérienne devant la justice française : « Pas un homme politique correct, que
des illettrés » : à l’audience, le général Nezzar regarde défiler des ex-ministres37
Libération, Florence Aubenas, mercredi 3 juillet 2002
Quand un général algérien défend l’honneur de son armée. Procès : Le général Khaled
Nezzar, à la retraite, en appelle à la justice française pour contrer les accusations d’un
ancien officier. 38
La Croix, Julia Ficatier, 3 juillet 2002
La plainte contre le général Nezzar est classée sans suite 40
Lemonde.fr, 4 juillet, 20h52
Procès Souaidia : l’audience du 2 juillet 41
Le journal permanent du Nouvel Obs, 4 juillet 2002
Trois questions à… Hichem Aboud : « Nezzar a organisé son propre procès »42
Le journal permanent du Nouvel Obs, 4 juillet 2002 42
L’armée algérienne devant la justice française : « Le GIA est une création des services
de sécurité » : témoignage accablant d’un ancien officier algérien, hier, contre le
général Nezzar 44
Libération, Florence Aubenas, jeudi 4 juillet 2002
Hocine Aït Ahmed au général Nezzar : « Vous avez fait le coup d’État ! » 45
AFP, 4 juillet 2002
Procès Souaïdia : Le temps des victimes et de leurs drames intimes 45
AFP, 4 juillet 2002
5
Procès Souaïdia : incident avec une journaliste munie d’un magnétophone 46
AFP, 4 juillet 2002
Le général Nezzar, l’homme qui défend l’honneur de l’armée algérienne 47
AFP, Alger, 4 juillet 2002
Procès Nezzar : la presse algérienne partagée sur la nature des débats 48
AFP, Alger, 4 juillet 2002
Un haut gradé accuse 49
Le Parisien, Catherine Tardrew, jeudi 4 juillet 2002
Les vérités du général Lamari 50
L’Humanité, Hassane Zerrouky, 4 juillet 2002
Le clan des militaires en accusation : « Le GIA, c’est la création des services de
sécurité », accuse, à Paris, un ancien officier 50
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 5 juillet 2002
Pas de peine requise contre l’auteur de « La sale guerre » 52
Libération, par Service Web, avec agences, vendredi 5 juillet 2002
L’armée algérienne devant la justice française : « Dans le trou, avec le bas peuple » :
des témoins racontent les tortures et les exactions des militaires. 52
Libération, Florence Aubenas, vendredi 5 juillet 2002
Le général Nezzar en difficulté 54
Le Parisien, Catherine Tardrew, 5 juillet 2002
Pas de peine requise contre Habib Souaïdia 54
AFP, vendredi 5 juillet 2002, 18h48
Deux visions de la guerre civile en Algérie devant le tribunal 55
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 6 juillet 2002
L’honneur de l’armée algérienne 56
Le Monde, tribune de Rachid Boudjedra, écrivain, 6 juillet 2002
Aucune peine requise contre Souaïdia 58
Le Parisien, Catherine Tardrew, 6 juillet 2002
L’armée algérienne devant la justice française : « On a fait de nous une armée de
sauvages » : le procès en diffamation intenté par le général Nezzar a fini par se
retourner contre lui. 59
Libération, Florence Aubenas, samedi 6 juillet 2002
Le procès intenté à Paris par le général Nezzar s’est clos vendredi 61
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 7 juillet 2002
Fin, à Paris, du procès de Habib Souaïdia, qui avait dénoncé les « massacres » des
militaires. Pas de peine requise contre l’accusateur de l’armée 62
Le Figaro, Marie-Estelle Pech, 6 juillet 2002
6
Algérie. Un attentat particulièrement sanglant endeuille les quarante ans
d’indépendance . Un anniversaire et trente nouveaux morts 63
Le Soir (Bruxelles), Baudouin Loos, 6 juillet 2002
Algérie. Le face-à-face Souaïdia-Nezzar, ou le procès à Paris du rôle de l’armée
algérienne 64
Le Temps (Suisse), Christian Lecomte, Alger, samedi 6 juillet 2002
Une affaire de diffamation devient le procès du régime algérien 66
AFP, samedi 6 juillet 2002, 10h48
Pas de peine contre Habib Souaïdia. Procès Nezzar : jugement le 27 septembre67
L’Humanité, Hassane Zerrouky, 8 juillet 2002
Le procès Nezzar embarrasse à Alger. La presse algérienne attaque l’ex-officier
Souaïdia, sans défendre le général 68
Libération, LDS, mardi 9 juillet 2002
L’Algérie sans mythe 69
Le Monde, tribune de Lahouari Addi, professeur de sociologie à l’IEP de Lyon, 11 juillet 2002
Un ancien ministre de la Défense accuse le président Bouteflika d’être derrière la
« cabale » contre les généraux 70
Associated Press, jeudi 11 juillet 2002, 17h27
II. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : PRESSE ANGLOPHONE
Honour of Algerian army in the dock at Paris defamation trial 71
AFP, Raphael Hermano, 30.6.02
Ex-Algerian minister sues author 72
Associated Press, July 1, 2002
Former defense minister confronts best-selling author over allegations of military
atrocities in war against Islamic extremists 73
Associated Press, Elaine Ganley, Mon Jul 1
Algerian author sued over war claims tens of thousands have died in the civil war 74
BBC, James Coomarasamy, correspondent in Paris, Monday, 1 July, 2002
Author blasts Algerian army at start of French defamation case 75
AFP, Raphael Hermano, July 1 2002
Trial opens on Algeria’s dirty war charges 76
United Press International, Elizabeth Bryant, Jul 01, 2002
Europe defamation trial over Algerian rights violations opens in Paris 77
Voice of America, Lisa Bryant, 1 Jul 2002 18:40 UTC
Algerian general target of new torture allegations in French court 78
AFP, July 1 2002
7
Algerian army role in atrocities debated at French courtroom 79
Al-Bawaba, Jul 4, 2002
Algerian Army Role on Trial in Paris 80
Associated Press, Elaine Ganley, Jul 04, 2002
Algerian opposition leader accuses general of election’coup’ 81
AFP, July 4 2002
Algerian Army Role on Trial in Paris 82
The New York Times, 4 july 2002 (by The Associated Press)
III. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : PRESSE ALGERIENNE
Nezzar-Souaïdia/Vingt-six témoins à la barre 84
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 16 juin 2002
Le procès débutera ce lundi. Nezzar à Paris pour affronter Souaïdia 84
Le Quotidien d’Oran, Arezki Benmokhtar, 29 juin 2002 84
François Gèze et ses subterfuges 85
La Nouvelle République, O. Cheikh, 29 juin 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia s’ouvre demain à Paris. Audition des témoins jusqu’au
5 juillet 86
Le Matin, Yasmine Ferroukhi, 30 juin 2002
Affaire Nezzar contre Souaidia. Le procès s’ouvre aujourd’hui à Paris 87
El Watan, Fayçal Métaoui, 1er juillet 2002
Le procès débutera ce lundi. Nezzar à Paris pour affronter Souaïdia 88
Le Quotidien d’Oran, Arezki Benmokhtar, 1er juillet 2002
Notre procès 89
Le Matin (Alger), éditorial de Mohamed Benchicou, 1er juillet 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia s’ouvre aujourd’hui à Paris 90
Le Matin (Alger), A. C., 1er juillet 2002
Les pressions se multiplient 91
Le Matin (Alger), Soraya Akkouche, 1er juillet 2002
L’un des avocats de Khaled Nezzar l’affirme : « La partie adverse veut un procès
médiatique contre Nezzar » 92
Le Matin (Alger), G. K., 1er juillet 2002
Il a animé une conférence de presse sur la Cour pénale internationale. Le message de
Ali Yahia Abdennour 93
Le Matin (Alger), Yasmine Ferroukhi, 1er juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia. Un procès médiatique 94
Liberté, 1er juillet 2002
8
Le procès Nezzar-Souaïdia aujourd’hui à Paris. L’heure de vérité 94
L’Expression, Aziz Yemloul, 1er juillet 2002
Conférence de presse du président de la LADDH. Ali Yahia Abdenour mise sur la CPI
95
La Tribune (Alger), L. G., lundi 1er juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia à Paris. Qui sont les témoins ? 96
La Nouvelle République, Fayçel M., 1er juillet 2002
Le procès Souaidia aujourd’hui a Paris. Dix témoins contre Nezzar 103
Al Fadjr (arabophone), Adel Nassim, 1er juillet 2002
Affaire Nezzar Souaidia : Le procès aujourd’hui 103
El Khabar (arabophone), A.F., 1er juillet 2002
Le général de corps d’armée Mohamed Lamari réaffirme le caractère républicain de
l’ANP 103
APS, 2 juillet 2002, 19:02:09
M. Ghozali déclare vouloir rétablir la vérité sur l’honneur de l’ANP et de l’Algérie
104
APS, 2 juillet, 16:25:13
Affaire Nezzar-Souaidia : Un procès inédit à Paris 106
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 2 juillet 2002
Alors que son procès contre Souaïdia a commencé hier, le général-major Nezzar fait
l’objet d’une nouvelle plainte 108
Le Jeune Indépendant, S. H., 2 juillet 2002
Nezzar-Souaïdia, un procès particulier 108
La Tribune, Slimane Zyadi, mardi 2 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia. Vers un débat contradictoire sur l’Algérie des années 90 109
La Tribune, Merzak Meneceur, mardi 2 juillet 2002
Le général et le jeune officier 111
Le Quotidien d’Oran, Abdou Benabbou, 2 juillet 2002
Le général défend l’armée devant la justice française. Nezzar : « Il fallait éviter
l’afghanisation de l’Algérie » 112
Le Quotidien d’Oran, Ziad Salah, 2 juillet 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia s’est ouvert hier 113
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 2 juillet 2002
Une nouvelle plainte contre le général Nezzar 114
Le Matin, Yasmine Ferrroukhi, 2 juillet 2002
Pousse avec eux ! Khaled Cro-Magnon ! 115
Le Soir d’Algérie, Hakim Laâlam, 2 juillet 2002
9
Nezzar contre-attaque. Le procès du « qui-tue-qui ? » à Paris 116
Le Soir d’Algérie, Kamel Amarni, 2 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaidia : la bataille de Paris 117
L’Expression, Salim Aggar, 2 juillet 2002
À l’ouverture de leur procès, hier, à Paris. Première passe d’armes entre Nezzar et
Souaïdia 119
Liberté, Farid Alilat, 2 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : audition des premiers témoins 122
El Watan, Nadia Bouzeghrane, 3 juillet 2002
Ghozali à la rescousse de Nezzar : « L’arrêt du processus électoral ou la fin de
l’Algérie » 123
Le Jeune Independant, Aït-Chaâlal Mouloud, 3 juillet 2002
Une première dans l’histoire de l’ANP : le général Lamari anime une conférence de
presse 124
Le Jeune Indépendant, Redouane Noussaïr, 3 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : la symbolique d’une date 125
La Nouvelle République, Merizek Sahraoui, 3 juillet 2002
Le général-major Lamari à propos de la levée de l’état d’urgence : « L’ANP ne dit pas
non ! » 125
La Nouvelle République, Nadjia B., 3 juillet 2002
Deuxième jour du Procès Nezzar-Souaïdia. Ghozali, Haroun, Baudouin et Chouchane
témoignent 129
La Tribune, Merzak Meneceur, 3 juillet 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia se poursuit : Les explications de Sid Ahmed Ghozali 130
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 3 juillet 2002
Ghozali au procès Nezzar-Souaïdia : « Je n’ai pas voulu être le Chapour Bakhtiar de
l’Algérie » 132
Le Soir d’Algérie, Chérif Bennaceur, 3 juillet 2002
Sid-Ahmed Ghozali au procès Nezzar-Souaidia : « Nous avons sauvé l’Algérie » 133
L’Expression, Salim Aggar, 3 juillet 2002
Sous le prisme des médias étrangers. Un sale procès pour « La sale guerre »135
L’Expression, Ali Oussi, 3 juillet 2002
Ghozali au procès Nezzar-Souaïdia : « L’arrêt du processus électoral est un acte
historique » 136
Liberté, 3 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : au prétoire, les cris des victimes du terrorisme 138
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 4 juillet 2002
Trosième journée du procès Nezzar-Souaïdia. Poursuite de l’audition des deux parties
10
139
La Tribune, Merzak Meneceur, jeudi 4 juillet 2002
Retour à 62 141
Le Matin, Mohamed Benchicou, 4 juillet 2002
Témoignage des familles victimes du terrorisme dans le procès Nezzar-Souaïdia :
« L’armée n’a rien à voir avec les massacres » 142
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 4 juillet 2002
Poursuite du procès Nezzar-Souaïdia. L’arrêt du processus électoral en débat à Paris
143
Le Soir d’Algerie, Hakim Soltani, 4 juillet 2002
Troisième journée du procès Nezzar-Souaïdia : Samraoui témoigne 145
Liberté, 4 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : guerre des témoins 145
L’Expression, Salim Aggar, 4 juillet 2002
Mohamed Samraoui : « La solution ? Le départ de certains généraux » 146
Algeria Interface, Paris, interview de Djamel Benramdane, 5 juillet 2002
Le président Bouteflika rend hommage aux prises de positions de l’ANP face aux
situations les plus difficiles 149
APS, 4 juillet 2002, 16:38:23
