Entre répression et manipulations : le courageux combat des syndicats autonomes algériens

Posté par algeriedemocratie le 7 mars 2010

CISA

Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien – CISA

21 ter rue Voltaire – 75011 Paris – France

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Entre répression et manipulations : 

le courageux combat

des syndicats autonomes algériens

La défense des droits des travailleurs n’est nulle part une tâche aisée. En Algérie plus qu’ailleurs, être syndicaliste est aujourd’hui un combat difficile de tous les instants. Les dispositions de l’état d’urgence en vigueur depuis le coup d’État de janvier 1992 et l’interruption des élections législatives compliquent très sérieusement l’action quotidienne des syndicalistes authentiques, membres des divers « syndicats autonomes » de la fonction publique. Ceux-ci sont apparus au tout début des années 1990 – à la faveur d’une brève ouverture démocratique – pour défendre les intérêts des fonctionnaires, rôle que n’assurait plus, de longue date, le syndicat unique UGTA (Union générale des travailleurs algériens), devenu dès 1963 un simple rouage du régime.

Être syndicaliste en Algérie

Dans l’Algérie des années 2000, animer un syndicat autonome consiste autant à défendre les travailleurs qu’à esquiver les manœuvres incessantes de déstabilisation, d’infiltration et de corruption du pouvoir – qui le tolère sans le reconnaître officiellement. Les organisations syndicales indépendantes, en refusant toute sujétion autre que celle due à leurs adhérents, sont la cible principale de l’action des services de la police politique de l’armée, le DRS (département de renseignements et de sécurité, ancienne sécurité militaire). Venus combler l’absence totale de représentation des travailleurs, les syndicats autonomes sont depuis leur création la cible permanente d’entreprises d’intimidation, de division de leurs rangs et de corruption de leurs dirigeants, dans le but d’éliminer toute forme d’expression revendicative.

En effet, le maintien de l’ordre politique passe par l’émiettement de toutes les contestations et la vassalisation de tous ceux qui prétendent se poser en tant qu’interlocuteurs responsables. La démarche est constante dès les premiers jours de l’indépendance. Il est significatif à cet égard d’observer que le premier congrès de l’UGTA, en janvier 1963, a été la première victime de cette stratégie de mise en coupe réglée de tous les acteurs sociaux. Les délégués au congrès ont été arrêtés pour permettre à des individus relevant des appareils sécuritaires de tenir le congrès à leur place et d’« élire » une direction choisie par le pouvoir. Aucune structure ne doit exister en dehors de celles qui sont au service du régime.

Comme ce fut le cas juste après l’indépendance, l’élimination du champ social de toute organisation autonome par rapport au pouvoir réel, c’est-à-dire les chefs du DRS, est la préoccupation constante des dirigeants algériens depuis la fin de la brève période d’ouverture démocratique entre novembre 1988 et juin 1991. Derrière une façade institutionnelle destinée à la consommation externe, le système politique algérien est une dictature dont les leviers exclusifs sont la rente pétrolière et un appareil répressif omniprésent.

Une dictature masquée

Cette dictature militaro-policière se camoufle derrière des institutions qui, de la justice au Parlement en passant par le président de la République, ont une existence formelle mais qui ne sont nulle part et ne constituent à aucun moment des cadres d’autorité effective ni des centres de régulation politique. Sans substance, animées tant bien que mal par un personnel coopté, elles ne s’avèrent en définitive que les courroies de transmission des directives du groupe effectivement dirigeant. Issues d’élections frauduleuses, soigneusement mises en scène, les institutions croupions ne doivent leur existence qu’à la nécessité de se conformer au modèle qui rassure les Occidentaux, principaux partenaires étrangers, soucieux d’un minimum de formalisme.

De fait, la gestion du pays est entre les mains d’un groupe d’individus au sommet des appareils sécuritaires, qui n’apparaissent pas sur la scène politique officielle et ne rendent de comptes à personne. Cette dictature « honteuse » ne peut tolérer, pour durer, la moindre contestation organisée et sa pérennité repose donc sur un contrôle social tatillon, interdisant l’émergence de toute expression libre et de toute organisation susceptible de la mettre en question.

La scène politique algérienne est parfaitement verrouillée, les partis récalcitrants sont privés d’expression, réduits à une existence végétative, dans l’impossibilité de se déployer, ne recueillant dans les urnes que ce que le pouvoir effectif veut bien leur concéder. À de très rares exceptions, comme la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) ou SOS-Disparus, le mouvement associatif, témoin d’une « société civile » également préfabriquée, est constitué d’une myriade d’associations subventionnées regroupant pour l’essentiel, quelques individus sans relais dans la société.

Seule soupape tolérée par le régime, la presse écrite privée – les « médias lourds », radio et télévision, restant exclusivement dans les mains de l’État – fait preuve d’une certaine liberté de ton, pour autant que les lignes rouges non écrites, mais fermement tracées, ne soient pas franchies. Ces lignes rouges sont connues : il est interdit de mettre en cause les responsables du cercle dirigeant effectif, de les nommer et de critiquer le centre du régime, la police politique militaire. En revanche, la presse dispose d’une certaine latitude pour critiquer le chef de l’État, le gouvernement et les autres institutions. Sous tutelle directe du DRS, la plupart des directeurs de journaux sont ainsi tenus d’assister à un briefing hebdomadaire au siège spécialisé de la police politique. La presse reste néanmoins le seul espace de très relative liberté consentie à la population.

Les syndicats autonomes face à la répression

Héritage vivace de la période d’ouverture, de la Constitution de 1989 et des lois promulguées en 1990, les syndicats autonomes sont en première ligne de la répression et des manœuvres déstabilisatrices de l’appareil sécuritaire et de ses relais. Si l’aventurisme politique, inauguré par le coup d’État militaire du 11 janvier 1992, a entraîné le démantèlement des principaux garde-fous de l’État de droit, le rééchelonnement de la dette en 1994 a permis le basculement dans l’économie de bazar et la corruption généralisée. L’orientation libérale et l’annihilation de la politique sociale ont provoqué le basculement de catégories entières dans la précarité et la misère.

Aujourd’hui, dans un pays qui se targue de sa santé financière, exclusivement due à la rente pétrolière, la moitié de la population vit en deçà du seuil de pauvreté. L’affairisme des clientèles du régime et la corruption aux niveaux les plus élevés des hiérarchies de pouvoir sont facilités par l’affaiblissement des structures de l’État et le désordre entretenu par ceux-là mêmes qui dirigent l’appareil répressif. L’ajustement structurel et la pression sur les salaires ont frappé de plein fouet les fonctionnaires de tous les secteurs et les travailleurs en général. L’éducation et la santé ont notamment payé au prix fort la thérapie à courte vue et globalement inopérante du FMI.

Ce recul social – relégué au second plan par la « sale guerre » conduite contre la population dans les années 1990 par les chefs de l’armée et du DRS, au prix de 200 000 morts – n’est aujourd’hui combattu que par les syndicats autonomes . L’UGTA, ancienne organisation de masse du parti unique, caporalisée dès les premiers jours de l’indépendance par la police politique, n’est plus qu’un instrument, totalement discrédité, de contrôle social. Privée de toute représentativité, dirigée par des hommes notoirement impliqués dans des scandales financiers, la vieille centrale est l’ombre spectrale du syndicat fondé le 24 février 1956 par Aïssat Idir.

L’UGTA, l’un des rarissimes syndicats au monde à avoir approuvé un programme d’ajustement structurel du FMI, n’est plus qu’un sigle commode, convoqué par le gouvernement pour figurer l’illusoire « adhésion des masses laborieuses » aux gesticulations d’une « Algérie Potemkine » cachant de plus en plus difficilement la réalité de la dictature. Les sections combatives qui subsistent encore sont laminées par les coups de boutoir de la direction nationale de l’UGTA, qui les fragilisent en leur ôtant la protection syndicale et les offrent comme victimes expiatoires à l’administration.

Les syndicats autonomes sont aujourd’hui les seules organisations qui défendent les travailleurs, les seules qui échappent à la mainmise de la police politique. Les mouvements sociaux dans la fonction publique ont démontré les capacités de mobilisation des syndicats libres et la limite des capacités d’intimidation de la police politique. Arrestations arbitraires, gardes à vue illégales de militants syndicaux alternent avec les fermetures de locaux, toutes les formes de brimades et de harcèlements.

Des méthodes éprouvées pour stériliser le champ politique

Depuis les années 1990, le DRS déploie, vis-à-vis des syndicats autonomes, tout l’éventail des techniques de manipulation mises en œuvre dès 1962 pour stériliser le champ politique et renouvelées, après la fermeture de la « parenthèse démocratique » de 1989-1991. Les partis alors légalisés, ayant encore une base réelle et une direction indépendante du pouvoir, ont été systématiquement depuis l’objet de manœuvres de division interne. Scénario classique : des militants « dissidents », agissant sur ordre, décident d’un congrès de « redressement ». Une « direction » est élue dans les conditions les plus illégales et le parti passe sous la coupe du pouvoir. La victime la plus illustre de ce genre de « redressement » – le mot arabe tas’hihiyya est passé dans le langage courant pour désigner ce type de coup d’État téléguidé – fut, en janvier 1996, le vénérable Front de libération nationale, dont le secrétaire général Albelhamid Mehri a alors été déposé à la suite de ce que ses exécutants ont appelé un « complot scientifique ». Au mépris de toute légalité, la ligne indépendante du FLN, approuvée par les militants, a été changée du jour au lendemain, pour un alignement absolu sur les orientations du pouvoir.

Face à ce type de manœuvres, dans une situation d’état d’urgence structurel et d’omnipotence de la police politique, tout recours à la justice est inévitablement voué à l’échec. Dans l’organisation politique algérienne, la justice n’est pas une institution, elle n’est qu’un appareil obéissant. Et le paysage est ainsi modelé : de nombreuses organisations factices – partis, syndicats, associations –, sans base ni programme crédible, occupent le terrain médiatique quand le besoin d’une agitation politique est ressenti par le système. On le voit bien à l’occasion des élections présidentielles, quand des structures virtuelles sont fugacement ranimées pour servir de faire-valoir et jouer le rôle d’une opposition de pure figuration.

Systématiquement appliquées, ces méthodes, qui semblent être les seules connues de la police politique, ont été notoirement utilisées sur le front de la « sale guerre » des années 1990 : les mêmes techniques ont servi à la création de faux maquis, afin d’infiltrer et de noyauter les groupes armés, jusqu’à les manipuler pour perpétrer, de 1996 à 1998, les pires massacres. L’objectif d’instrumentalisation de la violence islamiste – la mettre au service d’une stratégie de communication du régime – a d’ailleurs globalement fonctionné. La dictature s’est ainsi justifiée en permanence, se prévalant du combat contre les extrémistes religieux pour se maintenir.

L’organisation de la confusion : le « clonage »

Vis-à-vis des syndicats autonomes, ces méthodes ont été utilisées jusqu’à la nausée par le DRS. Arrestations arbitraires succèdent aux suspensions de salaires, aux carrières bloquées, aux mises à pied injustifiées. L’arsenal des brimades, des vexations, des brutalités et des manipulations policières est entièrement mobilisé. Avec une prédilection pour ce que les militants syndicaux ont appelé le « clonage ». Une manœuvre visant à susciter la confusion auprès des bases en dupliquant une organisation jugée indésirable. La démarche est simple : il s’agit de créer à l’intérieur de syndicats authentiquement autonomes une « dissidence » qui débouchera rapidement sur une scission, en manipulant les militants les plus opportunistes ou les plus fragiles, par la technique du bâton et de la carotte et accessoirement, par le chantage exercé sur ceux qui traînent des « casseroles ».

Si la dissidence au sein des organisations syndicales autonomes est un phénomène connu et pris en compte dans leurs pratiques et leurs stratégies, elle change de nature lorsqu’elle est instrumentalisée dans le but d’annihiler toute ligne syndicale et toute autonomie. En effet, la pratique couramment utilisée est de faire croire que certains militants ne sont plus d’accord avec la prétendue « radicalité » de leur syndicat, parfois à l’inverse à sa prétendue « mollesse » et décident en quelque sorte de corriger le tir en pratiquant un « redressement » – la fameuse tas’hihiya. Le seul objectif sera de mettre au-devant de la scène une organisation nouvelle, clone de l’original, prête en réalité à tous les compromis avec le régime, y compris en mettant en scène des initiatives « ultraradicales » mais absurdes et vouées à l’échec : autre manière d’affaiblir la volonté collective de revendication. Pour être efficace, cette pratique exige que la nouvelle direction se présente comme étant issue d’un nouveau congrès, pour installer le désarroi au sein des adhérents et même des analystes, puisque, après la scission de facto, deux syndicats portent le même nom (ou, dans certains cas, un nom à peine différent).

La méthode a été appliquée au SNAPAP (Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique) en mai 2004 – après une première tentative du même ordre en février 2002, qui fit long feu. Ses dirigeants ayant refusé de soutenir la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle d’avril, un « dissident » isolé organisa un congrès qui bénéficia du soutien actif de l’administration. Immédiatement ce SNAPAP-bis reçut une subvention, alors que le SNAPAP n’ eut droit qu’à de dérisoires soutiens conjoncturels des pouvoirs publics. Au mépris de la loi et de la réalité factuelle, la justice a attribué au SNAPAP-bis le petit appartement (avec la documentation et le matériel entreposés) qui servait de siège au syndicat. L’expulsion manu militari des occupants légitimes s’est effectuée avec brutalité et sans aucun recours possible.

Le CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) a vécu la même manœuvre. Actif depuis le début des années 2000, le CNAPEST n’a obtenu son agrément que 10 juillet 2007, quasiment en même temps que son clone, le « SNAPEST » (les prétendus dissidents ont en effet – après hésitations dues à l’adoption tardive d’une « stratégie » – légèrement modifié le nom de l’organisation).

Le clonage concerne même les regroupements de syndicats autonomes. Créée en avril 2006, l’intersyndicale de la fonction publique (IAFP), réunissant les authentiques syndicats autonomes, s’est vue immédiatement dupliquée par un clone dénommé « coordination des syndicats de la fonction publique ». D’autres syndicats autonomes, comme celui des pilotes de ligne, existent théoriquement mais n’ont plus d’activités sur le terrain. Pour cette catégorie, le DRS ne juge pas utile de créer des clones.

On pourrait ainsi multiplier les exemples…

Pour éclairer le lecteur, il a paru important d’établir, avec les informations dont le CISA a eu connaissance, une « table de correspondance » entre les « vrais » syndicats autonomes et leurs clones.


Algérie, 2009 : tableau de correspondance entre syndicats autonomes et syndicats clones

Syndicats d’origine

 

Clones

SNAPAP (Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique)   SNAPAP- bis (dirigé par Belkacem Felfoul, ex-député retraité)
CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique)   SNAPEST (dirigé par Mériane Meziane)
SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation)   SATEF- bis (dirigé par Abdelmadjid Basti)
CNES (Conseil national des enseignants du supérieur, coordination des sections CNES)   CNES- bis (dirigé par Abdelmalek Rahmani)
SNTE (Syndicat national des travailleurs de l’éducation ; secrétaire général : Mohamed Bennoui )   SNTE- bis (dirigé par Abdelkim Boudjnah)
Intersyndicale de la fonction publique (IAFP)   coordination des syndicats de la fonction publique

Toutes ces manœuvres bénéficient du soutien automatique du ministère du Travail, chargé en principe de veiller au respect de la réglementation en matière de libre exercice du droit syndical. Ce ministère est dirigé depuis juin 2002 par le même individu, Tayeb Louh, lui-même ancien syndicaliste autonome. La carrière de Tayeb Louh est révélatrice des stratégies antisyndicales du DRS. Magistrat, Tayeb Louh avait été l’un des fondateurs en 1993 d’un syndicat autonome des magistrats (Syndicat national de la magistrature), qui avait fait l’objet de harcèlements ayant défrayé la chronique et d’un « redressement » en bonne et due forme.

C’est avec étonnement que les syndicalistes avaient appris la nomination, en qualité de ministre du Travail, de ce transfuge des luttes sociales. Sans surprise, ils constatent depuis que le ministre converti se livre avec constance aux pratiques dont il avait été un temps victime.
Ainsi, chaque fois qu’un clone est créé à l’initiative du DRS, le ministère du Travail refuse d’intervenir pour clarifier la situation. Pour enfoncer le clou, d’autres instances officielles – mais aucunement habilitées à intervenir en matière syndicale – se chargent de désigner le « bon » syndicat, celui avec lequel toutes les autorités doivent coopérer, ce qui suppose l’exclusion de celui qui n’a pas été désigné. Un exemple notoire est l’affaire du télégramme émis le 17 janvier 2009 par le ministère de l’Intérieur pour choisir le clone du SNAPAP : les administrations avaient été sommées de refuser de travailler avec les sections légitimes (élues par les adhérents) au prétexte de l’existence de représentants du clone, désignés par l’administration et n’ayant aucune légitimité élective. Quant aux décisions de justice, elles sont évidemment toujours à l’avantage des clones…

L’impératif de la solidarité

Ces pratiques n’ont pas la même influence sur tous les travailleurs. Car si pour les plus engagés d’entre eux, les enjeux sont clairs et les acteurs identifiés, pour d’autres, le retrait et la prudence sont de mise tant qu’une clarification n’intervient pas. En effet, le pouvoir et ses relais médiatiques tentent en permanence de discréditer le vrai syndicat en présentant le conflit entre celui-ci et son clone comme l’expression d’une lutte pour des strapontins. De plus, pour beaucoup de travailleurs, l’engagement dans un syndicat ne supposait pas une prise de risques aussi importante (opposition au DRS), ce qui a contribué à éloigner nombre d’entre eux des luttes syndicales.

Dans ces conditions, la détermination, l’opiniâtreté des militants des authentiques syndicats autonomes n’en sont que plus respectables. Avec courage, ils se battent depuis des années contre la détérioration croissante des conditions de vie et de rémunération des travailleurs algériens et contre les manœuvres de désintégration de leurs organisations syndicales représentatives. Après la meurtrière « éradication » des opposants – principalement islamistes mais pas seulement – lors de la « sale guerre » des années 1990, ils restent aujourd’hui les seuls à lutter pied à pied, de façon structurée à partir de la fonction publique, contre une situation sociale dramatique, face à laquelle la majorité désespérée des citoyens n’a plus comme unique moyen d’expression que l’émeute. Apparues au début des années 2000, les violentes jacqueries qui secouent périodiquement les grandes villes comme les moindres douars pour tous les motifs possibles liés à la « malvie » – pénuries d’eau, de logements, d’infrastructures, etc. – se sont multipliées depuis 2004 et sont devenues quotidiennes en 2009, au point de faire de l’Algérie, de l’est à l’ouest, un chaudron social en permanence au bord de l’explosion généralisée.

Mais, jusqu’à présent, la combinaison du quadrillage omniprésent des hommes du DRS, de la répression policière et d’une justice aux ordres, toujours prompte à sanctionner lourdement les émeutiers, a réussi à maintenir ces révoltes populaires en deçà du seuil de cette explosion. Car les détenteurs du pouvoir réel, les généraux du DRS et leurs affidés, sont particulièrement déterminés pour briser toutes les initiatives collectives qui permettraient de structurer ces révoltes, au risque de menacer sérieusement leur principal objectif : poursuivre à leur seul profit – comme ils le font depuis trente ans – l’accaparement des richesses du pays, par la corruption et les prélèvements de commissions sur les exportations d’hydrocarbures comme sur les importations des biens de consommation ou d’équipements, que l’Algérie ne produit plus.

