Algérie, where are you go?

Posté par algeriedemocratie le 22 décembre 2011

Iskander DEBACHE.

Paris

le 17 Décembre 2011.

Il est dit dans un poème du Moyen âge intitulé El supiro del Moro, que la veille de son départ de Grenade qu’il devait évacuer le matin du 2 Janvier 1492 après un Ultimatum des Rois Catholiques, le dernier Monarque de Grenade Abou Abdil sortit la nuit, une dernière fois dans les jardins du Palais de l’Alhambra qui lui parurent plus beaux et plus féériques comme jamais il ne les a vus. A la perspective de devoir tout abandonner, il se mit à pleurer et c’est alors que le surprenant en larmes, sa mère Aïcha El Horra lui aurait dit: – Llora como mujer lo que no supiste guardar y defender como un hombre. (Pleure comme une femme ce que tu n’as pas su garder et défendre comme un homme)… Aujourd’hui en Algérie, l’histoire se répète….

Projet de plus Grande Mosquée du Monde ou le blanchiment d’une sinistre Apostasie!

La première pensée qui nous vient à l’esprit en lisant certaines informations du genre « Bouteflika accomplit le rite du Pélerinage à la Mecque », est que dans le gros marasme induit par sa cahotique gouvernance de l’Algérie, ce Monsieur vivrait dans une impudique sérénité avec en prime, la vaine quoique ferme et inébranlable illusion d’avoir corrompu Dieu…
Il est certes dit dans le Hadith que les portes du Paradis seraient d’office ouvertes aux bâtisseurs des Mosquée et en la matière, Bouteflika ne fait pas qu’exceller dans le zèle mais il réussit néammoins et culot en plus, à s’offrir le plus formidable blanchiment spirituel que sa duplicité ait pu construire autour d’uneTartufferie produite et mûrie dans le cerveau retors et sournois d’un personnage dont tout l’esprit et la lettre se résume à une vile et méprisable aptitude à rouler son prochain dans la farine…
Nous avions déjà parfaitement conscience que jusqu’au crépuscule de sa vie, notre inénarrable président allait nous réserver un dernier chien de sa chienne et en l’occurrence, ce blanchiment apparait d’autant plus facile et commode que ce Monsieur pousse l’audace jusqu’à se l’offrir non seulement avec les deniers du Peuple mais encore en forçant l’escroquerie, l’arrogance et l’impudeur à la quintessence de l’art quand il recommande aux opérateurs du projet de le faire rebaptiser après lui en: Mosquée Abdelaziz Bouteflika…. Pour un faux dévôt habitué à manier l’art de l’entourloupe, cette dernière Tartufferie prêterait plutôt à sourire si l’Islam ne traversait pas sous les attaques de l’Occident et de ses supplétifs Algériens l’une des phases les plus dramatiques et les plus éprouvantes de son histoire dont la dernière s’est illustrée, signe des temps, la chose de basse Police n’étant plus ce qu’elle était, par une pathétique représentation théatrale des « Pieds Nickelés », soit un Mini incendie du Reichstag avec le sinistre simulé du journal satirique d’extrême droite Charlie hebdo dont il n’était pas très difficile de deviner ni même de prouver qui en étaient les véritables auteurs ainsi que les commanditaires et coincidait comme par hasard avec deux faits politiques Majeurs liés au Monde Arabo-Musulman: Le vote pour l’admission de la Palestine à l’UNESCO et la victoire du Parti Islamiste Ennahda lors des élections Législatives en Tunisie que l’Algérie n’a jamais cessé de dénoncer montrant ainsi dans les faits et à la face du Monde la collusion d’intérets et d’action entre les services Algériens et le Mossad….
On se souvient dans les années Quatre vingt, à l’époque où une grande pudeur intellectuelle faisait encore office d’éthique littéraire, quand dans leur première offensive anti-Musulmane les Occidentaux prenaient encore le soin de ne jamais s’impliquer eux même dans ce qui apparaissait alors comme une véritable hérésie intellectuelle à peine couverte par le prétexte fallacieux et inapproprié de la liberté d’expression s’attaquant sans raisons explicites à la perception du sacré contre ce qui constituait le plus clair de toute l’humanité c’est à dire contre les convictions propres à la Nation Musulmane dans son ensemble et dans ses diversités. Souvenez vous des versets sataniques de Selmane Rushdie, un soi-disant écrivain pakistanais de confession Musulmane, en réalité un prête-nom utilisé alors comme un paravent pour dire que l’attaque venait de Musulmans eux mêmes! Ensuite il y a eu les dessins de Théo Van Gogh que ce dernier n’aurait jamais publiés sans la couverture et la compromission d’une réfugiée Somalienne à peine débarquée des pirogues de Boat-People, intellectuellement déficiente et donc perméable à n’importe quelle intoxication spirituelle, déjà prête à n’importe quel mensonge pour vivre aux Pays Bas et qu’on n’a pas hésité à récupérer puis à exploiter jusqu’à la bombarder ensuite et probablement malgré elle ministre de la culture pour les stricts besoins de cette opération et donc de la cause, pour la déchoir ensuite de la sujétion Hollandaise et l’expulser hors des frontières un peu comme on se débarrasse de la matière fécale, comme on efface de son histoire les stigmates avilissantes d’une aussi vile compromission tant il est vrai qu’il n’est pas toujours aisé de montrer jusqu’à quel point on peut descendre aussi bas dans un Palais des Mille et une nuits où les rats grouillent sous la trappe d’agréables lambris vernissés!

Soit mais alors où est le rapport me diriez vous?
Le rapport est pourtant simple. Souvenez-vous du Royaume de Grenade en Andalousie, ce dernier joyau du Monde Arabe dont nous devons la perte à la trahison d’Abou Abdil, le rejeton insatisfait d’un Monarque local, un enfant gâté pourri, à l’enfance bénie des Dieux et qui s’est allié aux Chrétiens contre son propre père! Une défaite honteuse parce que dûe non pas à l’incompétence ni à l’incapacité d’un des protagonistes contre un ennemi supérieur en armes ou en détermination, non! Mais il s’agit tout simplement d’une défaite dans le déshonneur total, comme celles que l’on doit à la trahison d’un homme en qui le peuple a investi toute sa confiance! Aujourd’hui en l’occurrence, l’histoire se répète! Sauf que cette fois il ne s’agit plus d’un vague écrivain en mal de publicité ni d’une boat people à moitié morte de faim devenue ministre Européen malgré elle et encore moins d’un prince Arabe de l’Andalousie lointaine en mal de reconnaissance et engagé malgré lui dans l’engrenage funeste d’un conflit de générations mais d’un état souverain qui se compromet contre ce qui a constitué le ciment idéologique de sa propre révolution et donc de sa guerre de Libération et à ce propos, Il fut un temps où la Guerre de libération en Algérie était considérée comme l’une des plus grandes et des plus prestigieuses insurrections populaires après la révolution Soviétique, la Grande Marche et la Guerre du Vietnam! ce pourquoi, inspirés par un profond respect, les Occidentaux ne se seraient jamais aventurés à ce genre de manipulations si les dirigeants d’un des Pays Arabo-Musulmans les plus respectés et les plus attachés aux principes d’indépendance et de dignité Nationales donc l’un des plus écoutés dans le Monde, n’avaient pas eux même appelé à un déchainement hystérique de haine pour une déchéance programmée de l’Islam et à force d’odieuses et basses manipulations trainé l’Islam dans la boue…. Ce serait donc très peu dire que le choix de l’Algérie comme terre de prédilection à la plus grosse imposture de l’histoire ou de la plus formidable opération d’intox contre l’Islam n’ait pas été pris au hasard! Au début, l’idée consistait à faire croire à une menace Islamiste contre l’Occident. Cette idée a d’abord été mûrie dans les années quatre vingt à la faveur d’un retour aux affaires de la Françafrique pour ensuite exulter dans son apogée un certain 5 Octobre 1988 lequel devait selon leurs plans consacrer la montée légale de l’Islamisme puis son pourrissement pour justifier plus tard le coup d’état de Janvier 1992! Ce qui montre bien qu’un plan a été minutieusement préparé et mis en oeuvre pour faire main basse sur l’Algérie et ses institutions. Principaux Alliés et exécutants d’Israël et du sionisme International, et les Occidentaux s’en inspirent, les militaires Algériens, dans la lutte les opposant au FIS ont massacré, volé, pillé, commis des attentats pour générer la psychose et le chaos dans le pays. Puis des gangsters, des voleurs, des milices armées tous patentés par le DRS s’y sont mis, volant, tuant, pillant en toute impunité mais le soir aux infos, tout ce qui se passait était mis sur le dos des islamistes. Cette campagne de la peur a parfaitement fonctionné. Les militaires ont enfumé tout le monde avec cette pseudo menace au moyen de laquelle ils ont renforcé leur pouvoir et monté en peu de temps des fortunes colossales. Aujourd’hui, ils tiennent le pays dans le creux de leur main. C’est là en Algérie qu’à force d’assassinats ciblés, de massacres répétés et tous à chaque fois plus horribles contre la population civile et d’abus en tous genres qu’on s’est patiemment acharné à construire à force des crimes les plus odieux l’archétype diabolique de l’Islamiste dans une sinistre comédie, une représentation démoniaque en deux actes dont la deuxième partie s’est pour le grand malheur des peuples Arabes jouée en Irak où l’on est passé allègrement à la mise en oeuvre pratique de tout ce qui a été étudié, mis au point et expérimenté en Algérie. C’est en Irak que le sionisme international a donné toute la mesure de sa barbarie et montré comment il a tiré les leçons de l’expérience Algérienne du Terrorisme. C’est en Irak que les seuls véritables terroristes patentés par le Pentagone se sont livrés sans états d’âmes à une gigantesque boucherie contre le peuple Irakien frère en plaçant sournoisement dans tous les rassemblements humains, dans les marchés, les mariages ou dans les fêtes religieuses des bombes savamment conçues, le plus souvent des bombes à fragmentation spécialement étudiées pour faucher le maximum de personnes au nom d’une soi disante organisation terroriste dite El Qaïda qui n’existe en réalité que dans les officines de la C.I.A./D.R.S. avec pour seul objectif de pervertir l’action de la résistance Irakienne en assimilant cette dernière au fameux terrorisme Islamiste conçu et mis au point par l’annexe Algérienne du Mossad, le D.R.S…     Au départ, la stratégie du sionisme était claire, elle consistait à faire mûrir l’existence d’un terrorisme Islamiste  aveugle pour l’assimiler ensuite à la résistance Palestinienne puis le tour était joué.

La trahison
La relation entre le D.R.S. et le MOSSAD ne date pas d’hier, Elle s’est opérée naturellement après le coup d’état Militaire de Janvier 1992 qui avait alors suscité une désapprobation officielle du Monde entier y compris de la France dont le Président d’alors Mr François Mitterrand ne voulait absolument pas entendre parler de la Junte Militaire d’Alger, poussant le désaccord jusqu’à décréter un embargo international sur la fourniture d’armements à l’Algérie…. C’est alors que privés du soutien naturel de la Russie encore plongée dans le sommeil éthylique de Boris Eltsine et à l’instigation du Général Sadek Kitouni, un homme déjà retourné par les services Israëliens sous la présidence de Chadli Bendjedid, ne voilà t’il pas que les services Sud Africains alors en pleine débâcle après la chute de l’Apartheid leur offrent toute une panoplie de spécialistes de la guerre antisubversive sans se douter que dans leur abyssale incompétence, les Généraux allaient serrer la main au diable lui-même en ouvrant la porte à des aventuriers comme Le commandant Uri Barsony. Un Sud Africain qui a mis en valeur une autre facette de la politique algérienne: les liens tissés entre Alger et les Israéliens. Si Barsony est un ancien officier supérieur sud-africain, il a aussi la nationalité israélienne. Il supervise l’entraînement des Mercenaires de GEOS et celui des Forces spéciales algériennes à Biskra. Mais, surtout, c’est lui qui effectue les achats d’armement sur le marché israélien, en particulier les lunettes de vision nocturne, autrefois fournies par les Français, et le napalm, plusieurs fois utilisé dans les montagnes de Kabylie. Barsony travaille en étroites relations avec le Shin Beth, le contre-espionnage israélien. En outre, Barsony apparaît comme l’un des principaux responsables des liens nouvellement tissés entre l’Algérie et Israël. Très proche du général Sadek Kitouni, ancien ambassadeur d’Algérie en Afrique du Sud, il a travaillé avec lui à la création d’une « Association d’amitié et de solidarité économique Algérie-Israël, » installée à Alger. Barsony n’est pas seul à s’activer en faveur du rapprochement entre Israël et l’Algérie. Déjà cité, son collègue Damink a organisé un voyage en Italie au cours duquel Abdelaziz Bouteflika, le Président de la République, a rencontré Dany Yatom, l’ancien patron du Mossad. Il a aussi mis sur pied des stages de formation d’officiers du DRS au centre du Mossad basé dans la banlieue de Tel-Aviv.
Pourquoi et comment en sommes nous arrivés là?

