operation Boudiaf selon le Maol

Posté par algeriedemocratie le 18 juillet 2009

Operation Boudiaf

Mohamed Boudiaf

Après le coup d’état, les généraux putschistes voulaient trouver un moyen pour calmer les populations en colère contre l’arrêt du processus électoral d’une part, et éloigner l’armee de la façade du commandement de l’état d’autre part. Ils avaient tout intérêt a agir derrière un gouvernement pseudo-civil ,pour ne pas s’attirer les foudres des états occidentaux, qui bien soulages de ne pas voir le FIS au pouvoir, ne pouvaient cautionner directement une dictature militaire.

Les généraux: Khaled Nezar, Abdelmalek Guenaizia, Mohamed Lamari, Mohamed Mediene, Mohamed Touati devaient trouver le plus vite possible un chef d’état sur mesure, un homme qui remplirait des conditions bien précises.
Comme base de départ, un critère était déjà règle: « l’heureux » élu devait être un ancien moudjahid bien entendu avec un passe révolutionnaire irréprochable, une victime du régime de Chadli et même de Boumedienne si possible, et il devait être aussi loin de tout clivage politique. Les critères ainsi définis, peu de candidats pouvaient satisfaire le cahier de charge de chef d’état.C’est presque par hasard que le général Nezar évoqua le nom de Mohamed Boudiaf: un homme qui répondait a tous les critères et qui pesait lourd dans la balance. Mais un problème de taille se posait: Mr Boudiaf, voudrait-il de ce poste empoisonne alors qu’il avait abandonne la politique depuis bien longtemps et s’etait consacre principalement a ses affaires et a sa famille? C’est alors que les généraux déciderent de lui envoyer un de ses amis les plus proches pour lui faire la proposition et c’est Ali Haroun qui fut charge de cette délicate mission. Tout le monde( les generaux en question) au SG du MDN (secretariat general du ministere de la defense nationale) retint alors son souffle. Des plus aux moins tentes, tous espèrerent une réponse positive de la part de Boudiaf.

Au Maroc les deux amis se rencontrerent chez Si Mohamed, et Ali Haroun révéla le but de sa visite avec beaucoup d’emotion. Boudiaf ému mais non surpris,  promit d’y réfléchir et de donner une réponse au plus vite. Apres la consultation de sa famille et d’un ancien ami médecin marocain, il finit par accepter, non pour la splendeur du poste mais parceque l’heure etait grave et la situation du pays presentee par Ali Haroun etait des plus catastrophique. Boudiaf  fit ses premiers contacts a partir du Maroc avec d’anciens membres du PRS, et  informa le roi Hassan II qui prit cette nouvelle comme un don du ciel, car la crise du sahara occidentale allait peut-etre ainsi  trouver une solution.

Les putchistes d’Alger furent informés de la nouvelle par Ali Haroun,et crurent voir une solution a la crise constitutionnelle qui menacait meme leur devenir. La nouvelle fut rendue publique et les préparatifs commencerent pour accueillir l’enfant sauveur du pays. Il va sans dire que Paris fut informee de ce choix la nuit même ou il avait été décide de joindre Boudiaf, qui était bien connu des Français, car ancien adjudant de l’arme française, médaille militaire et croix de guerre. Que pouvait-on faire de mieux pour satisfaire les amis d’outre mer? La boucle était ainsi bouclée et la légalisation du nouveau commandement politique du pays était ainsi réussie. Nezar avait contribue personnellement a l’acceptation de Boudiaf a la tète de l’institution militaire, mais certains officiers supérieurs qui desavouaient ce choix avaient pris cette nouvelle donnée comme une insulte. Ils n’avaient pas oublie que cette figure de la révolution s’était rangée aux cotes du roi Hassan II lors de la marche verte, qui avait entraine une guerre fratricide ou des centaines de militaires Algeriens avaient trouve la mort, sans parler des disparus et des prisonniers.

A 73 ans Boudiaf était loin de se douter qu’il allait enfin rentrer en Algérie avec le titre du plus haut magistrat, a qui on déroulerait le tapis rouge. Le fait qu’il soit reste longtemps éloigne de l’Algérie constituait pour lui un handicap majeur mais pour les vautours du MDN un avantage certain. Néanmoins une fois au palais de la présidence, Boudiaf se fit relativement vite a sa nouvelle vie, et commenca a découvrir les secrets d’un état en plein délabrement et sur tous les plans. Mais le pire de tout, c’est qu’il se trouva au seuil d’une guerre civile masquée par de faux rapports de sécurité (Il légalisa toutes les mesures securitaires décidées contre les sympathisants du FIS qui risquaient de mettre le devenir de l’Algerie dans le doute le plus absolu selon ces memes rapports). Il était complètement guide par les decideurs du MDN dont il approuvait toutes les décisions sans commentaires, du moins au début.

Peu a peu Boudiaf commenca a prendre certaines libertés et a essayer de s’entourer de ses proches et placer ses amis fidèles a tous les niveaux. Le plus gros morceau restait tout de même l’armee dans laquelle il ne trouva que peu d’écho. Boudiaf se vit annuler plusieurs décrets ou nominations qu’il fit en faveur de certains officiers qu’il voulait autour de lui, et les prises de bec avec les hauts fonctionnaires du MDN furent fréquentes, car le MDN donnait très souvent des contre-ordres; et la marge de manoeuvre du président devenait de plus en plus étroite. Sous écoute permanente et surveille de très près: les contacts de Boudiaf etaient aussitôt identifies et neutralises « si nécessaire » par les tirailleurs du général Toufik.
Ce n’est que tardivement que Boudiaf comprit que seule une assise populaire, légale et solide pouvait lui donner suffisamment de force mais surtout le pouvoir legal d’entreprendre tous les changements qu’il voyait nécessaires a la sortie de l’Algérie de sa crise. Mais bien entendu, ces changements n’étaient pas au goût des forces ténébreuses au sein du pouvoir. Ces mêmes forces qui  écrivirent les différents scénarios de la politique Algérienne au travers du temps,  avaient d’autres projets.
Boudiaf fut mis en garde par de rares fidèles au pouvoir et son chef de cabinet était harcelé par les appels téléphoniques d’une part et par les envoyés du MDN d’autres part, qui venaient lui demander de calmer Si Mohamed, car celui-ci prenait trop souvent, des decisions sans revenir prealablement aux dirigents du MDN.

Fort d’un caractère têtu, Boudiaf  surprit tout le monde en décidant de rejuger le général Belloucif ; il venait ainsi de lancer au barons d’Alger un défit des plus audacieux et ce apres des consultations secrètes avec Kasdi Merbah. Il faut dire a ce titre que les deux hommes se connaissaient bien et etaient du meme bord politique, et c’est la raison pour laquelle Kasdi Merbah  promit son soutien a cet homme qu’il respectait autant qu’il respectait Si Abdelhafid Boussouf. L’appui de Kasdi Merbah etait de taille, surtout qu’il etait (sans nul doute) l’un des rares hommes les mieux informes de la realite Algerienne; il connaissait a ce titre, les vrais ennemis au pouvoir, et pour les combattre il avait besoin d’un president comme Boudiaf pour le soutenir. Merbah fut loin dans ses contacts, meme aupres de Toufik, (cet ancien sous-lieutenant qui travaillait a la Securite de l’armee (SA) quand Merbah etait chef de la SM); il avait reussi a lui arracher une promesse d’aide (une impartialite des services face aux changements que le president voulait entreprendre) pour sortir le pays de la crise. Jouer double jeu pour Toufik etait une nécessite: son poste a l’époque était très prise par des jaloux redoutablement dangereux, et s’assurer des faits et gestes de Boudiaf lui donnait une longueur d’avance.

Au moment ou l’affaire Belloucif était sur le point d’être rejugee, le général Toufik lanca en pâture a la presse nationale l’affaire Hadj Betou (déjà connu par les services de sécurité pour ses trafics avec les pays du sud depuis bien longtemps) pour faire diversion, mais Hadj Betou n’était en fait qu’un maillon d’une chaîne qui remontait jusqu’au general Larbi Belkheir .
La réouverture de l’affaire Belloucif avec ses différentes extensions allait amener a la barre: Chadli Bendjedid, Larbi Belkheir et bien d’autres âmes de l’ombre qui étaient encore plus coupables que Belloucif. Si juger Belloucif pour un détournement dont le montant était banal en apparence (par rapport au détournements des autres), cela allait entraîner aussi le jugement de Chadli et surtout de Larbi Belkheir pour haute trahison vu la vraie nature des faits lies a cette affaire. En realite tout avait commence par un projet de couverture radar de tout le territoire Algérien présente par Larbi Belkheir pour le compte du gouvernement Français. Le projet avait été refuse par Mustapha Belloucif alors secrétaire général du MDN et aussi par bon nombre d’officiers superieurs, a cause de son coût prohibitif (le montant total de l’époque dépassait les 4 milliards de francs nouveaux), ce contrat était surtout lourd de conséquences pour le développement du pays et allait aussi mettre tout le système de défense aérienne sous tutelle Française, c’etait la raison pour laquelle Beloucif avait refuse de l’adopter malgré les grandes pressions exercees par Larbi Belkheir et Chadli pour la signature de ce projet (Comble du destin, le general corps d’armee Mohamed Lamari  signa un contrat similaire en 1995, avec le gouvernement Francais biensur, sauf que cette fois-ci la facture etait plus lourde).

Suite a son refus, Belloucif fut officiellement limoge par Chadli pour corruption et mauvaise gestion. Les preuves de son inculpation furent offert a Larbi Belkheir par ses amis Francais (détails du compte bancaire parisien de Belloucif, des vidéos comprometantes le montrant avec des agents féminins des services Français d’origine libanaise et autres détails sur le fonctionnement d’une fameuse clinique a Neuilly de laquelle il tirait de grands bénéfices). Face a cette politique de la compromission et du deshonneur Belloucif ne pouvait rien faire pour se defendre et devait encaisser sans pouvoir riposter. En realite Belloucif a ete descendu par les services Français. Paris ne voulait surtout pas de ce procès qui allait mettre a nue les relations qu’entretenait Larbi Belkheir avec les autorites Francaises pendant son exercice de la fonction de chef de cabinet du president Chadli (Jacques Attali: intime du président Français de l’époque François Mitterand etait le contact direct de Belkheir et son guide en matiere de politique Francaise en Algerie) et Boudiaf dans sa grande naïveté n’était pas au courant des tenants et aboutissants de cette affaire qu’il tenait tellement a déterrer et a rendre publique dans ses moindres détails.

Des fautes, Boudiaf en avait commis, mais bien des fois, il n’avait guerre le choix. « L’Algérie avant tout » était son principe et son symbole, mais ce n’était certainement pas celui des décideurs en Algérie. La rue Algérienne demandait des comptes et réclamait encore justice pour les victimes d’octobre 88; Boudiaf le savait et c’est cette justice qui était finalement le luxe le plus difficile a obtenir. Mais Boudiaf ne désarmait pas; il chargea des proches qui partageaient ses idées d’une mission « impossible »: metttre un plan pour nettoyer le pouvoir de toutes les personnes corrompus et juger les coupables publiquement, et ce fut encore une fois grace a l’aide de Kasdi Merbah qui avait presente a Boudiaf un dossier faramineux de plus de trois cents pages sur les activites de certains elements au pouvoir que cela allait pouvoir se realiser. Merbah avait meme recommande certains officiers du service pour entreprendre cette grande operation de nettoyage. Boudiaf avait pu ainsi choisir comme chef de mission un officier supérieur des services de la DRS, (un proche de Merbah, ami personnel du général Saidi Fodil et un révolutionnaire de la premiere heure), cette personne etait en l’occurrence le colonel Mourad, célèbre dans le milieu de la DRS pour le traitement des affaires les plus sensibles du service.

Le colonel Mourad présenta au président un rapport préliminaire donnant un aperçu de l’étendu des dégâts de la corruption et de l’influence de la mafia « politico-financiere » en Algérie et un complement d’informations au dossier de Merbah en plus d’un plan d’action detaille auquel devait s’ajouter les preuves detenues par Merbah (amassees au cours de ses dix huit annees de service). Boudiaf avait ainsi des noms et savait pertinemment que le salut de l’Algérie ne pouvait venir qu’en montrant du doigt les vrais responsables du mal Algérien afin de rétablir cette confiance  perdue entre le peuple et ses gouverneurs. Mais cela se devait d’être fait dans les règles, c’est a dire par les moyens que lui offrait la loi et la constitution, il ne voulait surtout pas recourir aux méthodes basses.
Sachant que les personnes mises en cause possédaient des comptes bien garnis a l’etranger surtout en Suisse et en France particulièrement ou l’argent partait dans des circuits de blanchiment et se transformait en biens immobiliers essentiellement. Le montant approximatif de cet argent était faramineux (environ 65 milliards de dollars s’etaient évapores en 12 ans, avec les prèts bancaires ajoutes).

Le colonel Mourad fut charge par Boudiaf de faire des investigations sur ces detournements et voir la possibilité de récupérer au moins une partie de cette argent. Le président Boudiaf ne s’etait pas empêche de contacter directement le premier ministre Français de l’époque « Monsieur Pierre BÉRÉGOVOY », et de lui demander personnellement son appui pour mettre la lumière sur les agissements de certains responsables Algériens en France. Il obtint des assurances de monsieur Pierre BÉRÉGOVOY renomme pour son sens de l’honneur dans le milieu politique Français.
Quelques jours plus tard, apres que Khaled Nezar eu accepte difficilement de signer leurs ordres de mission, le colonel Mourad et trois de ses collaborateurs se rendirent a Paris. Ils furent reçus par leurs homologues a Matignon, et le but du voyage était d’avoir des détails sur les comptes bancaires de certains hauts fonctionnaires Algériens comme: Larbi Belkheir, Nourdine Benkourtbi, Mohamed Atailia, Cherif Ouadani, Khaled Nezar, Moustapha Belloucif et bien d’autres. Il va sans dire que des deux cotes de la Méditerranée des hommes bien places avaient tire toutes les sonnettes d’alarme.

A Alger, Larbi Belkheir et d’autres mis en cause par les démarches de Boudiaf deciderent d’opter pour la solution radicale lorsqu’ils apprirent le declenchement de cette operation de purification.
Le voyage du colonel Mourad et de ses collaborateurs était biensur un échec, le refus de la justice française d’accorder une levée sur la confidentialité des comptes bancaires des mis en causes était sans appel. Une semaine apres le retour du colonel Mourad a Alger, il fut retrouve mort a Bachdjarah avec trois balles dans le cou. C’etait biensur les terroristes qui l’avait abattu, (version officielle); des trois autres militaires qui l’avaient accompagne a Paris (deux capitaines et un lieutenant) aucun ne survecut: ils furent tous abattus par des terroristes dans la quinzaine qui suivit. Il eurent quand même droit aux honneurs militaires.
Boudiaf était hors de lui lorsqu’il apprit la mort du colonel Mourad, il  finit par comprendre a qui il avait affaire; ce qui le décida a laisser tomber ce poste maudit et a rentrer chez lui au Maroc sans dire a personne. Ce fut la premiere fois qu’un president Algerien abandonne son poste au milieu de la nuit.

Quelques semaines avant le meurtre du président, le secrétariat du ministre de la défense nationale etait en ébullition, et les contacts entre les différents chefs s’etaient intensifies. Nezar et Toufik ne se quittaient plus et la signature par Nezar de l’ordre de mission du colonel Mourad en partance pour Paris avait tout accélére. Boudiaf avait donne trop de coups dans la fourmilière de la mafia Algérienne et beaucoup de tètes allaient tomber si les mesures qu’il avait pris seraient mises en exécution.
Au début du mois de juin 92, lors d’une réunion nocturne des généraux Khaled Nezar, Toufik et Larbi Belkheir a sidi Fredj (centre familial militaire), l’option de la liquidation physique du president se posa comme la seule solution au problème Boudiaf, surtout que ce dernier venait juste de revenir du Maroc apres l’abandon de son poste de président qu’il ne réintègra qu’après le voyage de plusieurs responsables (dont le général M.Touati)  pour le persuader de continuer a servir son pays.

Une semaine avant le meurtre du president Boudiaf, tous les dossiers qu’il avait constitue furent derobes durant la nuit, de son bureau a la presidence. Il savait a ce moment que les gens qu’il tentait d’ecarter allaient tout faire pour echapper encore une fois a la justice. Le jour meme ou Boudiaf etait a Annaba pour sa visite « finale », Larbi Belkheir accompagne de son jeune frere Abdelkader força l’entree pour se rendre au bureau du president, emportant a la sortie avec lui une autre quantite de documents.

L’heure etait grave et le temps pressait; il fallait tout faire pour arrêter Boudiaf qui tentait de prendre de court  le camp adverse. C’est avec la collaboration du general Smain Lamari (colonel a l’epoque): sous directeur de la DRS et chef de la sécurité intérieure que Toufik mit les premières ébauches de la liquidation du président. Le scénario islamiste ne fut pas retenu pour des raisons de confidentialité; en effet l’utilisation d’agents islamistes n’aurait pas pu garantir une discrétion absolue de l’opération et le résultat aurait ete d’autant moins incertain face a l’efficacite des éléments du SSP (service de la securite presidentielle) et du GIS (groupe d’intervention speciale). La seule manière qui pouvait donner un résultat fiable c’etait celle d’une opération montee de l’intérieur: un tireur isole qui agirait de son propre chef (pour une raison ou une autre), ils  pourraient dire a la limite que l’assassin etait un déséquilibré mental et  ainsi classer l’affaire  avec un minimum de risque pris et un maximum de chance de succès.

Ce fut le scénario de Smain Lamari qui prit forme peu a peu apres la bénédiction de Toufik, Nezar et Belkheir. L’escadron de la mort sous tutelle de Smain (cellule fantôme crée par Belkheir et Toufik, dirigee par Smain et composee d’elements du service operationnel tries sur le volet) eut la tache facile pour liquider tous les témoins et les éléments gênants du réseau Boudiaf. Même si la liste etait longue Smain prit un malin plaisir a liquider ses adversaires et les gens qui en savaient long, sans qu’aucun ne soit epargne.

Le plan détaillé de l’assassinat de Boudiaf ne fut connu qu’après son exécution et ce par les quelques membres des services de sécurité, qui avaient côtoye Boumaarafi durant les premiers jours qui suivirent le drame. Et Boumarafi etait pendant ce temps, inquiet et surtout soucieux de transmettre son horrible secret a qui de droit.
Le choix par Smain Lamari du sous-lieutenant Boumaarafi n’etait pas par hasard, il avait déjà remarque la froideur de cet élément et sa discrétion lors de précédentes opérations. Le colonel Smain, a l’époque: chef de l’opérationnel etait a ce titre  apte a juger qui etait le plus capable. Ce fut a Antar (Le centre opérationnel fétiche de Smain) que le colonel Smain donna a Boumarrafi les premières directives de l’opération sans citer la cible, l’incitant a rejoindre l’escadron de la mort pour purifier la patrie des traîtres qui voulaient détruire et vendre tout le pays. Il y va sans dire que les promesses de promotion et de soin  eurent un écho chez Boumaarafi. Avoir quelqu’un qui protège son dos est très important dans l’armee si on veut aller loin dans la hiérarchie, c’etait ce dont Boumaarafi avait besoin. Apres une série de rencontres, Boumaarafi était enfin prêt pour le jour « J ». Il avoua apres son acte qu’après avoir pris connaissance de l’identité de l’homme qu’il devait abattre il ne pouvait plus sortir vivant du bureau de Smain s’il refusait la mission.

La veille de l’opération un problème de dernière minute allait presque tout gâcher; le commandant Hamou (chef du GIS) n’avait pas designe le sous-lieutenant Boumaarafi pour la mission de Annaba. Le commandant du GIS ne supportait pas le sous-lieutenant Boumarafi qu’il tenait en partie responsable de la mort de son ami et ex-commandant du GIS en l’occurrence le commandant Abderrahmane (Lors d’une opération anti-terroriste au Telemley: le commandant Abdelrahmane et le sous-lieutenant Tarek, tout deux du GIS avaient ete tue sur place alors qu’ils essayaient de pénétrer une habitation. Boumarafi était sensé les couvrir, mais ils furent surpris par une pluie de rafale de klachinkove et même les gilets pare-balles qu’ils portaient ne leurs furent  d’aucun secours).
Le colonel Smain mis au courant des partants pour Annaba appella Hamou pour lui ordonner d’émettre un ordre de mission individuel a Boumaarafi pour qu’il puisse faire partie de la mission. Hamou émit des réserves quant a l’efficacité de cet élément mais il finit par céder devant la persistance de son chef.

L’équipe du GIS qui devait assister le SSP s’etait rendu sur les lieux par route un jour avant la visite du président pour affiner les mesures de sécurité. Le jour d’arrivée du président a Annaba, les éléments du GIS étaient en complète intégration avec ceux du SSP, c’est a dire qu’ils n’avaient aucune restriction de périmètre de sécurité. La raison etait très simple d’un point de vue professionnel: les éléments des deux corps étaient très entraînes et ceux du GIS particulierement, ils se connaissaient très bien et changeaient de mutation entre les deux corps au gré des chefs. Donc la finale de tout cela cetait qu’aucun element des deux corps n’aurait pu douter de l’intégrité d’un autre élément dans l’équipe de protection .

Lorsque le président arriva a la maison des jeunes qu’il devait inaugurer, certains des éléments du GIS étaient derrière le rideau de la salle et une partie en dehors: couvrant la sécurité extérieure de l’arrière de la salle qui donnait sur une cite non loin de la maison des jeunes. Boumaraafi etait vêtu de la tenue d’intervention nouvellement reçue par les éléments du GIS (une tenue impressionnante de couleur bleue marine; des témoins confondront plus tard Boumaarafi au éléments d’intervention de la police a cause de cette tenue); avant l’arrivee du président, il se dressait dans l’arrière cour mais rentrait et resortait de la salle ou il faisait plus agréable en cette matinée de la fin du mois de juin.

Tout se passait comme prévu et le président donnait un discours important visant a sensibiliser la population de l’est Algérien et a promouvoir son mouvement dont le symbole était « l’Algérie avant tout », toute la scene était biensur télédiffusee en direct sur tout le territoire. Derrière le rideau, les éléments de la protection rapprochée du président et des éléments du GIS discutaient a voix basse tandis que le chef du SSP: le commandant Hadjres etait entrain de discuter, tout en prenant une cigarette, avec le Commandant Hamou, le capitaine Zaidi sous-directeur du SSP, le capitaine Sadek responsable de la formation au SSP et le lieutenant Torki chef de mission de l’équipe du GIS. A l’entree de la porte arrière se tenait le lieutenant Yacine adjoint chef de mission du GIS et dans l’arrière cour devait se trouver le sous-lieutenant Boumaarafi assurant la sécurité.

 

Mohamed Boudiaf 2

A un moment ou toute l’attention du publique etait portée sur le discours du vieux révolutionnaire, une première  petite explosion  retentit dans la salle, precede d’un bruit de roulement. Boumaarafi venait de dégoupiller sa grenade et de la faire rouler sous le rideau; il surgit au meme moment  tirant une première rafale qui fit diversion dans le milieu du système de protection. .Les éléments du SSP et du GIS avaient cru a une attaque extérieure en voyant Boumaarafi tirer, mais celui-ci pointa son pistole mitrailleur (Berretta de calibre 9mm, parabellum: une arme très redoutable) a bout portant vers la tète du président Boudiaf, tirant une longue rafale. Tout le monde etait pris de panique et les éléments du SSP commencerent a tirer vers le rideau causant même des blesses parmi l’équipe elle même. La seule image que tout le monde avait retenu fut la fuite de Boumaarafi vers la porte arrière ou se trouvait le lieutenant Yacine sans même que ce dernier comprenne ce qui se passait. Le peuple Algérien venait de suivre en direct la liquidation de son président; on avait de la  peine a croire que cela se passait en Algérie. Une fois dans l’arrière cour Boumaarafi enjamba en toute hâte un mur de presque deux mètre de haut; seuls quelques policiers au loin et quelques passant avaient pu voir cette scène. Il se dirigea ensuite vers l’immeuble le plus proche et au res-de-chaussee il frappa au premier appartement qu’il trouva; une jeune femme lui ouvrit la porte sans doute impressionnee par la tenue et l’arme de Boumaarafi croyant a une décente de police. La seule chose que Boumaarafi  demanda fut d’appeler la police et de lui demander de venir en disant que le tueur du président voulait se rendre. La police contactee s’etait rendue assez vite a l’adresse indiquee. Les chefs du GIS et du SSP furent prévenus par le chef de la sûreté de la willaya, de l’arrestation de Boumaarafi qui s’etait rendu sans résistance. Au meme moment et dans une confusion totale, le président etait conduit dans une ambulance mal équipee et sans médecin vers un hôpital qu’on arrivait même pas a trouver. Le président etait très gravement touche et la mort fut presque instantanée: une décérébration aigue fut causée par les nombreuses balles qui avaient touche son cerveau.

 

Mohamed Boudiaf 3

A Alger le colonel Smain suivait biensur le deroulement de l’opération en direct sur la télévision et des les premiers instants de l’attentat il appella le GLAM (Groupe de Liaison Aérienne Ministériel) pou lui préparer d’urgence un appareil , puis il prit contact avec Mohammed Ouadeh (chef de la police nationale) et lui  demanda de le rejoindre ainsi qu’une équipe de Antar.

 

Mohamed Boudiaf 4Mohamed Boudiaf 4
L’equipe de la protection presidentielle (SSP et GIS) etait deprimee et inquiete mais des que la mort du president fut confirmee, tout le monde se trouva sous le choc; ils n’arrivaient plus a comprendre comment ni pourquoi cela s’etait-il passe. Réunie dans cette même salle, toute l’équipe vit arriver quelques heures plus tard le colonel Smain, Mohamed Ouadeh et quelques visages familiers; Smain s’entretint avec les chefs du GIS et du SSP pendant quelques instants, ensuite il  revint vers les elements de l’équipe pour leurs demander de leurs nouvelles. Il essaya de les rassurer avec ces mots:  »ne vous en faites pas; c’est un acte isole; ce n’est pas de votre faute, vous ne pouviez de toute façon rien faire devant ce fou et perdre un président est même arrive aux Américains ». Ils leurs donna ensuite  l’ordre de rentrer sur Alger. Puis Smain accompagne de Hadjres, Hamou et Ouadeh se rendirent a la sûreté de la wilaya ou Boumaarafi etait detenu; ce dernier avait-il a peine vu le colonel Smain Lamari qu’il sauta de sa chaise et  cria: « tu est venu espèce de salaud; tu es content comme ca (Djite ya ouahad achemata, rak farhan hakda) », l’atmosphère etait lourde et Smain  donna des instructions au éléments qui l’accompagnaient pour qu’il le transfert vers l’avion. le président fut entre temps rapatrie vers l’hôpital Ain Nadja (HCA) a Alger ou le médecin commandant Brixi: chef du service médecine légale  donna la version officielle de l’origine du décès.

 

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L’Hopital Militaire HCA

Presque en même temps le colonel Smain accompagnait Boumaarafi au service des urgences du HCA ou le médecin colonel Koutchoukali: chef du service psychiatrique examina Boumaarafi et lui administra une injection de calmant. Boumaarafi ne se laissait pas faire, il criait de toutes ses forces: »vous voulez me tuer, vous voulez me faire taire » et insultait Smain de tous les noms possibles. Une fois Boumaarafi presque endormi il fut conduit a la prison du quartier général pour sa première nuit en prison.

La commission nationale d’enquête fut installée le 04/07/92 en toute hâte par le HCE, elle était composée de personnalites tries sur le volet par les generaux concernes. Elle etait composee de MM.Belhocine Mabrouk, Ahmed Bouchaib, M’hamed Ferhat, Youcef Fathallah, Kamel Rezag Bara et Allel Thaaliby.
A l’issue de la première réunion de cette commission, Ahmed Bouchaib (ami intime de Boudiaf et ex-membre des vingt-deux en 1954) fut nomme: président et Kamel Rezag Bara: rapporteur.
La commission en elle même avait peu de pouvoir mais par souci de transparence « fictive » et d’impartialité, elle avait fini (apres plusieurs rencontres avec les différents acteurs de l’assassinat du président Boudiaf) par présenter son rapport au HCE. Le rapport en lui même était très maigre et ne présentait ni une enquête judiciaire, ni un avis d’experts (vu l’inaptitude de ses membres) sur le meurtre du président. Le seul objectif de cette commission était de designer officiellement les boucs-emissaires a qui les vrais coupables voulaient faire endosser le crime. Le temps était un facteur déterminant qui jouait en défaveur des vrais commanditaires de l’assassinat; et la désignation de cette commission allait aider a apaiser les esprits choques par cette liquidation en direct.

Des les premières heures de l’installation de cette commission, des pressions étaient exercees par Larbi Belkheir et Smain lamari pour designer Rezag Bara comme rapporteur. Ce dernier avait longtemps fait partie des agents les plus fidèles au service de la »DRS ». C’est ainsi que le travail de la commission fut téléguide depuis le début, la poussant a mettre le point sur certains détails et non sur d’autres. Comme par exemple: la fausse lettre trouve chez Boumaarafi; son lien avec le courant islamiste; la responsabilité des éléments du GIS que Toufik venait tout juste de verser au SSP pour renfort (Il faut souligner le fait qu’a l’époque, les éléments d’élite de la protection presidentielle avaient été affectes a la protection exclusive des généraux putschistes). Mais la commission avait sciemment omis de mettre en cause Toufik, Smain Lamari ainsi que Larbi Belkheir, alors qu’ils étaient théoriquement les premiers responsables de ce qui venait d’arriver au président.

A l’intérieur de la commission d’enquête il y’avait bien des distorsions et des différends profonds pour la nomination des vrais coupables. Les differents membres avaient tous cede aux pressions et aux intimidations des generaux, sauf Youssef Fathallah qui refusa jusqu’à la dernière minute de signer le rapport final, dans lequel il voulait inclure la responsabilité des dirigeants des corps de sécurité et a demander leurs démissions comme concequence logique au drame. Kamel Rezag Bara, biensur, ne manqua pas de rapporter les plus petits détails a ses chefs de la DRS. Il joua ainsi un rôle tres important dans le meurtre de youssef Fathallah (dans son bureau de la place Emir Abdelkader) un ans et demi plus tard, lorsque ce dernier commenca a écrire son propre rapport sur l’affaire Boudiaf.

Un probleme se posa quant a l’instruction de cette affaire, et le juge d’instruction de Annaba  declara l’incompetence de la juridiction civile face a ce dossier qui etait normalement du ressort militaire. Mais le directeur central de la justice militaire de l’epoque Mohamed Elallem (apres avoir recu des ordres du general Khaled Nezar)  declara a la presse que cette affaire etait du ressort de la juridiction civile. Presque un mois apres le meurtre du president, la chambre d’accusation du tribunal de Annaba  decida que le tribunal de Annaba etait territorialement competent, cette decision etait basee sur l’article 40 du code penale.
En fait les generaux qui avait planifie cet assassinat s’etaient vite appercus qu’il fallait a tout prix laisser la justice civile s’occuper de cette affaire par souci de transparence vis a vis du peuple qui sentait le complot d’une part, et des instances internationales d’autres part; mais plus important encore: des voix s’etaient levees et la rue accusait deja le general Larbi Belkheir qu’elle  designait comme le premier responsable du meurtre, ce qui l’avait pousse « alors ministre de l’interieur » a declarer a la presse nationale: « ni le ministre de l’interieur, ni son ministere ne peuvaient etre mis en cause dans les evenements tragiques de Annaba qui couterent la vie au president « . Une vraie course contre la montre s’etait engagee face aux Algeriens qui denoncaient le complot de la sphere politico-financiere contre un des symboles de la revolution mais plus simplement contre l’espoir d’un peuple en deperdition.

Le procureur general du parquet de Annaba: Mohamed Tighramt, charge officiellement d’instruire ce dossier ordonna la poursuite de l’enquete par les officiers de la police judiciere de la gendarmerie nationale et la reconstitution des fait fut fixee pour la premiere semaine du mois d’aout 92. Les equipes du SSP et du GIS (munis comme d’habitude de leurs armes) se rendirent le samedi matin de la premiere semaine d’aout a Annaba, Boumaarafi fut conduit par avion quelques jours plutot. La reconstitution se deroula en presence des officiers de la gendarmerie nationale ainsi que plusieures autres personnalites en plus du juge d’instruction , mais la surprise vint a la fin de la reconstitution qui avait dure plus de cinq heures, lorsque le juge annonca l’arrestation des membres du SSP et du GIS. La surprise etait de taille et les membres des services de securite refuserent de rendre leurs armes aux gendarmes. A un moment donne un membre du GIS braqua son pistole mitrailleur Berretta contre les gendarmes qui essayerent de desarmer le commandant Hamou: chef du GIS, furieux apres ce qu’il venait d’entendre de la part du juge. Le commandant Hadjeres demanda a passer un coup de fil a la direction (DRS); de sa communication avec le general Toufik il n’eut que des insultes et un ordre de se plier a la loi; un language nouveau que le commandant du SSP n’avait jamais entendu de sa vie. Devant l’insistance des commandants Hadjeres et Hamou les elements officiers et sous officiers qui les accompagnaient rendirent leurs armes aux gendarmes et se constituerent prisonniers. Il furent conduits menotes aux mains vers le poste de gendarmerie ou ils passerent plus d’une semaine. Les officiers  furent places dans une meme grande cellule avec rien d’autre que le slip sur le corps. Apres l’altercation des membres de la DRS avec les gendarmes,  ces derniers se vengerent  surtout qu’ils avaient recu le support du chef de la gendarmerie ( le general Benabbes Gheziel) qui avait ete ecarte du sommet des decisions.

Au total, deux officiers superieurs (le commandant Hadjeres: chef du SSP et le commandant Hamou: chef du GIS), trois officiers subalternes (le capitaine Zaidi: Adjoint chef du SSP, le lieutenant Torki: Chef de groupe et le lieutenant Yacine: adjoint chef de groupe) et dix huit autres sous-officiers en plus du prevenu principal: Boumaarafi allaient etre inculpes pour assassinat et plusieure autres chefs d’inculpations passibles de la peine capitale.
Dans les coulisses du ministere de la defense nationale et apres les menaces de Larbi Belkheir, les generaux Khaled Nezar, Toufik (Mohamed Mediene), et le colonel Smain Lamari avaient pris une decision lourde de consequences et qui allait troubler toute la classe militaire surtout les services de securite: les membres des services qui etaient en mission a Annaba allaient etre sacriffies. Quand les familles des officiers rencontrerent le general Toufik, ce dernier n’avait trouve que des reponses evasives aux nombreuses questions qui lui avaient ete pose; « cela fait partie du travail, mais de toute facon ils continueront a recevoir normalement leurs soldes « . La declaration la plus incroyable vint du colonel Smain qui dit cyniquement a des officiers inquiets pour le sort de leurs collegues, « c’est eux ou vos chefs; que choisissez vous? ».
L’instruction de l’affaire  traina a Annaba et pour noyer l’instruction du dossier  les generaux deciderent de le transferer a Alger. Le juge charge de l’instruction  Annaba prit tres mal la decision et  demissionna de son poste, il fut oblige de revenir sur sa decision sous peine de represailles. Mohamed Tighramt n’avait pas  le choix, craignant pour sa vie, il n’hesita nullement a publier un dementi concernant sa demission qui avait deja ete annonce par la presse et la television.

A Alger ce fut le procureur general du tribunal d’Alger: Abdelmalek Sayeh un ancien agent des services (agent exclusivement dirige par Smain Lamari qui l’avait recrute des annees auparavant quand Sayeh etait a l’ecole des juges) et ex juge de la court de la surete de l’etat de Medea. Mohamed Saada: un juge de seconde classe mais connu pour son honnetete, fut charge d’assister Sayeh afin d’etouffer le manque de rigueur de Sayeh. Sayeh Abdelmalek et Kamel Rezag Bara avaient pratiquement sauve l’avenir de leurs officiers manipulateurs (Toufik et Smain), et ils furent largement recompenses pour cela.
Les prevenus (officiers et sous-officiers arretes a Annaba) furent transferes avec leurs dossiers par Avion sur Alger, quand ils  arriverent a l’aeroport militaire de Boufarik ( Sous une escorte impressionnante de gendarmes) ils furent decendus de l’hercule qui les transportait mains et pieds enchaines, les employes de l’aeroport eurent de la  peine a croire l’etat dans lequel se trouvaient les detenus. Avec Boumaarafi, les detenus furent transferes a la fameuse prison civile de Serkadji « Barberousse ». Sauf que Boumaarafi fut place en isolement et sous surveillance video permanente. Le destin fit  que le commandant Hamou retrouva Abdelkader Hachani dans la prison de Serkadji, un des leaders du FIS qu’il avait arrete quelques temps auparavant.

En tout, cinq officiers dont deux au grade suprerieur et dix huits sous-officiers dont certains avec plus de vingt ans d’experience furent sacrifies pour les besions du senario de transparence que les vrais commanditaires avaient ecrit. Les parents des officiers  engagerent des avocats pour soutenir les inculpes suite au silence des chefs qui ne voulaient plus les recevoir et du climat de trahision qui regnait. Lorsque Kasdi Merbah  apprit que les sous-officiers ne pouvaient pas se payer des avocats, il  chargea son propre avocat (et celui de son parti « MAJD ») pour les defendre, ce qui n’etait pas une bonne nouvelle pour Toufik . Outre la mise a l’ombre des elements responsables de la securite du president, Toufik decida la mise sous scelles de la video qui fut enregistree avec Boumaarafi; les conditions d’enregistrement avaient ete tres tendu et Boumaarafi ne voulait absolument pas cooperer et ne cessait de faire des commentaires quant au conditions de sa detention et de ses craintes d’etre assassiner pour qu’il se taise. Ce ne fut qu’apres avoir recu de force, une injection de calmant qu’il se rendit a la salle d’enregistrement. La séance  fut une vraie catastrophe, les reponses de Boumaarafi aux questions que lui posait un officier derriere la camera etaient sans aucun sens, la majorite de ses dires etaient des insultes envers les commanditaires et des commentaires sur l’etat du pays. A la question: » avez vous des relations avec les islamistes du FIS? » il repondit: « ce n’est pas des barbus avec des djelabas qui oseront faire ce que j’ai fait ».

L’instruction de l’affaire Boudiaf fut tres mal faite et l’agent Sayeh Abdelmalek (actuellement recompense pour sa loyaute par un poste de consul en tunsie) fit tout pour noyer les indices qui remontaient jusqu’aux generaux commanditaires du meurtre. Jamais un agent des services n’eut un tel pouvoir et autant d’avantages; en plus des gardes du corps fournis par le service operationnel de ANTAR et un challet au club des pins, ce fut l’un des rares civils a avoir eu droit a une voiture blindee coutant les yeux de la tete au contribuable. Quand le parent d’un des officiers inculpes essaya d’intervenir et ss plaigna des depassements de Sayeh (aupres de son ami le ministre de la justice de l’epoque: Mahi Bahi) il recut des garanties personnelles pour que le dossier soit tranfere a un autre juge.Le ministre Mahi Bahi tint sa promesse et convoqua Sayeh, mais lors de l’entrevue entre les deux hommes, ce fut Mahi Bahi qui le plus ecouta les insultes de Sayeh apres que le ministre de la justice lui eu avoue son intention de le desaisir du dossier qui devait selon le ministre etre entre les mains de plusieures juges et non d’un seul.Sayeh Abdelmalek ne perdit pas  de temps et se rendit directement a Ghermoul ( Siege de la direction du contre espionnage: DCE) au bureau du colonel Smain lamari. Un seul coup de telephone de la part de Smain regla le probleme. Le meme jour au journal de vingt heures, la demission du ministre de la justice  fut annoncee, a la surprise du ministre lui meme.

Une question posee par la commission d’enquete a Boumaarafi restait sans reponse: « pourquoi n’etes vous pas reste sur les lieux du crime apres votre acte, et pourquoi vous etes vous rendu dix minute apres au service de police »? Ce n’est pas Boumaarafi qui apporta la reponse a cette question, mais un de ses collegue du GIS  » le sergent chef Kamel Aidoun ». Ce sergent chef etait un des premiers elements du GIS et avait fait partie de l’equipe qui avait assure la securite du president a Annaba. Il  deserta de sa caserne du GIS a la fin de l’anne 1993, et ses raisons etaient plus que  justifiees; Smain Lamari voulait a tout prix sa peau comme il avait eu celle d’un autre sous-officier quelques mois auparavant, pour la simple raison que Kamal Aidoun avait faillit a sa mission a Annaba. Sa mission etait claire et les ordres qu’il avait recu une semaine avant le drame venaient directement de Smain Lamari qui lui avait dit: « suite a des soupcons qui entourent la loyaute de Boumaarafi, tu as carte blanche pour le liquider a la moindre faute ».

Sans trop savoir pourquoi  Kamel Aidoun s’etait trouve mal a l’aise apres avoir eu ces instructions et ce n’est qu’apres l’assassinat de Boudiaf qu’il  comprit; mais  le plus grave pour lui etait qu’ il n’avait pas obeit a Smain. Pour plus de securite un autre sous-officier avait ete charge de la meme mission mais cet element « Algerois d’origine » avait mis son frere dans la confidence quelques jours apres le meurtre du president en lui disant: « je comprend maintenant pourquoi le vieux loup (qualificatif de Smain au sein du service) m’a demande de descendre Boumaarafi a Annaba ». Ce sous-officier  fut arrete par le commandant du centre ANTAR (a l’epoque: le commandant Farid) et torture pour un lien fictif avec un groupe terroriste, et son frere un peu plus tard  connut le meme sort mais la secret etait deja divulgue.

C’etait pourquoi Kamel Aidoun avait deserte apres avoir confirme a des proches qu’il avait recu les memes ordres, mais ne pouvait tuer un collegue. L’echappee de Kamel fut de courte duree et Smain  mobilisa toutes les forces operationnelles pour retrouver ce specialiste des explosifs qui avait tourne la veste. Kamel fut abattu par des elements de l’intervention de la police nationale et son arme (Berretta 92F) fut reversee au GIS chargeur plein.
Boumaarafi avait raison de se mefier de Smain, et c’est la raison pour laquelle il s’etait rendu a la police plutot qu’a ses collegues.

Le bilan de l’operation Boudiaf fut lourd en vies humaines: plus d’une vingtaine de personnes au total furent liquides suite aux ordres de Smain ou Toufik pour proteger le grand secret, sans oublier l’assassinat de Kasdi Merbah qui avait decide de rendre publique les raisons de l’assassinat de Boudiaf. Meme Zeroual (alors ministre de la defense) n’avait pas reussi a le calmer et a le persuader de rendre les dossiers qu’il avait en sa possession et ce deux semaines avant sa liquidation. Le chef du bureau securite a l’ambassade d’Algerie en Suisse (le commandant Samir) recupera les dossiers en question rendus a la DRS par un parent du defunt Merbah.
Il va sans dire que le massacre de Serkadji (qui avait coute la vie a pres de deux cents personnes) en fevrier 1995 etait directement lie a la volonte d’etouffer l’une des derniere preuve de l’implication flagrante de Nezar, Belkheir, Toufik et Smain dans le meurtre d’un des symboles de la revolution.

Condamne en Juin 1995 a la peine capitale Lembarek Boumaarafi est actuellement incarcere a la prison militaire de Blida. L’execution de sa peine  est suspendue pour le moment.

 

Mohamed Boudiaf 7

Nous presentons nos condoleances aux familles de toutes les victimes de cette affaire qui reste une des plus noire que le service ait jamais connu. Pendant ce temps les vrais commanditaires du meurtre de Boudiaf (Khaled Nezar, Larbi Belkheir, Mohamed Mediene, et Smain Lamari et Mohamed Lamari par la suite) continuent d’assassiner tout un peuple.

 

 

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Publié dans DRS(39) | Pas de Commentaire »

témoignages selon le maol

Posté par algeriedemocratie le 18 juillet 2009

témoignages selon le maol dans DRS(39) Abdelkaderzitouni

Témoignage

Du Commandant

Abdelkader Zitouni

 

Les héros de Novembre.

Beaucoup d’Algériens n’ont toujours pas assimilé ce qui leur arrivent, ils ne comprennent pas non plus les raisons de cette tragédie qui les a plongés dans un chagrin indescriptible. Il faut dire à juste titre qu’ils n’ont pas eu le recul nécessaire et le temps de penser à la question puisqu’ils se sont et pendant longtemps, enfouis pour échapper à la terreur qui a anéanti des milliers de vies humaines. Comment expliquer le plus simplement du monde sans s’éloigner et sans prendre trop de temps en quelques mots les raisons d’une guerre qui n’en finie pas ? Il est vrai que c’est presque un challenge que de résumer des années d’une gouvernance barbare en quelques lignes.
Mais avant de citer les raisons d’une catastrophe, je voudrais expliquer au lecteur comment L’Armée Nationale populaire a été à la fin des années quatre vingt remodelée, altérée pour la transformer de fer de lance pour la défense de l’Algérie et son peuple vers un fer de torture pour le contrôle des richesses de l’Algérie et le musellement de son peuple.

En ce qui me concerne, je dois dire que je suis issu d’un milieu modeste, une famille comme il en existe beaucoup en Algérie, une famille qui a toujours fait des sacrifices dans la vie, une famille qui a des principes et qui a choisi de vivre dignement. Le sens de l’honneur et du devoir, c’est dans le berceau familial qu’on les acquière.

Mon engagement au sein de l’Armée n’a jamais été une réaction impulsive animée par le sentiment de vengeance suite à une injustice. Je n’ai jamais eu à l’esprit la moindre pensée, de garantir par mon engagement une quelconque réussite matérielle. Un seul et unique objectif me remplissait le cœur de joie et d’optimisme: appartenir à l’ANP pour servir, défendre et protéger mon pays. Eh oui, bien que cela puisse paraître si naïf et démodé, ce sont bien les seuls motifs qui m’ont poussé à m’engager. Je ne sais pas comment expliquer cette détermination de donner de sa personne pour son pays, sauf qu’étant enfant, voir les films de la guerre de libération en noir et blanc sur notre vieux téléviseur me remplissait d’un sentiment étrange, un mélange de fierté et de volonté de sacrifice, je voulais ressembler aux héros qui ont bâti la légende, je voulais me sacrifier pour cette terre pour faire partie de ces hommes qui hantaient mon esprit, ces hommes qui ont donné à l’honneur tout son sens. Pour ces raisons je me suis engagé et pour ces raisons je me suis juré de donner ce que j’avais de plus cher pour les défendre : Ma vie, et pour ces raisons aussi je me suis soulevé avec mes frères au MAOL contre ceux qui ont souillé la mémoire des martyrs.

Je dois dire avec franchise que tout ce que j’ai appris pendant les premières années de vie au sein de l’ANP était pour moi la concrétisation d’un rêve formidable. Jeune officier, je m’appliquais dans mes missions et je veillais scrupuleusement à l’exécution des ordres de mes chefs hiérarchiques. Rien ne pouvait m’éloigner de mon devoir même l’établissement d’une famille car je considérais que la priorité était de construire le pays et d’édifier un Etat à la mesure des espérances de tous les martyrs qui ont donné leurs vies pour que je puisse faire parti de l’Armée Nationale Populaire. Je dois avouer qu’écrire ces lignes est beaucoup plus difficile que je ne pensais car j’ai de la peine, beaucoup de peine à évoquer tout cela et me remémorer un rêve qui a tourné au cauchemar.

Au fil du temps, surtout au début des années quatre vingt, les choses ont commencé à changer et des pratiques nouvelles sont apparues, les petits passe-droits, les petites affaires tels les lots de terrains, les logements, les véhicules, autant de biens matériels qui faisaient tourner la tête à certains de nos chefs de l’époque. J’ai essayé de leur trouver des excuses au fond de moi, mais une nouvelle réalité se dessinait devant mes yeux et cela a été véritablement le commencement de la décadence car à ces petits privilèges beaucoup d’appétits se sont aiguisés et la réussite matérielle devenait une priorité chez nombre de nos chefs. A cette époque ça me faisait mal d’entendre les citoyens algériens dire des militaires qu’ils s’engageaient pour  » Honda et Blonda « , mais j’ai compris par la suite que cette politique de compromission généralisée des cadres de l’ANP émanait comme on dit  » d’en haut  » puisque cela leur permettait de contrôler l’Armée, de la façonner et la remodeler à leur guise. Je ne peux dire combien d’officiers et de sous-officiers honnêtes ont fait les frais d’une liquidation systématique dès qu’il s’agissait de protéger une nouvelle caste de militaires qui ont investi l’ANP, comme des criquets, avec pour seule ambition le confort personnel.

A la fin des années quatre vingt et avec les évènements d’octobre je savais que nous allions vers la catastrophe et c’était l’avis de tous ceux qui faisaient leurs devoirs avec assiduité. Tout avait changé depuis mon engagement et rien de ce que je voyais autour de moi ne pouvait être comparé à ce que j’aspirais par une carrière dans l’armée. Nous avons glissé petit à petit dans le gouffre et aux petits trafics qui pouvaient passer inaperçus se sont succédés les grands détournements et les grosses combines qui mettaient en danger et la sécurité du pays et son avenir. En un mot je ne reconnaissais plus l’ANP, des commandants d’unités s’en sont même pris à la solde des HDT (hommes de troupes) et des appelés, et même leurs rations alimentaires étaient détournées par les responsables, ce qui faisait que nos djounouds et même les officiers étaient obligés chaque soir de se nourrir de lait et de pain. Je ne cite que ce petit exemple simple sans pour autant relater ce qui est encore plus grave, l’armement au sein du CFT. Le matériel acheté par le commandement (surtout au début des années quatre vingt dix) était visiblement inadéquat vu sa vétusté, à peine repeint par la mafia des pays de l’Est, il n’était bon que pour une chose : figurer sur les bilans du commandement pour justifiés des dépenses faramineuses de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Bon nombre d’officiers intègres qui ont manifesté leur inquiétude auprès du chef de l’Etat major se sont vus écarter et même arrêtés par les services de la DCSA. Il était claire que tout avait changé, tout était différent et les hommes qui voulaient servir avec foi n’avaient plus leur place parmi une nouvelle espèce de chefs qui se comportaient comme des requins et bien pire car ils ne se sont entourés que de gens comme eux sur lesquels ils pouvaient compter et en définitif tous ceux qui avaient de mauvaises réputations se sont retrouvés à la tête des postes stratégiques commandant des hommes intègres à qui ils menaient la vie dure en les affectant surtout vers les premières lignes du front de la lutte contre le terrorisme. Les militaires intègres se sont en fin de compte retrouvés pris entre deux feux, et même s’ils arrivaient à échapper à la mort lors d’opérations suicides décidés par le commandement, ils étaient toujours réaffecté aux même missions ce qui faisait qu’ils étaient condamnés à disparaître quelques soient les données.

La lutte contre le terrorisme qui s’en ai suivi à été en ce qui me concerne, une vraie guerre contre un peuple affamé et appauvri. Les méthodes et les stratégies adoptées par Khaled Nezzar, Mohamed Lamari, Mohamed Touati, Fodhil Chérif, et les autres étaient des méthodes colonialistes barbares, des méthodes intégristes ; oui intégristes car éradicatrices. J’ai tout connu après cela, l’horreur, la déception la révolte ; tout cela je le vivais et au fond de moi je voulais punir très sévèrement les responsables de ce drame : ceux qui avaient gâché le rêve.

Animé par le même sentiment du premier jour de mon engagement, j’ai fais le serment de tout donner pour sauver mon pays et j’ai pris la décision de rejoindre ceux qui partageaient les mêmes objectifs et les mêmes idéaux. Tout ce que je sais c’est que rien n’est perdu tant qu’il y a des hommes dignes qui portent l’Algérie dans leurs cœurs.
Les assassins qui commandent l’Armée aujourd’hui ne sont pour moi que de vulgaires mutins qui ont pris en otage tout un pays ; des êtres indignes qui n’ont pas un passé honorable ; ils sont complexés par la gloire de la guerre de libération qu’ils ont combattue dès les premières heures de la révolution mais surtout après l’indépendance. Rien ne sert de les insulter car tout compte fait, ils ne méritent même pas qu’on les insulte, l’histoire et le peuple n’oublieront jamais ceux qui ont trahi.
Aujourd’hui des fortunes colossales fleurissent ici et là, et l’on comprend mieux à qui la crise a profité. En un mot, pour que le peuple saisisse les raisons de cette tragédie, il suffit de voir ce qui se passe sur la scène économique du pays, les terres agricoles sont redistribuées, les usines les plus grandioses rachetées au dinar symbolique, et même Sonatrach n’échappe pas au sort réservé à tout ce qui peut représenter une source de revenu. Tout a été savamment inventorié et partagé entre ceux qui ont plongé l’Algérie dans le deuil.

