“Yacine était un visionnaire, son œuvre est éternelle!”

Posté par algeriedemocratie le 30 décembre 2009

Fadhéla Kateb, sœur de Yacine à la Dépêche de kabylie“Yacine était un visionnaire, son œuvre est éternelle!”

Juste après la fin de la cérémonie de clôture du colloque scientifique dédié à la vie et aux œuvres du père de Nedjma, la sœur de Yacine a bien voulu nous parler de son frère, ses œuvres, ses sentiments après la réussite du colloque organisé à Tizi-Ouzou.

La Dépêche de Kabylie : Vous venez d’assister  à la clôture du colloque scientifique sur la vie et l’œuvre de Kateb Yacine, quels impressions vous laisse telle initiative ?

Fadhila Kateb : Naturellement je suis très émue, et enthousiasmée par l’amour que porte toute la région de Tizi-Ouzou et à leur tête, le directeur de la culture M. Ould Ali  que je salue et félicite à l’occasion, à mon frère Yacine, ce colloque est justement une source de fierté pour nous car elle est abrité par une ville qu’affectionnait Yacine  ainsi que Guelma, Ighil Imoula. Aujourd’hui Tizi-Ouzou est une ville d’art, authentique que Kateb Yacine aimait pour son originalité, il y a vécu pendant très longtemps et a été une bonne source d’inspiration pour lui.

 

Ne regrettez-vous pas le retard qu’a mis cette initiative pour sortir des terroirs de la tutelle ?

Le retard importe peu car même les œuvres de si Mohand ou M’hand ont mis des décennies avant d’être réhabilitées. Ce colloque a dépoussiéré l’œuvre de Kateb, même s’il y a eu des initiatives de ce genre dans d’autres wilayas, je considère que celui de Tizi est le meilleur, les gens de cette région sont pures et incarnent l’authenticité algérienne du haut de son firmament, Yacine devra être heureux et fière de Tizi.

 

Ce colloque a été aussi une occasion pour revisiter les œuvres de Kateb Yacine…

Absolument, Nedjma a été vraiment décortiquée par les participants dont certains connaissent Yacine mieux que moi. Le 20e anniversaire de sa disparition est justement une occasion de le réhabilité et lui rendre hommage par rapport à tout ce qu’il a donné à sa patrie, dommage qu’il a été durant des années éloigné de son peuple et muselé mais la force de ses œuvres l’a gardé debout au milieu des siens. Ce rendez-vous est aussi une opportunité qui nous est offerte pour demander aux responsables du secteur de la culture d’institutionnaliser le colloque pour en faire une tradition annuelle.

 

Il y a aussi d’autres projets, une fondation qui portera le nom de Yacine Kateb…

Oui ! j’ai d’ailleurs pris attache avec Amazighe le fils de Yacine qui se trouve actuellement au Maroc, afin justement d’étudier la chose et créer quelque chose chez lui, oui, une fondation, pourquoi pas !

 

Il y a aussi, ses œuvres qui sont en majorité introuvables sur le marché national, pensez-vous relancer leurs réeditions prochainement ?

Je déplore effectivement cet état des faits, ce n’est pas normal que les œuvres de Yacine soient disponible en France et ici non, ce qui est paradoxal ce que certains en font leur chasse gardée. J’ai été sidérée en ne trouvant aucun livre de Yacine dans les librairie d’Algérie, c’est vraiment désolant. C’est qui est aussi malheureux c’est l’attitude de la télévision algérienne qui nous passe presque du n’importe quoi sur l’artiste.

Pourquoi l’ENTV ne programme pas ses pièces de théâtre, Yacine n’est pas l’homme d’un seul livre. Les gens doivent le savoir. C’est un visionnaire et ses œuvres sont éternelles.

Entretient réalisé par Omar Zeghni

source: dépêche de kabylie

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Il y a 20 ans disparaissait Kateb Yacine : Hommage à Tizi Ouzou

Posté par algeriedemocratie le 28 décembre 2009

Hommage à Tizi Ouzou

Il y a 20 ans disparaissait Kateb Yacine : Hommage à Tizi Ouzou

Un colloque sur la vie et l’œuvre de Kateb Yacine se tient depuis hier à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.