Procès Nezzar-Souaïdia : « Deux thèses, deux vérités » 150
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 6 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : Aït Ahmed défend le petit lieutenant 151
L’Expression, Salim Aggar, 6 juillet 2002
Jugement mis en délibéré pour le procès de Souadia 152
APS (Alger), 6 juillet 2002
Affaire Nezzar-Souaidia : Procès de l’arrêt du processus électoral 154
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 7 juillet 2002
Aït Ahmed à Nezzar : « Pourquoi ne pas négocier une solution politique ? »156
El Watan, N. B., 7 juillet 2002
Promotion d’officiers supérieurs de l’ANP. Le président Bouteflika remet des grades
et des médailles 157
Jeune Independant, 7 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : les faits saillants 157
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 7 juillet 2002
Nezzar-Souaïdia : les leçons d’un procès 158
Liberté, Farid Alilat, 7 juillet 2002
Khaled Nezzar, ex-ministre de la Défense, à La Nouvelle République : « Nous devons
11
instaurer une tradition de communication » 159
La Nouvelle République, interview réalisée à Paris par Mehenna H., 7 juillet 2002
Et si l’Airbus d’Air France… ? 161
Horizons, Larbi Chaâbouni, 8 juillet 2002
Point de presse de Khalida Toumi-Messaoudi : « La symétrie entre l’ANP et l’armée
coloniale est infâmante » 162
L’Expression, 8 juillet 2002
Nezzar Souaidia : un procès pour l’Histoire 163
Le Soir, Leïla Aslaoui, 10 juillet 2002
Nezzar, Canal + et les attentats de Paris 168
Le Soir, de notre correspondante permanente à Paris K. Baba-Ahmed, 10 juillet 2002
Le général à la retraite s’en prend a la concorde civile : Nezzar épingle Bouteflika
170
Le Soir, Kamel Amarni, 11 juillet 2002
Communiqué du général-major Nezzar : « Le terroriste sanguinaire est devenu
‘‘Monsieur Hattab’’» 171
Le Soir, 11 juillet 2002
Recrudescence des attentats terroristes. Les travers de la concorde civile 173
Le Soir, Sofiane Aït-Iflis, 11 juillet 2002
La colère des martyrs vivants 174
Le Matin, Mohamed Benchicou, 11 juillet 2002
Affaire Nezzar-Souaïdia 176
Le Matin, Djamel Boukrine, 11 juillet 2002
Jean-Baptiste Rivoire ou la méthode CAPA 177
Horizons, M. B, 11 juillet 2002
Khaled Nezzar poursuit son offensive juridico-médiatique 177
Algeria Interface, Paris, Karim Aït-Ouméziane, 12 juillet 2002
Affaire Nezzar-Fattani : ce général qui veut tuer la liberté d’expression 179
L’Expression, samedi 13 juillet 2002
Nezzar signe la troisième sortie du MDN. Les militaires attaquent Bouteflika : « Quel
est ton bilan en trois ans d’exercice ? » 180
Le Jeune Indépendant, Youcef Brahimi, 13 juillet 2002
Attaque frontale 182
Liberté, Hacène Ouandjeli, 13 juillet 2002
L’ANP multiplie les sorties médiatiques. De la concorde au ministre de la Défense
183
Liberté, Salim Tamani, 13 juillet 2002
12
Paroles de général ! 184
Liberté, Lyès Bendaoud, 13 juillet 2002
ANP-Bouteflika : l’heure des règlements de comptes ? 185
Liberté, Hamid Saïdani, 13 juillet 2002
Le consensus rompu 187
Liberté, Hafida Ameyar, 13 juillet 2002
Qui tue qui ? Pourquoi ? 188
Liberté, M. Hammouche, 13 juillet 2002
Dans une déclaration rendue publique jeudi : Nezzar accuse Bouteflika 189
Le Matin, Ghada H., 13.7.02
Bouteflika, le souffleur de Souaïdia 190
Le Matin, Rachid Mokhtari, 13 juillet 2002
C’est la crise ! 191
Le Matin, Mohamed Benchicou, 13.7.02
Un divorce annoncé 192
Le Matin, Djamel Boukrine, 13.7.02
Le deuxième mandat de Bouteflika est-il compromis ? 194
Le Matin, Youcef Rezzoug, 13 juillet 2002
Taisez-vous donc, Monsieur Zerhouni ! 195
Le Soir d’Algérie, Leïla Aslaoui, 13.7.02
Dans une déclaration publiée par la presse algérienne, Khaled Nezzar s’en prend à
Bouteflika 198
La Tribune, A. R., samedi 13 juillet 2002
Nezzar relance le débat sur la relation Bouteflika-ANP. Les équilibres sont-ils
rompus ? 200
El Watan, Fayçal Métaoui, 13 juillet 2002
Convergence contre l’intégrisme 201
El Watan, Amine Lotfi, 13 juillet 2002
Propos à mots couverts 202
El Watan, D. Amrouche, 13 juillet 2002
Ses interventions ne sont pas fortuites. Au nom de qui parle le général ? 203
Liberté, Salim Tamani, 14.7.02
Après les attaques frontales du général Nezzar. Le silence de Bouteflika 204
Liberté, N. Sebti ; 14.7.02
« Ces démocrates à la solde de Souaïdia » 205
Le Matin, Latifa Benmansour, 14 juillet 2002
Poupées barbie, poupées barbantes ! 207
13
Le Soir d’Algerie, Hakim Laâlam, 14 juillet 2002
IV. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA, PRESSE ALGERIENNE : LE CAS
TRES PARTICULIER DE EL MOUDJAHID ET DE SON
CORRESPONDANT, M. MOULOUD BENMOHAMED
Tribunal de Grande Instance de Paris : Habib Souaïdia au banc des accusés 209
El Moudjahid, de notre envoyé spécial Mouloud Benmohamed, 1er juillet 2002
Au tribunal de grande instance de Paris : « Sale temps » pour Souaïdia 214
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, 2 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris : Contre-vérités et vérités sur la décennie de sang
220
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris Mouloud Benmohamed, 3 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris : Témoignages contre Yous, Souaïdia et le GIA
222
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, 4 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris :Grandeur et décadence de Aït Ahmed228
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, lundi 8 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris : Fracassantes révélations du général-major
Nezzar 232
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, 9 juillet 2002
V. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : COMMUNIQUES ONG ET AUTRES
Algérie : Le procès d’Habib Souaïdia souligne les préoccupations sur l’absence
d’enquêtes 236
Amnesty International, Bulletin d’information 107/02, 28 juin 2002
Le procès d’Habib Souaidia sera le procès de l’ex-général Nezzar 237
Collectif permanent de solidarité avec le peuple algérien, Paris, 28 juin 2002
Algérie : le général Nezzar doit être poursuivi par le juge français 239
FIDH, Paris, lundi 1er juillet 2002
Communiqué de presse 239
Justitia Universalis, 1er juillet 2002
14
I. Procès Nezzar vs Souaïdia : presse européenne francophone
Le général algérien Khaled Nezzar actuellement en France
AFP, Paris, 28 juin 2002
Le général Khaled Nezzar, ancien homme fort du pouvoir algérien, se trouve actuellement
en France pour assister au procès qu’il a engagé contre l’ancien officier Habib Souaïdia,
auteur du livre La sale guerre, a indiqué vendredi l’avocat du général Nezzar.
Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense algérien et principal instigateur de
l’interruption du processus électoral en 1991, avait fait l’objet en novembre 2001 de plaintes
pour tortures en France de la part de familles d’opposants algériens.
Selon son avocat, Me Jean-René Farthouat, aucune nouvelle audition du militaire — qui
avait été auditionné par la police en avril dernier — n’est toutefois envisageable durant son
séjour, dans la mesure où ces plaintes « ont fait l’objet d’un classement sans suite après qu’il a
été entendu ».
A partir de lundi et jusqu’à vendredi, Khaled Nezzar assistera donc à l’audience en
diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire qui l’oppose à Habib
Souaïdia, qui dans son livre La sale guerre accuse l’armée algérienne d’être impliquée dans
de nombreux massacres.
——————————————————-
L’armée algérienne défend son honneur lundi au procès de « la sale
guerre »
AFP, Paris, 29 juin 2002
Pour la première fois devant la justice française un haut dignitaire algérien, le général
Khaled Nezzar, viendra défendre lundi l’honneur de son armée en attaquant un ancien
officier, Habib Souaïdia, auteur d’un livre accusant les militaires de massacres, La sale
guerre.
L’ancien ministre de la Défense et principal instigateur de l’interruption du processus
électoral algérien en 1991, actuellement sur le sol français, a fait savoir qu’il serait présent à
l’audience, qui se déroulera pendant toute la semaine devant le tribunal correctionnel de Paris.
« Nous n’avons pas engagé cette procédure pour rien. Nous entendons faire une large mise
en perspective de tout ce qui s’est passé en Algérie ces dernières années », a prévenu l’un de
ses avocats, Me Jean-René Farthouat, qui entend faire citer une quinzaine de témoins, dont
plusieurs anciens hommes politiques et généraux algériens.
Dans ce procès inédit, l’ancien homme fort du régime n’attaque pas directement le livre de
Habib Souaïda (65 000 exemplaires vendus selon les éditions La découverte), mais les propos
qu’il a tenus lors d’une émission diffusée par la Cinquième. A ce titre, le président de France
Télévision, Marc Tessier, est cité à comparaître aux côtés de l’auteur de l’ouvrage.
Dans ce livre, qui a alimenté une très vive controverse des deux côtés de la Méditerranée,
Habib Souaïdia, engagé volontaire en 1989 dans les rangs de l’Armée nationale populaire
(ANP), raconte la torture, les exécutions sommaires et les massacres de civils commis selon
15
lui par les militaires depuis le début des années 1990.
Plaintes en France contre Nezzar
Soutenant cette thèse sur l’antenne de la Cinquième, il avait ainsi déclaré que « les
généraux » ont « tué des milliers de gens ». « C’est eux qui ont décidé d’arrêter le processus
électoral, c’est eux les vrais responsables ».
Dans un parallèle avec les exactions commises par l’armée française durant la guerre
d’Algérie, il avait aussi affirmé : « je ne peux pas pardonner au général Massu et au général
Aussaresses les crimes qu’ils ont commis comme je ne peux pas pardonner au général
Nezzar ».
« L’extraordinaire paradoxe de ce procès c’est que nous avons d’un côté un accusé qui est
un homme extrêmement courageux et qui dénonce des faits graves et de l’autre une victime
qui est suspectée d’avoir couvert des exactions d’une extrême gravité », avance l’un de ses
défenseurs, Me William Bourdon.
« Au travers de la condamnation de Souaïdia le général Nezzar cherche l’acquittement de
l’armée algérienne », ajoute l’avocat.
Pour sa défense, le jeune officier a lui aussi prévu de faire citer de nombreux témoins :
journalistes, militaires algériens dissidents et historiens (dont Pierre Vidal-Naquet et
Mohammed Harbi).
Khaled Nezzar avait fait l’objet en novembre 2001 de plaintes en France pour tortures de la
part de familles d’opposants et avait été auditionné dans ce cadre par la police française en
avril 2002. Selon son avocat, aucune nouvelle audition du militaire n’est toutefois
envisageable durant son séjour le temps du procès, dans la mesure où ces plaintes « ont fait
l’objet d’un classement sans suite ».
Habib Souaïdia, réfugié en France, a pour sa part été condamné en avril dernier à 20 ans de
prison par contumace par le tribunal criminel Sidi M’hamed d’Alger pour « participation à une
entreprise d’affaiblissement du moral de l’ANP (Armée nationale populaire) et de la sûreté de
l’État ».
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L’agenda…
L’Humanité, 1er Juillet 2002
Paris. Ouverture du procès à l’initiative de l’armée algérienne, représentée par le général
Khaled Nezzar, qui attaque un ancien officier, Habib Souaïdia, auteur d’un livre, La Sale
Guerre, accusant les militaires de massacres. L’ancien homme fort du régime n’attaque pas
directement le livre de Habib Souaïdia, mais les propos qu’il a tenus lors d’une émission
diffusée par La Cinquième.
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L’armée algérienne veut se blanchir a Paris
Le général Nezzar attaque en justice l’auteur de « La Sale Guerre »
Libération, José Garçon, lundi 1er juillet 2002
« Nous avons un accusé courageux qui dénonce des faits graves, et une victime suspectée
d’avoir couvert des exactions d’une extrême gravité. » William Bourdon, l’un des avocats de
16
Souaïdia
Il n’y a pas si longtemps, seules des périphrases désignaient le général-major Khaled
Nezzar : « l’homme fort d’Alger » ou « l’un des parrains du régime ». Il était en tout cas l’un
de ces « décideurs » algériens, comme on appelle la petite poignée de généraux qui détiennent
la réalité du pouvoir en Algérie, que personne n’aurait osé nommer publiquement il y a
seulement quelques années.