Dans ce sombre contexte, il est donc essentiel que cesse l’isolement international des militants des syndicats autonomes de la fonction publique, les seuls en Algérie à se battre de façon collective face aux manœuvres, aux « clonages » et à la répression – et, plus globalement, contre l’atroce malvie imposée à tout le peuple par le pouvoir. La grève dure, massivement suivie, engagée depuis le 8 novembre 2009 par les syndicats d’enseignants en est une illustration vivante. Qui plus est, le combat que mènent les syndicats autonomes est aussi celui des Algériennes pour leur émancipation : les femmes sont nombreuses à participer activement aux luttes et à assumer des responsabilités à la tête de ces syndicats – et elles sont souvent les premières à subir les pressions, les harcèlements et les tentatives d’intimidation du pouvoir.

C’est pourquoi, en septembre 2009, des syndicalistes français et des militants, algériens et français des droits de l’Homme ont créé le Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien (CISA), dans le but d’informer l’opinion sur la réalité des luttes syndicales algériennes, de les soutenir et de lever les équivoques entretenues par un système qui n’a plus que la violence et la coercition comme leviers sur la société.

Paris le 15 novembre 2009

Le Président du CISA
François Della Sudda
CISA, 21ter rue Voltaire 75011 Paris, France – comintersaa@gmail.com

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Mohand Issad:« Le crédit documentaire peut ouvrir la porte à la fraude »

Posté par algeriedemocratie le 3 janvier 2010

« Le crédit documentaire peut ouvrir la porte à la fraude »

Mohand Issad. Professeur agrégé en droit

« Le crédit documentaire peut ouvrir la porte à la fraude »

Interrogé à la veille de la constitution par le gouvernement d’une commission chargée de proposer un aménagement du crédit documentaire favorable aux unités de production qui importent leurs matières premières, Mohand Issad, professeur agrégé en droit, avocat d’affaires et ex-président de la Commission nationale de réforme de la justice, a bien voulu répondre, aux questions gravitant autour du très controversé crédit documentaire imposé par la loi de finances complémentaire comme unique mode de paiement des importations.

-  Le gouvernement algérien pense réduire la facture d’importation et assurer la traçabilité des transferts en imposant le crédit documentaire comme unique mode de paiement des importations. S’il est tout à fait légitime que les pouvoirs publics réagissent contre l’envolée des importations et des trafics de devises constatés, pensez-vous que la généralisation du crédoc soit la bonne formule ?

Je n’ai vu nulle part qu’un pays ait recouru au crédit documentaire pour limiter ses importations et assurer la traçabilité des transferts de capitaux. Je sais que les Etats-Unis ont établi des taxes pour empêcher les importations de produits chinois, que certains pays ont élevé des barrières douanières pour limiter l’entrée de produits étrangers sur leur territoire, mais instaurer un mode de paiement unique des importations comme le gouvernement algérien l’a fait, par le truchement d’une simple loi de finances complémentaire, je ne l’ai vu nulle part.

-  Mais il fallait tout de même réagir face aux importations qui avaient dépassé, est-il bon de le rappeler, 40 milliards de dollars en 2008…

Il fallait tout d’abord un débat, car on sait d’expérience où peut nous conduire cette façon de prendre des décisions lourdes de conséquences dans les cabinets ministériels. La disposition imposant le crédit documentaire comme seul mode de paiement des importations inscrite dans la loi de finances complémentaire pour l’année 2009 a, comme vous le savez, irrité les chefs d’entreprise et notamment les industriels qui ne peuvent s’accommoder de ce mode de paiement trop coûteux, inefficace et long à mettre en place. Avant de prendre une telle décision, il fallait d’abord la soumettre aux intéressés que sont les patrons d’entreprise, les banques, les douanes et tous les autres opérateurs du commerce international.

-  Quel mode de paiement pourrait, selon vous, mieux convenir à un pays qui cherche à contenir ses importations à un niveau supportable et à assurer la traçabilité des transferts en devises ?

Ceux qui existent et qui sont pratiqués depuis plus d’un siècle dans le commerce international comme, par exemple, les traites et la remise documentaire. Il ne faut pas essayer d’inventer ce que d’autres ont fait avant nous !

-  Le gouvernement semble avoir entendu le cri de détresse des industriels qui subissent de graves ruptures d’approvisionnement en matières premières, en annonçant son intention d’opérer certains aménagements du crédoc en leur faveur. Est-il, selon vous, possible d’aménager ce mode de paiement imposé, faut-il le rappeler, par une disposition législative qui n’est toujours pas abrogée ?

La généralisation du crédoc a, en effet, été désastreuse pour les PME qui ont été contraintes de mobiliser des suppléments de trésorerie, de confectionner de lourds dossiers pour chacune de leurs importations et d’attendre de longs mois avant de recevoir les marchandises, objet de leurs commandes. Nombre d’entre elles ont souffert de retards de livraison de matières premières qui ont entraîné des arrêts de production. Conscient du problème, un membre du gouvernement aurait affirmé, si je comprends bien, que les producteurs allaient être dispensés de cette mesure. Première difficulté : qui va décider que tel ou tel opérateur est producteur ? A qui va-t-on donner ce pouvoir exorbitant de décider que tel est producteur ou ne l’est pas, avec les avantages et les inconvénients que la réponse lourde de conséquences entraîne ? Qui va avoir ce pouvoir, sinon un employé de banque ou un responsable d’agence qui pourrait de ce fait être tenté d’introduire ou de réintroduire certains maux de notre société, comme le copinage et la corruption. Par ailleurs, le crédit documentaire étant un mode de paiement international régi par des règles strictes, on ne voit pas comment il pourrait être aménagé à la seule convenance des autorités algériennes. C’est un mode de paiement qui ne peut être amputé arbitrairement par la seule partie algérienne, car les autres parties prenantes du crédoc que sont les banques et les fournisseurs pourraient ne pas l’accepter.

-  Mais peut-on aménager techniquement le crédit documentaire au seul profit des producteurs, comme semble le suggérer le ministre des Finances ?

Pour un juriste, un crédit documentaire aménagé, ça ne veut tout simplement rien dire ! Un crédit documentaire est un mode de paiement international comme d’autres et, jusqu’à maintenant, je n’ai pas compris et encore moins été convaincu du bien-fondé du choix du crédoc comme seul moyen de paiement des importations. Si c’est la traçabilité des transferts que l’on recherche à la faveur de cette décision, je peux affirmer que tous les autres modes de paiement internationaux permettent la traçabilité, ne serait-ce que du seul fait que les transferts se font de banque à banque en y laissant des traces. Si l’Etat venait à le souhaiter, il lui est évidemment possible d’opérer, à tout moment, des contrôles en suivant les paiements opérés à la trace. En cas de « blanchiment », car c’est cela que l’on semble surtout craindre, n’oublions pas qu’il existe des conventions bilatérales et internationales contre ce type de délit et les paiements illicites qui, de toute façon, ne s’opèrent jamais de banque à banque. Le blanchiment et les paiements illicites ont lieu, comme vous le savez, dans la clandestinité du commerce informel, c’est-à-dire dans ce qui échappe à la réglementation et à l’Etat. Et ce n’est certainement pas le crédit documentaire qui va nous permettre à lui seul de lutter contre ce fléau !

-  Mais qu’est-ce qui a donc, selon vous, favorisé le trafic de devises que nous constatons ?

Ce ne sont certainement pas les modes de paiement internationaux qui en sont la cause. La question qu’il faut par contre se poser est de savoir comment des marchandises payées en dehors des circuits officiels peuvent entrer en Algérie. Qui se cache derrière ces marchandises payées de façon informelle et qui entrent avec une facilité déconcertante dans notre pays ? C’est celle-là, la vraie question à résoudre, si on veut vraiment lutter contre le blanchiment et le trafic de devises que vous évoquez. Car, il faut bien savoir que le paiement par crédit documentaire est autonome du contrat principal. Pour les juristes, le crédoc sert seulement à payer une contrepartie. Or, quand il y a une lettre de crédit bancaire, elle doit être payée indépendamment de l’exécution du contrat principal.

La porte est ainsi ouverte à la fraude, car le crédoc permet de payer une marchandise sans avoir la garantie de la recevoir. Si vous avez un complice à l’étranger, vous pouvez même vous arranger pour qu’il soit payé pour une marchandise que vous ne recevrez pas. Cela se passe de banque à banque, sans aucune possibilité de contrôle des quantités et de la qualité des marchandises et autres prestations payées. Le crédoc n’est assurément pas le moyen idoine pour contrecarrer les fraudes de ce genre que seuls la loyauté commerciale entre partenaires et, bien entendu, les effets dissuasifs du fisc et de la justice peuvent empêcher.

-  Si on a bien compris, les fléaux tels que le blanchiment et le trafic de devises se poursuivront avec ou sans crédoc ?

Avec ou sans crédoc, le blanchiment, le trafic de devises et le commerce informel en général continueront tant qu’on n’aura pas d’autre moyen de lutte contre ces fléaux. Je n’ai pas la recette miracle, mais je sais que de par son importance, la question mérite un large débat associant toutes les parties prenantes.

Par Nordine Grim

source: el watan

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Algérie : la banalisation de la corruption

Posté par algeriedemocratie le 28 octobre 2009

Algérie : la banalisation de la corruption

L’Expression
DES AGENTS DE L’ÉTAT CITÉS DANS PLUSIEURS SCANDALES
Corruption, quand tu nous tiens!
28 Octobre 2009 - 

Les scandales se suivent et se ressemblent

Au coeur de chaque affaire, des responsables qui se croyaient peut-être intouchables.

La corruption bénéficie de la connivence d’agents de l’Etat pour prendre racine dans des secteurs publics stratégiques, notamment les banques et les marchés publics. Ce n’est pas un parti d’opposition ou un expert économique qui fait ce constat. Ces propos sont tenus par M.Mokhtar Lakhdari, le directeur des Affaires pénales au ministère de la Justice. «Ce phénomène touchait à la transparence de la vie économique et à l’intégrité des agents publics», précise-t-il. Uniquement pour l’année 2008, 807 infractions liées à la corruption ont été enregistrées. En effet, l’opinion publique a été bouleversée par la série de scandales financiers dans lesquels ont été impliqués des cadres de l’Etat et de hauts fonctionnaires.
L’affaire la plus récente traitée par la justice algérienne remonte à lundi dernier.
Le tribunal d’El Affroun a rendu son verdict après trois semaines de plaidoiries dans ce qui est communément appelé «affaire OAIC-SIM». Plusieurs chefs d’inculpation ont été retenus contre le directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales, notamment la passation de contrats injustifiés dans les marchés publics.
La justice a prononcé une peine de deux ans de prison ferme contre lui. Les scandales se suivent et se ressemblent. Et au coeur de chaque affaire, des responsables qui se croyaient peut-être «intouchables» ou au-dessus des lois de la République. Le projet du siècle «l’autoroute Est-Ouest» a reçu un sérieux coup.
L’affaire dans laquelle était impliqué le secrétaire général du ministère des Travaux publics, révélée par la presse, confirme que généralement ce sont les secteurs «les plus riches» et les plus gâtés par les caisses de l’Etat qui sont les plus exposés à ce phénomène. Soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin dans des contrats liés au projet de l’autoroute Est-Ouest, le SG du ministère des Travaux publics, est mis sous mandat de dépôt. L’enquête suit son cours. C’est dans la même situation que se retrouve son collègue du ministère de la Pêche et des Ressources halieutiques. Le secrétaire général de ce ministère est également impliqué dans l’affaire des thoniers turcs, pêchant en infraction dans les eaux territoriales de l’Algérie.
On fera l’impasse sur les milliers de milliards de dinars détournés dans des scandales bancaires: l’affaire Achour Abderrahmane résume parfaitement le mal qui ronge les institutions financières de l’Etat. Un Etat qui a déclaré pourtant une guerre sans merci contre la corruption. M.Lakhdari explique le phénomène de la corruption et les différents types de criminalité économique «à la transition économique qui fait que ce type de criminalité tend à prendre de l’ampleur par le nombre, sans cesse croissant, des contrevenants».
Le directeur des affaires pénales au ministère de la Justice donne des chiffres. Il avance celui de 98.481 infractions relatives à la loi sur la concurrence, enregistrées en 2008. Celles relatives à la loi sur la protection du consommateur avoisinent les 51.000 infractions. Enfin 1 269 infractions relatives à la loi sur le change ont été relevées.
Abordant le cas de criminalité organisée, M.Lakhdari a souligné que cette dernière comprenait une criminalité impliquant des groupes organisés qui se répartissent les rôles et se déploient au niveau transnational (trafiquants de stupéfiants, contrebande de diverses marchandises, trafic de migrants).
Il a relevé que la criminalité organisée évoluait, notamment dans les zones frontalières et, en particulier, dans les régions de Tlemcen, Béchar, Tamanrasset et Tébessa, avant d’insister sur l’importance de la conjugaison des efforts aux plans régional et international, pour son éradication. Il a affirmé d’autre part que les instruments juridiques adoptés pour faire face à l’évolution de la criminalité ont permis de «renforcer la capacité de dissuasion de la justice et ont eu pour effet de réduire, de 2006 à 2008, le taux de la criminalité de 5,53%».
Dans un autre chapitre, M.Lakhdari a affirmé que le terrorisme a connu une baisse considérable de 30% entre 2006 et 2008. Cette baisse est due «à l’application de la politique de la Réconciliation nationale».

Achira MAMMERI

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جيلالي حجاج ضيف  »الخبر الأسبوعي »: سفارات دول أجنبية تستقصي عن الوضع الصحي لبوتفلي

Posté par algeriedemocratie le 26 octobre 2009

جيلالي حجاج ضيف  »الخبر الأسبوعي »: سفارات دول أجنبية تستقصي عن الوضع الصحي لبوتفليقة سفارات دول أجنبية تستقصي عن الوضع الصحي لبوتفليقة

أعطى جيلالي حجاج، رئيس الجمعية الوطنية لمكافحة الرشوة، الفرع المحلي لمنظمة شفافية دولية، نظرة قاتمة عن الوضع العام في البلاد. فقال إن الحريات العامة في تراجع وأن الشارع في غليان، والحكومة لا تتحرك، كما تحدث عن تنصل الجزائر من التزاماتها تجاه اتفاقية الأمم المتحدة لمكافحة الفساد التي وقعتها في 2003، لأنها لا تريد تكييف قوانينها الداخلية مع ما تمليه هذه الاتفاقية على الدول الموقعة عليها. وأوضح أن الإجراءات الجديدة التي تضمنها قانون المالية التكميلي أملتها جهات أجنبية على الجزائر. ويتطرق في ركن  »النقاش » من هذا العدد إلى جملة من القضايا الهامة المتعلقة بالفساد وانتشار الرشوة.

الجزائر في طريق مسدود والحريات في تراجع!

ويربط جيلالي حجاج الوضع العام في الجزائر بمرض الرئيس ـ الذي يتمنى له الشفاء ـ فيشرحه ويقول:  »الصورة أكثر سوادا من أي وقت مضى » ويكرر هذه الجملة تشديدا على الحالة القاتمة التي تعيشها البلاد في نظره، فيضيف  »نحن في طريق مسدود تماما، سواء ما تعلق بحرية التعبير، حرية الصحافة وحرية الجمعيات، أو ما يخص المسار الديمقراطي، بما في ذلك عمل السلطة وبعدها الحكومة ».
لا يتوقف ضيف ركن  »النقاش » عند هذا التشريح بل يواصل في وصفه لواقع الجزائر في 9002, فيربطه بالغليان الذي تعيشه الجبهة الاجتماعية، ويصرح:  »نحن في حالة انسداد حقيقية وحالة تناقض، فالبلاد لم تعرف أبدا مثل هذه الموارد المالية، لكنها في نفس الوقت تعرف حالة انسداد.. فمنذ السبعينات لم نعرف هذا القلق الذي تعبر عنه النقابات والجمعيات والمجتمع المدني، ولم تكن مشاكل مثل التي يعيشها المواطنون اليوم في حياتهم اليومية، لم يحدث أن صادفنا هذا الوضع، لم يحدث أن سجلنا حالة استقالة للمجتمع ككل ».
ولا يفصل حجاج هذه الصورة السلبية للجزائر، عن قضية يراها واحدة من أهم الأسباب التي أدت إلى ارتسامها، وهي قضية مرض رئيس الجمهورية عبد العزيز بوتفليقة، وعنها قال:  »مرض الرئيس قضية خطيرة وجادة، أتحدث كمواطن ومناضل جمعوي ولكن أيضا كطبيب، واتمنى له الشفاء، مرض الرئيس من عوامل الانسداد، مرض الرئيس من عوامل الانسداد (يكرر) وهو أمر مطروح حقيقة وهو موقف جمعيتنا أيضا »، وهنا يتساءل عن سبب غياب الإجراءات الدستورية التي كان من المفروض اتخاذها في هذه الحالة، خاصة أن الجزائر تعيش في أزمة،  »فالدستور واضح في مسألة مرض رئيس الجمهورية، عندما يصبح غير قادر على تسيير النظام »، وهو في نظره عاجز عن إدارة شؤون الحكم في البلاد، ويؤكد ذلك غيابه عن العديد من النشاطات التي يشرف عليها، حسب ما يوضحه حجاج في هذه العبارة:  »هو يؤكد هذا يوميا، لنعد إلى آخر مجلس وزراء المؤجل منذ جويلية المنصرم، لقد أجل عدة مرات، هذا أمر خطير، كل الحكومات في دول العالم تجتمع اجتماعات أسبوعية على الأقل، خاصة إذا كانت هناك أزمة داخلية أو عالمية، ونحن مجلس الوزراء ينعقد مرة كل أربعة أشهر، هذا غير معقول، ملك المغرب يلتقي فريقه الموسع أو المصغر بصفة دورية، كذلك الأمر في تونس.. قانون المالية أداة هامة في الاقتصاد الوطني لا يمكن تأجيله »، مشيرا إلى علاقة حضوره  »البروتوكولي » في عدد من المناسبات بالخارج وغيابه في الساحة الداخلية والمحلية بتدهور حالته الصحية.
وأشار المتحدث إلى المقال الذي سبق أن كتبه حول هذا الموضوع، وحلل فيه بيان الطبيب مسعود زيتوني الخاص بمرض بوتفليقة بعد خروجه من مستشفى  »فال دوغراس » الفرنسي نهاية ديسمبر 5002, فقال فيه  »اكتشفنا مرض الرئيس عن طريق الحالة الاستعجالية ليس الحالة الاستعجالية الطبية لكن حالة استعجالية استدعت جراحة، أظن أنه يتم إخفاء الحقيقة على الجزائريين بشأن وضعه الصحي، كل رؤساء العالم يقدمون تقارير دورية عن وضعهم الصحي ليس عندما تتدهور صحتهم فقط، وهذا ما لا يفعله بوتفليقة، إنه تعدى السبعين من عمره وهو مصاب بعدة التهابات ومرض كلوي مزمن ».
وطالب حجاج بضرورة إطلاع الرأي العام حول علاجه في الخارج، كلما سافر لهذا الغرض، لأنه في اعتقاده كلمها كان هناك غموض كلما ازدادت الشكوك والتساؤلات حول صحته، مشددا على ضرورة اتخاذ الإجراءات التي ينص عليها الدستور في هذه الحالة، كما أنه تحدث عن وجود تناقض بين توسيع صلاحيات رئيس الجمهورية من خلال التعديل الدستوري الأخير وحالته الصحية التي تمنعه عن ممارسة مهامه.
ويعود رئيس جمعية إلى تشريح الوضع العام الذي تعيشه البلاد، فيتحدث عن الاحتجاجات التي تندلع كل مرة في مناطق مختلفة من البلاد، والدخول المدرسي  »الكارثي » لأنه مكلف للأسرة الجزائرية وصعب للمعلمين، كل هذه المظاهر تقابلها، حسبه، الحكومة  »بلغة الخشب التي تستعملها اليوم كما لم تستعملها من قبل »، فالسلطة أصبحت أكثر من صامتة، ويضرب مثالا حول صمتها بقانون المالية التكميلي 9002، الذي تمت المصادق عليه في جويلية الماضي في غياب الحكومة والبرلمان، وصدر في الجريدة الرسمية والى اليوم لم تصدر النصوص التطبيقية المتعلقة به، دون أن تقدم أية تفسيرات لما حدث، ما عدا بعض الصحف التي  »تحدثت إلى سياسيين ومنظمات ونقابات… »، وهي قابلت كل محاولات، وإن كانت قليلة، يقول، للمجتمع المدني وحتى المعارضة بالقمع والحجز والتهديد، و »هو جو لم يكن سائدا حتى في عهد الحزب الواحد، هناك تضييق في كل الاتجاهات، فمثلا رابطة منعت من عقد اجتماع لها، ولكن من حسن الحظ أنه لا يزال هناك فضاء للتعبير في الصحافة المكتوبة، لكنه أيضا فضاء بدأ يتراجع، » يوضح المتحدث.
كريمة بوعباش

