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les harragas

Posté par algeriedemocratie le 26 août 2009

CUBA-US-MIGRATION-RAFTERS-ARREST

tweetmeme_url = ‘http://www.algerie-focus.com/2009/08/25/algerie-penalisation-les-harraga-pour-ou-contre/’;tweetmeme_source = ‘hchicha’;tweetmeme_style = ‘compact’;
 

 

Depuis Janvier dernier, l’Algérie dispose d’un arsenal juridique à même de pénaliser le phénomène de l’immigration clandestine. Cette loi n’a pas eu l’impact escompté étant donné que l’article 75 qui punit d’une peine de prison et d’une amende les personnes qui tentent de quitter illégalement le pays, n’a en aucun cas découragé les candidats. Les chiffres sont alarmants et le temps presse. D’ailleurs des voix s’élèvent pour dénoncer cette loi jugée incohérente et assimilée à « une atteinte aux droits de l’homme« .

Rahim, enseignant:

C’est indigne de nous de pénaliser des gens qui le sont déjà. Rien ne permet ce genre de loi. N’importe qui a le droit de se balader hors des eaux territoriales algériennes dans une embarcation de fortune. Personne n’a rien à dire. Les seuls qui devraient pouvoir légiférer sont les pays hôtes, eux ont le droit de ne pas accepter des immigrants et donc à les pénaliser. Le hic c’est qu’ils ne le font pas. A cette étape, c’est de l’excès de zèle, rien d’autre.

Rafik, architecte:

Immigrer, voyager, partir, c’est vieux comme le monde, on ne peut mettre un terme à ce phénomène. La seule disposition à prendre devrait être d’éviter les catastrophes comme les noyades et autres morts pour cause de voyage risqué. Mais de là à punir un comportement qui existe depuis la nuit des temps,et qui n’est pas prêt de cesser, je reste perplexe. L’immigration est inscrite dans l’esprit de ces gens, on ne peut pas le changer. Si ces gens le font au péril de leur vie, c’est parce que justement ils n’ont pas pu le faire de manière légale. La solution est ailleurs.

Youcef, restaurateur:

On ne peut rester immobile devant cette décadence. Ces jeunes se donnent la mort en embarquant sur des engins mortels. L’Algérie se vide de ses enfants au profit de réseaux clandestins qui promettent monts et merveilles à des jeunes désœuvrés et désabusés. La pénalisation entraînera l’apeurement de certains malfrats, viendra a bout des réseaux de passeurs et autres conséquences néfastes.

Meriem, juriste:

Il faut rester objectif, pénaliser les harraga c’est un peu la solution de facilité. Il faut au contraire les fixer en Algérie, par l’emploie, l’aide, les formations etc.

C’est nul d’obliger quelqu’un à s’établir là où il ne veut pas le faire. Et si vous me dites qu’il faut rester réaliste, je vous répondrai: pour quoi faire?

Kh_louna
 

Depuis Janvier dernier, l’Algérie dispose d’un arsenal juridique à même de pénaliser le phénomène de l’immigration clandestine. Cette loi n’a pas eu l’impact escompté étant donné que l’article 75 qui punit d’une peine de prison et d’une amende les personnes qui tentent de quitter illégalement le pays, n’a en aucun cas découragé les candidats. Les chiffres sont alarmants et le temps presse. D’ailleurs des voix s’élèvent pour dénoncer cette loi jugée incohérente et assimilée à « une atteinte aux droits de l’homme« .

Rahim, enseignant:

C’est indigne de nous de pénaliser des gens qui le sont déjà. Rien ne permet ce genre de loi. N’importe qui a le droit de se balader hors des eaux territoriales algériennes dans une embarcation de fortune. Personne n’a rien à dire. Les seuls qui devraient pouvoir légiférer sont les pays hôtes, eux ont le droit de ne pas accepter des immigrants et donc à les pénaliser. Le hic c’est qu’ils ne le font pas. A cette étape, c’est de l’excès de zèle, rien d’autre.

Rafik, architecte:

Immigrer, voyager, partir, c’est vieux comme le monde, on ne peut mettre un terme à ce phénomène. La seule disposition à prendre devrait être d’éviter les catastrophes comme les noyades et autres morts pour cause de voyage risqué. Mais de là à punir un comportement qui existe depuis la nuit des temps,et qui n’est pas prêt de cesser, je reste perplexe. L’immigration est inscrite dans l’esprit de ces gens, on ne peut pas le changer. Si ces gens le font au péril de leur vie, c’est parce que justement ils n’ont pas pu le faire de manière légale. La solution est ailleurs.

Youcef, restaurateur:

On ne peut rester immobile devant cette décadence. Ces jeunes se donnent la mort en embarquant sur des engins mortels. L’Algérie se vide de ses enfants au profit de réseaux clandestins qui promettent monts et merveilles à des jeunes désœuvrés et désabusés. La pénalisation entraînera l’apeurement de certains malfrats, viendra a bout des réseaux de passeurs et autres conséquences néfastes.

Meriem, juriste:

Il faut rester objectif, pénaliser les harraga c’est un peu la solution de facilité. Il faut au contraire les fixer en Algérie, par l’emploie, l’aide, les formations etc.

C’est nul d’obliger quelqu’un à s’établir là où il ne veut pas le faire. Et si vous me dites qu’il faut rester réaliste, je vous répondrai: pour quoi faire?

Kh_louna

CUBA-US-MIGRATION-RAFTERS-ARREST

source:algerie-focus

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

Entretien sur la démocratie avec Anouar Benmalek

Posté par algeriedemocratie le 26 août 2009

La démocratie dans le monde arabe n’a toujours été qu’un fantasme, une illusion. Cependant, le fait nouveau c’est ce déni de démocratie remarqué chez quelques gouvernements en occident qui sont en porte-à-faux avec leurs opinions publiques respectives sur des décisions majeures, comme la guerre en Irak pour les Etats-Unis, le choix de modèle de société en France etc. Peut-on dire que la démocratie est aujourd’hui malade de ses propres prédicateurs zélés, comme l’islam est malade de ses propres prêcheurs illuminés ?

  Le diagnostic pour moi est clair : la démocratie n’est pas seulement malade, elle n’existe pas dans ce que j’appellerai rapidement le monde arabe, en reprenant l’expression par laquelle « l’extérieur » désigne cavalièrement un ensemble géographique complexe et multiple qui va de la Mer rouge à l’Océan atlantique. C’est vrai que l’on peut disserter pendant des heures sur ce qui va mal dans les démocraties occidentales et comment parfois on contourne ses principes pour aller porter la guerre et la rapine ailleurs, en Afrique ou au Moyen-Orient par exemple. Mais ce qui m’intéresse, moi, en tant qu’originaire de cette région du monde est de comprendre pourquoi la démocratie semble si difficile à implanter et pourquoi nos sociétés se résignent si facilement aux grotesques ersatzs de démocratie qu’on lui impose. Regardez l’Algérie : plusieurs parties, une assemblée multipartite, et pourtant l’exemple même de l’antidémocratie ridicule habillée des frusques de la démocratie. Personne n’est dupe du déshonneur qui est infligé à notre nation. L’arnaque antidémocratique n’a pas même besoin d’être très habile puisque tant de voix stipendiées s’élèvent pour clamer unanimement : regardez comme nous somme heureux de vivre en démocratie puisque nous pouvons même voter librement pour une présidence à vie.