Autant dire que la présence aujourd’hui (sauf imprévu) de l’ancien ministre de la Défense
devant un tribunal français est un événement. Certes, c’est officiellement un simple procès en
diffamation qui s’ouvre à 13 h 30 devant la 17e chambre correctionnelle : celui intenté par ce
général en retraite à un jeune officier Habib Souaïdia, auteur d’un ouvrage à succès, La Sale
Guerre (plus de 70 000 exemplaires vendus) qui met en cause l’armée algérienne dans des
exactions contre des civils. Ce n’est toutefois pas cet ouvrage qui est visé, mais une
déclaration de Souaïdia diffusée sur la Cinquième. « Cela fait dix années qu’il n’y a pas de
président [en Algérie], y affirme le jeune officier. Il y avait des généraux […], c’est eux les
décideurs, c’est eux qui ont fait cette guerre. C’est eux qui ont tué des milliers de gens pour
rien. C’est eux qui ont décidé d’arrêter le processus électoral, c’est eux les vrais responsables
[…] Je ne peux pas pardonner au général Massu et au général Aussaresses les crimes qu’ils
ont commis, comme je ne peux pas pardonner au général Nezzar […]. Il faut qu’on juge les
coupables. »
En réalité, Khaled Nezzar semble ne s’être décidé à accuser Souaïdia, quatre mois après la
parution de son livre, que pour esquiver une première procédure dans laquelle il était luimême
accusé. Car le 25 avril 2001, la « sale guerre » a rattrapé en France l’ex-homme fort du
régime au moment où, ironie du sort, il y présentait ses Mémoires qui innocentent l’armée de
toute exaction dans ce conflit. S’appuyant sur la « compétence universelle », une famille
algérienne, dont le fils est mort sous la torture, et deux anciens détenus, eux aussi torturés par
les forces armées après la proclamation de l’état d’urgence en 1992, ont porté une triple
plainte contre lui « pour sa responsabilité directe, en tant que ministre de la Défense, puis
membre du Haut Comité d’État, dans la politique de répression généralisée » et pour n’avoir
« pas mis un terme à ces tortures, dont il ne pouvait ignorer le caractère massif et
systématique, alors qu’il en avait les moyens ».
Séisme
Pour des généraux qui, longtemps habitués à une impunité totale, vivent aujourd’hui dans
la hantise de devoir un jour rendre des comptes, cette plainte est un séisme. Y compris parce
qu’elle laisse planer l’impossibilité pour eux de se déplacer à l’étranger. Parce qu’il est le plus
impulsif d’entre eux, ou poussé par certains de ses pairs, Khaled Nezzar a visiblement décidé
de crever l’abcès. Et d’utiliser ce procès en diffamation pour absoudre une fois pour toutes le
haut commandement militaire de toutes les accusations portées contre lui concernant
l’annulation des élections législatives de décembre 1991 remportées par le FIS, le putsch de
janvier 1992 (Front islamique de salut) et une « sale guerre » qui a déjà fait près de 200 000
morts. Bref, considèrent les « décideurs » algériens et ceux qui les ont soutenus pendant cette
décennie, tout valait mieux que laisser le FIS prendre le pouvoir et instaurer une République
islamiste.
Les émeutes en Kabylie, puis dans tout le pays, aux cris de « Pouvoir, généraux assassins »
17
montrent cependant une réalité infiniment plus complexe en Algérie. Car personne ne nie, y
compris dans les cercles du pouvoir, que ce dernier a créé les conditions de la confrontation et
a besoin d’un certain seuil de violence pour se maintenir, tandis que les GIA (Groupes
islamistes armés) demeurent l’un des mouvements les plus opaques de l’histoire des guerres
civiles. Du coup, la question des responsabilités de la « sale guerre » sera sans doute au coeur
des débats du procès. « Ce sera un procès politique. Nous entendons faire une large mise en
perspective de ce qui s’est passé ces dernières années en Algérie », assure d’ailleurs Jean-
René Farthouat, l’avocat de Khaled Nezzar, qui confirmait dimanche la présence du général à
la barre. « L’extraordinaire paradoxe de ce procès, c’est que nous avons d’un côté un accusé
très courageux qui dénonce des faits graves, et de l’autre, une victime qui est suspectée
d’avoir couvert des exactions d’une extrême gravité. Au travers de la condamnation de
Souaïdia, le général Nezzar cherche l’acquittement de l’armée algérienne », estime de son
côté William Bourdon, l’un des avocats de Souaïdia.
Les choses pourraient cependant se compliquer : une nouvelle plainte de six Algériens
pour torture contre le général Nezzar a été déposée vendredi soir à Paris par les avocats
Antoine Comte et William Bourdon (lire page suivante).
Fuite diplomatique
Le 25 avril 2001, Nezzar n’avait échappé à une audition des policiers que grâce à la
bienveillance des autorités françaises qui ont toujours pris soin de ne pas froisser Alger et
n’avaient nulle envie d’une crise diplomatique. Son départ précipité dans la nuit avait donné
la mesure de l’embarras français. Paris, qui avait pourtant confirmé à la brigade criminelle
que le général « ne bénéficiait d’aucune immunité diplomatique », avait trouvé une parade
pour organiser sa fuite en se retranchant derrière une « immunité temporaire » : une note
verbale de six lignes des autorités algériennes envoyée par fax à… 14 h 40 ce même 25 avril à
l’ambassade de France à Alger pour l’informer que « le général Nezzar est en mission
officielle en France depuis une semaine ». Et le soir même, à 0 h 12, celui-ci embarquait
précipitamment à Roissy dans un avion de la présidence algérienne spécialement affrété. Les
liens étroits entre les « services » algériens et français ont fait le reste : une semaine tout juste
après le dépôt de cette plainte, la presse algérienne publiait le nom des trois plaignants qui,
pour des raisons de sécurité évidentes, devaient garder un anonymat absolu…
Khaled Nezzar ne se contentera pas du premier classement de cette plainte, rendu quasi
automatique par sa fuite. Surfant sur « l’effet 11 septembre » qui permet aux dictatures de se
présenter comme des parangons de démocratie, il entend en finir avec une procédure qui lui
interdit de facto de se déplacer. Le 4 avril dernier, il revient à Paris dans le plus grand secret
pour y être entendu, sur sa demande, par la brigade criminelle, assurant qu’il ne s’était pas
expliqué en avril 2001 car son « entourage avait préféré qu’il rentre immédiatement à Alger,
pour éviter qu’il y ait des problèmes politiques entre la France et l’Algérie ». Plaidoyer pro
domo qu’aucune question gênante ou précise ne viendra contrarier. L’audition du général
algérien aboutit au classement de l’affaire le 24 avril. « [Son] contenu, argue le procureur de
la République, n’a pas permis d’apporter d’éléments de nature à me convaincre de prendre
l’initiative de poursuites à l’encontre du général Nezzar. » Pourtant, celui qui fut chargé du
rétablissement de l’ordre dans la capitale lors des émeutes d’octobre 1988 y fait, en creux, un
véritable aveu : « Hormis la fusillade de Bab el-Oued, le 10 octobre 1988, l’usage du feu n’a
jamais été autorisé et ordonné contre les manifestants », affirme-t-il, oubliant de préciser que
18
cet épisode fit des dizaines de morts après que l’armée eut tiré sur une manifestation
pacifique.
Boutiques de luxe
Quatre jours après cette audition, Habib Souaïdia, l’auteur de La Sale Guerre, a été
condamné par contumace par un tribunal d’Alger pour « participation à une entreprise
d’affaiblissement du moral de l’Armée et de la sûreté de l’État » : dix minutes d’audience,
vingt ans de prison. En mai, l’un des trois plaignants retire sa plainte contre le général Nezzar.
La presse avait annoncé que son fils avait été enlevé dans la nuit du 16 au 17 avril par les
services de sécurité à Alger. L’ex-homme fort d’Alger pense désormais pouvoir attendre son
procès en diffamation contre un jeune officier en multipliant les allers et retours à Paris.
Un samedi de juin, il fait, seul et à pied, les boutiques de luxe du quartier de l’Opéra. Il se
vante en public de sa tranquillité depuis les dernières élections en France : « J’étais un peu
interdit de séjour à cause de cette petite plainte déposée contre moi. C’est toujours les mêmes
histoires… Mais j’ai réglé ce problème avec le Quai d’Orsay. Il reste un vague procès, mais je
ne m’en fais plus, surtout maintenant. » Le procès qui s’ouvre aujourd’hui à Paris doit durer
jusqu’à vendredi.
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L’Algérien Lyes Laribi porte plainte pour torture contre Nezzar : « Que
chacun ose dire ce qu’il a vécu »
Libération, Florence Aubenas, lundi 1er juillet 2002
« Le FIS était la peste. Ceux qui l’approchaient même malgré eux, ceux qui avaient juste
voté pour lui, une barbe trop longue, un mot de trop : coupables. »
Leur jeunesse et ses plaisirs avaient un paradis, les Haras de la garde républicaine du Lido
à Alger. Là, grâce à l’entregent d’un parent bien placé dans la cavalerie, une petite bande
d’étudiants passe des journées entières dans le piétinement des chevaux, la fièvre des
compétitions et l’exaltation de frôler les hautes sphères algéroises.
Ce 16 mars 1992, aux Haras du Lido, Lyes Laribi, 25 ans, reconnaît l’éternel Hamid, chef
des paddocks, ou encore cet officier qui avait loupé le championnat l’année d’avant. Mais, ce
jour-là, ces silhouettes familières poussent des prisonniers par centaines, « bleus de tortures »,
défigurés par les coups, attendant d’être déportés vers sept camps d’internement du désert
algérien. Et Lyes Laribi est parmi eux, effaré de faim et de peur, se battant pour un peu d’eau
dans l’abreuvoir des chevaux. Il va passer quatre ans dans le camp d’In M’guel et à la prison
militaire de Blida. Entre 1991 et 1995, plus de 15 000 personnes ont ainsi été déportées, sans
jugement, sur simple décision arbitraire.
Alors que s’ouvre aujourd’hui le procès en diffamation intenté par le général Nezzar contre
Habib Souaïdia (lire page précédente), une nouvelle plainte pour « torture » vient d’être
déposée en France contre l’ex-ministre de la Défense par six Algériens, dont Lyes Laribi. Un
chassé-croisé judiciaire qui pourrait bouleverser les audiences parisiennes. Lyes témoigne
aussi par un livre, Dans les geôles de Nezzar (1), où le récit des supplices est parfois
insoutenable. Ce que racontent surtout ces procédures et cet ouvrage poignant — le premier
sur ces camps de déportation —, c’est l’histoire du grand silence algérien.
19
« On croyait vivre »
« Je cherche la réponse que personne ne m’a jamais donnée en quatre ans d’internement :
pourquoi et sur quelle instruction m’a-t-on arrêté ? », dit Laribi. A l’époque, c’est
l’effervescence, la fugace « ouverture démocratique » qui a suivi les émeutes d’octobre 1988
à Alger, l’instauration du multipartisme qui va durer quatre ans. A la faculté de Bab-ez-Zouar,
tout bouillonne, les études et la drague, cette « mode des syndicats libres ». Comme tout le
monde ou presque, Laribi, fils d’une famille algéroise d’universitaires, fonde le sien avec
quelques copains, une petite structure démocratique plutôt de gauche. « On avait l’âge des
folies. On ne se rendait pas compte. On croyait vivre. On défiait le pouvoir ».
En 1990, le FIS (Front islamique du salut) remporte les municipales et vogue vers la
victoire aux législatives de décembre 1991. Les autorités élaborent alors un projet de loi
électorale, notamment un nouveau découpage censé rattraper administrativement ce qui était
perdu politiquement. Grèves, marches… les protestations s’élèvent côté FIS, mais aussi du
côté de l’opposition non islamiste, également lésée par ces mesures. C’est le début des
déportations, et l’arrestation des principaux dirigeants du FIS. Lorsque ce dernier remporte
néanmoins le premier tour de ces législatives, le processus électoral est suspendu, le président
Chadli Bendjedid « démissionné » et, appuyés par les chars, cinq militaires et civils
s’installent au pouvoir. La contestation reprend. A l’occasion d’une assemblée à la faculté de
Bab-ez-Zouar, organisée par un mouvement étudiant proche des islamistes, dont il ne fait pas
partie, Laribi dénonce lui aussi le « coup d’État ». « A ce moment, il y avait deux camps :
ceux qui approuvaient la situation et ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’un coup de force.
Cette analyse n’appartenait pas, loin s’en faut, au seul FIS ».
Quelques semaines plus tard, au centre de torture, on criera pourtant à Lyes « islamiste ! ».
Arrivé au camp d’In M’guel, on ne dit déjà plus que « terroriste ». « Le FIS était la peste.