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غموض صلاحيات المراقب المالي سبب هدر الأموال العمومية

أثار جيلالي حجاج، رئيس الجمعية الجزائرية لمكافحة الرشوة، في حديثه عن حالة الفساد المستشري في الجزائر، مسألة هامة على علاقة بانتشار هذه الظاهرة، وهي وظيفة المراقب المالي على مستوى الولايات، لصلتها المباشرة بتصريف الأموال المخصصة لإنجاز المشاريع التنموية، وما يقع فيها من اختلاسات وتلاعبات ورشاوي.
وقال حجاج إن هذه الوظيفة الموجودة على مستوى الإدارة المالية للولايات، هي وظيفة مجهولة لدى العامة والخاصة من الناس تقريبا، رغم أهميتها وحساسيتها، موضحا أن المحاسب المالي يملك  »سلطة التوقيع » على صرف أموال الولايات وهي سلطة كبيرة، وهو  »آخر شخص يوقع على صرف الأموال للمقاولين الذين يتولون إنجاز المشاريع المحلية »، ولا يتدخل في صلاحياته أي مسؤول في الولاية ولا حتى الوالي، غير أن الصلاحيات المخولة للمراقبين الماليين، هي في نفس الوقت غير واضحة أو محددة، وهم يقعون تحت وصاية وزارة المالية.
ويشير حجاج إلى أن جمعيته قامت ببحث حول هذه المهنة في ولايتين، واتضح لها أنها وظيفة موجودة بكامل الولايات، لكنها غير معروفة، ووجب أن توضح الصلاحيات الممنوحة للمراقبين الماليين لإضفاء النزاهة والشفافية على عملهم، أي على عملية صرف أموال الدولة من قبل الجهاز التنفيذي على المستوى المحلي، لمنع الرشوة ونهب الأموال العمومية الموجهة للتنمية المحلية، ففي نظره الغموض الذي يميز صلاحيات المراقب المالي مقصود، لتبرير الصرف غير القانوني لهذه الأموال، بمعنى توسيع هامش الاختلاسات المالية، فليس هنالك ما يمنع هذا المسؤول من التوقيع على دفع مستحقات المقاولين الذين لم يكملوا إنجاز مشاريعهم، إذا تقدم مثلا له الوالي بطلب ذلك، خاصة إذا تحصل على عمولة، أي رشوة، مثلما هو قادر على رفض التوقيع، وهو ما يفسر الحالات المسجلة في كثير من الولايات بالنسبة للمشاريع غير المنجزة لكن مدفوعة التكاليف، فليس هناك من يراقب صرف الأموال العمومية على مستوى الولايات، خاصة في الولايات التي تتلقى ميزانيات متعددة في إطار أكثر من برنامج، أي إضافة إلى ميزانية البرنامج الوطني للتنمية، تستفيد من أموال برنامج الهضاب وولايات الجنوب، وهي مبالغ ضخمة. ففي بعض هذه الولايات يوقع المراقب المالي على صرف 150 مليار دج أو أكثر من 200 مليار دج سنويا، يوضح حجاج.
وإن لم يتهم حجاج كل المراقبين الماليين بالرشوة والتحايل على القانون في صرف الأموال العمومية، إلا أنه اعتبر القانون الذي يضبط هذه المهنة هشا وغير واضح، وهو الأمر الذي عبّر عنه بعضهم للجمعية بعدما تناهى لهم أنها تقوم ببحث حول هذه الوظيفة، حين طالبوا بتحديد صلاحياتهم على مستوى الإدارات المالية بالولايات. ¯
كريمة بوعباش

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قانون الصفقات العمومية أصبح قوقعة فارغة

تعديل قانون الصفقات العمومية وإفراغه من محتواه جاء، بحسب جيلالي حجاج، بعد ضغط كبير من الولاة الذين زعموا، في اجتماع مع الرئيس عبد العزيز بوتفليقة في نادي الصنوبر، أن هذا القانون هو  »السبب الرئيسي » في عرقلة المشاريع المبرمجة في إطار البرنامج الأول للإنعاش الاقتصادي بين 2000 و.2004

 »الولاة قالوا للرئس بصوت واحد إنهم لن يستطيعوا إنجاز المشاريع في وقتها مادام القانون قائم على حاله. هذا القانون الذي تم سنه عام 1991 والذي عدل عام . »2000 يقول رئيس الجمعية الجزائرية لمحاربة الفساد، هذا القانون يجبر الهيئات الحكومة على الإعلان عن الطلبيات العمومية ويفرض اجتماع اللجان لدراسة العقود والصفقات.  »لو كانت السلطات المركزية والمحلية تحترم هذا القانون وتعمل في كل شفافية، لم يكن للتأخر أن يحدث في إنجاز المشاريع. ولكن، عندما يتم الإعلان عن المناقصات لإنجاز المشاريع، تأتي الطلبات من كل مكان، وهنا يصبح عامل الوقت سببا في التأخر، لأنه يجب دراسة كل الطلبات. يبقى أن الضغوط تتكاثف لإجبار اللجان أو الولادة على اختيار ذاك المقاول أو ذاك »، يفسر ضيف النقاش، الذي يقول إن فتح الملفات ودراستها يتطلب بعض الأشهر قبل أخذ قرار إعطاء المشروع من أجل الإنجاز
وبحسب رأيه، فإن هذا العمل يمكن أن يكون في ظرف شهر واحد فقط فقط، لولا تلك الضغوط التي تسعى دائما لتوجيه القرارات لمصالح معينة نافذة في السلطة  »إنه الجنون بعينه! لم يبق عند البعض إلا أخذ المسدسات من أجل الظفر بالمشاريع وبأكبر عدد منها »، يقول جيلالي حجاج، الذي يشير أن حتى 1991 قانون الصفقات العمومية كان محترما للمعايير الدولية، قبل أن يراجع من قبل سيد أحمد غزالي.
الولاة، في نظره، يخضعون في بعض الحالات إلى ضغوط من قبل جنرالات ورجالات نافذين في السلطة من أجل أخذ قرار لصالح مقاولين مقربين منهم  »ومن هنا، لم يبق في يد الوالي إلا التلاعب بعنصر الزمن من أجل التحفيف من الضغوط وتفادي الإجراءات الانتقامية وحتى لا يُغضب هذا أو ذاك ». ويقول جيلالي حجاج إن الكثير من الولاة يخافون من تضييع حياتهم المهنية، وبالتالي مهمة رئاسة لجان الصفقات للأمناء العامين حى يتملصوا من المسؤولية. قانون الصفقات العمومية تم تغييره عام 2001 في الكثير من الجوانب التقنية وأدخل بند يسمح بالطعن في قرارات لجنة الصفقات و »لكن من يطعن؟ كل من يفعل ذلك يُشطب من قائمة المستفدين من المشاريع »، حسب جيلالي حجاج، الذي يضيف أن قانون الصفقات العمومية تم تعديله مرة أخرى عام 2003 حتى يصبح أكثر مرونة، ولكنه في الحقيقة أفرغ من كل محتواه وأصبح قوقعة فارغة، والسبب في ذلك هو تعميم استعمال طريقة العقود بالتراضي (ڤري آڤري)، تلك العقود التي يمكن أن تتم بقرار من الوزير، الوالي أو رئيس البلدية، حسب طبيعة المشاريع بعد استشارة الحكومة. الشرط الذي أدخله المـُشرع في القانون، ألا وهو الاستعجال والضرورة في إعطاء الصفقات عن طريق التراضي، أصبح، حسب جيلالي حجاج، فيه إفراط ومبالغة كبيرين، دليل آخر، في نظره، على انتشار الفساد في البلاد.  »الجزائر لا تريد الدخول إلى منظمة التجارة العالمية بسبب الإجراءات الصارمة المتعلقة بالعقود العمومية وبفرض الشفافية في إبرام الصفقات »، يشير جيلالي حجاج، الذي ينوه إلى أن منظمة التعاون والتنمية الاقتصادي التي تتعامل معها الجزائر لها تحفظات كثيرة من القوانين المتعلقة بالصفقات العمومية المطبقة في البلاد. نفس التحفظات والملاحظات التي بحسبه، صدرت عن الإتحاد الأوروبي الذي تربطه بالجزائر اتفاقية الشراكة، وحتى من الأمم المتحدة، الجزائر من بين البلدين الموقعة على الاتفاقية الدولية لمحاربة الفساد.  »الجزائر ابتعدت عن كل المعايير الدولية في مجال محاربة الرشوة والفساد. العقود بالتراضي، في كل تلك المعايير يجب أن يكون استثناء وليس قاعدة، في الجزائر يحدث العكس ». يقول ضيف النقاش إن تعديلا آخر لقانون الصفقات العمومية حدث في أكتوبر 2008 يسمح للوالي، للوزير ولرئيس البلدية بأخذ قرار إعطاء المشاريع دون الأخذ بعين الاعتبار مداولات لجنة صفقات. هذه الصلاحية وهذه السلطة التقديرية فيهما، في نظره، الكثير من التعسف والتسلط.  »إنني لا أفهم لماذا تم أخذ قرار بناء المقر الجديد للمجلس الدستوري عن طريق عقد بالتراضي؟ كيف لهيئة مهمتها الحفاظ على القوانين التستر على مثل هذه القرارات غير المقبولة؟ أين الاستعجال؟ »، يتساءل جيلالي حجاج، مضيفا أن نفس القرار تم أخذه بالنسبة لمشروع بناء المطار الدولي للجزائر العاصمة وبناء بعض السجون.  »كيف للطيب بلعيز أن يذهب إلى نيويورك ثم إلى مكسيكو للإمضاء على الاتفاقية الدولية لمحاربة الفساد ثم يأتي إلى الجزائر ويأخذ قرار بناء السجون عن طريق العقود بالتراضي؟ »، يستغرب ضيف النقاش، الذي يشير إلى سر إعطاء مؤسسة سيواز غصس الفرنسية لتسيير مياه الجزائر العاصمة عن طريق عقد بالتراضي.
نفس العقد الذي سمح كذلك لمؤسسة فرنسية أخرى، وهي مارسياز دي أو لتسيير مياه قسنطينة. بعض التظاهرات الثقافيةالكبرى، مثل الجزائر عاصمة الثقافية العربية، وبعض التظاهرات الرياضية مثل الألعاب الإفريقية، تم التعامل معها، حسب جيلالي حجاج، عن طريق الكثير من العقود بالتراضي، حيث استفادت منها الكثير من المؤسسات. حجة السلطات، في تقديره، كانت دائما الرغبة في الإسراع في إنجاز المشاريع واحترام المواقيت المقررة لإنهائها، ويقترح وضع قيود صارمة قبل إبرام عقد بالتراضي مهما كانت الظروف، ولكن هذا، في رأيه، لن يتم إلا عند توفر الإرادة السياسية في محاربة الفساد.
فيصل مطاوي

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وزراء حمس يستغلون وزاراتهم لتمويل الحركة

اعتبر جيلالي حجاج أن الفضائح المالية التي هزت بعض الوزارات مؤشر خطير، خاصة وأن المتورطين في هذه القضايا إطارات سامية في الدولة، مشيرا إلى أن منصب أمين عام وزارة ليس بسيطا، لأنه هو عادة من يستخلف الوزير عندما يغيب هذا الأخير أو يكون في عطلة، مستغربا الاستخفاف الذي يتعامل به عمار غول، وزير الأشغال العمومية، مع الفضيحة التي هزت وزارته.

اعتبر حجاج أن هذه الفضائح ليست مفاجأة في حد ذاتها، لأن الملفات الخاصة بها كانت موجودة منذ فترة بين أيدي مختلف الأجهزة الحكومية والأمنية، معتبرا أن السؤال الذي يطرح هو:  »لماذا الآن »؟، مؤكدا على أن الملفات تحرك عادة من أجل تصفية الحسابات، مشددا على أن ما يقع هذه الأيام مرتبط بالوضع الصحي للرئيس.
وأضاف أن هناك خلافات عميقة حول الخلافة وتوريث الحكم وعدم وضوح الرؤية للمستقبل القريب، مشيرا إلى أن الكلام الدائر عن اعتزام شقيق الرئيس الأصغر، السعيد، تأسيس حزب سياسي ليس من وحي الخيال، موضحا أننا نعيش وضعا يشبه كثيرا صيف .1998 وذكر أن الفضيحة التي هزت قطاع الصيد البحري كانت معروفة من قبل، مؤكدا أنه تحدث عن الموضوع مرارا وتكرارا عبر الصحف وفي الإذاعة عن النهب الذي تتعرض له ثروتنا السمكية، وكذا عن الصفقات المشبوهة مع شركات تركية دون أن تتحرك الجهات المعنية، مشددا على أن حمس تستغل الشركات الأقرب إليها في القطاعات التي تشرف عليها من أجل تمويل الحزب بطرق غير شرعية، وكذا تأسيس صناديق سوداء.
واستغرب ضيف  »الخبر الأسبوعي » استمرار الأمين العام لوزارة الصيد البحري في منصبه، رغم اتهامه في قضية خطيرة، ووجوده تحت الرقابة القضائية، مؤكدا أنه حتى وإن كان المتهم بريئا حتى تثبت إدانته، فإنه كان من الضروري اتخاذ إجراءات تحفظية ضده، ومنعه من مزاولة عمله، إلى غاية فصل العدالة في القضية المرفوعة ضده، مشددا على ضرورة اتخاذ الحكومة إجراءات تحفظية سريعة ضد أي إطار سام ورد اسمه في فضائح مالية، لأن الإبقاء على أي مسؤول في منصبه بعد اتهامه بالتورط في فضائح مثل هذه يسيء إلى صورة الدولة ومصداقيتها.
واعتبر أن استشراء الرشوة والفساد له عدة تفسيرات، بالإضافة إلى كون الرشوة وسيلة للحكم، مؤكدا أننا نعيش في نظام أصبح فيه الفساد معيارا للتوظيف أو الإقصاء والتهميش، مشددا على أن هذه حقيقة يومية في البلديات والولايات والإدارات المختلفة، فالموظف النزيه أصبح مشبوها ومشكوكا فيه، ومن الضروري عزله أو إبعاده بطرق مختلفة.
كريم بن شيخ

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الجزائر وقعت الاتفاقية الأممية لمكافحة الفساد وهي ترفضها

اعتبر رئيس الجمعية الوطنية لمكافحة الرشوة، فرع منظمة شفافية دولية، جيلالي حجاج، موقف الجزائر من مكافحة الفساد يتعارض تماما مع التزاماتها الأممية في هذا المجال، رغم أنها كانت من الدول السباقة للمصادقة على الاتفاقية الأممية لمكافحة الفساد في سنة ,2003 إلا أنها ترفض استقبال خبراء أمميين للتحقيق في واقع الفساد في الجزائر ورصد مدى تقدم متابعة تنفيذ الاتفاقية وميكانيزمات تطبيقها، لأنها تعتبر مهمتهم تدخلا في الشؤون الداخلية للبلاد، متحججة بالممارسات غير المقبولة التي لعبتها بعض المنظمات الدولية أثناء الأزمة الأمنية، علما أن فصلا من فصول الاتفاقية ينص على المتابعة والتنفيذ.
وانتقد ذات المسؤول مشاركة الجزائر في الاجتماع المنعقد بالأمانة الدائمة للأمم المتحدة لمحاربة الفساد في فيينا، بين 27 أوت إلى 2 سبتمبر المنصرم، والذي مثله نبيل حطالي المكلف بالدراسات برئاسة الجمهورية، فانتقد الباب الذي يتحدث في الاتفاقية عن مساهمة المجتمع المدني في مكافحة الفساد والرشوة، مفضلا استبدال المجتمع المدني بالمنتخبين المحليين، إضافة إلى تحفظه على العديد من النقاط التي تضمنتها، لا تتلاءم مع القوانين الجزائرية كالتصريح بالممتلكات والثراء المبكر، وهنا يشير حجاج إلى أن الرئيس زروال أدخل مسؤولي الجيش في قانون التصريح بالممتلكات، لكن بوتفليقة أسقطهم من هذا القانون، فهم غير معنيين بالتصريح بممتلكاتهم، وهذا تناقض صارخ مع الاتفاقية الأممية، وعلى العموم فالمسؤول بالرئاسة اعتبر مشروع الاتفاقية غامض. وللعلم فهذا الاجتماع يعد تحضيريا للندوة الثالثة للدول الأطراف في الاتفاقية والمقرر انعقادها بالعاصمة القطرية الدوحة الشهر الداخل، وهو ما سيضعف موقف الجزائر في هذا اللقاء الهام.
ويربط رئيس الجمعية موقف الجزائر من الاتفاقية الدولية لمكافحة الفساد والرشوة، بعدم إنشائها الوكالة الوطنية من أجل الوقاية من الفساد، التي تقرر تنصيبها بمرسوم رئاسي سنة ,2006 التي لا تزال إلى اليوم حبرا على ورق، فلا وجود لأية بوادر لإنشائها، يقول حجاج.
والوكالة هي جهاز يتكفل بتطبيق إستراتيجية وطنية لمحاربة الفساد وصياغة قوانين منعه وإقامة التدابير الخاصة برصد مظاهر الفساد وآليات التعاون القانوني وتنسيق السياسات المتعلقة بمحاربة الرشوة بين المؤسسات والإدارات، إذ يخول لها صلاحية وضع الاقتراحات وتوجيهها إلى الحكومة، واقتراح التدابير اللازمة لتحسيس الرأي العام، إضافة إلى مساهمتها في تنمية التعاون الدولي في مجال الوقاية من الرشوة، وتتبع التدابير المتخذة لتنفيذ سياسة الحكومة وتوجيه توصيات إلى الإدارات والهيئات العمومية والمقاولات الخاصة وكل متدخل في سياسة الوقاية من الرشوة.
كريمة بوعباش

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جمعيتنا تعرضت لتهديدات ومقراتنا للسطو

أقر جيلالي حجاج تعرضه رفقة أعضاء جمعيته للعديد من التهديدات، تنوعت بين التهديد بالرسائل وبالكتابة على أسوار مقرهم، وصلت إلى درجة الاعتقال والمحاكمات العسكرية.

