Lounis Aït Menguellet. Poète, chanteur, compositeur***El Watan 19 juillet 2010

Posté par algeriedemocratie le 20 juillet 2010

Lounis Aït Menguellet. Poète, chanteur, compositeur« Mon histoire avec Matoub Lounès n’était pas aussi dramatique… »

El Watan 19 juillet 2010

Lounis Aït Menguellet ou l’accueil des plus chaleureux : « L’interview, nous la ferons chez moi, à Ighil Bwammas, je vous y invite pour lundi. Cela vous va-t-il ? », nous dit-il tout de go. Ighil Bwammas via Larbaâ Nath Irathen, Aïn El Hammam puis Yatafen. Un trajet, fort agréable, qui fait le rappel des descriptions pointues d’un Feraoun dans Jours de Kabylie, ou de Fadhma n’Ath Mansour dans Histoire de ma vie. Des villages attachés les uns aux autres sur les cimes à redents, tels que chantés si bien par le poète Lounis : « Tamourtiw dizurar ghaf idurar. » Avant d’arriver chez lui, une poignée de jeunes villageois regroupés devant une épicerie semblent nous attendre. « Voyez-vous, nous avertit-il, mes deux couleurs préférées : le noir et le blanc. » Cette dualité qu’on retrouve dans le yin et yang, un joli tableau accroché au mur, deux faces opposées d’un monde à déchiffrer. Deux objets, cependant, captent tout particulièrement notre attention : des arcs, dont l’un est magnifiquement taillé dans un bois rare et sculpté avec un raffinement d’orfèvre. « Arc de chasse, précise-t-il. Peu de gens savent que je suis archer. » Comme dans Ulysse, il faut de la force, du savoir-faire et du doigté pour le tendre. Alors, Aït Menguellet se plaît-il à décocher des flèches empoisonnées ? Pas forcément !

-  Qui est Lounis Aït Menguellet dans la vie de tous les jours ?

Dans la vie de tous les jours, je suis un citoyen ordinaire qui s’occupe de sa famille, de ses soucis familiaux surtout, et Dieu sait qu’il y en a ! Chacun de nous a des problèmes et je ne fais pas exception. J’essaye d’organiser ma vie, c’est-à-dire je fais tout pour que ma vie familiale soit harmonieuse, et pour cela il faut des ingrédients. Disons que je suis quelqu’un qui essaye d’utiliser son temps à bon escient, entre la vie familiale, les enfants et les loisirs qui me permettent un équilibre physique et mental.

-  Quels rapports entretenez-vous avec les habitants de votre village, Ighil Bwammas ?

D’excellents rapports ! Il ne pourrait en être autrement, parce que je suis né à Ighil Bwammas, je connais tout les villageois et tous les villageois me connaissent. J’apprécie tout le monde et je peux dire que, globalement, tous m’apprécient et c’est aussi parce que je ne suis pas venu d’ailleurs pour m’intégrer à la vie du village, bien au contraire, tous les villageois me considèrent, à juste titre, comme un des leurs.

-  C’est ce qui explique votre attachement au village…

Absolument, il faut aussi savoir une chose, c’est qu’à Ighil Bwammas, j’en arrive à oublier que je suis un personnage public, un chanteur. On me le fait oublier tellement je ne suis considéré que comme un citoyen du village.

-  Pendant que d’autres artistes ont choisi d’émigrer, d’évoluer ailleurs, vous, vous avez préféré rester parmi les vôtres. Pourquoi ?

J’ai préféré rester ici parce qu’à mon sens, je dois tout au village. Je dois tout à ma naissance dans ce village, je dois tout à ma vie parmi les miens, chose qui ne m’a jamais empêché de m’enrichir de la culture universelle par mes nombreux voyages. Cela dit, mon port d’attache, mon véritable port d’attache reste mon village et c’est ce qui fait ma force.

-  Malgré le danger de mort qui vous guettait ? Je fais allusion aux années de terrorisme…

Il n’y a absolument aucun danger qui me ferait quitter les miens. La seule chose qui pourrait le faire, c’est la déception, c’est une déception qui émanerait du village ; c’est de découvrir par exemple que je me suis trompé dans mes considérations, dans mes jugements, et là, je crois que ce serait la déception de ma vie ; et donc, dans ce cas-là seulement, je partirai sans me retourner. Enfin, j’espère que ça n’arrivera pas, et je suis sûr que ça n’arrivera jamais. Maintenant, les dangers, je ne pense pas qu’il y en ait un qui me ferait quitter mon bercail, j’ai vécu ces moments les plus durs où tout le monde voulait quitter l’Algérie.

-  Que répondez-vous à ceux qui disent qu’Aït Menguellet doit sa survie à un compromis avec les groupes armés ?

Vous conviendrez que ce sujet a été rabâché et n’attendez pas de moi de m’étaler là-dessus. Ceci dit, si c’était le cas, le dernier des terroristes capturé aurait donné mon nom. Quant à ceux qui ont propagé ce genre d’accusations, je ne daigne même pas les mépriser, car Dieu sait, je n’aime pas mépriser les gens, et je leur laisse ce réconfort si c’en est un de vouloir excuser leur incapacité d’affronter la situation en accusant de trahison ceux qui ont eu le courage de l’affronter. La voilà ma réponse.

-  Des partis politiques ont toujours recherché vos opinions. Que leur répondez-vous, et quelle est votre position politique si vous en avez une ?

Franchement, je n’ai pas de position politique, je ne suis pas partisan et je ne l’ai jamais été, parce que j’estime que si on se mettait à étudier chaque programme de chaque parti, on y trouvera du bon comme du mauvais. Certainement, vous me diriez que c’est un peu trop facile de prendre tout ce qui est bon de chaque parti politique… N’appartenant à aucun d’entre eux, j’ai cette prétention… je me sens libre d’avoir mes opinions. Alors, d’un coup, je pourrais être d’accord avec tel parti, et d’un coup, je paraîtrai d’accord avec un autre. En fait, ce n’est ni un changement d’opinion ni de l’hypocrisie politique, allant du principe que je n’ai aucun parti pris.

-  Vous venez de signer récemment une pétition que les journaux ont reprise ; n’est-ce pas là une position politique ?

Non, ce n’est pas une position politique que de défendre ceux qui se sont sacrifiés pour que nous vivions libres aujourd’hui. Je les défendrai quel que soit le prix. Je ne considère nullement cela comme une attaque envers quiconque, je considère que c’est une opinion que je me dois d’exprimer et que j’exprimerai toujours. Je suis un nationaliste dans l’âme, parce que je suis un enfant de la guerre. J’ai vécu la révolution de notre pays dans une très mauvaise condition, c’est-à-dire une position où un enfant comprend tout, se souvient de tout, mais n’a aucun moyen de se défendre, d’agir ou de faire quoi que ce soit. D’ailleurs, on oublie souvent de parler des enfants de la révolution parce qu’au moment où un adulte pouvait prendre son parti, il pouvait soit prendre les armes et aller rejoindre le maquis, soit, ma foi, si telle était sa conviction, s’allier avec le colonialiste. Par contre, un enfant n’avait même pas ce choix, il subissait tout simplement. Et c’est dans cette situation que j’ai vécu la guerre, je l’ai subie, et je m’en souviens. Alors, quiconque s’attaquerait à des gens qui ont fait que nous soyons libres, je m’élèverai contre lui.

-  Que pensez-vous de l’autonomie de la Kabylie ?

Alors là ! Cela ne fait pas du tout partie de ma façon de voir. La Kabylie est une parcelle de l’Algérie, comme le dit si bien cette expression devenue un cliché : « Il n’y a pas de Kabylie sans l’Algérie, comme il n’y a pas d’Algérie sans la Kabylie ». Me concernant, je considère que nos chouhadas ne se sont pas sacrifiés pour qu’aujourd’hui on s’isole. Ils se sont sacrifiés pour l’Algérie entière, pour libérer tout le territoire. Tout le territoire algérien nous appartient.

-  Et le gouvernement provisoire du MAK ?

N’étant pas d’accord avec le principe, je ne vois pas comment je serais d’accord avec tout ce que cela peut générer.

-  On vous a beaucoup critiqué lors de la campagne présidentielle de 1999 où vous avez applaudi le discours de Bouteflika à la salle Saïd Tazrout de Tizi-Ouzou. Que répondez-vous aujourd’hui à tête reposée ?

Depuis 1962, il y a eu en Algérie des militants contre la dictature, contre l’interdiction de la parole, d’attitude… et ce qui est curieux, c’est qu’aujourd’hui on a abouti, soi-disant, car je n’y crois pas trop à cause de tout cela à un semblant de démocratie et qu’est-ce qu’on me demande, ou plus exactement, qu’est-ce qu’on exige de moi ? On exige de moi d’être sous contrôle, on m’interdit d’être libre, et personne n’a fait état de cela. Tout le monde journalistique m’a tiré dessus, sans faire cette remarque qu’on voulait empêcher un citoyen d’agir à sa guise, sans faire de mal à quiconque et sans entraîner qui que ce soit avec lui. J’aurais compris si j’avais organisé une campagne pour dire aux gens : « Venez, on va applaudir Bouteflika ». Là, j’aurais compris, là j’aurais assumé en tant que partisan ou partisan d’une idée, mais moi, j’avais tout simplement agi en tant que citoyen et on a voulu m’empêcher d’avoir une attitude que j’avais envie d’avoir. Je répète que je ne devais ni ne dois d’explication à personne au nom de cette même démocratie qu’ils disent défendre. Malheureusement, nos journalistes de l’époque n’avaient pas assez de maturité pour penser à ça, et ceci est grave et ça fait peur, hélas.

-  Vous avez refusé une tournée lors de la campagne présidentielle passée, qu’elle en était la raison ?

Une tournée à connotation culturelle, c’est honorer la culture et honorer mon pays, mais une tournée à connotation politique ne fait partie ni de mes ambitions ni de ma façon de voir les choses.

-  Parlez-nous de votre relation avec le regretté Matoub Lounès ?

Je crois que j’avais brossé l’essentiel du tableau dans l’interview que j’avais accordée à la chaîne de télévision Berbère TV, disons que j’avais dit l’essentiel. Matoub était un ami, au contraire de ceux qui se prétendent maintenant amis et qui ne l’ont en fait jamais été. Il est vrai qu’on avait des différends du moment qu’il avait sa personnalité et que j’avais la mienne. Qu’il y ait eu des divergences entre nous, cela n’est vraiment pas exceptionnel. Le fait qu’on soit fâchés aussi ne l’est pas. Peut-être que s’il était encore de ce monde, aujourd’hui nous serions redevenus de bons amis. Ce sont des choses qui arrivent, et c’est la vie. Seulement, les gens prennent les choses à leur façon et malheureusement de la mauvaise. Ils construisent donc des tas d’histoires qui n’ont pas lieu d’être.

-  Cette gêne, cette mésentente qui ressort en filigrane dès qu’on parle de vous deux est-elle justifiée ?

Justifiée, certainement, en ce sens où deux amis ont des différends et se sont fâchés par la suite. Il y a toujours une raison à cela et c’est toujours justifié. Matoub et moi étant tous deux des personnages publics, les gens ont interprété les choses à leur guise et nous ont mélangés à toutes les sauces. C’est parfaitement injuste, mais c’est dans l’ordre des choses, et on n’y peut rien. Sous d’autres cieux, cela aurait pu être un prétexte à l’enrichissement même de la culture. Il est dommage que chez nous on y voit que le côté négatif des choses. Si par contre on nous avait confronté Matoub et moi d’une autre manière, c’est-à-dire d’une manière plus saine, je crois que cela aurait donné quelque chose d’enrichissant. Mais les auteurs de ce genre de supputations ne sont pas sains eux mêmes dans leur tête et donc ils donnent des connotations malsaines. Sinon, mon histoire avec Matoub n’était pas aussi dramatique que le laissaient supposer les gens.

