A bord d’une embarcation de fortune, neuf jeunes de Dellys fuient vers l’Espagne

Posté par algeriedemocratie le 1 juillet 2012

A bord d’une embarcation de fortune, neuf jeunes de Dellys fuient vers l'Espagne dans harraga(25) harraga%20caricature_300_219

Les Jeunes Algériens continuent de fuir leur pays en prenant tous les risques possibles et inimaginables ! Pour preuve, à Dellys, une ville côtière située à 50 Km de la capitale Alger, neuf jeunes harragas ont fui vers l’Espagne à bord d’une simple embarcation de fortune !

 

Selon le correspondant local d’El Watan,   »ces harraga, âgé entre 20 et 36 ans, sont arrivés sains et saufs après une traversée qui aura duré plus de 48h ». Ils ont même réussi à contacter « leurs proches hier pour les rassurer de la réussite de l’aventure » !  Cette nouvelle tentative de harga prouve on ne peut mieux que les jeunes Algériens ne voient aucune perspective prometteuse pour l’avenir dans leur propre pays.

source: NessNews

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

Ayant suivi de près une tentative de “harga”

Posté par algeriedemocratie le 17 février 2010

Enquète : Harraga

Ayant suivi de près une tentative de “harga”

Les secrets d’une aventure suicidaire !

Par : M. O. T.

2

Omar et le groupuscule d’accompagnateurs venus saluer les boat people s’éclipseront furtivement  et dans la discrétion, tout comme ils avaient rejoint la plage.

“Omar, mon frère, si nos jours sont comptés, je préfère que nous ne mourions pas tous les deux ensemble !” Ce sont les ultimes propos ayant persuadé le jeune Omar à renoncer, au moment même où il mettait ses pieds sur l’une des cinq embarcations en partance vers l’Espagne, à l’aventure de la traversée transméditerranéenne clandestine ! Aujourd’hui, Amine, le frère aîné, auteur de ces propos instinctifs, vit dans la région parisienne. Omar est resté à Mostaganem. Témoin de tous ses préparatifs, c’est lui qui nous raconte une grande partie des péripéties de l’aventure que vous allez suivre.
Disposant de véhicules, motos et pleins d’autres “gadgets” et biens personnels à même de susciter le rêve et l’envie de nombre de ses congénères, Amine ne manquait pratiquement et apparemment de rien chez lui à Mostaganem. Et pourtant… !
À l’instar de centaines, voire de milliers de jeunes de son âge, il céda à la tentation de l’“Eldorado outre-méditerranéen”, abandonnant ses études dont il devait entamer la quatrième et dernière année à l’école régionale des beaux-arts de Mostaganem. “Chauffé” par l’étrange facilité d’une traversée écourtée à à peine 5 ou 6 heures par la folle rumeur colportée à travers la région, Amine jouissait d’une autre “force attractive” pour le continent européen : trois tantes maternelles étaient légalement établies en France alors que deux oncles venaient de réussir, cahin-caha, la traversée clandestine, juste quelques semaines avant lui. Le premier oncle avait rejoint, l’été dernier, l’Italie à partir de la côte d’Annaba. Un mois plus tard, c’est au départ de la Salamandre, la coquette station balnéaire de Mostaganem, que le second avait mis le cap sur la côte ibérique. Agonisant, massacré et fracassé, lui et ses compagnons de voyage, par une mer en furie, il a failli rejoindre l’au-delà avant d’atterrir sur l’autre rive ! Ayant rallié tout de même la France, il se remet difficilement de son traumatisme et de ses fractures multiples, nous confie son neveu Omar.  En dépit de ce cauchemar certainement vivace, l’obsession de l’aventure ne cessait de tarauder l’esprit du feu follet Amine.
Entraîné par la fougue irrésistible qui s’est emparée cet été des jeunes Mostaganémois, il commença par amasser le pécule nécessaire à la “croisière” aventureuse. À cet effet, il “liquida” et ses biens propres et les objets que lui avait confié son oncle avant son départ ! Quelque 70 millions de centimes du “butin” sont reconvertis en euros. De connivence avec cinq autres compères, et à l’insu des parents, les préparatifs de l’aventure à haut risque sont intenses. En dehors du groupuscule et d’un cercle particulièrement restreint d’amis et de complices, rien ne filtre sur le “plan d’action” envisagé.
Le “vaisseau” à emprunter, ou “botty” dans le jargon des harraga, est une embarcation de 4,90 mètres achetée à un émigré. On la dote d’un moteur de marque Yamaha neuf, acquis pour 28 millions de centimes. L’appareil de guidage par satellite est acheté à Oran pour 6,7 millions de centimes, sans compter les frais du service du “technicien” sollicité pour la mise au point et l’initiation au maniement de l’équipement.
On se dote de deux chambres à air pour pneus de tracteur et d’une pompe à air pour les gonfler afin d’en faire des bouées de sauvetage en cas de besoin. On se procure une bonne dizaine de jerrycans de carburant, des bottes, des gilets de sauvetage et quelques colis de dattes dont on n’a même pas la certitude d’en consommer, tellement l’appétit s’estompe face au mystère de l’imprévu. On s’assure du “beau temps” promis par Dame Météo, consultée via internet et on implore Dieu pour le bon déroulement de la succession des évènements à affronter.
On s’arrange en vue d’une sortie sans encombre, des eaux territoriales nationales, et on s’est fixé le jour J — plutôt la nuit N — afin de garantir une meilleure discrétion à une semaine des fêtes de l’Aïd !
Deux véhicules, dont un fourgon, étaient empruntés, cette nuit-là, pour acheminer hommes et bagages à Sidi Mejdoub, l’autre station balnéaire située face au port, à quelques encablures du centre-ville. Les conditions étaient tellement propices qu’on se permit, aux ultimes moments de mettre le cap, d’inviter deux autres jeunes du quartier à prendre part au voyage. Bien que maigre, l’apport financier des deux jeunots qui ne cherchaient que ça contribuait néanmoins à l’amortissement des charges.  Curieux concours de circonstances, pas moins de cinq embarcations étaient en partance, cette nuit-là, pour la rive espagnole ! À la hâte et dans la précipitation, on transborde équipements et provisions.
Les téléphones portables dotés de puces Mobilis sont soigneusement scotchés afin d’éviter tout risque de détection du champ magnétique. Six à neuf “passagers” s’apprêtaient à prendre place dans chaque embarcation. Des filles et même des adolescents faisaient partie des aventuriers. L’émotion est à son comble au moment du grand départ   : pleurs et sanglots étouffés fusaient, ça et là, en sourdine ou en silence au moment des ultimes adieux.  Amine était incapable de résister à l’émotion intense. “Omar, mon frère, si nos jours sont comptés, je préfère que nous ne mourions pas tous les deux ensemble !” dit-il à l’adresse de son cadet avant de l’embrasser bien fort. Guère plus tenace, Omar ne tarda pas à céder à une telle supplication. Ne trouvant mot à redire, il s’exécuta et descendit de l’embarcation prête pour le départ.
Il était environ une heure quand les cinq “botty” s’ébranlèrent à destination de la rive rêvée. Omar et le groupuscule d’accompagnateurs venus saluer les boat people s’éclipseront furtivement et dans la discrétion, tout comme ils avaient rejoint la plage.
Le lendemain, il était 13 heures passées quand le téléphone portable d’Omar retentit. Somnolent sous l’effet du jeûne et en quête de sommeil, il eut du mal à déchiffrer le SMS dont il venait d’être destinataire. “Appelles-moi !” Bien que laconique, le message était néanmoins fortement réjouissant. Il augurait d’un bon signe ! Amine était bel et bien vivant. Dans la précipitation, Omar formula et reformula le numéro d’appel de son frère. Une fois ! Deux fois ! À la troisième tentative, le répondeur automatique s’exprimant en espagnol précéda Amine.  Amina et ses “coéquipiers” étaient arrivés à bon port, quelque part sur la rive d’Almeria ! Abandonnant embarcation et équipements encombrants, le groupuscule de compagnons s’est aussitôt disloqué. Trois jours durant, Amine passait le plus clair de son temps à déambuler, en duo avec un ami, à travers une forêt côtière. Ici, Omar “approvisionnait” quotidiennement la puce particulièrement “gourmande” d’Amine ! 400 à 500 dinars lui étaient “télé-crédités” chaque jour. Grâce à ce subterfuge permis par l’opérateur public de téléphonie mobile, le contact avec Omar et la famille restée au pays est, depuis, permanent.
Au terme d’un bref séjour chez un concitoyen originaire de Relizane établi à Barcelone, le duo de clandestins en “cavale” est entré en France en compagnie d’un proche venu les chercher à Marseille.  Aujourd’hui, Amine qui fêtera la semaine prochaine son 25e anniversaire, est hébergé par l’une de ses tantes maternelles. “Bossant” comme un dingue, il tente de se frayer, là-bas, l’avenir rose tant rêvé ici chez lui !

