bible de barnabas(chap21 à chap 40)

Posté par algeriedemocratie le 20 octobre 2009

Chapitre 21
Jésus guérit un possédé; les porcs sont jetés à la mer; puis il guérit la fille de la Cananéenne.
Jésus monta à Capharnaüm. Comme il approchait de la ville, un possédé sortit des tombes. Aucune chaîne ne pouvait le retenir et il faisait beaucoup de mal aux hommes. Les démons criaient par sa bouche: «Saint de Dieu, pourquoi es-tu venu nous molester avant le temps?» Et ils le priaient de ne pas les chasser, Jésus leur demanda combien ils étaient. Ils répondirent : «Six mille six cent soixante six!» En entendant cela, les disciples furent saisis de frayeur et ils priaient Jésus de s’en aller.

Jésus dit alors :«Où est votre foi? C’est le démon qui doit s’en aller et non pas moi!» Les démons crièrent donc :«Nous sortirons! Mais permets-nous d’entrer dans ces porcs!» Il y avait là, passant près de la mer, à peu près dix mille porcs à des Cananéens. «Allez-vous-en, dit alors Jésus, et entrez dans les porcs!» Avec fracas, les démons entrèrent dans les porcs et les précipitèrent à la mer. Ceux qui gardaient les porcs s’enfuirent en ville et racontèrent tout ce qui était arrivé par Jésus. Les hommes sortirent donc de la ville et trouvèrent Jésus et l’homme guéri. Les hommes furent remplis de crainte et prièrent Jésus de quitter leur territoire.
Jésus s’en alla donc de chez eux et monta du côté de Tyr et Sidon, Et voici qu’une femme de Canaan, sortie de son patrie à la recherche de Jésus avec deux de ces fils, lui cria en le voyant venir avec ses disciples :«Jésus, fils de David, aie pitié de ma petite fille qui est tourmentée par le diable.» Jésus ne lui répondit même pas un mot, parce qu’ils faisaient partie du peuple incirconcis. Les disciples furent pris de  pitié et dirent :«Maître, aie pitié d’eux! voie comme ils crient et comme ils pleurent!» Jésus répondit :«Je ne suis envoyé qu’au peuple d’Israël». Alors la femme vint devant lui avec ses fils, pleurant et disant :«Fils de David, aie pitié de moi!» Jésus répondit :«Il n’est pas bon d’enlever le pain des mains des fils et de le donner aux chiens!» Jésus dit cela à cause de leur impureté, car ils faisaient partie du peuple incirconcis. La femme répondit :«Seigneur, les chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres!» Alors Jésus admira les paroles de la femme et dit :«Femme grande est ta foi!» Et, les mains levées au ciel, il pria Dieu. Puis il dit :«Femme, ta fille est libérée. Va en paix!» la femme s’en alla et en rentrant chez elle, elle retrouva la petite fille qui bénissait Dieu. C’est pourquoi la femme dit :«Vraiment il n’y a pas d’autre Dieu que le Dieu d’Israël!» Et toute sa parenté s’agrégea à la loi de Dieu, selon la loi écrite au livre de Moïse.

Chapitre 22
Misérable condition des incirconcis, puisqu’un chien est meilleur qu’eux.
Ce jour là, les disciples interrogèrent Jésus :«Maître, pourquoi as-tu répondu à cette femme qu’ils étaient des chiens?» Jésus répondit :«Je vous le dit en vérité, un chien est meilleur que l’homme incirconcis!» Les disciples s’attristèrent alors et dirent :«Ces paroles sont dures. Qui pourra les comprendre?»
Jésus répondit :«O insensés! Si vous considérez ce que fait le chien, pour servir son maître, alors qu’il est sans intelligence, vous trouverez que j’ai parlé juste. Dites-moi : le chien, ne garde-t-il pas la maison de son maître? n’expose-t-il pas sa vie contre le voleur? Certes oui! Mais que reçoit-il? Beaucoup de coup d’injures et un peu de pain; et toujours et présente à son maître une mine joyeuse, n’est-ce pas?» -«Oui, c’est vrai, Maître!» répondirent les disciples, Jésus dit alors :«Considérez maintenant tout ce que Dieu a donné à l’homme et vous verrez combien il est injuste de ne pas observer l’alliance que Dieu a conclue avec Abraham  son serviteur.
Souvenez-vous de ce que David dit à Saül, roi d’Israël, contre Goliath, le Philistin :«Seigneur, dit David, quand ton serviteur gardait les troupeaux de ton serviteur, le loup, l’ours et le lion survenaient  et prenaient les brebis de ton serviteur. Alors ton serviteur partait les tuer et leur reprendre les brebis. Eh bien, quel est donc cet incirconcis, sinon quelqu’un qui leur ressemble? ton serviteur partira donc, au nom du seigneur Dieu d’Israël, et tuera cet impur qui blasphème le peuple saint de Dieu!»
Alors les disciples dirent :«Maître, dis-nous pour qu’elle raison l’homme doit se circoncire!» Jésus répondit :«Qu’il vous suffise que Dieu l’a commandé à Abraham en ces termes : Abraham, circoncis ton prépuce et celui de toute ta maison, car c’est une alliance entre toi et moi pour toujours!»

Chapitre 23
Origine de la circoncision; alliance de Dieu avec Abraham; damnation des incirconcis.
Cela dit, Jésus s’assit près de la montagne qui fait face à Tyr et ses disciples s’approchèrent de lui pour entendre ses paroles. Jésus dit alors :«Au paradis, après qu’Adam, premier homme trompé par Satan, eut mangé la nourriture défendue par Dieu, sa chair se rebella contre l’esprit. Alors il fit serment en ces termes :«Par Dieu, je veux te couper!» Et après avoir cassé une pierre, il prit sa chair pour la couper avec le tranchant. Aussi fut-il réprimandé par l’ange Gabriel. Il répondit :«J’ai juré par Dieu de la couper et je ne serai jamais monteur!» L’ange lui montra alors l’excroissance de sa chair et il la coupa. C’est pourquoi, de même que tout homme prend chair de la chair d’Adam, ainsi est-il est obligé d’observer tout ce qu’Adam promit par serment. Adam appliqua cela à ses fils et l’obligation de la circoncision se transmit de génération en génération.
Or, au temps d’Abraham, l’idolâtrie s’étant multipliée sur la terre, peu nombreux étaient ceux qui se trouvaient circoncis. Dieu révéla donc à Abraham ce en disant :«Celui qui n’aura pas circoncis sa chair, je le rejetterais de mon peuple à jamais!». A ces paroles des Jésus, les disciples tremblèrent de crainte, parce qu’il avait parlé dans la véhémence de l’esprit. Jésus dit alors :«Laissez sa crainte à celui qui n’a pas circoncis son prépuce, parce qu’il est privé du paradis!»
Puis Jésus ajouta :«Chez beaucoup, l’esprit est prompt dans le service de Dieu, mais la chair est faible. C’est pourquoi l’homme qui craint Dieu doit considérer ce qu’est la chair, d’où elle a pris origine et ce à quoi elle sera réduite. Dieu créa la chair de la boue de la terre. En elle, il insuffla le souffle vital en soufflant dedans. Quand donc la chair fait obstacle au service de Dieu, elle doit donc être méprisée comme de la boue et foulée aux pieds, car celui qui hait son âme en ce monde, la garde pour la vie éternelle. Ce qu’est la chair actuellement, ses désirent le manifestent : elle est un cruel ennemi de tout bien, car elle seule désire le péché. L’homme doit-il donc, pour complaire à son ennemi, cessez de plaire à Dieu, son créateur? Jugez-en vous-mêmes! Tous les saints et Prophètes ont été ennemis de leur chair pour le service de Dieu. C’est pourquoi spontanément et avec allégresse, ils allaient à la mort pour ne pas offenser la loi de Dieu, donné à Moïse, son serviteur, en allant servir les dieux faux et menteurs. Souvenez-vous d’Elie qui fuyait par des lieux déserts de montagne, ne mangeant que de l’herbe et vêtu de peaux de chèvre. Combien de jours ne jeûna-t-il pas! Quel froid ne supporta-t-il pas! combien de pluies le trempèrent! Et tout cela pendant les sept ans que dura l’âpre persécution de l’impure Jézabel! Rappelez-vous Elisée qui mangeait du pain d’orge et s’habillait de vêtements des plus grossiers! Je vous le dit en vérité, ceux-là, qui n’ont pas craint de mépriser leur chair, étaient terriblement redoutés des rois et des princes. Cela suffirait pour mépriser la chair, ô hommes! mais si vous regardez les tombeaux, vous saurez ce qu’est la chair!»