Je suis convaincu que rien ne peut arrêter la détermination des hommes intègres, des Rdjels ; les vrais, et rien ne peut non plus venir à bout de la colère du peuple qui brûlera tout sur son chemin.

Avec mon modeste témoignage je voudrais dire à mes compagnons au sein de l’ANP et à tout le personnel militaire que le jour où il faudra rendre des comptes est proche, et même si les généraux coupables essayent vainement de faire pression sur nos familles ou sur nos proches pour nous faire taire ou nous acheter, rien n’empêchera l’Algérie qui a enfanté les héros de novembre de donner d’autres vaillants pour qu’ils purifient l’Algérie de la salissure à commencer par celle qui souille notre glorieuse institution militaire.

 

Le Commandant Abdelkader Zitouni

 

 

mohamedsamraoui dans DRS(39)

Témoignage

Du Colonel

Mohamed Samraoui

dit Lahbib

 

CESSEZ VOS MENSONGES GENERAL.

Décidément le général Khaled Nezzar a du culot !

Après l’humiliation parisienne subie le 05 juillet 2002 lors de son procès face au sous-lieutenant Habib Souaïdia (déboire qu’il a essayé de transformer en grande victoire), notre fameux général  » déserteur de l’armée française « , venu sois-disant laver l’honneur de l’ANP ( lui qui n’a plus d’honneur depuis 1955 lorsqu’il s’était engagé dans les rangs de l’armée coloniale pour combattre les Algériens épris de justice et d’indépendance ) a raté, une nouvelle fois, une bonne occasion de se taire !

Lui qui est venu à Paris en grande pompe pour défendre l’honneur de l’ANP, a été incapable de défendre son propre honneur, lorsque Ali Kafi l’a publiquement traité de traître, de fils de traître et d’assassin : Un bel exemple de courage et de bravoure mon général !

Mais du courage général, vous n’en avez que devant ceux qui sont  » désarmés  » face à votre propagande mensongère.

Non content d’être l’un des principaux responsables de la décennie rouge (200.000 morts, 16.000 internés, 8.000 disparus, 500.000 exilés, 1.200.000 personnes déplacées, sans parler de la situation économique et sociale lamentable…etc.), le général se met à écrire et multiplier les conférences de presse en vue de s’approprier l’histoire comme il a confisqué le pays et ses richesses. Evidemment il ne donne que sa version, celle d’un faussaire, celle d’un imposteur qui cherche à masquer ses crimes et ceux de ses compères « DAF » en se dissimulant derrière la fable du  » sauvetage de la république menacée par le péril intégriste ! « 

Sa dernière sortie médiatique du 22 septembre 2002, illustre de manière éclatante la conception de la démocratie chez le général Khaled Nezzar. Pour lui, seule l’opposition de « paille » est tolérée en Algérie. Les vrais opposants qui défendent l’Algérie, n’ont droit eux qu’à la prison ou aux cercueils et dans le meilleur des cas à l’exil . Est-ce une raison suffisante pour les diffamer et leur jeter l’opprobre ?
Les accuser de traîtres parce qu’ils ont eu le courage de dire NON à votre dérive mafieuse ? Admirez le résultat de votre sauvetage général! Vous pouvez en tirer une immense fierté !
L’impunité dont vous jouissez en Algérie vous permet de tenir des propos outrageants et outranciers à l’encontre des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Algérie indépendante, confirmant ainsi le mépris que vous avez toujours eu pour la classe politique et vos collègues généraux, que vous avez qualifiés durant le procès respectivement de  » cheptel  » et  » d’analphabètes « .

Pourquoi portez-vous des attaques virulentes contre Mouloud Hamrouche ? Est ce parce qu’il est fils de chahid et que vous êtes fils de harki ou bien parce que ses reformes ont mis à nu les circuits parasitaires qui gangrénaient ( et rongent toujours aujourd’hui ) l’économie du pays et qui profitaient aux  » copains « ?
Je ne suis l’avocat de personne, mais force est de constater que vous n’attaquez que les gens honnêtes, ceux qui sont propres et intègres, jamais les mafieux comme vous! Je vous met au défi de citer une seule affaire de malversation ou de concussion impliquant Mouloud Hamrouche ou Ghazi Hidouci ?

Vous avez osé dire que je fus épargné par pitié pour mes enfants…. Depuis quand la pitié fait-elle partie de vos mœurs ? Vous qui n’hésitez pas à bombarder des jeunes algériens avec du napalm, à massacrer des familles entières, à dynamiter des chaumières et à égorger des bébés, des femmes et des vieillards.

Quel crédit donner à ce général dont le peuple algérien a pu entrevoir avec répulsion le vrai visage lors du procès intenté à un pauvre sous-lieutenant?

Dans la bouche de ce pâle général, comme dans celles de ses avatars, de ses esclaves et sous la plume de ses nègres , les mots n’ont plus de sens. Dans le système du mensonge, du sang et du pillage, tout les repères sont inversés : Les honnêtes gens sont des traîtres et les criminels sont des héros… !

Donc, à mon avis, la juste réponse à ce général doit d’abord relever du mépris : on ne dialogue pas avec un individu aussi peu recommandable ! L’indécent spectacle que ce soudard déguisé en général a donné lors du procès parisien aurait mérité une expertise psychiatrique.


Général… . Encore un mot qui a perdu son sens en Algérie.
Ailleurs grand titre de chefs militaires ; chez nous ce grade est celui de l’infamie et de l’indignité; celui de la salissure et de l’opprobre, celui gagné (pour certains) dans les  » grandes batailles  » de Bentalha, Rais, Relizane, Beni Messous,… !

Au lieu de se murer dans le silence et faute de trouver le courage de se suicider, (ce qu’un officier digne de ce nom aurait du entreprendre tant l’atteinte à l’honneur est irréparable) ;Khaled Nezzar, ce soi-disant général incapable d’énoncer trois phrases cohérentes, s’exhibe en compagnie de sa cohorte de témoins de troisième zone qui ont fini par couvrir de ridicule cette organisation de rentiers et de criminels qui tient lieu de système.
Mais que connaît-il de l’honneur, ce mafieux affublé des oripeaux du général qu’il ne sera jamais?

Un livre, encore un autre, écrit par une plume servile; mais cette gesticulation littéraire est condamnée au même sort que toutes les démarches mercenaires : le néant de l’indifférence. Qui attache le moindre prix aux balivernes de ces psychopathes? Paradoxalement, les insultes sont le seul compliment que l’infamie peut produire.

Général Nezzar, si vous n’avez pas compris que le peuple algérien vous vomit, je vous invite alors à marcher dans les rues d’Alger sans escorte, ou alors à fonder un parti politique afin de pouvoir apprécier à sa juste valeur la popularité du  » sauveur de l’Algérie  » que vous croyez etre . Le verdict des urnes sera sans appel et il est à parier que même les plumitifs qui vous entourent se déroberont. Retenez bien ce vieil adage pour les jours qui vous restent général :  » Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute « .

 

Le Colonel Mohamed Samraoui dit Lahbib

 

hasniabdelhamid

Témoignage

Du Commandant

Abdelhamid Hasni

 

 

Je ne veux plus me taire.

La complexité du conflit Algéro-Algérien tient pour une grande partie à l’histoire même de l’Algérie. Cette histoire que l’on a toujours évité d’écrire pour ne pas soulever les tabous, pour ne pas compromettre nombre de dirigeants toujours au pouvoir !

Le grand paradoxe du drame de l’Algérie tient également à cet occident qui a si bien toléré et fermé les yeux devant l’interruption brutale des élections de 1992, mais aussi et surtout devant toute la violence et la brutalité qui s’en ai suivi.
Il tient aussi à nous, parce qu’il ne s’agit pas de se demander si nous sommes manipulés ou pas, puisque la réponse est malheureusement affirmative, mais il s’agit désormais de comprendre comment sommes-nous mentalement influencés, contrôlés et conditionnés par nos chefs?

L’Algérie est-elle devenue orpheline ?
Est-elle devenue stérile ?

Est-ce que ceux qui auraient pu se battre pour elle et la sauver, ont-ils choisi le chemin de l’exil ou sont-ils trop occupés à survivre tant bien que mal devant la cherté de la vie, multipliant les emplois et les combines en tout genre pour garantir la nourriture et les besoins de leurs familles ?
Comment avons-nous fini si bas ?
Est ce la faute aux hommes dignes qui ont baissé les bras ?

Est ce la faute des intellectuels de salon qui connaissent une aliénation chronique et qui sont nourris d’un sentiment de rejet et de mépris ?

Est ce la faute aux enfants souffrant de malnutrition, déscolarisés et envoyés par leurs parents pour mendier, pour vendre des cigarettes ou des sachets dans les ruelles des marchés en quête de quelques sous en plus.

Est ce la faute de notre société devenue fataliste, une société où domine l’absence d’espoir, où la colère et la violence sont devenues le seul mode de communication ?

Est ce la faute au pouvoir pernicieux, mené par des médiocres, entourés de médiocres, n’engendrant que la médiocrité, la haine et le mépris ?

Est ce à cause du pétrole, cette richesse naturelle, ce don de Dieu devenu une malédiction ?

Les réponses à toutes ces questions nous les trouverons certainement en nous même, pour vue que nous soyons assez courageux et assez honnête pour nous confronter à nos actes.
Appauvris, asservis, et réduits à l’état de bêtes, nous militaires de seconde classe formions véritablement le terrain propice à la destruction de l’Algérie. Nous formions ce creuset de chair à canon pas vraiment chère et disponible d’où les généraux ont puisé et puisent toujours la force de leur survie.

La vie est-elle vraiment si chère pour qu’on accepte de devenir si peu cher? Pour persister dans un silence implacable à accepter d’être guider par des bourreaux vers un abattoir certain ?
Une vie aussi indigne vaut-elle vraiment ce sacrifice, ce silence et cette honte que nous porterons pour toujours?

Les événements d’octobre 1988 ont été pour moi le déclic, dès lors que j’ai vu des enfants froidement abattus, je commençais à prendre conscience des enjeux et des réalités autour de moi. Je découvrais le système sous un autre aspect tout à fait inconnu.

Les événements qui ont suivi, ceux de 1991 et 1992 m’ont confirmé et m’ont donné la conviction que je m’engouffrais dans un engrenage et dans une tourmente qui ne faisaient malheureusement que commencer. J’avais pitié de moi-même et je me haïssais en même temps et malgré moi je devenais l’otage de ce système pour qui nous officiers sommes devenus la rançon de sa perpétuité.

Nous officiers qui sommes sous le drapeau, nous nous sommes laissés faire, nous nous sommes laissés entraîner, nous nous sommes laissés impliquer dans une guerre dégoûtante, une guerre sans honneur que nos chefs ont déclenché sous prétexte de défendre ce même drapeau!

Nous sommes devenus au fil des jours des marginaux dans notre société et pis encore, je ne comprenais plus comment d’un état d’exhibition durant les années 1980 nous sommes arrivés au stade où aucun officier n’osait se rendre à son travail en tenue militaire !

Je lisais la haine dans le regard de la société ; et même mes amis proches, des amis d’enfance, ont pris leur distance et ont décidé de m’éviter. Moi, j’étais toujours le même, je n’avais pas construit de villa et je ne conduisais pas un véhicule neuf. Bien au contraire, faisant partie de la grande majorité qui constitue cette grande muette, j’arrivais à peine à joindre les deux bouts à la fin de chaque mois. Ces difficultés se sont répercutés au sein même de ma propre famille. Je m’absentais très souvent, je rentrais chez moi en permission pour une semaine au bout de plus de deux mois d’astreint et finalement je n’arrivais plus à gérer la situation.
Les disputes sont devenues fréquentes et je voyais mes enfants se perdrent au milieu de tout cela. La peur, le mépris et la méfiance et même la panique ont pris place dans ma vie et je me posais la perpétuelle question : Pourquoi ? Nous nous sommes engagés pour servir l’Algérie, construire une nation, poursuivre le combat ; et nous nous sommes retrouvés pris dans un engrenage infernal, immonde.

En tant qu’officier, je n’étais plus convaincu de la légalité de ma mission et au fond de moi je voulais bien souvent trouver du bon sens dans ce que je faisais, du courage pour continuer. Mais à mesure que le temps passait ma lassitude devenait plus grande et mon désarroi plus envahissant par ce que je voyais jour après jour, par ce que j’apprenais et par les mauvaises nouvelles qui faisaient notre quotidien. L’odeur de la mort nous a submergé et à l’annonce de la perte d’un ami ou d’un collègue le silence était de mise et chacun de nous devenait blême !
Pourquoi avions-nous si mal sans oser l’admettre ?
Je n’arrêtais pas de m’interroger sur les raisons de ce mal invisible mais poignant!
Est- ce la peur de mourir…, je me sentais déjà mort, pas dans mon corps mais dans mon âme !
Est ce le grade…, il n’avait déjà aucune importance !
Est-ce la crainte pour mes enfants…, ils avaient déjà honte de révéler que leur père était militaire.

On portait tous et malgré nous l’étiquette de voleurs et d’assassins !

Ne sommes-nous pas réellement ce bâton dans la main d’une bande avide de sang ne pensant qu’à ses intérêts hypocrites et malsains ?
Que seront devenus ces sanguinaires s’ils n’avaient pas trouvé en nous ces âmes faibles, égoïstes et mesquines, qu’ils ont manipulé à leur guise.
Ne sommes-nous pas aussi complices de notre tragédie ?

Oui, nous le sommes par notre silence et notre résignation à survivre dans l’attente de jours meilleurs tout en courant derrière les besoins quotidiens. El gouffa, ce phénomène étrange, magique qui dans toute la hiérarchie militaire et à tous les échelons, prend des proportions différentes, des formes différentes mais toujours dans l’exubérance.
El gouffa, cette obsession qui passionne à chaque niveau, elle va de la simple forme que connaît tout un chacun à d’inestimables présents.
El gouffa cette maladie vicieuse, dès qu’on s’y habitue, on ne peut plus s’en libérer. El gouffa cette fonction qui prime sur tous les grades.

Qui n’a pas été séduit par cette fameuse gouffa ? Elle ne nous coûtait absolument rien. El gouffa a créé un état d’esprit nouveau, nos femmes ne distinguaient plus entre le chef et le subordonné. Que pouvait répondre cet officier à sa femme qui lui demandait s’il serait enfin promu adjudant, faisant allusion à son voisin, qui d’après elle, ramenait chaque soir chez lui « koul kheir ».
El gouffa est devenue un critère de promotion au grade supérieur, sinon comment expliquer, ce colonel, commandant une division blindée (devenu général récemment) faire des colis à son chef supérieur en l’occurrence le commandant des forces terrestres et en désignant un officier pour cette mission ; c’était selon la saison, une fois du miel d’abeilles, une autre fois de l’huile d’olive, des amandes… etc.

El gouffa on la voyait chaque jour sortir bien garni des casernes vers des destinations diverses et variées, le soir dans les même casernes, la troupe (les soldats) rentrait de sa permission de spectacle (pour quelques heures) munie de toutes sortes de sachets pleins de nourriture. Quel est l’officier qui devant ce spectacle aussi désolant aussi déshonorant, ne baissait pas les yeux, n’osant même pas regarder en face une vérité aussi crue.
Cette troupe qui ne mangeait pas à sa faim, est contrainte à aller s’approvisionner à l’extérieur et à ses frais. Lequel parmi nous n’est pas conscient que l’on a toujours mangé et fait manger ( d’une manière ou d’une autre) à nos enfants du  » haram « ! On continue toujours à le faire et malheureusement on est devenu esclave de cette maudite gouffa.

Quel est l’officier qui a eu le courage de dire non, basta ! Et advient que pourra. Non, on a préféré pour la majorité jouer le jeu et par notre bassesse on s’est encore une fois laissé faire, alors qu’au somment du commandement c’est toute l’Algérie qui est mise sur la table et devisée, une proie de toutes les convoitises.

Pour quoi continuer de se taire alors ? Est ce de peur de se retrouver éloigné de ses enfants, mais que pouvait-on encore perdre, on avait déjà tout perdu, même nos âmes que l’on a vendu au diable.
Je me demandais s’il restait en nous un brin de fierté, oserions nous nous regarder droit, en face, devant un miroir et se dire que nous sommes des hommes ; rentrer le soir chez soi jouer le  » macho « , quelle honte!

Je ne peux dire que j’ai fait ce que je devais faire mais je reconnais que je suis soulagé de pouvoir crier et dire que malgré tout j’ai fini par dire non…Je refuse de faire partie de ceux qui coupent les arbres de la forêt pour en faire des cercueils…je refuse d’obéire a des généraux qui dépouillent les cadavres et battissent les fortunes…Je refuse de me taire car comme dit notre proverbe :  » Ma yenfaa ghire assah  » et pour moi assah c’est el bled.

Puissent nos enfants nous pardonner ce que nous avons fait de l’Algérie.
Puissent les mères de l’Algérie nous pardonner notre silence, notre égoïsme, nos indifférences, nos complicités et nos compromissions accablantes.

L’histoire ne pardonne jamais !
Le Commandant Abdelhamid Hasni

 

elgasmiredouan

Témoignage

Du Lt-Colonel

Redouane Elgasmi

 

 

Pour l’honneur de l’Algérie et la gloire de son nom.

Je ne sais pas comment un tel jour est arrivé ; ce jour où il fallait que je prenne la décision de dire :  » non !  » Je n’ai jamais pu imaginer, un seul instant depuis la date de mon engagement au sein des rangs de l’Armée Nationale Populaire, que le moment viendrait où je serai aussi malheureux et révolté par tout ce que j’ai vu au siége du MDN durant cette décennie.
Moi qui n’ai jamais discuté un ordre (ceux qui me connaissent depuis longtemps peuvent témoigner des mes états de service), je suis arrivé au stade où je ne pouvais plus suivre les instructions que je recevais ni les notes de services qui me parvenaient, tellement elles étaient contraires avec ma déontologie de militaire vu que mon engagement au sein de l’ANP a toujours eu un seul et unique but : servir l’Algérie de toute mon âme.

Je découvre qu’il est difficile d’interpréter mon chagrin et ma déception tant il est pénible de trouver les mots qui puissent traduire fidèlement le sentiment de rage et le bouleversement provoqué par le déchirement intérieur des années passées à cautionner ce qu’il conviendrait d’appeler justement une mafia institutionnalisée.

Je me suis rendu compte au fil des jours que je devenais étranger dans un milieu qui n’avait rien à voir avec l’institution vertueuse que j’ai connu, il y a fort longtemps.
Au fond de moi, les incompréhensions se sont entassées et ont amené le doute, et le doute a généré les interrogations, un enfer qui n’en finissait pas. Comme beaucoup d’autres officiers qui ont été dans mon cas et qui ne pouvaient rester sourds à leurs consciences, je me devais de faire quelque chose pour mettre fin à la controverse qui me rongeait et chasser la malédiction infernale qui s’abat sur mon pays !
Je voulais en fin de compte surtout comprendre qui sommes-nous, la nature de notre mission en tant qu’officiers d’élite et où allait l’Algérie ? Il est vrai que nous avions depuis bien longtemps appris à obéir les yeux fermés, mais au fond de moi après des années de loyaux services tout sonnait faux ; rien de ce que je faisais ne pouvait en aucune façon que se soit servir mon pays ou rendre son peuple plus heureux, la preuve est le résultat au jour d’aujourd’hui, une réalité dure qui est une complète négation de ce qui a fait la gloire de notre révolution!

Je ne sais pas comment je pourrais rendre compte à mon peuple, je ne sais pas comment je pourrais expliquer ce qui est arrivé. Je ne trouve pas d’excuses, ni d’arguments pour convaincre ceux qui m’entourent que ce que nous avons entrepris n’avait qu’un objectif : la sauvegarde de l’Etat ! J’ai souvent vu des officiers fuir leurs responsabilités en les diluant dans le tas général de la basse besogne ; j’ai vu les gens changer pour devenir en fin de compte des loques humaines, des machines à tuer, des engins de la mort pour qui la parole du commandement est plus sacrée que la loi divine ; J’ai vu des principes bafoués, une Algérie changée, une armée trahie par ses chefs, mais par-dessus tout une Algérie meurtrie et un peuple pris en otage !

Ce qui est sûr, c’est que je ne pourrais jamais adopter l’attitude lâche pour dire que c’est la faute aux autres, trop facile et trop simpliste à la fois ! Je peux affirmer que sommes tous responsables, nous sommes tous complices, nous sommes tous coupables! Nous avons tous contribué, chacun selon son degré de responsabilité, à la perte de l’Algérie.

Je crois avec la certitude la plus tenace, que bien des vies auraient pu être épargnées si le commandement avait fait preuve de sagesse surtout durant les premiers moments critiques qui auraient fait toute la différence. Mais en tant que militaires, si nous avons failli à notre mission, c’est par ce que le commandement a failli, ce commandement qui n’a jamais été à la hauteur. Oui nous avons failli, contrairement a ce que tente de faire croire le chef d’Etat major ; nous avons failli à rendre l’Algérie meilleure ; nous avons failli à rendre l’Algérie prospère ; nous avons failli à semer l’esprit de novembre dans les générations qui vont bâtir l’ANP de demain.

Le courage nécessaire qu’il m’a fallu pour témoigner de ce qui s’est passé en Algérie, je l’ai puisé dans ce que j’ai vécu durant mon service ; je l’ai appris dans les regards de ceux qui ont souffert, de ceux qui ont payé chèrement l’incompétence d’un commandement qui n’a qu’un seul objectif : Rester au pouvoir et s’enrichir le plus possible.

Je voudrais tellement savoir qui de nos chefs accepte d’endosser à lui tout seul les conséquences de la catastrophe qui a détruit le pays ? Qui va oser léguer une telle feuille de route pour les générations futures ?

Je ne pouvais pas tourner le dos comme beaucoup et dire que le pays ne compte pas plus que ma personne ! Même avec le silence le plus lourd et le plus tranchant beaucoup d’officiers veulent une Algérie meilleure où il fait bon vivre et non mourir ; une Algérie où la cupidité des hommes s’efface devant la justice et l’intérêt général. Ces officiers sont très nombreux et condamnent fermement ce qui se passe, mais comme beaucoup d’autres avant eux ont perdu leurs vies en faisant la même chose, ces voix qui condamnent restent muettes en attendant le jour  » J  » pour libérer les cris qui s’enfouissent et les étouffent.


La lutte contre le terrorisme que nous avons mené n’a pas été des plus propres et les méthodes engagées à ce but étaient pires que ce que je pouvais imaginer. Quand j’ai vu le certificat de réception des cinq milles barils de Napalm, je suis resté sidéré ; rien que le mot : Napalm sur le document avait soulevé tout un chapitre de l’histoire qu’on m’a minutieusement appris!
Le comble c’est que je me suis rendu compte que nous avons créé des menaces là où il n’y en a jamais eu. Des leurres et des arguments nécessaires au commandement pour des besoins tactiques que nous ignorions !

Après avoir suivi la conférence de presse du chef d’Etat major Mohamed Lamari le 02 juillet je me suis longuement demandé :

Pourquoi les généraux veulent-ils à tout prix assimiler systématiquement toutes les accusations qui sont portées contre eux comme des attaques contre l’institution militaire ?

Pourquoi se vouent-ils, avec une férocité extraordinaire, à faire admettre que l’honneur de l’Algérie est intimement lié aux leurs ?

Pourquoi croient-ils qu’ils sont des êtres liturgiques qu’il faut adorer, vénérer et auxquels il ne faut rien reprocher sous peine de tomber dans la disgrâce et l’incrédulité.

Avec mon expérience je peux dire, qu’à force d’impunités cumulées, de crimes impunis et de libertés infinies, ces généraux ont fini par croire qu’ils sont incontestablement au-dessus de la loi, pis encore que nous-même officiers sont à leurs ordres tels des chiens aux pieds de leurs maîtres !

Ce qui est certain, c’est que le terrorisme  » dont Lamari parle  » ne disparaîtra que lorsque les généraux responsables de cette catastrophe seront bannis de l’ANP. Coupables à plus d’un titre pour ce qui arrive en Algérie, il ne pourra y avoir aucune solution, tant sur le plan politique que sécuritaire aussi longtemps qu’ils resteront en fonction.
Il ne fait plus aucun doute au jour d’aujourd’hui que les masques sont tombés et que toutes les stratégies démoniaques mises sur pied par le  » cabinet noir  » n’ont eu qu’un seul et unique objectif : Amasser les fortunes et construire les empires sans rendre des comptes.

J’ai vu, dès le début, comment la violence a été instrumentalisée ( l’attentat de l’aéroport Houari Boumediene étant un exemple flagrant), le GIA qui reçoit toujours ses ordres des officiers du DRS qui l’ont créé, reste une arme redoutable et un paravent infaillible pour la soumission et la servilité du peuple algérien. Avec leur GIA, les bourreaux prennent en otage toute une nation qu’ils déchirent à chaque fois que des voix se lèvent pour réclamer la liberté et dénoncer les abus.

Tous les experts militaires ( même ceux que le commandement a chargé de faire des études stratégiques sur-le-champ au début des années 90) s’accordent à dire que: Quand on a à faire à un nombre aussi élevé de terroristes ( 27 000) on n’a plus à faire au terrorisme conventionnel mais à une révolution armée en bonne et due forme ! En 1992 il y’avait à peine quelques centaines d’éléments répertoriés dangereux par les services du DRS sur tout le territoire national. Les 27 milles terroristes dont Mohamed Lamari parle, ne sont pas tombés du ciel, ils ont été expertement constitués et soigneusement entretenus par les cercles occultes qui avaient besoin d’un alibi solide afin de mener à bien leurs plans.

 » Le terrorisme est vaincu mais l’intégrisme est intact  » ! Une déclaration de guerre en bonne et due forme contre le peuple algérien. Mohamed Lamari qui ordonne toujours à ses égorgeurs de lui rapporter les têtes de ses ennemis étale au grand jour ses convictions et plaide sans aucun scrupule pour l’éradication tout azimut.

Le peuple algérien est un peuple intégriste, dans son éducation, dans son travail, bref dans sa vie de tous les jours. C’est l’intégrisme du peuple algérien qui a donné la révolution de novembre, c’est l’intégrisme du peuple algérien qui a fait des miracles, c’est l’intégrisme du peuple algérien qui a permis à un ex. sous-officier de l’armée française de devenir chef d’Etat major de l’ANP !

Que reste-t-il de l’Algérie des grandes valeurs de la révolution de novembre ?
Que reste-t-il de l’Algérie des grands rêves qui ont disparu avec les martyrs ?
Que reste-t-il de l’Algérie des valeurs qu’on nous a méticuleusement inoculé ?
Que reste-t-il de l’Algérie ? Un peuple candidat à l’exil ; un peuple déshonoré, humilié, meurtri.

Aujourd’hui, Mohamed Lamari souhaiterait un peuple sur mesure, il veut éliminer toute la population algérienne et la remplacer avec une masse à sa convenance et à sa guise. Benthalha, Raïs, Beni-Messous ne sont tout compte fait que le commencement d’un génocide qui n’a rien à envier à celui de Pol Pot !
L’utopie meurtrière de Lamari et de ses compères a mené le pays vers le fossé, vers le chaos. Je n’ai plus aucun doute que d’ici peu nous allons voir apparaître de nouveaux colons puisque tout est à vendre, tout a été bradé ! Même les terres agricoles ont été pillées, ce qui a donné lieu à de nouveaux khemass, une Algérie d’un autre âge où l’algérien est un étranger sur sa terre.


Où vas cette Algérie ? Est-ce que les responsables sont conscients du chaos qui y règne ?

Ma conviction est que rien ne pourra changer tant que les racines du mal resteront encrées dans les institutions de l’Etat. Ni Bouteflika, ni même un autre président ne pourront apporter l’apaisement, car les vrais détenteurs du pouvoir sont ailleurs !

Il appartient aux hommes qui n’ont jamais viré et n’ont jamais oublié leur raison d’être au sein de l’ANP de créer le changement et ramener la paix à n’importe quel prix !

Le Lt-Colonel Redouan Elgasmi

 

ahmedchouchen

Témoignage

Du Capitaine

Ahmed Chouchen

 

 

L’ancien ministre de la Défense n’aurait jamais dû se risquer en portant plainte contre le sous-lieutenant Habib Souaïdia devant un tribunal français, sachant que des milliers de victimes de la tragédie sont exilés dans le monde. Ces expatriés ont supporté en silence l’injustice et l’oppression du pouvoir avec patience et l’atteinte à leur réputation et leur honneur durant des années est tell qu’au point d’encourager les gouvernements étrangers à leur tour à les chasser et à les emprisonner injustement. L’ex. Ministre de la Défense aurait dû, au moins, faire semblant et assumer les allégations de Souaïdia et les considérer comme sa part du mal et son lot de la catastrophe qui a frappé l’Algérie. Mais ceux qui entourent et conseillent l’ex. Ministre ne sont pas ceux qui souffrent de ce qui se passe en Algérie; aussi, ils ont pensé que ce procès renforcerait leur pouvoir et leur ouvrira le domaine de la pratique de l’assujettissement et de la Hogra en dehors des frontières algériennes. Mais ce que ces irresponsables conseillés ne veulent pas comprendre, c’est que ceux qui ont refusé de s’impliquer dans les massacres et qui ont renoncé à leurs droits légitimes et ont préféré l’exil à la confrontation sanglante avec les fils de leur pays, ces hommes-là, ne sont ni des incapables ni des lâches, mais ils sont plus forts dans la confrontation et plus solides devant la vérité que ceux impliqués dans les bains de sang. Aussi et sur cette seule base, ont intervenu les témoins algériens en faveur de Souaïdia. Durant ce procès les témoins de la défense étaient tous unanimes malgré les différences dans leur appartenance politique, leur profession, leur âge et leur culture. Ils ont dit d’une seule voix : non à la falsification de l’histoire et non à la politique du fait accompli.

Le ministre de la défense est arrivé au tribunal accompagné du Premier Ministre et entouré de quelques ministres et de semblants de ministres ; chacun apportant avec lui, des copies de dossiers de l’Etat algérien. Ce show officiel a transformé l’affaire en un jugement de tout le système algérien. Les témoins de Nezzar ont essayé de démontrer que la décision du commandement d’arrêter le processus électoral et de pousser le Président de la République à la démission avec toutes ses conséquences, comme les arrestations arbitraires et les sanctions collectives, étaient des procédures légales et constitutionnelles. Ce sont là des propos que personne ne peut croire à plus forte raison un tribunal fondé sur la démocratie. Ceci a fait dire à un avocat s’adressant au Premier Ministre :  » Votre constitution permet-elle d’arrêter les citoyens, de les torturer et de les emprisonner durant trois ans puis les libérer sans jugement, ni vérification des raisons de leur arrestation ? Vous n’avez pas honte de reconnaître tout cela sans dire que tu regrettes les victimes et vous prétendez que vous défendez la démocratie ? « 

Quant au ministre de la défense et en voulant se défendant, il a terni la réputation de ses collègues et même ex. Chefs (comme le general Mohamed Attailia), les généraux algériens, en disant qu’ils sont des analphabètes et ne comprennent rien du tout, bien que certains soient plus anciens que lui dans l’armée et plus gradés, ce qui a fait dire à l’un des avocats en s’adressant au tribunal :  » regardez le niveau des généraux qui ont décidé de l’avenir de l’Algérie. « 

Les insultes de Nezzar ne se sont pas limitées aux généraux, mais elles ont touché toute la classe politique algérienne sans exception quand il les a qualifié de  » cheptel « . Ceux qui ont terni la réputation de l’Algérie dans ce procès sont ceux qui ont accompagné Nezzar en voulant se dérober de leur responsabilité au détriment des institutions de l’Etat – de la Présidence à la classe politique.
Quant aux interventions des témoins de la défense, elles étaient axées sur la gravité des décisions prises par le commandement militaire en janvier 1992 et les dérapages qui ont suivi conduisant le pays à la situation tragique que nous vivons aujourd’hui. Ils ont exigé de Nezzar de ne pas se dérober de sa responsabilité en tant que premier responsable militaire en présentant des exemples réels démontrant que les décisions citées ci-dessus étaient prises en toute connaissance de cause malgré les multiples appels et les avertissements répétées de la part d’Algériens sincères.

Je me limite ici à la reproduction, en toute fidélité, de mon intervention personnelle en tant que l’un des témoins de la défense. J’ai demandé à parler en arabe mais eu raison du faible niveau du traducteur, on m’a demandé de parler en français et c’est ce que j’ai fait :

Je me suis présenté succinctement et j’ai exposé, selon les questions des avocats, les points suivants :

1 – les raisons de mon arrestation le 3 mars 1992 et ma correspondance avec le ministre de la Défense

La vraie raison de mon arrestation est la conviction du commandement que ma présence menaçait leur projet de confrontation armée contre la majorité du peuple, projet contre lequel je me suis opposé publiquement et à haute voix. Mais la cause directe est que beaucoup d’officiers et de sous-officiers étaient très irrités par les décisions du commandement et de leurs conséquences ; à savoir l’oppression de la majorité du peuple au point où ces militaires ont voulu assassiner le commandement militaire pour lever l’injustice. En effet, et en raison de ma bonne réputation dans l’armée et de la confiance dont je jouis parmi les officiers et les sous-officiers notamment au sein des forces spéciales, des dizaines de militaires m’ont dévoilé leurs intentions et ont demandé mon avis sur la question.
Bien que j’étais persuadé de la légitimité de leurs intentions, je ne pensais pas que l’assassinat du commandement réglerait le problème ; Alors, je les leurs ai conseillé de ne pas y penser. Aussi, aucun militaire, parmi ceux que je connaissais, n’a tenté quoi que se soit et personne n’a eu connaissance de ce qui s’est passé qu’après notre arrestation le 3 mars 1992.

Malgré que j’ai signé un procès-verbal d’interrogation m’imputant de grave accusations parmi lesquelles : L’atteinte à la sécurité de l’Etat, la constitution d’une armée secrète au sein de l’Armée Nationale Populaire et la division du territoire national,… etc. j’ai écris de ma prison, au ministre de la Défense Khaled Nezzar lui confirmant mon refus des décisions prises par le commandement et relatives à la destitution du Président, à l’arrêt du processus électoral et à l’implication de l’armée nationale populaire dans la confrontation armée contre le peuple.
J’ai présenté les arguments et les exemples qui montraient que ces décisions conduiraient l’Algérie à une réelle catastrophe et que personne ne pourrait maîtriser les dérapages qui y découleraient et que l’armée n’est pas qualifiée pour réaliser la folle ambition du commandement. J’ai conseillé Khaled Nezzar de revoir ses décisions et de coopérer avec les sages afin de trouver une solution à la crise ; à la fin, je l’ai rendu totalement responsable des conséquences de ses décisions, au présent et au futur s’il ne révise pas ces décisions.

Aujourd’hui, je ne suis pas là pour juger quiconque ou porter atteinte à sa réputation, mais je suis là pour exiger de monsieur le ministre de la défense de prendre ses responsabilités avec le même courage avec lequel il a pris ses graves décisions qui nous ont conduit à la situation tragique que nous vivons. Je luis dis aussi, que votre prétention de sauver l’Algérie de ce qui est pire ne vous dégage pas de votre responsabilité de ce qui s’est passé. J’ai discuté le contenu de ma lettre, un mois après son écriture, avec le général-major, Gaïd Salah, commandant de la troisième région militaire, et avec une délégation sous la présidence du chef d’état-major, le général-major Guénaïzia, à la prison militaire de Bechar tout en étant convaincu que le commandant Ben Djerrou Dhib Djabbalah qui a pris la lettre, l’avait remise à monsieur le ministre de la défense à l’époque parce que ce dernier supervisait personnellement mon affaire et je ne pense pas que monsieur le ministre démente cela (en effet, le ministre n’avait fait aucun commentaire).


2 – Les événements de Bérrouaguia

Je considère ce qui s’est passé dans la prison de Bérrouaguia est un crime caractérisé contre l’humanité, exécuté par un groupe des forces d’intervention spéciale de la gendarmerie. Sous un feu nourri, ce groupe a pris d’assaut le bâtiment dans lequel se sont réunis plus d’un millier de prisonnier et ont tué 50 personnes dont les corps furent, soient brûlés, soient mutilées et ils ont blessé, par balles pas moins de 500 prisonniers. Sans l’intervention du procureur de la République qui s’est mis entre les gendarmes et les prisonniers, la catastrophe aurait été plus grande. Deux avocats m’ont rendu visite, sur autorisation du cabinet de la Présidence et je l’ai informé que ce sont les gendarmes qui ont commis ce massacre et non les prisonniers comme l’a prétendu la télévision algérienne. Les prisonniers furent battus avec des barres de fer durant deux mois. Ceux qui ont exécuté cette opération sont des criminels et personne n’a le droit de justifier ce qu’ils ont fait, sous quelque appellation qu’elle se soit.

C’est là, l’un des aspects des dérapages générés par les décisions du commandement parce qu’elles ont ouvert largement la porte devant les malhonnêtes et les criminels et ont bloqué toutes les issus devant les honnêtes gens parmi le peuple. L’inconscience du commandement en la matière ne le dégage pas de sa responsabilité parce que bien que je n’étais un simple officier j’étais conscient de la gravité de cette affaire.

Il y a un second exemple de dérapages ; il s’agit des événements de Guemmar. Au début, une vingtaine d’adolescents environ ont commis un crime affreux sur un sergent de l’ANP et se sont emparés des armes individuelles du dépôt du poste de garde frontalier à Guemmar. Ces adolescents ont été induits en erreur par un ancien caporal des forces parachutistes. Il est vrai que le crime est affreux et mérite la plus grande sanction et je suis d’accord avec le ministre de la défense sur cette question. Mais que le ministre apparaît personnellement à la télévision et déclare la guerre à toute la région et l’a mis à la merci des groupes des forces spéciales qui humilient des dizaines de milliers de citoyens, volent leurs biens et arrêtent et torturent des centaines de personnes ; des dizaines furent jugés injustement et d’autres innocents condamnés à mort à tort ; En outre et après la récupération des armes volées, 24 adolescents qui ne savent même pas manier les armes, furent assassinés et les corps de certains d’entre eux brûlés et mis dans des sacs de poubelles puis exposés en public. Tout cela ne peut être qualifier que de crime contre l’humanité. J’ai personnellement informé le chef d’état-major de ce qui se passer. Que le ministre de la défense sache que son intervention à la télévision et de cette manière et sa supervision directe des opérations ne peut signifier qu’un feu vert à tous les criminels dans les rangs de l’armée !

3 – l’échec de mon kidnapping de la prison d’El Harrach et les choix du chantage

Ceci est un autre exemple des dérapages auxquels avaient conduit les décisions du commandement. Après avoir purgé ma peine d’emprisonnement décidé par le tribunal militaire et le jour de ma sortie le premier avril 1995, un groupe d’officiers de la sécurité de l’armée (DCSA) m’ont kidnappé de l’intérieur de la prison et ce, après avoir terminé toutes les procédures officielles de sortie ; et si vous consultez le registre de sortie de la prison d’El Harrach, vous trouverez ma signature.
En réalité, je n’avais pas été libéré mais j’étais kidnappé par les mêmes personnes qui ont procédé à mon interrogatoire en 1992 et j’ai subi le même traitement terroriste et m’ont affirmé que je ne sortirai pas vivant (de la caserne du CPMI à Ben Akoun).
Puisque j’étais au courant de la nature criminel de certains services de sécurité, j’ai préparé au préalable un plan de réserve pour faire échec aux actions probables parmi lesquelles mon kidnapping de l’intérieur de la prison. Aussi je me suis mis d’accord avec deux avocats afin qu’ils dévoilent l’opération au moment opportun et c’est ce qui s’est passé exactement ; Ainsi les médias et les organisations des droits de l’homme ont révélé l’affaire du kidnapping et ont demandé l’intervention du Président algérien Liamine Zeroual. Ainsi, Dieu m’a sauvé grâce à ce plan sinon j’aurais été aujourd’hui, au compte des disparus !

Après l’échec du kidnapping, le commandement des services de sécurité a adopté, avec moi, la méthode du chantage. Le général-major, Kamel Abdelrahman lui-même, m’a dit que certains aux seins des services de sécurité ont décidé mon élimination et que je ne peux échapper à cette peine qu’en travaillant sous son autorité personnelle ; et m’a promis une promotion instantanée au grade de colonel et de mettre à ma disposition tout l’argent que je veux. Mais ma réponse était claire : je lui ai dit que j’étais prêt à coopérer avec lui sans aucune contre-partie à condition de revoir leur politique vis-à-vis du peuple sans exception et que l’intérêt de l’Algérie prime sur toute autre chose.

Après la première rencontre, ils m’ont proposé de participer à un projet d’assassinat des chefs du FIS en clandestinité qui ont pris les armes et ils m’ont cité à ce titre: Mohammed Said, Abdelrazak Redjem et Saïd Makhloufi. Je me suis étonné après la citation des cibles en leur disant que ces personnes sont des politiques et ont été forcées de prendre les armes ; et il est possible de trouver, avec eux, des solutions qui préserveront les droits de tous les Algériens et éviteront de faire couler plus de sang. J’ai aussi dis :  » si vous m’avez parlé de l’assassinat de Djamel Zitouni qui a reconnu sa responsabilité dans le massacre des femmes et des enfants, ma mission aurait été plus compréhensible !  »

A ce moment, le colonel Bachir Tartague m’a interrompu avec virulence et m’a dit :  » laisse Zitouni tranquille, il est des nôtres et c’est avec lui désormais que tu travailleras, nous t’organiserons un rendez-vous avec lui.  »

Lorsque la discussion a atteint ce niveau ma stupéfaction était complète et je n’avais d’autre choix que de faire semblant d’accepter toutes les proposions. Je voulais gagner un temps précieux qui allait me permettre de me préparer pour quitter l’Algérie le plutôt possible.
Lorsqu’ils m’ont fixé un rendez-vous avec l’un des intermédiaires afin d’organiser ma rencontre avec Zitouni, je ne suis pas parti au rendez-vous grâce à l’aide d’un avocat. J’ai pu quitter l’Algérie le 19 novembre 1995 par les frontières maliennes. Après un long périple en Afrique de l’ouest je suis arrivé en Grande Bretagne le 19 novembre 1997 où j’ai demandé l’asile politique qui m’a été accordé conformément à la convention internationale de 1951 le 21 juin 1999. Depuis cette date je vis en Grande Bretagne.

Lorsque j’ai terminé mon intervention, le ministre de la défense s’est levé pour commenter mon témoignage et a dit :
 » Je connais le capitane Chouchane et je le respecte et je respecte ses convictions. Je pense que je l’ai désigné dans une commission militaire de grande importance si je ne me trompe pas, mais je sais aussi qu’il est un islamiste convaincu et adopte le discours des islamistes. En ce qui concerne son affaire, j’ai été informé qu’il a eu des contacts, en avril et en mai 1991, avec Saïd Makhloufi et Abdelkader Chebouti ; ces derniers avaient constitué des organisations islamiques armées et a reconnu devant le juge d’instruction qu’il a reçu des ordres de la direction du FIS pour observer l’attitude de l’armée. Quant à l’affaire de Guemmar, je ne sais d’où Chouchane a ramené ses chiffres, parce qu’on a perdu sept militaires et non un et les personnes sanctionnées étaient des éléments dangereux ; et l’implication du FIS, d’une manière ou d’une autre, était claire. De même, le MAOL, appartenant aux islamistes, diffuse des informations sur l’armée sans même connaître les prérogatives des membres du commandement militaire ; Moi, je les connais, qu’ils se mettent en rang pour les compter, ils ne dépasseront même pas le nombre des doigts de la main. « 

C’était là, l’intervention du ministre pour commenter mon témoignage.

On m’a accordé quelques minutes pour lui répondre et j’ai dit :  » Je ne sais pas pourquoi, le ministre a parlé de mes contacts avec Saïd Makhloufi et Abdelkader Chebouti, mais je confirme ma rencontre avec ces deux citoyens algériens à l’instar des autres officiers et sous-officiers ; l’objectif de la rencontre était légitime ; en effet, le déploiement des forces armées sur tout le territoire national, sa mise en état d’alerte maximum et les provocations que subissent les citoyens ont fait craindre à beaucoup d’entre eux, que l’armée commet des massacres comme ceux subis par les islamistes en Syrie, en Egypte et en Irak. Si nous, les militaires, nous étions mécontents du comportement agressif du commandement, les islamistes ont plus de raisons d’avoir peur. Aussi ils nous ont contacté pour s’assurer les intentions non criminelles du commandement militaire, je leur ai confirmé que je ne prendrais pas les armes contre un Algérien civil et qu’ils ne devraient pas devancer les événements et de respecter les ordres de la direction politique. Ces rencontres avaient permis d’éviter de couler le sang en 1991 et je défie le ministre de la défense et tous les services de sécurité de prouver que Saïd Makhloufi et Abdelkader Chebouti ont accompli une action armée avant mon arrestation le 3 mars 1992. C’est la raison pour laquelle j’ai refusé de coopérer avec les services de sécurité pour arrêter ces deux hommes en 1992 comme j’ai refusé de participer dans le complot de leur assassinat en 1995 parce que je crois qu’ils sont des victimes du despotisme du pouvoir. « 

Là, j’ai terminé mon temps de parole et la séance fut levée.

Je veux continuer, ici, ma réponse au ministre afin de mettre les points sur les i.
En ce qui concerne l’affaire de Guemmar, j’ai parlé des pertes dues au crime lui-même c’est-à-dire un sergent tué et 20 armes volées. Et il était possible de limiter les pertes en vies si l’affaire était traitée dans son contexte local. Mais c’est l’obstination du commandement à mobiliser des sections des différentes armées pour pourchasser des adolescents encerclés, ne sachant pas manier les armes, qui a augmenté le nombre de morts à 60 dont 24 adolescents tués par les forces spéciales et sans qu’aucun soldat ne soit blessé. Quant aux six militaires dont a parlé le ministre, ils étaient tués par leurs collègues par erreur et l’affaire est connue parmi les soldats des forces spéciales ; le ministre ne devrait pas creuser un peu plus cette affaire parce que son odeur sera nauséabonde.
Quant à ma relation avec le MAOL, le ministre sait que je suis très clair et si j’étais membre dans cette organisation, je l’aurai déclaré fièrement, mais je ne suis pas membre et personne ne m’a proposé d’y adhérer jusqu’à maintenant. De même, la nature confidentielle des informations que publie le MAOL n’a pas de relation avec ma spécialité ; je n’ai pas travaillé, durant tout mon service, dans les secrets du commandement de l’armée, mais j’ai rempli mes missions dans le domaine de l’entraînement et des opérations avec les soldats et les officiers et j’ai eu la confiance des chefs et des subalternes jusqu’à mon arrestation, comme vous le savez monsieur le ministre. Malgré cela, je ne cache pas ma relation fraternelle avec certains membres de ce mouvement que j’ai connus lorsque j’ai quitté l’Algérie et qui mérite la plus grande considération et le plus grand respect.

Quant à l’allégation du ministre que le mouvement est de fabrication islamiste, c’est faut sans aucun doute parce qu’il est confirmé qu’il n’adhère pas au projet islamique et ne désire pas coopérer avec les islamistes et ses éléments connus étaient dans le front anti-FIS jusqu’à 1995 avant qu’ils ne découvrent la nature criminelle des décisions du commandement.

Quant à ma relation personnelle avec les islamistes, je confirme qu’elle n’est qu’une relation normale comme toutes mes relations avec les autres Algériens ; Comme je démens catégoriquement ce qu’a prétendu le ministre concernant le fait que je reçois mes ordres de la direction du FIS ! La vérité est que j’ai refusé l’accusation des cheikhs du FIS injustement lorsque j’étais sous la torture ; et si cela était vrai, pourquoi ils ne l’ont pas cité dans les chefs d’accusation contre la direction du FIS et pourtant j’étais en prison lors de leur jugement ? Mais ce que monsieur l’ex. ministre n’a pas dit, c’est que le papier qu’il avait entre les mains lorsqu’il commentait mon témoignage n’était autre qu’une partie du procès-verbal de mon interrogatoire au centre de torture de Ben Akoun en mars 1992.

Il aurait été plus honnête de ramener tout le PV ainsi que la lettre que je lui ai envoyé. Malgré cela, je confirme que ma relation avec le projet islamique est fondée sur une conviction profonde, qui ne souffre d’aucun doute, que c’est le projet idéal pour le bonheur de l’humanité dans la vie ici-bas et dans l’Au-delà ; et je ne suis pas concerné, dans cette attitude par ce qu’adoptent les partis islamiques eux-mêmes ou ce que prétendent les ennemis des islamistes. Si les gens étaient honnêtes et justes, ils découvriront la Vérité. Mais l’ex. ministre de la défense et ses conseillers parient sur les suites du 11 septembre et croient que l’Islam est devenu une accusation dangereuse, aussi il faut coopérer pour pourchasser ceux qui se cachent derrière et c’est la raison pour laquelle ils tournent autour de cette colonne érodée sans arrêt ; En vérité, ils sont plongés dans un mirage dont ils se réveilleront, un jour, car l’homme juste trouvera sa place sur toute la terre de Dieu et pourra vivre avec tous les hommes quelles que soient leurs races et leurs religions tant qu’ils resteront attachés à leur humanité.

Quant aux prétendus sauveurs de l’Algérie, leur problème est qu’ils ne veulent pas vivre en tant que citoyen en Algérie comme tous les Algériens et ne peuvent supporter de vivre en tant que démocrate en Occident comme tous les citoyens occidentaux ; mais ils se sont habitué à vivre en tant que despotes occidentaux dans l’Algérie oppressée et c’est là une situation étrange qui ne peut ni se stabiliser, ni durer et s’ils reviennent à eux, ils sauront que leurs folles ambitions sont la cause du mal qui a touché tout le monde.

En conclusion, j’espère que les Algériens et les Algériennes qui ont choisi la confrontation avec la majorité du peuple révisent leurs positions et arrêtent leur mensonge et leur injustice et tirent les leçons de ce qui s’est passé, sinon la machine de la destruction qu’ils ont conduit en 1992 les écrasera un jour. En ce qui concerne le peuple algérien et quel que soit le nombre de ses victimes, il se relèvera haut et fort avec ses principes inébranlables et sa glorieuse histoire que les hommes d’honneur ont construit à travers ses siècles.

Le Capitaine Ahmed Chouchen

 

samirabdi

Témoignage

Du Capitaine

Samir Abdi

 

 

Au Soldat Algérien.

Il a fallu un courage immense pour que j’ecrive ces lignes qui sont maintenant entre les mains du soldat Algérien…..
Un temoignage devant l’histoire, pour la condamnation de la tyranie des services de securite qui ont atteint les limites les plus incroyables dans leur mepris des vies des citoyens et de leur securite, plongeant ainsi l’Algerie dans le noir d’une nuit sans fin.


En tant qu’officier de l’ANP, je porte une part de responsabilite devant l’histoire et devant le peuple, Car le silence est l’allie le plus fort des forces du mal au sein de l’institution militaire, et la peur est le carburant de cette machine infernale qui moissonne les vies humaines.
Pour cette raison mon temoignage ne met pas en cause seulement un groupe de generaux, mais l’institution militaire toute entiere; c’est parceque les atrocites et les crimes n’ont ete commis qu’apres que ce groupe de generaux ait neglige et bafoue l’ANP et la totalite de ses services de securite.

L’incroyable et le plus honteux vient du fait que tous les massacres et les carnages, sont commis sous la baniere de l’interet de la nation , la preservation de la republique et la lutte anti-terroriste avec la complicite de la dite societe civile et des partis microscopiques.

Le secret des tortionnaires a ete decouvert: n’est-il pas temps de l’arreter et de prendre soin de ce peuple meurtrie, egorge? Est-ce-que les enfants fideles de l’Algerie au sein de l’ANP et les services de securite sont convaincu que le remede vient du refus des faux symboles et le jugement de ceux qui ont enfonce l’Algerie dans cette terrible experience, le seul chemin vers la reconquete de la dignite et de l’honneur vient de la reconciliation nationale, et le retour au peuple qui est seul apte a choisir son destin et ceux qui le gouvernent suivant la loi et la constitution. Est-il temps pour nous de revenir a notre mission essentielle qui est la defense du territoire national et la legalite constitutionnelle.

