bible de barnabas(chap121 à chap 160)

Posté par algeriedemocratie le 20 octobre 2009

Chapitre 121
Tandis que le gouverneur juge le criminel qu’il a fait arrêter et que le chancelier écrit, comment cet homme parle-t-il, dites-moi ? » Les disciples répondirent : « II parle avec crainte et à propos, pour ne pas se trahir; il prend garde de ne pas dire ce qui déplairait au gouverneur, et il cherche au contraire à dire ce qui pourrait le faire libérer. » Jésus répondit alors : «C’est cela que le pénitent devrait faire pour ne pas perdre son âme, car Dieu a donné à chaque homme deux anges comme chanceliers, pour inscrire l’un le bien, l’autre le mal que fait l’homme. Si donc l’homme veut recevoir miséricorde, qu’il surveille son langage encore mieux qu’on ne surveille l’or.

Chapitre 122
Quant à l’avarice, qu’elle se transforme en aumône! En vérité je vous le dis, l’avare a pour terme l’enfer comme le plomb a pour terme le centre de là terre, car il est impossible que l’avare possède quoi que ce soit au paradis! Savez-vous pourquoi? Je vais vous le dire. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, bien que l’avare se taise avec sa langue, il proclame par ses ouvres « II n’y a pas d’autre Dieu que moi !.» Tout ce qu’il a, en effet, il entend le dépenser à son gré sans considérer ni d’où il vient, ni où il va, alors qu’il vient au monde nu et qu’il laissera tout en mourant. Dites moi donc, si Hérode t vous donnait un jardin à garder, mais que vous vouliez en disposer en maître, sans envoyer aucun fruit à Hérode, si vous chassiez les envoyés qu’il enverrait pour réclamer des fruits, dites-moi, ne vous constitueriez-vous pas vous-mêmes rois de ce jardin ? Oui, certes! Eh bien, je vous le dis, l’homme avare se constitue lui-même Dieu des biens qu’il a et que Dieu lui a donnés! L’avarice est une soif qu’éprouve la sensibilité. Comme elle vit de plaisir et qu’elle ne peut prendre son plaisir en Dieu qui lui est caché puisqu’elle l’a perdu parle péché, elle s’efforce d’amasser’ des choses temporelles qu’elle considère comme son bien. Elle est d’autant plus forte qu’elle se voit privée de Dieu, car la conversion du pécheur vient de Dieu qui donne la grâce de se repentir. Comme le dit notre père David : « Ce changement vient de la droite de Dieu » !
Il faut que je vous dise ce qu’est l’homme si vous voulez savoir comment il doit faire pénitence. Mais remercions aujourd’hui Dieu qui nous a fait la grâce de communiquer sa volonté par mes paroles. Alors, les mains levées, il pria : « Seigneur, Dieu tout-puissant et miséricordieux, toi qui, en nous créant dans ta miséricorde, nous accordas le rang d’hommes, tes serviteurs, et la foi de ton messager véridique, nous te remercions pour chacun de tes bienfaits et nous voulons t’adorer, toi seul, tout le temps de notre vie, en pleurant nos péchés, en priant, en faisant l’aumône, en jeûnant, en étudiant ta parole, en instruisant ceux qui ignorent ta volonté, en souffrant de la part du monde pour ton amour, et en nous mortifiant pour te servir, Toi, Seigneur, sauve-nous de Satan, de la chair et du monde, comme tu sauves tes élus pour ton amour, pour l’amour de ton messager pour qui tu trous créas, et pour l’amour de tous tes saints et prophètes ! » Les disciples répondaient toujours : «Ainsi soit-il Ainsi soit-il, Seigneur! Ainsi soit-il, notre Dieu miséricordieux ! »

Chapitre 123
Au lever du jour, le vendredi matin, de bonne heure Jésus convoqua ses disciples après la prière et leur dit : « Asseyons-nous et, s’il plaît à Dieu, je vous dirai ce qu’est l’homme puisque c’est aujourd’hui que Dieu le créa de la boue de la terre. » Chacun s’étant assis, Jésus reprit : « Pour démontrer à ses créatures sa bonté, sa miséricorde, sa toute-puissance, sa libéralité et sa justice, notre Dieu composa en un seul et même être quatre choses opposées l’une à l’autre. Cet être, c’est l’homme. Ces choses sont : la terre, l’eau, l’air et le feu, pour que chacune tempère son excès par l’autre. Il fit de ces quatre choses un réceptacle qui est le corps de l’homme : chair, os, sang, moelle, ‘peau, nerfs et veines, et tout ce qu’il y a dedans.
A l’intérieur il mit l’âme et la sensibilité,’ comme les deux mains de cette vie. ü donna pour emplacement à ta sensibilité toutes les parties du corps et celui-ci ta diffusa en lui comme de l’huile. A l’Ame, il donna pour emplacement le cœur. Unie à la sensibilité, elle y dirige toute la vie.
Ayant ainsi créé l’homme, Dieu mit en lui une lumière qu’on appelle la raison. Celle?ci devrait unir la chair, la sensibilité et l’âme dans le but unique de travailler au service de Dieu. Puis il plaça cette œuvre dans le paradis. Mais la sensibilité ayant séduit la raison à l’instigation de Satan, la chair perdit le repos, la sensibilité perdit le plaisir dont elle vit et l’âme perdit sa beauté. Et l’homme est resté en cet état. La sensibilité qui n’est plus dirigée par la raison, ne s’apaise pas dans le travail; au contraire, elle cherche le plaisir et suit la lumière
que lui montrent les yeux. Mais comme les yeux ne peuvent voir que la vanité, elle se trompe et en choisissant les choses terrestres, elle pèche.
Pour que la raison distingue le bien du mal et le vrai plaisir, il faut donc qu’elle soit de nouveau illuminée par la miséricorde de Dieu. Quand elle le distingue, le pécheur se convertit à la pénitence. C’est pourquoi, je vous le dis en vérité, si Dieu notre Seigneur n’illumine pas le cœur de l’homme, les raisonnements des hommes ne serviront à rien! »
Jean dit : « A quoi servent donc les paroles des hommes » Jésus répondit : « L’homme, en tant qu’homme, ne sert à rien pour convertir quelqu’un à la pénitence, mais en tant que moyen dont Dieu se sert, il convertit. Aussi, comme Dieu agit secrètement dans l’homme pour son salut, il faut écouter chacun et le recevoir comme celui en qui Dieu nous parle. »
Jacques demanda : « Maître, si par hasard un faux prophète ou un docteur en mensonges se présente et prétend nous enseigner, que devons-nous faire ? »

Chapitre 124
Jésus répondit par une comparaison : « Un homme s’en va avec son filet pour ‘pécher. Ii prend beaucoup de poissons, mais il jette ceux qui sont mauvais. Un homme sort pour semer, mais seul, le grain qui tombe en bonne terre fructifiez. Ainsi devez-vous faire :écoutez chacun, mais ne recevez que la vérité, car la vérité seule fructifie pour la vie éternelle.
André répondit : «Mais comment reconnaîtra-t-on la vérité ? » Jésus répondit : «Recevez comme vrai tout ce qui est conforme au livre de Moïse. Car Dieu est un, la vérité est une. En conséquence, la doctrine est une, le sens de la doctrine est un et c’est pourquoi est une aussi la foi. Je vous le dis en vérité, si la vérité n’avait pas été effacée du livre de Moïse, Dieu n’aurait pas donné le second livre à David, notre père. Et si le livre de David n’avait pas été contaminé, Dieu ne m’aurait pas envoyé l’évangile, car le Seigneur notre Dieu est immuable et il a tenu un seul langage à tous les hommes. C’est pourquoi, quand le messager de Dieu viendra, il purifiera tout ce que les impies auront contaminé dans mon livre.
Celui qui écrit répondit : « Maitre, que fera l’homme si la toi est contaminée et que parle un faux prophète? » Jésus répondit : Grande est ta demande Barnabé! Eh bien, je te le dis, en ce cas-là, peu se sauvent! Car alors les hommes ne font plus attention à Dieu qui est leur but. Vive Dieu Il en présence de qui se tient mon âme, toute doctrine qui détourne l’homme de son but, c’est-à-dire de Dieu, est une doctrine exécrable. Toi qui as offensé Dieu et qui l’offenses chaque jour, tu considéreras trois choses dans la doctrine : l’amour envers Dieu, l’affection envers le prochain et la haine envers soi-même. Toute doctrine contraire à ces trois points, fuis?la, elle est exécrable! »
Chapitre 125
l’en reviens à l’avarice, et je vous dis ceci : quand la sensibilité veut s’emparer d’une chose ou la conserver avec ténacité, que la raison dise : « Cette chose aura un terme.» II est évident que si elle a un terme, c’est folie de l’aimer et qu’il faut aimer et conserver ce qui n’aura pas de terme.
Que l’avarice se transforme donc en aumône! Que l’avare’ donne bien ce qu’il a amassé pour le mal et qu’il prenne garde que sa main gauche ignore ce que donne sa main droite! Ce sont les hypocrites qui veulent être vus et loués par le monde quand ils font l’aumône. En vérité, ils sont stupides, car c’est de celui pour lequel il travaille que l’homme reçoit son salaire. Si c’est de Dieu que l’homme veut recevoir quelque chose, c’est Dieu qu’il doit servir!
Soyez attentifs en faisant l’aumône : considérez que tout ce que vous donnez pour l’amour de Dieu, vous le donnez à Dieu. Ne rechignez pas à donner! Donnez pour l’amour de Dieu ce que vous avez de meilleur! Dites-moi, voudriez-vous recevoir de Dieu quelque chose de mauvais? Certes non, poussière et cendre! Alors, comment avez-vous la foi en vous si vous donnez quelque chose de mauvais pour l’amour de Dieu? II vaudrait mieux ne rien donner que de donner quelque chose de mauvais.
En effet, si vous ne donniez rien, vous auriez quelque excuse selon le monde, mais si vous donnez quelque chose de mauvais en conservant pour vous le meilleur, quelle« sera votre excuse! Voilà tout ce que j’ai à vous dire au sujet de la pénitence. » Barthélémy répondit : « Combien de temps doit durer la pénitence? » Jésus répondit : « L’homme doit se repentir et faire pénitence aussi longtemps qu’il est en état de péché. Or, l’être humain pèche toujours. Aussi doit-il toujours faire pénitence! à moins que vous ne vouliez faire plus grand cas de vos chaussures que de votre âme, puisque vous les réparez chaque fois qu’elles s’abîment! »

Chapitre 126
Ayant convoqué ses disciples, Jésus les envoya deux à deux dans tout Israël en disant : «Allez et prêchez comme vous avez entendu ! » ils assirent et il leur posa la main sur la tête en disant « Au nom de Dieu, rendez la santé aux malades, chassez les démons et détrompez Israël à mon sujet en lui disant ce que j’ai dit devant le pontife! »
Et tous partirent sauf celui qui écrit, ainsi que Jacques et Jean. Ils allèrent par toute la Judée , prêchant la pénitence comme le leur avait dit Jésus et guérissant toute sorte :d’infirmité à tel point que furent confirmées en Israël les paroles de Jésus :  Dieu  est un et Jésus est prophète de Dieu, puisqu’une grande foule les voyait faire ce que Jésus lui-même faisait, c’est-à-dire guérir les malades. Mais les fils du diable, c’est-à-dire les. prêtres et les scribes, trouvèrent un autre moyen de persécuter Jésus. Ils commencèrent à dire que Jésus aspirait à régner sur Israël. Cependant ils craignaient le peuple; aussi c’est en secret qu’ils complotaient contre Jésus.
Après avoir parcouru la Judée , les disciples retournèrent à Jésus. Il les reçue comme un père reçoit ses enfants, en disant : « Dites-moi ce qu’a fait le Seigneur notre Dieu. Oui j’ai vu Satan tomber sous vos pieds; vous le piétiniez comme le vigneron le raisin. » Ils répondirent : « Maure, nous avons guéri une infinité de malades et chassé beaucoup de démons qui tourmentaient les hommes. »
Jésus dit : « Dieu vous pardonne, frères, mais vous avez péché en disant : « Nous avons guéri », c’est Dieu qui a tout fait ! » Ils répondirent : « Nous avons parlé comme des sots. Enseigne-nous donc comment nous devons parler! » Jésus répondit: « En toute bonne action, dites : « Dieu a fait », Et en toute mauvaise action, dites : « J’ai péché ». ? « Ainsi ferons-nous! » dirent les disciples.
Jésus dit alors : « Et qu’a dit Israël après avoir vu Dieu faire par les mains de tant d’hommes ce qu’il a fait par les miennes » » Les disciples répondirent
« Ils disent qu’il y a un seul Dieu et que tu es prophète de Dieu. » Jésus répondit, le visage joyeux : Béni soit le saint nom de Dieu qui n’a pas dédaigné le désir de son serviteur.» Cela dit, ils allèrent se reposer.
Chapitre 127
Jésus quitta le désert et entra à Jérusalem. Tout le peuple courut au temple pour le voir. Aussi, après la lecture des psaumes, Jésus monta sur le pinacle à l’endroit où montait le scribe. Ayant de !a main réclamé le silence, il dit : « Frères, béni soit le saint nom de Dieu qui nous a .créés de la boue de la terre et non d’esprit ardent, car quand nous péchons nous trouvons miséricorde auprès de Dieu, tandis que Satan ne la trouvera jamais puisqu’il est incorrigible dans son orgueil. Il. répète toujours qu’il est noble puisqu’il est esprit ardent.
Avez-vous entendu, frères, ce que notre père David dit de notre Dieu : qu’il s’est souvenu que nous sommes poussière, que notre esprit va et ne revient pas et que c’est pour cela qu’il nous a fait miséricorde ? Heureux ceux qui connaissent ces paroles car .ils ne pécheront pas à jamais contre leur Seigneur; comme ils se repentent après leur péché, celui-ci ne dure pas.
Malheur à ceux qui s’exaltent car ils seront humiliés’ dans les ardentes braises de l’enfer! Dites-moi, frères, pourquoi s’exalter? En tire-t-on quelque bien ici-bas ? Certes non! comme le dit le prophète de Dieu, Salomon : « Tout ce qui est sous le soleil est vanité! »
Mais si les choses du monde ne nous fournissent pas’. de raison de nous exalter dans notre coeur, encore beaucoup moins nous en donne notre vie, tourmentée qu’elle est de nombreuses misères. Toutes les créatures inférieures à l’homme luttent en effet contre nous! Oh, combien en a tués l’été brûlant! Combien en a tués l’hiver gelé et froid! Combien ont été tués par la foudre et la grêle ! Combien se sont noyés en mer par l’impétuosité du vent! Combien sont morts de la peste, de la famine, dévorés par des fauves, mordus par des serpents, étouffés par des aliments! Oh, malheureux homme qui s’exalte malgré tant de contrepoids qui l’exposent à être assailli en tout lieu par toutes les créatures!