Chapitre 24
Exemple remarquable de la façon dont on doit fuir les festins et les orgies.
Jésus ajouta en pleurant: «Malheur à ceux qui sont les serviteurs de leur chair, parce qu’ils sont assurés de n’avoir aucun bien dans l’autre vie, mais seulement des tourments pour leurs péchés! Je vous le dis, il était une fois un riche bon vivant qui ne s’occupait que d’orgies. Tous les jours donc, il faisait un festin splendide. A sa porte, se tenait un pauvre couvert de plaies, nommé Lazare. ce dernier désirait avoir les miettes qui tombaient sous la table du bon vivant, mais personne ne les lui donnait. Au contraire, tous se moquaient de lui. Les chiens seuls le prenaient en pitié et léchaient ses plaies. Il arriva que le pauvre mourut et que les anges le portèrent dans les bras d’Abraham, notre père. Le riche mourut aussi et les diables le portèrent dans les bras de Satan.
Alors tourmenté à l’extrême, il leva les yeux et il vit au loin Lazare dans les bras d’Abraham. Le riche cria : «Père Abraham, aie pitié de moi! Envoie Lazare pour qu’il m’apporte une goutte d’eau sur ses doigts, afin de me rafraîchir la langue, car elle est tourmentée dans cette flamme!» Abraham répondit : «Fils, souviens-toi que tu as reçu ton bien dans l’autre vie et que Lazare a reçu son mal. C’est pourquoi tu seras maintenant dans le tourment et Lazare dans la consolation.» le riche appela de nouveau : «Père Abraham, chez moi j’ai trois frères; envoie donc Lazare leur raconter tout ce que je souffre, pour qu’ils fassent pénitence et ne viennent pas ici!» Abraham répondit : «Ils ont Moïse et les Prophètes, qu’ils les écoutent!» Le riche rétorqua : «Non, Père Abraham! Mais si un mort ressuscite, ils croiront!» Abraham reprit : «Celui qui ne croit pas à Moïse et aux Prophètes, ne croira pas non plus aux morts, s’ils ressuscitent!»
«Voyez donc s’ils sont bienheureux les pauvres, dit Jésus; ils sont patients, ils ne désirent que le nécessaire en haïssant la chair! Comme ils sont misérables ceux qui mènent les autres au tombeau où ils donneront leur chair en nourriture aux vers. Ils n’apprennent pas la vérité, mais se comportent au contraire ici-bas, comme des immortels! Ils se bâtissent donc de grandes maisons, achètent de grandes rentes et vivent superbement.»
Chapitre 25
Comment on doit mépriser la chair et vivre dans le monde.
Celui qui écrit ceci dit alors : «Maître, tes paroles sont vraies et c’est pourquoi nous avons tout abandonné pour te suivre. Dis-nous comment nous devons haïr notre chair, puisqu’il n’est pas permis de tuer, et que, si l’on vit, il faut la nourrir.»
Jésus répondit : «garde ta chaire comme un cheval et tu vivras en sécurité parce qu’à un cheval on mesure sa nourriture, mais on ne mesure pas sa fatigue; on lui met le mors pour qu’il marche à ta guise; on l’attache pour qu’il ne fasse de mal à personne; on le loge dans un endroit grossier et on le bat quand il n’est pas obéissant. Ainsi feras-tu donc, toi aussi, Barnabé, et tu vivras toujours avec Dieu! Ne scandalisez pas de mes paroles car David, le Prophète, agissait de même, comme il l’avoue en disant : «Je suis comme un cheval près de toi; je suis toujours avec toi.»
Maintenant, dites-moi quel est le plus pauvre, celui qui se contente de peu, ou bien celui qui désire beaucoup? je vous le dis en vérité, si le monde était sain d’esprit, il n’amasserait rien individuellement, mais tout serait en commun; on reconnaît sa folie en ceci : plus il amasse, plus il désire; et tout ce qu’il amasse, il l’amasse pour le repos corporel des autres. C’est pourquoi il vous suffira d’un seul vêtement. Jetez votre bourse. Ne portez ni sac, ni chaussures aux pieds et ne pensez pas : «Qu’adviendra-t-il de nous? » Pensez à faire la volonté de Dieu et Lui pourvoira si bien à vos besoins que vous ne manquerez de rien. Moi je vous le dis en vérité, amasser beaucoup dans cette vie est une bonne preuve qu’on a rien à recevoir dans l’autre. En effet, celui qui a pour patrie Jérusalem ne bâtit pas de maison en Samarie, puisqu’il y a inimitié entre ces deux villes. Comprenez-vous ?» – «Oui », répondirent les disciples.
Chapitre 26
Comment on doit aimer Dieu. Ce chapitre contient aussi l’admirable querelle d’Abraham et de son père.
Jésus dit alors :«Un homme est en voyage. En chemin, il découvre un trésor dans un champ qui est en vente pour cinq deniers. A cette nouvelle, l’homme vend aussitôt son manteau pour acheter ce champ. Est-ce que c’est croyable?». -«Celui qui le croirait pas serait pour un fou», répondirent les disciples. «Vous serez donc fous, dit Jésus, si vous ne donnez pas vos sens à Dieu pour acheter votre âme dans laquelle se trouve le trésor inégalable, puisque pour celui qui aime Dieu, Dieu est à lui, et celui qui a Dieu a tout!»
Pierre intervint : «Maître, comment doit-on aimer Dieu de véritable amour? Dis-le nous!» – En vérité, je vous le dis, répondit Jésus, celui qui ne haïra pas son père, sa mère, ainsi que sa propre vie, ses enfants et sa femme pour l’amour de Dieu, celui-là ne mérite pas d’être aimé par Dieu».
Pierre reprit : «Maître, il est écrit dans la loi de Dieu, au livre de Moïse : «Honore ton père pour vivre longuement sur terre». Et il est dit aussi : «Qu’il soit maudit le fils qui n’obéira pas à son père et à sa mère!» C’est pourquoi Dieu ordonna qu’un tel fils désobéissant fût lapidé par la colère du peuple, devant la porte de la ville. Alors comment dis-tu qu’il faut haïr père et mère ?».
Jésus répondit : «Chacune de mes paroles est vraie parce qu’elle n’est pas de moi mais de Dieu qui m’a envoyé à la maison d’Israël. Aussi je vous le dis que tout ce que vous avez, c’est Dieu qui vous l’a donné. Qu’y a-t-il donc de plus précieux : le don ou bien le donateur ? Quand ton père, ta mère, toute autre chose sont pour toi un scandale dans le service de Dieu, abandonne-les comme des ennemis!»
«Dieu n’a-t-il pas dit à Abraham : «Sors de la maison de ton père et de ta parenté et viens habiter le pays que je te donnerai ainsi qu’à ta descendance». Pourquoi donc Dieu dit-il cela ? Mais parce que le père d’Abraham était sculpteur et qu’il façonnait et adorait les dieux menteurs. Aussi y avait-il inimitié entre eux à tel point que le père voulut faire brûler son fils»
Pierre reprit : «Tes paroles sont vraies. Dis-nous donc comment Abraham raillait son père!»
Jésus répondit : «Abraham avait sept ans quand il commença à chercher Dieu. Un jour donc, il dit à son père :
- «Qu’est ce qui a fait l’homme ? »
- «C’est l’homme, répondit sottement le père. Parce que moi je t’ai fait et mon père m’a fait ».
- «Père, reprit Abraham, ce n’est pas cela. Car j’ai entendu un vieillard dire en pleurant : «Mon Dieu, pourquoi ne m’as tu pas donné d’enfants ?»
- «C’est vrai, fils, répondit le père, Dieu aide l’homme à faire l’homme, mais il n’y met pas la main. Il faut seulement que l’homme aille prier son Dieu et qu’il lui donne des agneaux et des brebis et son Dieu l’aidera».
- «Combien y a-t-il de dieux, père ?» reprit Abraham.
- «Il y en a une infinité, fils» répondit le vieillard.
- «Père, dit Abraham, que ferai-je si je sers un Dieu et qu’un autre veuille me faire du mal parce que je ne le sers pas? Une discorde s’élèvera certainement entre eux et il y aura la guerre parmi les dieux. Mais si par hasard le Dieu qui me veut du mal tue mon Dieu, que ferai-je? Il me tuera certainement moi aussi!»
- Fils, répondit en riant le vieillard, n’aie pas peur, car aucun Dieu ne fera la guerre à un autre Dieu. En effet, dans le grand temple, il y a mille dieux avec le grand Baal. Eh bien, j’ai bientôt soixante-dix ans et je n’ai jamais vu un Dieu en souffleter un autre. Et pourtant, tous ne servent pas le même Dieu, mais celui-ci sert l’un et celui-là un autre».
- «Ils sont donc en paix entre eux.»
- «Oui, dit le père, ils sont en paix.»
Abraham dit alors : «Père, comment sont les dieux ? »
- «Insensé, répondit le vieillard, chaque jour je façonne un Dieu que je vend pour acheter du pain, et toi tu ne sais pas comment sont les dieux!» Juste à ce moment, il fabriquait une idole. «Celui-là, dit-il, est en bois de palmier. Celui-ci en olivier. ce petit-là est en ivoire, regarde comme il est beau! Ne dirait-on pas qu’il est vivant? Pour sûr, il ne lui manque que le souffle!»
- «Père, répondit Abraham, ils n’ont donc pas de souffle les dieux? Comment alors donnent-ils le souffle? S’ils sont sans vie, comment donnent-ils la vie? Père, ils ne sont certainement pas Dieu!»
A ces paroles, le vieillard se mit en colère :
- «Si tu étais en âge de raisonner, dit-il, je te romprais la tête avec cette hache. Mais tais-toi car tu n’as pas encore de raison!»
- «Père, répondit Abraham, si les dieux aident à faire l’homme, comment se fait-il que l’homme fassent les dieux? Et si les dieux se fabriquent avec du bois, c’est un grand péché que de brûler le bois! Mais dis-moi, père, pourquoi, alors que tu as façonné tant de dieux, ne t’ont-ils pas aidé a faire tant d’enfants? Tu serais ainsi le plus puissant du monde!»
Le vieillard était hors de lui d’entendre son fils parler ainsi. Celui-ci ajouta :
- «Père, pendant un certain temps le monde a été vide d’hommes, n’est ce pas?»
- «Oui, répondit le vieillard, et pourquoi ?»
- «Parce que, dit Abraham, je voudrai savoir qui a fait le premier Dieu ».
- «Sors d’ici tout de suite, dit le vieillard! Laisse-moi fabriquer rapidement ce Dieu et ne m’adresse pas la parole, car quand tu as faim tu veux du pain et pas des paroles».
- «Un beau Dieu, certainement, dit Abraham, que vous taillez comme vous voulez et qui ne se défend pas!»
Le vieillard se mit alors en colère et dit :
- «Tout le monde dit que c’est un Dieu, et toi, fou, tu dis qu’il ne l’est pas? Par mes dieux, si tu étais un homme, je te tuerais!» Et cela dit, il donna des coups de poing et de pied à Abraham, et il le chassa de la maison.