L’histoire n’est pas clemente, et c’est la raison pour laquelle « avec notre nombre eleve » au sein de l’ANP nous souffrons et regrettons ce qui se passe en Algerie entre meurtres et massacres, et tout cela pour qu’une poignée d’opportunistes (soit visible ou dans les coulisses) puisse durer dans les postes de decisions.
Pour tout cela nous incombons la responsabilite de la crise et ses concequences aux generaux decideurs, car l’argument du terrorisme islamiste « GIA » n’est plus valable et ne satisfait plus personne.
Nous sommes au courant plus que toute autre personne de la realite concernant ce groupe »GIA » fictif et ses limites réelles ainsi que ses capacites a tuer et massacrer des villages entiers.

Ceux qui ont planifie et execute le plus ignoble des projets que le monde Arabe ait vu, sont les memes qui qualifient leurs adversaires de terroristes et d’extremistes.

Est-ce que le soldat Algerien est arrive a un stade où il est suffisamment conçient pour ne plus permettre aux crimes de se reproduire.

Nous l’ésperons !
Le Capitaine Samir Abdi.

 

 

 

 

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La République Torture selon le Maol

Posté par algeriedemocratie le 18 juillet 2009

La République Torture
Par ce que .
Quand trop de sécheresse brûle les cours,
Quand la faim tord trop d’entrailles,
Quand on rentre trop de larmes,
Quand on bâillonne trop de rêves,
Et comme quand on ajoute bois sur bois sur le bûcher,
Enfin, il suffit du bout de bois d’un esclave pour faire dans le ciel de Dieu
Et dans le cour des hommes
Le plus énorme incendie.      « Mouloud Feraoun »

 

 

L’heure des tortionnaires

Qu’il est bien pénible d’aborder le thème de la torture de part et d’autre de la méditerranée, un secret tabou entouré du plus grand silence. Autant de douleur et de souffrance pour les victimes qui réclament à ce jour justice et plus d’embarras et d’humiliation pour ceux qui ont mauvaise conscience ou qui ont pris part à cette pratique.
Longtemps négligé et considéré comme un drame d’envergure limitée, le sujet refait surface par la seule volonté des victimes et remet à l’heure les vieilles pendules. Le devoir de mémoire et de vérité, plus fort que tout, impose de lui-même que l’on aborde ce fléau avec le sérieux qui lui est dû, afin d’établir les responsabilités des uns et des autres et mettre la lumière sur toute la vérité.
Aucun crime ne doit rester impuni, non pas par besoin de vengeance, mais des comptes doivent être rendus avant tout par respect pour la justice et le droit qui doivent régir le monde moderne.

IL est, sans nul doute, embarrassant pour un tortionnaire d’être rattrapé par le temps, mais malgré leurs âges et le temps qui s’est écoulé, les tortionnaires et les criminels de part le monde ne doivent plus se sentir à l’abri de poursuites et oublier leur passé en écoulant des jours heureux.

Qualifier la torture de crime est peu de chose, car cette pratique abjecte, déniée de toute logique, réduit l’homme à son état le plus bestial. La torture reste à cet égard un geste impardonnable, quelles que soient les circonstances de son utilisation et quels qu’en soit les motifs et les résultats, rien ne peut justifier l’usage de celle-ci même si l’adversaire y a recourt. S’y résoudre est une décente aux enfers et personne aussi fort soit-il ne s’en sort sans y laisser une partie de son âme et même souvent toute son âme.

Pendant la colonisation de l’Algérie l’usage de la torture était bien applaudi par les hauts fonctionnaires de la république dont François Mitterrand en personne. Le gouvernement de l’époque savait très bien ce qui se passait et avait fait de la torture un moyen de répression tout azimut pour mater un peuple en colère.
A l’époque le succès militaire remporté par le FLN après le déclenchement de la guerre de libération était une totale surprise pour les Français, et personne au gouvernement ne pouvait se rendre à l’évidence, en accepter les faits et décider avec courage de redonner aux Algériens leur liberté.
Trop d’intérêts étaient mis en jeu et l’existence même de la France était sur la sellette. Le pétrole, le gaz, les centres d’essais atomiques et chimiques., autant de raisons qui avaient décidé le gouvernement français à réagir avec la plus grande fermeté envers des indigènes qui ne demandaient que leurs droits.
Dés lors que les insurgés (Les fellagas) étaient considérés comme des terroristes hors la loi, tous les moyens de répression étaient bons pour venir à bout de leurs actions meurtrières ! La stratégie de la lutte contre le FLN était dictée par une seule règle :  »A toute situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles ».
C’est ainsi que la torture fut systématiquement utilisée et généralisée dans tous les centres d’interrogatoire, rendus tristement célèbre par le nombre de victimes qui y avaient connu une fin plus qu’épouvantable entre les mains de militaires français indignes.

Les martyrs n’avaient droit ni à la tolérance ni à la merci et n’étaient pas traités comme des prisonniers de guerre, car l’état de guerre n’était même pas reconnu. Au mieux ce fut une insurrection populaire au pire « pour les plus extrémistes des coloniaux » une vulgaire entreprise de bandits malfrats.
La seule consolation morale pour les victimes de la torture, c’est que leur calvaire servait une cause noble, un idéal magnifique qui méritait le sacrifice. Une Algérie libre et indépendante était le rêve auquel s’accrochaient toutes les victimes et leur donnait du courage et un sens au martyre qu’ils subissaient. Etre torturé par un Français voulait dire implicitement que l’ennemie était prit de panique et que la guerre de libération était entrain de réussir.

Il est presque inutile de citer des exemples tellement le chiffre est effarant et la blessure profonde dans les cours des familles de victimes qui n’ont rien oublié de cette époque. Les nombreux rescapés de cette pratique ignoble sont toujours vivants et évoquent avec beaucoup de dignité et de pudeur le cauchemar qu’ils ont vécu.

Il ne faut surtout pas croire que l’utilisation de la torture a commencé en 1957 avec l’arrivée des paras ; en réalité elle fut introduite bien avant. Elle a été très largement utilisée pendant l’insurrection populaire qui a suivi la fin de la deuxième guerre mondiale où des milliers d’hommes et de femmes ont été honteusement suppliciées. Bien que peu d’informations aient filtré sur le sujet mais le peu est déjà plus que dramatique.

Le proverbe qui dit : «  il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas » est bien approprié aujourd’hui à tous ceux qui ne manifestent aucun regret. L’attitude de Bigeard est celle d’un militaire indigne qui n’assume pas ses crimes et continue lâchement à narguer ses victimes avec une arrogance qui est propre aux tortionnaires. En se présentant en tenue militaire à une émission consacrée au thème de la torture, il veut affirmer ses vieilles convictions qui jettent le discrédit et la honte sur l’armée française. Sans le moindre remords, il  justifie ses actes barbares par un besoin purement opérationnel et n’éprouve aucun regret après le massacre de milliers d’Algériens et même de Français partisans de l’Algérie libre.

La reconnaissance de la responsabilité du gouvernement français dans les torts subis par les victimes est nécessairement un premier pas vers l’ouverture d’un plus large débat sur la mémoire de la guerre d’Algérie. Les récentes déclarations des responsables français ne sont nullement à la hauteur des espoirs de ceux qui attendent depuis plus de quarante ans pour que leur calvaire soit enfin reconnu comme crime contre l’humanité. Il est tout à fait scandaleux de refuser de s’excuser officiellement et de demander le pardon et d’exprimer sa repentance auprès des hommes et des femmes qui n’en demandent pas plus.

Si la France, terre des Hommes et fervent pays initiateur de la déclaration universelle des droits de l’homme, refuse un tel droit à cause de fugaces considérations politiciennes, c’est alors la perpétuité du nom droit et de l’injustice. Ce ne sont pas les grands Etats qui font les grands hommes, ce sont les grands hommes qui font les grands Etats. Heureusement que des hommes dignes et nobles à l’image du défunt général J.Paris de Bollardière, ne renoncent pas à leurs principes et essayent au prix de lourds sacrifices, de sauver l’honneur militaire. Ce sont ces hommes qui font la fierté et la grandeur d’un Etat à travers l’histoire.

Même si l’Algérie est malade de ses dirigeants indignes, le peuple algérien reste malgré tout souverain et a tous les droits au respect et à la reconnaissance officielle de son martyre. Le pardon est une des grandes vertus du peuple algérien, et pour l’obtenir, il faut le demander avec humilité et sincérité. Tous les biens de la France ne peuvent dédommager une seule des victimes du bourreau Bigeard pour les supplices qu’elle a subi pendant un jour de calvaire. Rien n’équivaut aux instants de douleurs, de gémissements, de cris, de larmes, de sang,.,de mort, Rien ;  pas même la vengeance car on ne peut pas souhaiter ces moments à son propre bourreau.

Même si les accords d’Evian ont, pour des raisons dictées par les circonstances de l’époque, écarté toute éventualité de poursuites contre l’Etat français, les victimes et leurs familles ont parfaitement le droit de demander réparation auprès des instances judiciaires qualifiées.
Les Moudjahidines victimes d’actes de tortures n’en parlent pas ou très peu, pour des raisons liées à l’honneur et aux traditions ; nous leurs demandons de franchir honorablement l’obstacle de la pudeur et de se constituer partie civile contre ceux qui ne regrettent rien, au nom de leurs frères qui ont succombé et qui ne sont plus présents pour demander justice. Le devoir de mémoire est un devoir sacré qu’il faut remplir pour rétablir l’honneur de ceux  qui ont souffert.

Si le gouvernement français n’a pas autorisé la déclassification des archives liées aux événements de la guerre d’Algérie ce n’est pas pour protéger l’histoire familiale des généraux collaborateurs comme Larbi Belkheir, Khaled Nezzar, Mohamed Touati, Mohamed Lamari et tant d’autres mais  bel et bien pour assurer l’anonymat des officiers français qui ont pris part à la guerre d’Algérie et pratiqué la torture ; ils sont nombreux et certains ont occupé des fonctions très sensibles.
L’exemple le plus frappant sans doute est peut-être celui du Général d’Armée Maurice Marie Joseph SCHMITT (chef d’Etat-Major des Armées du 16 novembre 1987 jusqu’en avril 1991), un ancien para qui était à Alger sous les ordres de Bigeard. Il a procédé lui-même à la torture de dizaines d’Algériens dont deux figures clés de la zone autonome (l’Algérois) qui ont succombé entre ses mains : Les martyrs Debih Chérif et Arrezki Bouzrina. Le général Schmitt a quand même été reçu officiellement et avec faste à Alger par Mohamed Lamari et ses paires au siège du ministère de la défense nationale !
La mémoire des faiseurs de politique est peut-être courte ou souffre d’amnésie temporelle qui se manifeste aux grés des tempêtes politiciennes, mais la mémoire des peuples est vive et reste toujours en quête de vérité et de justice quelles que soient les circonstances.

Voyage au bout de l’horreur

Massu, Bigeard et d’autres ont torturé, officieusement, pour la gloire de la France    et pour la sauvegarde de ses intérêts suprêmes. Mohamed Mediene, Smain Lamari et leurs sbires continuent de torturer ; mais au nom de quel idéal, de quel intérêt? Est-ce celui de la préservation des pétrodollars dans des comptes en Suisse et en France ou la vente des mines d’or et de diamants situées dans le sud ou le bradage des biens économiques de l’Algérie au dinar symbolique !
La réponse est assez évidente, il suffit aujourd’hui de comparer leurs modes de vie à celui d’un peuple fier, mis à genoux, condamné par la force ( la Hogra ) dans un pays riche, à se nourrir à partir des poubelles, un peuple dont les enfants se mettent en concurrence avec des rats pour le ramassage de bouts de pain rassis..

C’est celle-là  l’Algérie des généraux que certains politiciens français indignes, attirés par l’appât du gain facile, ont honteusement soutenu durant cette décennie. Quand Yves Bonnet prend publiquement la défense du général Smain Lamari en déclarant que son ami El Hadj Smain n’est pas un tortionnaire, c’est le comble ! Bonnet n’est pas le seul à soutenir la torture en Algérie, beaucoup d’autres issus de diverses couleurs politiques accomplissent la basse besogne dans les coulisses et profitent des offrandes bienveillantes des généraux tortionnaires.

Quelle honte pour la Françe de Jean Moulin de recevoir sur son sol le tortionnaire Smain Lamari et ses semblables !
Quelle honte pour la Françe de Pierre Mendès France de soutenir un Etat de non droit qui a institutionnalisé la pire des morts !

La culture de la torture est devenue une triste réalité depuis le début des années 90 ; et c’est Smain Lamari qui a pris l’initiative à l’époque d’organiser des séminaires lugubres au siège de l’institut supérieur des techniques du renseignement (situé à Beni Messous) auxquels étaient conviés des officiers de la DRS. Animés par d’ex-officiers du régime d’apartheid sud-africain et d’autres spécialistes étrangers des techniques d’interrogatoire, ces séminaires périodiques devaient initier un large nombre d’officiers aux méthodes de l’horreur. Il va sans dire que les conférenciers étaient très largement rémunérés pour leurs savants conseils.

Malheureusement pour l’Algérie, même après « l’indépendance », des endroits aux senteurs de la mort comme la villa Susini ont connu d’autres victimes. Sans doute parce que les premiers utilisateurs des lieux se sont tirés à bon compte et n’ont pas répondu de leurs crimes. Seulement le pire c’est pendant cette dernière décennie que nous l’avons connu.       Les méthodes les plus atroces et les moyens les plus incroyables ont été mis à contribution par des Algériens qui n’ont retenu aucune leçon de leur histoire, faut-il encore que ça soit la bonne !

L’honneur de l’Algérie aurait été sauf si les généraux algériens avaient pris les mesures nécessaires contre les dépassements de quelle nature que se soit en menant une guerre digne de son passé.

La mémoire des martyrs et leurs idéaux aurait été glorifiée si les supplices qu’ils ont connus n’auraient pas été infligés à des Algériens bien des années après l’indépendance, par des pseudo-gardiens d’un système qui se veut au-dessus des lois.

La mémoire des héros qui ont succombé sous les tortures des inquisiteurs de Roger Whybot, de Massu et des autres aurait été révérée si le général Smain Lamari et ses acolytes n’avaient pas accouru pour se jeter dans les bras sauveurs de la DST.

Si nous parlons de la torture en Algérie aujourd’hui c’est bien parce qu’elle est indissociable de notre passé ; ce qui est arrivé à nos pères, à nos mères, à nos frères et sours ne devait jamais se répéter. Hélas, le cauchemar du peuple algérien ne veut pas prendre fin et le destin fait que nous arrivons en ce jour au constat de désolation qui endeuille tout un peuple et fait honte à nos martyrs.

Par devoir de justice et respect à la mémoire des martyrs victimes de tortures pendant la guerre de libération nationale, par respect aux victimes de ces dernières années et afin de leur rendre justice, en apportant notre humble témoignage nous espérons que leur calvaire pourra servir à empêcher de telles pratiques dans le futur.

Nous attestons que pendant cette décennie plusieurs dizaines de milliers d’Algérien ont subi une torture indescriptible: le chalumeau, la baignoire, le tourne vice, les clous des marteaux, la perceuse, le courant 220 volt, la castration, le viol des hommes et des femmes, la bouteille, le manche à balai, le démembrement ( où le tortionnaire coupe avec un sécateur les doigts l’un après l’autre et continue de le faire tant que la victime ne cesse de crier, l’arrachage des yeux avec une fourchette, couteau ou autres), ne sont qu’un bref sommaire des moyens utilisés. Cela donne envie de vomir rien que de les citer, mais justice doit être rendue aux victimes qui ont connu tout cela et bien plus encore, si l’on considère que des enfants aussi jeunes que onze ans ont subit ces supplices. Beaucoup ont trouvé la mort dans des conditions épouvantables et n’ont pas eu droit à une sépulture.

Le général Smain Lamari est nommé au début de l’année 1992 par son chef le général Larbi Belkheir à la tête de la coordination de la lutte anti-terroriste ( PCO ): Une nouvelle direction située à Château-neuf (en face de l’école de police) en charge : de l’organisation d’échange d’informations entre les différents services de sécurité (DRS, gendarmerie, police) et de la lutte anti-terroriste. Cette direction a pour objectif le gain de temps et l’exploitation rapide des informations dans un but d’efficacité opérationnelle. Le nouveau chef du commandement central opérationnel ( le PCO), donne à l’époque des consignes très strictes à tous les responsables sous ses ordres pour mener une lutte sans merci utilisant pour se faire tous les moyens indispensables pour la récolte de l’information. Le plan de bataille est étonnamment le même que celui qu’avait adopté Bigeard bien des années auparavant.

C’est Smain lamari en personne qui a conduit les premiers interrogatoires et a initié l’usage de la torture, donnant ainsi l’exemple à un large éventail d’officiers. Les militaires qui ont refusé de telles pratiques ont été, dans le meilleur des cas, répudiés par les chefs ; dans le pire des cas, liquidés froidement par l’équipe 192.

La pratique de la torture s’est ensuite propagée à toutes les composantes des forces armées de l’Etat, les consignes sont claires : zéro tolérance et pas de prisonniers ; la voie est ainsi ouverte à tous les dépassements au nom de la sécurité de l’Etat. Lorsque le général Abbas Gheziel ( le chef de la gendarmerie nationale ) a ordonné à ses troupes l’achèvement des blessés, Mohamed Lamari l’a tout de suite suivi en ordonnant cette fois d’user des moyens opérationnels nécessaires pour la récolte d’informations.
Le feu vert officiel ainsi donné, la jeune génération de tortionnaires, telles des hyènes, a commencé à faire du zèle pour plaire aux chefs et récolter des faveurs en tous genres. La concurrence entre centres d’interrogatoire est ouverte et des réputations lugubres sont nées ; le plus important est d’arriver à un résultat peu importe comment. Les centres de détention sont convertis en usines de la mort et les tortionnaires se sont transformés en machine à tuer. Certains tortionnaires sont devenus accro de la torture, même les doses abondantes d’héroïne qui leur sont fournies n’arrivent plus à les calmer. Des centres comme le CPMI, ANTAR, Château-neuf, Q.G. gendarmerie de Chéraga, commissariat central et tant d’autres sont devenus tristement célèbres et leur réputation a dépassé les frontières de l’Algérie.

Que peut-on dire d’autre, si ce n’est que cette pratique, que des officiers dignes ont dés le début des événements condamnés ouvertement, a jeté le déshonneur sur la plus grande institution de l’Algérie.

Le Mouvement Algérien des Officiers Libres a demandé depuis longtemps au président Lamine Zeroual de faire cesser la torture, de condamner cette pratique et de demander pardon aux familles des victimes afin de laver l’honneur de notre armée et rétablir l’Etat de droit. Rien n’a été fait car les responsables militaires changent de président comme ils changent de chemises.

Si l’adversaire était qualifié de hors la loi, l’armée algérienne ne devait jamais perdre le sens de la raison et se rabaisser en utilisant des moyens inhumains prenant ainsi la décision de se mettre hors la loi et de traîner, par conséquent, la réputation de l’ANP dans la boue.

Si la mémoire vive des victimes a rattrapé les généraux Massu, Aussaresses, Bigeard .et tant d’autres près de 40 ans après, les généraux algériens porteront jusqu’à l’éternité la malédiction liée aux exactions de cette dernière décennie qui aura été sans nul doute la plus honteuse de toute l’histoire de l’Algérie.

La qualification des crimes commis par Toufik, Smain et leurs sbires comme «crime contre l’humanité » est plus que justifiée et nécessite un jugement spécial: une traduction devant les instances pénales internationales pour que cela ne se reproduise pas ailleurs ; pour que de simples gouvernés ne puissent plus jamais être la proie des démons qui les gouvernent par le fer et le feu !

Le Mouvement algérien des Officiers Libres demande humblement et officiellement pardon aux victimes de la torture et à leurs familles et ce au nom de l’Armée Nationale Populaire et tous ses officiers dignes et intègres.

Même si le pardon et souvent difficile à obtenir pour ce genre de crimes abjects, nous espérons qu’avec notre promesse et notre parole d’honneur d’officiers que justice sera faite, les familles trouveront le courage nécessaire de supporter leurs douleurs (soit liées à la perte d’un proche ou à des tortures subies) et nous pardonner des crimes que d’autres officiers bourreaux ont commis.


Il est très difficile de trouver les mots qui apaisent, qui mettent du baume aux cours de ceux qui ont souffert et continuent de souffrir, mais nous pouvons leur assurer que leur douleur est la notre, que leur honneur est le nôtre et quelles que soient les circonstances nous ne laisserons à aucun prix ces crimes impunis et Dieu nous est témoin.
Aucun bien matériel ne peut ramener un proche, aucun trésor aussi lourd soit-il ne peut rétablir l’honneur, seul le droit et la justice peuvent apporter un peu de réconfort aux âmes qui ont fait le voyage au bout de l’horreur.

Il est presque inutile de rappeler que les généraux assassins ont toujours eu comme stratégie : la dilution de leurs crimes et massacres gravissimes en comptant sur l’effet réducteur du temps. La peur, la faim et l’insécurité ont anéanti le pauvre citoyen et l’on réduit au silence et à la souffrance muette, mais n’ont jamais eu raison de sa détermination profonde à demander des comptes pour tous les préjudices subis.

Les crimes de Massu, Bigeard, et les autres sont restés impunis, c’est la raison pour laquelle d’autres tortionnaires, d’une autre espèce, ont osé et ont réitéré les mêmes gestes ignobles. Il aurait été autrement en Algérie aujourd’hui si les responsables de la torture pendant la guerre d’Algérie avaient reçu le châtiment qu’ils méritent.

Il est tout à fait urgent de faire les démarches judiciaires nécessaires pour faire toute la lumière sur le sort des disparus, victimes des tortures. Les familles des victimes ne doivent plus avoir peur car ces généraux de la honte payeront même à titre posthume ; l’histoire les classera avec les Massu, Bigeard et les monstres de leur espèce.

Le Mouvement Algérien des Officiers Libres incite toutes les victimes de la torture des deux époques à accomplir leur devoir de mémoire et entreprendre les démarches nécessaires à la traduction en justice des bourreaux responsables quelle que soit leur nationalité.
A aucun prix il ne faut se taire ; la loi doit être au-dessus de tous et en défendant ses droits on défend le respect de la loi et le devenir des générations futures.

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Fichier Militaire selon le maol

Posté par algeriedemocratie le 18 juillet 2009

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Assassiné

 

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Le procès du général Khaled Nezzar contre l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia (1)

Posté par algeriedemocratie le 16 juillet 2009

Algeria-Watch
Le procès du général Khaled Nezzar
contre l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia
Paris, 1er au 5 juillet 2002
Dossier de presse établi par Algeria-Watch
(15 juin – 15 juillet 2002)
PF 360 164, D-10997 Berlin, Allemagne
21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris, France
Fon: 06 23 35 89 07 Fax: 0049 69 79 123 61 60
E-Mail: algeria-watch@gmx.net
Internet: www.algeria-watch.org
2
3
Table
I. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : PRESSE EUROPEENNE
FRANCOPHONE
Le général algérien Khaled Nezzar actuellement en France 14
AFP, Paris, 28 juin 2002
L’armée algérienne défend son honneur lundi au procès de « la sale guerre » 14
AFP, Paris, 29 juin 2002
L’agenda… 15
L’Humanité, 1er Juillet 2002
L’armée algérienne veut se blanchir a Paris. Le général Nezzar attaque en justice
l’auteur de « La Sale Guerre » 15
Libération, José Garçon, lundi 1er juillet 2002
L’Algérien Lyes Laribi porte plainte pour torture contre Nezzar : « Que chacun ose
dire ce qu’il a vécu » 18
Libération, Florence Aubenas, lundi 1er juillet 2002
La « sale guerre » civile algérienne en procès devant le tribunal correctionnel de Paris
20
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 1er juillet 2002
L’armée algérienne « défend son honneur » en France 22
RFI, Mounia Daoudi, 1er juillet 2002
France-Algérie/Paris : nouvelle plainte contre Nezzar 23
Associated Press, 1er juillet 2002
Procès Souaïdia-Nezzar : deux visions de l’Algérie 24
Le journal permanent du Nouvel Obs, 2 juillet 2002
Un ex-Premier ministre algérien défend le rôle de l’armée 25
Reuters, mardi 2 juillet 2002, 15h04
L’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali justifie la mise hors la loi du FIS 26
Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 12h48
« La sale guerre » de l’armée algérienne devant la justice à Paris 26
AFP, mardi 2 juillet 2002, 11h09
L’armée algérienne devant la justice française : « Je n’arrive toujours pas à savoir
comment on a fait ça » : l’officier Souaïdia a raconté hier la sale guerre des généraux
28
Libération, Florence Aubenas, mardi 2 juillet 2002
Algérie : le procès de la « sale guerre » 29
Le Parisien, Catherine Tardrew, 2 juillet 2002
4
« Qui tue qui ? » en Algérie : deux camps s’affrontent au procès Souaïdia 29
AFP, mardi 2 juillet 2002, 21h23
Procès Nezzar-Souaïdia : l’armée algérienne au coeur des débats 30
Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 19h35
L’armée algérienne est une « armée républicaine » (chef état-major) 32
AFP, 2 juillet 2002
Un ex-haut officier compare les méthodes de l’armée à celles des terroristes 33
Associated Press, mercredi 3 juillet 2002, 19 h 36
Procès Souaïdia : un haut gradé accuse l’armée de méthodes « terroristes » 33
AFP, Paris, 3 juillet 2002
L’homme du jour. Khaled Nezzar 34
L’Humanité, ADS, 3 juillet 2002
Procès Nezzar : le mic-mac FIS 35
Le journal permanent du Nouvel Obs, 3 juillet 2002
A Paris, le général Khaled Nezzar défend l’armée algérienne 36
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 3 juillet 2002
L’armée algérienne devant la justice française : « Pas un homme politique correct, que
des illettrés » : à l’audience, le général Nezzar regarde défiler des ex-ministres37
Libération, Florence Aubenas, mercredi 3 juillet 2002
Quand un général algérien défend l’honneur de son armée. Procès : Le général Khaled
Nezzar, à la retraite, en appelle à la justice française pour contrer les accusations d’un
ancien officier. 38
La Croix, Julia Ficatier, 3 juillet 2002
La plainte contre le général Nezzar est classée sans suite 40
Lemonde.fr, 4 juillet, 20h52
Procès Souaidia : l’audience du 2 juillet 41
Le journal permanent du Nouvel Obs, 4 juillet 2002
Trois questions à… Hichem Aboud : « Nezzar a organisé son propre procès »42
Le journal permanent du Nouvel Obs, 4 juillet 2002 42
L’armée algérienne devant la justice française : « Le GIA est une création des services
de sécurité » : témoignage accablant d’un ancien officier algérien, hier, contre le
général Nezzar 44
Libération, Florence Aubenas, jeudi 4 juillet 2002
Hocine Aït Ahmed au général Nezzar : « Vous avez fait le coup d’État ! » 45
AFP, 4 juillet 2002
Procès Souaïdia : Le temps des victimes et de leurs drames intimes 45
AFP, 4 juillet 2002
5
Procès Souaïdia : incident avec une journaliste munie d’un magnétophone 46
AFP, 4 juillet 2002
Le général Nezzar, l’homme qui défend l’honneur de l’armée algérienne 47
AFP, Alger, 4 juillet 2002
Procès Nezzar : la presse algérienne partagée sur la nature des débats 48
AFP, Alger, 4 juillet 2002
Un haut gradé accuse 49
Le Parisien, Catherine Tardrew, jeudi 4 juillet 2002
Les vérités du général Lamari 50
L’Humanité, Hassane Zerrouky, 4 juillet 2002
Le clan des militaires en accusation : « Le GIA, c’est la création des services de
sécurité », accuse, à Paris, un ancien officier 50
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 5 juillet 2002
Pas de peine requise contre l’auteur de « La sale guerre » 52
Libération, par Service Web, avec agences, vendredi 5 juillet 2002
L’armée algérienne devant la justice française : « Dans le trou, avec le bas peuple » :
des témoins racontent les tortures et les exactions des militaires. 52
Libération, Florence Aubenas, vendredi 5 juillet 2002
Le général Nezzar en difficulté 54
Le Parisien, Catherine Tardrew, 5 juillet 2002
Pas de peine requise contre Habib Souaïdia 54
AFP, vendredi 5 juillet 2002, 18h48
Deux visions de la guerre civile en Algérie devant le tribunal 55
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 6 juillet 2002
L’honneur de l’armée algérienne 56
Le Monde, tribune de Rachid Boudjedra, écrivain, 6 juillet 2002
Aucune peine requise contre Souaïdia 58
Le Parisien, Catherine Tardrew, 6 juillet 2002
L’armée algérienne devant la justice française : « On a fait de nous une armée de
sauvages » : le procès en diffamation intenté par le général Nezzar a fini par se
retourner contre lui. 59
Libération, Florence Aubenas, samedi 6 juillet 2002
Le procès intenté à Paris par le général Nezzar s’est clos vendredi 61
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 7 juillet 2002
Fin, à Paris, du procès de Habib Souaïdia, qui avait dénoncé les « massacres » des
militaires. Pas de peine requise contre l’accusateur de l’armée 62
Le Figaro, Marie-Estelle Pech, 6 juillet 2002
6
Algérie. Un attentat particulièrement sanglant endeuille les quarante ans
d’indépendance . Un anniversaire et trente nouveaux morts 63
Le Soir (Bruxelles), Baudouin Loos, 6 juillet 2002
Algérie. Le face-à-face Souaïdia-Nezzar, ou le procès à Paris du rôle de l’armée
algérienne 64
Le Temps (Suisse), Christian Lecomte, Alger, samedi 6 juillet 2002
Une affaire de diffamation devient le procès du régime algérien 66
AFP, samedi 6 juillet 2002, 10h48
Pas de peine contre Habib Souaïdia. Procès Nezzar : jugement le 27 septembre67
L’Humanité, Hassane Zerrouky, 8 juillet 2002
Le procès Nezzar embarrasse à Alger. La presse algérienne attaque l’ex-officier
Souaïdia, sans défendre le général 68
Libération, LDS, mardi 9 juillet 2002
L’Algérie sans mythe 69
Le Monde, tribune de Lahouari Addi, professeur de sociologie à l’IEP de Lyon, 11 juillet 2002
Un ancien ministre de la Défense accuse le président Bouteflika d’être derrière la
« cabale » contre les généraux 70
Associated Press, jeudi 11 juillet 2002, 17h27
II. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : PRESSE ANGLOPHONE
Honour of Algerian army in the dock at Paris defamation trial 71
AFP, Raphael Hermano, 30.6.02
Ex-Algerian minister sues author 72
Associated Press, July 1, 2002
Former defense minister confronts best-selling author over allegations of military
atrocities in war against Islamic extremists 73
Associated Press, Elaine Ganley, Mon Jul 1
Algerian author sued over war claims tens of thousands have died in the civil war 74
BBC, James Coomarasamy, correspondent in Paris, Monday, 1 July, 2002
Author blasts Algerian army at start of French defamation case 75
AFP, Raphael Hermano, July 1 2002
Trial opens on Algeria’s dirty war charges 76
United Press International, Elizabeth Bryant, Jul 01, 2002
Europe defamation trial over Algerian rights violations opens in Paris 77
Voice of America, Lisa Bryant, 1 Jul 2002 18:40 UTC
Algerian general target of new torture allegations in French court 78
AFP, July 1 2002
7
Algerian army role in atrocities debated at French courtroom 79
Al-Bawaba, Jul 4, 2002
Algerian Army Role on Trial in Paris 80
Associated Press, Elaine Ganley, Jul 04, 2002
Algerian opposition leader accuses general of election’coup’ 81
AFP, July 4 2002
Algerian Army Role on Trial in Paris 82
The New York Times, 4 july 2002 (by The Associated Press)
III. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : PRESSE ALGERIENNE
Nezzar-Souaïdia/Vingt-six témoins à la barre 84
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 16 juin 2002
Le procès débutera ce lundi. Nezzar à Paris pour affronter Souaïdia 84
Le Quotidien d’Oran, Arezki Benmokhtar, 29 juin 2002 84
François Gèze et ses subterfuges 85
La Nouvelle République, O. Cheikh, 29 juin 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia s’ouvre demain à Paris. Audition des témoins jusqu’au
5 juillet 86
Le Matin, Yasmine Ferroukhi, 30 juin 2002
Affaire Nezzar contre Souaidia. Le procès s’ouvre aujourd’hui à Paris 87
El Watan, Fayçal Métaoui, 1er juillet 2002
Le procès débutera ce lundi. Nezzar à Paris pour affronter Souaïdia 88
Le Quotidien d’Oran, Arezki Benmokhtar, 1er juillet 2002
Notre procès 89
Le Matin (Alger), éditorial de Mohamed Benchicou, 1er juillet 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia s’ouvre aujourd’hui à Paris 90
Le Matin (Alger), A. C., 1er juillet 2002
Les pressions se multiplient 91
Le Matin (Alger), Soraya Akkouche, 1er juillet 2002
L’un des avocats de Khaled Nezzar l’affirme : « La partie adverse veut un procès
médiatique contre Nezzar » 92
Le Matin (Alger), G. K., 1er juillet 2002
Il a animé une conférence de presse sur la Cour pénale internationale. Le message de
Ali Yahia Abdennour 93
Le Matin (Alger), Yasmine Ferroukhi, 1er juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia. Un procès médiatique 94
Liberté, 1er juillet 2002
8
Le procès Nezzar-Souaïdia aujourd’hui à Paris. L’heure de vérité 94
L’Expression, Aziz Yemloul, 1er juillet 2002
Conférence de presse du président de la LADDH. Ali Yahia Abdenour mise sur la CPI
95
La Tribune (Alger), L. G., lundi 1er juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia à Paris. Qui sont les témoins ? 96
La Nouvelle République, Fayçel M., 1er juillet 2002
Le procès Souaidia aujourd’hui a Paris. Dix témoins contre Nezzar 103
Al Fadjr (arabophone), Adel Nassim, 1er juillet 2002
Affaire Nezzar Souaidia : Le procès aujourd’hui 103
El Khabar (arabophone), A.F., 1er juillet 2002
Le général de corps d’armée Mohamed Lamari réaffirme le caractère républicain de
l’ANP 103
APS, 2 juillet 2002, 19:02:09
M. Ghozali déclare vouloir rétablir la vérité sur l’honneur de l’ANP et de l’Algérie
104
APS, 2 juillet, 16:25:13
Affaire Nezzar-Souaidia : Un procès inédit à Paris 106
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 2 juillet 2002
Alors que son procès contre Souaïdia a commencé hier, le général-major Nezzar fait
l’objet d’une nouvelle plainte 108
Le Jeune Indépendant, S. H., 2 juillet 2002
Nezzar-Souaïdia, un procès particulier 108
La Tribune, Slimane Zyadi, mardi 2 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia. Vers un débat contradictoire sur l’Algérie des années 90 109
La Tribune, Merzak Meneceur, mardi 2 juillet 2002
Le général et le jeune officier 111
Le Quotidien d’Oran, Abdou Benabbou, 2 juillet 2002
Le général défend l’armée devant la justice française. Nezzar : « Il fallait éviter
l’afghanisation de l’Algérie » 112
Le Quotidien d’Oran, Ziad Salah, 2 juillet 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia s’est ouvert hier 113
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 2 juillet 2002
Une nouvelle plainte contre le général Nezzar 114
Le Matin, Yasmine Ferrroukhi, 2 juillet 2002
Pousse avec eux ! Khaled Cro-Magnon ! 115
Le Soir d’Algérie, Hakim Laâlam, 2 juillet 2002
9
Nezzar contre-attaque. Le procès du « qui-tue-qui ? » à Paris 116
Le Soir d’Algérie, Kamel Amarni, 2 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaidia : la bataille de Paris 117
L’Expression, Salim Aggar, 2 juillet 2002
À l’ouverture de leur procès, hier, à Paris. Première passe d’armes entre Nezzar et
Souaïdia 119
Liberté, Farid Alilat, 2 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : audition des premiers témoins 122
El Watan, Nadia Bouzeghrane, 3 juillet 2002
Ghozali à la rescousse de Nezzar : « L’arrêt du processus électoral ou la fin de
l’Algérie » 123
Le Jeune Independant, Aït-Chaâlal Mouloud, 3 juillet 2002
Une première dans l’histoire de l’ANP : le général Lamari anime une conférence de
presse 124
Le Jeune Indépendant, Redouane Noussaïr, 3 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : la symbolique d’une date 125
La Nouvelle République, Merizek Sahraoui, 3 juillet 2002
Le général-major Lamari à propos de la levée de l’état d’urgence : « L’ANP ne dit pas
non ! » 125
La Nouvelle République, Nadjia B., 3 juillet 2002
Deuxième jour du Procès Nezzar-Souaïdia. Ghozali, Haroun, Baudouin et Chouchane
témoignent 129
La Tribune, Merzak Meneceur, 3 juillet 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia se poursuit : Les explications de Sid Ahmed Ghozali 130
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 3 juillet 2002
Ghozali au procès Nezzar-Souaïdia : « Je n’ai pas voulu être le Chapour Bakhtiar de
l’Algérie » 132
Le Soir d’Algérie, Chérif Bennaceur, 3 juillet 2002
Sid-Ahmed Ghozali au procès Nezzar-Souaidia : « Nous avons sauvé l’Algérie » 133
L’Expression, Salim Aggar, 3 juillet 2002
Sous le prisme des médias étrangers. Un sale procès pour « La sale guerre »135
L’Expression, Ali Oussi, 3 juillet 2002
Ghozali au procès Nezzar-Souaïdia : « L’arrêt du processus électoral est un acte
historique » 136
Liberté, 3 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : au prétoire, les cris des victimes du terrorisme 138
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 4 juillet 2002
Trosième journée du procès Nezzar-Souaïdia. Poursuite de l’audition des deux parties
10
139
La Tribune, Merzak Meneceur, jeudi 4 juillet 2002
Retour à 62 141
Le Matin, Mohamed Benchicou, 4 juillet 2002
Témoignage des familles victimes du terrorisme dans le procès Nezzar-Souaïdia :
« L’armée n’a rien à voir avec les massacres » 142
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 4 juillet 2002
Poursuite du procès Nezzar-Souaïdia. L’arrêt du processus électoral en débat à Paris
143
Le Soir d’Algerie, Hakim Soltani, 4 juillet 2002
Troisième journée du procès Nezzar-Souaïdia : Samraoui témoigne 145
Liberté, 4 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : guerre des témoins 145
L’Expression, Salim Aggar, 4 juillet 2002
Mohamed Samraoui : « La solution ? Le départ de certains généraux » 146
Algeria Interface, Paris, interview de Djamel Benramdane, 5 juillet 2002
Le président Bouteflika rend hommage aux prises de positions de l’ANP face aux
situations les plus difficiles 149
APS, 4 juillet 2002, 16:38:23
Procès Nezzar-Souaïdia : « Deux thèses, deux vérités » 150
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 6 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : Aït Ahmed défend le petit lieutenant 151
L’Expression, Salim Aggar, 6 juillet 2002
Jugement mis en délibéré pour le procès de Souadia 152
APS (Alger), 6 juillet 2002
Affaire Nezzar-Souaidia : Procès de l’arrêt du processus électoral 154
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 7 juillet 2002
Aït Ahmed à Nezzar : « Pourquoi ne pas négocier une solution politique ? »156
El Watan, N. B., 7 juillet 2002
Promotion d’officiers supérieurs de l’ANP. Le président Bouteflika remet des grades
et des médailles 157
Jeune Independant, 7 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : les faits saillants 157
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 7 juillet 2002
Nezzar-Souaïdia : les leçons d’un procès 158
Liberté, Farid Alilat, 7 juillet 2002
Khaled Nezzar, ex-ministre de la Défense, à La Nouvelle République : « Nous devons
11
instaurer une tradition de communication » 159
La Nouvelle République, interview réalisée à Paris par Mehenna H., 7 juillet 2002
Et si l’Airbus d’Air France… ? 161
Horizons, Larbi Chaâbouni, 8 juillet 2002
Point de presse de Khalida Toumi-Messaoudi : « La symétrie entre l’ANP et l’armée
coloniale est infâmante » 162
L’Expression, 8 juillet 2002
Nezzar Souaidia : un procès pour l’Histoire 163
Le Soir, Leïla Aslaoui, 10 juillet 2002
Nezzar, Canal + et les attentats de Paris 168
Le Soir, de notre correspondante permanente à Paris K. Baba-Ahmed, 10 juillet 2002
Le général à la retraite s’en prend a la concorde civile : Nezzar épingle Bouteflika
170
Le Soir, Kamel Amarni, 11 juillet 2002
Communiqué du général-major Nezzar : « Le terroriste sanguinaire est devenu
‘‘Monsieur Hattab’’» 171
Le Soir, 11 juillet 2002
Recrudescence des attentats terroristes. Les travers de la concorde civile 173
Le Soir, Sofiane Aït-Iflis, 11 juillet 2002
La colère des martyrs vivants 174
Le Matin, Mohamed Benchicou, 11 juillet 2002
Affaire Nezzar-Souaïdia 176
Le Matin, Djamel Boukrine, 11 juillet 2002
Jean-Baptiste Rivoire ou la méthode CAPA 177
Horizons, M. B, 11 juillet 2002
Khaled Nezzar poursuit son offensive juridico-médiatique 177
Algeria Interface, Paris, Karim Aït-Ouméziane, 12 juillet 2002
Affaire Nezzar-Fattani : ce général qui veut tuer la liberté d’expression 179
L’Expression, samedi 13 juillet 2002
Nezzar signe la troisième sortie du MDN. Les militaires attaquent Bouteflika : « Quel
est ton bilan en trois ans d’exercice ? » 180
Le Jeune Indépendant, Youcef Brahimi, 13 juillet 2002
Attaque frontale 182
Liberté, Hacène Ouandjeli, 13 juillet 2002
L’ANP multiplie les sorties médiatiques. De la concorde au ministre de la Défense
183
Liberté, Salim Tamani, 13 juillet 2002
12
Paroles de général ! 184
Liberté, Lyès Bendaoud, 13 juillet 2002
ANP-Bouteflika : l’heure des règlements de comptes ? 185
Liberté, Hamid Saïdani, 13 juillet 2002
Le consensus rompu 187
Liberté, Hafida Ameyar, 13 juillet 2002
Qui tue qui ? Pourquoi ? 188
Liberté, M. Hammouche, 13 juillet 2002
Dans une déclaration rendue publique jeudi : Nezzar accuse Bouteflika 189
Le Matin, Ghada H., 13.7.02
Bouteflika, le souffleur de Souaïdia 190
Le Matin, Rachid Mokhtari, 13 juillet 2002
C’est la crise ! 191
Le Matin, Mohamed Benchicou, 13.7.02
Un divorce annoncé 192
Le Matin, Djamel Boukrine, 13.7.02
Le deuxième mandat de Bouteflika est-il compromis ? 194
Le Matin, Youcef Rezzoug, 13 juillet 2002
Taisez-vous donc, Monsieur Zerhouni ! 195
Le Soir d’Algérie, Leïla Aslaoui, 13.7.02
Dans une déclaration publiée par la presse algérienne, Khaled Nezzar s’en prend à
Bouteflika 198
La Tribune, A. R., samedi 13 juillet 2002
Nezzar relance le débat sur la relation Bouteflika-ANP. Les équilibres sont-ils
rompus ? 200
El Watan, Fayçal Métaoui, 13 juillet 2002
Convergence contre l’intégrisme 201
El Watan, Amine Lotfi, 13 juillet 2002
Propos à mots couverts 202
El Watan, D. Amrouche, 13 juillet 2002
Ses interventions ne sont pas fortuites. Au nom de qui parle le général ? 203
Liberté, Salim Tamani, 14.7.02
Après les attaques frontales du général Nezzar. Le silence de Bouteflika 204
Liberté, N. Sebti ; 14.7.02
« Ces démocrates à la solde de Souaïdia » 205
Le Matin, Latifa Benmansour, 14 juillet 2002
Poupées barbie, poupées barbantes ! 207
13
Le Soir d’Algerie, Hakim Laâlam, 14 juillet 2002
IV. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA, PRESSE ALGERIENNE : LE CAS
TRES PARTICULIER DE EL MOUDJAHID ET DE SON
CORRESPONDANT, M. MOULOUD BENMOHAMED
Tribunal de Grande Instance de Paris : Habib Souaïdia au banc des accusés 209
El Moudjahid, de notre envoyé spécial Mouloud Benmohamed, 1er juillet 2002
Au tribunal de grande instance de Paris : « Sale temps » pour Souaïdia 214
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, 2 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris : Contre-vérités et vérités sur la décennie de sang
220
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris Mouloud Benmohamed, 3 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris : Témoignages contre Yous, Souaïdia et le GIA
222
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, 4 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris :Grandeur et décadence de Aït Ahmed228
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, lundi 8 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris : Fracassantes révélations du général-major
Nezzar 232
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, 9 juillet 2002
V. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : COMMUNIQUES ONG ET AUTRES
Algérie : Le procès d’Habib Souaïdia souligne les préoccupations sur l’absence
d’enquêtes 236
Amnesty International, Bulletin d’information 107/02, 28 juin 2002
Le procès d’Habib Souaidia sera le procès de l’ex-général Nezzar 237
Collectif permanent de solidarité avec le peuple algérien, Paris, 28 juin 2002
Algérie : le général Nezzar doit être poursuivi par le juge français 239
FIDH, Paris, lundi 1er juillet 2002
Communiqué de presse 239
Justitia Universalis, 1er juillet 2002
14
I. Procès Nezzar vs Souaïdia : presse européenne francophone
Le général algérien Khaled Nezzar actuellement en France
AFP, Paris, 28 juin 2002
Le général Khaled Nezzar, ancien homme fort du pouvoir algérien, se trouve actuellement
en France pour assister au procès qu’il a engagé contre l’ancien officier Habib Souaïdia,
auteur du livre La sale guerre, a indiqué vendredi l’avocat du général Nezzar.
Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense algérien et principal instigateur de
l’interruption du processus électoral en 1991, avait fait l’objet en novembre 2001 de plaintes
pour tortures en France de la part de familles d’opposants algériens.
Selon son avocat, Me Jean-René Farthouat, aucune nouvelle audition du militaire — qui
avait été auditionné par la police en avril dernier — n’est toutefois envisageable durant son
séjour, dans la mesure où ces plaintes « ont fait l’objet d’un classement sans suite après qu’il a
été entendu ».
A partir de lundi et jusqu’à vendredi, Khaled Nezzar assistera donc à l’audience en
diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire qui l’oppose à Habib
Souaïdia, qui dans son livre La sale guerre accuse l’armée algérienne d’être impliquée dans
de nombreux massacres.
——————————————————-
L’armée algérienne défend son honneur lundi au procès de « la sale
guerre »
AFP, Paris, 29 juin 2002
Pour la première fois devant la justice française un haut dignitaire algérien, le général
Khaled Nezzar, viendra défendre lundi l’honneur de son armée en attaquant un ancien
officier, Habib Souaïdia, auteur d’un livre accusant les militaires de massacres, La sale
guerre.
L’ancien ministre de la Défense et principal instigateur de l’interruption du processus
électoral algérien en 1991, actuellement sur le sol français, a fait savoir qu’il serait présent à
l’audience, qui se déroulera pendant toute la semaine devant le tribunal correctionnel de Paris.
« Nous n’avons pas engagé cette procédure pour rien. Nous entendons faire une large mise
en perspective de tout ce qui s’est passé en Algérie ces dernières années », a prévenu l’un de
ses avocats, Me Jean-René Farthouat, qui entend faire citer une quinzaine de témoins, dont
plusieurs anciens hommes politiques et généraux algériens.
Dans ce procès inédit, l’ancien homme fort du régime n’attaque pas directement le livre de
Habib Souaïda (65 000 exemplaires vendus selon les éditions La découverte), mais les propos
qu’il a tenus lors d’une émission diffusée par la Cinquième. A ce titre, le président de France
Télévision, Marc Tessier, est cité à comparaître aux côtés de l’auteur de l’ouvrage.
Dans ce livre, qui a alimenté une très vive controverse des deux côtés de la Méditerranée,
Habib Souaïdia, engagé volontaire en 1989 dans les rangs de l’Armée nationale populaire
(ANP), raconte la torture, les exécutions sommaires et les massacres de civils commis selon
15
lui par les militaires depuis le début des années 1990.
Plaintes en France contre Nezzar
Soutenant cette thèse sur l’antenne de la Cinquième, il avait ainsi déclaré que « les
généraux » ont « tué des milliers de gens ». « C’est eux qui ont décidé d’arrêter le processus
électoral, c’est eux les vrais responsables ».
Dans un parallèle avec les exactions commises par l’armée française durant la guerre
d’Algérie, il avait aussi affirmé : « je ne peux pas pardonner au général Massu et au général
Aussaresses les crimes qu’ils ont commis comme je ne peux pas pardonner au général
Nezzar ».
« L’extraordinaire paradoxe de ce procès c’est que nous avons d’un côté un accusé qui est
un homme extrêmement courageux et qui dénonce des faits graves et de l’autre une victime
qui est suspectée d’avoir couvert des exactions d’une extrême gravité », avance l’un de ses
défenseurs, Me William Bourdon.
« Au travers de la condamnation de Souaïdia le général Nezzar cherche l’acquittement de
l’armée algérienne », ajoute l’avocat.
Pour sa défense, le jeune officier a lui aussi prévu de faire citer de nombreux témoins :
journalistes, militaires algériens dissidents et historiens (dont Pierre Vidal-Naquet et
Mohammed Harbi).
Khaled Nezzar avait fait l’objet en novembre 2001 de plaintes en France pour tortures de la
part de familles d’opposants et avait été auditionné dans ce cadre par la police française en
avril 2002. Selon son avocat, aucune nouvelle audition du militaire n’est toutefois
envisageable durant son séjour le temps du procès, dans la mesure où ces plaintes « ont fait
l’objet d’un classement sans suite ».
Habib Souaïdia, réfugié en France, a pour sa part été condamné en avril dernier à 20 ans de
prison par contumace par le tribunal criminel Sidi M’hamed d’Alger pour « participation à une
entreprise d’affaiblissement du moral de l’ANP (Armée nationale populaire) et de la sûreté de
l’État ».
—————————————————————
L’agenda…
L’Humanité, 1er Juillet 2002
Paris. Ouverture du procès à l’initiative de l’armée algérienne, représentée par le général
Khaled Nezzar, qui attaque un ancien officier, Habib Souaïdia, auteur d’un livre, La Sale
Guerre, accusant les militaires de massacres. L’ancien homme fort du régime n’attaque pas
directement le livre de Habib Souaïdia, mais les propos qu’il a tenus lors d’une émission
diffusée par La Cinquième.
———————————————
L’armée algérienne veut se blanchir a Paris
Le général Nezzar attaque en justice l’auteur de « La Sale Guerre »
Libération, José Garçon, lundi 1er juillet 2002
« Nous avons un accusé courageux qui dénonce des faits graves, et une victime suspectée
d’avoir couvert des exactions d’une extrême gravité. » William Bourdon, l’un des avocats de
16
Souaïdia
Il n’y a pas si longtemps, seules des périphrases désignaient le général-major Khaled
Nezzar : « l’homme fort d’Alger » ou « l’un des parrains du régime ». Il était en tout cas l’un
de ces « décideurs » algériens, comme on appelle la petite poignée de généraux qui détiennent
la réalité du pouvoir en Algérie, que personne n’aurait osé nommer publiquement il y a
seulement quelques années.
Autant dire que la présence aujourd’hui (sauf imprévu) de l’ancien ministre de la Défense
devant un tribunal français est un événement. Certes, c’est officiellement un simple procès en
diffamation qui s’ouvre à 13 h 30 devant la 17e chambre correctionnelle : celui intenté par ce
général en retraite à un jeune officier Habib Souaïdia, auteur d’un ouvrage à succès, La Sale
Guerre (plus de 70 000 exemplaires vendus) qui met en cause l’armée algérienne dans des
exactions contre des civils. Ce n’est toutefois pas cet ouvrage qui est visé, mais une
déclaration de Souaïdia diffusée sur la Cinquième. « Cela fait dix années qu’il n’y a pas de
président [en Algérie], y affirme le jeune officier. Il y avait des généraux […], c’est eux les
décideurs, c’est eux qui ont fait cette guerre. C’est eux qui ont tué des milliers de gens pour
rien. C’est eux qui ont décidé d’arrêter le processus électoral, c’est eux les vrais responsables
[…] Je ne peux pas pardonner au général Massu et au général Aussaresses les crimes qu’ils
ont commis, comme je ne peux pas pardonner au général Nezzar […]. Il faut qu’on juge les
coupables. »
En réalité, Khaled Nezzar semble ne s’être décidé à accuser Souaïdia, quatre mois après la
parution de son livre, que pour esquiver une première procédure dans laquelle il était luimême
accusé. Car le 25 avril 2001, la « sale guerre » a rattrapé en France l’ex-homme fort du
régime au moment où, ironie du sort, il y présentait ses Mémoires qui innocentent l’armée de
toute exaction dans ce conflit. S’appuyant sur la « compétence universelle », une famille
algérienne, dont le fils est mort sous la torture, et deux anciens détenus, eux aussi torturés par
les forces armées après la proclamation de l’état d’urgence en 1992, ont porté une triple
plainte contre lui « pour sa responsabilité directe, en tant que ministre de la Défense, puis
membre du Haut Comité d’État, dans la politique de répression généralisée » et pour n’avoir
« pas mis un terme à ces tortures, dont il ne pouvait ignorer le caractère massif et
systématique, alors qu’il en avait les moyens ».
Séisme
Pour des généraux qui, longtemps habitués à une impunité totale, vivent aujourd’hui dans
la hantise de devoir un jour rendre des comptes, cette plainte est un séisme. Y compris parce
qu’elle laisse planer l’impossibilité pour eux de se déplacer à l’étranger. Parce qu’il est le plus
impulsif d’entre eux, ou poussé par certains de ses pairs, Khaled Nezzar a visiblement décidé
de crever l’abcès. Et d’utiliser ce procès en diffamation pour absoudre une fois pour toutes le
haut commandement militaire de toutes les accusations portées contre lui concernant
l’annulation des élections législatives de décembre 1991 remportées par le FIS, le putsch de
janvier 1992 (Front islamique de salut) et une « sale guerre » qui a déjà fait près de 200 000
morts. Bref, considèrent les « décideurs » algériens et ceux qui les ont soutenus pendant cette
décennie, tout valait mieux que laisser le FIS prendre le pouvoir et instaurer une République
islamiste.
Les émeutes en Kabylie, puis dans tout le pays, aux cris de « Pouvoir, généraux assassins »
17
montrent cependant une réalité infiniment plus complexe en Algérie. Car personne ne nie, y
compris dans les cercles du pouvoir, que ce dernier a créé les conditions de la confrontation et
a besoin d’un certain seuil de violence pour se maintenir, tandis que les GIA (Groupes
islamistes armés) demeurent l’un des mouvements les plus opaques de l’histoire des guerres
civiles. Du coup, la question des responsabilités de la « sale guerre » sera sans doute au coeur
des débats du procès. « Ce sera un procès politique. Nous entendons faire une large mise en
perspective de ce qui s’est passé ces dernières années en Algérie », assure d’ailleurs Jean-
René Farthouat, l’avocat de Khaled Nezzar, qui confirmait dimanche la présence du général à
la barre. « L’extraordinaire paradoxe de ce procès, c’est que nous avons d’un côté un accusé
très courageux qui dénonce des faits graves, et de l’autre, une victime qui est suspectée
d’avoir couvert des exactions d’une extrême gravité. Au travers de la condamnation de
Souaïdia, le général Nezzar cherche l’acquittement de l’armée algérienne », estime de son
côté William Bourdon, l’un des avocats de Souaïdia.
Les choses pourraient cependant se compliquer : une nouvelle plainte de six Algériens
pour torture contre le général Nezzar a été déposée vendredi soir à Paris par les avocats
Antoine Comte et William Bourdon (lire page suivante).
Fuite diplomatique
Le 25 avril 2001, Nezzar n’avait échappé à une audition des policiers que grâce à la
bienveillance des autorités françaises qui ont toujours pris soin de ne pas froisser Alger et
n’avaient nulle envie d’une crise diplomatique. Son départ précipité dans la nuit avait donné
la mesure de l’embarras français. Paris, qui avait pourtant confirmé à la brigade criminelle
que le général « ne bénéficiait d’aucune immunité diplomatique », avait trouvé une parade
pour organiser sa fuite en se retranchant derrière une « immunité temporaire » : une note
verbale de six lignes des autorités algériennes envoyée par fax à… 14 h 40 ce même 25 avril à
l’ambassade de France à Alger pour l’informer que « le général Nezzar est en mission
officielle en France depuis une semaine ». Et le soir même, à 0 h 12, celui-ci embarquait
précipitamment à Roissy dans un avion de la présidence algérienne spécialement affrété. Les
liens étroits entre les « services » algériens et français ont fait le reste : une semaine tout juste
après le dépôt de cette plainte, la presse algérienne publiait le nom des trois plaignants qui,
pour des raisons de sécurité évidentes, devaient garder un anonymat absolu…
Khaled Nezzar ne se contentera pas du premier classement de cette plainte, rendu quasi
automatique par sa fuite. Surfant sur « l’effet 11 septembre » qui permet aux dictatures de se
présenter comme des parangons de démocratie, il entend en finir avec une procédure qui lui
interdit de facto de se déplacer. Le 4 avril dernier, il revient à Paris dans le plus grand secret
pour y être entendu, sur sa demande, par la brigade criminelle, assurant qu’il ne s’était pas
expliqué en avril 2001 car son « entourage avait préféré qu’il rentre immédiatement à Alger,
pour éviter qu’il y ait des problèmes politiques entre la France et l’Algérie ». Plaidoyer pro
domo qu’aucune question gênante ou précise ne viendra contrarier. L’audition du général
algérien aboutit au classement de l’affaire le 24 avril. « [Son] contenu, argue le procureur de
la République, n’a pas permis d’apporter d’éléments de nature à me convaincre de prendre
l’initiative de poursuites à l’encontre du général Nezzar. » Pourtant, celui qui fut chargé du
rétablissement de l’ordre dans la capitale lors des émeutes d’octobre 1988 y fait, en creux, un
véritable aveu : « Hormis la fusillade de Bab el-Oued, le 10 octobre 1988, l’usage du feu n’a
jamais été autorisé et ordonné contre les manifestants », affirme-t-il, oubliant de préciser que
18
cet épisode fit des dizaines de morts après que l’armée eut tiré sur une manifestation
pacifique.
Boutiques de luxe
Quatre jours après cette audition, Habib Souaïdia, l’auteur de La Sale Guerre, a été
condamné par contumace par un tribunal d’Alger pour « participation à une entreprise
d’affaiblissement du moral de l’Armée et de la sûreté de l’État » : dix minutes d’audience,
vingt ans de prison. En mai, l’un des trois plaignants retire sa plainte contre le général Nezzar.
La presse avait annoncé que son fils avait été enlevé dans la nuit du 16 au 17 avril par les
services de sécurité à Alger. L’ex-homme fort d’Alger pense désormais pouvoir attendre son
procès en diffamation contre un jeune officier en multipliant les allers et retours à Paris.
Un samedi de juin, il fait, seul et à pied, les boutiques de luxe du quartier de l’Opéra. Il se
vante en public de sa tranquillité depuis les dernières élections en France : « J’étais un peu
interdit de séjour à cause de cette petite plainte déposée contre moi. C’est toujours les mêmes
histoires… Mais j’ai réglé ce problème avec le Quai d’Orsay. Il reste un vague procès, mais je
ne m’en fais plus, surtout maintenant. » Le procès qui s’ouvre aujourd’hui à Paris doit durer
jusqu’à vendredi.
————————————————————
L’Algérien Lyes Laribi porte plainte pour torture contre Nezzar : « Que
chacun ose dire ce qu’il a vécu »
Libération, Florence Aubenas, lundi 1er juillet 2002
« Le FIS était la peste. Ceux qui l’approchaient même malgré eux, ceux qui avaient juste
voté pour lui, une barbe trop longue, un mot de trop : coupables. »
Leur jeunesse et ses plaisirs avaient un paradis, les Haras de la garde républicaine du Lido
à Alger. Là, grâce à l’entregent d’un parent bien placé dans la cavalerie, une petite bande
d’étudiants passe des journées entières dans le piétinement des chevaux, la fièvre des
compétitions et l’exaltation de frôler les hautes sphères algéroises.
Ce 16 mars 1992, aux Haras du Lido, Lyes Laribi, 25 ans, reconnaît l’éternel Hamid, chef
des paddocks, ou encore cet officier qui avait loupé le championnat l’année d’avant. Mais, ce
jour-là, ces silhouettes familières poussent des prisonniers par centaines, « bleus de tortures »,
défigurés par les coups, attendant d’être déportés vers sept camps d’internement du désert
algérien. Et Lyes Laribi est parmi eux, effaré de faim et de peur, se battant pour un peu d’eau
dans l’abreuvoir des chevaux. Il va passer quatre ans dans le camp d’In M’guel et à la prison
militaire de Blida. Entre 1991 et 1995, plus de 15 000 personnes ont ainsi été déportées, sans
jugement, sur simple décision arbitraire.
Alors que s’ouvre aujourd’hui le procès en diffamation intenté par le général Nezzar contre
Habib Souaïdia (lire page précédente), une nouvelle plainte pour « torture » vient d’être
déposée en France contre l’ex-ministre de la Défense par six Algériens, dont Lyes Laribi. Un
chassé-croisé judiciaire qui pourrait bouleverser les audiences parisiennes. Lyes témoigne
aussi par un livre, Dans les geôles de Nezzar (1), où le récit des supplices est parfois
insoutenable. Ce que racontent surtout ces procédures et cet ouvrage poignant — le premier
sur ces camps de déportation —, c’est l’histoire du grand silence algérien.
19
« On croyait vivre »
« Je cherche la réponse que personne ne m’a jamais donnée en quatre ans d’internement :
pourquoi et sur quelle instruction m’a-t-on arrêté ? », dit Laribi. A l’époque, c’est
l’effervescence, la fugace « ouverture démocratique » qui a suivi les émeutes d’octobre 1988
à Alger, l’instauration du multipartisme qui va durer quatre ans. A la faculté de Bab-ez-Zouar,
tout bouillonne, les études et la drague, cette « mode des syndicats libres ». Comme tout le
monde ou presque, Laribi, fils d’une famille algéroise d’universitaires, fonde le sien avec
quelques copains, une petite structure démocratique plutôt de gauche. « On avait l’âge des
folies. On ne se rendait pas compte. On croyait vivre. On défiait le pouvoir ».
En 1990, le FIS (Front islamique du salut) remporte les municipales et vogue vers la
victoire aux législatives de décembre 1991. Les autorités élaborent alors un projet de loi
électorale, notamment un nouveau découpage censé rattraper administrativement ce qui était
perdu politiquement. Grèves, marches… les protestations s’élèvent côté FIS, mais aussi du
côté de l’opposition non islamiste, également lésée par ces mesures. C’est le début des
déportations, et l’arrestation des principaux dirigeants du FIS. Lorsque ce dernier remporte
néanmoins le premier tour de ces législatives, le processus électoral est suspendu, le président
Chadli Bendjedid « démissionné » et, appuyés par les chars, cinq militaires et civils
s’installent au pouvoir. La contestation reprend. A l’occasion d’une assemblée à la faculté de
Bab-ez-Zouar, organisée par un mouvement étudiant proche des islamistes, dont il ne fait pas
partie, Laribi dénonce lui aussi le « coup d’État ». « A ce moment, il y avait deux camps :
ceux qui approuvaient la situation et ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’un coup de force.
Cette analyse n’appartenait pas, loin s’en faut, au seul FIS ».
Quelques semaines plus tard, au centre de torture, on criera pourtant à Lyes « islamiste ! ».
Arrivé au camp d’In M’guel, on ne dit déjà plus que « terroriste ». « Le FIS était la peste.
Ceux qui l’approchaient, même malgré eux, ceux qui avaient juste voté pour lui, une barbe
trop longue, un mot de trop : coupables. Le car de l’usine de bière d’El Harrach avait été
arrêté à un barrage de police. A l’époque, on n’était pas encore habitué à ces contrôles et un
ouvrier, saoul, a crié pour les emmerder : « Vive le Fis ! ». Aucun d’entre eux ne savait même
faire la prière ». Tous ont été déportés. « Terroristes ». Les forces de sécurité sont survoltées.
Lors d’un simulacre d’exécution au camp d’In M’guel, un gradé pointe son arme contre la
tempe d’un prisonnier : « Dis à ton Dieu que les gendarmes d’Algérie l’emmerdent. » Les
années les plus noires de la sale guerre commencent. Pour une grève de la faim en 1993 à In
M’Guel, des protestataires sont accusés de « destruction de matériel de l’armée » et transférés
à la prison militaire de Blida. Un juge d’instruction, capitaine, est saisi. Il doute du dossier,
d’ailleurs jamais jugé. Loin de se rassurer, les accusés (dont Lyes fait partie) sont pris de
panique, « comme fous. Puisque tout est faux et qu’il le sait, la vraie raison de notre présence
ici doit être bien pire. »
Harcèlement
Laribi est libéré le 30 novembre 1995 : « Les gens changeaient de trottoir, ostensiblement,
en me voyant. Dans l’escalier, les voisins guettaient mes allées et venues : cela peut coûter
cher un « bonjour » à quelqu’un qui sort de là-bas. A la fin, quand quelqu’un m’adressait la
parole, c’est moi qui devenais méfiant : pourquoi me parle-t-il ? C’est louche. Un indicateur
peut-être ? » Comme tous les anciens détenus, l’étudiant est harcelé, papiers confisqués,
emprisonné à nouveau dans le même centre de torture. Lyes Laribi se réfugie en France en
20
2000. Sa première visite est pour une organisation humanitaire à Paris. Quand il raconte la
torture, les sévices, l’horreur des camps et de la prison, on s’obstine à ne lui poser qu’une
question : « Mais étiez-vous islamiste ? ». Avec le commentaire : « Parce que pour eux, c’est
bien fait. » Et l’innocence se fait inavouable. Lyes pourtant les comprend, « ces
Occidentaux ». « Ils ont le droit d’avoir peur. Mais pour nous, il y a quelque chose alors qui
se dérobe. On n’a plus le courage de dire. »
Laribi s’est associé à la première procédure contre Nezzar, à Paris en avril 2001, parce
qu’il avait une entière confiance en un autre des deux plaignants. « En représailles, son fils a
été enlevé dix jours à Alger par la police. Il a fini par se retirer », raconte Lyes. Lui continue
avec une nouvelle plainte contre le général : « Je me sentirai traître d’abandonner maintenant.
Que chacun ait aujourd’hui le courage de dire ce qu’il a vécu. Eux comme nous. » Le 4 avril
dernier, la police française entendait le général Nezzar dans la première procédure. A propos
des déportations réalisées à partir de 1991, il s’exclamait : « Personne ne s’est plaint alors. »
Et, sur Laribi et ses quatre ans de détention : « C’est un activiste islamiste convaincu. Je ne
me suis jamais rendu dans les centres où il a été incarcéré. Je ne comprends pas pourquoi je
suis mis en cause par cet homme. » Classée sans suite.
(1) Editions Paris-Méditerranée, 15 euros, 230 pp.
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La « sale guerre » civile algérienne en procès devant le tribunal
correctionnel de Paris
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 1er juillet 2002
Le général Nezzar, ex-homme fort d’Alger, accuse de diffamation un ancien officier réfugié
en France.
Étrange paradoxe : c’est à un tribunal français que va revenir le soin de trancher une
querelle entre militaires algériens et, au-delà, d’éclairer un pan de l’histoire récente du pays.
Et pas n’importe laquelle : celle qui a vu, en janvier 1992, l’interruption d’élections
législatives que les islamistes étaient en passe de gagner haut la main.
On en connaît les conséquences. L’Algérie a sombré dans une guerre civile qui a fait
100 000 morts (l’estimation est du président Bouteflika) voire davantage, pour l’essentiel des
civils. Dix ans après, la violence a nettement baissé mais elle est loin d’avoir disparu.
A l’origine du procès qui s’ouvre, lundi 1er juillet — en principe pour une semaine —
devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, quelques phrases lâchées à la
télévision française, en mai 2001, par un ancien officier, Habib Souaïdia. Les « généraux »,
avait-il déclaré, c’est eux les décideurs, c’est eux qui ont fait la guerre. C’est eux qui ont tué
des milliers de gens pour rien du tout ». « C’est eux qui ont décidé d’arrêter le processus
électoral, c’est eux les vrais responsables [de la guerre civile]« , avait-il ajouté. Cette grille de
lecture, qui exonère pour partie les islamistes, continue à diviser aujourd’hui la société
algérienne en deux camps irréductibles, tout comme ceux qui, en France, s’intéressent au sort
de l’Algérie.
Que cette prise de position débouche sur un procès qui s’annonce orageux tient également
à la personnalité du plaignant et à celle du prévenu. Habib Souaïdia n’est pas n’importe qui.
Militaire en rupture de ban, aujourd’hui réfugié politique en France, il est l’auteur d’un livre
21
qui a fait scandale, à sa sortie, de part et d’autre de la Méditerranée. Dans La Sale Guerre
(Éditions La Découverte), M. Souaïdia raconte avec précision comment, engagé volontaire en
1989, il a été témoin de tortures, d’exécutions sommaires et de massacres de civils dont il
attribue clairement la paternité à l’armée.
C’était la première fois qu’un témoignage venu de l’intérieur de l’institution militaire
mettait ainsi ouvertement en cause l’armée. D’où le succès du livre en librairie (85 000
exemplaires vendus toutes éditions confondues) et, en avril 2002, la condamnation de son
auteur, réfugié politique en France, à 20 ans de prison par contumace par un tribunal algérien
pour « participation à une entreprise d’affaiblissement du moral de l’ANP [Armée nationale
populaire] et de la sûreté de l’État ».
Dans l’entretien accordé à la Cinquième chaîne (ce qui explique que le président de France
Télévision, Marc Tessier, est cité à comparaître), Habib Souaïdia ne s’en était pas uniquement
pris à l’institution militaire. Il avait eu des mots très durs à l’encontre de celui qui, par sa
position, incarnait le régime lorsque l’Algérie a sombré dans la violence, le général Khaled
Nezzar. M. Souaïdia l’accusait de crimes et le comparait aux généraux français Massu et
Aussaresses.
Aujourd’hui à la retraite, Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense nationale, a donc
décidé de porter plainte pour diffamation. Sa démarche, a-t-il précisé, n’engage que sa
personne « même si l’enjeu concerne l’Algérie tout entière ».
Et c’est ainsi qu’un tribunal français va devoir se pencher sur une période tumultueuse et
dramatique de l’histoire récente de la jeune Algérie. « Il s’agit du premier grand procès du
régime militaire algérien », résume l’éditeur de La Sale Guerre, François Gèze.
Les débats promettent d’être passionnés. De part et d’autre, les témoins convoqués ont été
des acteurs engagés et, pour certains, le sont encore. Défendu par Me Jean-René Farthouat, le
général Nezzar a fait citer, entre autres personnalités, un ancien Premier ministre, Sid Ahmed
Ghozali, l’actuelle porte-parole du gouvernement, Khalida Messaoudi, le directeur de
l’Observatoire des droits de l’homme, Rezzag Bara, une poignée d’universitaires (dont André
Mandouze) et quelques journalistes.
Les témoins de la partie adversaire, dont Me William Bourdon et Me Antoine Comte
assureront la défense, ne sont pas moins intéressants. Ont été sollicités les historiens
Mohammed Harbi et Pierre Vidal-Naquet, la députée du Parlement européen Hélène Flautre,
la soeur du chanteur kabyle assassiné Lounès Matoub, Malika Matoub, et surtout quatre
militaires entrés en dissidence, dont deux appartiennent au MAOL, un mouvement d’officiers
libres connu pour ses « révélations » diffusées sur Internet. Au total, pour les deux parties, pas
moins de 38 témoins ont été cités.
La situation personnelle du général Nezzar n’est pas faite pour calmer les débats. En
novembre 2001, sous le coup de plaintes pour « tortures » déposées par des familles de
victimes, il avait dû quitter précipitamment la France où il se trouvait en visite privée. Un an
plus tard, il était auditionné par la brigade criminelle et son affaire a fait l’objet d’un
« classement sans suite », selon son avocat. Mais une nouvelle plainte contre le général Nezzar
a été déposée par six personnes, vendredi 28 juin, auprès du procureur de la République pour
« tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants ». A l’ouverture du procès, le statut de
l’ancien ministre de la défense apparaît à nouveau incertain.
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22
L’armée algérienne « défend son honneur » en France
RFI, Mounia Daoudi, 1er juillet 2002
Le procès en diffamation contre Habib Souaïdia, cet ancien officier algérien, auteur de
l’ouvrage à succès La Sale Guerre qui dénonce notamment les exactions de l’armée
algérienne contre des civils depuis l’interruption en janvier 1992 du processus électoral, s’est
ouvert lundi après-midi devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Ce procès
pour lequel le plaignant n’est autre que le général Khalid Nezzar, ancien ministre de la
Défense et l’un des anciens hommes forts du régime algérien, sera dans l’esprit de
l’accusation l’occasion de « blanchir » l’armée algérienne. La défense dénonce, elle, « le
paradoxe d’un procès où l’accusé, Habib Souaïdia, est un homme extrêmement courageux qui
dénonce des faits graves et la victime, une personne suspectée d’avoir couvert des exactions
d’une extrême gravité ».
Ce n’est paradoxalement pas pour La Sale Guerre que Habib Souaïdia est poursuivi en
diffamation par le général à la retraite Khalid Nezzar. L’ouvrage, qui a connu un franc succès
avec 70 000 exemplaires déjà vendus, avait pourtant provoqué un séisme à Alger. Et même si
le livre n’a pas été distribué dans les librairies algériennes, l’ouvrage a suscité un tel émoi que
le chef d’État-major, le général Lamari, s’était senti obligé de réagir dans un communiqué à
ses troupes. Il y dénonçait notamment une opération visant à donner de l’armée « un visage
dictatorial » ainsi qu’un « rôle politique obscur et handicapant ». Habib Souaïdia a d’ailleurs été
condamné par contumace par un tribunal d’Alger à vingt ans de prison pour « participation à
une entreprise d’affaiblissement du moral de l’armée et de la sûreté de l’État ».
Même si La Sale Guerre a été qualifiée de « tissu de mensonges » par les autorités
algériennes, le général Khalid Nezzar a choisi d’attaquer pour diffamation son auteur pour
une toute autre affaire. Il s’agit d’une déclaration diffusée par la chaîne de télévision française
la Cinquième dans laquelle Habib Souaïdia affirme que « les généraux -les véritables
décideurs- ont tué des milliers de gens pour rien ». « Ce sont eux qui ont décidé d’arrêter le
processus électoral, affirme-t-il, ce sont eux les vrais responsables ». L’ancien officier n’hésite
d’ailleurs pas à citer des noms et affirme qu’il ne peut pas « pardonner au général Nezzar » et
qu’il faut « juger les coupables ».
L’occasion était donc toute trouvée pour l’armée algérienne de « se blanchir » puisque le
général Nezzar veut « un procès politique ». Son avocat affirme en effet que le but recherché
est de « faire une large perspective de ce qui s’est passé ces dernières années ». Il s’agit dans
l’esprit des autorités algériennes de détruire « le complot médiatique fait au régime ». Pour
l’ancien homme fort, « les auteurs de ce complot, qui utilisent Habib Souaïdia comme un
simple pion, sont le Front islamique du salut (FIS aujourd’hui dissous) et le Front des forces
socialistes (FFS, principal parti d’opposition) ». Le procès qui s’est ouvert lundi à Paris risque
donc de traiter d’enjeux de politique intérieure algérienne auprès d’une juridiction bien
éloignée du territoire algérien.
Le général Nezzar n’est pas à l’abri de poursuites
Si l’ancien homme fort du régime algérien se présente comme une victime devant le
tribunal de Paris, il n’est pas pour autant à l’abri de poursuites judiciaires. Le général Nezzar
avait dû en effet en avril dernier quitter précipitamment Paris pour éviter de se retrouver
confronté à la justice française. S’appuyant sur la compétence universelle, cette dernière avait
23
en effet jugé recevable des plaintes pour tortures déposées contre lui par trois Algériens.
L’affaire avait été ensuite classée puisque selon le procureur de la République « le contenu de
la plainte n’a pas permis de d’apporter d’éléments de nature à prendre l’initiative de
poursuites à l’encontre du général Nezzar ».
Une nouvelle plainte a toutefois été déposée la semaine dernière contre l’ancien ministre
de la Défense pour « tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants ». Neuf Algériens
demandent ainsi au procureur de la République l’ouverture d’une enquête préliminaire pour
que « soit procédé à l’interpellation et à l’audition du général Nezzar ». Selon eux, ce dernier a
eu jusqu’en 1994 les prérogatives d’un « super chef d’État » et « c’est sous sa direction que fût
appliquée la politique de répression systématique » du peuple algérien. La justice française vat-
elle donner suite à cette plainte ? C’est ce que se demandent les militants algériens des droits
de l’homme.
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France-Algérie/Paris : nouvelle plainte contre Nezzar
Associated Press, 1er juillet 2002
Le tribunal doit entendre mardi à 9h30 Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre
algérien de juin 1991 à juillet 1992.
L’ancien ministre de la Défense algérien, qui se trouve actuellement à Paris, est accusé de
« tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants ».
Une nouvelle plainte a été déposée vendredi à Paris par neuf Algériens contre l’ancien
ministre de la Défense algérien, Khaled Nezzar, pour tortures et traitements cruels, inhumains
et dégradants, a-t-on appris lundi auprès de l’un de leurs avocats, Me William Bourdon.
M. Nezzar, ancien homme fort du régime algérien lors de l’interruption du processus
électoral en 1992, se trouve actuellement en France pour assister à partir de lundi au procès
qu’il a intenté à un ancien sous-officier de l’armée algérienne, Habib Souaïdia, auteur du livre
La Sale Guerre.
De précédentes plaintes déposées pour les mêmes motifs en avril 2001 contre M. Nezzar
ont été depuis classées sans suite par le parquet de Paris.
Audition
Les plaignants demandent au procureur de la République l’ouverture d’une enquête
préliminaire pour que « soit procédée à l’interpellation et à l’audition du Général Khaled
Nezzar ».
Selon eux, M. Nezzar a eu jusqu’en 1994 les prérogatives d’un « super chef d’État » et c’est
« sous sa direction que fut appliquée la politique de répression systématique des opposants et
notamment du FIS (Front islamique du salut, dissous, NDLR) et c’est sous sa direction encore
que continuèrent à être commis de façon massive des crimes de torture ».
Raisons politiques
« Les déportations, les meurtres collectifs, les exécutions extrajudiciaires en série et surtout
l’utilisation massive de la torture se sont inscrits dans le cadre d’une politique de répression
systématique inspirée par des raisons politiques dont Monsieur Khaled Nezzar a été le
principal instigateur et artisan », poursuit le texte de la plainte.
24
Parmi les plaignants figurent plusieurs des personnes qui avaient déjà déposé plainte en
avril 2001, dont les membres d’une même famille, ainsi que Lyez Laribi, un étudiant ayant
passé plusieurs années en prison en Algérie, une expérience qu’il raconte dans un livre intitulé
Dans les geôles de Nezzar.
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2 juillet 2002 : France 2 a fait un sujet sur le procès dans le JT de 20 h

