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Amawal n « Tameγra »

Posté par algeriedemocratie le 28 janvier 2012

Amawal n « Tameγra »

ad tru ad tettru / ru = ttru
ad yessenfed ad yessiweḍ ar lebγi-s Atteindre son objectif
Ahenni (lehna) Tarzeft Ce qui est emmené en guise de cadeau à la marié ou au marié
Akd akkw / ukud,… Avec
Ardemmani dacu kan néanmoins ( ?!)
azmumeg aseḍsu sourire
Azrug tazniqt/azniq ruelle
ccan azal valeur
faydeg γef acu sur quoi
Faydeg γef umi / γef acu,… Sur quoi / à cause de quoi,…
Isulef Ilaq Il faut
iwata-tt-id ilaq-as / iwata = ilaq
Izerrin iţţεeddin qui passe
lbaγat azaylal
lεella aεedduḍ Ventre
Sima simmal /skud d aεemmal
Sneεteγ / asenεet asskan montrer
Tacwawt Taqacuct ( ?)
Tameddurt Ddunit
tawat tawant
Tesga/Tasga Tama Coin ou aussi côté
tessenqed / asenqed sorte de surveillance dans le but de soustraire des informations…
tettuswaεd tettuskan Elle est montrée du doigt
treγlet (tareγlett/Tireγlin) Agersal champignon
Ttisliwent /sallaw deviennent …
tulwat tefsi / kkawen ifadden-is s’est affaiblie
tunag S’est expatriée
usagem (asagem) Récipient servant à puiser l’eau
Yenhewwal Iḥerrek
yeshetrifen/Ashetref délire
yeṭṭillin yettmuqulen

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L’intellectuel et le général

Posté par algeriedemocratie le 16 janvier 2012

Par Lahouari Addi, Le Soir d’Algérie, 15 janvier 2012

Le Soir d’Algérie a publié dans son édition du 12 janvier 2012 un texte de l’historien Hassan Remaoun de l’université d’Oran, où il apporte son soutien au général Khaled Nezzar dans l’affaire de la plainte déposée contre lui en Suisse. Il est surprenant qu’un intellectuel se porte au secours d’un général qui a exercé de hautes fonctions dans un pouvoir exécutif qui a toujours refusé l’autonomie des deux autres pouvoirs constitutifs de l’Etat de droit : le législatif et le judiciaire.

Certes, l’orgueil national du citoyen algérien est froissé quand un grand commis de l’Etat comme Khaled Nezzar est convoqué par un juge d’un pays étranger. Cet orgueil aurait cependant été flatté si un juge en Algérie avait instruit l’affaire en toute indépendance. Il me semble que Nezzar n’a pas besoin de soutien idéologique dans cette affaire judiciaire. Une plainte a été déposée contre lui, et il sera accusé ou innocenté sur la base de la matérialité des faits. Car Hassan Remaoun ne dit pas un mot sur les faits reprochés, avérés ou imaginés, comme si, pour lui, torturer «un islamiste qui allait mettre en danger la nation» est en dehors de l’empire du droit. Dans cette conception, la finalité du politique n’est pas la gestion de la cité en considérant ses membres comme des sujets de droit, mais plutôt l’affirmation de la supériorité de la nation, construction sociale, sur les individus en chair et en os qui la composent. Cette conception refoule la question douloureuse de la torture parce qu’elle réifie la nation, servie comme une entité mystique par un clergé séculier. La primauté de la nation sur l’individu relève, quoiqu’en dise Hassan Remaoun, de l’imaginaire religieux du Moyen-Âge et réunit des croyants prêts à trouver des victimes expiatoires à offrir à la divinité terrestre. La nation extatique a des ennemis diaboliques intérieurs et extérieurs : hier c’était l’opposant au leader charismatique et l’impérialisme, et aujourd’hui, c’est l’islamiste et la justice internationale.

