Interview de Abdelkader Hachani à la veille de son assassinat

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Abdelkader Hachani : l’assassinat d’un modéré.

Alger, 23 Novembre -Algeria Interface a rencontré Abdelkader Hachani, à son domicile de Zeghara (Alger), à la veille de son assassinat. L’ancien dirigeant du FIS s’est montré critique envers la démarche de  » réconciliation  » menée par le gouvernement algérien.

Avec la mort de Abdelkader Hachani disparaît un interlocuteur modéré et rationnel de ce qui subsiste du Front islamique. Cet ingénieur en pétrochimie de 43 ans, père de 4 enfants était un personnage atypique. D’un abord sympathique et ouvert, considéré comme un  » moderniste  » par une partie de l’opposition et comme un  » faible  » par les radicaux islamistes, il avait assuré la victoire du FIS en décembre 1991, alors que les deux principaux responsables de ce parti, Abassi Madani et Ali Benhadj, étaient en prison.

Arrêté à son tour en mars 1992, après la dissolution du FIS et l’arrestation de ses principaux leaders, il fut emprisonné durant cinq ans sans procès, avant de retrouver la liberté en juillet 1997.

Partisan de la Djaz’ara, la tendance technocrate du FIS qui prône un islam  » à l’algérienne « , et dont la majorité des membres ont été assassinés, il était farouchement opposé à l’existence d’un parti clandestin, et a joué un rôle clé dans l’élaboration de la trêve de l’AIS annoncée le 1er octobre 1997. À sa sortie de prison, il avait signé, avec quatre autres membres de l’ancienne direction du FIS, un communiqué dans lequel il déclarait approuver tout processus pour « arrêter l’effusion de sang ».

 » La loi de  » concorde civile  » ne fera que légitimer la répression qui s’abattra sur notre mouvance après le 13 janvier  » s’inquiétait Abdelkader Hachani à la veille de son assassinat.

S’interrogeant sur le bien-fondé de la démarche de réconciliation du président Bouteflika, l’ancien dirigeant du Front islamique du salut exprimait sa préoccupation face aux délais imposés aux groupes armés pour se rendre aux autorités :  » Pourquoi donne-t-on, à une loi qui est censée apporter la paix, une durée de vie limitée à six mois ? Pourquoi ne pas offrir une deuxième chance à ceux qui prendraient leur décision tardivement ? Cette loi n’est, selon moi, qu’une copie de la loi sur la « Rahma » (clémence), à la différence que la démarche du président Zeroual, il y a trois ans, était plus franche et plus cohérente. « 

Abdelkader Hachani, visiblement affecté par l’effritement de son mouvement, ne dissimulait pas son amertume à propos de ceux qui, avaient  » trahi la cause « . Allusion faite à Abassi Madani, aujourd’hui en résidence surveillée et qui a cautionné la démarche de Abdelaziz Bouteflika :  » Qu’a-t-il obtenu en échange ? Seulement de se faire insulter par le pouvoir qui lui fait du chantage. On lui demande de s’abstenir de toute activité politique en échange de sa libération. « 

L’allusion visait également quelques anciens compagnons de route. Abdelkader Boukhamkham, avec qui il était détenu et qui a pris récemment ses distances avec le groupe, et Rabah Kébir,  » qui se présente comme le chef de la délégation exécutive du FIS à l’étranger, et négocie au nom de l’AIS (le bras armé du FIS) avec les autorités militaires.  »

Entre les deux hommes, le courant ne passait plus depuis que Rabah Kebir avait affirmé, de son exil allemand, que le FIS  » n’existait plus  »
 » Est-ce vraiment cela qui importe ?  » rétorquait Hachani  » une partie de la population qui s’est reconnue dans les principes du FIS est toujours à nos côtés. Il est important d’aboutir à une démarche globale qui enrayerait la violence, et ne pas recourir au bricolage comme on le fait maintenant « 

Abdelkader Hachani n’a pas hésité à se rendre dans les campagnes, calmer des factions de l’AIS qui, après avoir pris connaissance de la loi sur la concorde civile, étaient prêtes à reprendre les actions terroristes :  » Leur déception était grande, confiait-il, mais il ne fallait surtout pas rompre la trêve, et tenter, coûte que coûte, de trouver une issue. Les responsables de l’AIS n’ont reçu que des promesses : Ils attendent toujours. On va jusqu’à affirmer que les autorités leur ont fourni des armes, ce qui est complètement faux… « 

Abdelkader Hachani estimait qu’un traitement  » sécuritaire  » de la crise algérienne était  » voué à l’échec « , et que seule une démarche  » politique  » était susceptible d’aboutir:  » Adopter comme principe de base le respect de la souveraineté populaire, est l’unique conduite qui peut apporter une paix durable. À partir de là, tout peut se négocier, et cela prendra le temps qu’il faudra. « 

Selon M. Hachani, les autorités algériennes, considérant son appel à la paix en 1997 comme  » un acte d’allégeance « , lui avaient immédiatement proposé de prendre la suite de Abassi Madani, de nouveau emprisonné. Abdelkader Hachani a tout simplement refusé :  » Si j’acceptais aujourd’hui de prendre la place de Abassi Madani, demain on trouverait quelqu’un pour me remplacer. « 

Algeria Interface

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