Témoignage de Harik Noureddine, torturé durant sa garde à vue

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de Harik Noureddine, torturé durant sa garde à vue

 

je soussigné, inculpé Harik Noureddine, né le 29 août 1964 à Alger, universitaire, certifie aux autorités judiciaires la non reconnaissance des chefs d’inculpations qui me sont reprochés par la police et les services de la sécurité militaire, en dehors de mes déclarations faites devant le juge d’instruction au palais de justice, et lors de la deuxième instruction en prison et qui recoupent ce que j’avais déclaré initialement à la police. Tout ce qui existe sur le procès-verbal n’est qu’une pure invention de la police qui a utilisé tous les moyens abominables et inhumains de torture. lis ont excellé dans l’art de torturer pour m’arracher de faux aveux.

Tantôt un me disait : « tu as tué un tel  » et dès que je réfutais ces accusations, j’étais soumis aux pires technique de torture. J’étais contraint, dans la plupart des cas, à admettre ces faux aveux pour échapper au supplice. C’est ainsi qu’il ont préfabriqué un procès verbal sur mesure m’impliquant dans des faits extrêmement graves que j’ai pu découvrir par la suite chez le juge d’instruction, en sachant que j’ai signé le P.V. sans pouvoir le lire et sous la contrainte.

je vous citerais quelques méthodes sauvages de torture utilisées pour m’arracher des faut aveux

Après mon arrestation le 7 septembre 1993 je fus conduis directement au siège de la sûreté de daïra où je fus « accueilli » par une meute de policiers qui me jetèrent au sol et se mirent à me frapper par des coups de poings et de pieds au thorax et au visage jusqu’à tuméfaction du visage. Puis, ils m’attachèrent à un banc de torture, les poings liés sous le banc et les pieds attachés solidement par une corde. Ils installèrent un tabouret sur mes pieds et un tortionnaire s’assit dessus, On m’appliqua un chiffon sur le visage et on versa des litres d’eau sale dessus jusqu’à ce que je vois la mort devant mes yeux et je commençais à perdre connaissance; malgré cela, les tortionnaires continuaient à m’assener des coups de poings au visage et de pieds au thorax et à l’abdomen. C’est ainsi que l’interrogatoire sous la torture dura deux heures ou plus, Le lendemain, je fus ramené à nouveau dans cette sinistre salle et je fus sujet à de nouvelles tortures plus atroces que celles de la veille. Parmi celles-ci, je citerais.

1- Des coups de poings et de pieds au visage,

2- Des coups avec une grosse matraque aux coudes et aux genoux,

3- Utilisation de la technique du chiffon jusqu’à la perte de connaissance.

4- Privation de nourriture et de sommeil pendant plusieurs jours en restant enchaîné.

5- Menaces de sodomisation et versement de vin rouge sur le corps.

Après 17 jours de séquestration et de tortures je fus transféré vers les locaux de la sécurité militaire (selon mes tortionnaires), Li, je connus les pires sévices et souffrances que je n’avais encore jamais vus. Les tortionnaires de la sûreté de daïra étaient des anges devant ceux de la S.M. Dès mon arrivée je fus conduis à la salle de torture et allongé par la force sur un banc en ciment; on m’attacha solidement à lui par les poings et les pieds après m’avoir déshabillé, Ils commencèrent par l’épreuve du chiffon et me versèrent des litres d’eau d’un seul coup jusqu’à l’asphyxie tout en me boxant le visage. Cette séance se répéta durant plusieurs jours. En plus de cela, j’ai eu droit:

1- A J’électricité sur les parties sensibles du corps comme les mamelons et les parties génitales au point où j’avais d’énormes difficultés à uriner pendant des semaines du fait des brûlures atroces que je ressentais. Cette gégène fut utilisée à plusieurs reprises sur moi.

2- Utilisation d’un gourdin sur ma tête. J’avais l’impression que mon crâne allait éclater J’avais des douleurs atroces sur tout le corps suite aux multiples coups reçus avec ce gourdin. je garde des séquelles à ce jour.

3- Utilisation d’une bouteille pour me frapper sur la tête et le thorax ainsi que d’un briquet pour brûler ma barbe.

4- On a placé un chien sur mon dos, après m’avoir déshabillé et on me menaça là aussi de me sodomiser si je ne reconnaissais pas les faits. je suis resté plusieurs nuits enchaîné dans ma cellule.

C’est ainsi que j’ai passé ces journées entre la vie et la mort jusqu’à mon incarcération le 6 octobre 1993.

 

Harik Nourreddine

 

Nourreddine Harik a été jugé par le tribunal d’exception d’Alger le 12 avril 1994 dans le cadre du « procès des assassins d’intellectuels », procès entaché d’irrégularités, de contradictions et où tous les inculpés ont clamé que les faux aveux avaient été extorqués sous la torture. il a été condamné à mort.

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