Cinquante après l’indépendance, le délire reste le même, et ce sont seulement les mots qui changent. Je ne dis pas que la nation n’existe pas ou qu’elle n’a pas d’ennemis à l’extérieur. Je dis seulement que la nation existe dans le corps de ses membres et quand l’un d’eux est torturé, c’est une partie de la nation qui est torturée. La nation n’est pas une idée mystique ; c’est une réalité sociologique à laquelle s’identifient ses membres qui s’organisent en Etat de droit où les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire sont séparés. Là où ils ne sont pas séparés, la torture existe potentiellement, même si les textes officiels l’interdisent. Il est probable que Khaled Nezzar n’a rien à voir avec la torture et qu’il n’a pas donné des directives écrites à ses subordonnés pour utiliser la torture ; mais il était à la tête d’une administration pour qui la torture n’est pas un délit grave. La priorité pour cette administration était de maintenir en place un pouvoir qui prétendait incarner la nation et tout le reste était secondaire. Cela ressort clairement du texte de Remaoun qui est outré qu’un juge, étranger de surcroît, s’attarde sur des questions secondaires pour inculper un homme qui a sauvé la nation de «la barbarie intégriste», comme si c’était moral de la combattre avec la barbarie du tortionnaire zélé.

Cet imaginaire politique marqué par la mystique était plus ou moins justifié au lendemain de l’indépendance et de la guerre de Libération. Des intellectuels lui ont donné une aura académique sous le discours tiers-mondiste et populiste à l’ombre desquels des dictateurs locaux paraissaient comme des révolutionnaires. Quelques décennies plus tard, les sociétés se sont aperçues que Nasser, Boumediène, Kadafi, Saddam… avaient mené leurs pays vers l’impasse. Ils étaient tous caractérisés par l’hostilité à l’institutionnalisation des rapports d’autorité. Ils n’aimaient pas le droit et ne l’acceptaient que lorsqu’il leur fournissait le cadre légal pour réprimer. C’est cette structure idéologico- politique du tiers- mondisme et du populisme qui transforme n’importe quel agent des services de sécurité en tortionnaire potentiel et n’importe quel fonctionnaire en candidat à la corruption. Hassan Remaoun refuse la limitation institutionnelle des prérogatives des agents du pouvoir exécutif ; il refuse que le droit leur pose des limites parce qu’il considère que leur mission est sacrée.

L’habitus religieux n’est pas que chez les islamistes. Il existe aussi chez ceux qui réifient des constructions sociales au détriment du droit naturel des individus à la vie et à leur intégrité physique. C’est ainsi que pour lui, le juge suisse a blasphémé en convoquant le général Nezzar et a porté atteinte au caractère sacré de la nation et à son clergé séculier. Pour lui, il y a des hommes dont la mission les protège du droit et du jugement des hommes. Cette conception archaïque du politique est à l’opposé du droit moderne, en particulier du droit international qui a connu des évolutions notoires sur le plan philosophique et sur le plan institutionnel, donnant à la notion de souveraineté nationale un sens plus précis et un contenu plus humain. Hassan Remaoun est en retard quand il défend la conception westphalienne de la souveraineté nationale, remise en cause par la philosophie moderne du droit à laquelle a adhéré, il faut le rappeler, la déclaration du 1er Novembre 1954 du FLN. Cette philosophie juridique n’est pas en contradiction avec notre histoire et notre révolution de Novembre 1954. Il faut rappeler que les vaillants diplomates du FLN (M’hamed Yazid, Chanderli, Bouattoura…) ont battu diplomatiquement la France coloniale en utilisant les textes juridiques du droit international.