2 juillet 2002 : France 3 a fait un sujet sur le procès dans le JT de la nuit
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Procès Souaïdia-Nezzar : deux visions de l’Algérie
Le journal permanent du Nouvel Obs, 2 juillet 2002
Lors du procès en diffamation intenté contre lui par le général Khaled Nezzar, Habib
Saouïda dénonce les exactions perpétrées par l’armée algérienne.
Face au général à la retraire Khaled Nezzar qui le poursuit en diffamation, Habib Saouïdia,
auteur du livre La Sale Guerre, a réitéré devant la justice française ses propos contre l’armée
algérienne qu’il accuse de massacrer la population de son pays. « L’Histoire vous rattrapera
dans votre tombe », s’est écrié l’ex-sous-lieutenant en pointant un doigt vengeur vers l’ancien
ministre algérien de la Défense assis devant ses avocats. Khaled Nezzar poursuit Habib
Souaïdia pour des propos tenus le 27 mai 2001 sur la chaîne La Cinquième lors de l’émission
Droits d’auteur consacrée à l’Algérie. Il demande 15 000 euros de dommages-intérêts.
Accusations réitérées
Habib Souaïdia, âgé de 33 ans, réfugié en France depuis avril 2000, n’a cessé lundi de
marteler ses accusations de corruption à l’encontre du pouvoir algérien et de ses généraux qui
constituent, selon lui, « une seule famille qui décide » du devenir de l’Algérie. « Ils savent très
bien que s’il y a une démocratie en Algérie, ce seront les premiers à être jugés », a-t-il
expliqué. « Nezzar dit qu’il a sauvé la démocratie de l’intégrisme. Où est la démocratie en
Algérie ? », s’est-il emporté alors que la majorité du public, qui suit les débats devant la 17e
chambre du tribunal correctionnel de Paris, est acquis à sa cause.
Armée algérienne
Des propos vivement contestés par le général Nezzar, pour qui les exactions orchestrées en
Algérie sont l’oeuvre des islamistes intégristes, même s’il a reconnu qu’il pouvait y avoir eu
des « bavures » commises par l’armée.
Sanglé dans un costume sombre, le général Nezzar, qui refuse d’être pris pour « un
apparatchik assoiffé de pouvoir à l’instar de [ses] compagnons », s’en est pris à une presse
française qui tente de « faire croire que les odieux massacres perpétrés par les islamistes
intégristes seraient l’oeuvre de l’armée algérienne ». « L’armée algérienne n’est pas une armée
de barbares », a-t-il affirmé avec force. C’est « une armée populaire confrontée à une situation
inédite et difficile avec la guerre contre les intégristes », a-t-il encore fait valoir.
« Éviter la guerre civile »
Celui qui fut l’un membre du Haut comité d’État, présidé par Mohamed Boudiaf, chef
d’État assassiné il y a tout juste dix ans, a justifié l’interruption du processus électoral en
25
1992. « Il fallait éviter la guerre civile et l’ »afghanisation » de l’Algérie. En un mot, un État
taliban ».
Considéré comme acteur de la tendance « éradicatrice » du pouvoir algérien qui refuse tout
compromis avec les intégristes, Khaled Nezzar concentre sur sa personne les attaques de la
mouvance « réconciliatrice », animée notamment par Hocine Aït Ahmed, secrétaire général du
Front des forces socialistes (FFS), exilé en Suisse.
Nouvelles plaintes
Défendu par Me Antoine Comte, avocat parisien de M. Ahmed, Habib Souaïdia a demandé
plusieurs fois à la barre du tribunal la création d’une commission d’enquête. « On trouvera qui
sont les responsables de tous les massacres ».
Une nouvelle plainte pour tortures a été déposée vendredi contre le général Nezzar par Mes
William Bourdon et Antoine Comte au nom de six plaignants qui l’accusent d’avoir couvert
de son autorité le recours à la torture après la proclamation de l’état d’urgence en 1992. Cette
plainte qui vise les faits de tortures et actes inhumains au sens de la Convention de New York
de 1984, ratifiée par la France, est actuellement à l’étude au parquet de Paris, indique-t-on
lundi de sources judiciaires.
Une plainte similaire avait été déposée par les mêmes avocats au nom de trois plaignants
l’an passé au mois d’avril. Une procédure classée sans suite mais qui avait conduit le général
Nezzar a quitter précipitamment la France où il était venu présenter son ouvrage, « Algérie,
échec d’une régression avancée ».
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Un ex-Premier ministre algérien défend le rôle de l’armée
Reuters, mardi 2 juillet 2002, 15h04
PARIS (Reuters) — Sid Ahmed Ghozali, ex-Premier ministre algérien, a soutenu mardi au
tribunal de Paris l’armée de son pays, qui a barré la route du pouvoir aux islamistes après les
élections législatives de 1992.
« Notre conviction était que laisser le pouvoir aux islamistes, c’était laisser tomber
l’Algérie », a-t-il dit à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Il a estimé que l’armée était
« le seul rempart contre l’obscurantisme » dans son pays.
Il témoignait au procès en diffamation d’un ancien officier de l’armée algérienne, Habib
Souaïdia, qui a soutenu dans un livre intitulé La Sale Guerre que les généraux algériens
utilisaient la guerre civile et organisaient eux-mêmes des massacres de civils imputés aux
islamistes, afin de monopoliser le pouvoir politique et économique.
Pour Sid Ahmed Ghozali, qui était Premier ministre au moment de l’interruption du
processus électoral en 1992 et au début de la guerre civile, qui a fait au moins 100 000 morts
en dix ans, cette thèse est une invention des islamistes.
« La stratégie de l’islamisme, c’est de s’emparer du pouvoir sur la base de l’effondrement
de l’État en passant par la déstabilisation de l’armée », a-t-il dit.
Il a affirmé que l’intervention armée de 1992 n’avait pas décidée par les militaires seuls
mais avait bénéficié d’un consensus très large dans la société civile et les milieux politiques.
L’ancien président Ahmed Ben Bella lui aurait d’ailleurs dit à ce moment : « Mon fils, tu ne
vas pas laisser le pouvoir à cette bête immonde ! ».
Le procès contre Habib Souaïdia a été initié par le général Khaled Nezzar, à qui on prête
26
un rôle important dans l’interruption du processus électoral et qui se voit imputer des faits de
tortures par des plaignants algériens.
Le procès doit durer toute la semaine. Une vingtaine de témoins au total doivent venir
déposer sur les différents aspects de la guerre civile algérienne.
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L’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali justifie la mise hors la loi du
FIS
Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 12h48
PARIS (AP) — « Laisser le pouvoir aux islamistes, c’était la fin de l’Algérie ». Sid Ahmed
Ghozali, ancien Premier ministre algérien, a justifié mardi l’interruption du processus
électoral en 1991, au deuxième jour du procès qui oppose à Paris le général à la retraite
Khaled Nezzar à Habib Souaïdia, auteur de La Sale Guerre.
En 1991, il n’y avait d’autre choix, a-t-il affirmé que de mettre fin au processus électoral
qui avait vu le Front islamique du salut (FIS) arriver en tête des élections législatives avec
26 % des suffrages mais 60 % d’abstention.
« Le FIS, avec la complicité d’un clan au pouvoir, a manipulé les listes électorales et le
scrutin », a-t-il soutenu à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Ce résultat était un vote de
« rejet de tous ceux » que le peuple « considérait comme étant responsable des difficultés dans
lesquelles » il était, a-t-il poursuivi.
L’interruption du processus électoral n’a pas été décidé par les militaires seuls, a-t-il
assuré, car il s’agissait d’une décision « des militaires, du gouvernement et de la société civile
d’un commun accord ». D’ailleurs, Ahmed ben Bella, l’un des père de la révolution algérienne
lui aurait dit : « Mon fils, tu ne vas pas laisser le pouvoir à cette bête immonde ».
L’ancien ambassadeur d’Algérie en France, cité comme témoin à la demande du général
Nezzar, a expliqué qu’il n’avait pas voulu être le Chapour Bakhtiar de l’Algérie » dans une
allusion au dernier Premier ministre du shah d’Iran avant la prise de pouvoir de l’ayatollah
Khomeini.
« L’Algérie n’est pas une république bananière avec d’un côté des militaires assoiffés de
sang et de l’autre côté des civils obéissants », s’est insurgé M. Ghozali qui refuse d’être pris
pour un « apparatchik » inféodé aux militaires.
Selon lui, les violences islamiques n’ont pas commencé avec l’interruption du processus
électoral en 1991 mais remontent bien avant la légalisation du FIS en 1989. « La stratégie des
islamistes vise à exploiter les situations de détresse, de frustration et de corruption, qui sont de
la responsabilité du pouvoir en place, pour accéder au pouvoir », a-t-il expliqué. Et pour mieux
accéder au pourvoir, estime l’ancien Premier ministre, il faut « déstabiliser l’armée, seul
rempart aux projets islamiques ».
Les débats se poursuivent mardi après-midi avec l’audition de témoins de la défense et de
la partie civile. AP
pas/Bg
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« La sale guerre » de l’armée algérienne devant la justice à Paris
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AFP, mardi 2 juillet 2002, 11h09
PARIS (AFP) — Un ancien militaire algérien, Habib Souaïdia, auteur du livre La Sale
Guerre poursuivi depuis lundi en diffamation à Paris par le général Khaled Nezzar, a répété
au dignitaire les graves accusations qu’il porte contre son armée, l’accusant de « massacres » et
de « tortures ».
Véhément, souvent confus, l’ancien officier, un petit homme de 33 ans, s’est même fait
menaçant à l’encontre de l’ancien ministre de la Défense nationale (1990-1993), lui lançant :
« l’Histoire vous rattrapera dans votre tombe ! ».
Assis face à lui, le fixant du regard sans broncher, Khaled Nezzar, 64 ans, a longuement lu
un texte. « Au delà des propos diffamatoires à l’égard de ma personne c’est en réalité sur tout
un peuple, son gouvernement et son armée […] que les diffamateurs et leur porte-voix tentent
de jeter l’opprobre », a-t-il répliqué.
Principal instigateur de l’interruption du processus électoral algérien en janvier 1992,
M. Nezzar poursuit Habib Souaïdia devant la 17e chambre du tribunal correctionnel pour des
propos qu’il a tenus lors d’une émission diffusée sur La Cinquième, en mai 2001.
Soutenant la thèse selon laquelle l’armée algérienne organise des massacres dans la guerre
civile qui secoue le pays depuis 10 ans, afin de se maintenir au pouvoir, M. Souaïdia avait
notamment affirmé que « les généraux » ont « tué des milliers de gens ».
Dans un parallèle avec les exactions commises par l’armée française durant la guerre de
décolonisation, il avait aussi lancé : « je ne peux pas pardonner au général Massu et au général
Aussaresses les crimes qu’ils ont commis comme je ne peux pas pardonner au général
Nezzar ».
Interrogé sur les exactions dont il dit avoir été témoin, il raconte au tribunal avoir vu des
militaires brûler vif un enfant de 15 ans après l’avoir aspergé d’essence. « On prend l’enfant,
on le met sur une décharge publique, on verse sur lui de l’essence et on allume avec du
plastique […]. Quel être humain peut faire ça ? ».
Souaïdia dit également avoir été contraint d’escorter en mars 1993 des militaires déguisés
en islamistes dans un village appelé Douar Ez-Zaatria, où ils auraient massacré 12 civils. « J’ai
vu ces collègues habillés en civil avec des fusils de chasse, des poignards, portant la barbe et
sortir dans des voitures banalisées pour faire la chasse aux Algériens ! ».
Face à ces graves accusations, déjà rapportées dans son ouvrage (environ 70 000
exemplaires vendus), Khaled Nezzar a répondu que « l’armée algérienne n’est pas une armée
de barbares ».
Il a aussi longuement justifié l’interruption du processus électoral et le rôle des militaires
dans la lutte contre les islamistes. « L’action de l’armée a eu pour but de préserver l’ordre
menacé par les islamistes […]. Il fallait éviter l’afghanisation de l’Algérie, en un mot, l’État
taliban ».
Les avocat de Souaïdia, Mes William Bourdon et Antoine Comte, ont profité de la
présence de Nezzar en France pour déposer à son encontre, au nom de neuf Algériens, une
nouvelle plainte pour tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants. De précédentes
plaintes déposées pour les mêmes motifs en avril 2001 ont été depuis classées sans suite.
Mardi, les débats reprendront à 09H30 avec l’audition de l’ancien Premier ministre Sid
Ahmed Ghozali (juin 91-juillet 92), cité par la défense de Khaled Nezzar. Le procès doit
s’achever vendredi.
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L’armée algérienne devant la justice française
« Je n’arrive toujours pas à savoir comment on a fait ça » : l’officier
Souaïdia a raconté hier la sale guerre des généraux
Libération, Florence Aubenas, mardi 2 juillet 2002
« Pourquoi moi ? » Quand, il y a un an, un ex-sous-lieutenant, Habib Souaïdia, a publié La
Sale Guerre, racontant les exactions de l’armée algérienne depuis 1992, il s’attendait à être
attaqué en justice, par un général ou un autre. Et rien. « D’autres ont même dit pire que moi.
Un ancien officier a écrit un livre où il accuse le général Nezzar d’avoir tué sa femme (1). » A
ces mots, la salle de la 17e chambre correctionnelle de Paris sursaute. Tous sauf Nezzar,
impassible. Finalement, Souaïdia est devant le tribunal, attaqué en diffamation par cet exministre
de la Défense algérien pour une interview diffusée sur TV5.
La salle du tribunal est trop petite. On se bouscule. Ceux qui sont entrés ont du mal à rester
assis. L’énervement, l’émotion. Tout le monde sait ce qui va se jouer pendant cinq jours : le
premier procès des responsabilités dans une guerre qui a déjà fait 200 000 morts.
Exécutions
« On était la chair à canon. » A la barre, Souaïdia, réfugié en France, raconte les « Forces
spéciales », où il fut officier à partir de 1992. Les viols, la torture, les exécutions. Et sa voix
qui se casse pour raconter ce soir parmi d’autres, à Lakhdaria. « Aujourd’hui encore, je
n’arrive pas à savoir comment on s’est retrouvés à faire ça. On est partis en Renault Express
avec des collègues. » A bord, un homme et un enfant de 15 ans, « qu’on a sortis de leur
maison », accusés de terrorisme. « Quand on arrive à la décharge de la ville, on met l’enfant à
poil. Il est attaché avec des fils de fer. » La salle s’est figée dans le silence. « On verse du
carburant sur l’enfant, on le met dans du plastique pour que, de lui, il ne reste rien du tout. On
allume le feu. Le lendemain, comme toujours, la gendarmerie emballe ce qui reste, comme de
la merde. Elle dit : « Les terroristes l’ont tué. » Et la mère du gamin, qu’est-ce qu’elle peut
dire ? On avait des ordres, mais les généraux, en Algérie, personne ne peut les accuser. Si
c’était une démocratie, c’est lui qui serait jugé en premier. »
De la chaise en face, se déplie 1,90 mètre en costume-cravate. Le président s’inquiète :
« On m’a dit que vous étiez malade. Vous pouvez rester debout ? » L’autre opine gravement.
Sort un premier papier. Lit : « Je suis le général Nezzar Khaled. » Puis un second, dont il
déchiffre tout avec cérémonie, ponctuation comprise. Pour ce haut gradé d’une Algérie
toujours prête à s’irriter d’une possible « ingérence étrangère », les raisons d’avoir saisi un
tribunal français paraissent un étrange écho aux accusations de Souaïdia : « Une procédure en
Algérie aurait été, aux yeux de mes accusateurs, frappée de suspicion au motif d’une justice
subordonnée au pouvoir. » A une question d’un avocat de la défense, Antoine Comte, le
général commence à se fâcher : « Je vous appelle maître pour ne pas vous appeler autrement. »
Comte : « Vous vous croyez où ? Nous sommes dans un État de droit, vous devez m’appeler
maître. » Dans la salle, des amis de Nezzar murmurent : « Vous vous rendez compte comment
on ose parler à un général. »
« Illettré »
Puis William Bourdon, l’autre avocat de la défense, l’interroge sur les déclarations d’un
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autre général, critiquant ceux qui, comme Nezzar, ont annulé en 1992 le processus électoral
que le FIS s’apprêtait à remporter. Et là, le général Nezzar devient le général Nezzar,
déclarant : « C’est un illettré. Il a une usine de couvertures et une ligne de transport. C’est
normal, depuis l’indépendance, on a des généraux illettrés. »
(1) La Mafia des généraux, par Hichem Aboud
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Algérie : le procès de la « sale guerre »
Le Parisien, Catherine Tardrew, 2 juillet 2002
EN PRINCIPE, il s’agit d’un banal procès en diffamation. Seulement voilà : à la veille, ou
presque, du 40e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet, un tribunal français
est appelé à se prononcer sur une affaire dont les deux protagonistes sont des militaires
algériens. Le général Khaled Nezzar, ex-ministre de la Défense, longtemps considéré comme
l’homme fort d’Alger, estime son honneur bafoué par un sous-lieutenant. Son nom : Habib
Souaïdia. Dans son livre La Sale Guerre (La Découverte), Souaïdia accuse l’armée algérienne
de massacres dont, depuis douze ans, les groupes armés islamistes sont tenus responsables.
Plus : il a affirmé que ce sont les généraux (dont Nezzar) qui, en janvier 1992, ont « arrêté le
processus électoral ». Furieux, Nezzar a porté plainte pour diffamation. Mais, hier, devant la
17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, personne n’est dupe. La question est : « Qui
tue qui en Algérie ? »
« Vider l’abcès »
Le sous-lieutenant Souaïdia, c’est « David contre Goliath ». Condamné à quatre ans de
prison pour vol qualifié, rayé des cadres de l’armée, il s’est réfugié en France et y a écrit son
réquisitoire implacable. Petit (1,62 m), il raconte : « Depuis 1992, il y a eu 200 000 morts,
7 000 disparus, des milliers de torturés. J’ai assisté à l’exécution d’un enfant de 15 ans. On a
versé sur lui du kérosène. Un autre homme était attaché. Lui aussi, à poil. Ils ont allumé avec
du plastique, pour que ça brûle mieux. »
En face de lui, « Goliath » : le général Khaled Nezzar, 67 ans, costume de bonne coupe,
lunettes, moustache, cheveux poivre et sel. Une carrière impeccable. Il a rejoint l’ALN
(l’Armée de libération nationale) en 1958, pour devenir, trente ans plus tard, tout puissant
ministre de la Défense. S’il est là, c’est, lance-t-il, « pour vider l’abcès » : car « au-delà de ma
personne, c’est tout un peuple, son gouvernement et son armée sur lesquels les diffamateurs
tentent de jeter l’opprobre ». Selon lui, Souaïdia, sous influence d’intellectuels français, ne fait
que répéter les thèses du Front islamiste du salut (FIS). Le vieux soldat nie être « un
apparatchik assoiffé de pouvoir ». « L’armée algérienne, insiste-t-il, n’est pas une armée de
barbares. » Les débats se poursuivent aujourd’hui.
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« Qui tue qui ? » en Algérie : deux camps s’affrontent au procès Souaïdia
AFP, mardi 2 juillet 2002, 21h23
PARIS (AFP) — « Qui tue qui ? » Revenant sans cesse dans la bouche des témoins, cette
question a opposé mardi à Paris les deux camps qui s’affrontent au procès en diffamation de
l’ex-militaire Habib Souaïdia sur la question du partage des responsabilités dans les massacres
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en Algérie entre l’armée et les islamistes. Premier à témoigner dans la matinée, l’ex-Premier
ministre (de juin 91 à juillet 92) Sid Ahmed Ghozali a surtout défendu le choix de
l’interruption du processus électoral en janvier 1992, après que le FIS (Front islamique de
salut) eut remporté le premier tour des législatives.
« Notre conviction était que laisser le pouvoir aux islamistes c’était laisser tomber l’Algérie
[…] Nous ne l’avons pas fait et nous ne le regrettons pas », martèle à la barre l’ancien chef du
gouvernement, cité comme témoin par le général et ex-ministre de la Défense Khaled Nezzar,
ancien homme fort du régime et instigateur de ce procès contre l’auteur du livre « La sale
guerre » de Habib Souaïdia.
Dans cet ouvrage, M. Souaïdia accuse le pouvoir algérien d’avoir laissé l’armée prendre le
contrôle du pays et commettre des massacres contre les populations civiles pour se maintenir
à la tête de l’État. Pour M. Ghozali, l’armée a au contraire « constitué le seul rempart contre
l’obscurantisme ».
« L’Algérie n’est pas une République bananière […] Dans le cadre de ma mission, je n’ai
jamais été en situation d’exécuter ou de recevoir des ordres de la part des autorités militaires »,
dit-il. Interrogé par des journalistes après son audition dans les couloirs du palais, il a admis
qu’il « y a peut peut-être eu des exactions » de la part des militaires, « mais elles ont été
traduites en justice ».
Intervenant après lui, Mohammed Harbi, l’un des « historiques » du FLN lors de la
décolonisation, devenu depuis opposant au régime, estime au contraire que l’Algérie présente
la spécificité « d’une armée avec un État à son service plutôt qu’une armée au service de
l’État ». « C’est un régime militaire à façade civile », dit-il.
Le point de vue est partagé par Patrick Baudoin, responsable de la Fédération
internationale des Droits de l’Homme (FIDH), appelé à témoigner par la défense : « Ce n’est
pas le président de la République, ce n’est pas le gouvernement, ce n’est pas l’Assemblée
nationale mais un quarteron de généraux qui détient le pouvoir ».
Comme avant lui Nezzar et Ghozali, il utilise la formule : « qui tue qui ? » et répond que,
selon lui, l’armée a tué des civils. Au terme de deux missions menées avec trois autres
organisations (Human rights watch, Reporters sans frontières et Amnesty International)
en 1997 et 2000, il dit avoir « recueilli des dizaines et des dizaines de témoignages, tous
concordants contre les forces de l’ordre ».
Il cite « des arrestations arbitraires en masse, des camps d’internement plus ou moins
secrets, une pratique systématique de la torture, des exécutions extra-judiciaires ».
En fin d’après-midi, un ancien officier cité par la défense, Ahmed Chouchane, placé en
détention en mars 1992 pour ses liens supposés avec des islamistes, raconte qu’il a été
« torturé » par l’armée.
Dans un français hésitant, cet homme — le seul dans l’assistance portant la barbe —
aujourd’hui réfugié à Londres, dit qu’un colonel lui aurait proposé après son arrestation de
faire des opérations dans le maquis contre les islamistes. Et selon lui le colonel aurait ajouté :
« Laisse Zitouni tranquille (à l’époque Zitouni est l’un des « émirs » du GIA, NDLR), c’est
notre homme. C’est avec lui que tu vas travailler ».
Suite du procès mercredi.
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Procès Nezzar-Souaïdia : l’armée algérienne au coeur des débats
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Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 19h35
PARIS (AP) — Au second jour du procès en diffamation qui oppose le général à la retraite
Khaled Nezzar à Habib Souaïdia, auteur de La sale guerre, le rôle de l’armée et des généraux
en Algérie a été au coeur des débats devant le tribunal correctionnel de Paris.
Premier à être interrogé mardi matin, l’ancien Premier ministre algérien Sid Ahmed
Ghozali, au pouvoir de juin 1991 à juillet 1992, refuse d’être pris pour une marionnette aux
mains des généraux.
Dans ses propos qui lui valent d’être poursuivis en diffamation par le général Khaled
Nezzar, l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia n’hésite pas à dire que les généraux algériens
sont les véritables politiciens, les décideurs et les responsables de la guerre avec les
intégristes. Sourcilleux sur son indépendance, M. Ghozali, 65 ans, s’est énervé du fait que
l’on puisse prendre l’Algérie pour « une république bananière avec d’un côté des militaires
assoiffés de sang et de l’autre des civils obéissants ». Les accusations de massacres imputés à
l’armée ne sont, selon lui, que la stratégie développée depuis des années par le Front
islamique de salut (FIS) qui consiste « à déstabiliser l’armée, pour accéder au pouvoir ». Le FIS
a été dissous en 1992.
S’il reconnaît que depuis 1999 « il y a une dérive totalitaire » dans son pays, Sid Ahmed
Ghozali, cité par la défense du général Nezzar, refuse que l’on réduise la guerre en Algérie « à
une bagarre entre deux forces violentes : les islamistes et l’armée ». L’ancien Premier ministre
a justifié l’interruption du processus électoral en 1991 : « Laisser le pouvoir aux islamistes,
c’était la fin de l’Algérie », a-t-il expliqué. « Je ne voulais pas être le Chapour Bakhtiar de
l’Algérie », a-t-il dit, faisant allusion au dernier Premier ministre du Shah d’Iran avant la prise
de pouvoir de l’ayatollah Khomeini.
Toutefois, cette interruption n’a pas été décidé par les militaires seuls, a-t-il assuré, car il
s’agissait d’une décision « des militaires, du gouvernement et de la société civile d’un commun
accord ». Véhément, Sid Ahmed Ghozali a refusé l’idée que l’interruption du processus
électoral ait induit l’intégrisme qui existait déjà bien avant. Il préfère parler de crise
économique qu’ont laissé filer les politiques et de leurs responsabilités qu’ils ont occultés.
Les deux leaders du FIS, arrêtés en 1991, Abassi Madani et Ali Benhadj — le premier est
en résidence surveillée, le second incarcéré à Blida — n’ont jamais appelé les groupes
islamistes proches du FIS à rendre les armes.
Patrick Baudoin, avocat et président de la Fédération internationale des droits de l’homme
(FIDH), cité par la défense de Habib Souaïdia, affirme avoir recueilli au cours de ses voyages
en Algérie des « dizaines et des dizaines de témoignage concordants » sur des arrestations
arbitraires, la pratique de la torture. « On a l’impression quand on n’est pas dans le camp des
généraux, on est dans celui des islamistes. Nous (la FIDH, ndlr), nous ne sommes dans aucun
camp. L’État doit respecter le droit », a-t-il avancé à la barre du tribunal.
Autre témoin plus surprenant, cité par la défense, Ahmed Chouchane, 43 ans, ancien
officier algérien. Barbe fournie et réfugié à Londres depuis 1997, l’ex-capitaine des forces
spéciales affirme avoir été torturé car il dénonçait « l’implication de l’armée contre la
population civile ». A sa sortie de prison, un militaire de haut rang lui aurait proposé de
combattre les maquis du FIS. « Laisse Zitouni (émir du Groupe islamique armé, GIA)
tranquille, c’est notre homme, c’est avec lui que tu vas travailler », lui aurait dit ce militaire.
Reprise des débats mercredi à 9h30. AP
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pas/Bg
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L’armée algérienne est une « armée républicaine » (chef état-major)
AFP, 2 juillet 2002
ALGER.- Le chef d’état-major de l’armée, le général de corps d’armée Mohamed Lamari a
estimé mardi que l’armée algérienne était une « armée républicaine ». « Nous sommes une
armée républicaine. Notre mission est claire et le reste ne nous concerne pas », a souligné le
général Lamari, cité par l’agence algérienne APS.
Évoquant un « cabinet noir », comprenant des militaires qui dirigeraient le pays, il a affirmé
« je vous renvoie aux propos du président de la République qui disait que le chef d’état-major
de l’ANP (Armée Nationale Populaire) a appris la constitution du gouvernement comme
n’importe quel citoyen ». « Ce ne sont pas des propos démagogiques, c’est la réalité », a-t-il dit,
en référence au nouveau gouvernement d’Ali Benflis, constitué après les législatives du
30 mai, remportées par le Front de Libération Nationale ex-parti unique).
Il y a « un exécutif et des institutions, et c’est à eux seuls de décider », a précisé le général
qui s’exprimait à l’académie militaire interarmes de Cherchell (100 km à l’ouest d’Alger), à la
clôture d’un cycle d’études.
Le général Lamari, observant que les militaires algériens avaient été « traités de voleurs, de
tueurs », a précisé que « s’il est arrivé par le passé que l’ANP se soit immiscée dans les
problèmes politiques de notre pays, c’est qu’à ce moment-là, les institutions mêmes de l’État
étaient défaillantes ».
« Nous avons essayé de pallier cela et, grâce à Dieu, la République a été sauvegardée », a
affirmé le général, en allusion à la décision, sous la pression des militaires, d’annuler les
élections législatives de décembre 1991 qui allaient être remportées par le Front Islamique du
Salut (FIS, dissous).
Aujourd’hui, « l’armée ne s’occupe plus que de sa mission telle que prévue par la
Constitution, ni plus ni moins », a-t-il précisé.
« Il est vrai que nous participons à la lutte contre le terrorisme. Nous le ferons jusqu’au
bout », a ajouté le général, soulignant que « pour le reste, ce n’est pas à nous de nous substituer
à d’autres organes de l’État ».
Le général Lamari a précisé que la lutte contre les groupes armés n’était pas uniquement
« l’affaire de la police et de l’armée », stigmatisant la pratique d’ »hommes d’affaires » et de
« grands entrepreneurs » qui « payent mensuellement une dîme aux terroristes ». Avec cet argent,
a précisé le responsable de l’armée, « on peut acheter des équipements, payer des tueurs. Voila
le problème ».
Il a observé à propos de la reprise des attentats à Alger et dans ses environs qu’ »il n’y a
rien de plus facile pour que deux terroristes, habillés comme tout le monde, d’être au milieu
de citoyens attendant un bus, de tirer une ou deux rafales et de s’enfuir ». « Ceci prouve que ces
gens-là sont dans un désarroi le plus total. Je peux vous le confirmer », estimant à 700 le
nombre de « terroristes ».
Il a aussi indiqué qu’il n’y avait pas de différend entre le président Abdelaziz Bouteflika et
l’armée. Cette question, « rapportée par la presse, n’a rien de nouveau. Elle date de plusieurs
années », selon lui. Le général Lamari a également précisé que l’Algérie n’avait « rien à
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reprocher au Maroc officiel, monarchie et gouvernement, concernant l’armement ou autres
soutiens des terroristes », mais qu’il se pouvait « qu’il y ait des populations frontalières ou un
petit chef de service qui manipule pour aider les terroristes, ceci oui ».
A propos de corruption dans l’armée, le général Lamari a indiqué que « l’armée est la seule
institution qui lutte contre ce fléau dans ses rangs et prend des sanctions pénales et
exemplaires ».
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Un ex-haut officier compare les méthodes de l’armée à celles des terroristes
Associated Press, mercredi 3 juillet 2002, 19 h 36
PARIS (AP) — Au jeu du « qui tue qui » en Algérie, le tribunal correctionnel de Paris, qui
juge depuis trois jours la diffamation opposant Khaled Nezzar, général à la retraite, à Habib
Souaïdia, auteur de La Sale Guerre, doit perdre son latin : mercredi, un ex-colonel de la
Direction des renseignements et de sécurité (DRS), Mohamed Samraoui, 52 ans, cité par la
défense de M. Souaïdia, a accusé l’armée d’avoir utilisé les méthodes terroristes pour lutter
contre les groupes islamistes.
Un an et demi avant l’interruption du processus électoral en 1991, l’officier explique qu’on
leur a demandé de se consacrer à la lutte contre l’intégrisme en infiltrant les groupes existants.
« On avait crée des groupes, on avait infiltré. On se retrouvait avec des vrais groupes et des
faux groupes. A un moment, l’armée ne maîtrisait plus la situation. Elle ne savait plus qui
était avec qui ».
Interrogé sur ces faits, le général Khaled Nezzar n’a pas nié le principe des infiltrations des
groupes islamistes mais a réfuté leur instrumentalisation par l’armée.
Le général à la retraite, a admis que lorsqu’il était ministre de la Défense de 1990 à 1993,
« c’est clair qu’il y a eu une tentative d’arriver au pouvoir avec le FIS », le Front islamique du
salut. Toutefois, il ne dit pas qui dans l’ombre du pouvoir a joué ce jeu.
Mardi, Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre algérien, a tenu des propos similaires
en accusant le FIS et un « clan au pouvoir » d’avoir manipulé les listes électorales et le scrutin ».
M. Samraoui, exilé depuis 1996 en Europe a ajouté que les militaires avaient arrêté « à tort
et à travers des gens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les islamistes, rien à
voir avec les violences ».
Omar Bendera, ancien conseiller du gouverneur de la banque d’Algérie, a souligné devant
le tribunal que l’interruption du processus électoral avait coïncidé avec l’arrêt du processus
économique ; et qu’un petit groupe de généraux allouaient à leurs inféodés des prébendes
financières.
Reprise des débats jeudi matin à 9h30. AP
pas/Bg
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Procès Souaïdia : un haut gradé accuse l’armée de méthodes « terroristes »
AFP, Paris, 3 juillet 2002
Pour la première fois depuis le début du procès en diffamation à Paris de l’ancien souslieutenant
algérien Habib Souaïdia, un ex-haut gradé de l’armée, colonel dans les services de
renseignements, a accusé ses supérieurs « d’utiliser les méthodes des terroristes » contre les
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islamistes. Les témoins cités par les défenseurs de M. Souaïdia, poursuivi en diffamation par
l’ex-homme fort du régime le général Khaled Nezzar et qui dans son livre La Sale Guerre
accuse l’armée de massacres, n’étaient pas, jusqu’à présent, des militaires de haut rang.
L’ex-colonel Mohamed Samraoui, 52 ans, entré dans l’armée en 1974, a lui été jusqu’en
septembre 1992 l’adjoint du général Smaïn Lamari, n°2 du Département des renseignements
et de sécurité (DRS), avant de rejoindre jusqu’en janvier 1996 l’ambassade d’Algérie en
Allemagne.
Réfugié en Europe et s’exprimant pour la première fois publiquement en France (il avait
donné en août 2001 une interview à la chaîne qatariote Al Jazira), il raconte qu’à partir de
novembre 1990 l’armée a commencé à « infiltrer » le FIS (Front islamique du Salut).
Ce travail des militaires, qui a commencé avant l’interruption du processus électoral (en
janvier 1992), revenait notamment à « créer la division », « amadouer » ou « corrompre » les
islamistes, poursuit le militaire. Le but : « casser le FIS en leur attribuant des actions ».
Deux opposants à assassiner en Allemagne
Mais au bout d’un moment l’armée n’a plus maîtrisé ses « créations ». « On avait créé des
groupes, on avait infiltré et on se retrouvait avec des vrais et des faux groupes. A un moment
l’armée ne maîtrisait plus la situation. Elle ne savait plus qui était avec qui, qui était ami, qui
était ennemi », raconte-t-il.
Parallèlement à ces opérations, l’armée a « arrêté à tort et à travers des gens qui n’avaient
rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les islamistes, rien à voir avec les actions violentes »,
dans le but de terroriser les populations civiles. « C’est à ce moment que j’ai commencé à
penser que l’on cherchait à radicaliser l’islamisme », dit-il. Invité à répondre à ces graves
accusations, le général Khaled Nezzar prend la parole très calmement et courtoisement devant
cet officier qu’il connaît et qui lui donne du « mon général » malgré son entrée en dissidence.
« Les infiltrations, c’est un travail de tous les services ! », lance doctement M. Nezzar, qui
admet qu’il existait aussi des « contacts au plus haut niveau » entre les responsables du pouvoir
et ceux du FIS. Samraoui poursuit son récit : appelé à rejoindre l’Allemagne comme
diplomate pour continuer sur le sol allemand la lutte contre les intégristes, il raconte qu’en
1994 le général Smaïn Lamari est venu le voir pour lui demander « de coordonner l’assassinat
de deux opposants », dont Rabah Kébir, le chef de l’instance exécutive du FIS à l’étranger
(assassinat qui finalement n’aura pas lieu). Cette fois Khaled Nezzar ne le contredit pas.
Suite du procès jeudi à 09 h 30.
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L’homme du jour. Khaled Nezzar
L’Humanité, ADS, 3 juillet 2002
Paradoxalement, c’est un ancien militaire, Habib Souaidia, qui depuis lundi est poursuivi
en diffamation par le général Khaled Nezzar, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel
de Paris. Le dit général porte plainte pour les « graves accusation » portées contre l’armée
qu’Habib Souaidia aurait tenu lors d’une émission télévisée.
Actuellement réfugié en France, cet ancien officier accuse le pouvoir d’être impliqué dans
les massacres de civils en utilisant les « méthodes » des islamistes pour justifier le pouvoir des
généraux et obtenir l’aide internationale. Aujourd’hui à la retraite, Nezzar fait partie de ces
hommes forts qui, dans le cercle très restreint des décideurs militaires algériens, exercent dans
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l’ombre le vrai pouvoir en Algérie. Né en 1937, ce chef de la junte militaire a été formé en
France, en Union soviétique et aux États-Unis. Devenu chef d’état-major, puis ministre de la
Défense, Nezzar, homme clé du Haut Comité d’État (HCE), a été le grand conciliateur entre
toutes les tendances de l’armée.
Accusé de tortures systématiques, de crimes organisés et de liquidations massives, il fait
l’objet de nombreuses mises en cause par des victimes de la répression sanglante de l’État
algérien. Le procès doit s’achever vendredi alors qu’une nouvelle plainte contre l’ancien
ministre a été déposée à Paris par neuf Algériens pour tortures et traitements cruels,
inhumains et dégradants.
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Procès Nezzar : le mic-mac FIS
Le journal permanent du Nouvel Obs, 3 juillet 2002
Un ex-colonel de la Direction des renseignements et de sécurité affirme que l’armée ne
maîtrisait plus la lutte contre l’intégrisme.
Au jeu du « qui tue qui » en Algérie, le tribunal correctionnel de Paris, qui juge depuis
trois jours la diffamation opposant Khaled Nezzar, général à la retraite, à Habib
Souaïdia, auteur de La sale guerre, doit perdre son latin : mercredi, un ex-colonel de la
Direction des renseignements et de sécurité (DRS), Mohamed Samraoui, 52 ans, cité par la
défense de Habid Souaïdia, a accusé l’armée d’avoir utilisé les méthodes terroristes pour
lutter contre les groupes islamistes.
Un an et demi avant l’interruption du processus électoral en 1991, l’officier explique qu’on
leur a demandé de se consacrer à la lutte contre l’intégrisme en infiltrant les groupes existants.
« On avait créé des groupes, on avait infiltré. On se retrouvait avec des vrais groupes et des
faux groupes. A un moment, l’armée ne maîtrisait plus la situation. Elle ne savait plus qui
était avec qui. »
FIS
Interrogé sur ces faits, le général Khaled Nezzar n’a pas nié le principe des infiltrations des
groupes islamistes mais a réfuté leur instrumentalisation par l’armée. Le général à la retraite, a
admis que lorsqu’il était ministre de la Défense de 1990 à 1993, « c’est clair qu’il y a eu une
tentative d’arriver au pouvoir avec le FIS », le Front islamique du salut. Toutefois, il ne dit pas
qui dans l’ombre du pouvoir a joué ce jeu.
Mardi, Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre algérien, avait tenu des propos
similaires en accusant le FIS et un « clan au pouvoir » d’avoir manipulé les listes électorales et
le scrutin.
Mohamed Samraoui, exilé depuis 1996 en Europe, a ajouté que les militaires avaient arrêté
« à tort et à travers des gens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les
islamistes, rien à voir avec les violences ».
Omar Bendera, ancien conseiller du gouverneur de la banque d’Algérie, a souligné devant
le tribunal que l’interruption du processus électoral avait coïncidé avec l’arrêt du processus
économique ; et qu’un petit groupe de généraux allouaient à leurs inféodés des prébendes
financières.
Reprise des débats ce jeudi matin à 9h30.
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A Paris, le général Khaled Nezzar défend l’armée algérienne
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 3 juillet 2002
« Si demain il y a une démocratie, c’est vous qui serez jugé », lui lance l’ex-officier Habib
Souaïdia.
« Les débats vont déborder », a prévenu le président de la 17e chambre du tribunal
correctionnel de Paris peu après l’ouverture du procès, lundi 1er juillet. Au départ donc, une
plainte en diffamation déposée à Paris par le général Khaled Nezzar, l’homme fort du régime
algérien il y a dix ans, contre Habib Souaïdia. Cet ancien sous-lieutenant est l’auteur d’un
livre publié en France, La Sale Guerre (éditions La Découverte) dans lequel il incrimine, à
partir de sa propre expérience, le comportement « criminel » de l’armée algérienne dans sa lutte
contre les islamistes.
Invité sur une chaîne de télévision, en mai 2001, M. Souaïdia avait eu des mots très sévères
à l’encontre du général Nezzar, l’accusant, lui et ses pairs, entre autres choses, d’avoir « décidé
d’arrêter le processus électoral » en 1992 au point de départ de la guerre civile, et d’avoir « tué
des milliers de gens pour rien du tout ». Ce sont ces termes qui ont nourri la plainte en
diffamation et vont permettre « pour la première fois en France un débat contradictoire sur une
guerre qui, ces dix dernières années, a ravagé l’Algérie », selon les mots d’Antoine Comte,
l’un des avocats d’Habib Souaïdia. « On est ici pour que se dégage une vérité que le tribunal
dira. Ce ne sera pas la vérité historique, mais une certaine vérité », allait dire de son côté le
président du tribunal.
La vérité, il y a celle d’Habib Souaïdia. Elle est véhémente, dure, sèche, à l’image de ce
jeune officier de petite taille, à la chevelure brune et au teint pâle, paquet de nerfs tendus
comme s’il était en mission dans le maquis. « J’aime mon pays. Mais, en Algérie, lance-t-il en
agitant ses mains, on n’a pas le droit de parler librement, c’est pourquoi je me suis réfugié en
France. On faisait un sale travail pour lequel on n’était pas préparé. J’ai vu des collègues qui
s’habillaient en civil, portaient des barbes de trois ou quatre jours, sortaient dans des voitures
banalisées et partaient faire la chasse aux Algériens, même pas aux terroristes. J’en ai vu
revenir avec des couteaux tachés de sang », dit-il. Il raconte, comme dans son livre, les
tortures, les exécutions sommaires d’adultes et d’adolescents, les viols de jeunes filles et de
vieilles femmes « par des militaires ».
« Je ne suis pas là pour dédouaner les islamistes », précise l’ex-officier avant de se tourner
vers le général Nezzar qui l’écoute, la tête légèrement inclinée, impassible, et de lui lancer, à
la satisfaction bruyante d’une partie de la salle : « L’histoire vous rattrapera. Si demain il y a
une démocratie en Algérie, c’est vous qui serez jugé. »
Bon tribun malgré son français parfois approximatif, l’ex-officier ne se démontera pas.
Que le président ou l’un des avocats de la partie civile l’interroge sur les raisons de sa
condamnation à quatre ans de prison par un tribunal militaire pour vols (le désir de vengeance
aurait pu dès lors inspirer son livre), qu’il évoque les querelles qu’il a eues avec le « nègre » de
La Sale Guerre sur le contenu de l’ouvrage, ou les conditions de son arrivée en France, Habib
Souaïdia maintiendra deux heures durant la même ligne : celle qui veut que l’attaque soit la
meilleure des défenses.
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Ce sera également le choix du général Nezzar, dans un autre registre, moins nerveux mais
tout aussi ferme sur le fond. Costume de bonne coupe, cravate couleur bordeaux, chaussant de
fines lunettes, portant beau malgré ses 67 ans, l’ancien ministre de la défense n’est pas habité
par le doute et les remords. Cette armée, où il a fait toute sa carrière, il défend son honneur
bec et ongles.
« Leur part de vérité »
« Au-delà des propos diffamatoires à l’égard de ma personne », dira-t-il dans une déclaration
à la cour, c’est sur elle que « les diffamateurs et leurs porte-voix tentent de jeter l’opprobre. Or
l’armée algérienne a rempli son devoir », jure-t-il. L’affaire est entendue : « S’il est vrai qu’il y
a eu des bavures, ce n’est pas une armée de barbares. »
Accuser ses chefs — et donc lui-même — d’avoir manipulé les institutions et les
responsables politiques ne tient pas debout, clame le général. Et d’expliquer que l’interruption
du processus électoral en janvier 1992 par l’armée (après un premier tour remporté par les
islamistes) ne faisait que répondre aux voeux de « la majorité de l’opinion publique ». Comment
pouvait-on les connaître ? lui lance Me Bourdon, l’autre avocat d’Habib Souaïdia. « Par des
sondages du ministère de la défense », répond tout à trac l’ancien ministre.
Avec un égal aplomb, il jurera que le président Chadli — contrairement à la conviction
d’une partie de l’opinion publique — n’a pas été poussé vers la sortie par les militaires, même
si un officier supérieur a participé à la rédaction de la lettre de démission. « C’est parce que
Chadli était arabisant. Il ne maîtrisait pas bien le français », explique à la barre l’imperturbable
général.
De ces événements qui, dix ans après, pèsent sur l’Algérie, il sera question pendant trois
jours à partir de mardi 2 juillet, avec le début du défilé des témoins. Une trentaine — un
ancien chef de gouvernement, des ministres, des militaires, des intellectuels — sont annoncés
et viendront dire « leur part de vérité ».
———————-
L’armée algérienne devant la justice française
« Pas un homme politique correct, que des illettrés » : à l’audience, le
général Nezzar regarde défiler des ex-ministres
Libération, Florence Aubenas, mercredi 3 juillet 2002
« Objectivement, l’armée était l’alliée des démocrates. C’est grâce à elle que nous avons pu
tenir. » Ali Haroun, ex-ministre
En Algérie, les hommes politiques existent. Physiquement en tout cas. La preuve : ils ont
défilé hier devant la 17e correctionnelle de Paris. Tous ont la même façon de se présenter. Ils
tissent longuement, comme des lauriers, leurs années d’exil et de prison, leur opposition au
pouvoir algérien ou leur traversée du désert. Devenus ministres ou hauts fonctionnaires, les
voilà qui s’excusent : on leur a proposé, « imposé », dira l’un d’eux… Pour conclure, tous se
tournent vers le général Khaled Nezzar, l’un des hommes forts du régime algérien, en faveur
duquel ils viennent témoigner pour l’assurer de leur vibrant soutien. Et Nezzar, qui bâille sans
écouter, pense sans doute : « Quel cheptel ! » C’était son commentaire sur la classe politique
algérienne, à Hélène Flautre, députée européenne en visite à Alger.
Ce haut gradé attaque pour « diffamation » l’officier Habib Souaïdia, auteur d’un livre sur
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les exactions de l’armée en Algérie, pour avoir entre autres affirmé sur TV5 : « Cela fait dix
ans qu’il n’y a pas de président, il n’y avait que des généraux […]. Ils ont tué des milliers de
gens pour rien […]. Il faut les juger. » Dans ce premier procès sur les responsabilités dans cette
sale guerre, la cour a fait hier un étrange voyage dans l’exercice du pouvoir en Algérie.
Décrets
Le cadre, c’est le début des années 90, lorsque le FIS vole de victoire en victoire. Sid
Ahmed Ghozali est nommé chef du gouvernement en juin 1991. Il signe un décret, pour les
assignations à résidence, un autre étendant les pouvoirs de l’armée, un troisième qui interdit
des publications. Son ministre de la Défense, c’est Nezzar. A l’Intérieur, c’est Larbi Belkheir,
autre général. « On aurait pu rester dans l’Histoire comme ceux qui ont été démocrates
jusqu’au bout. Mais laisser le pouvoir aux islamistes, c’était laisser tomber l’Algérie. L’armée
était le seul rempart contre l’obscurantisme », dit Ghozali à l’audience. Une autre mesure crée
des centres de déportation où furent détenues 15 000 personnes. « Vous assumez cela aussi ? »,
demande Antoine Comte, l’un des avocats de la défense. Ghozali mollit. Dans ses yeux passe
le spectre de cette autre plainte pour « torture » qui vient d’être déposée à Paris contre Nezzar
par six Algériens, dont certains furent internés dans ces centres. Témoigner en faveur d’un
général, certes. Mais se retrouver demain avec lui dans un box est autre chose. Et Ghozali se
tait.
Élections annulées
Quand le FIS remporte le premier tour des législatives fin 1991, les élections sont
annulées. Mais Chadli doit partir. Dans ses Mémoires, Nezzar écrit que la lettre de démission
de Chadli fut rédigée par un autre général. Dans le hall du palais de justice, le capitaine
Chouchène, lui aussi témoin mais pour Souaïdia, raconte comment l’officier de protection de
Chadli est venu le trouver après son départ. « Il m’a dit : « On l’a fait sortir comme un chien. »
Ce gradé portait le jogging du président et la seule chose qui le préoccupait était de savoir s’il
lui allait bien. » Le pouvoir est confié au HCE, un haut comité civil et militaire. Ali Haroun,
témoin de Nezzar, en fait partie : « Objectivement, l’armée était l’alliée des démocrates. C’est
grâce à elle que nous avons pu tenir. » A moins que ce ne soit l’inverse. Dix ans, 200 000
morts plus tard, les mêmes galons tiennent le pouvoir. Tout le reste n’est que politique. Et,
comme l’a lancé Nezzar, « pas un homme politique correct, que des illettrés ».
—————————–