M. O. T.

libérté

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

Les harraga et la mauvaise gouvernance

Posté par algeriedemocratie le 4 novembre 2009

Les harraga et la mauvaise gouvernance

Kamel Alimazigh   

Tant que le phénomène de la harga n’affectait que les ressortissants des pays subsahariens, j’entendais des gens dire : « Les pauvres ! C’est la misère extrême qui les pousse à risquer leur vie pour atteindre les îles Canaries ou les rivages du sud de l’Espagne.

Effectivement, les pays d’origine sont pauvres et n’ont que très peu de moyens pour sortir du sous-développement. Maintenant que le phénomène touche l’Algérie, je me permet de dire que c’est une honte, car notre pays a les moyens d’offrir une vie digne à tous ses enfants. Il en a les moyens, oui ! Il a la richesse pour le faire, oui !

Au moment où les caisses du Trésor public débordent de l’argent des revenus pétroliers, nous ne savons ni le dépenser toujours efficacement ni l’investir toujours efficacement. L’adverbe « toujours » est souligné pour préciser que mon intention n’est pas de dénigrer systématiquement tout ce qui se fait en Algérie. Il y a des dépenses et des investissements intéressants et efficaces, mais nous sommes très loin d’exploiter au mieux toutes les réserves financières dont le pays dispose. Et c’est là, que nous arrivons à la mauvaise gouvernance.

Ceux qui parlent de bonne gouvernance en ce qui concerne l’Algérie ou bien ils ne savent pas du tout ce que cela signifie ou bien ils le savent et choisissent délibérément la langue de bois et l’hypocrisie pour mentir encore au peuple. Il y a des critères objectifs pour juger de la bonne gouvernance, et il n’est pas permis que chacun la comprenne à sa manière, surtout pas en fonction de sa position, de ses intérêts propres et de ses privilèges. En tenant compte des critères objectifs, on peut donner une définition très large de la bonne gouvernance, en disant que c’est la recherche permanente du bien-être des citoyens.

Les scientifiques disent que « les faits sont têtus », et les faits de la réalité algérienne s’expriment d’eux-mêmes, en nous montrant une situation socioéconomique particulièrement difficile pour les citoyens algériens, notamment ceux des couches pauvres et moyennes. Je ne suis pas le premier, ni le seul à dire, d’éminents économistes algériens l’ont signalé avant moi, qu’il est, pour le moins, très discutable qu’une bonne partie de notre argent soit placée aux Etats-Unis, alors que nous supplions les pays occidentaux de venir investir en Algérie et ce, outre la morale de voir notre propre argent servir, d’une manière ou d’une autre, à soutenir l’agression du peuple irakien ou celle du peuple palestinien, à travers les soutiens sans réserve des Etats-Unis à Israël. Notre argent ferait bien de rester chez nous pour être investi dans le maximum de projets créateurs de maximum d’emplois nouveaux et c’est là, la seule véritable façon (bonne gouvernance) de lutter contre le phénomène de la harga.