Chapitre 27
Dans ce chapitre, on voit clairement combien le rire est impropre aux hommes. On voit aussi la prudence d’Abraham.
Les disciples riaient de la folie du vieillard et admiraient la prudence d’Abraham. Jésus les réprimanda en disant : «Vous avez oublié les paroles du Prophète : Le rire présent est une annonce des larmes à venir. Et encore : Tu n’iras pas où l’ont rit, mais assieds-toi là où l’on pleure, car cette vie traverse des misères».
Jésus dit alors : «Ne savez-vous pas qu’au temps de Moïse, Dieu changea en animaux stupides beaucoup d’hommes qui se trouvaient en Egypte parce qu’ils avaient ri et qu’ils s’étaient moqués des autres? Prenez garde! Ne riez de rien parce que vous pleurerez». Les disciples dirent : «Nous rions de la folie du vieillard». Jésus reprit alors : «En vérité, je vous le dis, chacun aime ce qui lui ressemble et s’y complaît. Si donc vous n’étiez pas fous, vous ne ririez pas de la folie». Ils répondirent «Que Dieu aie pitié de nous ». Jésus dit : «Qu’il en soit ainsi». Philippe intervint alors : «Maître, comment arriva-t-il que le père d’Abraham voulût faire brûler son fils?» Jésus répondit : «Abraham parvenu à l’âge de douze ans, son père lui dit un jour : «Demain, c’est la fête de tous les dieux. Nous irons donc dans le grand temple et nous porterons un présent à Baal, mon grand Dieu. Et toi, tu te choisiras un Dieu, parce que tu es en âge d’avoir un Dieu. » Abraham, en rusant répondit : «Volontiers, mon père ». Ils allèrent donc au temple le matin de bonne heure, avant personne d’autre. Mais Abraham portait une hache cachée sous son vêtement. Une fois dans le temple, tandis que la foule grossissait, Abraham se cacha derrière une idole dans un endroit sombre du temple. Son père crut en s’en allant qu’Abraham était parti à la maison avant lui; il ne se mit donc pas à sa recherche.
Chapitre 28
Lorsque tous eurent quitté le temple, les prêtres fermèrent et s’en allèrent. Abraham prit alors la hache et coupa les pieds de toutes les idoles, sauf ceux du grand Dieu Baal auprès duquel il déposa la hache. Comme les statues étaient vieilles et faites de plusieurs morceaux, en morceaux elles s’écroulèrent. Ensuite, comme Abraham sortait du temple, il fut aperçu par certains qui soupçonnèrent d’y être allé voler quelque chose. Ils le retinrent donc, et arrivés au temple, en voyant leurs dieux brisés de cette manière, ils crièrent en pleurant : «Venez vite, hommes, et tuons celui qui a tué nos dieux ». Près de dix mille hommes ainsi que les prêtres accoururent et demandèrent à Abraham pour quelle raison il avait détruit leurs dieux. Abraham répondit : «Vous êtes insensés. Est-ce qu’un homme peut tuer Dieu? C’est le grand Dieu qui les a tués. Ne voyez-vous pas la hache qu’il a aux pieds ? Il ne veut certainement pas de compagnons ».
Le père d’Abraham arriva alors. Se rappelant tous les discours qu’Abraham avait prononcés contre leurs dieux et reconnaissant la hache avec laquelle Abraham avait brisé les idoles, il s’écria : «C’est mon traître de fils qui a tué nos dieux, car cette hache est à moi ». Il leur raconta alors tous ce qui s’était passé entre lui et son fils. Les hommes rassemblèrent donc une grande quantité de branches et, après avoir lié les mains et les pieds d’Abraham, ils le couchèrent sur les branches et ils y mirent le feu. Et voici que Dieu, par son ange commanda au feu de ne pas brûler Abraham, son serviteur. Le feu prit avec grande fureur et brûla près de deux mille hommes qui parmi ceux qui avaient condamné Abraham à mort. Abraham, au contraire, se trouva libre et porté par l’ange de Dieu près de la maison de son père, sans voir qui le portait. C’est ainsi qu’Abraham échappa à la mort.
Chapitre 29
Philippe dit alors : «Grande est la miséricorde de Dieu envers ceux qu’il aime. Dis-nous, Maître : Comment Abraham parvint-il à la connaissance de Dieu? » Jésus répondit : «Arrivé près de la maison de son père, Abraham craignit d’y entrer. Il s’en éloigna donc un peu et s’assit sous un palmier. Comme il se tenait là, il se dit : «Dieu doit avoir plus de vie et de force que l’homme, puisqu’il fait l’homme ». Alors, en regardant les étoiles, la lune et le soleil, il pensa qu’ils étaient Dieu; mais considérant leur mutabilité et leurs mouvements, il dit : «Dieu ne doit pas bouger et les nuages ne doivent pas l’obscurcir, sans quoi les hommes seraient anéantis ».
Puis, tandis qu’il hésitait ainsi, il s’entendit appeler par son nom : «Abraham!» mais s’étant retourné et ne voyant personne d’aucun côté, il dit : «J’ai pourtant entendu qu’on m’appelait par mon nom : «Abraham!» Puis deux autres fois, de la même manière, il s’entendit appeler par son nom : «Abraham!» Il répondit : «Qui m’appelle?» Alors il entendit qu’on disait : «je suis Gabriel l’ange de Dieu». Abraham fut rempli de crainte. L’ange le réconforta : «Ne crains rien, Abraham, car tu es ami de Dieu. En effet quand tu as mis en pièces les dieux des hommes, tu as été élu par le Dieu des anges et des Prophètes, et tu es inscrit au livre de la vie.»
Abraham demanda alors : «Que dois-je faire pour servir le Dieu des anges et des saints Prophètes?» L’ange répondit : «Va à cette source et lave-toi, parce que Dieu veut parler avec toi.» Abraham reprit : «Mais comment dois-je me laver?» Alors l’ange se présenta à lui même en beau jeune homme et se lava dans la source en disant : «Fais ainsi, toi aussi, Abraham!» Après qu’Abraham se fut lavé, l’ange poursuivit : «va sur cette montagne, car c’est là que Dieu veut te parler». Abraham gravit la montagne comme l’ange le lui avait indiqué.
S’étant assis sur ses jambes, il se disait : «Quand donc le Dieu des anges me parlera-t-il ? » Il entendit des voies suaves qui l’appelaient : «Abraham!» Il répondit : «Abraham! Qui m’appelle ? » La voix reprit : «Je suis ton Dieu, Abraham». Rempli de frayeur Abraham tomba la face contre terre en disant : «Comment ton serviteur pourra-t-il t’écouter, lui qui est poussière et cendre ? » Alors Dieu dit : «Ne crains pas, mais lève toi, car je t’ai choisi pour être mon serviteur, et je veux te bénir et te faire croître en un grand peuple. C’est pourquoi, sors de la maison de ton père et de ta parenté et viens habiter le pays que je te donnerai ainsi qu’à ta descendance ». Abraham répondit : «Seigneur, je ferai tous cela, mais protège-moi pour qu’aucun autre Dieu ne me fasse du mal». Alors Dieu prononça ces paroles : «Je suis seul et il n’y a pas d’autre Dieu que moi. Je frappe et je guéris, je tue et je donne la vie, je conduis en enfer et j’en retire, et personne ne peut se libérer de mes mains». Dieu lui donna alors l’alliance de la circoncision. C’est ainsi que notre père Abraham connut Dieu. Cela dit, Jésus leva les mains en disant : «A toi soient honneur et gloire, ô notre Dieu, Ainsi soit-il »!

