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LETTRE OUVERTE A L’OPINION PUBLIQUE ET AUX ONG AUTONOMES

Posté par algeriedemocratie le 6 septembre 2009

LETTRE OUVERTE A L’OPINION PUBLIQUE ET AUX ONG AUTONOMES

par Salah Eddine Sidhoum

Encore une fois le pouvoir illégitime d’Alger essaie (vainement) de m’intimider et de me faire taire en refusant de ne renouveler mon passeport. En effet, j’ai déposé mon dossier de renouvellement il y a près de deux mois au niveau de la daira de Sidi M’hamed (Alger) et à ce jour le préposé au guichet me réponds à chaque fois que la fiche de police n’est toujours pas revenue au siège de la PJ de Cavaignac !! Alors que normalement le passeport est délivré un mois après le dépôt.
Le 30 août dernier, je reçois par voie postale une convocation de la police judiciaire de Cavaignac (n°2210818 du 19/08/09) me demandant de me présenter au bureau des passeports du dit commissariat !!!
Grand fut mon étonnement de constater qu’au lieu de récupérer normalement mon passeport à la daïra de Sidi M’hamed, je me vois convoqué au bureau des passeports du commissariat de la police judiciaire de Cavaignac !
L’avis des amis avocats et enseignants de droit consultés est qu’il s’agit d’une procédure illégale. Pour eux, tout refus de délivrance du passeport doit être notifié à l’intéressé par écrit par la daïra (selon le décret n° 1.77 du 23/01/77 du JO) et non par convocation de la police judiciaire.
Je me suis présenté ce jour à 9h30 au commissariat de Cavaignac. Après présentation de ma convocation à la dame du bureau des passeports qui m’avait reçu très poliment, cette dernière retira mon dossier et le remit à un certain « Karim » qui après l’avoir feuilleté me signifia que j’avais eu une » affaire » (pour reprendre ses termes) en 1995 (!!!!). Je lui ai répondu poliment que « l’affaire » remontait à 1997 et non en 1995, que j’avais été acquitté en octobre 2003 après un procès politique mémorable et que j’ai eu droit à un passeport en juillet 2004. Très étonné (il ignorait qu’on m’en avait délivré un à cette date), il se retourna vers sa collègue pour lui dire « il a déjà un passeport ?) Confus de son erreur et ne sachant quoi dire, il me demanda de me déplacer au commissariat du 8 ème arrondissement près de l’hôpital Mustapha pour régler mon problème auprès de l’officier Hamache Saïd !!! Le modeste citoyen que je suis et malgré mon âge et le Ramadhan était devenu un e balle de ping-pong, envoyée d’un service à un autre et d’un commissariat à un autre ! Après avoir signifié que j’étais en règle, détenteur d’un passeport normal délivré en 2004 et que je désirais le renouveler par la voie normale, il jeta le dossier sous son clavier d’ordinateur et me demanda de sortir immédiatement en me disant d’aller me plaindre où je veux. Quand je lui ai réclamé son identité, il me répondit avec méchanceté et arrogance : » je suis monsieur WALOU, vas te plaindre où tu veux ». Ne voulant pas envenimer la situation face à cet agent sans aucune éducation je suis descendu à la réception et exigé le cahier de doléance pour signaler ce comportement de voyou à ses supérieurs. Une fiche m’a été délivrée aimablement par l’agent de la réception où j’ai signalé l’incident indigne d’une institution censée protéger le citoyen. Des lettres recommandées avec accusé de réception viennent d’être adressées à la présidence de la république et au directeur général de la sureté nationale.
Je rappellerais à l’opinion publique que ces mêmes méthodes d’intimidation avaient été utilisées contre moi en 2004, lors de la demande de renouvellement de mon passeport. La daïra m’avait signifié verbalement que la police avait émis un avis défavorable à la délivrance du document sans me donner les motifs. Après quatre mois de lutte et de mobilisation, la présidence de la république avait ordonné aux autorités concernées de me délivrer immédiatement la passeport. Le même jour (04/07/2004) je fus reçu à Cavaignac par l’officier supérieur, puis à la daïra par un haut fonctionnaire qui me remit le jour-même le document de voyage tout en me présentant des excuses pour cet aléas dû « au zèle de certains policiers » pour reprendre le terme du fonctionnaire, c’est toujours le subalterne qui a tort !
Il est scandaleux que je sois privé de ce droit constitutionnel de voyager librement en dehors des frontières de mon pays alors que durant les cinq dernières années je suis sorti du territoire national sans aucun problème pour participer à de nombreuses réunions politiques, des ONG des droits de l’homme et à des débats télévisés en France , en Suisse et à Doha.
Pourquoi après que la présidence ait ordonné en juillet 2004 aux autorités dites locales de m’établir un passeport, ce fonctionnaire zélé de la PJ me refuse aujourd’hui ce droit ? Est-ce que depuis, la présidence n’a plus d’autorité sur la police ?
Il est clair que ces intimidations mesquines et ces lâches pratiques sont en rapport avec mes activités politiques et de défense des droits de l’homme que je continue d’assumer en tant que citoyen libre par devoir envers mon pays dépecé par un pouvoir illégitime qui en a fait un véritable butin de guerre dont il use et abuse.
Il est tout aussi clair que oligarchie insatiable n’a nullement tiré les leçons du passé et pense qu’avec ces méthodes éculées et cette répression d’un autre âge faire taire les volontés libres et engagées de ce pays.
Il faudrait que ce régime illégitime en phase terminale, comprenne une fois pour toutes que le règne de la peur et de la répression est révolu à jamais. Il faudrait aussi qu’il sache que dans cette Algérie défigurée de 2009, il y a encore des hommes et des femmes libres qui restent debout et la tête haute face à la tyrannie et qui savent dire non à l’injustice, comme l’ont fait nos aînés de Novembre.
Nous arracherons nos droits quels que soient les moyens répressifs utilisés contre nous. Dieu fasse qu’il nous arme de patience et de courage pour poursuivre notre combat pour Algérie de toutes et de tous sans exclusion aucune et un Etat de Droit où toutes ce institutions soient respectueuses de tous ses citoyens.
J’en appelle à l’opinion publique nationale et internationale et à toutes les ONG autonomes pour dénoncer ces agissements mesquins –dignes des républiques bananières- contre les libertés individuelles des Algériens opprimés par ce régime illégitime, -car faudrait-il le rappeler, je ne suis pas le seul dans cette situation- et à soutenir notre combat pour les libertés démocratiques et le respect de la dignité humaine.
J’informerai incessamment l’opinion publique des moyens politiques que j’utiliserais pour arracher mon droit à avoir un passeport en tant que citoyen libre.
Salah-Eddine SIDHOUM
Chirurgien.
Alger, le 03 Septembre 2009.

