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Ammud n tullisin “Akal d wawal”

Posté par algeriedemocratie le 9 août 2009

Ammud n tullisin “Akal d wawal”Ammud n tullisin “Akal d wawal” dans tamazight(65) 2192_74493

Ǧamal Arezqi, d amaswa n tutlayt n tefransist deg Tubiret seg useggas n 1998 ɣer wass-a. Ilul deg Tezmalt ( Bgayet) deg useggas 1966. Yesɛa agerdas n Maîtrise deg tsekla tartart n tefransist i d-yewwi deg tesdawit n Paris 8 (Fransa) deg useggas 2005. Uqbel yella daɣen (yerna mazal-it) d ameɣnas n Tmaziɣt seg yiseggasen 1980 asmi yella yakan d anelmad deg uɣerbaz alemmas. Yella gar yimebbren n umussu adelsan Amaziɣ. D aɣerbaz ameqqran anda i d-yelmed aṭas n tlufa n tudert d tid n tsertit, akken d-yeqqar s timmad-is.  Deg useggas 1988, yuɣal d aselmad n tefransist alarmi d 1996. Syin yuɣal d amaswa.  Seg 2002 ɣer 2007, yuɣal d amaswa n Tmaziɣt deg Tubiret anda yeṭṭef aɣerbaz amenzu, d ulemmas akked win n tesnawit.  Seg wasmi yella meẓẓi, iemmel Tamaziɣt imi yeṭṭe-itt-d deg twennat anda i yettidir. Degmi iemmel ad yaru s Tmaziɣt neɣ ad d-yesuqqel irisen seg tefransist ɣer Tmaziɣt. Akken daɣen i d-yessufeɣ aas n yimagraden deg tɣamsa taɣelnawt.  Seg useggas 2004 d asawen yella yettaru deg yeɣmisen Le Matin, Le pays Tamurt, d La Dépêche de Kabylie.  Deg useggas asdawan 2008-2009, yesselmed Tamaziɣt deg tesdawit n Tubiret asmi yeldi i tikelt tamenzut ugezdu n tutlayt d yidles amaziɣ.  Tura mazal-it d amaswa n Tefransist deg Tubiret-Imceddalen anda i yezdeɣ, maca daɣen yettak-d afus n lemɛawna i Tmaziɣt ama deg Bgayet, Tizi Wezzu, Bumerdas neɣ Tubiret imi itekki deg yal timlilit ara d-yilin ilmend n Tmaziɣt. D netta i d amenzu i igan assaɣen gar yiselmaden n Tmaziɣt d tesdawit n Paris 8 ukud d usqamu Unnig n Timmuzɣa i d-yeglan s temliliyin i d-yebdan seg yennayer 2007 deg Zéralda ɣer tura s lmendad n Naser At Waɛli. “Ayen akka xedmeɣ i Tmaziɣt, ɣas yegla-d s waas n wuguren, d ayen i yi-yernan afud d tissas iwakken ad neddu ɣer zdat imi tura ulac ccek, Tamaziɣt tezmer ad tili d nned n tutlayin-nnien, yegra-d kan ad nxemmel i yiɣallen nneɣ.”, i d-yenna Ǧamal Arezqi. Asirem-ines ameqqran d tuɣalin ɣer Tmaziɣt deg yiseggasen i d-iteddun d usufeɣ n yidlisen-nnien s tutlayt tayemmat. Idlisen uran yakan.  Adlis amenzu Akal d wawal, amud n tullisin, i d-yeffɣen deg mayyu yezrin sɣur tizrigin Tira n Bgayet, d ayen yeffren yakan, d lufer n wayen yerez deg yidles d tutlayt n Teqbaylit. Akken i d-yenna daɣen tira s tutlayt tayemmat dayen ara d-yerren tisas d wazal i yidles-nneɣ, acku ma yella mačči d nekni ara t-igen, werǧin ad t-xedmen wiya

Dj. Ikhloufi

source: la dépêche de kabylie

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Les dictateurs ont changé de recette

Posté par algeriedemocratie le 9 août 2009

Les dictateurs ont changé de recette

Les dictateurs ont changé de recette dans Démocratie(2) dictature-africainePar Moisés Naím
Comment rester au pouvoir indéfiniment en maintenant des apparences de démocratie?

En guise de marmitons, choisissez des juristes plutôt que des lieutenants-colonels et comme ingrédients principaux, plutôt le référendum et l’amendement constitutionnel que le tank ou l’assaut sur le palais présidentiel. Les modes changent, surtout en cuisine, mais le résultat est toujours le même: les dictateurs parviennent à maintenir l’apparence de la démocratie tout en restant au pouvoir aussi longtemps qu’ils le peuvent.