Ceux qui l’approchaient, même malgré eux, ceux qui avaient juste voté pour lui, une barbe
trop longue, un mot de trop : coupables. Le car de l’usine de bière d’El Harrach avait été
arrêté à un barrage de police. A l’époque, on n’était pas encore habitué à ces contrôles et un
ouvrier, saoul, a crié pour les emmerder : « Vive le Fis ! ». Aucun d’entre eux ne savait même
faire la prière ». Tous ont été déportés. « Terroristes ». Les forces de sécurité sont survoltées.
Lors d’un simulacre d’exécution au camp d’In M’guel, un gradé pointe son arme contre la
tempe d’un prisonnier : « Dis à ton Dieu que les gendarmes d’Algérie l’emmerdent. » Les
années les plus noires de la sale guerre commencent. Pour une grève de la faim en 1993 à In
M’Guel, des protestataires sont accusés de « destruction de matériel de l’armée » et transférés
à la prison militaire de Blida. Un juge d’instruction, capitaine, est saisi. Il doute du dossier,
d’ailleurs jamais jugé. Loin de se rassurer, les accusés (dont Lyes fait partie) sont pris de
panique, « comme fous. Puisque tout est faux et qu’il le sait, la vraie raison de notre présence
ici doit être bien pire. »
Harcèlement
Laribi est libéré le 30 novembre 1995 : « Les gens changeaient de trottoir, ostensiblement,
en me voyant. Dans l’escalier, les voisins guettaient mes allées et venues : cela peut coûter
cher un « bonjour » à quelqu’un qui sort de là-bas. A la fin, quand quelqu’un m’adressait la
parole, c’est moi qui devenais méfiant : pourquoi me parle-t-il ? C’est louche. Un indicateur
peut-être ? » Comme tous les anciens détenus, l’étudiant est harcelé, papiers confisqués,
emprisonné à nouveau dans le même centre de torture. Lyes Laribi se réfugie en France en
20
2000. Sa première visite est pour une organisation humanitaire à Paris. Quand il raconte la
torture, les sévices, l’horreur des camps et de la prison, on s’obstine à ne lui poser qu’une
question : « Mais étiez-vous islamiste ? ». Avec le commentaire : « Parce que pour eux, c’est
bien fait. » Et l’innocence se fait inavouable. Lyes pourtant les comprend, « ces
Occidentaux ». « Ils ont le droit d’avoir peur. Mais pour nous, il y a quelque chose alors qui
se dérobe. On n’a plus le courage de dire. »
Laribi s’est associé à la première procédure contre Nezzar, à Paris en avril 2001, parce
qu’il avait une entière confiance en un autre des deux plaignants. « En représailles, son fils a
été enlevé dix jours à Alger par la police. Il a fini par se retirer », raconte Lyes. Lui continue
avec une nouvelle plainte contre le général : « Je me sentirai traître d’abandonner maintenant.
Que chacun ait aujourd’hui le courage de dire ce qu’il a vécu. Eux comme nous. » Le 4 avril
dernier, la police française entendait le général Nezzar dans la première procédure. A propos
des déportations réalisées à partir de 1991, il s’exclamait : « Personne ne s’est plaint alors. »
Et, sur Laribi et ses quatre ans de détention : « C’est un activiste islamiste convaincu. Je ne
me suis jamais rendu dans les centres où il a été incarcéré. Je ne comprends pas pourquoi je
suis mis en cause par cet homme. » Classée sans suite.
(1) Editions Paris-Méditerranée, 15 euros, 230 pp.
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La « sale guerre » civile algérienne en procès devant le tribunal
correctionnel de Paris
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 1er juillet 2002
Le général Nezzar, ex-homme fort d’Alger, accuse de diffamation un ancien officier réfugié
en France.
Étrange paradoxe : c’est à un tribunal français que va revenir le soin de trancher une
querelle entre militaires algériens et, au-delà, d’éclairer un pan de l’histoire récente du pays.
Et pas n’importe laquelle : celle qui a vu, en janvier 1992, l’interruption d’élections
législatives que les islamistes étaient en passe de gagner haut la main.
On en connaît les conséquences. L’Algérie a sombré dans une guerre civile qui a fait
100 000 morts (l’estimation est du président Bouteflika) voire davantage, pour l’essentiel des
civils. Dix ans après, la violence a nettement baissé mais elle est loin d’avoir disparu.
A l’origine du procès qui s’ouvre, lundi 1er juillet — en principe pour une semaine —
devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, quelques phrases lâchées à la
télévision française, en mai 2001, par un ancien officier, Habib Souaïdia. Les « généraux »,
avait-il déclaré, c’est eux les décideurs, c’est eux qui ont fait la guerre. C’est eux qui ont tué
des milliers de gens pour rien du tout ». « C’est eux qui ont décidé d’arrêter le processus
électoral, c’est eux les vrais responsables [de la guerre civile]« , avait-il ajouté. Cette grille de
lecture, qui exonère pour partie les islamistes, continue à diviser aujourd’hui la société
algérienne en deux camps irréductibles, tout comme ceux qui, en France, s’intéressent au sort
de l’Algérie.
Que cette prise de position débouche sur un procès qui s’annonce orageux tient également
à la personnalité du plaignant et à celle du prévenu. Habib Souaïdia n’est pas n’importe qui.
Militaire en rupture de ban, aujourd’hui réfugié politique en France, il est l’auteur d’un livre
21
qui a fait scandale, à sa sortie, de part et d’autre de la Méditerranée. Dans La Sale Guerre
(Éditions La Découverte), M. Souaïdia raconte avec précision comment, engagé volontaire en
1989, il a été témoin de tortures, d’exécutions sommaires et de massacres de civils dont il
attribue clairement la paternité à l’armée.
C’était la première fois qu’un témoignage venu de l’intérieur de l’institution militaire
mettait ainsi ouvertement en cause l’armée. D’où le succès du livre en librairie (85 000
exemplaires vendus toutes éditions confondues) et, en avril 2002, la condamnation de son
auteur, réfugié politique en France, à 20 ans de prison par contumace par un tribunal algérien
pour « participation à une entreprise d’affaiblissement du moral de l’ANP [Armée nationale
populaire] et de la sûreté de l’État ».
Dans l’entretien accordé à la Cinquième chaîne (ce qui explique que le président de France
Télévision, Marc Tessier, est cité à comparaître), Habib Souaïdia ne s’en était pas uniquement
pris à l’institution militaire. Il avait eu des mots très durs à l’encontre de celui qui, par sa
position, incarnait le régime lorsque l’Algérie a sombré dans la violence, le général Khaled
Nezzar. M. Souaïdia l’accusait de crimes et le comparait aux généraux français Massu et
Aussaresses.
Aujourd’hui à la retraite, Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense nationale, a donc
décidé de porter plainte pour diffamation. Sa démarche, a-t-il précisé, n’engage que sa
personne « même si l’enjeu concerne l’Algérie tout entière ».
Et c’est ainsi qu’un tribunal français va devoir se pencher sur une période tumultueuse et
dramatique de l’histoire récente de la jeune Algérie. « Il s’agit du premier grand procès du
régime militaire algérien », résume l’éditeur de La Sale Guerre, François Gèze.
Les débats promettent d’être passionnés. De part et d’autre, les témoins convoqués ont été
des acteurs engagés et, pour certains, le sont encore. Défendu par Me Jean-René Farthouat, le
général Nezzar a fait citer, entre autres personnalités, un ancien Premier ministre, Sid Ahmed
Ghozali, l’actuelle porte-parole du gouvernement, Khalida Messaoudi, le directeur de
l’Observatoire des droits de l’homme, Rezzag Bara, une poignée d’universitaires (dont André
Mandouze) et quelques journalistes.
Les témoins de la partie adversaire, dont Me William Bourdon et Me Antoine Comte
assureront la défense, ne sont pas moins intéressants. Ont été sollicités les historiens
Mohammed Harbi et Pierre Vidal-Naquet, la députée du Parlement européen Hélène Flautre,
la soeur du chanteur kabyle assassiné Lounès Matoub, Malika Matoub, et surtout quatre
militaires entrés en dissidence, dont deux appartiennent au MAOL, un mouvement d’officiers
libres connu pour ses « révélations » diffusées sur Internet. Au total, pour les deux parties, pas
moins de 38 témoins ont été cités.
La situation personnelle du général Nezzar n’est pas faite pour calmer les débats. En
novembre 2001, sous le coup de plaintes pour « tortures » déposées par des familles de
victimes, il avait dû quitter précipitamment la France où il se trouvait en visite privée. Un an
plus tard, il était auditionné par la brigade criminelle et son affaire a fait l’objet d’un
« classement sans suite », selon son avocat. Mais une nouvelle plainte contre le général Nezzar
a été déposée par six personnes, vendredi 28 juin, auprès du procureur de la République pour
« tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants ». A l’ouverture du procès, le statut de
l’ancien ministre de la défense apparaît à nouveau incertain.
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L’armée algérienne « défend son honneur » en France
RFI, Mounia Daoudi, 1er juillet 2002
Le procès en diffamation contre Habib Souaïdia, cet ancien officier algérien, auteur de
l’ouvrage à succès La Sale Guerre qui dénonce notamment les exactions de l’armée
algérienne contre des civils depuis l’interruption en janvier 1992 du processus électoral, s’est
ouvert lundi après-midi devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Ce procès
pour lequel le plaignant n’est autre que le général Khalid Nezzar, ancien ministre de la
Défense et l’un des anciens hommes forts du régime algérien, sera dans l’esprit de
l’accusation l’occasion de « blanchir » l’armée algérienne. La défense dénonce, elle, « le
paradoxe d’un procès où l’accusé, Habib Souaïdia, est un homme extrêmement courageux qui
dénonce des faits graves et la victime, une personne suspectée d’avoir couvert des exactions
d’une extrême gravité ».
Ce n’est paradoxalement pas pour La Sale Guerre que Habib Souaïdia est poursuivi en
diffamation par le général à la retraite Khalid Nezzar. L’ouvrage, qui a connu un franc succès
avec 70 000 exemplaires déjà vendus, avait pourtant provoqué un séisme à Alger. Et même si
le livre n’a pas été distribué dans les librairies algériennes, l’ouvrage a suscité un tel émoi que
le chef d’État-major, le général Lamari, s’était senti obligé de réagir dans un communiqué à
ses troupes. Il y dénonçait notamment une opération visant à donner de l’armée « un visage
dictatorial » ainsi qu’un « rôle politique obscur et handicapant ». Habib Souaïdia a d’ailleurs été
condamné par contumace par un tribunal d’Alger à vingt ans de prison pour « participation à
une entreprise d’affaiblissement du moral de l’armée et de la sûreté de l’État ».
Même si La Sale Guerre a été qualifiée de « tissu de mensonges » par les autorités
algériennes, le général Khalid Nezzar a choisi d’attaquer pour diffamation son auteur pour
une toute autre affaire. Il s’agit d’une déclaration diffusée par la chaîne de télévision française
la Cinquième dans laquelle Habib Souaïdia affirme que « les généraux -les véritables
décideurs- ont tué des milliers de gens pour rien ». « Ce sont eux qui ont décidé d’arrêter le
processus électoral, affirme-t-il, ce sont eux les vrais responsables ». L’ancien officier n’hésite
d’ailleurs pas à citer des noms et affirme qu’il ne peut pas « pardonner au général Nezzar » et
qu’il faut « juger les coupables ».
L’occasion était donc toute trouvée pour l’armée algérienne de « se blanchir » puisque le
général Nezzar veut « un procès politique ». Son avocat affirme en effet que le but recherché
est de « faire une large perspective de ce qui s’est passé ces dernières années ». Il s’agit dans
l’esprit des autorités algériennes de détruire « le complot médiatique fait au régime ». Pour
l’ancien homme fort, « les auteurs de ce complot, qui utilisent Habib Souaïdia comme un
simple pion, sont le Front islamique du salut (FIS aujourd’hui dissous) et le Front des forces
socialistes (FFS, principal parti d’opposition) ». Le procès qui s’est ouvert lundi à Paris risque
donc de traiter d’enjeux de politique intérieure algérienne auprès d’une juridiction bien
éloignée du territoire algérien.
Le général Nezzar n’est pas à l’abri de poursuites
Si l’ancien homme fort du régime algérien se présente comme une victime devant le
tribunal de Paris, il n’est pas pour autant à l’abri de poursuites judiciaires. Le général Nezzar
avait dû en effet en avril dernier quitter précipitamment Paris pour éviter de se retrouver
confronté à la justice française. S’appuyant sur la compétence universelle, cette dernière avait
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en effet jugé recevable des plaintes pour tortures déposées contre lui par trois Algériens.
L’affaire avait été ensuite classée puisque selon le procureur de la République « le contenu de
la plainte n’a pas permis de d’apporter d’éléments de nature à prendre l’initiative de
poursuites à l’encontre du général Nezzar ».
Une nouvelle plainte a toutefois été déposée la semaine dernière contre l’ancien ministre
de la Défense pour « tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants ». Neuf Algériens
demandent ainsi au procureur de la République l’ouverture d’une enquête préliminaire pour
que « soit procédé à l’interpellation et à l’audition du général Nezzar ». Selon eux, ce dernier a
eu jusqu’en 1994 les prérogatives d’un « super chef d’État » et « c’est sous sa direction que fût
appliquée la politique de répression systématique » du peuple algérien. La justice française vat-
elle donner suite à cette plainte ? C’est ce que se demandent les militants algériens des droits
de l’homme.
