Bouteflika subissant le châtiment de la tombe

Posté par algeriedemocratie le 4 novembre 2009

Acte I

Bouteflika subissant le châtiment de la tombe

Par : Geoffroy Idouassem

 

Il fait noir, froid et étroit dans la tombe. Mais soudain, la lumière jaillit et des bruits de pas se font entendre. Bouteflika ouvre ses yeux et se voit tout nu au milieu d’une grande salle blanche, devant une créature robuste, tenant une massue de bois massif.

 

Azraël : (ricanant) – Bienvenu dans la demeure de la vérité et de la justice !

Boutef : (tremblant, mais essayant tout de même d’impressionner son hôte) – Salam, khouya, je suis le président de TOUS les Algériens.

Azraël : (serrant déjà ses mâchoires à tel point que ses dents produisent des craquements) – Oui, oui, c’est noté sur le registre des bonnes actions : élu à 99% des voix dans un suffrage propre, honnête et transparent comme du cristal !

Boutef : (croyant encore en le fonctionnement de ses farces) – Et mon peuple m’a réélu pour trois mandats consécutifs, eh !

Azraël : (tournoyant sa grosse massue dentée) – Autrement dit à vie ; tu étais vraiment inchangeable ! L’Algérie manquait affreusement d’homme de ton genre. Je te comprends bien !

Boutef : (redoublant d’effort pour séduire et repousser ainsi le malheur de lui) – Mais ma plus grande réalisation reste la Grande Mosquée d’Alger ; une merveille ! Elle possède le plus haut minaret du monde après celui de la mosquée de la Mecque !

Azraël : (Avançant et de plus en plus menaçant) – Oh oui, un méga projet qui a englouti des millions de dollars, alors que ton peuple est réduit à fouiller dans des poubelles pour trouver quoi mettre sous la dent !

Boutef : (perdant de plus en plus espoir de s’en sortir et maintenant coincé dans un coin à force de reculer sous l’avancée de Azraël) – Mais c’est un sacrifice consenti par mon peuple croyant ; il avait préféré famine et paradis que prospérité et enfer !

Azraël : (de plus en plus près et agitant de plus en plus fort sa massive massue) – Ah oui ! Et pourquoi donc toi, tes proches et tes complices aviez-vous choisi la jouissance de la vie terrestre ?

Boutef : (bouche bée, les yeux écarquillés) – Je … je …

Azraël : (Tenant sa massue de deux mains et la levant au dessus de sa tête) – Alors, à court d’arguments ?

Boutef : (tout pâle et tremblant sur une mare de pipi et de caca comme un petit enfant) – Je … je …    

 

Puis voyant Azraël prendre son élan, Bouteflika ferme ses yeux et pousse un cri si puissant que certains locataires du cimetière d’El-Alia ont fait pipi dans la culotte. Le cri est immédiatement suivi par le crash de la terrible massue sur le crâne du nain dont le corps est devenu si compressé qu’il ressemble à une boîte de conserve écrasée.

 

Azraël : (satisfait) – Au suivant !

Acte II

Bouteflika au jugement dernier

 

Soudain, c’est le réveil de nouveau et Boutef se retrouve à poil, seul, dans une immense salle blanche ; il tient derrière son dos un registre et il fait face à une lumière éblouissante.

 

Dieu : (invisible) – Lis ton livre !

Boutef : (secoué par la voix qui semble venir de partout) – Yaaaawayliiiiiiiiiiiiiiii !

Dieu : (insistant et en colère) – LIS TON LIVRE !

Boutef : (présentant son livre et l’ouvrant en tremblant) – Chapitre I : Les Grands Péchés

1-     Durant les années 70, alors que j’étais ministre des affaires étrangères, j’ai détourné 25 millions de dollars qui appartenaient au peuple.

2-     En 1999, les généraux de la DAF m’ont appelé et je suis revenu au pouvoir comme président élu frauduleusement avec 86 % des voix.