Cette manifestation culturelle, qui s’achèvera cet après-midi, a regroupé autour du père de Nedjma des universitaires de Guelma, d’Alger, de Béjaïa et de Tizi Ouzou, des amis de Yacine et sa sœur Fadhéla. La maison de la culture, avec le concours d’associations culturelles, a récidivé en organisant cette rencontre dédiée à Kateb Yacine, après le colloque de décembre 2005 avec la collaboration du théâtre Jean Sénac de Marseille. La nouveauté de ce colloque réside dans la présence de la sœur de l’illustre intellectuel, qui a exposé des documents manuscrits et photographiques inédits, des objets personnels de son frère tels que sa machine à écrire portable, des dominos, deux stylos, un peigne, des lunettes, une sacoche marron.

Fadhéla Kateb, lors de la séance de la matinée consacrée aux témoignages, dira : « Je ne vais pas parler des œuvres de Yacine, mais plutôt de mon frère. » Ainsi nous apprendra-t-elle qu’il aimait les fêtes : musulmanes, chrétiennes et juives. Elle a révélé qu’elle avait été sa secrétaire et membre de la troupe du théâtre de la Mer, créée au début des années 1970. Elle racontera ses rencontres déchirantes d’émotion avec lui, vers la fin de sa vie en 1989, ses funérailles populaires, joyeuses et sans la présence des représentants du pouvoir politique de l’époque, qui l’avait banni de la sphère culturelle algérienne. « Kateb Yacine a toujours été un militant des droits de la femme. Lors de son enterrement, il y avait de nombreuses femmes qui l’ont accompagné à sa dernière demeure. Même mort, Yacine a libéré la femme », a conclu Fadhéla.

Il convient de rappeler que dans les sociétés musulmanes, les femmes ne se rendent pas au cimetière lors des enterrements. A ce témoignage émouvant a succédé celui de Ouiza Zamoum, la veuve de Ali, ami de Yacine. La vieille dame dira que Yacine partageait ses joies et ses peines avec Ali Zamoum quand ils résidaient à Bouira ou à Ighil Imoula (Tizi Ouzou). Disparu en 2004, Ali Zamoum, ancien moudjahid et militant des libertés après l’indépendance, a soutenu les actions de Kateb Yacine. Rabah Zamoum, neveu de Ali et fils du colonel Si Salah, a déclaré : « Mon oncle Ali, qui était directeur de la formation au ministère du Travail dans les années 1970, aidait son ami Yacine en soutenant la troupe l’Action culturelle des travailleurs, créée après le théâtre de la Mer. Yacine montait des pièces en langue arabe algérien et Ali lui facilitait la présentation de ses spectacles dans les milieux des travailleurs et des paysans. »

Kateb Yacine était connu pour son engagement dans le travail d’éveil des consciences des masses. Lors de l’allocution d’ouverture, le directeur de la maison de la culture, Ould Ali Lhadi, dira : « Ce colloque se veut un carrefour de débat et de réflexion. Notre objectif est de transmettre aux jeunes générations les idéaux de Kateb Yacine, ses combats et ses rêves. » Romancier, dramaturge, poète et journaliste, la vie et l’œuvre de Kateb Yacine sont un patrimoine immense. Des repères toujours utiles pour l’Algérie d’aujourd’hui et de demain. Les travaux du colloque se poursuivent aujourd’hui avec des conférences d’enseignants universitaires, une représentation théâtrale par la troupe Les compagnons de Nedjma de Sétif, à 11h, et un gala de la mythique troupe Debza à 14h.

Par Said Gada

source: el watan

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poème

Posté par algeriedemocratie le 16 décembre 2009


Kateb Yacine

Je ressens mieux l’oppression universelle

Maintenant que le moindre mot pèse plus qu’une larme

Je vois ce pays et je vois qu’il est pauvre

Je vois qu’il est plein d’hommes décapités

Et ces hommes je les rencontre un à un dans ma tête

Car ils sont devant nous et le temps nous manque pour les suivre

Kateb Yacine

(in Le cadavre encerclé)

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poème de Kateb Yacine

Posté par algeriedemocratie le 16 décembre 2009

l est des jeunes brasQui sont morts

Tendus vers une mère…

.

Oh ! Les poitrines fortes,

Les poitrines sanglantes

De ceux qui ont battu le fer,

Pour être vaincus par l’argent !…

.

Et ces morts qui ont battu pour d’autres…

Et ceux qui sont partis en chantant

Pour dormir dans la boue anonyme de l’oubli.