Oui, bien sûr, cela prendra du temps, mais cela est à notre portée et nous avons perdu beaucoup de temps. Il est très urgent de réagir. Très urgent aussi de mettre sur pied un plan pluriannuel national de transition vers l’après-pétrole. L’idée d’« œuvrer pour l’au-delà, comme si nous mourrions demain, et d’œuvrer pour notre vie, comme si nous allons vivre éternellement » est très chère à notre culture arabo-musulmane. Mais nous avons l’impression que l’avenir ne préoccupe pas l’esprit des gouvernements algériens qui se sont succédé.

L’après-pétrole c’est dans une vingtaine d’années, selon certains experts. Vingt ans c’est à peine, c’est seulement le temps qui sépare aujourd’hui des émeutes d’octobre 1988. Il vaut mieux ne pas croire ceux qui parlent de réserves pétrolières pour 40 ou 50 ans encore, car si leurs prévisions sont fausses, nous risquons de le payer très cher, car nous nous serions endormis en attendant que Dieu trouve des solutions à nos problèmes au lieu de nous attaquer à les résoudre en préparant l’avenir, ce qui exige forcément beaucoup de temps. J’avoue que je suis jaloux de voir des documentaires à la télévision montrant que certains pays du Golfe — pourtant des royautés — investir tous azimuts dans le tourisme et ce, depuis plusieurs années déjà, pour assurer des revenus décents à leur population — pourtant assez fiable — pour le début de l’ère après-pétrole. Les choses étant objectivement différentes pour l’Algérie, nous devons consentir de gros investissements dans l’agriculture et dans les secteurs industriels qui nous seront laissés plus ou moins libres par la mondialisation destructive des économies du tiers-monde.

La bonne gouvernance c’est aussi avoir des Algériens très compétents dans les hauts postes de responsabilité pour faire face à cette mondialisation ravageuse et protéger les citoyens des risques de paupérisation, encore grandissante à l’avenir. Il faut bien avoir présent à l’esprit que la chance qu’a eu l’Algérie (malchance peut-être pour certaines raisons comme l’habitude acquise de ne pas suer au travail), d’être dotée de pétrole est une chance unique depuis que la planète Terre existe. Si nous ratons cette chance exceptionnelle de profiter de ce don de Dieu pour assurer notre développement, alors nous risquons de rester éternellement sous-développés et de ce fait, de nouveau colonisables, ce qui confirmerait les idées de Malek Bennabi sur la « colonisabilité ».

A moins que la science réussisse à trouver des solutions pour le stockage et le transport de l’énergie solaire, auquel cas, tous les pays arabes pourront en exporter, car bien dotés de cette énergie qu’ils n’auront eux-mêmes pas produite. Mais alors qu’attendent les pays arabes pour se doter d’un super-centre de recherche en énergie solaire ? Ce serait une bonne solution pour l’après-pétrole. A moins que les scientifiques occidentaux trouvent un moyen de rendre leur pays complètement indépendant en matière d’énergie. La science réserve toujours des surprises.

Pour en revenir à la mauvaise gouvernance, il me tient beaucoup à cœur de signaler des faits, rien que des faits, qui semblent prouver que les droits des citoyens algériens ne sont pas protégés comme ils devraient l’être. Quel rapport avec les harraga ? La Constitution donne le droit à tout citoyen d’être protégé par son Etat, d’avoir les conditions d’une vie digne. Les harraga, dans leur majorité statistique, n’ont pas bénéficié d’une scolarité performante qui minimiserait les exclusions des établissements scolaires (échec partiel du système scolaire), ils n’ont pas bénéficié d’une formation professionnelle en rapport avec les besoins de l’économie algérienne pour leur faciliter l’entrée dans la vie professionnelle et enfin, ils n’ont pas bénéficié d’un poste de travail.

Les faits que je souhaite signaler sont :

1er cas : les Algériens emprisonnés à Guantanamo n’ont pas eu l’aide et l’assistance du ministère algérien des Affaires étrangères, alors que dès le début de leur arrestation, il était clair que les Etats-Unis piétinaient les droits de l’homme et les conventions internationales. La meilleure preuve étant que beaucoup de prisonniers ont été libérés, parce que complètement innocents. J’aurais été fier de mon pays, si nous avions mené une campagne médiatique internationale pour exiger que la justice américaine agisse rapidement en jugeant les suspects, en condamnant ceux contre lesquels des preuves formelles auraient été trouvées, mais avec la garantie du contrôle de la part d’avocats algériens, commis d’office par notre pays, et en libérant immédiatement ceux pour lesquels aucune preuve ne pouvait être trouvée.

2e cas : les universitaires algériens torturés en Egypte, il y a quelques jours. La réaction du ministère des Affaires étrangères n’est pas à la hauteur de la gravité des faits. J’espérais une condamnation officielle publique et très ferme avec rappel de l’ambassadeur d’Algérie.

3e cas : Le Quotidien d’Oran du 28 janvier informe ses lecteurs que trois prisonniers algériens ont été amputés d’une main. Je suppose que l’information est sûre, mais elle me paraît tellement horrible que je souhaite encore que ce ne soit pas vrai. Que dire ? De quel droit pareille barbarie ? Si les faits s’avèrent exacts et si les victimes étaient occidentales, il est pratiquement certain que cela aurait servi de prétexte pour un bombardement de la Libye ou une occupation du pays. L’Algérie étant pacifiste, j’espère que, comme écrit pour le cas précédent, elle élèvera une très ferme protestation et rappellera son ambassadeur « pour consultations », cela dans l’immédiat. Dans le court terme, c’est-à-dire assez rapidement, désigner une commission mixte d’experts des deux pays relevant des ministères de la Justice et des Affaires étrangères pour proposer une convention, selon laquelle les citoyens algériens – résidents ou de passage en Libye – seraient jugés, selon les principes du droit algérien pour des délits commis sur le territoire libyen et, réciproquement, les citoyens libyens, ayant commis des délits sur le territoire algérien, seraient jugés selon le droit libyen à l’exclusion de peines portant préjudice à l’intégrité physique (amputation) ou morale. Cela ressemblerait, quelque peu, aux accords qui existent entre le Tchad et la France, les travaux forcés n’existant plus dans le droit français. Il ne sert à rien de déclarer que les victimes algériennes sont d’honnêtes travailleurs, car ce statut n’empêche pas de commettre des délits. Il est plus judicieux, plus indiqué de s’insurger contre ces pratiques barbares qui affectent nos compatriotes. Cette suggestion d’accord judiciaire entre l’Algérie et la Libye va dans le sens de la bonne gouvernance pour la protection du citoyen algérien, même hors des frontières nationales.