-  Peut-on dire qu’Aït Menguellet vit de son art ?

Oui, oui, chanter m’a fait vivre. Il est vrai qu’avec ce phénomène du piratage de haute volée, l’industrie du disque connaît une crise, mais à côté de cela, il y a les galas, les droits d’auteur, et comme je ne mène pas une vie sur un grand pied… Je mène en fait une vie simple qui ne me demande pas de grands moyens.

-  Donc, on peut dire qu’Aït Menguellet vit de son art…

Oui, j’ai cette chance-là, je crois que beaucoup d’artistes ne pourront pas en dire autant malheureusement, car j’estime que c’est une chance. Maintenant, est-ce qu’elle durera ? Je n’en sais rien. J’en vis décemment, je n’ai pas l’habitude de faire des folies, donc cela me permet de vivre dans une aisance relative.

-  Que pensez-vous du statut de l’artiste dans notre pays ?

Le statut de l’artiste, c’est très délicat d’en parler. Je crois que les pouvoirs publics renvoient dos à dos les propositions de l’artiste avec ce que le ministère concerné pourrait faire. C’est-à-dire que l’Etat conditionne ce statut à l’organisation préalable des artistes, en associations, en syndicats… ; les artistes, quant à eux, placent le statut avant toute organisation ! Convenez que c’est un cercle vicieux. Sincèrement et sérieusement, un statut on en a besoin, car jusqu’à présent l’artiste pratique son art en dilettante, il n’est ni assuré ni n’a de reconnaissance légale réelle. Là, on parle spécialement de la chanson. Spécialement, car la chanson a participée à tous les mouvements qui ont fait avancer les choses dans notre pays, depuis l’ère sombre de la colonisation jusqu’à nos jours. L’artiste a toujours eu une place prépondérante et un mérite dans l’évolution positive du pays, alors cela ne serait que justice que de le respecter en mettant sur pied un statut qui puisse le valoriser et le reconnaître en tant que tel.

-  Que pensez-vous de la situation actuelle de la chanson kabyle ?

A mon sens, la chanson kabyle est toujours allée en dents de scie, un coup ça va, un coup ça ne va pas, ça descend et ça remonte, mais globalement, on peut dire qu’elle se porte bien en ce sens qu’il y a un foisonnement de chanteurs et de genres. D’ailleurs, cela a toujours été ainsi, la décantation se fera. Il y aura ceux qui seront abandonnés en chemin et ceux qui vont perdurer ; donc, le tri se fera de lui-même, car ceux qui écoutent savent apprécier et finissent par élire. Me concernant, j’aime bien le fait qu’il y ait foisonnement, qu’il y ait justement de la matière pour que le choix se fasse. Et il me semble qu’il y a aujourd’hui une pléiade de jeunes promis à un bel avenir dans le monde de la chanson kabyle.

-  Par exemple ?

Si Moh, Zimou, Ali Amran, Djamel Kaloun… pour ne citer que ceux-là. Mais il y a tant d’autres, et à mon sens, il n’y a pas lieu de s’inquiéter pour l’avenir de la chanson kabyle. Je citerai aussi Djafer, et ce n’est pas parce que c’est mon fils, mais c’est parce qu’il est bourré de talent.

-  Qu’auriez-vous été si vous n’étiez pas chanteur ?

Si je n’étais pas chanteur, je crois que j’aurais fini par embrasser finalement ma première vocation, celle d’ébéniste. J’ai toujours adoré travailler le bois.

-  Quelle place occupe le sport dans votre vie ?

Le sport occupe une place prépondérante dans ma vie, mais disons que j’ai toujours été contre la compétition, bien que je ne tire pas sur ceux qui aiment la compétition, car ce sont des gens qui veulent s’affirmer et c’est tout à fait légitime. De mon point de vue, le sport, je l’ai adopté beaucoup plus pour un équilibre physique et mental.

-  Et à part le sport, que faites-vous de votre temps libre ?

Oh, mon Dieu ! Il y a tellement de choses à faire ! D’abord, gérer sa famille ; je crois que les pères de famille ne me contrediront pas, pour gérer sa famille on a besoin de tout le temps qu’on a. Principalement, mon temps, je le consacre à mes enfants, à ma famille. Le reste ? D’aucuns pensent que le travail d’artiste dégage un temps libre… Peut-être oui, quand on est célibataire ! Mais là, en étant père, j’avoue qu’il ne m’en reste pas beaucoup. Entre la chanson, mes occupations familiales et mes loisirs, je mène une vie assez bien remplie.

-  Je vois ici deux beaux arcs, des sabres, le fameux Yin et Yang et une série d’objets que je présume être des souvenirs de vos nombreux voyages. Parlez-nous un peu de ce petit musée autour de nous ?

Un musée ? Non ! Ce sont en fait des choses que j’aime, et comme nous sommes là à faire l’interview dans mon studio, là où je passe beaucoup de temps, j’aime être entouré de ces objets. J’ai mes arcs et peu de gens savent que je suis archer depuis 1978. Je pratique le tire à l’arc, mais en tant qu’amateur ; d’ailleurs, je pratique tout en tant qu’amateur. Le sport pour moi doit faire partie de l’hygiène de vie, de la vie même, parce qu’il est d’une utilité incontestable, aussi bien pour rester en forme que pour rendre visite le moins possible au médecin. Le sport fait partie de ma vie et j’essaye de varier de façon à ce que cela fasse aussi partie de mes loisirs. Je n’aurais pas pu faire du sport si je n’y prenais pas plaisir avant tout, c’est important.

-  Etes-vous intéressé par d’autres formes d’expression artistique ; si oui, lesquelles ?

Intéressé en tant qu’amateur, oui. J’aime l’art en général. J’apprécie les belles peintures ; d’ailleurs, j’en possède une belle collection. La sculpture également, le théâtre aussi… Bref, j’apprécie tout ce qui est beau, tout ce qui est bien exécuté.

-  Et quelle place faites-vous à la lecture ?

La place qu’occupe la lecture est au moins aussi importante que celle qu’occupe le sport. Je ne peux pas vivre sans la lecture, cela veut tout dire. Vous me demanderez peut-être ce que j’aime lire. Je suis un lecteur plutôt éclectique, je m’intéresse à tout, je suis curieux de tout et je passe ma vie à chercher des réponses à tout. (Rires). Vous avez des préférences pour certains auteurs, certains livres J’avoue que j’ai un faible pour la science-fiction, le polar, mais j’ai lu et aimé tous les genres, je vous ai dit que j’étais éclectique. J’ai par exemple tout lu de Yasmina Khadra, que j’ai eu le grand plaisir de le rencontrer.

-  Quel est votre livre de chevet ?

En ce moment, c’est le livre de Mammeri Yennayas El Cheikh Mohand, j’adore aussi bien le personnage de Cheikh Mohand que celui de Mammeri qui a été à la hauteur pour appréhender ce personnage. Mais bon, je dois avouer que mes livres de chevet changent périodiquement (rires) : Nietzsche, Machiavel, Jostein Gaarder qui m’a fait revisiter mes cours de philosophie…

-  Le dernier roman que vous avez lu…

C’est en cours, je me suis attaqué au roman de Stieg Larsson, un Suédois. Il a écrit trois tomes volumineux qu’il a intitulés Millenium. En fait, dans le roman, Millenium est une revue. Je trouve l’histoire géniale, car c’est un bon thriller en même temps, très agréable à lire, avec beaucoup de suspense et d’action. Il est très instructif aussi. Malheureusement, l’auteur, qui était également journaliste, est mort d’une crise cardiaque au moment où il remettait ses trois volumes à l’éditeur, ce qui est bien triste. En restant toujours dans le registre suédois, j’apprécie beaucoup un écrivain de romans policiers, Hening Mankell. J’adore sa façon d’écrire car, comme je viens de le dire, je me suis beaucoup frotté au monde du roman policier, je trouve que c’est le summum dans le genre.

-  Etes-vous tenté par l’écriture ?

Euh, pas vraiment… D’ailleurs, je ne sais pas si j’en suis capable. Peut-être ? Si un jour l’envie d’écrire me prend, je serai dans l’obligation de m’associer avec quelqu’un qui a une belle plume pour que je puisse exprimer mes idées.

-  Qu’en est-il de Passerelles ?

Eh bien, Passerelles est une revue que nous avons créée dans un but purement culturel. C’est une revue qui nous a apporté beaucoup de satisfaction, qui nous a demandé également énormément d’efforts, mais qui a tout fait, sauf nous enrichir, quoi qu’en pensent certaines gens. Il y avait des moments où nous puisions de nos poches, aussi bien mon associé que moi, mais c’était un plaisir de dépenser pour voir une aussi belle revue paraître. Malheureusement, cette revue, tant que nous disposions de l’argent de la publicité pour couvrir les frais de sa publication, nous la publiions chaque mois ; donc, c’est une revue mensuelle, mais à présent la publicité faisant défaut, nous nous retrouvons obligés de ne la faire paraître qu’occasionnellement, cela veut dire que ce que nous faisons maintenant, c’est ramasser des miettes, petit à petit, jusqu’à ce que nous arrivions à rassembler la somme qu’il faut pour pouvoir l’éditer.

-  Votre film préféré. ..

Franchement, je n’ai pas de film préféré, je ne pense pas être un grand cinéphile, même si je sais apprécier un bon film.

-  Et en tamazight ?

J’aime beaucoup le film de Belkacem Hedjadj, Machaho, je le trouve bien fait à tous égards

-  Puis-je revenir à votre vie « un peu plus privée » ?

Vous n’y êtes pas déjà ? Allez-y !

-  Djaffar, enfant, a eu un accident, pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, c’est vrai, mon fils Djaffar a eu un accident qui a failli lui être fatal. Il a été électrocuté à 30 000 volts ! Ceci pour dire qu’il a eu de la chance ! C’était une période que j’ai très très mal vécue et que j’ai affrontée avec la force du désespoir parce qu’il fallait le sauver. D’ordinaire, je suis quelqu’un de plutôt calme et lent, mais dès qu’il s’agit de ma famille, je deviens plus efficace. J’ai heureusement tout fait pour faire face à cette situation et Dieu merci, il a été sauvé. Je n’aurais jamais cru goûter à ce plaisir de tenir sur mes genoux ce fils Djaffar et le voir grandir aujourd’hui. C’est pour moi un immense bonheur.

-  Beaucoup de choses ont été dites sur la condamnation de votre fils Ribouh en France, pourriez-vous nous livrer la vraie version des faits ?

Pour répondre à cette question, il y a trois versions : la version longue, la version courte et la version très courte. Je vais vous raconter la version très courte. Mon fils a été victime d’une machination et je lui en ai voulu parce qu’il n’a pas su m’écouter et voir le piège qui lui a été tendu. Je l’ai averti qu’il allait lui arriver quelque chose de fâcheux, qu’il avait affaire à des gens qui allaient se servir de lui, qu’il serait le bouc émissaire parfait, qu’il serait condamné sans que personne ne puisse lui venir en aide et que moi-même je serais dans l’impossibilité de faire quoi que ce soit. Je l’ai aidé à se déconnecter de cette situation mais lui, en voulant faire le Don quichotte, parce que mon fils aime jouer les justiciers, il l’a appris à ses dépens qu’on ne peut pas tout le temps jouer aux justiciers impunément. Et c’est pour ça qu’il est tombé dans le piège contre lequel je l’avais averti. Un piège bien préparé, et les gens qui l’ont préparé ont eu tout le temps de le faire.

-  Est-ce que par ce piège on voulait toucher à votre personne ?

Non ! Effectivement, beaucoup de gens ont pensé que c’est un complot qui me visait moi ; en fait, c’est faux ! C’est une situation qui s’est créée indépendamment de moi, mais dont je connaissais l’origine, dont je voyais les ficelles. Simplement, mon fils a été aveuglé par sa bonté, il a été victime par son esprit de sacrifice.