Publié dans DRS(39) | Pas de Commentaire »

L’Hécatombe et la Presse ou les démons du mensonge

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

L’Hécatombe et la Presse
ou les démons du mensonge
 » Il n’est point de secret
que le temps ne révèle « 

Le Général Mohamed
Lamine Mediene Alias Toufik

Préface:

La guerre n’anéantit pas seulement les hommes, les biens et la vie en général, mais détruit également les principes, l’éthique, la déontologie et surtout l’espoir.
En Algérie, rares sont ceux qui savent résister aux charmeurs de la corruption morale et matérielle et la presse comme tout organisme stratégique n’échappe pas à cette règle.
Depuis le début de la tragédie, certains journaux ont perdu leurs essences et leur crédibilité acquises chèrement après les événements d’octobre 88, dans un pays où tous les moyens d’information appartiennent depuis l’indépendance aux décideurs.

Est-ce un hasard si la profession a payé un aussi lourd tribut ?
La mort violente des journalistes algériens et étrangers a dévoilé la détermination de ceux qui veulent à tout prix étouffer la vérité ; abaisser le rideau de fer est pour eux une nécessité afin de mener à bien la politique de l’horreur.
Cette cruauté a permis la neutralité bienveillante de la majorité et la compromission de certains autres ; les meurtres, les menaces puis l’isolement (pour ne pas dire la clandestinité et l’exil) des autres ont fini par anesthésier l’esprit critique et paralyser la quête de la vérité qui ont caractérisé la presse algérienne à l’issue des événements d’octobre 88.

Des journalistes qui ont pris avec des médecins le leadership des comités contre la torture en octobre 88 (avec la participation remarquée de l’actrice Isabelle Adjani), qui ont écris les mémoires d’octobre et sont devenus des portes voix criant leur indignation en répétant « plus jamais ça », se sont transformés en apôtres de l’éradication et en plumes de sangs.

Il est dit :  »On n’a pas le droit de tuer un homme parce qu’on ne connaît pas les images qu’il y a au fond de ses yeux », principe sacré du droit à la différence et du respect d’autrui que bon nombre de journalistes ont sacrifié au nom de la pseudo-sauvegarde de la démocratie que les intégristes veulent décapiter.

Comment expliquer aux communs des lecteurs la conversion rocambolesque d’une presse contestataire et parfois rebelle à l’avant garde de la lutte pour les droits de l’homme et la dignité humaine, en un instrument fatal entre les mains des thaumaturges du cabinet noir. Cette presse qui est devenue une girouette changeant de sens avec les vents des luttes des clans.
Certes dans un pays soumis à des bouleversements en profondeur où les affrontements entre idéologies antinomiques et intérêts divergents ont ouvert la voie à une atrocité meurtrière, le principe sacré du respect de la vie humaine est tombé à la faveur de fatwas d’imams ou pseudo-cheikhs ignares et de muftis incultes made in DRS. Mais le plus grave encore, c’est que la presse qui était le garde fou du champ politique, a fini par céder. Le résultat est connu de tous et les écrits relatifs à ce sujet sont bien loin du non dit ; les cours restent toujours pleins tant que justice n’est pas faite.

Nous ne voulons pas et nous n’avons pas la prétention de faire le procès de la presse ou des journalistes, l’histoire se chargera tôt ou tard d’une telle mission, mais nous tenons par contre à expliquer les mécanismes et les dessous de la manipulation et montrer que la démission des consciences a très largement contribué et d’une façon substantielle au pourrissement de la situation. Notre espoir est que ce dossier puisse contribuer, même de manière très modeste, à la libéralisation des consciences journalistiques, l’assainissement du milieu médiatique et la réhabilitation de la fonction de journaliste ; pour que demain soit meilleur pour ceux qui achètent chaque jour leur journal et qui s’attendent à y trouver leurs souffrances mises à nu afin de pouvoir espérer que le surlendemain sera meilleur !

Le début:

Depuis le renversement de Chadli en janvier 1992, le commandement de l’ANP de l’époque prend en charge la diffusion de toute information touchant de près ou de loin l’institution militaire ou la vie politique du pays. Les moyens de communication sont mis sous surveillance stricte afin de s’assurer du contrôle du reste des événements.
Dans le passé, cette mission délicate a de tout temps été attribué au service presse de la Direction du Renseignement et de la Sécurité qui a mis sur pied au fil des ans un service très spécialisé qui a tissé sa toile autour de tous les médias.
La gestion et la manipulation de l’information est une arme moderne très redoutable qui est employée pour gérer une situation de crise, façonner l’opinion publique et même retourner celle-ci lorsqu’elle est hostile à la politique en cours. C’est une spécialité bien établie dans tous les services secrets du monde, appelée « Média Management ou Crisis Management » et qui a démontré son efficacité plus particulièrement lors de la guerre du Golf.

En Algérie, la DRS n’est pas en marge dans ce domaine, les exemples sont nombreux, mais la pratique la plus connue de tous est la censure classique qui couvre tout le champ politique. Cette opération est assurée par l’intermédiaire de son service presse de manières différentes, mais le but final reste la manipulation psychologique de l’opinion publique nationale et même internationale lorsque le sujet a une dimension internationale.

L’exploitation et la manipulation de l’information sont réalisées par une sous direction de la DRS : le service presse, plus scientifiquement baptisé «service psychologique ». Il est en charge de la «guerre médiatique ». Cette sous direction est basée actuellement au centre opérationnel de Belaroussi (l’ex-centre de support opérationnel technique), situé derrière la cité des Asphodèles à Ben Aknoun et est connu par les introduits dans les milieux médiatiques sous le nom de code CCD.

Le centre Belaroussi, classé très sensible, est commandé par le fameux Colonel Aziz. Il abrite les bureaux du centre de la communication et de la diffusion (CCD) qui est dirigé par le colonel Tahri Zoubir alias Hadj Zoubir.
Si El-Hadj comme il est communément appelé, est comme ses prédécesseurs, en charge du recrutement par n’importe quel moyen du plus grand nombre possible de journalistes (même étrangers), le but est bien simple : la censure passive et active de tout ce qui est considéré comme une information à caractère sécuritaire.

La censure passive est plus classique, elle permet la régulation des moyens médiatiques que ce soit la télévision, la radio, la presse écrite ou très récemment l’Internet (le serveur du Cerist, ANEP, Wissal), et ce par l’intermédiaire d’officiers présents sur place, qui bénéficient de postes importants (bureaux de sécurité) et jouissent d’une liberté d’action sans limites. Chaque bureau de sécurité au sein d’un organisme médiatique comme la TV, la radio, les stations régionales (TV et radios) et l’APS regroupe une petite équipe d’officiers qui veille 24 heures durant sur le bon déroulement des choses. Il est même arrivé qu’un officier soit lui-même le directeur de l’établissement comme cela est souvent le cas concernant le poste de directeur de l’APS (comme le colonel Talmat, décédé en 1996).
La censure active est plus importante car elle nécessite des moyens humains importants à savoir des agents et des spécialistes en communication, capables de créer l’événement et de renverser une situation médiatique hostile.

Ce sont des spécialistes, le plus souvent des étrangers (spin docteurs : ce qui veut dire, des docteurs en renversement de crise), qui tracent les démarches à suivre pour minimiser les retombées médiatiques d’une situation catastrophique (comme ça a été le cas après les massacres de 1997 et 1998).
Dans tous les cas, le CCD a pour mission : la culture du secret dans le seul but de manipuler les masses d’une population en quête de vérité. Rien ni personne ne compte devant la soi-disant raison d’Etat, ce sceau sous lequel bien des vies sont sacrifiées et tant d’autres gâchées.

Tahri Zoubir est un ancien officier issu de la Direction Centrale de la Sécurité de l’armée (DCSA), il a occupé des postes de responsabilités assez importants avant de devenir commandant du CCD. Il a été le sous directeur de la sous direction des points sensibles ; ce qui englobe la sécurité de toutes les enceintes militaires à travers le territoire national. Il a joué un rôle clé lors du départ du général Kamel Abderahman et plus tard dans celui du général Mohamed Betchine qui a été aussi son ancien chef.
El Hadj Zoubir est assisté dans ses taches par toute une équipe d’officiers qui sont :

*Le colonel Smail Hallab du corps de la gendarmerie nationale qui commande un service de soutien à Zoubir depuis le quartier général à Bab Djedide.

*Le colonel Kamel originaire de la DRS avec ses hommes qui sont : les commandants Hamdi Amalou et Omar Bououne, le capitaine Amine et le lieutenant Salah du service analyse de la DRS.

*Le commandant Miloud Originaire de la DCE et le Capitaine Hamza Originaire du centre opérationnel « Antar » et qui travaillent tous deux pour le compte de Smain Lamari.

*Les adjoints directs de Zoubir, originaires de la DCSA tout comme lui, sont : les commandants Djilali et Samir.

*les Capitaines Djamel, Mohamed et Boudjemaa, le lieutenant Madjid, l’adjudant chef Abdenour Khodja et la PCA Djamila (personnel civil assimilé), qui constituent le secrétariat général du CCD.

Le recrutement des plumes est réalisé grâce à la collaboration directe d’une classe de journalistes totalement dévouée aux thèses de la DRS moyennant des avantages matériels très importants et une notoriété acquise grâce à leurs protecteurs. Une deuxième classe de journalistes est recrutée sous la compromission, à la suite de grandes pressions, sous la menace et même parfois grâce à de vrais-faux attentats attribués aux GIA. Il existe cependant des journalistes qui ont su rester fidèles à l’esprit de déontologie mais qui ont payé le refus d’être achetés, soit de leurs vies, soit en abandonnant le journalisme, soit en étant obligés de quitter l’Algérie et d’opter pour l’exil. Dans tous les cas, Le colonel Tahri Zoubir est prêt à aller jusqu’aux limites de la barbarie pour exécuter les ordres de Toufik et Smain.

Avant de devenir le chef du CCD, Zoubir a dû montrer patte blanche vis-à-vis de Toufik auquel il a largement témoigné sa fidélité. La confiance de Toufik a été acquise grâce à Mohamed Betchine. En réalité, ce dernier à peine installé, après l’élection de Zeroual, qu’il commence à approcher discrètement des cadres avec lesquels il a travaillé à la DCSA ou à la DRS pour le soutenir dans sa soi- disant démarche de paix. Plusieurs officiers le rejoignent effectivement, soit directement au siège de la présidence, soit restent en contact permanent pour lui rendre compte au fur et mesure de ce qui se passe à la DRS. Il fait de même avec le commandant Tahri Zoubir (à l’époque sous directeur des points sensibles et chargé de mission spécial pour la DCSA) qui n’ hésite nullement avant d’aller voir Toufik et lui rendre compte de l’offre de Betchine. L’ancien directeur de la DRS croyant avoir réussi le retournement de Zoubir se prend dans son propre jeu, et Toufik lui fait parvenir des informations qui ont permis par la suite de renverser toutes les tentatives de récupération du MDN par le président Zeroual et l’élimination spectaculaire de Betchine. Il va sans dire que Zoubir a été largement récompensé pour cette fidélité qui lui a ouvert les portes d’un pouvoir immense.

Depuis sa nomination à la tête du service presse, suite au départ du colonel Fawzi actuellement en poste à Rome en tant qu’attaché militaire, Zoubir a suivit les ordres de Toufik à la lettre et a réalisé quelques coups médiatiques qui ont eu un impact important sur la vie politique du pays même à l’échelle internationale, parmi ces opérations de manipulation médiatique:

*L’interview réalisée par le journaliste de  »Chark el Awsat », Amir Atahiri.

*La couverture médiatique de l’opération de Ouled Allal.

*Les attaques contre le général Mohamed Betchine et qui ont conduit par la suite à la démission du président Zeroual.

*Très récemment l’aide à Khaled Nezar et la promotion médiatique des anciens officiers de l’armée française par l’intermédiaire du colonel Mohamed Rabah Boutella, fondateur du mouvement des officiers algériens de l’armée française.

*Et La campagne menée pour discréditer le MAOL.

Ce travail de maître manipulateur n’aurait jamais pu aboutir sans l’apport considérable de ses agents, qui signent de leurs noms ou de leurs pseudonymes des articles tous faits au CCd et qu’ils reçoivent le plus souvent par fax à leurs rédactions respectives. Ces plumes mercenaires s’emploient à donner de la crédibilité à des faits ou à des évènements factices, concoctés par la cellule analyse du CCD dans le but de damner le pion à tous ceux qui résistent ou combattent le totalitarisme militaire.

L’affaire Atahiri:

L’interview réalise par ce journaliste en mars 98 est un boom médiatique, puisqu’il fait énormément de bruit même à l’étranger où il est repris par plusieurs magazines et agences de presse. Il va sans dire que la promotion de cet article à l’intérieur de l’Algérie est prise en charge par les relais médiatiques locaux sous la direction de Zoubir en personne.

Durant cette période post-massacres, les pressions subites par les généraux sont très fortes et l’opinion publique nationale et internationale sont presque unanimes sur le fait que l’armée est mêlée d’une manière ou d’une autre à ces horribles massacres. Le sujet tabou qui fait trembler l’ensemble des généraux algériens est les demandes persistantes d’une enquête internationale faites par des organisations de défense des droits de l’homme en Algérie avec l’appui de plusieurs ONG ou des personnalités politiques algériennes et étrangères.

La question «qui tue qui?» est née et les généraux sont mis à l’index par plusieurs temoins gênants. Les attaques faites contre ces généraux sont finement projetées vers l’institution militaire. Ils ne veulent pas être dissociés du corps de l’armée et toute atteinte à leurs personnes est assimilée à une attaque contre l’ANP qu’ils veulent montrer solidaire et unie derrière ses commandeurs. Cette subtilité leur a permis de dissoudre l’onde de choc qui a suivit les grands massacres de civils et ce à l’intérieur même de l’institution militaire. La souveraineté de l’Algérie étant logiquement associée à celle de l’armée, par conséquent, ils sont eux aussi au-dessus de tout soupçon et tout ce qui peut altérer cette souveraineté est hors de propos et inacceptable, voir diplomatiquement incorrect.

C’est le général Toufik qui a personnellement veillé à ce qu’une riposte médiatique puisse être organisée pour ne pas laisser le champ libre aux spéculations et interrogations qui peuvent ajouter encore de l’huile sur le feu et rendre plus délicate la position des généraux vis-à-vis du reste du monde.
En plus du dépêchement secret de plusieurs envoyés spéciaux chargés d’exposer l’étendu du problème du terrorisme intégriste en Algérie aux leaders du monde arabe et occidental, le renforcement de la citadelle des généraux devait être impérativement entrepris et il a fallu pour se faire organiser une contre offensive médiatique à l’échelle internationale.

Dans cette même stratégie, le CCd à cette époque a fonctionné H24 et a réalisé beaucoup de programmes dont:

*Une série de temoignages de « repentis » du GIA diffusés sur la chaîne de télé nationale et sur le canal satellite. Ces témoignages ont pour objectif bien sûr la levée des accusations qui pèsent sur l’armée.
*Une autre série de reportages abordant les ramifications du GIA dans les capitales européennes avec le soutien des bureaux de sécurité locaux.
*Des conférences animées par des personnalités proche du pouvoir ayant pour objectif le ralliement de l’intelligentsia occidentale à la cause des généraux, en Suisse, en France, en Allemagne, en Angleterre (Khalida Messaoudi, Said Saadi, Saida Benhabiles, Hamraoui Habib Chawki, Reda Malek, Mohamed Salah Dembri…).
*L’invitation de plusieurs personnalités étrangères à Alger où ils sont reçus en grande pompe et ont droit à des séjours grand luxe durant lequels ils animent des conférences soutenant le régime et lui apportant la caution morale
(Bernard Henry Lévy qui a passé le nouvel an 98 à Alger et qui a porté tout le temps son gilet par balle, André Glucksmann qui a ouvertement appelé à aider l’armée, Jack Lang…).
*L’envoi de témoins présumés des massacres et des victimes du GIA vers la France et la Suisse où ils ont pour mission la défense de l’armée contre toutes les accusations lors de leur participation à des débats télévisés retransmis en direct bien évidemment en Algérie.

Des activités parallèles de soutien à l’armée sont menées tambour battant, mais les généraux doivent malgré tout le sang froid qu’ils essayent de faire paraître, faire passer le message au monde entier que l’armée est innocente, qu’elle ne tue pas (sauf par erreur), qu’elle ne torture pas et qu’elle est le rempart des nationalistes convaincus, honnêtes et soucieux de sauver l’Algérie et de l’inclure dans un monde moderne. C’est dans cette optique que le général Mohamed Lamine Mediene décide de monter ce coup en faisant parler un général de l’armée pour mettre les points sur les  »i » à ceux qui disent que l’armée est muette.
Toufik ordonne à Zoubir de lui proposer un journaliste étranger crédible aux yeux du monde médiatique qui pourrait être utilisé pour mener à bien le plan préétabli. Pour des raisons de crédibilité, le journaliste choisi devrait être entre les deux mondes occidental et oriental, francophone de préférence et connu sur la scène de la presse internationale. Parmi une liste de noms de journalistes capables d’être utilisés, le choix est arrêté sur Amir Atahiri qui est déjà venu plusieurs fois à Alger.

Amir Atahiri est un journaliste d’origine iranienne, spécialiste du fondamentalisme islamiste, il est aussi l’ex-rédacteur en chef d’un journal proche du Chah d’Iran. Il écrit actuellement dans le quotidien arabe « ACHARQ Al-AWSAT  » des articles traitants des sujets touchant l’Algérie et intervient souvent sur la chaîne américaine CNN comme un expert du terrorisme international et présente ses analyses sur le développement de l’intégrisme islamiste en Iran et dans le monde. Dans presque tous ses écrits, il soutient la politique du tout sécuritaire et ne cache pas son soutien à l’armée. Il a su grâce à ses articles, qui ont donné des bouffés d’oxygène médiatique au généraux, créer une relation de confiance avec des hommes politiques et des journalistes algériens acquis à la cause des chefs de l’armée.

Après l’accord de Toufik, Zoubir charge un de ses agents qui a d’étroites relations avec Amir Atahiri de contacter ce dernier et de lui lancer une invitation attrayante sans rentrer dans les détails.
En effet, Amir est approché au mois de février 1998 par ce contact qui l’invite à passer quelques jours en Algérie et lui promet une possible rencontre avec un haut responsable de l’ANP. Entraîné par cette offre alléchante, il obtient son visa auprès du consulat d’Algérie à Londres en un rien de temps; le chef du bureau de sécurité de l’Ambassade en l’occurrence le colonel Belaïd Benali est au courant de l’affaire et charge son second Cheikh Benzeineb alias Abdelhak de faire le nécessaire. Le général Toufik est informé dés la délivrance du visa.

A son arrivée à Alger, il est accueillit à bras ouverts par son ami algérien et conduit à un hôtel grand luxe en attendant de faire son reportage. Il a fallu qu’il attende deux jours avant que son contact ne lui confirme qu’un haut gradé de l’armée, un général, allait le recevoir et lui accorder une interview exclusive. C’est dans un des salons feutrés de la résidence Djenan El-Mithak que Amir Atahiri est reçu par le colonel Hadj Zoubir, qui habillé en général, se fait passer pour un puissant général Algérien de l’ombre. La rencontre dure plus de quatre heures durant lesquels Zoubir s’efforce d’aborder tous les points déjà discutés avec Toufik lors d’un précèdent briefing. A la fin de la rencontre avec Amir, tout est réglé, même le magazine qui pourrait publier la rencontre, à la seule condition que le nom du général ne soit pas cité et que le pseudonyme de général X soit utilisé à la place. Pour Amir Atahiri c’est une vraie aubaine, il croit qu’il vient de réaliser un scoop sans se douter qu’il est entrain de se faire manipuler.

Le magazine francais de renom  » politique Internationale » est savamment choisit pour plusieurs raisons: d’abord c’est un magazine pseudo academique lu par les décideurs de la politique étrangère de tout le monde francophone et fait office de conseiller dans le traitement des affaires délicates. En suite, la publication par cette revue de l’interview avec le fameux général, donnerait de la crédibilité a toute l’histoire sans que le lecteur ne puisse se douter que c’est un coup monté.

Comme prévu, la publication en mars 98 de l’article fait un tabac et le sujet est repris par plusieurs journaux et agences de presse. Le suspense soulevé par le nom « général X » donne lieu à des spéculations diverses, pour les uns c’est Nezar, pour d’autres Mohamed Lamari. Le plus important est que le message de Toufik parvienne au monde entier et il n’est pas difficile de lire dans l’interview que l’armée ne tue point et que seuls les GIA sont responsables des massacres, que la violence n’est pas dûe à l’arrêt du processus électoral mais plutôt une stratégie de prise de pouvoir par les islamistes et que Chadli est personnellement responsable de la prolifération du germe fondamentaliste…
Mais plus important c’est que le message que Toufik veut faire passer aux leaders des pays occidentaux est que le terrorisme est vaincu et qu’il est temps de normaliser les affaires avec l’Algérie. Le but de Toufik est atteint et Zoubir a réussi un coup de maître.

L’opération Ouled Allal:

Après les terribles massacres de Raïs, Sidi Moussa et Bentalha, les généraux Mohamed Lamari, Toufik, Fodhil Cherif et Smain décident d’une opération de grande envergure dans le but de montrer que l’armée est présente sur le terrain, qu’elle n’est pas inerte, qu’elle est toujours forte, qu’elle ne laisse pas impunis les crimes contre les civils, mais surtout pour contrecarrer toute action politique occidentale favorable au déploiement d’une force militaire internationale de maintien de la paix en Algérie. Un tel scénario serait une catastrophe sans précédent pour les généraux du MDN, puisque la première implication est la constitution d’une commission d’enquête sur les massacres. Ils leur faut donc absolument montrer au reste du monde une autre image de l’ANP, celle des grands protecteurs des faibles et ils ont tout fait pour inoculer aux observateurs de la scène algérienne que les généraux algériens ne tuent pas des civils innocents.

Les généraux s’inspirent pour l’occasion du modèle américain de gestion médiatique des conflits armés. Ils savent qu’ils n’ont pas droit à l’erreur et ont employé tous les moyens médiatiques en leur possession pour couvrir l’offensive de l’armée afin de garantir un maximum de publicité positive.

Ouled Allal est un petit village situé à environ cinq kilomètres de Sidi moussa et fait partie de cette région macabrement célèbre du « triangle de la mort ». Il est devenu fantomatique à l’image des autres villages environnants depuis le commencement des massacres; seuls les habitant qui n’ont pas où aller sont restés dans leurs modestes habitations, essayant de préserver le seul bien qui leur reste: leur vie. C’est aussi un village qui a majoritairement voté FIS (comme celui de Raïs, Benthalha, Sidi Moussa…), et compte bien sûr, comme tous les villages aux alentours, des sympathisants qui abritent des islamistes armés des GIA ou de l’AIS et les ravitaillent. Ce village est épargné par les massacres!

Au début du mois de septembre 97, le général Fodhil Cherif, commandant de la lutte anti-terroriste prépare avec ses aides de camp, une offensive extraordinaire contre ce petit village, qui selon eux abrite le quartier général des auteurs des massacres des villages voisins. Le plan de l’opération inclut l’apport des forces spéciales, l’aviation, l’artillerie, les blindés et des bulldozers pour ouvrir des passages dans les pseudo-champs de mines (une première mondiale, quand on sait que les bulldozers ne résistent même pas au souffle d’une mine anti-Chars, alors que les mines artisanales des groupes islamistes armés sont faites à partir du remplissage des bouteilles de gaz butane avec un mélange hautement explosif donnant une force équivalente à l’explosion de bombes de deux cents kilogrammes utilisées par l’aviation de l’ANP). Très vite, à la mi-septembre, un dispositif impressionnant estdéployé prés de Sidi Moussa et à la vue des moyens militaires mis à contribution pour la circonstance, on a l’impression que l’armée algérienne part à la guerre contre une autre armée d’une puissance colossale.

Pour la première fois depuis le début de la crise, des journalistes de la presse écrites triés sur le volet sont convié à suivre de loin l’évolution des opérations sur le terrain.
Depuis le poste de commandement opérationnel (PCO), installé à Sidi Moussa, Fodhil Cherif coordonne en présence du le général Said Bey, alors chef de la première région militaire, les mouvements des troupes et le travail des différentes armes présentes sur le terrain. En utilisant ses méthodes peu chirurgicales, Fodhil Cherif décide de nettoyer le village maison par maison et Gourbi par Gourbi car il faut dire que les gens qui vivent dans ces lieux sont des gens simples et très pauvres. Les portes des habitations sont fracassées par les parachutistes du 25ème, 90ème et 18ème régiment de reconnaissance et le 12ème régiment de para-commandos (RPC), l’élite de l’ANP,qui forment la coordination de lutte contre les activités subversives (le CLAS) commandé par Fodhil Cherif.

Quelques civils sont évacués par les hommes des forces spéciales dans la hâte, la peur au ventre et sous une pluie d’insultes et de coups, ils n’ont même pas le temps de ramasser le peu de biens qu’ils ont. Les consignes de Fodhil Cherif sont très claires « ne prenez aucun risque et tirez au moindre danger ». C’est le colonel Tartague et ses hommes qui s’occupent de la localisation des maisons infectées, grâce à ses agents qui sont partout.
Dés les premiers accrochages avec les islamistes armés, les bombardements commencent; les hélicoptères de support de combat MI8 (portant 64 roquettes) et MI17 (portant 192 roquettes) lancent leurs roquettes à tout bout de champ, et le commandant aviateur de cette mission au PCO, le Lt-Colonel Staihi Laouar a même ordonné de tirer à la roquette sur des bergers des environs arguant que ce sont des bergers du GIA. Il est presque impossible de décrire la scène complètement: les déflagrations, le feu, les cris, les nuages de poussière. A la fin de l’opération qui a duré plusieurs jours, usant des chars T-72 nouvellement acquis auprès de la république tchèque (un marché entre la firme OMNIPOL et les généraux algériens, qui sera abordé dans le dossier corruption et affaires), Fodhil Cherif ordonne de donner l’assaut final, rien ne doit être épargné. Les quelques maisons qui ont résisté aux tires de roquettes, chars et armes de tout genre sont démolies et mises à terre. L’opération grandiose est terminée et seul le minaret tient encore debout, le reste de la mosquée est détruit et le village de Ouled Allal est rayé de la carte.

Tout au long de l’évolution de l’offensive militaire, des déclarations à l’intention de la presse font état des dégâts subits par le terrorisme qui vient de perdre à Ouled Allal son quartier général; à croire que tous les maux de l’Algérie ont commencé dans ce petit hameau devenu zone de la mort.
Le 08 octobre 97, Fodhil Cherif, seul habilité à parler aux médias, fait état de la découverte d’un charnier contenant près de quatre vingt corps. Impassiblement, il avance que ce sont les corps des femmes et des jeunes filles enlevées dans les villages où les massacres ont eu lieu et tuées par les commandos des GIA après avoir été violées, alors qu’aucune expertise médicale ou enquête n’a été faite, mis à part le décompte des victimes et leur enterrement dans des fosses communes par les éléments de la protection civile. Cette déclaration, Fodhil Cherif l’a par la suite conforté en annonçant la découverte d’un important lot de documents authentifiés par le sceau du GIA et qui réglemente le partage des femmes kidnappées sur les lieux des massacres. Un autre document rédigé par le pseudo-responsable des massacres faisant état du bilan du butin (bijoux et argent ) récupéré sur les corps des victimes lors des massacres et dont Antar Zouabri, l’agent de Tartague étant le destinataire.

Le but est de convaincre l’opinion publique nationale et surtout internationale et de manière irréversible, que les seuls coupables des atrocités commises ici et là sont les terroristes islamistes. Pour étayer ces déclarations, des femmes égorgeuses sont présentées sur la chaîne de télévision nationale et ont confirmé leur appartenance aux GIA et avoué leur participation aux massacres.
Comme le chapitre des massacres est traité dans le dossier de la lutte anti- terroriste avec plus de détails, nous allons seulement citer le but final de l’opération Ouled Allal.
Les journalistes invités pour couvrir cet épisode macabre ont le droit, une fois l’opération terminée, de photographier les corps des dizaines d’islamistes allongés les uns à côté des autres. Ils sont présentés comme les auteurs des massacres qui ont secoué le monde entier. Un seul islamiste armé vivant, le visage défiguré, plein de sang, se tenant à peine debout, est exposé aux journalistes qui n’ont pas le droit de lui parler.

En réalité, quelques corps seulement appartiennent aux membres des groupes Armés abattus pendant l’offensive, les autres sont prélevés du lot de réserve, à savoir les islamistes et les victimes disparus, arrêtés et torturés par Tartague et ses hommes de l’escadron de la mort, qui sont détenus et maintenus en vie dans des conditions animales et ce dans des endroits tenus secrets (comme les hangars de la caserne du service prés du cimetière de Staouili où prés de dix ans auparavant ont été conduit les émeutiers d’octobre 88) afin de servir dans des opérations pareilles à celle de Ouled Allal comme des figurants du dernier acte, c’est à dire ramenés et exécutés sur place pour être exhibés devant la presse afin de montrer au monde que les responsables sont mis hors d’état de nuire.
C’est cette pratique abjecte, inqualifiable qui va au-delà de la barbarie, qui a fait que le nombre de disparus en Algérie dépasse les quatre milles cas. Autant de victimes qui vont hanter la mémoire de ceux qui leurs ont ôté le droit d’avoir une tombe et à leurs proches celui de faire leurs deuils.