Et ceux qui meurent toujours

Dans la gaucherie des godillots

Et des habits trop grands

Pour des enfants !

.

Aux soirs tristes

De mortes minutes,

Il est un gars qui tombe

Et sa mère qui meurt pour lui,

De toute la force de son vieux cœur…

.

Il est des voitures qui geignent

Et aussi des petits héros qui crient

Leur désespoir de pourrir à l’aurore…

Mais les morts les plus à plaindre,

Ceux que mon cœur veut consoler,

Ce sont les pauvres d’un pays de soleil,

Ce sont les champions d’une cause étrangère,

Ceux qui sont morts pour les autres,

ET POUR RIEN !

Kateb Yacine

.

in L’oeuvre en fragments.

Jacqueline Arnaut

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Kateb à l’épreuve d’Alger républicain

Posté par algeriedemocratie le 16 décembre 2009

Ceux qui projettent de briser la presse démocratique par leurs poursuites, leur sabotage et leurs tentatives d’intimidation, ceux qui croient pouvoir impunément s’attaquer à la voix de la vérité n’ignorent nullement qu’ils se heurtent à la résistance de la grande majorité des algériens.

C’est en ces termes – d’actualité – que le jeune Kateb en 1950, défend son journal « pas comme les autres » qui lui offre justement un espace où exister. Doublement – pourrait-on dire – en tant que journaliste et en tant qu’écrivain. C’est ce double statut qui dote le texte katébien dans Alger républicain d’une étonnante richesse et d’une complexité certaine. Le journal assure son émergence en tant que poète, rend possible la large diffusion des « premiers » textes poétiques comme La porteuse d’eau, Peuple errant, Poète de l’Internationale : un premier réseau expressif donc, de La jeune poésie algérienne, dont Kateb donne une image militante engagée sans que cela nuise à la délectation poétique :

Le soir en compagnie

des infirmes et des enfants

sur le port d’Alger

quand l’aube

dévorée de feux

brise les eaux

et ronge les étoiles

Je rêve au milieu

du peuple éveillé

aux terres désertes

de l’Afrique

où rodent tels des cadavres

de leurs profondes tombes chassées.

En même temps, par son expressivité et sa thématique cette poésie participe d’un projet culturel beaucoup plus large, amorce « la naissance d’écrivains qui seront aussi algériens qu’est espagnol Fédérico Garcia-Lorca », recherche d’une authenticité qui veut faire de nos jeunes écrivains, de nos artistes ; de nos acteurs, « l’avant-garde d’une nouvelle littérature populaire démocratique par son contenu »

Kateb continue à mettre en mouvement ce nouveau front idéologique de lutte culturelle, par d’autres aspects de sa pratique journalistique. Son unique article de critique littéraire intitulé Molière et les algériens met en scène à travers une évaluation positive du théâtre de Molière toute une conception populaire faite « d’observations quotidiennes, sur un plan commun, large, solide humain » au théâtre algérien en devenir.

Les fondements mêmes de son œuvre théâtrale future sont à l’état de genèse : il faut faire vivre le théâtre « dans le cœur et dans l’esprit de la grande foule des simples gens, choisir l’auteur qui élève son public à la critique sociale », éveiller puissamment le sens critique du public, utiliser « l’arabe parlé et ses ressources » au maximum, « aller aussi loin que possible pour atteindre la plus grande masse »…

Petit à petit se dessine et se forge l’autoportrait moral de « l’intellectuel démocratique » mais notre exemple montre également à quel point sa pratique journalistique intertisse et conditionne sa pratique littéraire. En fait, il ne semble pas qu’il y ait de clivage entre les deux occupations mais qu’une contamination se produise entre elles. Dès sa jeunesse, il semble qu’il y ait eu fluctuation entre les deux statuts celui de journaliste et celui d’écrivain et pression de l’un sur l’autre.