Cinq ans sont passés depuis la publication de Chroniques de l’Algérie amère . Gardez-vous toujours cette amertume vis-à-vis de la situation en Algérie ?

Cette amertume demeure parce que les causes qui en ont été la raison n’ont pas disparu. Prenez par exemple, la question du respect des droits de l’homme en Algérie et ailleurs dans le monde arabe. Dans les pays non démocratiques, comme ceux de l’aire géographique d’où je viens, le citoyen est en butte inévitablement à la situation suivante : le pouvoir ne se définit que comme pouvoir absolu, dans le temps et dans l’espace. Tout potentat arabe considérera comme une offense suprême le simple fait de souhaiter une alternance démocratique : les élections ne sont, par définition, que le rituel du rappel périodique de la sacralité du détenteur du pouvoir. Toute autre conception est en réalité un crime de lèse majesté passible de la prison et de son corollaire presque immédiat : les mauvais traitements et, trop souvent, la torture.
Il n’y a rien de nouveau dans ce que je dis ici, mais le plus triste pour moi, c’est de découvrir (de redécouvrir inlassablement) combien ce mépris des droits élémentaires de la personne humaine s’accompagne d’une sorte d’acquiescement résigné des populations à cette situation. Dans les pays arabes, cette disposition à mépriser soi-même ses propres droits de citoyen, droits proclamés pourtant dans (presque) toutes les constitutions de la région, est liée à une conception plus ou moins avouée dans le subconscient social que celui qui a réussi à accéder au contrôle de l’État a gagné le « Pouvoir » au sens magique du terme, c’est-à-dire la latitude absolue de faire ce qu’il veut tant qu’il est au pouvoir. Selon cette représentation de la Force comme unique source de légitimité, celui qui possède les moyens de coercition et, donc, les moyens de redistribution de la richesse nationale au profit de ses vassaux a le droit (puisque c’est lui qui dicte, au sens littéral du terme, le « Droit ») d’en jouir jusqu’à ce qu’il perde le pouvoir — par la violence, évidemment.
Le plus désespérant donc, ce n’est pas cette prédation « naturelle » des richesses nationales par les différentes formes de pouvoir (rois, « présidents à vie » éternellement réélus, Guides de la révolution, etc.) quadrillant les sociétés du monde arabe ; ce n’est pas le béni-oui-ouisme stipendié du soi-disant personnel politique, même quand il appartient à l’opposition (à de rares, courageuses et périlleuses, exceptions).
Non, pour moi, le plus terrible est cette constatation, choquante a priori, que dans le monde arabe, l’aspiration à la vie démocratique et à la liberté de l’imagination ne relève pas encore d’un réflexe naturel. Le combat pour les droits de l’homme et pour le respect, en particulier, de l’intégrité physique du citoyen, est encore considéré par une bonne partie de la population comme un luxe réservé aux pays vus comme riches. Parfois même, il est interprété comme une volonté de dépravation des sociétés arabes par des sociétés plus libérales, quand on insiste, par exemple, sur le fait que ces fameux droits humains concernent tous les êtres humains, et donc les femmes…

Désabusé, amer, le monde arabe rêve encore d’un prétendu âge d’or (qui n’a, bien sûr, jamais existé) où les Arabes (ou ceux considérés comme tels… ) étaient tous « frères », du calife au sujet le plus ordinaire. Cette affabulation historique légitime des siècles de sujétion qui ont laissé des traces profondément inscrites dans l’inconscient des peuples de cette région. Ce déni de la simple réalité de tous les jours se fortifiait par le fait que le détenteur du pouvoir politique et militaire avait toujours l’habileté de se proclamer simultanément détenteur de la légitimité religieuse : la dissidence politique, littéraire ou artistique pouvait, du coup, être d’autant plus facilement être condamnée en tant que dissidence religieuse.

Jusqu’à présent, il est fréquent que les pouvoirs en place présentent leurs opposants (dont les écrivains qui ne font pas commerce de leur littérature) comme des hérétiques en religion, provoquant d’autant plus facilement la désolidarisation, sinon même l’animosité, parfois meurtrière, du citoyen ordinaire que ces opposants sont pourtant les premiers à aider dans leur quête de plus de respect. Être considérés, parfois, comme des ennemis par ceux-là mêmes qu’une certaine exigence morale impose d’aider, est une situation pénible à vivre par ceux qui s’acharnent malgré tout à défendre les droits humains ou la liberté de penser et d’aimer dans ces régions habités par l’amertume et le désespoir.

Qu’on ne s’y trompe pas : c’est parce nous avons une haute idée du monde arabe, c’est parce que nous l’aimons que nous réclamons de ses citoyens d’exiger et d’appliquer pour eux-mêmes les mêmes standards moraux et politiques qu’ils exigent des pays démocratiques. C’est parce que nous pensons qu’il n’y a qu’une seule humanité, qu’une seule espèce humaine, l’homo sapiens, que nous refusons le relativisme qui condamnerait certains peuples à l’immaturité civique éternelle, pour le plus grand bien des dirigeants qui les oppriment à l’intérieur et des prédateurs complices, tant étatiques que commerciaux, qui les oppriment à l’extérieur.

C’est toujours une grande douleur pour moi que ce contraste terrible entre les qualités humaines des peuples de nos régions (le sens de l’hospitalité, de la parole donnée, de la solidarité des voisins — en un mot, l’honneur de la vie des gens ordinaires) et le déshonneur de leur état de citoyens mineurs à vie, soumis vingt-quatre heures sur vingt-quatre à la propagande la plus grossière, obligés, sous peine d’ennuis importants pour eux et pour leur famille, de se livrer à la mascarade de l’acquiescement à tous les désirs du chef en place.

Non, le monde arabe ne doit pas être condamné à cette existence d’indignité et de vilenie. Pour un écrivain, le combat est ardu et semé d’embûches car, face à lui, se dressent les obstacles de la justice toujours aux ordres, de la police, de l’armée et de ses services secrets trahissant sans vergogne leur serment de protéger en tout occasion la volonté du peuple souverain et de défendre l’innocent et la patrie des malfrats de tout acabit. Je n’oublie pas, évidemment, les pseudo écrivains prêts à vendre leur liberté de création et leur devoir de critique pour des miettes de respectabilité officielle.

Cette situation est insupportable. Elle ne peut donc pas être supportée. Mais la lutte est encore longue, d’autant plus longue que les adversaires dans ce combat ne se limitent pas malheureusement aux seuls criminels.

Vous voyez donc que l’amertume que je ressentais au moment de l’écriture de « Chroniques de l’Algérie amère » est donc encore d’actualité pour moi.

Dans Ô Maria, votre dernier roman, vous déplorez cette obsession de pureté qui a poussé les chrétiens d’Espagne à déporter les Arabes de l’Andalousie. Il semble que l’histoire se répète des siècles après, mais cette fois avec une obsession démocratique au langage guerrier. Qu’en pensez-vous ?

Je reste encore sidéré par la violence de certaines réactions au moment de la publication d’Ô Maria. Pour certains, dans le monde arabe, le temps de l’Inquisition n’est pas révolu. Quand les « Autres » préparent les prochaines expéditions vers la planète Mars, certains de nos concitoyens préfèrent s’absorber corps et âme dans la traque de la moindre parole pouvant être considérée comme sortant du chemin du dogme et de l’étude des « moyens » les plus radicaux de mettre fin à la parole libre d’un simple écrivain.