Chapitre 128
Mais que dirais?je de la chair et de la sensibilité qui ne désirent que l’iniquité? Que dirai-je du monde qui ne présente que le péché? des réprouvés qui, pour servir Satan, persécutent celui qui veut vivre selon la loi de Dieu? Oui, frères, si l’homme ouvrait les yeux, comme le dit David notre père, il ne pécherait jamais’ !
S’exalter dans son coeur, ce n’est pas autre chose que fermer la porte à la pitié et à la miséricorde de Dieu pour qu’il ne pardonne pas! Notre père David dit que notre Dieu s’est souvenu que nous sommes poussière ‘ et que notre esprit va et ne revient pas ». Or, celui qui s’exalte nie qu’il est poussière. Comme il ne reconnaît pas le besoin où il se trouve, il n’appelle pas à l’aide, et il irrite Dieu qui pourrait l’aider. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, Dieu pardonnerait à Satan si Satan reconnaissait sa misère et demandait miséricorde à son créateur, qui est béni à jamais !
Or donc, frères, moi, un homme, poussière et boue cheminant sur la terre, je vous dis : faites pénitence et reconnaissez vos péchés! Je sais, frères, que Satan vous a trompés au moyen de l’armée romaine quand vous disiez que j’étais Dieu.
Gardez-vous donc de les croire : ils sont tombés dans la malédiction de Dieu en servant des dieux faux et menteurs ainsi que notre père David les invectiva : « Les dieux des nations sont d’argent et d’or, couvre de leurs mains : ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas, un nez et ne sentent pas, une bouche et ne mangent pas, une langue et ne parlent pas, des mains et ne touchent pas, des pieds et ne marchent pas ! » C’est pourquoi notre père David dit en priant notre Dieu vivant : « Qu’ils leur soient semblables ceux qui les font et qui se confient en eux ! » ils font toutes sortes de scélératesses. Moi je jeûne deux fois la semaine, et je donne la dîme de tout ce que je possède ! »
Le publicain se tenait au loin. prosterné à terre. II disait en se frappant la poitrine et la tête inclinée « Seigneur,  je ne suis pas digne de regarder le ciel ni ton sanctuaire car j’ai beaucoup péché. Aie pitié de moi ! »
En vérité, je vous le dis, le publicain redescendit du temple meilleur que le pharisien, car notre Dieu le rendit juste en lui pardonnant tous ses péchés. Mais le pharisien descendit pire que le publicain car notre Dieu ayant ses actions en abomination, le réprouva.
Chapitre129
La hache se glorifiera-t-elle d’avoir coupé la forêt où l’homme a fait un jardin? Certainement pas, car c’est l’homme qui a tout fait de ses propres mains. Et il a fait la hache elle-même. Et toi, homme, tu te glorifierais d’avoir fait quelque bien, alors que notre
Oh, orgueil inouï que celui des hommes créés par Dieu à partir de la terre, ils oublient leur condition et veulent se faire un Dieu à leur gré. Sans rien dire, ils se moquent de Dieu; c’est comme s’ils disaient : « II ne sert à rien de servir Dieu! » car c’est ce que montrent leurs oeuvres.
C’est à cela que voulait vous réduire Satan, frères, vous faire croire que je suis Dieu, alors que je ne peux vous être d’aucune utilité, moi qui ne peux même pas créer une seule mouche » et qui suis passible et mortel. Si j’ai moi-même besoin de tout, comment vous aiderais-je en tout, comme c’est le propre de Dieu? Mais nous qui avons notre grand Dieu qui a tout créé par sa parole, nous nous moquerons des gentils et de leurs dieux.
Deux hommes montèrent ici, au temple, pour prier; l’un était pharisien et l’autre publicains. Le pharisien se rendit près du sanctuaire. Priant la tête haute, il dit : «Je te remercie, Seigneur mon Dieu. car je ne suis pas comme les autres hommes pécheurs, et particulièrement comme ce publicain : Dieu t’a créé à partir de la boue et qu’il opère en toi tout le bien qui s’y fait pourquoi méprises-tu ton prochain? Ne sais-tu pas que si Dieu ne te gardait pas de Satan, tu serais pire que Satan? Ne sais-tu pas qu’un seul péché transforma le plus beau des anges en le plus hideux des démons ? Qu’un seul péché transforma Adam t, l’homme le plus parfait qui soit venu au monde en malheureux, le soumettant lui et toute sa descendance à tout ce que nous soutirons?
Quel décret as-tu qui te permette, de vivre à ton gré sans craindre personne ? Malheur à toi, boue, car pour avoir voulu t’exalter au-dessus de Dieu ton créateur, tu seras prostrée sous les pieds de Satan ton tentateur. » Cela dit, Jésus pria, les mains levées vers le Seigneur. Et tout le peuple disait : «Qu’il en soit ainsi ! Qu’il en soit ainsi ! »
toucher!» Jésus dit alors : « Simon, je dois te dire quelque chose ». Simon répondit : « Parle, Maître, car je désire ta parole !»
Chapitre 130
Jésus dit : « II était une fois un homme qui avait deux débiteurs. L’un lui devait cinquante sous et l’autre cinq cents. Comme ils n’avaient pas de quoi payer. pris de pitié, il remit à chacun sa dette. Lequel aima le plus son créditeur?» Simon répondit : « Celui auquel fut remise la plus grande dette! » Jésus dit : « Tu as bien dit ! »
Aussi je te le dis, considère cette femme ainsi que toi-même. Tous deux vous étiez débiteurs de Dieu. l’un pour la lèpre du corps et l’autre pour la lèpre de l’âme, c’est-à-dire le péché. Pris de pitié par mes prières,  Dieu notre Seigneur. a voulu guérir chez toi le corps, et chez elle l’âme. Mais toi, tu m’aimes
Quand il eut terminé la prière, il descendit du pinacle. On lui présenta alors de nombreux infirmes auxquels il rendit la santé et il quitta le temple.
Alors Simon le lépreux, qu’il avait guéri, l’invita à manger le pain. Les prêtres et les scribes qui haïssaient Jésus racontèrent à l’armée romaine ce que Jésus avait dit contre leurs dieux. Aussi cherchaient-ils un moyen de le tuer, mais ils ne le trouvaient pas car ils craignaient le peuple.
Jésus étant entré dans la maison de Simon, ils se mirent à table. Tandis qu’ils mangeaient, voici qu’une femme du nom de Marie, pécheresse publique, entra dans la maison. Prosternée à terre, derrière les pieds de Jésus; elle les lavait de ses larmes, les oignait d’un onguent précieux et les essuyait de ses cheveux. Simon et tous ceux qui mangeaient se scandalisèrent. Ils disaient en eux-mêmes : «S’il était prophète, il saurait qui et comment est cette femme et il ne se laisserait pas peu car tu as peu reçu : Quand je suis entré dans ta maison, tu ne m’as pas donné un baiser, tu n’as pas oint ma tête. Par contre cette femme, tu as vu qu’aussitôt entrée chez toi elle s’est placée à mes pieds ; elle les a lavés de ses larmes et les a oints d’un onguent précieux. C’est pourquoi je te dis en vérité, beaucoup de péchés lui sont remis parce qu’elle a beaucoup aimé! »
Et se tournant vers la femme, il dit : « Va en paix car le Seigneur notre Dieu t’a pardonné tes péchés ! Mais prends garde de ne plus pécher! Ta foi t’a sauvée!»

Chapitre 131
Après la prière de la nuit, les disciples s’approchèrent de Jésus et dirent : « Maître, comment devons-nous faire pour fuir l’orgueil ? » Jésus répondit : « Avez-vous vu un pauvre, invité par un prince à manger le pain? » Jean répondit: « Moi j’ai mangé le pain chez Hérode, car avant de te connaître, j’allais pêcher et je vendais le poisson à ta maison d’Hérode. Un jour que celui?ci donnait un repas, j’avais apporté un beau poisson et il me fit rester pour manger.
Jésus dit alors : «Comment? Tu as mangé le pain avec des infidèles! Que Dieu te pardonne, Jean! Mais dis-moi, comment t’es-tu componé à table ? As-tu cherché à avoir la place !a plus honorable ? As-tu demandé les aliments les plus recherchés ? As-tu parlé sans être interrogé? As-tu pensé que tu étais plus digne que les autres de t’asseoir à table ? »
Jean répondit : « Vive Dieu! En me voyant moi, vil pécheur mal vêtu, assis parmi les barons du roi, je n’osais pas lever les yeux! Puis, le roi m’ayant donné un morceau de viande, il me sembla que le monde me tombait sur la tête à cause de la grandeur de cette faveur. Je le dis en vérité, si le roi avait été de notre loi, j’aurais voulu le servir tout le temps de ma vie! »
Jésus cria : « Tais-toi, Jean. je crains que Dieu ne nous engloutisse comme Abiron à cause de notre orgueil ! » Les disciples tremblèrent d’épouvante aux paroles de Jésus. Puis il ajouta : « Craignons que Dieu ne nous engloutisse à cause de notre orgueil ! »
« Frères, vous avez entendu Jean et comment on fait chez un prince. Malheur aux hommes qui viennent au monde, car s’ils vivent dans l’orgueil, ils mourront dans l’ignominie et s’en iront dans là confusion.
Ce monde en effet est une maison où Dieu invite les hommes à manger; tous les saints et prophètes de Dieu y ont mangé. Je vous le dis en vérité, tout ce que reçoit l’homme, il le reçoit de Dieu. Aussi l’homme devrait-il demeurer dans une extrême humilité, en reconnaissant sa bassesse et la grandeur de Dieu, et le grand bienfait qu’il nous accorde en nous nourrissant. II n’est donc pas permis à l’homme de dire : « Pourquoi fait-on ceci et pourquoi dit-on cela dans le monde?» Qu’il se regarde lui-même au contraire et qu’il se reconnaisse indigne ? ce qu’il est en vérité,  de se tenir dans le monde à la table de Dieu.
Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, en ce monde on ne reçoit de Dieu rien de si petit que l’homme ne doive donner sa vie en retour pour l’amour de Dieu! Vive Dieu, tu n’as pas péché, Jean, en mangeant avec Hérode, car Dieu t’y disposa pour que tu sois notre maître et celui de quiconque craint Dieu. Faites en sorte, dit Jésus à ses disciples, de vivre dans le monde comme vécut Jean chez Hérode quand il margea le pain avec lui. et, en vérité, en toute chose vous serez exempts d’orgueil ! »