En effet, en même temps qu’il se mouille dans notre histoire, dans l’histoire des peuples opprimés pour dire la misère, les haillons, le chômage, l’injustice, chercher « les responsables » communiquant sans cesse sa chaleur volcanique, le texte katébien produit constamment des effets d’effraction : poéticité diffuse d’ouvertures de reportage comme sur le Soudan, état visionnaire d’une aube montant « à la surface de la mer ainsi qu’un filet de sang noir, jaillissant dans le ciel éteint ». On y trouve même « travaillant » titre et corps d’articles – une des thématiques majeures de la littérature coloniale –celle du soleil – qui se trouve dans une espèce de retournement récupéré et investit d’un nouvel usage. Loin de l’euphorie solaire d’un Albert Camus, Kateb reprend un des termes de l’idéologie coloniale pour lui faire signifier autre chose, un certain malaise, « une nouvelle présence lourde, étouffante » : « soleil hallucinant », – « soleil aveuglant » de l’ordre colonial  » comme si un incendie couvait éternellement autour de nous ».

Kateb Yacine avec Henri Zanetacci au marbre d'Alger républicain - juillet 1962

Il semble bien que sous le reporter, Alger républicain « fabrique », l’écrivain. D’ailleurs le premier article du jeune Kateb dans Alger républicain, Foules de l’Aid Seghir viole par son écriture italique et sa littéralité, la Une du journal ; texte rebelle, la parole libérée voltige et élève à l’existence littéraire enfin sans aucune concession exotique les cireurs dont le poète nous dit dans un langage double la profonde meurtrissure. A travers un réalisme poétique à la douceur ineffable Kateb invente sa première fiction. Nous sommes le 28 juillet 1949.

Ouahiba Hamouda

in YACINE, édité par

Alger républicain – el adib

Alger 1991

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Bezza Bencheikh, fondateur de la troupe Debza

Posté par algeriedemocratie le 5 novembre 2009

Ils ont dit… Bezza Bencheikh, fondateur de la troupe Debza dans KATEB YACINE(35) 2265_78254

l Bezza Bencheikh, fondateur de la troupe Debza

« Ce n’est pas un hommage, nous l’avons plutôt honoré. Kateb Yacine est une source d’inspiration intarissable. J’ai eu l’occasion de le fréquenter quand j’étais étudiant après l’avoir découvert dans ma scolarité. Malheureusement, Maintenant,  il n’y a plus de textes de Kateb Yacine dans les livres scolaires, c’est-à-dire dans l’éducation de nos enfants, alors qu’il est l’un des principaux repères avec tant d’autres d’ailleurs. Comme je viens de vous le dire, j’ai eu l’occasion de le fréquenter : Kateb Yacine était quelqu’un qui ouvrait la porte de sa maison à tout le monde. Quiconque allait chez lui était comme son fils. Par contre, il n’hésitait pas non plus à dire les quatre vérités à ceux qu’il n’aimait pas… Cela pour vous dire qu’il n’était pas hypocrite. N’oubliez pas que c’est lui qui a dit : Vous nous tuez et vous nous rendez hommage. »

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Kateb Yacine dérange-t-il 20 ans, après sa mort ?

Posté par algeriedemocratie le 5 novembre 2009

Alors qu’il a été honoré par ses amis et compagnons de combat la semaine passée à BgayetKateb Yacine dérange-t-il 20 ans, après sa mort ? Kateb Yacine dérange-t-il 20 ans, après sa mort ? dans KATEB YACINE(35) 2265_78253

Quoiqu’il en soit, Kateb Yacine a été honoré par ses amis et ses compagnons de combat du 28 au 30 octobre 2009 avec un riche programme à l’initiative de la coopérative Les compagnons de Nedjma de Sétif à la Maison de la culture Taos Amrouche et au Théâtre régional, Abdelmalek Bouguermouh de Bgayet.

Que s’est-il donc passé la semaine passée à Bgayet? Kateb Yacine a été honoré, certes, par ses amis et ses compagnons de combat mais aucun officiel de la capitale des Hammadites n’a daigné se présenter du 28 au 30 octobre 2009.

Il est vrai que l’infatigable militant révolutionnaire qu’était Kateb Yacine n’aimait pas les officiels de son vivant et qu’il était toujours un homme du peuple, qui était d’ailleurs le public auquel il s’adressait. Pourtant, il y a bien longtemps que ce monument de la culture algérienne a disparu et que parler de lui n’est plus un tabou ; bien au contraire. 20 ans déjà ! A moins qu’il continue à déranger encore aujourd’hui par ses idées.