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France-Algérie/Paris : nouvelle plainte contre Nezzar
Associated Press, 1er juillet 2002
Le tribunal doit entendre mardi à 9h30 Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre
algérien de juin 1991 à juillet 1992.
L’ancien ministre de la Défense algérien, qui se trouve actuellement à Paris, est accusé de
« tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants ».
Une nouvelle plainte a été déposée vendredi à Paris par neuf Algériens contre l’ancien
ministre de la Défense algérien, Khaled Nezzar, pour tortures et traitements cruels, inhumains
et dégradants, a-t-on appris lundi auprès de l’un de leurs avocats, Me William Bourdon.
M. Nezzar, ancien homme fort du régime algérien lors de l’interruption du processus
électoral en 1992, se trouve actuellement en France pour assister à partir de lundi au procès
qu’il a intenté à un ancien sous-officier de l’armée algérienne, Habib Souaïdia, auteur du livre
La Sale Guerre.
De précédentes plaintes déposées pour les mêmes motifs en avril 2001 contre M. Nezzar
ont été depuis classées sans suite par le parquet de Paris.
Audition
Les plaignants demandent au procureur de la République l’ouverture d’une enquête
préliminaire pour que « soit procédée à l’interpellation et à l’audition du Général Khaled
Nezzar ».
Selon eux, M. Nezzar a eu jusqu’en 1994 les prérogatives d’un « super chef d’État » et c’est
« sous sa direction que fut appliquée la politique de répression systématique des opposants et
notamment du FIS (Front islamique du salut, dissous, NDLR) et c’est sous sa direction encore
que continuèrent à être commis de façon massive des crimes de torture ».
Raisons politiques
« Les déportations, les meurtres collectifs, les exécutions extrajudiciaires en série et surtout
l’utilisation massive de la torture se sont inscrits dans le cadre d’une politique de répression
systématique inspirée par des raisons politiques dont Monsieur Khaled Nezzar a été le
principal instigateur et artisan », poursuit le texte de la plainte.
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Parmi les plaignants figurent plusieurs des personnes qui avaient déjà déposé plainte en
avril 2001, dont les membres d’une même famille, ainsi que Lyez Laribi, un étudiant ayant
passé plusieurs années en prison en Algérie, une expérience qu’il raconte dans un livre intitulé
Dans les geôles de Nezzar.
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2 juillet 2002 : France 2 a fait un sujet sur le procès dans le JT de 20 h

2 juillet 2002 : France 3 a fait un sujet sur le procès dans le JT de la nuit
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Procès Souaïdia-Nezzar : deux visions de l’Algérie
Le journal permanent du Nouvel Obs, 2 juillet 2002
Lors du procès en diffamation intenté contre lui par le général Khaled Nezzar, Habib
Saouïda dénonce les exactions perpétrées par l’armée algérienne.
Face au général à la retraire Khaled Nezzar qui le poursuit en diffamation, Habib Saouïdia,
auteur du livre La Sale Guerre, a réitéré devant la justice française ses propos contre l’armée
algérienne qu’il accuse de massacrer la population de son pays. « L’Histoire vous rattrapera
dans votre tombe », s’est écrié l’ex-sous-lieutenant en pointant un doigt vengeur vers l’ancien
ministre algérien de la Défense assis devant ses avocats. Khaled Nezzar poursuit Habib
Souaïdia pour des propos tenus le 27 mai 2001 sur la chaîne La Cinquième lors de l’émission
Droits d’auteur consacrée à l’Algérie. Il demande 15 000 euros de dommages-intérêts.
Accusations réitérées
Habib Souaïdia, âgé de 33 ans, réfugié en France depuis avril 2000, n’a cessé lundi de
marteler ses accusations de corruption à l’encontre du pouvoir algérien et de ses généraux qui
constituent, selon lui, « une seule famille qui décide » du devenir de l’Algérie. « Ils savent très
bien que s’il y a une démocratie en Algérie, ce seront les premiers à être jugés », a-t-il
expliqué. « Nezzar dit qu’il a sauvé la démocratie de l’intégrisme. Où est la démocratie en
Algérie ? », s’est-il emporté alors que la majorité du public, qui suit les débats devant la 17e
chambre du tribunal correctionnel de Paris, est acquis à sa cause.
Armée algérienne
Des propos vivement contestés par le général Nezzar, pour qui les exactions orchestrées en
Algérie sont l’oeuvre des islamistes intégristes, même s’il a reconnu qu’il pouvait y avoir eu
des « bavures » commises par l’armée.
Sanglé dans un costume sombre, le général Nezzar, qui refuse d’être pris pour « un
apparatchik assoiffé de pouvoir à l’instar de [ses] compagnons », s’en est pris à une presse
française qui tente de « faire croire que les odieux massacres perpétrés par les islamistes
intégristes seraient l’oeuvre de l’armée algérienne ». « L’armée algérienne n’est pas une armée
de barbares », a-t-il affirmé avec force. C’est « une armée populaire confrontée à une situation
inédite et difficile avec la guerre contre les intégristes », a-t-il encore fait valoir.
« Éviter la guerre civile »
Celui qui fut l’un membre du Haut comité d’État, présidé par Mohamed Boudiaf, chef
d’État assassiné il y a tout juste dix ans, a justifié l’interruption du processus électoral en
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1992. « Il fallait éviter la guerre civile et l’ »afghanisation » de l’Algérie. En un mot, un État
taliban ».
Considéré comme acteur de la tendance « éradicatrice » du pouvoir algérien qui refuse tout
compromis avec les intégristes, Khaled Nezzar concentre sur sa personne les attaques de la
mouvance « réconciliatrice », animée notamment par Hocine Aït Ahmed, secrétaire général du
Front des forces socialistes (FFS), exilé en Suisse.
Nouvelles plaintes
Défendu par Me Antoine Comte, avocat parisien de M. Ahmed, Habib Souaïdia a demandé
plusieurs fois à la barre du tribunal la création d’une commission d’enquête. « On trouvera qui
sont les responsables de tous les massacres ».
Une nouvelle plainte pour tortures a été déposée vendredi contre le général Nezzar par Mes
William Bourdon et Antoine Comte au nom de six plaignants qui l’accusent d’avoir couvert
de son autorité le recours à la torture après la proclamation de l’état d’urgence en 1992. Cette
plainte qui vise les faits de tortures et actes inhumains au sens de la Convention de New York
de 1984, ratifiée par la France, est actuellement à l’étude au parquet de Paris, indique-t-on
lundi de sources judiciaires.
Une plainte similaire avait été déposée par les mêmes avocats au nom de trois plaignants
l’an passé au mois d’avril. Une procédure classée sans suite mais qui avait conduit le général
Nezzar a quitter précipitamment la France où il était venu présenter son ouvrage, « Algérie,
échec d’une régression avancée ».
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Un ex-Premier ministre algérien défend le rôle de l’armée
Reuters, mardi 2 juillet 2002, 15h04
PARIS (Reuters) — Sid Ahmed Ghozali, ex-Premier ministre algérien, a soutenu mardi au
tribunal de Paris l’armée de son pays, qui a barré la route du pouvoir aux islamistes après les
élections législatives de 1992.
« Notre conviction était que laisser le pouvoir aux islamistes, c’était laisser tomber
l’Algérie », a-t-il dit à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Il a estimé que l’armée était
« le seul rempart contre l’obscurantisme » dans son pays.
Il témoignait au procès en diffamation d’un ancien officier de l’armée algérienne, Habib
Souaïdia, qui a soutenu dans un livre intitulé La Sale Guerre que les généraux algériens
utilisaient la guerre civile et organisaient eux-mêmes des massacres de civils imputés aux
islamistes, afin de monopoliser le pouvoir politique et économique.
Pour Sid Ahmed Ghozali, qui était Premier ministre au moment de l’interruption du
processus électoral en 1992 et au début de la guerre civile, qui a fait au moins 100 000 morts
en dix ans, cette thèse est une invention des islamistes.
« La stratégie de l’islamisme, c’est de s’emparer du pouvoir sur la base de l’effondrement
de l’État en passant par la déstabilisation de l’armée », a-t-il dit.
Il a affirmé que l’intervention armée de 1992 n’avait pas décidée par les militaires seuls
mais avait bénéficié d’un consensus très large dans la société civile et les milieux politiques.
L’ancien président Ahmed Ben Bella lui aurait d’ailleurs dit à ce moment : « Mon fils, tu ne
vas pas laisser le pouvoir à cette bête immonde ! ».
Le procès contre Habib Souaïdia a été initié par le général Khaled Nezzar, à qui on prête
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un rôle important dans l’interruption du processus électoral et qui se voit imputer des faits de
tortures par des plaignants algériens.
Le procès doit durer toute la semaine. Une vingtaine de témoins au total doivent venir
déposer sur les différents aspects de la guerre civile algérienne.
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L’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali justifie la mise hors la loi du
FIS
Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 12h48
PARIS (AP) — « Laisser le pouvoir aux islamistes, c’était la fin de l’Algérie ». Sid Ahmed
Ghozali, ancien Premier ministre algérien, a justifié mardi l’interruption du processus
électoral en 1991, au deuxième jour du procès qui oppose à Paris le général à la retraite
Khaled Nezzar à Habib Souaïdia, auteur de La Sale Guerre.
En 1991, il n’y avait d’autre choix, a-t-il affirmé que de mettre fin au processus électoral
qui avait vu le Front islamique du salut (FIS) arriver en tête des élections législatives avec
26 % des suffrages mais 60 % d’abstention.
« Le FIS, avec la complicité d’un clan au pouvoir, a manipulé les listes électorales et le
scrutin », a-t-il soutenu à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Ce résultat était un vote de
« rejet de tous ceux » que le peuple « considérait comme étant responsable des difficultés dans
lesquelles » il était, a-t-il poursuivi.
L’interruption du processus électoral n’a pas été décidé par les militaires seuls, a-t-il
assuré, car il s’agissait d’une décision « des militaires, du gouvernement et de la société civile
d’un commun accord ». D’ailleurs, Ahmed ben Bella, l’un des père de la révolution algérienne
lui aurait dit : « Mon fils, tu ne vas pas laisser le pouvoir à cette bête immonde ».
L’ancien ambassadeur d’Algérie en France, cité comme témoin à la demande du général
Nezzar, a expliqué qu’il n’avait pas voulu être le Chapour Bakhtiar de l’Algérie » dans une
allusion au dernier Premier ministre du shah d’Iran avant la prise de pouvoir de l’ayatollah
Khomeini.
« L’Algérie n’est pas une république bananière avec d’un côté des militaires assoiffés de
sang et de l’autre côté des civils obéissants », s’est insurgé M. Ghozali qui refuse d’être pris
pour un « apparatchik » inféodé aux militaires.
Selon lui, les violences islamiques n’ont pas commencé avec l’interruption du processus
électoral en 1991 mais remontent bien avant la légalisation du FIS en 1989. « La stratégie des
islamistes vise à exploiter les situations de détresse, de frustration et de corruption, qui sont de
la responsabilité du pouvoir en place, pour accéder au pouvoir », a-t-il expliqué. Et pour mieux
accéder au pourvoir, estime l’ancien Premier ministre, il faut « déstabiliser l’armée, seul
rempart aux projets islamiques ».
Les débats se poursuivent mardi après-midi avec l’audition de témoins de la défense et de
la partie civile. AP
pas/Bg
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« La sale guerre » de l’armée algérienne devant la justice à Paris
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AFP, mardi 2 juillet 2002, 11h09
PARIS (AFP) — Un ancien militaire algérien, Habib Souaïdia, auteur du livre La Sale
Guerre poursuivi depuis lundi en diffamation à Paris par le général Khaled Nezzar, a répété
au dignitaire les graves accusations qu’il porte contre son armée, l’accusant de « massacres » et
de « tortures ».
Véhément, souvent confus, l’ancien officier, un petit homme de 33 ans, s’est même fait
menaçant à l’encontre de l’ancien ministre de la Défense nationale (1990-1993), lui lançant :
« l’Histoire vous rattrapera dans votre tombe ! ».
Assis face à lui, le fixant du regard sans broncher, Khaled Nezzar, 64 ans, a longuement lu
un texte. « Au delà des propos diffamatoires à l’égard de ma personne c’est en réalité sur tout
un peuple, son gouvernement et son armée […] que les diffamateurs et leur porte-voix tentent
de jeter l’opprobre », a-t-il répliqué.
Principal instigateur de l’interruption du processus électoral algérien en janvier 1992,
M. Nezzar poursuit Habib Souaïdia devant la 17e chambre du tribunal correctionnel pour des
propos qu’il a tenus lors d’une émission diffusée sur La Cinquième, en mai 2001.
Soutenant la thèse selon laquelle l’armée algérienne organise des massacres dans la guerre
civile qui secoue le pays depuis 10 ans, afin de se maintenir au pouvoir, M. Souaïdia avait
notamment affirmé que « les généraux » ont « tué des milliers de gens ».
