bible de barnabas(chap161 à chap 200)

Posté par algeriedemocratie le 20 octobre 2009

Chapitre 161
«Avez-vous compris tout cela? « dit Jésus. Les disciples répondirent : «Oui, Maître!» Jésus dit alors : «Le mensonge est un péché en vérité, mais le meurtre est un péché plus grand, car le mensonge est un péché propre à celui qui le dit, tandis que le meurtre, bien qu’il soit à celui qui le commet, détruit en fait ce que Dieu a de plus cher ici ur terre, c’est-à-dire l`homme. On peut réparer le mensonge en disant le contraire de ce qu’on a dit, alors qu’il n’y a aucun remède au meurtre puisqu’on ne peut pas rendre la vie à celui qui est mort.
Mais, dites-moi, Moïse, serviteur de Dieu, pécha-t-il en tuant tous ceux qu’il tua? » Les disciples répondirent : «Dieu nous garde! Dieu nous garde de dire que Moïse pécha en obéissant à Dieu qui le commanda! » Jésus dit alors : «Et moi je dis : Dieu nous garde de dire que l’ange qui trompa les faux prophètes d’Achab par un mensonge a péché; car de même que Dieu accepta le meurtre en sacrifice, de même accepta-t-il lemensonge en louange. En vérité, je vous le dis, de même que se trompe le nain qui se fait faire des chaussures à la pointure de géant, ainsi se trompe celui qui voudrait soumettre Dieu à la loi, comme lui-même est soumis à la loi puisqu’il est homme. C’est pourquoi quand vous croirez qu’il n’y a de péché que ce que Dieu ne veut pas, vous trouverez la vérité comme je vous l’ai dit. En effet Dieu n’est pas composé ni susceptible de mutation, il ne peut à la fois vouloir et ne pas vouloir quelque chose, car il y aurait contradiction en lui-même et par conséquent souffrance et il ne serait pas infiniment bienheureux.»
Philippe répondit : «Mais comment faut-il comprendre ce qu’a dit le prophète Amos : il n’y a pas de mal dans la cité que Dieu n’ait fait ?» Jésus répondit : «Eh bien, tu vois ici, Philippe, combien il est dangereux de s’arrêter à la lettre comme le font les pharisiens qui se sont fabriqué la prédestination de Dieu pour les élus, de sorte qu’ils en viennent pratiquement à dire que Dieu est injuste, simulateur et menteur. Horrible jugement qui demeurera sur eux! Je te dis donc qu’Amos, prophète de Dieu, place ici du mal ce que le monde appelle mal, car s’il avait employé le langage des justes, on ne l’aurait pas compris. En effet, toutes les tribulations sont un bien, soit qu’elle nous purifient du mal que avons fait, soit qu’elle nous empêchent de faire le mal, soit qu’elles font connaître à l’homme la condition de cette vie, afin que nous aimions et que nous désirions la vie éternelle. Si donc le prophète Amos avait dit : «Il n’y a aucun bien dans la cité que Dieu n’ait fait », il aurait donné raison de désespérer aux affligés qui se voient tourmentés tandis que les pécheurs vivent dans la prospérité. Et ce qui est pire, beaucoup craidraient satan et le serviraient pour ne pas être tourmentés croyant qu’il a un tel empire sur les hommes.
Amos se fit donc comme l’interprète romain qui, parlant en présence du pontif, ne fait pas attention aux paroles mais à la volonté et aux affaires du juif, étant donné que lui-même ne sait pas parler hébreu.

Chapitre 162
Si Amos avait dit : «Il n’y a aucun bien dans la cité que Dieu n’ait fait », vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, il aurait commis une grave faute car le monde ne considère bien que les scélératesses et les péchés que l’ont commet par illusion. Les hommes auraient donc agi beaucoup plus injustement en croyant qu’il n’y a de péché et de scélératesse que Dieu n’ait fait. Que la terre tremble en entendant cela! » A peine Jésus avait-il dit cela que survint un grand tremblement de terre, de sorte que chacun en resta à moitié mort Jésus les releva et dit : «Jugez donc vous-mêmes si je vous dis la vérité! Que ceci vous suffise. Lorsqu’en parlant avec le monde Amos dit : «Dieu a fait du mal dans la cité », il le dit des trribulations que seuls les pécheurs appellent mal.
Venons-en maintenant à la prédestination que vous désirez connaître. Je vous parlerai près du Jourdain, que nous passerons demain, s’il plaît à Dieu.»

Chapitre 163
Jésus s’en alla avec ses disciples au désert, au delà du Jourdain. Après avoir fait l;a prière du midi, il s’assit près d’un palmier et ses disciples s’assirent à l’ombre d’un palmier Jésus dit alors : «Frères, la prédestination est si secrète, je vous le dis en vérité, qu’elle ne sera clairement connu que par un seul homme C’est celui qu’attendent les nations, à qui les secrets de Dieu sont si clairs que ceux qui écouteront ses paroles seront heureux quand il viendra dans le monde. Dieu en effet enverra sa miséricorde sur eux comme ce palmier est sur nous Et de même que cet arbre nous défend de l’ardeur du soleil, ainsi la miséricorde de Dieu défendra-t-elle contre Satan ceux qui croiront en cet homme.»
Les disciples répondirent : «Maître, qui sera cet homme dont tu parles et qui viendra dans le monde ?» Jésus répondit dans la joie de son coeur : «C’est Muhammad, messager de Dieu! Sa venue dans le monde porteuse d’abondante miséricorde, comme la pluie qui fait fructifier la terre quand il n’a pas plu depuis longtemps, sera cause de bonnes actions parmis les hommes. Car il est une nuée blanche, remplie de la miséricorde de Dieu, que Dieu répandra sur les fidèles comme la pluie.

Chapitre 164
Je vais donc vous parler maintenant de ce peu de connaissance que Dieu a bien voulu medonner sur la prédestination. Les pharisiens disent que toute chose est tellement prédestinée que celui qui est élu ne peut pas devenir réprouvé qt que celui qui est réprouvé ne peut en aucune manière devenir élu. Ils disent de même que Dieu a prédestiné le bien comme voie par laquelle l’élu marche vers le salut, de même que Dieu a prédestiné le péché comme voie par laquelle le réprouvé va à la damnation. Que maudite soit la langue qui dit cela, ainsi que la main qui l’écrivit, car la foi de Satan c’est cela! On peut voir par là ce que sont les pharisiens d’à présent, ce sont les fidèles serviteurs de Satan!.
Que veut dire prédestination, sinon volonté absolue de conduire quelque chose à son but quand on a les moyens en main. Car sans moyen, on ne peut parvenir au but. Comment parviendrait-il à construire une maison celui qui n’a ni pierre, ni argent à depenser, ni même de terre ou poser le pied ? Certainement personne ne le pourrait. Eh bien, voici ce que je vous dis : si la prédestination prive l’homme du libre arbitre que Dieu lui a donné par pure libéralité et le prive en outre de la loi de Dieu, cela n’est plus prédestination, mais abomination!
Que l’homme soit libre, le livre de Moïse le démontre. Quand notre Dieu donna la loi sur le mont Sinaï, il dit : «Mon commendement n’est pas dans le ciel pour que tu t’excuse en disant : «Qui donc nous apportera le commendement de Dieu et qui nous donnera les forces pour l’observer?» Il n’est pas non plus au-delà de la mer pour que tu ne t’excuse par la même facon. Moais mon commendement est dans ton coeur, si bien que tu peux l’observer quand tu veux.»
Dites-moi : si le roi Hérode ordonnait à un vieillard de redevenir jeune et à un malade de revenir à la santé et s’ils les faisait tuer parce qu’ils ne le font pas, cela serait-il juste? » Les disciples répondirent : «S’il l’ordonnait, Hérode serait très injuste et impie.» Jésus dit alors en soupirant : «Frères, voilà les fruits des traditions humaines, car en disant que Dieu a tellement prédestiné le réprouvé qu’il ne puisse pas devenir élu, il blasphèment, faisant passe Dieu pour impie et injuste, lui qui commande au pécheur de ne pas pécher et, s’il a péché, d,en faire pénitemce. Une telle prédestination en effet enlève au p`cheur tot pourvoir, sinon de pécher, et elle le prive totalement de pénitence.