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La maltraitance fait encore des ravages dans la famille algérienne

Posté par algeriedemocratie le 6 septembre 2009

5760 enfants victimes de violences en 2006

La maltraitance fait encore des ravages dans la famille algérienne

5760 enfants victimes de violences en 2006

Frappée par la loi de l’omerta, la maltraitance des enfants est pourtant une réalité bien présente dans notre pays. La famille, berceau d’amour et d’affection pour les enfants, peut devenir un foyer de violence, de souffrance et de négligences.

La journée d’étude organisée jeudi au Cerist de Ben Aknoun (Alger), à l’initiative de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), a permis de tirer au clair ce phénomène étouffé dans les dédales familiaux. Le président de la Forem, Mostéfa Khiati, a révélé que 10 000 enfants souffrent chaque année de différentes formes de maltraitance au sein de leurs familles. Il a rappelé que la Convention internationale des droits de l’enfant, en vigueur en Algérie depuis mai 1993, définit la maltraitance comme « toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle ». La violence peut revêtir un aspect physique ou psychologique, et peut être aussi une violence passive comme l’exclusion ou la marginalisation de l’enfant. Le conférencier indique que d’autres facteurs extrafamiliaux peuvent également nuire à l’enfant et perturber gravement son développement. On peut citer la pauvreté, le déracinement, l’isolement social, l’emprisonnement… Sur ce chapitre, A. Makki, directeur exécutif de la Forem, a présenté son approche sur la maltraitance structurelle. Ainsi, explique-t-il, un père au chômage ou un couple divorcé présente une autre forme de maltraitance sur l’enfant. Les spécialistes présents à la rencontre s’accordent à dire que les chiffres à la disposition de la DGSN et de la Gendarmerie nationale ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. La réalité peut laisser penser au double ou au triple des statistiques établies. Ainsi, madame le commandant Messaoudène (DGSN) a révélé que 5760 cas de violence contre les enfants ont été enregistrés en 2006. 2099 cas concernent des violences physiques, et où la majorité des victimes sont des garçons, et 1440 cas de violence sexuelle qui ont ciblé une majorité de filles. La commissaire ajoute, toujours en 2006, que 18 enfants ont été assassinés volontairement. En guise d’explication, le commandant Messaoudène a considéré que l’évolution de la criminalité est la conséquence de la décennie du terrorisme. Elle a, en outre, déploré la passivité du citoyen qui manque de culture de signalement. `Elle a relevé, par ailleurs, un déficit dans la prise en charge institutionnelle, avouant qu’aujourd’hui, les filles victimes de violence sexuelle sont transférées vers des centres réservés aux filles délinquantes. La mise en place d’un centre d’accueil pour les filles maltraitées est nécessaire.

Enquêtes délicates et loi du silence

L’oratrice a, en outre, plaidé pour des campagnes de sensibilisation vis-à-vis des familles et pour des programmes spécifiques à l’école. Elle appelle à une coordination étroite entre les différents services (police, gendarmerie, justice, école, société civile…). La commissaire a annoncé que des sessions de formation assurées par des experts européens sont lancées, notamment concernant l’investigation sur les violences sexuelles. En outre, la DGSN est dans l’attente de la mise en place de l’enregistrement vidéo pour les témoignages des enfants maltraités. Pour les violences sexuelles, elle a affirmé que la police dispose de techniques modernes comme les prélèvements de sang et les analyses ADN pour identifier le responsable de l’acte. De son côté, Mlle Zohra Boukaoula (Gendarmerie nationale) a déclaré que 1677 cas de violence contre les enfants ont été enregistrés en 2006 et 126 cas en janvier 2007. 7 enfants ont été assassinés en 2006 et 1 enfant en janvier 2007. Pour les viols, 135 cas ont été constatés en 2006 et 10 cas en janvier 2007. 5 cas d’inceste enregistrés en 2006 et 1 cas en janvier 2007. Des statistiques qui couvrent des zones rurales. Mme Merrah, professeur au CHU de Beni Messous, rappelle que le code pénal prévoit de 1 à 5 ans de prison pour toute personne qui exerce une maltraitance contre un enfant. Cependant, regrette-t-elle, le dispositif juridique en vigueur ne précise pas les autorités qui doivent être informées pour ces cas de maltraitance. Le problème de signalement est une autre fois posé. Selon elle, une étude épidémiologique a montré que les auteurs de la maltraitance sont d’abord le père, puis l’éducateur, la mère puis le voisin. Pour sa part, le docteur Mahmoud Benrédouane (CHU Mustapha) a souligné l’importance impérieuse accordée par l’Islam à l’enfant en lui garantissant droits et protection avant même sa naissance. Il a indiqué que l’Islam n’interdit pas à l’enfant de protester et de signaler son cas s’il est victime de maltraitance. Prenant la parole, le docteur Radjia Bénali (université de Batna) a annoncé les conclusions de son enquête selon lesquelles les punitions corporelles sont très fréquentes dans la famille algérienne. Il faut souligner que l’Observatoire des droits de l’enfant (ODE) a mis en place à la disposition des enfants, des parents ou de toute autre personne un numéro vert national (1555) pour toute assistance ou orientation psychologique ou judiciaire.