Le mot de la fin ? Je suis révolté par les peines de prison qui affectent les harraga, lorsqu’ils sont arrêtés en Algérie après une tentative infructueuse de rejoindre les rives de l’Europe. Est-ce pour faire plaisir aux Etats européens, comme quoi nous faisons tout notre possible pour dissuader l’émigration clandestine vers l’Europe ? Je ne crois pas que les peines de prison dissuadent d’une « récidive ». El harga est une tentative d’évasion. Le harrag considère l’Algérie comme une prison, c’est une conception propre à son esprit. Le mettre aux arrêts entre quatre murs constitue pour lui une prison dans une prison : ce qui risque d’avoir des conséquences graves sur son équilibre psychologique. Je me préoccupe de la santé de mes concitoyens, c’est pour cela que j’attire l’attention du ministère de la Justice : les lois faites par les hommes peuvent être changées pour les faire évoluer vers plus d’humanisme. Les responsables politiques sont-ils capables d’agir pour rendre la vie agréable en Algérie pour toute sa jeunesse, afin qu’elle ne pense plus à fuir le pays ou bien ne sont-ils capables que de s’apercevoir, sur le tard, qu’il existe des jeunes en Algérie ? En plus des « compétences nationales », qui quittent le pays pour des raisons diverses, le départ des jeunes appauvrit l’Algérie de ses forces vives et nous maintient, encore plus, dans le sous-développement.

L’observation des faits :

La sociologie étudie les comportements des groupes sociaux et propose des solutions pour mettre fin aux dysfonctionnements ou aux entraves vers le bien-être des citoyens. On définit un groupe social, en sociologie, comme étant un ensemble d’individus — du plus petit ensemble de deux personnes aux très grands ensembles au nombre illimité — qui se réunissent pour atteindre un but ou réaliser un projet commun qui, une fois atteint, entraîne la disparition dudit groupe ou le maintien de son existence par la fixation d’un nouveau but ou d’un nouveau projet. Cette définition s’applique parfaitement aux harraga qui « montent » toute une entreprise logistique destinée à un seul but, celui de quitter clandestinement le pays et une fois leur but atteint : le débarquement sur une rive de l’Europe, ils se séparent – le groupe n’existe plus – car chacun, de son côté, ira se débrouiller pour vivre.

Je voudrais ajouter une précision en disant que, contrairement aux sciences exactes qui exigent une très longue instruction pour arriver à leur parfaite maîtrise, tout esprit doué de bon sens, de logique et d’objectivité peut arriver à faire une bonne analyse d’un phénomène social et ce, sur la base d’une bonne observation des faits. C’est ainsi que j’ai eu de nombreuses fois le plaisir de lire de très bons articles traitant de problèmes sociaux et rédigés, soit par des journalistes n’ayant pas eu de formation universitaire en sociologie mais en économie ou sciences politiques ou droit, etc., soit par des citoyens d’un niveau d’instruction plus modeste.

Kamel Alimazigh
Professeur de sociologie

 

Source: http://www.elwatan.com

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

65% des harragas interceptés en Espagne sont des Algériens

Posté par algeriedemocratie le 2 novembre 2009

Selon l’agence européenne Fontex

65% des harragas interceptés en Espagne sont des Algériens


En 2009, 65% des immigrants clandestins interceptés en Espagne provenaient de l’Algérie et la majeure partie l’a été au niveau des côtes du Levante espagnol, fait ressortir un communiqué de l’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne (Frontex).

source:liberté

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

7 harraga réussissent leur coup

Posté par algeriedemocratie le 18 octobre 2009

7 harraga réussissent leur coup

7 harraga partis d’El Amria, il y a deux semaines, à bord d’une embarcation sont arrivés à bon port en Espagne. Ils ont appelé leurs parents pour les rassurer sur leur sort.

C’est la nouvelle qui a fait le tour d’El Amria, chef lieu de daïra côtière du Témouchentois. Cependant, l’on indique que l’un de ces chômeurs partis pour des cieux estimés plus cléments, le plus jeune, âgé de 15 ans, est tombé dans les mailles des filets de la police espagnole.

source: el watan

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

les harragas

Posté par algeriedemocratie le 26 août 2009

CUBA-US-MIGRATION-RAFTERS-ARREST

tweetmeme_url = ‘http://www.algerie-focus.com/2009/08/25/algerie-penalisation-les-harraga-pour-ou-contre/’;tweetmeme_source = ‘hchicha’;tweetmeme_style = ‘compact’;
 

 

Depuis Janvier dernier, l’Algérie dispose d’un arsenal juridique à même de pénaliser le phénomène de l’immigration clandestine. Cette loi n’a pas eu l’impact escompté étant donné que l’article 75 qui punit d’une peine de prison et d’une amende les personnes qui tentent de quitter illégalement le pays, n’a en aucun cas découragé les candidats. Les chiffres sont alarmants et le temps presse. D’ailleurs des voix s’élèvent pour dénoncer cette loi jugée incohérente et assimilée à « une atteinte aux droits de l’homme« .