Chapitre 165
Au contraire, que dit Dieu par le prophète Joël, écoutez! «Je vis, moi, votre Dieu et veux pas la mort du pécheur, mais je m’em ploie à ce qu’il se convertisse et fasse pénitence.» Dieu prédestinera-t-il donc ce qu’il ne voudra pas ? Voyez vous-mêmes ce que dit Dieu et ce que disent les pharisiens d’à présent!
De plus, Dieu dit par le prophète Isaïe : «J’ai appelé et tu n’a pas voulu m’entendre !» Que de fois Dieu a-t-il appelé ! Écoutez-le lui-même vous le dire par le même prophète : «Tout le jour, je tends les mains vers le peuple qui ne me croit pas, mais qui me contredit.» Or, lorsque nos pharisiens disent que que le réprouvé ne peut pas devenir élu, que disent-ils sinon que Dieu se moque ds hommes, comme se moquerait d’un aveugle celui qui lui montrerait du blanc, comme se moquerait d’un sourd celui qui lui parlerait à l’oreille.
Quand à savoir si l’élu peut-être réprouvé, considérez ce que dit notre Dieu par le prophète Ezéchiel : «Aussi vrai que  je vis, dit Dieu, si le juste abandonne sa justice et qu’il commet des abominations, il périra et je ne me souviendrai plus du tout de sa justice, car tandis qu’il se fie en elle, elle l’abandonnera devant moi et ne le sauvera pas.»
Quand à la destinée du réprouvé, Dieu ne dit-il pas par le prophète Osée : «J’appellerai le peuple non éluet je l’appelerai élu !» Dieu est véridique et ne peut pas mentir, car étant la vérité, il dit la vérité. mais les pharisiens d’à présent contredisent Dieu en toute chose par leur doctrine.»

Chapitre 166
André répondit : «Mais comment faut-il comprendre ce que Dieu dit à Moïse : Il fera miséricorde à celui qui il voudra et il endurcira ceux qu’il voudra endurcir ? » Jésus répondit : «Dieu dit cela pour que l’homme ne croit pas qu,il se sauve pas sa propre vertu mais sache que c’est dans la libéralité que Dieu lui a donné la vie et la miséricorde. Il le dit aussi pour que soit rejetée l’idée qu’il y a d’autre dieux que lui.
C’est pourquoi, s’il a endurci Pharaon, il l’a fait parce que celui-ci avait flagelé notre peuple et tenté de le détruire en faisant noyer tous les enfants mâles d’Israël, au point que Moïse était tout près d’y perdre la vie.
Donc, je vous le dis en vérité, la prédestination a pour fondement la loi de Dieu et le libre arbitre de l’homme. En effert, bien que Dieu puisse sauver le monde entier et faire en sorte que personne ne périsse, il ne le veut pas, pour ne pas priver l,homme de liberté pour contrarier Satan, en sorte que même si ce tas  de boue méprisé par lui pèche comme fit l’esprit, il puisse néanmoins se repentir et occuper la place d’où l’esprit fut chassé. Notre Dieu, dis-je, veut assister de sa miséricorde la libre volonté de l’homme et ne veut pas priver la créature de sa toute-puissance.
Ainsi au jour du jugement, personne ne pourra invoquer d’excuse pour ses péchés, car il verra alors manifestement tout ce que Dieu a fait pour sa conversion et combien de fois il l’a appelé à la pénitence.

Chapitre 167
Par conséquent, si votre raison ne s’en contente pas et si vous voulez dire encore : «Pourquoi en est-il ainsi ?» Je vous révèlerais un « pourquoi » qui est celui-ci : Dites-moi pourquoi une pierre ne peut pas demeurer sur l’eau alors que toute la terre se tient sur l’eau ? Dites-moi pourquoi l’eau éteint le feu et pourquoi la terre fuit l’air, en sorte que personne ne peut unir en paix la terre, l’eau, l’air et le feu, et qu’ils sont néanmoins unis dans l’homme et y demeurent pacifiquement ?
Si donc vous ne le savez pas et même si tous les hommes en tant qu’hommes ne peuvent pas le savoir, comment sauraient-ils que d’une seule parole Dieu a tout créé du néant ? Comment connaîtraient-ils l’éternité de Dieu ? Il est évident qu’ils ne pourront pas connaître cela non plus. Pourquoi ? parce que l’homme est fini, qu’il est composé d’un corps et que celui-ci en se corrampant, comme dit le prophète salomon, alourdit l’âme. Et les oeuvres de Dieu qui sont proportionnées à Dieu, qui pourra les comprendre ?
Voyant cela, Isaïe, le prophète de Dieu, s’écria :«Vraiment tu es un Dieu caché!» A propos du messager de Dieu, sur la facon dont Dieu l’a créé, il dit : «Sa génération, qui pourra la raconter ?» A propos de l’action de Dieu, il dit : «Qui a été son conseiller ?» C’est pourquoi Dieu à la Nature humaine : «De même que le ciel est élevé au-dessus de la terre, ainsi sont élevés mes voies au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.»
Je vous le dis donc, la manière dont s’effectue prédestination n’est pas claire pour les hommes, même si le fait que tout ce que je vous ai dit est vrai. L’homme doit-il donc rejeter le fait sous prétexte qu’il n’en connaît pas la manière ? Je n’ai certainement jamais vu personne refuser la santé même s’il ne connaît pas la manière dont Dieu guérit le malade quand je le touche. cela est encore inconnu à moi-même.»

Chapitre 168
Les disciples dirent alors : «Vraiment Dieu parle en toi car jamais un homme n’a parlé comme toi! » Jésus répondit : «Croyez-moi, quand Dieu m’a choisi pour m’envoyer à la maison d’Israël, il me donna un livre comme un miroire clair qui descendit dans mon coeur, en sorte que tout ce que je dis sort de ce livre Quand ce livre aura fini de sortir de ma bouche, je serais enlevé du monde.»
Pierre répondit : «Maître, ce que tu dis maintenant, est-ce aussi écrit dans ce livre? » Jésus répondit : «Tout ce que je dit pour la connaissance de Dieu et pour le service de Dieu, pour la connaissance de l’homme et pour le salut de l’homme, tout cela sort de ce livre qui est mon évangile.»
Pierre dit : «La gloire du paradis y est-elle écrite aussi ? »

Chapitre 169
Jésus répondit : «Écoutez, je vais vous dire comment est le paradis et comment les saints et les fidèles y demeureront sans fin, car c’est là l’un des plus grands biens du paradis Chaque chose en effet, si grande qu’elle soit devient petite et s’anéantit quand elle prend fin. Le paradis est une maison où Dieu conserve ses délices. C’est au point que la terre foulée par les pieds des saints et des bienheureux est si précieuse qu’une drachme de cette terre-là a plus de prix que mille mondes.
Ces délices-là, notre père David, prophète de Dieu, les vit, car Dieu les lui montra en lui faisant voir la gloire du paradis. Revenu ensuite en lui-même, il se couvrit les yeux des deux mains et dit en pleurant : «O mes yeux, ne regardez plus ce monde-ci car tout est vain, sans rien de bien! » De ses délices-là le prophète Isaie dit : «Les yeux de l’homme n’ont pas vu, ses oreilles n’ont pas entendu, le coeur humain n’a pas compris ce que Dieu a préparé pour ceux qu’il aime.»
Savez-vous pourquoi ils n’ont ni vu, ni entendu, ni compris ces délices-là? C’est parce que, vivant ici-bas, ils ne sont pas dignes de les voir. Même si notre père David les vit, je vous le dis en vérité, il ne les vit pas avec ses yeux humains, mais Dieu attira son âme à lui Il les vit donc. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, puisque les délices du paradis sont infinies et que l’homme est fini, l’homme ne peut pas les comprendre, de même qu’un petit pot de terre ne peut contenir la mer.
Regardez donc comme le monde est beau en été quand tout fructifie et que le paysan, enviré de joie à la vue de sa récolte fait résonner de ses chants les vallées et les monts et se félicite grandement de ses fatigues. Eh bien, élevez de même votre coeur vers le paradis! Toute chose y fructifie à la mesure de celui qui l’a cultivée.
Vive Dieu, pour connaître le paradis, qu’il vous suffise de savoir que Dieu l’a créé pour qu’il soit la maison de ses délices. Croyez-vous donc que la souveraine bonté n’a pas de choses souverainement belles? Prenez garde de faire une très grave erreure enpensant qu’il n’en est pas ainsi.

Chapitre 170
Voici ce que Dieu dit à l’homme qui le sert fidèlement :  » Je connais tes oeuvres. C’est pour moi que tu les accomplis. Aussi vrai que je vis à jamais, ton amour ne surpassera pas ma libéralité. Tu me sers en effet comme Dieu, ton créateur, en reconnaissant que tu es mon oeuvre et tu ne demandes que la grâce et la miséricorde de me servir fidèlement. Tu ne fixes pas non plus de 6n à ton service puisque tu désires me servir pour l’éternité!
Voici ce que je ferai : je te récompenserai comme si tu étais Dieu, mon égal. Non seulement je mettrai entre tes mains l’abondance du paradis, mais je me donnerai moi-même à toi, et de même que tu veux être toujours mon serviteur, de même serai-je toujours ta récompense. « 

Chapitre 171
 » Que pensez-vous du paradis? » dit Jésus à ses disciples. Y a-t-il une intelligence qui puisse comprendre de telles richesses et de telles délices ? II faudrait que l’homme ait la connaissance même de Dieu pour savoir tout ce que Dieu veut donner à ses serviteurs.
Quand Hérode fait un cadeau à l’un de ses barons favoris avez-vous vu ce qu’il lui donne? ». Jean répondit : « Moi, je l’ai vu deux fois. Un pauvre se contenterait certainement de la dixième partie de. ce qu’il lui donne. » Jésus dit :  » Mais si un pauvre reçoit quelque chose d’Hérode, qu’est-ce que ce sera?  » Jean répondit : « Une ou deux petites pièces de monnaie  » Que cela soit votre livre d’étude pour connaître le paradis, reprit Jésus, car tout ce que Dieu a donné à l’homme en ce monde pour son corps est comparable à la petite pièce de monnaie qu’Hérode donnerait à un pauvre. Mais tout ce que Dieu donnera à l’âme et au corps dans le paradis, c’est comme si Hérode donnait à l’un de ses serviteurs tout ce qu’il possède et sa vie elle-même.