Quoiqu’il en soit, Kateb Yacine a été honoré par ses amis et ses compagnons de combat du 28 au 30 octobre 2009 avec un riche programme à l’initiative de la coopérative Les compagnons de Nedjma de Sétif à la Maison de la culture Taos Amrouche et au Théâtre régional, Abdelmalek Bouguermouh de Bgayet. Le programme prévu n’aura connu en fin de compte que deux imprévus, si l’on évite de parler de  » L’inauguration des activités  » qui devait être suivie d’une… collation, puisqu’il reste encore beaucoup de vivants dont certains sont malades et vivent le calvaire dans l’indifférence totale.

Ainsi, en plus des pièces théâtrales jouées et des projections de films documentaires, les moments forts de cet hommage ont été incontestablement les témoignages sur l’auteur de Nedjma que feront, tour à tour, Mohamed-Saïd Ziad, Zohra Djazouli, Mahfoud Lakroune, Dalila Bouhdid, Smaïl Habbar, Khadidja Hamsi et Marzouk Hamiane qui terminera en beauté la clôture avec le gala de la légendaire troupe Debza. Bouzid Atmaoui, quant à lui, étant malade, n’a pu se déplacer à Bgayet.

L’autre imprévu est relatif à l’absence d’Omar Mokhtar Challal. Par conséquent,  » Kateb Yacine l’Homme Libre  » n’a pas été projeté mais remplacé par un film qui a servi de mémoire de fin d’études à deux étudiantes de l’ITFC et intitulé  » Portrait film de Kateb Yacine ». Enfin, signalons que nombreux sont ceux et celles qui se sont déplacés, parmi le public, de tous les coins de la wilaya de Bgayet pour assister et rendre hommage à Kateb Yacine.

Amastan S.

source: el watan

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20 yiseggasen ɣef tmettant n Kateb Yasin

Posté par algeriedemocratie le 2 novembre 2009

  • 20 yiseggasen ɣef tmettant n Kateb Yasin
    Azamul n tsekla Tazzayrit

Kateb yasin ilul ass n 6 ɣuct aseggas 1929 di temdint n Qsenina, deg usamer n tmurt n Lezzayer. Mbeɛd mi yekcem ɣer uɣerbaz n uselmed n Leqqran aseggas n 1936, yuɣal yekcem ɣer wulmud deg uɣerbaz n tesnawit afransawi.

Di 8 maggu 1945, yesεa 15 yiseggasen kan di leεmer-is, yekki di tmesbanit-nni i d-yellan deg temdint n Sṭif mgal lbael imahrasen n tmurt n Fransa, yugi  tudert n ddel. Dɣa yettwabes 4 wagguren. Yemma-s tɣil dayen yettwanɣa, dɣa ifukk fell-as usirem, tesleb. Tkemmel ussan-is di sbiar n Blida. Aseggas n 1946, yessufeɣ-d adlis-ines amezwaru, d amud n isefra. Di 1948, yuɣal d aneɣmas deg uɣmis Alger Républicain. Aseggas n 1951, yunag ɣer tmurt n Fransa. Di 1955, yessufeɣ-d yiwen n udlis Le cadavre encerclé. Aseggas mbeεd, di 1956, yessufeɣ-d adlis-nni yettwassnen ugar wiya, win i as-yernan azal, wagi d Nedjma di tizrigin n Seuil. Aseggas 1959, yessufeɣ-d Le cercle des représailles.

Gar yiseggasen n 1966 d 1970, yerna yessufeɣ-d sin n yedlisen-nnien, wigi Le polygone étoilé akked L’homme aux sandales de caoutchouc. Asmi i d-yuɣal Yasin Kateb yettidir di Lzzayer, yeṭṭaxer i tira n yedlisen, yuɣal yettaru amezgun s tutlayt n taεrabt n Lezzayer, dɣa yesbedd yiwet n tdukla n umezgun d netta i yellan ɣef uqerruy-is. Gar tceqqufin-ines yettwassnen ; Rrfed tabalizt-ik a Mu (1971), Tiɣri n tlawin aseggas (1972), rad n 2000 yiseggasen (1974), Palestine yettwaxedεen (1975).

Kateb Yasin yecrew-d aas n warrazen s tegzi-s. Aseggas n 1963, yewwi arraz n Jean Amrouche, i d-tsuddes tamdint n Florence n tmurt n elyan. Aseggas n 1975, yewwi arraz n Lotus n yimyura. Aseggas n 1980, yewwi arraz amenzu n yizem i umezgun, Académie Simba et Corriere Africano. Aseggas n 1987, yewwi arraz ameqqran aɣelnaw n tsekla i as-tefka taɣlift n yedles n tmurt n Fransa.