Bien sûr, cette constante ne saurait effacer les particularismes culturels et chaque pays accommode la recette au goût des élites locales. Ainsi, au Zimbabwe, la recette des élections qui maintiennent Robert Mugabe [2]au pouvoir depuis 29 ans émet un bouquet plus relevé que celle appliquée en Russie, où l’élection d’un nouveau président ne change rien au fait que Vladimir Poutine [3] continue de tirer toutes les ficelles. En Iran, où on apprécie un zest de religion et où le chef suprême du pays, Ali Khamenei, a affirmé que la victoire écrasante du président Mahmoud Ahmadinejad [4] était un «signe du ciel», les milices autorisées à tabasser les manifestants constituent une garniture des plus appréciées.

En Amérique latine, la grande nouveauté est la manipulation de la constitution. Au Honduras, Manuel Zelaya [5] a essayé de suivre cette recette en modifiant la loi afin de rester au pouvoir pour un second mandat, mais il n’a réussi qu’à provoquer une indigestion chez les plus riches qui pourrait lui être fatale.
Voici donc la recette qui fait aujourd’hui le succès des autocrates de tout poil.

Ingrédients:
* Des millions de citoyens très pauvres.
* Des inégalités abyssales.
* Une pauvreté inimaginable cohabitant avec une richesse obscène.
* De l’injustice, de l’exclusion et de la discrimination raciale.
* Une corruption omniprésente.
* Une élite politique et économique arrogante, persuadée que «nous contrôlons la situation, rien n’arrivera ici.»
* Des partis politiques discrédités.
* Une classe moyenne apathique, déçue par la démocratie, la politique et ceux qui la font.
* Un parlement, une justice et des forces armées ramollies par un bain prolongé dans une marinade à base d’indolence, de gaspillage et de corruption. Il doit être facile d’acheter un juge, un sénateur ou un général.
* Des médias que leurs propriétaires utilisent pour promouvoir leurs intérêts économiques ou politiques.
* Une superpuissance étrangère neutralisée, distraite par d’autres priorités ou empêtrée dans trop d’aventures militaires.
* Une opinion internationale atteinte de troubles de l’attention aigus et ne s’intéressant pas vraiment à la manière dont les autres pays sont gouvernés.
* Un ennemi extérieur que l’on peut pointer du doigt. La CIA est l’exemple idéal, mais un pays voisin peut également faire l’affaire. Ou des immigrés ayant une couleur de peau différente. Si rien ne marche, essayez les Juifs et le Mossad.
* Des «milices du peuple» bien armées, bien entraînées et prêtes à briser les membres de ceux qui s’opposent au régime. Il n’est pas nécessaire que ces milices soient très nombreuses. Il suffit que les brutes qui les composent intimident la population en pratiquant le tabassage, l’assassinat, l’enlèvement ou d’autres formes de violence.

Préparation

1. Secouez bien les populations les plus pauvres grâce à une campagne qui monte certaines catégories contre d’autres. Saupoudrez de ressentiment, de rancœur électorale et de populisme économique. Faites évaporer toute harmonie en faisant bouillir la marmite sociale.
2. Prenez le pouvoir au cours d’élections démocratiques. Vous y arriverez plus facilement si vos rivaux sont corrompus et discrédités et si vous savez acheter les votes. Au cours de la campagne, proclamez votre volonté de lutter contre la corruption et de reprendre aux riches ce qu’ils ont volé aux pauvres.
3. Après avoir remporté les élections, organisez-en d’autres, mais ne les perdez pas. Les élections ne servent pas à défendre la démocratie, mais à décorer votre assiette.
4. Rafraîchissez le haut commandement militaire en nommant des officiers loyaux au président. Récompensez-les en leur faisant des cadeaux de toute sorte et punissez ceux qui manquent d’enthousiasme. Espionnez-les tous, tout le temps.
5. Faites la même chose avec la magistrature.
6. Lancez une campagne visant à obtenir la modification de la constitution par référendum. Obligez les employés des services publics à voter et assurez-vous que certains membres de l’opposition sont contre cette initiative. Persuadez le reste de l’opposition que son vote n’a aucun poids.
7. La nouvelle constitution doit garantir tous les droits des citoyens, surtout les plus pauvres, tout en ramenant leurs devoirs et leurs obligations au minimum. Promettez de réduire la pauvreté et de faire disparaître les inégalités. Dans le texte lui-même, insérez des provisions, rédigées dans un langage incompréhensible pour l’homme de la rue, qui affaiblissent ou suppriment la séparation des pouvoirs, concentrent l’autorité dans les mains du président et lui permettent de se représenter indéfiniment.
8. Discréditez, rabaissez, cooptez, achetez et réprimez l’opposition.
9. Contrôlez les médias. Tolérez quelques voix critiques que personne n’écoute, cela vous permettra de faire taire ceux qui vous reprochent de museler la presse.
10. Répétez le point trois, indéfiniment.