Dans un parallèle avec les exactions commises par l’armée française durant la guerre de
décolonisation, il avait aussi lancé : « je ne peux pas pardonner au général Massu et au général
Aussaresses les crimes qu’ils ont commis comme je ne peux pas pardonner au général
Nezzar ».
Interrogé sur les exactions dont il dit avoir été témoin, il raconte au tribunal avoir vu des
militaires brûler vif un enfant de 15 ans après l’avoir aspergé d’essence. « On prend l’enfant,
on le met sur une décharge publique, on verse sur lui de l’essence et on allume avec du
plastique […]. Quel être humain peut faire ça ? ».
Souaïdia dit également avoir été contraint d’escorter en mars 1993 des militaires déguisés
en islamistes dans un village appelé Douar Ez-Zaatria, où ils auraient massacré 12 civils. « J’ai
vu ces collègues habillés en civil avec des fusils de chasse, des poignards, portant la barbe et
sortir dans des voitures banalisées pour faire la chasse aux Algériens ! ».
Face à ces graves accusations, déjà rapportées dans son ouvrage (environ 70 000
exemplaires vendus), Khaled Nezzar a répondu que « l’armée algérienne n’est pas une armée
de barbares ».
Il a aussi longuement justifié l’interruption du processus électoral et le rôle des militaires
dans la lutte contre les islamistes. « L’action de l’armée a eu pour but de préserver l’ordre
menacé par les islamistes […]. Il fallait éviter l’afghanisation de l’Algérie, en un mot, l’État
taliban ».
Les avocat de Souaïdia, Mes William Bourdon et Antoine Comte, ont profité de la
présence de Nezzar en France pour déposer à son encontre, au nom de neuf Algériens, une
nouvelle plainte pour tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants. De précédentes
plaintes déposées pour les mêmes motifs en avril 2001 ont été depuis classées sans suite.
Mardi, les débats reprendront à 09H30 avec l’audition de l’ancien Premier ministre Sid
Ahmed Ghozali (juin 91-juillet 92), cité par la défense de Khaled Nezzar. Le procès doit
s’achever vendredi.
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L’armée algérienne devant la justice française
« Je n’arrive toujours pas à savoir comment on a fait ça » : l’officier
Souaïdia a raconté hier la sale guerre des généraux
Libération, Florence Aubenas, mardi 2 juillet 2002
« Pourquoi moi ? » Quand, il y a un an, un ex-sous-lieutenant, Habib Souaïdia, a publié La
Sale Guerre, racontant les exactions de l’armée algérienne depuis 1992, il s’attendait à être
attaqué en justice, par un général ou un autre. Et rien. « D’autres ont même dit pire que moi.
Un ancien officier a écrit un livre où il accuse le général Nezzar d’avoir tué sa femme (1). » A
ces mots, la salle de la 17e chambre correctionnelle de Paris sursaute. Tous sauf Nezzar,
impassible. Finalement, Souaïdia est devant le tribunal, attaqué en diffamation par cet exministre
de la Défense algérien pour une interview diffusée sur TV5.
La salle du tribunal est trop petite. On se bouscule. Ceux qui sont entrés ont du mal à rester
assis. L’énervement, l’émotion. Tout le monde sait ce qui va se jouer pendant cinq jours : le
premier procès des responsabilités dans une guerre qui a déjà fait 200 000 morts.
Exécutions
« On était la chair à canon. » A la barre, Souaïdia, réfugié en France, raconte les « Forces
spéciales », où il fut officier à partir de 1992. Les viols, la torture, les exécutions. Et sa voix
qui se casse pour raconter ce soir parmi d’autres, à Lakhdaria. « Aujourd’hui encore, je
n’arrive pas à savoir comment on s’est retrouvés à faire ça. On est partis en Renault Express
avec des collègues. » A bord, un homme et un enfant de 15 ans, « qu’on a sortis de leur
maison », accusés de terrorisme. « Quand on arrive à la décharge de la ville, on met l’enfant à
poil. Il est attaché avec des fils de fer. » La salle s’est figée dans le silence. « On verse du
carburant sur l’enfant, on le met dans du plastique pour que, de lui, il ne reste rien du tout. On
allume le feu. Le lendemain, comme toujours, la gendarmerie emballe ce qui reste, comme de
la merde. Elle dit : « Les terroristes l’ont tué. » Et la mère du gamin, qu’est-ce qu’elle peut
dire ? On avait des ordres, mais les généraux, en Algérie, personne ne peut les accuser. Si
c’était une démocratie, c’est lui qui serait jugé en premier. »
De la chaise en face, se déplie 1,90 mètre en costume-cravate. Le président s’inquiète :
« On m’a dit que vous étiez malade. Vous pouvez rester debout ? » L’autre opine gravement.
Sort un premier papier. Lit : « Je suis le général Nezzar Khaled. » Puis un second, dont il
déchiffre tout avec cérémonie, ponctuation comprise. Pour ce haut gradé d’une Algérie
toujours prête à s’irriter d’une possible « ingérence étrangère », les raisons d’avoir saisi un
tribunal français paraissent un étrange écho aux accusations de Souaïdia : « Une procédure en
Algérie aurait été, aux yeux de mes accusateurs, frappée de suspicion au motif d’une justice
subordonnée au pouvoir. » A une question d’un avocat de la défense, Antoine Comte, le
général commence à se fâcher : « Je vous appelle maître pour ne pas vous appeler autrement. »
Comte : « Vous vous croyez où ? Nous sommes dans un État de droit, vous devez m’appeler
maître. » Dans la salle, des amis de Nezzar murmurent : « Vous vous rendez compte comment
on ose parler à un général. »
« Illettré »
Puis William Bourdon, l’autre avocat de la défense, l’interroge sur les déclarations d’un
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autre général, critiquant ceux qui, comme Nezzar, ont annulé en 1992 le processus électoral
que le FIS s’apprêtait à remporter. Et là, le général Nezzar devient le général Nezzar,
déclarant : « C’est un illettré. Il a une usine de couvertures et une ligne de transport. C’est
normal, depuis l’indépendance, on a des généraux illettrés. »
(1) La Mafia des généraux, par Hichem Aboud
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Algérie : le procès de la « sale guerre »
Le Parisien, Catherine Tardrew, 2 juillet 2002
EN PRINCIPE, il s’agit d’un banal procès en diffamation. Seulement voilà : à la veille, ou
presque, du 40e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet, un tribunal français
est appelé à se prononcer sur une affaire dont les deux protagonistes sont des militaires
algériens. Le général Khaled Nezzar, ex-ministre de la Défense, longtemps considéré comme
l’homme fort d’Alger, estime son honneur bafoué par un sous-lieutenant. Son nom : Habib
Souaïdia. Dans son livre La Sale Guerre (La Découverte), Souaïdia accuse l’armée algérienne
de massacres dont, depuis douze ans, les groupes armés islamistes sont tenus responsables.
Plus : il a affirmé que ce sont les généraux (dont Nezzar) qui, en janvier 1992, ont « arrêté le
processus électoral ». Furieux, Nezzar a porté plainte pour diffamation. Mais, hier, devant la
17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, personne n’est dupe. La question est : « Qui
tue qui en Algérie ? »
« Vider l’abcès »
Le sous-lieutenant Souaïdia, c’est « David contre Goliath ». Condamné à quatre ans de
prison pour vol qualifié, rayé des cadres de l’armée, il s’est réfugié en France et y a écrit son
réquisitoire implacable. Petit (1,62 m), il raconte : « Depuis 1992, il y a eu 200 000 morts,
7 000 disparus, des milliers de torturés. J’ai assisté à l’exécution d’un enfant de 15 ans. On a
versé sur lui du kérosène. Un autre homme était attaché. Lui aussi, à poil. Ils ont allumé avec
du plastique, pour que ça brûle mieux. »
En face de lui, « Goliath » : le général Khaled Nezzar, 67 ans, costume de bonne coupe,
lunettes, moustache, cheveux poivre et sel. Une carrière impeccable. Il a rejoint l’ALN
(l’Armée de libération nationale) en 1958, pour devenir, trente ans plus tard, tout puissant
ministre de la Défense. S’il est là, c’est, lance-t-il, « pour vider l’abcès » : car « au-delà de ma
personne, c’est tout un peuple, son gouvernement et son armée sur lesquels les diffamateurs
tentent de jeter l’opprobre ». Selon lui, Souaïdia, sous influence d’intellectuels français, ne fait
que répéter les thèses du Front islamiste du salut (FIS). Le vieux soldat nie être « un
apparatchik assoiffé de pouvoir ». « L’armée algérienne, insiste-t-il, n’est pas une armée de
barbares. » Les débats se poursuivent aujourd’hui.
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« Qui tue qui ? » en Algérie : deux camps s’affrontent au procès Souaïdia
AFP, mardi 2 juillet 2002, 21h23
PARIS (AFP) — « Qui tue qui ? » Revenant sans cesse dans la bouche des témoins, cette
question a opposé mardi à Paris les deux camps qui s’affrontent au procès en diffamation de
l’ex-militaire Habib Souaïdia sur la question du partage des responsabilités dans les massacres
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en Algérie entre l’armée et les islamistes. Premier à témoigner dans la matinée, l’ex-Premier
ministre (de juin 91 à juillet 92) Sid Ahmed Ghozali a surtout défendu le choix de
l’interruption du processus électoral en janvier 1992, après que le FIS (Front islamique de
salut) eut remporté le premier tour des législatives.
« Notre conviction était que laisser le pouvoir aux islamistes c’était laisser tomber l’Algérie
[…] Nous ne l’avons pas fait et nous ne le regrettons pas », martèle à la barre l’ancien chef du
gouvernement, cité comme témoin par le général et ex-ministre de la Défense Khaled Nezzar,
ancien homme fort du régime et instigateur de ce procès contre l’auteur du livre « La sale
guerre » de Habib Souaïdia.
Dans cet ouvrage, M. Souaïdia accuse le pouvoir algérien d’avoir laissé l’armée prendre le
contrôle du pays et commettre des massacres contre les populations civiles pour se maintenir
à la tête de l’État. Pour M. Ghozali, l’armée a au contraire « constitué le seul rempart contre
l’obscurantisme ».
« L’Algérie n’est pas une République bananière […] Dans le cadre de ma mission, je n’ai
jamais été en situation d’exécuter ou de recevoir des ordres de la part des autorités militaires »,
dit-il. Interrogé par des journalistes après son audition dans les couloirs du palais, il a admis
qu’il « y a peut peut-être eu des exactions » de la part des militaires, « mais elles ont été
traduites en justice ».
Intervenant après lui, Mohammed Harbi, l’un des « historiques » du FLN lors de la
décolonisation, devenu depuis opposant au régime, estime au contraire que l’Algérie présente
la spécificité « d’une armée avec un État à son service plutôt qu’une armée au service de
l’État ». « C’est un régime militaire à façade civile », dit-il.
Le point de vue est partagé par Patrick Baudoin, responsable de la Fédération
internationale des Droits de l’Homme (FIDH), appelé à témoigner par la défense : « Ce n’est
pas le président de la République, ce n’est pas le gouvernement, ce n’est pas l’Assemblée
nationale mais un quarteron de généraux qui détient le pouvoir ».
Comme avant lui Nezzar et Ghozali, il utilise la formule : « qui tue qui ? » et répond que,
selon lui, l’armée a tué des civils. Au terme de deux missions menées avec trois autres
organisations (Human rights watch, Reporters sans frontières et Amnesty International)
en 1997 et 2000, il dit avoir « recueilli des dizaines et des dizaines de témoignages, tous
concordants contre les forces de l’ordre ».
Il cite « des arrestations arbitraires en masse, des camps d’internement plus ou moins
secrets, une pratique systématique de la torture, des exécutions extra-judiciaires ».
En fin d’après-midi, un ancien officier cité par la défense, Ahmed Chouchane, placé en
détention en mars 1992 pour ses liens supposés avec des islamistes, raconte qu’il a été
« torturé » par l’armée.
Dans un français hésitant, cet homme — le seul dans l’assistance portant la barbe —
aujourd’hui réfugié à Londres, dit qu’un colonel lui aurait proposé après son arrestation de
faire des opérations dans le maquis contre les islamistes. Et selon lui le colonel aurait ajouté :
« Laisse Zitouni tranquille (à l’époque Zitouni est l’un des « émirs » du GIA, NDLR), c’est
notre homme. C’est avec lui que tu vas travailler ».
Suite du procès mercredi.
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Procès Nezzar-Souaïdia : l’armée algérienne au coeur des débats
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Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 19h35
PARIS (AP) — Au second jour du procès en diffamation qui oppose le général à la retraite
Khaled Nezzar à Habib Souaïdia, auteur de La sale guerre, le rôle de l’armée et des généraux
en Algérie a été au coeur des débats devant le tribunal correctionnel de Paris.
Premier à être interrogé mardi matin, l’ancien Premier ministre algérien Sid Ahmed
Ghozali, au pouvoir de juin 1991 à juillet 1992, refuse d’être pris pour une marionnette aux
mains des généraux.