Par essence, une dictature est définie en ce que l’ensemble du pouvoir exécutif, judiciaire et législatif soit détenu par une seule et même entité qu’il s’agisse d’individus, de famille, d’un clan ou d’une tribu qui conserve ce pouvoir par devers elle et le transmet si nécessaire à son clan, ses enfants ou à sa famille. Dans le Monde Arabe et en Afrique, Maghreb compris, les dictateurs font de leur pays leur propre fond de commerce et lorsque le système tente de leur échapper, ils n’hésitent pas à recourir et utiliser tous les moyens des superstructures de l’état ainsi que des corps constitués mis à leur disposition comme la police, la justice, les média, l’armée, les services secrets, les milices etc… en vue d’y remédier de manière peu démocratique, violente, voire expéditive. Pour se protéger et échapper ainsi à un acte de prédation international comme ce fut le cas en Irak, chaque dictature utilise une idéologie politique pour asseoir son pouvoir dans une sorte de consensus National et s’associer ainsi à une grande puissance. Rares sont les électrons libres en ce domaine où dans chaque dictature le clan dominant marque ostensiblement son appartenance à une sphère d’influence sous la férule d’une Puissance Occidentale… Ceci expliquant in fine les conflits internes où sous l’apparence de confrontations idéologiques le plus souvent d’une extrême violence les conflits d’intérêts se règlent entre clans à l’instigation d’une ou plusieurs puissances secrètement en conflit et l’Algérie où l’immaturité et l’inconséquence de son défunt Président Houari Boumédiène alors en conflit avec l’état Major de l’Armée n’a pas hésité à recourir aux compétences d’anciens officiers de l’armée Française rescapés du camp de Aïn M’guel où étaient détenus d’anciens collabos pour opérer son coup d’état du 19 Juin 1965 ouvrant ainsi la voie vingt ans plus tard à une contre offensive de la Françafrique, n’a pas échappé pas à la règle passant ainsi d’une orthodoxie socialiste rigide sous la férule de l’Union Soviétique à une sorte de libéralisme sauvage et débridé sous la férule conjointe et le plus souvent antagonique de l’hégémonisme Américain opposé à la Françafrique…. Sauf que dans le cas de l’Algérie, la transition s’est opérée dans une immense douleur impliquant une véritable orgie de sang et de larmes avec l’effroyable bilan de trois cent Mille morts, Trente Mille disparus, Trente Mille personnes détenues sans jugement, dans l’arbitraire total sur le site irradié de Reggane et dont la plupart atteintes de cancer meurent aujourd’hui dans des souffrances insoutenables et c’est justement cet aspect de la transition qui n’allait certainement pas échapper aux parrains Occidentaux de la junte! Entrevoyant à peine une sortie de ce marasme avec l’intronisation de Bouteflika au pouvoir, l’Algérie ne se doutait pas encore qu’elle allait devoir lourdement payer l’inconséquence de ses généraux.
Aujourd’hui, on est loin du temps où Bouteflika calmait les sautes d’humeur de Nicolas Sarkozy en lui cédant d’abord un puits de Pétrole, puis un gisement de gaz entier, petit à petit, un à un nous les avons vu passer de main en main, de celle du pauple à celles de ses colonisateurs. Pour passer l’information en faisant croire à un débat animé au sommet et donc à une décision supposée mûrement réfléchie, le Scénario est déjà rodé! Un journal balance la nouvelle, Ouyahia dément, Louisa Hannoune joue à l’opposition et la presse des Baltaguias fidèle à son apparence usurpée de presse dite la plus libre du Monde Arabe donne des avis mitigés, le tout étant sensé faire passer la pilule à la manière la moins douloureuse et si possible en faisant croire que la décision aurait été prise par le peuple ou tout au moins avec son consentement….
on est loin du temps où Bouteflika agitait encore à qui voulait l’entendre la soi disante réserve de change de Cent Cinquante Cinq Milliards d’Euros pour faire croire à une possible renationalisation des réserves de Pétrole cédées pour une bouchée de pain sous la menace d’une comparution devant la Cour Pénale Internationale! Comme on est loin du temps où Bouteflika arguait du remboursement Rubis sur l’ongle de la dette extérieure! Cette dernière n’a non seulement jamais été payée mais selon les publications de Transparency International atteindrait allègrement les Trois Cent Quatre Vingt Milliards d’Euros presque entièrement dilapidés dans les réseaux de la corruption. Aujourd’hui l’Algérie est ruinée et la junte militaire n’a plus rien à céder sauf peut être NOTRE souveraineté nationale en ouvrant le territoire à des bases militaires comme la base d’Iherir cédée aux Américains et sise entre Djanet et Tamanrasset et récemment encore, un autre territoire vient d’être cédé près de Bordj Badji Mokhtar aux Britanniques cette fois suscitant le courroux de la France à laquelle Bouteflika pense devoir offrir dans un très proche avenir la base Navale de Mers El Kebir…. Une fois de plus, comme toujours, l’exécutif et sa presse de Baltaguias essaient à grand peine de donner le change contre l’illusion d’une possible incompétence au sommet pour justifier les raisons d’une interdiction de territoire aux opérateurs touristiques dans la région du Hoggar et des Tassili N’Adjer, sauf que cette fois, personne n’est dupe. Encore une fois, nous regardons impuissants l’Algérie s’effriter par pans entiers jusqu’au jour où nous n’aurons plus que les yeux pour pleurer comme des vieilles femmes ce que nous n’avons pas su garder et défendre comme des Hommes…..

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La mise à l’écart de la scène politique du plus ancien chef des services de renseignements serait-elle imminente ?

Posté par algeriedemocratie le 25 janvier 2011

La mise à l’écart de la scène politique du plus ancien chef des services de renseignements serait-elle imminente ?

Le général Mohamed « Toufik » Mediène est engagé dans une lutte avec le président Bouteflika.

Septembre 2010 marque le vingtième anniversaire de la prise de fonction du plus ancien « chef des services de renseignement » en poste dans le monde. L’homme en question est le général Mohamed « Toufik » Mediène, directeur du département du renseignement et de la sécurité (DRS) algérien.

Il a été nommé à la tête du DRS en septembre 1990, 15 mois avant que les « généraux algériens  » ou le « Groupe » comme on les appelait à l’époque, et dont Mediène, alors colonel, faisait partie, annulent les élections qui auraient permis de porter au pouvoir le premier gouvernement islamique jamais élu démocratiquement.

Être le chef des services de renseignements et de la sécurité de l’un des régimes les plus impitoyablement répressifs et corrompus au monde pendant 20 ans relève de l’exploit. Felix Dzerzhinsky, le fondateur de la Tcheka qui deviendra plus tard le KGB, a dans les faits « contrôlé » l’Union Soviétique pendant neuf ans (1917-1926) ; Lavrenti Beria, chef du NKVD, l’a terrorisée pendant 15 ans (1938-1953) ; le chef de la police d’Hitler, Heinrich Himmler, s’est suicidé au bout de 11 ans (1934-1945), quant au général Hendrik van den Bergh, il a dirigé le Bureau of State Security (BOSS), les services de renseignement du régime de l’apartheid en Afrique du Sud, pendant 11 ans (1969-1980). Mediène les a tous surpassés.

Pourquoi alors, juste au moment où Mediène atteint ce jalon extraordinaire, entend-on des rumeurs concernant sa mise à l’écart imminente de la scène politique ?

La réponse tient en quelques mots : lorsque le chef du renseignement et de la sécurité d’un pays fait la une de l’actualité, il y a fort à parier qu’il a fait son temps. Au cours des neuf derniers mois, on a beaucoup parlé de Mediène, principalement à cause de la lutte qui l’oppose à Abdelaziz Bouteflika depuis l’élection de ce dernier pour un troisième mandat présidentiel en avril 2009.

« L’homme fort » de l’Algérie

Pour comprendre cette lutte, il faut revenir quelques années en arrière. Mediène a gravi les échelons de la hiérarchie sur un « tapis rouge » [i] : il a été formé par le KGB en 1961 et soutenu par les chefs du premier service secret algérien.

Pendant les années 90, lorsque l’Algérie était plongée dans sa « sale guerre  » contre les islamistes, l’homme le plus puissant du pays était le général Mohamed Lamari, chef d’état-major de l’armée algérienne. Mais lorsque le pays a renoué avec la paix et que les chars ont regagné les casernes, c’est Mediène qui est devenu «  l’homme fort  » du pays.

La transition de la « guerre » à la « paix » et l’ascension de Mediène ont coïncidé avec la période entourant l’élection de Bouteflika à la présidence de la République en 1999.

Les faiblesses personnelles de ses semblables, telles que la propension à la corruption et les penchants sexuels, ont été des éléments fondamentaux dans la manière dont Mediène a exercé le contrôle. Il n’est donc pas surprenant que l’élément qui a décidé Mediène à accorder son soutien à Bouteflika en 1999 ait été la condamnation de ce dernier en 1983 dans le cadre d’un détournement de fonds des chancelleries algériennes, pour un montant total correspondant à 23 millions de dollars actuels, pendant qu’il était ministre des Affaires étrangères entre 1965 et 1978.

Mediène est devenu « l’homme fort  » incontesté de l’Algérie après les élections présidentielles d’avril 2004 et le limogeage inattendu de Mohamed Lamari qui a eu lieu quatre mois plus tard. Le complot qui a conduit à la mise à l’écart de Lamari comprenait un accord entre Bouteflika et Mediène visant à donner une nouvelle image de l’Algérie en écartant le général le plus haï à cette époque.

Une fois Lamari parti, Bouteflika et Mediène se sont effectivement partagé le pouvoir pendant que le général Smaïn Lamari (aucun lien de parenté avec Mohamed), l’adjoint de Mediène et chef de la Direction du contre-espionnage (DCE) faisait le « sale boulot  ».

Des ambitions grandioses

Mediène est un homme extrêmement secret. Une seule photo de lui a été publiée et quasiment aucune de ses paroles n’ont été enregistrées. On suppose donc que son ambition de prendre le contrôle effectif du pays, si c’est bien de cela dont il s’agit, remonte à l’époque du départ de Lamari.

Il existe toutefois un enregistrement de Mediène qui laisse à penser qu’il avait déjà un sens très développé de sa propre importance et de son pouvoir bien avant le « départ à la retraite  » de Lamari.

C’était en 1999, lorsque Fouad Boulemia a été interrogé et torturé par le DRS qui prétendait qu’il avait assassiné le leader du Front islamique du salut (FIS) Abdelkader Hachani.

Au cours de son procès très controversé qui a duré une journée en avril 2001, Boulemia a rapporté qu’après avoir été torturé par des agents du DRS, Mediène est entré et lui a dit : « C’est moi le patron (ana rabha). Tu vas voir ce que je vais te faire. Si tu avoues que tu as tué Hachani, tu écoperas de 15 ans de prison et tes parents pourront te rendre visite. Si tu n’avoues pas, je vais t’emmener chez ta mère et je vais l’éviscérer sous tes yeux. Je suis le général Toufik, le dieu de l’Algérie (Rab Edzayer). »

En dehors de son pouvoir de vie ou de mort sur de simples mortels, les autres attributs divins de Mediène semblent plus relever de l’aspect matériel que spirituel, comme en témoigne l’ampleur de ses participations et investissements dans les ressources naturelles et le secteur immobilier en Algérie.

Signal d’avertissement

Les difficultés actuelles du « dieu de l’Algérie  » ont commencé avec l’élection de Bouteflika pour un troisième mandat en avril 2009. En effet, un troisième mandat présidentiel exigeait d’amender la Constitution, mesure que le DRS a soutenue à contrecœur.

Mais les conséquences de l’élection n’ont pas été celles que Mediène avait prévues. A peine Bouteflika a-t-il été installé dans le fauteuil de son troisième mandat que son « clan », conscient du mauvais état de santé du président, a commencé à planifier sérieusement sa succession qui devait être assurée par son frère cadet, Said Bouteflika.

Bien que considéré par beaucoup comme un incapable, Said Bouteflika était néanmoins en train d’établir une base de pouvoir politique. Il était devenu le « portier » du président, assurait des fonctions de ministre-sans-portefeuille et rassemblait des soutiens parmi l’élite économique du pays. On parlait même d’un nouveau parti politique qui allait être créé pour lui.

La perspective d’une telle succession dynastique n’était pas exactement ce que le chef des renseignements et de la sécurité avait en tête lorsqu’il avait donné son feu vert au troisième mandat de Bouteflika.

Mediène observait l’avancée de Said sur le devant de la scène avec dégoût. Bien que le DRS se sente tout à fait capable de gérer le « problème de succession », Mediène était conscient du risque que Bouteflika essaye de se débarrasser de lui au cours de son troisième mandat comme il l’avait fait avec Lamari au début de son deuxième mandat. Le signal d’avertissement est parvenu à Mediène lorsque Said Bouteflika s’est adjoint pour sa campagne les services de l’ancien chef de la sécurité, le général Mohamed Betchine.

La corruption comme moyen de contrôle

Bouteflika a été élu président de la République algérienne pour un troisième mandat en 2009

Betchine avait été le chef des services de renseignement du pays et patron de Mediène dans les années 80, avant la création de la DRS en 1990, lorsqu’il a en apparence pris sa retraite.

A la suite de leur coup d’État de janvier 1992, les généraux ont gouverné pendant les deux années suivantes par l’intermédiaire du Haut Comité d’État (HCE). Au moment de la dissolution du HCE en janvier 1994, les généraux ont désigné un de leurs hommes au poste de président, Liamine Zeroual.

Déterminé à ne pas être le pantin des généraux, Zeroual a nommé, en tant que conseillers, les deux généraux Saidi Fodil et Mohamed Betchine.

En 1996, Zeroual avait décidé que Mediène était devenu trop puissant et avait programmé de le remplacer par Fodil. La réaction de Mediène ne s’est pas fait attendre : Fodil meurt dans un « accident de la route ».

Un an plus tard, Zeroual a de nouveau tenté sa chance, en décidant cette fois de nommer Betchine ministre de la Défense afin de se débarrasser de Mediène. Les représailles de Mediène furent de nouveau rapides et catégoriques. Il a organisé des massacres de civils à grande échelle, à Raïs, Bentalha, Beni-Messous et ailleurs, amenant l’horreur et la psychose jusqu’aux portes d’Alger. Au même moment, il a mis la machinerie du DRS en œuvre pour détruire les affaires et la réputation de Betchine, poussant ainsi un homme brisé à la démission. Zeroual a suivi le mouvement.

La réaction de Mediène à la perspective de voir Betchine ramené au pouvoir par Said Bouteflika a été dévastatrice. Sa stratégie a consisté à détruire toutes les personnes liées à Said Bouteflika en utilisant la bonne vielle combinaison « corruption – chantage ». En effet, l’une des raisons qui avait poussé Mediène à soutenir Bouteflika en 1999 et qui a fait que la corruption est devenue si répandue au cours des dix dernières années est que le DRS l’a encouragée et l’utilise comme moyen de contrôle.

Chasse aux sorcières

Mediène a commencé par dévoiler la corruption touchant le projet d’autoroute est-ouest, d’un montant de 12 milliards de dollars, à laquelle furent mêlés le ministère des travaux publics et son ministre Amar Ghoul, un ami de Said Bouteflika. L’avertissement n’a pas été entendu. L’attaque de Mediène, qui rappelle son opération de « destruction » de Betchine en 1998, est donc passée à la vitesse supérieure et s’est dirigée à la fois contre la Sonatrach, le géant du gaz et du pétrole algériens appartenant à l’État et source de 98 % des rentrées de devises de l’Algérie, et contre Chakib Khelil, ministre de l’Énergie et des Mines, ami proche du président et « symbole » de l’ère Bouteflika.

Le « scandale de la Sonatrach », qui a éclaté en janvier 2010 avec l’arrestation du PDG de la société, de quatre de ses cinq vice-présidents ainsi que d’autres cadres supérieurs a très rapidement conduit l’économie et le gouvernement dans un état de quasi paralysie. Bouteflika n’est presque plus apparu en public tandis que la chasse aux sorcières menée par le DRS, sous couvert de l’enquête sur la corruption au sein de la Sonatrach, a fait perdre le sommeil à de nombreux membres des élites économiques et politiques du pays.