Bon appétit !

*Moisés Naím est rédacteur en chef du magazine Foreign Policy.

Cet article a été publié par le Washington Post le 2 août 2009. Traduit par Sylvestre Meininge. Repris par Tunisia Watch

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Un an depuis la disparition du grand poète palestinien

Posté par algeriedemocratie le 9 août 2009

 

Darwich, une vie « à cœur ouvert »

Un an depuis la disparition du grand poète palestinien

Darwich, une vie « à cœur ouvert »

Les hasards du calendrier sont cruels : la commémoration de la mort du grand poète palestinien, Mahmoud Darwich, intervient au moment où le Fatah, parti devenu exsangue, organise son congrès.

Les tourments du poète rôdent toujours dans la terre de Palestine. La voix de celui qui avait refusé le poste de ministre de la Culture que lui proposait Yasser Arafat, disant qu’il préférait être Sartre que Malraux, s’est éteinte mais elle résonne encore, comme des éclats envoyés à la face de l’occupant israélien.

Comme une mise au point à ceux qui ont mis le destin de la Palestine en péril. Mahmoud Darwich était la voix de la Palestine qui surgissait au milieu du sang et des gravats. Sa poésie est un cri peignant la douleur de l’errance. Sa plus grande blessure, l’exil, était au centre de ses déclamations. Et comme un ultime bégaiement de l’histoire, l’exil vient encore hanter son repos éternel. Le droit de reposer dans la terre de ses ancêtres ne lui a pas été accordé. Comment aurait-il pu, au reste, revenir dans ses terres alors que les Israéliens y font paître leurs vaches. La presse arabe et une association d’anciens villageois de Birwa (en Galilée) se sont indignées de ce qu’un tribunal israélien ait donné raison aux colons qui promenaient leurs troupeaux précisément là où sont enterrés les membres de la famille Darwich. A ce propos, le poète chantait : « Celui qui m’a changé en exilé m’a changé en bombe… Palestine est devenue mille corps mouvants sillonnant les rues du monde, chantant le chant de la mort, car le nouveau Christ, descendu de sa croix, porta bâton et sortit de Palestine. »

La mort de Darwich a entraîné des polémiques qui ne font pas honneur à la grandeur du poète. Les problèmes ont commencé lorsqu’un « comité d’amis » a décidé de publier les derniers poèmes, que Darwich n’a pas eu le temps de terminer, dans un recueil portant le titre Je ne veux pas de fin à ce poème (titre choisi par l’écrivain libanais Elias El Khoury). Des poètes arabes ont été effarés d’y découvrir des fautes de prosodie. Le fait est que Mahmoud Darwich pratiquait le « poème cadencé », une écriture poétique apparue avec l’école irakienne des années 1950 et qui consistait à se libérer des conventions poétiques de « l’âge classique » tout en conservant des règles rythmiques fondées sur une alternance codifiée de séquences brèves et longues. Le monde des arts a accusé le « comité d’amis », et à leur tête Elias Khoury, d’avoir souillé la mémoire du poète en apportant des rectifications à ses textes. S’ensuit une longue et désolante polémique opposant, par presse interposée (notamment les journaux El Hayat et El Safir), l’éditeur exclusif de Mahmoud Darwich, Riyad El Rayye qui n’a pas eu accès aux textes originaux du poète à l’écrivain Elias El Khoury qui, lui, a préféré conserver les textes. Il a été reproché à l’écrivain libanais de vouloir « s’approprier » l’héritage du poète. « Triste feuilleton du petit monde des lettres, qui n’est pas vraiment à la hauteur de la mémoire de ce très grand poète et qui révèle surtout combien le monde arabe est à la recherche de figures dans lesquelles il puisse se reconnaître », a commenté Yves Gonzalez Quijano, chercheur et professeur de littérature arabe. L’autre fait qui a soulevé l’ire des admirateurs de Darwich concerne le tournage d’une série télévisée retraçant la vie du poète et qui pourrait être portée à l’écran durant ce mois de Ramadhan.