A l’époque de la guerre de Libération, la France coloniale se réfugiait derrière l’argument spécieux de «souveraineté nationale» pour s’opposer à tout débat à l’ONU sur les crimes que son armée commettait en Algérie. Les diplomates du FLN avaient alerté la communauté internationale que la France commettaient des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en Algérie et que les Algériens avaient le droit de s’organiser en Etat-nation indépendant. Depuis, l’Algérie fait partie de la communauté internationale à laquelle elle est liée par des instruments juridiques qu’elle a ratifiés, et aussi par des valeurs qu’elle partage. Est-ce que dans notre culture, dans notre religion, la torture est admise ? La Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU en 1948, à laquelle l’Algérie a adhéré, pose les jalons d’une double appartenance de l’individu. Celui-ci est citoyen de son pays, protégé par les lois de son Etat, et il est aussi membre de l’humanité qui a le devoir de le secourir en cas de violation de son droit naturel à la vie et à l’intégrité physique. La communauté internationale a pris conscience que l’individu a une double appartenance : celle de son groupe national et celle qu’il partage avec tous les hommes sur terre. Cela signifie que si un citoyen est victime dans ses droits naturels fondamentaux de la part des appareils d’Etat de son pays, la communauté internationale a le devoir de le protéger et de lui venir en aide en tant qu’il appartient au genre humain. Torturer un Algérien ou un Congolais, c’est commettre un crime contre toute l’Humanité.

Inspirés par la philosophie du droit de Kant, les juristes comme René Cassin, Mario Bettati, Mireille Delmas- Marty, Ali Yahya Abdennour… souhaitent donner aux citoyens des Etats une seconde appartenance en tant qu’ils sont aussi des sujets de la communauté internationale. Avant d’être Algérien, Ivoirien ou Brésilien, l’individu est d’abord un être humain dont le droit à la vie et à la dignité est garantie par le genre humain dont il est membre. Cette double citoyenneté (nationale et internationale) heurte la conception westphalienne des relations internationales, mais si l’on considère que la souveraineté est soumise au droit international, et que la norme internationale prévaut sur la norme interne, l’intervention d’un juge étranger peut avoir une base juridique pour peu que le droit interne la prévoie dans ses dispositions. Est-il légitime qu’un juge d’un pays étranger inculpe un citoyen algérien ? Oui parce que l’Algérie, en tant qu’Etat et en tant que collectivité humaine, fait partie de la communauté internationale sur la base de valeurs universelles qui ont trouvé leur traduction juridique dans les nombreux instruments internationaux que l’Algérie a ratifiés et qui font partie désormais de son droit interne. La communauté internationale s’est dotée d’un certain nombre d’instruments juridiques (convention du 9/12/48 sur la répression du crime du génocide, les pactes internationaux sur les droits de l’homme du 16/12/1966, la Convention contre la torture de 1984, la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989, etc.) que l’Etat algérien a signés et qu’il a promulgués comme normes juridiques. Il est étonnant qu’un universitaire de l’envergure de Hassan Remaoun ignore les engagements de l’Etat algérien et soit dans l’ignorance totale de l’évolution du droit international, évolution qui a abouti à la création du Tribunal pénal international auquel l’Algérie a adhéré, ce qui est à son honneur.

Il y a de plus en plus d’instruments juridiques internationaux que l’Algérie a ratifiés et qu’elle est dans l’obligation de faire respecter dans son territoire. On ne peut pas, d’un côté, signer la convention internationale sur la torture et, d’un autre côté, autoriser ou fermer les yeux sur les pratiques de torture par des fonctionnaires des services de sécurité. En la matière, il y a seulement deux cas de figure et non pas trois. Soit l’Etat algérien fait respecter cette convention comme norme juridique interne à l’empire du droit en vigueur dans le pays, et dans ce cas, le juge suisse doit avoir l’aide du juge algérien dans cette affaire Nezzar ; soit l’Algérie dénonce cette convention et invoque la notion de souveraineté nationale avec l’attribut de droit de vie et de mort sur ses citoyens. Par ailleurs, quand Hassan Remaoun invoque l’argument de la souveraineté nationale, il feint d’ignorer que ce concept est lié à la notion de souveraineté populaire que l’annulation des élections de décembre 1991 a bafouée. C’est pour le moins incohérent d’invoquer, d’une part, le principe de la souveraineté nationale et, d’autre part, d’approuver le coup d’Etat de janvier 1992 qui avait usurpé la souveraineté populaire confiée à une monstruosité juridique : le HCE. La souveraineté n’appartient pas aux appareils de l’Etat mais au peuple, et s’il y a quelqu’un qui lui a porté atteinte, c’est bien Khaled Nezzar en sa qualité de «décideur» de l’époque, et non le juge suisse qui instruit la plainte contre lui.