-  Où en est l’affaire à présent ?

Ribouh est quelqu’un qui se comporte très bien. Il est très bien considéré, donc il bénéficie de grâces régulièrement, j’espère qu’il sortira bientôt.

-  Il a été dit que l’Etat français vous a proposé la légion d’honneur, pourquoi l’avoir refusée ?

La seule légion d’honneur que j’accepterai sera celle de mon pays, si un jour elle existe.

-  Vous avez également refusé l’invitation de Zidane lors de sa visite à Béjaïa, pourquoi ?

Vous savez, on m’a invité à plusieurs événement soi-disant grandioses ; je n’aime pas trop me montrer, je n’aime pas me servir de la popularité des autres pour briller. Sans être prétentieux, je brille déjà assez comme ça. Cette lumière me suffit largement. C’est la lumière des humbles qui m’intéresse. Donc, briller aux côtés d’un Zidane que j’admire, que j’adore – Zidane m’a fait aimer le football – donc briller à côté de lui ne m’intéresse pas, tout simplement parce que c’est bien à lui de briller étant donné que moi j’avais ma place ailleurs.

-  Revenons à votre actualité ; votre album est-il fin prêt ?

Pratiquement. Jeff s’occupe des dernières retouches

-  Etes-vous satisfait du travail ?

Oui, je suis satisfait car c’est un travail réalisé en famille, j’ai écrit mes chansons comme d’habitude et Djaafar les a embellies avec des arrangements que seul lui peut réussir pour la simple raison qu’il ne peut y avoir dans le monde un arrangeur qui me comprendrait mieux que lui ; ajoutons à cela qu’il est talentueux, donc je lui fais entièrement confiance. Je vous apprends encore autre chose, la conception de la maquette a été faite par mes deux enfants Tarik et Hayat qui se sont attaqués à la conception de la jaquette à partir des photos qui ont été prises par ma fille Hayat qui est une ancienne artiste de l’école des beaux-arts et qui se révèle être aussi excellente photographe. La traduction de mes textes en français a été assurée par mon fils Tarik, et comme il est aussi infographe, il a aidé sa sœur dans la conception de la jaquette. L’enregistrement, je le fais conjointement avec mon fils Djaffar. Donc, comme vous le voyez, c’est un travail en famille et j’en suis très fier. Vous avez évoqué dans la presse « des bonus » en annexe… Oui, cette fois-ci, à côté de mes nouvelles créations, six chansons, j’ai traduit en kabyle la chanson mythique de Bob Dylan Blowing in the wind. En fait, depuis que je l’avais interprétée en duo avec Hugues Aufrey, c’était à Bercy en 2003, l’idée de l’enregistrer n’a pas quitté mon esprit. Maintenant que l’occasion s’est présentée, c’est chose faite. Vous avez parlé aussi d’une reprise du chanteur Akli Yahiatene… Oui, en effet, j’allais adjoindre à mes chanson un duo que j’ai interprété avec Akli Yahyaten sur sa célèbre chanson Ya l’menfi, lors du gala qui nous a associés il y a quelques jours au Palais des sports à Paris. Malheureusement, lui n’étant pas disponible en Algérie pour placer sa voix en studio, j’ai dû surseoir, et la chanson ne sera pas présente dans l’album.

-  Donc, l’album ne comptera que sept chansons…

Exact.

-  Est-il prévu des tournées pour la promotion de votre album ?

Des tournées, s’il y en a, ça ne sera certainement pas pour la promotion de l’album. Vous m’avez demandé tout à l’heure si je vivais de mon art, donc c’est tout simplement une affaire de travail pour moi, parce qu’il faut vivre, il faut travailler. J’ai un travail bien agréable, les tournées me permettent de retrouver les gens que j’aime et ce n’est pas de la démagogie, car si je ne les aimais pas, j’aurais certainement fait autre chose. Donc, faire une tournée c’est pour moi le plaisir de retrouver les gens, un plaisir qui m’assure également mon quotidien, alors je me consacre à ce plaisir de chanter, d’être écouté, d’être acclamé, de vivre des moments de parfaite symbiose avec mon public.
Le nouvel album Tawriqt le 24 juillet

- Selon son fils Djaffar, Tawriqt de Lounis Aït Menguellet paraîtra le 24 juillet prochain. Un nouvel album, tant attendu par un public impatient de retrouver son idole après une longue absence, qui a duré cinq ans après son album Yennad umghar. Cet album comportera six chansons : Amenugh, Sserh i waman adelhun, Tawriqt iguevgha uliw, Tagara n’tezwara, Ghas ma nruh et Lejwab g wadu. Cette dernière chanson est une traduction de la chanson mythique Blowing in the wind de Bob Dylan.

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Aït Menguellet ou le spleen du poète

Posté par algeriedemocratie le 24 avril 2010

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La 24 (Samedi 24 Avril 2010)

Le chanteur sort la chanson “Dhiriyi”

Aït Menguellet ou le spleen du poète

Par :Ameur Ouali
 Quand, à l’appel du président Bouteflika, l’heure de la Concorde civile avait sonné en Algérie, pour Lounis Aït Menguellet, elle failli être celle de la discorde. De la rupture avec une partie du public mis en condition de brûler l’idole qu’il a adorée depuis plus de 30 ans. C’est un des moments les plus durs dans la carrière du poète. Invité comme personnalité à assister à un meeting du président de la République à Tizi Ouzou, le chanteur au verbe incandescent, mais à l’esprit apaisé, avait applaudi le chef de l’État. Comme presque toute la salle où les invités avaient été — certes — triés sur le volet. C’était une période où Abdelaziz Bouteflika, en père fouettard, avait tenu des propos très peu diplomatiques. Voire méprisants. Il avait parlé de “nains” pour les habitants d’une région qui a constitué l’avant-garde du mouvement nationaliste et des luttes démocratiques. Les caméras de l’ENTV avaient capté ce moment où Lounis applaudissait sans dissimuler un certain malaise. Intuition, car ce moment lui vaudra un déchaînement de critiques inouï. La discorde à l’heure de la concorde. Lounis imprimera cette douleur dans une chanson au titre peu énigmatique de “Dhiriyi” (Je suis mauvais). Incrédule face à ce cauchemar, Lounis assume et réplique de manière cinglante à “ceux qui jouissent du mal qu’ils sèment”. “Si je suis du côté des justes, si ma parole est vérité, si je veux que le soleil brille, alors que je suis mauvais”, conclut-il. Dix ans après cette épreuve, Aït Menguellet garde la même analyse. “Pour certains, je suis toujours mauvais et pour d’autres, je ne l’ai jamais été”, a répondu Lounis, interrogé lors d’une conférence de presse à Paris à quelques jours de son concert avec Akli Yahiatène au palais des Congrès. Ces nouvelles retrouvailles avec le public interviennent alors que le chanteur se prépare à éditer un nouvel album composé de six chansons. L’une est un hommage à Lounis lui-même composé par Si Mouh et Djafar, le fils qui a réussi à convaincre définitivement son père de la nécessité d’un travail musical. Plutôt poète, Lounis a toujours veillé à ne pas distraire son public et à ne pas noyer son message dans les arrangements musicaux. Désormais, il sait qu’il peut concilier les deux. Mais il ne faut surtout pas attendre de lui un discours politique. Il n’a aucune vocation à cela. Et si l’Algérie souffre, il préfère l’observer à partir de son lit de doux rêveur. Car ses rêves ne sont qu’optimisme. Et l’Algérie, Lounis l’a dans le cœur. En jeteur de passerelles, il a un seul regret : que le public arabophone ne comprenne le kabyle “qui est aussi sa langue et une partie de sa culture”. Sur la scène du palais des Congrès, Lounis va donc joindre sa voix à celle d’Akil Yahiatène. L’auteur du légendaire El-Manfi, hommage aux émigrés algériens traqués par la police française pendant la guerre d’indépendance, s’était produit sur la même scène en 1963. Avec Nora, Khelifi Ahmed, Rabah Driassa et Dahmane El-Harrachi. À près de 80 ans, Akli a la vigueur d’un jeune homme fringant. S’il souffre aujourd’hui, c’est de ne pouvoir créer par crainte du piratage. Présent à la conférence de presse, le patron de BRTV Mustapha Sadi a salué les deux artistes en lesquels il a vu des “points de repère” dans la quête identitaire algérienne. Pour le producteur du spectacle, le concert est un “moment exceptionnel”

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Timsirin n Lewnis At Mengellat

Posté par algeriedemocratie le 12 février 2010

Timsirin n Lewnis At Mengellat

Timsirin n Lewnis At Mengellat dans AÏT MENGUELLET(54) arton255

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Lewnis At Mengellat Timsirin n Lewnis At Mengellat

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Lewnis At Mengellat

07/02/2010 – 22:56 mis a jour le 08/02/2010 – 16:45 sɣur At Sliman Ḥamid

 

 

Tikwal kra n wawalen i d-nnan yakan yiḥeddaden n wawal, deg yiwet n tallit yezrin, ttafen tbut-nsen d yinumak-nsen deg tmetti Timetti
Timettiyin
Tmetti
Tmettiyin
Société(s)
mi εeddan yisagssen fell-asen. Akka dɣa, mi ara nezzi ass-a ɣer “Tibratin” i yura Lounis Ait Menguellet, ad naf belli kra d-yenna deg lawan-nni yesεa udem-ines deg tegnit n wass-a.

Ay iḥbiben-iw ad ken-ǧǧeɣS kunwi s wayen i nebda

Lεahed i yid-wen cerkeɣ

Ugadeɣ ur zmireɣ ara

Tebɣam taswiεt ad tbeddel

Tebɣam ad d-iban lefḥel

Tebdam teggulem ad tkemmel

Mennaɣ ad tawḍem

Ass-a d acu i d-yeggran di tcacit ? D acu i d-yeqqimen deg usirem i iḍefren tullya n tugdut Tugdut Démocratie deffir tidyanin n tuber 2008? Anda i d-ggran ikabaren i d-ilulen imiren ? Ikabaren yeggulen ur ḥniten ad qeddcen s lmun ɣef ugdud akken tamεict ad as-telhu, akken tudert n lisser akked lehna ad tuɣal d nṣib n yizzariyen merra ? Anda-t lεahed-nni fkan yimḍebbren n yikabaren-agi deg lawan n tefranin ? Anda akka i d-ggran yimeɣnasen-nsen deg tallit n tura ? Γaben la lḥess, la lmenṭeq! Yenna Lewnis :

Ǧǧiɣ lεahed-iw ifutEnɣ-it ugadeɣ ar tenɣam

Teggulem alamma d lmut

Lameεna ugadeɣ ad d-tbeddlem

Tidet ! Anda-t uḥerkel d useḥbiber ɣef tugdut-nni ? ɣef yizerfan n umdan ? ɣef tmaziɣt ? Acu-t waḍu n tguni i d-isuḍen akka, yessemzerwaε merra iɣallen iǧehden ? Ayen akka susmen ? Anda akka xemten? Ma d Lewnis yenna :

Ma d-tettmektim iḍelliTinim-as i txeddem temẓi

Nfaq tura ula d nekni

Nexḍa-yas i lhemm

Andala-tent tmesbaniyin ? Timlilyin akked d yemdanen ? Tiɣri d umeslay deg yiɣmisen mgal mgal contre, anti tamεict yellan tuɛer mačči d kra ɣef medden. Ay anda nerra tamuɣli ziɣ ulac-iten ? Anwa i d azabuq ideg belεen ? Ma d Lewnis yettkemil :

Lameεna ugadeɣ ad d-ttunAsmi ara wen-d-yessiwel uɣrum

Ala yid-s ara d-telhum

Ayen-nniḍen ad-teǧǧem

Tamuɣli n Lewnis i d-yekkan seg yixef n yiḍelli, tcerreg akud, tfal i zzerb n wussan akken ad d- tessenqeb ɣef wass-a. Yuɣal ziɣ mi ara nεiwed asmeḥses di tibratin-is, kra i d-yenna deg lawan-nni neffeɣ ɣur-s. Am wakken i d-as-yenna deg usefru-nniḍen :

S kra n urgaz s i nummenZiɣ isewweq-d i yiman-is

Wameg mi ara nner tamuɣli, werǧin teḥwaǧ tagnit irgazen ireznen, at tmusni akked tsertit am wakken i d-ten-teḥwaǧ tagnit n wass-a. Werǧin tufa-d agdud Agdud
Igduden
wegdud
yegduden
Peuple(s)
iman-is d tagujilit n wid ara s yeldin allen am taswiεt ideg nella. Zik i d-yenna Lewnis :

Ceɛlet-aɣ tafatNeffud ad nwali

Ad nẓer ɣer zdat

Amek ara nili.