Chapitre 172
Dieu dit ceci à celui qui l’aime et le sert fidèlement :  » Mon serviteur, va donc voir comme est nombreux le sable de la mer. Eh bien, si la mer te donnait un seul grain de sable, cela te semblerait peu, bien sûr. Aussi vrai que je vis, moi, ton créateur, tout ce que j’ai donné en ce monde à tous les princes et rois de la terre n’est même pas comme ce grain de sable que te donnerait la mer, en comparaison de ce que je te donnerai dans mon paradis. « 

Chapitre 173
 » Voyez donc quelle est l’abondance du paradis, dit Jésus, car si Dieu a donné à l’homme une once de bien en ce monde, dans le paradis il lui en donnera dix, cent et mille mesures. Voyez la quantité de fruits qui sont dans ce monde. la quantité d’aliments. la quantité de fleurs et la
quantité de choses qui servent l’homme. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, de même qu’il reste du sable à la mer lorsqu’on en reçoit un grain, de même la qualité et la quantité des figues du paradis surpassent la sorte de figues que nous mangeons ici-bas. Et ainsi de tout le reste au paradis. Mais de plus, je vous le dis en vérité, de même qu’une montagne d’or et de perles a plus de prix que l’ombre d’une fourmi. de même les délices du paradis ont plus de prix que toutes les délices que les princes du monde ont eues et auront jusqu’au jugement de Dieu, quand le monde prendra fin. « 
Pierre répondit :  » Le corps que nous avons maintenant ira donc au paradis? » Jésus répondit : « Pierre, prends garde de devenir Saducéen ! car les Saducéens disent que la chair ne ressuscitera pas et qu’il n’y a pas d’anges. C’est pourquoi leur âme et leur corps sont privés d’aller au paradis et sont privés en ce monde de recevoir des anges quelque service que ce soit. As-tu oublié Job, prophète et ami de Dieu, qui dit : « Je sais que mon Dieu vit, qu’au dernier jour, je ressusciterai dans ma chair et que de mes yeux je verrai Dieu, mon sauveur! Mais crois-moi, notre chair sera si purifiée qu’elle n’aura plus aucune des propriétés qu’elle a maintenant. Elle sera expurgée de tout désir mauvais et Dieu la ramènera à l’état dans lequel se trouvait Adam avant de pécher.
Deux hommes servent un même maître dans un même travail. L’un ne fait que regarder l’ouvrage et commande le second ; celui-ci exécute ce que commande le premier. Vous semble-t-il juste, dis je, que le maître récompense seulement celui qui voit et commande, et chasse de la maison celui qui s’est épuisé à travailler? Certes non! Comment donc la justice de Dieu supporterait-elle alors que l’âme, le corps et la sensibilité de l’homme servent Dieu, l’âme ne faisait que regarder et commander le service? car, puisqu’elle ne mange pas de pain, elle ne jeûne pas elle ne marche pas, elle ne souffre ni du froid ni de la chaleur, elle ne tombe pas malade, elle n’est pas tuée puisqu’elle est immortelle, elle ne souffre aucune des peines corporelles que souffre le corps à cause des éléments, est-il juste, dis je, qu’elle seule aille au paradis et pas le corps qui s’est tellement épuisé au service de Dieu ?  » Pierre répondit : « Maître, puisque le corps a fait pécher l’âme, il ne faut pas le mettre au paradis! « 
Jésus répondit :  » Mais comment le corps pécherait-il sans l’âme ? Ce serait tout à fait impossible! Ainsi, en privant le corps de la miséricorde de Dieu, tu condamnes l’âme à l’enfer! »

Chapitre 174
Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, notre Dieu promet sa miséricorde au pécheur en disant :  » A l’heure même où le pécheur regrettera son péché à cause de moi. je ne me
souviendrai plus jamais de ses iniquités. Or, qui mangerait les aliments du paradis si le corps n’y allait pas? Certainement pas l’âme, car elle est esprit!  » Pierre répondit :  » Les bienheureux mangeront donc au paradis! Mais comment la nourriture ne produira-t-elle pas d’ordure? » Jésus répondit  » Quelle béatitude aurait donc le corps s’il ne mangeait ni ne buvait ?  » II est tout à fait convenable de donner une gloire proportionnée à celui qui est glorifié. Mais tu fais erreur, Pierre, en pensant qu’une telle nourriture produira de l’ordure, car le corps présent mange des nourritures corruptibles et la putréfaction s’en suit, tandis qu’au paradis le corps sera incorruptible, impassible, immortel. libre de toute misère, et les nourritures sans aucun défaut ne produiront aucune putréfaction.

Chapitre 175
En se moquant des réprouvés, Dieu parle ainsi dans le prophète Isaïe :  » Mes serviteurs siégeront à table dans ma maison, ils festoieront joyeusement au son des harpes et des orgues et je ne les laisserai manquer de rien. Mais vous qui êtes mes ennemis, vous serez chassés loin de moi où vous mourrez de misère, méprisés par tous mes serviteurs. « 

Chapitre 176
« Pourquoi dire : ils festoieront, dit Jésus à ses disciples! Certes, Dieu parle clair. Mais pourquoi quatre fleuves de liqueur précieuse dans le paradis et pourquoi tant de fruits? Dieu ne mange certainement pas, ni les anges, ni l’âme, ni la sensibilité! Par contre la chair mange, elle; la chair c’est-à-dire notre corps. Ainsi la gloire du paradis consiste pour le corps dans la nourriture, et pour l’âme et la sensibilité dans la fréquentation des anges et des esprits bienheureux.
Cette gloire sera mieux manifestée par le messager de Dieu qui connaît tout mieux qu’aucune
créature puisque Dieu a tout créé pour son amour  » Barthélémy dit :  » Maître, la gloire du paradis sera-t-elle égale pour tous les hommes. Si elle est égale, ce ne sera pas juste, et si elle n’est pas égale, les plus petits envieront les plus grands!  » Jésus répondit :  » Elle ne sera pas égale, car Dieu est juste, mais chacun sera content, car là i1 n’y a pas d’envie. Dis-moi, Barthélémy, un patron a beaucoup de serviteurs. II les habille tous d’une même étoffe. Est-ce que les enfants qui ont des vêtements d’enfants se plaignent de ce qu’ils n’ont pas de vêtements d’adultes ? Tout au contraire, si les adultes voulaient leur donner leurs grands vêtements, ils se mettraient en colère, les vêtements n’étant pas à leur taille, et ils se croiraient moqués. Eh bien, Barthélémy, élève ton coeur vers Dieu dans le paradis et tu verras qu’une seule et même gloire ne produira en eux aucune envie, même si elle .est accordée plus à celui-ci et moins à celui-là. « 

Chapitre 177
Celui qui écrit dit alors : « Maître, le paradis a-t-il comme ce monde ici la lumière du soleil? » Jésus répondit : » Barnabé, Dieu m’a dit ceci : le monde dans lequel vous habitez, ô hommes pécheurs, a le soleil, la lune et les étoiles qui l’ornent pour votre profit et votre joie, c’est cela que j’ai créé.
Mais croyez-vous que la maison qu’habiteront mes fidèles ne sera pas meilleure? Vous vous trompez certainement si vous le croyez car moi, votre Dieu, je suis le soleil du paradis; mon messager en est la lune qui reçoit tout de moi et les étoiles, ce sont mes prophètes qui vous ont prêché ma volonté. Ce sont eux qui ont porté ma parole à mes fidèles. De même, c’est par eux qu’au paradis de mes délices, mes fidèles recevront plaisir et joie.