Rahim, enseignant:

C’est indigne de nous de pénaliser des gens qui le sont déjà. Rien ne permet ce genre de loi. N’importe qui a le droit de se balader hors des eaux territoriales algériennes dans une embarcation de fortune. Personne n’a rien à dire. Les seuls qui devraient pouvoir légiférer sont les pays hôtes, eux ont le droit de ne pas accepter des immigrants et donc à les pénaliser. Le hic c’est qu’ils ne le font pas. A cette étape, c’est de l’excès de zèle, rien d’autre.

Rafik, architecte:

Immigrer, voyager, partir, c’est vieux comme le monde, on ne peut mettre un terme à ce phénomène. La seule disposition à prendre devrait être d’éviter les catastrophes comme les noyades et autres morts pour cause de voyage risqué. Mais de là à punir un comportement qui existe depuis la nuit des temps,et qui n’est pas prêt de cesser, je reste perplexe. L’immigration est inscrite dans l’esprit de ces gens, on ne peut pas le changer. Si ces gens le font au péril de leur vie, c’est parce que justement ils n’ont pas pu le faire de manière légale. La solution est ailleurs.

Youcef, restaurateur:

On ne peut rester immobile devant cette décadence. Ces jeunes se donnent la mort en embarquant sur des engins mortels. L’Algérie se vide de ses enfants au profit de réseaux clandestins qui promettent monts et merveilles à des jeunes désœuvrés et désabusés. La pénalisation entraînera l’apeurement de certains malfrats, viendra a bout des réseaux de passeurs et autres conséquences néfastes.

Meriem, juriste:

Il faut rester objectif, pénaliser les harraga c’est un peu la solution de facilité. Il faut au contraire les fixer en Algérie, par l’emploie, l’aide, les formations etc.

C’est nul d’obliger quelqu’un à s’établir là où il ne veut pas le faire. Et si vous me dites qu’il faut rester réaliste, je vous répondrai: pour quoi faire?

Kh_louna
 

Depuis Janvier dernier, l’Algérie dispose d’un arsenal juridique à même de pénaliser le phénomène de l’immigration clandestine. Cette loi n’a pas eu l’impact escompté étant donné que l’article 75 qui punit d’une peine de prison et d’une amende les personnes qui tentent de quitter illégalement le pays, n’a en aucun cas découragé les candidats. Les chiffres sont alarmants et le temps presse. D’ailleurs des voix s’élèvent pour dénoncer cette loi jugée incohérente et assimilée à « une atteinte aux droits de l’homme« .

Rahim, enseignant:

C’est indigne de nous de pénaliser des gens qui le sont déjà. Rien ne permet ce genre de loi. N’importe qui a le droit de se balader hors des eaux territoriales algériennes dans une embarcation de fortune. Personne n’a rien à dire. Les seuls qui devraient pouvoir légiférer sont les pays hôtes, eux ont le droit de ne pas accepter des immigrants et donc à les pénaliser. Le hic c’est qu’ils ne le font pas. A cette étape, c’est de l’excès de zèle, rien d’autre.

Rafik, architecte:

Immigrer, voyager, partir, c’est vieux comme le monde, on ne peut mettre un terme à ce phénomène. La seule disposition à prendre devrait être d’éviter les catastrophes comme les noyades et autres morts pour cause de voyage risqué. Mais de là à punir un comportement qui existe depuis la nuit des temps,et qui n’est pas prêt de cesser, je reste perplexe. L’immigration est inscrite dans l’esprit de ces gens, on ne peut pas le changer. Si ces gens le font au péril de leur vie, c’est parce que justement ils n’ont pas pu le faire de manière légale. La solution est ailleurs.

Youcef, restaurateur:

On ne peut rester immobile devant cette décadence. Ces jeunes se donnent la mort en embarquant sur des engins mortels. L’Algérie se vide de ses enfants au profit de réseaux clandestins qui promettent monts et merveilles à des jeunes désœuvrés et désabusés. La pénalisation entraînera l’apeurement de certains malfrats, viendra a bout des réseaux de passeurs et autres conséquences néfastes.

Meriem, juriste:

Il faut rester objectif, pénaliser les harraga c’est un peu la solution de facilité. Il faut au contraire les fixer en Algérie, par l’emploie, l’aide, les formations etc.

C’est nul d’obliger quelqu’un à s’établir là où il ne veut pas le faire. Et si vous me dites qu’il faut rester réaliste, je vous répondrai: pour quoi faire?

Kh_louna

CUBA-US-MIGRATION-RAFTERS-ARREST

source:algerie-focus

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

تابعوا ليلة الشك بواد بقرات بسرايدي.. وركبوا القارب إلى سردينيا

Posté par algeriedemocratie le 25 août 2009

image

رأوا الموت أمامهم.. صارعوا الأمواج.. الهاتف النقال أنقذهم..

في الوقت الذي كانت فيه الأمة العربية والإسلامية قاطبة، تترقب هلال رمضان لإعلان شهر الصيام بكل مشارق الأرض ومغاربها، وفي الوقت الذي كان فيه غلام الله وزير الشؤون الدينية يتلو على مسامع الجزائريين بيان لجنة الأهلة بالتلفزة الجزائرية.

  •  

  • معلنا أن أول أيام الشهر الفضيل هو يوم السبت، مهنئا الشعب الجزائري بقدوم شهر التوبة والرحمة والغفران، وفي الوقت الذي كانت فيه فرقة الدرك الوطني لسرايدي بعنابة تحقق مع 15 حراقا وتم توقيفهم على مقربة بشاطئ واد بقرات، عشية نهار الخميس، أي ليلة الشك، كانوا يستعدون للحاق بقاربهم المركون بالشاطئ الصخري لوادي بقرات، في الوقت نفسه كان 16 شابا من أبناء هذا البلد الغالي يجهزون انفسهم للإقلاع نحو جزيرة سردينيا الإيطالية، في أول يوم من شهر رمضان المعظم.