Chapitre 30
A l’approche de la Scénopégie , fête de notre peuple, Jésus se rendit à Jérusalem .  L’ayant appris, les scribes et les prêtres tinrent conseil pour le surprendre dans ses paroles .  Un docteur s’approcha donc de lui et dit : « Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? »  Jésus répondit : « Qu’est-il écrit dans la loi ? »  Le tentateur reprit : « Aime le Seigneur ton Dieu et ton prochain.  Tu aimeras ton Dieu par dessus tout, de tout ton cœur et de toute ton âme, et ton prochain comme toi-même ».  Jésus répondit : « Tu as bien répondu, va donc et fais de même, je te le dis, et tu auras la vie éternelle».  Mais lui dit : « Et qui est mon prochain » ?
Jésus répondit en levant les yeux : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, ville reconstruite en malédiction .  En chemin  il fut pris par des voleurs, blessé et dépouillé.  Le laissant à moitié mort, ils s’en allèrent.  Il arriva qu’un prêtre passa par là.  Ayant vu le blessé, il passa outre sans le saluer.  De même, un lévite passa sans un mot. Il  arriva qu’un Samaritain passa aussi.  A la vue du blessé, il fut pris de compassion : il descendit de cheval, souleva le blessé, lava ses blessures avec du vin, les oignit avec un onguent et les pansa.  En le réconfortant, il le mit sur son cheval.  Le soir, à l’auberge, il le confia à la garde de l’hôte.  Le lendemain matin, en se levant, il dit : « Prends soin de lui, je te rembourserai tout».  Il donna au blessé quatre deniers d’or pour l’hôte, et il lui dit : « Bon courage.  Je reviendrai bientôt et je te conduirai chez moi» .
Dis-moi, dit Jésus, de ceux-ci, qui a été le prochain?  Le docteur répondit : « Celui qui fit miséricorde ».  Alors Jésus dit : « Tu as bien répondu.  Va donc et fais de même ».  Confus, le docteur s’en alla.