Chapitre 178
« Que cela vous suffise pour connaître le paradis « , dit Jésus. Barthélémy reprit : « Maître, souffre que je te demande encore quelque chose!  » –  » Dis-moi ce que tu désires « , répondit Jésus.  » –  » Le paradis doit être certainement très grand, dit Barthélémy, pour contenir d’aussi grands biens!  » Jésus répondit : » Le paradis est si grand qu’aucun homme ne peut le mesurer. Je te le dis en vérité, il y a neuf cieux entre lesquels se trouvent les planètes. Ils sont éloignés l’un de l’autre de cinq cents années de marche. La terre aussi est éloignée du premier ciel de cinq cents années de marche. Pourtant, arrêtes-toi à mesurer le premier ciel. Par rapport à la terre, il est comme la terre par rapport à un grain de sable. De même le deuxième ciel par rapport au premier, le troisième par rapport au deuxième et ainsi de suite jusqu’au dernier ciel. Eh bien, je te le dis en vérité, la terre et le ciel ensemble sont par rapport au paradis comme un grain de sable en comparaison de toute la terre. « 
Pierre dit alors :  » Maître, le paradis doit être plus grand que Dieu puisque Dieu s’y trouve! » Jésus répondit :  » Tais-toi, Pierre, tu blasphèmes et tu ne t’en rends pas compte! « 

Chapitre 179
L’ange Gabriel vint alors à Jésus et lui montra un miroir brillant comme le soleil, dans lequel il vit écrit ces paroles :  » Aussi vrai que je vis à jamais, de même que le paradis est plus grand que les cieux et la terre ensemble, et de même que toute la terre est plus grande qu’un grain de sable ainsi suis-je autant de fois supérieur au paradis que la mer de grains de sable, qu’il y a de gouttes d’eau dans la mer, qu’il y a d’herbe sur la terre, qu’il y a de feuilles sur les arbres, qu’il y a de poils sur les animaux et autant de fois qu’il faudrait de grains de sable pour remplir tout les cieux et tout le paradis et plus encore! « 
Jésus dit alors : « Révérons Dieu qui est béni éternellement.  » Cent fois ils inclinèrent la tête et après la prière, Jésus appela Pierre et lui dit ainsi qu’à tous les disciples ce qu’il avait vu. I1 dit à Pierre : « Ton âme qui est plus grande que toute la terre voit à travers un seul œil le soleil qui est mille fois plus grand que toute la terre » –  » C’est vrai  » dit Pierre. Jésus dit alors :  » Eh bien, c’est ainsi que tu verras Dieu notre créateur à travers le paradis! » Après avoir dit cela, Jésus rendit grâce à Dieu notre Seigneur, en priant pour la maison d’Israël et pour la cité sainte. Et chacun répondit :  » Qu’il en soit ainsi, Seigneur! « 

Chapitre 180
Un jour que Jésus se tenait sous le portique de Salomon, un scribe de ceux qui prêchaient au peuple s’approcha de lui et lui dit :  » Maître, j’ai prêché souvent à ce peuple et j’ai en tête un passage de l’Ecriture que je ne peux pas comprendre.  » Jésus répondit :  » Quel est-il ?  » Le scribe dit :  » Ce que Dieu dit à Abraham notre père : « Je serai ta grande récompense!  » Comment l’homme peut-il donc mériter? « 
Jésus se réjouit alors en esprit et dit : « Tu n’es certainement pas loin du royaume de Dieu. Aussi écoute-moi et je te dirai le sens de cette doctrine-là, Puisque Dieu est infini et que l’homme est fini, l’homme ne peut pas mériter Dieu. Est-ce là ton doute, frère? » Le scribe répondit en pleurant  » Seigneur, tu connais mon cœur Parle donc, car mon âme désire entendre ta voix !  » Jésus dit alors :  » Vive Dieu, l’homme ne peut même pas mériter le peu de souffle qu’il reçoit à chaque instant.  » En entendant cela le scribe resta stupéfait. Les disciples s’étonnèrent aussi. Ils avaient en effet en mémoire que Jésus leur avait dit qu’ils recevraient le centuple de tout ce qu’ils donnaient pour l’amour de Dieu. II dit alors : « Si quelqu’un vous prêtait cent deniers d’ors et que vous gaspilliez ces deniers, pourriez-vous dire à cet homme-là :  » Je te donne une feuille de vigne pourrie, mais toi, donne-moi ta maison, car je la mérite?  » Le scribe répondit :  » Non, Seigneur, car il doit d’abord payer sa dette. Ensuite, s’il veut quelque chose, il devra lui donner de bonnes choses. Mais à quoi peut servir une feuille pourrie! »

Chapitre 181
Jésus répondit : « Tu as bien parlé, frère! Mais dis-moi, qui a créé l’homme du néant? C’est Dieu, certes. Et Dieu a donné à l’homme en bénéfice le monde entier. Mais en péchant l’homme a tout gaspillé, car le monde entier est opposé à l’homme à cause du péché. L’homme misérable n’a que des œuvres pourries par le péché à donner à Dieu; en péchant en effet chaque jour, il pourrit ses œuvres. C’est pourquoi le prophète Isaïe dit : « Nos justices sont comme un linge souillé », Comment donc l’homme pourrait-il mériter puisque déjà il ne peut pas payer ses dettes?
Est-ce que l’homme ne pèche pas? Certes, notre Dieu dit par son prophète David : « Le juste tombe sept fois par jour. » Combien de fois tombe donc celui qui n’est pas juste! Et si nos justices sont pourries, combien sont abominables les injustices Vive Dieu, il n’y a rien que l’homme doive éviter davantage que de dire : « Je mérite ». Que l’homme considère les oeuvres de ses mains, frère, et il verra aussitôt quel est son mérite. Les bonnes choses qui viennent de l’homme, ce n’est pas l’homme qui les fait, en vérité, mais c’est Dieu qui les accomplit dans l’homme, car l’être appartient à Dieu qui l’a créé. Ce que fait l’homme, c’est contre dire Dieu son créateur, et commettre le péché. Et pour cela il ne mérite pas récompense, mais tourment.

Chapitre 182
Non seulement Dieu a créé l’homme, comme je le dis, mais il l’a créé parfait; il lui a donné le monde entier; après la sortie du paradis, il lui a donné deux anges qui le gardent; il lui a envoyé les prophètes ; il lui a donné la loi ; il lui a donné la foi ; à chaque instant il le délivre de Satan; il veut lui donner le paradis; et de plus, Dieu veut se donner lui-même à l’homme. Voyez donc comme la dette est grande! Pour l’éteindre, il faudrait que vous ayez créé l’homme par vous-mêmes à partir du néant, il faudrait que vous ayez créé tous les prophètes que Dieu vous a envoyés, et aussi un monde et un paradis, et de plus un Dieu grand et bon comme l’est notre Dieu, et il faudrait que vous donniez tout cela à Dieu. C’est ainsi que la dette serait éteinte. Il ne vous resterait que le devoir de remercier Dieu. Mais vous, qui ne pouvez même pas créer une mouche puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu maître de tout, comment pourriez-vous éteindre votre dette? Certes, si un homme vous prête cent deniers d’or, vous êtes obligés de lui rendre cent deniers d’or. Or le sens de tout cela, frère, le voici, c’est que Dieu peut dire ce qu’il lui plaît et donner ce qu’il lui plaît puisqu’il est le mettre du paradis et de toute chose. Quand il dit à Abraham :  » Je serai ta grande récompense », Abraham ne peut pas dire « Dieu est ma récompense « , mais il doit dire :  » Dieu m’est donné, il est ma dette.  » C’est pourquoi, frère, quand to prêches au peuple, tu dois expliquer ce passage comme ceci :  » Si l’homme fait le bien, Dieu lui donnera ceci et cela. Ô homme, si Dieu te disait :  » Mon serviteur, tu as fait le bien pour mon amour, quelle récompense veux-tu de moi ton Dieu? » Réponds :  » Seigneur, puisque je suis l’œuvre de tes mains, il n’est pas digne que se trouve en moi ce qu’aime Satan, c’est-à-dire le péché.
C’est pourquoi, Seigneur, pour ta gloire, aie pitié des œuvres de tes mains!  » Et si Dieu te disait : « Je t’ai pardonné, mais maintenant je veux te récompenser », réponds :  » Seigneur, pour ce que j’ai fait, je mérite d’être puni, et pour ce que to as fait, to mérites d’être glorifié. Punis donc en moi, Seigneur, ce que j’ai fait et sauve ce que tu as accompli!  » Et si Dieu te disait: « Quelle peine te semble convenir à ton péché?  » réponds :  » Tout ce qu’endureront tous les réprouvés, Seigneur!  » Et si Dieu te disait :  » Pour quoi recherches-tu une peine si grande, ô mon serviteur fidèle? » Réponds :  » Parce que si chacun d’entre eux avait reçu de toi ce que j’ai reçu, ils t’auraient servi plus fidèlement que moi!  » Et si Dieu te disait : « Quand veux-tu recevoir, cette peine et pour combien de temps ?  » Réponds :  » Dès maintenant et sans fin!  » Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, un tel homme serait plus agréable à Dieu que tous ses saints anges, car Dieu aime la véritable humilité et il hait l’orgueil! ». Le scribe remercia alors Jésus et lui dit :  » Seigneur, allons à la maison de ton serviteur et ton serviteur te donnera à manger ainsi qu’à tes disciples !  » Jésus répondit :  » je m’y rendrai quand tu me promettras de m’appeler  » frère  » et non pas  » Seigneur « , et que tu diras que tu es mon frère et non pas mon serviteur!  » L’homme le promit et Jésus se rendit chez lui.

