Témoignage de Chaachoua Djelloul

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de Chaachoua Djelloul

 

J’ai été arrêté le Mercredi 31 mars 1993à 17 heure 40 a la rue Belouizdad, prés du ministère du commerce, en compagnie de Ouchéne Mansour, un ami de Khemis Miliana. J’ai passé dans les centre de sûreté de la police 86 jours repartis comme suit:

  • centre de sûreté de la wilaya : 21 jours.
  • Ecole de police de Château neuf : 65 jours

J’écris ce témoignage pour l’histoire, pour monter ce qu’a fait la dictature aux enfants de l’Algérie.

Description du centre de torture de Chateauneuf :

Situé a ben Aknoun, prés de la faculté de droit, il est pris en charge par des doctrinaires du communisme qui portent une haine viscérale à l’islam.

Ce centre est constitué de :

2 cellules de 4m sur 2 m.
2 cellule de 1.40 m sur 1,40 m
une grande cellule de 6 m sur 5 m
Des cellule secrètes.

Dans le premier type de cellules il y a entre 14 et 35 détenus, qui ne peuvent ni bouger ni dormir, du fait de l’étroitesse des lieux.

Dans le deuxième type de cellules il y a entre 4 et 7 prisonniers. L’une d’elles est utilisée comme lieu de torture.

Dans le troisième type, il y a entre 40 et 50 personnes.

Les tortionnaires qui viennent nous prendre des cellules portent des cagoules. Ils nous agressent continuellement par des coup et des insultes, plus particulièrement quand ils sont saouls.

Les WC se résument a un bidon dans chaque cellule.

Les différentes techniques de torture :

Les bastonnades avec tous les moyens : barres de fer, fils électriques, tuyaux, matraques, etc.

Asseoir le détenu sur une bouteille.

Sodomisation

Technique du chiffon.

Privation de manger et de boire.

Les techniques du chiffon et la gégène (électricité) sont les plus dangereuses, pouvant tuer la personne.

L’interrogatoire se fait dans une salle spéciale. Le prisonnier est entouré de plusieurs tortionnaires, dont un groupe s’occupe a poser des questions, l’autre a insulter, et un troisième a frapper et a torturer.

Le but de leur stratégie est d’arracher de faux aveux, tels qu’ils ont été préfabriqués par les « services » et de faire signer un P.V sur mesure et sans la moindre possibilité de lecture et encore moins de contestation. Lors de l’interrogatoire on couvre le plus souvent d’un sac la tête du prisonnier pour éviter qu’il reconnaisse éventuellement ses tortionnaire.

L’interrogatoire peut durer 10 jours et plus.

Les tortionnaires s’interpellaient par des surnoms tels que Omar 1 ,Omar 2 Omar 14…Pitch.

La garde a vue dépassait souvent le délais fixés par la loi qui est de 12 jours.

Quand a ce que j’ai enduré comme souffrances entre les mains des tyrans, je vous le relaterais en quelques lignes.

Lors de mon arrestation je fus conduit immédiatement au commissariat de Belcourt ou l’on me reçut par des coups de pieds et poings, et des injures de toute sortes. Je fus transféré quelques moments après au siège de la sûreté de la Daïra d’Alger, et ce dans la malle d’un véhicule banalisé type Renault 16; et la commencèrent les chose sérieuses avec l’atteinte a ma dignité et les pratiques sauvages, en plus de la torture morale durant 21 jours. Des choses que je n’oublierai jamais.

Je fus ensuite transféré vers l’enfer de Châteauneuf a Ben Aknoun le 20 Avril 1993 à 20 heures. J’avais reçu un accueil « chaleureux » de la part des tyrans qui occupent ces lieux. Dés mon arrivée, je fus ‘convié » a leur chanter une chanson Rïa, car ils savaient que j’etais originaire de l’ouest. Je m’exécutais en improvisant.

En plus de cette torture morale, les tortionnaires m’obligeaient a assister aux tortures d’autre citoyens, jeunes et vieux. Je n’oublierais jamais les séances de tortures infligées à un enfant de 15 ans qui failli perdre la raison, et celle d’un vieillard de 81 ans.

Je suis resté, par exemple, menotté, avec trois autres compagnons d’infortune, pendant 8 jours dans un couloir de 50CM de large, sur un plan incliné, dormant et mangeant dans cette position. Nous allions aux Wc ensemble, toujours enchaînés l’un a l’autre. C’est ainsi que j’ai assister au décès de nombreux citoyens sous la torture. Parmi eux je citerais les noms de Kiboua Lyés, Hocine Kebbane, Bentoumi Abdelkrim, Samir Djilali.

Parmi les noms que je n’oublierais pas je citerais le frère Mihoubi Nourredine, demeurant a Bachdjarah, qui a passé une année de « garde à vue » au centre de torture de Châteauneuf.

Finalement j’ai signé trois procès-verbaux.

Avec tout cela je reste encore en vie grâce a Dieu!

 

Chaachoua Djelloul
Prison d’El-Harrach
Ecrou n°67683. Salle 1 bis

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