ParMustapha Rachidiou

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Yazid Haddar. Auteur du roman Le Hasard parlant (2009) et de l’essai L’Algérie en attente (2009).

Posté par algeriedemocratie le 6 septembre 2009

 L'enfant face à la violence

Yazid Haddar. Auteur du roman Le Hasard parlant (2009) et de l’essai L’Algérie en attente (2009).

L’enfant face à la violence

Chaque semaine, la presse nationale nous rapporte des informations sur la violence et, semble-t-il, cette violence est devenue le seul langage dans notre société. Des kidnappings, des assassinats à la hache à profusion, des personnes poignardées pour des raisons futiles…

La violence devient-elle le seul mode d’expression ? Sommes-nous devenus insensibles à la violence ? La violence est-elle banalisée ? Que penser alors de la mort ? Mais quand la violence touche des enfants, ceci est encore plus alarmant. Marcel Conche parle du mal absolu lorsque la violence les touche. Selon lui, c’est la souffrance, dans ce qu’elle a d’intolérable, d’injustifiable, la souffrance sans recours, sans médiation, sans défense. Le pire, c’est la souffrance des enfants. Qu’est-ce que le mal absolu ? C’est un mal, répond Marcel Conche avec Kant, tel qu’« une sagesse ne peut permettre ou désirer ni comme fin, ni comme moyen ». Et pourtant, dans notre société, ce mal absolu existe, même si ce sont des cas isolés, mais les faits sont là ! Le cas de l’enfant Aymen de la wilaya de Souk Ahras, cet enfant de dix ans, brûlé à 25% et torturé à mort par trois jeunes, ses propres voisins. Ces jeunes sont-ils déshumanisés ? Sont-ils des monstres vivants ? La mort de cet enfant devrait susciter un débat national sur la violence dans notre société et sur les raisons qui font que nos jeunes sont violents à ce point. Les agresseurs d’Aymen devraient être jugés sévèrement et leur procès devrait être exemplaire et médiatisé. Et la société devrait manifester sa solidarité avec la famille de la victime qui semble désorientée. Les dernières statistiques de la Gendarmerie nationale sur les agressions sexuelles sur les mineurs sont alarmantes. Pour les seuls premiers trimestres de l’année dernière, on a enregistré 179 cas. Au premier trimestre de cette année, 193 cas d’abus sexuel sur mineurs – 76 garçons et 113 filles – ont été enregistrés. Ces chiffres prennent en compte uniquement les agressions qui sont déclarées, mais combien d’enfants et de familles préfèrent se taire plutôt que de dénoncer ? Plus de 840 enfants auraient été kidnappés en Algérie depuis 2001 . Sans oublier les enfants nés illégalement (c’est-à-dire hors mariage), leur sort reste toujours tabou dans notre société et pourtant, ce sont des femmes qui ont été violées ou ont été victimes de relations incestueuses, mais aussi parfois lors de relations amoureuses avec un homme incapable de respecter ses engagements. Dans une étude sur l’attouchement sexuel dans cinq wilayas, réalisée par le Centre de recherche d’économie appliquée pour le développement, les résultats sont alarmants dans certaines régions isolées (22,2% dans une wilaya du Sud). La tranche d’âge la plus touchée se situe entre 6 et 12 ans, c’est-à-dire à l’école. S’ajoute à cette violence physique celle que subissent 10% des élèves obligés de déserter l’école pour subvenir aux besoins de leur famille pauvre. Et la liste est encore longue… Certes, les années 1990 ont laissé des séquelles qui subsistent dans tous les domaines qui touchent le quotidien des Algériens. Sur le plan individuel, l’Algérien n’est pas encore guéri de tout ce qu’il a vécu. Il faudra deux décennies pour que la violence cesse sur le plan moral à condition que ces personnes soient prises en charge. Nous assistons, cependant, impuissants, à l’absence de politique claire et de stratégie nationale pour faire face à ce fléau. Il semble que le gouvernement actuel ait plus urgent à faire que de s’occuper de la génération future. Comme d’habitude, le gouvernement algérien a remis aux calendes grecques cet aspect, c’est-à-dire la prise en charge des enfants victimes de violence ou qui ont assisté à des scènes de violence. L’aspect qui a émergé après la réconciliation nationale est celui de la légitimation de la violence sur le plan moral. La réconciliation nationale devrait œuvrer à l’arrêt de la violence, pas seulement physique, mais aussi sur le plan éthique. Ceci pourrait se faire par la multiplication des rencontres populaires lors desquelles des témoins et victimes de cette violence livreraient leurs témoignages, elles devraient être organisées par des associations civiles et médiatisées par les médias lourds, en l’occurrence l’ENTV. Si le gouvernement actuel poursuit cette politique du « tout va bien et nous maîtrisons tout », les actes de violence sur les enfants autant que sur les personnes faibles comme les femmes et les personnes âgées vont encore durer et ce sont de futurs candidats à l’exil. Autrement dit, le phénomène de la harga va encore s’amplifier car, si nous essayons d’analyser ce phénomène, nous nous rendons compte qu’il s’agit aussi d’une forme de violence contre soi et contre les politiques. Il existe un numéro vert au niveau d’Alger et cette initiative devrait être généralisée au niveau national. D’autre part, il devrait y avoir des institutions pour prendre en charge ces enfants, pas seulement des cellules d’écoute, mais aussi des centres socio-psychologiques au niveau de chaque commune pour répondre aux besoins de la population. Ces centres devraient travailler avec les centres d’accueil pour les enfants, les femmes, les personnes âgées, etc. Dans ces centres, on trouverait des psychologues, des assistantes sociales, des éducateurs spécialisés, des médiateurs et des conseillers juridiques. Ces centres prendraient en charge, en premier lieu, les cas urgents mais répondraient également, statistiques à l’appui, aux besoins de la population. De plus, les cours d’éducation civique devraient intégrer dans leur programme un chapitre sur les droits de l’enfant. Et la société civile devrait sensibiliser les parents et avertir les autorités en cas d’actes déviants. Mais le statu quo actuel nous indique tout le contraire, car on ne sent pas la volonté du gouvernement pour l’émergence d’une société civile. Il veut tout contrôler au risque de tout perdre. Que reste-t-il à faire ?