L’unique élection dite démocratique en Algérie a failli porter les islamistes au pouvoir. Croyez-vous que nous soyons assez mûrs aujourd’hui pour un exercice démocratique sain en Algérie, sans que cela débouche sur une nouvelle guerre fratricide ?

L’Algérie n’a d’autre issue pour se développer que la démocratie. Mais si elle veut utiliser la démocratie pour porter l’intolérance au pouvoir, elle peut évidemment le faire, mais en ce cas, elle se suicidera en tant que nation porteuse d’espoir ! Personne d’autre ne pourra faire ce choix à la place des citoyens.

À quelques semaines des présidentielles, quel regard portez-vous sur la situation politique en Algérie ?

J’éprouve un dégoût fasciné devant la facilité avec laquelle la quasi-totalité de l’opposition s’est mise au service du pouvoir. L’argent peut tout, et il le démontre ici brillamment.

Un mot sur votre prochain roman, et pourquoi le choix du Canada pour l’écrire ?

Je termine actuellement un long roman qui sortira en septembre prochain chez Fayard. Dans ce roman, comme dans la plupart de mes livres, s’entrelacent les fils récents et passés de l’histoire de l’Algérie. Je prépare, parallèlement, un recueil de textes qui fera suite aux Chroniques de l’Algérie amère publié il y a déjà quelques années.

Un dernier mot ?

Il n’y a jamais de dernier mot pour un écrivain.

Entretien réalisé par Fayçal Anseur

source:algeria-focus.com

Publié dans intellectuels algeriens(48) | Pas de Commentaire »

intervention de Sadek hadjres sur le site quotidienalgerie.com

Posté par algeriedemocratie le 26 août 2009

Notre frère Saddek Hadjerès vient de nous faire parvenir cette contribution au débat. Avec tous nos remerciements pour sa disponibilité.
Salah-Eddine SIDHOUM

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Bonjour cher Salah Eddine

Suite aux attentes qui s’expriment sur plusieurs thèmes liés à la guerre de libération, je crois dans un premier temps répondre d’abord en fournissant le maximum d’informations. On constate chaque jour que le déficit en ce domaine est l’un ou le premier facteur des malentendus qui existent, entre gens de bonne volonté évidemment.
Le temps viendra ensuite des débats et commentaires sur des bases beaucoup plus claires et saines. Bien entendu, je ferai tout pour aller au devant de la curiosité légitime sur tout ce qui fait problème.
Donc en plus des documents déjà existants sur le site et sur lesquels j’attire à nouveau l’attention, j’intégrerai au fur et à mesure d’autres documents. Aujourd’hui, mon intervention en 2004 au siège du PCF me parait répondre en partie à certaines queestions. Je poursuivrai avec d’autres points. J’espère que les commentaires qui en décluleront, y compris les plus critiques seront alors assis sur des données plus opérationelles parce que non altérées par l’mmense entreprise de laminage anti-historique que nous avons connue les uns et les autres.
Bien amicalement à vous
et aux participants au colloque dont je mesure chaque jour l’intérêt.

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INTERVENTION de Sadek HADJERES

POUR LE 1er Novembre 1954

(au siège du PCF, Colonel Fabien, le 28 Octobre 2004)

Chers camarades et amis

Je remercie la direction du PCF d’avoir sollicité mon témoignage et mon opinion. A ma connaissance, cette célébration est jusqu’ici la seule, de la part des organisations françaises, à honorer avec cette solennité un événement historique qui a bouleversé mon peuple et son destin.

J’y vois la continuité d’une tradition de solidarité de classe et d’amitié anticolonialiste pour qui le critère des bonnes relations et de l’internationalisme réside essentiellement dans une communauté d’intérêts légitimes traduite en actes, par delà la diversité des appartenances et des affinités ethniques, culturelles, religieuses ou de civilisation.

Il est souhaitable, comme cela semble déjà le cas en France comme en Algérie, que les débats se prolongent au delà de quelques journées symboliques. Qu’ils se poursuivent dans des efforts et des échanges d’émotions, d’informations et d’analyses sereines qui nous changent des panégyriques ou des procès d’intention envers les épisodes et les acteurs de cette guerre. Ces commémorations se hausseront ainsi à la hauteur de ce qui, après les libérations de la Chine, du Viet-Nam et de Cuba, constitua un tournant de la décolonisation en Afrique et dans le monde. Ces journées donnent aussi l’occasion aux citoyens algériens et français de découvrir et mesurer l’importance des occultations et des déformations qui ont entouré l’histoire de la guerre d’Algérie. Ces déformations nous semblent aujourd’hui à peine croyables, Pourquoi ont-elles pourtant longtemps marché ? Parce que les esprits, même parmi les plus sincères, ont été obscurcis par des enjeux immédiats de pouvoir, par les séquelles de lourds contentieux politiques et partisans, par des règlements de compte idéologiques, ainsi que par des pesanteurs sociologiques dans l’un et l’autre pays, amplifiées par les leviers médiatiques au service d’intérêts étroits. Malgré les premiers efforts méritoires de quelques historiens, plusieurs composantes du mouvement national algérien et leurs alliés dans le monde ont été victimes de ces passages à la trappe, et parmi elles, davantage encore les communistes et les courants les plus progressistes dans les deux pays.

A ce propos et sans entrer dans les détails, je signale à ceux que ces questions intéressent, que je mettrai à leur disposition des documents dont la plupart, quand ils n’ont pas été purement et simplement ignorés, n’ont eu droit qu’à des commentaires tendancieux ou de seconde main sans qu’ils aient jamais été reproduits dans leur version intégrale. Parmi eux, la déclaration du PCA du 2 novembre 1954, les lettres adressées au FLN en 1956 au moment de l’intégration des CDL dans l’ALN en 1956, les lettres adressées par Bachir Hadj-Ali et moi même depuis Alger au GPRA en 1959, ainsi que plusieurs autres documents et témoignages de terrain.

Chers camarades et amis

En tant que membre de la direction du parti communiste algérien sur le sol national durant la guerre d’indépendance, je tiens à réaffirmer, avec le recul du temps, l’appréciation positive que mes camarades et moi avons eue des positions anticolonialistes défendues alors par le PCF. Ses dirigeants et militants ont livré un long et persévérant combat, à contre-courant d’une opinion forgée, jusque dans les couches les plus modestes des travailleurs et de la population française, par des décennies de propagande nationaliste, raciste et impérialiste. Nous avions exprimé à l’époque à nos camarades français notre désaccord et notre regret de certaines des positions tactiques du PCF telles que le faux pas, rapidement corrigé, du vote des pouvoirs spéciaux en 1956 ou d’autres erreurs moins lourdes dans l’appréciation de la situation. Elles nous furent d’autant plus préjudiciables que, de bonne ou mauvaise foi, ces positions étaient imputées également au PCA, censé à tort être automatiquement aligné sur le PCF. Mais à nos yeux, dans les conditions où il menait cette lutte, jamais autant qu’au cours de la guerre d’Algérie le PCF n’a été aussi proche de sa vocation anti-colonialiste. Nous ne demandions pas aux travailleurs français de réclamer l’indépendance à notre place, ni aux plus avancés d’entre eux de prendre le fusil avec nous, il y avait assez de combattants. Il était vital par contre que le peuple français prenne suffisamment conscience de ses propres intérêts pour infléchir la politique de guerre des gouvernants socialistes puis gaullistes. Dans ce but, la ligne la plus susceptible de rassembler le maximum de Français au fur et à mesure de leur expérience, comme l’a fait remarquer à juste titre Claude Liauzu, était la revendication de la paix sur la base du droit des peuples à leur autodétermination. Cela n’empêchait pas des Français à s’engager individuellement ou en groupes forcément minoritaires dans des actions pouvant apporter une aide précieuse du type technique, conspiratif ou d’insoumission ouverte. Qui nous dit d’ailleurs, et j’ai à ce sujet ma propre information, que des communistes français n’ont pas eux aussi mené ce genre d’activités avec l’aval de leur parti, sans pour autant qu’ils aient jugé utile ou opportun que l’Huma le claironne ? Même symbolique, cette participation de Français communistes ou non, à ce genre d’actions algériennes pouvait contribuer elle aussi à contrer la propagande colonialiste selon laquelle les résistants algériens n’étaient que des terroristes, des anti-français barbares fanatisés par l’islam. En Algérie, les communistes d’origine européenne, brisaient eux aussi ce mythe propagandiste, non en tant que français mais comme patriotes algériens. Voilà pourquoi nous étions désolés par les anathèmes qu’échangeaient publiquement en France les tenants de différentes formes de solidarité pour imposer l’idée que seule leur propre action était honorable ou efficace.