Chapitre 183
Tandis qu’ils mangeaient, le scribe dit :  » Maître, tu as dit que Dieu aime la véritable humilité, dis-nous donc ce qu’est l’humilité et comment elle peut être véritable ou fausse.  » (Jésus répondit) :  » En vérité, je vous le dis, celui qui ne deviendra pas comme un enfant, tu entrera pas dans le royaume du ciel  » Tous furent troublés en entendant cela. Ils se disaient les uns aux autres :  » Mais comment celui qui a trente ou quarante ans deviendra-t-il un enfant? Que cette parole est difficile ! « 
Jésus répondit :  » Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, mes paroles sont vraies ! Je vous dis qu’il faut devenir comme un enfant, car c’est là la véritable humilité. En effet, si vous demandez à un enfant, qui a fait les vêtements qu’il porte, il répondra :  » Mon père !  » Si vous lui demandez à qui appartient la maison qu’il habite, il vous dira :  » A mon père!  » Si vous dites :  » Qui t ‘a appris à marcher et à prier, il vous répondra :  » Mon père !  » Mais si vous dites :  » Qui t’a blessé au front pour avoir le front ainsi bandé?  » Il répondra :  » Je suis tombé et je me suis blessé à la tête!  » Si vous dites :  » Mais pourquoi es-tu tombé?  » Il répondra  » Ne voyez-vous pas que je suis petit et que je n’ai pas la force de marcher ni de courir comme un grand? Si je veux marcher vite, mon père doit me prendre la main. Mais pour que j’apprenne à bien marcher, mon père m’a lâché un peu, et Moi, en voulant courir, je suis tombé!  » Si vous dites alors:  » Qu’a dit ton père? » II répondra :  » Eh bien, pourquoi n’as-tu pas marché doucement? A l’avenir prends garde de t’éloigner de moi! « 

Chapitre 184
 » Est-ce que c’est vrai cela ? dit Jésus. « C’est tout à fait vrai !  » répondirent les disciples et le scribe » –  » Eh bien, dit Jésus, ceux qui reconnaîtront dans la vérité du coeur, que Dieu est l’auteur de tout bien et qu’eux-mêmes sont les auteurs du péché, ceux-là seront vraiment humbles. Mats celui dont la bouche parlerait comme cet enfant mais qui dirait le contraire dans les faits, celui-là serait sûrement un faux humble et un véritable orgueilleux, car le comble de l’orgueil est de se servir de moyens humbles pour ne pas être réprimandé et fôulé aux pieds par les hommes.
L’humilité véritable est un abaissement de l’âme par lequel l’homme se connaît véritablement. Mais la fausse humilité est un brouillard de l’enfer qui obscurcit tenement l’intelligence de l’âme que tout ce que l’homme devrait s’attribuer à lui-même, il 1′attribue à Dieu, et tout ce qu’il devrait attribuer à Dieu, il se l’attribue à lui-même. Ainsi le faux humble dira qu’il est un grand pécheur, mais si quelqu’un lui dit qu’il est pécheur, il se mettra en colère contre lui et le persécutera. Le faux humble dira que Dieu lui a donné ce qu’il a, mais qu’il n’a pas dormi et qu’il a bien agi.
Dites-moi, frères, les pharisiens d’à présent, comment marchent-ils ? » Le scribe répondit en pleurant :  » Maître, les pharisiens d’aujourd’hui portent les habits et le nom de pharisiens, mais ce sont des chananéens dans le cœur et dans leurs œuvres ! Plaise à Dieu qu’ils n’usèrent pas ce nom, ils ne tromperaient pas les simples! O temps passé, comme tu as été cruel envers nous, tu nous as enlevé les vrais pharisiens et tu nous as laissé les faux! « 

Chapitre 185
Jésus répondit : « Frère, ce n’est pas le temps qui a fait cela, mais le monde méchant, car on peut servir Dieu en vérité en tout temps, mais si on s’approche du monde, c’est-à-dire des mauvaises mœurs, on devient méchant en tout temps. Ne sais-tu pas que Géhazi, serviteur du prophète Elisée, à la honte de son maître, vola par un mensonge l’argent et les vêtements d’Aman le Syrien? Et pourtant Elisée avail un grand nombre de pharisiens et Dieu les faisait prophétiser.
Je te le dis en vérité, les hommes soot si disposés à mal faire, le monde les y pousse tant, et Satan les sollicite tellement au mal, que les pharisiens d’à présent fuient toute bonne action et tout bon exemple.
Que l’exemple de Géhazi te suffise pour savoir qu’ils sont réprouvés par Dieu.  » Le scribe répondit :  » C’est tout à fait vrai! » Jésus dit alors : « Je veux que tu racontes l’exemple
d’Aggée et d’Osée, les deux prophètes de Dieu, pour que nous reconnaissions le vrai pharisien » Le scribe répondit : « Maître, que dirais-je ? Beaucoup ne le croiront certainement pas même si c’est écrit par le prophète Daniel, mais pour t’obéir je te raconterai la vérité.
Aggée avait quinze ans quand il vendit son patrimoine. L’ayant donné aux pauvres, il sortit
d’ Anatot pour servir le prophète Abdias. Le vieil Abdias donc, qui connaissait l’humilité d’Aggée se servait de lui comme d’un livre pour enseigner ses disciples. Aussi lui faisait-il souvent cadeau de vétements et d’aliments recherchés. Mais Aggée renvoyait toujours le messager en disant :  » Va-t-en, retourne à la maison car tu t’es trompé ! Abdias m’enverrait-il
de telles choses ? Sûrement pas, car il sait que je ne suis bon à rien et que je ne fais que pécher.  » Et quand Abdias avait quelque chose de mauvais, il le donnait au plus proche voisin d’Aggée afin que celui-ci le vole. Et en le voyant Aggée se disait :  » Tu vois bien qu’Abdias t’a tout à fait oublié, car cela ne convient qu’à moi puisque je suis le plus mauvais de tous. Il n’y a pas de chose si grossière qui ne soit pour moi un trésor si je la reçois d’Abdias : c’est Dieu qui me la donne par ses mains. « 

Chapitre 186
Quand Abdias voulait apprendre à prier à quelqu’un; il appelait Aggée et disait :  » Récite ici ta prière pour que chacun entende tes paroles!  » Alors Aggée disait :  » Seigneur Dieu d’Israël, regarde avec miséricorde ton serviteur qui t’appelle parce que tu l’as créé! Seigneur, Dieu juste, souviens-toi de ta justice et punis les péchés de ton serviteur pour que je ne contamine pas ton œuvre! Seigneur mon Dieu, je ne peux pas te demander les délices que tu donnes à tes serviteurs fidèles, car je ne fais que pécher. Mais Seigneur, quand tu veux donner une maladie à l’un de tes serviteurs, souviens-toi de moi, ton serviteur, pour ta gloire!  » Parce qu’Aggée faisait cela, dit le scribe. Dieu l’aima tant qu’il donna le don de prophétie à tous ceux qui se trouvaient avec lui en ce temps là; et il n’y a pas de chose qu’Aggée demandât dans la prière, que Dieu ne lui accordât.

Chapitre 187
En disant cela, le bon scribe pleurait comme pleure le mariniquand il voit son bateau détruit. Il ajouta : « Quand Osée s’en alla servir Dieu, il était prince de la tribu de Nephtali et âgé de quatorze ans. Ayant vendu son patrimoine et l’ayant donné aux pauvres, il partit pour être disciple d’Aggée. Il était si enflammé de charité, qu’il disait pour tout ce qu’on lui demandait :  » Dieu m’a donné cela pour toi, frère, accepte-le donc.  » De . cette manière, il n’eut bientôt plus que deux habits : la tunique de cilice et le manteau de peau. Et je dis qu’il vendit le patrimoine et qu’il le donna aux pauvres, car autrement on n’aurait laissé personne prendre le nom de pharisien.
Osée possédait le livre de Moïse et le lisait avec une ardeur extrême. Ainsi, Aggée lui dit un jour  » Osée, qui t’a pris tout ce que tu avais ?  » il répondit :  » Le livre de Moïse!  » Il arriva qu’un disciple d’un prophète voisin voulut aller à Jérusalem. Or il n’avait pas de manteau.
Ayant entendu parler de la charité d’Osée, il alla le trouver et lui dit :  » Frère. je voudrais aller à Jérusalem pour offrir un sacrifice à notre Dieu, mais je n’ai pas de manteau et je ne sais que faire!  » ? A ces mots, Osée dit :  » Pardonne-moi, frère, j’ai commis un grand péché contre toi : Dieu m’a donné un manteau pour que je te le donne, et je l’ai oublié. Accepte-le donc et prie Dieu pour moi !  » ajoutant foi, l’homme reçut le manteau d’Osée et s’en alla. Quand Osée alla chez Aggée. celui-ci lui dit :  » Qui t’a pris ton manteau  » Osée répondit Il arriva qu’un pauvre fui dépouillé par des voleurs et qu’il resta nu. Osée l’ayant vu ainsi, se dépouilla de sa tunique et la donna à celui qui était nu, lui-même restant avec un peu de peau de chèvre sur ses parties secrètes. Niais comme il n’allait pas chez Aggée, le bon Aggée pensa qu’Osée était malade. Il alla le trouver avec deux de ses disciples. Ils le trouvèrent enveloppé de feuilles de palmier. Aggée dit alors :  » Dis-moi donc pourquoi tu n’es pas venu chez moi?  » Osée répondit :  » Le livre de Moïse m’a pris ma tunique et j’ai craint d’aller là bas sans tunique.  » Alors Aggée lui en donna une autre. Il arriva qu’un jeune homme en voyant Osée lire le livre de Moïse, dit en pleurant :  » Moi aussi j’apprendrais bien à lire si j’avais un livre!  » A ces mots, Osée lui donna le livre et dit :  » Frère, ce livre est à toi car Dieu me l’a donné pour que je le donne à celui qui, en pleurant. désire un livre.  » L’homme le crut et accepta le livre.