La mondialisation du droit se construit sur une conception plus rigoureuse de la souveraineté du peuple composé d’individus aux droits inaliénables. Quand ces derniers sont victimes de tortures ou menacés de mort, c’est leur Etat qui est compétent en la matière ; mais s’il est défaillant, c’est à la communauté internationale que revient la compétence de les protéger. Ceux qui soutiennent Khaled Nezzar dans ses péripéties avec la justice suisse seraient mieux inspirés de le défendre en tenant compte de l’évolution inéluctable du droit international, sans chercher à affaiblir les liens juridiques entre l’Etat algérien et la communauté internationale. Ils doivent comprendre une fois pour toutes que l’Algérie n’est pas la Corée du Nord et ne sera jamais la Corée du Nord.

L. A.

Dernier ouvrage : Algérie : chroniques d’une expérience postcoloniale de modernisation, Editions Barzakh, Alger, fin janvier 2012

source: lequotidiendalgerie.com

Publié dans Addi Lahouari(29) | 1 Commentaire »

Il y a vingt ans, la hiérarchie militaire en Algérie…

Posté par algeriedemocratie le 13 janvier 2012

Il y a vingt ans, la hiérarchie militaire en Algérie... dans Addi Lahouari(29) addiLahouari ADDI

Il y a vingt ans, la hiérarchie militaire en Algérie décidait d’annuler les élections législatives remportées par les islamistes à la faveur de la transition démocratique inaugurée par la réforme constitutionnelle de Février 1989. C’était à la suite des émeutes d’Octobre 1988 qui montraient au monde entier que le système du parti unique est un mensonge derrière lequel les barons du régime s’enrichissaient tandis que la pauvreté gagnait les couches populaires. Le multipartisme a alors été légalisé et les différents courants idéologiques de la société sont sortis de la clandestinité pour activer au grand jour. Il était prévisible que les premiers scrutins ne seront pas remportés par les partis non islamistes, mais l’avenir leur appartenait pour peu que l’alternance électorale aura été préservée. En décembre 1991, il était normal que l’électorat vote en majorité pour ceux qui apparaissaient le plus contre le régime et qui utilisaient la religion comme facteur d’unité nationale. C’est parce qu’il était perçu comme un remède contre la corruption et un gage pour l’unité de la nation que l’électorat a voté pour le FIS.
Les résultats du scrutin ont été accueillis comme un séisme par des généraux qui avaient pris peur pour eux et pour leurs familles en raison des libertés qu’ils avaient prises dans le passé avec les biens publics. Ils ont alors décidé d’organiser un coup d’Etat contre la souveraineté populaire, ce qui indique la légèreté avec laquelle la hiérarchie a joué avec le destin du pays aujourd’hui ravagé et démoralisé. Nommés au grade de général sur des critères politiques, les officiers supérieurs de Janvier 1992 ont montré qu’ils n’avaient aucun sens de l’Etat ou des institutions, alors qu’ils prétendent s’imposer comme source de légitimité par la peur des baïonnettes. Un militaire qui n’obéit pas aux institutions politiques n’est pas un soldat mais un homme en armes.
Le prétexte invoqué était que les islamistes ne respecteraient pas l’alternance électorale s’ils arrivaient au pouvoir. Cet argument aurait eu de la consistance si, dans les quelques mois qui avaient suivi l’annulation du 11 Janvier 1992, des élections avec un scrutin proportionnel avaient été organisées. Cela aurait obligé le FIS, qui n’avait eu en décembre 1991 que 33% des suffrages, de former une coalition avec le FLN ou le FFS pour avoir une majorité parlementaire. Contre toute raison, contre toute sagesse, les généraux ont joué avec le feu et ont mené le pays au désastre. La haine entre Algériens et l’absence de confiance dans les institutions de l’Etat ont permis aux opportunistes d’occuper des postes politiques pour profiter de la prédation généralisée.
Exténués par une guerre qui leur a été imposée par un segment de leur armée, les Algériens se détournent de la politique, estimant qu’elle mène à la violence et qu’elle est l’activité des opportunistes et des courtisans sans foi ni loi. Les faux islamistes, les faux militaires et les faux démocrates ont pavé la voie aux vrais corrompus. L’histoire sera sévère avec les préposés aux affaires militaires qui ont pris la lourde responsabilité de dévier l’Algérie de son destin démocratique.