La décapitation de Betchine:

Ce scandale qui a fait beaucoup de bruit très récemment n’aurait jamais eu le succès escompté sans la complicité appuyée et les complicités implicites des agents du service et de ses relais dans la sphère politique. Les tenants et les aboutissants de cette affaire sont connus de tous et c’est sans doute l’une des opérations les plus connue du CCD.

Nous ne nous faisons pas l’avocat du diable, mais la férocité des tires croisés contre la personne de Betchine ont fait que ce dernier abandonne vite le terrain du jeu politique pour se réfugier dans l’enclos des affairistes mafieux pourchassés par des juges véreux. Les journalistes qui ont déclenché l’affaire ont reçu au préalable des consignes très strictes de la part de Zoubir. Toute la stratégie de l’anéantissement de l’empire « Betchine » décidée comme cela est déjà décrit dans de précédents dossiers, par les grosses têtes du MDN est appliquée avec soin. Salir Betchine  » qui n’est déjà pas très propre » vaut mieux que l’abattre. Il faut dire à ce sujet que même la famille de Betchine n’est pas épargnée et est traînée dans la boue pour signifier à Betchine que les choses peuvent aller très loin et dépasser le cadre de sa propre personne. Les nombreux titres de presse que possède Betchine sont tous incapables de faire face à la vague d’accusations gravissimes portée contre lui par  » Nourdine Boukrouh » (d’abord au journal El Khabar), fer de lance de Toufik et qui est largement récompensé pour ses bons et loyaux services.

Ghalib Djebour, gendre de Betchine et directeur du journal l’Authentique reçoit des avertissements très sérieux de Toufik, son ex-chef (Ghalib Djebour, a fait partie de la DCSA comme officier et a fini par quitter le service avec le départ de son beau-père en 1990), qui lui sort les dossiers de plusieurs affaires dans lesquelles Djebour est compromis. Parmi ces nombreuses affaires, son implication directe dans les malversations de sa société de gardiennage et de protection rapprochée « Idoine » ( d’où « l’affaire Idoine »). Ghalib Djebour recrute de jeunes sous-officiers ou officiers issus des services et les arme dans le but d’assurer la protection rapprochée de nombreuses personnalités proche de Betchine. Pour obtenir des contrats de protection, la société Idoine monte de vrais-faux attentats. Le cas du délégué exécutif communal (DEC) de Bordj El-Kiffan en est un exemple: une dame mariée à un magistrat proche de Betchine, pour laquelle Ghalib organise un faux attentat afin de justifier d’un contrat de protection du DEC au montant 2.500.000 Dinars entre la mairie de Bordj El-Kiffan et la société Idoine. Le DEC de Bordj El-Kiffan empoche 30% du montant de la transaction soit 750.000 Dinars.

Une autre affaire plus grave encore, celle de trafic d’armes où Ghalib est impliqué avec un certain Boualem El-Mekhfi, le fils du fameux Cheikh El-Mekhfi. Une partie des armes récupérées par ce dernier lors de ses opérations est transmise par son fils à Ghalib qui les utilise pour sa société Idoine.

Les affaires sont nombreuses et le degré de compromission de Ghalib lui vaut de se taire face aux mises en garde de Toufik sous peine de se voir lui-même emporter par le courant. Il faut rappeler que Betchine a battu en retraite en bravant la menace de rendre publique des affaires de détournements et de malversations de tout genre dans lesquelles sont impliqués un bon nombre de généraux mais dès qu’un compromis est trouvé entre les deux parties, à savoir les généraux du MDN d’un côté et Zeroual et Betchine de l’autre, la presse cesse ses attaques et tout rentre dans l’ordre.
Nous passons sur les détails publiés par la presse surtout le Journal « El Watan » qui a été l’un des premiers titres à soutenir l’offensive de Toufik.

L’abjuration de l’histoire:

C’est avec stupeur que bon nombre d’Algériens, surtout ceux de l’ancienne génération qui ont fait du premier novembre une date immuable, ont appris par la presse écrite que Khaled Nezar était un héros de la guerre de libération la plus extraordinaire du vingtième siècle. Plus grave encore, cet homme qui a fait le deuil de l’Algérie et l’a plongé avec ses compères dans une obscurité sans fin, revendique haut et fort la paternité de l’Armée Nationale Populaire moderne, cette institution qui faisait autrefois la fierté de chacun.
Nous n’allons pas invoquer la longue liste des actes criminels de cet homme inqualifiable en mal de légitimité historique et qui a largement contribué par son excès de zèle à l’allongement de la longue liste des noms de ceux qui ont versé leur sang pour la terre qu’il est entrain de piller aujourd’hui. Dans son livre il damne le pion aux vrais baroudeurs (expression utilisée pour désigner les Moudjahidines qui ont engagé des combats armés avec les forces militaires de colonisation et qui signifie aussi tirer et sentir l’odeur de la poudre : le « Baroud ». Il les désigne de maquisards abrutis qui n’en faisaient qu’à leurs têtes et qui avaient besoin d’instruction en tous points. Il va sans dire qu’il tire au passage la révérence à ses anciens compagnons de l’armée française sans lesquels l’Algérie indépendante n’aurait jamais vu le jour.

Nezar n’est pas le seul à essayer de se faire un lifting historique, le général Mohamed Touati a redécouvert son amour pour les Kabyles et son interdépendance berbère qu’il revendique ces dernières années à tout bout de champ, surtout dans les milieux du RCD auxquels il prêche ses discours néo-séparatistes et prodigue ses conseils envenimés. Ce que peu de Kabyles savent, c’est que cet individu qui est aussi du même milieu que Nezar, n’est certainement pas l’enfant de cour qu’il essaye de faire paraître derrière sa façade courtoise et belliqueuse, pire encore il est maculé du sang de dizaines de jeunes kabyles honorables qui ont rejoint le combat du FLN et de pauvres civils sans défense.

En 1956 (années où la fine fleur des hommes tombait au champ d’honneur les uns après les autres) alors qu’il était jeune officier (Aspirant promu pour sa fidélité et sa rigueur, alors qu’il était sous-officiers à l’origine), il est arrivé avec un détachement de soldats français au Douar Beni-Flik non loin d’Azefoun où il a personnellement sélectionné prés d’une vingtaine de jeunes hommes du village et qui sont froidement fusillés sur place, comme représailles à une frappe de «fellagas » contre une caserne française de la région.
Ironie du sort, pendant l’été 1985, alors qu’il était à l’école de la santé militaire de Sidi-bel-abbès, il est revenu sur les lieux de son crime pour participer avec une délégation officielle à l’inauguration du premier CEM de la région. Même homme, différent uniforme, les habitants du village de Beni-Flik l’ont reconnu dés qu’ils l’ont vu et ce qui devait être un jour de fête s’est très vite transformé en un soulèvement populaire. C’est aux sages de ce village martyr qu’il doit encore la vie car il a failli être lyncher et ce malgré son uniforme et son grade de commandant, les villageois hors d’eux l’ont chassé à coups de pierres.

Touati n’a certainement pas oublié ce jour qui reste « normalement » gravé dans sa mémoire et certainement dans celles des habitants du village de Beni-Flik. Il n’a de Kabyle que le nom et c’est dans la logique des choses que de le trouver aujourd’hui derrière le meurtre de Lounes Matoub et d’autres Kabyles « comme lui » et dont il pleure la disparition.

Khaled Nezar a bien entendu bien profité de la largesse de certains titres de presse et de la complicité malveillante de certains journalistes à l’affût d’un parrain. Ils se sont investis pour convaincre le commun des citoyens du bien fondé des intentions du nouveau messie des Aurès. Ce dernier est présenté par la presse comme une providence pour notre pays et lui accordent le droit de traîner dans la boue tous ceux qui ont osé le contredire ou lui faire le moindre reproche. L’esprit du coup d’Etat de janvier 92 est défendu avec férocité par les journalistes et à aucun moment le choix du tout sécuritaire n’est mis en doute, bien au contraire, c’est l’essence même du combat démocratique dont se réclament les journalistes éradicateurs.

Même à la retraite (officiellement), Khaled Nezar se présente comme le gardien des valeurs de l ‘ANP dont il se fait aussi le porte-parole permanent et n’hésite nullement à faire des déclarations gravissimes sans en référer préalablement pour autorisation au chef de l’Etat (le président Zeroual et après lui Bouteflika) qui apprend la chose comme tout le monde par le biais de la revue de la presse qui lui ait présenté quotidiennement. Les déclarations de Nezar sont en fait des mises en garde à peine masquées à l’intention du chef de l’Etat pour bien notifier le divorce entre le politique et le militaire et rappeler que le pouvoir est une affaire d’uniforme qui ne peut être porté qu’au sein du MDN.

Des individus comme Khaled Nezar, Mohamed Touati, Salim Saadi, Rabah Boutella… ont tout fait pour compromettre les gens sincères qui ont quitté l’armé française soit avant soit après l’appel du 19 mai 1956 et qui ont majestueusement servi la révolution et l’Algérie. Certains sont tombés au champ d’honneur et d’autres comme le regretté général Khelil Lahbib (une des bêtes noires de Larbi Belkheir), Latrech Abdelhamid (colonel de l’ANP et ex. SG du MDN), Ben Salem Abderahman (Cdt de l’ALN et membre du conseil national de la révolution), Mahmoud Chérif (ancien Lt de l’armée française et colonel de l’ALN) et tant d’autres dont les noms ont été intentionnellement occultés par ceux qui ont pris part dans ce qui sera décrit plus tard comme «la grande conspiration» qui a commencé par l’empoisonnement du président Houari Boumediene, savamment préparé et mis en oeuvre par un de ses proches collaborateurs. l’Avènement de Chadli Bendjedid, Larbi Belkheir, Abbes Gheziel, …au pouvoir ; Le premier nettoyage de l’ANP durant les années quatre vingt, la purification du champ politique, le deuxième nettoyage de l’ANP durant les années quatre vingt dix et la main mise actuelle sur le devenir de l’Algérie.

Les attaques contre le MAOL:

Embarrassés par l’étendue des publications du Mouvement Algérien des Officiers Libres, les généraux impliqués dans la tragédie nationale ont urgé les généraux Toufik et Smain responsables des services de sécurité de trouver une solution à cet imprévu qui a mis à nu les pratiques criminelles longtemps employées dans l’ombre par les généraux.
Le fait que le MAOL ait exclu dès le départ l’usage de la violence comme moyen d’implosion du système, a privé les architectes de l’apocalypse de leur arme favorite, à savoir la surenchère et l’escalade pour discréditer l’adversaire. Le duo de la DRS a opté en fin de compte pour l’infiltration et la riposte médiatique.

Plusieurs tentatives d’infiltrations du Mouvement par la centrale ont échoué grâce à la vigilance des libres qui connaissent bien plus que n’importe qui les méthodes peu légitimes employées par les fers de lance de l’institution militaire. A l’intérieur du pays, les opérations de surveillance, d’écoutes et de contrôle en tout genre n’ont rien rapporté aux responsables de la sécurité et à chaque fois, ils butent contre la détermination des officiers et sous-officiers du mouvement.

La politique désastreuse des généraux qui ont ruiné l’ANP, leurs affaires, leurs fortunes apparentes et leurs nouvelles règles d’exclusion de la classe d’officiers de second rang, à savoir les officiers supérieurs et subalternes qui sont loin du cercle de décision et sont utilisés le plus souvent uniquement comme de la chair à canon, ont été des éléments déterminants dans le changement radical de la mentalité d’un nombre impressionnant de militaires qui ont, fort heureusement, compris que leurs chefs ont trahi la confiance qu’ils avaient en eux. Plus grave encore que ces mêmes chefs les utilisent comme bouclier alors qu’ils gardent leurs enfants officiers au sein de l’armée loin du terrain opérationnel. Le capitaine Mourad Lamari (fils de Mohamed)sorti de l’Académie militaire de Cherchel en 93 est affecté à la DRS, il occupe un poste tranquille au MDN et a bénéficié d’une promotion éclair, alors que plus des deux tiers des ses camarades de promotion ont été tués dans des opérations de ratissages ou dans des offensives antiterroristes. Ce n’est pas le seul fils de général, le capitaine Zoubir Djnouhet affecté lui aussi à la DRS, il travaille à la direction régionale de la DRS 1ere RM ; Le Capitaine Khaled Derradji lui aussi affecté à la DRS, il est au poste de sécurité du CHU Ain Naadja ; Le Capitaine Noureddine Djillali, infanterie mécanisé, affecté à la première région militaire ; Le Capitaine B. Mostefaoui lui aussi affecté à la DRS, le Capitaine Nassim Hamzaoui, le Capitaine Medjahed : le fils adoptif de Nezar…

Tous, des fils de généraux mis à l’abri des balles par leurs pères qui les réservent pour la relève, alors que le commun des officiers est juste bon pour le service express. C’est un matricule anonyme qui est remplaçable à tout moment et peu importe le coût pourvu que la progéniture sacrée des généraux reste sauve. En 89, le fils de Kasdi Merbah a été par contre radié de l’armée juste après l’éviction de son père de la tête du gouvernement(en novembre 89) sur ordre du commandement militaire alors qu’il était en deuxième année à l’école militaire de Cherchel, le motif invoqué étant des plus stupides : déséquilibre mental.

Le climat au sein de l’armée est aussi orageux que celui de la population civile, et à la  »mauvaise publicité » faite par le MAOL, vient s’ajouter le mécontentement et la frustration profonde de la plupart des officiers supérieurs. Les officiers supérieurs (à partir du grade de commandant) qui ne doivent en aucun cas s’approcher de leurs généraux s’ils sont armés, ont vite compris que le manque de confiance qui leur ait témoigné reflète un dysfonctionnement grave. La fissure entre la base et le sommet est bien établie et mise à part un nombre négligeable d’officiers  »Serviteurs » triés sur le volet, personne ne peut accéder à l’olympe des dieux. L’expression est très explicite car c’est en qualité de dieux que les barons de l’armée s’adressent à leurs subalternes.

Le règlement de service dans l’armée (RSA) a été abandonné depuis bien longtemps et les officiers de l’ANP tous grades confondus ne sont plus au service de l’armée et de la nation, mais à celui de généraux et de leurs relais mafieux. Comment expliquer l’ordre donné par le nouveau directeur de la gendarmerie, le général Boustila (très proche de Larbi Belkheir) aux gendarmes de fermer tous les commerces qui font de la concurrence aux grand importateurs, le racket des civils par les gendarmes aux portes des grands marchés alors que les grossistes sont protégés depuis le port d’Alger jusqu’aux points de vente. Le retour de Boustila en lui-même est une insulte à tous les gendarmes honnêtes et reflète bien ce qui se passe réellement dans la haute sphère du command-ement militaire.
Même si le prix du baril de pétrole est à cent dollars, la misère du peuple algérien ne fera que s’aggraver car à chaque fois les prélèvements des généraux sont plus importants. Il va sans dire que le train de vie des ces derniers et celui de la deuxième classe d’officiers reste incomparable, car au sein même de l’armée des frontières ont été dressées et les soldes attribuées aux officiers de seconde classe sont accordées de façon à ce que la date de virement devienne un événement en soi vu la cherté de la vie. En d’autres termes, c’est la politique de la carotte et du bâton qui est appliquée.

Le MAOL par ses campagnes de sensibilisation dérange l’équilibre fragile établi par des généraux qui ne peuvent plus cacher ni leurs implications dans les crimes contre l’humanité perpétrés sur le sol de leur propre pays, ni l’odeur nauséabonde de leurs fortunes indûment acquises, ni leur ignorance des réalités du peuple qui réclame haut et fort leur départ. Le MAOL incarne l’esprit de novembre 54 et rappelle les valeurs oubliées de l’ALN : le sacrifice, l’honnêteté, le travail, la justice et la fidélité ; des fondements qui font peur, même très peur à ceux qui n’ont plus d’honneur.

Il est tout à fait incroyable de voir les généraux assassins gesticuler dans tous les sens devant les instances internationales en faisant semblant que tout est pour le mieux dans le pays et que leur réputation est au-dessus de tout soupçon, alors que les services étrangers savent que ces généraux sont bien des voleurs et sont au courant du montant des sommes détournées vers leurs comptes à l’étranger au centime près. Ayant perdu tout repère, leur plus grave erreur est d’avoir cru que tous les officiers de l’armée peuvent être acheter ou compromis, pour eux des hommes incorruptibles ça n’existe pas ; le MAOL leur a démontré le contraire.

Le système est un panier de scorpions où il n’y a de place que pour les plus venimeux. Comme le reste des arachnides, les sentiments, les valeurs et le partage, ils ne connaissent pas. Leur monde est clos et leurs règles différentes ; la seule loi qu’ils connaissent est absente des livres de droit : c’est celle du plus fort. Ils puisent leurs venins dans la haine qu’ils ont pour tout ce qui est juste, droit et légal.
Portés par la vague de la bonne fortune et des affaires prospères dont ils confient exclusivement la gestion à des seconds très proches (très souvent des officiers avec lesquels ils ont un lien de parenté), les généraux se partagent l’Algérie du nord au sud, d’est en ouest. Tout est mis sur la table, la moindre ressource est recensée même les plus petites usines ou le plus petit lopin de terre, c’est un monopoly grandeur nature où l’on joue pour de vrai. Le seul perdant est la population qui n’ose même plus lever la tête pour voir.
C’est dans cette atmosphère où l’argent est intiment mêlé au pouvoir, où la vie humaine n’a plus de valeur, où les hommes sincères deviennent un obstacle qu’il faut réduire à néant, que le MAOL est venu rappeler au reste des officiers le serment de servir l’Algérie et son peuple et c’est la raison pour laquelle le commandement mafieux fait tout son possible pour faire taire la voix de la vérité, celle des hommes libres.

Sur le plan médiatique, une série d’article a été publiée par les journaux : liberté, quotidien d’Oran et El Alam El Siyassi, suite à la convocation des journalistes auteurs des écrits au centre Belaroussi par le colonel Zoubir, l’ordre est donné aux mercenaires de la plume d’assimiler le mouvement à une frange du GIA, une biographie tronqué d’un officier identifié comme membre du MAOL ( un transfuge des services secrets algériens), réfugié en Angleterre, est distribué aux journalistes corrompus.

Le colonel Zoubir fait croire à ces vassaux, que le colonel B.Ali n’est que le fameux capitaine Haroun ! Et que ce dernier est un dangereux islamiste donc non fiable et ennemi des journalistes ! La chasse à courre est ouverte.
Partant du principe bien connu dans le service et qui dit «quand on veut abattre son chien on dit qu’il est enragé», les penseurs de la DRS ont décidé d’assimiler le MAOL à une frange du GIA. C’est la meilleure option qu’a trouvé Zoubir espérant ainsi stopper la déferlante vague de révélations sur les agissements des généraux assassins.

Dans leurs calculs médiocres et criminels les généraux n’ont pas prévu l’influence grandissante de l’Internet comme moyen moderne de communication, ni celui des chaînes de télévision diffusant leurs programmes par satellite, ils ont sous-estimé le mépris des Algériens envers les médias de l’Etat et leur manque de confiance à l’égard des journalistes  »Tontons macoutes » aux ordres de la DRS.

Le régime militaire a essayé de garder secrète la défection spectaculaire du colonel Baali Ali et du commandant Bouchakour Rabah qui ont reçu l’ordre, du commandement du MAOL (présent à l’intérieur de l’armée), de sortir à l’étranger en tant que porte-parole du mouvement lors d’une mission officielle au Niger en août 1998 (le suivit de la résolution du problème des Touaregs). Une fois là-bas, ils ont changé leur destination vers le Mali.

Cette décision est prise suite à l’assassinat maquillé en accident d’hélicoptère du général Mohamed Touahri et du colonel Hachemi Touabih en février 1998 dans le sud-ouest de l’Algérie. Le premier est membre fondateur du MAOL (ex. Réseau Hakim) et le second porte-parole du mouvement, soupçonné par les services d’être l’officier qui a donné l’interview au quotidien français le Monde le 11 novembre 1997 un jour après les révélations surprenantes du journal londonien The Observer.
Le colonel Hachemi Touabih a été dénoncé par un cadre du Ministère des affaires étrangères travaillant à la section visa ; Le dénommé H. Rachid qu’il connaissait et à qui il avait demandé des informations sur le visa bloqué d’un journaliste français détesté par les services algériens pour ses écrits néfastes aux généraux.
Le destin a voulu que la mort de Touabih Hachemi devienne le bouclier qui allait sauver la vie du colonel Baali Ali, l’officier qui a révélé au monde la réalité de la situation sécuritaire et l’implication directe des services et des forces spéciales dans plusieurs massacres et attentats même contre des étrangers. L’enterrement des deux officiers supérieurs fut très austère et les familles n’ont même pas eu le droit de voir les corps une dernière fois.

Quelques mois plus tard, des officiers du MAOL ont inscrit sur les pierres tombales des deux officiers «membre du Mouvement algérien des Officiers libres mort au service de la patrie» inscription qui a provoqué la colère des généraux qui ont ordonné la profanation des tombes.

Les services algériens sont immédiatement alertés par un service étranger de la présence des deux déserteurs au Mali, Toufik envoie très vite une équipe pour les appréhender coûte que coûte.

Les deux transfuges sont localisés dans un Hôtel à Bamako par le même service étranger qui s’est chargé de les surveiller jusqu’à l’arrivé de l’équipe algérienne.
Le colonel Baali Ali sorti pour téléphoner, remarque la présence suspecte d’éléments étrangers dans le salon miteux de l’hôtel
Dans la rue ses doutes deviennent une certitude lorsque deux hommes le suivent d’une façon policière, il réussit quand même à les semer grâce à la grande foule. Il apprend un peu plus tard que son compagnon le Cdt B. RABAH est tombé entres les mains des Algériens et leurs complices. Fort heureusement, muni de sont titre de voyage (un document qui porte une fausse identité), il regagne Madrid via un autre pays africain.

Le Cdt Bouchakour Rabah une fois rapatrié à Alger, est emmené au CPMI chez le tortionnaire Bachir Tartague où son interrogatoire est mené en présence des deux grands responsables des services : Toufik et Smain.
Ces derniers sont fous furieux, non pas parce que des officiers supérieurs ont déserté , mais parce qu’ils ont pris avec eux des documents classés très secrets et secret défense impliquant les hauts gradés du MDN ( M.Lamari, Toufik, Smain Lamari, M.Ghenim, M.Touati..) dans des affaires qualifiées autrefois « de haute trahison » les rendant ainsi suivant le code pénal militaire passible des armes.

Parmi les documents en question on peut citer :

*La liste des mercenaires recrutés par Smain et Toufik et dont une partie est publiée dans le dossier  »Mercenaires » avant même la révélation par les services yougoslaves de l’arrestation du commando «araignée » accusé de planifier l’assassinat de Milosevic.
Le chef de ce commando en l’occurrence Jugoslav Petrosic a reconnu avoir participé aux massacres de civils en Algérie en 1994 ( entre autre, le massacre d’Elaabadia prés de Ain Defla) à l’instigation d’un responsable des services secrets français (un ami de Smain Lamari).

*La liste des militaires liquidés sur ordre direct de Toufik, Smain, Mohamed Lamari et Fodhil Chérif par l’escadron de la mort.

*Mais surtout des documents impliquant directement des pays étrangers, dans le drame algérien soit en fournissant du matériel spécifique et des armes non conventionnelles (comme la fourniture par les compagnies d’armement sud africaine de quantités astronomiques de barils de Napalm ou des Bombes incendiaires au phosphore ) ou en fournissant une assistance technique très poussée, et des documents sur la façon de mener la guerre aux islamistes ainsi que l’instrumentalisation de la violence.

Les généraux Toufik et Smain présents lors des séances de torture du Commandant Bouchakour Rabah veulent en premier lieu tout savoir sur le Mouvement, son organigramme, noms des membres et leurs affectations. Ils ont vite compris que le mouvement utilise la méthode du cloisonnement, calquée sur le mode de fonctionnement des services car c’est un très bon rempart contre les dénonciations et les infiltrations ; en conséquence le Cdt B. Rabah ne pouvait rien pour eux, leur attention s’est focalisée par la suite sur les documents dérobés du secrétariat de la haute commission de sécurité.
Les documents très accablants pour les généraux algériens et pour certains pays étrangers sont en possession du MAOL et seront utilisés au moment opportun.

Malgré les mutilations et les supplices qu’a subit le Cdt B.Rabah, il est resté fidèle au serment prêté, et il était prêt à sacrifier sa vie pour que la vérité de l’enfer algérien éclate devant l’opinion internationale et pour que les généraux responsables et leurs complices soient désignés et jugés.

Le service étranger qui a participé à l’arrestation du Cdt B. Rabah se reconnaîtra dans ces lignes, il ne va pas être cité pour des raisons propres au MAOL.

Nous portons toutes ces informations à l’opinion publique algérienne non pas en réaction aux écrits du vulgaire indicateur et mouchard, Nacer Belhadjoudja du journal Liberté : ( Fiche n° 132 BN/SP/93/MDN) ni à ceux d’une revue sans audience réelle qui sous le prétexte de défendre les démocrates en Algérie ne fait que blanchir les assassins d’octobre 88 et les bouchers des années 90 moyennant finance, une somme de 300,000 francs donnée au directeur de la publication Pour  »Jean Jacques Porc Chaise » (qui a passé les dernière semaines du mois de mars 2000 à Alger, tous frais payé) en proie à de graves problèmes financiers par le responsable de l’antenne des services à Paris, le colonel Bendaoud, lors d’une rencontre traitant du MAOL. Mais vu l’opacité de la situation en Algérie c’est quand même extraordinaire qu’un planqué parisien puisse avoir de telles informations même tronquées sur un déserteur des services secrets algériens !

Pour certains pseudo-journalistes plus habitués à recopier les articles rédigés par la cellule analyse et synthèse de la DRS et de les parapher de leurs signatures que de faire un travail d’investigation, de recoupement et de vérification, le lien présumé entre le MAOL et l’intégrisme : c’est le responsable de la société qui héberge (et ne gère pas) le site www.anp.org, un certain Paterson, converti à l’Islam !
Une enquête sérieuse aurait prouvé que le MAOL n’a pas plus de liens avec le responsable de la société qui héberge le site que n’importe quel locataire avec son propriétaire. Peut-on accuser une église chrétienne d’intégrisme islamique ? Et pourtant la société en question (webstar)héberge un site chrétien ! Elle héberge aussi une agence de voyage, un journal progressiste arabe qui est le fer de lance contre l’intégrisme et d’autres sites étrangers.

Pourquoi ont-ils oublié dans leurs machinations maladroites de citer notre site WWW.Eldjeich.org alors qu’il renferme la même matière ? Nous avons monté ces sites avec nos propres moyens (factures à l’appui) et contrairement à ceux qui ont dilapidé le pays, nous n’avons pas quitté l’Algérie avec des valises pleines de devises. Notre lutte est à la fois sacrée et légitime et nos moyens sont nobles mais surtout honnêtes.

Les mêmes qui pour nous discréditer insistent sur ce « lien », oublient en fait que la totalité des quotidiens algériens sont dans des locaux appartenant à l’Etat algérien, fournis en papier par l’Etat, et le plus grand annonceur c’est l’Etat !
Peut-on remettre en cause l’indépendance des journalistes habitants des résidences de l’Etat ?
La réponse est oui pour beaucoup d’entre eux mais pas pour tous.
Les attaques contre le MAOL sont la preuve que les généraux et leurs relais sont dans de sales draps ; les assassins de Matoub et leurs complices sont derrière les rumeurs et les écrits. Après avoir utilisé l’intégrisme comme arme non conventionnelle pour tuer la démocratie et stopper les réformes nécessaires au développement économique, ils utilisent le même procédé pour étouffer la vérité. Hélas pour eux, les Algériens ne sont pas dupes ; les graines de la vérité semées par des officiers glorieux et des journalistes courageux et arrosées de leur sang, finiront par éclore.

Le jour est très proche où les Algériens connaîtront le rôle pervers des journalistes dans la guerre civile et comment certains parmi eux sont devenus des sergents recruteurs en France et ailleurs.

Le commandement exécutif du MAOL est à l’intérieur de l’ANP et fait un travail de fond, ce qui a conduit le général Lamari à signer une directive sans précédent qui interdit l’attroupement de plus de deux militaires à l’intérieur et l’extérieur des casernes sans motif valable ou autorisation préalable !
Bien que les membres connus du MAOL à l’étranger furent approchés par les adjoints du directeur de la DRS pour les persuader d’abandonner la lutte moyennant des sommes d’argents astronomiques (l’argent égaré des pauvres algériens) et des postes à faire rêver plus d’un, tous les officiers et sous-officiers du MAOL restent profondément attachés à leur serment pour que l’Algérie vive et pour que justice soit rendue.

Ce n’est pas un hasard si le journal Liberté reproduit l’article la veille du printemps berbère. Le propriétaire du titre, un certain Isaad Rabrab, homme d’affaire véreux, très proche des délinquants décideurs, est un faux militant de la cause berbère. C’est un membre influent au sein de la direction du RCD, un parti fantoche aux mains de Toufik et qui n’a qu’une seule raison d’être : contrer les actions politiques des grands partis démocratiques et diviser les militants de la cause berbère. Un parti qui a fait de l’éradication sa raison d’être, au moment où la plupart des algériens militent pour une réconciliation juste, qui mettra chacun des belligérants du conflit devant ses responsabilités.

Ce même parti qui a refusé le dialogue responsable entre Algériens, sous le prétexte fallacieux de défendre la république (la ripoux-blique des généraux), renie ses principes en acceptant la grâce amnistiante des égorgeurs et des violeurs. Tout cela en contre partie de portefeuilles ministériels spécifiques comme celui de la santé où Amar Benyounes (parent par alliance de Nezar), accélère la privatisation du secteur de la santé et celui des médicaments au détriment de SAIDAL.
Le comble de la mauvaise foi chez Said Saadi (l’homme de Toufik) est atteint lorsqu’il déclare que l’amnistie a permis la récupération de plus de 4000 pièces d’armes, en oubliant de mentionner par ailleurs que depuis l’arrivé de Bouteflika, la violence a fait plus de 5000 morts et que la Kabylie est devenue depuis, la région la moins sûre d’Algérie !

Les militants sincères du RCD «et ils sont nombreux » se posent la question du pourquoi d’un tel revirement dans la politique du parti ? Et pourquoi maintenant ?

La réponse à cette interrogation est venue de la bouche même d’un haut responsable du RCD en rupture de banc, troublé et affecté par l’affaire Matoub. Il a contacté le MAOL pour marquer son indignation face à la grande magouille (son identité a été confirmée par le MAOL et sera gardée secrète pour des raisons évidentes concernant la sécurité de cette personne).
Après plusieurs contacts téléphoniques et dans un document écrit, il nous livre son témoignage qui est reproduit ici fidèlement :

 » Militant de la cause berbère de la première heure, j’ai rejoint le RCD dés sa création, séduit par le discours de rupture, l’affirmation laïque et surtout par le côté moderniste de la nouvelle formation.
Militant enthousiaste et convaincu, jusqu’au premier signal d’alarme en 1997 à l’occasion des élections truquées au profit du RND, parti de la présidence. Me trouvant dans les locaux du parti à Alger, je surprends une conversation téléphonique entre Khalida Messaoudi et une personne dont j’ignore le nom ; Khalida insiste sur la nécessité de faire en sorte que véronique Taveau, journaliste à ARTE, chaîne de télévision française, parte avec quelque chose de consistant, elle conclue par cette phrase : « si vous êtes d’accord, les services de sécurité ce n’est pas un problème ».
S’adressant à moi après avoir raccroché le téléphone »ce soir on va leur faire honte » (Laachiya n’bahdlouhoum).

Le soir avant la clôture du scrutin, comme par hasard Khalida sert à Taveau un bourrage d’urnes en «live » par les militants du RND.
Ce scoop médiatique n’a rien de spontané, sans mettre en doute l’honnêteté et l’objectivité de la journaliste, même si elle est très proche des thèses de notre parti, la fraude réelle que personne ne peut mettre doute, n’est pas le problème, mais c’est la mise en scène et la manipulation de la journaliste par son amie Khalida. Les journalistes qui travaillent en Algérie connaissent les difficultés, les entraves et la surveillance dont ils font l’objet.

Taveau n’était qu’un instrument aux mains d’un marionnettiste invisible qui voulait envoyer un message au clan de la présidence ; en tous les cas, les paroles de Khalida lorsque je lui ai posé la question sur les tenants et les aboutissants de cette histoire ne laissent aucun doute : «Zeroual doit comprendre qu’il n’a pas toutes les cartes en main ! ».
Puis vint l’affaire de l’assassinat de Matoub, avant même de lire votre dossier et les révélations sur votre site, je me posais la question sur le rôle joué par certains responsables du parti et pour qui roule réellement Saadi ?
Lorsque le Premier ministre Ouyahia a voulu imposer la loi sur l’arabisation, je me souviens des déclarations de Saadi lors d’une réunion dont vous avez fait état dans votre dossier :«la loi ne passera pas et si tout va comme prévu, elle sera la tombe de la présidence »
Saadi : un visionnaire ou quelqu’un d’informé ?

Quelques années plutôt, n’a t-il pas affirmé en direct à la télévision au chef intégriste du FIS qu’il n’arrivera jamais au pouvoir !

Dès que la radio de l’état a annoncé la mort de Matoub, les responsables du parti ont eu une réaction troublante, il fallait passer partout le mot d’ordre que le GIA était derrière le crime, alors que la rue criait  »pouvoir assassin ». La déclaration de Khalida Messaoudi accusant les islamistes de l’assassinat et affirmant que beaucoup de gens dans le pouvoir y trouvaient leur compte n’était qu’une façon subtile pour ne pas se couper de la base du parti et de la population kabyle qui elle a vu la main du pouvoir dans cet assassinat.

Dès que la tension est tombée après l’enterrement de Matoub, certains membres du RCD, très gênés par les premiers doutes exprimés par la sour et la mère du chanteur, ont commencé par faire un travail de sensibilisation dans le seul but de consolider la piste islamiste en faisant courir la rumeur sur Malika Matoub l’accusant de vouloir faire un nom et un commerce avec l’affaire !
Sans vouloir mettre en cause Ait Hamouda, son comportement après l’assassinat était plus que troublant. Pourquoi voulait-il à tout prix savoir ce que la sour mijotait en répétant à tout bout de champ qu’elle était imprévisible ?

Pourquoi donnait- il de fausses informations aux journaux et notamment le journal Liberté, (information sur l’autopsie en citant des sources proches de l’enquête), il m’a chargé personnellement de faire circuler le nom d’un suspect auprès de certains journalistes, car ma profession donnait de la crédibilité à l’information. J’ai rompu avec le RCD après l’enlèvement du jeune Naim par des membres des GLD pour intimider Malika.

Ma conviction est faite, l’opposition du RCD à l’islamisme n’est que conjoncturelle et les opportunistes utilisent la bonne foi des militants et leur détermination à défendre la démocratie et la cause berbère à des fins bien terre à terre, un statut et une carrière.
Le RCD est devenu un instrument aux mains des affairistes qui espèrent tirer profit des prochaines privatisations, Les militants sincères doivent poser des questions sur les largesses de Rabrab dont profitent Saadi, Messaoudi et les autres. Une démocratie ne se construit que sur des bases saines avec de la transparence. La direction du RCD en acceptant de participer au gouvernement avec les islamistes et Ouyahia, chef de file des corrompus est la preuve que l’heure du partage et de la compromission est arrivée ».

Voilà le témoignage accablant d’un responsable d’une formation politique, l’exemple vivant de la manipulation à grande envergure.
Un parti qui a cautionné toutes les décisions prises par les généraux qui ont conduit le pays au génocide, le RCD et le GIA sont deux faces d’une pièce entres les doigts d’un prestidigitateur habile.
Le GIA descend du maquis pour faire des affaires (licences de taxi et autres aides) fournis par le gouvernement sans renier l’idéologie dont ils sont restés de fidèles adeptes, le RCD rentre au gouvernement en trahissant la mémoire des victimes du terrorisme et la boucle et bouclée.

Vouloir faire croire aux Algériens que le MAOL est le reflet du FIDA ou du GIA après avoir prétendu que le FFS et les services étrangers y sont derrière n’est qu’une manipulation grotesque de la part des naufragés du crime qui ne trouve que des histoires de  » Tayabates El Hammam » (commères) pour répondre aux accusations de génocide.
Tous ces exemples de manipulation tout azimut et coups fourrés en tous genres, ont été cités juste pour donner un aperçu sur ce qui se passe dans les coulisses du CDD, où l’information est le souffre-douleur d’apprentis sorciers qui tentent contre toute logique de ré-inventer la réalité algérienne. Il est incontestable que l’étendue des préjudices causés par ces faussaires de la pensée n’aurait certainement pas été aussi dramatique sans la complicité incriminable d’une classe de journalistes sans âmes qui ont engagé leurs plumes et ont cautionné le mensonge et l’irréalité dans un combat où l’encre coule à flot pour noyer la vérité.

Pour ces pseudo-journalistes le temps s’est arrêté à partir du moment où ils ont signé leurs pactes d’allégeance aux ordonnateurs de la pensée polarisée, car ils ne connaîtront jamais la satisfaction que ressentent les hommes sincères qui prêtent leurs mots à ceux qui n’ont plus de voix pour crier leur peine et soufflent la vie dans les corps meurtris de toutes les victimes.

La chasse aux sorcières:

Le recrutement des journalistes a de tout temps été un objectif de première priorité pour tous les services opérationnels de la DRS. Si on se reporte aux différents domaines où le rôle de la presse est déterminant on comprend aisément la consécration de tout un service avec des moyens illimités avec pour seul but : le contrôle de l’opinion.
Les moyens investis par la DRS pour recruter un journaliste dépendent de l’importance même du sujet opérationnel. Dans tous les cas de figure, si l’on considère un sujet moyen où l’approche directe n’est pas recommandée pour cause de refus probable de collaboration, une enquête de sécurité est conduite pour identifier le maximum de contacts du sujet, étudier ses habitudes même les plus intimes grâce à l’écoute téléphonique, la surveillance et la filature. Quelques fois même des agents extérieurs sont utilisés pour complément d’enquête ; en définitif tout l’ABC du parfait espion est utilisé, le plus important est le résultat. C’est un cas d’école ou l’on peut dire avec beaucoup de liberté que la fin justifie les moyens.

A la fin de toutes ces conspires primaires et suivant le résultat de l’enquête de sécurité plusieurs cas sont possibles, et le meilleur angle d’attaque (une stratégie d’approche) est adopté:

*Si le sujet a des vices, des secrets cachés ou des points faibles exploitables, ils sont vite adoptés et l’approche est décidée. L’officier traitant essaye durant la rencontre d’utiliser la méthode douce et si le sujet accepte de collaborer, les points faibles ne sont pas cités et sont réservés pour plus tard.
Il faut dire que certains journalistes ont offert deux mêmes d’aider le centrale, ils font aussi du renseignement en milieu journalistique pour diverses raisons qui varient du personnel au politique. C’est l’espèce la plus virulente car elle collabore très intensément pour compromettre d’autres journalistes.

*Si le sujet n’a pas de vices ou de secrets particuliers, l’approche est ensuite basée sur la tentation d’une manière indirecte, c’est à dire en utilisant des tiers personne, les plus proches possible, capables de présenter l’offre de collaboration sous un l’angle qui se confond bien avec le profil du sujet comme le nationaliste et l’intérêt suprême du pays par exemple, pourvue que les paroles de la personne qui fait l’approche trouve un écho chez le sujet. Très souvent le résultat dépend de l’engagement politique du sujet.
Dans ce cas qui nous concerne, des journalistes proches des thèses du RCD par exemple sont recrutable en jouant à la fois sur la corde berbériste et sur la lutte contre l’Etat théocratique.

Il arrive que des journalistes acquis aux thèses du tout sécuritaire refusent de collaborer avec le service et s’ils sont intéressants pour la centrale ça devient un problème car le refus de ceux-ci vient de leur volonté de rester libres, pour eux collaborer avec les services de sécurité relève du domaine de la trahison morale bien qu’ils partagent les mêmes idées que l’armée ; par honnêteté intellectuelle, ils ne peuvent pas se permettre une tel engagement.
C’est ce qu’on appelle dans le jargon des services les têtes dures, ou monsieur principes. Peu de personnes parmi cette catégorie accepte de reconsidérer l’offre et accepte de collaborer après la pression ( la torture morale) et les menaces qui viennent dans la deuxième partie de l’approche et où commence l’utilisation de toutes les méthodes basses.
Bien souvent les sujets récalcitrants sont obligés de quitter le pays, abandonner l’écriture, ou pour certains d’entre eux qui persistent, le risque est grand, très grand même car ils peuvent perde la vie.
Nous allons citer deux malheureux exemples parmis cette dernière catégorie:

Le cas Tahar Djaout:

Il n’est pas utile de rappeler qui est Tahar Djaout, car à lui seul ce nom est plein de symboles et c’est justement sur ce symbole que le service voulait à tout prix mettre la main.
Pour Smain Lamari, alors occupé à monter la machine infernale de contre réaction et de répression, Djaout est un trésor et un pôle pouvant réunir autour de lui des personnalités du monde entier. Il fait donc l’objet d’une attention très particulière.
Au début de l’année 1993 les services secrets sont en pleine crise et les pressions internationales poste-coup d’Etat nécessitent une mobilisation massive d’une nouvelle force, un front capable de contenir les réactions hostiles venues de l’extérieure et celle émanant de l’intérieur. Ce front de défense des valeurs républicaines de l’Algérie et qui sera désigné plus tard par la  »société civile » a besoin de forces motrices capables de le générer une poussée dans le sens politique voulu par les généraux.

A cette époque Said Saadi et Khalida Messaoudi ont déjà traversé un long chemin dans la réalisation d’un tel projet en prenant la tête du mouvement pour la république (MPR), mais il fallait s’assurer du ralliement du plus grand nombre d’intellectuels francophones bien sûr pour donner plus de crédit au mouvement. L’occident en général et la France en particulier étant naturellement bien plus sensible aux appels des intectuels de culture française.
C’est la raison pour laquelle Smain a concentré ses efforts sur cette classe particulière d’intellectuels capables d’exporter plus aisément les thèses politiques des Janviéristes.

 

Plusieurs intellectuels prennent très naturellement part à cette grande mobilisation par déontologie ou affinité politique, Rachid Boudjedra, Rachid Mimouni, …et d’autres se sont investis dans cette foire de  »sauvegarde » de la démocratie mais nombreux sont ceux qui sont restés en marge préférant suivre les événements de loin en cette période trouble.
Tahar Djaout change du champ littéraire au champ politique avec l’avènement du FIS, il traduit sur papier assez bien l’esprit du combat que préparent les généraux du MDN, seul différence c’est que Djaout pense en poète et écrit naïvement avec tous les sentiments qui peuvent se réunir chez un poète. Pour lui la rupture doit se faire avec toutes formes d’hégémonie qu’elle soit religieuse ou militaire. Il a même l’intention de créer une association pour la défense de la liberté de la presse à cause des restrictions imposées sur la diffusion de l’information.
Les généraux quant à eux sont plus pragmatiques et doivent réussir le plan du Mokh (le général Mohamed Touati) quelles que soient les conséquences

Djaout est bien connu des services et c’est son coté idéaliste qui pose problème, il a déjà été approché auparavant mais il a complètement refusé de collaborer avec la centrale. Cette fois-ci c’est Smain en personne qui suit le dossier et une enquête très poussée de plusieurs semaines est menée pour essayer de trouver une porte d’entrée, mais en vain.
Le sujet est cristal comme on dit et cela rend son recrutement assez difficile. Smain charge un autre agent  » Kabyle » pour tâter le terrain et essayer d’allier Tahar pour le combat, la réponse de ce dernier est sans appel  » J’agis en mon âme et conscience  »!
Pour Smain Lamari, Djaout est une carte gagnante à tous les coups quelque soit le jeux et  »puisqu’il a refusé de travailler pour le service en étant vivant, il le fera en étant mort ».
Sa liquidation est décidée presque à la hâte suite à une occasion plus que propice, la publication le 25 mai 93 de son article intitulé  » la famille qui avance, la famille qui recule ». En publiant cet article Djaout donne à Smain l’occasion rêvée de faire passer le meurtre pour un acte terroriste.

Très tôt, ce matin du 26 mai 1993, tous les alentours de la cité de Bainem sont vidés des petits vendeurs de cigarettes et des travailleurs des chantiers voisins par l’équipe en charge de l’opération. C’est un commando de l’escadron de la mort, la fameuse équipe 192, qui se présente vers dix heures devant la voiture de Tahar Djaout (garée près de son immeuble). Ce dernier vient tout juste de la mettre en marche et c’est un professionnel qui l’exécute après l’avoir appelé par son prénom pour confirmation de l’identité. Pour maquiller le crime, le corps ensanglanté est sorti de la voiture et jeté sur le sol, le tueur prend la voiture et quitte la cité le plus normalement du monde. La voiture est bien sûr retrouvée abandonnée non loin de Bainem.

Cinq jours après, un jeune homme tremblant face à la caméra de télévision, visiblement affecté par la torture, avoue son implication dans l’assassinat du poète. La confession est très claire et les motifs bien établis,  » l’obscurantisme religieux vient de commettre un crime qui soulève toute la Kabylie ». Une campagne médiatique sans précédant est organisée, le mot d’ordre est donné, le coupable invisible tout désigné : Le GIA a tué son journaliste Kabyle numéro un !

Les avocats du vendeur de bonbons présenté à la télévision arrivent très facilement à prouver que leur client est innocent et pour cause au moment des faits il jouait un match de basket à Ben Aknoun, le juge n’a pas d’autres alternatives que de relâcher le pseudo-assassin, les autres complices présumés sont comme d’habitude  »selon un communiqué officiel  » abattus plus tard dans des opérations de police.
Nous avons vu depuis plusieurs repentis défiler devant la caméra de télévision avouant des crimes aussi effroyables les uns que les autres, les exemples son nombreux (Djilali Liabes, M’hamed Boukhobza, Boucebsi, Benhamouda…)
La famille de Djaout a essayé de trouver des témoins parmi les habitants de la cité où tout le monde se connaît, mais en vain. Le commissariat de police locale a déjà fait le nettoyage nécessaire en embarquant une foule de jeunes du quartier qui ont en vu de toutes les couleurs dans les locaux de la police, ils ont appris à la sortie à dire :  » je n’ai rien vu et ça ne me regarde pas », la peur qui régnait a fait le reste.

Smain par contre ne s’attend pas à la création d’un comité de vérité sur l’assassinat de Tahar Djaout, et rien que l’idée de ce comité le met hors de lui, surtout que des journalistes ont suivit ce comité qui pose des questions très embarrassantes et ce n’est pas par hasard que le 15 juin le co-fondateurs de ce comité en l’occurrence, le psychiatre Mahfoud Boucebsi est sauvagement assassiné à l’arme blanche, la signature du crime est un double message, rien ne peut arrêter les fous du pouvoir.

Cette assassinat ressemble très étrangement par ses motifs et ses buts à celui du Chanteur Matoub Lounes, différents lieux, différentes époques, le but rechercher dans les deux cas par Smain et Toufik est le même : la manipulation des foules par ses symboles, même au delà des frontières.
Les retombées médiatiques et politiques de ce meurtre sont énormes, que se soit en milieu journalistique ou politique et la machinerie de la société civile a bien avancé depuis en utilisant la mémoire d’un symbole qui est contraint à la collaboration en étant mort à cause de certains ( Said Saadi &co) qui n’ont nullement hésité à mettre en avant le nom de Djaout à toutes les sauces politico-mafieuses comme ils le feront ensuite avec Matoub.

Le cas Said Mekbal:

De part son caractère Said Mekbal était très proche de Djaout. Connue dans le service sous son célèbre pseudo  »Mesmar J’ha », lui aussi a fait l’objet d’une approche de collaboration par le service de Smain. Insolent, c’est ainsi qu’il est qualifié par l’officier qui a essayé de le recruter, et malgré le fait qu’il ait bénéficié d’une bourse à l’étranger offerte par le ministère de la défense, son attitude est restée plutôt ingrate vis-à-vis du service.

Il s’est fait une réputation par ses écrits peu flatteurs à l’égard des islamistes d’une part et du commandement militaire d’autres part ; ce qui lui a valu d’être plusieurs fois suspendu du journal et rappelé à l’ordre de manière assez désagréable. Said Mekbal a refusé de cautionner la politique du changement partiel, pour lui les islamistes et les militaires sont deux diables de différentes couleurs. Le plus grave pour Mekbel c’est qu’il agaçait très sérieusement Toufik par ses écrits et ses allégations répétées concernant l’implication des services de sécurité dans le meurtre de certains journalistes. Toufik lui fait parvenir un message assez clair  » à ce rythme tu ne vas pas tarder à rejoindre Djaout  » !

En accordant une interview à une journaliste allemande ( dont le nom ne sera pas cité pour des raisons de sécurité et qui garde encore l’enregistrement audio de la rencontre) et ce quelques semaines avant sa mort, il lui a clairement répondu à la question :  »qui veut vous tuer ? »
 »Si vous apprenez que j’ai été assassiné sachez que c’est le général Toufik qui aura ordonné mon exécution ! »

Ses engagements politiques le rendaient naturellement hostile à toute collaboration directe ou indirecte avec les services de sécurité. Quand l’officier en charge de son recrutement lui demande de collaborer avec le service, il a la même attitude que celle de Louisa Hanoune lors de son arrestation en 89 à Ben Aknoun avec sa copine d’Air Algérie. La réponse est identique et le ton employé pour marquer le refus, assez fort,  » Je ne collaborerai pas et faites ce que vous voulez ».

A tout seigneur tout honneur, c’est la réponse que Smain ne voulait surtout pas entendre et c’est la même équipe qui a monté l’opération Djaout qui s’est occupée du dossier Mekbel, et de la même manière : une exécution en bonne et due forme. Seulement dans ce cas, Said Mekbel qui échappe à un attentat le 08 mars 1993, est depuis sur ses gardes et difficile d’approche et c’est la raison pour laquelle le  »travail » est confié à un homme de main de Smain, Abdel Malek Amalou, connu dans le service pour son professionnalisme sous le pseudo « le liquidateur ». Il s’est fait une grande réputation après le meurtre à Paris en 1987 de l’avocat Ali Messili.

Le liquidateur a besoin de s’approcher de Said Mekbel sans que ce dernier puisse se douter de quoi que se soit. Ce qui est fait grâce à la collaboration d’un agent féminin, ( une journaliste qui accompagne le tueur au moment du crime et qui connaît Said Mekbel. Elle le piège et c’est Toufik et Smain qui arrachent  »Mesmar Dj’ha ». Said Mekbel porte le numéro 27.

Il est douloureux de citer ces exemples car les motivations de Toufik et de Smain Lamari sont multiples, en plus des retombées médiatiques de ces opérations funestes, ces assassinats servent d’exemples à d’autres journalistes qui craignant pour leurs vies n’ont plus le choix. Pour les responsables du service presse de la DRS, après les meurtres de plusieurs journalistes soit par le service comme c’est le cas des exemples précédents soit par la main des islamistes, la cueillette des plumes est devenue très facile. Il fallait les recevoir à bras ouvert et leur offrir la sécurité, les armes ( beaucoup de journalistes sont armés suite à cela par le service ) et tout le confort dont ils ont besoin en échange de leur contribution bienveillante.

Il est important de noter que derrière ces meurtres de journalistes ( surtout les journalistes étrangers ), les généraux Toufik et Smain ont aussi un objectif hautement stratégique par ces liquidations, à savoir le contrôle par ricoché de la presse étrangère et ce par l’imposition d’une protection rapprochée permanente durant tout le séjour du journaliste en Algérie.

De cette façon les généraux sont sûrs de limiter le champ d’action des journalistes étrangers qui ne verront en fin de compte que ce qui arrange le commandement militaire et rien d’autre. Même les contacts avec la population civile sont réduits au strict minimum pour éviter tout dérapage. L’opinion internationale doit à tout prix avoir le même son de cloche  » l’armée est au-dessus de tout soupçon ».