L’idée émane du réalisateur syrien Faris Ibrahim qui se spécialise dans les séries racontant les vies des grandes figures culturelles arabes. Il a notamment réalisé des séries basées sur les biographies des chanteuses Oum Kalthoum et Esmahane et du poète Nizar Qabbani. « Je serai prêt à encaisser vos attaques une fois que le travail sur Darwich sera terminé », a déclaré le réalisateur syrien à ses détracteurs. Mais le meilleur hommage qui puisse être donné à Darwich est certainement le nouvel album de Marcel Khalifa, inspiré du dernier recueil de Mahmoud Darwich, publié de son vivant. Le compositeur et chanteur libanais a pris à cœur de transformer ses poèmes en chants et en mélodies, leur conférant une autre dimension. Ce qui fit dire au poète que Marcel Khalifa était son « cœur jumeau » (tawaam qalbi). Les admirateurs de Darwich, qui ont pu assister à ses spectacles, se souviendront surtout de cette voix qui tourmente, qui fascine, qui envoûte.

La voix d’un peuple sans voix. Darwich aimait à croire en l’espoir. « Nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir de libération et d’indépendance. Espoir d’une vie normale où nous ne serons ni héros ni victimes. Espoir de voir nos enfants aller sans danger à l’école. Espoir pour une femme enceinte de donner naissance à un bébé vivant, dans un hôpital, et pas à un enfant mort devant un poste de contrôle militaire. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix. Merci pour porter avec nous le fardeau de cet espoir », disait-il. Il a contribué à façonner une identité palestinienne, que l’occupant israélien cherche à nier : « Si quelqu’un, écrivait-il, parvenait à une brève description des fleurs d’amandier, la brume se rétracterait des collines et un peuple dirait à l’unisson : les voici, les paroles de notre hymne national. » Celui qui s’était exclamé : « ô mort, attends que je fasse ma valise », l’éternel exilé, qui a succombé à une opération à cœur ouvert, est parti à l’âge de 67 ans, nous laissant sa valise.

Par Amel Blidi

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Témoignage du frère du harrag mort hier à Annaba

Posté par algeriedemocratie le 9 août 2009

« Ikram devait rejoindre Christelle via la Sardaigne »

Témoignage du frère du harrag mort hier à Annaba

« Ikram devait rejoindre Christelle via la Sardaigne »

« Il était prévu que Christelle vienne au mois de juillet dernier pour se marier avec Ikram en Algérie. Elle n’a pas pu obtenir le visa. Puis ça a été reporté à la fin du Ramadhan. Elle comptait venir avec sa famille pour concrétiser son union avec mon frère », nous raconte, en pleurs, Hicham, son frère aîné.

Rejoindre sa bien-aimée Christelle, une Française de 20 ans qu’il connaissait depuis quatre ans, était le rêve d’Ikram. Malheureusement, le destin en a décidé autrement. Cet amour est né d’un chat sur un site de rencontres. Au fil des années, les dialogues anodins se sont transformés en un grand amour. Ikram voulait coûte que coûte exaucer son rêve, celui d’être auprès de la femme qu’il avait choisie. Ses tentatives d’obtenir un visa sont restées vaines ; c’était le refus à chaque fois. L’idée de la harga a alors commencé à germer dans la tête d’Ikram, qui était un génie de l’informatique, un technicien de dessin en bâtiment des plus avertis. « Il était prévu que Christelle vienne au mois de juillet dernier pour se marier avec Ikram en Algérie. Elle n’a pas pu obtenir le visa. Puis ça été reporté à la fin du Ramadhan. Elle comptait venir avec sa famille pour concrétiser son union avec mon frère », nous raconte, en pleurs, Hicham, son frère aîné et son confident, un gardien de parking, père de la petite Anfal (Fifi).