Chapitre132
Tandis qu’il cheminait au bord de la mer de Galilée, Jésus fut entouré d’une grande multitude de gens.  monta alors dans une barque qui d’elle-même s’éloigna un peu de la rive, et s’arrêta assez près de la terre pour qu’on puisse entendre sa voix. Tous s’approchèrent de la mer, s’assirent et attendirent qu’il parle.
Ayant donc ouvert la bouche, il dit : « Voici que sortit le semeur. En semant, une partie de la semence tomba sur la toute; elle fut piétinée par les hommes et mangée par les oiseaux. Une partie tomba sur les pierres, mais en poussant, comme elle n’avait pas d’humidité, elle sécha au soleil . Une partie tomba dans les haies, et en poussant, les épines étouffèrent la semence. Enfin une partie tomba dans la bonne terre et elle produisit jusqu’à trente, soixante, et même cent. »
Jésus dit encore : « Voici qu’un père de famille sema du bon blé dans son champs. Puis, tandis que dormaient les serviteurs du brave homme, l’ennemi de leur patron vint et sema l’ivraie par-dessus la bonne semence. Quand le blé leva, on vit qu’une grande quantité d’ivraie avait poussé avec le blé. Les serviteurs s’approchèrent du patron et dirent
« Seigneur, n’as-tu pas semé de la bonne semence dans ton champ? Pourquoi donc une grande quantité d’ivraie a-t-elle levé ? » Le patron répondit : « Du bon blé, j’en ai semé, mais pendant que les hommes
Jésus dit encore : « Voici un citadin dont la source fournit de l’eau à tous ses voisins pour laver leurs saletés alors que lui-même laisse détériorer ses propres habits. »
Jésus dit encore : « Deux hommes sortirent pour vendre des pommes. L’un voulait vendre la peau de la pomme au poids de l’or, sans s’occuper dé la pulpe ; l’autre cherchait seulement à donner les pommes contre un morceau de pain pour le voyage. Mais les hommes achetèrent la peau des pommes au poids de l’or, sans s’occuper de celui qui voulait les leur donner; bien plus, ils le méprisèrent ! »
Et ainsi, ce jour-là, Jésus parla à la foule en paraboles. Ayant congédié celle-ci, il se rendit avec ses disciples à Naïn où il avait ressuscité » le fils de la veuve. Celui-ci et sa mère le reçurent chez eux et le servirent.
Chapitre 133
Les disciples s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent : « Maître, donne-nous le sens des paraboles que tu as dites au peuple ! » Jésus répondit : dormaient, l’ennemi de l’homme vint et sema l’ivraie par-dessus le blé! » Les serviteurs dirent: « Veux-tu que nous allions retirer l’ivraie du blé ? » Le patron répondit : « Ne te faites pas, parce que vous arracheriez en même temps le blé; attendez au contraire que vienne le temps de la récolte, alors vous irez retirer l’ivraie du blé et vous la jetterez au feu. Quant au froment, vous le mettrez dans mon grenier! »
Jésus dit encore : « beaucoup d’hommes sortirent pour vendre des figues. Une fois sur la place, voici que les hommes ne cherchaient pas de bonnes figues, mais de belles feuilles. Pour cette raison, les hommes ne purent pas vendre les figues. Ce qu’ayant vu, un mauvais citadin se dit : « Je peux certainement devenir riche ! » Il appela donc deux de ses fils et ils allèrent cueillir une grande quantité de feuilles avec de mauvaises figues. Ils les vendirent à prix d’or, car les hommes appréciaient beaucoup les feuilles. Par la suite, en mangeant les figues, les hommes tombèrent très gravement malades. »
« L’heure de prier approche. Mais quand nous aurons fait !a prière des vêpres, je vous dirai le sens des paraboles. » La prière faite, les disciples s’approchèrent de Jésus. I! leur dit : « L’homme qui sème sur la route, sur tes pierres, sur les épines et dans la bonne terre, c’est celui qui enseigne la parole de Dieu. Elle tombe sur un grand nombre d’hommes. Elle tombe sur ?la route quand elle parvient aux oreilles des marins et des marchands, car Satan ôte de leur mémoire la parole de Dieu à cause des longs voyages qu’ils font et de la diversité des. nations qu’ils fréquentent.
Elle tombe sur les pierres quand elle parvient aux oreilles des courtisans, car elle ne pénètre pas en eux à cause du grand souci qu’ils prennent de servir le corps d’un prince; même s’ils gardent quelque mémoire de la parole de Dieu, ils l’oublient dès qu’ils ont quelque tracas. Ne servant pas Dieu en effet, ils ne peuvent pas espérer son aide.
Elle tombe dans les épines, quand elle parvient aux oreilles de ceux qui aiment leur propre vie. Même si la parole de Dieu croît en eux, quand les désirs charnels croissent, ils étouffent la bonne semence de la parole de Dieu, cal’ les satisfactions charnelles font abandonner. la parole de Dieu.
La parole de Dieu tombe dans la bonne terre quand elle parvient aux oreilles de celui qui craint Dieu ; elle porte alors du finit de vie éternelle. Je vous le dis donc en vérité, en tout état de vie, si l’homme craint Dieu, la parole de Dieu portera fruit en lui.
Quant à ce père de famille, en vérité je vous le dis, c’est Dieu, notre Seigneur, père de toute chose puisqu’il a faut créé. Mais il n’est pas père par nature, car il ne comporte pas de mouvement, et sans mouvement on ne peut engendrer. C’est notre Dieu, donc, auquel appartient ce monde. Son champ, c’est les hommes. La semence, c’est la parole de Dieu. Quand les docteurs négligent la prédication de la parole de Dieu pour s’occuper des affaires du monde, Satan sème l’erreur dans le tacot des hommes. C’est ainsi que sont nées une infinité de sectes à la doctrine détestable.
Les saints et les prophètes crient : « Seigneur, n’as-tu pas donné une bonne doctrine aux hommes? Pourquoi donc y a-t-il tant d’erreurs ?» Dieu répond « J’ai donné une bonne doctrine aux hommes, mais pendant que les hommes se sont adonnés aux vanités, Satan y a semé des erreurs pour détruire ma loi ! » Les saints disent : «Seigneur, nous disperserons ces erreurs en détruisant les hommes! Dieu répond : « Ne le faites pas, car les fidèles sont tellement unis aux infidèles par lien de parenté qu’on perdrait le fidèle avec l’infidèle! Mais attendez jusqu’au jugement! En ce temps?là, les infidèles seront rassemblés par mes anges et seront chassés eu enfer avec Satan. Alors les bons fidèles viendront

Chapitre 134
Ceux qui portent les bonnes figues. ce sont les vrais docteurs qui prêchent la bonne doctrine, mais le monde qui se complaît dans les mensonges cherche auprès des docteurs les feuilles des belles paroles et de la flatterie. Ce que voyant. Satan se joint à la chair
dans mon royaume. » Il est certain que beaucoup de pères infidèles engendreront des fils fidèles et à cause d’eux, Dieu attend que le monde fasse pénitence.
et à la sensibilité et apporte un grand nombre de feuilles, c’est la quantité de choses terrestres dans lesquelles il cache le péché. En recevant celui-ci, l’homme tombe malade et se tourne vers la mort éternelle.
Le citadin quia de l’eau et qui la donne à d’autres pour que son eau lave leurs impuretés tandis qu’il laisse détériorer ses propres vêtements, c’est le docteur qui prêche la pénitence à d’autres alors que lui-même demeure toujours dans le péché. Oh le malheureux! Ce ne sont pas les anges, mais sa propre langue qui écrit dans l’air la peine qui lui convient! Si quelqu’un avait la langue d’un éléphant et le restant du corps petit comme une fourmi, ne serait-il pas monstrueux ? Oui, bien sûr, eh bien, je vous le dis, en vérité, il est plus monstrueux encore celui qui prêche aux autres la pénitence mais qui ne se repent pas de ses propres péchés.
Et ces deux hommes qui vendent des pommes? L’un prêche pour l’amour de Dieu et ne flatte personne. Au contraire, il prêche en vérité et ne recherche que la nourriture d’un pauvre. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, un tel homme n’est pas bien reçu par le monde, mais bien plutôt méprisé ! Par contre, celui qui vend la peau au poids de l’or et qui donne la pomme, c’est celui qui prêche pour plaire aux hommes. En flattant le monde, il perd l’âme qui accepte sa flatterie. Combien ont péri ainsi! »
Celui qui écrit répondit alors :«Comment faut-il écouter la parole de Dieu et à quoi reconnaît-on celui qui prêche pour l’amour de Dieu?» Jésus répondit : « On doit écouter celui qui prêche, quand il prêche la bonne doctrine, comme si c’était Dieu qui parlait, car Dieu parle par sa bouche. Mais celui qui ne réprouve pas les péchés et qui au contraire, fait acception des personnes en les flattant, il faut le fuir comme un horrible serpent, car en vérité il empoisonne le coeur humain. Comprenez-vous? Je vous le dis en vérité, de même que le blessé n’a pas besoin de beaux bandages pour panser ses plaies, mais bien de bon onguent, de même le pécheur n’a pas besoin de beaux discours, mais plutôt de bons reproches pour qu’il cesse de pécher. »

Chapitre 135
Pierre dit alors : « Maître, pour que l’homme fuie le péché, dis-nous ‘comment seront tourmentés les damnés et combien de temps ils resteront en enfer ! »
Jésus répondit : « Pierre, grande est ta demande ; pourtant, s’il plaît à Dieu, je te répondrai : Sachez donc que l’enfer est un, même s’il comporte sept cercles superposés : il s’y trouve sept peines tout comme il y a sept sortes de péchés que Satan a engendrés comme les sept portes de l’enfer.
En effet, l’orgueilleux, c’est-à-dire le plus hautain de coeur, sera précipité dans le cercle le plus bas en passant par tous les cercles intermédiaires et en y souffrant toutes les peines qui s’y trouvent. Comme il s’efforce ici bas d’être supérieur à Dieu en voulant agir à sa guise à l’inverse de ce que Dieu commande et qu’il ne veut connaître aucun supérieur, il sera placé là?bas sous les pieds de Satan et de ses diables qui le piétineront comme du raisin quand on fait le vin. Et il sera pour toujours tourné en dérision et en raillerie par les diables.
L’envieux qui se ronge ici-bas du bien qui arrive au prochain et qui se réjouit de son malheur, descendra dans le sixième cercle; il y sera rongé par une grande quantité de serpents infernaux ; il lui semblera que tout ce qui se trouve en enfer se réjouit de son tourment et s’afflige de ce qu’il ne soit pas descendu au septième cercle. En effet, bien que les damnés ne soient susceptibles de se réjouir d’aucune manière, la justice de Dieu fera en sorte que le misérable les voie ainsi. Comme celui qui croit voir en songe quelqu’un qui le méprise et qui s’en tourmente, ainsi en sera-t-il pour le misérable envieux; là où il n’y a aucune joie, il lui semblera que chacun se réjouit de son malheur et s’afflige qu’il ne lui soit pas arrivé pire !
L’avare descendra au cinquième cercle; il y souffrira une pauvreté extrême, comme la souffrit le riche bon vivant ; pour accroître son tourment, les démons lui présenteront ce qu’il voudra, mais quand il l’aura entre les mains, d’autres diables le lui enlèveront violemment, en disant :« Rappelle-toi que tu n’as pas voulu donner pour l’amour de Dieu Aussi maintenant, Dieu ne veut pas que tu reçoives » Oh, le malheureux homme! qu’éprouvera-t-il et en voyant la pénurie présente et en se rappelant l’abondance passée, et qu’il pouvait, avec les biens qu’il ne peut plus avoir, acquérir les délices éternelles !
Au quatrième cercle, s’en ira le luxurieux. Ceux qui auront transformé la voie que Dieu leur avait donnée, seront plongés dans l’excrément brûlant du diable comme du blé que l’on cuit; ils y seront enlacés par d’horribles serpents infernaux. Quant à ceux qui auront péché avec des prostituées, toutes leurs actions impures se changeront en union avec les furies infernales qui sont des démons en forme de femmes; leurs cheveux sont des serpents, leurs yeux du soufre enflammé, leur bouche est vénéneuse, leur langue est du fiel, leur corps est tout frisé d’hameçons recourbés comme ceux avec lesquels on prend l’imprudent poisson, leurs griffes sont comme celles d’un griffon, leurs ongles sont des rasoirs et leur sens génital a pour nature le feu. Chaque luxurieux jouira avec elles des braises infernales qui seront son lit !
Au troisième cercle. descendra le paresseux qui ne veut pas travailler maintenant. On y bâtit des villes et des constructions immenses qu’il faut détruire dès qu’elles sont faites sous prétexte qu’une seule pierre n’est pas bien placée. Leurs pierres, très grandes. sont placées sur les épaules du paresseux. Celui?ci n’a pas les mains libres pour se rafraîchir le corps tandis qu’il marche, ni pour soulever la charge car la paresse lui a enlevé la force des bras et que ses pieds sont enchaînés par des serpents infernaux. Ce qui est pire. derrière lui se trouvent des démons qui le poussent et le font souvent tomber à terre sous la charge que personne ne l’aide à soulever; et comme il tarde trop à la soulever, une double charge lui est imposée !
Au deuxième cercle, descendra le gourmand. Or, ici, la famine est si grande qu’on n’y mange que
des scorpions et des serpents vivants : ils procurent un tel tourment qu’il vaudrait mieux n’être jamais né que de manger une telle nourriture.
Des aliments recherchés lui sont bien présentés, en apparence, par les démons, mais comme il a les mains et les pieds liés par des chaînes de feu, il ne peut prendre en main ce vent qui lui parait être un aliment. Et ce qui est pire, ces scorpions mêmes qu’il mange pour qu’ils lui dévorent le ventre, ne pouvant sortir vite, déchiquettent ses parties secrètes. Quand ils sont sortis, souillés et immondes, le gourmand les remange sales comme ils sont !
Le coléreux descend au premier cercle. II y est outragé par tous les diables. Tous ceux qui descendent, damnés inférieurs à lui, se moquent de lui et le frappent. Ils le font coucher sur la route où ils passent et lui mettent les pieds sur la gorge. II ne peut se défendre puisqu’il a les mains et les pieds liés. Ce qui est pire, c’est qu’il ne peut donner cours à sa colère en outrageant les autres, car sa langue est accrochée par un clos semblable à celui dont se sert le bouchers.
En cet endroit maudit, il y aura une peine générale, commune à tous les cercles, comme on mélange tous les grains pour en faire un pain, car le feu, la glace, la tempête, les éclairs, le soufre, la chaleur, le froid, le vent, la rage, l’épouvante seront tous si bien unis par la justice de Dieu, que le froid ne tempérera pas le chaud, ni le feu la glace, mais que chaque chose apportera un tourment au misérable pécheur!

