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Il y a vingt ans, la hiérarchie militaire en Algérie…

Posté par algeriedemocratie le 13 janvier 2012

Il y a vingt ans, la hiérarchie militaire en Algérie... dans Addi Lahouari(29) addiLahouari ADDI

Il y a vingt ans, la hiérarchie militaire en Algérie décidait d’annuler les élections législatives remportées par les islamistes à la faveur de la transition démocratique inaugurée par la réforme constitutionnelle de Février 1989. C’était à la suite des émeutes d’Octobre 1988 qui montraient au monde entier que le système du parti unique est un mensonge derrière lequel les barons du régime s’enrichissaient tandis que la pauvreté gagnait les couches populaires. Le multipartisme a alors été légalisé et les différents courants idéologiques de la société sont sortis de la clandestinité pour activer au grand jour. Il était prévisible que les premiers scrutins ne seront pas remportés par les partis non islamistes, mais l’avenir leur appartenait pour peu que l’alternance électorale aura été préservée. En décembre 1991, il était normal que l’électorat vote en majorité pour ceux qui apparaissaient le plus contre le régime et qui utilisaient la religion comme facteur d’unité nationale. C’est parce qu’il était perçu comme un remède contre la corruption et un gage pour l’unité de la nation que l’électorat a voté pour le FIS.
Les résultats du scrutin ont été accueillis comme un séisme par des généraux qui avaient pris peur pour eux et pour leurs familles en raison des libertés qu’ils avaient prises dans le passé avec les biens publics. Ils ont alors décidé d’organiser un coup d’Etat contre la souveraineté populaire, ce qui indique la légèreté avec laquelle la hiérarchie a joué avec le destin du pays aujourd’hui ravagé et démoralisé. Nommés au grade de général sur des critères politiques, les officiers supérieurs de Janvier 1992 ont montré qu’ils n’avaient aucun sens de l’Etat ou des institutions, alors qu’ils prétendent s’imposer comme source de légitimité par la peur des baïonnettes. Un militaire qui n’obéit pas aux institutions politiques n’est pas un soldat mais un homme en armes.
Le prétexte invoqué était que les islamistes ne respecteraient pas l’alternance électorale s’ils arrivaient au pouvoir. Cet argument aurait eu de la consistance si, dans les quelques mois qui avaient suivi l’annulation du 11 Janvier 1992, des élections avec un scrutin proportionnel avaient été organisées. Cela aurait obligé le FIS, qui n’avait eu en décembre 1991 que 33% des suffrages, de former une coalition avec le FLN ou le FFS pour avoir une majorité parlementaire. Contre toute raison, contre toute sagesse, les généraux ont joué avec le feu et ont mené le pays au désastre. La haine entre Algériens et l’absence de confiance dans les institutions de l’Etat ont permis aux opportunistes d’occuper des postes politiques pour profiter de la prédation généralisée.
Exténués par une guerre qui leur a été imposée par un segment de leur armée, les Algériens se détournent de la politique, estimant qu’elle mène à la violence et qu’elle est l’activité des opportunistes et des courtisans sans foi ni loi. Les faux islamistes, les faux militaires et les faux démocrates ont pavé la voie aux vrais corrompus. L’histoire sera sévère avec les préposés aux affaires militaires qui ont pris la lourde responsabilité de dévier l’Algérie de son destin démocratique.

Lahouari Addi

 

source: lequotidiendalgerie.org

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L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire

Posté par algeriedemocratie le 13 janvier 2012

L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire  dans salah-eddine sidhoum(25) Sidhoum-Lesoir.be_Interview accordée par le Dr Salah-Eddine SIDHOUM au quotidien LE SOIR de Belgique

lesoir.be

BAUDOUIN LOOS

mercredi 11 janvier 2012, 12:14

Alors que les révoltes arabes célèbrent leur premier anniversaire ce mois, il y a tout juste vingt ans ce 11 janvier, l’Algérie se réveillait avec un coup d’État militaire interrompant le processus électoral.
« L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire »

 

Pour parler de cet événement qui nous rappelle que les islamistes avaient déjà pu vaincre à travers les urnes il y a deux décennies, nous avons interrogé un homme, Salah-Eddine Sidhoum, chirurgien orthopédiste de son état, qui incarne la résistance à la dictature militaire algérienne par le combat pour le respect des droits de l’homme. Un combat qui lui coûta la prison, neuf ans de clandestinité, une grève de la faim et finalement un procès qui s’est soldé par un acquittement en 2003. Il anime un site, www.lequotidienalgerie.org.

Pouvez-vous résumer le coup d’État de 1992 ?

Les premières élections législatives pluralistes qui ont eu lieu le 26 décembre 1991 ont été les plus libres depuis l’indépendance. Le peuple venait de signifier au régime politique illégitime imposé par la force des armes sa retraite définitive. Il venait de légitimer et de mandater les trois fronts : FIS (islamiste), FLN rénové (nationaliste) et le FFS (social-démocrate) pour diriger l’Algérie. Cette sanction populaire a provoqué un séisme au sein de l’oligarchie militaro-financière qui, voyant déjà ses privilèges s’évaporer, s’appuiera sur les leaders de micro-partis qu’elle avait créés dans ses laboratoires, sur sa clientèle affairiste et rentière et sur ses « intellectuels » de service, comme vitrine politique du pronunciamiento qu’elle préparait. Toute une campagne de désinformation fut menée dès le lendemain du 1er tour, créant un véritable climat de psychose. Il faut reconnaître que certains dirigeants du FIS, par leurs discours incendiaires et populistes facilitèrent ce travail de propagande.