ذكر ضيف النقاش أن الأمن اعتقل مناضلا من فريقهم، واحتجزه مدة 04 يوما، ثم حاكمه محاكمة عسكرية في البليدة، وخرج براءة، لتعاد محاكمته في محكمة أخرى مدنية. وقال إن الضحية تعرض لأزمات نفسية حادة جراء الاعتقال، وذكر أن الحادثة تركت انطباعا سيئا عن الجزائر في الخارج، حيث تفاجأت الجمعيات والمنظمات في الخارج من الحادثة.
وذكر حجاج أيضا أن مقر الجمعية في بن عكنون تعرض إلى الاقتحام والسرقة مرتين، سنة 5002 وسنة 6002. وقال إنه في الحادثة الثانية، قام المقتحمون بتصوير أنفسهم بآلات الجمعية التي كانت في المقر، وتحتوي تلك الآلات على ذاكرة، مكـّنتهم من كشف الأشخاص المقتحمين، والذين كانوا متعاونين مع الأمن الوطني، حسب حجاج، الذي قال بأن التهم موجهة إلى بعض المتعاونين مع الأمن الوطني وليس كل الأمن الوطني، وقال إنه سلم تلك الصور لأمن بن عكنون الذي تقاعس في توقيف المشتبه فيهم طيلة ثلاثة أشهر، وحينها، اتصل حجاج بمديرية الأمن، وقال إنه سينشر بيانا صحفيا يتناول فيه تفاصيل الحادث عبر الصحافة الجزائرية والدولية. بعد ساعة من ذلك يقول إنه اتصل به أمن بن عكنون وأنه تمكن من توقيف المشتبه فيهم، وهم مجموعة من الشباب لهم سوابق عدلية ومعروفون بمثل تلك الأعمال.
التهديدات لم تتوقف عند هذا الحد، بل تعدتها إلى الوعيد عبر كتابات في حائط المقر، منها كلمات كلاب وغيرها من الألفاظ الأخرى. وذكر حجاج أن سفير دولة غربية حين زارهم في المقر وكان يحسن العربية، تفاجأ من قوة الكلمات التهديدية التي كتبت، يضاف إلى هذا التهديد عبر الرسائل وعبر الهاتف، مما أجبره على اتخاذ قرار انفرادي تم من خلاله تحويل مقر الجمعية من بن عكنون بالعاصمة إلى ولاية خنشلة التي تم اختيارها بسبب قوة نشاط الأعضاء. غير أن الوضعية التي تعيشها الجمعية، والمتمثلة في عدم الاعتماد والتهديدات وغيرها، حالت دون دراسة كل الملفات، حيث قال حجاج إنه في العديد من المرات يتقدم بعض الأشخاص بتقديم ملفات عن الرشوة لا تتم معالجتها وتكتفي الجمعية بالرد عنهم عن طريق قولها إن المحيط لا يسمح.
غير أن حجاج يعقب عن الحالة بقوله إن أعضاءه يواصلون العمل، ولن يتوقفوا أبدا عن العمل النضالي الذي أصبح صعبا بدرجة كبيرة في الجزائر، على حد وصف حجاج، وهذا لا يخص جمعية مكافحة الرشوة فقط، بل يتعداها إلى العمل النقابي والنضالي والحزبي وحتى العمل الصحفي. ورغم هذا الوضع السوداوي الذي يصفه حجاج، إلا أنه ذكر بأن جمعيته تعد تقريرها السنوي عن السنة الجاري 9002، وهو التقرير الذي سينشر عبر صفحات الجرائد الوطنية، ولأول مرة سينشر دوليا، حيث قال إن جمعيته كانت ترفض نشر تقاريرها دوليا مخافة أن تكون ذريعة لعدم منحها الاعتماد، وكان يتم التشكيك في أنها تتعامل مع منظمات دولية، لكن وصولها إلى هذا الحد أرغمهم على نشر التقرير دوليا.
محمد بلعليا

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تصادم الجزائر مع بنود الاتفاقية الأممية لمكافحة الفساد يهدد مؤتمر الدوحة

قال جيلالي حجاج إن المؤتمر الأممي لمكافحة الفساد، المزمع انعقاده في العاصمة القطرية الدوحة منتصف شهر نوفمبر المقبل، سيكون مآله الفشل، خاصة بالنسبة للجزائر التي تعارض بشكل كبير أهم شرط تتضمنه الاتفاقية الأممية لمكافحة الفساد، وهو بند تتبع تطبيق الاتفاقية بين الدول الأعضاء، والتي تتمثل في قبول وفد أممي للتحقيق في الفساد في الجزائر، إضافة إلى عرض التقرير الدوري الذي يصدر مرة كل سنتين على الشعب الجزائري قبل نقله إلى واشنطن.
قال حجاج إن هذا النقطة كانت محل خلاف كبير في فيينا سنة 2001 و,2003 حيث كان من المفروض أن يتم المصادقة عليه حينها، غير أن كلا من مصر وباكستان والجزائر كانت السبب في عدم المصادقة عليه، وكان تبرير الجزائر في عدم الموافقة على البند يتمثل في أن الميكانيزم يعد تدخلا في الشؤون الداخلية للجزائر ومساسا بالسيادة الوطنية، حيث يتمثل الميكانيزم في أن الجزائر تقدم تقريرها، وبعد أن يتم الاطلاع عليه، ينزل وفد من ممثلين أميين يتمتعون بالنزاهة والحياد، ويلتقى الوفد وزراء ومسؤولين في الجزائر ويوجهون أسئلة عن مدى تطبيق الاتفاقية، ولماذا تأخرت وكالة مكافحة الرشوة، وغيرها من الأسئلة.. والجزائر اعتبرت أن هذا مساسا بالسيادة الوطنية وتدخلا في الشؤون الداخلية، فرفضته.
أما عن التقرير الدوري، قال حجاج إن كل الدول الأعضاء في الاتفاقية الدولية لمحاربة الرشوة والفساد ملزمة بأن تعد تقريرا عن محاربة الفساد ويتضمن أيضا مدى تطبيق الاتفاقية مرة كل سنتين، ثم تعرضه على الشعب أولا لتنقله إلى أمريكا، غير أن الجزائر ترفض عرضه على المواطنين وتنقله مباشرة إلى مقر الوكالة بأمريكا.
وقال حجاج إن الجزائر تراهن على الاتفاقيات الجهوية التي تربطها بإفريقيا مثل اتفاقية النيباد، حيث يتنقل وفد إفريقي إلى دولة ما ويستعرض تقريرا يمدح فيه الوضعية ثم يتنقل إلى دولة أخرى ويمدحها وهكذا، غير أن حجاج ذكر بأن حتى وفد نيباد نجد في التقرير الأخير الذي يوجد حاليا على موقع وزارة الخارجية العديد من التجاوزات من طرف الجزائر.
وعند البنود الأخرى التي سيدرسها مؤتمر الدوحة فهي قضية استرجاع الأموال التي تم تبيضها، وهي النقطة التي لها علاقة كبيرة بالرشوة والفساد في الجزائر، ويعتبر حجاج أن هذه النقطة لا يمكنها أن تنجح إلا إذا تم تعاون كبير بين الدول، كما حصل بين نيجيريا وبريطانيا حول الأموال التي هربها الدكتاتور  »اباشا »، وتتضمن الاتفاقية شرطا هاما هو أن بنوك الدول التي بها الأموال المراد استرجاعها لا يجب أن تدخل في شبكات أخرى ليتم تبييضها أو نهبها من جديد.
ولم يتردد حجاج في ذكر أن العديد من الدول الأوروبية وأمريكا أظهرت قلقا بخصوص موقف الجزائر، بحيث أن الجزائر كانت من البلدان التي صادقت على معاهدة الأمم المتحدة سنة ,2003 وأنها دعت أكثر من مرة إلى مكافحة الفساد، وأقر مرسوم رئاسي صدر في 2006 إنشاء وكالة وطنية للوقاية من الفساد تأخذ على عاتقها تطبيق استراتيجية وطنية لمحاربة الفساد، ومع ذلك، لم تظهر الوكالة إلى اليوم، وهو ما كان محل قلق من الدول الأوروبية، وكان محل العديد من الأسئلة التي وجهها هؤلاء إلى حجاج.
وعن مشاركة أعضاء من جمعيته في المؤتمر، ذكر حجاج أنه علم من شخص في السفارة الفرنسية أن الجزائر ستسمح لهم بالمشاركة لأول مرة في مؤتمر الدوحة.
محمد بلعليا

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الحكومة قايضت اعتماد جمعية حجاج بإدخال أسماء مرتشين فيها

كشف ضيف النقاش جيلالي حجاج أن سبب عدم منح وزارة الداخلية الاعتماد لجمعية مكافحة الرشوة التي يرأسها، والمسماة  »الجمعية الجزائرية لمكافحة الرشوة »، يعود إلى الشروط التي فرضتها عليهم الحكومة، والمتمثلة أساسا في إدخال أعضاء من اختيارها داخل الجمعية.
في سرده لتفاصل الحادث، قال حجاج إن الجمعية تأسست سنة 1999 بعد انتهاء سنوات الإرهاب التي كانت تعصف بالجزائر. ورغم أن أعضاء الجمعية كانوا جاهزين لتشكيلها في التسعينيات، إلا أنهم أجلوا تأسيسها، حسب حجاج، إلى انقضاء سنوات الأزمة، إلا أنهم تفاجأوا بعدم منحها الاعتماد من طرف وزارة الداخلية إلى حد الآن، رغم استيفاء كل الشروط القانونية المتعلقة بتسيير الجمعيات، قال حجاج:  »في البداية، استقبلونا ثم رفضوا بعدها أي استقبال ». وعند روايته لتفاصيل ما جرى في تلك الجلسة، قال:  »أجرينا جلسة عمل في قصر الحكومة مع إسماعيل حمداني، وطلب منا الموافقة على شروطهم مقابل منحنا الاعتماد، حيث قال سنعطي لكم الاعتماد ويمكنكم أن تقوموا بنشاطاتكم، لكن حتى توافقوا على بعض الشروط ». وذكر حجاج أنهم رفضوا في البداية تلك الشروط، معللين بأنهم لن يقبلوا إلا بقوانين تأسيس الجمعيات، إلا أنهم أفسحوا لهم المجال للحديث عن تلك الشروط التي كانت تتمثل أساسا في  »ضرورة إدخال بعض الأسماء المقترحة من طرف الحكومة في الجمعية »، ومن تلك الأسماء التي ذكرها الوفد الممثل للحكومة هو وزير سابق، تفاجأ به أعضاء الجمعية لأنه من الأشخاص الذين يملكون عليهم ملفات تتعلق بالفساد والرشوة، وفق تصريحات ضيف النقاش، حيث رد عليهم حجاج  »ولكن هذا الشخص ممن لهم ملفات في الرشوة واشترى سكنا في الخارج من أموال الرشوة »، وعدم الموافقة على هذا الشرط كان سببا في عدم منح الاعتماد لجمعيتهم إلى حد الآن.
محمد بلعليا

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إجراءات قانون المالية التكميلي فرضتها جهات أجنبية

الإجراءات الجديدة التي تم إدراجها في قانون الماليةدالتكميلي 2009 والمتعلقة بالتجارة الخارجية، تمت بطلب من جهات أجنبية تخوفت من كثرة الأموال التي تدور في حلقات غير شفافة، حسب جيلالي حجاج، الذي يشير إلى أن الخوف كل الخوف أن تقع تلك الأموال في أيدي الإجرام والإرهاب. هذا ما يفسر، حسب رأيه، فرض القرض السندي في كل عمليات التجارة الخارجية، وخاصة الاستيراد، هذا الإجراء الذي يسمح بنفض أثر الأموال المستعملة في المبادلات الاقتصادية والوصول إلى مصادرنا مهما كانت الأوضاع. ويعتقد جيلالي حجاج أن هذه الإجراءات المطبقة في دول أخرى أثبتت نجاعتها وفعاليتها في محاربة الأموال المتبوعة والوسخة و »لكن النجاعة هذه لن تكون ولن تتوفر إلا بوجود مؤسسات وهيئات تعمل بكل وضوح في إطار قواعد القانون، هذا لن يكون في الجزائر بسبب ضعف وسائل المراقبة وقلة الكفاءات في تسيير البنوك العمومية، يقول ضيف النقاش، الذي يعتقد أن هذه الإجراءات الجديدة تم أخذها من أجل الاستهلاك الخارجي وإرضاءً للأطراف الأجنبية التي طلبتها. في نظره، يصعب تطبيقها في الميدان، لأن البلاد بسبب الغموض السائد في عدة مستويات، لا تملك القدرات والمؤهلات الفنية لمتابعتها وفرضها على جميع المتعاملين الاقتصاديين مهما كانت قدرتهم على النفوذ. ويلاحظ أن الكثير من النصوص التنفيذية لم يتم المصادقة عليها، مما يجعل الإجراءات الجديدة مجرد حبر على ورق. يقول:  »أعتقد أن الأمور ستعود لما كانت عليه سابقا في عام 2011 وأن الحكومة لن تطبق الإجراءات بالطريقة التي ينبغي أن تكون عليه، بسبب غياب القدرة وغياب الإرادة الحقيقية ». ويستدل جيلالي حجاج بتراخي الحكومة في تطبيق القوانين المتعلقة بمحاربة ظاهرة غسل الأموال.

source: el khabar hebdo ف. م

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Les points sur les i de Adlène Meddi. Journaliste

Posté par algeriedemocratie le 29 août 2009

 Autoritaire ? Non, « pas sérieux ! »

Les points sur les i de Adlène Meddi. Journaliste

Autoritaire ? Non, « pas sérieux ! »

« Sur-ré-aliste ». Le manager européen, patron d’une branche d’une grande société de sécurité, hausse les deux sourcils, incrédule devant ce qu’il vient de réaliser.

« Ma boîte plie bagages, on abandonne le marché algérien », dit-il en un souffle. La raison ? La loi de finances complémentaire ? Al Qaïda ? Les restos fermés durant Ramadhan ? Les problèmes de fonciers ? L’humidité d’Alger ? « Vous n’allez pas me croire : le manque de sérieux ! », lâche-t-il, incapable lui-même de croire qu’un tel marché pouvait souffrir de tant de désinvolture. « Je ne parle même pas des difficultés d’installation de nos bureaux, les lignes téléphoniques qu’il faut quémander, le mobilier bloqué des mois au port…Ce qui a décidé mes patrons en Europe, c’est l’incroyable manque de sérieux de nos partenaires officiels. Des staffs dirigeants aménageaient leurs agendas pour rencontrer à Alger des décideurs, ça prenait des semaines pour organiser les rencontres et tout d’un coup, nos amis algériens nous posent des lapins gros comme ça… Je ne vous dis pas l’état d’esprit de mes patrons qui regroupent plusieurs grosses entreprises mondialement connues dans le domaine. C’est clair : ils ont supporté cette situation, une, deux, trois fois, à la dernière ils ont décidé de se retirer carrément de votre marché…Ce n’est vraiment pas sérieux ! » « Ce n’est pas sérieux », renchérit un opérateur algérien : « Si l’Etat voulait réellement réguler les importations et encourager la production nationale, il ne fallait pas ridiculiser tout un pays en inventant cette loi de finances complémentaire bulldozer ! Et puis soyons sérieux, nous sommes face à une autorité qui fait semblant de vouloir contrôler l’économie de tout un pays alors qu’elle n’arrive même pas à contrôler un bout de trottoir géré par les petits jeunes des parkings informels ! C’est vraiment pas sérieux ! »

source: el watan

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Dockers : Les nouveaux esclaves du port d’Alger

Posté par algeriedemocratie le 17 juillet 2009

Dockers : Les nouveaux esclaves du port d’Alger

Parce qu’ils ont voulu protester contre les conditions d’hygiène, de sécurité et de travail, 300 dockers du port d’Alger se sont retrouvés sans travail. Après négociations, la DP World, à qui l’Entreprise portuaire d’Alger a cédé la gestion depuis le mois de mars, a accepté d’en reprendre 220. Les autres sont restés sur le carreau. Furieux et humiliés, ils racontent leur quotidien derrière les grilles bleues. Un autre monde. Celui des nouveaux maîtres du port, les Emiratis.

 

Pas de youyous pour Abdou. Ce grand gaillard en baskets, habillé d’un tee-shirt aux couleurs de l’équipe de foot de Birmigham, a annulé son mariage, prévu pour l’été. Il n’est plus autorisé à entrer au port d’Alger où il travaille comme docker depuis douze ans. A la fin du mois, il ne touchera donc pas ses quelque 30 000 DA de salaire. Il y a trois semaines, 300 dockers de Dubaï Port World, nouveau partenaire (à 50%) de l’Entreprise portuaire d’Alger (Epal) depuis le mois de mars, ont arrêté le travail. Protestant contre « l’absence totale de sécurité et d’hygiène, le changement des rythmes de travail, les promesses non tenues relatives aux augmentations de salaire » du nouveau gestionnaire et exploitant du port à conteneurs, les travailleurs réclamaient leur réintégration collective à l’entreprise-mère. Mais leur grève, entamée sans préavis, n’a pas été du goût de la DP World qui leur a fermé l’accès au port pour « abandon de poste ». Après intervention du président de la coordination des ports d’Algérie, les responsables syndicaux ont alors demandé aux dockers de reprendre le travail. « Ils nous ont assuré que personne ne sera exclu, témoigne Adel, 31 ans, conducteur d’engins depuis 8 ans. Mais sur les 300, seuls 220 ont été repris. » Abdou, Nordine, Mohamed, Yacine et les autres sont restés sur le carreau.

Dans la moiteur des couloirs du syndica où ils se retrouvent tous les jours, Nordine, 52 ans, lui aussi en tee-shirt de footballeur, mais de Chelsea, docker depuis huit ans, explique : « Depuis que nous avons été transférés de l’Epal à DP World, nous vivons l’enfer ! Nous sommes réduits à l’esclavage dans notre propre pays ! » A côté de lui, Mohamed, 46 ans, docker depuis 22 ans, ne peut pas contenir sa colère. « A la première assemblée, DP World nous avait promis des salaires de 75 000 DA ! Mais on n’a rien vu ! On n’a rien eu et quelles que soient nos années d’expérience, on reste à 30 000 DA ! » Pour Abdou, dont le salaire perfuse directement une famille de dix personnes, le coup est dur. « Le transfert à la DP World m’a augmenté la paye de 1000 DA !, s’énerve-t-il. Je fais quoi avec ça ? Il suffit que j’aille au café et pffft, je n’ai plus rien. » Yacine, 29 ans, marié et père d’un enfant, a commencé sa carrière de conducteur de grue à l’âge de 18 ans, comme journalier. « Une journée avec l’Epal me rapportait 1200 DA, confie-t-il. Un mois à DP World revient à 34 000 DA. Faites le compte… »

Mais plus que les salaires, ce sont les modalités du nouveau programme de travail qui révoltent les dockers algérois. Ce que Mohamed El Khadar, directeur général de la société DP World Djazaïr, présente comme un « nouveau système » garantissant « un niveau de professionnalisme permettant de travailler selon les régimes et les normes internationaux » et de faire du port d’Alger « un des pôles de concurrence du bassin méditerranéen ». Du côté des dockers, la réaction est brutale. « Un nouveau système d’esclavage, oui !, s’énerve Yacine, DP World a fait venir des Pakistanais, des Indiens, des Djiboutiens, qu’ils paient évidemment moins que nous et dont certains n’ont même pas de permis de travail ! » Entre les travailleurs, un téléphone portable circule. On y voit une vidéo destinée à ceux qui ne les croiraient pas. Le film présente un engin suspendu à une grue servant à attraper les conteneurs. Sur une sorte de plateforme accrochée à la grue et circulant dans les airs, des dockers se déplacent. « Ils sont à 30 m de hauteur, explique le docker qui a filmé. Vous voyez ? Ils n’ont aucune cage de sécurité. Ils peuvent tomber d’un instant à l’autre ! » Et Nordine d’insister : « La DP World veut se conformer aux normes internationales mais pour cela, il faut du matériel ! Nous prenons un maximum de risques, nous grimpons sur les conteneurs à mains nues, sans casque, dans la poussière et le bruit, par tous les temps ! De certains conteneurs abandonnés, coulent des substances bizarres. On voit bien que ce sont des produits chimiques. La plupart d’entre nous sommes malades des poumons. On n’a même pas de boîte à pharmacie ! », relève-t-il, en montrant son index dans lequel une entaille de vingt-cinq jours n’a toujours pas cicatrisé.

