Traduction de l’Etranger d’Albert Camus en Tamazight

Posté par algeriedemocratie le 17 août 2011

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Interview de Murad Zimu sur le recueil de nouvelles en tamazight « Ameddakel »

Posté par algeriedemocratie le 15 août 2011

Interview de Murad Zimu sur le recueil de nouvelles en tamazight

La littérature kabyle écrite peut aujourd’hui s’enorgueillir de posséder une nouvelle génération de jeunes auteurs qui semblent de plus en plus conscients de la nécessité de la faire sortir de ses thématiques et des formes traditionnelles qui, à force de répétition, risquent de devenir obsolètes.

Le danger guette toujours les littératures qui ne se renouvellent pas… Dans cette génération d’auteurs, on peut citer Brahim Tazaghart, Kamal Bouamara, Ramdane Abdenbi, Djamal Arezki, Saïd Chemakh et Mourad Zimu. Auteur d’un premier recueil de nouvelles (Tikli Le cheminement) édité par le HCA, revoici Zimu qui récidive en publiant Ameddakel, un deuxième recueil édité aux Editions Tira (Bougie), composé de dix textes : Amedah, akarni azeggagh, Zwina, Ameddakel, Litidyu… Le thème de la camaraderie les traverse tous, d’où le titre du recueil. Amerdakh met en scène une esthétique typique de la nouvelle : celle de la surprise. Bien que le début du récit traîne un peu par certaines lourdeurs, l’auteur réussit brillamment la suite du récit. Qasi, le personnage central, est tombé dans une affaire dont il ne saisit apparemment pas les contours : à la veille de son départ en Algérie, ce kabyle de Paris, qui vient d’obtenir ses papiers, reçoit la visite de policiers qui l’accusent d’avoir participé à un kidnapping. Le nœud de l’histoire est ingénieusement dissimulé : le nouvelliste prend le pari d’entraîner son lecteur jusqu’au bout du récit avant de le lui révéler. Pari réussi ! Racontée par un narrateur témoin, la nouvelle Akarni azeggagh (Le carnet rouge) traite de la violence des « années noires ». Le lecteur retiendra inéluctablement cette expression véhiculée par le titre (Akaṛni azeggagh), qui traduit à elle seule le drame d’un citoyen et celui de tout un peuple, pris en otage : Un chauffeur de camion (un routier) traverse chaque nuit un barrage de militaires. Ces derniers le contraignent à choisir : soit il attend le lever du jour, soit il franchit le barrage et prend ainsi ses responsabilités en cas d’attaque. Le narrateur fait vivre au lecteur d’intenses moments de peur, traversés par des lueurs d’espoir de délivrance. Nous laisserons le lecteur découvrir par lui-même le mystère du carnet rouge. La nouvelle Zwina est écrite sur la trame de deux destins féminins : l’une n’arrive pas à tomber enceinte, l’autre, une attardée mentale n’arrive pas à trouver sa place dans la société, mais l’une trouve chez l’autre un peu de réconfort : Zwina trouve dans les petits moments fugaces qu’elle passe auprès de sa voisine une bouffée d’oxygène. De même pour Saɛdia qui subit la fureur de son époux frustré de ne pas avoir d’enfants. Les deux figures représentent la condition fragile de la femme. Fragile, car sa liberté et son bonheur dépendent de ceux de son partenaire (le cas de Sadia). Dans le cas de Zwina, sa différence (elle est attardée mentale) lui impose de rester cloîtrée à la maison, au lieu de suivre sa scolarité comme les filles de son âge. Courts et incisifs, les quatre derniers récits mettent en scène, dans un style plein de dérision, à la manière de Mohia, la figure de l’étudiant, foncièrement en décalage avec sa société… Zimu est visiblement marqué par cette figure. Ainsi, dans Ameddakel, le narrateur raconte l’histoire d’une amitié entre deux étudiants que tout rassemble, de leur condition foncièrement précaire jusqu’à l’amour d’une même étudiante. La fin du récit ne manquera pas d’émouvoir le lecteur… La nouvelle est un genre littéraire très difficile : l’écrivain est contraint de s’en tenir au principe de la concision, de condenser sa matière littéraire et de créer de l’effet sur son lecteur. Les nouvelles de Zimu ne laissent pas indifférent le lecteur, c’est l’un de leurs nombreux mérites. La langue utilisée dans le recueil est d’une grande clarté. Si le caractère expérimental de la littérature kabyle écrite est, pour l’instant, très évident, elle connaîtra un grand essor grâce à des écrits comme Ameddakel, a fortiori lorsqu’une tradition de lecture sera bien installée.