Le 2e tour des élections fut annulé, les blindés sortis dans les rues et plus de 10.000 citoyens déportés dans les camps de concentration de l’extrême Sud. La terrible machine répressive venait de se mettre en marche. Et nous connaissons l’effroyable bilan de cet acte avec la première violence du régime et la contre-violence d’une jeunesse sans présent ni avenir : plus de 250.000 morts, plus de 10.000 disparitions, plus de 30.000 torturés, 500.000 exilés.

L’armée se disait soutenue par « la société civile »…

Ce n’est pas l’armée en tant qu’institution nationale mais l’oligarchie militaro-financière, une poignée de putschistes, qui porte l’entière responsabilité d’avoir entraîné l’armée dans cette « sale guerre ». Pour revenir à votre question, cet hypothétique « soutien » faisait partie de la propagande du régime. Si le régime était soutenu par la société civile, il n’aurait pas eu besoin de mener une véritable guerre contre une bonne partie de son peuple. Le régime était par contre soutenu par sa « société servile », cette minorité sans ancrage populaire, de syndicalistes véreux, d’intellectuels de service et autres opportunistes rentiers qui papillonnaient autour du système, qui craignaient eux aussi de perdre leurs privilèges mal acquis. Le temps a permis de démystifier cette fausse image du drame algérien : de méchants intégristes qui allaient abattre la République et la démocratie pour instaurer un régime moyenâgeux et menacer l’Europe ! Ce scénario des services de l’action psychologique de la police politique, soutenu par la minorité élitiste éradicatrice fut malheureusement pris pour argent comptant par de nombreux médias occidentaux durant assez longtemps avant que cette imposture ne soit mise à nu.

Ce régime a-t-il évolué ?

Le pouvoir n’a pas évolué dans le fond, il change seulement de maquillage. Il pense continuer à gérer la société par la violence politique et la corruption de pans entiers de la société. Tout n’est qu’illusions : fausses institutions, faux partis politiques, fausses élections, réconciliation factice avec impunité assurée aux criminels de tous bords, fausse presse libre à quelques très rares exceptions près… Pour prévenir un éventuel « printemps algérien », le régime procède à un ravalement de façade avec des réformettes. Vingt ans après l’arrêt du semblant de processus démocratique, le constat est amer : des centaines de boat-people qui fuient en bravant une mort quasi certaine, une économie agonisante perfusée par l’argent du pétrole, un enseignement en déperdition, une aggravation des maux sociaux, une corruption généralisée du sommet à la base, une violence politique persistante, etc. Ce régime autiste ne peut évoluer dans le sens du véritable changement. Sa nature même ne le lui permet pas. L’Algérie n’a jamais été pour lui une patrie à défendre et à développer mais un butin de guerre à se partager.

Pourquoi l’Algérie a-t-elle échappé au « printemps arabe » ?

L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire. Il est vrai que la guerre subie par le peuple durant plus d’une décennie avec son lot de malheurs et son flot de sang et de larmes n’est pas étrangère à cette léthargie observée, alors que le Maghreb et le Machrek sont en ébullition. Mais il y a aussi un autre facteur retardant : la faillite de la classe dite politique qui n’a pas été à la hauteur des espérances et des aspirations de la population, pour présenter une alternative crédible. On a trompé le peuple au nom du nationalisme, du socialisme, de la question identitaire, de la démocratie, puis de l’islam. Autant de fonds de commerce utilisés par cette faune politicienne pour se servir au lieu de servir. La population ne croit plus aux discours creux de cette classe dite politique discréditée. Comme en Tunisie, en Egypte, au Yémen et en Syrie, c’est la jeunesse qui décidera, dans la rue, de son destin et avec tous les risques que cela comportera.

Le phénomène de l’islamisme est-il encore aussi prégnant en Algérie qu’il ne le fut ?

L’islamisme est une réalité sociale et politique indéniable en Algérie. Ni la propagande du régime, ni ses lois politico-juridiques scélérates n’effaceront cette réalité du terrain. Cela s’est vérifié en Tunisie, en Libye et en Egypte. La terrible répression subie par cette tendance durant des décennies dans ces trois pays n’a pas du tout modifié la carte politique réelle. Il faudrait que l’opinion publique occidentale comprenne que chaque Nation a sa propre voie pour construire son État de droit et sa démocratie, en s’inspirant de ses valeurs culturelles et identitaires propres et de son Histoire. C’est le chemin emprunté par toutes les démocraties avancées. Pourquoi pas nous ? La société réelle a tiré les leçons des supercheries de son système. Par la rue ou par un compromis politique entre la véritable opposition et ce qui reste comme éléments lucides du pouvoir réel, le changement se fera inéluctablement et ce régime en fin de cycle est appelé à disparaître.

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