Je dis tout cela d’autant plus à l’aise que nous avons porté un jugement très critique sur des orientations stratégiques du PCF envers l’Algérie, pour des périodes situées avant ou après la guerre d’indépendance. Dans les années 43- 47, il se défiait de façon excessive du mouvement nationaliste algérien dont le caractère foncièrement libérateur prédominait en dépit de faiblesses aujourd’hui reconnues qui méritaient des critiques constructives et non des anathèmes. Après l’indépendance de l’Algérie, surtout après 1973, la direction du PCF de l’époque, pour des raisons qu’il appartient d’abord au PCF d’étudier, a versé au contraire dans le soutien inconditionnel aux orientations prétendument socialistes du nationalisme algérien, au moment où ce dernier basculait vers les courants conservateurs et réactionnaires au sein des institutions et du parti officiel du FLN. Nombreux sont les militants communistes français qui apprendront aujourd’hui seulement que durant quinze ans, de 1973 jusque peu après octobre 88, le PCF avait rompu unilatéralement ses relations avec les communistes algériens organisés dans le PAGS, parce qu’il considérait que l’Algérie construisait le socialisme sous la direction du FLN, alors que les communistes, les syndicalistes, les démocrates de progrès étaient interdits, réprimés, torturés et calomniés par le pouvoir algérien.

Je ne crois pas m’aventurer en pensant qu’aujourd’hui le PCF tend à s’oriente vers des actions et des positions de solidarité concrète envers l’Algérie profonde, celle des travailleurs, des paysans, des couches déshéritées, des cadres et des entrepreneurs honnêtes. Il est heureux qu’il cherche à privilégier une information et une écoute plus objective plutôt que des a priori idéologiques plus ou moins fondés, en évitant le piège des implications dans les rivalités de clans et de pouvoir en Algérie. Je souhaite avec beaucoup d’autres Algériens que cette célébration du premier novembre soit un jalon solide en cette direction.

Chers camarades et amis

Une commémoration digne d’un tel événement, ne consiste pas à s’incliner devant un monument.

Je soulignerai en premier lieu une des perceptions majeures du 1er novembre 54 que l’histoire a validée. Il n’existe pas au monde de force oppressive ou exploiteuse qui soit invincible à jamais, quelle que soit sa puissance dans tous les domaines. La conquête de la souveraineté nationale a été pour ceux de ma génération le dénouement d’un rêve fabuleux. L‘affrontement armé était devenu inévitable puis maintes fois prolongé par l’intransigeance et l’aveuglement colonialistes. Mais il a commencé, si on ne voit les choses que sous leur aspect formel, par l’initiative d’une poignée de patriotes disposant d’un armement dérisoire. Quand au lendemain du 1er novembre, chacun de nous a pris conscience des lourdes épreuves à venir, sachant en particulier la sérieuse impréparation politique de la mouvance nationaliste qui était entrée en crise et divisée depuis de longs mois, ces jours là, même l’air étouffant de l’Algérie colonisée nous était devenu plus léger, chargé d’une massive bouffée d’espoir. Ces espoirs n’étaient pas infondés, la libération du joug colonial ne fut pas un miracle.

Là réside le deuxième enseignement majeur. Si la volonté de liberté du peuple algérien a fini par triompher, malgré la disproportion des potentiels militaires, c’est qu’elle a bénéficié en Algérie comme à l’échelle internationale d’un ensemble de facteurs politiques favorables et irremplaçables. Faute de temps, je ne détaillerai pas ces facteurs, je rappellerai seulement la raison de leur efficacité : ce fut la convergence ou plutôt les convergences, les unités d’action réalisées progressivement en Algérie comme en France et dans le monde autour d’un objectif concret, le droit des Algériens à décider de leur destin.

Souvenez-vous : les courants les plus différents ou même les plus opposés quant à leurs préférences pour telle voie ou moyen ou pour telle perspective idéologique se sont pour la plupart retrouvés sur le terrain quotidien de la lutte et des sacrifices pour atteindre un objectif tangible, identifié et intériorisé par l’expérience collective comme relevant de l’intérêt commun. Les plus grands succès au cours de la guerre d’indépendance ont été enregistrés toutes les fois que ces facteurs ont été pris en compte suffisamment à temps, de façon consciente et organisée tant par le mouvement national dont le FLN a pris la tête, que par ses alliés naturels ou conjoncturels dans le monde. C’est pourquoi la petite flamme vacillante de la lutte armée durant les premiers mois a pris une ampleur nationale, portée par ce qu’il y eut de meilleur et de plus unitaire dans les orientations qui seront définies ensuite au Congrès de la Soummam du FLN d’août 1956. Lorsque surgiront des retards, des défaillances ou des violations de ce qu’il y avait de plus bénéfique dans ces orientations, notamment au sein des sphères dirigeantes ou du fait de lourds préjugés dans les sociétés, toutes les fois que les préoccupations hégémonistes ont prévalu contre l’esprit démocratique de l’unité d’action, ce fut au détriment de la cause de la libération de l’Algérie et de l’amitié entre nos deux peuples, avec des conséquences à long terme pour les générations successives.

Fort heureusement, en dépit des défaillances, l’abnégation de la base populaire, encouragée par le mûrissement d’une solidarité internationale diversifiée, est parvenue à vaincre les obstacles. Car la société qui souhaitait ardemment l’indépendance n’était pas directement impliquée dans les rivalités sans principe d’une partie des sphères dirigeantes qui mettaient à mal l’unité d’action. Les manifestations populaires algériennes de Décembre 1960, enclenchées au départ sans l’intervention de la direction du FLN et du GPRA, ont constitué le tournant décisif de la guerre de libération. Elles ont créé les conditions d’une prise de conscience plus massive dans le monde et plus particulièrement en France aussi bien dans la sphère civile que parmi les soldats du contingent et dans les institutions. Elles ont fini par contraindre le pouvoir français à de vraies négociations de paix fondées sur les droits légitimes de notre peuple, alors que De Gaulle, qui à la différence des dirigeants socialistes français s’était détaché des intérêts ultra-colonialistes de  » papa « , avait d’abord déchaîné toute la puissance militaire française pour tenter d’assurer les nouveaux intérêts pétroliers et géo-stratégiques des classes dirigeantes.