Chapitre 31
Les prêtres s’approchèrent de Jésus1 :  « Maître, dirent-ils, est-il permis de payer l’impôt à César » ?  Jésus se retourna vers Judas et lui dit : « As-tu de l’argent ? »  -  Après  avoir pris un denier en main, Jésus se tourna vers les prêtres et leur dit : « Ce denier porte une effigie, dites-moi donc de qui elle est ? »  Ils répondirent : « De César ».  -  « Donnez donc à César ce qui est de César, dit Jésus, et ce qui est de Dieu, donnez-le à Dieu ».  Alors, confus, ils s’en allèrent.
Et  voici qu’un centurion  s’approcha et dit : « Seigneur, mon fils est malade.  Aie pitié de ma vieillesse ».  Jésus répondit : « Que le Seigneur Dieu d’Israël ait pitié de toi » !  L’homme s’en alla et Jésus dit :  « Attends-moi, je vais aller chez toi  prier sur ton fils ».  Le centurion répliqua : « Seigneur, je ne suis pas digne qui toi, Prophète de Dieu, tu viennes chez moi :  la parole que tu as dite pour le salut de mon fils me suffit, car ton Dieu t’a constitué seigneur sur toute maladie et, comme me l’a dit son ange tandis que je dormais.  Alors, Jésus fut saisi d’une grande admiration et, se tournant vers la foule, il dit : «Regardez cet étranger, il a plus de foi que je n’en ai trouvé en Israël ».  Et se retournant vers le centurion, il dit : « va en paix, car Dieu a voulu rendre la santé à ton fils à cause de la grande foi qu’il t’a donnée ».  Le centurion s’en alla et en route il rencontra ses serviteurs  qui lui annoncèrent comment son fils était guéri.  L’homme répondit : « A quelle heure la fièvre l’a-t-elle quitté » ? Ils dirent : « Hier, à la sixième heure, la fièvre  l’a  abandonné ».  L’homme reconnut qu’au moment où Jésus avait dit : « Que le Seigneur Dieu d’Israël ait pitié de toi », son fils avait recouvré la santé.  L’homme crut donc à notre Dieu et, rentré chez lui, il mit en pièces tous ses dieux en disant : « Seul le Dieu d’Israël est le Dieu vrai et vivant » .  C’est pourquoi, dit-il, que personne ne mange mon pain s’il n’adore pas le Dieu d’Israël ».

Chapitre 32
Un expert de la loi invita Jésus à dîner pour le tenter.  Jésus y alla avec ses disciples. Beaucoup de scribes l’attendaient aussi à la maison pour le tenter . Or les disciples se mirent à table sans se laver les mains. Les scribes interpellèrent Jésus en ces termes : «Pourquoi tes disciples n’observent-ils pas les traditions de nos anciens et ne se lavent-ils pas les mains avant de manger le pain1 » ?
Jésus répondit : « Et moi, je vous demande : Pour quelle raison avez-vous supprimé le précepte de Dieu pour observer vos traditions ?  Vous dites aux enfants dont le père est pauvre : « Offre et fais vœu  au temple ».  Ils font vœu du peu dont ils devraient nourrir leur père.  Quand leurs pères veulent prendre  l’argent, les enfants s’écrient : « Il est consacré à Dieu, cet argent-là ».  Et les pères souffrent.    Oh, faux scribes, hypocrites.  Est-ce que Dieu dépense cet argent ?  Bien sûr que non, car Dieu ne mange pas, comme il le dit par son serviteur le Prophète David : « Est-ce que je mangerai la chair des taureaux et que je boirai le sang des béliers ?  Rends-moi le sacrifice des louanges, et offre-moi tes vœux, car, si j’avais faim, je ne te demanderais rien, puisque tout est entre mes mains et que l’abondance du paradis est avec moi ».  Hypocrites, vous faites cela pour remplir votre bourse et vous prélevez la dîme sur la rue et la menthe !
Misérables, pourquoi montrez-vous très clairement aux autres la voie par laquelle vous ne voulez pas passer ?  Vous, scribes et docteurs, vous chargez les épaules des autres de poids intolérables, mais vous-mêmes ne voulez pas les toucher d’un seul doigt .
Je vous le dis en vérité, tout mal est entré dans le monde sous le couvert des anciens .  Dites-moi, l’idolâtrie, qui la fit entrer dans le monde sinon l’usage des anciens?  En effet, il y eut un roi qui aimait énormément son père ; ce dernier se nommait Baal.  A la mort de son père, le fils, pour se consoler fit faire une effigie à sa ressemblance et la mit sur la place de la ville.  Il décréta que serait tué celui qui s’approcherait de cette stature dans un rayon de quinze coudées et que, sous aucun prétexte nul ne devrait le molester .  Aussi les malfaiteurs en raison du profit qu’ils en tireraient, commencèrent-ils à offrir à la statue des roses et des fleurs.  En peu de temps, cette offrande se changea en argent et en nourriture, si bien que pour l’honorer ils l’appelèrent Dieu.  Cette habitude se changea en loi, de sorte que l’idole de Baal se répandit dans le monde entier.
Oh, comme Dieu s’en plaint par le Prophète Isaïe en disant : « Vraiment ce peuple m’adore en vain, car ils ont détruit ma loi que je leur ai donnée par Moïse, mon serviteur, et ils suivent les traditions de leurs anciens ».
« Je vous le dis en vérité, manger le pain avec les mains sales ne souille pas l’homme ; ce qui le souille, ce n’est pas ce qui entre en lui, mais ce qui en sort ».
Un scribe dit alors : « Donc, si je mange du porc et d’autres aliments impurs, ils ne souilleront pas ma conscience » ?  Jésus répondit : « La désobéissance ne peut pas entrer dans l’homme, mais elle peut sortir de lui, de son cœur ; il sera donc souillé s’il mange l’aliment défendu. »  Un docteur dit alors : « Maître, tu as beaucoup parlé contre l’idolâtrie, comme si le peuple d’Israël avait des idoles ; tu nous fais injure » !  Jésus répondit : « Je sais bien qu’aujourd’hui, en Israël, il n’y a pas de statues de bois, mais il y a des statues de chair  ».  Tous les scribes, en colère, répliquèrent : « Sommes-nous des idolâtres »?  Jésus répondit : « Je vous le dis en vérité : le précepte ne dit pas : « tu adoreras », mais il dit : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ton âme, de tout ton cœur et de tout ton esprit. «Est-ce vrai »?  dit Jésus ; « C’est vrai », répondirent-ils tous.