A un moment donné, il a semblé que Bouteflika parviendrait à retourner la situation contre Mediène en désignant une « Commission de sécurité indépendante  » destinée à enquêter sur certains dossiers non résolus datant d’époques antérieures.

La commission a notamment cherché à déterminer le rôle joué par le DRS dans les assassinats de Mohamed Boudiaf, le premier président du HCE, et de Saidi Fodil.

Deux témoins de haut rang, l’un étant membre d’une unité spéciale du DRS impliquée dans les assassinats de Boudiaf et Fodil et l’autre, officier militaire de haut rang qui a confirmé l’existence de cette unité secrète du DRS, ont confirmé dans leurs déclarations que cette unité, sous le commandement des généraux Mediène et Smaïn Lamari, avait organisé « l’accident de voiture  » qui a coûté la vie à Fodil.

Nous ne saurons probablement jamais quels sortilèges ont été jetés sur Bouteflika après la publication de ces témoignages mais il suffit de dire que l’on n’a plus jamais entendu parler de cette commission.

Le remaniement ministériel opéré par Bouteflika en mai 2010 portait en filigrane la trace du scénario vainqueur de Mediène. Chakib Khelil et le ministre de l’Intérieur Nouredine « Yazid » Zerhouni, les deux principaux appuis de Bouteflika au sein du gouvernement, de même que d’autres ministres de moindre importance, ont été limogés. La proposition de donner la succession à Said Bouteflika est devenue de l’histoire ancienne.

Victoire à la Pyrrhus

Le fait que Mediène ait réussi à réduire le troisième mandat de Bouteflika à une présidence factice aurait pu lui procurer une certaine satisfaction personnelle, mais cette victoire est une victoire à la Pyrrhus pour au moins deux raisons.

Premièrement, le scandale de la Sonatrach et l’exposition médiatique qui en a découlé ont coûté très cher à l’économie et à la réputation internationale de l’Algérie. Deuxièmement, un certain nombre d’autres révélations inattendues au cours des deux derniers mois ont été la cause de problèmes particulièrement malvenus pour Mediène.

Ces révélations proviennent essentiellement d’entretiens récents accordés à Quds Press par l’ancien agent du DRS, Karim Moulay. Non seulement Moulay a rappelé aux algériens et au monde entier l’implication des services de sécurité du pays dans les massacres de 1990, mais, pire encore pour Mediène, il a témoigné publiquement que Mediène en personne avait non seulement ordonné le massacre de Beni Messous du 5 septembre 1997, dans lequel quelques 200 personnes vivant dans des baraques de chantier ont été abattues, mais qu’il s’agissait en fait d’une opération « immobilière » visant à récupérer du terrain au profit de sa propre famille.

Moulay a également déclaré que le DRS, sous les ordres de Mediène, a planifié et exécuté l’attaque « terroriste » d’août 1994 contre l’hôtel Asni à Marrakech au Maroc, dans lequel deux touristes espagnols ont trouvé la mort et un troisième a été blessé. Reste à savoir si l’Espagne a prévu de rouvrir le dossier et comment le Maroc réagira.

Les relations entre l’Algérie et le Maroc risquent de se dégrader encore davantage avec les activités d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Le Maroc connaît l’implication du DRS dans l’établissement d’AQMI au Sahara et au Sahel. Maintenant que l’on sait qu’Omar Ahmed Ould Sidi Ould Hama, le ravisseur des trois travailleurs humanitaires espagnols enlevés en Mauritanie en novembre dernier, est un membre du Front Polisario, qui est géré de près par le DRS, les protestations du Maroc affirmant que le Front Polisario est instrumentalisé par l’Algérie, ou du moins par le DRS, à des fins « terroristes » sont soudainement prises au sérieux.

En outre, le nombre croissant d’articles indiquant qu’AQMI au Sahel a été créé de toutes pièces par le DRS suscite un certain malaise à Washington. Là encore, le blâme revient à Mediène.

Sur le plan intérieur, on estime que le DRS est mis sous pression, peut-être par des éléments au sein de l’armée et de ses propres rangs, par le fait que le « terrorisme » dans le nord du pays est susceptible d’empirer, et non de régresser comme le prétend le gouvernement, et que les troubles civils à travers le pays atteignent des niveaux alarmants.

Des rumeurs indiquent que des tierces parties intermédiaires auraient parlé avec Mediène et Bouteflika et conclu un accord selon lequel Mediène « prendrait sa retraite  » suivi de près par Bouteflika pour raisons de santé, et le pays serait gouverné jusqu’aux élections de 2014 par un ou des vice-président(s) nommé(s) quelques temps avant le départ de Bouteflika.

L’Algérie vit au rythme des rumeurs et celle-ci ressemble étrangement à celle du printemps 2001 selon laquelle les troubles berbères mettraient fin à la carrière de Mediène.

Mais en 2001, Mediène a été sauvé, à deux reprises, par les attentats du 11 septembre. La première fois parce qu’en ce jour fatidique, il se trouvait dans la partie du Pentagone qui n’a pas été touchée. La seconde fois parce qu’il est immédiatement devenu un allié incontournable de Washington dans sa « guerre globale contre le terrorisme  ».

Il est peu probable que Washington essaie de lui venir en aide aujourd’hui. Après tout, c’est en grande partie grâce aux erreurs du DRS que nous avons été en mesure de dire que le front du Sahara-Sahel dans la « guerre globale contre le terrorisme » est une création américano-algérienne.

Jeremy Keenan

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Comment Toufik a voulu bloquer Said Bouteflika : L’analyse d’un spécialiste britannique

Posté par algeriedemocratie le 22 janvier 2011

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Anthropologue britannique, professeur et chercheur associé à la “School of Oriental and African Studies” (École des études orientales et africaines) de l’Université de Londres, spécialiste reconnu de la zone sahélienne, Jeremy Keenan raconte dans cet article (dont nous reproduisons des extraits), la guerre qu’a livrée  le DRS du général Médiène, dit Toufik, au clan Bouteflika afin d’empêcher Saïd Bouteflika, le jeune frère du président, d’arracher la succession.

Selon lui, la guerre aurait peut-être débouché sur un accord selon lequel Mediène « prendrait sa retraite » suivi aussitôt  par Bouteflika pour raisons de santé, et le pays serait gouverné jusqu’aux élections de 2014 par un ou des Vice-président(s) nommé(s) quelque temps avant le départ de Bouteflika.

Auteur du livre « The Dark Sahara: Americas War on Terror in Africa » (Sombre Sahara: la guerre de l’Amérique contre le terrorisme en Afrique), Jermy Keenan a notamment affirmé, il y a quelques mois,  que c’est la Sécurité militaire algérienne qui a conduit la France dans le fiasco de son opération militaire du 22 juillet au Mali, destiné à sauver l’otage Michel Germaneau.

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Septembre 2010 marque le vingtième anniversaire de la prise de fonction du plus ancien « chef des services de renseignement » en poste dans le monde. L’homme en question est le Général Mohamed « Toufik » Mediène, Directeur du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) algérien.

Il a été nommé à la tête du DRS en septembre 1990, 15 mois avant que les « Généraux algériens » ou le « Groupe » comme on les appelait à l’époque, et dont Mediène, alors colonel, faisait partie, annulent les élections qui auraient permis de porter au pouvoir le premier gouvernement islamique jamais élu démocratiquement.

Être le chef des services de renseignement et de la sécurité de l’un des régimes les plus impitoyablement répressifs et corrompus au monde pendant 20 ans relève de l’exploit. Felix Dzerzhinsky, le fondateur de la Tcheka qui deviendra plus tard le KGB, a dans les faits « contrôlé » l’Union Soviétique pendant neuf ans (1917-1926); Lavrenti Beria, chef du NKVD, l’a terrorisée pendant 15 ans (1938-1953); le chef de la police d’Hitler, Heinrich Himmler, s’est suicidé au bout de 11 ans (1934-1945), quant au Général Hendrik van den Bergh, il a dirigé le Bureau of State Security (BOSS), les services de renseignement du régime de l’apartheid en Afrique du Sud, pendant 11 ans (1969-1980). Mediène les a tous surpassés.

Pourquoi alors, juste au moment où Mediène atteint ce jalon extraordinaire, entend-on des rumeurs concernant sa mise à l’écart imminente de la scène politique ?La réponse tient en quelques mots : lorsque le chef du renseignement et de la sécurité d’un pays fait la une de l’actualité, il y a fort à parier qu’il a fait son temps. Au cours des neuf derniers mois, on a beaucoup parlé de Mediène, principalement à cause de la lutte qui l’oppose à Abdelaziz Bouteflika depuis l’élection de ce dernier pour un troisième mandat présidentiel en avril 2009. « L’homme fort » de l’Algérie

Pour comprendre cette lutte, il faut revenir quelques années en arrière. Mediène a gravi les échelons de la hiérarchie sur un « tapis rouge »[i] : il a été formé par le KGB en 1961 et soutenu par les chefs du premier service secret algérien.
Pendant les années 90, lorsque l’Algérie était plongée dans sa « sale guerre » contre les islamistes, l’homme le plus puissant du pays était le Général Mohamed Lamari, chef d’état-major de l’armée algérienne. Mais lorsque le pays a renoué avec la paix et que les chars ont regagné les casernes, c’est Mediène qui est devenu « l’homme fort » du pays.
La transition de la « guerre » à la « paix » et l’ascension de Mediène ont coïncidé avec la période entourant l’élection de Bouteflika à la Présidence de la République en 1999.

Les faiblesses personnelles de ses semblables, telles que la propension à la corruption et les penchants sexuels, ont été des éléments fondamentaux dans la manière dont Mediène a exercé le contrôle. Il n’est donc pas surprenant que l’élément qui a décidé Mediène à accorder son soutien à Bouteflika en 1999 ait été la condamnation de ce dernier en 1983 dans le cadre d’un détournement de fonds des chancelleries algériennes, pour un montant total correspondant à 23 millions de dollars actuels, pendant qu’il était ministre des Affaires étrangères entre 1965 et 1978.

Mediène est devenu « l’homme fort » incontesté de l’Algérie après les élections présidentielles d’avril 2004 et le limogeage inattendu de Mohamed Lamari qui a eu lieu quatre mois plus tard. Le complot qui a conduit à la mise à l’écart de Lamari comprenait un accord entre Bouteflika et Mediène visant à donner une nouvelle image de l’Algérie en écartant le général le plus haï à cette époque. Une fois Lamari parti, Bouteflika et Mediène se sont effectivement partagé le pouvoir pendant que le Général Smaïn Lamari (aucun lien de parenté avec Mohamed), l’adjoint de Mediène et chef de la Direction du contre-espionnage (DCE) faisait le « sale boulot ».

Des ambitions grandioses. Mediène est un homme extrêmement secret. Une seule photo de lui a été publiée et quasiment aucune de ses paroles n’ont été enregistrées. On suppose donc que son ambition de prendre le contrôle effectif du pays, si c’est bien de cela dont il s’agit, remonte à l’époque du départ de Lamari. (…)

Signal d’avertissement

Les difficultés actuelles du « Dieu de l’Algérie » ont commencé avec l’élection de Bouteflika pour un troisième mandat en avril 2009. En effet, un troisième mandat présidentiel exigeait d’amender la Constitution, mesure que le DRS a soutenue à contrecœur.
Mais les conséquences de l’élection n’ont pas été celles que Mediène avait prévues. A peine Bouteflika a-t-il été installé dans le fauteuil de son troisième mandat que son « clan », conscient du mauvais état de santé du Président, a commencé à planifier sérieusement sa succession qui devait être assurée par son frère cadet, Said Bouteflika. Bien que considéré par beaucoup comme un incapable, Said Bouteflika était néanmoins en train d’établir une base de pouvoir politique. Il était devenu le « portier » du Président, assurait des fonctions de ministre-sans-portefeuille et rassemblait des soutiens parmi l’élite économique du pays. On parlait même d’un nouveau parti politique qui allait être créé pour lui.

La perspective d’une telle succession dynastique n’était pas exactement ce que le chef des renseignements et de la sécurité avait en tête lorsqu’il avait donné son feu vert au troisième mandat de Bouteflika.

Mediène observait l’avancée de Said sur le devant de la scène avec dégoût. Bien que le DRS se sente tout à fait capable de gérer le « problème de succession », Mediène était conscient du risque que Bouteflika essaye de se débarrasser de lui au cours de son troisième mandat comme il l’avait fait avec Lamari au début de son deuxième mandat.
Le signal d’avertissement est parvenu à Mediène lorsque Said Bouteflika s’est adjoint pour sa campagne les services de l’ancien chef de la sécurité, le Général Mohamed Betchine.
Betchine avait été le chef des services de renseignement du pays et patron de Mediène dans les années 80, avant la création de la DRS en 1990, lorsqu’il a en apparence pris sa retraite.
A la suite de leur coup d’État de janvier 1992, les Généraux ont gouverné pendant les deux années suivantes par l’intermédiaire du Haut Comité d’État (HCE). Au moment de la dissolution du HCE en janvier 1994, les Généraux ont désigné un de leurs hommes au poste de Président, Liamine Zeroual. Déterminé à ne pas être le pantin des Généraux, Zeroual a nommé, en tant que conseillers, les deux Généraux Saidi Fodil et Mohamed Betchine.
En 1996, Zeroual avait décidé que Mediène était devenu trop puissant et avait programmé de le remplacer par Fodil. La réaction de Mediène ne s’est pas fait attendre : Fodil mourut dans un « accident de la route »(…)
La réaction de Mediène à la perspective de voir Betchine ramené au pouvoir par Said Bouteflika a été dévastatrice. Sa stratégie a consisté à détruire toutes les personnes liées à Said Bouteflika en utilisant la bonne vielle combinaison « corruption – chantage ». En effet, l’une des raisons qui avait poussé Mediène à soutenir Bouteflika en 1999 et qui a fait que la corruption est devenue si répandue au cours des dix dernières années est que le DRS l’a encouragée et l’utilise comme moyen de contrôle.

Chasse aux sorcières

Mediène a commencé par dévoiler la corruption touchant le projet d’autoroute est-ouest, d’un montant de 12 milliards de dollars, à laquelle furent mêlés le ministère des travaux publics et son ministre Amar Ghoul, un ami de Said Bouteflika. L’avertissement n’a pas été entendu. L’attaque de Mediène, qui rappelle son opération de « destruction » de Betchine en 1998, est donc passée à la vitesse supérieure et s’est dirigée à la fois contre la Sonatrach, le géant du gaz et du pétrole algérien appartenant à l’État et source de 98 % des rentrées de devises de l’Algérie, et contre Chakib Khelil, ministre de l’Énergie et des Mines, ami proche du Président et « symbole » de l’ère Bouteflika.