3-     À chaque inauguration de mon mandat, je prête serment, la main sur le Saint Coran, que je respecterai la constitution algérienne et je défendrai les intérêts des Algériens, mais après je me mis à blanchir les mains de la maffia et en 2008 j’ai violé la constitution pour m’accaparer du troisième mandat dans le seul but d’assurer la pérennité du système maffieux qui affame et terrorise le peuple.   

4-     En 2005, j’ai coopéré avec les généraux de la DAF pour concocter le plan dit de réconciliation qui absout les généraux assassins et corrompus et leurs marionnettes islamistes de tout crime commis contre le peuple innocent.

5-     Durant mon règne, j’ai méprisé les intellectuels et je n’ai fait construire aucun établissement scolaire ni centre de recherche, car je voulais que mon peuple devienne davantage ignorant et abruti afin qu’il soit une proie facile aux farces de la maffia aux commandes du pays.

6-     Pendant la période de ma gouvernance, j’ai dépensé les fonds publiques à ma guise (achat d’un Airbus privé, financement de mes campagnes électorales, achat du soutien des députés, etc.) sans jamais me tenir compte des besoins de mon peuple.

7-     Aux fêtes religieuses, je vais à la mosquée avec mes ministres comme en temps des Khalifats afin de jouer à l’Émir des Croyants et tromper le peuple pour gagner son allégeance.

8-     En …

 

Dieu : (d’une voix pleine de dégoût) – Ça suffit ! Ça suffit ! C’est amplement suffisant pour qu’on te condamne au pire des châtiments. Garde ! Tirez-le par les pieds jusqu’à la porte de l’enfer et confiez-le aux gardiens des feux !

Boutef : (regardant de tous les côtés les bras déployés pour garder l’équilibre pendant que les deux robustes anges le traînent par la pointe des pieds sur le dos) – Saïd khoyaaaaaa ! Toufiiiiiiiiq ! Belkhiiiiiiiir ! Nezzaaaaar ! Zarhouniiiiiiiiii ! Tounsiiiiiiiiiii ! Sauvez-moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! 

Acte III

Bouteflka en enfer

 

Gardien de l’enfer : (se tenant debout au milieu des flammes, face à la porte d’entrée, une chaîne devenu rouge de chaleur dans les mains) – Bienvenu dans la maison des pires supplices, frère de Satan !

Boutef : (tenu debout par les deux anges sur le seuil de la porte, le corps déjà rosâtre de chaleur) – On … on a dû se tromper sur mon compte !

Gardien de l’enfer : (ouvrant l’une des maillons de la chaîne et la mettant au cou de boutef) – Ah, là tu dépasses toutes les bornes ! Dieu se trompe de jugement ! Ce n’est pas toi qui as toujours trompé ton peuple ?

Boutef : (criant de douleur) – Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhh, mon dieuuuuuuuuuuuuuuuuu ! Pitiéééééééééééééé !

Gardien de l’enfer : (tirant boutef vers les flammes) – Tu implores le Seigneur d’avoir pitié de ton âme ! As-tu eu la moindre compassion envers ton peuple qui a souffert de toutes les misères auxquelles toi, tes ministres et tes généraux que voilà l’avez exposé ?

Boutef :(oubliant pour un moment sa propre souffrance en regardant s’agiter dans les flammes un tas de militaires et de civils ayant servi dans le régime algérien) – Ce sont ces démons de généraux qui m’ont ramené au pouvoir et obligé de gérer le pays ainsi. Je jure que c’est vrai !

Gardien de l’enfer : (tournoyant sa chaîne et s’approchant de Boutef que les généraux tentaient de repousser loin d’eux) – Tes serments n’ont aucune valeur ! N’as-tu pas déjà juré la main sur la parole de Dieu que tu ferais tout le bien pour ton pays et que tu as fait tout le contraire ?

Boutef : (pointant du doigt les généraux) – Ce sont eux qui commandaient et je ne faisais qu’exécuter de crainte d’être liquidé comme Boudiaf, je te jure !

Gardien de l’enfer : (virevoltant sa chaîne de plus en plus fort pour enfin la lancer de sorte qu’elle balaie tous les suppliciés sur son passage en commençant par Boutef) – Nul parmi vous ne servira d’alibi pour l’autre ; vous êtes tous pareils et vous goûterez tous au même châtiment ! Tenez !