Chapitre 136
En ce lieu maudit, les infidèles demeureront toujours en sorte que si le monde était plein de grains de mil et si, pour le vider, un seul oiseau en enlevait un grain tous les cent ans et si les infidèles ne devaient aller au paradis qu’une fois le monde vidé, ils demeureraient là avec joie. Mais cette espérance n’existe pas. Leur tourment ne peut avoir de fin car ils ne voulurent pas mettre fin à leur péché pour l’amour de Dieu.
Quant aux fidèles, ils seront soulagés et leur tourment prendra fin. » En entendant cela, les disciples furent effrayés et dirent : « Les fidèles doivent-ils donc aller en
enfer? » Jésus répondit : « Chacun, quel qu’il soit, doit aller en enfer. Il est vrai toutefois que les saints et prophètes de Dieu s’y rendront pour voir, sans souffrir aucune peine et qu’ils n’en retireront que de la crainte.
Mais que dis?je ? le messager de Dieu lui-même s’y rendra pour voir la justice de Dieu, et l’enfer en tremblera devant lui. Et, comme il sera de chair humaine, tous ceux qui sont de chair humaine et qui se trouveront dans la peine, seront exempts de peine aussi longtemps que le messager de Dieu restera à regarder l’enfer. Mais il y restera le temps qu’il faut pour fermer et ouvrir les yeux. Dieu fera cela pour que toute créature sache qu’elle a tiré profit du messager de Dieu. Quand il s’y rendra, tous les diables chercheront à se cacher sous les braises ardentes, poussant des cris et se disant l’un à l’autre : « Fuis, fuis, car voici qu’arrive Muhammad, notre ennemi ! »  En l’entendant, Satan se frappera la face des deux mains et il dira en poussant des cris : « A ma honte, tu es plus noble que moi et cela n’est pas juste !»
Quant aux fidèles, répartis en soixante-douze degrés, ceux des deux derniers degrés qui auront eu la foi mais sans faire le bien, ? les uns s’attristant de devoir bien agir et les autres se réjouissant du mal ?, ils resteront en enfer soixante-dix mille ans. Après ces années?là, l’ange Gabriel se rendra en enfer et il entendra dire : « O Muhammad, où sont les promesses qui nous ont été faites selon lesquelles ceux qui auront eu la foi ne resteraient pas en enfer pour toujours? »
Alors l’ange de Dieu retournera au paradis, et après s’être approché avec révérence du messager de Dieu il lui racontera tout ce qu’il aura entendu. Le messager s’adressera alors à Dieu et dira « Seigneur, mon Dieu, souviens-toi que tu as promis à moi, ton serviteur, que ceux qui ont reçu ma foi ne resteraient pas en enfer pour toujours!» Dieu répondra : « Demande tout ce que tu veux, mon ami, et je te donnerai tout ce que tu demanderas ! »
Chapitre 137
Le messager de Dieu dira alors : « Seigneur, il y a des fidèles qui sont restés en enfer soixante-dix mille ans! Où est, Seigneur, ta miséricorde ? Je te prie, Seigneur, de les libérer de ces peines amères! » Dieu ordonnera alors à ses quatre anges favoris, d’aller en enfer, d’en retirer tous ceux qui ont la foi de son messager, et de les conduire au paradis. Ce qu’ils feront. Tel sera l’avantage de la foi du
messager de Dieu : ceux qui auront cru en lui, même s’ils n’ont pas bien agi, du moment qu’ils sont morts avec cette fois-là, iront au paradis après  la peine que j’ai dite.
Le matin venu, de bonne heure, tous les hommes de la ville, ainsi que les femmes et les enfants, vinrent à la maison où Jésus se tenait avec ses disciples et le supplièrent : « Seigneur, aie pitié de nous! Cette année, les vers ont rongé le blé, et il n’y aura pas de pain cette année dans notre région! » Jésus répondit : « Comme vous avez peur! Ne savez-vous pas que pendant les trois années de la persécution d’Achab, Elie, le serviteur de Dieu n’a pas vu de pain, et ne s’est nourri que d’herbes et de fruits sauvages ? David, notre père, prophète de Dieu, persécuté par Saül, demeura deux ans en ne mangeant que des fruits sauvages et des herbes z ; il ne mangea que deux fois du pain. » Les hommes répondirent : « Seigneur, ils étaient prophètes de Dieu, nourris de joie spirituelle; c’est pour cela qu’ils ont survécu ! Mais comment feront ces enfants? » Et ils lui montrèrent la multitude de leurs enfants.

Chapitre 138
Alors Jésus eut pitié de leur misère et dit « Combien de temps faut-il encore pour la moisson? » Ils répondirent : « Vingt jours! » Jésus dit alors : « Faites en sorte que nous employions ces vingt jours à jeûner et à prier, et Dieu vous fera miséricorde . En vérité, je vous le dis, c’est Dieu qui a causé cette pénurie, car c’est en ce lieu que commença la folie des hommes et le péché d’Israël, quand ils ont dit que j’étais Dieu ou fils de Dieu.
Après avoir jeûné dix-neuf jours, au matin du vingtième, ils virent les champs et les collines couvertes de blé mûr. Alors ils coururent à Jésus et le lui dirent. L’ayant entendu, Jésus rendit grâces à Dieu. Puis il dit : « Allez, frères, récoltez le pain que Dieu vous a donné! » Les hommes récoltèrent tant de blé qu’ils ne savaient plus où le conserver; cela fut cause d’abondance en Israël. Les habitants de la ville tinrent conseil pour faire de Jésus leur roi . Le sachant, celui-ci s’enfuit de chez eux, et les disciples peinèrent quinze jours à le trouver.

Chapitre 139
Celui qui écrit, ainsi que Jacques et Jean, retrouvèrent Jésus’. Ils dirent en pleurant : « Pourquoi as-tu fui, Maître ? Pleins de douleur, nous t’avons cherché. Tous tes disciples te cherchent en pleurant ! » Jésus répondit : « J’ai fui parce que j’ai appris qu’une armée de diables me préparait ce que vous verrez bientôt. Les princes des prêtres et tes anciens du peuple se dresseront contre moi et prendront pouvoir du gouverneur romain pour me tuer, de crainte que je ne veuille usurper la royauté en Israël. En outre, je serai vendu et trahi par un de mes disciples comme Joseph fut vendu en Egypte ; pourtant Dieu juste le fera tomber comme dit le prophète David : « II fera tomber dans la fosse celui qui tend le piège à son prochain. » Dieu en effet, me sauvera de leurs mains et me retirera du monde. » Les trois disciples prirent peur et Jésus les réconforta en disant : « Ne craignez pas, aucun de vous ne me trahira!» Et ils en reçurent quelque consolation.
Le jour suivant, trente?six disciples de Jésus arrivèrent deux par deux. En attendant les autres, ils se rendirent à Damas. Tous étaient affligés, car ils savaient que Jésus devait s’en aller du monde.
Alors, ayant ouvert la bouche, il dit : « Celui qui marche sans savoir où il doit aller est évidemment malheureux, mais beaucoup plus malheureux encore est celui qui, pouvant et sachant comment arriver à bon port, souhaite s’arrêter, et le veut sur la route boueuse, dans la pluie et au péril des voleurs. Dites-moi, frères, ce monde est-il notre patrie ? Sûrement pas, car le premier homme fut chassé dans le monde comme en exil, afin d’y souffrir la peine de sa faute. Existe-t-il un seul exilé qui, se trouvant dans la pauvreté, n’aspire à retourner dans sa riche patrie? La raison certes le nie, mais l’expérience le prouve, car les amis du monde ne veulent pas penser à la mort, et même quand on en parle, ils ne veulent pas l’entendre.

Chapitre 140
Croyez-vous, ô hommes, que je sois venu dans le monde avec un privilège qu’aucun homme n’a eu et que n’aura même pas le messager de Dieu? Notre Dieu ne créa pas l’homme pour le mettre dans le monde, mais pour le placer dans le paradis. Certes, celui qui n’attend rien des Romains puisqu’ils sont d’une loi étrangère à la sienne, ne veut pas quitter sa patrie et tous ses biens sans y jamais revenir pour aller habiter Rome. Et beaucoup moins le ferait-il encore s’il se trouvait avoir offensé César! Aussi je vous le dis en vérité, et Salomon, prophète de Dieu le crie avec moi : « Ô mort, comme ta pensée est amère pour ceux qui se sont reposés dans leurs richesses ! »
Je ne le dis pas comme si je devais mourir maintenant, puisque je suis sûr de vivre jusque vers !a fin du monde, mais je vous en parlerai afin que vous appreniez à mourir. Vive Dieu, tout ce qu’on ne fait qu’une seule fois, on le fait mal. Pour bien faire quelque chose, il faut s’y exercer. Avez-vous vu les soldats qui, en temps de paix, s’exercent entre eux comme s’ils étaient en guerre? Au contraire comment mourra-t-il de bonne mort l’homme qui n’apprend pas à bien mourir? « Elle est chère devant Dieu la mort des saints » dit le prophète David. Savez-vous pourquoi? Je vais vous le dire c’est que toutes les choses rares sont chères et que la mort de ceux qui meurent bien est rare. Leur mort est donc chère devant Dieu notre créateur. Certes, ce que l’homme entreprend, non seulement il veut le finir, mais encore il s’efforce que son intention arrive à bonne fin. O malheureux homme, qui apprécie plus ses chausses que lui-même! En effet, lorsqu’il taille l’étoffe, il mesure soigneusement
avant de la couper. Une fois coupée, il la coud avec soin. Mais la vie, qui est née pour mourir ? car seul ne meurt pas celui qui ne nait pas, pour quelle raison les hommes ne veulent-ils pas la mesurer à la mort? Avez-vous vu les maçons? A chaque pierre qu’ils posent, ils visent les fondations’ en mesurant si elle est en place, pour que le mur ne tombe pas. O homme misérable, la construction de sa vie tombera dans un énorme écroulement parce qu’il ne vise pas aux fondations, c’est-à-dire à la mort. »