Le « scandale de la Sonatrach », qui a éclaté en janvier 2010 avec l’arrestation du PDG de la société, de quatre de ses cinq vice-présidents ainsi que d’autres cadres supérieurs a très rapidement conduit l’économie et le gouvernement dans un état de quasi paralysie. Bouteflika n’est presque plus apparu en public tandis que la chasse aux sorcières menée par le DRS, sous couvert de l’enquête sur la corruption au sein de la Sonatrach, a fait perdre le sommeil à de nombreux membres des élites économiques et politiques du pays.

A un moment donné, il a semblé que Bouteflika parviendrait à retourner la situation contre Mediène en désignant une « Commission de sécurité indépendante » destinée à enquêter sur certains dossiers non résolus datant d’époques antérieures.
La commission a notamment cherché à déterminer le rôle joué par le DRS dans les assassinats de Mohamed Boudiaf, le premier Président du HCE, et de Saidi Fodil.
Deux témoins de haut rang, l’un étant membre d’une unité spéciale du DRS impliquée dans les assassinats de Boudiaf et Fodil et l’autre, officier militaire de haut rang qui a confirmé l’existence de cette unité secrète du DRS, ont confirmé dans leurs déclarations que cette unité, sous le commandement des Généraux Mediène et Smaïn Lamari, avait organisé « l’accident de voiture » qui a coûté la vie à Fodil.
Nous ne saurons probablement jamais quels sortilèges ont été jetés sur Bouteflika après la publication de ces témoignages mais il suffit de dire que l’on n’a plus jamais entendu parler de cette commission. Le remaniement ministériel opéré par Bouteflika en mai 2010 portait en filigrane la trace du scénario vainqueur de Mediène. Chakib Khelil et le ministre de l’Intérieur Nouredine « Yazid » Zerhouni, les deux principaux appuis de Bouteflika au sein du gouvernement, de même que d’autres ministres de moindre importance, ont été limogés. La proposition de donner la succession à Said Bouteflika est devenue de l’histoire ancienne.

Victoire à la Pyrrhus

Le fait que Mediène ait réussi à réduire le troisième mandat de Bouteflika à une présidence factice aurait pu lui procurer une certaine satisfaction personnelle, mais cette victoire est une victoire à la Pyrrhus pour au moins deux raisons.
Premièrement, le scandale de la Sonatrach et l’exposition médiatique qui en a découlé ont coûté très cher à l’économie et à la réputation internationale de l’Algérie. Deuxièmement, un certain nombre d’autres révélations inattendues au cours des deux derniers mois ont été la cause de problèmes particulièrement malvenus pour Mediène. Ces révélations proviennent essentiellement d’entretiens récents accordés à Quds Press par l’ancien agent du DRS, Karim Moulay. (…)

En outre, le nombre croissant d’articles indiquant qu’AQMI au Sahel a été créé de toutes pièces par le DRS suscite un certain malaise à Washington. Là encore, le blâme revient à Mediène.

Sur le plan intérieur, on estime que le DRS est mis sous pression, peut-être par des éléments au sein de l’armée et de ses propres rangs, par le fait que le « terrorisme » dans le nord du pays est susceptible d’empirer, et non de régresser comme le prétend le gouvernement, et que les troubles civils à travers le pays atteignent des niveaux alarmants.

Des rumeurs indiquent que des tierces parties intermédiaires auraient parlé avec Mediène et Bouteflika et conclu un accord selon lequel Mediène « prendrait sa retraite » suivi de près par Bouteflika pour raisons de santé, et le pays serait gouverné jusqu’aux élections de 2014 par un ou des Vice-président(s) nommé(s) quelque temps avant le départ de Bouteflika. L’Algérie vit au rythme des rumeurs et celle-ci ressemble étrangement à celle du printemps 2001 selon laquelle les troubles Berbères mettraient fin à la carrière de Mediène.

Mais en 2001, Mediène a été sauvé, à deux reprises, par les attentats du 11 septembre. La première fois parce qu’en ce jour fatidique, il se trouvait dans la partie du Pentagone qui n’a pas été touchée. La seconde fois parce qu’il est immédiatement devenu un allié incontournable de Washington dans sa « guerre globale contre le terrorisme ».

Il est peu probable que Washington essaie de lui venir en aide aujourd’hui. Après tout, c’est en grande partie grâce aux erreurs du DRS que nous avons été en mesure de dire que le front du Sahara-Sahel dans la « guerre globale contre le terrorisme » est une création américano-algérienne.

Jeremy Keenan

Source : Al-Djazira

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L’enjeu Said Bouteflika : 2. Pourquoi Jeremy Keenan a sans doute vu juste

Posté par algeriedemocratie le 22 janvier 2011

Dans son article «’General Toufik: ‘God of Algeria’  », dont nous avons reproduit les principaux extraits, l’anthropologue britannique, Jeremy Keenan, spécialiste reconnu de la zone sahélienne, soutient que la guerre entre le général Médiene et le clan Bouteflika a commencé dès l’élection de Bouteflika pour un troisième mandat en avril 2009, élection dont les conséquences «  n’ont pas été celles que Mediène avait prévues » puisque, «  à peine Bouteflika a-t-il été installé dans le fauteuil de son troisième mandat que son « clan », conscient du mauvais état de santé du Président, a commencé à planifier sérieusement sa succession qui devait être assurée par son frère cadet, Said Bouteflika. »

La perspective d’une telle succession dynastique n’était pas exactement ce que le chef des renseignements et de la sécurité avait en tête lorsqu’il avait donné son feu vert au troisième mandat de Bouteflika.
Jeremy Keenan insiste sur le fait que  Mediène était conscient du risque que Bouteflika essaye de se débarrasser de lui au cours de son troisième mandat comme il l’avait fait avec Lamari au début de son deuxième mandat et observait avec inquiétude l’avancée de Said  en train de se donner « une base de pouvoir politique » et rassemblant « des soutiens parmi l’élite économique du pays » nonobstant  « le nouveau parti politique qui allait être créé pour lui. »

Mais alors, en quoi une telle succession dynastique gênerait-elle le système-DRS ? En quoi la nouvelle « base politique » serait-elle compromettante pour le DRS ?
Keenan confirme, avec son regard extérieur, la nature du vrai problème de pouvoir entre le DRS et le clan Bouteflika, une thèse qui a été développée sur ce site (06 Juin, 2009 ),  il y a deux ans et qui se résume en un point capital : la « nouvelle base politique » de Saïd Bouteflika exclut les partis-Etat (RND et FLN)  et intègre les islamistes.

Autrement dit, elle exclut les bras politiques du système tel qu’il a vécu jusque-là, et les remplace, en partie, par les ennemis déclarés de Toufik.
Pour comprendre cela, il faut un retour sur la stratégie du clan Bouteflika.

« Nouvelle légitimité »

Le calendrier était tout tracé pour Saïd Bouteflika : créer le nouveau parti avant les législatives de 2012 !
Dans la stratégie de Said Bouteflika  les législatives de 2012 marqueront la mort du FLN et du RND, remplacés par le nouveau parti de Said Bouteflika Rassemblement pour la Concorde Nationale, qui deviendrait le nouveau parti-Etat, « reposant sur la société civile ». Les législatives de 2012 seront en même temps la date de (re) naissance du futur parti islamiste qui remplacera le FIS et qui sera l’autre pendant de la coalition.
La société civile d’abord.

L’idée de s’appuyer sur la société civile date de cinq ans et sert de ligne directrice à tous les « héritiers », heureux légataires de «  tawrîth al sulta », l’héritage du pouvoir : ils veulent sauver le système de papa en lui donnant une nouvelle « légitimité » ! Ils ont compris que le monde a changé et que les fausses républiques arabes, les joumloukias archaïques et sclérosée, n’ont plus d’avenir : les sociétés civiles s’organisent et se renforcent alors que le discours et les anciennes structures d’encadrement des joumloukia sombrent dans le ridicule et l’impuissance.
Sans doute, cette démarche bénéficie-t-elle de l’aval américain et européen !
Le chef de file de cette école semble être Seif El Islam Kadhafi, le fils de son père, qui fut le premier à déclarer vouloir « se consacrer désormais au développement de la société civile et de l’économie en  Libye.» , Seif El Islam Kadhafi s’est « retiré » de la vie politique pour revenir avec une « nouvelle légitimité ». Il veut toujours accéder au pouvoir, mais dans une « Lybie démocratique », adaptée à son époque, et avec une nouvelle « légitimité », sans rien devoir au passé !
Il sera chef « légitime » d’une Libye rénovée et non pas l’héritier d’un père putschiste ! C’est pourquoi il s’appuiera sur la « société civile » !
Peu d’entre nous ont prêté attention à la récente visite à Alger,  de Seif El Islam Kadhafi. Dommage ! On se serait bien instruit à la liste des contacts secrets qu’a eus le rejeton promis  à la succession en Libye. De quoi a-t-on parlé ? Mais du pouvoir, pardi ! Du prochain pouvoir, pas celui de papa, non, l’autre, celui qui va s’installer, au Maghreb, sur les décombres de l’ancien et dont il va être la continuité. Ses têtes nouvelles ? Seif El Islam Kadhafi, Gamal Moubarak, Said Bouteflika, congénères de Mohamed VI ! Les nouveaux leaders de la « société civile » !
Bien entendu, tout cela ne sera que duperie. Dans l’esprit des nouveaux maîtres, il s’agit de se servir de la société civile, pas de la libérer. Les rejetons qui vont s’emparer du pouvoir dans les pays arabes, ne changeront rien dans le fond. Ils ne reconnaîtront pas les pouvoirs sociaux, les syndicats, les entrepreneurs, les associations, etc. Ils n’encourageront  pas les libertés pourtant garanties par la Constitution et n’iront pas jusqu’à la séparation des pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. Demain comme hier, il n’y a aucun Etat arabe qu’on pourrait qualifier d’Etat de droit. Dans tous les Etats arabes, c’est le pouvoir exécutif qui va continuer à primer.
En Algérie, d’ici 2014, va se déployer un plan de « racolage » de la société civile, dont la pseudo-ouverture de l’ENTV sous l’impulsion de Nacer Mehal, n’est qu’un premier aperçu. D’autres parties d’esbroufes vont suivre.
Mais l’essentiel, n’est-ce pas, c’est de se donner, à bon marché, une base politique.
Différente de l’ancienne.
Said Bouteflika ne va donc pas s’appuyer sur les anciennes structures discréditées, le FLN ou le RND, mais sur les forces qui, pense-t-il, vont donner au système une nouvelle « légitimité » : une coalition impliquant la société « civile » et les islamistes !
Les islamistes…
Alors, sur conseil d’Abdelaziz, Said Bouteflika va associer le islamistes à la « construction d’une « société civile forte » capable de participer à la prise de décision et à même de constituer une force de dissuasion à tout dérapage au sommet de l’Etat », une espèce de « contrat social » qui « organisera la vie de tous les citoyens »
Le fondement de la nouvelle « légitimité » du système reposerait ainsi sur la « rénovation » et la paix. La « rénovation » par une nouvelle classe politique qui remplacerait les anciennes structures discréditées et sur lesquelles il n’a pas de prise ; la paix par une concession politique majeure aux islamistes radicaux : le retour sur la scène politique ! Bouteflika veut la « solution finale », comme le disent les chefs du FIS, le retour à 1992. L’unique moyen, selon lui, pour garantir la paix et assurer à son frère Saïd un règne dans la tranquillité.
Selon le plan défini par le grand  frère, Said Bouteflika doit apparaître comme un « homme nouveau », chef de file de la « société civile », délié des contentieux de l’ancien système, et ne doit pas  traîner de casseroles de ce même ancien système.
Ce serait la mort de l’Etat-DRS.
D’où la colère de Toufik.
Ce que, sans doute, Jeremy Keenan a bien vu.

M.B.

source:matin-dz

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Germaneau : la main de l’Algérie dans le fiasco militaire français

Posté par algeriedemocratie le 22 janvier 2011

Germaneau : la main de l’Algérie dans le fiasco militaire français

Selon l’anthropologue spécialiste du Sahel, l’Algérie savait que l’opération du 22 juillet au Mali ne sauverait pas l’otage français.

Une journaliste lit un article sur Michel Germaneau, à la mairie de Marcoussis, le 26 juillet 2010 (Gonzalo Fuentes/Reuters).

Anthropologue britannique, spécialiste reconnu de la zone sahélienne, Jeremy Keenan affirme dans cet article que c’est la Sécurité militaire algérienne qui a conduit la France dans le fiasco de son opération militaire du 22 juillet au Mali, destiné à sauver l’otage Michel Germaneau.

Selon lui, l’armée algérienne a participé à l’une des deux opérations conduites ce jour-là, tout en sachant que l’otage français ne s’y trouvait pas ou plus.

Les accusations portées par Jeremy Keenan contre la Direction du renseignement et de la sécurité (DRS) d’Algérie rejoignent les doutes exprimés par certains responsables français pour qui Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) « avance au gré des intérêts du pouvoir algérien ». Ce qui n’a pas empêché, selon l’auteur, le gouvernement français de tomber dans un piège lourd de conséquences.

Nous avons traduit cet article, initialement diffusé par le site anglophone d’Al Jazeera, avec son autorisation, car il apporte de nombreux éléments d’information, et pose de sérieuses questions sur une opération toujours entourée de beaucoup de mystère.

Le raid français au Mali, le 22 juillet, en vue de libérer l’otage français capturé dans le nord du Niger en avril, et qui était détenu par Al Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), a été un désastre absolu. Il est clair, depuis cette date, que la France, la Mauritanie et l’Algérie, ont tout fait pour camoufler ce qui s’est réellement passé.

Après le silence initial de la France, une série de communiqués et d’informations de presse ont donné une version de plus en plus trompeuse de ce qui s’est réellement passé. La version officielle « aseptisée », ou « mauritanisée » des faits ressemble à une œuvre de fiction.

Elle affirme que la Mauritanie a été informée par des services de renseignement occidentaux du fait que l’Aqmi se préparait à une attaque de son territoire le 28 juillet. Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz aurait alors prévenu Paris qu’il préparait une opération au-delà de ses frontières contre l’Aqmi, et il se trouvait à l’Elysée le 13 juillet [à l'occasion d'une rencontre franco-africaine, ndlr] au lendemain d’un ultimatum de l’Aqmi à la France, jurant de tuer Germaneau le 26 juillet si ses demandes (jamais spécifiées) n’étaient pas satisfaites.

Les Mauritaniens, aidés par les Français, affirment avoir découvert un campement jusque-là inconnu d’une cellule de l’Aqmi, dans le désert malien, à 150 km de la frontière mauritanienne. Des sources franco-mauritaniennes affirment que des photos indiquent que Germaneau pourrait s’y trouver. La France décide alors d’envoyer vingt ou trente de ses forces spéciales (commandement des opérations spéciales, COS), y compris des agents du renseignement, pour accompagner les groupes spéciaux d’intervention mauritaniens pendant l’attaque.