C’est d’ailleurs par la photo de cette petite qu’il aimait tant à appeler Sahbati (mon amie) qu’Ikram s’affichait sur le Net à son amie Christelle avant qu’ils ne passent tous deux à la webcam (discussion en live). « C’est la veille de son départ, c’est-à-dire mercredi vers 3h, qu’il est venu me voir pour m’annoncer son départ. Après une longue discussion, il a réussi à me convaincre puisque je m’y étais opposé. Puis il est rentré à la maison. Le jour J, c’est-à-dire le jeudi matin, il est parti régler le prix de sa place dans l’embarcation de la mort : 45 000 DA au passeur et 5000 DA à l’intermédiaire. C’était tout ce qu’il avait, fruit d’une dizaine d’années d’économies », poursuit Hicham. Entre-temps, ce dernier devait préparer le nécessaire au voyage d’Ikram. « J’avais 700 DA seulement sur moi, je lui ai acheté un flacon de shampoing, un déodorant, des lames de rasoir et deux savonnettes. Il n’avait même pas de quoi se payer les cigarettes qu’il devait emporter. J’ai dû alors emprunter 2000 DA auprès d’un ami pour lui en acheter deux cartouches. J’ai tout mis dans un sac à dos que j’ai soigneusement caché car mes parents ne savaient rien », indique Hicham. Interrogé sur le pécule en devises d’Ikram, notre interlocuteur précise qu’il avait seulement 35 euros. Une somme qu’il avait procurée à son frère en cédant au bijoutier du quartier la bague de fiançailles de sa femme. Vers 21h de la fatidique journée de jeudi, c’est une sorte d’adieu qu’a fait Ikram à ses proches. Hicham l’attendait, avec deux autres harraga du même quartier, dans une librairie pour l’accompagner à la plage Rizzi Ameur, le point de départ. « Une fois arrivés, nous avons trouvé au moins une trentaine de personnes entre harraga et curieux. Sur les lieux, il y avait deux embarcations cachées par le passeur dans un tunnel, à même la plage. Le moteur était accroché à une barque de pêche. Le passeur était sur place, il coordonnait l’opération par portable. Il y avait toute une équipe. Chacun sa mission pour 500 à 1000 DA », explique Hicham. Selon lui, la première embarcation est partie vide vers Ras El Hamra (le Vivier).

Quant à la deuxième, sept harraga y avaient pris place, dont Ikram. Les autres ont tous pris des taxis vers le Vivier d’où devaient appareiller les deux embarcations, poursuit Hicham. « Une fois arrivés, nous avons été surpris de constater qu’il y avait une troisième embarcation. Sur place, nous avons trouvé près d’une centaine de personnes, c’était la confusion totale. Puis le passeur « en chef » a entamé la répartition des harraga entre les trois felouques. Ikram m’a lancé un ultime regard en me priant de prendre soin de mes parents », se souvient Hicham, en sanglots, tenant les 35 euros enroulés telle une cigarette par Ikram et murmurant d’une voix presque inaudible : « Pardonne-moi mon frère, pardonne-moi. » Il a toutefois tenu à nous signaler que c’est à cause d’une candidate à l’émigration clandestine, membre d’une des trois expéditions, que la tentative des 74 jeunes harraga a échoué. « C’est certainement son frère qui a vendu la mèche aux gendarmes postés au niveau du cap de Garde. Il était venu chercher sa sœur pour l’empêcher de partir. Mais, il n’a pas réussi à l’en dissuader. Sinon comment expliquer l’arrivée des gendarmes au Vivier alors que la troisième embarcation était encore visible ? Peu de temps après, nous avons reçu un appel de Mehdi, le compagnon et ami d’Ikram, qui nous a informés que les gardes-côtes étaient à leurs trousses, puis la communication s’est brutalement interrompue », poursuit Hicham. Flairant déjà ce qui allait se passer, ce dernier se dirigea avec des amis du quartier vers le port. Il était une heure du matin lorsque les unités des garde-côtes ont commencé à déposer les harraga sur le quai n°9. « C’était le cafouillage. Des ambulances de la Protection civile, des véhicules des garde-côtes, de la gendarmerie… J’ai fini par comprendre qu’un drame était arrivé aux malheureux aventuriers, y compris mon frère. Je me suis alors précipité vers les urgences de l’hôpital Ibn Rochd. » C’est alors que Farid, le meilleur ami d’Ikram, prend la parole pour nous dire que l’évacuation des blessés a duré jusqu’à 3h. Au total, 18 harraga ont été évacués. Ils étaient gravement atteints de brûlures à différents degrés. Ce n’est que vers 4h que la dernière ambulance est arrivée mais, à la différence des autres, elle était escortée par des éléments de la Gendarmerie nationale. Elle ramenait le cadavre d’Ikram. « Voilà comment finissent les jeunes de la République bananière de Bouteflika, d’Ahmed Ouyahia et de leurs compères », s’indigne Farid. Ainsi, le rêve d’Ikram Hamza, né le 11 avril 1977, de rejoindre sa bien-aimée Christelle dans le nord de la France via la Sardaigne, se termine au cimetière de Sidi Aïssa.