Lahouari Addi

 

source: lequotidiendalgerie.org

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L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire

Posté par algeriedemocratie le 13 janvier 2012

L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire  dans salah-eddine sidhoum(25) Sidhoum-Lesoir.be_Interview accordée par le Dr Salah-Eddine SIDHOUM au quotidien LE SOIR de Belgique

lesoir.be

BAUDOUIN LOOS

mercredi 11 janvier 2012, 12:14

Alors que les révoltes arabes célèbrent leur premier anniversaire ce mois, il y a tout juste vingt ans ce 11 janvier, l’Algérie se réveillait avec un coup d’État militaire interrompant le processus électoral.
« L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire »

 

Pour parler de cet événement qui nous rappelle que les islamistes avaient déjà pu vaincre à travers les urnes il y a deux décennies, nous avons interrogé un homme, Salah-Eddine Sidhoum, chirurgien orthopédiste de son état, qui incarne la résistance à la dictature militaire algérienne par le combat pour le respect des droits de l’homme. Un combat qui lui coûta la prison, neuf ans de clandestinité, une grève de la faim et finalement un procès qui s’est soldé par un acquittement en 2003. Il anime un site, www.lequotidienalgerie.org.

Pouvez-vous résumer le coup d’État de 1992 ?

Les premières élections législatives pluralistes qui ont eu lieu le 26 décembre 1991 ont été les plus libres depuis l’indépendance. Le peuple venait de signifier au régime politique illégitime imposé par la force des armes sa retraite définitive. Il venait de légitimer et de mandater les trois fronts : FIS (islamiste), FLN rénové (nationaliste) et le FFS (social-démocrate) pour diriger l’Algérie. Cette sanction populaire a provoqué un séisme au sein de l’oligarchie militaro-financière qui, voyant déjà ses privilèges s’évaporer, s’appuiera sur les leaders de micro-partis qu’elle avait créés dans ses laboratoires, sur sa clientèle affairiste et rentière et sur ses « intellectuels » de service, comme vitrine politique du pronunciamiento qu’elle préparait. Toute une campagne de désinformation fut menée dès le lendemain du 1er tour, créant un véritable climat de psychose. Il faut reconnaître que certains dirigeants du FIS, par leurs discours incendiaires et populistes facilitèrent ce travail de propagande.

Le 2e tour des élections fut annulé, les blindés sortis dans les rues et plus de 10.000 citoyens déportés dans les camps de concentration de l’extrême Sud. La terrible machine répressive venait de se mettre en marche. Et nous connaissons l’effroyable bilan de cet acte avec la première violence du régime et la contre-violence d’une jeunesse sans présent ni avenir : plus de 250.000 morts, plus de 10.000 disparitions, plus de 30.000 torturés, 500.000 exilés.