Toujours selon cette version, la force franco-mauritanienne serait partie d’une base près de la frontière entre le Mali et la Mauritanie. L’attaque a eu lieu à l’aube, et il n’y avait aucune trace de Germaneau. Six « terroristes » de l’Aqmi ont été tués et l’opération a été conclue.

La version « officielle » souligne qu’il n’y a pas eu d’opération aérienne, que cela ne concernait pas la localité de Tessalit, et qu’aucune assistance américaine en renseignement n’a été apportée comme cela a pu être dit par ailleurs.

Mais, une source mauritanienne fiable m’a indiqué par la suite que le camp attaqué n’était pas une base de l’Aqmi, mais seulement un bivouac de trafiquants.

Un « nuage de fumée » pour une opération politiquement sensible

Que s’est-il réellement passé ? Il devient de plus en plus évident que ce qui s’est passé a non seulement été embelli, mais a servi de leurre à une opération bien plus sérieuse et politiquement sensible près de Tessalit.

De fait, peu après le raid du 22 juillet, une dépêche AFP de Bamako a indiqué que l’opération contre le camp de l’Aqmi dans le nord-ouest du Mali n’était qu’un « nuage de fumée… Quelque part dans le vaste désert, une autre opération est en cours », ajoutant que des forces d’autres pays de la région y participaient.

Les premières informations que j’ai reçues de la région, de sources régionales bien placées, peu après midi le 22 juillet, m’indiquaient qu’il y avait eu une intense activité aérienne autour de Tessalit pendant la nuit et la matinée, et que les Algériens, appuyés par les COS français, avaient conduit une attaque dans les montagnes voisines de Tigharghar en vue de libérer Germaneau.

Tessalit est une ancienne base militaire française modeste de l’époque coloniale. Son aéroport est toujours opérationnel, qui a même été utilisé récemment par les forces spéciales américaines et pour des vols militaires ou privés. Mes sources m’ont indiqué qu’on avait pu entendre des tirs, que six « terroristes » avaient été tués, quatre mis en fuite ou blessés, et que Germaneau pourrait avoir été exécuté par ses ravisseurs au début de l’assaut.

Des sources fiables à Tessalit m’ont confirmé qu’en contradiction avec le récit franco-mauritanien, des avions et des hélicoptères ont bien été actifs sur l’aéroport de Tessalit, et qu’il n’y avait aucun signe de présence mauritanienne.

Le 14 mai, dernière « preuve de vie » de Michel Germaneau

Cette information peut être nuancée de deux manières. L’affirmation selon laquelle les Algériens « conduisaient » l’attaque peut simplement signifier que l’Algérie a fourni les hélicoptères de combat, leurs équipages, et tout le soutien logistique au sol, et pas nécessairement les troupes. […]

La seconde nuance concerne le moment et les circonstances de la mort de Germaneau. Il y a des raisons de croire que l’otage français pourrait ne pas avoir été exécuté comme l’a affirmé l’Aqmi, mais pourrait avoir trouvé la mort plusieurs semaines auparavant. Il avait 78 ans, était fragile et dépendant de médicaments qui ne lui étaient pas fournis. La dernière « preuve de vie » reçue par les autorités françaises date du 14 mai. Selon des sources dans la région, il pourrait avoir trouvé la mort peu de temps après.

Le seul témoignage concernant son exécution provient d’un dignitaire local qui a été impliqué dans des négociations antérieures dans des affaires d’otages, et qui est totalement discrédité. De plus, la nature très vague des demandes qui accompagnaient la menace d’exécuter Germaneau, le 26 juillet, ajoutée au fait qu’aucun négociateur n’a été mobilisé côté malien, comme pour des affaires précédentes, ont dû alerter les autorités françaises sur le doute possible à propos du sort de Germaneau.

Le renseignement algérien « au cœur d’Aqmi »

Cela me ramène à la question de savoir comment la France a eu des renseignements aussi erronés. Il est invraisemblable que les services de renseignement français n’aient pas été en contact avec la Sécurité militaire algérienne, le Département du renseignement et de la sécurité (DRS), à propos de l’opération projetée. Les deux services, français et algérien, ont des relations suivies, et on sait que le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a rencontré le général Mohamed (Toufik) Mediène, le chef du DRS, le 20 juin à Alger.

Des informations fournies par les satellites américains ont pu aider à localiser les bases de l’Aqmi à Tigharghar. Mais les informations sur leur emplacement précis, les environs, les effectifs, ainsi que l’endroit où aurait pu se trouver Germaneau, ne pouvaient venir que du DRS.

La zone frontalière juste au nord de Tigharghar est survolée quotidiennement par les hélicoptères de l’armée algérienne, et régulièrement par deux Beechcraft 1900 de l’armée de l’air algérienne, équipés de matériel de surveillance. De plus, il existe des contacts étroits entre la cellule d’Abdelhamid Abou Zaïd d’Aqmi et le DRS, Zaïd étant lui-même considéré comme un agent du DRS.

Pour cette raison, les habitants de la région, de plus en plus remontés contre les soi-disantes activités d’Al Qaeda, se réfèrent souvent à l’Aqmi comme « Aqmi/DRS ». Ainsi, les derniers mots attribués au colonel Lamana Ould Bou, du service malien de la sécurité d’Etat, peu avant son assassinat à Tombouctou le 10 juin 2009, étaient :

« Au cœur d’Aqmi, il y a le DRS. »

Sarkozy a réuni son conseil de défense le 19 juillet au matin. La décision d’intervenir au Sahel n’a donc pas été prise à la légère, et a très certainement pris en compte une évaluation du point de vue de la Sécurité militaire algérienne.

Si Germaneau était déjà mort, comme cela a été suggéré, le DRS doit l’avoir su. S’il était vivant et détenu ailleurs, il l’aurait également su. S’il avait été vivant et détenu à Tigharghar, alors il faut demander qui a prévenu Zaïd de l’imminence de l’attaque militaire, de telle sorte que Germaneau et lui ne s’y trouvaient pas lors de l’assaut ?

L’Algérie tient la France

Quelles sont les conséquences ? Tout indique que le DRS algérien a conduit Sarkozy et la France au désastre. L’opération n’a pas seulement été un échec militaire dans la mesure où elle n’a pas permis de trouver, et encore moins de libérer, Germaneau, mais elle aura des conséquences à long terme pour la France, pour l’Algérie, et pour le Sahel.

Le silence initial, et la chape de plomb qui a suivi de la part de la France, ne sont donc pas surprenants. Les services de renseignement français sont assurément en état de choc en se demandant comment ils ont pu faire de telles erreurs de calcul, qui plus est dans leur « arrière-cour » traditionnelle.

Ce qui est encore plus dur pour la France, c’est que ses relations particulières avec l’Algérie, et leur niveau actuel particulièrement bas, sont telles qu’elle n’est pas en mesure de répondre. Si l’information devient connue, en particulier en Algérie, que les militaires français et algériens ont collaboré pour tuer des musulmans, et dans un pays tiers, les conséquences politiques pourraient être sérieuses. Pour le moment, l’Algérie et le DRS tiennent la France.

L’Aqmi peut recruter au-delà des « musulmans en colère »

La perception d’une France se comportant comme un cowboy néo-colonial endommagerait sa stature dans la région. Pour Sarkozy, dont la décision de choisir cette option à haut risque était sans doute une manière de contrer l’impact de l’affaire Bettencourt-Woerth, il y a désormais le danger que cette opération puisse être comparée à la tentative de Jimmy Carter en 1980 de libérer les otages en Iran, ou pire, au fiasco de l’opération des services français contre le Rainbow Warrior en 1985.

Pour les pays de la région, cela démontre leur incapacité à détruire Al Qaeda et à assurer leur propre sécurité, tout en démontrant que la seule puissance régionale capable d’assurer ce rôle est l’Algérie. Tout la stratégie du DRS en créant l’Aqmi dans la région sahélienne en 2006, a été de convaincre les Occidentaux, et en particulier les Etats-Unis, du rôle indispensable de l’Algérie comme gendarme régional.

A côté du DRS, l’autre vainqueur est, bien sûr, son complice, l’Aqmi. L’épisode lui a offert une victoire de propagande qui relance son impact dans la région, et sa capacité à recruter au-delà du cercle initial des « musulmans en colère ».

L’insécurité dans la région s’est assurément aggravée. Plusieurs leaders d’Aqmi ont menacé de représailles les intérêts occidentaux, comme l’a clairement indiqué une mise en garde du Département d’Etat américain.

Photo : une journaliste lit un article sur Michel Germaneau, à la mairie de Marcoussis, le 26 juillet 2010 (Gonzalo Fuentes/Reuters)

source:rue89.com

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Le Général Toufik ou le « Dieu de l’Algérie »: Le scandale de la Sonatrach était l’arbre qui cachait la forêt

Posté par algeriedemocratie le 22 janvier 2011

La mise à l’écart de la scène politique du plus ancien chef des services de renseignement au monde serait-elle imminente ?

Jeremy Keenan

Le Général Toufik ou le « Dieu de l’Algérie »: Le scandale de la Sonatrach était l'arbre qui cachait la forêt dans DRS(39) h-20-2323196-1291111572

Le Général Mohamed « Toufik » Mediène est engagé dans une lutte avec le Président Bouteflika. Photo [GALLO/GETTY]
Septembre 2010 marque le vingtième anniversaire de la prise de fonction du plus ancien « chef des services de renseignement » en poste dans le monde. L’homme en question est le Général Mohamed « Toufik » Mediène, Directeur du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) algérien.

Il a été nommé à la tête du DRS en septembre 1990, 15 mois avant que les « Généraux algériens » ou le « Groupe » comme on les appelait à l’époque, et dont Mediène, alors colonel, faisait partie, annulent les élections qui auraient permis de porter au pouvoir le premier gouvernement islamique jamais élu démocratiquement.

Être le chef des services de renseignement et de la sécurité de l’un des régimes les plus impitoyablement répressifs et corrompus au monde pendant 20 ans relève de l’exploit. Felix Dzerzhinsky, le fondateur de la Tcheka qui deviendra plus tard le KGB, a dans les faits « contrôlé » l’Union Soviétique pendant neuf ans (1917-1926); Lavrenti Beria, chef du NKVD, l’a terrorisée pendant 15 ans (1938-1953); le chef de la police d’Hitler, Heinrich Himmler, s’est suicidé au bout de 11 ans (1934-1945), quant au Général Hendrik van den Bergh, il a dirigé le Bureau of State Security (BOSS), les services de renseignement du régime de l’apartheid en Afrique du Sud, pendant 11 ans (1969-1980). Mediène les a tous surpassés.

Pourquoi alors, juste au moment où Mediène atteint ce jalon extraordinaire, entend-on des rumeurs concernant sa mise à l’écart imminente de la scène politique ?

La réponse tient en quelques mots : lorsque le chef du renseignement et de la sécurité d’un pays fait la une de l’actualité, il y a fort à parier qu’il a fait son temps. Au cours des neuf derniers mois, on a beaucoup parlé de Mediène, principalement à cause de la lutte qui l’oppose à Abdelaziz Bouteflika depuis l’élection de ce dernier pour un troisième mandat présidentiel en avril 2009.

« L’homme fort » de l’Algérie

Pour comprendre cette lutte, il faut revenir quelques années en arrière. Mediène a gravi les échelons de la hiérarchie sur un « tapis rouge »[i] : il a été formé par le KGB en 1961 et soutenu par les chefs du premier service secret algérien.

Pendant les années 90, lorsque l’Algérie était plongée dans sa « sale guerre » contre les islamistes, l’homme le plus puissant du pays était le Général Mohamed Lamari, chef d’état-major de l’armée algérienne. Mais lorsque le pays a renoué avec la paix et que les chars ont regagné les casernes, c’est Mediène qui est devenu « l’homme fort » du pays.

La transition de la « guerre » à la « paix » et l’ascension de Mediène ont coïncidé avec la période entourant l’élection de Bouteflika à la Présidence de la République en 1999.

Les faiblesses personnelles de ses semblables, telles que la propension à la corruption et les penchants sexuels, ont été des éléments fondamentaux dans la manière dont Mediène a exercé le contrôle. Il n’est donc pas surprenant que l’élément qui a décidé Mediène à accorder son soutien à Bouteflika en 1999 ait été la condamnation de ce dernier en 1983 dans le cadre d’un détournement de fonds des chancelleries algériennes, pour un montant total correspondant à 23 millions de dollars actuels, pendant qu’il était ministre des Affaires étrangères entre 1965 et 1978.

Mediène est devenu « l’homme fort » incontesté de l’Algérie après les élections présidentielles d’avril 2004 et le limogeage inattendu de Mohamed Lamari qui a eu lieu quatre mois plus tard. Le complot qui a conduit à la mise à l’écart de Lamari comprenait un accord entre Bouteflika et Mediène visant à donner une nouvelle image de l’Algérie en écartant le général le plus haï à cette époque.

Une fois Lamari parti, Bouteflika et Mediène se sont effectivement partagé le pouvoir pendant que le Général Smaïn Lamari (aucun lien de parenté avec Mohamed), l’adjoint de Mediène et chef de la Direction du contre-espionnage (DCE) faisait le « sale boulot ».

Des ambitions grandioses

Mediène est un homme extrêmement secret. Une seule photo de lui a été publiée et quasiment aucune de ses paroles n’ont été enregistrées. On suppose donc que son ambition de prendre le contrôle effectif du pays, si c’est bien de cela dont il s’agit, remonte à l’époque du départ de Lamari.

Il existe toutefois un enregistrement de Mediène qui laisse à penser qu’il avait déjà un sens très développé de sa propre importance et de son pouvoir bien avant le « départ à la retraite » de Lamari.

C’était en 1999, lorsque Fouad Boulemia a été interrogé et torturé par le DRS qui prétendait qu’il avait assassiné le leader du Front Islamique du Salut (FIS) Abdelkader Hachani.

Au cours de son procès très controversé qui a duré une journée en avril 2001, Boulemia a rapporté qu’après avoir été torturé par des agents du DRS, Mediène est entré et lui a dit : « C’est moi le patron (ana rabha). Tu vas voir ce que je vais te faire. Si tu avoues que tu as tué Hachani, tu écoperas de 15 ans de prison et tes parents pourront te rendre visite. Si tu n’avoues pas, je vais t’emmener chez ta mère et je vais l’éviscérer sous tes yeux. Je suis le Général Toufik, le Dieu de l’Algérie (Rab Edzayer). »

En dehors de son pouvoir de vie ou de mort sur de simples mortels, les autres attributs divins de Mediène semblent plus relever de l’aspect matériel que spirituel, comme en témoigne l’ampleur de ses participations et investissements dans les ressources naturelles et le secteur immobilier en Algérie.