Par N. Benouaret

source:el watan

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Un drame national se joue à ciel ouvert

Posté par algeriedemocratie le 9 août 2009

Mounira Haddad. Présidente d’AFAD

« Ce sont nous, les aînés, qui avons failli quelque part »

Un drame national se joue à ciel ouvert. Une forme de suicide collectif de jeunes de 15 à 30 ans, qui devient un acte banal. Ni la classe politique, ni la société civile, ni les pouvoirs publics ne donnent l’impression de s’émouvoir. Ils sont tous aux abonnés absents face à une jeunesse en plein malaise, une jeunesse rongée par l’absence de perspectives d’avenir. Seul le président de la République peut prendre des mesures urgentes pour faire face à ces multiples SOS d’une jeunesse aux abois. « Nous allons vers une non-assistance à personnes en danger. » C’est ainsi qu’a réagi Mounira Haddad, présidente de l’association Afad, qui milite depuis des années pour la défense des droits des migrants, demandeurs d’asile et réfugiés. Dans cet entretien, elle exprime les raisons qui poussent les jeunes Algériens à multiplier les expéditions vers l’inconnu, souvent aussi vers la mort.

- Pouvez-vous d’abord nous dire pourquoi Afad s’intéresse-t-elle à la question des migrants ?
- L’association Afad a été intégrée au réseau régional de défense des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants pour la défense de leurs droits humains. Il s’agit d’un réseau qui s’est constitué à Dakar (Sénégal) en février 2009. Outre notre pays, il regroupe le Sénégal, le Mali, le Niger, la Mauritanie, le Maroc, en partenariat avec la Cimade – une ONG française qui défend ce principe depuis de très longues années, très connue chez nous pour avoir apporté son soutien à notre peuple durant la période coloniale. Elle continue à défendre des sans-papiers algériens, à leur rendre visite dans les centres de rétention de France, à se solidariser avec les expulsés et les demandeurs d’asile. Nous voulons être à ses côtés et aux côtés de toutes les ONG internationales qui défendent le principe de la libre circulation pour le respect de la dignité humaine et qui se mobilisent en ce moment, à l’approche des élections européennes. Ces ONG veulent peser, par cette démarche auprès des candidats, sur la politique migratoire européenne.
- Le phénomène de la harga, comment l’abordez-vous ? Le concevez-vous en tant qu’association qui milite également pour le développement ?
- La question des harraga, nous l’avons abordée bien avant notre intégration au réseau régional de Dakar. Nous y avons été confrontés brutalement, sans y prendre garde, quand des adhérents de notre association ont vu leurs enfants partir et certains d’entre eux disparaître. Nous avons vu des parents dénoncer leurs enfants aux gardes-côtes pour les intercepter et leur éviter une mort certaine. Nous avons vu des mères entrer dans l’eau tout habillées, à l’aube, suppliant leur enfant de ne pas partir.
- Nous avons aussi vu des parents complices vendre leur dernier bijou pour payer le voyage, non pas pour se débarrasser de leur enfant, mais parce que persuadés qu’en atteignant les côtes européennes, il allait faire fortune et pourrait ainsi les aider eux-mêmes à sortir de leur condition de misère. Tout cela est très complexe mais en même temps humain. Il est aussi vrai que la question des harraga est aujourd’hui une question brûlante dans notre pays. Ce phénomène est apparu il y a quelques années, depuis l’avènement des accords de Schengen, mais aussi parce que notre système politique actuel, même s’il s’est penché souvent sur les attentes des jeunes, n’a pas été à la hauteur de leurs aspirations.
- Depuis le passage des années noires du terrorisme, les jeunes, pour beaucoup, sont nés dans les années 1980 et 1990. Nombreux sont ceux qui ont aujourd’hui 20 à 29 ans. Ils n’ont connu que la violence et la paupérisation avec la démission d’une large part des politiques, des gouvernants, de la société civile et des parents.
- En effet ni l’élite ni les politiques, encore moins la société civile, n’avons fait aucune pause pour situer les traumatismes vécus et voir comment panser les blessures et éviter les dérives survenues et à venir. La responsabilité est partagée, nous devons le reconnaître et trouver des solutions ensemble, entre gouvernants et gouvernés.
- Malheureusement, il ne se passe pas un jour sans que la presse rapporte des informations, en plus de celles que nous détenons, de naufrages, d’interceptions ou de dérives de chaloupes en mer, de corps sans vie rejetés. Cette problématique douloureuse nous absorbe entièrement. Nous essayons, dans notre ONG, de réfléchir à des alternatives face à ce mal-être. Est-ce qu’il y a des alternatives ? Nous n’en savons rien.
- Par ailleurs, les inégalités sociales existant dans notre pays n’arrangent en rien les perspectives d’avenir de ces jeunes qui rêvent d’une vie harmonieuse, d’une vie où ils peuvent se projeter dans l’avenir. Mais les frustrations sont nombreuses et la violence prend le dessus. Le désir de mort est aussi très présent chez ces jeunes. Les départs sont de plus en plus nombreux. Les chiffres ne cessent d’augmenter et l’âge des harraga varie désormais entre 14 et 29 ans. Des filles sont aussi du voyage. Nous les aînés, nous avons failli quelque part et c’est très grave !
- Comment comptez-vous agir pour aider à trouver les solutions susceptibles de contribuer à endiguer un tant soit peu le phénomène de société qu’est la harga ?
- Nous sommes sollicités pour des partenariats sur la question des migrants. Mais nous sommes et demeurons très prudents. D’ailleurs, nous l’avons dit et clairement signifié à des interlocuteurs internationaux avec lesquels nous nous sommes entretenus sur la question, notamment des diplomates italiens et britanniques, en réaction à ce que nous avions toujours dit sur les médias. Nous refusons de faire une politique de dissuasion en direction des harraga car nous n’avons pas d’alternative à leur proposer. Nous avons dit à nos interlocuteurs italiens que nous étions prêts à faire un travail dans leur pays, en partenariat et avec leurs ONG. Ce travail pourrait être fait dans les premiers centres de rétention pour pouvoir rencontrer les harraga algériens, discuter avec eux de leur désir – volontaire – de rentrer ou pas dans leur pays.
- Nous refusons de jouer le rôle du gendarme au service de l’Europe. Nous leur avons dit que nous ne sommes nullement attirés par les financements mirobolants qui peuvent être mis à notre disposition pour jouer ce rôle, notre mission est bien précisée dans le projet du réseau régional que nous avons intégré. Dans ce projet, la partie algérienne réservée à Afad se concentrera sur la sensibilisation et la formation de la société civile aux droits des migrants et la connaissance des droits des étrangers en situation irrégulière, en Europe comme chez nous. Notre projet sera en outre axé sur la mise en place d’un réseau d’avocats engagés dans la défense des droits humains des demandeurs d’asile, des réfugiés et des migrants. Par ailleurs, nous sommes en train de finaliser un projet en direction des harraga, qui nous permettra de voir comment trouver une alternative à leurs problèmes, à leur désir de liberté et connaître ainsi les raisons objectives qui les poussent à mettre en péril leur vie, motivés par une vision virtuelle d’une vie meilleure en Europe.
- Nous proposerons ce projet au gouvernement algérien et ferons des recommandations pour aller dans le sens d’une amélioration de la vie des migrants, des réfugiés et demandeurs d’asile et, bien sûr, des harraga. Nous restons persuadés que les valeurs humaines ancestrales de l’Algérie sont immuables. Nous sommes des humanitaires et devons rester attachés au développement durable. Nous refusons toute politique de dissuasion qui pourrait constituer un frein à l’idée de changer d’espace pour se développer tout en épousant l’idée de la globalisation.