Les anecdotes ne manquent pas : les grutiers qui se retrouvent tous seuls, le transport qui n’est plus assuré entre les zones du port, le manque de protection contre les incendies… Adel, le conducteur d’engins, fait le décompte : « Récemment, des dockers se sont retrouvés projetés hors de navires, un grutier a été récemment grièvement blessé après une chute de 15 m et un conteneur de 40 pieds rempli de lait en poudre s’est cassé en deux. La direction nous avait pourtant promis que nous allions progresser, que nous aurions du matériel… Mais ça ne suit pas. Et au port non plus ça ne suit pas », ironise-t-il d’un mouvement de tête en direction du port où, depuis plusieurs jours, plus de trente bateaux restent en rade. Mohamed El Khadar estime quant à lui dans un communiqué « pouvoir diminuer de 100% le phénomène de navires en rade dans les trois ou quatre mois à venir » et « continuer d’investir et de développer les infrastructures, le système informatique, les ressources humaines, la sûreté, la sécurité ». « Et les sanitaires ?, rétorquent les dockers. Depuis que la DP World s’occupe du port, nous n’avons plus ni douches ni WC. On rentre chez nous avec la crasse des conteneurs qui arrivent de tous les continents. Vous imaginez un peu les risques de maladie ? Les marins qui viennent régulièrement à Alger nous disent que nous travaillons dans les mêmes conditions que les dockers de Djibouti ou des Philippines ! »

Sur sa chaise, en marcel blanc et bleu de Chine, Nabil, 42 ans, soulève un autre problème : « Et pendant le Ramadhan ? Comment ceux qui travaillent la nuit, de 19h à 7h, vont pouvoir s’organiser ? Nous n’avons même plus de salle de prière. Avec l’Epal, nous avions le choix. Maintenant, on ne discute pas. Chacun doit faire cinq nuits consécutives et enchaîner avec une semaine de 13h à 19h ou une semaine de 7h à 13h. Sans récupération. Et la nuit n’est pas payée plus cher… » Quand il est « de matinée », Nordine se lève tous les jours à 4h. Il ne sait pas bien ce qui ne tourne pas rond dans son emploi du temps mais pour lui, le nouveau système ne l’avantage pas. « En clair, on travaille 160 heures par mois au lieu de 144 à l’époque de l’Epal », précise Adel. « Selon les normes internationales, un docker devrait travailler 6 heures et 40 minutes, ajoute un collègue. Mais en réalité, on fait au moins 8 heures la journée et 13 heures la nuit. » A la direction générale, les méthodes de calcul ne sont visiblement pas les mêmes : « Ce nouveau système fera bénéficier l’employé de 152 heures de travail par mois sans compter les heures supplémentaires (8 heures par jour), ce qui est beaucoup moins que la durée de travail fixée par la loi algérienne. »

Du côté du syndicat, Kamel Zergane, secrétaire général, dans sa chemise bleu très chic, temporise : « Que les dockers reprennent le travail, voilà mon souhait le plus ardent, assure-t-il devant les dockers. Le directeur de DP World a promis que si nous faisions un pas, il en ferait dix. Nous l’avons cru mais fermer la porte au nez des dockers qui voulaient reprendre le travail a créé une situation dangereuse. Un huissier est venu sur place pour constater les faits. Maintenant, des discussions vont avoir lieu, nous verrons ce que cela va donner. » Brouhaha. Les dockers s’agitent. Le ton monte. « Ils nous méprisent, s’énerve Yacine. On ne demande qu’à discuter, mais la direction a placardé une affiche disant qu’un docker n’a pas le droit de monter à la direction ! » Nordine répond : « Depuis trois semaines, on se présente à la porte et on attend en plein soleil pour parler au directeur, mais aucun responsable ne veut nous parler ! » Pire, la police se charge de les chasser. « On ne les croit pas tous ces syndicalistes, marmonne un docker de mauvaise humeur. Même à l’UGTA, on nous a dit qu’ils étaient dépassés par le problème ! » En l’absence de convention collective et peu au fait de leurs droits, les dockers ont peu de cartes dans leur jeu. La DP World, qui résume le mouvement de contestation à « une opposition de certaines minorités » le sait bien. Dans une note interne du mois de juin, l’administration prévient clairement que la productivité du mois de mai doit être maintenue et que les dockers n’ont pas à décider de leur propre plan de travail. Et qu’en l’absence de rendement, des sanctions seront appliquées.

Nous avons cherché à approcher des dockers en poste à l’entrée du port. Parmi les chômeurs qui attendent du travail à la journée, personne n’en connaît. Pour parler sans craindre de voir arriver la police, il faut traverser l’autoroute et prendre la passerelle direction Belouizdad. Au café Crampel, un docker qui part au travail accepte de nous accompagner jusqu’à la sortie du tunnel pour nous orienter vers les grévistes, en nous demandant toutefois de ne pas traverser l’autoroute avec lui, de peur d’être surpris en pleine discussion avec des journalistes. « La seule chose que nous voulons, c’est réintégrer notre poste », soupire Yacine. Ou partir dans un autre port ? « Pourquoi ? On était bien à l’Epal. Avant, on était heureux de se lever le matin pour aller travailler. Pourquoi je partirais ? » Derrière sa moustache poivre et sel, Nordine semble sourire en écoutant le jeune. « C’est là que nous nous sommes formés, que nous avons construit nos vies, répète-t-il. On nous a forcés à aller à DP World. Mais nous avons notre dignité. »

Par mélanie matarese

source:el watan

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Itinéraire d’un importateur véreux

Posté par algeriedemocratie le 5 juillet 2009

Par Samir Azzoug
La Tribune
02 juillet 2009

L’économie algérienne se base essentiellement sur le commerce extérieur. Dans l’absence d’une politique globale, cohérente et consciencieusement audacieuse pour booster la production nationale, le domaine de l’import/export reste le quasi unique secteur garantissant d’un côté une entrée de devises et de l’autre un approvisionnement en produits de consommation alimentaires et non alimentaires.
La bonne santé financière du pays se reflète dans ses activités portuaires. Le nombre de bateaux en rade dans la baie d’Alger, par exemple, renseigne sur l’état des réserves de changes disponibles. Plus il y a d’argent, plus les navires porte-containers amarrés sont nombreux. Presque chaque jour, plus d’une quarantaine de bateaux attendent leur déchargement au niveau du port d’Alger.
Cela peut être plus perceptible par les dernières données chiffrées, communiquées par le Centre national de l’information et des statistiques des douanes (Cnis). L’excédent commercial ayant enregistré des pics positifs importants durant l’année 2008, les brides de l’importation ont été lâchées. En dix mois, le nombre d’importateurs inscrits au registre du commerce a connu une augmentation de 23% (passant de 22 000 à 27 000). Pour les quatre premiers mois de 2009, les importations ont enregistré une hausse de 5,90% par rapport à la même période de l’année précédente, menaçant la balance commerciale de déséquilibre d’ici la fin de l’année (les exportations connaissant une baisse de 46,62% pour la même durée).
Des approches pour encourager la production sont tentées de temps à autre sans que leurs répercussions aient des impacts directs sur le terrain. à des décisions franches et maturées, les annonces de nouveaux modes opératoires s’apparentent plus à des réflexions à voix haute. Nouvelle stratégie industrielle, plan pour relancer l’agriculture, mécanismes pour favoriser la création de PME/PMI, schéma directeur d’aménagement touristique, des formules flamboyantes qui commencent à s’obscurcir dès que l’étape de la pratique succède à celle théorique mettant à nu le décalage existant entre les technocrates algériens et les données socio-économiques et politiques du pays. Il est évident que bâtir une économie sur une plate-forme vierge est plus simple à réaliser que d’en faire émerger une, sur une base désorganisée et déstructurée.

Importation : un nid de vipères
Un axiome qui se révèle dans toute sa complexité à travers les différentes réformes et tentatives d’assainissement enregistrées depuis quelques années dans le domaine de l’importation. De 1981 à ce jour, près de 400 lois, ordonnances, décrets et arrêtés relatifs à l’importation ont été inscrits au Journal officiel de la République algérienne. Sans parler des différentes réformes engagées dans le corps des Douanes et autres systèmes financiers. Question de réglage. Pour les dernières décisions en date, on peut citer la tentative d’obliger les importateurs à s’organiser en société avec un capital social minimum de 20 millions de DA, élaboration d’un recueil de décisions de classement tarifaire 2002-2007, complété par celui de 2008, une nouvelle stratégie de lutte contre la corruption en tentant de limiter ou même d’écarter les douaniers des importateurs et opérateurs économiques, conventions d’assistance mutuelle avec plusieurs pays, accords d’association avec la Communauté européenne et plus récemment avec les pays arabes, contrôle de la conformité auprès des inspections aux frontières…
Il faut dire qu’assainir le domaine est une tâche ardue. Le monde de l’importation en Algérie est un véritable nid de vipères -ce reptile n’est pas choisi, ici par hasard, mais à cause de sa formidable faculté d’adaptation au milieu naturel-. Un chaos organisé. Une véritable mafia s’est érigée au fil du temps et des circonstances le droit de monopoliser l’exploitation de certains «créneaux» (produits). Et les mécanismes de fraude sont bien huilés. Fausses déclarations, faux registres du commerce, prête-noms, réseautage, lobbying (dans le sens obscur du terme), corruption, trafic d’influence, rien n’est omis.
Dans l’absolu, une opération d’importation n’est pas très compliquée. «Importateur» en Algérie est devenu un statut. Il fait partie de l’élite, convoitée et respectée. Pour ainsi dire : un nabab. Or, il ne faut pas sortir d’une grande école pour exercer ce métier. En l’absence de réelles études de marché, de visions économiques et stratégiques, n’importe qui peut s’improviser importateur en Algérie. Du moins pour ce qui est de l’aptitude. On achète et on vend.
A la différence d’un petit commerçant de quartier, l’importateur se procure la marchandise dans un autre pays. Mais, il y a tout le reste.
C’est-à-dire, l’argent et le réseau d’«amis».

Les pratiques frauduleuses
Rafik, un ancien agent en douane, retiré du milieu depuis quelques années, dévoile les pratiques de certains importateurs véreux. Etape par étape, il raconte les méandres de l’importation frauduleuse. «C’est tellement aberrant, grave et sombre que je ne peux me taire éternellement. Cela fait longtemps que je cherche à dire ce que je sais. Des gens sont en train de faire des fortunes sur le dos des citoyens et de l’Etat. Cela doit cesser un jour», plaide-t-il.
Farid, jeune gestionnaire d’une «boîte d’importation dissimulée (activant sans registre du commerce dûment établi [au noir]», comme Rafik, s’est retiré du monde des affaires par «acquis de conscience». «Je ne pouvais pas supporter que des personnes qui ont vendu leur âme pour de l’argent, puissent à ce point se désintéresser de la santé et du devenir de leurs clients. C’est un domaine malsain et dangereux, même pour ceux qui y travaillent», témoigne-t-il.
Comment se fait, généralement, une opération d’importation à la manière des trafiquants algériens ?
La prospection des marchés n’est pas nécessaire, le monopole sur certains produits fait que l’opération d’importation n’est régie que par l’état du stock.
Première étape : rassembler l’argent nécessaire. «La vente s’effectuant généralement à des acquéreurs ‘’de confiance’’, le payement se fait par tranches. A l’heure dite, la tournée des clients pour rassembler la somme est engagée. La devise est acquise sur le marché parallèle. La course au taux de change le plus attrayant s’engage», explique Farid.
Etape suivante : la recherche d’un registre du commerce compatible avec le produit visé. Le propriétaire du RC, de préférence une femme ou une vieille personne (handicapée est un plus), est rémunéré selon le nombre d’opérations effectuées à l’aide de son titre. «Généralement, la personne n’a aucune connaissance du produit importé ni de la quantité. L’importateur véreux possède une liste de RC à sa disposition», témoigne Farid. Un simple tri fait l’affaire. Le vrai importateur, dans la plupart des cas, possède une activité écran. «Un registre du commerce de grossiste ou de détaillant», poursuit-il. Au début du mois de juin dernier, lors d’une conférence de presse, M. Bouanane Mediber, directeur de la lutte contre la fraude à la Direction générale des Douanes, a relevé le cas d’une personne qui a utilisé son registre du commerce pour 540 opérations d’importation en une année pour un montant de plusieurs milliards de DA, et, comble de l’ironie, l’individu habitait dans un 20 m2 dans la wilaya de Boumerdès !
Le même responsable affirmait que 400 containers sont bloqués au niveau des différents ports d’Algérie, car leurs propriétaires ne se sont pas manifestés. On suspecte qu’ils se soient servis de prête-noms.
Une fois cette formalité accomplie (acquisition de RC), le choix du calendrier doit se faire avec minutie. «Il faut sécuriser le chemin et mobiliser les troupes», informe Farid. Premièrement, savoir si le jour J, un «ami» influent dans les services des Douanes, de la police des frontières ou autres corps d’Etat, est en poste pour pouvoir faire passer l’argent liquide, des dizaines de milliers d’euros, dans l’avion à destination du pays d’achat.
10 millions de dollars ont été saisis sur des voyageurs par les services des Douanes en 2008. «C’est une infime partie de l’argent qui passe frauduleusement la frontière. Cela ne représente guère plus qu’une centaine de petites opérations d’importation», assure notre interlocuteur.

Les réseaux d’«amis»
Une fois la PAF algérienne passée, l’importateur met en branle d’autres réseaux de l’autre côté (le point de chute). «Généralement, ce sont des Algériens résidant dans le pays de destination qui ont pour tâche d’établir des contacts avec les sociétés de production ou les revendeurs», poursuit Farid. Une espèce de courtiers touchant une commission sur la transaction. C’est à l’importateur, ensuite, de faire le tri et de choisir la qualité et la quantité du produit en
fonction de la somme qu’il veut débourser. «Le rapport qualité/prix se fait généralement au détriment de la première notion [la qualité]», ironise l’ancien gestionnaire. On n’abordera pas ici, en détail, les techniques de commande des produits contrefaits, car cela aussi est un autre monde. La contrefaçon touche de plein fouet le marché algérien. Elle est particulièrement perceptible dans les produits de consommation non alimentaires : les cosmétiques, les pièces de rechange, l’électroménager et toutes sortes de gadgets. «En général, les Algériens craignent les produits importés d’Asie. Mais il faut savoir que ce ne sont pas les Asiatiques qui travaillent mal. Ce sont plutôt les importateurs algériens qui se dirigent vers les sociétés spécialisées dans la contrefaçon. S’ils veulent acquérir les produits de marque ils sont en devoir de débourser les sommes qu’il faut. Ce ne sont pas les producteurs asiatiques qui vont faire la fine bouche.
Ces derniers vous fournissent la quantité que vous voulez au prix que vous voulez. Mais évidemment, cela se fait au détriment de la qualité. Il n’est pas rare de trouver sur la marché algérien un champoing qui provoque la chute de cheveux, des produits cosmétiques qui irritent la peau ou alors des espadrilles qui causent des eczémas», explique Farid.
Une fois la commande faite, la marchandise chargée est emmagasinée dans des dépôts portuaires des pays de provenance, l’importateur revient en Algérie avec un échantillon du produit. Là, le timing est très important. «Il faut préparer le terrain pour l’arrivée de la marchandise», lance Farid. Pour la domiciliation de la facture d’importation, des techniques particulières font que l’importateur véreux peut faire figurer les prix d’achat qui lui conviennent, pour éviter de payer des sommes importantes au Trésor public et justifier la partie du transfert de devises qui se fait par la banque (la plus grosse somme se paye cash). La première, c’est de dénicher un fournisseur aussi véreux que l’importateur, pour minorer le coût des produits et établir une facture de complaisance en se faisant graisser la patte. «Ce commerçant est doublement gagnant, par la vente de son produit et l’indue commission», s’offusque Farid. La deuxième technique, c’est de passer par l’un des courtiers établis dans le pays visité, possédant généralement plusieurs doubles de cachets pour légaliser la
facture dûment remplie par l’importateur lui-même. «Parfois, les doubles des cachets sont présents en Algérie. Il m’est arrivé d’établir moi-même des factures ici, que mon patron faisait signer et cacheter dans l’heure suivante», reconnaît Farid.
Le président de la Cellule du traitement du renseignement financier (CTRF), Abdelmadjid Amghar, informait en mars dernier que 130 déclarations de soupçon ont été transmises par des établissements financiers et des banques, le premier trimestre de l’année en cours, concernant des opérations de blanchiment d’argent. Ajouté aux 323 déclarations émises en 2008, le montant global de ces dossiers avoisine les 8 millions de dollars.
Une autre technique de fraude consiste à jouer sur le code tarifaire des douanes. «Trouver la meilleure formule et la définition idoine pour inscrire la marchandise importée. Déclarer une console de jeu vidéo comme jeu pour enfant n’est pas faux, mais les tarifs douaniers changent du tout au tout», intervient cette fois Rafik, il est vrai qu’entre une «Play Station 3» et un hochet, il y a quand même de la marge -Et là, on ne parle pas encore des fausses déclarations, c’est un troisième univers-. «Ce sont, généralement, des personnes bien introduites dans le domaine qui s’ingénument à trouver les failles», poursuit-il -la loi est faite pour être contournée, disaient certains- L’objectif étant d’obtenir le fameux document dit D3 élaboré par un commissionnaire en douane agréé (transitaire), soigneusement choisi et indispensable pour faire sortir la marchandise de l’enceinte portuaire.