Dans ses propos qui lui valent d’être poursuivis en diffamation par le général Khaled
Nezzar, l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia n’hésite pas à dire que les généraux algériens
sont les véritables politiciens, les décideurs et les responsables de la guerre avec les
intégristes. Sourcilleux sur son indépendance, M. Ghozali, 65 ans, s’est énervé du fait que
l’on puisse prendre l’Algérie pour « une république bananière avec d’un côté des militaires
assoiffés de sang et de l’autre des civils obéissants ». Les accusations de massacres imputés à
l’armée ne sont, selon lui, que la stratégie développée depuis des années par le Front
islamique de salut (FIS) qui consiste « à déstabiliser l’armée, pour accéder au pouvoir ». Le FIS
a été dissous en 1992.
S’il reconnaît que depuis 1999 « il y a une dérive totalitaire » dans son pays, Sid Ahmed
Ghozali, cité par la défense du général Nezzar, refuse que l’on réduise la guerre en Algérie « à
une bagarre entre deux forces violentes : les islamistes et l’armée ». L’ancien Premier ministre
a justifié l’interruption du processus électoral en 1991 : « Laisser le pouvoir aux islamistes,
c’était la fin de l’Algérie », a-t-il expliqué. « Je ne voulais pas être le Chapour Bakhtiar de
l’Algérie », a-t-il dit, faisant allusion au dernier Premier ministre du Shah d’Iran avant la prise
de pouvoir de l’ayatollah Khomeini.
Toutefois, cette interruption n’a pas été décidé par les militaires seuls, a-t-il assuré, car il
s’agissait d’une décision « des militaires, du gouvernement et de la société civile d’un commun
accord ». Véhément, Sid Ahmed Ghozali a refusé l’idée que l’interruption du processus
électoral ait induit l’intégrisme qui existait déjà bien avant. Il préfère parler de crise
économique qu’ont laissé filer les politiques et de leurs responsabilités qu’ils ont occultés.
Les deux leaders du FIS, arrêtés en 1991, Abassi Madani et Ali Benhadj — le premier est
en résidence surveillée, le second incarcéré à Blida — n’ont jamais appelé les groupes
islamistes proches du FIS à rendre les armes.
Patrick Baudoin, avocat et président de la Fédération internationale des droits de l’homme
(FIDH), cité par la défense de Habib Souaïdia, affirme avoir recueilli au cours de ses voyages
en Algérie des « dizaines et des dizaines de témoignage concordants » sur des arrestations
arbitraires, la pratique de la torture. « On a l’impression quand on n’est pas dans le camp des
généraux, on est dans celui des islamistes. Nous (la FIDH, ndlr), nous ne sommes dans aucun
camp. L’État doit respecter le droit », a-t-il avancé à la barre du tribunal.
Autre témoin plus surprenant, cité par la défense, Ahmed Chouchane, 43 ans, ancien
officier algérien. Barbe fournie et réfugié à Londres depuis 1997, l’ex-capitaine des forces
spéciales affirme avoir été torturé car il dénonçait « l’implication de l’armée contre la
population civile ». A sa sortie de prison, un militaire de haut rang lui aurait proposé de
combattre les maquis du FIS. « Laisse Zitouni (émir du Groupe islamique armé, GIA)
tranquille, c’est notre homme, c’est avec lui que tu vas travailler », lui aurait dit ce militaire.
Reprise des débats mercredi à 9h30. AP
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pas/Bg
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L’armée algérienne est une « armée républicaine » (chef état-major)
AFP, 2 juillet 2002
ALGER.- Le chef d’état-major de l’armée, le général de corps d’armée Mohamed Lamari a
estimé mardi que l’armée algérienne était une « armée républicaine ». « Nous sommes une
armée républicaine. Notre mission est claire et le reste ne nous concerne pas », a souligné le
général Lamari, cité par l’agence algérienne APS.
Évoquant un « cabinet noir », comprenant des militaires qui dirigeraient le pays, il a affirmé
« je vous renvoie aux propos du président de la République qui disait que le chef d’état-major
de l’ANP (Armée Nationale Populaire) a appris la constitution du gouvernement comme
n’importe quel citoyen ». « Ce ne sont pas des propos démagogiques, c’est la réalité », a-t-il dit,
en référence au nouveau gouvernement d’Ali Benflis, constitué après les législatives du
30 mai, remportées par le Front de Libération Nationale ex-parti unique).
Il y a « un exécutif et des institutions, et c’est à eux seuls de décider », a précisé le général
qui s’exprimait à l’académie militaire interarmes de Cherchell (100 km à l’ouest d’Alger), à la
clôture d’un cycle d’études.
Le général Lamari, observant que les militaires algériens avaient été « traités de voleurs, de
tueurs », a précisé que « s’il est arrivé par le passé que l’ANP se soit immiscée dans les
problèmes politiques de notre pays, c’est qu’à ce moment-là, les institutions mêmes de l’État
étaient défaillantes ».
« Nous avons essayé de pallier cela et, grâce à Dieu, la République a été sauvegardée », a
affirmé le général, en allusion à la décision, sous la pression des militaires, d’annuler les
élections législatives de décembre 1991 qui allaient être remportées par le Front Islamique du
Salut (FIS, dissous).
Aujourd’hui, « l’armée ne s’occupe plus que de sa mission telle que prévue par la
Constitution, ni plus ni moins », a-t-il précisé.
« Il est vrai que nous participons à la lutte contre le terrorisme. Nous le ferons jusqu’au
bout », a ajouté le général, soulignant que « pour le reste, ce n’est pas à nous de nous substituer
à d’autres organes de l’État ».
Le général Lamari a précisé que la lutte contre les groupes armés n’était pas uniquement
« l’affaire de la police et de l’armée », stigmatisant la pratique d’ »hommes d’affaires » et de
« grands entrepreneurs » qui « payent mensuellement une dîme aux terroristes ». Avec cet argent,
a précisé le responsable de l’armée, « on peut acheter des équipements, payer des tueurs. Voila
le problème ».
Il a observé à propos de la reprise des attentats à Alger et dans ses environs qu’ »il n’y a
rien de plus facile pour que deux terroristes, habillés comme tout le monde, d’être au milieu
de citoyens attendant un bus, de tirer une ou deux rafales et de s’enfuir ». « Ceci prouve que ces
gens-là sont dans un désarroi le plus total. Je peux vous le confirmer », estimant à 700 le
nombre de « terroristes ».
Il a aussi indiqué qu’il n’y avait pas de différend entre le président Abdelaziz Bouteflika et
l’armée. Cette question, « rapportée par la presse, n’a rien de nouveau. Elle date de plusieurs
années », selon lui. Le général Lamari a également précisé que l’Algérie n’avait « rien à
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reprocher au Maroc officiel, monarchie et gouvernement, concernant l’armement ou autres
soutiens des terroristes », mais qu’il se pouvait « qu’il y ait des populations frontalières ou un
petit chef de service qui manipule pour aider les terroristes, ceci oui ».
A propos de corruption dans l’armée, le général Lamari a indiqué que « l’armée est la seule
institution qui lutte contre ce fléau dans ses rangs et prend des sanctions pénales et
exemplaires ».
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Un ex-haut officier compare les méthodes de l’armée à celles des terroristes
Associated Press, mercredi 3 juillet 2002, 19 h 36
PARIS (AP) — Au jeu du « qui tue qui » en Algérie, le tribunal correctionnel de Paris, qui
juge depuis trois jours la diffamation opposant Khaled Nezzar, général à la retraite, à Habib
Souaïdia, auteur de La Sale Guerre, doit perdre son latin : mercredi, un ex-colonel de la
Direction des renseignements et de sécurité (DRS), Mohamed Samraoui, 52 ans, cité par la
défense de M. Souaïdia, a accusé l’armée d’avoir utilisé les méthodes terroristes pour lutter
contre les groupes islamistes.
Un an et demi avant l’interruption du processus électoral en 1991, l’officier explique qu’on
leur a demandé de se consacrer à la lutte contre l’intégrisme en infiltrant les groupes existants.
« On avait crée des groupes, on avait infiltré. On se retrouvait avec des vrais groupes et des
faux groupes. A un moment, l’armée ne maîtrisait plus la situation. Elle ne savait plus qui
était avec qui ».
Interrogé sur ces faits, le général Khaled Nezzar n’a pas nié le principe des infiltrations des
groupes islamistes mais a réfuté leur instrumentalisation par l’armée.
Le général à la retraite, a admis que lorsqu’il était ministre de la Défense de 1990 à 1993,
« c’est clair qu’il y a eu une tentative d’arriver au pouvoir avec le FIS », le Front islamique du
salut. Toutefois, il ne dit pas qui dans l’ombre du pouvoir a joué ce jeu.
Mardi, Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre algérien, a tenu des propos similaires
en accusant le FIS et un « clan au pouvoir » d’avoir manipulé les listes électorales et le scrutin ».
M. Samraoui, exilé depuis 1996 en Europe a ajouté que les militaires avaient arrêté « à tort
et à travers des gens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les islamistes, rien à
voir avec les violences ».
Omar Bendera, ancien conseiller du gouverneur de la banque d’Algérie, a souligné devant
le tribunal que l’interruption du processus électoral avait coïncidé avec l’arrêt du processus
économique ; et qu’un petit groupe de généraux allouaient à leurs inféodés des prébendes
financières.
Reprise des débats jeudi matin à 9h30. AP
pas/Bg
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Procès Souaïdia : un haut gradé accuse l’armée de méthodes « terroristes »
AFP, Paris, 3 juillet 2002
Pour la première fois depuis le début du procès en diffamation à Paris de l’ancien souslieutenant
algérien Habib Souaïdia, un ex-haut gradé de l’armée, colonel dans les services de
renseignements, a accusé ses supérieurs « d’utiliser les méthodes des terroristes » contre les
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islamistes. Les témoins cités par les défenseurs de M. Souaïdia, poursuivi en diffamation par
l’ex-homme fort du régime le général Khaled Nezzar et qui dans son livre La Sale Guerre
accuse l’armée de massacres, n’étaient pas, jusqu’à présent, des militaires de haut rang.
L’ex-colonel Mohamed Samraoui, 52 ans, entré dans l’armée en 1974, a lui été jusqu’en
septembre 1992 l’adjoint du général Smaïn Lamari, n°2 du Département des renseignements
et de sécurité (DRS), avant de rejoindre jusqu’en janvier 1996 l’ambassade d’Algérie en
Allemagne.
Réfugié en Europe et s’exprimant pour la première fois publiquement en France (il avait
donné en août 2001 une interview à la chaîne qatariote Al Jazira), il raconte qu’à partir de
novembre 1990 l’armée a commencé à « infiltrer » le FIS (Front islamique du Salut).
Ce travail des militaires, qui a commencé avant l’interruption du processus électoral (en
janvier 1992), revenait notamment à « créer la division », « amadouer » ou « corrompre » les
islamistes, poursuit le militaire. Le but : « casser le FIS en leur attribuant des actions ».
Deux opposants à assassiner en Allemagne
Mais au bout d’un moment l’armée n’a plus maîtrisé ses « créations ». « On avait créé des
groupes, on avait infiltré et on se retrouvait avec des vrais et des faux groupes. A un moment
l’armée ne maîtrisait plus la situation. Elle ne savait plus qui était avec qui, qui était ami, qui
était ennemi », raconte-t-il.
Parallèlement à ces opérations, l’armée a « arrêté à tort et à travers des gens qui n’avaient
rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les islamistes, rien à voir avec les actions violentes »,
dans le but de terroriser les populations civiles. « C’est à ce moment que j’ai commencé à
penser que l’on cherchait à radicaliser l’islamisme », dit-il. Invité à répondre à ces graves
accusations, le général Khaled Nezzar prend la parole très calmement et courtoisement devant
cet officier qu’il connaît et qui lui donne du « mon général » malgré son entrée en dissidence.
« Les infiltrations, c’est un travail de tous les services ! », lance doctement M. Nezzar, qui
admet qu’il existait aussi des « contacts au plus haut niveau » entre les responsables du pouvoir
et ceux du FIS. Samraoui poursuit son récit : appelé à rejoindre l’Allemagne comme
diplomate pour continuer sur le sol allemand la lutte contre les intégristes, il raconte qu’en
1994 le général Smaïn Lamari est venu le voir pour lui demander « de coordonner l’assassinat
de deux opposants », dont Rabah Kébir, le chef de l’instance exécutive du FIS à l’étranger
(assassinat qui finalement n’aura pas lieu). Cette fois Khaled Nezzar ne le contredit pas.
Suite du procès jeudi à 09 h 30.
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L’homme du jour. Khaled Nezzar
L’Humanité, ADS, 3 juillet 2002
Paradoxalement, c’est un ancien militaire, Habib Souaidia, qui depuis lundi est poursuivi
en diffamation par le général Khaled Nezzar, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel
de Paris. Le dit général porte plainte pour les « graves accusation » portées contre l’armée
qu’Habib Souaidia aurait tenu lors d’une émission télévisée.