Les suppliciés : (en l’air) – Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh !

Boutef : (atterrissant sur les hanches dans un endroit rocailleux encore en fumée, bouche écumante) – hhhhhh !

Gardien de l’enfer : (saisissant une longue lance et s’approchant des suppliciés tombant un à un encore étouffés sous l’effet du coup) – Vous étiez la vermine qui avait empoisonné la vie de tout un peuple ! Vous lui aviez détruit toutes ses valeurs ; vous aviez attenté jusqu’à sa dignité sans aucune crainte de Dieu, alors goûtez aux pires des châtiments !

Les suppliciés : (tentant de se lever pour fuir, mais leurs pieds pesant très lourds les en empêchent) – Seigneur, aie pitié de noussssssssssssssssssssssssssssssssssss !

Gardien de l’enfer : (maintenant arrivé devant Boutef et arborant sa lance) – Qui avait commandité la fusillade des 126 kabyles innocents pendant ton règne, eh ?

Boutef : (pointant du doigt) – C’est Zarhouni !

Zarhouni : (pointant du doigt) – C’est le général Toufik !

Général Toufik : (pointant du doigt) – C’est Bouteflika ! C’est lui le chef suprême du pays !

Gardien de l’enfer : (ricanant et se préparant à frapper) – Vous êtes tous des meurtriers ! Tiens ! Tiens ! Tiens !

Les suppliciés : (enfilés dans la lance mais toujours vivants) – Seigneuuuuuuuur ! Pitiéééééééééééééé !

Gardien de l’enfer : (s’approchant avec sa lance d’une flamme ressemblant à celle du chalumeau) – Dieu n’écoute pas les pleurnichements des assassins ! Vous êtes condamnés à tout jamais à souffrir en enfer ! Goûtez-y cette flamme-ci, criminels !

Les suppliciés : (les yeux écarquillés et le corps égouttant comme celui du poulet rôti) – Ahhhhhhhhhhhhhhh !

 

Un milliard d’années sont déjà passées et les suppliciés sont toujours sous une torture de plus en plus intense.

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Les attentats d’Alger : une population prise en otage par les luttes de clans

Posté par algeriedemocratie le 22 décembre 2008

Les attentats d’Alger : une population prise en otage par les luttes de clans

Addi, Gèze, Mellah et AW

Le 11 décembre 2007, Alger vient encore une fois d’être le théâtre de deux attentats meurtriers – ciblant le Conseil constitutionnel et un bâtiment de l’ONU – qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. Une fois de plus attribués aux islamistes, ces attentats ne feront l’objet d’aucune enquête policière ou judiciaire : les auteurs des explosions ayant été tués, comme d’habitude, aucune instruction digne de ce nom ne suivra. Jusqu’à nos jours, aucune enquête sérieuse n’a été diligentée à propos des massacres de Raïs (300 morts), Bentalha (477 morts), Ramka (1 000 morts) et d’autres perpétrés en 1997 et 1998.

Dix ans plus tard, la grande majorité de la population algérienne est convaincue que ces tueries ont été le fait d’islamistes manipulés par les chefs du DRS (la police politique), dans le cadre de la lutte de clans qui les opposait alors à celui du président Liamine Zéroual (1). De même aujourd’hui, la revendication des derniers attentats par Al-Qaida du Maghreb (AQMI, ex-GSPC) n’est pas prise pour argent comptant par l’opinion, qui pointe derrière ce groupe des commanditaires au sein du pouvoir algérien – notoirement traversé depuis 2006 par une nouvelle lutte de clans, opposant les chefs du DRS aux forces (dont certains chefs de l’armée) rassemblées derrière la figure du président Bouteflika.

Étonnamment, plusieurs journalistes de la presse algérienne, pourtant farouchement hostiles aux islamistes, se sont faits en partie l’écho de ces questionnements de la population. De fait, dans les jours qui suivent les attentats, en lisant la presse et en recoupant les déclarations de certains officiels du « clan Bouteflika », on relève de nombreux indices montrant que la thèse de la lutte des clans au sommet du pouvoir est la plus plausible et que ses protagonistes ont tenu à le faire savoir. Évidemment, les indices ne sont pas des preuves, mais leur concordance est pour le moins surprenante.