Amar Ameziane

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Entretien avec Mohend A. Bessaoud ( revue Azar ,avril 1992)

Posté par algeriedemocratie le 13 août 2011

 

Entretien avec Mohend A. Bessaoud ( revue

 Azar

,avril 1992)

Azar : Vous êtes le principal fondateur et l’animateur de l’

 Agraw Imazighen

(AcadémieBerbère). Fondée en à Paris en 1966, c’est-à-dire à un moment de grande répression contretout ce qui est berbère, cette association culturelle, à travers les bulletins qu’elle diffusait, aeut un énorme impact auprès de la jeunesse berbérophones, notamment celle de Kabylie.Pouvez-vous nous retracer en quelques lignes cette épopée ?M.A.Bessaoud

: Vous n’ignorez pas que le berbérisme, en tant que doctrine politique, a été créepar un groupe de jeunes kabyles dont Laïmeche Ali avait été le leader, et ce par opposition àl’arabisme virulent qui veut que l’Algérie, voire l’Afrique du Nord toute entière, soit arabe. Ces jeunes, contrairement à ce que l’on pourrait penser, étaient d’ardents nationalistes algérienspuisqu’ils étaient tous des militants du MTLD, après avoir été, pour les plus âgé d’entres eux, ceuxdu PPA. Malgré cela, les dirigeants de ces partis virent en eux un grand danger…pour lenationalisme arabe dont ils étaient porteurs. D’où leurs attaques virulentes, n’excluant pas laviolence, allant également jusqu’à qualifier ces ardents nationalistes « d’agents de la colonisation »,donc de « traitres ».Ils (les dirigeants des partis) n’ignoraient pas pourtant que les Français les traquaient au même titreque les autres nationalistes, puisqu’ils furent obligés, pour échapper aux arrestations et à la torture,de prendre le maquis où mourut hélas ! Laïmeche Ali, victime de typhus.Les autres jeunes, n’ayant pas pu entrainer la population derrière eux, mirent fin à leur « aventureguerrière » en saisissant la chance d’une amnistie que leur offrit la France, cette nation« magnanime ». Ce qui permit à beaucoup d’entres eux de rallier le FLN à sa naissance. Il n’en futpas de même hélas pour ceux qui hésitèrent, comme ce fut le cas de Ouali Bennaï, Ould HemoudaAmar, Si Moh Benaïssa… car ils furent assassinés par le FLN en 1956, mettant ainsi un terme finalà ce berbérisme qui était devenu la bête noire des tenants de l’arabisme.Cette finale dramatique pour ne pas dire « cet échec », est due au fait que l’idée du berbériste,véhiculée par les jeunes dont nous avons parlé, passait aux yeux de la population, aidée en cela parles propagandistes du MTLD, comme un « facteur de division ». L’heure était donc à l’unité face aucolonialisme français.C’est dire que le nombre de militants berbéristes était minime pour entrainer une mobilisation de la jeunesse kabyle. Il y avait en effet, pour toute la petite Kabylie, deux militants, de qualité il est vrai, je veux nommer le docteur Aïssani et le professeur Mohamed Chérif Sahli.Quand à la basse Kabylie, j’ai beau racler ma mémoire pour allonger la liste, je ne peux cependantvous offrir que les noms suivants : Si Mouh Benaïssa, professeur d’arabe de Mechtras, le professeurAnane Slimane, Aït Amrane Si El Hocine d ighil Bouzerou, Hamiche de Tigzirt s/mer et quelquesautres…Même en autre Kabylie, les militants berbéristes ne couraient pas les rues en dehors bien entendu,des lieux de sa naissance, je peux nommer Tizi Rachid, Mekla et Djemaa Saharidj. On trouve eneffet Ould Hemmouda Amar de Tassaft Ouguemoun, Aït Medri d’Aït Ziri, Ben Younés Mohand àAït Hichem, Si Mohand Amokrane Aydjer d Azazga.Bref le berbérisme, malgré ses chants guerriers, ne pouvait pas mobiliser des compagnies. Mais cet échec me servit personnellement, car il permit de me rendre compte que l’on ne peut pas créer unparti politique berbériste sans qu’il y ait des Berbères. Idée que seul un des anciens berbéristespartagea, je veux parler d’Amara Ouali Tahar et aussi du docteur Younes Bouchek. Je suis d’ailleursabsolument certain que le premier nommé eut été parmi les membres fondateurs si je l’y avaisinvité. De toute façon, il m’aida plus que d’autres à continuer mes activités, au moment où Hanouz Mohend Saïd me déclara la guerre à cause de la «

grammaire berbère » qu’il avait publiée, et que je jugeais «impropre à la consommation».