Les victimes :

En plus de ceux qui ont perdu leurs vies, reste ceux qui ont énormément souffert et auxquels nous rendons un grand hommage pour leur courage, leur honnêteté, leur persévérance et leur résistance.
Ils ont subit des tortures en tous genres, des viols, des harcèlements judiciaires et des insultes dans le meilleur des cas. Leur souffrance est celle du peuple algérien avec lequel ils sont toujours restés honnêtes.
Nous ne pouvons pas les citer tous et nous n’avons aucune décoration à leur offrir sinon notre profonde reconnaissance et notre profond respect. Parmi ceux là nous citons :

Salima Ghezali,
Chawki Amari (caricaturiste),
Marc Marginedas (correspondant d’El periõdeco : expulsé),
Mourad Hadjersi(journaliste free lance),
Baya Gacemi (la Tribune),
Faycel Metaoui (El Watan),
Mohamed Sifaoui (correspondant de jeune Afrique),
Abi Mounir (caricaturiste l’Authentique),
Abdelaziz Houmad (directeur d’Ouest Info),
Billal Thaminy (l’ Authentique)
Djillali Hadjaj (El Watan),
Saad Bouakba ( El Youm),
Zoubir Souissi (ancien directeur du soir d’Algérie),
H’mida layachi(El Khabar),
Abdel Ali Hocine (Gayad) (El Khabar),
Djamel Benmered (Exilé),
El Kadi Ihsane (Le quotidien d’Oran),
Touhami Madjouri (El Alam Assiyassi),
Daikha Dridi (free lance),
Mourad Aït Ouarab (free lance),
Ahmed Kaci(l’Authentique).

La dernière victime en date du colonel Hadj Zoubir est un jeune photographe Walid Zeroug, arrêté le mardi 28 mars 2000 à 19h30. Il a été emmené à Ben Aknoun (Belaroussi) où il a passé cinq nuits avant d’être relâché le dimanche vers 17 heures après que l’AFP ait rendu publique l’information.
Ce photographe âgé de 24 ans travaille entre autres pour l’agence française IMA Presse. Son arrestation est directement liée au fait qu’il connaît personnellement l’attaché de presse au sein de l’ambassade de France à Alger. Zoubir avait demandé à Walid Zeroug de collaborer avec lui mais le jeune photographe a refusé.

Les disparus :

Une pensé très particulière à quatre journalistes disparus dont deux arrêtés officiellement par les services de sécurité, à ce jour leur sort est identique à celui des milliers de victimes disparus qui nous interpellent à tous les instants pour que l’on fasse toute la lumière sur les.

Djamil Fahassi : (Radio Algérienne, chaîne III),
Aziz Bouabdallah (El Alam El Siyassi),
Tous deux arrêtés par les services de sécurité.

Kadour Bouselham, (Horizons),
Mohamed Hassaine, (Alger Républicain),
Présumés tués par des groupes islamistes.

Les Agents des services:

Nous tenons avant toute chose à préciser que les noms qui vont suivre sont ceux des personnes qui ont volontairement choisi de collaborer avec les services de sécurité. Les copies des dossiers agents (ou fiches bleues) qu’ils ont signé ainsi que les preuves de leurs méfaits seront transmis aux instances judiciaires le moment venu. Ces journalistes ainsi que d’autres, ont vendu leurs âmes aux assassins de leurs collègues journalistes. Nous n’allons pas non plus nous rabaisser et décrire les détails de leurs vies privées soigneusement notés dans leurs dossiers par les responsables des services et ce d’abord par respect pour leurs familles et aussi par respect pour les lecteurs de ce dossier.

Nous n’avons pas pris en considération le cas des journalistes qui ont cédé sous les menaces et les exactions en tout genre, car ceux là ont au moins le mérite d’avoir essayer de résister. Il faut dire qu’il n’est pas toujours facile de supporter les tortures de quelle nature que se soit.

El Watan:

Salima Tlemçani de son vrai nom Zineb Oubouchou, a été recrutée par le colonel Fawzi. Ses collègues l’ont surnommé le général à cause de ses contacts permanents avec le service et son autorité. Elle est utilisée par Zoubir comme sergent recruteur spécialement avec les journalistes étrangers et remplit des missions pour le service surtout à l’étranger. Elle a déjà été envoyée à une réunion de la fédération internationale de journalistes pour passer les messages de la DRS  » C’est uniquement les islamistes qui tuent en Algérie ». Elle doit partir le 03 mai à Barcelone pour participer à un séminaire international organisé par la coordination des journalistes catalans à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse.
Elle a initié les attaques contre le MAOL d’après les instructions de Zoubir en commençant par diffuser des messages sur Internet sous le pseudonyme de  » SalimaPour ».

Tayeb Belghiche:(actionnaire d’El Watan), surnommé le manchot par les services du CCD; parce qu’il a perdu un bras durant son enfance lorsqu’il a sauté sur une mine dans la région de Souk Ahras.
Il s’est, dès les années 70, spécialisé dans le conflit Algéro-Marocain et l’affaire du Sahara Occidentale.
Tayeb Belghiche est l’agent favori du service pour ce qui est des campagnes de propagandes contre le Maroc et les questions relatives au problème Sahraoui.
C’est lui qui a fait entrer, il y’a dix ans, ABLA CHERIF, de son vrai nom  »Amel Boumediène », dans le monde de la presse. Il l’a mise en relation avec les officiers des services et l’a convaincue de collaborer.

Liberté :

Nacer Belhadjoudja : il est utilisé par le service surtout pour espionner ses collègues, Zoubir l’a bien utilisé pour espionner Ghalib Djebour à l’Authentique, mais il est viré quand le directeur de journal s’en rend compte.
Ses deux frères travaillent aussi pour le service, Rédha Belhadjoudja signe la chronique en page 24 de liberté « le nez et la perte » sous le pseudonyme Hakim Laalam ; Said Belhadjoudja travaille comme correspondant du Soir d’Algérie à Annaba. C’est Nacer qui est le plus lié à Zoubir qui le traite comme son dauphin.

Abrous Outoudert(directeur du quotidien Liberté) : il a été durant de longues années fonctionnaire au ministère de la communication. Il s’occupait de la censure. Originaire du village de Taguemount Azouz, daira de Beni Douala wilaya de Tizi Ouzou, il a été contacté par Isaad Rabrab quand celui-ci a décidé de créer Liberté. Les deux sont originaires de Taguemount Azouz. Ils sont aussi cousins éloignés. Abrous est chargé de la gestion du quotidien liberté afin que Rabrab n’apparaisse pas. Abrous est très proche de Zoubir qui l’utilise comme agent de renseignement notamment auprès de l’ambassade de France où Abrous a des contacts importants. L’information publiée sur le radar de liberté concernant Betchine lui a valu d’être emprisonné. Cette affaire cousue de fils blancs lui a aussi permis de gagner en crédibilité en plus de la prime du service.

Ghania Khelifi.

El Khabar:

Ali Djerri.

Le Matin :

Farid Alilet.

Le Soir D’Algérie:

Fouad Boughanem,
Rabah Abdellah.

Horizons:

Naama Abbes, C’est le colonel Fawzi qui a convaincu Liamine Bechichi à l’époque ministre de la communication de nommer Naama Abbes (Bi-National car née en France) au journal Horizons.

La Tribune:

Khair-eddine Ameyar,
Bachir Chérif Hassan

France 2 :

Ahmed Ouandjli (correspondant ),

Al-Jazzerah:

Boualem Allah Hamid (correspondant ),

La radio algérienne chaîne 3:

Zehira Yahi.

El-Hayat:

Mohamed Moqaddem. (Anis Rahmani)

MBC:

Ahmed Megaache.

Le Quotidien d’Oran :

Mounir Bendjemaa : Ancien journaliste à Horizons et à l’Authentique où il a espionné pour le compte de Zoubir. Après son éviction de ce journal Zoubir le nomme au Quotidien d’Oran, ce journal en partie propriété du chef de la deuxième région en l’occurrence le général Kamel Aberahman. Mounir B. est aussi utilisé pour essayer de discréditer le MAOL sur Internet en lançant des messages sur les sites où il y’a des forums d’algériens.

Hebdo Libéré:

Abderrahmane Mahmoudi.

Le directeur d’Achaab:

Azzedine Boukerdousse.

Le secrétaire général du syndicat national des journalistes ( SNJ ): promu à ce poste par le service : RABAH ABDELLAH. Il signe ses articles au « soir d’Algérie » sous le
Pseudonyme Sofiane Aït Iflis.

El Moudjahid :

Mouloud Benmohamed, qui est devenu presque un habitué des rencontres sur les droits de l’homme à Genève et Paris. Il est envoyé en mission pour prendre des photos et des enregistrements qu’il remet ensuite à Zoubir.

Ces agents des services sont animés par le désir d’arriver vite au sommet comme leurs prédécesseurs que les officiers recruteurs citent en exemple. Le service a souvent bien récompensé ses serviteurs fidèles afin qu’ils servent d’exemples aux autres journalistes plus soucieux de se faire une réputation que de faire honnêtement leur métier.

Zahia Benarouss : Ministre.

Hamraoui Habib Chawki: Ministre.

Ahmed Boubrik:Directeur de la station ENTV de constantine.

Chadli Boufaroua: est devenu directeur du centre d’écoute de Dély Brahim.

Mohamed Tigane : directeur d’El Massa.

Nacer M’hel : directeur de l’APS (ex. Chef du bureau de l’APS à Tokyo, Mexico, et Washington et agent attitré de la DRS).

Naama Abbes : est devenue directrice de l’Horizons.

Abdelhak Bouatoura : Un ancien journaliste à Horizons. Il est récompensé par la DRS en 1997 en le nommant comme attaché de presse au ministère de l’intérieur.

Fatiha Akkab : Ancienne journaliste à Algérie Actualité, devenue fonctionnaire au ministère de la communication.

Zoubir, les Affaires et les Autres :

Le chargé du contrôle de la presse Tahri Zoubir a réagit de la même façon que ses chefs, à peine installer à son poste a Belaroussi qu’il s’est investi en parallèle dans la fructification des affaires de la famille. El hadj Zoubir est le frère de Miloud Zoubir, l’ancien Wali de M’sila, nommé après le dernier mouvement des walis à la willaya de Ghelizane grâce à l’intervention du colonel Zoubir, le frère protecteur.

En 1995, les services judiciaires de la gendarmerie nationale mettent à jours un trafic à grande échelle de passeports, de cartes jaunes (dispense du service militaire) et de sursis militaires valables à l’étranger. Parmi les personnes mises en cause, le propre frère du colonel Zoubir alors wali de M’sila, le commandant du secteur militaire et d’autres relais dans l’administration locale. En fait même Zoubir est bien impliqué en assurant la sécurité de tout le réseau. A 12.000FF (nouveaux francs) la carte jaune et 8.000FF le sursis, les comptes atteignent très vite des sommes gigantesques. Profitant du climat d’insécurité générale et de la crainte des parents pour leurs enfants qui ont atteint l’âge du service militaire, Zoubir et ses complices ont organisé ce commerce très lucratif de la vie humaine. Les parents des jeunes appelés qui peuvent se permettre même en vendant leurs biens préfèrent acheter la vie de leurs enfants plutôt que de les voir partir vers une mort certaine, trop de jeunes ne sont jamais revenus de l’abattoir.

Le colonel Tahri Zoubir

Quand le colonel Zoubir prend connaissance des investigations menées par les gendarmes autour de cette affaire, c’est en personne qu’il dirige les tractations avec le service concerné de la gendarmerie. Ses arguments en tant qu’officier supérieur de la DRS très connu dans le milieu opérationnel sont solides et pour lui le service de police judiciaire de la gendarmerie est entrain de faire capoter une opération interne au service de la DRS couverte par le sceau du secret à des fins de lutte contre le terrorisme. Il est vrai que les services opérationnels de la DRS montent des affaires de toutes pièces (le miel qui attire les abeilles) soit pour des besoins d’infiltration soit pour la neutralisation de certains éléments, (le dossier de la lutte antiterroriste en traitera quelques exemples). Mais aussi d’autres opérations du genre sont aussi préparées pour des besoins personnels, le plus souvent pour le compte des chefs qui veulent éliminer des concurrents gênants ou avoir l’avantage dans des domaines qui les intéressent.

Malheureusement pour Zoubir, un journaliste travaillant pour le journal Le Matin eut vent de cette affaire (sans pour autant qu’il sache le lien de parenté qui existe entre le Colonel Zoubir et le Wali de M’sila), il publie un article sur les dépassements de ce wali. En apprenant la nouvelle, Zoubir devient fou et fait tout pour nuire à ce journaliste : arrestation par Tartague, coups, insultes, menaces de viol et de mort… Toute la machinerie répressive est mise à contribution pour enterrer le sujet en question. Comme à l’accoutumée, Zoubir fait sortir le chef d’inculpation classique, à savoir intelligence pour un service étranger pour légaliser l’arrestation de l’auteur du fâcheux article vis à vis de ses collègues, car le journaliste en question avait des connaissances au sein de l’ambassade de France et des Etats-Unis à Alger.

Les affaires des frères Tahri dépassent largement le cadre du trafic de documents militaires, ils ont même monté grâce à l’argent récolté par ces transactions honteuses, une société d’importation de produits électroménagers en provenance de Tunisie avec le partenariat du chef de sûreté de la wilaya de M’sila et le commandant du secteur militaire. Leur société est devenue avec le temps l’une des plus importante qui fait de la distribution (vente en gros) pour tous les commerçants de l’ouest du pays et même du centre. Leur chiffre d’affaire dépasse les 300 milliards de centimes et c’est grâce à Zoubir que le service des douanes n’a jamais un droit de regard sur ce commerce juteux qui est en pleine floraison.

Une des premières victimes de Zoubir est le DEC d’El Biar, le nommé Mohamed Maarouf qui cède sous les menaces claires de Zoubir. Ce dernier exige avec insistance un lot de terrain pour construction dans la commune. C’est finalement derrière le stade d’El Biar qu’il réussit à en avoir un à un prix dérisoire pour le moins que l’on puisse dire en comparaison avec les prix réels pratiqués sur le marché. Sans se soucier des frais, il fait appel à l’entrepreneur favori des généraux, un certain  »Ami Salah » qui a construit deux villas pour le général Mohamed Touati, deux autres pour le général Abdel Madjid Taghrirt, une autre pour le général Mohamed Lamari ( pour son Fils Mourad) et pour bien d’autres officiers supérieurs.

La villa la moins chère a coûté plus de 2,5 milliards de centimes. Celle de Zoubir a coûté près de trois milliards, une somme modique pour ce colonel businessman qui s’est fait construire deux autres villas à Oran, l’une aux noms des membres de sa famille, en plus des logements de fonction qu’il n’a jamais quitté. Cela fait bien de l’espace pour un seul colonel. Rien à voir avec la réalité algérienne, cet officier supérieur parmi tant d’autres vit dans le luxe et la luxure alors que la crise de logement bat son plein.
La mutation du frère wali n’est pas due au hasard, le budget de reconstruction de cette zone martyre aiguise les appétits des vautours du trafic de l’immobilier et du foncier, et les affaires des frères dans ce domaine ne sont pas en laisse. Déjà à M’sila, le Wali Miloud Tahri s’est bien servi et le montant du trafic de lots de terrain, logements d’habitation, locaux commerciaux et engins de transport lourds, est effarant. Pareillement Zoubir a fait de même à Alger avec l’ex. Gouverneur Chérif Rahmani et  »Salah » le fameux entrepreneur. Des terrains agricoles ont été détournés, reclassés constructibles, construits et revendus à des prix exorbitants. Même d’anciens cimetières chrétiens n’ont pas échappé à leur voracité et ont été vendus comme terrains constructibles.

Le lecteur peut se demander légitimement comment est ce que les chefs de Zoubir laissent faire ce subordonné ? En réalité pour eux ces petits trafics c’est du menu fretin. Ils laissent faire pour s’assurer du soutien d’officiers comme Zoubir. Ils peuvent cependant à tout moment le traduire en justice quand il devient gênant ou trop gourmand. Les généraux préfèrent laisser ces miettes aux officiers qui les secondent.
Les affaires des généraux se chiffrent en millions de dollars et les officiers de l’espèce de Zoubir évitent bien de toucher aux chasses gardées des grands.

Le cas du Colonel Zoubir, chef du CCD n’est qu’un exemple parmi des centaines d’autres qui usent leurs fonctions comme un tremplin vers la richesse et qui travaillent d’arrache-pied pour s’assurer une place au soleil. Zoubir sait que son poste lui permet de faire taire tous ceux qui osent parler de corruption, de détournements et de tout ce qui dérange les chefs. C’est de ce point précis qu’il tire sa force et son pouvoir.

Djillali Hadjadj, journaliste et médecin de formation, a longtemps travaillé au journal El Watan et s’est spécialisé au fil des ans dans les affaires de corruptions surtout depuis l’arrivée de Zeroual au pouvoir. Il a écrit un livre traitant aussi de l’étendue du fléau de la corruption dans notre société. Il était bien vu par les responsables des services depuis qu’il avait lancé une série d’articles sur l’empire du Général Betchine, bien plus il a même été félicité plus d’une fois par Zoubir pour son travail. Le vent a très vite tourné dès que ce même journaliste a commencé à s’intéresser de près à l’empire de Toufik et des autres généraux, une pluie d’insultes et de menaces de mort s’est abattue sur lui.

Suite au refus d’abandonner ses enquêtes, Zoubir met tout son poids et utilise tous ses contacts pour le faire renvoyer du journal en décembre 1999. Devant toutes ces exactions, le journaliste persiste en militant contre la corruption au sein de l’association qu’il a crée et a assisté dernièrement en Afrique du Sud au congrès contre la corruption.

Bien des journalistes honnêtes et sincères qui se sont investis dans ce métier noble où la vérité est reine, ont été cassés, poursuivis, martyrisés, assassinés ou dans le meilleur des cas, poussés à l’exil soit par Zoubir, Fawzi ou d’autres manipulateurs de l’ombre qui veulent étouffer à tout prix les voix qui se révoltent. Tant qu’il y aura des gros rats qui se déplacent dans la nuit, croquent l’Algérie à pleines dents et se remplissent le ventre, l’Algérie restera à genoux et son peuple boira l’élixir de l’humiliation que les rats mijotent.

En conclusion notre unique souhait est de pouvoir contribuer par la diffusion de ce dossier à la levée des restrictions qui pèsent sur la liberté de la presse. Que les monstres qui guettent l’Algérie soient bannis à jamais ! Que Zineb et les autres inquisiteurs disparaissent du monde de la presse, car ils ne valent pas mieux que les terroristes islamistes qu’ils combattent.

Notre promesse à tous ceux qui ont donné leurs vies pour la vérité et de continuer à démasquer et à combattre tous les faux démocrates qui se vendent à Rabrab et ses acolytes. Tous les prêcheurs de mensonges qui assassinent l’espoir des plus démunis. Tous les Toufik et Smain qui étouffent les voix de la vérité et souillent de leurs empreintes indélébiles les pages de l’histoire.

Hommages aux journalistes qui ont été la proie de la folie humaine et des renégats aux milles visages. Des noms qui sont tombés l’un après l’autre avec bravoure et dignité. Leur mémoire restera le phare de tous ceux qui disent NON haut et fort aux démons du mensonge.

En cette occasion nous rendons un grand hommage à lutte de Taoufik Ben Brick qui balise le chemin de la vérité avec honneur et courage.

Peuple algérien, personne ne sait de quoi sera fait demain tant que ta volonté reste souveraine et ton désir suprême.

Gloire à nos martyrs et vive l’Algérie

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La Guerre entre le DRS et le DCE selon le MAOL

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

La Guerre entre le DRS et le DCE

MAOL (Mouvement algérien des officiers libres), 9 mai 2002

Fort du soutien de ses amis d’outre-mer, le DCE a commencé à prendre ses distances avec son directeur le general Toufik, et depuis le milieu des années quatre vingt dix, il a tous fait pour se munir d’une autonomie. Il a même demandé à Liamine Zeroual après son élection à la présidence de l’Etat de créer une DST algérienne (reconvertir la DCE en DST), qui serait indépendante du DRS et qui rendrait compte directement au président de la république ! Liamine Zeroual a catégoriquement refusé la proposition. Le général Toufik a su dès lors que Smain allait devenir un problème…et de taille !

Dans l’enceinte du ministère de la défense Nationale, depuis le début 2001, il n’est un secret pour personne qu’entre Mohamed Mediene et Smain Lamari c’est la guerre. Les escarmouches entre les deux antagonistes sont devenues très courantes jusqu’à atteindre des proportions alarmantes, puisque les éléments des deux hommes en sont venus aux armes lors d’une réunion qui s’est tenue au siège de la DCE à Ghermoul. Tout le DRS s’est trouvé ébranlé puisqu’un front nouveau s’est créé dans la direction la plus sensible de toute l’armée. Entre les deux adversaires tout est devenu permis puisque dans ce monde le perdant a tort, toujours tort !

Le conflit a éclaté au grand jour avec un attentat commandité par Toufik contre Smain Lamari devant le siège même du DRS à Dely-Brahim. A quelques mètres de l’entrée de la caserne (siège du DRS), le véhicule blindé de Smain a subit une averse de balles perforantes venant des passagers d’un fourgon qui l’a dépassé. Ils ont aspergé le directeur de la DCE d’un feu nourri pendant quelques minutes très chaudes. Le chauffeur de Smain a trouvé la mort et Smain Lamari a miraculeusement échappé à l’attentat.

A peine trois semaines plus tard, Smain Lamari rend le coup à Toufik. En plein mois de Ramadan le chauffeur de Toufik découvre in extremis une charge de TNT à l’intérieur même du véhicule du DRS avant de démarrer pour se rendre au siège de la présidence de la république où Toufik devait rencontrer Bouteflika en fin d’après midi. La voiture de Toufik était pourtant bien garée et gardée devant la porte d’entrée du bâtiment C au ministère de la défense ; une entrée réservée exclusivement au directeur du département de la recherche et de la sécurité.

En apprenant la nouvelle, la réaction de Toufik ne s’est pas fait attendre et il a de suite démis Smain Lamari par décret de sa fonction de sous directeur du DRS.

Malgré plusieurs tentatives de médiations entreprises par le chef de l’Etat major Mohamed Lamari et Mohamed Touati, le général Toufik a posé une fin de non recevoir à toutes les doléances concernant le sujet à ce jour.

Smain Lamari pensait qu’en ensemençant le terrain opérationnel de ses agents il allait dominer pratiquement la situation sécuritaire et devrait réussir à empoigner les pleins pouvoirs. Ce qui lui aurait permis par conséquent de faire la pluie et le beau temps sur l’échiquier politique de l’Algérie. C’était sans compter avec la ruse de Toufik qui avait justement grâce au général Kamel Abdelrahmane créé une direction de contre espionnage bis (DCE) au sein même du DRS.

La relation entre Toufik et Kamel Abdelrahmane n’a cessé d’évoluer, depuis que ce dernier a réussi à s’imposer sur le terrain opérationnel à la DCSA en donnant ainsi plus de pouvoir à Toufik. Les noces de Kamel Abdelrahmane avec la nièce de Toufik n’ont fait que consolider encore plus les liens entre les deux hommes, devenus très proches par cette parenté officielle.
En effet à la tête de la direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), Kamel Abdelrahmane avait donné les pleins pouvoirs aux Commandants des centres opérationnels pour agir sur le terrain, ouvrant ainsi d’un côté pleinement le champ à tous les dépassements qui ont été orchestrés surtout conte les civils et créant une sorte de situation d’exception où par défaut et manque de textes clairs en la matière, la DCSA se trouvait au-dessus de la DCE de Smain Lamari. Ceci vient du fait que la DCSA est officiellement responsable de la sécurité de tous les biens et les personnes militaires et civiles qui ont un rapport avec l’ANP que se soit de près ou de loin. C’est cette tâche spéciale qui a été savamment exploité étant donné que le personnel de la direction du contre espionnage (DCE) de Smain est composée uniquement de militaires.

Il faut rappeler au passage et à juste titre que le général major Saidi Fodhil a été liquidé par deux fois à cause justement de cette lutte des clans où la DSCA était au centre du conflit ;
Une première fois lorsqu’il a été chassé de son poste de directeur de la DDSE car Smain Lamari ne voulait pas de lui comme interlocuteur vis-à-vis des services étrangers et surtout français. Trop raide, peu coopératif et beaucoup moins complaisant que Smain, les Français ne voulaient pas de Saidi.
Pour l’éloigner Smain avait obtenu à l’époque de Zeroual que Saidi Fodhil soit réaffecté au Commandement des forces terrestres comme chef de la quatrième région militaire. Smain ne voulait pas de lui à la DCSA, puisque Saidi devait permuter son poste avec Kamel Abdelrahman. Liamine Zeroual tenait trop à Saidi Fodhil et Smain Lamari ne pouvait donc pas lui demander de le mettre à la retraite anticipée.

Une seconde fois, comme déjà cité précédemment dans un autre dossier, Saidi Fodhil a payé de sa vie une nomination par décret présidentiel, de nature stratégique, au poste de directeur de la DCSA. Une condamnation à mort paraphé par Zeroual qui voulait prendre en main les affaires de l’armée. Mais le manque de courage et de charisme de Liamine Zeroual ont été les causes directes de la tragédie qui secoue le pays depuis son accession au pouvoir.

La DSCA est devenue le verrou qui contrôle tout le panorama civil et militaire de l’Algérie, et les moyens octroyés par Toufik à ses services opérationnels dépassent toute imagination. Le seul fait de prononcer CPMI-Benaknoun est devenu synonyme d’aller sans retour, un saut vers l’inconnu…, en un mot la mort.

La réputation du CPMI s’est propagée sur tout le territoire national comme une traînée de poudre donnant des sueurs froides aux plus coriaces.
Une concurrence impitoyable a opposé les services opérationnels des deux camps (la DCSA et la DCE) sur le terrain allant même aux liquidations physiques qui ont été perpétrés par les deux partis, et commandités par les chefs des services opérationnels respectifs ; le colonel Bachir Tartag (alias colonel Athman) au Centre Principal d’Investigation Militaire (CPMI à Benaknoun) pour la DCSA et le colonel Farid Ghobrini (alias colonel Farid) pour la DCE au Centre de Recherche et Investigation (CRI ANTAR, à la sortie de Benaknoun, côté du parc zoologique).
L’essentiel avant tout est de satisfaire le chef et le conforter dans son poste; Toufik pour l’un, Smain pour l’autre. Le nombre de civils qui ont fait les frais de cette mascarade et ont péri dans cette course effrénée au pouvoir est effarant. Le tableau de chasse de chacun des partis devait contenir le plus de trophées possibles et c’est l’une des raisons directes de l’énormité du chiffre des personnes disparues.

L’animosité entre le général Toufik et le général Smain a atteint des sommets sur plusieurs dossiers clefs dont celui du Mouvement Algérien des Officiers libres. Après la nomination officielle de Bouteflika comme président, Smain Lamari s’est déplacé en personne à Madrid pour prendre contact avec les représentants du commandement du MAOL à l’étranger. Pour se faire, il a chargé le chef de l’antenne du DRS le colonel Betine Rachid alias colonel Ziad de prendre un premier contact et lui organiser une rencontre dans un grand Hôtel à Madrid. Le commandement du MAOL s’est refusé à rencontrer Smain Lamari malgré plusieurs tentatives de ce dernier. Il est reparti ensuite en France pour s’entretenir avec ses amis de la DST et comble du destin c’est un certain colonel Gérard de la DST qui est revenu officiellement à la charge cette fois-ci à Madrid par le canal des services de la sécurité intérieure espagnole. Les responsables du MAOL ont refusé aussi de se réunir avec l’émissaire français et le dit colonel est rentré bredouille à Paris. Sans désarmer, c’est un général qui s’est déplacé cette fois-ci en personne en Espagne pour offrir aux éléments du MAOL la somme colossale de dix millions de francs nouveaux en échange du silence du mouvement et la bénédiction de la loi d’amnistie mise en scène par Smain Lamari ainsi que le soutien actif à la politique de concorde civile annoncée par Bouteflika.

Une fois de plus les officiers du MAOL ont refusé de le voir malgré d’insoutenables pressions de la part du gouvernement espagnol. Depuis ce jour, l’attitude du gouvernement espagnol envers le MAOL a empiré jusqu’à pousser l’ensemble des officiers présents a Madrid à entrer dans la clandestinité. Les Espagnols avaient décidé de mettre en résidence surveillée tous les officiers du mouvement à la demande des autorités algériennes et françaises.

Il faut dire que le poste d’ambassadeur d’Algérie en Espagne est resté longtemps vacant et cela n’était pas du goût des autorités espagnoles qui ont misé très gros sur le gaz algérien.
Après l’échec du général de la DST, Smain Lamari est rentré fou furieux à Alger et c’est de son bureau qu’il a envoyé un émail au site du MAOL. Sur un temps très menaçant et ferme, il s’est adressé avec un mauvais français pour se plaindre du colonel B. Ali qui a refusé de la voir à Madrid. Il a ensuite fait remarquer que les généraux, dont le MAOL a réclamé le départ à Bouteflika (pour résoudre le conflit en Algérie), ne partiront jamais et que le MAOL doit choisir entre une retraite dorée au soleil ou accepter les conséquences qui allaient s’abattre sur ses éléments surtout en Algérie. Il a fini son message par une réflexion assez révélatrice en disant :  » On y est, on y reste. »

Plus grave encore, quelques semaines après ses menaces, Smain Lamari s’est réuni secrètement avec les représentants d’un service de renseignement étranger (pas Français) à Palma pour convenir entre autres d’un plan de liquidation physique des officiers du MAOL à l’étranger, heureusement que des officiers intègres ont alerté certains organes de presse étrangers qui ont vite révélé l’information.

Quelques jours après le dernier message de Smain, c’est le général Toufik qui a contacté lui aussi directement le MAOL par des messages émail qu’il a envoyé au site internet. Sur un ton courtois, il a essayé de convaincre les responsables du MAOL d’accepter de rencontrer un général, le colonel Belaid Benali alias colonel Alili alors responsable de l’antenne du DRS à Londres a été chargé de préparer le rencontre. Après plusieurs tentatives de la part du général Toufik et devant le refus du Commandement du MAOL à Alger de marchander avec les responsables de la crise, le général Toufik a lui aussi fait des propositions pour les moins surprenantes ; il a proposé des postes de diplomates aux officiers du MAOL dans les capitales de leurs choix en plus d’une somme d’argent faramineuse à titre de dédommagement !
La réponse du MAOL a été : « le sang des milliers de victimes algériennes n’a pas de prix ».
Les Algériens peuvent se demander après tout cela, à quoi peut bien servir le DRS avec toutes ses directions, puisqu’ils n’ont jamais entendu parler de l’arrestation d’un espion quelconque. Et c’est là où le bas blesse, puisque l’Algérie est malheureusement devenue le dépotoir de toutes les actions d’intelligence clandestines.

Le compromis

Smain Lamari a fini par lâcher Toufik, son patron et complice dans le drame algerien depuis dix ans, pour se rallier à Larbi Belkheir. Mercenaire sans scrupules, véritable Judas de l’Algérie actuelle, Smain Lamari revient à son ancien maître Larbi Belkheir pour lequel il exécute désormais toutes les basses œuvres.
Mais Smain Lamari n’ignore pas qu’il doit se méfier, car Belkheir le fourbe se vante volontiers en privé de continuer à ce jour de régner sur l’Algérie parce que les généraux sont  » trop bêtes « . Larbi Belkheir, le Monsieur si gentil et si aimable, selon tous ses visiteurs étrangers, diplomates ou journalistes, sait si bien séduire et tromper. Mais derrière le sourire courtois se dresse en fait un funeste parrain assoiffé de sang et d’argent, le vrai patron et le principal bourreau de l’Algérie depuis plus de vingt ans. La devise de Belkheir est : toujours laisser les autres se compromettre ; lui il n’hésitera pas à lâcher ses créations maléfiques si c’est sa survie qui est en jeux ; d’ailleurs il a mordu la main de son bienfaiteur Chadli Bendjedid, l’homme qui a fait de Belkheir ce qu’il est.
Larbi Belkheir et Mohamed Mediene se déchirent presque ouvertement depuis plus d’une année ; Toufik n’a raté aucune occasion pour envoyer des  »torpilles » à Belkheir, qu’il accuse par divers intermédiaires d’avoir fait assassiner le président Mohammed Boudiaf ou d’avoir provoqué la ruine du pays. Mais étrangement, ils restent par ailleurs unis face aux dangers extérieurs au clan et mettent en avant deux objectifs essentiels:

*Eviter que les justices nationale et internationale les rattrapent un jour.
*Trouver de nouveaux rideaux de fumée politique pour pouvoir continuer à engranger chaque année les milliards de francs qu’ils détournent depuis vingt ans et qu’ils rêvent de transmettre à leurs enfants.
Face aux menaces externes les généraux ont décidé à l’automne 2001, de mettre en place un dispositif de propagande spécial de grande envergure à destination de l’étranger, et surtout de la France. Il s’agissait pour eux de contrer les effets dévastateurs des révélations du Mouvement algériens des officiers Libres, du lieutenant Habib Souaïdia, du colonel Mohamed Samraoui, ou des autres documentaires télévisuel mettant clairement en évidence leurs responsabilités dans le génocide du peuple algérien comme les films de Canal Plus sur l’affaire Matoub Lounes ou le massacre de Bentalha.

Les généraux ont essayé à leur manière d’exploiter cyniquement les nouvelles données de la scène mondiale. Ils ont cru que les évènements du 11 septembre leur ont donné de nouvelles ailes et vont leur permettre de revenir au premier plan sur la scène internationale.
Le grand  »Mokh » Mohamed Touati, conseiller politique au MDN et en charge du Conseil national de sécurité à la présidence de la République et le tenancier militaire effectif, a très clairement annoncé la couleur. Sur un mode sournois et hypocrite propre à lui, dans une interview  »exclusive » qu’il a donné à deux quotidiens, dès le 27 septembre:

 » Que va engranger l’Algérie ? En toute humilité, je ne saurais vous le dire. Mais, ce que je souhaite en ces circonstances, c’est qu’elle puisse détromper l’opinion internationale qui a été abusée par des sources liées au terrorisme international et au terrorisme qui sévit en Algérie, notamment sur la réalité de ce qui s’y déroule. Je souhaite donc que l’Algérie arrive à détromper l’opinion publique de certains pays quant à toutes ces tentatives sournoises qui visent à déculpabiliser les auteurs des massacres commis qui ont mutilé et blessé à vie l’esprit et la mémoire de nombre de nos compatriotes. Il nous faudra agir dans ce sens, mais la question ne dépend pas que de nous. Il faudra aussi compter avec l’amour-propre des Etats qui ne se déjugent pas facilement du jour au lendemain. « 

Dans cette sortie rocambolesque du grand  »Mokh », il suffit presque de changer le mot  »détromper » par  »tromper » pour deviner le programme du nouveau dispositif de désinformation que les généraux ont mis en place pour  » agir en ce sens « . Dans ce dispositif, Khaled Nezzar n’est qu’un pion, à sacrifier s’il le faut. Car celui-ci, est à la fois fermé et borné et n’a plus de pouvoir, contrairement à son vieux chef et bienfaiteur Larbi Belkheir. En le poussant à s’engager dans un procès en diffamation à haut risque, ce dernier et ses collègues ont eu en tête le calcul suivant :

*Si par miracle Nezzar gagne son procès, alors ce sera bon pour tous, puisqu’ils seront ainsi  »absous » par la justice française.
*S’il le perd, ce qui est hautement probable, alors ils auront un bouc émissaire tout trouvé pour les turpitudes des années 1988-1993, à savoir : la répression sanglante des émeutes d’octobre 88, celle des manifestations de juin 1991, le coup d’Etat de janvier 1992, les déportations dans les camps du Sud, l’institutionnalisation de la torture et des exécutions extrajudiciaires, tout cela sera  »la faute à Khaled Nezzar » et à lui tout seul.

Ultérieurement, il restera à trouver un autre bouc émissaire pour la période suivante (de juillet 1993, date de la démission de Nezzar de son poste de Ministre de la Défense, à aujourd’hui) : et c’est là que la stratégie des clans en conflit apparaît au grand jour et fait son nouveau lot de victimes civiles. Larbi Belkheir s’agite en tout sens pour que ce soit le général Mohamed Mediene. Ironie du sort, Toufik voudrait bien lui aussi que ce soit Larbi Belkheir, seulement ce dernier futé, a bien pris les devants en agissant derrière des écrans ; le plus célèbre de tous étant Smain Lamari.

Mais dans ce milieu assez peux ordinaire où la malice côtoie la traîtrise, peut-être bien somme toute que l’un et l’autre finiront par se réconcilier au mépris d’un troisième candidat qui portera le chapeau et cela pourrait bien être le général Smain Lamari qui est déjà très affaibli par sa maladie. Les gros problèmes de santé de Smain Lamari (un cancer avancé, comme celui de son frère décédé il y a quelques années), l’ont très sérieusement handicapé et l’empêche même d’exercer ses fonctions normalement.

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Un tremblement au sommet selon le MAOL

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

Un tremblement au sommet

MAOL (Mouvement algérien des officiers libres), 9 mai 2002

L’image des protecteurs de la démocratie et les vecteurs moraux de ses préceptes ne passe plus parmi les sociétés algérienne et étrangères, ces dernières étant de toute façon les plus importantes à leurs yeux et les plus difficiles à convaincre.
Aculés de toutes parts, les généraux mènent un combat quasi-quotidien pour faire imposer tant bien que mal leur autorité qui s’est beaucoup effritée suite aux nombreux scandales qui ont porté une atteinte certaine à leur notoriété au sein de l’ANP. Cette situation a encore empiré depuis qu’ils ont ramené Abdelaziz Bouteflika au pouvoir. Chargé officieusement de leur redonner une nouvelle vertue d’envergure internationale, Bouteflika a contribué volontairement à aggraver les scissions entre les différents clans de l’armée apparues surtout à la fin du règne de Liamine Zeroual. La tension au sein du commandement militaire a ainsi atteint des seuils très dangereux et des proportions jamais inégalées depuis le putsch de 1992.
Les objets de discordes entre les généraux sont devenus aussi variés que multiples. Que se soit à partir de conflits d’intérêts matériels, de nature purement militaire, politique ou simplement par manque d’affinités personnelles, tous les ingrédients d’une explosion volcanique sont réunis et ce malgré toutes les images officielles d’une armée unie et sereine.
Mais quelque part à l’ombre, un démon tire les ficelles et fait tout pour appuyer son clan favori au profit de l’autre. Une main de feu dans un gant de soie, Larbi Belkheir, depuis sa résidence en Suisse tisse le macabre destin de l’Algérie en déperdition.
Avant de revenir officiellement aux affaires, Belkheir veut faire le grand ménage en éliminant tous les officiers du clan Zeroual. Pour lui, le but en fait est de reconstruire le paysage militaire à la convenance du parrain ; un environnement qui lui permettrait de prendre le poste de vice-président en premier lieu et président de la république par la suite. Son dauphin le général Mohamed Mediene est tombé en disgrâce depuis que ce dernier a pris son propre envol et a commencé à faire cavalier seul. Un péché impardonnable quand on connaît la loi qui régit le milieu mafieux qui n’admet guère plus d’un parrain à la fois. Pour Belkheir, éliminer Toufik est devenu un objectif de première priorité.

Soucieux de rétablir son hégémonie,  »Si Larbi » (comme il aime si bien être sollicité) a réuni tous ses hommes du premier plan autour de lui pendant que Bouteflika était en voyage officiel aux Etats Unis. Durant cette rencontre qui s’est tenu au palais présidentiel d’Elmouradia, Larbi Belkheir s’est adressé aux généraux Mohamed Touati, Smain Lamari et Mohamed Lamari pour les informer de ses intentions. Larbi Belkheir a décidé de faire feux de tous bois et pousser Toufik vers la porte de sortie quel que soit le prix.
C’est Bouteflika lors de sa visite à Ouargla qui a officiellement ouvert le bal. Dans une sortie sans précédent il a pratiquement a la surprise générale ouvert le feu sur Toufik durant son interview télévisée. Avec des mots révoltés, il critique l’homme au cigare, confortablement installé dans son bureau qui tire les ficelles en Algérie. Il a même reproché à Toufik son ingérence dans l’administration de la toute puissante SONATRACH.
Autre lieu, autre personnage ; lors du procès très médiatisé de Fouad Boulemia, l’assassin du défunt AbdelKader Hachani, dans une sortie rocambolesque l’assassin présumé rejoint le combat des loups.  »Travaillé » par Smain Lamari, Boulemia a déclaré durant son procès que c’est Toufik qui lui a demandé d’endosser l’Assassinat. Cette annonce a retenti comme un coup de canon dans la cour. Un tabou est levé par un petit agent insignifiant.
Pour la première fois, la photo de Toufik (celle du site du MAOL) est publiée en première page d’un quotidien qui annonçe en grand titre le départ imminent de l’énigmatique général Mohamed Mediene. Une relance étonnante de l’histoire, puisque la même chose a été entreprise près de vingt ans auparavant avec un certain colonel Kasdi Merbah. Le puissant commandant de la sécurité Militaire a été sorti de l’ombre par  »Hizb França ». Même si le rapprochement ne peut absolument pas être fait (Toufik n’étant pas du même calibre que son défunt patron), il est quand même important de soulever que les méthodes de déstabilisation et de manipulation sont restées les mêmes.

Bouteflika et l’ANP

Annoncé comme un grand évènement par la presse, la foudre s’est abattue sur un certain nombre d’officiers supérieur de l’ANP. Bouteflika a paraphé un décret de mise à la retraite de presque tout le clan des Zeroualistes. Le général major Tayeb Derradji (ex. Commandant de la gendarmerie), le général major Rabah Boughaba (ex. Commandant de la première région militaire), le général major Ghodbane Chaabane (ex. Commandant des forces navales) et d’autres officiers supérieurs qui occupaient des fonctions sensibles sont limogés sans préavis. Même le dauphin de Toufik, le général Sadek Ait Mesbah , le patron de la sécurité présidentiel (SSP), est chassé de la présidence par  »Bouteflika » qui a décidé de couper les ailles du DRS. Récupéré par Toufik, Le général Sadek a échappé miraculeusement au limogeage.

Au début du mois d’avril 2001, Toufik est sollicité par Larbi Belkheir en personne à faire valoir ses droits à la retraite. Exceptionnellement, reçu chez Toufik dans sa résidence à la cité Said Hamdine, Belkheir a mis beaucoup de temps et d’efforts pour essayer de convaincre Toufik de la nécessité d’un changement à la tête du DRS ; il a même laconiquement rappelé que lui-même a quitté les sérails du pouvoir pour laisser la place à la nouvelle génération !
Toufik a l’impression d’être pris pour un imbécile et n’arrive pas à croire que l’on puisse lui faire ça. Sa réponse à Belkheir est toute simple et directe :  » Si je dois partir, c’est tout le monde qui dois partir aussi ».
La réaction du clan Belkheir est immédiate, dans la soirée qui a précèdé cette visite, Mohamed Lamari en personne intime l’ordre à trois compagnies de para-commando d’encercler la villa du général Mohamed Mediene et d’interdire la sortie du général quel que soit le prix. C’était sans compter sur le pouvoir de Mohamed Mediene qui avait prévu un tel revirement de la situation. Tous les amis du directeur du DRS se sont mobilisés pour desserrer l’étau qui commençait à étrangler le chef.
Depuis son quartier général de Cheraga, le general Benaziza Mohamed, le chef d’Etat major de la gendarmerie nationale ordonne à ses troupes stationnées en Kabylie de mater dans le sang toutes protestations ou attroupement non autorisé. Le 18 avril 2001, c’est dans les locaux lugubres de la gendarmerie de Beni-Douala que le malheur sévit. Guermah Massinissa, un lycéen de 19 ans est exécuté d’une rafale de Kalachnikov. Quelques jours plus tard, beaucoup de sang a coulé, des dizaines de jeunes qui protestent sont liquidés par les snipers de Benaziza, le but est de mettre à feu et à sang la Kabylie, le théâtre sanglant de toutes les discordes du sommet.
Même le chef de la deuxième région militaire, le general Kamel Abdelrahmane a exprimé son désaccord à Mohamed Lamari sur ce qui venait d’arriver à Toufik en signifiant clairement que cela pourrait mettre à mal l’unité de l’ANP.
Devant la gravité de la situation, c’est Larbi Belkheir en personne qui ordonne le lever du blocus contre Toufik. Ce dernier mène depuis plus d’une année une lutte sans merci pour sa survie usant de tous les supports politiques et médiatiques.

Smain, un formidable agent français

Smain Lamari a beaucoup changé depuis ses premiers pas à la DCE en tant que lieutenant-colonel et à mesure qu’il réalisait des succès, il gagnait aussi en puissance et en notoriété au point où il ne rendait plus compte au directeur du DRS mais le faisait directement au président. Des coups tordus et spectaculaires, Smain en a réalisé des masses durant cette décennie, mais depuis qu’il a réussi à infiltrer et maîtriser certains groupes Islamistes ainsi que l’Armée Islamique du salut (AIS), il a réussi à s’imposer comme l’interlocuteur clef des Islamistes.
Suite à l’arrestation de Madani Mezrag blessé lors d’un accrochage avec les forces de l’ANP en 1995, il est fait prisonnier au siège opérationnel de la DCE à ANTAR après avoir été soigné. Son retournement a pu se faire sans grand effort de la part des officiers en charge de son interrogatoire et un plan de travail est dressé avec lui dans le but d’organiser et restructurer toute l’AIS (Affaiblir Benaicha à l’Ouest et rassembler le plus de militants). C’est ce qui a donné lieu par la suite à des négociations secrètes menées à bon terme par Smain Lamari en personne avec les autres dirigeants de l’AIS ; il s’est réuni en personne avec les émirs de l’AIS à visage masqué et leur a dicté mot à mot toutes les démarches à suivre pour être amnistié. Cette démarche est devenue par la suite la fameuse  »concorde civile ».
Depuis le coup d’Etat, les allées et venues de Smain Lamari à Paris ont soulevé des interrogations chez plus d’un au sein même du DRS. Mais depuis qu’il est à la tête de la DCE, il a très largement outrepassé sa mission en s’octroyant aussi celle du DDSE (Directeur de la Documentation et Sécurité Extérieure) et du DREC (Directeur des Relations Extérieurs et Coopération). Au numéro sept rue Nélaton, (Siége de la DST au quinzième arrondissement à Paris), Smain Lamari est reçu chez lui non seulement en qualité de collaborateur privilégié mais surtout en ami de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire). Il a depuis bien longtemps bu l’aphorisme :  » On entre en DST comme on entre en religion « .
Dés son arrivée sur le sol français, Smain Lamari est automatiquement pris en charge depuis l’aéroport par une équipe spéciale qui lui assure une protection contre tous les dangers, même lors de déplacements en Europe.
Le DCE, Smain Lamari a ainsi pu bénéficier pendant toutes ces années de l’énorme soutien apporté par certains hauts dignitaires des services du contre espionnage français (DST) soit de manière officielle ou à titre privé. Il a su tirer profit aussi de l’apport d’anciens barbouzes comme Jean Charles Marchiani. Depuis l’affaire des otages français du Liban, Smain Lamari qui a été mandaté par l’ex. Directeur de la sécurité militaire, Mehdjoub Lakhal Ayat, à suivre ce dossier n’a cessé de faire des affaires avec ses anciens collaborateurs de la diplomatie parallèle française.
Smain Lamari en fidèle allié, les a couvert depuis le début et a joué un rôle clé dans le versement de fausses rançons qui ont atterri sur des comptes secrets en Suisse. Des sommes faramineuses ont ainsi changé de main, un argent qui est resté entre deux eaux et n’a jamais servi à libérer qui que se soit.
Charles Pasqua, Jean Charles Marchiani, Yves Bonnet, ils s’en souviennent très bien et pour cause, aider le copain Smain est un devoir de Barbouze. Ca prendrait des heures rien que pour invoquer juste une partie des combines, les trafics que cette équipe mafieuse franco-algérienne a entrepris à l’échelle internationale mais surtout en Afrique. Du trafic d’armes au trafic de diamant au Zaïre, le Congo, le Mali, et le Niger …etc. De la tentative de liquidation contre Maamer Kadhafi à la liquidation effective d’opposants politiques ; la plus médiatisée reste celle de Me Mecili. L’omerta qui caractérise ce milieu et y règne en reine s’abat comme une chape de plomb sur un monde ou l’Argent et le pouvoir vont de paire à l’insue de toutes les lois et valeurs morales du monde.
Jean Charles Marchiani est le premier à réussir l’approche de Rabah Kebir et ensuite à organiser la première rencontre entre Smain Lamari et Rabah Kebir. Par ricochet, la manipulation de Kebir a permis d’un autre côté de mettre en échec et neutraliser les services secrets marocains.
Rabah Kebir avait financé l’achat de plusieurs dizaines de pièces d’armes diverses pour le compte de l’AIS ; une fois les armes acquises elles ont traversé la France protégées par les amis de Smain, pour finir à la frontière entre le Maroc et l’Algérie. Smain attendait les armes de pied ferme au poste de Douane et une fois les armes entre les deux frontières, des agents de la DCE ont investi les lieux et ont mis à jour le pseudo trafic venant du Maroc. La réaction d’Alger ne s’est pas fait attendre et la frontière est immédiatement fermée et les Marocains fort embarrassés par cette fâcheuse découverte.
Plus tard, Mustapha, le frère de Rabah Kebir accompagné d’éléments de Smain fait beaucoup d’allers et retours entre Alger et Bonn pour finaliser le traité de reddition de l’AIS et préparer le lancement médiatique de la fameuse mais néanmoins catastrophique loi de la concorde civile. Même des éléments du FIS à l’étranger sont rétribués pour se rendre symboliquement en Algérie avec leurs familles; il fallait à tout prix montrer au monde que l’Algérie de Bouteflika était guérie !

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« Le pouvoir algérien récompense les officiers criminels de la sale guerre »

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

« Le pouvoir algérien récompense les officiers criminels de la sale guerre »

 

Même les symboles de l’Histoire ne sont pas épargnés !

 

Ce 5 juillet, date hautement symbolique de l’indépendance, a été souillé par la promotion au rang de général du sinistre Mhenna Djebbar. Encore une insulte, à la mémoire des hommes qui ont rendu possible le miracle du premier novembre ; Encore une injure, à la mémoire des 250.000 victimes de la sale guerre! Encore un outrage á l’Armée Nationale Populaire de devoir désormais compter dans ces rangs un autre odieux général qui s’était acharné contre les Algériens à l’instar des Nezzar, Touati et Lamari pour ne citer que les plus illustres! Cette promotion n’a en fait rien de surprenant, elle ne fait que confirmer la logique du pouvoir qui glorifie le bourreau de milliers d’Algériens qui ont eu le malheur de tomber entre ses griffes.


En dépit de quinze années sanglantes, le mépris voué aux citoyens qui assistent impuissants à la destruction et au démantèlement systématique de la société algérienne est criard et se traduit au quotidien par les ignobles manigances, les gesticulations des plus sordides telles que la gratification des criminels, La corruption effrénée de la classe politique, la soumission des médias, la manipulation des masses, la rétribution des médiocres et des incompétents, l’encouragement du vice et de la perversion, l’avilissement de la justice, la répression féroce de toute contestation, les luttes claniques pour l’accaparement de la rente avec un partage inéquitable des richesses… Cet acharnement sans limites qui vise à désarticuler toutes les structures sociales, n’est que le signe avéré de la volonté de ces imposteurs de vouloir à tout prix pérenniser ce système mafieux qui a conduit le pays à la catastrophe depuis 1962.
La farce démocratique de 1989, interrompue quelques années plus tard par le putsch militaire de janvier 1992, a été habilement améliorée, mais il n’en demeure pas moins que cette pseudo démocratie sert de façade pour légitimer toutes sortes d’abus. Pour preuve, il suffit de constater le harcèlement permanent que subissent certains journalistes, sans parler des représentants des droits de l’Homme et des organisations qui revendiquent la vérité sur les disparus (pour ne citer que ceux-là). Il suffit juste de recenser l’ampleur des interdits qui pèsent sur certaines formations politiques qui luttent pour un changement réel pour mesurer la détermination des barons qui ont mis main basse sur l’Algérie.