Di tilawt, tafat tensa akken ur nettwali acu i aɣ-yeggunin, acu i aɣ-d-ttheggin wussan. D tidet awal n umedyaz igezzem tallit akked lawan akken tidet i d-yenna ass-a neɣ iḍelli ad d-tili d tidet n lebda werǧin ad d t-yeskideb zzman. Ameslay mi ara d yeṭṭerḍeq meεlum lǧil i t-yebɣan ad t-yaf. I limer ass-a ad nezzi ɣer wacu i d-nnan yimdyazen-nneɣ deg yiseggasen yakka yezrin ? Mebla cekk aṭas temsirin ara nelmed ɣef yiman-nneɣ !

source: tamurt.info

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Takritt(la violence) deg “umyag” n Lunis Ait Menguellet

Posté par algeriedemocratie le 8 février 2010

Takritt(la violence) deg “umyag” n Lunis Ait MenguelletTakritt(la violence) deg “umyag” n Lunis Ait Menguellet dans AÏT MENGUELLET(54) 2344_82268

Takritt yal wa amek id as-yefka anamek .  Ɣef akken id-yenna Ea Péron : “Takritt gar ifassen n uɣref , tettuɣel d taɣdem”.   Ma si ljiha-s yenna Gotthold Ephraim Lessing  : “ Ayen umu nessawel takritt d ulac zdat n ljehd n usayes”. Ma d Richard Leclerc netta yettwali-tt  akken nien imi yenna:   “Takritt, mačči d tiyita kan, ay akken yebɣu  yella udem-is tezga tqerre” .

Nebɣa naɣ ur nebɣi ,  amdan d mmi-s n tkarditt. Tiswiεin d nettat i t-id-yeslalayen,  tiswiεin nien d netta i t-id-yesnulfuyen. Ula  d talalit n umdan ɣer tudert d yiwen udem n tkarditt. Maca tikerdiwin mgaradent, yemxalaf udem-nsent.  Takritt  tezmer ad tili d cwal akked d trad mi ara yeɣli ɣef umdan naɣ ɣef uɣref, am wakken tezmer diɣ  ad tezdeɣ ixef n yemdanen ad asen-tilli d taɣawsa di timadit-nsen si ddaw lemwaji n iulfan-nsen. Iulfan i iεebban izuraz n tayri naɣ tismin naɣ n lkerh. Amdan ifetel takritt  u nettat tettnawal ilugan n tuddert-is, tettawi-t deg iberdan-is yessan d iεewwiqen, yeččuren d uguran. Tamedyazt yellan d yiwen wannar deg iulfan ttafen lebɣi-nsen, ur telli ara d turift.  Isefra di yal tallit, di yal amkan gan-as  azal, wwin-tt ddaw yiferiwen n yifyar-nsen.  Asefru yettεabi iferdisen n tuddert , gar iferdisen-agi takritt tufa amur-is!

Tamedyazt tikwal tettili-as ( i takritt) d irebbi deg  tettnerni, am wakken tikwal tattawi-t d inigi ɣef iɣeblan akked d ineman i as-id-tegellu mi ara tenɣel ɣef lɣaci. Lemri i deg ad nessiked udmawen n tkritt di tamedyazt taqbaylit  d isefra yenjer Lunis At Menguellet . Aas i d as-yeqqaren tamdyazt n Lunis  lawet , teččur d lenana. Maca di tilawt mi ara nsuk tamuɣli leqqayen wa ad nbedd zdat  yifyar-ines, ad naf taɣewɣewt akked d takritt wwint amur  ameqran di tira n Lunis, ama di tikelt deg id yesenεat  s ua lexara  i d-gellu naɣ ticki i d-yessufeɣ tin izedɣen ixef-is.

Di tedyant-a amyag n Lunis yettuɣal dayen nien :

Ay aεaar i iεedden

Awi-yi-d yid-k lemri

D arfiq-iw i d iyi-nnan

Ibeddel udem-ik fell-i

Ad walliɣ ma d ayen yellan

Acaqur yeguni-yi

Deg yifyar-agi, takritt tewwe ɣer ledd-is. Acaqur yeguni bab-is. Tamettant tettwanecd-d. Tizelgi n yixef tessawel  i lehlak. Maca ayen i d-yeslalyen takritt d lbaal i d-yezin si yal tama ɣef yemdanen. D uguren ɣef ayeg temderkal tjadit.  I lmend n wanect-a yal tawil, yal taɣawasa  i izemren ad yesenquqel ajgu n lbael akked d tmuqranit, ara yeldin lqid i weɣref, ara yesɣarsen amrar ikerfen lebɣi, ilaq ad yili d allal gar ifasen n wid yettnadin tifrat:

Inni-as i gma ur neri

Mačči s tmuɣli

Ara tceble leber yersen

Jebd-d rεud n yigenni

Lehwa d ubruri

Aemmi ideflawen

Tezge-d mebεid s tmuɣli

Ad tezre ass-nni

Wali-d lembwaber ay ɣerqen

Kra yekseb ugama,  ilaq ad yilli d amεiwen i wid yebɣan ad ɣelen azaglu. I wid yebɣan ad ksen lif ɣef tjadit, ɣef yidles. Ilaq wid i d-yezgan  d ugur zdat n leq ad rren aar. Ɣef waya tikwal lmeneq tiwi-d ad yilli srid, mebla adari mebɣir  tuzya d tuna. Asbedi n tillas zdat wid yebɣan ad  mun lael ur yewaǧ_ara aciwer. Akken yal taɣawsa ad tuɣal ɣer  umdiq-is-is ilaq takritt:

A ljar-iw issin amkan

Mebla ma uddeɣ-ak tillas

Ala txeṭṭu iberdan

Lmut-ik tebni fell-as

Ma gulleɣ-ak jmaεliman

Qqerbed ma d bab n tisas!

Ticki i d-banen yiberden, ticki yal  yiwen yessen tizrugin ilaqen ad yilli yuɣ  lal ifeiwjen n takritt  εadden syen. Ad illin fkan-d tbut d luccayer :

Iuded uberi

Yewwi leqramed

Naɣ

Iued uberi

yesuffeg aɣebar

ljehd n umeslay tikwal ur asen-t yezmir ara I timsal.  Di tikkal yecban tiggi yetɣimi-d usisef. £er Lunis asisef ur yelli ara d win yasawalen i berru n leqrar naɣ i ugzam n layas. Asisef ɣer-s d nehta yugaren nhati. D nehta yefer urif:

Menaɣ a win d- yegren tiɣri

Tiɣri ad tewwe iggeni

Igenni ad t-id-tesɣres!

Ilaq ad yeqqres yigenni. Ad εiwed adif yiɣes. Ayen i d-ierrun yecba lmual. Di later n takritt tella tujla , imeṭṭi, la akked lif. Ieggaden n tudert ur d-cqin ara deg umajed n lxalat:

Aεli mi yefe lgira

Adrar yerra-t d lua

Yerra-d ras am lehwa

Yenɣa wa yebennun

Win ara ihudden yella

Mid yeɣli cwal, nnefs n tudert yetti. Yuɣal ɣer daxel n turin. Wid ineqqen ufan-as lebɣi i wurar. Rrema tejla deg tasiwin-nsen. lehnana tesbek deg ulawen-nsen. Times tuɣ tirni.  Ula d igenni yuɣal d ajaji ur nettnusu:

Tekker tmes ussan uan

Ras d abruri

Seεerqen i yiij amkan

Anida iɣelli

D acu i d ddwa n taluft? Amek i d ixef-is ? ansi ara d-tuɣal lehna ɣer yixfawen n yemdanen ?  Amek ad d-yini yiles ɣef tedyanin i d-yewwin lmut di later-nsent ?

Limer ad d-iniɣ ayen yellan

Xas igenni ad yembiwel

Ulama  timena trenu zit ɣer times, xas  tasusmi yugi-tt yiles maca:

Limer ad d-niɣ ayen yellan

Taserdunt ad terew mmi-s

Urif yettnawal urfan. Tudert tuɣal d iɣiɣden. Asisef yeleq amendi- is ɣef tmurt am  wadal yulin  ɣef waman. Tuɣal tmuɣli ur tezmir a d-tεebbi ayen-nni n temhujrit, ayen-nni n tuṣḍa. I tikelt nien nig takritt tella takritt:

Ulac ad t-id rreɣ yella

NaɣXas  ad bdelleɣ lmektub

Mi tuɣ tigrett n cwal, cwal yettimɣur deg ulawen. Yettrakim yettfuru deg zilan. Mi yenfel lbael ɣef ledd-is, tiɣri  tettrifig ɣer wayen yugaren kra yellan. Tuli ɣer yigenni akken ad tensenεat tixidas yellan:

Anaɣ a sidi rebbi

Anwa igenni deg tettili?

Ma d  wa yellan nnig-i

yebεeb bac ayi-d-twalli

Abernus yettwakes-iyi

εafsen-t yak ma d kečč teri

Hamid Ait Slimane

dépêche de kabylie

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Le génie de la culture et les outils de sa transmission

Posté par algeriedemocratie le 12 novembre 2009

Lire, analyser et traduire : jeux et enjeux. Exemple de la poésie d’Aït MenguelletLe génie de la culture et les outils de sa transmission Le génie de la culture et les outils de sa transmission dans AÏT MENGUELLET(54) 2271_78561

L’analyse et la traduction s’imposent dès qu’il y a une œuvre ou une accumulation d’œuvres  littéraires d’une certaine envergure, lesquelles, abandonnées dans le cercle primaire de  leur aire de production, risqueraient d’être mal prises en charge par les générations montantes et d’être également à la marge de la production universelle qui impose non seulement des modèles de pensées, mais aussi des stéréotypes esthétiques.  Ces derniers mettent à mal l’imaginaire et la culture d’autrui sous le seul motif de la force commerciale et industrielle. L’exception culturelle, telle qu’elle est clamée par certains pays européens pour faire valoir leur spécificités dans le frénétique processus de mondialisation, ne doit pas rester un vain mot.

Par : Amar Naït Messaoud

 

En lui-même, l’acte de traduction nous met face à de lourdes responsabilités tant les enjeux liés à cette entreprise sont multiples et empreints d’un caractère de gravité. En effet, rendre la pensée de l’autre dans une langue autre que celle dans laquelle elle a été dite originellement constitue un défi que reconnaissent les meilleurs spécialistes en la matière. Et lorsque la matière à traiter se compose de textes littéraires dont la consécration est réalisée par la société, la complexité et les efforts à accomplir sont certainement plus grands encore.

S’il y a bien un thème d’étude en Algérie qui mérite une attention particulière dans le domaine des sciences de la traduction, ce sera sans doute cette longue histoire des translations de textes kabyle en langue française depuis les premières années de l’occupation française jusqu’à nos jours.