 

Sans Agraw Imazighen…

Il serait trop long de parler des difficultés que nous avons rencontrées, les jeunes et moi, dans ladiffusion de nos tracts et nos bulletins, donc de nos idées. Insultés souvent, menacés parfois, nousfumes obligés d’ignorer les provocations, proférées trop souvent par des kabyles aux yeux desquelsnous passions pour des « diviseurs », donc des « traitres ». Et en ce qui me concerne, des menacesde mort ne me furent pas épargnées. Savez-vous, par exemple, que j’ai été condamné à mort par leFFS en 1968. Mr Aït Ahmed l’a, lui-même, avoué, par Boumediene à divers reprises, et notammenten 1969 ; en 1970 par Krim Belkacem et en 1977 par Hassane Aneggaru, qui se dit encore le roi duMaroc.« Pourquoi M. Aït Ahmed et Krim Belkazcem adoptèrent-ils cette position » ? diriez-vous. Toutbonnement parce qu’ils étaient convaincus que l’Académie Berbère empêchait développement deleurs partis respectifs. Sur quoi, ils n’avaient pas tort. Ce furent d’anciens militants et sympathisantsde l’Académie Berbère qui permirent à M. Aït Ahmed d’émerger de l’isolement où il se trouvait.En conclusion, n’en déplaise à certains auteurs qui oublient volontairement que le berbérisme estmort en 1956 et enseveli en 1962, sans Agraw Imazighèn (Académie Berbère) ils seraientaujourd’hui citoyens d’un pays qui ne serait plus le leur.

Azar : Qu’elle est la grande manifestation de l’Académie Berbère en France alors queL’Amicale des Algériens en Europe était omniprésente ?

M. A. Bessaoud : Les chanteurs kabyles peuvent aujourd’hui se produire librement sans êtrel’objet d’une attaque de la part de l’Amicale. Ils ignorent cependant que çà n’a pas toujours étéainsi.Tenez, en 1969 par exemple, parce que l’Amicale ne faisait aucune place à nos chants dans les galasqu’elle organisait, nous décidâmes d’en organiser un avec des chanteurs typiquement kabyles.Aussitôt branle-bas de combat au siège de l’Amicale ainsi que du consulat et même del’Ambassade. Ils convoquèrent un à un les chanteurs que nous avions réunis sur notre affiche pourleur dire qu’ils participaient, sans le savoir peut-être, à une entreprise de division.»

L’Académie Berbère, leur dit-on en outre, est crée par la C.I.A. en accord avec Israël ». On leurajouta que « les pères blancs et les pieds noirs n’étaient pas étrangers non plus à cette création

Bref, « chanter c’était trahir le pays ». Comme j’avais offert de grosse sommes d’argent à ces joueurs de guitares et de tam-tam, ils persistèrent dans leur attitude. Alors l’Amicale changea detactique. Ses militants nous déchirèrent en effet presque toutes les affiches (1200) que nous avionscollées dans les cafés et dépêcha, le jour du gala, plus d’un millier de ces militants pour dissuaderles nôtres de venir. Tous les boulevards, de St Michel aux Gobelins en passant par st Germainétaient occupés par eux et des groupe de six ou sept arrêtaient les gens et tentaient de les menaceren cas où… Rien n’y fit. Car le gala fut un immense succès. Ce qui amena l’Amicale, soucieuse degagner du « fric », à organiser des galas dans les principales villes de France, et avec des chanteurskabyles, s’il vous plait. Ce qui lui valut mes félicitations et une féroce « engueulade » de KaïdAhmed.

Azar : Est-ce que les jeunes vous encourageaient ?

 M.A B

: Sans eux, sans leur enthousiasme, il n y aurait pas eu d’Agraw Imazighen, car ce sont euxqui lui ont donné la dimension qu’il fut la sienne quelques années plus tard. Je n’ai pas ménagé mesefforts, bien entendu, car j’ai été de toutes les distributions. Mais le mérite leur appartient. Ils medoivent une certaine formation, je leur dois la réussite, d’autant que la tâche était immense et lesdangers réels. Savez vous par exemple, que j’ai reçus 27.000 lettres venant du Niger, de Lybie, et

 

même du Maroc, sans parler de la Kabylie.

