Un ex-général de la junte argentine (76-83) condamné à perpétuité.

Posté par algeriedemocratie le 14 août 2009

Un ex-général de la junte argentine (76-83) condamné à perpétuité.

Par Salah-Eddine SIDHOUM

Santiago Omar Riveros, ex-général de la junte argentine, auteur durant la « sale guerre » (1976-1983) de crimes contre l’Humanité, a été condamné hier, mercredi 12 août 2009 par un tribunal de la banlieue de Buenos Aires à la prison à perpétuité pour atteinte aux droits de la personne humaine. Il est accusé d’être responsable de l’exécution sommaire en 1976 et après d’horribles tortures d’un jeune adolescent de 15 ans, Floreal Avellaneda.
Ce sinistre officier putschiste criminel était le responsable du non moins sinistre camp de tortures et d’exécutions sommaires qu’était le « Campo de Mayo » qui a vu défiler près de 5000 prisonniers politiques que le régime du général Videla voulait « éradiquer » dans le cadre du « processus de réorganisation nationale » pour « sauver l’Argentine et la démocratie » du « péril rouge » (le « péril vert » n’existait pas encore !).
Ce camp constituait avec la tristement célèbre école de Marine (ESMA), un des « hauts-lieux » de la répression sauvage qui s’était abattue sur une grande partie de la population argentine au lendemain du coup d’Etat de 1976.
Trente ans après ce crime imprescriptible et malgré toutes les lois scélérates d’autoamnistie proclamées par les putschistes (« point final » et « désobéissance due » des années 86 et 87) qui interdisaient toute plainte contre les militaires et services de sécurité de la part des victimes ou familles de victimes de la « sale guerre », la justice indépendante argentine décidera de mettre fin à l’impunité. Trente ans après ses crimes contre l’Humanité, ce général criminel sera rattrapé par la Justice ! Et plus de 350 plaintes sont en attente d’être instruites par la justice pour les seules victimes du « Campo de Mayo ».
Pour rappel, la dictature argentine instaurée par le général Videla et qui dura plus de sept ans, se soldera par près de 30 000 disparitions forcées (victimes probablement torturées puis exécutées sommairement). Cette stratégie des « disparitions » sera empruntée à la sinistre « Ecole française » employée durant notre guerre de libération nationale. Cette dictature aura ses centres de torture et de liquidation, ses escadrons de la mort et ses « vols de la mort » pour terroriser une grande partie de la population. Elle aura aussi sa justice d’exception pour envoyer ses opposants, sur la base d’aveux extorqués sous la torture et de dossiers judiciaires préfabriqués, croupir dans les centres de détention.
Mais malgré sa « puissance » O combien éphémère, cette dictature connaitra indubitablement sa fin, grâce au combat de la société, de ses intellectuels et politiques dignes, des familles de victimes (dont les mères courageuses de disparus qui ont joué un très grand rôle dans l’éclatement de la vérité) et des militants des droits de l’homme.
La phase de transition démocratique, grâce à cette mobilisation populaire et des élites politiques se déroulera pacifiquement, malgré les menaces voilées de coups d’Etat des résidus militaires putschistes. L’Etat démocratique et le pouvoir législatif (démocratiquement élu) annuleront ces lois scélérates d’autoamnistie en 2003 avant que ces dernières ne soient totalement abolies en 2005 par la Cour Suprême.
Ce cas argentin doit servir de leçon aux apprentis dictateurs résiduels d’Afrique et du monde arabe qui pensent pouvoir, par la répression sauvage, se maintenir éternellement au pouvoir et par des lois d’autoamnistie se protéger à l’avenir de toutes poursuites judiciaires pour les crimes imprescriptibles qu’ils ont commis contre leurs peuples soumis.
Il doit servir également de leçon à tous les citoyens libres qui ne doivent pas mettre la charrue avant les bœufs. Seule l’instauration d’un Etat de Droit pourra permettre l’éclosion de la vérité sur les crimes commis par ces régimes et pas avant.
Œuvrons à un changement du système politique, à l’instauration de l’Etat de Droit et que la justice indépendante fasse alors son travail dans la sérénité pour que plus jamais, nos peuples ne soient les victimes expiatoires de ceux qui veulent se maintenir ou accéder au pouvoir par les coups d’Etat et les baïonnettes. Vérité et justice ne signifient nullement vengeance. Le cas argentin en est un exemple éloquent.

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