Le premier est rapporté par le quotidien El-Watan qui, dans son édition du 12 décembre 2007, s’étonne de l’acharnement d’un officier supérieur du GIS (une police dépendant du ministère de la Défense nationale) à éloigner les journalistes des lieux des attentats. L’auteur de l’article y voit « une volonté délibérée de cacher la vérité à l’opinion publique ». Mais quelle vérité les militaires du GIS voudraient-ils cacher ? Un autre indice est une phrase lancée par le ministre de l’Intérieur, Noureddine Zerhouni, lors de sa conférence de presse, avançant que les attentats sont liés à la question du troisième mandat présidentiel : le ministre pointait ainsi du doigt ceux qui refusent que Bouteflika soit candidat à sa propre succession en 2009, péripétie politicienne pourtant parfaitement étrangère aux discours mortifères affichés par l’AQMI-GSPC sur ses sites Web.

Refusant de reconnaître la pertinence de la dénomination « Al-Qaida au Maghreb » et continuant de citer le GSPC (comme pour mieux souligner l’origine strictement algérienne des responsables des attentats), le ministre de l’Intérieur en a rajouté lors de sa visite sur les lieux des deux drames : d’une part, a-t-il déclaré, « les services de sécurité savaient, depuis des mois, que le siège du Conseil constitutionnel figurait parmi les cibles des groupes terroristes » ; et, d’autre part, ces derniers « ont acquis une grande capacité d’infiltration des groupes terroristes, et ils sont parvenus à affaiblir un grand nombre de ces groupes ». D’où les questions implicites (en fait transparentes pour le « sérail algérois ») : s’ils sont si efficaces, pourquoi ces services de sécurité n’ont-ils pu déjouer un tel attentat, d’autant plus qu’il ne s’agissait pas de cibles anodines ? Ses chefs les auraient-ils laissés se commettre (voire les auraient commandités) po ur prouver que Bouteflika aurait échoué dans sa politique de réconciliation et que, par conséquent, il n’aurait pas à se porter candidat pour la troisième fois ? Autre indice : un reportage organisé à chaud par la radio nationale Chaîne trois, dans lequel de nombreux citoyens interrogés ont demandé… la démission du président. Quand on sait le contrôle total qu’exerce le DRS sur la radio et la télévision publiques, ce reportage parle de lui-même.

Une autre « anomalie » flagrante concerne les cibles des attentats – hautement symboliques – et leur mode opératoire. L’immeuble de l’ONU est situé à Hydra et le Conseil constitutionnel à Ben-Aknoun : deux quartiers hautement sécurisés d’Alger, sièges, pour le premier, des résidences des plus hautes autorités du régime et, pour le second, de nombreux établissements militaires (dont des casernes du DRS). Rappelons que le 11 avril 2007, le Palais du gouvernement et un important commissariat, dans des quartiers tout autant quadrillés, avaient été ciblés de la même manière, faisant 30 morts et plus de 200 blessés.

Comment croire que des véhicules bourrés de près d’une tonne d’explosifs – selon la version officielle et celle donnée par l’AQMI – auraient pu se déplacer tranquillement sans être interceptés par des forces de sécurité omniprésentes et attentives au moindre fait suspect, à moins d’un « relâchement » programmé de ces dernières (selon un sinistre scénario largement attesté lors des massacres de 1997) ? Comment croire qu’un groupe terroriste réputé être au bord de l’agonie (du fait des « coups de boutoir » de la répression antiterroriste, selon le leitmotiv de l’« information sécuritaire ») aurait pu aussi facilement mener à bien de tels attentats, qui demandent des moyens matériels et humains, ainsi qu’une capacité d’organisation difficilement concevables de la part d’un groupe « en pleine déliquescence » ?

