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Hamzah Ibn `Abdel Muttalib

Posté par algeriedemocratie le 18 août 2009

Hamzah Ibn `Abdel Muttalib

dimanche 21 mai 2000

  • Son nom : Hamzah Ibn `Abdel Muttalib Ibn Hâshim Ibn `Abd Manâf, le Quraïshite, le Hashémite. On le surnomme Abû `Imârah.
  • Il est l’oncle du Prophète Muhammad et son aîné de deux ans (on dit aussi quatre ans). Il est également son frère de lait et leurs mères, Hâlah Bint Uhayb Ibn `Abd Manâf Ibn Zuhrah et Âminah Bint Wahb Ibn `Abd Manâf Ibn Zahrah sont cousines.
  • Il se convertit à l’Islam deux ans après la révélation et fut un rempart pour l’Islam naissant.
  • Ibn Ishâq mentionne longuement le récit de sa conversion : [1]
  • Un jour, Abû Jahl [2] trouva le Prophète près d’As-Safâ [3], l’insulta, le rudoya et lui fit beaucoup de tort au sujet de sa religion. Le Prophète – que la Paix de Dieu et Sa Bénédiction soient sur lui- ne lui dit rien. Abû Jahl partit s’asseoir avec un groupe de gens près de la Ka`bah. Une servante de `Abdullâh Ibn Jad`ân Ibn `Amr Ibn Ka`b Ibn Sa`d Ibn Taym Ibn Murrah ayant assisté à la scène, intercepta Hamzah l’oncle du prophète à son retour de la chasse à l’arc et l’informa de ce qu’elle venait de voir. En rentrant de chasse, Hamzah avait pour habitude d’aller faire une procession autour de la Ka`bah. Ensuite, il discutait un peu avec chacun des groupes réunis près de la Ka`bah puis il rentrait chez lui. Il était connu à la Mecque pour sa puissance et sa poigne. Quand il croisa la servante en question, le Prophète était déjà rentré chez lui. Elle lui dit : « Ô Abû `Imârah, si seulement tu avais vu ce que ton neveu Muhammad a subi sur les mains d’Abû Al-Hakam Ibn Hishâm ! Il l’a trouvé assis ici même et l’a insulté et rudoyé et lui fit énormément de tort sans que Muhammad lui réponde. » Hamzah retint sa colère et alla faire sa procession sans adresser la parole à quiconque en réservant à Abû Jahl un mauvais quart d’heure s’il venait à le croiser. Quand il arriva à la mosquée, il le vit assis dans un groupe. Il alla droit vers lui et arrivant devant lui il saisit son arc et lui donna un coup violent qui lui fendit la tête et lui dit : « Oses-tu l’insulter alors que j’ai adopté sa religion et que je dis ce qu’il dit ? Reproche le moi donc aussi si tu en es capable ! » Des gens de Banû Makhzûm se levèrent pour prêter main forte à Abû Jahl mais ce dernier les arrêta avouant qu’il avait réellement dépassé les limites avec le neveu de Hamzah, le Prophète Muhammad. Depuis ce jour là, Hamzah demeura un fidèle disciple du Prophète et le suivit dans tout ce qu’il dit. Ce jour là, Quraysh comprit que le Prophète – que la Paix de Dieu et Sa Bénédiction soient sur lui – était désormais le protégé de Hamzah et réduisit un peu les atteintes qu’ils lui portaient jusqu’alors.