Chapitre 33
Jésus dit alors : « En vérité, tout ce que l’homme aime, ce pourquoi il laisse tout le reste, c’est cela son Dieu.  Ainsi le fornicateur a-t-il la prostituée pour idole; celui qui mange et qui boit a pour idole sa propre chair ; l’avare a pour idole l’argent et l’or.  Et ainsi de chaque pécheur ».
Celui qui l’avait invité dit alors : « Maître, quel est le plus grand péché ? »  Jésus répondit : « Quelle est la plus grande ruine pour une maison ? »  Tous se taisaient.  Alors de son doigt,  Jésus montra les fondations et dit : « Dès que les fondations s’écroulent, la maison tombe en ruines et on doit la reconstruire.  Mais lorsque s’écroule n’importe quel autre élément de la maison, on peut réparer.  De même, je vous le dis, l’idolâtrie est pour l’homme le plus grand des péchés ; en effet, elle le prive totalement de foi et, par conséquent, de Dieu ; et il ne peut plus avoir aucun fruit spirituel ; tandis que tout autre péché lui laisse l’espoir d’obtenir miséricorde.  Je dis donc que l’idolâtrie est le plus grand des pêchés ». Tous étaient émerveillés des paroles de Jésus, reconnaissant qu’on ne pouvait rien y reprendre .
Jésus ajouta : « Rappelez-vous ce que Dieu a dit et ce que Moïse et Josué ont écrit dans la loi, et vous verrez combien ce péché est grave.  S’adressant à Israël Dieu dit : « Tu ne te feras aucune représentation de ce qui se trouve au ciel ou de ce qui se trouve sous le ciel ; tu ne t’en feras pas de ce qui se trouve sur la terre ni de ce qui se trouve sous la terre ; ni de ce qui se trouve sur l’eau ou de ce qui se trouve dans l’eau. parce que je suis ton Dieu, fort et jaloux  qui se vengera de ce péché sur les pères et sur leurs enfants jusqu’à la quatrième génération ».  Rappelez-vous que, lorsque notre peuple eut façonné un veau et qu’il l’eût adoré, Josué et la tribu de Lévi tirèrent l’épée sur l’ordre de Dieu et tuèrent cent vingt mille de ceux qui ne demandèrent pas pardon à Dieu envers les idolâtres! »

Chapitre 34
Devant la porte se tenait quelqu’un dont la main droite était repliée de sorte qu’il ne pouvait s’en servir.  Alors, élevant son cœur vers Dieu, Jésus pria.  Puis il dit : « Afin que vous sachiez que mes paroles sont vraies, je dis : « Au nom de Dieu, homme, étends ta main malade.»  Il l’étendit, guérie, comme si jamais elle n’avait eu mal .
Ensuite, ils commencèrent à manger avec crainte de Dieu.  Après avoir un peu mangé, Jésus reprit : « Je vous le dis en vérité, il vaudrait mieux brûler une ville que d’y laisser une mauvaise coutume.  A ce propos, Dieu est irrité contre les princes et les rois de la terre auxquels il a donné l’épée pour détruire les iniquités. »
Puis Jésus dit : « quand tu es invité, je te rappelle de ne pas te mettre à la première place, de peur que, s’il arrive un ami de l’hôte plus important que toi, celui-ci ne te dise : « Lève-toi et assieds-toi plus bas, » ce qui serait pour toi une honte.  Mais va t’asseoir à la place la plus modeste afin qu’en te voyant, celui qui t’a invité dise : « Lève-toi, ami, et viens t’asseoir ici, plus haut » ; et alors ce sera pour toi un grand honneur.  Car celui qui s’élève sera humilié et celui qui s’humilie sera élevé.  Je vous le dis en vérité, Satan ne devint pas réprouvé pour un autre péché que pour son orgueil, comme le dit le Prophète Isaïe en l’invectivant en ces termes « Comment es-tu tombé du ciel, Lucifer, toi qui étais la beauté des anges et qui brillais comme l’aurore?  Vraiment ton orgueil est tombé par terre. » Je vous le dis en vérité, si l’homme connaissait ses misères, il pleurerait toujours ici-bas et il se considérerait comme plus vil que toute autre chose.  Ce n’est pas pour une autre raison que le premier homme et sa femme pleurèrent cent ans sans s’arrêter en demandant pardon à Dieu. Car ils reconnaissaient vraiment où ils étaient tombés par leur orgueil. »
Cela dit, Jésus rendit grâces.  Ce jour-là, furent rendus publics à Jérusalem tout ce que Jésus avait dit et le miracle qu’il avait fait.  Aussi le peuple remerciait-il Dieu en bénissant son saint nom.  Mais comme les scribes et les prêtres avaient entendu dire qu’il avait parlé contre les traditions des anciens, ils s’enflammèrent d’une haine plus grande et endurcirent leur cœur comme Pharaon. Ils  cherchaient donc une occasion de le faire mourir, mais ils ne la trouvaient pas.