Initiée par des porteurs d’une culture allogène, cette pratique répond souvent aux canons du regard étranger qui s’exerce sur notre culture. Un regard caractérisé par la distance, le recul, et les différences des structures mentales et des structures des langues (une langue faisant partie de la famille chamito-sémitique et ayant perdu depuis longtemps l’usage de la graphie et une langue de la famille indo-européenne ayant le statut d’une langue internationale) ; et, enfin, des différences sociologiques qui pèsent indubitablement sur l’entreprise de traduction.

Parmi les travaux menés dans ce sens par certains militaires français, des Pères Blancs et des chercheurs de profession, il nous a été donné de lire des traductions réussies- c’est-à-dire les moins infidèles comme aime à les qualifier Mouloud Mammeri- et d’autres restitutions approximatives qui ont fait perdre au texte et son âme et sa substance.

Comme le reconnaîtra expressément Malek Ouary, le but de la traduction pour les chercheurs kabyles comme lui était de sauver d’une disparition qui s’annonçait certaine ce qui restait du patrimoine kabyle oral. Traduire des poèmes du kabyles au français, c’est assure Ouary, les mettre dans une cage comme un oisillon capturé dans la libre nature ; la cage d’une langue de transfert qui ne rend jamais les subtilités, les non-dits, les images métaphoriques d’une culture riche de son oralité même. Mais, explique-t-il devant cette double impasse, il vaut mieux que cet oisillon reste dans la cage que de le voir disparaître à jamais.

C’était au milieu du siècle dernier où d’autres écrivains, poètes et chercheurs collectaient des textes du patrimoine oral pour les traduire en français sans qu’ils les fassent accompagner de leur version originale kabyle. Il en fut ainsi de Jean Amrouche et de sa sœur Taos qui nous ont transmis de précieuses pièces de la culture kabyle orale directement en français (poèmes, adages, proverbes, devinettes…). Il est vrai qu’à l’époque, la perspective de donner une écriture à langue kabyle et au berbère en général n’avait pas acquis la maturité qui est aujourd’hui la sienne. D’ailleurs, une  édition bilingue (kabyle/français), réalisée par Tassadit Yacine, du livre de Jean Amrouche, publié dans les années 1940 sous le titre Chants berbères de Kabylie, a vu le jour en 1989. Dans ce domaine des éditions bilingues, cet ouvrage a suivi le chemin tracé par Moumoud Mammeri avec Les Isefra de Si Mohand U M’hand (1969) et Poèmes kabyles anciens (1979).

 

Passions et  limites des rapporteurs

 

Les travaux de translation réalisés par Mouloud Mammeri ont reçu un bon accueil par la quasi totalité des critiques. Malgré cela, cet auteur émet lui-même des réserves sur cet exercice et relativise le rendu du texte d’origine. Il y a d’abord le statut social et intellectuel du traducteur. Loin de la fausse modestie, Mammeri redoute qu’il soit « un rapporteur plus perverti qu’averti » ; perverti peut-être par le fossé possible qui existerait entre le sens donné aux mots par les poètes kabyles du 18e ou 19e siècles- mots traduisant une vision du monde, un état d’esprit particulier, voire inintelligible, une cosmogonie même)- et leur appréhension actuelle prise sous l’empire d’une modernité qui reste, en tout cas, à définir. Dans Poèmes kabyles anciens, Mammeri écrit à propos des poèmes qu’il a traduits : « Le dépaysement dans le livre leur enlève toute substance, les prive de tous les harmoniques de a transmission vivante (…) Le ver dit par un homme à des hommes, en des circonstances données, souvent au cours d’un rite ou à la faveur de l’attente, orchestre et multiplie les réussites de la réalisation, dépasse de partout les limites formelles d’un texte . Cependant, il explique la motivation première de l’œuvre de recension et de traduction en ces termes : « Il était temps de happer les dernières voix avant que la mort ne les happe ».

Sur le plan technique, l’on sait fort bien que la traduction d’un texte littéraire-par-delà la polémique se rapportant au degré de fidélité du texte traduit par rapport au texte d’origine- n’obéit pas aux mêmes canons que la traduction d’un texte scientifique ou d’une harangue politique. En tout cas, certains registres de langue offre des possibilités de standardisation assez étendues en matière de typologie de traduction si bien que, depuis quelques années, des logiciels prêts à l’usage sont conçus pour des travaux individuels ou de groupe. Il est vrai qu’une marge d’erreur, d’infidélité ou d’incohérence subsiste toujours étant entendu que la machine ne pourra jamais les subtilités et les nuances du cerveau et de l’esprit humains. Mais, pour les besoins de la cause, le pari semble être bien accepté par ceux qui activent dans ce domaine.

En revanche, l’on est en droit de poser la question de connaître la possibilité de traduire des textes littéraires, de la poésie de surcroît, si l’on ne possède aucune forme de sensibilité littéraire ou poétique ; lorsque, par exemple, on n’a pas gribouillé, au moins une fois dans sa vie, quelques vers ou quelques paragraphes. Ou, pire, lorsqu’on n’arrive pas à se délecter des textes des autres, poésie ou prose. Telle est la question que se posent beaucoup de critiques littéraires. Le souci de donner un minimum d’âme au texte, de ne pas en faire une suite froide et désincarnée de mots et de syntagmes reliés par la seule logique de la grammaire, devrait assurément présider au travail de traducteur. Nous avons parcouru avec un sentiment de déception non feinte des poèmes américains traduits en français. Aucune esthétique littéraire ne semble être la préoccupation du traducteur. Nous osons nous demander à quoi servira un tel travail de translation qui fait du “mot à mot”. L’adage qui dit traduttor, traditore (traducteur, traître) semble trouver ici toute son expression.

Ce n’est pas le cas, en revanche, du roman américain d’Edgar Poe, Histoires extraordinaires, traduits par Baudelaire. Le poète français a su rendre la mystique et la profondeur psychologique de l’écrivain américain. Le poème d’Edgar Poe intitulé Le Corbeau a été admirablement traduit par Stéphane Mallarmé au point d’y voir un nouveau travail de création. Le poème de Rudyard Kipling Être un homme est beaucoup plus lu dans sa traduction française faite par André Maurois que dans version anglaise d’origine.

En tout état de cause, entre une traduction qui prétend la fidèlité dans les formes mais assure la froidure dans la substance, et une traduction qui prend quelques libertés formelles avec le texte d’origine pour mieux faire sentir le texte, l’alchimie des sens et l’intelligibilité des signes, le choix semble se pencher vers la seconde variante. 

 

Les complexes dimensions de la poésie

 

Le premier travail de traduction et de première approche d’analyse de l’œuvre d’Aït Menguellet qui a eu une large audience, malgré quelques imperfections qui l’affectent, a été réalisé par Tassadit Yacine en 1989. Publié aux éditions “La Découverte”, le livre “Aït Menguellet chante…” s’est donné pour ambition de transcrire un grand nombre de poèmes de Lounis (soit 104 compositions) et d’en donner la traduction française, comme il étale sur pas moins de 80 pages une courte préface de Kateb Yacine et une longue introduction/analyse de l’auteur, Tassadit Yacine. En s’attelant à une telle entreprise, l’auteur s’expose indubitablement à plusieurs difficultés dont la confirmation ne tarde à venir à la lecture de son texte. Cela est certainement dû à des raisons objectives dont les principales sont liées à la nouveauté de la tâche, à une mauvaise compréhension de certains termes kabyles que l’auteur, originaire des Ath Braham (wilaya de Bordj Bou Arréridj), a traduits d’une manière hâtive, voire erronée (le problème s’est d’ailleurs aggravé avec le livre qu’elle a consacré à Cherif Kheddam). Dans son “Avertissement”, T. Yacine écrit : “Il est aussi difficile que passionnant de travailler avec et sur un poète comme  Aït Menguellet. Car, il est poète au vrai sens du terme. Il souhaite, en particulier, que son œuvre soit étudiée indépendamment de sa personne. Il est donc tout au long de cette analyse – qui n’est qu’une des lectures possibles de l’œuvre- présent et absent.’’

Le livre de Tassadit Yacine, tout en constituant une première tentative hardie de faire connaître Aït Menguellet par le moyen de l’écrit, est grevé de certains travers dus à une inexplicable hâte de tout dire en même temps. Ce qui a conduit l’auteur à procéder à une classification arbitraire des thèmes développés par les chansons de Lounis. Ainsi, un poème aussi philosophique que “Addounitiw”, qui traite du destin, du libre arbitre et de l’angoisse existentielle est classé dans les chansons dites d’“amour’’ au même titre que “Azzin Arqaq”. Nous avons souvenir d’une déclaration de Lounis à un hebdomadaire régional dans laquelle il dit “ne pas se reconnaître’’ dans ce livre.

L’exigence d’honnêteté du poète- qui n’exclut pas la possibilité de travailler sur ses œuvres et de les analyser selon la vision et les outils intellectuels de l’auteur- est d’autant plus recevable qu’elle porte sur des éléments ‘’techniques’’ d’une évidente simplicité. On ne peut pas faire valoir la complexité des textes de Lounis pour les ‘’malmener’’ au point d’induire en erreur le lecteur non averti.

Un autre livre parut pendant les années 1980 sous la plume de feu Chabane Ouahioune et porte aussi sur la poésie de Lounis. Intitulé ‘’Ballade avec Aït Menguellet’’,  l’ouvrage n’a pas de prétention universitaire ; sous forme de chronique intimiste, il savoure et fait savourer quelques aspects de la poésie lounisienne que l’auteur à éclectiquement placés dans le décor du terroir, la Kabylie.

C’est à une œuvre plus profonde, animée par le souci de pénétrer le sens de la chanson de Lounis, que nous avons affaire avec le livre de Moh Cherbi et Arezki Khouas publié par les éditions ‘’Paris- Méditerranée’’ en 1999 sous le titre ‘’Chanson kabyle et identité berbère : l’œuvre d’Aït Menguellet’’.  Après une ‘’Tazwart’’ (présentation) en kabyle, les auteurs ont subdivisé le livre en trois chapitres (le contexte social, politique et culturel- histoire de la chanson kabyle- l’œuvre d’Aït Menguellet). Le tout se termine par une conclusion et un entretien avec le chanteur. Les auteurs écrivent dans le ‘’préambule’’ :  » Notre ouvrage a pour ambition de contribuer à la sauvegarde et la diffusion d’un chapitre important de notre culture berbère, culture essentiellement orale qui a su se maintenir en dépit de multiples répressions au cours des siècles. Aujourd’hui, notre génération porte une lourde responsabilité : celle de sauver de l’oubli tout ce qui peut l’être encore, avant que la mort ne le happe, comme disait Mouloud Mammeri. Notre but est de permettre à un grand nombre de lecteurs, berbérophones ou non, de découvrir le rôle de la chanson kabyle contemporaine dans la sauvegarde de ce patrimoine séculaire « .

 

L’“intraduisible” et l’“inaudible”

 

Moh Cherbi et Arezki Khouas ont, eux aussi, dans la présentation des textes de Lounis, procédé à leur une classification thématique. Mais, ici, la répartition est plus proche de la vérité que celle que nous avons rencontrée chez Tassadit Yacine. Elle a, en plus, le mérite d’ajouter un autre volet qui a été complètement omis ailleurs, celui de la chanson philosophique. Il y a lieu, cependant, de relever que le poème ‘’Siwliyid tamacahut’’ est plutôt une grande métaphore politique qui décrit l’état d’un terroriste, repenti, qui, dans ses moments de lucidité retrouvée, voudrait revivre l’innocence que lui ont ravie ses commanditaires qui lui désignaient ses victimes. Le chapitre des poèmes philosophique s’est, bien sûr, renforcé d’une manière puissante avec l’album ‘’Yennad Umghar’ ’sorti au début de 2005.