Ayen i d-yeğğa Kateb Yasin d aggeruj ur nettfakka, tisutwin i d-iteddun ad t-id-afen. Yasin yemmut deg waggur n tuber aseggas 1989 di temdint n Grenoble, tamurt n Fransa. Yuklal ayen yugaren tajmilt acku d netta id ajgu n tsekla Tazzayrit.

Islam Bessaci

source:dépêche de kabylie

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Tajmilt i Kateb Yacine

Posté par algeriedemocratie le 2 novembre 2009

  • Tajmilt i Kateb Yacine

Ɛecrin n yiseggasen i iεeddan ɣef tmettant n urgaz n tsekla tazzayrit Kateb Yacine. Ilmend n umuli n tmettant-is, tuɣal-as tejmilt d tameqrant di temdint n Bgayet, anda i d-usan waṭas seg yimdukal-is d wid i iqedcen yid-s deg taɣult n umezgun. Tajmilt-a yekkan 3 wussan (seg 28 ar 30 tuber), i tt-ixedmen d tidukla n umezgun “Les compagnons de Nedjma” s lemεawna n uxxam n yidles d uxxam n umezgun n Bgayet Malek Bouguermouh. Deg wahil-nsen, aṭas n tɣawsiwin i yellan gar-asent : turart n tceqquft n umezgun “La poudre de l’intélligence” sɣur tarbaεt n uxxam n umezgun n Sidi Belabbes, asεeddi n sin n yisura, yiwen seg-sen ɣef umeɣnas azzayri Ali Zamoum yellan seg yemdukal n Kateb Yacine. Tajmilt-a tekfa deg wass-is wis tlata s yiwet n tmeɣra ideg tecna terbaεt Debza.

Mokrane Chikhi

source:dépêche de kabylie

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Kateb Yacine: Un homme, une œuvre universelle

Posté par algeriedemocratie le 31 octobre 2009

Kateb YacineUn homme, une œuvre universelle

La contribution de Kahina Aïssaoui, jeune étudiante de 20 ans, à l’occasion de la commemoration de la mort de Kateb Yacine, rappelle, que l’œuvre de ce dernier est omniprésente parmi les amoureux du livre. Cet homme de culture, artiste, écrivain et militant séduit de plus en plus.  L’œuvre de ce monument de la littérature algérienne d’expression française ne finit pas de séduire.  L’exemple qui nous vient, cette fois-ci, de la jeune Kahina est une illustration de plus, sur l’enracinement de l’œuvre katebienne. Cette œuvre qui constitue un héritage pour les jeunes générations.

Cela fait exactement vingt ans que nous quitta le grand poète, écrivain et dramaturge Kateb Yacine. Longtemps après sa disparition, il charme encore les générations d’hier et d’aujourd’hui. C’est là, un remerciement que je fais tout particulièrement à mon père, de m’avoir offert Nedjma, lors de mon quinzième anniversaire. J’avais donc tout juste quinze ans, lorsque je fis la découverte de Kateb Yacine. Son écriture m’était dure et son style nouveau et différent. Je dirais que Kateb est un homme multiple.

Difficile, était pour moi de comprendre son immense œuvre. Je me rappelle qu’à l’école, on citait souvent Nedjma. C’était une référence, un modèle hors norme, un classique. Il n’empêche que c’est à quinze ans, que je les ai lu pour la première fois, je dis ça parce que les écrits de Kateb sont de ceux qu’on doit lire répétitivement. Au cours de l’année suivant mon anniversaire, j’ai lu Nedjma deux fois, je croyais avoir bien assimilé Yacine.

Aujourd’hui, j’ai vingt ans et en relisant l’œuvre, je remarque que j’avais négligé de nombreux détails, des détails qui semblaient être fistules pour une jeune fille de quinze ans. Cinq ans après, c’est devenu des repères.