Actuellement réfugié en France, cet ancien officier accuse le pouvoir d’être impliqué dans
les massacres de civils en utilisant les « méthodes » des islamistes pour justifier le pouvoir des
généraux et obtenir l’aide internationale. Aujourd’hui à la retraite, Nezzar fait partie de ces
hommes forts qui, dans le cercle très restreint des décideurs militaires algériens, exercent dans
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l’ombre le vrai pouvoir en Algérie. Né en 1937, ce chef de la junte militaire a été formé en
France, en Union soviétique et aux États-Unis. Devenu chef d’état-major, puis ministre de la
Défense, Nezzar, homme clé du Haut Comité d’État (HCE), a été le grand conciliateur entre
toutes les tendances de l’armée.
Accusé de tortures systématiques, de crimes organisés et de liquidations massives, il fait
l’objet de nombreuses mises en cause par des victimes de la répression sanglante de l’État
algérien. Le procès doit s’achever vendredi alors qu’une nouvelle plainte contre l’ancien
ministre a été déposée à Paris par neuf Algériens pour tortures et traitements cruels,
inhumains et dégradants.
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Procès Nezzar : le mic-mac FIS
Le journal permanent du Nouvel Obs, 3 juillet 2002
Un ex-colonel de la Direction des renseignements et de sécurité affirme que l’armée ne
maîtrisait plus la lutte contre l’intégrisme.
Au jeu du « qui tue qui » en Algérie, le tribunal correctionnel de Paris, qui juge depuis
trois jours la diffamation opposant Khaled Nezzar, général à la retraite, à Habib
Souaïdia, auteur de La sale guerre, doit perdre son latin : mercredi, un ex-colonel de la
Direction des renseignements et de sécurité (DRS), Mohamed Samraoui, 52 ans, cité par la
défense de Habid Souaïdia, a accusé l’armée d’avoir utilisé les méthodes terroristes pour
lutter contre les groupes islamistes.
Un an et demi avant l’interruption du processus électoral en 1991, l’officier explique qu’on
leur a demandé de se consacrer à la lutte contre l’intégrisme en infiltrant les groupes existants.
« On avait créé des groupes, on avait infiltré. On se retrouvait avec des vrais groupes et des
faux groupes. A un moment, l’armée ne maîtrisait plus la situation. Elle ne savait plus qui
était avec qui. »
FIS
Interrogé sur ces faits, le général Khaled Nezzar n’a pas nié le principe des infiltrations des
groupes islamistes mais a réfuté leur instrumentalisation par l’armée. Le général à la retraite, a
admis que lorsqu’il était ministre de la Défense de 1990 à 1993, « c’est clair qu’il y a eu une
tentative d’arriver au pouvoir avec le FIS », le Front islamique du salut. Toutefois, il ne dit pas
qui dans l’ombre du pouvoir a joué ce jeu.
Mardi, Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre algérien, avait tenu des propos
similaires en accusant le FIS et un « clan au pouvoir » d’avoir manipulé les listes électorales et
le scrutin.
Mohamed Samraoui, exilé depuis 1996 en Europe, a ajouté que les militaires avaient arrêté
« à tort et à travers des gens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les
islamistes, rien à voir avec les violences ».
Omar Bendera, ancien conseiller du gouverneur de la banque d’Algérie, a souligné devant
le tribunal que l’interruption du processus électoral avait coïncidé avec l’arrêt du processus
économique ; et qu’un petit groupe de généraux allouaient à leurs inféodés des prébendes
financières.
Reprise des débats ce jeudi matin à 9h30.
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A Paris, le général Khaled Nezzar défend l’armée algérienne
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 3 juillet 2002
« Si demain il y a une démocratie, c’est vous qui serez jugé », lui lance l’ex-officier Habib
Souaïdia.
« Les débats vont déborder », a prévenu le président de la 17e chambre du tribunal
correctionnel de Paris peu après l’ouverture du procès, lundi 1er juillet. Au départ donc, une
plainte en diffamation déposée à Paris par le général Khaled Nezzar, l’homme fort du régime
algérien il y a dix ans, contre Habib Souaïdia. Cet ancien sous-lieutenant est l’auteur d’un
livre publié en France, La Sale Guerre (éditions La Découverte) dans lequel il incrimine, à
partir de sa propre expérience, le comportement « criminel » de l’armée algérienne dans sa lutte
contre les islamistes.
Invité sur une chaîne de télévision, en mai 2001, M. Souaïdia avait eu des mots très sévères
à l’encontre du général Nezzar, l’accusant, lui et ses pairs, entre autres choses, d’avoir « décidé
d’arrêter le processus électoral » en 1992 au point de départ de la guerre civile, et d’avoir « tué
des milliers de gens pour rien du tout ». Ce sont ces termes qui ont nourri la plainte en
diffamation et vont permettre « pour la première fois en France un débat contradictoire sur une
guerre qui, ces dix dernières années, a ravagé l’Algérie », selon les mots d’Antoine Comte,
l’un des avocats d’Habib Souaïdia. « On est ici pour que se dégage une vérité que le tribunal
dira. Ce ne sera pas la vérité historique, mais une certaine vérité », allait dire de son côté le
président du tribunal.
La vérité, il y a celle d’Habib Souaïdia. Elle est véhémente, dure, sèche, à l’image de ce
jeune officier de petite taille, à la chevelure brune et au teint pâle, paquet de nerfs tendus
comme s’il était en mission dans le maquis. « J’aime mon pays. Mais, en Algérie, lance-t-il en
agitant ses mains, on n’a pas le droit de parler librement, c’est pourquoi je me suis réfugié en
France. On faisait un sale travail pour lequel on n’était pas préparé. J’ai vu des collègues qui
s’habillaient en civil, portaient des barbes de trois ou quatre jours, sortaient dans des voitures
banalisées et partaient faire la chasse aux Algériens, même pas aux terroristes. J’en ai vu
revenir avec des couteaux tachés de sang », dit-il. Il raconte, comme dans son livre, les
tortures, les exécutions sommaires d’adultes et d’adolescents, les viols de jeunes filles et de
vieilles femmes « par des militaires ».
« Je ne suis pas là pour dédouaner les islamistes », précise l’ex-officier avant de se tourner
vers le général Nezzar qui l’écoute, la tête légèrement inclinée, impassible, et de lui lancer, à
la satisfaction bruyante d’une partie de la salle : « L’histoire vous rattrapera. Si demain il y a
une démocratie en Algérie, c’est vous qui serez jugé. »
Bon tribun malgré son français parfois approximatif, l’ex-officier ne se démontera pas.
Que le président ou l’un des avocats de la partie civile l’interroge sur les raisons de sa
condamnation à quatre ans de prison par un tribunal militaire pour vols (le désir de vengeance
aurait pu dès lors inspirer son livre), qu’il évoque les querelles qu’il a eues avec le « nègre » de
La Sale Guerre sur le contenu de l’ouvrage, ou les conditions de son arrivée en France, Habib
Souaïdia maintiendra deux heures durant la même ligne : celle qui veut que l’attaque soit la
meilleure des défenses.
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Ce sera également le choix du général Nezzar, dans un autre registre, moins nerveux mais
tout aussi ferme sur le fond. Costume de bonne coupe, cravate couleur bordeaux, chaussant de
fines lunettes, portant beau malgré ses 67 ans, l’ancien ministre de la défense n’est pas habité
par le doute et les remords. Cette armée, où il a fait toute sa carrière, il défend son honneur
bec et ongles.
« Leur part de vérité »
« Au-delà des propos diffamatoires à l’égard de ma personne », dira-t-il dans une déclaration
à la cour, c’est sur elle que « les diffamateurs et leurs porte-voix tentent de jeter l’opprobre. Or
l’armée algérienne a rempli son devoir », jure-t-il. L’affaire est entendue : « S’il est vrai qu’il y
a eu des bavures, ce n’est pas une armée de barbares. »
Accuser ses chefs — et donc lui-même — d’avoir manipulé les institutions et les
responsables politiques ne tient pas debout, clame le général. Et d’expliquer que l’interruption
du processus électoral en janvier 1992 par l’armée (après un premier tour remporté par les
islamistes) ne faisait que répondre aux voeux de « la majorité de l’opinion publique ». Comment
pouvait-on les connaître ? lui lance Me Bourdon, l’autre avocat d’Habib Souaïdia. « Par des
sondages du ministère de la défense », répond tout à trac l’ancien ministre.
Avec un égal aplomb, il jurera que le président Chadli — contrairement à la conviction
d’une partie de l’opinion publique — n’a pas été poussé vers la sortie par les militaires, même
si un officier supérieur a participé à la rédaction de la lettre de démission. « C’est parce que
Chadli était arabisant. Il ne maîtrisait pas bien le français », explique à la barre l’imperturbable
général.
De ces événements qui, dix ans après, pèsent sur l’Algérie, il sera question pendant trois
jours à partir de mardi 2 juillet, avec le début du défilé des témoins. Une trentaine — un
ancien chef de gouvernement, des ministres, des militaires, des intellectuels — sont annoncés
et viendront dire « leur part de vérité ».
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L’armée algérienne devant la justice française
« Pas un homme politique correct, que des illettrés » : à l’audience, le
général Nezzar regarde défiler des ex-ministres
Libération, Florence Aubenas, mercredi 3 juillet 2002
« Objectivement, l’armée était l’alliée des démocrates. C’est grâce à elle que nous avons pu
tenir. » Ali Haroun, ex-ministre
En Algérie, les hommes politiques existent. Physiquement en tout cas. La preuve : ils ont
défilé hier devant la 17e correctionnelle de Paris. Tous ont la même façon de se présenter. Ils
tissent longuement, comme des lauriers, leurs années d’exil et de prison, leur opposition au
pouvoir algérien ou leur traversée du désert. Devenus ministres ou hauts fonctionnaires, les
voilà qui s’excusent : on leur a proposé, « imposé », dira l’un d’eux… Pour conclure, tous se
tournent vers le général Khaled Nezzar, l’un des hommes forts du régime algérien, en faveur
duquel ils viennent témoigner pour l’assurer de leur vibrant soutien. Et Nezzar, qui bâille sans
écouter, pense sans doute : « Quel cheptel ! » C’était son commentaire sur la classe politique
algérienne, à Hélène Flautre, députée européenne en visite à Alger.
Ce haut gradé attaque pour « diffamation » l’officier Habib Souaïdia, auteur d’un livre sur
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les exactions de l’armée en Algérie, pour avoir entre autres affirmé sur TV5 : « Cela fait dix
ans qu’il n’y a pas de président, il n’y avait que des généraux […]. Ils ont tué des milliers de
gens pour rien […]. Il faut les juger. » Dans ce premier procès sur les responsabilités dans cette
sale guerre, la cour a fait hier un étrange voyage dans l’exercice du pouvoir en Algérie.
Décrets
Le cadre, c’est le début des années 90, lorsque le FIS vole de victoire en victoire. Sid
Ahmed Ghozali est nommé chef du gouvernement en juin 1991. Il signe un décret, pour les
assignations à résidence, un autre étendant les pouvoirs de l’armée, un troisième qui interdit
des publications. Son ministre de la Défense, c’est Nezzar. A l’Intérieur, c’est Larbi Belkheir,
autre général. « On aurait pu rester dans l’Histoire comme ceux qui ont été démocrates
jusqu’au bout. Mais laisser le pouvoir aux islamistes, c’était laisser tomber l’Algérie. L’armée
était le seul rempart contre l’obscurantisme », dit Ghozali à l’audience. Une autre mesure crée
des centres de déportation où furent détenues 15 000 personnes. « Vous assumez cela aussi ? »,
demande Antoine Comte, l’un des avocats de la défense. Ghozali mollit. Dans ses yeux passe
le spectre de cette autre plainte pour « torture » qui vient d’être déposée à Paris contre Nezzar
par six Algériens, dont certains furent internés dans ces centres. Témoigner en faveur d’un
général, certes. Mais se retrouver demain avec lui dans un box est autre chose. Et Ghozali se
tait.
Élections annulées
Quand le FIS remporte le premier tour des législatives fin 1991, les élections sont
annulées. Mais Chadli doit partir. Dans ses Mémoires, Nezzar écrit que la lettre de démission
de Chadli fut rédigée par un autre général. Dans le hall du palais de justice, le capitaine
Chouchène, lui aussi témoin mais pour Souaïdia, raconte comment l’officier de protection de
Chadli est venu le trouver après son départ. « Il m’a dit : « On l’a fait sortir comme un chien. »
Ce gradé portait le jogging du président et la seule chose qui le préoccupait était de savoir s’il
lui allait bien. » Le pouvoir est confié au HCE, un haut comité civil et militaire. Ali Haroun,
témoin de Nezzar, en fait partie : « Objectivement, l’armée était l’alliée des démocrates. C’est
grâce à elle que nous avons pu tenir. » A moins que ce ne soit l’inverse. Dix ans, 200 000
morts plus tard, les mêmes galons tiennent le pouvoir. Tout le reste n’est que politique. Et,
comme l’a lancé Nezzar, « pas un homme politique correct, que des illettrés ».
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