« Comment interpréter une poésie aussi complexe sans risquer de la “banaliser”, sans réduire la portée de son message ? Comment contrôler notre propre subjectivité, sachant l’emprise qu’exerce sur nous la poésie de Lounis ? Comment traduire “’intraduisible”, “l’inaudible” sans trahir la profondeur de la pensée du poète ? ». Telles sont quelques questions que les deux auteurs n’ont pas manqué de se poser.

Le résultat de tant de préoccupations est un travail d’une remarquable qualité qui ne demande qu’à être renforcé et poursuivi par d’autres auteurs en actualisant le contenu du livre par les nouvelles productions de l’auteur et en approfondissant l’étude des thèmes philosophiques dans les poèmes de Lounis – qui se retrouvent même dans les chanson des années 1970 – et des aspects universels de son œuvre.

En 2003, l’universitaire M’hammed Djellaoui a publié aux éditions ‘’Pages Bleues’’ un ouvrage intitulé “L’Image poétique dans l’œuvre de Lounis Aït Menguellet’’ qui est une traduction d’un livre qu’il a publié la première fois en arabe. L’étude, qui porte le sous-titre “Du patrimoine à l’innovation”, est une tentative de dégager une ‘’poétique’’ dans l’œuvre d’Aït Menguellet selon des canons plutôt universitaires. L’auteur résume en deux point l’ambition de son étude : mettre en relief “la relation créative entre les œuvres du poète et l’apport patrimonial riche et diversifié de son environnement qui donne une profondeur et une authenticité à son expérience poétique’’, et “son ambition innovatrice visant le développement du texte poétique amazigh ainsi que son enrichissement par des dimensions sémantiques et figuratives qui le hisse au rang des textes poétiques des littératures universelles contemporaines’’. Le livre se subdivise en deux grands chapitres : l’image patrimoniale chez Aït Menguellet (mythes, légendes, contes populaires, adages, croyances, valeurs et principes) et l’innovation dans la figuration (figurations romantique et symboliste). Des extraits de poèmes (en kabyle et en français) illustrent les différents thèmes abordés.

C’est une étude originale qui s’appuie sur les acquis de la rhétorique et de la sémiotique et qui gagnerait à englober d’autres poètes kabyles contemporains dans un but d’étude comparative. En tout cas, malgré la discipline universitaire que s’est imposée l’auteur, la lecture de ce livre nous fait découvrir des facettes insoupçonnées de l’élaboration poétique chez Aït Menguellet.

Un autre livre, publié en 2008 aux éditions MKP, est écrit par Belkacem Saadouni où il présente, sur 442 pages, la traduction en arabe des chansons d’Aït Menguellet de 1967 à 2007. Saadouni, un ancien inspecteur de l’éducation originaire de la Kabylie des Bibans (wilaya de Bordj Bou Arréridj, s’investit dans un travail peu sollicité, à savoir la traduction du kabyle à l’arabe. C’est une première qui a été favorablement accueillie par les médias. Il reste le travail de la critique qui est censé se prononcer le degré de ‘’fidélité’’ au texte original et sur le rendu du sens.

 

Porteurs de valeurs :  une analyse originale

 

 L’étude de Farida Aït Ferroukh portant le titre : « Situation d’impasse et agents de la culture »,  qui fait partie d’un ouvrage collectif  intitulé « Algérie, ses langues, ses lettres, ses histoires » publié par les Editions du Tell en 2002 examine le ‘’statut’’ de deux hommes, personnages mêlés à l’histoires tourmentée de la Kabylie et qui en sont en même temps les symboles emblématiques. Il s’agit de Cheikh Mohand Oulhocine et Aït Menguellet.

L’auteur met en relief la situation d’impasse- au sens social, culturel et psychologique- qui caractérise les deux périodes respectives où ces personnages ont émergé. Ils sont des “figures du sens” dans les situations de blocage et d’apparente aporie. « En effet, souligne l’auteur, si l’on considère l’histoire de la Kabylie, on remarque qu’elle déploie, face aux bouleversement de toutes sortes, un mécanisme de défense en hissant à chaque époque un agent à la mesure de la situation. Le travail de ce dernier consiste à annuler une situation d’anomie ou du moins à la bloquer. Une fois sa précellence établie, cet agent qui revêt un statut précis à travers les siècles : guerrier, saint , chanteur… a pour tâche un ensemble d’opérations patientes dont l’objectif est de neutraliser chaque brèche (…) L’amusnaw, c’est donc cet intellectuel du groupe qui a pour lourde tâche d’en porter les aspirations et l’idéal. Tout comme il a pour devoir de puiser dans la mémoire active et de la nourrir à son tour. C’est dans cet éclairage qu’il faut replacer l’insistance de leurs contemporains auprès de Cheikh Mohand Oulhocine et de Aït Menguellet pour qu’ils interviennent. Figures de relais du récit généalogique, ces agents qui surgissent à chaque époque et à chaque impasse sont porteurs de la Voix, celle du refuge utérin, (Taqbaylit), articulant par-là même l’être-présent avec l’être-passé ».

D’autres tentatives de traduction ont été effectuées en arabe. L’une d’elles a été publiée en 2007. Il est pour le moment ardu et prématuré de porter un jugement sur la qualité du travail en l’absence d’un regard critique qui serait jeté par des personnes ou des instances qualifiées. Il n’en demeure pas moins que l’entreprise en elle-même constitue une avancée originale dans le domaine qu’il y a lieu d’encourager.

Au vu de l’importance et de la dimension de l’œuvre d’Aït Menguellet, qui continue à alimenter la culture kabyle et algérienne de son verbe magique, le travail de décryptage, d’analyse, de traduction et de vulgarisation vient à peine de commencer. Cette entreprise réclame compétence et honnêteté intellectuelle. Les premiers travaux que nous venons de citer ont placé quelques jalons pour une recherche plus étendue, plus étoffée et plus approfondie donnant leurs lettres de noblesses aussi bien à l’acte de traduction qu’à celui de l’analyse des textes.

A. N. M.

iguerifri@yahoo.fr

source: dépêche de kabylie

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Posté par algeriedemocratie le 2 septembre 2009

AÏT MENGUELLET

Tikkelt tamezwarut i d-icna Ayt Mengellet di Radyu, 17 n ssna di lâammer-is, d aseggas 1967. Nnuba-yagi qqaren-as « Ighennayen Uzekka », d Ccrif Xeddam i tt-îttfen. Imiren i d-ighenna Lewnis Ma trud. Netta, yugh tanumi ittghenni netta d imeddukkal-is deg Ighil Bb°ammas, taddart-nni anda d-ikker… Maççi, yughal si ccna n tayri ar ccna nniven i d-ittawi ghef liêala deg nella: si ccna-nni ines tamezwarut Idaq wul iban-ed amek ittwali ddunit.

Maáççi d_tayri kan i_yettghenni, iwala amek tâicin lâibad, amek ttmeslayen ghef lihâla-nnsen. Lhâsun seg wasmi yebda ccna, atâs n tughac n tayri i d-ighenna, mi iwala tbeddel lâeqelya-s, iccna ghef ddunit. Cîtûh akken ighenna daghen ghef tayri, umaâna makken i d-issuffegh ccna-nni isem-is Tayri, imiren i s-ixdâ i ccna icban tagi. Ighenna-d daghen yiwet n taghect anda s-iqqar Qqim deg rebbi-w… netta i ugitâr-is umi la iheddêr. Seg wasmi d-issuffegh taghect-nni Aâli d Waâli i d-iwwi ghef imêhqqaren, akken akken awal-is, inejjer-it-id di tughac icban Agu negh Tibratin Atâs i d-iwwi ghef tegmatt d umennugh ger watmaten, si zik ar tura, d ayen i t-iceghben. Di lmaâna n wawal, ayen ifi d-iccna di taghect Lxuf, ighenna-d daghen fella-s di tughac-agi tineggura. Lewnis Ayt Mengellet isexdam awal, ittak-as lmaâna, maççi d asexlujêd kan i yesxlujûd. Awal iqqar-d ayen illan d wayen ur nelli negh ayen ara yilin, segmi Ayt Mengellet-agi qqaren-as medden d amusnaw.

Farida Aït Ferroukh


 dans AÏT MENGUELLET(54) terrassonC’était en 1967, Lounis Aït Menguellet avait tout juste dix-sept ans quand il passa pour la toute première fois dans une émission radio. C’était alors « les Artistes de demain » assurée par Cherif Kheddam. Notre jeune poète y interpréta Ma trud (Si tu pleures). Celui qui avait l’habitude de chanter entre copains sous le clair de lune d’Ighil Bwammas, son village natal, devient, en quelques mois, cet idole qui bouleverse les coeurs. La transition vers la chanson engagée n’est pas aussi brutale qu’on le dit : l’ébauche de ce que sera plus tard son oeuvre est esquissée dès la première chanson Idaq wul (le Coeur oppressé).

Plus tard, il rouvre le dossier de l’amour pour le clore avec Tayri (l’Amour). Dans l’intervalle, il se livre à un jeu de mots dans la chanson Qim deg rebbi-w (Mets-toi sur mes genoux !) s’adressant en fait à sa guitare. Il donne le ton à partir de la chanson Ali d waâli (Fin des années 70) qui retrace l’itinéraire d’un despote. Son style ira en s’affirmant avec des chansons fondatrices comme Agu (le Brouillard), Tibratin (Missives)… Certains thèmes comme la fraternité, la désunion utilisés dans ces titres seront repris plus tard. A titre d’exemple, les allégories déjà sollicitées dans Lxuf (la Peur) en 1981-1982 reviennent dans son dernier album. Aït Menguellet a chanté divers thèmes qui confèrent à sa poésie la totalité qui lui vaut d’être apprécié par tout le monde.

Farida Aït Ferroukh

source:www.azawan.com/kabyle/menguellet/artistePres.htm

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AIT MENGUELLET : « J’ACCUSE ! »

Posté par algeriedemocratie le 2 septembre 2009

AIT MENGUELLET : « J’ACCUSE ! »

« N’en déplaise aux mauvaises langues, je ne suis inféodé à aucune entité, quelle qu’elle soit, ni à aucun personnage, puisse-t-il être président d’une association, d’un parti ou même de la République », a répondu le chanteur Aït Menguellet, ferme, à ses détracteurs.