  • « الشروق اليومي » وبعد إقرار سلطات وحدات البحرية الجزائرية عدم تزويدها بالمعلومة، لأنها نقلت حادثة الموت الأخيرة بسواحل عنابة باحترافية ومهنية عالية، قررت من جهتها البحث عن مصدر معلومة آخر لتنقل لقرائها الأوفياء وللمهتمين بشأن الحراقة تفاصيل الرحلة التي كادت أن تكون بدورها قاتلة ومميتة لولا لطف الله سبحانه وتعالى. ونزولا عند رغبة قراء « الشروق اليومي »، الذين قالوا بأنها الجريدة رقم واحد في الجزائر، والأولى أيضا من بين الجرائد المهتمة بظاهرة الهجرة غير الشرعية.

  • يقول شاب تراجع عن الرحلة الأخيرة للشروق اليومي، بأنهم قصدوا شاطئ واد بقرات بسرايدي في حدود الساعة السادسة مساء من نهار الخميس، بعد أن كانت كل الأمور جاهزة للرحيل، بما فيها المواد الغذائية ومؤونة سحور اليوم الأول، قائلا اخترنا أن ننطلق ليلة الشك، للإفلات من رقابة حراس السواحل، الذين أصبحوا يملأون عرض السواحل البحرية الجزائرية، كل ليلة، وكنا نظن نقص الرقابة الأمنية في تلك الليلة، إلا أن وحدات البحرية بدت لنا جيئة ورواحا بسواحل عنابة، ثم أن ثبوت أول أيام الشهر الفضيل يوم السبت وليس الجمعة، إضافة إلى علمنا أن عناصر الدرك نجحت في توقيف مجموعة من الحراقة قبل التحاقها بالشاطئ، كل هذه الأسباب جعلتنا نعود أدراجنا إلى منازلنا صبيحة الجمعة، وأنصرف كل واحد منا لجلب كميات من التمر واللبن والكسرة وبعض المشروبات الغازية، لنلتقي مجددا ليلة الجمعة، وبعد أن قضينا ساعات على الشاطئ نتبادل أطراف الحديث يقول المتحدث كنت أرى وجه أبي وأمي على طاولة الإفطار في رمضان وأتصور مشاهد وأجواء غيابي عن المنزل في أول أيام شهر الصيام، ومصير أمي المريضة بداء السكري، فقررت التراجع عن خوض هذه المغامرة، ولم أشأ أن أبدي ذلك لمن كانوا معي وهم 16 شابا قدموا من مختلف أنحاء عنابة، وبعد أن تناولت معهم السحور عند الساعة الثانية صباحا أدينا الصلاة جماعة، وحينما قرر الجميع ركوب القارب فضلت تحت الظلام الحالك الانسحاب والعودة إلى المنزل، وأظن أنهم لم ينتبهوا لغيابي، وعدت أدراجي إلى المنزل، وحمدت الله عشية نهار الأحد، عندما علمت أنني نجوت من كارثة كادت تلحق بالقارب، بعد أن بلغ مسامعي أن زملائي علقوا في البحر، فلا هم وصلوا إلى سردينيا، ولا هم فشلوا وأنقذتهم عناصر حراس السواحل، إلا أنني دعوت الله لأن يكون معهم وصليت لأجلهم وقضيت هذين اليومين لا أرى إلا وجوههم أمام عيني، مضيفا أتمنى أن يعودوا في صحة وعافية، أرجو أن تنقذهم القدرة الإلهية.

  • ومن جانب آخر، تنقل الشروق اليومي، تصريحات الناجين التي أدلوا بها لوسائل الإعلام الإيطالية، عقب تمكن عناصر خفر السواحل بالتنسيق مع البحرية الجزائرية من إنقاذ أرواحهم عشية أمس الأول، قبالة جزيرة سردينيا، أين وجدوا في وضعية صحية حرجة للغاية، أقرب إلى الموت منها إلى الحياة، بعد أن نفد البنزين وتوقف القارب على بعد أميال من السواحل الجزائرية والإيطالية ليقضوا بذلك ساعات طوال تحت لفح الشمس الحارقة، يصارعون أمواج البحر العالية والموت الذي رأوه أمام أعينهم، ونقل المعنيون الضحايا بين الحياة والموت مباشرة إلى المستشفى المركزي بجزيرة سردينيا، أين تم إخضاعهم لفحوصات طبية مركزة، لاسيما وأن الضحايا نفدت مؤونتهم قبل 30 ساعة ونفد ماؤهم، وقضوا كل ذلك الوقت في الجوع والعطش، تتقاذفهم الأمواج وتعبث بهم، في انتظار وصول البحرية الإيطالية التي تلقت إشعارا من البحرية الجزائرية التي بدورها حملت شكوى العائلات التي تلقت اتصالا هاتفيا من الضحايا يفيد بأنهم عالقون بعرض البحر وفي نقطة مجهولة علمها عند ربي، وينتظر المعنيون تحويلهم إلى عنابة وإلى عائلاتهم التي تنتظرهم على أحر من الجمر، والكل سيبح الله سبحانه وتعالى عن هذه المعجزة الإلهية التي أنقذت 16 شابا لا حول ولا قوة لهم من الموت المحق

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

Le moteur de leur embarcation est tombé en panne:18 harraga en danger de mort en haute mer

Posté par algeriedemocratie le 25 août 2009

El Watan, 24 août 2009Dix-huit jeunes candidats à l’immigration clandestine sont actuellement exposés à une mort certaine dans les eaux internationales, à 80 miles marins. Le moteur de leur embarcation est tombé en panne.