Chapitre 141
Dites-moi, quand l’homme naît, comment naît-il ? II naît évidemment nu. Et quand on le met, mort, en terre, que récolte-t-il ? Un linceul grossier dans lequel on l’enveloppe; voilà la récompense que lui donne le monde! Eh bien, si en toute oeuvre les moyens doivent être proportionnés au commencement et à la fin pour qu’elle arrive à bonne fin, quelle fin aura donc l’homme qui veut des richesses terrestres? II mourra, comme dit David prophète de Dieu : « Le pécheur mourra de mate mort» ! Si un tailleurs mettait des poutres au lieu de fil dans le trou de l’aiguille pour coudre les vêtements, comment
réussirait-il son ouvrage ? II travaillerait évidemment en vain et il serait raillé par ses voisins. Or, l’homme ne voit-il pas que c’est continuellement ce qu’il fait quand il amasse des biens terrestres, car la mort est le trou de l’aiguille que les poutres des biens terrestres ne peuvent pas traverser! Néanmoins, le fou s’efforce continuellement de faire aboutir son ouvrage, mais en vain !
Celui qui ne croit pas à mes paroles, qu’il regarde les tombes et il y trouvera la vérité. Celui qui veut devenir plus sage que les autres, qu’il étudie avec crainte de Dieu le livre des tombes et il y trouvera la vraie doctrine pour son salut, car en voyant que la chair humaine est conservée pour être l’aliment des vers, il saura se garder du monde, de la chair et de la sensibilité. Dites-moi, s’il y avait une route faite de telle sorte qu’en marchant au milieu, l’homme irait en sécurité, tandis qu’en marchant sur les côtés il se casserait la tête, que diriez-vous de voir les hommes s’opposer entre eux et rivaliser à qui irait le plus sur les côtés pour se tuer? Quelle serait votre stupeur! Vous diriez certainement qu’ils sont fous et détraqués, et, s’ils ne sont pas détraqués, qu’ils sont désespérés! » ? « C’est bien cela! » répondirent les disciples. Alors Jésus dit en pleurant : « En vérité, ils sont pourtant comme cela les amis du monde, car s’ils vivaient selon la raison qui se tient au milieu de l’homme, ils suivraient la loi de Dieu et se sauveraient de la mort éternelle. Mais en suivant la chair et le monde, en rivalisant à qui vivra le plus orgueilleusement et le plus lascivement, ils sont détraqués et ennemis cruels d’eux-mêmes.
Chapitre 142
Voyant que Jésus avait fui, Judas, le traître, perdit l’espoir de devenir puissant dans le monde. II tenait en effet la bourse de Jésus qui contenait ce qui lui avait été donné pour l’amour de Dieu. Il espérait que Jésus deviendrait roi d’Israël et qu’ainsi luimême deviendrait un homme puissant. Ayant perdu cet espoir, il se dit à lui-même : s’il était prophète, il saurait que je lui vole les deniers. Sachant que je ne crois pas en lui, il perdrait patience et me chasserait de son service. S’il’ était sage, il ne fuirait pas l’honneur que Dieu veut lui donner. II vaut donc mieux que je me mette d’accord avec les princes des prêtres, avec les scribes et les pharisiens et que je m’arrange pour le livrer entre leurs mains. Ainsi pourrais-je obtenir quelque bien.
Ayant pris sa décision, il fit savoir aux scribes et aux pharisiens ce qui s’était passé à Nain. Ceux-ci tinrent conseil avec le grand prêtre et dirent : « Que ferons-nous s’il devient roi? Cela ira vraiment mal pour nous, car il ne peut souffrir nos traditions; il voudra réformer le culte de Dieu selon la coutume antique. Et que ferons-nous sous la domination d’un tel homme? Nous périrons certainement tous avec nos enfants, car, chassés de nos fonctions, nous devrons mendier notre pain. Nous avons maintenant, Dieu en soit loué, un roi et un gouverneur étrangers à notre loi. Ils ne s’occupent pas de notre loi, de même que nous ne nous occupons pas de la leur. Ainsi nous pouvons faire ce que nous voulons. Et même si nous péchons, notre Dieu est si miséricordieux qu’il s’apaise par le sacrifice et par le jeûne. Mais si celui-ci devient roi, il ne s’apaisera pas tant qu’il n’aura pas vu le culte de Dieu établi comme l’écrit Moïse. Et ce qui est pire, il dit que le Messie ne viendra pas de la souche de David comme nous l’a dit un de ses principaux disciples, mais il dit qu’il viendra de la souche d’Ismaël et que la promesse fut faite pour Ismaël et non pour Isaac. Qu’arrivera-t-il si nous le laissons vivre ? Les Ismaélites gagneront certainement l’estime des Romains qui leur donneront notre région et Israël sera de nouveau réduit en esclavage comme il l’a été dans le passé. »
Ayant entendu ce qu’on proposait, le pontife répondit qu’il fallait en traiter avec Hérode et avec le gouverneur, « car la foule est tellement bien disposée à son égard que sans armée nous ne pourrons rien faire. Plaise à Dieu qu’avec l’armée nous puissions conclure cette affaire! » Ayant tenu conseil entre eux, ils décidèrent alors de le prendre de nuit quand le gouverneur et Hérode auraient décidé d’intervenir.

Chapitre 143
Comme les disciples étaient tous arrivés à Damas par la volonté de Dieu, et que ce jour-là Judas le traître montrait plus que tout autre qu’il avait souffert de l’absence de Jésus. Jésus dit : «Gardez-vous tous de celui qui, sans en avoir occasion, s’évertue à vous démontrer qu’il vous aime! » Dieu nous ôta l’intelligence pour que nous ne puissions pas comprendre dans quel but il le dit.
Tous les disciples étant arrivés, Jésus dit : « Retournons en Galilée car l’ange de Dieu m’a dit qu’il faut que j’y aille!». Un samedi matin, Jésus parvint à Nazareth Les habitants de la ville l’ayant reconnu chacun désirait le voir. Alors un publicain de petite stature nommé Zachée qui ne pouvait pas voir Jésus à cause de la grande multitude, grimpa dans un sycomore. II attendait que Jésus passe par là pour se rendre à la synagogue?. Parvenu en cet endroit, Jésus leva les yeux et dit : « achée, descends, car aujourd’hui je veux demeurer chez toi! ». L’homme descendit, le reçut avec joie et fit un festin splendide.
Les pharisiens murmuraient et disaient aux disciples de Jésus : « Pourquoi votre mature est-il entré manger avec des publicains et des pécheurs ? » lésas répondit : « Pour quelle raison le médecin entre-t-il dans une maison? Dites-le moi et je vous dirai pourquoi je suis entré ici!» Ils répondirent : « pour soigner les malades!» ? « Vous dites vrai, dit Jésus, ce ne sont pas ceux qui sont en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. »

Chapitre 144
Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, Dieu envoie ses prophètes et serviteurs dans le monde pour que les pécheurs fassent pénitence. II ne les envoie pas pour tes justes, car ceux-ci n’ont pas besoin de pénitence; de même que n’a pas besoin de bain celui qui est propre.
Mais je vous le dis en vérité, si vous étiez vraiment pharisiens, vous vous réjouiriez que je sois entré chez les pécheurs pour leur salut. Dites-moi, savez-vous votre origine et pourquoi le monde commença à recevoir des pharisiens ? Je vais vous le, dire puisque vous ne le savez pas. Ecoutez donc mes paroles.
Hénoche, ami de Dieu, qui marcha avec Dieu en vérité, sans tenir compte du monde, fut transporté au paradis et y demeure jusqu‘au jugement, car vers la fin du monde, il reviendra dans le monde avec Elie et un autre. L’ayant appris, les hommes commencèrent, par désir du paradis, à chercher Dieu, leur créateur. « Pharisien » en effet, veut justement dire « cherche Dieu » dans la langue de Canaan puisque c’est là qu’on commença à employer ce mot pour railler les bons. Les Cananéens étaient en effet adonnés à l’idolâtrie, c’est-à-dire au culte (d’œuvres) de mains humaines. En voyant ceux de notre peuple qui se tenaient à l’écart du monde pour servir Dieu, les Cananéens, quand ils en voyaient un, disaient par mode de raillerie « pharisien »,  c’est-à-dire : « cherche Dieu». comme pour dire : « fou, tu n’as pas de statues d’idoles et tu adores le vent ! Réfléchis et viens servir nos dieux ! »
En vérité, dit Jésus, je vous le dis, tous les saints et prophètes de Dieu ont été pharisiens, non pas de nom, comme vous, mais de fait, car en chacune de leurs actions ils cherchèrent Dieu leur créateur. Pour l’amour de Dieu, ils quittèrent les villes et leurs propres biens. Pour l’amour de Dieu, ils les vendirent et les donnèrent aux pauvres.

Chapitre 145
Vive Dieu, au temps d’Elie, ami et prophète de Dieu, il y avait douze montagnes habitées par dix-sept mille pharisiens, et il n’y avait pas un seul réprouvé sur un si grand nombre de personnes mais tous étaient élus de Dieu. Mais maintenant qu’Israël a plus de cent mille pharisiens, plût à Dieu qu’il y eût un élu sur mille! Indignés, les pharisiens répondirent : « Sommes nous donc tous réprouvés ? Réprouves-tu notre religion ?  Jésus répondit : « Je ne réprouve pas, j’approuve au contraire la religion des vrais pharisiens et pour elle je veux mourir. Mais voyons si vous êtes pharisiens.
A la prière d’Elisée son disciple, Elie, ami de Dieu, écrivit un petit livre dans lequel il renferma toute la sagesse humaine ainsi que la loi de Dieu notre Seigneur. »  Confus d’entendre nommer le petit livre d’Elie, les pharisiens qui savaient par leurs traditions que personne n’observait cette doctrine, voulaient s’en aller sous prétexte d’avoir à faire.
Jésus dit alors : « Si vous êtes pharisiens, vous abandonnerez toute autre affaire pour vous occuper de celle?ci, car le pharisien ne cherche que Dieu ! » Confus, ils s’arrêtèrent donc pour écouter Jésus qui reprit : « Elie, serviteur de Dieu – ainsi commence le petit livre ? écrit ceci à tous ceux qui désirent marcher avec Dieu leur créateur.
Ceux qui désirent apprendre beaucoup, craignent peu Dieu, car pour qui craint Dieu, il suffit de savoir ce que Dieu veut. Ceux qui cherchent de belles paroles, ne cherchent pas Dieu qui ne fait rien d’autre que nous reprendre de nos péchés.
Ceux qui veulent chercher Dieu, qu’ils ferment les portes et les fenêtres de leur maison, car le maître ne se laisse pas trouver hors de la maison, là où il n’est pas aimé. Fermez donc vos sens et gardez votre coeur, car Dieu ne se trouve pas hors de nous, dans ce monde où il est haï.
Ceux qui veulent bien agir, qu’ils fassent attention à eux-mêmes, car il ne sert à rien de gagner le monde entier et de perdre son âme.
Ceux qui veulent enseigner autrui, qu’ils vivent mieux que les autres, car on n’apprend rien de celui qui sait moins que nous. Est-ce que le pécheur amende sa vie quand il entend un plus mauvais que lui l’enseigner?
Ceux qui cherchent Dieu, qu’ils fuient la fréquentation; des hommes, car Moïse, seul sur le mont Sinaï, trouva Dieu et parla avec lui comme fait  un ami qui parle avec son ami.
Ceux qui cherchent Dieu sortiront une seule fois par mois dans le monde où sont les hommes, car celui qui cherche Dieu peut en un seul jour agir pour deux ans en ce qui concerne ses affaires. Quand il marche, qu’il ne regarde que ses pieds; quand il parle, qu’il ne dise que le nécessaire; quand il mange, qu’il se lève de table en ayant faim; que chaque jour il pense qu’il ne parviendra pas au suivant : qu’il utilise son temps comme on use son souffle, qu’un habit de peaux de bêtes lui suffise
qu’il dorme sur la terre nue puisqu’il est tas de terre lui-même ; chaque nuit, deux heures lui suffiront pour dormir; qu’il ne haïsse personne, sinon lui-même : qu’il ne condamne personne, sinon lui-même ; dans la prière, qu’il se tienne dans la crainte comme s’il se trouvait déjà au jugement à venir !
« Eh bien, observez cela dans le service de Dieu, ainsi que la loi que Dieu vous a donnée par Moïse, et vous trouverez Dieu. En tous temps et lieux vous trouverez que vous êtes en Dieu et que Dieu est en vous. »
C’est cela le petit livre d’Elie, pharisiens! C’est pourquoi je vous le dis encore, si vous étiez pharisiens vous seriez heureux que je sois entré ici, car Dieu a pitié des pécheurs.