La «chipa» n’est pas à la portée de tous
A partir de là commence le travail de concertation entre l’importateur et le commissionnaire en douane choisi. Qui est le contrôleur des conteneurs au niveau du port ? Est-il des nôtres ? Quels jours, nos amis seront-ils de service ? Ce sont principalement des questions que se pose l’importateur avant de donner le feu vert pour établir le choix du bateau à utiliser pour transporter la marchandise.
«Une fois que la cargaison arrive à bon port, l’importateur dispose de plus de quatre mois avant que sa marchandise ne soit saisie. Ce qui lui offre largement le temps de choisir le moment propice pour la dédouaner», explique Rafik. Alors, commence «l’arrosage» (sous-entendu : la corruption). «La ‘’chipa’’ dans ce domaine a valeur de taxe régulière. Le barème est fixe. C’est par exemple, 400 000 DA pour un vingt pieds (longueur du container) et 600 000 DA pour le quarante pieds. Et cela dépend aussi de la marchandise importée», poursuit-il.
A qui est remise la «chipa» et comment ? Sur cette question, l’agent en douane reste évasif.
«Cela dépend du niveau de l’importateur. Déjà, il faut savoir qu’il ne suffit pas de se présenter au port et distribuer l’argent. Là, on risque gros. Il faut connaître personnellement les agents corrompus ou alors être recommandé par quelqu’un», précise Rafik. Dernièrement, l’inspecteur général des Douanes, Abdelmadjid Mehrèche, annonçait que plus de 200 douaniers (entre agents et cadres) ont été arrêtés pour leur implication dans des affaires de corruption ou de pot-de-vin. Pour ce qui est du contrôle de la conformité du produit importé, Rafik affiche un sourire narquois : «C’est une simple formalité, quand on connaît les rouages», assène-t-il. Une fois toutes les formalités accomplies, la vente s’est faite généralement, avant l’arrivée de la marchandise. «Les clients sont au courant de l’opération d’importation avant même que l’importateur n’engage la procédure.
La marchandise est déjà vendue avant le dédouanement», explique Farid. A entendre nos deux interlocuteurs, l’impression que le domaine de l’import est régi dans un cadre «familial» se fait sentir. Dans son dernier rapport du Forum des chefs d’entreprise (FCE) sur le secteur de la distribution présenté en mai dernier, il est dit que 70% des importateurs sont domiciliés dans 5 wilayas. Il y aurait 2 importateurs pour 3 grossistes.
Lors de sa dernière sortie médiatique à Constantine, El Hachemi Djaaboub, ministre du Commerce, était menaçant à l’égard des importateurs véreux en annonçant le renforcement du contrôle au niveau des ports.
Notons que 900 commissionnaires en douane et 100 importateurs ont vu leurs activités suspendues pour non-paiement d’impôts en quelques années. Mais pour régler définitivement les problèmes liés à l’importation, il faut d’abord réfléchir à la meilleure manière de limiter la rentabilité de l’activité. «Les importateurs font des bénéfices dépassant tout entendement. C’est de l’ordre de 100, 200 et jusqu’à 250% de la somme investie.
Et quand on pense au préjudice causé à la production nationale qui ne peut résister à la concurrence, c’est effrayant», conclut Rafik.

S. A

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DJILALI HADJADJ AU FORUM DU MATIN 3

Posté par algeriedemocratie le 25 décembre 2008

Troisième et dernière partie du Forum. Suite des réponses de Djilali Hadjadj, porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) et représentant de Transparency International en Algérie, aux lecteurs du Matin.

Assoun : Allo monsieur, digne fils d’Algérie, monsieur Hadjadj, tu ne penses pas qu’il est temps de d’évoquer, Touati, Toufik, tous ces bourreaux, est d’aller droit au but ? DE CETTE justice qui s’en prend à Habiba, Chawki Amari, au lieu de wali de Ghardaïa, Chlef ? Tout le monde sait ce qui se passe, alors ma question est simple : c’est quoi la solution extrême, pour en finir avec tout ça ? Puisqu’il ne reste que l’extrémisme pour revendiquer la moindre des choses, le peuple est prêt pour versé son sang.

Djilali Hadjadj : L’AACC est partisane exclusivement de l’action pacifique et non-violente, même si elle n’exclut pas d’utiliser des actions spectaculaires pour se faire entendre et surtout pour rassembler sur le terrain de l’action le plus grand nombre d’algériens intègres.

Albert Piu : Tout d’abord, grand merci pour le travail que vous faites. Ma question est : comment expliquez-vous que les tramways en Algérie coûtent plus de 300 M € (Oran, Constantine) pour une seule ligne, alors que celui de Rabat coûte moins de 100 M € pour deux lignes ? Merci de votre réponse et bonne continuation.

Djilali Hadjadj : Si c’est réellement le cas, et c’est vérifiable, ce ne serait pas une surprise : le gouvernement algérien est un très mauvais gestionnaire de la commande publique, et les exemples similaires à celui que vous citez sont nombreux, d’autant plus que les écarts de prix sont énormes. Le comble, s’agissant de tramways, c’st quand il s’agit du même fournisseur ! Si vous pouvez nous en dire plus, vous serez bien aimable de nous contacter à l’adresse électronique suivante : < aaccalgerie@yahoo.fr >.

Moussa Haouache : OK, c`est bon de signaler tout ça. Et ça change quoi dans l`affaire ? Comme l`a dit le monsieur dans sa déclaration lors de l`affaire Khalifa des hauts responsables ont confirmé avoir trafiqué et usé du faux et usage de faux. Qu`est qu’on leur a fait ? Rien du tout. L`affaire Khalifa, on n’en entend plus parler .C`est la même chose pour l`affaire BRC et j`en passe. Maintenant les scandales en Algérie ne font plus scandales : ça vient et ça disparaît dans le temps. Donc les gens escrocs deviennent plus escrocs, les trafiquants deviennent plus trafiquants, les voleurs plus voleurs etc. Donc ça ne sert à rien de dire que nous avons une AACC. Ça change quoi dans l`affaire : absolument rien. Je fume du the et le cauchemar continu.

Djilali Hadjadj : Je ne partage pas le constat que vous faîtes, même si je peux comprendre votre dépit face à l’impunité dont continuent de bénéficier les grands corrompus et corrupteurs. Le changement se construit à pas de fourmis, surtout dans un contexte aussi difficile. Il faudrait qu’il y ait des dizaines d’AACC, qu’il y ait une société civile plus forte plus déterminée, qu’il y ait une presse plus libre, des syndicats autonomes plus puissants et plus unitaires, etc.

Un lecteur : Un citoyen algérien qui observe et qui prie Dieu de punir tout ce monde. Dieu et seul capable de les anéantir à jamais. Amen.

Djilali Hadjadj : Aux yeux de l’AACC, la question de la spiritualité doit demeurer une affaire strictement privée, et la lutte contre la corruption, l’affaire des citoyens intègres.

Dr. Chiboune Lyes : Salut Mr Djilali. Dans votre dernier rapport, vous avez mentionné au passage la mutation du wali de Bejaïa, d’une façon rapide. Alors que vous pouvez même écrire des livres sur la corruption à Bejaia au niveau de la wilaya, les daïras ou les communes, surtout celle de Darguina que vous connaissez bien. Mr Hadjadj est ce que vous pourriez nous honorer par une conférence-débat sur le rôle du citoyen dans la gestion de la commune, à Darguina ?

Djilali Hadjadj : Je suis tout à fait disposé à répondre à votre invitation, à bénéficier de l’expérience des citoyens de Béjaïa et à vous faire part de nos propositions d’action figurant dans le communiqué de l’AACC sur les wilayas.

Mourad Meghdas : Bonsoir Mr HADJADJ. Tout d’abord, je salue votre courage et je vous prie de nous communiquer les coordonnées de votre association, afin y adhérer. Nous habitons le lotissement OUED TARFA 3 de EL ACHOUR, nous rencontrons quotidiennement des problèmes au niveau de notre lotissement. La mafia du sable, du bitume et des engins s’est installé à coté de notre lotissement, par la force des choses, il est devenu une zone industrielle. La mairie, la gendarmerie, le wali délégué, sont incapables de chasser ces indus occupants : trouvez vous que le silence de ces autorités est normal ? Nous vivons un cauchemar car le quartier est dépourvu de son caractère résidentiel et le bruit et les allergies ont pris la place du calme et de la propreté devant cette MAFIA !!! Dernière nouvelle : une autre mafia du sable est en train de construire un parc pour vendre les matériaux de construction sans que les autorités ne bougent le moindre petit doigt, dans cette république bananière !!! Je vous laisse le soin de vérifier nos dires.
Salutations.

Djilali Hadjadj : Est-ce qu’il y a des citoyens « victimes » des pratiques que vous dénoncez qui ont commencé à agir ? L’AACC est disposée à les accompagner dans leur combat.

Tarik Salhi : Bonjour Monsieur HADJADJ. BRC (Brown Root and Condor) fut un chantre de la corruption et de la malversation, après les quelques révélations faites par l’IGF qui faisaient office de parties émergées de l’iceberg, les hautes autorités de ce pays ont pris la décision de la dissoudre très probablement pour garder la plus grosse partie sous l’eau. Mes questions alors, il y en a deux si vous le permettez, sont les suivantes: quelle a été votre position et celle de votre mouvement concernant cette affaire? Y-a-t-il à votre avis des marges de manœuvres et surtout d’enquête lorsque la corruption est à ce point institutionnalisée?Merci. Tarik.

Djilali Hadjadj : L’AACC a dénoncé publiquement plus d’une fois et dans des écrits notamment, même sur les ondes de la radio chaine 2 le 22 novembre 2007, l’affaire BRC, les propos révoltants du ministre de l’énergie à l’encontre de l’IGF (ce qui a sonné le glas de la neutralisation de cette dernière) et le fait que les pouvoirs publics aient tout fait pour enterrer cette affaire. Il faut cependant préciser que l’éclatement de l’affaire BRC qui éclabousse de nombreux secteurs, notamment en matière de violation de la réglementation des marchés publics, est dû à des règlements de compte au sein de clans du pouvoir, par « dossiers » de corruption interposés. La marge de manœuvre de l’AACC seule dans cette affaire et bien d’autres, est relativement étroit : par contre si d’autres partenaires potentiels dans la classe politique par exemple, chez les syndicats et la société civile, fédéraient leurs efforts, accompagnés par les médias, cette marge serait plus importante. Il faudrait œuvrer à la mise en place d’un front anti-corruption sur le terrain. Il faut y travailler.

Un lecteur : Je voudrais adhérer à votre association : que dois-je faire? EST CE POSSIBLE ?

Djilali Hadjadj : Vous êtes la bienvenue. Dans une première étape, le mieux serait de nous écrire via Internet (< aaccalgerie@yahoo.fr>).

Siham : Tous les Algériens savent conjuguer le verbe manger, « la blague ». Maintenant vous dites que la corruption existe de haut en bas et de bas en haut, sans dénoncer ni corrompu, ni corrupteur et vous ne provoquez pas la justice : c’est le constat de tous les algériens. Donc si c’est pour dire ce que tous les Algériens pensent : cette association n’a pas raison d’être, mais mon intuition, mon raisonnement par l’absurde, me dit que vous allez créer un scénario pour les blanchir.

Djilali Hadjadj : C’est votre point de vue. A la lecture des réponses que l’AACC a apportées aux questions des Internautes du journal « Le Matin », vous aurez peut- être une meilleure vision sur les objectifs de l’AACC et sa façon de concevoir la lutte contre la corruption.

Job : Le jour où on connaitra la reponse a la question suivante, on aura touT su: QUI A TUE MOHAMED BOUDHIAF ? La réponse à cette question comporte toutes les réponses à la corruption.

Djilali Hadjadj : Une chose semble certaine aujourd’hui, l’assassinat de Boudiaf a un lien avec ses tentatives visant à en savoir plus sur les détournements opérés par nombre de dignitaires du régime.

Rouibah : M. Hadjadj! Lutter contre la corruption lorsqu’elle est un phénomène « à la marge » est certainement un domaine d’intervention qu’une association comme la votre peut avoir. Mais est ce possible lorsqu’elle prend les proportions-énormes- qu’elle a chez nous? Ne faut-il en faire un domaine de l’action politique, au sens noble ? En fin de compte, seule une minorité profite de ce système bâti sur la prédation!

Djilali Hadjadj : Je suis d’accord avec vous : la lutte contre la corruption doit surtout s’inscrire dans l’action politique, et pas uniquement partisan. Ce combat doit être l’affaire de tous les hommes intègres, dans leurs activités professionnelles, dans leur entreprise, dans leur syndicat, dans leur association et dans leur parti. Mais il ne peut y avoir un combat dans l’absolu contre la corruption.

Un lecteur : Bonjour monsieur Hadjadj. Avez-vous les prérogatives de vérifier les comptes des hauts gradés de l’ANP ? A votre avis qui est le corps le plus corrompu en Algérie? Djilali Hadjadj : L’AACC est une association issue de la société civile, qui n’a pas les prérogatives de vérifier les comptes des hauts gradés de l’ANP, mais regrette que ces hauts gradés aient été « dispensés » par Bouteflika – cadeau empoisonné ? -, de leur déclaration de patrimoine par la loi du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, alors qu’ils étaient astreints à le faire jusqu’à cette date selon l’Ordonnance de 1997 portant déclaration de patrimoine signée par le président Zéroual.

Dergaz : Azul mass Hadjadj. Le combat que vous mener est noble, parce que vous touchez toute les couches de la société. Ce que je vous demande c’est pourquoi vous ne revendiquez pas à ce que la justice et les finances soient libres ?

Djilali Hadjadj : Cela fait partie de nos « revendications » essentielles, mais il faut y travailler et accentuer la pression à tous les niveaux pour que ces secteurs et bien d’autres, puissent acquérir leur indépendance dans le respect des lois de la République.

Un lecteur : Seule la transparence peut venir à bout de la corruption ! Partout en Algérie, tout Algérien et toute Algérienne a droit de fourrer son nez dans tout compte public qui au demeurant doit être publié comme le journal officiel (sur papier et sur écran).Ainsi, tout le monde étant au courant des mouvements des budgets, pourra signaler à la justice ce qui ne va pas en informant la presse qui à son tour informe le grand public dont nos administrateurs qui agiront en conséquence pour remettre de l’ordre…

Djilali Hadjadj : Il faut notamment agir dans ce sens : accéder à l’information, faire éclater le culte du secret et diffuser les dénonciations lorsque sont vérifiées, faire pression sur les institutions concernées pour qu’elles agissent.

Tahar Grandi : La corruption en Algérie n’est plus le fait de quelques personnes véreuses, c’est un fait qui est sociologiquement glorifié et culturellement accepté. Ne dit-on pas Qfez (débrouillardise) au lieu de vol? Les gens honnêtes de Djayeh? La lutte pour la corruption est un travail de longue haleine et si de surcroit il y a une volonté politique. Ce qui malheureusement n’est pas le cas. Le monde politique s’accommode à la corruption et certains politiques s’y abreuvent allégrement. Le Cas de Khalifa est patent, quand des personnes affirment, devant le tribunal, en public: j’ai falsifié, j’ai usé du fait et usage de faux, ils sont maintenus, reconduits et même promus, les limites à la corruption n’existent plus. Au fait, concernant Khalifa, combien se fait par année le liquidateur? Les organes chargés du contrôle sont les nids de la corruption à savoir les douanes, les impôts, la banque centrale etc., Tout le monde le sait mais à tous les niveaux, on dit que celui qui à des preuves n’a qu’à les exhiber. Y a t-il plus vrai que la réalité? Les signes extérieurs de richesses est une preuve éclatante. Il suffit d’une simple investigation. Mais qui a intérêt à procéder de la sorte. Tous les systèmes de contrôle deviennent caducs quand il y a collusion, en Algérie il n’y a que des collusions à tous les niveaux. C’est de véritables toiles d’araignées qui se tissent au sein des entreprises et autres institutions. Au niveau local (wilaya, daira et commune), c’est tellement bien organisé que tout contrôle ou enquête s’avère infructueux.

Djilali Hadjadj : Très juste constat. Il faut être de plus en plus nombreux à agir : en menant un certain nombre d’actions, même partielles, l’AACC et ses partenaires, ont pu remettre en cause certaines situations de totale impunité, notamment dans quelques entreprises, wilayas et communes.

Une lectrice : Y a t’il vraiment un espoir que la corruption soit éradiquée un jour, surtout parce qu’elle se situe en haut niveau, c’est à dire au sein du pouvoir, lui même censé éradiquer ce genre de fléau. Je ne pense pas que ce soit l’affaire d’une simple association qui se limite uniquement à des constats, malheureusement sans effet, hormis un léger effet médiatique.

Djilali Hadjadj : Bien sûr que ce n’est pas uniquement l’affaire d’une association, aussi déterminée soit-elle. Il ne faut pas attendre grand-chose du pouvoir en place dans la lutte contre la corruption : il doit y avoir un changement radical et il faut œuvrer pour y parvenir. L’AACC ne fait pas uniquement des constats : elle agit aussi sur le terrain, parfois avec quelques succès, et elle avance des solutions et des pistes d’action pour tous ceux qui veulent agir.

Bounta : Mr Hadjadj, bravo pour le dernier rapport de l’AACC et pour votre courage qui n’a d’égal que celui de nos valeureux chahids! Mais pouvez-vous nous dire ce qu’est devenu le dossier relatif à la dilapidation du foncier dans la commune de Bordj el Bahri qui vous a été remis il y a quelques années? Savez-vous que depuis, l’ex P/APC, en l’occurrence BENOUAR Noureddine, est devenu MINISTRE de la République et actuellement représentant du peuple au Parlement? Quant à son adjoint BENCHABI Nacer, après avoir garder le poste pendant cinq longues années achevant l’œuvre de son maitre avec beaucoup de succès: il faut reconnaitre que l’élève a dépassé son maitre puisque au cours de son mandat, ni l’assassinat de son adjoint et son compagnon au mois d’octobre 2004, ni l’intervention de l’ex-ONRB en 2005 n’ont pu venir à bout de l’appétit de ce personnage puisqu’il vient de rempiler pour un 4éme mandat avec le Sénat comme ligne de mire! Selon la presse nationale, de nombreux magistrats de la Cour de Boumerdès seraient relevés de leurs fonctions pour mauvaise gestion du dossier du foncier de Bordj el Bahri se trouvant au niveau de cette institution judiciaire. Mais les véritables responsables de l’hécatombe qu’à connu la commune de Bordj el Bahri continuent à trôner sur les institutions de la République en toute impunité! Au fait qui est le véritable responsable de cette situation..??? BOUNTA

Djilali Hadjadj : L’AACC a toujours ce dossier, incomplet au demeurant, mais il aurait fallu que les preuves des accusations soient irréfutables et que les contacts se poursuivent avec la (ou les) personne (s) qui nous l’a remis. L’AACC est tout à fait disposée à reprendre ces contacts.

FIN

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DJILALI HADJADJ AU FORUM DU MATIN 2

Posté par algeriedemocratie le 25 décembre 2008

Deuxième partie du Forum. Suite des réponses de Djilali Hadjadj, porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) et représentant de Transparency International en Algérie, aux lecteurs du Matin. Devant l’afflux des questions, il a fallu prolonger en une troisième partie qui sera publiée demain.

Chawki Amari : Bonjour à Djilali et longue vie, à l’abri des coups tordus et de la corruption!
Question 1 : Si l’on admet que la corruption s’est largement démocratisée, peut-on estimer que la corruption autonome (de petits groupes organisés à l’intérieur de l’Etat comme des GIA) est supérieure à la corruption de clans (têtes de réseaux pyramidaux)?
Question 2 : Que deviennent les organisations (observatoires, …) mises en place pour lutter contre la corruption ? Bouteflika les as-t-elles gelées et a-t-il le projet d’en créer une ?
Question 3 : Qu’est ce qui fait le plus mal à l’Algérie ? La corruption ou l’incompétence, par dilapidation des ressources jetées sans stratégie ni études ?