C’est le frère de l’un d’eux, habitant la cité Le Caroube, qui a avisé, hier matin, le Groupement territorial des garde-côtes (GTGC) de Annaba. Contacté, Zaïdi Abdelaziz, chef de la station maritime principale des garde-côtes de Annaba, nous a déclaré qu’« un parent d’un harraga a effectivement contacté le GTGC mais sans prendre attache avec nos services. Il est venu le matin, informer que son frère lui avait téléphoné pour demander de l’aide en lui communiquant les coordonnés de leur position telles qu’indiquées sur leur GPS. Il n’est plus revenu pour lui demander de plus amples informations ». Tous originaires de Annaba, ces jeunes ont appareillé, selon nos informations, dans la nuit de jeudi à vendredi, à partir de la plage d’Oued Bakrat, dans la commune de Séraïdi (Annaba) à bord d’une embarcation artisanale de 7 mètres. Agés de 18 à 29 ans, les harraga ont navigué durant 30 heures avant que le moteur de l’embarcation ne soit endommagé. En haute mer, ils attendent toujours l’intervention des garde-côtes algériens ou italiens à l’effet de les secourir. D’autant que leurs réserves alimentaires sont épuisées. Ni les premiers et encore moins les seconds ne sont encore intervenus, du moins jusqu’à hier soir.

Par M. F. G.

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

600 « harragas » dans les morgues espagnoles: Le régime algérien a-t-il négocié un accord secret?

Posté par algeriedemocratie le 18 août 2009

Au sujet des dépouilles mortelles de 600 « harragas » dans les morgues espagnoles: Le régime algérien a-t-il négocié un accord secret?

imagesOn se rappelle que le gouvernement espagnol avait mis le gouvernement algérien en demeure de rapatrier les corps d’environ 600 « harragas » qui « encombraient » les morgues espagnoles. Les espagnols avaient averti que si l’Etat algérien continuait de faire la sourde oreille, les corps seraient incinérés. C’est un lmam algérien d’Alicante qui avait alerté l’opinion publique, en révélant, entre autres atrocités, que les corps des jeunes défunts étaient, pour la plupart, dans un état de décomposition avancée.
Mais le problème, pour le régime qui gouverne l’Algérie, est que cette affaire tombait en pleine campagne électorale pour les présidentielles. Une publicité dont Monsieur Bouteflika se serait passé, on s’en doute.
Des émissaires très spéciaux auraient donc été dépêchés pour tenter de mettre une sourdine à ce scandale.
Les responsables « algériens » auraient demandé à leurs homologues espagnols d’attendre que les élections se fassent, avec la promesse de rapatrier les corps, mais « par petites doses », pour ne pas alerter les opinions publiques internationales.
D’autres sources évoquent une toute autre rumeur, autrement plus scandaleuse, si elle se révèle vraie. Les résponsables « algériens » auraient tout simplement demandé aux espagnols d’incinérer les corps, mais dans la plus grande discrétion. Un autre « secret défense » ?
Ces informations ne sont pas encore confirmées. Nous tentons d’en savoir plus, et nous demandons à nos compatriotes qui résident en Espagne de nous faire parvenir qui serait portée à leur connaissance, sur ce sujet
DB

source:lequotidienalgerien.com

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

Ali Bensaâd

Posté par algeriedemocratie le 17 août 2009

image

Ali Bensaâd. Maître de conférences, université de Provence, spécialiste des questions de migration

L’intervention musclée des gardes-côtes contre les harraga a fait un mort à Annaba. Il semblerait, selon le témoignage d’un des rescapés, que la vedette de la marine a fait chavirer volontairement l’embarcation des harraga. Ce drame ne renseigne-t-il pas sur la vraie nature de « la lutte contre l’émigration clandestine » ?

 La violence des moyens déployés pour réprimer les harraga s’explique par le fait qu’il ne s’agit pas tant pour les gouvernants d’un problème de gestion des frontières, mais plutôt de gestion d’une contestation sociale, interne aux frontières de l’Algérie. Une contestation qui les décrédibilise fortement aux yeux de la société mais surtout aux yeux de l’extérieur dont la caution est perçue comme plus vitale que celle des citoyens du pays. La violence qui s’exerce contre les harraga procède d’une logique de répression sociale comme celle qui s’exerce quotidiennement contre les émeutes urbaines récurrentes ou les contestations syndicales. Une logique de rapports coercitifs avec la société. Cependant, avec les harraga, nous sommes face à deux particularités : leur contestation est beaucoup plus déstabilisante pour un pouvoir qui semble maître du jeu politique et pas du tout inquiété par les jacqueries urbaines qui sont spontanées, atomisées, sans chance de se transformer en contestation nationale et qui sont même des sortes de « soupapes » de sécurité au trop-plein de malvie et à l’absence d’exutoire politique. Or, les harraga, par le côté à la fois spectaculaire et déterminé de leur geste, en « violant » les frontières nationales pour quitter et dénoncer un « enfermement national », se projettent sur la scène nationale et interpellent tout le pays. Parce qu’ils sont jeunes et n’ont pas peur de la mort, ils s’adressent à cette part d’émotion et de lucidité qui se terre en chacun malgré les abdications du quotidien et rappellent à tout le pays sa désespérance et le culpabilisent sur la passivité imposée. Ils cristallisent le même malaise vécu par toute la population et le fantasme de le transcender. Leur drame, leur mort ont réveillé l’émotion et les consciences dans tout le pays. Quel peuple peut continuer à fermer les yeux devant ses jeunes contraints à la mort et courageux devant la mort ? Mais, surtout, ce qui inquiète les gouvernants, c’est que les harraga brisent la logique du « huis clos » qui a été imposée au pays. Pour avoir réussi à casser les oppositions et à dévitaliser la société civile en alternant répression et débauchages permis par la rente pétrolière, le pouvoir s’est installé dans un face-à-face, sans intermédiaire et sans compromis, avec la société. En brisant des frontières devenues prison, les harraga brisent ce huis clos et portent le mal-vivre algérien sur la scène internationale. Finie la logique du « linge sale lavé en famille » qui sert à protéger seulement les « parrains ». Ils « font honte » à un système qui se vit comme exemplaire et veut le faire croire pour s’assurer les seules légitimités qui lui importent, celles de l’extérieur.