source:el watan

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Karim Tabbou, Premier secrétaire du FFS

Posté par algeriedemocratie le 6 septembre 2009

 Le peuple à gauche, le pouvoir à droite

Karim Tabbou, Premier secrétaire du FFS

Le peuple à gauche, le pouvoir à droite

« Face à la radicalisation de plus en plus visible de la société algérienne, la gauche en Algérie n’arrive toujours pas à se constituer et à se former comme alternative de changement. Elle est l’otage de l’équation : le peuple à gauche et le pouvoir à droite.

La majorité de ces organisations qui se proclament pourtant de la gauche n’arrive toujours pas à choisir son camp et à ordonner ses priorités. Le FFS, qui souscrit aux principes et aux chartes éthiques du mouvement mondial de gauche, organisé dans le cadre de la puissante Internationale socialiste, reste aujourd’hui le seul mouvement politique à incarner cette opinion de gauche contestatrice. Les autres organisations ont préféré se fabriquer une autre boussole politique et sociale. En dehors du FFS dont les positions politiques sont clairement opposées au pouvoir, les autres mouvements de « gauche » doivent faire l’effort de clarifier leur stratégie ainsi que leurs objectifs. Soit ils continuent de soutenir le pouvoir violent, régressif, dans le seul but d’assurer une existence légale, institutionnelle d’embourgeoisement personnel, soit ils décident de se mettre en conformité avec les aspirations et les revendications de la société, en opérant des révisions déchirantes dans ses positions, dans ses alliances et dans ses modes d’organisation. Si dans le passé, l’idéal de justice sociale, de liberté et des droits de l’homme prôné par les mouvements de gauche a réussi à mobiliser les populations dans les combats révolutionnaires de libération, aujourd’hui il incombe à l’élite nationale et aux organisations autonomes de jouer un rôle central.

Si le problème principal demeure l’impasse des cadres, la dureté des luttes à venir permettra, sans nul doute, l’émergence de nouvelles générations de militants pouvant animer et conduire les luttes politiques, économiques, sociales et culturelles. L’élite nationale est mise en demeure d’engager une réflexion profonde et sérieuse pour construire une alternative démocratique. Le peuple algérien est prêt à se mettre en mouvement dès lors que des actes concrets sont accomplis dans cette direction. Le peuple algérien veut et peut faire le changement. Il incombe à l’élite non compromise avec le régime de trouver les modes d’organisation et d’action qui permettent un regroupement des forces du changement. Il ne s’agit pas d’additionner des sigles ou d’organiser un carnaval prétendument pluraliste de l’opposition, de gauche ou de toute autre coloration politique. Il faudra débarrasser la scène politique, syndicale, associative… des imposteurs, des galériens et des forçats du pouvoir. En tout cas, le FFS croit fermement qu’il est important pour notre pays et pour notre parti d’adopter des stratégies nouvelles et novatrices pour faire barrage aux forces rétrogrades, révisionnistes et violentes. Il pense que la jeunesse et notamment son élite universitaire sont les moteurs du changement. Ils arbitreront l’avenir. »

ParFayçal Métaoui

el watan

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Awal-iw d Awal, un univers de maximes et de proverbes

Posté par algeriedemocratie le 3 septembre 2009

Abdelhafid Chenane revient avec une nouvelle œuvreAwal-iw d Awal, un univers de maximes et de proverbesAwal-iw d Awal, un univers de maximes et de proverbes dans tamazight(65) 2213_75567