Chapitre 146
Zachée dit alors : « Seigneur, voici que je veux donner pour l’amour de Dieu quatre fois plus que ce que j’ai reçu par usure! » Jésus dit alors : « Aujourd’hui le salut est venu à cette maison ! En vérité, en vérité, beaucoup de publicains, de prostituées et de pécheurs entreront dans le royaume de Dieu et ceux qui se croient justes s’en iront aux flammes éternelles!» Ce qu’ayant entendu, les pharisiens partirent, indignés.
Jésus dit alors à ceux qui s’étaient convertis à l’état de pénitence’ et à ses disciples : « Un père de famille avait deux fils. Le plus jeune dit : Père, donne-moi ma part de biens!» Son père la lui donna. Sa part reçue, il s’en alla en pays lointain où il dépensa tout son bien avec des prostituées en vivant dans la luxure. II advint une si grande famine dans ce pays que le malheureux alla servir un habitant de la ville qui le mit à paître les porcs de sa ferme. En les gardant, il trompait sa faim en mangeant avec eux des glands de chêne. Rentré en lui-même, il dit : « Combien abondent en festins dans la maison de mon père, et moi ici je meurs de faim! Je me lèverai donc, j’irai chez mon père et je lui dirai : «Père, j’ai péché contre le ciel (et) contre toi! Fais pour moi comme pour l’un de tes serviteurs!»
Le pauvre partit et il arriva ceci que le père le vit venir de loin et qu’il fut pris de compassion pour lui. II sortit à sa rencontre. Arrivé à son fils, il le prit dans ses bras et l’embrassa. Le fils se prosterna et dit : « Père, j’ai péché contre le ciel (et) contre toi, fais pour moi comme pour l’un de tes serviteurs, car je ne suis pas digne d’être appelé ton fils ! » Le père répondit : « Ne dis pas cela, fils, tu es mon fils et je ne souffrirai pas que tu sois comme l’un de mes
serviteurs. » Ayant appelé ses serviteurs, il dit « Apportez ici des vêtements neufs, habillez mon fils que voici, donnez-lui de nouvelles chaussures, mettez-lui l’anneau au doigt, tuez vite le veau gras et faisons fête, car mon fils que voilà était mort et il est ressuscité, il était perdu et il est retrouvé! »

Chapitre 147
Tandis qu’on faisait fête dans cette maison, le fils aîné revint. En entendant qu’on faisait fête, il s’étonna, appela un serviteur et lui demanda pour quelle raison on faisait une telle fête. « Ton frère est revenu, lui répondit le serviteur, ton père a tué le veau gras et ils font un festin. » En l’entendant, le fils ainé se mit fort en colère et ne voulut pas entrer dans la maison. Alors le père sortit vers lui et lui dit « Fils, ton frère est revenu, viens donc te réjouir avec lui!» Indigné, le fils répondit : « Je t’ai toujours  servi d’un bon service et tu ne m’as jamais donné un agneau pour manger avec mes amis. Et ce méchant qui t’a quitté en gaspillant toute sa part avec des prostituées, maintenant qu’il est revenu, tu as tué le veau gras! » Le père répondit : « Fils, tu es toujours avec moi et tout t’appartient, mais il était mort et il est ressuscité, il était perdu et il est retrouvé ! II faut donc se réjouir!» Le fils aîné s’irrita encore plus et dit : « Vas-y toi-même, réjouis-toi, car moi je ne veux pas manger à la table des fornicateurs ! » Et il quitta son père sans recevoir un seul denier. Vive Dieu, dit Jésus, ainsi fait?on fête chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui fait pénitence.»
Quand ils eurent mangé, il s’en alla parce qu’il voulait se rendre en Judée. « Maître, dirent alors les disciples, ne va pas en Judée; nous savons que les pharisiens et le souverain pontife ont tenu conseil contre toi!» Jésus répondit : « Avant qu’ils l’aient fait je le savais’, mais je ne crains pas car ils ne peuvent rien faire contre la volonté de Dieu. Qu’ils fassent donc ce qu’ils veulent : ce n’est pas eux, mais Dieu que je crains. »

Chapitre 148
Or dites-moi, les pharisiens aujourd’hui sont-ils pharisiens? Sont-ils serviteurs de Dieu? Sûrement pas ! Aussi je vous le dis en vérité, il n’y a rien de pire sur cette terre qu’un homme qui se couvre de la profession et de l’habit religieux pour couvrir sa propre scélératesse.
Je veux vous dire un seul exemple des anciens pharisiens pour que vous connaissiez ceux d’aujourd’hui. Après le départ d’Elie, cette sainte congrégation des pharisiens’ se dispersa persécutée par les idolâtres;. Du temps même d’Elie, en effet, en une seule année furent tués dix mille prophètes qui étaient de vrais pharisiens.
Deux pharisiens allèrent habiter sur les montagnes. Ils y restèrent quinze ans sans rien savoir l’un de l’autre bien qu’ils fussent voisins à une heure de route. Voyez comme ils étaient curieux ! Une grande sécheresse advint sur ces montagnes et tous deux se mirent à chercher de l’eau. C’est ainsi qu’ils se rencontrèrent. Le plus âgé dit alors, « car selon l’usage, les plus anciens parlaient avant quiconque et ils tenaient pour grand péché qu’un jeune parlât avant un ancien ?, le plus ancien, dis-je « , dit : « Où habites-tu, frère » L’autre répondit en lui montrant l’endroit du doigt : « J’habite là, » car ils étaient proches de l’endroit où habitait le plus jeune. L’ancien demanda : « Depuis combien de temps habites-tu là frère ? » -« Depuis quinze ans » répondit le jeune. L’ancien reprit : « Peut-être es-tu venu quand Achab tuait les serviteurs de Dieu? » – « C’est cela! » répondit le jeune. Et l’ancien : « Sais-tu, frère, qui est maintenant roi d’Israël » Le jeune répondit : « Frère, c’est Dieu le roi d’Israël, car les idolâtres ne règnent pas sur Israël, ils le persécutent ! » – C’est vrai, dit l’ancien, c’est pourquoi j’ai voulu dire : qui est-ce qui persécute Israël maintenant? » – « Ce sont les péchés d’Israël qui persécutent Israël, répondit le plus jeune, car s’ils n’avaient pas péché, il n’enverrait pas les princes idolâtres contre Israël. » – « Quel est donc, dit l’ancien, ce prince infidèle que Dieu a envoyé pour le châtiment d’Israël?» – «Comment le saurais-je, répondit le jeune, en quinze ans je n’ai vu que toi; et comme je ne sais pas lire, on ne m’enverra pas de lettres.» L’ancien reprit : «Comme tes peaux de brebis sont neuves ! qui te les a données si tu n’as pas vu d’hommes ? »

chapitre 149
Le plus jeune répondit : «Celui qui pendant quarante ans conserva en bon état dans le désert les vêtements du peuple d’Israël a conservé ces peaux telles que tu les vois. »
L’ancien reconnut alors que le jeune était plus parfait que lui qui avait traité chaque année avec les hommes, et pour obtenir de le fréquenter, il dit  « Frère, tu ne sais pas lire. Moi, je sais lire et j’ai chez moi les psaumes de David. Viens donc, chaque jour je te ferai une lecture et je t’expliquerai ce que dit David ! » Le jeune répondit : « Allons-y maintenant ! » L’ancien reprit : « Frère, il y a deux jours que je n’ai pas bu d’eau. Cherchons donc un peu d’eau! » Le plus jeune répondit : « Frère, il y a maintenant deux mois que je n’ai pas bu d’eau, mais allons voir ce que dit Dieu par son prophète David! Le Seigneur est assez puissant pour nous donner de l’eau ». Et ils revinrent à l’habitation de l’ancien. A sa porte, ils trouvèrent une source d’eau vive. L’ancien dit : « Frère, tu es saint de Dieu, c’est donc pour toi que Dieu a donné cette source! Le jeune répondit : «Tu dis cela par humilité, frère, mais il est certain que si Dieu faisait cela pour moi, il aurait fait une source près de mon habitation pour que je ne m’en aille pas. Je t’avoue en effet, que j’ai péché contre toi quand tu m’as dit que tu cherchais de l’eau étant donné que tu n’avais pas bu depuis deux jours tandis que moi j’étais resté deux mois sans boire. Alors, j’ai senti de l’exaltation dans ma sensibilité, comme (si j’étais) meilleur que toi. » L’ancien dit alors : «Tu as dit la vérité, frère, tu n’as donc pas péché! » – « Frère, dit le jeune, tu as oublié ce que dit notre père Elie : celui qui cherche Dieu ne doit condamner que lui-même. Il est évident qu’il ne l’a pas écrit pour que nous le sachions mais pour que nous l’observions! » Reconnaissant la vérité et la justice de son compagnon, le plus âgé dit « C’est vrai, mais notre Dieu t’a pardonné . »
Cela dit, il prit les psaumes et lut ce que dit notre père David : « Je mettrai une garde à ma bouche, pour que ma langue ne se laisse pas aller à des paroles de malice en excusant les péchés.» Ici, le plus âgé fit un discours sur la langue; puis le plus jeune s’en alla.
Ils restèrent ensuite quinze autres années avant de se retrouver parce que le jeune changea d’habitation. L’ayant donc retrouvé, l’ancien dit : « Pourquoi n’es-tu pas revenu chez moi, frère ? Le jeune répondit : « parce que je n’ai pas encore bien appris ce que tu m’as dit» – «Comment est-ce possible, dit l’ancien, puisque quinze ans se sont écoulés ? » – « Les paroles, répondit le jeune, je les ai apprises en une heure et je ne les ai jamais oubliées, mais je ne les ai pas encore observées. A quoi bon apprendre trop et ne pas observer? Notre Dieu ne désire pas que notre intelligence soit bonne, mais que notre coeur soit bon. C’est pourquoi il ne nous demandera pas, au jour du jugement, ce que nous aurons  appris mais ce que nous aurons fait. »

Chapitre 150
L’ancien reprit : «Ne parle pas ainsi, frère, tu méprises la science et notre Dieu veut qu’on l’apprecie.» Le jeune répondit : «Comment parlerais-je donc maintenant pour ne pas tomber dans le péché? Car ta parole est vrai et5 la mienne aussi! Je dirai donc que ceux qui connaissent les commendements de Dieu écrits dans la loi doivent les observer s’ils veulent ensuite savoir apparendre davantage. Tout ce qu’ils apprendront, que ce soitb pour l’observer non pas pour le savoir !»
L’ancien reprit : «Frère, dis-moi avec qui tu parles puisque tu reconnais que tu n’as pas appris ce que j’ai dit !» – «Frère, dit le plus jeune, je parle avec moi-même. Chaque jour en effet, je met devant moi le jugement de Dieu pour rendre compte de moi-même et toujours je sens en moi quelqu’un qui excuse mes défauts. » L’ancien demanda : «Frère, quels défauts as-tu puisque tu es parfait ?» – «Ne parle pas ainsi, frère, répondit le plus jeune; je me trouve  entre deux grands défauts. L’un, c’est que je ne sais pas que je suis le plus grand pécheur. L’autre c’est que je ne désire pas plus que quiconque en faire pénitence.»
L’ancien reprit : «Comment saurais-tu que tu es le plus grand pécheur, puisque tu-es le plus parfait ?» Le jeune répondit : «Quand j’ai pris l’habit de pharisien, la première parole que me dit mon maître fut que je devais considérer la bonté des autres et ma propre malice. Si je le faisais, je saurais que je suis le plus grand pécheur » – «En qui vois-tu bonté et défaut, dit l’ancien, puisqu’il n’y a pas d’homme dans sur ces montagnes? Le plus jeune répondit : «Je devrais voir l’obeissance du soleil et des planètes;  ils servent leur créateur mieux que moi; et moi je les condamne, soit parce qu’ils ne font pas autant de lumière queje voudrais, soit parce qu’ils chauffent trop, soit parce qu’ils arrosent trop ou trop peu le sol.»
Entendant cela, l’ancien dit : «Frère, où as-tu appris cette doctrine, car j’ai quatre-vingt-dix ans, dont soixante-quinze passé comme pharisien …?» – «Frère, répondit le plus jeune, tu dis cela par humilité, car tu es saint de Dieu; mais je te réponds que Dieu, notre créateur ne considère pas le temps, mais le coeur. C’est pourquoi David, de quinze ans plus jeune que ses six frères, fut élu roi d’Israël et devint prophète de Dieu notre Seigneur.»

Chapitre 151
Celui-là était un vrai pharisien, dit Jésus à ses apôtres. Plaise à Dieu que nous puissions, au jour du jugement, l’avoir pour ami.»
Jésus monta donc sur un bateau. Les disciples regrettaient d’avoir oublié d’emporter du pain, Jésus les réprimenda en disant : «Gardez-vous du levain des pharisiens d’aujourd’hui, car un peu de levain gâte toute une masse de farine! » Les disciples  se dirent alors l’un à l’autre : «Mais quel levain avons-nous? Nous n’avons même pas le pain! » Jésus dit alors : «Hommes de peu de foi, vous avez donc oublié ce que Dieu a fait à Naïn où il n’y avait pas signe de blé, et combien mangèrent et furent rassasiés par cinq pains et deux poissons ? Le levain du pharisien, c’est de se défier de Dieu et de ne penser qu’à soi; il a corrompu non seulement les pharisiens du temps présent, mais il a corrompu Israël, car les simples, ne sachant pas lire et tenant les pharisiens pour saints, font ce qu’ils leur voient faire.
Savez-vous ce qu’est le vrai pharisien ? C’est l’huile de la nature humaine, car de même que l’huile se tient au-dessus de tout liquide, ainsi la bonté du vrai pharisien se tient au-dessus de toute bonté humaine. C’est un livre vivant que Dieu donne au monde, car tout ce qu’il dit et fait est selon la loi de Dieu. Le vrai pharisien, c’est du sel qui ne laisse pas corrompre la chaire de l’homme par le péché, car tous ceux qui le voient se soumettent à pénitence. C’est une lumière qui illumine la route des pélerins, car tous ceux qui considèrent sa pauvereté et sa pénitence savent que notre coeur ne doit pas s’arrêter en ce monde. Mais ce que fait l’huie rance, le livre corrompu, le sel affadi et la lumière éteinte, c’est cela que fait le faux pharisien! Si donc vous ne voulez pas périr, prenez garde de faire ce que font les pharisiens d’aujourd’hui. »