Signal d’avertissement

Les difficultés actuelles du « Dieu de l’Algérie » ont commencé avec l’élection de Bouteflika pour un troisième mandat en avril 2009. En effet, un troisième mandat présidentiel exigeait d’amender la Constitution, mesure que le DRS a soutenue à contrecœur.

Mais les conséquences de l’élection n’ont pas été celles que Mediène avait prévues. A peine Bouteflika a-t-il été installé dans le fauteuil de son troisième mandat que son « clan », conscient du mauvais état de santé du Président, a commencé à planifier sérieusement sa succession qui devait être assurée par son frère cadet, Said Bouteflika.

Bien que considéré par beaucoup comme un incapable, Said Bouteflika était néanmoins en train d’établir une base de pouvoir politique. Il était devenu le « portier » du Président, assurait des fonctions de ministre-sans-portefeuille et rassemblait des soutiens parmi l’élite économique du pays. On parlait même d’un nouveau parti politique qui allait être créé pour lui.

La perspective d’une telle succession dynastique n’était pas exactement ce que le chef des renseignements et de la sécurité avait en tête lorsqu’il avait donné son feu vert au troisième mandat de Bouteflika.

Mediène observait l’avancée de Said sur le devant de la scène avec dégoût. Bien que le DRS se sente tout à fait capable de gérer le « problème de succession », Mediène était conscient du risque que Bouteflika essaye de se débarrasser de lui au cours de son troisième mandat comme il l’avait fait avec Lamari au début de son deuxième mandat.
Le signal d’avertissement est parvenu à Mediène lorsque Said Bouteflika s’est adjoint pour sa campagne les services de l’ancien chef de la sécurité, le Général Mohamed Betchine.

La corruption comme moyen de contrôle

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Bouteflika a été élu Président de la République algérienne pour un troisième mandat en 2009 [GALLO/GETTY]

Betchine avait été le chef des services de renseignement du pays et patron de Mediène dans les années 80, avant la création de la DRS en 1990, lorsqu’il a en apparence pris sa retraite.

A la suite de leur coup d’État de janvier 1992, les Généraux ont gouverné pendant les deux années suivantes par l’intermédiaire du Haut Comité d’État (HCE). Au moment de la dissolution du HCE en janvier 1994, les Généraux ont désigné un de leurs hommes au poste de Président, Liamine Zeroual.

Déterminé à ne pas être le pantin des Généraux, Zeroual a nommé, en tant que conseillers, les deux Généraux Saidi Fodil et Mohamed Betchine.

En 1996, Zeroual avait décidé que Mediène était devenu trop puissant et avait programmé de le remplacer par Fodil. La réaction de Mediène ne s’est pas fait attendre : Fodil mourut dans un « accident de la route ».

Un an plus tard, Zeroual a de nouveau tenté sa chance, en décidant cette fois de nommer Betchine ministre de la Défense afin de se débarrasser de Mediène. Les représailles de Mediène furent de nouveau rapides et catégoriques. Il a organisé des massacres de civils à grande échelle, à Raïs, Bentalha, Beni-Messous et ailleurs, amenant l’horreur et la psychose jusqu’aux portes d’Alger. Au même moment, il a mis la machinerie du DRS en œuvre pour détruire les affaires et la réputation de Betchine, poussant ainsi un homme brisé à la démission. Zeroual a suivi le mouvement.

La réaction de Mediène à la perspective de voir Betchine ramené au pouvoir par Said Bouteflika a été dévastatrice. Sa stratégie a consisté à détruire toutes les personnes liées à Said Bouteflika en utilisant la bonne vielle combinaison « corruption – chantage ». En effet, l’une des raisons qui avait poussé Mediène à soutenir Bouteflika en 1999 et qui a fait que la corruption est devenue si répandue au cours des dix dernières années est que le DRS l’a encouragée et l’utilise comme moyen de contrôle.


Chasse aux sorcières

Mediène a commencé par dévoiler la corruption touchant le projet d’autoroute est-ouest, d’un montant de 12 milliards de dollars, à laquelle furent mêlés le ministère des travaux publics et son ministre Amar Ghoul, un ami de Said Bouteflika. L’avertissement n’a pas été entendu. L’attaque de Mediène, qui rappelle son opération de « destruction » de Betchine en 1998, est donc passée à la vitesse supérieure et s’est dirigée à la fois contre la Sonatrach, le géant du gaz et du pétrole algérien appartenant à l’État et source de 98 % des rentrées de devises de l’Algérie, et contre Chakib Khelil, ministre de l’Énergie et des Mines, ami proche du Président et « symbole » de l’ère Bouteflika.

Le « scandale de la Sonatrach », qui a éclaté en janvier 2010 avec l’arrestation du PDG de la société, de quatre de ses cinq vice-présidents ainsi que d’autres cadres supérieurs a très rapidement conduit l’économie et le gouvernement dans un état de quasi paralysie. Bouteflika n’est presque plus apparu en public tandis que la chasse aux sorcières menée par le DRS, sous couvert de l’enquête sur la corruption au sein de la Sonatrach, a fait perdre le sommeil à de nombreux membres des élites économiques et politiques du pays.

A un moment donné, il a semblé que Bouteflika parviendrait à retourner la situation contre Mediène en désignant une « Commission de sécurité indépendante » destinée à enquêter sur certains dossiers non résolus datant d’époques antérieures.

La commission a notamment cherché à déterminer le rôle joué par le DRS dans les assassinats de Mohamed Boudiaf, le premier Président du HCE, et de Saidi Fodil.

Deux témoins de haut rang, l’un étant membre d’une unité spéciale du DRS impliquée dans les assassinats de Boudiaf et Fodil et l’autre, officier militaire de haut rang qui a confirmé l’existence de cette unité secrète du DRS, ont confirmé dans leurs déclarations que cette unité, sous le commandement des Généraux Mediène et Smaïn Lamari, avait organisé « l’accident de voiture » qui a coûté la vie à Fodil.

Nous ne saurons probablement jamais quels sortilèges ont été jetés sur Bouteflika après la publication de ces témoignages mais il suffit de dire que l’on n’a plus jamais entendu parler de cette commission.

Le remaniement ministériel opéré par Bouteflika en mai 2010 portait en filigrane la trace du scénario vainqueur de Mediène. Chakib Khelil et le ministre de l’Intérieur Nouredine « Yazid » Zerhouni, les deux principaux appuis de Bouteflika au sein du gouvernement, de même que d’autres ministres de moindre importance, ont été limogés. La proposition de donner la succession à Said Bouteflika est devenue de l’histoire ancienne.

Victoire à la Pyrrhus

Le fait que Mediène ait réussi à réduire le troisième mandat de Bouteflika à une présidence factice aurait pu lui procurer une certaine satisfaction personnelle, mais cette victoire est une victoire à la Pyrrhus pour au moins deux raisons.

Premièrement, le scandale de la Sonatrach et l’exposition médiatique qui en a découlé ont coûté très cher à l’économie et à la réputation internationale de l’Algérie. Deuxièmement, un certain nombre d’autres révélations inattendues au cours des deux derniers mois ont été la cause de problèmes particulièrement malvenus pour Mediène.

Ces révélations proviennent essentiellement d’entretiens récents accordés à Quds Press par l’ancien agent du DRS, Karim Moulay. Non seulement Moulay a rappelé aux algériens et au monde entier l’implication des services de sécurité du pays dans les massacres de 1990, mais, pire encore pour Mediène, il a témoigné publiquement que Mediène en personne avait non seulement ordonné le massacre de Beni Messous du 5 septembre 1997, dans lequel quelque 200 personnes vivant dans des baraques de chantier ont été abattues, mais qu’il s’agissait en fait d’une opération « immobilière » visant à récupérer du terrain au profit de sa propre famille.

Moulay a également déclaré que le DRS, sous les ordres de Mediène, a planifié et exécuté l’attaque « terroriste » d’août 1994 contre l’hôtel Asni à Marrakech au Maroc, dans lequel deux touristes espagnols ont trouvé la mort et un troisième a été blessé. Reste à savoir si l’Espagne a prévu de rouvrir le dossier et comment le Maroc réagira.

Les relations entre l’Algérie et le Maroc risquent de se dégrader encore davantage avec les activités d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Le Maroc connaît l’implication du DRS dans l’établissement d’AQMI au Sahara et au Sahel. Maintenant que l’on sait qu’Omar Ahmed Ould Sidi Ould Hama, le ravisseur des trois travailleurs humanitaires espagnols enlevés en Mauritanie en novembre dernier, est un membre du Front Polisario, qui est géré de près par le DRS, les protestations du Maroc affirmant que le Front Polisario est instrumentalisé par l’Algérie, ou du moins par le DRS, à des fins « terroristes » sont soudainement prises au sérieux.

En outre, le nombre croissant d’articles indiquant qu’AQMI au Sahel a été créé de toutes pièces par le DRS suscite un certain malaise à Washington. Là encore, le blâme revient à Mediène.

Sur le plan intérieur, on estime que le DRS est mis sous pression, peut-être par des éléments au sein de l’armée et de ses propres rangs, par le fait que le « terrorisme » dans le nord du pays est susceptible d’empirer, et non de régresser comme le prétend le gouvernement, et que les troubles civils à travers le pays atteignent des niveaux alarmants.

Des rumeurs indiquent que des tierces parties intermédiaires auraient parlé avec Mediène et Bouteflika et conclu un accord selon lequel Mediène « prendrait sa retraite » suivi de près par Bouteflika pour raisons de santé, et le pays serait gouverné jusqu’aux élections de 2014 par un ou des Vice-président(s) nommé(s) quelque temps avant le départ de Bouteflika.

L’Algérie vit au rythme des rumeurs et celle-ci ressemble étrangement à celle du printemps 2001 selon laquelle les troubles Berbères mettraient fin à la carrière de Mediène.

Mais en 2001, Mediène a été sauvé, à deux reprises, par les attentats du 11 septembre. La première fois parce qu’en ce jour fatidique, il se trouvait dans la partie du Pentagone qui n’a pas été touchée. La seconde fois parce qu’il est immédiatement devenu un allié incontournable de Washington dans sa « guerre globale contre le terrorisme ».

Il est peu probable que Washington essaie de lui venir en aide aujourd’hui. Après tout, c’est en grande partie grâce aux erreurs du DRS que nous avons été en mesure de dire que le front du Sahara-Sahel dans la « guerre globale contre le terrorisme » est une création américano-algérienne.


Jeremy Keenan est professeur et chercheur associé à la “School of Oriental and African Studies” (École des études orientales et africaines) de l’Université de Londres et auteur du livre « The Dark Sahara: Americas War on Terror in Africa » (Sombre Sahara: la guerre de l’Amérique contre le terrorisme en Afrique).
Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale d’Al Jazeera.

source:lepost.fr

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Un officier des services secrets algériens révèle l’implication de l’armée dans les crimes des islamistes

Posté par algeriedemocratie le 1 novembre 2009

Un officier des services secrets algériens révèle l’implication de l’armée dans les crimes des islamistes

Ce qui m’a poussé la première fois à abandonner ma position privilégiée de Capitaine et de déserter, ce sont les événements de Badjarah. Dans cette banlieue d’Alger, les habitants découvrirent, horrifiés, un matin du mois de Mai 1994, une douzaine de cadavres sur les trottoirs, tous des pauvres petites gens du quartier.