En revanche quel changement espérer avec ce paysage politique où se côtoient des partis satellites, domestiqués, simples figurants (à l’image de l’UDR) qui ont l’insolence d’afficher leur allégeance au DRS ? Il est vain et insensé d’espérer qu’un quelconque changement puisse venir de cette classe politique sclérosée et désuète, enfermée sur sa logique vassale.
En réalité, seule une force populaire unifiée renversera ce régime criminel ! C’est par la prise de conscience de sa foi, de sa volonté, de ses capacités que le peuple algérien mettra fin à l’injustice, chassera les tortionnaires, ces géniteurs de terrorisme, ces gangsters qui prennent en otage tout un peuple par le biais du cabinet noir dirigé par des usurpateurs, à leur tête Larbi Belkheir, ses camarades DAF et leurs sbires.
On ne peut que s’interroger sur les raisons qui poussent le pouvoir a multiplié les compromissions et concessions, allant jusqu’à hypothéquer les richesses du sous sol et brader la souveraineté nationale pourtant chèrement acquise par le sacrifice d’un million et demi de martyrs. Que signifie cette ouverture économique ? Pourquoi cette volonté d’attirer les investissements étrangers alors qu’aucune réforme économique sérieuse n’ait été engagée ?
En réalité, il ne s’agit que d’une superposition de rôles ; A la force de l’arme s’est substituée la puissance financière. Les mêmes vieux et indéboulonnables acteurs se sont arrogés de nouveaux rôles, comme par exemple le général Mohamed Lamari qui par dessus son costume de militaire a enfilé le costume du businessman, gardant ainsi comme la plupart de ses pairs, un œil rivé sur l’armée et l’autre sur les affaires.
Les nouveaux travestis cherchent à s’offrir ainsi un habit de respectabilité sur la scène politique internationale dominée par le libéralisme sauvage. En jouant sur le double tableau militaire et économique, les supplétifs de l’armée coloniale ne retrouvent que leurs réflexes du passé. Plaire au maîtres du monde et écraser leurs propres administrés.


Ces manigances ont également pour objectif d’entraver toutes avancées de la Justice et de la Démocratie et d’aggraver le chaos social compte tenu de l’inadaptation flagrante non seulement de toutes les structures socio-économiques mais également l’impréparation du peuple algérien à une telle ouverture. Même si elle est connue, il importe de souligner la véritable motivation :


Passés maîtres dans les techniques de corruptions, ces barons de la décennie rouge usent de l’ouverture économique et de l’investissement étranger, comme gage à leur impunité. Ces alliances conjoncturelles et ces gesticulations ne sont que des manœuvres dilatoires destinées à échapper à la justice, et de s’offrir au prix fort une nouvelle virginité qui leur garantirait l’impunité pour les crimes dont ils sont coupables, depuis et avant l’Indépendance.
Pour ces criminels la seule règle qui leur importe est de sauver leur peau au détriment du peuple et de sa glorieuse histoire quitte à pérenniser un système honni et à bafouer les valeurs immuables de la nation algérienne. Ce discours par lequel ils prônent la réconciliation qui n’est basée sur aucun fondement juridique préalable, est des plus cynique, jouant d’une main sur les revendications des frondeurs, de l’humanité d’un peuple épuisé, tout en actionnant simultanément de l’autre main, la machine de mort : répression, enlèvements, tortures, asservissement de la presse, atteintes aux droits élémentaires des citoyens, etc. Parmi la multitude de preuves irréfutables sur cette politique à double vitesse, il est utile de citer au moins les deux cas flagrants que sont : le maintien en vigueur de l’état d’urgence décrété en février 1992 et la justice qui toujours en quête de son indépendance continue d’être subordonnée à l’état policier.


Deux faits récents illustrent les plus grotesques impostures de cette junte militaire :


1-L’une des parodies les plus caricaturales est bien le procès de Amari Saïfi alias Abderazak El para : cet émir du GSPC a été condamné par contumace alors qu’il est détenu dans un centre du DRS à Ben Aknoun. Pourquoi n’a t-il pas comparu à l’audience lors de son jugement? A-t-on eu peur de son témoignage ? A-t-il eu besoin de plus de temps pour apprendre par cœur la leçon à réciter lors de sa prochaine comparution ou du prochain show médiatisé ? Il est vrai que son rôle est quelque peu complexe : glorifier la mission du DRS et taxer s’il le faut beaucoup d’algériens de dangereux terroristes islamistes pour plaire aux puissances occidentales dominantes. L’autre hypothèse est celle de sa très probable liquidation vu qu’il constitue un témoin gênant qui menaçait l’édifice du DRS par ses révélations ? Une chose est certaine, les téléspectateurs qui ont suivi le reportage de sa captivité au Tchad, restent dubitatifs sur les capacités du « fils de Blanchette » à kidnapper une trentaine de touristes européens, à tenir tête aux forces spéciales multinationales en plein Sahara pendant près de six mois, et à négocier une forte rançon avec l’état allemand ! L’extravagance de la mise en scène est telle que le mystère qui entoure cette affaire demeure persistant pour le commun des citoyens, mais nous reviendrons prochainement avec un dossier détaillé sur cette énigmatique affaire et ses répercussions sur la région du Sahel. Affaire qui rajoute non pas à la confusion mais au grotesque de la manipulation d’un tel personnage : quelques temps avant sa capture par le mouvement rebelle tchadien (MDJT), sa mort avait déjà été annoncée (il aurait selon la presse glissé dans un ravin). Bref l’opinion retiendra que le para a été jugé sur la base des PV du DRS, piétinant ainsi le droit sans qu’aucun juge ne s’en offusque !


2- Le procès de l’ex wali Bachir Frik traîne avec lui ses relents de règlement de compte en haut lieu et constitue une démonstration de mise en garde destinée à ceux qui oseraient dénoncer les dépassements ou envisageraient de contrarier les desseins des seigneurs du régime sanguinaire. Dans cette affaire, l’incarcération du l’ex wali d’Oran a servi d’exemple et de signal à tous ceux qui voudraient recourir à la justice. Pour avoir dénoncer les appétits voraces du général Kamel Abderahmane et de son subordonné de l’époque le commandant Aïssa Talbi Alias Ramzi et leur implication directe dans un vaste trafic de drogue, l’ex Wali a écopé de huit ans de prison. Ce général, le Pablo Escobar algérien, ex chef de la DCSA – Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée – et membre influent du cercle très fermé de la mafia qui dirige l’Algérie, n’a même pas eu affaire à la justice. Qui peut ou pourrait l’inquiéter, lui le baron de la drogue qui jouit de l’impunité absolue grâce à son amitié avec le chef du DRS, alors que la drogue a inondé les rues de nos villes, n’épargnant ni les établissements scolaires, ni les hôpitaux, ni les casernes?
Il est certain que tous les walis ne sont pas blancs comme neige mais s’en prendre à Frik avec un tel acharnement laisse perplexe puisque les faits qui lui sont reprochés ne représentent qu’une part infime par rapport aux malversations et autres faits graves commis par ses confrères qui eux, bénéficient de la protection des parrains du cabinet noir. Ce ne sont pas les exemples qui manquent tant la rapine et la corruption sont érigées en mode de gestion. Si de telles pratiques sont courantes c’est bien la faute aux harkis qui continuent de poursuivre leur œuvre de destruction en minant le développement et en cherchant à avilir les Algériens.


Les huit années de réclusion écopées par l’ex wali peuvent être interprétées comme un avertissement à tout ceux qui, quelque soit leur rang ou leur fonction n’ont pas encore compris où se trouve le centre du pouvoir. Qui osera à l’avenir dénoncer les Larbi Belkheir, Smain Lamari, Médiène Mohamed et consorts ?
Tant que les criminels occupent des postes névralgiques dans la hiérarchie militaire, le combat continuera et ne cessera qu’au moment de la comparution de tous les responsables de cette tragédie qui a coûté à l’Algérie plus de 250.000 victimes.
Sur la liste des officiers génocidaires : Mhenna Djebbar, promu général le 05 juillet 2005, occupe une place de choix ! Qui est ce sinistre individu au comportement de voyous qui a causé tant de malheurs et endeuillé des milliers de familles ?


De 1982 à 1986, il a été responsable de la prévention économique à Blida (1ere RM), avant d’être muté à Tamanrasset (6eme RM) puis à Ouargla (4eme RM) en tant que chef du CRI (centre de recherche et d’investigation). Djebbar qui était capitaine doit son ascension fulgurante au retour de Smain Lamari aux affaires en 1990, qui lui confiera en 1991 le CRI de Blida (1ere RM), plus connu sous l’appellation centre administratif Djeridel Mohamed, devenu le fameux « CTRI de Blida » après le putsch de janvier 1992.
Mhenna Djebbar s’est illustré comme théoricien de la mort et fin praticien de la torture ; qui au nom de la lutte contre « l’intégrisme islamiste » est directement responsable de la mort de plusieurs milliers d’Algériens.
Ceux qui avaient le malheur d’être envoyés au CTRI de Blida n’avaient aucune chance de ressortir vivant. Des femmes et même des gosses furent torturés sauvagement et exécutés sous ses ordres dans cet horrible centre de la mort.
Personnage dépourvu de tout sens moral, assoiffé de pouvoir, il inculqua à ses hommes cette insensibilité, qui faisait d’eux des robots sans pitié, capables de tuer et massacrer sans état d’âme. Les éléments sous son autorité se comportaient comme des monstres barbares.
La dérive était facilitée par les conditions du moment, pourrissement de la situation politique et sociale depuis 1989, absence manifeste de l’Etat, émergence du radicalisme, qui fut encouragé puisque le recrutement des intégristes radicaux s’opérait auprès des délinquants, pour la plupart des repris de justice attirés par l’islamisme à la sauce DRS avec son lot d’affaires juteuses (trafic de drogue, d’armes, de véhicules volés, …)
Mhenna Djebbar ira jusqu’à considérer comme ennemi tout individu qui ne partageait pas sa perception des choses ou qui ne se soumettait pas à ses caprices ou à sa volonté, s’autorisant à tuer n’importe qui au nom du but à atteindre. Il a ainsi institutionnalisé le « terrorisme par procuration » et le « permis de tuer », comme nous le verrons plus loin.


La manipulation politique par la violence dont le degré était modulé selon les seuls intérêts de la caste au pouvoir. Les paramètres sont régulés selon leurs ambitions : organisation d’élections, adoption de lois, justification de dérives et des atteintes aux libertés, désignation d’un fidèle serviteur à une fonction, ou mise à l’écart d’un « poulain » pour absence de zèle ou indocilité… L’une de leurs spécialités se présente comme un système tripartite de la manipulation de la terreur articulée autour de la confusion des données. Leur logique consiste à plonger la population dans la psychose de la terreur, puis à travers un battage médiatique de désigner les islamistes comme responsables, ce qui les autorise en troisième lieu à justifier la nécessité de l’intervention des forces de sécurité. C’est cette stratégie meurtrière qui a permis aux généraux d’obtenir l’assentiment d’une partie de la population et de la communauté internationale, moins regardante lorsqu’il s’agit de crimes perpétrés contre des « terroristes musulmans » !
A partir de Blida, Mhenna Djebbar a noué des contacts solides avec les notables et dignitaires de la Wilaya de Tizi-Ouzou, plus particulièrement les commerçants et les Industriels. Rien de plus aisé dans la mesure où la wilaya de Tizi-Ouzou dépend du CTRI de Blida où il dispose du Bureau dit Sous-CTRI avec à sa tête le Commandant Rachid. Ce dernier, passé colonel au début des années 2000, fut assassiné dans des circonstances énigmatiques à Tizi Ouzou en 2003 par une femme médecin. Le procès s’était tenu à huis clos et la femme fut condamnée à une légère peine par le tribunal militaire alors même qu’il a été clairement établi qu’il s’agissait bien d’un meurtre avec préméditation.
Ses relations dans la région lui ont permis aussi de tisser un réseau de correspondants lui permettant l’implantation des maquis « islamistes », puis leur neutralisation par une force « contre insurrectionnelle » composée de GLD (Groupes de Légitime Défense) et de patriotes qu’il prenait soin d’armer et d’instruire. Etant en possession de renseignements sur la localisation et les mouvements des uns et des autres, il pouvait diriger les opérations de sa sale guerre à partir de son bureau ou de l’hôtel « Palace », son lieu de fréquentation préféré.


Mhenna Djebbar a aussi entretenu des contacts avec les personnes aisées de la wilaya de Blida qui le sollicitaient, pour des interventions au niveau des administrations à savoir le Service des Impôts, Police, justice, wilaya, douanes, etc…. Tous ces services s’opéraient bien évidemment avec des contreparties financières. Rien ne pouvait assouvir son appétit vorace pour le gain malicieux et facile tel que le rançonnement. Bien au contraire, il le perfectionnera même tout au long de la décennie rouge et l’inculquera à ses éléments qui l’incluaient à l’heure du partage de l’argent et des bijoux dérobés lors des perquisitions effectuées aux domiciles des suspects.
Parmi les relations de Mhenna Djebbar qui ont jouées un rôle non négligeable dans la campagne de terreur, figurent entre autres Zeghaimi Tayeb, propriétaire d’une semoulerie à Blida, Stasaid Mohamed alias « Zaim» et les Frères Sidi El Kebir Mohamed et Nourreddine tous propriétaires d’une usine de Boissons gazeuses.
Mhenna Djebbar entretenait également une relation étroite avec un certain Khelifati, un entrepreneur qui fut incarcéré au part avant à la prison Militaire de Blida pour trafic, faux et usage de faux de documents militaires (cartes de sursis, carte de reforme etc…).


Fort du soutien du chef du CTRI, ce trafiquant notoirement connu à Blida sera intégré dans ses réseaux à Blida. La seule exigence de Mhenna Djebbar était le versement de sommes colossales en devises et l’organisation de soirées très arrosées en galantes compagnies ; procédé désormais classique que le chef du CTRI emploiera tout au long de sa carrière. L’« intouchable » Khelifati a grandement contribué à asseoir la notoriété de Djebbar au niveau de la région, surtout que ce dernier avait le droit de vie ou de mort sur tous ceux qui étaient considérés comme suspects intégristes ou catalogués « anti-pouvoir ».
Les relations forgées au niveau de cette ville vont lui servir de prête-noms lors d’achat de biens immobiliers en Espagne. En outre c’est à travers les réseaux d’entrepreneurs plus que douteux que le colonel Djebbar s’est fait construire une somptueuse villa à Chéraga, villa financée par l’argent du racket et la collecte de « dons » provenant du business des armes vendus aux citoyens qui voulaient assurer leur autodéfense contre d’éventuels actes « terroristes ». En effet l’officier du DRS Djebbar Mhenna remettait des armes de poing à toutes ses relations qui s’acquittaient cash de cet « impôt » ou qui prenaient en charge ses dépenses à l’occasion de ses séjours annuels en France.
Les réseaux constitués par Mhenna Djebbar répondaient à une structure des bandes criminelles organisées. D’un côté des intégristes des GIA (armés et ravitaillés par le CTRI de Blida qui leur fixait les cibles) et de l’autre des cellules de soutien chargées du racket et du financement comme en témoigne le cas de Stasaid Mohamed alias “Zaim”. Ce dernier sera par la suite récompensé par le DRS qui le propulsera au poste de député du RND alors qu’il n’avait jamais fait de politique auparavant ; la même récompense sera attribuée au maire de Boufarik ainsi qu’à beaucoup de serviteurs zélés du DRS.


Lorsque le nommé Ounes Salem, un cheikh repenti du GIA originaire du Douar de Bouarfa avait cité Stasaid Mohamed comme étant le financier du GIA de ladite localité (le terroriste Bensidoum Mohamed était à cette époque l’émir du GIA, groupe urbain de Blida), Djebbar Mehena a tout fait pour éviter l’arrestation de son protégé et sa confrontation avec ledit repenti. Devant ces graves révélations qui avaient mis en péril le rôle de son agent, le chef du CTRI avait sommé Ounés Salem de rien ne divulguer de cette affaire s’il tenait à sa vie.
Ce Stasaid Mohamed, qui a fait fortune pendant cette période sanglante, est lui même entré dans la « caste des intouchables », aussi bien à Blida qu’à Alger ; il a réussi à nouer des relations privilégiées avec le Wali de Blida Melizi Tahar dont il s’est devenu l’ami. Ce wali, qui doit sa carrière au DRS est en relation d’affaire avec le chef du CTRI de Blida, et tout ceux qui ont souhaité acquérir un lot de terrain ou une quelconque facilité administrative devaient obligatoirement transiter par Djebbar ou ses relais et surtout sans oublier de verser le pot de vin. C’était la « dîme » en vigueur imposée dans la région par le nouveau maître de Blida qui instauré la formule : « votre liberté en échange de ma protection » en d’autres termes : « la bourse ou la vie ».
Le chef du CTRI a su se montrer généreux avec ses amis. Au lieu d’attribuer les armes de l’autodéfense aux villageois des zones rurales menacés par le GIA, Djebbar Mehena a préféré constituer un groupe de patriotes avec une trentaine de personnes ; dont le Chef fut le nommé Hamoudi Mohamed, un ex-gendarme ; qui sera armé et payé par l’armée non pas pour protéger la population mais la semoulerie de son ami Zeghaimi Tayeb, située dans un endroit isolé au niveau de la commune de Ain Kebir !
Comme Zeghaimi Tayeb avait des contacts d’affaires avec des firmes italiennes spécialisées dans les pâtes et qu’il recevait périodiquement les visites des ingénieurs italiens chargés de la maintenance de son usine, le colonel Djebbar s’est chargé d’assurer la protection des italiens durant leur séjour à Blida en mettant à la disposition de son ami deux équipes du CTRI. Cette prise en charge débute à partir du moment de leur arrivée à l’aéroport Houari Boumediene jusqu’à la fin de leur mission. Il s’agissait là d’une « protection privée » payée par les deniers de l’Etat, alors qu’à la même période les pauvres civils se faisaient massacrer quotidiennement par les terroristes qui pullulaient dans la région de la Mitidja. En somme, le colonel Djebbar a monté au frais de l’Algérie, la première société privée de sécurité avec pour slogan publicitaire : « celui qui est riche et qui accepte de payer, ne sera jamais inquiété par les Groupes du GIA ! ».


La même stratégie fut appliquée à d’autres industriels notamment à un certain Islam et à la famille Hamoudi, deux autres propriétaires de biscuiterie de la commune de Baba Ali et d’Alger. Tous furent plus ou moins forcés de payer tant que les terroristes du GIA redoublaient de férocité (destructions, saccages, incendies, menaces, assassinats, etc…) contre les industriels sans défense ou ceux qui ne pouvait s’offrir une protection.
D’ailleurs dans le chapitre des groupes de soutien au GIA téléguidés par le CTRI de Blida, les exemples ne manquent pas. Citons encore le cas des frères Sidi El Kebir, Mohamed et Nourreddine, qui finançaient l’émir du GIA de Blida le nommé El Hachemi Badrani. Or il faut relever que durant la campagne électorale pour les présidentielles de 1999, les citoyens ont eu la surprise de remarquer la visite de Bouteflika à leur domicile et comble de la stupéfaction, un méchoui avait même été organisé en son honneur.
Comment des « financiers du terrorisme sanguinaire » pouvaient du jour au lendemain se reconvertir en de fervents supporters du candidat du pouvoir ? La réponse est pourtant très simple. D’un coté le candidat du pouvoir n’est en fait que le candidat de l’Armée et en particulier des décideurs, et de l’autre le GIA n’étant par essence qu’une création du DRS. C’est le colonel Djebbar en personne qui avait soutenu l’adhésion des frères Sidi El Kebir au comité de soutien pour Bouteflika à Blida. De plus l’épouse du commandant Chawki, originaire de Tlemcen, travaillait comme secrétaire particulière dans l’usine des Sidi El Kebir.
Des preuves irréfragables, notamment des témoignages formels et des procès verbaux d’écoutes téléphoniques, attestent de l’existence des liens étroits entre les émirs qui écument la Mitidja et leurs financiers qui ne sont autres que des relations intimes du chef du CTRI de Blida. L’objectif unique et commun à ces deux factions fut d’encourager le meurtre, de répandre la terreur pour faire fructifier leurs revenus et prospérer leurs affaires, en particulier dans le foncier et l’immobilier. Pris en otage, par complaisance ou par crainte de représailles des « terroristes », le citoyen ne pouvait que subir la loi de l’omerta.


Le comble pour un corps dit « d’élite » est qu’il soit dirigé par des mafieux qui n’ont rien à envier aux narcotrafiquants ou aux proxénètes. Le palmarès du colonel Djebbar, comme celui de ses prédécesseurs à la tête de la DCSA (Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée) Kamel Abderahmane ou le sinistre général Tartag Atmane alias Bachir, est des plus étoffé. Il est impossible d’énumérer ici le nombre des massacres d’innocents, de torture, d’extorsion de bien, de racket, de chantage. Il ne faut certes pas oublier son implication directe dans l’assassinat des moines de Tibehirine (cette affaire a déjà fait l’objet d’un article paru sur le site du MAOL) et celle dans la création de l’OJAL (Organisation des Jeunes Algériens Libres). L’OJAL qui fut une structure paramilitaire secrète chargée des exécutions sommaires de suspects, des liquidations extra judiciaires, d’opposants politiques et de l’élimination des témoins gênants. A cet effet il est utile de préciser que Djebbar Mehena a toujours sollicité et obtenu l’aval de sa hiérarchie pour accomplir cette sale besogne. C’est par conséquent en toute connaissance de cause que le général Smain Lamari lui a accordé le feu vert pour accomplir ce terrible génocide. Le chef du CTRI avait lancé alors en toute quiétude, ses hordes (droguées en permanence pour plus d’efficacité et sans soucis de remords) á l’assaut des « fiefs islamistes ». L’OJAL n’avait sévi qu’au niveau du territoire de compétence du chef du CTRI (Mitidja, Médéa, Algérois, Kabylie…), il n’y a nul trace ailleurs de cette éphémère organisation écran du DRS.
Avant le déclenchement de ces expéditions punitives, le colonel Djebbar poussait le cynisme jusqu’à recommander au chef de la gendarmerie de Blida, le commandant Abdaoui Abdelhafid, de ne pas récupérer les cadavres tôt le matin afin que les citoyens puissent lire les messages de terreur laissés sur le corps des victimes. Cette méthode de conditionnement par la terreur fut un moyen efficace pour domestiquer la population et la forcer à la soumission. Cet acharnement avait un impact sur les jeunes islamistes, qui acculés, se sont précipités vers les maquis et sont ainsi tombés dans le piège tendu par les chefs du DRS et les harkis qui dirigent le pays.


Le CTRI de Blida avait tout au long de la sale guerre, approvisionné les maquis intégristes en armement, munitions, et équipements (jumelles, boussoles, talkies-walkies,…) qu’ils soient du GIA ou de l’AIS. Cette dernière organisation fut immédiatement infiltrée, ce qui incita le général Lamari à planifier la « guerre » GIA-AIS-Patriotes afin que les Algériens s’entretuent sans réaliser qu’ils étaient manipulés par un pôle unique à savoir le DRS. Le CTRI s’est occupé aussi de la prise en charge sanitaire des éléments blessés aux combats. La plupart des émirs de l’AIS comme Kertali Mustapha, son adjoint Gacemi Ahmed alias Yahia Guermouh, ou du GIA comme Saidi Sofiane, émir du GIA de la localité de Bouarfa, ou son adjoint Abdallah Mohamed, ont tous transités par le centre de Blida. C’est d’ailleurs ces deux derniers qui ont procédés à l’enlèvement de feu Mohamed Bouslimani en 1993. Et comme par hasard, l’OJAL et le GIA ont tour à tour revendiqué l’enlèvement et l’exécution de l’ex numéro 2 d’El Islah oua el Irchad. Il est inutile de souligner que les commanditaires de son assassinat ne sont autres que Smain Lamari et son exécutant Mhenna Djebbar.
Comment donc ne pas parler de génocide lorsque l’on évoque les opérations de « nettoyage ethnique » perpétrées par les miliciens contre la population des Beni Yagoub à Boufarik, qui a été dans son ensemble identifiée comme « terroriste » ? Sellami Toufik (alias le rouget), chef de la milice de Boufarik, recruté directement par le chef du CTRI a obtenu carte blanche pour arrêter, torturer et exécuter toute personne issue de cette tribu que ce soit à Benchaabane, à Sidi Moussa, à Bougara ou à Tablat. Profitant du déferlement de la violence, les miliciens ne s’étaient pas privés pour délester les victimes de leurs terres, de s’emparer de leur biens et de les tyranniser afin d’accélérer l’exode dans les milieux ruraux. La notion de butin de guerre avait pris tout son sens après une expédition punitive (pillage, viols,…), les jeunes captives qui avaient pu échapper à la mort ont souvent été astreintes à la prostitution sous le contrôle bienveillant de souteneurs, qui n’étaient autres que les comparses du chef du CTRI.
Les populations qui vivaient dans les hameaux de la Mitidja forcées à l’exode en abandonnant terres et biens, ont payé au prix fort leur choix électoral qui déplaisait aux « généraux démocrates ». La cruauté et le sadisme des putschistes étaient tels qu’ils n’hésitaient pas à organiser des shows médiatiques, grossièrement servis à une presse complaisante et aux relais de la propagande au pouvoir. Comme le montre l’opération menée par les forces de l’ANP contre les « maquis de Oued Allel », alors qu’en vérité le général Fodhil Chérif n’avait attaqué qu’un village fantôme et n’avait fait que détruire des hameaux désertés par leur population puisque celles-ci avaient fui les lieux sous l’excès de persécution des milices et l’enfer imposé par les escadrons de la mort et autres groupuscules terroristes agissants pour le compte du DRS.
La technique du chantage et de la compromission est une arme redoutable. Ne dit on pas que celui qui possède les renseignements possède le pouvoir ? Avec un service omnipotent et des moyens considérables, surfant sur la vague de la peur, la « folie terroriste » aidant, Djebbar eut la lumineuse idée d’étendre l’exercice du chantage aux personnes fortunées.


Avec la complicité de son lieutenant Allouache Hafid (devenu officier supérieur depuis et qui n’est autre que le beau frère du général major Laalali Rachid alias Attafi), il lui suffisait d’ajouter les noms de ses « proies » sur les listes des personnes ciblées, récupérées auprès des terroristes arrêtés, puis de les appeler pour les informer que des attentats sont en cours de préparation contre leurs usines ou leurs commerces et qu’il est le seul capable d’assurer la protection de leur bien. A travers une prévenance habilement entretenue, un véritable racket fut instauré et qui prospèrera durant toute une décennie car les victimes n’avait d’alternatives qu’entre une protection du GIA ou celle du CTRI, et donc devait payer quelque soit le cas de figure.
En contre partie Djebbar a su se montrer généreux en autorisant les magouilles de ses amis (importation de produits prohibés, avantages fiscaux, fraudes de toute nature, …). Cette politique du « donnant-donnant » et tous les avantages illégaux qu’elle procure, a permis aux chefs militaires d’obtenir l’assurance que personne ne pouvait remettre en cause cette rente bénie et à leur instar, leurs affidés faisaient leur beurre. N’est ce pas durant la décennie rouge que le nombre de milliardaires a miraculeusement explosé en Algérie ?
Le cas concret de Abdelatif Chérif, ex sous officier de l’ANP originaire de Tébessa, propriétaire du luxueux hôtel « Palace » de Blida renseigne clairement sur les méthodes mafieuses qui avaient prévalues en cette période du règne de la « terreur intégriste ».
Le « Palace » qui est connu à Blida comme un haut lieu de prostitution et de commerce illégal (bar, discothèque, trafic de stupéfiants,…) était assidûment fréquenté par Djebbar, et par la nomenklatura militaire. Jouant de la menace de fermeture de ce lieu de débauche, le chef du CTRI s’était assuré la totale soumission du propriétaire du « Palace » avec en prime le versement de sommes d’argents, les soirées « gratuites » avec whisky, repas et filles compris. Ceci pour la première étape.
Pour entretenir la pression, Djebbar n’hésitait pas à inventer des mises en scène, notamment des « actions intégristes » contre l’hôtel le plus huppé de Blida, une tentative d’incendie par ci, une tentative d’attentat par là. De temps en temps lors d’arrestations de suspects, le chef du CTRI ne manquait pas d’appeler son « pigeon » au téléphone, pour l’inviter à venir constater de visu des détenus menottes aux poignets et yeux bandés, présentés comme les terroristes qui voulaient s’en prendre à son établissement. Il n’a de cesse de lui rabâcher le refrain : “Tu vois Monsieur Chérif, ces gens là voulaient t’assassiner et on les a arrêté avant leur passage à l’acte. Tu vois comme on te protège toujours!”. Ceci pour l’acte 2.


Le propriétaire du « Palace » ignorait évidemment qu’il a été témoin d’une manœuvre dont le but est de raviver sa peur, de maintenir sur lui la pression par la menace terroriste et indirectement l’obliger ainsi à payer son souteneur. Il est vrai que durant la décennie rouge, l’alcool coulait à flot au « Palace », pourtant cet établissement a été épargné alors que de simples revendeurs d’alcool furent exécutés par les terroristes.
Pour expliquer un tel miracle, il suffisait juste de savoir que la protection du « Palace » était assurée par le groupe du « terroriste de service » Rahmani Fouad, intégriste notoirement connu à la cité Benboulaid. Par étapes successives, Abdelatif Chérif était devenu un inséparable du chef du CTRI, jusqu’à en devenir son associé dans nombres d’affaires, notamment l’acquisition de biens immobiliers à l’étranger, en Espagne surtout. Le dernier volet de cette réalité scabreuse est qu’aujourd’hui Abdelatif Chérif est un des nombreux prête-noms de Djebbar. C’est une des techniques prisées par ces inqualifiables généraux pour dissimuler leur fortune et l’ensemble de leurs biens en utilisant une couverture, généralement le nom de l’épouse, d’un parent ou d’un ami qu’on tient par le chantage et qui n’a d’autres alternatives que de partager ses gains et ses immenses revenus. Chacun trouvant son compte dans cette délinquance financière de transferts des capitaux astronomiques, alors que les Algériens dans leur grande majorité sont voués inexorablement à la misère et à la précarité.
Voilà comment en terrorisant la population et ciblant les plus riches, les paysans propriétaires terriens, le chef du CTRI a bâti sa réputation de « défenseur de la république » et s’est particulièrement mis en vedette dans le cadre de la « lutte anti-terroriste ».
Une autre trouvaille du chef du CTRI fut de constituer des groupes terroristes qui sous couvert d’infiltrer les maquis qui n’étaient pas sous le contrôle du DRS (sic !) rançonnaient à tour de bras les commerçants et les industriels de la région.
Comme les citoyens ignoraient que ces groupes agissaient sous la férule des agents du DRS et se soumettaient à leur diktat (comme ce fut le cas de Makhloufi Naceredine, bras droit d’Antar Zouabri qui sévissait aux douars de Maassouma et Amroussa, commune de Bouinen. Makhloufi Naceredine ne fut jamais inquiété et bénéficia par la suite de la loi sur la rahma alors qu’il avait même participé à plusieurs opérations commanditées par le DRS : enlèvements de citoyens et leurs exécutions au niveau de la cité Grit de Boufarik), Le chef du CTRI laissait faire ce manège puis après avoir réuni les preuves de leur soutien financier aux groupes armés, il entrait en action en convoquant les « imprudents ».


Accusées d’aide et d’assistance aux groupes terroristes, menacées d’être présentées à la justice en période où les lois exceptionnelles étaient en vigueur, presque toutes les victimes cédaient au chantage.
Prises dans cet engrenage de folie furieuse, affectées par la psychose ambiante, soumises aux intimidations, ou attirées par des avantages matériels, les proies de Djebbar devenaient des instruments manipulables à volonté au service du DRS et participaient malgré elles à cette furie. Ceux qui ne se soumettaient pas, l’ont amèrement regretté après une « descente nocturne du GIA ». Pour Djebbar et ses complices il n’y avait rien de mieux que la terreur pour faire taire les voix dissidentes et avoir les coudées franches.
Surfant sur la vague du terrorisme, les harkis et les imposteurs ne pouvaient concevoir l’Algérie que comme leur propriété exclusivement privée et ne se gênaient nullement de se l’approprier en déployant toute leur imagination criminelle pour parvenir à cette fin.
Les abus commis par les officiers du CTRI de Blida, appelé sans exagération aucune, le Centre de la Mort, sont innombrables. Tout individu qui refusait d’obéir à leurs injonctions, prenait le risque de perdre sa vie. A titre d’exemple citons le cas du jeune Taoueg Halim, arrêté à Blida sur ordre de Djebbar. Issu dune riche famille de douar Guerrouaou, commune de Soumaa, Taoueg Halim avait été arrêté à son domicile par le service judiciaire avant d’être transféré au CTRI pour y être détenu pendant plusieurs jours, le temps de négocier une rançon pour sa libération. Devant l’intransigeance du père, il fut froidement abattu à l’aide d’un HK muni d’un silencieux avant d’être jeté dans un verger aux environs.
Le commandant Mami Ahmed dit Djamel (devenu colonel), chef du service de la police judiciaire du CTRI a accusé à tord ce jeune citoyen, lui collant l’étiquette de terroriste, alors qu’en fait une affaire de mœurs opposait l’officier du CTRI au jeune Halim Taoueg qui entretenait une relation intime avec une certaine Hamida, une prostituée de l’hôtel « Palace » travaillant pour le compte du commandant Mami Ahmed. C’est hélas de cette manière que nombre de contentieux ont trouvé leur épilogue au cours de cette période de chaos propice aux règlements de compte.
L’histoire du Colonel Mami Ahmed alias Djamel, bras droit de Mhenna Djebbar est bien plus macabre, originaire de Tenes ex- cadre du BES/DRS en 92/93, informaticien de profil muté par la suite au CTRI/Blida sous les ordres du colonel Djebbar, c’est à partir de cette époque que cet officier devient un sanguinaire au sens propre du mot.
Après avoir perdu un frère, officier de police, lors d’un attentat terroriste à Chlef, il se portera volontaire par esprit de vengeance, pour «éradiquer la vermine musulmane».


Une fois au CTRI, le commandant Djamel n’hésita à commettre les crimes les plus horribles de l’histoire du service avec le témoignage de ses collègues de travail qui ont été en service en même temps que lui, notamment au cours de la période allant de 1993 jusqu’à 1998. Au mois d’avril 1993, cet officier sanguinaire se vantait d’avoir commis l’un de ses crimes les plus ignobles commis à l’encontre d’un citoyen de la cité Bouaarfa à Blida.
Arrêté dans le cadre d’une opération menée par le CTRI contre un groupe de soutien car suspecté d’appartenance a une filière locale, le jeune de Blida fut exploité pendant trois jours avant d’être embarqué les yeux bandés à bord d’un fourgon du DRS ; sur la route de la Chiffa, le commandant Djamel fit descendre la victime et lui tira trois balles dans la nuque le laissant pour mort. Par miracle des citoyens de passage, avaient découvert la victime gisant dans une mare de sang mais toujours vivante avant de la secourir et l’emmener pour soins à l’hôpital Frantz Fanon de Blida. Quelques jours plus tard, lors d’une visite dans cet établissement hospitalier, l’officier du CTRI eut la surprise de retrouver sa victime encore en vie. Furieux, il retournera le soir même à l’hôpital pour arracher sa victime de son lit d’hôpital et l’enlever puis l’achever ; cette fois l’exécution sera parfaite et la jeune victime sera criblé de balles. Cet officier criminel n’a même pas épargné les enfants et ce fut le cas d’un enfant de 15 ans, le cousin de Bedraoui Ali. Ce mineur a été tué dans la salle d’interrogatoire du CTRI/Blida d’une façon atroce, par le commandant Djamel, qui l’étranglera de ses propres mains en s’aidant d’un sachet en plastique pour lui recouvrir la tête.
Fin Mars 94 Djamel avait pris part au massacre de quarante jeunes lors d’une expédition punitive qui a visé la ville de Berrouaghia et puis lors d’une autre rafle ponctuée par une centaine de cadavres de jeunes citoyens retrouvés à la même période à Blida.

Tout conflit quel que soit sa nature (mœurs, litiges, vengeance, parfois rancune voire jalousie,…) entraînant l’élimination pure et simple d’un rival a été crédité, souvent de façon systématique, sur le compte des islamistes ou des terroristes. Bon nombre d’exemples ont été recensés pour le seul cas du CTRI de Blida. En voici brièvement quelques uns :
-Bouzouidja Sid Ahmed de Ouled Yaich, arrêté, torturé et exécuté pour lui dérober son véhicule une Renault 19. Ce véhicule a été utilisé par le commandant Mami Ahmed dit Djamel, puis affecté au Bureau de sécurité de la wilaya de Bouira.
-Sibsa Farouk de douar Benchaabane, commune de Boufarik.
-Harrata Hassène de Bouarfa, torturé a mort.
-Berkani Sid Ahmed résidant à la cité Benachour à Blida, âgé de 15 ans, arrêté dans l’établissement scolaire sis cité Bab El Zaouia, devant ses camarades et en présence du directeur, par une équipe du SPJ du CTRI conduite par l’adjudant chef Limane Ahmed. Cet enfant mineur a été accusé d’être un membre du réseau de soutien au groupe armé de l’émir Ali Chaitan. Le jeune Sid Ahmed Berkani fut détenu et torturé pendant trois mois avant d’être liquidé sans jugement.


La liste des crimes (assassinats, viols, tortures, …) de Djebbar et ses sbires est trop longue pour être citée ici dans son intégralité. Sous son commandement, même les patriotes sont devenus des tueurs avérés qui se sont acharnés sur la population civile. Contrairement à ce que prétend Farouk Ksentini, l’avocat des généraux criminels, il ne s’agit nullement de quelques cas isolés mais bien d’opérations à grande échelle qui relève d’un plan savamment concocté, de directives élaborées au sommet, d’ordres exécutés par les structures officielles du DRS qui agissent au nom de l’Etat.
C’est d’ailleurs dans son centre à Blida que furent hébergés les Djamel Zitouni, Benamar Aissa, les officiers exégètes du « GIA » et autres émirs activant à la solde du DRS. Ces groupuscules criminels qui n’ont épargnés aucune catégorie sociale et qui ont bien pris soin d’éviter les mafieux du système, ne manquaient sur le plan logistique d’aucun moyen humain ou matériel: disponibilité des tueurs, approvisionnement en armes et munitions, facilités pour trouver des planques…
Le tortionnaire en chef du CTRI de Blida a été promu au rang de général, tout comme son acolyte Bachir Tartag une année plus tôt ! Sans oublier bien sûre que tous les officiers subordonnés des deux monstres sont devenus des officiers supérieurs, des officiers qui ont pleinement profités de la conjoncture sanglante pour construire des fortunes colossales ! Il est inimaginable aujourd’hui dans ce chaos organisé et ficelé qu’il soit inquiété par l’éventualité d’une dégradation et encore moins d’un jugement pour crime de guerre et massacre de civils. Voilà de quelle manière la mafia au pouvoir en Algérie récompense ceux qui s’acharnent contre les Algériens, les dépouillent de leurs biens, les torturent, violent et massacrent leurs enfants !
Aujourd’hui, Le général Mhenna Djebbar, en tant que directeur de la Sécurité de l’Armée, il aura toute la latitude pour continuer à pourvoir les unités de l’ANP, à étendre son contrôle sur le trafic de drogue dans les casernes et à encourager délibérément la consommation de stupéfiants.


Le général Mhenna Djebbar a donc été récompensé, comme le fut Tartag Bachir avant lui, pour ses « mérites », en effet sa participation à la guerre contre les Algériens, a fait de lui un « héros de la nation ». Ceci est le message, on ne peut plus clair de la dictature des harkis, transmis tel un héritage empoisonné par les DAF et perpétué par les imposteurs à leur tête Larbi Belkheir, Khaled Nezzar, Mohamed Touati, Mohamed Mediene, Mohamed Lamari, Smain Lamari,…


Les chefs des services de renseignement sont donc bel et bien responsables et coupables des enlèvements et des massacres des citoyens et les auteurs d’actes ignobles doivent être jugés, condamnés et punis! L’engin de la mort qui a été conçu par Le général Mohamed Mediene alias Toufik a rempli une mission de terreur tout azimut aux objectifs prédéterminés pendant des années. En fin de compte, Toufik a réussi à mettre l’Algérie et ses institutions sous séquestre. Le MAOL n’a jamais cessé de dénoncer ce despote, qui n’a même pas l’audace de se montrer en public, et qui, tel un monstre n’agit que dans l’ombre ou à la tombée de la nuit !


Nul secret n’est éternel et aucune vérité ne peut fuir la lumière, et Dieu nous est témoin que le général Mohamed Mediene alias Toufik n’échappera jamais à la justice ; ni lui, ni aucun de ses sbires qui ont les mains tachées du sang des Algériens.

Gloire à nos martyrs et Tahya El Djazair

 



Le 29 juillet 2005.

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Publié dans DRS(39) | 3 Commentaires »

ça devient flagrant!!!!hihihi

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

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liberté (Mardi 14 Juillet 2009)

Analyse d’un expert militaire sur l’affaire des moines de Tibhirine

Un colonel de l’ANP répond au général Buchwalter

Par : Colonel de l’ANP

Je m’insurge contre les allégations de ce François Buchwalter, général français à la retraite, qui tente, par ouï-dire fantaisiste et après 13 années de silence durant lesquelles plusieurs autres versions aussi saugrenues
que la sienne ont été avancées par ses pairs pour porter atteinte à nos services de sécurité et à nos forces armées, de semer le doute à nouveau sur ce qui était advenu des moines trappistes du monastère de Tibhirine, dans les maquis de Médéa, un certain mois de mars 1996.

Je m’insurge d’abord pour la mémoire de ces religieux qui méritent un peu plus de dignité et de respect de la part de leurs ressortissants qui font de leur mort un fonds de commerce indécent.
Je m’insurge contre cette forme d’ingratitude envers les forces armées algériennes qui, à l’époque, n’avaient cessé de remuer ciel et terre, dans une traque farouche et sans relâche, à la recherche des ravisseurs de ces religieux, quand l’ambassade française maintenait son mutisme quant aux tractations engagées avec le chef des GIA.
Je m’insurge contre ce général qui accepte et rapporte une telle version des faits émanant (selon ses dires) d’un félon qui détiendrait lui-même ces indiscrétions de la part de son frère supposé être chef d’escadrille d’hélicoptères.
Pour ce général, j’expliquerai, dans ce qui va suivre et par un petit rappel de tactique militaire des plus élémentaires, que son niveau de compétence opérationnelle s’est, à analyser ses bavardages, avéré nul.
Je m’insurge enfin contre le fait que de telles allégations soient prises en compte par les hautes instances françaises (malgré leur rétractation finale), leur donnant ainsi une consistance à même de semer un sérieux doute dans l’opinion nationale française et internationale.

Mais, revisitons ce supposé événement gardé secret et procédons par un raisonnement par l’absurde

À l’époque, le couvre-feu était de rigueur et toute personne interceptée au-delà de l’horaire fixé était considérée, de par la loi, suspecte et sujette à toute méprise de la part des forces de sécurité. On peut donc légitimer en toute légalité les conséquences d’un bivouac, repéré au crépuscule et en plein milieu de maquis.
L’Armée algérienne n’a pas exporté de guerre hors des frontières nationales.
Elle mène un combat imposé sur son propre territoire et ce faisant, elle n’assume que son devoir constitutionnel et ne saurait être montrée d’un quelconque doigt accusateur.
Général ! Pourquoi avoir attendu 13 années pour remettre sur le tapis cette histoire, alors que vous étiez au su des pourparlers menés au niveau de votre ambassade à Alger avec ce fameux “Abdullah” pour la libération des
7 moines ? Que faites-vous du témoignage des deux autres moines rescapés du monastère ayant assisté à l’enlèvement de leurs frères ? Que faites-vous de l’enregistrement audio transmis à votre ambassade ?
Que faites-vous des communiqués du GIA de l’époque ? Cette attente de 13 ans pour “soulager votre conscience”, au-delà de la prescription légale des faits, constitue-t-elle l’attente nécessaire pour être sûr des départs en retraite des différents acteurs de l’époque pour parler en toute quiétude ? Même si les hommes s’en vont, les archives restent.
Ce classement “secret-défense” que vous dites apposé à votre rapport adressé à l’époque à votre hiérarchie me surprend. En tant qu’ancien élève de votre collège interarmées de défense, j’ai cru y avoir appris que ce niveau de classification concernait exclusivement les documents, plans et supports écrits, filmés ou enregistrés, dont la divulgation pouvait porter préjudice à la défense d’une nation, dans sa compréhension la plus large. En quoi, donc, cette supposée “bavure” de l’Armée algérienne pouvait avoir une quelconque incidence sur la défense française ? À imaginer la teneur de votre document, je l’aurais classé, au plus, “confidentiel”.
En vérité, je pense plutôt que votre rapport a tout simplement été classé sans suite, car dénué de logique militaire et de preuve concrète pouvant étayer vos dires. S’il en est, ce fut une sage décision.

Revisitons maintenant les faits dans leur réalité

Ces moines ont disparu entre le 26 et le 27 mars 1996 et leurs têtes ont été retrouvées vers la fin du mois de mai 1996, reposant sur un lit de satin blanc : s’ils avaient été, à leur disparition, la cible d’un hélicoptère, ces têtes seraient déjà en décomposition avancée et les traces d’égorgement post-mortem seraient identifiées, à l’autopsie, par le légiste.
À moins que vous ne vouliez faire comprendre que les sciences forensiques en Algérie constituent un domaine ignoré. Maintenant, voyons les faits : voilà donc des moines trappistes qui bivouaquent jusqu’au crépuscule en toute quiétude en milieu hostile, dans les maquis d’une chaîne montagneuse réputée infestée de terroristes, et cela au moment même où une opération militaire d’envergure est menée dans la zone. Quel courage !
D’abord, ces moines, même s’ils étaient connus pour leur totale abstinence, ne nourrissaient pas pour autant l’abstinence de ce don de Dieu qu’est la vie. Loin d’être suicidaires, ils ne se seraient jamais embarqués dans une telle aventure, au risque de connaître un sort des plus abominables, sachant pertinemment que les terroristes des GIA avaient juré la mort de tout “Roumi” trouvé sur la terre d’islam. Ensuite, et c’est là où j’explique au général colporteur de ragots de félon comment se déroule une opération de lutte antiterroriste.
Premièrement : la présence de deux hélicoptères en retour d’opération (c’est ce qui est rapporté par la presse) témoigne d’un appui feu de l’échelon supérieur pour l’opération supposée, en l’occurrence de l’appui feu du niveau régional dont dépendent les moyens aériens affectés à la lutte antiterroriste pour la Région militaire. L’appui feu de l’échelon supérieur, général, suppose un centre opérationnel interarmées déployé sur la zone où se trouve un officier de liaison des forces aériennes qui travaille sur fréquence radio des hélicoptères en opération avec lesquels il reste en liaison permanente. Si ce pilote avait “repéré” un objectif suspect sur son itinéraire de retour, il aurait obligatoirement demandé l’autorisation à cet OL de traiter. L’ouverture des feux requiert toujours l’autorisation expresse du commandant du COIA. En outre, le traitement d’une zone avec appui feu commence toujours par un traitement intensif de ou des objectifs par l’artillerie de campagne, après que la zone eut été bouclée tous azimuts par les forces terrestres pour empêcher le repli des terroristes et avant que les hélicoptères ne procèdent au traitement (tirs de roquettes, d’obus ou largage de bombes).
Ensuite, vient le ratissage et le nettoyage de la zone par les troupes au sol. C’est le b.a.-ba du traitement d’une zone hostile. Ainsi, si dans cet enfer de feu et dans les bruits assourdissants d’explosion de bombes et d’obus, vous trouvez admissible que des moines fassent leur bivouac pour admirer tranquillement les étoiles, là, dans ce maquis et en périphérie de la zone d’opération, c’est que vous avez accédé à votre grade de général sans n’avoir jamais connu de baptême du feu.
Savez-vous ce que peut faire l’explosion en série d’obus de 122 mm à charge forte ou de bombes largables de 250 ou 500 kg ? Apparemment non. Référez-vous à vos aînés qui ont fait la guerre d’Algérie, ils vous le diront — encore que ceux-là utilisaient des bombes au napalm.
Sachez que toute la faune disparaît de cet enfer, y compris les oiseaux. Ces moines, en outre, comment ont-ils fait pour se frayer un passage au travers d’un bouclage de zone pour entrer dans ce maquis ? Les bouclages s’effectuent la veille de toute opération et les militaires les auraient vite repérés, en mouvement et avant le moment du bivouac.

Deuxièmement : les hélicoptères en retour d’opération reviennent à la base, toujours par haute altitude, et ce, pour gain de vitesse et pour éviter les tirs éventuels de snipers. Comment le pilote de cet hélicoptère (non doté de caméra thermique pour détecter les sources de chaleur) aurait détecté, la nuit tombante, le fameux bivouac sous le maquis et à son altitude de vol ? Il lui aurait fallu, au moins, une lunette à intensification de lumière et scruter le sol tout au long de son vol au lieu de naviguer !
Comment aurait-il tiré, de son initiative, sur un objectif non identifié et qui aurait pu être un détachement de lutte, un commando de chasse, un poste d’observation, un groupe de Patriotes ou tout autre élément de nos forces combinées ? Impossible.
En outre, je pense que vous n’êtes pas sans savoir comment est calculé l’emport du carburant pour permettre à un hélicoptère de se déplacer d’un point A, traiter un point B et retourner vers le point A, sans refulling, et ce, compte tenu du chargement embarqué et des conditions géoclimatiques.
Vous devez donc savoir que la phase de traitement d’objectif est toujours optimisée, dans le calcul d’autonomie, et que la phase retour se fait impérativement dans le temps alloué et avec le niveau de sécurité requis des réservoirs. Le pilote, dans cette contrainte, ne peut se permettre de perdre de l’altitude, d’effectuer un déroutage latéral pour se repositionner à 180° de sa trajectoire, de se mettre en position de combat et de traiter un objectif (non inscrit dans son plan de vol) en un ou plusieurs raids et encore moins se poser au sol pour ensuite re-décoller à destination de la base. Le carburant restant ne lui aurait jamais suffi.
Dans tous les combats des forces armées combinées (et c’est universel), l’identification ou le dénombrement des morts sur les champs de bataille ne relève pas des forces aériennes, mais des forces terrestres chargées du ratissage et du nettoyage final. Alors pourquoi ce pilote se serait-il posé au sol pour s’enquérir du résultat de son tir ? Pure fabulation ! (Je vous fais une confidence, général : nos pilotes ne recensent pas leurs trophées sur leur carlingue).
Savez-vous, au moins, qu’un hélicoptère ne peut se poser en rase campagne sans la sécurisation préalable du périmètre d’atterrissage ?

Troisièmement : dans le scénario de
7 moines autour d’un feu de bivouac, un hélicoptère ne pourra jamais les tuer tous, simultanément par un tir de mitrailleuse de
12,7 mm ou même après plusieurs raids, car les rescapés auraient fui pour se cacher sous les arbres et se protéger des obus.
Cette affirmation est du simple fait technique que la mitrailleuse coaxiale est un monotube dont les tirs génèrent une ligne de feu sur un seul plan vertical (même si le tir est oblique). Pour les tuer tous et à la fois, il aurait fallu que ces moines fussent positionnés en enfilade. Je ne pense pas que ces malheureux religieux jouaient, à ce moment-là, à saute-mouton ! Pour les tuer tous à la fois, il aurait fallu un bitube ou un tétratube — auquel cas, ce pilote n’aurait même pas retrouvé de soutanes !

Quatrièmement : l’écoute supposée de cette fameuse phrase du pilote “j’ai tiré sur des moines” me fait tout simplement sourire tant elle est dénuée de crédit. Vos pilotes français, général, parlent-ils en clair en cours d’opérations de combat ?
Qu’en est-il donc advenu du concept d’interopérabilité avec les forces de l’Otan et de la codification anglo-américaine de vos communications militaires ?
Après ce bref rappel d’éléments de tactique qui atteste de l’impossibilité des faits rapportés, je tiens à vous préciser, général, que l’Armée algérienne s’enorgueillit de la discipline de ses hommes et de l’unicité de son commandement.
Rien ne se fait d’initiative et toute action relève d’une planification minutée et rigoureuse et s’exécute sur ordre d’une seule autorité. Aussi, ne croit à toute cette fabulation que celui qui veut y croire, envers et contre toute logique et, de toute évidence, pour des raisons autres que celles que vous évoquez.
Désolé, général, vos “révélations” ne tiennent pas du tout la route et votre scoop est un non-événement.
Je suppose que c’est parce que vos élucubrations sont dénuées de tout sens que nos officiels n’ont pas jugé utile de leur réserver une quelconque suite.

Colonel de l’ANP
à la retraite

Publié dans DRS(39) | Pas de Commentaire »

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