Chers camarades et amis

J’ai insisté sur l’importance des convergences et de l’unité d’action en sachant bien qu’elles sont plus faciles à évoquer qu’à réaliser. Elles requièrent des efforts, une culture politique, un art et une expérience collective à la hauteur de son caractère vital. D’autant plus qu’une solide unité d’action ne signifie pas alignement intégral en tout mais une réelle autonomie assumée avec esprit de responsabilité par tous les partenaires : discipline de combat et autonomie d’opinion et d’expression ne vont pas l’une sans l’autre. C’est la raison pour laquelle et je vous prie de croire que ce ne fut pas facile, le PCA, tout en soutenant vigoureusement le FLN et en intégrant ses combattants dans l’ALN, a tenu à conserver son existence politique et son indépendance de jugement face aux évènements.

Je voudrais à ce propos rendre un hommage particulier aux représentants des courants français et algériens qui avant guerre ont beaucoup œuvré à faire avancer cette conception ouverte de l’unité d’action et dont certains sont présents à cette commémoration. Je me souviens avec quelle constance le résistant et chrétien progressiste français André Mandouze travaillait à rapprocher les positions des formations nationales, à leur faire surmonter leurs préjugés mutuels et leurs contradictions secondaires au regard de leurs objectifs communs sur le court et le long terme. Dans les comités d’action et d’union qui regroupaient toutes les formations nationales où je représentais l’Association des Etudiants Musulmans dont j’étais le président, à côté d’autres organisations syndicales et de jeunesse agissaient avec persévérance d’autres artisans de l’unité d’action comme mon ami le regretté Ali Boumendjel qui représentait souvent le mouvement de la Paix. Il y avait aussi, garants d’une répercussion très large de ces efforts dans la population, les représentants d’Alger républicain, seul quotidien anticolonialiste et son directeur Henri Alleg que je n’ai pas besoin de vous présenter. Tâche ingrate que celle des artisans des convergences, dont les efforts tant du côté algérien que du côté français n’ont pas toujours été payés de retour, avant comme après l’indépendance. Ils le savent bien, Mandouze, Alleg et aujourd’hui Zouhir Bessa, sur ce chemin ils ne pouvaient s’attendre qu’à des plaies et des bosses.

Comment à ce propos ne pas évoquer aussi la mémoire du général de Bollardière, dont la présence de sa veuve parmi nous me touche à un double titre. Ce résistant français anti-nazi, a sauvé à nos yeux l’image des meilleures traditions de la France en se démarquant des atrocités coloniales et en refusant de voir l’armée française engluée dans ce genre de tâches. J’ai lu quelque part qu’à une période il avait commandé dans la région de Larbâa-Tablat et de l’Atlas blidéen, région où j’ai grandi et milité et où des dizaines de mes jeunes camarades, ouvriers agricoles, petits artisans ou chômeurs dont je suivais l’action, ont gagné la montagne parmi les premiers. Je n’en retrouverai que deux ou trois après l’indépendance. De cette région étaient originaires aussi des Français aussi honorables tels que Jules Roy ou Jean Pellegri, c’est là aussi que Jean-Jacques Servan-Schreiber a participé aux  » commandos de chasse  » dont il a relaté les actions dans des reportages de l’Express. La même région a subi aussi, hélas, les exactions d’un officier de triste mémoire, il s’en vantait et en fit même, comme vous le savez, le point de départ d’une carrière de chef de file raciste de la droite ultra-réactionnaire française.

Nos deux peuples abandonneront-ils aujourd’hui l’exigence de fortes convergences comme une simple relique du passé ? Sous le règne conjugué de la haute finance et de la haute technologie militaire, le colonialisme n’est pas mort. Non seulement il ne se contente pas de se renouveler dans les formes et les moyens économiques, financiers, idéologiques et médiatiques plus subtils, mais on le voit encore recourir aux formes les plus violentes et les plus barbares pour se perpétuer en Palestine et reprendre aux Irakiens l’indépendance conquise en juillet 1958. On le voit partout exploiter les difficultés des anciens colonisés pour tenter d’exercer sa domination par l’intermédiaire de pouvoirs ou des mouvements locaux interposés. Aujourd’hui comme hier, construire les convergences et les unités d’action au delà des différences reste une question de survie. Malheur aux peuples, aux travailleurs, s’ils se laissent dépouiller de cette arme la plus décisive dont ils disposent pour bâtir une citoyenneté démocratique et sociale. Malheur à nos peuples s’ils viennent à succomber au piège mortel d’une  » guerre des civilisations  » que Samuel Huntington n’a pas du tout inventé, car les colonialistes en ont largement usé et abusé en Algérie et partout ailleurs. Ils ont semé dans les sociétés algérienne et française les graines d’un poison idéologique à retardement d’autant plus mortel qu’il se présente sous les apparences de l’auto-défense.

Saurons nous tirer les leçons du gâchis épouvantable que fut d’abord la conqûete au 19ème siècle puis la deuxième guerre d’Algérie pour deux peuples, qui auraient eu tout à gagner à coopérer ? Même un colonialiste, appelé à témoigner en faveur du tortionnaire Aussaresses à son procès, s’était exclamé avec amertume :  » Puisqu’il en a été ainsi, je pense qu’il aurait fallu leur donner dès le début l’indépendance ! « . Lueur de bon sens tardive mais après quels dégâts pour l’immédiat et le futur !

Car le plus grave est que les choses se sont déroulées de façon telle que les nouvelles générations n’ont pas été suffisamment vaccinées contre les chauvinismes, les racismes, les intégrismes et les pratiques terroristes. Mal redoutable qui, alors que notre libération nationale se projetait comme une révolution démocratique et sociale exemplaire, respectée dans le monde et respectueuse des valeurs nationales culturelles et religieuses, a perverti les évolutions souhaitées. L’Algérie a été progressivement acculée par les sectarismes, les hégémonismes croisés et arrogants des armes et de l’argent à des positions conservatrices sinon rétrogrades dans les domaines vitaux pour son développement. Certaines évolutions symétriques en France (telles que la mise à l’index du  » pétrole rouge  » algérien après les nationalisations de 1971) ont élargi le fossé des deux côtés de la Méditerranée.

Si on en juge par les vagues d’indignation qu’ont soulevé dans nos deux pays les agressions au Proche et Moyen Orient, ainsi que la dénonciation des actes de barbarie et de torture massives, la voie reste ouverte aux espoirs de convergences et de combativité pour combattre ces fléaux.

Il est à nouveau impératif comme au temps de la guerre d’Algérie, que les opinions de nos deux pays se mobilisent pour prévenir et contrecarrer le déferlement irresponsable des racismes et des essentialismes de tous bords. Il est capital que les bases populaires, les intellectuels, les media apprennent à discerner les intérêts et les enjeux véritables que recouvrent les idéologies, les cultures et les professions de foi, dans le domaine religieux comme dans la sphère laïque. La montée des sentiments aussi bien islamo-phobes que judéophobes, anti arabes, anti maghrébins ou globalement anti-occidentaux, les virulentes campagnes crispations autour des modes vestimentaires, tout cela constitue le terrain propice aux évolutions intégristes et terroristes qui prospèrent toutes les fois que n’est pas reconnu le droit sacré aux résistances démocratiques à l’oppression et à l’exploitation.

Chers amis et camarades,

Il est salutaire devant tout fléau de remonter aux racines du mal pour en éviter l’aggravation et les récidives. N’oublions pas le rôle fondateur de deux évènements néfastes au cours de la guerre d’Algérie.