Après Awal n win i d ilehkan, l’auteur Abdelhafid Chenane, natif des At Khelili, Mekla, revient cette année avec un nouveau recueil de maximes (Innan s Teqbaylit) kabyles, intitulé Awal-iw d’Awal. Celui-ci, fruit d’un travail de plusieurs années, contient 300 maximes inédites et aborde plusieurs «facettes» de la vie quotidienne.  Ce viatique de Abdelhafid Chenane contient une centaine d’autres maximes, certaines de sa propre création d’autres du terroir, qu’il compte éditer incessamment car cela dépendra des moyens.  Cette nouvelle œuvre 100 % amazighe de 42 pages vient garnir les étals de l’édition en langue kabyle qui compte, désormais, des dizaines de titres par an. La préface, de ce livre a été écrite par Kebir Boussad, inspecteur de langue amazighe à Tizi-Ouzou. L’auteur a recueilli plusieurs proverbes a travers plusieurs régions kabyles, ceux de nos ancêtres, qui évoquent tous les thèmes, à savoir, amour, éducation, sagesse et intelligence. Yal lmut, Teêwao inigan, Lemmer tefra, Yili ass-a ulac fell-a_ tuqqna tuffra,  Maççi kan deg uxxam, Ay nehwag  qessam et d’autres proverbes et maximes en tamazight, se trouvent dans ce nouveau produit de Abdelhafid qui s’ajoute à l’univers de la littérature kabyle.

M.A.Yahoui

source:la dépêche de kabylie

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Martyrs du printemps noir Allah irhemhoum

Posté par algeriedemocratie le 3 septembre 2009

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Ces intellectuels algériens qui crachent dans la chorba

Posté par algeriedemocratie le 2 septembre 2009

guernica Où est passé l’activisme des intellectuels algériens ? Quand se terminera la sieste ?

Je ne suis pas d’humeur à être tendre avec mes chers compatriotes intellectuels.

Connaissez-vous un seul intellectuel qui travaille à réveiller les consciences dans notre pays ? moi pas !

Certains sont grassement payés par nos gouvernements, d’autres sont installés en Europe, ils ont auparavant été des boursiers de l’Etat algérien, médecins, artistes, chercheurs et j’en passe.

Pendant les années sombres, nombreux ont été exfiltrés par le Cisia, Le Comité International de Soutien aux Intellectuels Algériens. Ils ont sauvé leur peau certes, mais l’eau a coulé sous les peaux (comprendre pot de vin), ils sont maintenant confortablement installés en France ou à l’étranger et ne se sentent plus concernés par les problèmes que rencontrent les algériens.
Ils refont le monde loin de la foule. Loin du «va-nu-pied », dixit un éminent écrivain algérien connu dans le monde entier, quelle tristesse !!!

Que font nos intellectuels ? pourquoi se taisent–ils pendant que des adolescents dorment dehors sur le trottoir livrés à eux même ou prennent la mer pour un autre ailleurs, sans espoir de survie ou de retour ?

L’Algérie va mal, elle a besoin de vous, de vos voix, de votre engagement. Votre silence assourdissant l’étouffe. Vous n’entendez rien, vous ne voyez rien. Êtes-vous devenus aphones, aveugles ?

Le désengagement de nos intellectuels et de l’élite est total. Ils sont timorés, et profitent bien du système. L’artiste, l’intellectuel a le devoir de s’engager, de prendre position, parce qu’il y a urgence.

Nos intellectuels, plasticiens, musiciens et autres étaient confortablement installés en Tunisie, au Maroc, en France ou ailleurs pendant que l’Algérie était à feu et à sang; pendant que la rue criait sa colère, que faisaient nos intellectuels ? Ils signaient des œuvres insipides, exposées partout dans le monde sans honte. Ils ont trouvé le filon, ils ne créent plus rien, leur ego les aveugle, comme cet artiste que je ne saurais nommer qui fait des signes pseudo berbères, de la déco du pire goût. Même le mauvais goût est défendable mais là rien à faire !!! Mais pas question qu’il se mouille, le pauvre gars, il est plus occupé à griffonner ses petits signes en or et en noir, il a trouve le filon. l’Algérie ? Ses problèmes ? rien à cirer.

Sans parler de notre plus grand écrivain connu mondialement qui tire à boulets rouges sur nos compatriotes, n’hésite pas à les traiter de chiens, d’ânes mal bâtés, alors qu’il est grassement payé pour un poste qu’il occupe dans une prestigieuse institution en France.

Musiciens, artistes, écrivains ont bien profité de la manne de « l’année de l’Algérie en France»
Que reste–t-il de tout ça? Ils ont saigné l’Algérie pour se retrouver en Europe, ils crachent sur leur pays, le déconsidèrent, le traînent dans la boue.

Par ailleurs, pour n’en citer qu’un artiste, un seul, un vrai, c’est Picasso lui-même, qui s’était engagé et a produit une œuvre gigantesque, incontournable, fortement imprégnée de son propre cri de révolte et par la même occasion, le cri de tout un peuple, voire le cri de l’humanité entière.

Que faut-il faire pour réveiller la fibre patriote de ces intellectuels devenus matérialistes, préoccupés par leur carrière et par leur ego démesuré ?

Qu’ils s’impliquent davantage dans un processus de réflexion intellectuelle, qui les mènera vers l’action. Une action salutaire pour sortir l’Algérie du marasme où elle se trouve.

Pleure ô pays bien aimé, tes intellectuels t’abandonnent.

Bougez-vous ! Réveillez vous !
Offrez-nous un Guernica qui fera trembler les murs de tous les parasites

Pan Dora .

source:algerie-focus.com

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Posté par algeriedemocratie le 2 septembre 2009

AÏT MENGUELLET

Tikkelt tamezwarut i d-icna Ayt Mengellet di Radyu, 17 n ssna di lâammer-is, d aseggas 1967. Nnuba-yagi qqaren-as « Ighennayen Uzekka », d Ccrif Xeddam i tt-îttfen. Imiren i d-ighenna Lewnis Ma trud. Netta, yugh tanumi ittghenni netta d imeddukkal-is deg Ighil Bb°ammas, taddart-nni anda d-ikker… Maççi, yughal si ccna n tayri ar ccna nniven i d-ittawi ghef liêala deg nella: si ccna-nni ines tamezwarut Idaq wul iban-ed amek ittwali ddunit.