Chapitre 188
Un disciple d’Aggée était voisin d’Osée. Voulant voir si son livre était bien écrit, il se rendit chez lui et lui dit :  » Frère, prends ton livre et voyons s’il est comme le mien !  » Osée répondit :  » On me l’a pris  » –  » Qui te l’a pris?  » dit le disciple. Osée répondit  » Le livre de Moïse!  » Ce qu’entendant, celui-là alla chez Aggée et lui dit :  » Osée est devenu fou car il dit que le livre de Moïse lui a pris le livre de Moïse !  » Aggée répondit : « Pries à Dieu. frère. que je sois aussi fou et que tout les fous soient semblables à Osée !  » Comme les voleurs de Syrie avaient traversé le pays de Judée et pris le fils d’une pauvre veuve qui habitait près du mont Carmel. où habitaient les prophètes et les pharisiens, il arriva qu’Osée, étant allé couper le bois. rencontra la femme qui pleurait. Aussitôt il se mil à pleurer. car quand il voyait rire, il riait, et quand il voyait pleurer. il pleurait. Osée interrogea la femme sur la raison de ses larmes et
elle lui raconta tout. Osée dit alors :  » Viens, soeur, car Dieu veut te rendre ton fils !  » Ils allèrent tout deux à Hébron, où Osée se vendit lui-même et donna l’argent à la veuve. Celle-ci ne sachant comment il avail eu ces deniers, les accepts et racheta son fils. Celui qui l’avait acheté Osée sans le connaître, l’amena à Jérusalem où il habitait. Aggée voyant qu’on ne trouvait plus Osée. en restait affligé. L’ange de Dieu lui dit alors qu’il avail été emmené à Jérusalem comme esclave. En l’entendant, le bon Aggée pleurait l’absence d’Osée comme une mère pleure l’absence de son fils. Ayant appelé deux de ses disciples, il se rendit à Jérusalem. A l’entrée de la ville, par volonté de Dieu, il rencontra Osée portant du pain aux ouvriers de la ville de son maître. L’ayant reconnu, Aggée lui dit :  » Fils, comment as-tu abandonné ton vieux père qui te cherche dans la douleur? » Osée répondit :  » Père, j’ai été vendu. » Aggée dit alors en colère :  » Quel est ce méchant qui t’a vendu? » Osée répondit  » Que Dieu vous pardonne!, père, car celui qui m’a vendu est si bon que s’il n’était pas dans le monde, personne ne deviendrait saint!  » –  » Quel est celui là? » dit Aggée. Osée répondit : « Père, c’est le livre de Moïse !  » Le bon Aggée en resta comme égaré et dit  » Plaise à Dieu, fils, que le livre de Moïse me vende moi aussi et tous mes fils, comme il t’a vendu! « .
Et Aggée alla avec Osée chez son maître. Celui-ci ayant reconnu Aggée dit :  » Que notre Dieu soit béni qui a envoyé son prophète chez moi ! » Et il courut lui baiser les mains. Aggée dit alors :  » Frère, baise les mains de ton serviteur que tu as acheté, car il est meilleur que moi !  » Et il lui raconta tout ce qui s’était passé. Le maître rendit donc la liberté à Osée. Est-ce cela que tu désires, Maitre ? « 

Chapitre 189
Jésus dit alors :  » C’est bien cela, Dieu me l’a certifié. Et pour que tous sachent que c’est la vérité : au nom de Dieu, que s’arrête le soleil et qu’il ne marche pas pendant douze heures !  » Ce qui se fit à l’effroi de tout Jérusalem et de la Judée . Puis Jésus dit au scribe :  » Frère, que désires-tu savoir de moi si tu as une telle connaissance ? Vive Dieu, cela suffit pour le salut de l’homme, car l’humilité d’Aggée et la charité d’Osée accomplissent toute la loi et tous les prophètes.
Dis-moi, frère, quand tu vins m’interroger dans le temple, croyais-tu peut-être que Dieu m’avait envoyé détruire la loi et les prophètes ? Non, Dieu ne le fera pas, lui qui est immuable . Mais ce que Dieu a déterminé comme voie de salut pour l’homme c’est cela qu’il a fait proclamer par tous les prophètes. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si le livre de Moïse et le livre de David, notre père, n’avaient pas été contaminés par les traditions
humaines des faux pharisiens et docteurs, Dieu ne m’aurait pas donné sa parole. Que dis-je, le
livre de Moïse et le livre de David ? C’est toutes les prophéties qu’ils ont contaminées, au point qu’on ne recherche pas aujourd’hui une chose parce que Dieu l’a commandée, mais on regarde si les docteurs l’enseignent et si les pharisiens l’observent, comme si Dieu se trompait et que les hommes ne pouvaient pas se tromper.
Malheur donc à cette génération incrédule, car viendra sur eux le sang de tous les prophètes et
justes ainsi que le sang de Zacharie, fils de Barachie, qu’ils tuèrent entre le temple et l’autel ! Lequel des prophètes n’ont-ils pas persécuté ? Lequel des justes ont-ils laissé mourir de mort naturelle ? Presque aucun ! C’est pourquoi ils cherchent maintenant à me tuer. Ils se glorifient d’être les fils d’Abraham et d’avoir le beau temple. Vive Dieu, ils sont fils de Satan; aussi font-ils sa volonté! C’est pourquoi le temple et la ville sainte s’en iront en ruine, et du temple il ne restera pas pierre sur pierre.

Chapitre190
Dis-moi, frère, toi qui es docteur expert de la loi, )a promesse du Messie faite à notre père Abraham, au sujet de qui est-elle faite? d’Isaac ou d’Ismaël? 1  » Le scribe répondit :  » Maître, je crains de te le dire, car il y a danger de mort!  » Jésus dit alors :  » Frère, je regrette d’être venu manger chez toi puisque tu aimes plus la vie présente que Dieu, ton créateur. C’est donc pour cela que tu crains de perdre la vie et que tu ne crains pas de perdre la’ foi et la vie éternelle? Or on perd celle-ci quand la langue dit le contraire de ce que le coeur sait de la loi de Dieu! « 
Le bon scribe dit alors en pleurant :  » Maître, si j’avais su que je pouvais avoir quelque influence, j’aurais prêché bien des choses que j’ai tues pour ne pas susciter de sédition dans le peuple.  » Jésus répondit :  » Il ne faut tenir compte ni du peuple, ni du monde entier, ni de tous les saints, ni dé tous les anges, quand il y a offense de Dieu. Laisse donc tout périr, sans toi-même offenser Dieu, ton créateur, plutôt que tout conserver avec le péché, car le péché détruit et ne conserve pas. Dieu est assez puissant pour créer autant de mondes que la mer a de grains de sable, et bien plus encore. »

Chapitre 191
Le scribe dit alors :  » Pardonne-moi, Maître, car j’ai péché !  » Jésus dit :  » Que Dieu te pardonne, c’est contre lui que tu as péché!  » Puis le scribe dit :  » J’ai vu un vieux livre écrit de la main des serviteurs et prophètes de Dieu, Moïse et Josué, celui qui comme toi arrêta le `soleil t. Ce livre est le vrai livre de Moisez. II y est écrit qu’Ismaël est le père du Messie, et qu’Isaac est le père du messager du Messie. Ce messager viendra préparer les voies du Messie. Le livre rapporte que Moise a dit :  » Seigneur, Dieu d’Israël, puissant et miséricordieux, manifeste à ton serviteur la splendeur de ta gloire!’  » Alors Dieu lui montra son messager dans les bras d’Ismaël, et Ismaël dans les bras d’Abraham. Auprès d’Ismaël se tenait Isaac tenant dans/ses bras un enfant qui de son doigt
montrait le messager de Dieu en disant :  » Voici celui pour qui Dieu â tout créé !  » Alors Moise s’écria avec joie :  » Ismaël, tu tiens dans tes bras le monde entier ainsi que le paradis ! Souviens-toi de moi, serviteur de Dieu, afin que je trouve grâce auprès de Dieu par ton fils pour qui il a tout fait. « 

Chapitre 192
On ne trouve pas dans ce livre que Dieu mange de la viande de brebis ou de mouton t. On n’y trouve pas que Dieu ait réservé sa miséricorde au seul Israël, mais au contraire qu’il fait miséricorde à tout homme qui cherche en vérité Dieu son Créateur. Ce livre-là, je n’ai pas pu le lire en entier, car le souverain pontife dans la bibliothèque de qui je me trouvais, me l’interdit en disant qu’un Ismaëlite l’avait écrit « . Jésus dit alors :  » Garde-toi de ne plus jamais taire la vérité, car c’est dans la foi du Messie que Dieu donnera le salut aux hommes. Sans elle, personne ne se sauvera. » Et Jésus arrêta ici son propos.
Puis, tandis qu’ils mangeaient, voici que Marie, qui pleura aux pieds de Jésus$, entra dans la maison de Nicodème, car tel était le nom du scribes. Elle se mit en pleurant aux pieds de Jésus et dit :  » Seigneur, ta servante qui par toi a trouvé miséricorde auprès de Dieu, a une soeur et un frère. Or celui-ci est malade, en péril de mort.  » Jésus répondit : « Où est ta maison, dis-le et j’irai prier Dieu pour sa santé! » Marie répondit :  » Béthanie appartient à mon frère et à ma saur; quant à moi, j’habite Magdala. Mon frère est donc à Béthanie « . Jésus dit à la femme :  » Va vite chez ton frère et attends moi, car j’irai le guérir. Ne crains pas, il ne mourra pas!  » La femme s’en alla. Arrivée à Béthanie, elle trouva que son frère était mort ce jour même. Alors ils le mirent dans le sépulcre de leurs pères.