J’étais là, lorsqu’un lieutenant de Badjarah, choqué, annonça ce meurtre collectif à son supérieur du ministère de la défense. La première question de ce dernier fut: “Que disent les gens dans la rue à ce sujet?” – “Ils soupçonnent la sécurité militaire”, répondit le lieutenant. Le chef lecalma: “Mais non, c’est pas sérieux, dis leurs que c’était un règlement de compte entre terroristes”. A peine le soldat avait il quitté la pièce que l’officier éclata de rire et exprima sa satisfaction: “Bachir et ses hommes ont fait du bon travail. Je dois tout de suite lui téléphoner et le féliciter.” Bachir, c’est le pseudonyme d’un officier des services secrets, Othmane Tartag, un colonel. Son quartier général se trouvait dans une caserne sur les hauteurs d’Alger. Sa spécialité c’était l’application d’une sorte de meurtre collectif – il faisait exécuter la famille d’islamistes passés dans la clandestinité. Ses hommes se déployaient la nuit, vêtus non pas d’uniformes mais de “Kachabias”, le long habit des pieux. Ils frappaient à la porte de la famille qu’ils voulaient admonester et murmuraient: “Ouvrez, nous sommes les frères des Moudjahidines”, puis ils pénétraient dans l’appartement et exécutaient leur crime. Peu après le massacre de Badjarah le commando de Bachir continuait de tuer dans le quartier d’Eucalyptus. Il y eut encore beaucoup de ce genre d’attaques; moi même j’ai vu ces groupes de tueurs en action et je suis prêt à témoigner devant chaque comité d’enquête international. Les derniers massacres atroces, comme ceux de la région de Rélizane, la torture, les mutilations, les enlèvements de jeunes femmes, tout ça a soulevé de nouveau la question, si mis à part de fanatiques islamistes, des soldats, sur ordre du gouvernement, ne seraient pas responsables de la dérive de l’Algérie vers la barbarie. Ma réponse est: indirectement, c’est certain. Le président Liamine Zeroual, élu en novembre 1995 avec 61 % des voix parce que le peuple, désespéré, lui fit confiance, est en réalité l’homme de paille de généraux qui ne sont presque pas connus du public. Zéroual, lui-même un ancien général, a peur de ces véritables potentats. Il est leur camarade mais aussi leur otage; après tout, son prédécesseur Mohammed Boudiaf qui voulait se libérer de l’emprise de l’armée, a été tué par un lieutenant, sous des conditions jusqu’à ce jour non élucidées. L’armée a besoin de la haine et de la peur des islamistes pour garantir son pouvoir. En même temps les massacres lui permettent de semer la discorde entre les rivaux fondamentalistes. Aussi inimaginable que cela semble: Le GIA (Groupe Islamique Armé) est en partie une création des militaires, mais sur lequel entre temps les apprentis sorciers ont perdu tout contrôle. Au début du conflit 1992 les islamistes étaient représentés par trois groupes armés: Le Mouvement Islamique Armé (MIA), le Mouvement pour un État Islamique (MEI) et l’Armée Islamique du Salut (AIS), le bras armé du FIS, à qui on venait juste d’avoir fait perdre la victoire aux élections parlementaires. Pour infiltrer ces groupes et les monter les uns contre les autres, les militaires ont aidé à la création d’un nouveau groupe – de ce même GIA, où se retrouvèrent les plus durs et les plus nuisibles du pays: d’anciens volontaires d’Afghanistan mais surtout des grands criminels, dont certains étaient des meurtriers condamnés à mort, se rallièrent aux unités du GIA sous le commandement d’émirs” autoproclamés. Que ce soit intentionnellement ou par imprudence, les services de sécurité laissèrent s’évader en 1994 et 1995 des bandes entières de criminels des prisons les mieux surveillées d’Algérie. Plus de mille ont disparu de la prison de Tazoult à l’est du pays, au moins autant de Berrouaghia et de Serkadji. La plupart avaient été condamné à mort ou á une réclusion à perpétuité, et presque tous se retrouvèrent dans le GIA.
De même, l’extrême brutalité des tueurs du GIA qui égorgent les hommes, coupent à la hache les femmes, brûlent les enfants dans des fours, indique que ces prétendus combattants ne sont pas des guerriers religieux mais des grands criminels sadiques. Ils s’acharnent surtout au moment du Ramadan, qui devrait être, pour le musulman pieux, la période de méditation.
Souvent, les massacres nocturnes, qui suppriment des villages entiers, ont lieu tout près de postes militaires, sans que les soldats n’accourent à l’aide des victimes. Ceci est un indice que l’armée tolère le GIA. L’armée trouve ainsi la justification pour les actions de représailles sanglantes et profite de l’ambiance de panique généralisée. Au début, les attentats des fondamentalistes visaient essentiellement les membres de services de sécurité et les représentants de l’État – ceci correspondait à la logique d’une guerre clandestine classique contre les détenteurs du pouvoir. Les militaires voulaient que la terreur touche tout le peuple – cela leur donnait une certaine légitimité et augmentait les chances de survie du régime.
C’est la raison pour laquelle les forces de l’ordre ont décidé de prendre leur revanche sur une famille d’islamiste pour chaque mort dans leurs rangs. Les services de renseignements militaires ont exprimé d’abord une certaine réticence: une telle tactique ouvrirait la porte à la guerre civile. On ne les a pas écoutés, les dirigeants voulaient à tout prix être sûrs qu’ils ne seraient pas les seuls cibles de la terreur.
Ainsi ils ont entraîné le peuple entier dans leur sale guerre, et il ne devrait plus y avoir de personnes non concernées, les algériens étant des otages du régime – et ils votèrent fidèlement les adeptes du parti du président au parlement, au sénat et dans les mairies.
Tout ceci n’est possible que parce qu’au sein de cette caste mafieuse, composée de politiciens et généraux, auxquels chaque importateur doit payer un pot de vin, l’armée, démoralisée, est elle-même glissée dans la criminalité.
La revendication de l’ex-premier ministre, – “la peur doit changer de camp”– s’est accomplie de façon terrible. Les militaires et la police tuent dans les quartiers “chauds” les proches des suspects pour que le voisinage ne permette pas au frère ou fils fuyard de se cacher. C’est de cette façon que la base des terroristes doit être détruite et le peuple séparé des partisans islamistes.
Finalement le pouvoir gratifie les meurtriers en uniforme pour cet acte de “rétablissement de la paix”. Un commissaire de police me racontait que ses hommes seraient depuis longtemps contaminés par la barbarie; eux aussi éprouveraient une certaine satisfaction à égorger leurs victimes, comme s’ils abattaient des moutons ou des chèvres. Comme les poursuites judiciaires leur paraissent trop compliquées et pas très consciencieuses, la police et les militaires préfèrent rendre justice eux-mêmes. Ils arrêtent des civils suspects, les interrogent, les torturent et en cas de doute les exécutent. Les exécutions sont quotidiennes. Des hordes de soldats et de policiers organisent de véritables expéditions de pillage sans risquer de punitions: ils rackettent, installent des barrages pour dévaliser les citoyens. Ou bien ils massacrent des prétendus terroristes, uniquement afin de s’emparer des bijoux et de l’argent liquide des tués.
La tentation est grande: un inspecteur de police gagne entre 8 000 et 12000 Dinar (250 et 370 Mark) par mois; le kilogramme de viande coûte 560 Dinar, un kg de banane 360…
Des remords, la honte de la corruption et des crimes au nom de l’État ont provoqué une véritable saignée au sein de l’armée: des milliers de soldats, environ 400 officiers ayant faits des études supérieures ont abandonné le service. Mais aujourd’hui il n’est plus permis de démissionner. Celui qui est mal vu est muté dans les unités anti-terroristes qui combattent en première ligne et sont en état d’alerte permanent.
D’autres ont déserté et sont passés aux islamistes parce qu’il ne voyaient pas d’autre moyen de lutter contre le pouvoir criminel. Il est arrivé que des unités entières se soient révoltées, par exemple à Boughazal, à 200 km au sud d’Alger, où se trouve un grand dépôt de munitions et d’armes. De nombreux camions chargés d’armes sont passés aux islamistes.
Des actes de sabotage se produisent sans cesse: Ainsi le capitaine Zemani  attaqua le 5 juillet 1994 avec un hélicoptère la base militaire de Ain-Arnat, située à 300 km à l’est d’Alger; il détruisit quatre hélicoptères et un dépôt d’armes. Sa machine fut retrouvée près de Skikda dans une ferme; l’officier a depuis disparu.

Source : Der Spiegel, 12 janvier 1998  Traduction de l’allemand algeria-watch

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BELKHEIR LARBI

Posté par algeriedemocratie le 30 août 2009

BELKHEIR LARBI
Directeur de cabinet du Président Bouteflika

BELKHEIR LARBI dans DRS(39) belkheirlarbi

Né en 1938 à Frenda dans l’Ouest algérien, le général à la retraite Larbi Belkheir est issu des rangs de l’armée française, où il glane ses galons de sous-lieutenant avant l’Indépendance algérienne en 1962.

Fils de caïd de la ville de Tiaret, il fait l’essentiel de sa carrière politique et militaire dans le sillage du colonel Chadli Bendjedid qui deviendra, en 1979, le troisième chef d’État de l’Algérie indépendante.

Dès 1965, le colonel Chadli Bendjedid, alors tout-puissant chef de la deuxième région militaire (Oranie et frontière marocaine), en fait son chef d’État-major. Après plusieurs affectations au sein de différentes régions militaires, il est nommé, en 1975, commandant de l’ENITA à Bordj-el-Bahri, école très cotée qui forme ingénieurs et techniciens militaires.

C’est à ce titre qu’il accueille discrètement en décembre 1978 le conclave qui avait permis à la Sécurité militaire d’imposer Chadli Bendjedid comme successeur de Boumediene. Au détriment de candidats comme le colonel Mohamed-Salah Yahiaoui ou… Abdelaziz Bouteflika.

Chadli Bendjedid devenu président en février 1979, Larbi Belkheir est élevé au grade de colonel et devient conseiller du nouveau chef de l’État. Il dirige le Haut conseil de défense et de sécurité (HCS), organisme qui dépend directement de la présidence de la République.

Tour à tour président du HCS, secrétaire général de la présidence de la République, puis directeur de cabinet de Chadli Bendjedid, Larbi Belkheir fut l’éminence grise du régime durant la décennie 80. De septembre 1991 à juin 1992, il est ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali. Il se voit confier la tâche de préparer les élections législatives de décembre 1991, interrompues par la destitution du président Chadli.

Aujourd’hui, les principaux chefs de l’armée et les réseaux du régime lui doivent tous quelque chose. En termes d’influence, Larbi Belkheir constitue, avec le général-major à la retraite Khaled Nezzar, ancien numéro un de l’armée, le duo le plus actif en coulisses. S’agissant de la destitution du président Chadli Bendjedid en janvier 1992, de la nomination de premiers ministres, ou de conclusions de contrats d’équipement militaire ou civil, ils exercent quasi-systématiquement leur pouvoir d’influence. À titre d’exemple, c’est ce duo de lobbyistes discrets qui a «vendu» aux chefs de l’armée l’idée de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika.

Larbi Belkheir est, par ailleurs, l’homme actif de la diplomatie parallèle, notamment sur les dossiers des relations avec la France, les Etats-Unis, le Maroc, l’Italie, la Libye et l’Arabie Saoudite.

Les avions «Gulf Stream» acquis chez Lockheed par l’armée, les contrats d’achat de blés tendre et dur, la recherche d’un soutien international au candidat à la présidence Bouteflika… autant de domaines d’intervention où Belkheir appose sa discrète signature. En octobre 2000, le général à la retraite devient directeur de cabinet du président Bouteflika. Une nomination qui ne sera pas rendue publique.

Mise au point :

Larbi Belkhir ancien officier de l’armée française, soi-disant sous-lieutenant, reste vague sur sa qualification militaire; en fait, il appartient à l’ex. SDEC français ce qui n’a rien à voir avec l’armé régulière française. (ex: voir officier nazi et officier wermacht) en fait, il est spécialiste dans la manière de donner la mort à un être humain, de le faire craquer par la torture physique et morale jusqu’à divulguer son secret, expert dans l’art d’infiltrer les groupes ennemis pour les manipuler à son service ou les détruire, initié dans la mise sur pied de réseaux parallèles etc…

Il est notoirement connu que le service action du renseignement mondiale favorise l’obtention de grade par rapport aux autres collègues de l’armée classique; en 1962 il avait 24 ans, il venait juste de recevoir son grade de Commandant et non pas de sous-Lieutenant pour noyer le poisson. Etant fils de Caïd, son père était tout fier de servir la France coloniale en « avançant la classe » à son célèbre fils qui allait tout apprendre du Commandant « O » son maître à penser.

L’histoire est toujours là pour nous rattraper.

En effet, sous quel nom francisé, vous avez servi la France, vous le Juifiste par votre sang maternel.

En effet, à la mort de Boumediene, Chadli (Khemies), un autre juifiste comme vous, vous a confirmé comme Patron du Haut Conseil de Sécurité fraîchement libéré par Merbah. Comment vous un ancien fantassin pouviez être en mesure de contrôler tous les services de sécurité (Armée, Police, Gendarmerie) du jour au lendemain. Nous étions vraiment « naifs ». Que comptez vous faire maintenant ? voir votre ami Bouteflika que vous avez placé comme président grâce à votre savoir faire d’agent très spécial et lui dire que ce sont des bobards, et lui de vous répondre :  » C’est rien, ce sont des jaloux… C’est pas vrai… ils ne peuvent rien faire contre toi et moi… ») alors qu’il pense bien sur le contraire, mais c’est un politicien, il joue avec le feu. C’est pour cette raison que vous n’avez pas voulu officialiser publiquement la nomination du Harki comme Directeur de votre Cabinet. En tout cas, Bouteflika rentrera dans l’histoire par la petite porte car il sait et il fait alliance. Pour le moment.

Geronimo

article trouvé dans le site:http://news.stcom.net

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assassinat du général Saidi Fodil

Posté par algeriedemocratie le 8 août 2009

Le président Bouteflika demande la réouverture du dossier d’enquête du général Saidi Fodil

5afgenerauxalgeriemafia.jpgPar Cherfaoui.K. 

Le général Saidi Fodil fut de loin l’un des meilleurs directeurs de la DDSE, un des départements des services secrets algériens. Dès son accession  à la tête de cette direction, il avait engagé de sérieux remaniements dans le fonctionnement de ce département en introduisant de nouvelles formes quant au traitement de l’information. Le plus surprenant surtout c’est qu’il avait essayé de mettre fin à certaines pratiques héritées concernant les nominations aléatoires aux postes de chefs des bureaux de sécurité (BS) dans les ambassades algériennes à l’étranger, le plus souvent au prix d’une altercation avec ses supérieurs le général de corps de l’armée Toufik et le feu général-major Lamari Smain chef du contre espionnage. 

Saidi fodil a exercé en pas mal d’occasions sous le couvert du ministère des Affaires étrangères, se forgeant de cette façon une redoutable réputation de négociateur et de diplomate. C’est l’homme par qui est venue la résolution du conflit des Touaregs d’Algérie, un conflit qui risquait d’embraser des territoires entre l’Algérie, le Niger et le Mali, en ouvrant les portes de l’ingérence française qui n’attendait que cette occasion rêvée pour faire du conflit un cheval de bataille voulant surtout raviver la question identitaire Kabyle. 

Le général Saidi fodil a réussi en étant à la tête de la DDSE des coups de maître en mettant à jour un réseau d’espionnage au profit de la CIA impliquant un officier du DRS en poste à l’ambassade d’Algérie en Turquie. De même qu’il avait réussi d’autres coups d’éclats comme celui de la récupération d’un dossier classé, renfermant des preuves de l’implication d’un officier des services algériens en poste à Ankara (Turquie). 

Même avec le sérieux coup de pousse de l’ancien président Liamine Zeroual, le général Saidi Fodil ne pouvait pas faire le poids  face au Généraux Mediene Toufik et  Lamari Smain, ceci pour de nombreuses raisons, comme l’absence totale d’un service opérationnel armée relevant de l’autorité directe de Saidi fodil. Ce qui mettait la DDSE en position de fragilité face à la DCE et la DCSA, ce qui révélait l’incapacité de la DDSE à engager des opérations à caractère juridique ou armées.

 

 D’autres handicaps de taille sont venus se greffer à la problématique de Saidi fodil, est de loin le dossier des échanges de renseignements et de la coopération relevant du sécuritaire entre la France et l’Algérie, ce que allait pousser Saidi fodil à en piétiner sur le territoire et la chasse gardée de Smain Lamari. Ce qui finalement arriva, le général Saidi trouvait que Smain voulait occuper son territoire et confisquer ses prérogatives, ce qui électrisait l’atmosphère entre ces deux hommes car finalement le dossier de la coopération et le mode opératoire avec les services français allait faire grandir leur discorde. Le général Saidi fodil pensait que cette coopération avait plus un goût de collaborationnisme qu’autre chose.   

Le traitement du dossier des islamistes de l’autre coté de la rive par la DGSE et la DST et les compagnes d’arrestations et d’exploitation de ce dossier brûlant avaient révélé, dans les années 1990, encore une fois l’incapacité du général Saidi fodil à faire face au pouvoir incessant du général major Smain Lamari et de ses services qui étaient considérés comme les seuls interlocuteurs de la DGSE et la DST au lieu de la DDSE du général Saidi fodil. Un comportement qui allait sérieusement le mettre hors de lui, il avait commencé à faire campagne contre le pouvoir central qui était en réalité entre les mains de Toufik et de Smain, le reste n’était rien, même pas le président Zeroual. 