Chapitre 152
Parvenu à Jérusalèm, Jésus entra dans le temple un jour de sabbat, Les soldats s’approchèrent de lui pour le tenter et se saisir de lui, Ils dirent : «Maître, est-il permis de combattre? » Jésus répondit : «Notre foi nous dit que notre vie est un combat continuel .»
Les soldats reprirent : «Tu veux donc nous convertir à ta foi, et tu veux que nous abandonnions la multitude des dieux – Rome seule en a vingt-huit mille que l’on voit – pour suivre ton Dieu qui est unique, mais comme on ne le voit pas, on ne sait pas où il est et peut-être n’est-il qu’une illusion. » Jésus répondit : «Si moi je vous avais créés comme notre Dieu vous a créés, je chercherais à vous convertir. » Ils répondirent : «Comment ton Dieu nous a-t-il créés puisqu’on ne sait pas où il est ? Montre-nous ton Dieu et nous devienderons juifs! »
Jésus dit alors : «Si vous aviez des yeux pour voir, je vous le montrerais, mais parceque vous êtes aveugles, je ne peux pas vous le montrer.» Les soldats répondirent : «Pour sûr, l’honneur que te fait ce peuple doit t’avoir ôté de raison, car chacun de nous a deux yeux dans la figure et tu dis que nous sommes aveugles! » Jésus répondit : «Les yeux charnels ne peuvent voir que des choses grossières et extérieures; vous ne pourrez donc voir que vos dieux de bois, d’argent et d’or qui ne peuvent rien faire. Mais nous de Juda, nous avons des yeux spirituels qui sont la crainte et la foi de notre Dieu; c’est pourquoi en tout lieu nous pouvons voir notre Dieu. »
Les soldats répondirent : «Prends garde à ce que tu dis, car si tu méprise nos dieux, nous te livrerons entre les mains d’Hérode et il vengera nos dieux qui sont tout-puissants.» Jésus répondit : «S’ils sont tout-puissants, comme vous le dites, pardonnez-moi, je veux les adorer aussi. » Les soldats se réjuirent en l’entendant et ils commencèrent à faire l’éloge de leurs idoles. Jésus dit alors : «En cette affaire, il n’y a pas besoin de paroles, mais de faits. Faites donc que vos dieux créent une mouche et alors je veux les adorer !»
En l’entendant, les soldats furent déconcertés, et ils ne savaient que dire. Jésus dit donc : «Il est évident que s’ils ne font pas une seule mouche à partir de rien, je ne veux pas à cause d’eux abandonner ce Dieu qui a tout créé d’une seule parole et dont le nom seul épouvante les armées. » Les soldats répondirent : «Eh bien, fais-nous voir cela, car nous allons te prendre! » Et ils voulaient mettre la main sur lui.
Jésus dit alors : «Adonaï Sabaot ! » Aussitôt les soldats furent poussés hors du temple comme on pousse les tonneaux quand on les lave pour y mettre du vin, de telle sorte que pieds et têtes frappaient la terre à tour de rôle sans que personne les ait touchés. Ils furent pris d’une telle et ils s’enfuirent si loin qu’on ne les vit plus en Judée.

Chapitre 153
Les prêtres et les pharisiens murmuraient entre eux et disaient : «Il a la sagesse de Baal et d’Astaroth; c’est en vertu de Satan qu’il a fait cela !» Ayant ouvert la bouche, Jésus dit : «Notre Dieu a commandé qu’on ne dérobe pas ce qui appartient à notre prochain; depuis, ce seul précept est tellememnt violé et contaminé qu’il a rempli le monde de péché, et d’un péché qu’il ne sera jamais remis comme on remet les autres péchés; en effet, si on les regrette, si on les commet plus, si on jûne, si on prie et si on fait l’aumône, notre Dieu puissant et miséricordieux les pardonnes, mais ce péché-là est tel qu’il ne sera jamais remis à moins qu’on ne rende ce qu’on a enlevé à tort !»
Un scribe dit alors : «Maître, comment le péché de vol a-t-il rempli le monde? Il est évident qu’à présent, grâce à Dieu, il n’y a que peu de voleurs, et à peine les a-t-on vus qu’ils sont immédiatement arrêtés par la malice. » Jésus répondit : «Ceux qui ne connaissent pas quels sont les biens, ne peuvent connaître quels sont les voleurs. Et même en vérité je vous le dis, beaucoup volent et ne savent pas ce qu’ils font. Aussi leur péché est-il plus grand que celui de autres, car la maladie qui n’est pas connue ne se guérit pas. »
Les pharisiens s’approchèrent alors de Jésus et dirent : «Maître, puisque toi seul en Israël connais la vérité, enseigne-nous !» Jésus répondit : «Je ne dis pas que je suis seul à connaître la vérité, parce que ce mot « seul » n’appartient qu’à Dieu et non au autres; c’est lui qui est la vérité, et c’est lui seul qui connaît la vérité. Si je dirais donc cela, je serais un voleur plus grand encore car car je volerais l’honneur de Dieu. Si je disais que je suis le seul à savoir, Dieu me ferait tomber dans une ignorance plus grande que celle des autres. Aussi avez-vous fait un grave péché en disant que j’étais seul à connaître la vérité. Je vous le dis, si vous l’avezit pour me tenter, c’est un péché plus grand encore !»
En voynt alors que tous se taisaient, Jésus ajouta : «Bien que je ne sois pas le seul en Israël #a connaître la vérité, je parlerais seul.  Ecoutez-moi donc puisque vous m’avez intérrogé. Tout ce qui est créé appartient au créateur, si bien que rien ne peut prétendre à rien. C’est pourquoi l’âme, la sensibilité, la chair, le temps, les biens et l’honneur, tout est à Dieu, et si on les aquiet pas comme Dieu le veut, on devient un voleur. C’est pourquoi je vous dis : Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, lorsque vous prennez votre temps en disant : «Demain, je ferai ceci, je dirai cela, j’irai en tel endroit », et en ajoutant pas : «Si Dieu le veut », vous êtes des voleurs. Et vous êtes des voleurs plus grands encore quand vous dila pidez le meilleur de votre temps à votre plaisir et non au plaisir de Dieu. Et quand vous employez le plus mauvais de votre temps au service de Dieu, vous êtes vraiment voleurs. Celui qui commet le péché, quel qu’il soit, est un voleur, parce qu’il vole le temps, l’âme, et sa propre vie qui doit servir Dieu et qu’il la donne à Satan ennemi de Dieu.

Chapitre 154
Donc si un homme possède l’honneur, la vie et les biens, et qu’on lui vole sa richesse, le voleur sera pendu. Si on lui enlève la vie, le meurtrier sera décapité. Et cela est juste, parce que l’a ordonné. Mais si on vole l’honneur du prochain, pourquoi le voleur n’est-il pas crucifié ? Les biens sont-ils préférable à l’honneur ? Dieu a-t-il ordonné que celui qui vole les biens soit puni, que celui qui vole la vie et les biens soit puni, mais que celui qui vole l’honneur soit sauf ? Certainement pas ! Car c’est à cause de leurs récriminations que nos pères n’entrèrent pas à la terre promise, mais plutôt leurs fils; et c’est à cause de ce péché que les serpents tuèrent environ soixante-dix mille personnes de notre peuple. Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, celui qui vole l’honneur est digne d’une plus grande peine que celui qui voles les biens et la vie de l’homme. Et celui quyi écoute celui qui récrimine est semblablement coupable parce qu’un l’un reçoit Satan sur la langue et l’autre dans les oreilles !»
Les pharisiens se consumaient de rage en l’entendant, car ils ne pouvaient condamner ses paroles. Un docteur s’approcha alors de Jésus et lui dit : «Bon Maître, dis-moi pour quelle raison Dieu a interdit le froment et la pomme à nos pères. Puisqu’il savait qu’ils devaient tomber, il aurait dû leur permettre le froment ou alors ne pas le laisser voir à l’homme !» Jésus répondit : «Homme, tu m’appelles bon, mais tu te trompes, Dieu seul est bon. Et tu trompes beaucoup plus quand tu parles, car Dieu n’a pas agi selon ta servelle. Pourtant je te répondrai à tout. Je te le dis don, quand Dieu notre créateur agit, il ne se conforme pas à nous. Il n’est donc pas permis à la créature de chercher sa manière et sa convenance, mais bien l’honneur de Dieu, son créateur, afin que la créature dépende du créateur et non pas le créateur de la créature. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si Dieu avait tout pemisà l’homme, l’homme n’aurait pas su qu’il est serviteur de Dieu, et il se serait cru maître du paradis. C’est pourquoi le créateur – qui est béni à jamais – lui interdit cet aliment afin que l’homme se tienne soumis à lui. Je te le dis en vérité, celui qui a l’oeil clair voit tout clairement et il tire lumière des ténèbres elles-mêmes, ce que ne fait pas l’aveugle. Je te le dis donc, si l’homme n’avait pas péché, nous ne connaîtrions pas, ni toi ni moi, la miséricorde de Dieu ni sa justice. Et Dieu avait fait l’homme inpeccable, celui-ci aurait été en cela égale à Dieu. Aussi le Dieu béni créa-t-il l’homme bon et juste, mais libre de faire ce qui lui plaît de sa propre vie : salut ou damnation. » le docteur fut stupéfait et il s’en alla confus.

Chapitre 155
le pontife appela alors secrètement deux vieux prêtres et les envoya à Jésus. Celui-ci était sorti du temple et s’était assis sous la portique de Salomon en attendant l’heure de la prière de midi pour prier. Près de lui, se tenaient ses disciples et une multitude de peuple. Les prêtres s’approchèrent de Jésus et dirent : «Maître, pour quelle raison l’homme mangea-t-il le froment et la pomme ? Dieu voulut-il qu’ils les mangeât ou bien non ? » Ils dirent cela pour le tenter, car s’il disait : «Dieu le voulut .», ils allaient répondre : «Pourquoi l’interdit-il? » Et s’il disait : «Dieu ne le voulut pas », ils allaient dire : «L’homme peut donc plus que Dieu puisqu’il agit contre la volonté de Dieu.»
Jésus répondit : «Votre demande est comme le chemin de la montagne; il y a un précipice à droite et à gauche, mais je marcherai au milieu.» En entendant cela, voyant qu’il connaissait leur coeur, les prêtres furent confus, Jésus dit alors : «Tout homme agit pour son utilité, selon les besoins qu’il a. Mais Dieu qui n’a besoin de rien, agit pour son bon plaisir. En creéant l’homme, il le laissa libre pour qu’il sache que Dieu n’a pas besoin de lui, comme fait un roi par exemple, qui donne la libérté à ses serviteurs pour montrer sa richesse et pour que ses serviteurs l’en aiment davantage. Dieu créa donc l’homme libre pour qu’il en aime bien plus son créateur et qu’il reconnaisse sa libéralité. En effet, bien que Dieu soit tout-puissant et qu’il nit pas besoin de l’homme puisqu’il l’a créé par sa toute puissance, il l’a laissé libre, dans sa liberté; il peut donc résister au mal et faire le bien. Dieu eût pu faire obstacle au péché, mais il ne voulut pas contredire sa libéralité – il n’y a pas de contradiction en Dieu – afin que, comme je l’ai dit, la toute-puissance et la libéralité qui avaient agi dans l’homme ne s’opposent pas au péché de l’homme et que la miséricorde de Dieu et sa justice puissent agir dans l’homme. Pour signe que je dis la vérité, je vous dis que le pontif vous a envoyés pour me tenter. C’est cela le fruit de son sacerdoce !» Les vieillards partirent et racontèrent tout cela au pontif. Celui-ci dit : «Il a le diable au corps qui lui raconte tout, car il aspir à régner sur Israël. mais Dieu y pourvoira !»