Maáççi d_tayri kan i_yettghenni, iwala amek tâicin lâibad, amek ttmeslayen ghef lihâla-nnsen. Lhâsun seg wasmi yebda ccna, atâs n tughac n tayri i d-ighenna, mi iwala tbeddel lâeqelya-s, iccna ghef ddunit. Cîtûh akken ighenna daghen ghef tayri, umaâna makken i d-issuffegh ccna-nni isem-is Tayri, imiren i s-ixdâ i ccna icban tagi. Ighenna-d daghen yiwet n taghect anda s-iqqar Qqim deg rebbi-w… netta i ugitâr-is umi la iheddêr. Seg wasmi d-issuffegh taghect-nni Aâli d Waâli i d-iwwi ghef imêhqqaren, akken akken awal-is, inejjer-it-id di tughac icban Agu negh Tibratin Atâs i d-iwwi ghef tegmatt d umennugh ger watmaten, si zik ar tura, d ayen i t-iceghben. Di lmaâna n wawal, ayen ifi d-iccna di taghect Lxuf, ighenna-d daghen fella-s di tughac-agi tineggura. Lewnis Ayt Mengellet isexdam awal, ittak-as lmaâna, maççi d asexlujêd kan i yesxlujûd. Awal iqqar-d ayen illan d wayen ur nelli negh ayen ara yilin, segmi Ayt Mengellet-agi qqaren-as medden d amusnaw.

Farida Aït Ferroukh


 dans AÏT MENGUELLET(54) terrassonC’était en 1967, Lounis Aït Menguellet avait tout juste dix-sept ans quand il passa pour la toute première fois dans une émission radio. C’était alors « les Artistes de demain » assurée par Cherif Kheddam. Notre jeune poète y interpréta Ma trud (Si tu pleures). Celui qui avait l’habitude de chanter entre copains sous le clair de lune d’Ighil Bwammas, son village natal, devient, en quelques mois, cet idole qui bouleverse les coeurs. La transition vers la chanson engagée n’est pas aussi brutale qu’on le dit : l’ébauche de ce que sera plus tard son oeuvre est esquissée dès la première chanson Idaq wul (le Coeur oppressé).

Plus tard, il rouvre le dossier de l’amour pour le clore avec Tayri (l’Amour). Dans l’intervalle, il se livre à un jeu de mots dans la chanson Qim deg rebbi-w (Mets-toi sur mes genoux !) s’adressant en fait à sa guitare. Il donne le ton à partir de la chanson Ali d waâli (Fin des années 70) qui retrace l’itinéraire d’un despote. Son style ira en s’affirmant avec des chansons fondatrices comme Agu (le Brouillard), Tibratin (Missives)… Certains thèmes comme la fraternité, la désunion utilisés dans ces titres seront repris plus tard. A titre d’exemple, les allégories déjà sollicitées dans Lxuf (la Peur) en 1981-1982 reviennent dans son dernier album. Aït Menguellet a chanté divers thèmes qui confèrent à sa poésie la totalité qui lui vaut d’être apprécié par tout le monde.

Farida Aït Ferroukh

source:www.azawan.com/kabyle/menguellet/artistePres.htm

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AIT MENGUELLET : « J’ACCUSE ! »

Posté par algeriedemocratie le 2 septembre 2009

AIT MENGUELLET : « J’ACCUSE ! »

« N’en déplaise aux mauvaises langues, je ne suis inféodé à aucune entité, quelle qu’elle soit, ni à aucun personnage, puisse-t-il être président d’une association, d’un parti ou même de la République », a répondu le chanteur Aït Menguellet, ferme, à ses détracteurs.