Chapitre 193
Jésus resta deux jours chez Nicodème. Le troi-sième jour, il partit pour Béthanie. Près de la ville, il envoya deux disciples en avant pour annoncer sa venue à Mariez. Celle-ci courut hors de la ville, et ayant trouvé Jésus, elle dit en pleurant :  » Seigneur, tu m’avais dit que mon frère ne mourrait pas
Maintenant il est enseveli depuis quatre jours. Plût à Dieu que tu sois venu avant que je t’appelle, car il ne serait pas mort! » Jésus répondit : « Ton frère n’est pas mort, mais il dort, c’est pourquoi je viens le réveiller!  » Marie répondit en pleurant :  » Seigneur, d’un tel sommeil il sera réveillé au jour du jugement par l’ange de Dieu qui sonnera de ta trompette.  » Jésus dit :  » Marie, crois-moi, il ressuscitera auparavant, car Dieu m’a donné pouvoir sur son sommeil! Je te le dis en vérité, il c’est pas mort, car seul est mort celui qui meurt sans trouver miséricorde auprès de Dieu . « 
Marie retourna vite annoncer à sa sueur Marthe la venue de Jésus. A la mort de Lazare, une grande foule de Juifs de Jérusalem et beaucoup de scribes et de pharisiens étaient accourus. Marthe ayant entendu dire par sa soeure Marie que Jésus arrivait, se leva en hâte et courut au dehors. La multitude des Juifs, scribes et pharisiens la suivit pour la consoler, car ils croyaient qu’elle allait au sépulcre pleurer son frère.
Arrivée à l’endroit où Jésus avait parlé avec Marie, Marthe dit en pleurant :  » Seigneur. plût à Dieu que tu aies été ici, car mon frère ne serait pas mort! »" Marie survint à ce moment en pleurant. Alors Jésus pleura et dit en soupirant : « Où l’avez vous mis? » Ils répondirent : « Viens voir! » Les pharisiens disaient entre eux :  » Lui qui ressuscita le fils de la veuve à Naïn . pourquoi a-t-il laissé mourir Lazare alors qu’il avait dit qu’il ne mourrait pas? »
Arrivé au sépulcre où chacun pleurait, Jésus dit : » Ne pleurez pas, car Lazare dort et je suis venu le réveiller!  » Les pharisiens disaient :  » Plaise à Dieu que tu dormes de cette manière-là !  » Jésus dit alors :  » Mon heure n’est pas encore venue, mais quand elle viendra, je m’endormirai de la même manière et je serai vite réveillé.  » Jésus dit encore :  » Enlevez la pierre du sépulcre !  » Marthe dit :  » Seigneur. il sent mauvais, car il y a quatre jours qu’il est mort!  » Jésus dit :  » Pourquoi suis-je donc venu ici, Marthe ? Ne crois-tu pas que je le réveillerai ?  » Marthe répondit : « Je sais que tu es le saint de Dieu qui t’a envoyé en ce monde. « 
Alors, les mains levées au ciel, Jésus dit :  » Sei-gneur, Dieu d’Abraham, Dieu d’Ismaël et d’Isaac, Dieu de nos pères, aie pitié de la douleur de ces femmes et rends gloire à ton saint Nom !  » Chacun ayant répondu  » Amen  » u, Jésus dit d’une voix forte  » Lazare, viens dehors!  » Alors le mort se leva. Jésus dit à ses disciples :  » Déliez-le !  » En effet, il était lié dans le linceul avec le suaire sur le visage, comme nos pères ont coutume d’ensevelir.
Une grande foule de Juifs et quelques pharisiens crurent en Jésus, car le miracle était grand. Ceux qui restèrent dans leur incrédulité s’ils allèrent à Jérusalem et racontèrent aux princes des prêtres la résurrection de Lazare et comment beaucoup étaient devenus Nazaréens. C’est ainsi qu’ils appelaient ceux qui faisaient pénitence à la parole de Dieu que prêchait Jésus.

Chapitre 194
Les scribes, les pharisiens et le souverain pontife tinrent conseil pour tuer Lazare, car beaucoup renonçaient à leurs traditions et croyaient à la parole de Jésus 1. En effet, le miracle de Lazare était grand
il conversait avec les hommes, il mangeait et buvait. Mais comme il était puissant, bien introduit à Jéru-salem et qu’avec ses sueurs il était propriétaire de Magdala et de Béthanie, ils ne savaient que faire.
Jésus entra à Béthanie, dans la maison de Lazare. Marthe et Marie le servaient=. Un jour que Marie était assise aux pieds de Jésus et qu’elle écoutait ses paroles, Marthe dit à Jésus :  » Seigneur, ne vois-tu pas que ma sueur ne prend pas soin de toi et ne se soucie pas de ce que toi et tes disciples vous devez manger? » Jésus répondit : « Marthe, Marthe, occupes-toi de ce que tu dois faire, car Marie a choisi une part qui ne lui sera jamais enlevée !’
Pendant qu’il était assis à table avec une grande foule de ceux qui croyaient en lui, Jésus déclara  » Frères, je dois rester avec vous peu de temps encore, car le temps est proche où je quitterai ce monde. Aussi je vous rappelle les paroles de Dieu au prophète Ezéchiel :  » Aussi vrai que je vis éternelle-ment, moi votre Dieu, l’âme qui péchera, mourra ; par contre, si le pécheur fait pénitence, il ne mourra pas, mais il vivra. » La mort présente n’est pas une mort, mais plutôt la fin d’une longue mort. En effet, quand le corps est évanoui, privé de sens, il ne vaut pas mieux qu’un cadavre bien que l’âme soit en lui, sauf que le cadavre attend que Dieu le ressuscite, tandis que l’évanoui attend que la sensibilité lui revienne.
Prenez donc garde que la vie présente ne soit une mort si vous n’avez pas le sens de Dieu.

Chapitre 195
Ceux qui croiront en moi ne mourront jamais, car par ma parole ils sentiront Dieu en eux-mêmes et ils feront leur salut t. Qu’est-ce que la mort, sinon un acte que fait la nature sur l’ordre de Dieu? Comme si quelqu’un tenait un oiseau attaché par une corde qu’il garderait en main. Si la tête veut que l’oiseau s’envole, que fait-elle? Elle ordonne naturellement à la main de s’ouvrir et l’oiseau fuit aussitôt. Quand l’homme est sous la protection de Dieu, notre âme est, selon le prophète David, comme un passereau délivré de la ruse du chasseur. Notre vie est comme une corde par laquelle ta nature tient l’âme attachée au corps et à la sensibilité. Quand Dieu veut et ordonne à la nature de s’ouvrir, la vie se brise et l’âme se réfugie entre les mains de l’ange que Dieu a établi pour recevoir les âmes.
Que les amis ne pleurent donc pas quand leur ami est mort, car c’est ainsi que notre Dieu fa voulu ! Mais qu’ils pleurent sans fin quand il pèche, car alors l’âme meurt, puisqu’elle se sépare de Dieu sa vraie vie. En effet, si le corps privé de l’âme est horrible, bien plus épouvantable est l’âme privée de Dieu qui la rend belle et la vivifie par sa grâce et sa miséricorde.
Sur ces mots, Jésus rendit grâces à Dieu. Lazare dit alors :  » Maître, cette maison appartient à Dieu mon créateur ainsi que tout ce qu’il m’a donné. en garde pour le service des pauvres; mais comme tu es pauvre et que tu as un grand nombre de disciples, viens habiter ici quand tu veux et aussi longtemps que tu veux, car le serviteur de Dieu te donnera pour l’amour de Dieu tout ce qui te sera nécessaire.