Ces attentats font ainsi douloureusement écho aux massacres de 1997, qui avaient fini par pousser le général Liamine Zéroual à la démission un an plus tard. Aujourd’hui, c’est son successeur – ou plutôt le clan de ceux qui se cachent derrière lui – Abdelaziz Bouteflika qui semble à nouveau visé par ceux qui l’avaient fait élire en 1999 (le clan du général Mohamed « Tewfik » Médiène, chef inamovible du DRS depuis 1990) et dont il a voulu s’émanciper. En atteste, parmi bien d’autres drames, celui du 6 septembre 2007 à Batna : alors que le président se trouvait encore à 20 km de la ville, un attentat suicide a visé la foule qui l’attendait sur le chemin qu’il devait emprunter, faisant 22 morts et plus de 100 blessés . Le souvenir de l’assassinat du président Mohammed Boudiaf en juin 1992, en direct à la télévision – dont tous les Algériens savent qu’il a été orchestré par les chefs du DRS –, ne s’estompe pas si facilement…

Le président Bouteflika a pourtant globalement mené à bien la mission que lui avait assignée ses mentors du DRS : il a rendu l’Algérie fréquentable (même si les pétrodollars y sont aussi pour beaucoup) et il a fait passer en 2005 une loi dite « de la paix et la réconciliation ».

Celle-ci équivaut à une amnistie totale des crimes des années 1990 (perpétrés par les forces de sécurité comme par les groupes armés se réclamant de l’islam) et a instauré l’interdiction de parler des années de sang sous peine de prison. Néanmoins, surtout depuis 2006, en s’appuyant sur les adversaires du « clan Tewfik » (dont les chefs de l’armée écartés par ce dernier), il a tenté d’élargir son influence dans d’importants secteur du pouvoir algérien. Et, la conjoncture internationale aidant, il a pris, grâce à ses alliés, plusieurs décisions directement contraires aux intérêts des chefs du DRS et de leurs alliés civils : abrogation, en juillet 2006, des dispositions de la loi sur les hydrocarbures qui auraient permis – pour le plus grand profit des généraux liés aux Américains et touchant des commissions sur ces transactions – l’attribution de concessions aux entreprises pétrolières étrangères et bradé la propriété des réserves de pétrole et de gaz ; annulation de gros contrats avec des firmes américaines (dont un projet de quelque 3,5 milliards de dollars avec Anadarco) et liquidation de la société mixte algéro-américaine Brown & Roots Condor ; arrêt de la construction, déjà largement avancée, d’une importante base militaire américaine près de Tamanrasset ; intensification de la coopération militaire (et des grands contrats d’armement) avec la Russie ; etc. (2)

Dans ce contexte, le choix des cibles des attentats du 11 décembre peut être compris comme la délivrance de sinistres « messages » au « clan Bouteflika », mais aussi à d’autres destinataires. Aux membres du Conseil constitutionnel : l’attaque contre leur siège vise à les dissuader de parrainer la révision de la Constitution nécessaire pour un troisième mandat du président Bouteflika. À la communauté internationale (dont les services connaissent parfaitement la vraie nature de l’AQMI-GSPC) : l’attentat contre le siège de deux organismes de l’ONU est une manière pour les chefs du DRS de lui faire savoir que le clan Bouteflika ne peut assurer la sécurité des étrangers en Algérie et qu’ils doivent s’en remettre à eux seuls. C’est bien ce que semblait confirmer , le lendemain même des attentats, l’éditorialiste – réputé très proche du DRS – du quotidien Liberté : il écrivait que, pour le GSPC, le fait d’avoir ciblé un immeuble de l’ONU était une « manière de signifier aux étrangers que l’État algérien est incapable de protéger ses hôtes ».

C’est cette toile de fond, bien plus que les élucubrations des pseudo-experts internationaux ès terrorisme sur Al-Qaida, qui donne la trame explicative des dramatiques attentats frappant des civils innocents depuis le printemps 2006 (3). Et pendant ce temps, cette guerre larvée continue de prendre en otage une population broyée par l’insécurité, la pauvreté, le chômage et la malvie. En un mot, la hogra.

Lahouari Addi, François Gèze, Salima Mellah, Algeria-Watch
16 décembre 2007

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