Le premier a été l’invasion tripartite déclenchée contre l’Egypte en 1956 par la coalition Israel-France-Grande Bretagne. Elle visait entre autres à écraser le mouvement de libération algérien, qui avait commencé à gagner le soutien de nombreux juifs d’Algérie. Un exemple : étant recherché activement à cette époque par les forces de sécurité françaises, je fus hébergé plusieurs jours par un camarade juif qui avait participé quelques années auparavant comme volontaire du côté israélien à la guerre israélo-arabe de 1948. Il en était revenu écœuré et peu optimiste quant à l’avenir démocratique d’Israël.

Un deuxième coup de boutoir a fait basculer les européens et les juifs d’Algérie dans le désespoir et les réactions ultra-racistes. Ce fut au printemps 1962. Les autorités des deux côtés venaient de réaliser dans les proclamations et les textes des accords d’Evian le droit de l’Algérie à l’indépendance et le droit des européens de continuer à vivre en Algérie. Ces autorités ont perdu à ce moment crucial le contrôle de leurs opinions respectives. A cause de l’OAS du côté français, et du côté algérien les réactions de vengeance de minorités irresponsables au moment où les dirigeants algériens en place se trouvaient gravement divisés et défaillants en se disputant le pouvoir. D’autres occasions de réparer ces dégâts ont été lamentablement gâchées depuis l’indépendance.

Voilà pourquoi il est important de donner aujourd’hui un contenu démocratique et social aux initiatives amorcées par les autorités de nos deux pays en vue de relations plus amicales dans un esprit d’égalité. La France et l’Etat français se grandiraient en reconnaissant solennellement le tort causé aussi bien à l’Algérie qu’aux intérêts français légitimes par un passé de rapports inégaux fondés sur la violence armée. Ce serait la meilleure façon de désamorcer les risques d’escalades maléfiques qui ne bénéficieraient une fois de plus qu’aux seules forces d’oppression et d’exploitation

Il n’y a pas de fatalité, ni du meilleur ni du pire. Une seule certitude : agir pour rendre vivable le sort des individus dans nos deux sociétés, de rendre viable l’existence de nos nations et assurer la qualité des relations internationales.

Les espoirs de justice et de fraternité évoquées par le film de J. Pierre Lledo ne sont pas seulement un rêve, à condition de les replacer dans le contexte nouveau forgé par l’Histoire du demi-siècle écoulé. Faisons en sorte d’y contribuer dans un espace de solidarité et de lutte franco-algérien qui ne se confond pas avec celui des frontières territoriales, institutionnelles, linguistiques, religieuses et de civilisation. Cet espace de lutte et de solidarité est complémentaire des autres espaces communs algéro- maghrébin, arabe, méditerranéen et africain. C’est un espace aux atouts certains et ouvert à nos espoirs communs, celui des sociétés civiles et des solidarités actives, celui des orientations démocratiques convergentes, celui des droits sociaux et des droits de l’homme et de la femme, celui de l’émulation dans la création et les échanges culturels.

Ce monde nouveau qui reste à construire est celui qui habitait les pensées de mon camarade Ahmed Inal, ancien responsable des étudiants algériens de Paris, torturé à mort en 1957 après avoir été fait prisonnier au combat dans les maquis de Sebdou. Ce rêve a été aussi celui qui jusqu’à l’ultime seconde de sa vie n’a pas quitté mon camarade l’ouvrier Fernand Iveton, guillotiné au petit matin de février de la même année à quelques minutes de ses deux autres codétenus musulmans.

Le rêve de l’indépendance est devenu réalité, soyons aujourd’hui des millions à poursuivre dans l’action unie le rêve de la citoyenneté inscrit dans l’appel du 1er novembre 54.

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عباسي مدني في حوار لـ »الخبر الأسبوعي »: »لو أعطيت لنا جبال جرجرة ذهبا ما عدنا إلى ممارسة السياسة في الجزائر

Posté par algeriedemocratie le 26 août 2009

عباسي مدني في حوار لـ »الخبر الأسبوعي »: »لو أعطيت لنا جبال جرجرة ذهبا ما عدنا إلى ممارسة السياسة في الجزائر » ''لو أعطيت لنا جبال جرجرة ذهبا ما عدنا إلى ممارسة السياسة في الجزائر''أكد عباسي مدني، رئيس  »الجبهة الإسلامية للإنقاذ » (المحظورة)، أنه مستعد للمثول أمام أية محكمة شريطة أن تكون عادلة وشرعية حتى لو كانت لاهاي، وشريطة أن يمثل الجميع دون استثناء بما في ذلك الجنرالات والرؤساء والوزراء، وقال عباسي لـ »الخبر الأسبوعي » من مقر إقامته في الدوحة أنه يجب على الشعب وضع حد للنظام القائم بوسيلة غير الانتخابات التي جرى إفراغها من معناها على حدّ رأيه·

حاوره من الدوحة: شبّوب أبوطالب

ما هو موقفكم فيما يخص الانتخابات المقبلة؟

الانتخابات شرّعت في الأصل لكي يختار الشعب بحرية من يمثّله ويقوده نحو الأفضل، أما الحاصل في الجزائر فهو أنها أداة لإدامة نظام حكم قائم على القهر والظلم بغير حدّ، ولهذا نادينا الشعب إلى مقاطعة الانتخابات التي لا تحقق الهدف المطلوب، والعهد القادم هو عهد الشعوب التي تتوق إلى الحرية المفضية إلى الحكم القائم على التراضي لا القائم على القمع والقهر بفرض سياسة الأمر الواقع·

هل ينطبق هذا الأمر على الجزائر؟

الجزائر، أبت السلطة أم شاءت، هي في طريقها إلى التغيير، وهي الآن أمام مفترق الطرق وكما قال تعالى  »وهديناه النجدين »، هي أمام طريقين لا ثالث لهما، إما أن يتحمّل الشعب الجزائري الأبي مسؤولياته كاملة بحزم في تأدية ما عليه أن يقوم به من تغيير واقعه المتعفن بدءا بمقاطعة الانتخابات القادمة بوعي راق وإرادة خيرة، وإما لا قدر الله أن يخضع للأمر الواقع المفروض عليه فيضيّع الفرصة مرة أخرى كالتي ضاعت بعد الاستقلال فيكون ذلك على حساب الزمن الحضاري وحساب أجياله المستقبلية·

أتقصدون أن التغيير في الجزائر لا يمكن أن يحصل بيد النظام القائم؟

ذكرنا في ندائنا للمقاطعة أن التغيير في الدول التي تحترم الأنظمة نفسها وتوقر شعبها فإن التغيير عملية جماعية وليست فردية، من خلال الاختيار الحر، صاحب القرار فيها هي الشعوب السيدة، وأما في الجزائر فقد استعملت وسيلة التغيير هذه أي الانتخابات أداة للبقاء في الحكم رغم أنف الشعب الجزائري، بأي حق وبأي منطق· رغم أنني على يقين أن هناك عناصر في السلطة يريدون التغيير لأن تعفن الوضع قد آلمهم، لكن التوجه العام والسائد ليس لديه نية حل الأزمة التي هي أزمة سياسية أساسا·

فهل يبقى الشعب مكتوف اليد دون أن يحرك ساكنا من أجل وضع نهاية لمن ينهب خيراته ويلقي في البحار شبابه ويبعثر عبر العالم طاقاته؟
أليس هو الشعب الذي أخرج بفضل الله وتضحياته الاستعمار الفرنسي وما أدراك ما الاستعمار الفرنسي؟