Par N. Benouaret

source: el watan

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Les moines de Tibihérine et le « qui tue qui »

Posté par algeriedemocratie le 9 août 2009

Les moines de Tibihérine et le « qui tue qui »

Lahouari Addi, Algeria-Watch, 29 juillet 2009

La déposition devant le juge du général à la retraite François Buchwalter sur l’assassinat des moines de Tibihérine a provoqué de nombreux commentaires dans la presse privée algérienne allant dans le même sens, soulignant que les propos de l’officier français portaient atteinte à l’armée et à l’Etat algériens. L’unanimité exposée à la une à longueur de semaines est révélatrice du statut ambivalent de la presse algérienne qui sait qu’il y a des sujets sensibles où elle préfère renoncer à sa liberté. Les attaques contre M. Buchwalter sont le prix à payer pour exister en tant que presse privée, libre de critiquer le « pouvoir formel » (président et gouvernement) mais sommée de défendre le « pouvoir réel » en cas de nécessité et son noyau dur le DRS, service de sécurité dépendant du ministère de la défense. Aucun article demandant à ce que la justice française aille jusqu’au bout n’a été publié. Pourtant en privé, certains journalistes disent ne pas croire à la thèse officielle de l’assassinat des moines. Sur les dizaines de commentaires qui ont été publiés à ce jour, il n’y a pas eu un seul qui prenait du recul pour se poser des questions sur les circonstances de l’enlèvement et son dénouement tragique. Il y avait pourtant de quoi être satisfait dans les propos de M. Buchwalter : l’armée n’a pas tué délibérément les moines, elle a « seulement » commis une bavure en cherchant à les libérer des griffes de leurs ravisseurs. Il écarte ainsi la thèse de ceux qui avancent que le GIA, auteur de l’enlèvement, a été manipulé par les services secrets, ce qui implique la responsabilité de l’armée dans cet assassinat. Il est vrai néanmoins que ce qu’il rapporte à propos du meurtre de Pierre Claverie, évêque d’Oran, et de son chauffeur, est plutôt gênant pour le DRS.