  • Après l’hégire, Hamzah assista à la bataille de Badr. Il y tua Shaybah Ibn Rabî`ah, `Utbah Ibn Rabî`ah et Tu`aymah Ibn `Adiyy.
  • Il fut assassiné pendant la bataille de Uhud par Al-Wahshî l’esclave Ethiopien de Jubayr Ibn Mut`am selon le récit narré par Al-Bukhârî. Ainsi il mourut au moins de Shawwâl de l’an 3 A.H. âgé de moins de soixante ans. Le Prophète le surnomma le Lion de Dieu et aussi le Seigneur des Martyrs.
  • Dans Sîrat Ibn Hishâm, on trouve le récit de l’assassinat de Hamzah relaté par Al-Wahshî lui-même [4] à la demande de Ja`far Ibn `Amr Ibn Umayyah Ad-Damrî et `Ubaydullâh Ibn `Adiyy Ibn Al-Khayyâr. Al-Wahshî répondit à leur interrogation disant : « Je vais vous dire ce que j’ai dit au Prophète, que la Paix et la Bénédiction de Dieu soient sur lui. J’étais l’esclave de Jubayr Ibn Mut`am quand Quraysh a déclaré la bataille de Uhud. Jubayr me dit : « Si tu tues Hamzah, l’oncle de Muhammad, pour venger mon oncle, tu seras un homme libre ! » De par mes origines éthiopiennes, je maniais la lance à la perfection. Alors je suis parti avec l’armée. Quand les deux camps se sont rencontrés, je me suis mis à la recherche de Hamzah. J’ai fini par le voir au milieu des combattants abattant ses ennemis à tour de bras, rien ne lui résistait. Je l’ai donc guetté me cachant derrière les arbres et les rochers jusqu’à ce qu’il se soit rapproché de moi. A ce moment, Sibâ` Ibn `Abdel `Uzzâ se précipita sur Hamzah. Le voyant venir, Hamzah lui dit : « Viens à moi, fils de l’exciseuse ! » et lui porta un coup qui n’a pas raté sa tête. J’ai alors balancé ma lance jusqu’à ce que j’en sois satisfait puis je l’ai envoyée, elle transperça son abdomen. Il s’est retourné vers moi voulant m’atteindre mais il s’est écroulé. J’ai attendu qu’il soit bien mort puis j’ai récupéré ma lance. Une fois mon objectif réalisé, je suis retourné m’asseoir au camp car tout ce que je voulais était mon affranchissement. A mon retour à la Mecque, je suis devenu libre et j’y ai vécu jusqu’à la prise de la Mecque. Ensuite, je me suis réfugié à At-Tâ’if. Quand la délégation d’At-Tâ’if s’est rendue auprès du Prophète pour déclarer leur adhésion à l’Islam, je ne savais plus où aller. Je me suis dit que je pourrais peut-être partir en Syrie ou au Yemen ou dans toute autre contrée. Je vivais un vrai enfer quand un homme m’a dit : « Mais, idiot, il n’a jamais tué une personne ayant adopté sa religion et professé la même foi que lui. » Sur cette parole, je suis parti à Médine et me suis présenté au Prophète annonçant ma profession de foi. Quand le Prophète m’a vu, il m’a demandé : « Es-tu Wahshî ? » J’ai répondu que oui. Il m’a demandé de m’asseoir et de lui raconter comment Hamzah avait été tué. Je lui ai raconté ce que je viens de vous raconter. Quand j’ai fini, il m’a dit : « Vas, et que je ne te vois plus ! » Ce que je me suis empressé de faire jusqu’au décès du Prophète. Quand les musulmans ont livré la guerre à Musaylamah le menteur, j’ai saisi la lance avec laquelle j’ai tué Hamzah. Quand les deux camps se sont rencontrés, j’ai vu Musaylamah une épée au poing alors j’ai balancé ma lance puis l’ai envoyée le transperçant. D’un autre côté, un homme des Ansârs l’a frappé de son épée et je me demande qui de nous deux a bien pu le tuer. Une chose est sûre néanmoins : de ma lance, j’ai tué le meilleur homme qui soit hormis le Prophète et j’ai aussi tué le pire homme qui soit.
  • Le plus douloureux dans l’épisode de la mort de Hamzah, c’est l’oeuvre horrifiante des femmes Qurayshites qui passèrent parmi les morts musulmans et mutilèrent et défigurèrent leurs cadavres. Ainsi le corps de Hamzah fut gravement profané par Hind Bint `Utbah qui avait perdu plusieurs hommes de sa famille dans la bataille de Badr. Par la suite, elle opta librement de se convertir à l’Islam et fut graciée par le Prophète malgré l’immense douleur qu’il ressentait pour la profanation du corps de son oncle.

P.-S.

A l’exception du récit de la conversion de Hamzah et celui de sa mort, cette biographie est traduite de l’entrée 1828 d’Al-Isâbah fî Tamyîz As-Sahâbah de l’Imâm Ibn Hajar Al-`Asqalânî. Une version électronique gratuite est téléchargeable sur le site d’Al-Muhaddith.

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Mu`âdh Ibn Jabal, que Dieu l’agrée

Posté par algeriedemocratie le 18 août 2009

Mu`âdh Ibn Jabal, que Dieu l’agrée

mercredi 21 mars 2001

Sa naissance et ses débuts

Mucâdh Ibn Jabal (qu’Allâh soit satisfait de lui) naquit à Médine. Il avait l’esprit vif et était éloquent et ambitieux. Allâh, le Très-Haut, le dota d’une verve splendide, d’un beau visage et beaucoup de brio. Tout jeune, Mucâdh (qu’Allâh soit satisfait de lui) embrassa l’islam grâce à Muscab Ibn cUmayr que le Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui – envoya à Médine pour y enseigner l’islam aux nouveaux fidèles médinois.

Pacte d’allégence prêté au Prophète

Mucâdh (qu’Allâh soit satisfait de lui) fit partie des 72 médinois qui conclurent un pacte d’allégeance au Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui, peu de temps avant l’hégire. A son retour à Médine, Mucâdh commença à prêcher l’islam dans son entourage. Grâce à lui, de nombreux hommes qui devinrent par la suite de grands Compagnons, tel que cAmr Ibn Al-Jamûh, adoptèrent l’islam.