Aït Menguellet : lettre ouverte aux miens

j’adresse cette lettre aux miens pour que ceux qui font du scandale leur pain quotidien ne croient surtout pas qu’elle (la lettre) constitue une quelconque justification à leurs yeux. Non, ce serait leur faire trop d’honneur en leur accordant une importance qu’ils n’ont pas et qu’ils n’auront certainement jamais. Ceux-là qu’ils croupissent dans leur fange jusqu’à la fin de leur insignifiante existence. Ma lettre s’adresse aux miens, c’est-à-dire les gens lucides, pondérés, responsables et qui ont une conception noble et juste de la liberté, aussi bien d’expression que d’action de leurs semblables. Cette lettre s’avère indispensable à plus d’un titre. D’une part, au vu des attaques injustes dont je suis victime, j’ai le devoir de me manifester pour satisfaire ceux qui attendent de moi certaines réponses. D’autre part, la dérive, la déformation et l’amplification des faits par une certaine presse ont imposé le besoin urgent de ramener les faits à leurs justes proportions. Je commencerai par l’événement par lequel la croisade a commencé, en essayant de le situer dans son véritable contexte. Il s’agit, bien sûr, de ma présence au meeting du président à Tizi-Ouzou et des fameux applaudissements. D’abord le contexte du moment : le nouveau président, quoi qu’on dise maintenant, était perçu par la majorité comme une chance de remettre le navire « Algérie » à flot. Il avait réussi à gagner la sympathie de tous ceux qui espéraient une issue heureuse à la situation inextricable où se trouvait le pays. Aller donc au meeting de Tizi-Ouzou ne présentait aucun caractère insolite. J’y étais et personne dans toute la foule que j’ai côtoyé n’était étonné de me voir. Invitation, curiosité, espoir… tout concourait à ce que je ne rate pas ce meeting. Arrive l’épisode des applaudissements : de mon point de vue, il est tout à fait normal et correct de recevoir, d’écouter et d’applaudir l’opinion de quelqu’un sans pour autant l’approuver. Applaudir, dans ce cas, relève de la simple correction et du respect de l’autre, libre ensuite à chacun d’approuver ou de désapprouver les propos tenus. Chacun fonctionne selon sa conception de la conduite à tenir en de pareilles circonstances. Je n’avais pas à adopter une attitude qui plairait mais qui ne serait pas la mienne. (A ce propos, à ceux qui m’ont sorti la chanson Akwen Ixdee Rebbi pour m’accuser de contradiction, je demande d’écouter Lxuga an ccdeh, et ils auront une autre lecture de ma conduite). Toujours concernant le meeting, il me semblait qu’introduire la question amazighe ce jour-là était faire peu de cas d’une question aussi sérieuse, aussi grande. C’était la ramener à la dimension d’un problème pouvant se poser et se régler de façon anodine au cours d’un rassemblement axé sur une tout autre question, en l’occurrence la concorde civile. A mon avis, la seule chose qui pouvait être faite ce jour-là concernant tamazight, étant d’obtenir du président un rendez-vous pour la tenue d’un autre meeting qui ne concernera que tamazight seule. Là, c’était donner au problème sa véritable dimension. Ceci est juste un point de vue. Arrive l’épisode de la présidence d’honneur d’une association de citoyens. Après l’annonce du fait par un journal qui a rapporté fidèlement l’information, un autre journal, dont je n’arrive pas à comprendre l’animosité à mon encontre, s’est mis à amplifier et surtout à déformer insidieusement l’information au jour le jour, jusqu’à en faire un événement démesuré. Jugez-en : il avait commencé par écrire que j’ai été nommé président d’honneur par le responsable de l’association, pour finir, ces derniers jours, par écrire que j’ai été nommé à la tête de cette association par le président. Je vous laisse deviner le sous-entendu. Volonté de nuire ou mépris du lecteur ? Les deux sans doute. Alors, il me semble indispensable de faire une mise au point définitive à propos de cette question avant que ce fameux journal n’invente Dieu sait quoi encore. Voici la véritable version dans toute sa banalité : ayant appris la naissance d’une association à caractère apolitique, j’ai été contacté au téléphone par son responsable de Tizi-Ouzou. Je ne le connaissais pas et il avait obtenu mon numéro de téléphone par un ami commun. Donc, ce responsable m’a appelé pour me demander mon soutien moral pour cette nouvelle association d’aide à la promotion à la défense du citoyen. L’association étant, je le répète, à caractère apolitique, j’ai accepté la proposition d’être membre d’honneur et non adhérent actif. A la veille de la tenue d’une assemblée au Théâtre Kateb Yacine, le responsable m’a de nouveau téléphoné pour m’inviter à assister à l’assemblée. J’ai décliné l’invitation, tout en confirmant un soutien de principe. Le lendemain, j’ai appris par la presse que j’ai été nommé président d’honneur, chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Conclusion : je suis président d’honneur d’une association de citoyens de Tizi-Ouzou, dont je n’ai rencontré ni le président actif (je ne connais que sa voie au téléphone), ni les membres et encore moins la domiciliation. Même si je voudrais rendre une visite à cette association, je ne saurais pas y aller : je ne sais pas où elle se trouve. Ceci dit, si le programme de cette association vise réellement, comme il le prétend, le bien-être et la défense du citoyen, sans aucune coloration politique, je lui réaffirme mon soutien contre vents et marées. Si, par contre, son programme a des visées politiques, ce dont je n’ai aucune connaissance, je lui demande de retirer mon nom de sa liste des sympathisants. J’espère que la cause est claire. J’ajouterai ceci : n’en déplaise aux mauvaises langues, je ne suis inféodé à aucune entité quelle qu’elle soit ni à aucun personnage, puisse-t-il être président d’une association, d’un parti ou même de la République. Jaloux de ma liberté, je ne la négocierai contre aucun compromis ni avantage d’aucune sorte. Vivre simplement dans mon village parmi les miens, composer mes chansons sans contrainte d’appartenance politique quelconque, retrouver mon public à l’occasion de galas, aider les autres quand j’en ai la possibilité suffisent amplement à remplir ma vie. Voilà, mes chers miens, je vous devais cette lettre en toute sincérité. Je vous demande de l’accepter avec ses imperfections. Merci.

Lounis Aït-Menguellet

18/04/2000

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LOUNIS AÏT MENGUELLAT – La terre et le chant

Posté par algeriedemocratie le 2 septembre 2009

LOUNIS AÏT MENGUELLAT - La terre et le chant
Lounis Aït Menguellat fait partie de cette génération surdouée qui a su résister aux injures du temps et des hommes. Mais le génie, lui, n’a ni frontières, ni langue. C’est une offrande divine qui transcende le temps et l’espace. Aït Menguellat donc …