Chapitre 156
En sortant du temple après la prière de midi, Jésus rencontra un aveugle de naissance. Les disciples l’intérrogèrent  : «Maître, qui a péché en lui pour qu’il soit né aveugle, son père ou sa mère ?» Jésus répondit : «Ni son père, ni sa mère n’ont péché en lui, mais Dieu l’a créé ainsi en témoigne de l’évangile !» Ayant appelé l’aveugle près de lui, il cracha par terre, fit de la boue, la mit sur les yeux de l’aveugle et lui dit : «Va à la piscine de Siloë et lave-toi !» L’aveugle y alla et s’étant lavé, il vit Comme il s’en retournait chez lui, beaucoup de ceux qui le rencontraient disaient : «Si celui-là était aveugle, je dirais certainement que cèst lui qui s’asseyait à la belle porte du temple !» D’autres disaient : «C’est lui, mais comment voit-il ?» Et ils le retenaient en disant : «Es-tu l’aveugle qui s’asseyait à la belle porte du temple ?» Il répondit : «C’est moi, pourquoi ?» Ils dirent : «Comment donc se fait-il que tu voies ?» Il répondit : «Un homme fit de la boue en crachant par terre, il me mit cette boue sur les yeux et il me dit : «Va et lave-toi à la piscine de Siloë !» J’y suis allé, je me suis lavé et maintenant je vois. Que soit béni le Dieu d’Israël !» Quand l’aveugle-né fut revenu à la belle porte du temple, Jérusalème entière fut remplie de cette nouvelle.
Alors on le conduisit au prince des prêtres Celui-ci complotait complotait contre Jésus avec les prêtres et les  pharisiens. Le pontif l’interrogea en disant : «Homme, n’es-tu pas né aveugle ?» – «Oui !» répondit-il. «Eh bien, rends gloire à Dieu, dit le pontife, et dis-nous quel prophète t’est apparu en songe qui t’a donné la lumière ? Ce fut notre père Abraham ou Moise, serviteur de Dieu, ou quelque autre prophète, car les autres ne peuvent faire une telle chose !» L’aveugle-né répondit : «Je n’ai vu en Abraham, ni Moise, ni aucun prophète qui m’ait guéri; mais alors que j’étais à la boue avec son crachat, il mit de cette boue sur mes yeux et m’envoya me laver à la piscine de Siloë. J’y suis allé, je me suis lavé et je suis revenu avec la lumière de mes yeux.» Le pontife lui demanda le nom de cet homme. L’aveugle-né répond : «Il ne m’a pas dit son nom, mais un homme qui a vu cela m’appela pour me dire : «Va te laver comme a dit cet homme, car c’est Jésus de Nazareth, prophète et saint de Dieu d’Israël.» Le pontife dit alors : «Est-ce aujourd’hui qu’il t’a guéri, jour de sabbat ?» L’aveugle répondit : «C’est aujourd’hui qu’il m’a guéri.» Le pontif dit : «Eh bien, tu vois comme est pécheur celui qui n’observe pas le sabbat !»

Chapitre 157
L’aveugle-né répondit : «Qu’il soit pécheur, je ne sais pas, mais je sais que j’étais aveugle et qu’il m’a donné la lumière !» Les pharisiens ne le crurent pas. Ils dirent donc au pontife : «Qu’on envoie chercher son père et sa mère : ils nous diront la vérité !» Ils envoyèrent donc chercher le père et la mère de l’aveugle. Quand ils furent arrivés, le pontife les interrogea : «Est-ce que celui-ci est votre fils ?» Ils répondirent :«C’est vraiment notre fils !» Le pontife dit alors : «Il dit qu’il est né aveugle et maintenant il voit Comment cela est-il arrivé ?» Le père et la mère de l’aveugle-né répondirent : «Il est vraiment né aveugle, mais nous ne savons pas comment il a recu la lumière. Il a l’âge, interrogez-le, il vous dira la vérité !» Alors on les congédia et le pontife s’adressa à nouveau à l’aveugle-né : «Rends gloire à Dieu, dit-il, et dis-nous la vérité !»
Le père et la mère craignirent de parler parcequ’un décret du sénat romain était arrivé selon lequel personne ne devait se quereller pour Jésus, prophète des Juifs, sous peine de mort; c’est ce qu’avait réclamé le gouverneur. C’est pourquoi ils avaient dit : «Il a l’âge, interrogez-le !»
Le pontife, dis-je, dit à l’aveugle-né : «Rends gloire à Dieu, et dis-nous la vérité, car nous savons que cet homme dont tu dis qu’il t’a guéri est un pécheur! » L’aveugle-né répondit : «Qu’il soit pécheur, je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que je ne voyais pas et qu’il m’a donné la lumière ! Il est certain que depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant aucun aveugle-né n’a recu la lumière et que Dieu n’exauce pas les pécheurs !» Les pharisiens dirent : «Mais comment fit-il quand il t’a donné la lumière? » L’aveugle-né s’étonna alors de leur incrédulité et dit : «Je vous l’ai dit! Pourquoi donc m’interrogez-vous à nouveau? Ne voulez-vous pas, vous aussi, devenir ses disciples? » Le pontif le maudit alors en disant : «Tu es né tout entier dans le péché et tu veux nous enseigner! Va-t-en et deviens toi-même disciple de cet homme, car nous, nous sommes disciples de Moise et nous savons que Dieu a parlé à Moise; mais lui nous ne savons pas d’où il est.» Ils le chassèrent hors de la synagogue et du temple en lui interdisant de prier avec les purs d’Israël.

Chapitre 158
L’aveugle-né alla trouver Jésus, celui-ci le réconforta en disant : «En aucun temps, tu n’as été aussi heureux que tu l’es maintenant car tu es béni par notre Dieu. Il a parlé en effet contre les amis du monde en disant par David notre père et son prophète : «Ils maudissent, et moi je bénis.» Et par Michée, prophète, il dit : «Je maudit vos bénédictions, car la terre est moins opposée à l’air, l’eau au feu, la lumière aux ténèbres, le chaud au froid et l’amour à la haine, que le vouloire de Dieu est opposé au vouloir du monde! »
Les disciples l’interrogèrent alors en disant : «Seigneur, tes paroles sont élevées; dis-nous donc le sens, car maintenant nous ne les comprenons pas! » Jésus répondit : «Quand vous connaîtrez le monde, vous verrez que j’ai dit vrai et ainssi vous connaîtrez la vérité en tout prophète. Sachez donc qu’il y a trois sortes de mondes pour un seul vocable. Le premier s’appel lex cieux, la terre, l’eau, l’air, le feu, ainsi que toutesles choses inférieures à l’homme. Ce monde-là est en tout conforme à la volonté de Dieu, car comme le dit david, le prophète de Dieu : «Dieu leur a donné un ordre qu’ils se transgressent pas.»
Le deuxième s’appele tous les hommes, de même qu’on nomme la maison de quelqu’un, non d’après les murs, mais d’après la famille. Ce monde là aime Dieu aussi car naturellement ils désirent Dieu, pour autant que par nature tous désirent Dieu, même s’ils se trompent en le cherchant. Et savez-vous pourquoi tous désirent Dieu ? Parce que chacun désir un bien infini dépourvu de tout mal, c’est à dire Dieu seul. Aussi le Dieu miséricordieux a-t-il envoyé ses prophètes à ce monde pour son salut.
Le troisième monde, c’est la tendance dépravée des hommes pour le péché. Elle s’est changée en loi contre Dieu créateur du monde et rend l’homme semblables aux demons ennemis de Dieu. Or ce monde-là, notre Dieu le hait tellement que si les prophètes avaient aimé ce monde, croyez-le, Dieu leur aurait certainement enlevé leur ministère prophétique. Que dis-je? Vive Dieu en présence de qui se tient mon âme, quand le messager de Dieu viendra dans le monde, s’il se prenait d’amour pour ce monde méchant, Dieu lui enlèverait certainement tout ce qu’il lui a donné en le créant et il le réprouverait, tellement Dieu est opposé à ce monde-là! »

Chapitre 159
Les disciples répondirent : «Maître, tes paroles sont très élevées Mais prends-nous en pitié, nous ne les comprenons pas! » Jésus dit : «Croyez-vous peut-être que Dieu a créer son messager pour qu’il soit son rival qui veuille s’égaler à lui? Certes non! Mais bien pour qu’il soit son bon serviteur qui ne voudrait pas ce que ne veut pas son nmaître Vous ne pouvez pas le comprendre, car vous ne savez pas ce qu’est le péché. Ecoutez donc mes paroles!
En vérité, en vérité, je vous le dis, le péché ne peut naître dans l’homme que pour contredire Dieu, car seul est péché ce que Dieu ne veut pas et tout ce que Dieu veut est tout-à-fait étranger au péché. Si donc nos pontifs et nos prêtres, ainsi que les pharisiens, me persécutaient pour la raison que le peuple d’Israël m’a appelé Dieu, ils feraient chose agréable à Dieu et Dieu les récompenserait. Mais au contraire, Dieu les a en abomination parce qu’ils me haïssent et qu’ils désirent ma mort Ils me persécutent e effet parce qu’ils ne veulent pas que je dise la vérité, tout comme ils ont contaminé avec leurs traditions le livre de Moïse et celui de David, prophètes et amis de Dieu.
Dites-moi, Moïse tua des hommes et Achab tua des hommes Est-ce que  tout cela est un meurtre? Sûrement pas, car Moïse tua ses hommes pour détruire l’idolâtrie et pour conserver le culte du vrai Dieu, tandis que Achab tu a ces hommes pour détruire le culte du vri Dieu et pour conserver l’idolâtrie. L’action de tuer des hommes se changea donc pour Moïse en sacrifice et pour Achab en sacrilège, en sorte qu’une même action produisit ces deux effets contraires.
Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si Satan avait parlé aux anges pour voir comment ils aimaient Dieu, il ne serait pas reprouvé parce qu’il chercha à les détourner de Dieu.»
Celui qui écrit répondit : «Comment faut-il comprendre ce qui est dit du prophète Michée à propos du mensonge que Dieu ordonna de proférer par la bouche des faux prophètes, ainsi qu’il est écrit au livre des rois d’Israël ? » Jésus répondit : «Barnabé, raconte un peu tout ce qui est arrivé, que nous voyions la claire vérité!»

Chapitre 160
Celui qui écrit dit alors : «En écrivant l’histoire des rois d’Israël et des turans, le prophète Daniel écrit ceci : «Le roi d’Israël et le roi de Juda s’unirent pour combattre les fils de Bélial, c’est-à-dire les réprouvé, c’est-à-dire les ammonites. Josaphat roi de Juda, et Achab roi d’Israël étant assis tout deux sur leur trône en Samarie, qutres cent faux prophètes se tenaient devant eux, qui disaient au roi d’Israël : «Monte contre les Ammonites, car Dieu les livrera entre tes mains et tu disperseras Ammon !»
Josaphat dit alors : «Y a-t-il ici quelque prophète de Dieu de nos pères ?» Achab répondit : «Il n’y en a qu’un quyi est mauvais car il me prédit toujours du mal. Je le garde en prison.» Il dit cela : «Il n’y en a qu’un» car tous les autres avaient été tués sur son ordre Comme tu nous l’a dit, Maître, les prophètes s’étaient sauvés sur les montagnes où les hommes n’habitaient pas. Josaphat dit alors : «Envoie-le chercher et voyons ce qu’il dit !» Achabn ordonna donc que Michée soit amené.
Il arriva, les chaînes aux pieds et la mine défaite comme un homme qui se trouve entre la vie et la mort. Achab l’interrogea : «Dis-nous, Michée, au nom de Dieu, monterons-nous contre les Ammonites? Dieu livrera-t-il les villes entre nos mains?» Michée répondit : «Monte! Monte! tu monteras bien que tu descendras mieux !» Les faux prophètes louèrent alors Michée comme un vrai prophète de Dieu et lui délièrent les chaînes des pieds
Josaphat qui craignait notre Dieu et dont les genoux ne ployèrent jamais devait les idoles, interrogea Michée : «Pour l’amour du Dieu de nos pères, dis-nous la vérité : Comment as-tu vu l’issue de cette guerre ? » Michée répondit : «Josaphat, je crains ton visage, c’est pour ca que je t’ai dit que j’ai vu le peuple d’Israël comme des brebis sans pasteur.» En riant, Achab dit alors à Josaphat : «Je t’ai dit que celui-ci ne prédit que le mal ! Mais toi tu ne le croyais pas! »
Tous deux dirent alors : «Comment connais-tu cela, Michée ?» Michée répondit : «J’ai entendu un conseil d’anges qui se préparait en présence de Dieu et j’ai entendu Dieu demander : «Qui trompera Achab afin qu’il monte contre Ammon et soit tué ?» Alors que certains répondaient ceci, et certains cela, vint un ange qui dit : «Seigneur, je combattrai contre Achab, j’irai vers ses faux prophètes et je metterai le mensonge dans leur bouche; ainsi il montera et il sera tué.» En l’entendant Dieu dit : «Eh bien, va et fait ainsi; tu vaincras !» »
Alors les faux prophètes se mirent en colère et leur prince frappa la joue de Michée en disant : «Réprouvé de Dieu, quand donc l’ange de vérité s’éloigna-t-il donc de nous et vint à toi? Dis quand vint à nous l’ange qui nous apporta le mensonge ?» Michée répondit : «Tu le sauras quand tu fuira de maison en maison par crainte d’être tué, ayant trompé ton roi !»
Le roi Achab se mit alors en colère et dit : «Prenez Michée, mettez-lui au cou les chaînes qu’il avait aux pieds et gardez-le au pain d’orge et à l’eau jusqu’à mon retour, parce que pour l’instant je ne sais pas encore la mort que je veux lui donner !»
Ils montèrent donc et il fut comme avait dit Michée, car le roi des Ammonites dit à ses serviteurs : «Gardez-vous de combattre contre le roi de Juda, ou contre les princes d’Israël, mais tuez Achab, le roi d’Israël, mon ennemi !» Jésus dit alors : «Arrête-toi ici, barnabé, car cela suffit pour notre propos !»

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