Par la suite le dossier intitulé “JOBE” allait faire précipiter les événements vers le pire. Dans cette affaire, le chef du bureau de sécurité à l’ambassade d’Algérie à Genève,  le prénommé Samir avait réussi avec l’appui de quelques hommes à lui, qui étaient installés en Suisse, à recruter un agent de la police Helvétique  suisse nommé Léon Jobé. Cet agent était aussi un agent des services de la sécurité intérieure suisse, il avait pour mission de surveiller des activistes islamistes, et des militants du parti FFS vivants en Suisse. Le chef de BS,  Samir, avait réussi à recruter l’agent de police Jobé Léon afin d’obtenir de lui une copie du dossier des islamistes  tout comme celui des activistes du FFS pour le compte du patron de DRS. Mais les choses se sont déroulées complètement à l’inverse des attentes de Samir car l’agent Jobé, petit, entre temps devenu gourmand et voulait surenchérir sur les dossiers en sa possession. Il s’est rendu compte de la sensibilité des informations qu’ils contenaient. Jobé avait franchi la ligne rouge en appelant le ministère de la défense algérienne pour demander à parler au général Toufik en personne. A la suite de cet événement, le patron du DRS décida de le griller pour éviter un probable scandale avec les autorités Suisses.    

Après la très attendue élection de Liamine Zeroual, ce dernier devait agir avec les mains libres et sans entraves selon des ententes et des accords qu’il avait au préalable passés avec le général Khaled Nezzar et le patron du DRS Toufik. Mais après que Zeoual ait exprimé sa volonté de nommer Mohamed Betchine au poste de ministre de la Défense, un vent de panique s’empara de Mohamed Lamari, et de Mediene Toufik, ces derniers ne pouvaient plus se faire à l’idée de perdre leurs postes. De cette façon, le premier désaccord de taille venait d’avoir lieu entre le président Zeroual et le gouvernement secret de l’Algérie.    

Aussitôt et voulant les prendre de court, Zeroual avait essayé de faire passer par la force la nomination de Saidi Fodil à la tête de la DCSA. De cette façon, il était sûr d’avoir pied dans la structure trouble et opaque du DRS. Malheureusement la signature, au début du mois de juin 1996, du décret de nomination (l’arrêt de mort pour son ami Saidi Fodil), Smain Lamari envoya le 03 juin 1996 une équipe de son escadron de la mort à la 4ème région (région de Ouargla) avec pour mission la liquidation de Saidi Fodil. Deux équipes du service action furent chargées de cette mission. Le chef du groupe Abderezak Kadri surnommé (le diable) un agent du DRS natif d’Alger, appartenant à l’unité 192 et  au GIS  (groupe d’intervention spécial du contre espionnage), de  Hakim Benloucif, un ancien agent de la DCE originaire de Constantine dit (le français)  appartenant à la  redoutable (C.C.S3). Cette dernière est une Cellule spéciale de  renseignements au cachet ultra secret et, qui n’a aucun statut légal au sein l’organigramme du ministère de la défense algérienne. C’est une cellule fantôme commandée tout juste par le feu Smain Lamari et, actuellement encore par le général de corps d’armée Toufik Mediene, et de deux autres chefs du DRS.

C’est une organisation qui regroupe des agents du DRS et du DCE en activité et ceux en retraite, des agents triés sur le volet venants pour la plus part des services d’élites du DRS et dont la mission première et d’exécuter des opérations ou des missions clandestines sans couverture pour le compte du tout puissant Département du renseignement et de la sécurité, comme les liquidations des opposants dans la fin des années 80 et 90. Ces agents vouent une loyauté sans faille à cette organisation qui est la C.S.S3.  Kadri Abderezak (le diable), a été avec son groupe les premiers sur le terrain pour superviser en compagnie d’émissaires du DRS les détails de l’opération et à en rendre compte directement à la centrale d’Alger avec pour chef de groupe le commandant Bouselouane Hassane dit (le vietnam), un vieux barbouze sans scrupule, originaire de Skikda, actuellement en retraite dorée, du commandant Redouane dit la “pointe” responsable des liaisons et de la coordination inter-services au DRS et membre de la (C.S.S3), reconverti dans les affaires depuis.

De l’agent Bensaaif Mounir analyste à la DCE  originaire de Bab El Oued,  membre de la C.S.S3, Benloucif Badis agent retraité du service action propriétaire d’une imprimerie industrielle à Mila, et du chef de mission le lieutenant colonel Mohamed originaire de  Batna, membre de la C.S.S3 sans foi ni loi promu responsable du service action au sein du DRS, propriétaire d’un chic restaurant sur les hauteur d’Alger et de beaucoup d’autres ayant écumé beaucoup de privilège pour leur services rendus. Bien que la voiture qu’il occupait était blindée, une charge d’une rare puissance placée sous la voiture lui ôta la vie sur une route droite et déserte, c’était le 04 juin 1996; le maquillage en accident de la route était parfait et le travail propre et net exécuté par les deux équipes de Smain, dépêchées par à bord de 2 hélicoptères Mi 24. 

A cet instant là, le message en direction de Zeroual était très clair. Une commission d’enquête fantoche avait été désignée par le président Zeroual afin de mettre  à jour les détails et les circonstances du décès de son ami Saidi Fodil. L’enquête fut bâclée, et rien n’avait été fait pour punir les responsables, le dossier fut jeté aux oubliettes. Tout est maintenu à la thèse de l’accident de la  route. Le destin avait voulu que le général Saidi fodil disparaisse tragiquement, sans que les véritables coupables ne payent le prix de leur trahison et crimes. Malheureusement jusqu’à ce jour Saidi fodil n’a pas eu le droit de mémoire par le gouvernement, si ce n’est l’attribution de son nom le 5 juillet 1996, un mois après son décès, à la promotion sortante de l’académie inter arme (Cherchell ). 

Ces meurtriers occupent encore leurs postes, et sévissent de plus belles encore, l’unité 192 a été mise en veilleuse, mais la cellule C.S.S3 vit toujours, elle reste active malgré la volonté du président Bouteflika à vouloir la démembrer et la dissoudre comme la macabre unité 192 car potentiellement dangereuse pour la stabilité de son régime.  C.K

 Merci de faire publier cet article d’une très grande importance pour le rétablissement de la vérité, et par la même occasion rendre hommage à ce matyr de la nation qui est le général Saidi Fodil. Confiants dans l’intégrité de votre travail, les proches de Saidi Fodil saluent les efforts fournis par toute l’équipe d’Algérie politique, cet auditoire destiné à donner un espace d’expression des meilleurs, et vous remercie d’avance monsieur Benderouiche, qu’Allah vous donne force, intelligence et persévérance dans l’accomplissement de votre devoir de citoyen algérien défendant son pays l’Algérie et ses compatriotes.

source:ffs1963.unblog.fr

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Au peuple Algerien… les mercenaires selon le Maol

Posté par algeriedemocratie le 18 juillet 2009

Au peuple Algerien… les mercenaires

 

Nous avons cité auparavant les immenses concessions faites par les généraux et les bassesses auxquelles ils se livrent afin d’asseoir leur pouvoir tout en traînant l’honneur du peuple algérien et en premier lieu celui des cadres nationalistes de son armée, dans la boue. Pour se faire, la politique choisie par les généraux est d’impliquer le plus possible de cadres militaires (à tous les échelons), dans le génocide du peuple algérien, les obligeant ainsi a se soumettre malgré eux aux ordres démoniaques de leurs chefs, plus que ronges par le mal de la trahison.

La question qui reste posée pour nombre de personnes est la suivante: comment des êtres qu’on n’ose même pas associer à la race humaine, peuvent-ils faire de telles choses a leur « patrie », a leur « peuple »? On trouve la réponse dans leurs actes, leurs manières d’agir, leur entourage le plus proche. On trouve tout simplement la réponse en consultant leur livre de chevet et en identifiant leur maître a penser.

Actuellement à tous les niveaux sensibles du commandement de l’armée nationale populaire on retrouve obligatoirement un ou plusieurs militaires français qui dirigent et guident les généraux sur le sentier de la trahison, comme le faisaient d’ailleurs leurs pères trente cinq ans auparavant. Ce n’est ni par la compromission ni sous la pression que les généraux obéissent à des ordres qui vont à l’encontre de l’intérêt suprême de la nation; ils le font avec une profonde conviction et un sincère dévouement hérité de leurs pères qui n’avaient jamais manque de servir leurs maîtres gallois.

Nous prèssentons au peuple algérien et aux cadres officiers, sous officiers de l’armée, les premiers concernés par la sécurité de l’armée, du peuple et de l’intégrité territoriale de l’Algérie et la sauvegarde de son honneur, la liste des mercenaires qui pensent pour leurs chefs et donnent les ordres qui vont dans le sens des intérêts que défendent ces mêmes individus dans les coulisses de l’Etat major de l’ANP.

Les cadres nationalistes de l’ANP doivent à tout prix comprendre qu’il ne s’agit plus d’une coopération rentrant dans le cadre de la lutte « anti-terroriste », mais bien plus que cela; C’est malheureusement une reconquête maquillée du sol algérien

La crise algérienne a été mise en scène par des généraux qui ne peuvent évoluer que dans des atmosphères obscures, car ils défendent des causes et des intérêts obscurs.

Il y a plus de quarante ans, quand un Algérien était abattu, les tortionnaires disaient qu’un musulman était abattu. Aujourd’hui quand un Algérien est abattu, les descendants de ces tortionnaires et leurs complices harkis disent qu’un islamiste est abattu; Ils jouent sur les mots pendant Algérie est entrain de mourir. Quoiqu’ils puissent faire, ils ne pourront jamais effacer la mémoire d’un peuple profondément Musulman, profondément Algérien, profondément démocrate et plus encore profondément humaniste.

Le temps est venu pour prendre les décisions qui s’imposent vu la gravite de la situation. Ni l’histoire, ni le peuple algérien (autrefois fier de son armée) ne nous pardonneront notre silence ou notre passivité complice; c’est pourquoi nous sommons les mercenaires ( qui ne manqueront pas d’être poursuivit un jour ou l’autre pour complicité de génocide contre le peuple algérien ) de quitter immédiatement le territoire algérien

« Le respect de nos lecteurs ne nous permet pas d’employer le langage et les mots appropriés que ces mercenaires doivent entendre. »

 

 

Voici la liste des mercenaires:

 

*Christian Le breton:

Né le 17 avril 1955 a Grenoble. Grade commandant. Service d’affectation: le RAID. Il est en Algérie pour assister le général Fodil Chérif( bras droit du chef de l’ANP), l’un des officiers les plus importants en Algérie Son ordre de mission porte le numéro:38ALFSMD99 et sa couverture officielle est: responsable commercial dans une entreprise de forage Franco-Italienne.

*Alain Robert Cholet:

Né le 25 janvier 1958 a Metz. Grade capitaine. Il est charge d’entraîner les forces spéciales a Alger, surnomme par les ninjas « E’rrouji »: le rouquin. Il a été l’adjoint du commandant Favier ( du GIGN) lors de l’assaut contre l’airbus d’Air France a l’aéroport de Marseille.

 

*Jean Michel Pourtnes:

Né le 31 décembre 1951 a Paris. Grade capitaine des services de communication et de transmission, spécialiste des techniques d’écoutes auprès des services secrets.

 

*Armand Pierre Lafarge:

Commandant du 42eme RT français (Régiment de Transmission). Il fournit les transmissions et les écoutes avec les moyens les plus modernes et les plus performants (RITA et système satellite); trois (03) de ses hommes conduisent des voitures (camionnettes) bourrées d’appareils électroniques ( pour la détection électronique sur le grand Alger) et sous couverture de fonctionnaires de la RTA ( Radio et Télévision algérienne). Il est à noter que cela est fait en étroite collaboration avec le sous-marin d’écoute français stationne au large des cotes algériennes.

 

*Pascal Chotte:

Né en 1960. Grade capitaine. Il est affecté auprès du général Smain Lamari. C’est un officier de la DGSE et son influence dépasse de très loin son grade.

 

*Daniel Cariben:

Né en 1966. Grade sergent chef. Il a fait partie de la première division blindée de Baden-baden, la plus puissante division de l’armée française.

 

*Marcel Lehman Jean :

Né en 1960. Grade sergent. Même corps d’origine.

 

Les noms qui vont suivre sont plus secrets que le secret; Ce sont des professionnels qui jouent à la guerre en échange de parts de marche dans les puits de pétrole, armements, minerai de diamant et autres ressources importantes.

 

*Damink Emanuel:

Grade commandant sans affectation. C’est un des officiers les plus secrets, en mission auprès du général Mohamed Mediene dit Toufik, (il rentre dans son bureau sans même frapper à la porte).

 

*Stefan Desmond:

Grade capitaine, Sud Africain et ami personnel du général Sadek Kitouni (notre ambassadeur en Afrique du sud). Il est en mission auprès des services opérationnels de la DCSA en l’occurrence le colonel Bachir Tertague Alias colonel Atman, un spécialiste de la torture.

 

*Barsony Uri:

Grade commandant, un ancien de l’armée de l’apartheid, ami intime du général Fodil Chérif qui lui a attribue une solde de $45000 (Dollars américains), un ordre signe par le secrétaire général du ministère de la défense Nationale (le général Mohamed Ghenim ) date du 15 décembre 1997 pour les versements sur le compte ouvert au nom d’une femme (Mlle Francolini) au Canada a la CIBC, 1155; boul.rene-Levesque. Ouest Montréal. Québec. H3B 3Z4 tel: (00 1 514 876 3490).

 

*Taylor Peter:

grade colonel de la CIA a la retraite, ancien chef de l’antenne de la CIA en Europe et ami personnel du général Smain Lamari. Il est l’artisan du changement de la politique des USA vis-à-vis d’Alger. Il a touche une commission inimaginable après le contrat d’armement signe avec l’Afrique du sud. Il suit le général Mohamed Lamari comme son ombre, même a l’étranger. Il ne rate jamais une commission après chaque marche conclut.

 

*Coblence Michael:

Grade commandant, age de 48 ans, de nationalité américaine. Il accède au MDN par la grande porte et s’y déplace comme s’il était chez lui. Il s’occupe du service informatique de l’armée (SCIA) et a carte blanche dans tout ce qu’il entreprend. Sa couverture est conseille auprès du directeur général de la Sonatrach. Il a reçu une prime d’un (01) million de dollars en janvier 1998.

 

Nous tenons à dire que cela n’est que la partie apparente de l’iceberg, ce qui viendra plus tard est encore plus incroyable.

Des frères à nous ont payé le prix fort pour que ces informations voient le jour, notre seul but réside dans notre souhait d’une prise de conscience par nos collègues militaires et par le peuple algérien, des réalités que cachent les généraux.

        

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