Réponse de Djilali Hadjadj : Merci pour les vœux de longue vie ! Nous en avons tous bien besoin. Les « GIA » de la corruption à l’intérieur de l’Etat ont effectivement une certaine autonomie mais pas uniquement pour leur propre compte, une bonne partie de leurs commanditaires et de leurs parrains animant les « réseaux pyramidaux », mais ils n’ont pas une durée de vie très longue en tant que tels : ce sont des opérationnels de l’embuscade et des « faux barrages » quand une bonne opportunité de corruption se présente. Tout est fait par les parrains des réseaux pyramidaux– style maffias en exercice sous d’autres cieux -, pour qu’ils ne se fassent pas doubler par ces « GIA » de la corruption. Terrible parallèle avec un autre type d’activités criminelles !Il y a eu un Observatoire national de surveillance et de prévention de la corruption (ONSPC, intitulé officiel) du temps du président Zéroual en 1997, installé du côté du Chemin des 4 canons (sic), sur les hauteurs d’Alger, mais aucun boulet ne fut tiré en 3 petites années d’existence où les 9 permanents de cet ONSPC ont commencé par s’acheter des voitures et puis, plus rien, jusqu’à la dissolution de cet observatoire en 2000 par Bouteflika. Ce dernier a préféré se débarrasser de ce qui pouvait l’observer de trop près.La corruption faut beaucoup plus mal que l’incompétence : la solution pour se débarrasser de la première est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre que pour la seconde.

Lecteur Rafik Belolo : A Monsieur Djilali Hadjadj et à toute la rédaction du Matin, bonjour. D’abord, je tiens à remercier la rédaction du Matin pour cet espace de liberté que vous nous offrez. Je remercie également Monsieur Hadjadj de bien vouloir répondre aux questions des lecteurs. Deuxièmement, je tiens à préciser que je ne suis partisan d’aucun parti politique et je suis encore moins partisan du qui-tu-qui. Ma question est la suivante: Quel est le rôle qu’ont joué des gens haut placés dans la hiérarchie militaire et précisément dans les services secrets dans la corruption quasi générale qui gangrène notre pays ? Peut-on espérer voir un jour nos services remplir leur mission constitutionnelle et protéger les intérêts nationaux comme c’était le cas, il ya quelques mois, des services allemands qui ont réussi à avoir une liste d’operateurs économiques fraudant le fisc en transférant des capitaux vers le Lichtenstein ? Merci.

Réponse de Djilali Hadjadj : Aucune institution en Algérie, sans exception, n’est épargnée par la corruption. Tous ceux qui ont un peu de pouvoir, ont tendance à en abuser, et à se servir allègrement. Les services que vous évoquez, ne joueront un jour leur rôle constitutionnel (et encore la Constitution actuelle est lacunaire à ce sujet), que lorsque la démocratie et les libertés seront effectives en Algérie, ce qui est encore loin d’être le cas : ce jour là, les Algériens pourront par exemple connaître les budgets alloués aux services secrets, et ces derniers devront rendre des comptes aux parlementaires élus démocratiquement par le peuple. L’exemple allemand que vous évoquez illustre on ne peut mieux la marge de manœuvre assez marge de la justice de ce pays pour enquêter assez librement, tout en précisant que c’est la presse allemande qui a été la première à révéler ce scandale : la justice a été obligée de suivre.

Boualem Bonatéro : Quelles solutions pour éradiquer la corruption ? Il me semble que vous combattez contre les moulins à vent. Le ver est dans le fruit. Toutes les institutions, sans exception, sont corrompues. Alors qui va contrôler qui? ….. Mais que faire face à cette situation qui est devenue banale et résister à la tentation ?

Réponse de Djilali Hadjadj :Les solutions existent et sont connues. C’est comment et avec qui les mettre en œuvre qui pose problème. Dans chaque homme épris de justice, il y a un peu de « Don Quichotte » et pas mal de moulins à vent en perspective, ce qui n’est pas forcément négatif en soi. Il faut agir sans cesse, ne pas baisser les bras, élargir le front, ne pas se taire, s’inscrire sur la durée, gagner en crédibilité, préserver son autonomie et son indépendance, être le plus unitaire possible : aucune révolution ne s’est faite en un jour. Ce qui est sûr, c’est qu’un pouvoir corrompu « jusqu’à l’os » est totalement inapte à se contrôler. Les citoyens intègres doivent s’organiser pour imposer de plus en plus – et apprendre à s’exercer dans ce sens -, leur contrôle sur les institutions à tous les niveaux. La dénonciation systématique de cas avérés de corruption, ou de pratiques pouvant favoriser la corruption, peut être un des instruments de ce contrôle populaire. C’est ce que l’AACC fait de plus en plus, avec nombre de ses partenaires et tout un réseau de donneurs d’alerte.

Nedjari Aïssa : La corruption n’est-elle pas liée à la nature du régime politique algérien ?

Djilali Hadjadj : Tout à fait. Régime policier, autoritaire, anti-démocratique – et fascisant quand il se sent menacé-, fonctionnant plus que jamais selon le système du parti unique et en violation des droits de l’homme et des libertés : le tout faisant le lit d’une corruption qui est l’essence même de ce pouvoir, pouvoir prédateur.

Wlido : Est-ce que vous pouvez nous dire quelque chose sur la Cour des Comptes algérienne. Pourquoi a-t-on suspendu ses activités à votre avis ?

Réponse de Djilali Hadjadj : Face au pouvoir en place, il ne peut pas y avoir une Cour des comptes (CDC) conforme à la Constitution en vigueur. Historiquement, quand elle a été créée en 1980, c’était pour des règlements de compte au sein du pouvoir dans la suite de la disparition de Boumédienne. J’observe le fonctionnement – ou plutôt le non fonctionnement – de la CDC depuis plus près d’une quinzaine d’années. Parce qu’il a été « victime » de cette instrumentalisation de la CDC, Bouteflika, dès son arrivée au pouvoir en 1999, a totalement boudée la CDC : d’ailleurs, ce n’est pas un hasard, si depuis une dizaine d’années, aucune mesure positive n’a été prise par le pouvoir au profit de la CDC, ni en moyens ni en renforcement de ses ressources humaines. Même son Rapport annuel n’a été publiée que 2 fois en 28 ans d’existence : pourtant cette publicité est une obligation légale. Si la CDC n’était pas inscrite dans la Constitution, Bouteflika n’aurait pas hésité à la dissoudre, alors que c’est une juridiction qui aurait pu jouer un grand rôle dans la prévention et la lutte contre la corruption. Elle est gelée de fait pour le grand bonheur des réseaux de la corruption qui ont pris en otage les institutions de l’Etat. La CDC est à l’image de son site Internet : vide, poussiéreux et à l’arrêt depuis des années. Ce n’est pas un hasard non plus si les magistrats intègres de la CDC, sont marginalisés, « oubliés » statutairement et régulièrement réprimés.

Boualem Chiba : Ne pensez-vous pas que la corruption est la conséquence directe de la dépendance de la justice du pouvoir politique. Certes même en Europe il y a de la corruption, mais l’efficacité de la justice empêche sa propagation. Thadarth.

Réponse de Djilali Hadjadj : La corruption de la justice et sa dépendance totale du pouvoir sont les 2 raisons essentielles qui expliquent l’inertie de cette institution et sa complicité dans l’explosion de ce fléau : nombre de faits le démontrent quotidiennement. En Europe, dans nombre de pays, la justice qui enquête sur la corruption subit de plus en plus de pressions du pouvoir en place.

Belaidi Mohamed : Vu que la corruption est devenue un phénomène de société en Algérie. Ma question est la suivante : ne pensez vous pas que la corruption est désormais devenu une culture dans notre pays et qu’il est hypothétique, voire illusoire de vouloir lutter contre ce phénomène? Du moins pour les 2 ou 3 siècles à venir…

Djilali Hadjadj : Plus il y aura de démocratie et de libertés, moins il y aura de corruption. Mais pour y parvenir, les luttes citoyennes multiples et diverses doivent s’intensifier. Cela demandera beaucoup de temps et beaucoup de persévérance.

Lecteur : En parler c’est déjà bien, la corruption est le cancer qui ronge le pays. Il est même presque en phase terminale. Si un traitement de choc n’est pas administré. Adieu l’ALGERIE.

Djilali Hadjadj : La lutte contre la corruption ne peut pas faire de progrès par des traitements de choc. Nous ne faisons pas le même diagnostic de l’état de santé de l’Algérie : notre pays ne peut pas être comparé à un cancer en phase terminale et irréversible.

Jugurtha Azma : Peut-on connaitre les avoirs de Bouteflika et de tous les gens du systeme en Algerie et a l’etranger? Comment peut-on faire une telle enquete et rendre publique ses resultats sans subir le sort de Boudiaf? Y a-t-il des organismes internationaux incorruptibles et capables de travailler avec l’aacc pour que l’argent des Algeriens ne soit plus vole par les pillards du pouvoir central. Si oui, pourquoi personne n’ose mener ce travail? Ou se situent les obstacles? Merci monsieur Djilali Hadjadj,

Djilali Hadjadj : A la veille des élections présidentielles de 1999 en Algérien, le célèbre quotidien britannique « The Gardian » avait évoqué cette possibilité d’avoirs de Bouteflika, en Suisse notamment. Pour en savoir plus sur les avoirs détournés à l’étranger, il existe des instruments internationaux, la Convention des Nations Unies de 2003 contre la corruption, par exemple, qui évoquent avec insistance la question et les mécanismes du recouvrement de ces avoirs. Ce recouvrement est avant tout une affaire de volonté politique : ce n’est donc pas le pouvoir actuel en Algérie qui pourrait agir dans ce sens. Des pays « victimes » de ces détournements ont commencé à agir avec un certain succès, à l’image du Nigéria. Des pays dont les banques abritent ces avoirs acceptent de coopérer avec les pays demandeurs : cela demande du temps et les procédures sont ardues, mais il y a des précédents positifs. Nombre de pays « récepteurs » de ces avoirs et des fuites de capitaux, ont une idée assez précise des bénéficiaires de ces détournements, et ont même des législations qui les protègent, surtout lorsque ces bénéficiaires sont encore au pouvoir. D’ailleurs, les « enquêteurs » envoyés en France par feu Boudiaf pour en savoir plus sur ces avoirs et leurs auteurs, ont été dénoncés… par les services secrets français à leurs « amis » en Algérie. La lutte contre la corruption au niveau international est surtout et avant tout affaire de coopérations multiformes pour peu qu’il y ait une volonté politique entre les pays concernés.

Lecteur : Mr le porte-parole de l’AACC .Où se trouve votre siège ? Peut-on être reçu facilement ? Comment dénoncer la malversation ? La procédure à accomplir pour être adhérent : les critères.

Djilali Hadjadj : Notre siège principal se trouve à Ben Aknoun et il est ouvert à tous. Il est cependant préférable, pour des raisons que vous comprendrez, de prendre contact d’abord avec l’AACC par téléphone (07 71 43 97 08) ou par Internet (< aaccalgerie@yahoo.fr >), pour pouvoir être reçu dans les meilleures conditions et où toutes les informations pour une éventuelle adhésion vous seront communiquées. Depuis quelques années maintenant, l’AACC a décidé de « prendre en compte » les dénonciations de cas avérés de corruption et d’accompagner les dénonciateurs dans leurs démarches, malgré les obstacles et les difficultés.

Bouzid : Tout d`abord pouvez-vous nous donner les noms des personnes qui sont impliquées dans la corruption? Dans le cas ou vous arrivez à identifier les coupables de dissimulation de vérité au niveau de la Sonatrach, existe-t-il un moyen de les différer dans une Cour pénale internationale ? Cu bien votre rôle consiste-t-il uniquement à dénoncer sans qu`il y ait de poursuites?

Djilali Hadjadj : Tous les cas avérés de corruption, en possession de l’AACC peuvent tout à fait être rendus publics : c’est que nous ne cessons de faire depuis des années à travers nos rapports, nos communiqués, lors de conférences de presse ou même lors d’émissions de radio ! Il arrive que certaines dénonciations soient « prises en charge » et solutionnées partiellement par les pouvoirs publics concernés, qui n’acceptent pas que ces alertes viennent de la société civile et des médias. Malheureusement les « dénonciateurs » subissent encore systématiquement des représailles même lorsque la justice est en leur faveur. Il n’y a pas encore de Cour pénale internationale qui pourrait traiter d’affaires de grande corruption, mais il ne faut pas désespérer qu’il y en ait une un jour. L’AACC n’est pas habilitée elle-même à être une des parties civiles dans des affaires de corruption, la loi algérienne en vigueur ne le permet pas, ce que nous regrettons d’ailleurs.

Fouad : Les opposants algériens se plaisent à mettre en avant le déficit démocratique en Algérie et la corruption qui gangrènerait ce pays. Mais le fait que vous écriviez un livre sur le sujet et qui soit accessible à la population algérienne, n’est-il pas le signe d’une exagération dont font preuve ces opposants – notamment Le Matin ?

Djilali Hadjadj : L’AACC est une association non partisane et n’est pas une opposition politique. Elle ambitionne de devenir un contre-pouvoir et n’a pas pour objectif d’être contre le pouvoir. Nous ne cessons d’ailleurs depuis la création de l’AACC en 1999 de lancer des appels aux pouvoirs publics pour essayer de mettre en place des partenariats dans le domaine de la prévention, dans le respect de notre indépendance : il n’y a jamais eu de réponse !

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DJILALI HADJADJ AU FORUM DU MATIN

Posté par algeriedemocratie le 25 décembre 2008

DJILALI HADJADJ AU FORUM DU MATIN dans Economie(11) moz-screenshot-5moz-screenshot-6 dans Economie(11)

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Vous avez été nombreux à vous intéresser aux questions qui choquent : jusqu’où la corruption en Algérie ? Quelle est toute la vérité ? Et comment y remédier ? Destinataire de dizaines de messages des lecteurs du Matin, Djilali Hadjadj, porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) et représentant de Transparency International en Algérie, vous répond avec sincérité et le sens du détail.Devant le nombre élevé de questions, nous le publierons en deux parties.Aujourd’hui la première partie du Forum.

Lecteur Sabi : D’abord, je tiens à remercier la rédaction du Matin pour cet espace de liberté que vous nous offrez. Je remercie également Monsieur Hadjadj de bien vouloir répondre aux questions des lecteurs. Deuxièmement, je tiens à préciser que je ne suis partisan d’aucun parti politique et je suis encore moins partisan du qui-tu-qui. Ma question est la suivante: Quel est le rôle qu’ont joué des gens haut placés dans la hiérarchie militaire et précisément dans les services secrets dans la corruption quasi générale qui gangrène notre pays ? Peut-on espérer voir un jour nos services remplir leur mission constitutionnelle et protéger les intérêts nationaux comme c’était le cas, il ya quelques mois, des services allemands qui ont réussi à avoir une liste d’operateurs économiques fraudant le fisc en transférant des capitaux vers le Lichtenstein ? Merci.

Réponse de Djilali Hadjadj :Aucune institution en Algérie, sans exception, n’est épargnée par la corruption. Tous ceux qui ont un peu de pouvoir, ont tendance à en abuser, et à se servir allègrement. Les services que vous évoquez, ne joueront un jour leur rôle constitutionnel (et encore la Constitution actuelle est lacunaire à ce sujet), que lorsque la démocratie et les libertés seront effectives en Algérie, ce qui est encore loin d’être le cas : ce jour là, les Algériens pourront par exemple connaître les budgets alloués aux services secrets, et ces derniers devront rendre des comptes aux parlementaires élus démocratiquement par le peuple. L’exemple allemand que vous évoquez illustre on ne peut mieux la marge de manœuvre assez marge de la justice de ce pays pour enquêter assez librement, tout en précisant que c’est la presse allemande qui a été la première à révéler ce scandale : la justice a été obligée de suivre.

Lecteur Roro : Bonjour Mr Hadjadj. Qui contrôle les rentrées et les sorties des finances de Naftal ?

Réponse de Djilali Hadjadj : Il existe une législation et une réglementation propres aux EPE (Entreprises publiques économiques) qui théoriquement balisent la gestion financière de Naftal, dont les recettes et les dépenses. Cette entreprise, comme toutes les autres EPE, est tenue d’avoir un Commissaire aux comptes, de procéder à des audits internes et de surtout faire appel à des missions d’audit externe. Depuis les toutes récentes modifications de la législation sur les EPE, l’Inspection générale des finances (IGF) est habilitée à jeter un œil sur la gestion des EPE, mais cette nouvelle mission est très limitée et mal définie, d’autant plus que l’IGF, telle qu’elle fonctionne, n’a pas les moyens de son action. Mais rien n’empêche les dirigeants actuels de Naftal de publier les comptes de leur entreprise, tous les comptes, pas uniquement les grands agrégats. Pourquoi ne le font-ils pas ? La responsabilité sociétale des entreprises – favorisant la transparence et la reddition des comptes -, n’a pas encore pénétré les entreprises algériennes.

Lecteur Avvach : Azul mass Hadjadj chaque chose a un commencement, votre combat est noble, mais je crois que L’ALGERIEN NE CROIT PLUS à tous ces cirques. Personne depuis 62 n’a été inquiété parmi ces toquards qui nous gouvernent c’est toujours le petit citoyen qui paye un cadre, un petit juge, un petit fonctionnaire et pourtant ce n’est pas les affaires de corruption et d’atteintes aux deniers du peuple…. qui manquent. Qui a payé dans l’affaire KHALIFA ? LE CHAUFEUR. IGHIL. LE RECEVEUR.

Réponse de Djilali Hadjadj : Effectivement, et je suis d’accord avec vous, chez une majorité d’Algériens il y a une très nette perte de confiance vis-à-vis des gouvernants, et la méfiance est de mise. Faut-il pour autant laisser s’installer une désespérance qui fait l’affaire de ces gouvernants indélicats ? Ne faut-il pas s’interroger sur ce que chacun d’entre nous a fait, ou peut faire, pour que les choses changent ? Dans l’affaire Khalifa, seuls quelques lampistes ont été sacrifiés et l’impunité a été la règle pour tous les commanditaires et les « gestionnaires », parce que le pouvoir, directement concerné et impliqué l’a voulu ainsi, instrumentalisant la justice à tous les niveaux, y compris la Cour suprême, la plus haute juridiction du pays.

Lecteur Mouloud : Bonjour, D’abord je tiens à saluer les membres de cette association et le travail très utile qu’elle effectue. Peut être pourriez vous nous dire pourquoi vos activités ne sont pas assez, à mon sens, connues, rendues publiques? 1/ La corruption est une gangrène: En Algérie, semble-t-il, elle touche toutes les couches sociales et tous les niveaux. Quelle est la part de vérité? Comment peut-on quantifier l’importance de la corruption? 2/ Il n’y a pas de corrompus sans corrupteurs, dit-on? Quel rôle jouent les pays développés, censés être beaucoup moins corrompus et corruptibles dans le développement de la corruption, dans les pays sous développés? 3/ Enfin question remarque: la meilleure façon de faire reculer la corruption ne réside-t-elle pas dans l’éducation et la participation des citoyens à la gestion de leur territoire? Comment? Merci Mouloud

Réponse de Djilali Hadjadj : Dès sa création en 1999, création difficile dans un contexte liberticide, l’AACC a volontairement évité de n’exister que par des communiqués de presse largement médiatisés ; par contre, l’AACC a fourni quelques efforts pour faire connaître au plus grand nombre les activités qu’elle organise régulièrement depuis quelques années. Je suis d’accord avec vous, au-delà de la gangrène qu’elle a causée, la corruption, petite et grande, n’épargne aucun secteur : les faits, les études, les enquêtes, la presse écrite, les donneurs d’alerte et les dénonciateurs, le démontrent quotidiennement depuis de très longues années. Mais bien sûr que la corruption est quantifiable, il existe des méthodes pour le faire. Tant au niveau de la pratique corruptrice entre individus, qu’entre pays dans les transactions commerciales internationales, la corruption est avant tout une affaire de « couple ». Par rapport à la grande corruption, il y a 2 catégories de pays développés : ceux qui rejettent effectivement la corruption et qui ont pris des mesures énergiques pour le faire – les pays du Nord de l’Europe par exemple- (cela explique pourquoi le pouvoir algérien « évite » les relations économiques et commerciales avec eux), et ceux qui « tolèrent » et acceptent de corrompre pour « gagner » des marchés et de grosses commandes venant notamment des pays du Sud producteurs de pétrole, dont l’Algérie : cette 2ème catégorie de pays a même reculé ces dernières années dans ses engagements internationaux contre la corruption, et parmi eux, plus grave encore, il y a 3 pays qui se distinguent en n’ayant pas ratifié à ce jour la Convention des Nations unies de 2003 contre la corruption : L’Allemagne, l’Italie, et le Japon ( qui préside cette année le G8). Ces 3 pays, faut-il le rappeler, font partie des principaux clients et fournisseurs de l’Algérie.