Les arguments développés dans la presse algérienne pour contrer cette déposition insistent sur le fait que le GIA avait bel et bien revendiqué l’assassinat des moines dans un communiqué. Pourquoi alors enquêter si ce n’est pour chercher à discréditer l’Algérie et ses services de sécurité ? Il faut convenir que c’est là une bien curieuse conception de traiter des affaires de meurtre. Quand il y a mort d’homme, malgré les évidences et les confessions, la vérité est établie par le juge après une procédure d’instruction et un procès où les présumés coupables sont défendus par des avocats. Dans un Etat de droit, c’est le juge et non la police ou la presse qui désigne le coupable. Or en Algérie, durant « la sale guerre », l’opinion a été trop habituée à ce que un communiqué de la police ou une confession faite dans un commissariat tienne lieu de procès judiciaire et clôt l’affaire. Toutes les voix qui s’étaient élevées pour demander que la justice soit associée à la lutte contre le terrorisme avaient été diabolisées et accusées d’appartenir aux partisans des « qui-tue-qui », stigmatisés comme alliés objectifs des terroristes. Devenue un cri de ralliement du DRS pour intimider ceux qui demandent la vérité sur les disparus et les milliers d’assassinats, l’expression « qui tue qui » cherche à éliminer le juge du mécanisme de désignation des coupables. Il faut admettre que c’est là une position singulière de la part de personnes qui proclament défendre l’Etat de droit contre la menace islamiste. Comme si lutter contre le terrorisme islamiste justifie que la justice soit marginalisée et que la police obtienne carte blanche pour mener ses missions. Ce qui a été perdu de vue, c’est que tout fonctionnaire de police qui agit indépendamment de la justice et en dehors de la loi devient lui-même un terroriste protégé par l’Etat.

Durant le conflit algérien, qui a pris la vie à plus de 200 000 personnes, c’est parce que la justice n’avait pas été associée à la lutte anti-terroriste qu’il y a eu des dérives, et en tout cas beaucoup de zones d’ombre. Les massacres de Raïs (300 morts), Bentalha (470 morts), Ramka (1000 morts), pour ne citer que les plus spectaculaires, n’ont fait l’objet d’aucune procédure judiciaire, en dehors du fait que des indices et des témoignages de survivants contredisent la version officielle des faits. Il n’y a pas eu d’instructions ouvertes par le parquet, ni procès condamnant par contumace les coupables. Comme si les victimes n’étaient pas des vies humaines mais juste un troupeau de moutons, objet d’exactions de la part d’inconnus qui se sont évanouis dans la nature. Et pour tout faire oublier, le régime a fait voter des lois dites de réconciliation nationale amnistiant les terroristes et interdisant à quiconque de porter plainte. C’est ainsi que la justice algérienne ne peut pas être saisie de l’enlèvement des moines, entre autres. Là il y a un réel problème car comment une société peut-elle vivre en paix si elle efface par la loi la mémoire d’un conflit aussi brutal et aussi sanguinaire ? Comment les Algériens peuvent-ils vivre pacifiquement ensemble en se disant que « la sale guerre » n’a jamais existé ? Comment les institutions, comme le DRS, la gendarmerie, la police peuvent jouir de la confiance de la population qu’elles sont censées protéger si des suspicions terribles planent sur elles ?

Au fond, les personnes qui devraient exiger une commission d’enquête nationale ou internationale sont les personnels de l’Etat, en premier ceux des services de sécurité pour établir leur innocence et lever le doute qui plane sur les institutions et l’Etat algériens. S’opposer à des instructions judiciaires en France ou en Algérie ne fait que renforcer le doute sur l’implication des services de sécurité dans le meurtre de milliers d’innocents, dont les sept moines de Tibihérine.

Lahouari Addi

Universitaire

Publié dans Addi Lahouari(29) | Pas de Commentaire »

 

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