Lounis n’est pas seulement un chanteur. Et l’enfermer dans ce moule trop exigu pour sa dimension serait faire insulte à son intelligence. Mieux, à son génie. Pourtant, son parcours initiatique n’a rien d’exceptionnel à ses débuts. Il emprunte (le parcours) même aux canons classiques. Une vocation précoce, une boîte d’essence “Mobil” pour accompagner l’amateurisme et un lieu-dit Ighil Bouamas (Haute-Kabylie) qui ressemble à tous les patelins par son profil sociologique. C’est-à-dire un milieu conservateur régenté par un système patriarcal et agnatique.
Repétitions à la sauvette dans un milieu si hermétique que les artistes se cachent pour mourir. Lounis, lui, brise à sa manière le carcan. Et casse les tabous. Sans jamais renier son humus. Les notes de musique résonnent jusqu’au village voisin Aït Daoud où naquit, pour la petite histoire, un certain Kamal Hammadi qui n’influera peut-être pas sur son destin mais qui y contribuera. Avant la grande aventure dans l’émission “Ighenayene Ouzekka” de la Chaîne 2, diligentée de main de maître par l’un des monuments de la chanson kabyle : Chérif Kheddam.
Un formateur et dénicheur hors pair de talents et ce n’est sûrement pas l’inimitable Nouara qui nous contredira. Coups d’essai à répétition du jeune Lounis devenu déjà la coqueluche du village. Ce royaume de la tradition qui a étouffé tant de vocations. Lounis transcende alors le cap de la résistance pour débroussailler les chemins tortueux de l’art. Périlleuse mais exaltante entreprise. Il n’empêche, Lounis fonce droit devant. Quelques chansonnettes pour démarrer. Sur fond de sentimentalisme et amours déçues. Seul registre d’ailleurs qui permettait à l’époque une évasion salutaire. Voire même un exorcisme et une thérapie. “Ma throudh” (si tu pleures), “Ya Tejra Illili (laurier rose), “Djamila” entre autres, signent les prémices à l’orée des années 70 d’un talent latent mais à forte connotation affirmée. Le répertoire s’enrichit : “Ourdjagh” (j’ai attendu), “Ketvagh ismim” (j’écris ton nom), donnent plus d’air et d’épaisseur à la voix et au texte qui passe du suggéré au “géré” et assumé. Aït Menguellat prend de l’assurance dans une sobriété qui lui sied comme le succès. Un succès d’estime d’abord et un triomphe ensuite. Car de la chansonnette, il passe à la chanson à texte et à thème. L’œuvre s’épaissit et gagne en relief. Elle est plus aboutie. Même si l’instrumentation relève du SMIG: une guitare et une derbouka. A telle enseigne qu’on est tenté de croire que toutes ses chansons se ressemblent. Ni chichi ni effets de manche. Juste ce qu’il faut pour un personnage qui ressemble à son art.
Simplicité et humilité se font récurrences et rémanences. La deuxième décennie post-indépendance le consacre. Il a mûri et soigne mieux son produit. Il le travaille davantage, l’affine et le peaufine. Par respect pour l’art. Et par considération pour son public. Et celui-ci ne s’y trompe pas en l’adoptant. “Amdjahed” et “Askouti” marquent un virage, un tournant.
Homme de son temps qui vibre aux pulsions naturelles de l’instinct, Lounis épouse parfaitement son époque. Maître de son art et ancré dans son terroir pour ne pas perdre de vue l’essentiel, il offrira début des années 80 à l’Atlas un véritable récital qui provoque un délire parmi ses fans survoltés. Une étoile est née et scintille dans le firmament. Malgré les étiquettes gratuites et une méchanceté non moins gratuite. L’homme a certes des idées. Car l’artiste vit dans et en dehors de la société. Il a tant besoin de ces “dans” et “dehors” pour trouver la synergie nécessaire à la création. Il est d’ailleurs tellement à l’écoute des autres dont il fait partie intégrante qu’il s’implique par le biais de l’Association “Les amis de Aït Menguellat” dans la vie sociale. Il n’hésitera pas — l’artiste étant complet — à prêter aide et assistance partout où sa conscience de citoyen éclairé le lui dicte. Et pour être poète, barde et chantre à la fois, on n’en est pas moins homme de conviction. Ce qui lui a permis de déjouer tous les pièges et autres crocs-en-jambe des politiques. Et à l’heure où le terrorisme sécrétait ses toxines, Aït Menguellat est resté au pays, par devoir et fidèle à des principes qui ont force de loi. Avant de triompher dans la salle mythique de l’Olympia. Lui qui a été si boudé au temps des années de plomb.
Belle revanche sur la bêtise et les fourches Caudines de l’imbécillité. Bref, l’artiste suit son petit bonhomme de chemin tel un métronome. Et que ce soit dans “Tharawla” (la fuite) ou “Thiragwa” (les rigoles) son dernier album, l’artiste à la muse géniale reste égal à lui-même. Et dans l’interprétation et dans la qualité de la composition. Une voix chaude et veloutée admirablement servie par un bouquet de reprises qu’on redécouvre non sans frémissements. Comme aux plus beaux jours tant l’œuvre et l’artiste n’ont pas pris une seule ride. Et nombreux sont ceux qui ne comprennent pourtant pas le kabyle, mais qui se laissent volontiers séduire par ses complaintes si relevées qu’elles ne laissent personne indifférent.
A cinquante ans et trente-cinq ans de carrière, l’artiste a sans doute besoin de souffler. Et il souffle désormais dans les oreilles. Et la voix de son rejeton de fils Djaafar dont l’influence du papa est évidente, notamment dans “Ouritsadja” (ne me laisse pas). Il y a comme un transfert dans l’air. Tant mieux et tant pis.
Mais on imagine mal Lounis ranger sa guitare et priver son public d’une voix si estampillée. A moins qu’il prenne du recul pour mieux rebondir. Même s’il n’en finira jamais de revenir.
A. ZENTAR

source:menguellet.ifrance.com

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