Azar : Avez-vous eu des contacts avec des berbérisants et si oui lesquels ?

M.A.Bessaoud

: Le seul berbérisant que nous avions à cette époque-là, est celui qui était desnôtres, c’est Mouloud Mammeri. Je le connaissais depuis longtemps et nous avions étions mêmeséchangé une correspondance. Ce fut par lui que je sus, en 1967, que « notre cause était perdue »,« Mohend Aarav, m’a t-il dit, j’ai sept étudiants ; deux Hollandais, deux Kabyles et troisarabophones, que je soupçonne d’être de la SM. Les deux Kabyles ne vont plus revenir l’annéeprochaine, et moi non plus, car c’est pour eux que je me sacrifie ». Mammeri ne m’abandonna pasl’année suivante, il eut plus d’étudiants kabyles qu’il n’en espérait, une raison donc de persévérer.Quant aux autres berbérisants, j’ai eu des rapports directs avec Lionel Galland et des rapportsépistolaires avec le père Dallet, un immense bonhomme, et Arsène Roux, le plus engagé desberbérisants.

Azar : C’est quoi pour vous la langue tamazight ?

M.A.B :Les Malais ont un proverbe qui se traduit ainsi : «Qui perd sa langue perd sa race

». Aquoi j’ajoute, je cite de mémoire, la dernière phrase de « La dernière leçon » d’Alphonse Daudet, les Contes du Lundi  , «quand on conserve sa langue, c’est comme si l’on tient la clé de sa prison».Je terminerai ma réponse par cette autre citation, je cite encore de mémoire, «

 Il y a des milliardsd’hommes sur cette terre. Que dire donc de ceux qui veulent tuer une langue ? Car si la mort d’homme n’entraine pas celle du genre humain, celle d’une langue provoque la fin d’unecivilisation

». Charles Nordier.

Azar : Comment expliquez vous le rejet de la question berbère (amazigh) non seulement parles différents gouvernements que le pays a connu mais également par beaucoup d’Algériens,qu’ils soient arabophones ou berbérophones ?

M.A.B

: Je crois avoir dit plus haut que l’arabisme qui est l’ennemi numéro 1 de tout ce qui estberbère, a triomphé en 1962. Il est donc prévisible que la mort de notre langue allait êtreprogrammée par ces messieurs (1), [1] en se sens qu’elle contredit leur assertion. Mais il est peut-être nécessaire de montrer que l’arabisme a été créé par des chrétiens pour diviser et affaiblirl’islam.En 1905, les chrétiens libanais qui se sentaient à l’étroit sous domination turque, firent un appel dupied à « leurs frères musulmans » pour les inciter à se libérer de la tutelle turque, créant ainsi « lenationalisme arabe » ou « l’arabisme ». Cette démarche eût été vaine si elle n’avait eu le soutien dela France et de l’Angleterre, qui se disaient « puissances musulmanes » parce qu’elles occupaientrespectivement l’Afrique du Nord pour l’une, l’Egypte, la Malaisie et l’Inde pour l’autre. Ellesexcitèrent donc nos « frères » arabes par les Laurence « d’Arabie » et les généraux Allembyinterposés, réussissant ainsi à les enrôler par dizaines de milliers dans leurs armées respectives, nonsans leur avoir promis, bien entendu, la liberté et l’indépendance. On sait ce qu’il advint.La Turquie vaincue, la France eut, comme part du partage, le Liban et la Syrie ; l’Angleterre, l’Irak,la Jordanie et la Palestine. Et les Arabes ….eurent la Berbérie, car c’est depuis ce temps là quenaquit l’expression « Maghreb arabe ». Pourquoi la Berbèrie ? Parce que tous les musulmans, lesBerbères, à l’exception des Kabyles et des Touarègues sont les seuls à se considérer inférieurs auxArabes à cause du prophète Mohammed et de l’islam. Cela est si vrai que quand un Arabe est àcourt d’argument, il déclare : « Nnbi Aarbi » (le prophète est arabe). Notons que mêmes lesKabyles, surtout ceux qui vivaient en France après la guerre d’Algérie, avaient fini par renoncer àleur identité pour se proclamer carrément Arabes, d’où les difficultés que nous avons eues à lesconvaincre du contraire, d’autant que le mot « berbère » était, à leurs yeux, chargé de tout le méprisdu monde.

 

(revue Azar 

(édition berbère) en avril 1992)

Entretien avec Mohend A. Bessaoud ( revue   Azar  ,avril 1992) dans tamazight(65) clip_image001

 

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