Chapitre 196
Entendant cela, Jésus se réjouit et dit :  » Vous voyez comme il est bon de mourir! Lazare n’est mort qu’une fois et il a appris une doctrine si grande que ne la connaissent pas les plus grands savants du monde, qui ont vieilli parmi les livres. Plaise à Dieu que tout homme meure une seule fois et revienne au monde comme Lazare, pour que les hommes appren-nent à vivre ! « 
Jean répondit :  » Maître, m’est-il permis de dire un mot? » –  » Dis-en mille, répondit Jésus, car l’homme doit distribuer la doctrine de même qu’il doit distribuer les biens pour le service de Dieu. Et ce devoir est d’autant plus grand que la parole peut) ressusciter une âme par la pénitence tandis que les biens ne peuvent pas rendre la vie à un mort. C’est
donc un meurtrier celui qui a le moyen d’aider un pauvre et qui le laisse mourir de faim sans l’aider. Mais plus grand meurtrier encore est celui qui peut convertir le pécheur à la pénitence par la parole de Dieu et qui ne le convertit pas. se tient, selon la parole de Dieu, comme un chien muet’. C’est contre eux que Dieu dit :  » Je reprendrai de tes mains, serviteur infidèle, l’âme du pécheur qui périra parce que tu lui as caché tua parole !  » Dans quel état se trouvent donc maintenant les scribes et les pharisiens! Ils ont la clef et ne veulent pas entrer; au contraire ils font obstacle à ceux qui veulent entrer dans la vie éternelle! Jean, tu me demandes la permission de dire un mot, alors que tu en as écouté cent mille de ma part. En vérité, je te le dis, je suis obligé de t’écouter dix fois plus que tu ne m’as écouté. Celui qui ne veut pas écouter l’autre péchera chaque fois qu’il parlera, car nous devons faire aux autres ce que nous voulons pour nous et ne pas leur faire ce que nous-mêmes ne voulons pas rece-voir. « 
Jean dit alors :  » Maître, pourquoi Dieu n’a-t-il pas donné aux hommes de mourir une fois et de revenir comme Lazare pour qu’ils apprennent à se connaître eux-mêmes et à connaître leur créateur? « 

Chapitre 197
Jésus répondit :  » Dis-moi, Jean, un père de famille donna une excellente hache à l’un de ses serviteurs pour qu’il coupe les taillis qui gênaient la vue de la maison. Mais l’ouvrier négligea la hache et dit :  » Si le patron me donnait une vieille hache, je couperais facilement les taillis!  » Jean, dis-moi ce que fit le patron? Dans sa colère, il prit la vieille hache et il lui en frappa la tête en disant :  » Pares-seux et scélérat! Je t’ai donné une hache avec laquelle tu pouvais sans peine couper les taillis et tu cherches celle-ci qu’on n’emploie qu’avec grande fatigue et qui abîme tellement tout ce qu’elle coupe que ce n’est plus bon à rien ! Je veux que tu coupes les taillis de telle manière que/le travail soit bien fait !  » Est-ce que ce n’est pas juste ?  » Jean répon-dit :  » Tout à fait juste. « 
Jésus dit alors : « Aussi vrai que je vis éternelle-ment, dit Dieu, j’ai donné une bonne hache à tout homme, et cette hache c’est de voir enterrer un mort. Ceux qui utilisent bien cette hache-là enlèvent sans difficulté de leur coeur, te taillis des péchés si bien qu’ils reçoivent ma grâce et ma miséricorde et je leur donne en récompense la vie éternelle parce qu’ils ont bien agi. Mais celui qui oublie qu’il est mortel alors qu’à tout instant il en voit d’autres mourir et qui dit :  » Si je voyais l’autre vie, j’agirais bien!  » ma fureur sera sur lui et je le frapperai tant par la mort qu’il ne recevra plus jamais aucun bien !  » O Jean, dit Jésus, qu’il est grand l’avantage de celui qui par la chute des autres apprend à se tenir debout ! « 

Chapitre 198
Lazare dit alors :  » Maître, je te le dis en vérité, je ne peux pas imaginer la peine que mérite celui qui voit à tout instant des morts portés au tombeau et qui ne craint pas Dieu, notre créateur ! Ainsi par les choses de ce monde qu’il devra complète-ment abandonner, il offense son créateur qui les lui a données.
Jésus dit alors à ses disciples :  » Vous m’appelez Maître et vous faites bien, car Dieu vous enseigne par ma bouche’, mais comment appeierez-vous en vérité Lazare puisqu’il est ici maître de tous les maîtres qui enseignent la doctrine de ce monde ? Je vous ai donc enseigné à bien vivre, mais Lazare vous enseignera à bien mourir. Vive Dieu , il a reçu le don de la prophétie ; écoutez donc ses paroles qui sont vérité ! Vous devez d’autant mieux l’écouter qu’il est vain de bien vivre ‘et de mal mourir. « 
Lazare dit : « Maître, je te remercie de faire apprécier la vérité. Dieu t’en accordera un grand mérite.  » Celui qui écrit dit alors :  » Maître, comment Lazare dit-il la vérité en te disant  » tu mériteras, puisque tu as dit à Nicodème que l’homme ne mérite que la peine ? Seras-tu donc puni par Dieu ? « 
Jésus répondit :  » Plût à Dieu que je reçoive de Dieu une peine en ce monde, car je ne l’ai pas servi aussi fdèlement que je le devais. Pourtant, dans sa miséricorde, Dieu nia tellement aimé qu’il a éloigné de moi toute peine. et que je ne serai tourmenté que dans une autre personne. Une peine me convenait en effet puisque les hommes m’avaient appelé Dieu. Mais comme j’ai confessé non seule-ment que je ne suis pas Dieu -ce qui est la vérité -mais que je ne suis pas le Messie, Dieu m’a enlevé la peine et il la fera endurer à un méchant en mon nom. Moi, je n’aurai que la honte.
Aussi je te le dis, mon Barnabé, quand l’homme parle de ce que Dieu donnera à son prochain, qu’il dise que son prochain mérite. Mais quand il parle de ce que Dieu lui donnera à lui-même, qu’il fasse attention à dire  » Dieu m’accordera  » et non pas « je mérite « . Dieu se complaît en effet à accor-der sa miséricorde à ses serviteurs quand ils confessent qu’ils méritent/l’enfer pour leurs péchés. « 

Chapitre 199
Dieu est si riche en miséricorde que l’eau de mille mers, s’il s’en trouve autant, ne peut éteindre une seule étincelle des flammes de l’enfer, tirndis qu’une seule larme de celui qui se plaint d’avoir offensé Dieu éteint l’enfer tout entier par la grande miséricorde avec laquelle Dieu le secourt.
Aussi, pour la confusion de Satan et pour démon-trer sa propre libéralité, Dieu dans sa miséricorde veut appeler  » mérite  » toute bonne t!euvre de son serviteur fidèle et il veut que l’homme parle ainsi de son prochain. Mais que l’homme se garde bien de dire de lui-même  » je mérite », car il serait condamné ! « .

Chapitre 200
Tourné vers Lazare, Jésus lui dit :  » Frère, puis-que je dois rester peu de temps en ce monde, quand je serai proche de ta maison, je n’irai plus ailleurs. Tu me serviras, non par amour pour moi, mais pour l’amour de Dieu. « 
La Pâque des Juifs était proche’. Jésus dit alors à ses disciples :  » Allons à Jérusalem manger l’agneau pascal !  » Il envoya Pierre et Jean vers la ville en disant :  » Près de la porte de la ville vous trouverez une ânesse avec un ânon. Déliez-la et amenez-la ici car j’en ai besoin pour me rendre à Jérusalem. Si quelqu’un vous interroge en disant :  » Pourquoi la déliez-vous?  » Dites-lui :  » Le Maître en a besoin!  » Et ils vous laisseront l’emmener. « 
Les disciples partirent et trouvèrent tout ce que Jésus leur avait dit. Ils amenèrent donc l’ânesse avec l’ânon. lis mirent leur manteau sur l’ânon et Jésus l’enfourcha. Or, ayant entendu dire que Jésus de Nazareth s’approchait, les hommes de Jérusalem, tout désireux de le voir, sortirent avec les enfants. Ils portaient en main des rameaux de palmiers et d’oliviers et chantaient :  » Béni soit celui qui vient à nous au nom de Dieu! Hosanna, fils de David! « 
Quand Jésus eut atteint la ville, .les hommes éten-dirent leurs vêtements sous les pieds de l’âne en chantant ;  » Béni soit celui qui vient à nous au nom du Seigneur Dieu! Hosanna, fils de David! » Les pharisiens le reprochèrent à Jésus’ :  » Ne vois-tu donc pas ce qu’ils disent? Fais-les taire !  » Jésus leur dit :  » Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, si les hommes se taisent, les pierres crieront contre l’incrédulité des méchants pécheurs !  » A ces mots, toutes les pierres de Jérusalem crièrent avec fracas :  » Béni soit celui qui vient à nous au nom du Seigneur Dieu ! « 
Cependant, les pharisiens demeurèrent dans leur incrédulité. S’étant réunis, ils tinrent conseil entre eux pour le surprendre dans ses paroles.

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