Le recours systématique à la force, la mise en place d’un arsenal juridique dissuasif (peine d’emprisonnement) pour décourager les candidats à l’émigration ne sont-ils pas le signe que les pouvoirs publics sont débordés par le phénomène (géré avec la seule méthode policière) pour lequel ils sont résolument incapables d’apporter des réponses globales ?

 La capacité déstabilisatrice de ce phénomène explique le recours à un arsenal répressif de plus en plus agressif. Parce qu’en fin de compte ce que font ces harraga, même mal, c’est le procès du système qui n’a jamais montré de dispositions à se remettre en cause. Par ailleurs, malgré la dureté de la répression, les reflux ponctuels et locaux, les changements continuels d’itinéraires, tout indique que ce mouvement migratoire s’installe dans la durée et dans une croissance continue. C’est ce que ne veulent pas réaliser les gouvernants (peut-être même sincèrement comme peut l’être un schizophrène) qui continuent à penser en venir à bout par la force comme pour le reste. Ils ne peuvent réaliser ni leur échec ni le divorce des jeunes avec leur modèle. Qui aurait pensé que des jeunes Algériens préféreraient se faire prisonniers en Israël plutôt que de vivre dans leur pays ? On ne les retiendra pas par des discours faussement nationalistes, d’un nationalisme réduit à la possibilité pour une caste d’importer des Mercedes moins chères que leurs autres concurrents nantis. Tout a été dit, et cela saute aux yeux, sur le creusement criant des inégalités, le développement effréné de la corruption qui classe l’Algérie parmi les pays les plus atteints et de plus en plus mal classée et surtout, et plus que tout, le recul des libertés et la déliquescence de l’Etat. Que peut espérer un jeune qui sait qu’il ne peut rien changer pacifiquement et qui a largement constaté que même le vote est une farce pour perpétuer héréditairement une « Djoumloukia » : il vote avec ses pieds, il part ! Toutes les statistiques et les reportages le disent, ce n’est pas tant les moins armés qui partent mais surtout ceux dont les bagages intellectuels et la conscience leur rendent insupportable la lucidité de vivre leur propre asphyxie. Les harraga sont pour le système ses fantômes qui viennent lui dire inlassablement et de façon irrépressible son échec qu’il refuse de voir. Et comme tout fantôme, et comme tout refoulé, ils ne peuvent être chassés même par la bazooka, ils hanteront le pays jusqu’à ce qu’il se dise la vérité de son échec.

De nombreux spécialistes de la question de l’émigration, dont vous M. Bensaâd, a dénoncé à maintes reprises l’attitude d’auxiliaire de la répression que campent les Etats du Maghreb pour le compte de l’UE. Des gros moyens humains, logistiques et financiers sont consacrés par ces Etats. Officiellement, l’Algérie n’est signataire d’aucun accord de réadmission avec les pays de l’Union européenne. Concrètement, comment l’Etat algérien organise-t-il sa mission de police ?

 Bien sûr, il faut pointer du doigt la responsabilité de l’Europe qui, par sa fuite en avant dans une fermeture toujours plus grande des frontières, a suscité et dopé les migrations irrégulières et assigné les dirigeants du Sud au rôle d’auxiliaires de la répression. Ceci dit, il ne faut pas tout faire porter à l’Europe. Si l’Europe fait la guerre aux migrants, les régimes au Sud, comme l’Algérie, font une guerre sociale à leur population et l’interdit de mobilité est une variante de cette guerre, l’ajout et l’officialisation d’une tâche subsidiaire au cahier des charges de geôliers de leur population. Ce qui se passe avec les harraga est à mettre en parallèle avec le phénomène des boat people vietnamiens et cubains et des transfuges européens de l’Est qui a été également le signe avant-coureur de l’échec d’un système. Ce phénomène, dont la force déstabilisatrice a été primordiale dans la réorientation du devenir politique de ces pays et du monde, avait été fortement encouragé par les pays occidentaux. Si, aujourd’hui, ces pays s’associent plutôt avec des pays comme l’Algérie pour contrer ces mouvements, c’est parce qu’il y a convergence d’intérêts. Sur ce terrain, l’Algérie nous offre l’exemple parfait du grand exercice d’équilibrisme honteux entre le discours nationaliste ombrageux officiel à usage interne et les pratiques répressives qui convergent avec les desiderata européens. Rappelons, pour en donner une idée, la dénonciation par M. Belkhadem de l’idée même de camp de rétention de migrants non seulement en Algérie mais même dans les autres pays du Maghreb et finalement leur récente édification et leur apologie par le ministre de l’Intérieur ; la dénonciation d’un côté de Frontex et de l’autre la participation aux patrouilles navales avec la marine française ou italienne et la discrète collaboration avec le Centre national d’intelligence (CNI), le principal service de renseignement espagnol qui n’a été connu que parce que le ministre de la Défense espagnole a dû le déclarer devant son Parlement, sans compter les jumelages avec la police française, etc. Les exemples sont légion, sans compter le développement de « moyens nationaux » répressifs très performants, sur une posture formelle de défiance à l’égard de l’Europe, vite démentie dans la pratique. Une posture à usage de consommation interne et d’alimentation des querelles régionales avec le Maroc notamment, alors que l’Algérie n’a pas moins fait que ses pays voisins. Peut-être est-il utile de rappeler, en ce mois d’août, avant même de parler de désir d’Europe, le rush vers les pays voisins pendant les vacances pour respirer un air moins plombé par le rigorisme qui fait que même le Maroc et la Tunisie sont vécus comme deux exutoires plus vivables que l’Algérie engoncée dans la promotion officielle du rigorisme castrateur dans une surenchère où rivalisent les responsables anciennement coqueluches des journaux people et même une ministre « caution moderniste » aux yeux de l’Occident.
Par Mohand Aziri (EW)

Publié dans harraga(25) | Pas de Commentaire »

123
 

The Soul of a Slayer |
AHL EL KSAR |
toutelactualite |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Halliburton Manufacturing &...
| Le Tallud 79200
| momema