Aït Menguellet : lettre ouverte aux miens

j’adresse cette lettre aux miens pour que ceux qui font du scandale leur pain quotidien ne croient surtout pas qu’elle (la lettre) constitue une quelconque justification à leurs yeux. Non, ce serait leur faire trop d’honneur en leur accordant une importance qu’ils n’ont pas et qu’ils n’auront certainement jamais. Ceux-là qu’ils croupissent dans leur fange jusqu’à la fin de leur insignifiante existence. Ma lettre s’adresse aux miens, c’est-à-dire les gens lucides, pondérés, responsables et qui ont une conception noble et juste de la liberté, aussi bien d’expression que d’action de leurs semblables. Cette lettre s’avère indispensable à plus d’un titre. D’une part, au vu des attaques injustes dont je suis victime, j’ai le devoir de me manifester pour satisfaire ceux qui attendent de moi certaines réponses. D’autre part, la dérive, la déformation et l’amplification des faits par une certaine presse ont imposé le besoin urgent de ramener les faits à leurs justes proportions. Je commencerai par l’événement par lequel la croisade a commencé, en essayant de le situer dans son véritable contexte. Il s’agit, bien sûr, de ma présence au meeting du président à Tizi-Ouzou et des fameux applaudissements. D’abord le contexte du moment : le nouveau président, quoi qu’on dise maintenant, était perçu par la majorité comme une chance de remettre le navire « Algérie » à flot. Il avait réussi à gagner la sympathie de tous ceux qui espéraient une issue heureuse à la situation inextricable où se trouvait le pays. Aller donc au meeting de Tizi-Ouzou ne présentait aucun caractère insolite. J’y étais et personne dans toute la foule que j’ai côtoyé n’était étonné de me voir. Invitation, curiosité, espoir… tout concourait à ce que je ne rate pas ce meeting. Arrive l’épisode des applaudissements : de mon point de vue, il est tout à fait normal et correct de recevoir, d’écouter et d’applaudir l’opinion de quelqu’un sans pour autant l’approuver. Applaudir, dans ce cas, relève de la simple correction et du respect de l’autre, libre ensuite à chacun d’approuver ou de désapprouver les propos tenus. Chacun fonctionne selon sa conception de la conduite à tenir en de pareilles circonstances. Je n’avais pas à adopter une attitude qui plairait mais qui ne serait pas la mienne. (A ce propos, à ceux qui m’ont sorti la chanson Akwen Ixdee Rebbi pour m’accuser de contradiction, je demande d’écouter Lxuga an ccdeh, et ils auront une autre lecture de ma conduite). Toujours concernant le meeting, il me semblait qu’introduire la question amazighe ce jour-là était faire peu de cas d’une question aussi sérieuse, aussi grande. C’était la ramener à la dimension d’un problème pouvant se poser et se régler de façon anodine au cours d’un rassemblement axé sur une tout autre question, en l’occurrence la concorde civile. A mon avis, la seule chose qui pouvait être faite ce jour-là concernant tamazight, étant d’obtenir du président un rendez-vous pour la tenue d’un autre meeting qui ne concernera que tamazight seule. Là, c’était donner au problème sa véritable dimension. Ceci est juste un point de vue. Arrive l’épisode de la présidence d’honneur d’une association de citoyens. Après l’annonce du fait par un journal qui a rapporté fidèlement l’information, un autre journal, dont je n’arrive pas à comprendre l’animosité à mon encontre, s’est mis à amplifier et surtout à déformer insidieusement l’information au jour le jour, jusqu’à en faire un événement démesuré. Jugez-en : il avait commencé par écrire que j’ai été nommé président d’honneur par le responsable de l’association, pour finir, ces derniers jours, par écrire que j’ai été nommé à la tête de cette association par le président. Je vous laisse deviner le sous-entendu. Volonté de nuire ou mépris du lecteur ? Les deux sans doute. Alors, il me semble indispensable de faire une mise au point définitive à propos de cette question avant que ce fameux journal n’invente Dieu sait quoi encore. Voici la véritable version dans toute sa banalité : ayant appris la naissance d’une association à caractère apolitique, j’ai été contacté au téléphone par son responsable de Tizi-Ouzou. Je ne le connaissais pas et il avait obtenu mon numéro de téléphone par un ami commun. Donc, ce responsable m’a appelé pour me demander mon soutien moral pour cette nouvelle association d’aide à la promotion à la défense du citoyen. L’association étant, je le répète, à caractère apolitique, j’ai accepté la proposition d’être membre d’honneur et non adhérent actif. A la veille de la tenue d’une assemblée au Théâtre Kateb Yacine, le responsable m’a de nouveau téléphoné pour m’inviter à assister à l’assemblée. J’ai décliné l’invitation, tout en confirmant un soutien de principe. Le lendemain, j’ai appris par la presse que j’ai été nommé président d’honneur, chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Conclusion : je suis président d’honneur d’une association de citoyens de Tizi-Ouzou, dont je n’ai rencontré ni le président actif (je ne connais que sa voie au téléphone), ni les membres et encore moins la domiciliation. Même si je voudrais rendre une visite à cette association, je ne saurais pas y aller : je ne sais pas où elle se trouve. Ceci dit, si le programme de cette association vise réellement, comme il le prétend, le bien-être et la défense du citoyen, sans aucune coloration politique, je lui réaffirme mon soutien contre vents et marées. Si, par contre, son programme a des visées politiques, ce dont je n’ai aucune connaissance, je lui demande de retirer mon nom de sa liste des sympathisants. J’espère que la cause est claire. J’ajouterai ceci : n’en déplaise aux mauvaises langues, je ne suis inféodé à aucune entité quelle qu’elle soit ni à aucun personnage, puisse-t-il être président d’une association, d’un parti ou même de la République. Jaloux de ma liberté, je ne la négocierai contre aucun compromis ni avantage d’aucune sorte. Vivre simplement dans mon village parmi les miens, composer mes chansons sans contrainte d’appartenance politique quelconque, retrouver mon public à l’occasion de galas, aider les autres quand j’en ai la possibilité suffisent amplement à remplir ma vie. Voilà, mes chers miens, je vous devais cette lettre en toute sincérité. Je vous demande de l’accepter avec ses imperfections. Merci.

Lounis Aït-Menguellet

18/04/2000

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LOUNIS AÏT MENGUELLAT – La terre et le chant

Posté par algeriedemocratie le 2 septembre 2009

LOUNIS AÏT MENGUELLAT - La terre et le chant
Lounis Aït Menguellat fait partie de cette génération surdouée qui a su résister aux injures du temps et des hommes. Mais le génie, lui, n’a ni frontières, ni langue. C’est une offrande divine qui transcende le temps et l’espace. Aït Menguellat donc …

Lounis n’est pas seulement un chanteur. Et l’enfermer dans ce moule trop exigu pour sa dimension serait faire insulte à son intelligence. Mieux, à son génie. Pourtant, son parcours initiatique n’a rien d’exceptionnel à ses débuts. Il emprunte (le parcours) même aux canons classiques. Une vocation précoce, une boîte d’essence “Mobil” pour accompagner l’amateurisme et un lieu-dit Ighil Bouamas (Haute-Kabylie) qui ressemble à tous les patelins par son profil sociologique. C’est-à-dire un milieu conservateur régenté par un système patriarcal et agnatique.
Repétitions à la sauvette dans un milieu si hermétique que les artistes se cachent pour mourir. Lounis, lui, brise à sa manière le carcan. Et casse les tabous. Sans jamais renier son humus. Les notes de musique résonnent jusqu’au village voisin Aït Daoud où naquit, pour la petite histoire, un certain Kamal Hammadi qui n’influera peut-être pas sur son destin mais qui y contribuera. Avant la grande aventure dans l’émission “Ighenayene Ouzekka” de la Chaîne 2, diligentée de main de maître par l’un des monuments de la chanson kabyle : Chérif Kheddam.
Un formateur et dénicheur hors pair de talents et ce n’est sûrement pas l’inimitable Nouara qui nous contredira. Coups d’essai à répétition du jeune Lounis devenu déjà la coqueluche du village. Ce royaume de la tradition qui a étouffé tant de vocations. Lounis transcende alors le cap de la résistance pour débroussailler les chemins tortueux de l’art. Périlleuse mais exaltante entreprise. Il n’empêche, Lounis fonce droit devant. Quelques chansonnettes pour démarrer. Sur fond de sentimentalisme et amours déçues. Seul registre d’ailleurs qui permettait à l’époque une évasion salutaire. Voire même un exorcisme et une thérapie. “Ma throudh” (si tu pleures), “Ya Tejra Illili (laurier rose), “Djamila” entre autres, signent les prémices à l’orée des années 70 d’un talent latent mais à forte connotation affirmée. Le répertoire s’enrichit : “Ourdjagh” (j’ai attendu), “Ketvagh ismim” (j’écris ton nom), donnent plus d’air et d’épaisseur à la voix et au texte qui passe du suggéré au “géré” et assumé. Aït Menguellat prend de l’assurance dans une sobriété qui lui sied comme le succès. Un succès d’estime d’abord et un triomphe ensuite. Car de la chansonnette, il passe à la chanson à texte et à thème. L’œuvre s’épaissit et gagne en relief. Elle est plus aboutie. Même si l’instrumentation relève du SMIG: une guitare et une derbouka. A telle enseigne qu’on est tenté de croire que toutes ses chansons se ressemblent. Ni chichi ni effets de manche. Juste ce qu’il faut pour un personnage qui ressemble à son art.
Simplicité et humilité se font récurrences et rémanences. La deuxième décennie post-indépendance le consacre. Il a mûri et soigne mieux son produit. Il le travaille davantage, l’affine et le peaufine. Par respect pour l’art. Et par considération pour son public. Et celui-ci ne s’y trompe pas en l’adoptant. “Amdjahed” et “Askouti” marquent un virage, un tournant.
Homme de son temps qui vibre aux pulsions naturelles de l’instinct, Lounis épouse parfaitement son époque. Maître de son art et ancré dans son terroir pour ne pas perdre de vue l’essentiel, il offrira début des années 80 à l’Atlas un véritable récital qui provoque un délire parmi ses fans survoltés. Une étoile est née et scintille dans le firmament. Malgré les étiquettes gratuites et une méchanceté non moins gratuite. L’homme a certes des idées. Car l’artiste vit dans et en dehors de la société. Il a tant besoin de ces “dans” et “dehors” pour trouver la synergie nécessaire à la création. Il est d’ailleurs tellement à l’écoute des autres dont il fait partie intégrante qu’il s’implique par le biais de l’Association “Les amis de Aït Menguellat” dans la vie sociale. Il n’hésitera pas — l’artiste étant complet — à prêter aide et assistance partout où sa conscience de citoyen éclairé le lui dicte. Et pour être poète, barde et chantre à la fois, on n’en est pas moins homme de conviction. Ce qui lui a permis de déjouer tous les pièges et autres crocs-en-jambe des politiques. Et à l’heure où le terrorisme sécrétait ses toxines, Aït Menguellat est resté au pays, par devoir et fidèle à des principes qui ont force de loi. Avant de triompher dans la salle mythique de l’Olympia. Lui qui a été si boudé au temps des années de plomb.
Belle revanche sur la bêtise et les fourches Caudines de l’imbécillité. Bref, l’artiste suit son petit bonhomme de chemin tel un métronome. Et que ce soit dans “Tharawla” (la fuite) ou “Thiragwa” (les rigoles) son dernier album, l’artiste à la muse géniale reste égal à lui-même. Et dans l’interprétation et dans la qualité de la composition. Une voix chaude et veloutée admirablement servie par un bouquet de reprises qu’on redécouvre non sans frémissements. Comme aux plus beaux jours tant l’œuvre et l’artiste n’ont pas pris une seule ride. Et nombreux sont ceux qui ne comprennent pourtant pas le kabyle, mais qui se laissent volontiers séduire par ses complaintes si relevées qu’elles ne laissent personne indifférent.
A cinquante ans et trente-cinq ans de carrière, l’artiste a sans doute besoin de souffler. Et il souffle désormais dans les oreilles. Et la voix de son rejeton de fils Djaafar dont l’influence du papa est évidente, notamment dans “Ouritsadja” (ne me laisse pas). Il y a comme un transfert dans l’air. Tant mieux et tant pis.
Mais on imagine mal Lounis ranger sa guitare et priver son public d’une voix si estampillée. A moins qu’il prenne du recul pour mieux rebondir. Même s’il n’en finira jamais de revenir.
A. ZENTAR

source:menguellet.ifrance.com

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divers dits

Posté par algeriedemocratie le 2 septembre 2009

La femme dans la société 

« Il y a eu trois niveaux de perception du problème de la femme. Au tout début de ma carrière, je la percevais comme tout jeune homme normalement constitué. Ensuite, il y a eu une remise en cause et des questionnements par rapport au concept de la femme-objet~ Le troisième niveau est une totale rupture avec ce problème. Ne pas en parler est un rejet du déséquilibre et une acceptation de l’égalité. Cela s’est traduit dans mes textes par une première présence de la femme que l’on désire, ensuite, une deuxième présence, celle de la femme que l’on respecte, en mettant en valeur son rôle dans la société, et enfin, une absence qui n ‘est pas pour autant une négation. »

Agérie-Actualités,3au9mars1988 

Je l’aime, elle ne m’aime pas…

« Dès le début (…)je me suis inscrit à contre courant de !afaçon dominante dont était menée la chanson kabyle. Il était très fréquent à l’époque d’entendre (…): ‘je l’aime, elle m’aime, mais son père me la refuse… ». Je me souviens avoir interpellé plusieurs amis chanteurs sur cette question. Pourquoi leur disais-je, vous n’avez pas le courage de dire: ‘je l’aime; elle ne m’aime pas, et son père me l’accorde… ».

alger-Répùblkain,20/04/92

Le refus de l’arbitraire 

« (…)D’abord comme simple citoyen, je ne peux pas rester neutre, je le dis tout net.’ l’intégrisme, je n’en veux pas. (~. ~) En janvier dernier après le premier tour des législatives, il y avait urgence et il y avait danger il fallait absolument stopper l’intégrisme. Etje suis d’accord avec la façon dont cela a été fait. Tout en disant cela, je reste fidèle à mes convictions démocratiques, à mes convictions sur les droits de l’Homme et les libertés. Nous devons naturellement rester vigilants sur ces questions et refuser tout arbitraire, même quand ses victimes peuvent être intégristes.