L’armée se disait soutenue par « la société civile »…

Ce n’est pas l’armée en tant qu’institution nationale mais l’oligarchie militaro-financière, une poignée de putschistes, qui porte l’entière responsabilité d’avoir entraîné l’armée dans cette « sale guerre ». Pour revenir à votre question, cet hypothétique « soutien » faisait partie de la propagande du régime. Si le régime était soutenu par la société civile, il n’aurait pas eu besoin de mener une véritable guerre contre une bonne partie de son peuple. Le régime était par contre soutenu par sa « société servile », cette minorité sans ancrage populaire, de syndicalistes véreux, d’intellectuels de service et autres opportunistes rentiers qui papillonnaient autour du système, qui craignaient eux aussi de perdre leurs privilèges mal acquis. Le temps a permis de démystifier cette fausse image du drame algérien : de méchants intégristes qui allaient abattre la République et la démocratie pour instaurer un régime moyenâgeux et menacer l’Europe ! Ce scénario des services de l’action psychologique de la police politique, soutenu par la minorité élitiste éradicatrice fut malheureusement pris pour argent comptant par de nombreux médias occidentaux durant assez longtemps avant que cette imposture ne soit mise à nu.

Ce régime a-t-il évolué ?

Le pouvoir n’a pas évolué dans le fond, il change seulement de maquillage. Il pense continuer à gérer la société par la violence politique et la corruption de pans entiers de la société. Tout n’est qu’illusions : fausses institutions, faux partis politiques, fausses élections, réconciliation factice avec impunité assurée aux criminels de tous bords, fausse presse libre à quelques très rares exceptions près… Pour prévenir un éventuel « printemps algérien », le régime procède à un ravalement de façade avec des réformettes. Vingt ans après l’arrêt du semblant de processus démocratique, le constat est amer : des centaines de boat-people qui fuient en bravant une mort quasi certaine, une économie agonisante perfusée par l’argent du pétrole, un enseignement en déperdition, une aggravation des maux sociaux, une corruption généralisée du sommet à la base, une violence politique persistante, etc. Ce régime autiste ne peut évoluer dans le sens du véritable changement. Sa nature même ne le lui permet pas. L’Algérie n’a jamais été pour lui une patrie à défendre et à développer mais un butin de guerre à se partager.

Pourquoi l’Algérie a-t-elle échappé au « printemps arabe » ?

L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire. Il est vrai que la guerre subie par le peuple durant plus d’une décennie avec son lot de malheurs et son flot de sang et de larmes n’est pas étrangère à cette léthargie observée, alors que le Maghreb et le Machrek sont en ébullition. Mais il y a aussi un autre facteur retardant : la faillite de la classe dite politique qui n’a pas été à la hauteur des espérances et des aspirations de la population, pour présenter une alternative crédible. On a trompé le peuple au nom du nationalisme, du socialisme, de la question identitaire, de la démocratie, puis de l’islam. Autant de fonds de commerce utilisés par cette faune politicienne pour se servir au lieu de servir. La population ne croit plus aux discours creux de cette classe dite politique discréditée. Comme en Tunisie, en Egypte, au Yémen et en Syrie, c’est la jeunesse qui décidera, dans la rue, de son destin et avec tous les risques que cela comportera.

Le phénomène de l’islamisme est-il encore aussi prégnant en Algérie qu’il ne le fut ?

L’islamisme est une réalité sociale et politique indéniable en Algérie. Ni la propagande du régime, ni ses lois politico-juridiques scélérates n’effaceront cette réalité du terrain. Cela s’est vérifié en Tunisie, en Libye et en Egypte. La terrible répression subie par cette tendance durant des décennies dans ces trois pays n’a pas du tout modifié la carte politique réelle. Il faudrait que l’opinion publique occidentale comprenne que chaque Nation a sa propre voie pour construire son État de droit et sa démocratie, en s’inspirant de ses valeurs culturelles et identitaires propres et de son Histoire. C’est le chemin emprunté par toutes les démocraties avancées. Pourquoi pas nous ? La société réelle a tiré les leçons des supercheries de son système. Par la rue ou par un compromis politique entre la véritable opposition et ce qui reste comme éléments lucides du pouvoir réel, le changement se fera inéluctablement et ce régime en fin de cycle est appelé à disparaître.

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