Nedjma est un trésor, un fil conducteur qui voyage à travers les âges et qui nous place en face de nous même. J’ai commencé à lire très jeune. Ma mère disait qu’il n y a pas meilleur moyen de se détendre que celui, qui sans nous fatiguer, enrichirait notre savoir. Le livre était un compagnon, un ami et une lampe allumée dans les couloirs de la vie et de la connaissance. Feraoun, Zola Mammeri, London et Hemingway étaient mes premières lectures. Tous ont contribué à mon savoir, mais il fallut que je lise Kateb pour réaliser qu’il est l’un de mes préférés. En effet, Kateb Yacine m’a séduite. J’ai été charmée non seulement, par ses talents d’écrivain qui étaient très étendus, mais aussi par sa personne elle-même, sa sincérité et son engagement. Il représente beaucoup pour moi, il est l’audace et la fragilité, l’amour et le partage, la diversité et la laïcité, il a apporté de l’espoir, de la fraîcheur, et surtout du nouveau. C’était un homme qui avançait à grand pas sans trop se soucier des entraves et des tabous stérilisants.

Alors qu’il était âgé tout juste de vingt-huit ans, il eu le cran et l’audace d’inverser les rôles- colonisateur, colonisé- en s’adressant en pleine guerre d’Algérie à Albert Camus qu’il a appelé “Mon chère compatriote”.

Sa lettre est parcourue d’un souffle poétique et crépusculaire : “… exilés du même royaume, nous voici comme deux frères ennemis, drapés dans l’orgueil de la possession renonçante, ayant superbement rejeté l’héritage pour ne pas avoir à le partager. Mais voici que ce bel héritage devient le lieu hanté où sont assassinés jusqu’aux ombres de la famille et de la tribu, selon les deux tranchants de notre verbe pourtant unique”.

Ce “verbe unique”, c’est bien la langue française à laquelle faisait allusion Kateb Yacine. Il étale ainsi les traits cruels des projets qui s’opposaient frontalement, mais cohabitaient néanmoins dans une même dimension logistique. Kateb Yacine aimait l’Algérie profondément. Il était soucieux et s’investissait du mieux qu’il pouvait afin d’essayer de régler les problèmes de la société qui étaient les siens, il faisait de chaque combat, une bataille, et de chaque sueur une révolution.

“… ouvrier,

Mes frères au front songeur

Je voudrais tant

Mettre un juste laurier à vos gloires posthumes

De sacrifiés…”

Kateb Yacine fait partie de l’histoire, il est une grande part du patrimoine algérien. Bercé par un amour profond pour son pays et son peuple, il combat toute sa vie durant avec sa plume et son génie inégalable.

William Shakespeare disait bien que la poésie est cette musique que tout homme porte en soi et bien Kateb Yacine l’avait et on la sentait.

Né en 1929, à Constantine, d’un père Oukil, et d’une mère qui était un “théâtre” à elle seule, comme il l’aimait tant le dire, Kateb Yacine semblait être voué, par la signification même de son arabe, à un destin de grand écrivain. Issu d’une lignée de lettrés, il a passé son enfance entre l’école coranique et l’école française. C’était son premier traumatisme linguistique et culturel sur lequel s’installera la blessure identitaire que l’œuvre en langue française, explore sans répits jusqu’aux dernières pages du Polygone étoilé. Romancier et dramaturge, poète avant-tout, l’auteur de Nedjma, le livre phare de la littérature algérienne de langue française, s’est révélé le destructeur du mur excluant la littérature maghrébine de celle du reste du monde.

Son premier roman n’a jamais cessé de poser problème, aussi bien au public, qu’aux critiques littéraires, provoquant des interrogations et des lectures de plus en plus plurielles et multiples. “Si j’avais écrit des choses simples, je n’aurais jamais écrit ce qu’il y a de profond en moi…”, disait-il.

Parmi ses œuvres nous citerons :

- Soliloques, Bône 1946

- Abdelkader et l’indépendance algérienne édition

Nahda, Alger 1948.

- Nedjma, édition du seuil, Paris 1956

- Le cercle des représailles, éditons du Seuil, Paris 1959

- Le polygone étoilé, édition du Seuil, Paris 1966

- L’Homme aux sandales de caoutchouc, édition du Seuil, Paris 1970.

 

Pièces théâtrales en arabe algérien

- Mohamed prend ta valise

- La guerre de 2 000 ans

- Le roi de l’ouest

- La poudre d’intelligence.

Un poète peut-il mourir ? Je ne le pense pas, il reste omniprésent, c’est l’héritage de tous les lecteurs et lectrices de toutes les générations et origines. Kateb Yacine nous a quittés il y a vingt ans, mais il restera une étoile qui brillera éternellement.

Kahina Aïssaoui

source:dépêche de kabylie

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