Témoignage de Mohamed castré par une matraque électrique

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de Mohamed castré par une matraque électrique

 

Le jeudi 4 novembre 1993, à 13 heures, alors que je me trouvais avec des amis du quartier, quatre individus en civil sont descendus d’une fourgonnette Renault Express blanche. Ils m’ont jeté à l’arrière de véhicule de façon violente et sauvage, ce qui m’a occasionné plusieurs blessures a la tête. Ils m’ont bandé les yeux et couvert la tête avec ma chemise. Ils se sont dirigés vers un endroit tout proche. A peine arrivés, un groupe de policiers s’acharna sur moi, en me portant des coups violents, coups de pieds, coups de poings, coups de matraque, en plus des injures et grossièretés proférées à mon encontre ainsi qu’à ma famille. Tout cela s’est déroulé dans la cour de cet endroit.

Ils ont voulu m’introduire dans une salle de torture mais elle était occupée par une autre personne. Ils ont donc profité de l’occasion pour se reposer et déjeuner et m’ont jeté dans une cellule.

Après un bref instant, les voilà de retour. Ils m’ont conduit dans la pièce de torture qui venait d’être libérée puis qu’il n’y avait plus de cris. Ils me jetèrent au sol, les yeux toujours bandés. Ils me déshabillèrent de force et toujours avec la même violence, m’ont fait asseoir sur un banc en ciment, m’attachant les main en dessous de ce banc avec des menottes, et les pieds avec une grosse corde.

L’un d’eux s’est assis sur mes jambes, puis l’opération du chiffon commença par le versement d’une quantité infinie d’eau dans la bouche. Ne pouvant respirer que par le nez, ils me pincèrent ce dernier fortement. Je suffoquais et l’eau absorbée faisait souvent fausse route vers les poumons.

L’opération dura deux heures, puis on passa à l’interrogatoire. On me jeta ensuite dans une cellule; le soir les policiers revinrent me conduire à la salle de torture pour répéter la même opération et me faire subir les même sévices. Apres deux heures de tortures, on me reconduisit à la cellule dans un état subcomateux.

Les mêmes opération durèrent sans relâche 4 jours, du matin jusqu’a midi (le temps de prendre leur repas) puis jusqu’au dîner, parfois jusqu’à des heures tardives de la nuit. Une seule séance de torture durait de deux a trois heures, et chaque tortionnaire etait spécialisé dans une technique particulière, notamment :

  • le matraquage des points sensible du cors à l’aide d’un instrument électrique, particulièrement sur le sexe. Le tortionnaire, usant de cette technique s’est tellement acharné sur moi que mes organes génitaux se sont tuméfiés d’ou une impotence totale et définitive.

Utilisation de ce même appareil sur les yeux, provoquant des hémorragies et une baisse considérable de la vue. Appliqué au niveau de la bouche, il provoque une tuméfaction des lèvres, des gencives et de la muqueuse buccale, entraînant une impossibilité d’alimentation pendant plusieurs jours.

Cet instrument consiste en une matraque génératrice de décharge électriques, provoquant des douleurs atroces sur les poins sensible du corps, sans laisser de traces.

Cependant, une application prolongée de cet instrument provoque la perforation de la peau jusqu’à la vue de l’os sur la jambe gauche.

  • Brûlures a l’aide de cigarettes sur tout le corps et particulièrement sur les partie sensible; j’en porte des traces aujourd’hui sur la poitrine.
  • Ils m’ont fait asseoir sur une chaise, attaché les main derrière le dos à l’aide de menottes et ont commencé à me donner des coups sur le visage et sur la tête.
  • Durant toute la période de torture, environ un mois, j’etais presque nu, ils avaient pris toutes mes affaires et m’ont remis un pantalon complètement déchiré et une chemise très fine. Ils me faisaient sortir dans cet état tôt le matin ou la nuit dans un froid glacial et me laissaient dans la cour sous la pluie, les mais liées.

En plus de cette torture physique, ils ont usé avec moi de différentes méthodes de torture psychologique comme des menaces de mort, des pressions, des intimidations et du chantage, par exemple de faire venir mes parents, les violer devant moi et les torturer, pour que je signe le procès-verbal préparé par leurs soins.

Le chantage b’etait pas vain, puisque 10 jours après j’ai eu la douloureuse surprise de voir ma mère âgée de 45 ans ainsi que mon frère aîné amené dans ce même centre de torture.

Apres 10 jours de tortures, mon fut relâché et ma mère conduite a la prison d’El-harrach.

A mainte repris, ils m’ont menacé de m’expulser vers le Maroc, ainsi que ma famille – parce que nous sommes de nationalité marocaine – ou de faire dynamiter la maison.

A plusieurs reprise également, ils m’ont conduit chez moi, sous prétexte de perquisition. Ils saccagèrent tout ce qui était à portée de main. L’un d’eux mit un couteau sous la gorge de ma grand-mère pour la terroriser. D’autres ont battu ma mère sous les yeux de ses enfants. A chaque visite nocturne à mon domicile ils semaient la terreur et la panique.

Et à mainte reprises la nuit, ils me sortaient de ma cellule ou de la salle de torture, me jetaient a l’arrière de leur véhicule, les poings lies et on roulais de longs moments et a chaque fois je sentais la mort roder quand ils me menaçaient de « m’abattre et de me jeter dans la rue comme un chien ».

A la fin j’etais près a signer n’importe quoi, pourvu que ces souffrances cessent et que ma mère puisse sortir de cet enfer.

Le 8 décembre 1993, soit après 36 jours de garde a vue a châteauneuf (j’ai su par la suite le lieu exact de ma séquestration) j’ai été transfère avec ma mère ainsi que d’autre citoyens vers le commissariat central d’Alger alors qu’ils m’avaient promis de relâcher ma mère des que je signerais le procès-verbal.

Arrives au commissariat central, et croyant que le calvaire etait terminé, me croyant être chez des gens civilises, je fus conduit dans une cellule souterraine, les main liées derrière le dos, abandonné, 2 ou 3 jours sans nourriture ni eau, portant les même haillons. Je fus sorti a plusieurs reprise dans une salle avec un bandeau sur les yeux. Tous les policiers qui passaient me ruaient de coups, ce qui provoqua des douleurs atroces au niveau de la colonne vertébrale et du genou droit ou j’avait été opéré. A ce jour, le bourdonnement des cris des coups résonne dans ma tête et surtout les paroles de certains policiers qui répétaient que je devais me soumettre et signer sinon ils feraient venir ma sœur comme ils ont fait venir ma mère. Ils m’ont fait a leur tour signer, comme a châteauneuf, un autre procès-verbal probablement de nouveaux chef d’inculpation.

Je suis donc reste dans cet état pendant un mois jusqu’au jour ou on me présenta devant le juge d’instruction en m’ordonnant de reconnaître tous les faits reproches sinon je serais reconduit au centre de torture pour….complètement de torture avec ma mère. C’est ce que je fis mal grés moi le 10 janvier 1994 pour échapper avec ma mère aux affres de la torture. Ce jour-la je fus transféré a la prison d’El-Harrach après 36 jours de séquestration à châteauneuf et 30 jours au commissariat central.

 

Aït Bellouk Mohamed
Né le 29 Avril 1960

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