Chapitre 35
Jésus quitta Jérusalem et s’en alla au désert de l’autre côté de Jourdain. Quand ils furent assis, ses disciples lui dirent : «Maître, dis-nous comment Satan tomba par orgueil, car nous avons entendu dire qu’il tomba par désobéissance, et dis-nous pourquoi il pousse toujours l’homme à faire le mal.»
Jésus répondit : «Dieu ayant créé une masse de terre  et l’ayant laissée pendant 25 000 ans sans rien faire d’autre, Satan, qui était en quelque sorte prêtre et chef des anges, sut, grâce à la grande intelligence qu’il avait, que Dieu devait tirer de cette masse de terre cent quarante quatre mille marqués du caractère de la prophétie ainsi que le Messager de Dieu dont il avait créé l’âme soixante mille ans avant quoi que ce fût .  Aussi dans son indignation, il excitait les anges : «Prenez garde, disait-il, un jour Dieu voudra que nous révérions cette terre.  Mais considérez que nous sommes esprit et que par conséquent il ne convient pas de le faire. »  Aussi beaucoup se séparèrent de Dieu.
Alors, un jour que tous les anges étaient rassemblés, Dieu dit : « Vite, que chacun de ceux qui me considèrent comme leur Seigneur révèrent cette terre. Ceux qui aiment Dieu se prosternèrent, mais Satan et ceux qui pensaient comme lui dirent : «Seigneur, nous sommes esprit, et par conséquent  il n’est pas juste que nous révérions cette boue. »  A peine avait-il dit cela que Satan devint horrible, épouvantable à voir, et que ses partisans devinrent hideux, car, à cause de leur rébellion, Dieu leur reprit cette beauté qu’il leur avait donnée en les créant. Relevant la tête, les saints anges virent le monstre épouvantable qu’était devenu Satan ainsi que ses partisans, et de frayeur, ils tombèrent la face contre terre.
Satan dit alors : « Seigneur, tu m’as rendu hideux injustement, mais j’en suis content, car je veux détruire tout ce que tu feras.»  Les autres diables dirent : « Ne l’appelle pas Seigneur, Lucifer, parce que c’est toi le Seigneur. »  Dieu dit alors aux partisans de Satan : « Repentez-vous et reconnaissez-moi pour Dieu, votre créateur. » Ils répondirent : « C’est de t’avoir révéré que nous nous repentons parce que tu n’es pas juste, tandis que Satan est juste et innocent.  C’est lui notre Seigneur. »  Dieu dit alors, « Allez-vous en loin de moi, maudits, car je n’ai pas pitié de vous . »
En s’en allant, Satan cracha sur cette masse de terre ; ce crachat, l’ange Gabriel l’enleva avec un peu de terre.  De là vient le nombril que l’homme a maintenant dans le ventre.

Chapitre 36
Les disciples restaient très frappés de la rébellion des anges.  Jésus dit alors : « En vérité, je vous le dis : celui qui ne prie pas est plus scélérat que Satan et subira de plus grandes peines.  Car Satan n’eut avant sa chute aucun exemple à craindre, Dieu ne lui envoya non plus aucun Prophète pour l’inviter à faire pénitence, tandis que l’homme, maintenant que tous les Prophètes sont venus, sauf le Messager de Dieu qui viendra après moi, puisque Dieu veut que je prépare sa route, mais l’homme, dis-je, malgré les exemples infinis qu’il a de la justice de Dieu, vit tranquille, sans aucune crainte, comme si Dieu n’existait pas. Comme a dit de tels hommes, le Prophète David : « Le sot a dit dans son cœur : il n’y a pas de Dieu»  Aussi se sont-ils corrompus et sont-ils devenus abominables sans faire aucun bien»
Priez sans cesse, ô mes disciples, pour recevoir ; car qui cherche, trouve ; à qui frappe, on ouvre et qui demande, reçoit.  Dans la prière, ne vous souciez pas de parler beaucoup, car Dieu fait attention au coeur, comme il le dit par Salomon : « Mon serviteur, donne-moi ton cœur ».  Je vous le dis en vérité, vive Dieu, les hypocrites font grande oraison en tout lieu de la ville pour être vus et considérés comme saints par les gens, mais leur cœur est plein de scélératesse.
Aussi ne comprennent-ils pas ce qu’ils demandent.  Il faut que tu comprennes ta prière, si tu veux que Dieu la reçoive.  Or, dites-moi, qui irait parler au gouverneur romain, ou à Hérode, sans d’abord comprendre son propre cœur, où il va et ce qu’il va faire ?  Personne, assurément.  Et si l’homme fait ainsi pour parler avec l’homme, que doit faire l’homme pour parler avec Dieu, lui demander pardon de ses péchés et le remercier de tout ce qu’il lui a donné ?  Je vous le dis en vérité, très peu font une véritable prière.
C’est pourquoi Satan a pouvoir sur eux, car Dieu ne veut pas de ceux qui l’honorent des lèvres ; dans le temple, leurs lèvres demandent miséricorde et leur cœur crie justice.  Comme il dit à Isaïe le Prophète : « Ote-moi ce peuple, il m’incommode, car ils m’honorent des lèvres, mais leur cœur est loin de moi .  Je vous le dis en vérité, celui qui va prier inconsidérément se moque de Dieu.  Qui donc irait parler à Hérode en lui tournant le dos, et dirait en sa présence du bien du gouverneur Pilate qu’il hait à mort ?  Personne assurément.  Néanmoins, l’homme qui va prier et qui ne s’y prépare pas, tourne le dos à Dieu et présente son visage à Satan.  Il dit du bien de ce dernier, car il a dans le cœur l’amour des iniquités dont il ne s’est pas repenti. Si quelqu’un qui t’a injurié te disait avec les lèvres : « Pardonne-moi!» et qu’avec la main, il te donnait un soufflet, comment lui pardonnerais-tu?  Dieu aura-t-il pitié de ceux qui disent avec leurs lèvres : « Seigneur, aie pitié de nous! », tandis que leur cœur aime les iniquités et qu’ils pensent à de nouveaux péchés ? »

Chapitre 37
Les disciples pleuraient aux paroles de Jésus.  Ils lui demandèrent : « Seigneur, apprends-nous à prier ».  Jésus répondit : « Considérez ce que vous feriez si le gouverneur romain vous arrêtait pour vous mettre à mort.  Eh bien, cela même, faites-le quand vous allez prier.  Que vos paroles soient celles-ci : Seigneur notre Dieu, que ton nom soit sanctifié. Que ton règne vienne en nous.  Que ta volonté soit toujours faite au ciel. Donne-nous le pain de ce jour. Pardonne-nous nos péchés de même que nous pardonnons à ceux qui pèchent contre nous. Ne nous laisse pas tomber dans les tentations. Mais délivre-nous du mal. Car toi seul est notre Dieu à qui appartiennent gloire et honneur à jamais ».