(AlgerRépublicain20.04.92)

 Solidarité 

« La solidarité est une vertu et un élément indispensable dans la vie d’une nation. (…) C’est la foi en un idéal et d’abord un art, ici dans le sens du rapprochement des hommes d’un même pays ou entre peuples àl’echelle mondiale. »

 (ElMoudjahid) 

L’ARTISTE ET SA SOCIETE

Je suis avant tout un regard porté sur l’espace et le monde qui m’entourent « .

Algérie Actualités(12au18juillet1984).

« (…)ne pas tomber dans le panneau de la célébrité, de l’argent et des villes est une chose bien difficile. Tout chanteur de chez nous rêve de Paris, moi j’ai toujours souhaité avoir les moyens moraux et matériels de rester dans mon patelin, j’y suis arrive Algérie Actualités(12au18juillet1984).

LES GRANDS RENDEZ-VOUS 

« Non, je prends tout simplement le temps de travailler quant à la scène, je dois avouer que j’en ai une peur bleue. C’est avec joie que je me passerai des galas si je le pouvais ».

Algérie Actualités(12au18juillet1984)

(…) je me suis aperçu qu’il était intéressant de revoir ma façon de me produire sur scène, et d’introduire, petit à petit, quand il le faut aussi, des choeurs et des danses ».

TidduklaMagazine(Eté1992)

source:menguellet.ifrance.com

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Lounis Aït Menguellet « Je n’ai jamais voulu être un symbole de quoi que ce soit »

Posté par algeriedemocratie le 2 septembre 2009

Lounis Aït Menguellet « Je n’ai jamais voulu être un symbole de quoi que ce soit »

La Nouvelle République : On fête aujourd’hui le 20e anniversaire du Printemps amazigh, qu’y a-t-il de changé depuis cet historique 20 Avril 80 ?

Lounis Aït Menguellet : C’est en effet une date qui intégrera la liste déjà longue des combats algériens. Le 20 Avril 80 a couronné des années de lutte non seulement pour la reconnaissance de l’amazighité de l’Algérie, mais aussi pour la démocratie.

Qu’a-t-il de changé depuis ?

Je ne peux vous répondre dans la mesure où je ne comprends pas grand-chose à tout ce qui se passe. Et quand je ne comprends pas quelque chose, je me méfie en attendant de trouver une explication, surtout en ce moment où je ne fais pas un geste sans qu’on lui colle un programme politique.

Et si l’on revenait justement à votre présence à ce fameux meeting du président de la République à Tizi-Ouzou. Elle en a dérouté certains…

Ma présence au meeting de Bouteflika n’a surpris que ceux qui ont voulu être surpris pour justement l’exploiter à des fins que j’ignore. Il faut se replacer dans le contexte du moment. Quoi qu’on dise aujourd’hui, le nouveau président était perçu par ceux-là mêmes qui lui tirent dessus aujourd’hui comme le sauveur. Ses discours militaient en sa faveur. Aller donc assister à son meeting ne pouvait avoir à mes yeux d’autres significations que la curiosité et l’espoir.

Mais alors et les applaudissements…

Je comprends que ce soit choquant pour certains, mais de mon point de vue, la démocratie est un atout. Elle doit être guidée par le respect d’autrui. Il me paraît tout à fait normal et correct de recevoir, d’écouter et même d’applaudir l’opinion de l’autre quand bien même elle n’est pas la nôtre. Applaudir dans ce cas est seulement une marque de correction et ne veut nullement dire que j’ai approuvé les propos du président.

Il faut comprendre qu’il s’agissait d’un sujet brûlant : tamazight…

C’est justement parce que c’est un sujet d’une grande importance qu’il devait être traité en conséquence. Le meeting de ce jour-là concernait le problème de la paix en Algérie. « Liquider » tamazight en quelques minutes c’est à mon sens mépriser une question capitale. Ce qu’on pouvait par contre obtenir du président c’est un rendez-vous pour la tenue d’un autre meeting qui ne concernera que tamazight seule. Là, on aurait donné au problème sa véritable dimension.

 Justement avec votre « lettre ouverte », vous avez fini par réagir à tout ce qui s’est dit à votre sujet…

Devant la persistance de certains journalistes à vouloir me coller gratuitement des étiquettes et surtout parce qu’on n’a entendu qu’un seul son de cloche, j’ai tenu par respect aux miens à apporter ma version des faits. Et ce n’est nullement une justification comme cela a été compris par la même presse qui veut faire d’Aït Menguellet le problème de l’Algérie au mépris du lecteur.

On a l’impression que vous avez une dent contre la presse…

Pas contre la presse, mais contre ceux qui me tirent dessus à longueur de colonnes sans daigner une fois demander mon opinion. Mon intervention d’avant-hier a mis à nu les visées de certains. S’il y a une presse qui s’en tient à sa mission d’informer, une autre, en mal d’inspiration et certainement pour se faire un nom sur mon dos, tente de m’entraîner dans une « guerre » qui servirait leur commerce de la félonie et de la division. Quand j’ai adressé ma lettre aux journaux, j’ai précisé qu’elle devait passer intégralement pour justement permettre aux lecteurs de prendre entièrement connaissance de mon point de vue. Malgré cela, au mépris de la déontologie, on ne s’est pas empêché de « manipuler » mes dires. Le journal L’Authentique pour ne pas le nommer est allé jusqu’à publier ma lettre d’envoi où je les ai priés de ne pas amputer mes propos. Je ne suis pas surpris de la part d’un journal venu tardivement à l’opposition, lui qui était au pouvoir depuis de longues années. Je reste néanmoins persuadé qu’au sein des journaux qui me prennent à partie, il y a des journalistes sensés qui comprennent les enjeux, mais il y a malheureusement d’autres inféodés à leur direction de crainte d’être mis à la porte. Ceux-là je les désigne du doigt car ils obéissent à une logique qui n’aurait jamais dû faire partie de leur métier. Contrairement à ces journalistes, je ne risque d’être mis à la porte de rien du tout. Qu’ils sachent que j’ai bonne conscience. La lettre adressée à mon public m’est venue du fond du cœur et je n’y changerai rien car elle est vraie. Je ne me suis pas fait d’illusion, je ne m’attendais pas à ce que mes détracteurs se taisent après ma lettre et ce que je viens de dire mettra sûrement de l’eau à leur moulin. Mais je veux qu’on sache une fois pour toutes que Lounis Aït Menguellet ne s’est à aucun moment culpabilisé parce que ce n’est pas aujourd’hui que l’on peut sans risque donner son avis que je changerai de convictions.

Il faut dire que c’est la rançon de la gloire. Vous vous appelez Aït Menguellet…

Et alors, je n’ai jamais postulé à un quelconque titre. Je n’ai jamais voulu être un symbole de quoi que ce soit. Il y a des idéaux à défendre et comme tout un chacun, je l’ai fait avec les moyens que j’ai. Le paradoxe c’est que justement ce sont ceux qui me distribuent des titres gracieusement qui tentent aujourd’hui de me donner en pâture à mon public. Et c’est en cela que réside la stratégie de ces gens : vous élever très haut pour mieux vous abattre. Alors qu’à mon avis, on n’est élevé que par ses actes.

Une bonne partie de votre œuvre nous décrit comme des gaspilleurs d’énergie, d’hommes et de talents ; Aqbayli, entre autres, a valu certains mécontentements…

Les mécontentements quand ils peuvent générer un débat fertile sont salutaires ; au-delà, je ne fais que constater et rapporter les dégâts toujours dans l’espoir qu’ils soient les derniers. Ceci dit, tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a trop de réalités, de clans de querelles de second coutea. Il existe toujours un malaise entre nous et la réalité. Je crois qu’il faut par pudeur ou par culpabilité cacher un certain nombre de vérités. Nous avons raté beaucoup de nos rendez-vous avec nous-mêmes. Et le drame c’est que nous revenons sur nos pas pour nous plaindre.

C’est ce que vous dites dans nombre de vos chansons. Mais qui est responsable ?

Nous tous ; si ceux qui véhiculent, voire créent la zizanie et la polémique sont condamnables, ceux qui ne cautionnent pas, mais se taisent quand même sont tout autant condamnables. Parce qu’il faut savoir que le silence de ceux que l’on appelle la « majorité silencieuse » sert les objectifs de ceux qui veulent nous maintenir dans notre statut d’éternels combattants.

Glorifier le passé, vivre sur les pierres tombales, vous avez dénoncé cela bien avant l’hécatombe qui a frappé l’Algérie…

Attendez, la nostalgie du passé, l’évocation de nos faits d’armes, ce n’est pas inutile. Tout peuple a besoin de racines et de symboles et nous plus que les autres, mais la réponse au déclin, c’est de se tourner vers l’avenir. On doit mettre un trait sur « je mourrai pour tamazight ». Je mourrai pour l’Algérie. A mon avis, il faut vivre pour elle. L’histoire récente ou ancienne devrait servir à nous aider à modifier nos comportements quand c’est nécessaire. C’est une forme de suicide que de ne rien changer quand tout bouge.

Depuis quelques années, les événements politiques s’accélèrent. Votre public se plaît à vous « classer » un jour dans un parti, un jour dans un autre. Qu’en est-il au juste ?

C’est justement cela qui doit vous donner la réponse. Je ne me suis jamais détourné de ceux qui cherchent à apporter leur pierre au bien-être de ce pays où qu’ils se trouvent. Si je n’ai pas été embrigadé politiquement dans les années difficiles, ce n’est pas aujourd’hui que cela commencera. Je continuerai à être ce que j’ai toujours été.

Qu’est-ce que l’engagement pour vous ?

Pour moi l’engagement c’est de faire le mieux possible ce à quoi on est destiné. C’est d’être efficace à son « poste ». Et ce sont justement ceux qui n’ont pas de « poste » qui utilisent le plus ce terme.

Mzrigh afus sumeqyas, siwa ackal id tmerktayegh. Si c’en est une d’abord, nous croyons que c’est la seule allusion à votre « passage » en prison…

Ne me parlez pas de prison sinon vous donnerez à mes détracteurs encore une occasion pour trouver à redire…

Comment peut-on faire renaître la confiance ?

Vous demandez trop. Et puis j’ai fini par avoir peur des mots. On leur fait prendre des connotations que je ne maîtrise pas. Mais, ce qui me paraît sûr c’est qu’en servant l’intérêt général et desservant les intérêts particuliers souvent morbides, on peut se permettre déjà d’espérer. Et puis ou on est responsable et on devient maîtres de notre destin, ou on se fait prendre en charge par d’autres. C’est une question de choix.

Interview réalisé par Zahir Mahdaoui Copyright © 2000 Quotidien Algérien d’Information – La Nouvelle République . All Rights Reserved.

Publié dans AÏT MENGUELLET(54) | 1 Commentaire »

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