أليس هو الشعب الذي انتفض في أكتوبر 88 ليقول لا للحفرة ولا لسياسة الحزب الواحد؟

أليس هو الشعب الذي خرج بالأمس القريب متضامنا مع شقيقه الفلسطيني في غزة بالملايين رغم منع النظام بذلك حتى آخر وهلة ورغم أن معاناته لا تقل حجما عن معاناة إخوانه هناك؟
إذا كان الوضع كارثيا إلى هذه الدرجة، ذاق فيه الشعب أشكالا من الفقر والجوع والحرمان رغم الوفرة المالية وامتلاء خزينة الدولة، فكيف يكون الحال إذن خلال السنين العجاف التي وعد بها رئيس الجمهورية نظرا لتفاقم الأزمة المالية؟

مخطئ هو من يعتقد أن سفينته ستبقى ثابتة في مكانها رغم تواجدها وسط محيط هائج· إن التغيير صار بهذا الحكم وحسب السنن الكونية حتميا·

هل تود القول أن الانتخابات وسيلة غير مجدية للتغيير؟

بل أقول أنه تم إفراغ معنى الانتخابات من محتواه الصحيح، ومعناه الحقيقي قد أبطل، فالمشروعيات تبطلها التحايلات والتصرفات اللامسؤولة التي أدخلت البلد في طريق الهاوية·

لقد ضاعت الثقة بين السلطة والشعب الذي صار الحل للأزمة الجزائرية المتفاقمة من المستحيلات ما دامت نية الحل لدى السلطة التي هي اللبنة الأساسية لاسترجاع الثقة المفقودة، منعدمة·

كيف تقيّم الوضع في الجزائر حاليا؟

إن الوضع في الجزائر مأساوي وجد متعفن وذلك في جميع مجالات الحياة حسب ما يراه العقلاء·

فالذي تزخر به الجزائر من جميع العوامل المادية والبشرية لتحقيق النهضة الشاملة حولته السلطة من منحة إلى محنة حقيقية يذوق الشعب مرارتها في كل مجالات الحياة، والذي إذا استمر فإنه يرمي مستقبل أجيالنا في المجهول·

كلنا في باخرة واحدة وسط بحر هائج يواجهنا الخطر من كل جانب، ونتجه نحو الغرق، الشعب الجزائري طالت معاناته وتراكمت أزماته وتعفنت أوضاعه·

لكننا نلاحظ أن العالم كله تغير حيث صارت الدول تنطلق في بناء نهضتها، وفي المقابل بقينا نحن في مكاننا، بل تأخرنا، وتخلفنا وهذا الوضع لا يجب ولا يمكن أن يستمر!

إذا كان الوضع سيئا، والنظام كما تقول غير مستعد للتنازل، والمسؤولية موزعة على الجميع، فكيف المخرج؟

لقد أثبتت التجربة وبيّن واقع الحال بأن النظام يود إبقاء الوضع على ما هو عليه·
إذا كان البعض يتحدث عن شيخوخة النظام عبر شيخوخة مسؤوليه، وإذا كانت السيارات التي صنعت قبل 05 سنة قد وضعت في المتحف فإن النظام الجزائري الهرم المفبرك قبل50 سنة رفض التغيير وترك الشعب برمته قائما، مما يبقي لهذا الشعب إلا خيار المقاطعة·

 »مقاطعة » ولكن كيف التغيير الذي تتوقعه؟ قدم لنا حلا؟

الحل هو ما جاء في قوله تعالى  »إن الله لا يغير ما بقوم حتى يغيروا ما بأنفسهم »، بمعنى آخر إن الشعب مسؤول أمام الله وأمام التاريخ وأمام الأجيال المستقبلية أن يغير المنكر  »بيده فإن لم يستطع فبلسانه فإن لم يستطع فبقلبه وذلك أضعف الإيمان »، وما مقاطعة الانتخابات المقبلة إلا أضعف الإيمان لوضع حد لهذا النظام التعسفي·

لماذا لا تعود للجزائر وتعملون فيها بشكل علني عبر حزب سياسي وتطرحون أفكاركم على الشعب الجزائري؟
الأجواء السياسية والوسط السياسي الجزائري جد متعفن ولا يبعث إلى الاطمئنان بالمرة، كيف تريد للعمل السياسي في الجزائر أن يكون بناء تحت طائلة حالة الطوارئ، الحريات الفردية والجماعية فيها منعدمة تماما؟ كيف تريد للعمل السياسي أن يكون محترما والمعارض الحقيقي ينظر إليه نظرة العدو اللدود من طرف النظام فيبحث عن أي ذريعة لتحطيمه؟
كيف تريد للعمل السياسي المسؤول أن يتحقق في بلد الرئيس فيها رغم اعترافه بالفشل يخلد في كرسيه إلى أن يموت موتة سيدنا سليمان عليه السلام على عرشه، وحكومته يرأسها فاشل تارة ويدفعنا لذاك بعدها وهكذا دواليك، معارضتها مدجنة وظيفتها الوحيدة مساندة المشروع الفاشل من جهة ومعارضة المعارضة من جهة أخرى·
هذه الأسباب وغيرها تجعلني أقول: لو أعطيت لنا جبال جرجرة ذهبا ما عدنا إلى التعامل في تلك البركة السياسية العفنة، ومخطئ من يظن أن الجبهة الإسلامية صاحبة المشروعية الشعبية المدافعة عن قضية شعبها، تتسول من أجل أن يعاد اعتمادها رسميا لتعود إلى نشاطها السياسي في هذه الظروف التي انعدم فيها أهم الشروط الوجودية للحياة السياسية وهي الحرية·

الناس يقاطعون الانتخابات بغير حاجة لدعوة منكم وبالتالي فليس هناك استجابة لك بل لأسباب المقاطعين؟

سؤالك يحمل في طياته شهادة حق وهي أن المقاطعة ستتحقق لا محالة وهذا دليل على مدى وعي الشعب الجزائري بالمخاطر التي تحدق به والتي باتت تهدد أجياله، وهذا الذي يهمنا، أما عن مدى استجابته لنا فهذا حكم، والحكم فرع عن التصور، وماذا لو كان تصورك خاطئا هل يكون حكمك كذلك، ما هذا المنطق المعوج؟ إذن كيف يستوي الظل والعود أعوج؟

لننتقل إلى نقطة أخرى، هل شرعت في كتابة مذكراتك؟

سئل الإمام عبد الحميد بن باديس  »لماذا لا تؤلف الكتب؟ » فقال  »أنا أؤلف الكتائب لا الكتب »، وجوابي هو ذاته باستثناء أن تأليف الكتائب قد انتهى عهده بعد انتهاء الثورة التحريرية المباركة، أنا وهبت حياتي في سبيل الله من أجل أن أكون للتاريخ صانعا لا كاتبا ولغيري القيام بذلك·

أقول هذا لأنك متهم من قبل كثيرين بكونك السبب في مقتل 150 ألف جزائري، وهناك من يطالب بإحالتك على محكمة لاهاي للمجرمين ضد الإنسانية، ولذا يجب أن تدوّن روايتك وتدافع عن نفسك؟