Lecteur Rachid Kesri : Une décentralisation des pouvoirs, et partant, des options nouvelles de gestion autonome et régionalisée de l’économie (telles celles proposées par le MAK par exemple) ne pourrait-elle pas être un moyen de couper l’herbe sous les pieds de la faune prédatrice en rendant la gestion des transactions beaucoup plus transparente et donc mieux contrôlable pour le plus grand intérêt de tous les algériens ?

2 autres questions similaires :-…..Je soutiens sur d’autres plans l’idée de la régionalisation de l’Algérie, je veux dire par la décentralisation de l’administration avec une réelle démocratie où les associations joueront leur rôle. Pensez-vous que ça sera un pas vers l’aggravation de la corruption ou au contraire là où les choses sont claires la corruption sera difficile sachant que ce sont les mêmes corrupteurs et les mêmes corrompus? Merci d’avance pour votre éclairement et pour votre action à travers votre association. -….Une démocratie participative et une décentralisation de l’administration (en d’autres termes, une création de régions) peut elle réduire la corruption sachant que les personnes sont les mêmes?

Réponse de Djilali Hadjadj : Il est incontestable qu’une décentralisation effective et s’inscrivant dans un véritable processus démocratique, accompagnée par une dynamique citoyenne de proximité et une définition précise des missions et prérogatives des élus et des Exécutifs locaux, sans oublier la mise à disposition de budgets conséquents, peut contribuer à affaiblir les réseaux de la corruption nichés au cœur des institutions de l’Etat, pour peu que les organes constitutionnels de contrôle ( dont les chambres territoriales de la Cour des comptes ) soient réellement indépendants, et que le droit à l’accès à l’information commence à devenir une réalité.

Lecteur Ramou : Mr Djilali qu’est ce que vous voulez, la corruption est le seul instrument d’exercice du pouvoir en Algérie. Tous les appareils du système (institutions) de l’APC au Sénat en passant par l’assemblée et la présidence, y compris la plus petite association, sont des instruments de corruption. Si vous voulez détruire le système Algérien alors je suis preneur. Cela ne veut pas dire qu’il faut baisser les bras non, ce que vous faites et à faire sont nécessaire. Le mal est là et la solution! Je ne vois pas, pour ma part: c’est de chercher des solutions, chacun à son niveau et localement; peut être l’autonomie des régions, peut être que Ferhat M’henni a raison, en tout cas les tenants du système ne sont pas intéressés par une solution.

Réponse de Djilali Hadjadj :L’idéal serait effectivement d’arriver à détruire ce système rentier, corrompu et liberticide. C’est un travail de longue haleine, d’abord et avant tout un combat pour la démocratie, les libertés et les droits de l’homme, l’affaire de tous les algériens qui partagent ces idéaux. N’eut été l’explosion des prix du pétrole depuis 1999, ce système, à défaut d’être tombé, serait aujourd’hui grandement fragilisé. Mais malgré l’énorme pactole du pétrole, ce pouvoir a perdu du terrain, pour preuve cette répression tous azimuts et cette montée en puissance de l’instrumentalisation de l’islamisme politique et rentier, pour se perpétuer à n’importe quel prix. Les solutions existent, vous en évoquez quelques unes : elles gagneraient à être prises en charge dans la durée, à tous les niveaux et sur les terrains de lutte, dans la plus large unité des forces de progrès (trop dispersées aujourd’hui).

Lecteur Kamel : A qui et à quoi sert-il la caisse noire de Sonatrach ?

Réponse de Djilali Hadjadj :Si elle existe, comme son nom l’indique, elle servirait à des financements occultes. Ce qui est sûr, la transparence n’est pas de mise dans cette entreprise, et pour cause, la culture du secret y est dominante. Ce qui explique qu’elle ait été épinglée dans le tout récent Rapport 2008 de Transparency International sur les revenus du pétrole. Par ailleurs, Sonatrach est connue par ses pratiques abusives et discrétionnaires en matière de dépenses budgétaires, sans qu’elle soit obligée de rendre des comptes. Nous avons d’ailleurs été surpris qu’un grand quotidien évoque récemment les pratiques exemplaires de Sonatrach en matière de responsabilité sociétale ! L’AACC a essayé ces dernières années de mettre en contact de partenariat Transparency International et Sonatrach, cette dernière ne l’a pas souhaité.

Lecteur Amghar : Je remercie si Hadjadj de se prêter à cette exercice de communication digne d’un grand démocrate. Ma question est : est-ce que l’AACC a fait un recours dans l’affaire des fonds des représentations diplomatiques à laquelle le nom de Mr.Bouteflika a été évoqué et par la même occasion éclairer le public sur cette affaire.

Réponse de Djilali Hadjadj :Au moment des faits, qui remontent aux années 70, et trop facilement dévoilés au début de la présidence de Chadli, l’AACC n’existait pas encore. Mais le dossier est en grande partie connu, ainsi que les pratiques qui l’ont alimenté durant les longues années de Bouteflika aux Affaires étrangères. La Cour des comptes qui avait été créée en grande partie pour ça en mars 1980 – pour régler des comptes-, n’a pas eu beaucoup de difficultés à mettre à nu une importante partie de ce scandale, « aidée » par le ministère des affaires étrangères de « l’après Bouteflika » : une circulaire en était sortie qui avait pour objet de revoir la circulation et l’utilisation des budgets affectés à ce ministère et en direction notamment des ambassades et des consulats connus comme étant les plus dépensiers. Des hauts fonctionnaires intègres de ce ministère, aujourd’hui à la retraite, pourraient apporter des témoignages accablants sur les dessous de cette affaire, mais le pouvoir, et pour cause, ne veut surtout pas que ces témoignages soient versés. L’AACC y travaille actuellement.

Lecteur Fella : Azul, mass Djilali, dans des cas avérés de corruption la société civile peut-elle ester en justice les responsables ou saisir les instances internationales?

Réponse de Djilali Hadjadj : Non malheureusement, la loi du 20 février 2006 de prévention et de lutte contre la corruption ne le prévoit pas. L’AACC avait fait une proposition dans ce sens au gouvernement : ce dernier a refusé de l’inclure dans l’avant-projet de loi. Alors que la Convention des Nations unies de 2003 contre la corruption, ratifiée par l’Algérie, recommande que cette pratique soit autorisée. En novembre 2007, le gouvernement français avait aussi refusé que cette possibilité soit incluse dans la nouvelle législation contre la corruption.

Lecteur Laghouati, : La lutte contre la corruption est une œuvre de longue haleine et qui présente beaucoup de risques. Cette lutte nécessite la collaboration de tout le monde : les instances politiques, la justice et la population. Il faudrait des gouvernants , des décideurs , des hommes politiques compétents et propres , une justice impartiale et un peuple conscient de son rôle dans le changement et politisé .Tous ces éléments sont absents pour le moment : comment donc lutter contre la corruption lorsque l’on a une classe politique incompétente , qui ne pense qu’aux postes pouvant lui permettre de s’enrichir , une justice étroitement dépendante du pouvoir exécutif et une population terrorisée qui a peur de dénoncer. Ce n’est qu’au prix d’un réel changement de ces 3 composantes que l’on peut prétendre arriver à changer quelque chose.

Réponse de Djilali Hadjadj : Je suis tout à fait d’accord avec votre analyse. Vous avez oublié la presse sur laquelle il faut faire pression pour qu’elle se ressaisisse et qu’elle devienne réellement indépendante et du pouvoir et des milieux d’affaires et de l’argent. Il faut intensifier les luttes pour parvenir à imposer ce changement que vous évoquez. C’est un travail de longue haleine, d’abord et avant tout un combat pour la démocratie, les libertés et les droits de l’homme, l’affaire de tous les algériens qui partagent ces idéaux. Il est possible de faire bouger les lignes – les Algériens le démontrent quotidiennement et les exemples abondent.

Lecteur Boukinsis : Monsieur Hadjadj vous savez aussi bien que nous tous que l’Internet a dévoilé beaucoup des malversations de nos décideurs, à commencer par la famille présidentielle, les généraux, les ministres, les walis etc. Ce n’est plus un tabou. L’impunité a fait que la corruption fait partie du quotidien et le peuple commence à s’y habituer d’une manière très dramatique. Quand on nous dit que le ministre « flane » a détourné 2 millions de dollars, ça passe comme si on donnait le score d’un mach de foot et on oublie vite ce ministre en parlant d’un général qui prend des pourcentages sur les sociétés d’importations en échange de sa protection et ainsi de suite. Qui va lutter contre la corruption du moment que la justice est elle même le théâtre de scènes de corruption hystériques : j’ai vu des procureurs de la République, des juges d’instruction, des présidents de Cour succomber à des sommes allant de 30 000 à 50 000 DA : sur 10 affaires la semaine ils se remplissent les poches. La corruption est tout simplement devenue un phénomène de société en Algérie. Ne pensez vous pas que la corruption est désormais devenu une culture dans notre pays, et qu’il est hypothétique voire illusoire de vouloir lutter contre ce phénomène ? Un avis d’un sociologue serait le bienvenu sur cette question.

Réponse de Djilali Hadjadj : Ne pas prendre pour argent comptant – sans vouloir faire de jeux de mots -, tout ce qui est publié sur Internet : il faut toujours essayer de partager le bon grain de l’ivraie. Ce qui est sûr, c’est qu’Internet est notamment un outil extraordinaire pour faciliter l’accès à l’information. L’étendue de la corruption dans la justice est énorme et les chiffres que vous donnez sur les pots-de-vin sont très loin des « tarifs » actuels en vigueur. Je ne partage pas du tout votre pessimisme et votre défaitisme dans la lutte contre la corruption.

Lecteur Mohand.Ouchavane : Mr Hadjadj pour tout le respect que je vous dois : peut-on parler de corruption basse et de haute corruption comme en météo basse pression et haute pression ou de mesures d’altitude basse altitude et haute altitude .Comment arriver à identifier la haute corruption située dans les hautes sphères et comment réussir à la combattre ? Merci.

Réponse de Djilali Hadjadj : Ou grande et petite corruption, centrale ou locale, verticale (dans un secteur donné) ou horizontale (sur un territoire donné). La typologie de la corruption est très large. L’identification de la grande corruption au sein du pouvoir en Algérie est « facilitée » – paradoxalement -, par l’impunité dont bénéficie ce pouvoir : le « tout est permis » qui prévaut à grande échelle devient un vecteur de cette identification et permet de presque tout savoir, sans même faire de grands efforts d’investigation ni mener de grandes enquêtes. Combattre cette corruption est une autre affaire, autrement plus difficile et plus risquée, le pouvoir intensifiant la répression sous toutes ses formes pour se protéger des dénonciateurs.

Lecteur Mohand Mokher : Mr Djilali Bonjour. Au lieu de courir derrière les multinationales pour les obliger ou inciter à publier ce qu’elles payent, pourquoi ne pas obliger les compagnies nationales à publier ce qu’elles vendent (quantités et prix) ?

Réponse de Djilali Hadjadj : L’AACC essaye de faire les 2. Les Multinationales installées en Algérie doivent rendre public ce qu’elles payent au gouvernement et ce qu’elles engrangent comme revenus de toutes sortes : les Algériens doivent savoir. Nous faisons partie des signataires en 2002 de l’Initiative internationale « Publiez ce que vous payez » que vous pouvez découvrir sur Internet.

Lecteur Mohamed Hannachi : Mr Djawad Anis vous dit : chaque fois qu’un délit pareil est avéré, des manifestations doivent être organisées pour que la justice s’en saisisse et fasse son travail. NON monsieur, il faut d´abord manifester pour déloger cette justice, après tout rentrera dans l´ordre.

Lecteur Djawad Anis : C’est bien beau de dénoncer la corruption mais ce n’est pas suffisant. C’est un phénomène tellement répandu dans notre pays que tout le monde en parle librement. Ce qu’il faut à mon avis, c’est que le peuple passe à l’action. Chaque fois qu’un délit pareil est avéré, des manifestations doivent être organisées pour que la justice s’en saisisse et fasse son travail. Mais vous allez me dire que même la justice est corrompue, c’est hélas la vérité aussi.

Réponse de Djilali Hadjadj : Facile à dire, très difficile à faire, face à un pouvoir autoritaire et répressif, qui maintient l’état d’urgence indéfiniment, et dont la règle est « qui n’est pas avec moi est contre moi » et « qui est contre moi, je le combats avec les moyens les plus illégaux ». Ce que vous préconisez est l’idéal : l’AACC ne demande qu’à manifester publiquement, tous les jours s’il le faut, à chaque fois que c’est nécessaire pour dénoncer un cas avéré de corruption. Ce qui ne veut pas dire que nous ne l’envisageons pas. Nous avons commencé à le faire dernièrement – rassemblements dans la rue à Khenchela lors du 9 décembre, Journée internationale contre la corruption, et nous le referons sans hésiter.

Lecteur Taleb : La corruption est un mal qui ronge notre cher pays depuis l’indépendance, aujourd’hui votre association prône des actions contre la corruption. Mais connaissant notre pouvoir et même notre société : est ce vraiment possible d’éradiquer la corruption qui s’étale sur tous niveaux où chaque algérien vole selon le poste qu’il occupe ? Bien sûr il y a des hommes et femmes honnêtes, mais peuvent-ils contrecarrer une mafia qui sème la terreur pour garder sa main mise sur notre économie ? Je trouve votre travail encourageant et noble et je vous souhaite BON COURAGE.

Réponse de Djilali Hadjadj : Soyez nombreux à nous rejoindre, et aux côtés et avec toutes les forces de progrès, nous pourrons contribuer à élever et à pérenniser ce combat contre la corruption.

Lecteur Djeha Namous : Bonjour Mr HADJADJ. Ce n’est nullement pour diminuer de l’importance de votre association, mais seulement je voudrais que vous nous expliquiez l’utilité de cette association que vous représentez dans un pays où manifestement la corruption est non seulement devenu légion mais en plus, toute personne qui s’aviserait à afficher sa désapprobation face à ce fléau peut être certain que d’une manière ou d’une autre on finira par lui réserver de belles chiennes pour ses chiens (excusez l’expression). En plus, il ne faut pas avoir peur de dire que la corruption est en plus présente même dans les institutions censées elles- mêmes la combattre (police, justice, etc.) alors je vous en prie !!!! C’est pourri jusqu’à la moelle!!

Autre question similaire : …..Svp, dites vous représentez quoi au juste ? Comment votre association a été créée ? Et par qui au juste ? Et pour quel but ? Et est ce que vous avez un pouvoir pour mettre à nu le vol au quotidien par la mafia qui ronge notre pays et bien sur à sa tète …………? Svp répondez bien à mes questions et merci.

Réponse de Djilali Hadjadj : L’AACC a été créée par des citoyens issus de différents secteurs d’activité à l’effet, dans une première étape, de contribuer à casser le tabou de la corruption, à en parler ouvertement et publiquement , à essayer d’en quantifier l’ampleur et d’en connaître les mécanismes, de mener des actions d’information, et d’élargir son champ d’action, notamment sur le terrain auprès de toutes celles et de tous ceux qui se sentent concernés par ce combat et qui veulent passer à l’action. Nous avons toujours eu le courage de nos déclarations, de nos écrits et de nos prises de position quant à l’étendue de la corruption, et nous avons maintes fois dénoncé les ravages que cause ce fléau, notamment dans les secteurs de la justice et de tous les services de sécurité, quel qu’ils soient, et pas uniquement la police. Puisque c’est pourri, agissons pour nous débarrasser de cette pourriture et nous en prémunir !

Courrier envoyé via Internet : Cette association a-t-elle reçu l’agrément des autorités? Comme les autres associations officielles: ligue des droits de l’homme. Quand on sait que Bouteflika a été accusé du temps de Chadli. Surtout n’avancez pas quelques noms de minables qui vont servir d’alibi. Je vais espérer, si vous êtes contre un troisième mandat de notre despote, que votre action serve à quelque chose…au moins parler de la corruption!

Réponse de Djilali Hadjadj : Malgré le dépôt de notre dossier de demande d’agrément, conformément à la loi de décembre 1990 relative aux associations, au ministère de l’Intérieur, ce dernier ne nous a jamais répondu, ne serait-ce que par bienséance la plus élémentaire, et malgré les nombreux courriers de rappel que nous lui avons adressés. Une disposition de cette loi, quand il n’y a pas de refus écrit de ce ministère dans un délai donné, nous autorise à nous considérer comme association agréée de fait. Du côté du pouvoir (présidence de la République), on nous a fait savoir que l’AACC n’était ni autorisée, ni interdite, mais qu’elle était tolérée ! L’AACC se prononcera prochainement sur le projet du pouvoir de modifier la Constitution et d’accorder un 3ème mandat à l’actuel président. Personnellement, je suis signataire de l’Initiative civique pour l’application effective de l’actuelle constitution. Par principe, l’AACC est pour l’alternance au pouvoir, et considère que l’exercice des 2 mandats de l’actuel chef de l’Etat est un échec total.

Lecteur Kamel Ouahioune : Bonjour Monsieur Djilali HADJADJ, Tout d’abord je salut votre courage pour votre travail contre la corruption… (Je lis régulièrement votre page hebdomadaire du lundi, sur le sujet dans le Soir d’Algérie, ainsi que celle du mercredi sur les droits des retraites) Ensuite, j’ai l’honneur de vous poser la question suivante pour le forum le Matin:- Que pensez vous d’une loi faisant obligation à toute institution de publier ses comptes sur internet afin que tout le monde puisse la contrôler et par là décourager toute forme de corruption en son sein ? Merci d’avance pour votre réponse!

Réponse de Djilali Hadjadj : C’est une pratique en vigueur déjà dans de nombreux pays et que la Convention des Nations Unies de 2003 contre la corruption nous recommande de mettre en place. Cela s’appelle le E-gouvernement et cela permettrait à tout citoyen, et donc à tout contribuable, d’exercer son droit à l’accès l’information, droit qui n’existe pas encore dans la législation algérienne. Le culte du secret est encore largement dominant dans les institutions de l’Etat et de leurs démembrements. A titre de (mauvais) exemple, le ministère de l’Intérieur n’a toujours pas de site Internet !

Publié dans Economie(11) | Pas de Commentaire »

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