Chapitre 38
Jean répondit : « Maître, cesserons-nous de nous laver alors que Dieu l’a commandé par Moïse?  Jésus répliqua : « Pensez-vous que je sois venu détruire la loi et les Prophètes?   Je vous le dis en vérité, vive Dieu, je ne suis pas venu la détruire, mais au contraire l’observer.  Tout Prophète en effet a observé la loi de Dieu ainsi que tout ce que Dieu a dit par les autres Prophètes. Vive Dieu, en présence de qui se tient mon âme, personne ne peut plaire à Dieu s’il abolit un précepte pour infime qu’il soit.  Il sera lui aussi infime dans le royaume de Dieu, et même il n’y aura plus aucune part.  Bien plus, je vous le dis, une seule syllabe de la loi ne peut être abolie sans péché très grave.  Au contraire, je vous avertis qu’il faut observer ce que Dieu dit par le Prophète Isaïe : « Lavez-vous et soyez purs.  Otez vos pensées de mes yeux»  Je vous le dis en vérité, toute l’eau de la mer ne lavera pas celui qui aime de cœur les iniquités.  Et je vous dis encore que personne ne fera une prière agréable à Dieu s’il n’est pas lavé; au contraire, il chargera son âme d’un péché semblable à l’idolâtrie.
Croyez-moi, si l’homme priait Dieu comme il convient, il obtiendrait certainement autant qu’il demande. Rappelez-vous Moïse , serviteur de Dieu, qui, par la prière flagella l’Egypte, ouvrit la Mer Rouge et y engloutit Pharaon avec son armée. Rappelez-vous Josué qui fit arrêter le soleil; Samuel qui épouvanta l’innombrable armée des Philistins ; Elie qui fit pleuvoir le feu du ciel ; Elisée qui ressuscita un mort; et tant d’autres Prophètes saints qui obtenaient tout ce qu’ils demandaient par la prière. C’est que ceux-là, à la vérité, ne se recherchaient pas eux-mêmes dans leurs propres affaires; ils ne recherchaient que Dieu et son honneur.

Chapitre 39
Jean dit alors : «Tu as bien parlé, Maître, mais il nous reste encore à savoir comment l’homme pécha par orgueil.  Jésus répondit : Quand Dieu eut chassé Satan, et que l’ange Gabriel  eut purifié cette masse de terre où Satan avait craché, Dieu créa tout ce qui vit, aussi bien les animaux qui volent que ceux qui marchent et ceux qui nagent, et il orna le monde de tout ce qu’il a.
Un jour, Satan s’approcha des portes du paradis et, voyant les chevaux manger de l’herbe, il leur annonça que, si cette masse de terre recevait une âme, ils en souffriraient beaucoup et qu’ils feraient bien de piétiner cette terre de façon qu’elle ne soit plus bonne à rien. Les chevaux s’ébrouèrent et se disposèrent avec fougue à ravager cette terre qui gisait parmi les lis et les roses.
Alors Dieu donna le souffle au morceau de terre impure sur laquelle se trouvait le crachat de Satan que Gabriel avait enlevé de la masse, et il suscita le chien.  Celui-ci en aboyant, remplit de peur les chevaux qui s’enfuirent.  Puis Dieu donna l’âme à l’homme, tandis que tous les saints anges chantaient. :  «Béni soit ton saint nom, ô Dieu notre Seigneur ».
Se dressant sur ses pieds, Adam vit, en l’air, une inscription brillante comme le soleil.  Elle disait : « Il n’y a qu’un seul Dieu, et Muhammad est le Messager de Dieu »   Alors Adam ouvrit la bouche et dit : « Je te rends grâces, Seigneur mon Dieu, d’avoir daigné me créer, mais dis-moi, je t’en prie, que signifient ces paroles : Muhammad Messager de Dieu ? » Y a-t-il eu d’autres hommes avant moi ? »    Dieu répondit alors : « Sois le bienvenu, ô mon serviteur Adam!  Je te le dis, tu es le premiers homme que j’ai créé.  Celui que tu as vu est ton fils qui se tiendra prêt pendant bien des années à venir au monde.  Il sera mon Messager.  C’est pour lui que j’ai tout créé, Il donnera lumière au monde quand il viendra.  Son âme se trouve dans une splendeur céleste ; elle y fut mise soixante mille ans avant que je fasse quoi que ce soit.  Adam pria Dieu en disant : « Seigneur, inscris cela sur mes ongles » Dieu inscrivit alors cela sur les pouces du premier homme.  Sur l’ongle de la main droite, il y avait : « Il n’y a qu’un seul Dieu»; et sur l’ongle de la main gauche, il y avait : Muhammad est le Messager de Dieu ». Aussi, avec une affection paternelle, le premier homme baisa ces mots.  Il se frotta les yeux et dit : « Béni soit le jour où tu viendras au monde!»
Voyant que l’homme était seul, Dieu dit : «Il n’est pas bon que l’homme soit seul ».  Il le fit donc dormir. Lui ayant pris une côte du côté du cœur et ayant rempli cet endroit de chair, il fit de cette côte Eve et il la donna à Adam pour épouse. Il les fit tous deux maîtres du paradis et leur dit : «Voici, je vous donne tous les fruits à manger, sauf les pommes et le blé ».  A leur sujet il dit : «Gardez-vous absolument de manger de ces fruits, car vous en deviendriez si impurs que je ne souffrirais pas que vous restiez ici. Je vous chasserais dehors et vous souffririez de grandes misères.

Chapitre 40
L’ayant appris, Satan fut pris de rage.  Il s’approcha de la porte du paradis que gardait un horrible serpent dont les jambes étaient comme celles d’un chameau et dont les ongles des pieds coupaient de tous côtés comme rasoir.  L’ennemi lui dit : « Laisse-moi entrer dans le paradis. »  Le serpent répondit : « Comment te laisserai-je entrer puisque Dieu m’a commandé de te chasser ? »  Satan reprit : « Voici donc comme Dieu t’aime : il t’a placé hors du paradis à la garde de ce tas de boue qu’est l’homme.  Mais si tu me fais entrer dans le paradis, je te rendrai si épouvantable que chacun te fuira et qu’ainsi tu pourras aller et venir à ton gré.  Le serpent dit alors : « comment te ferai-je entrer ? »  Satan reprit : « Tu es grand ; ouvre donc la bouche; j’entrerai dans ton ventre; ainsi, quand tu entreras dans le paradis, tu me mettras à côté de ces deux tas de boue qui marchent depuis peu sur la terre. »
Le serpent le fit donc et il mit Satan auprès d’Eve, car Adam, son mari, dormait.  Satan se présenta à la femme comme un bel ange et lui dit : « Pourquoi ne mangez-vous pas de ces belles pommes et aussi du blé ? »  Eve répondit : « Notre Dieu nous a dit que si nous en mangeons, nous deviendrons impurs et il nous chassera du paradis. »  Satan reprit : « Ce n’est pas vrai.  Tu dois savoir que Dieu est méchant et envieux.  C’est pour cela qu’il ne veut pas d’égaux et qu’il considère chacun comme un esclave.  C’est afin que vous ne deveniez pas ses égaux qu’il vous a parlé ainsi, mais si toi et ton compagnon vous suivez mon conseil, vous mangerez de ces fruits comme les autres et vous ne serez pas soumis aux autres.  Au contraire, vous connaîtriez le bien et le mal comme Dieu et vous ferez ce qui vous plaira, car vous serez égaux à Dieu. »  Alors Eve en prit et en mangea.  Son mari une fois réveillé, elle lui rapporta tout ce que Satan lui avait dit.  Il prit ce que son épouse lui présentait et en mangea.  Ensuite, tandis que la nourriture descendait, il se souvint des paroles de Dieu, et voulant arrêter la nourriture, il se mit la main dans la gorge, là où tout homme en a la marque.

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