عجبا لسؤالك هذا، أولا أصحح معلوماتك، هنالك قرابة 250ألف، أي ربع مليون قتيل على الأرجح· ثانيا، لقد ذكرت في عدة مناسبات أنه لا مخرج من الأزمة الدامية إلا من خلال فض النزاع بتجسيد المصالحة الحقيقية لا الشكلية، وهنالك رؤيتان حول كيفية التعامل مع حصيلة العشرية الدموية الأليمة فهناك من رأى بأنه لا بد من محاسبة الجميع وهذا رأي يحترم لأن من حق الشعب معرفة الحقيقة كل الحقيقة، كما أن هنالك طرحا ثانيا يرى بأنه لا بد من طي صفحة الماضي لأجل مسمى، بحكم أن ما وقع قد دخل في حكم التاريخ ولا نستطيع تغييره وحتى لا نبقى ندور حول حلقة مفرغة لا نهاية على حساب مستقبل أبنائنا المهدد، علما أن بإمكاننا إن توفرت لدينا الإرادة الصادقة أن نحول المحنة إلى منحة وأن ننقذ بلادنا من التمادي في التخلف والتردي، وكانت هذه قناعتي·

لقد توفرت فرصة لكم في مفاوضات البليدة مع الجنرال زروال، فلِمَ لم تستغلوها؟
باختصار شديد، كانت هناك في تلكم الفترة إرادة من طرف اليمين زروال ومن طرفنا لإيجاد مخرج للأزمة التي كانت تهدد البلاد بالدمار والعباد بالضياع·

وتوالت الحوارات المباشرة الجادة والتمسنا الدنو من الحل الذي كان من شأنه إبعاد شبح الحرب والعنف، فإذا به فجأة تتحرك يد خفية لتجهض كل هذه المساعي الخيّرة قصد إقحام الجزائر في النفق المظلم الذي عاشته بإبراز الحل الأمني على حساب الحل السياسي الذي هو أساس المشكلة والذي كدنا نتوصل إليه·  »والله غالب على أمره »·

هل أنت مستعد للمحاكمة؟

إذا استقر الأمر على الرأي الأول أي محاسبة الجميع دون استثناء جنرال أو رئيس أو وزير أو··· فأنا مستعد أن أمثل أمام أية محكمة شريطة أن تكون عادلة وشرعية حتى لو كانت لاهاي كما تزعمون· لكن أن نساوي بين الضحية والجلاد بل نعطي الحصانة للجلاد ونجرّد الضحية من جميع حقوقها الوجودية كما جاء في ميثاق السلم والمصالحة فهذا كيل بمكيالين  »ما لكم كيف تحكمون »·· عودوا إلى الشعب، والشعب ليس غبيا ويدرك من هو صاحب هذه المزاعم ولا الغبي بقي يخدعه·

كيف يعيش الشيخ حاليا؟ وهل تفكرون في العودة للجزائر أم أنتم مرتاحون لوضعكم الحالي؟

أنا مهاجر في سبيل الله ومن أجل مناصرة قضايا الأمة العربية والإسلامية عامة وقضية الشعب الجزائري خاصة·

متى تعود للجزائر بدلا من ممارسة المعارضة الإعلامية؟

لم أفكر ولم تبد أي مشجعات العودة ما دامت بلادي بقيت على ما هي عليه في وضعية اللاسلم واللاحرب، نسأل الله أن يأتيا بفرج من عنده بعودة الجزائريين إلى رشدهم، لأن الجزائر بحاجة إلى تآخيهم وتعاونهم والجد في إعادة الثقة بينهم من أجل إنقاذ بلدهم من الذي يهدده·

كيف تتحدثون عن الجزائر وأنتم بعيدون عنها؟ هل لديكم أي تواصل مع الجزائر؟
بطبيعة الحال أتواصل مع أسرتي وأحبائي كما هو الحال لكل مغترب يعيش بعيدا عن وطنه وأهله··· بل الأغرب من ذلك، أجدني مطلعا أكثر أحيانا من الذين يعيشون في الجزائر ولله الحمد·

وكيف ترون المشهد الإعلامي الجزائري؟

في غياب الحريات الديمقراطية لا يتوقع نهضة إعلامية إلا بالقدر المحدود·

ما رأيكم في الجماعات المسلحة التي تقتل الجزائريين حاليا؟ وهل هي نتاج لمشروعكم الفكري؟
الجبهة الإسلامية حزب سياسي استمد مشروعيته من الشعب عبر استحقاقات شهد لها العدو قبل الصديق بنزاهتها وشفافيتها، وما تزال تصر على محاولة حل المشكلة سياسيا لا غير·
والعنف منبوذ ولا يخدم مصلحة البلاد والعباد بتاتا، لأن الجزائر أحوج ما تكون إلى من يبني ولا إلى من يهدم لكن ثقافة العنف هذه بدأت منذ الاستقلال باغتصاب القرار من صاحبه وهو الشعب الجزائري وبمصادرة جميع الحريات الفردية والجماعية وبنهج سياسة الظلم والقهر إلى غاية انتفاضة أكتوبر، 8891 وما أن استنشق الشعب أكسجين الحرية واسترجع آماله في بناء دولته وتشييد عمرانه حتى أجهضت السلطة التجربة الديمقراطية وانتقمت من الشعب فأقحمت البلاد في أتون الحرب التي أهلكت الحرث والنسل·
وللتذكير، لم يكن للحركات المسلحة في جملتها أي وجود قبل إجهاض التجربة الديمقراطية في الجزائر، كما لم يوجد لتنظيم القاعدة في العراق قبل الاحتلال الأمريكي السافر، فالعنف هو الذي يبرر العنف المضاد والضغط على جميع الجبهات السياسية والاقتصادية والاجتماعية هو الذي يولد الانفجار·
نعيد ونكرر، بما أن المشكلة في الجزائر سياسية فإن محاولة حلها أمنيا لن يحل الأزمة بل يزيدها تفاقما وتعفنا، وهذا ما يرغب الطرف الذي يريد إبقاء الجزائر في التردي والتخلف والتأزم إلى ما لا نهاية·

تتناولون الموضوع من زاوية سياسية، والسؤال أمني قبل كل شيء· كيف تنظرون للقاعدة أصلا؟

موضوع القاعدة فهو مربط فرس بوش وأذنابه في العالم الذين ارتبطوا به وبمشروعه (مكافحة الإرهاب)، ارتباط الظل بالشجرة، فما أن أفل نجم بوش حتى أفلوا، ولم يعد هذا السيف القديم للمعركة الجديدة وفي الواقع الجديد المتجدد أي معنى· إن محاولة القضاء على (الإرهاب) دون وضع حد لإرهاب النظام السياسي والاقتصادي والاجتماعي شبيهة بمن يصب الزيت على النار بغية إطفائها لا غير· فلنعد إلى العقل وإلى الرشد وإلى المنطق، منطق قوة المشروعية وليست مشروعية القوة، ومهما استعمل النظام من قوة فلن يسلم من سنن التغيير إن آجلا أو عاجلا·  »وفرعون ذي الأوتاد الذين طغوا في البلاد فأكثروا فيها الفساد » (هذه هي المقدمة)  »فصب عليهم ربك صوط عذاب، إن ربك لبالمرصاد » (كنتيجة للطغيان والفساد)·

ماذا عن بقية الأحزاب الإسلامية الجزائرية، كيف تقيّمون تجربتها بعد هذه السنوات الطوال من العمل السياسي؟

هي ضحية من فبركها وهي باقية تدور حول دائرة مفرغة حتى تفنى·

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