Ses qualités

Quand le Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui – émigra à Médine, Mucâdh ne le quitta plus afin d’apprendre le Coran et les préceptes de l’islam. Avec le temps, Mucâdh fut compté parmi les Compagnons les plus versés dans le Coran et les plus instruits dans la religion. Le Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui – lui rendit hommage, en disant : « Mucâdh Ibn Jabal est celui parmi les membres de ma Communauté qui sait le mieux distinguer le licite de l’illicite ». (Hadith transmis par At-Tirmidhî et Ibn Mâjah). Mucâdh (qu’Allâh soit satisfait de lui) était l’un des meilleurs mémorisateurs du Coran du vivant du Prophète. Ainsi le Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui – dit en sa faveur : « Apprenez le Coran auprès de quatre personnes : Ibn Mascûd, Sâlim l’affranchi d’Abû Hudhayfah, Ubayy et Mucâdh » (Sahîh Al-Bukhârî, Le Livre des Mérites, les mérites de Mucâdh Ibn Jabal – qu’Allâh l’agrée)

Après la conquête de La Mecque, le Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui – y engagea Mucâdh comme enseignant et le chargea de transmettre l’islam aux gens et de leur apprendre le Coran. De même, quand les souverains yéménites vinrent annoncer leur conversion à l’islam au Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui – et qu’ils lui demandèrent de leur assigner un précepteur, son choix tomba sur Mucâdh à la tête d’un groupe de Compagnons (qu’Allâh soit satisfait d’eux) pour remplir cette mission. Le Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui – sortit en personne pour leur faire ses adieux et conseilla alors Mucâdh (qu’Allâh soit satisfait de lui), en disant : « Ô Mucâdh ! Il se peut que vous ne me voyiez pas à l’année prochaine. Rendez-moi visite à ma mosquée et à mon tombeau, etc.… « . Mucâdh (qu’Allâh soit satisfait de lui) fendit en larmes par crainte de la séparation d’avec le Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui. En effet, celui-ci rendit l’âme avant de revoir Mucâdh.

Après le décès du Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui – , Mucâdh (qu’Allâh soit satisfait de lui) fut de retour à Médine. Il fut profondément affligé et versa de chaudes larmes pour la mort du Prophète – que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui – . Quand le califat échut à cUmar ibn Al-Khattâb (qu’Allâh soit satisfait de lui), celui-ci l’envoya aux Banû Kilâb pour trancher leur litige.

Son séjour en Syrie pour enseigner le Coran

Sous le califat de cUmar aussi, le gouverneur du Shâm (i.e. Syrie), Yazîd Ibn Abî Sufyân envoya demander à cUmar (qu’Allâh soit satisfait de lui) un précepteur pour ses sujets. cUmar convoqua alors Mucâdh Ibn Jabal, cUbâda Ibn As-Sâmit, Abû Ayyûb Al-Ansârî, Ubay Ibn Kacb et Abû Ad-Dardâ’ et leur dit : « Vos coreligionnaires en Syrie me demandent de leur assigner un précepteur pour apprendre le Coran et s’instruire dans la religion. Aidez-moi donc qu’Allâh vous accorde Sa miséricorde dans le choix de trois parmi vous. Veuillez procéder par tirage au sort, ou bien je désignerai par moi-même trois parmi vous ». « Et pourquoi tirons-nous au sort ?, répondirent-ils, Abû Ayyûb est âgé, Ubayy est malade et il ne reste que nous trois ». « Commencez, vous trois, par Hims et quand vous serez rassurés sur l’état de son peuple, quittez-la en y laissant l’un de vous. Puis, que le second se dirige vers Damas tandis que l’autre, vers la Palestine ». Les trois se dirigèrent donc vers Hims où fut laissé cUbâdah Ibn As-Sâmit. Tandis que Abû Ad-Dardâ’ se rendit à Damas et Mucâdh Ibn Jabal en Palestine.

Son décès

Mucâdh (qu’Allâh soit satisfait de lui) resta en Palestine jusqu’à ce qu’il fut atteint de la peste. A l’article de la mort, il se mit à dire : « Ô mort ! Sois la bienvenue ! Tel un visiteur qui vient après une longue absence et un être cher qui arrive après un profond désir ». Il se mit à regarder la voûte céleste, puis dit : Mon Seigneur ! Tu sais parfaitement que je n’ai jamais aimé l’ici-bas ou désiré la longévité pour y planter des arbres ou y faire couler des fleuves, mais plutôt pour accomplir le jeûne pendant les journées les plus torrides, passer les nuits à faire des dévotions et me presser autour des savants qui tiennent les cercles du Dhikr. Recueille mon âme comme tu recueilles les âmes croyantes ». Puis, il rendit le dernier soupir, qu’Allâh lui accorde Sa miséricorde.

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Mus`ab Ibn `Umayr

Posté par algeriedemocratie le 18 août 2009

Mus`ab Ibn `Umayr

dimanche 7 avril 2002

Mus`ab Ibn `Umayr est né et a grandi dans un milieu riche et confortable. Ses parents étaient pleins de soins et d’attentions à son égard. Il portait les vêtements les plus coûteux et les chaussures les plus élégantes de son époque. Les souliers yéménites étaient alors considérés comme les plus prestigieux et il avait le privilège d’en porter la meilleure paire.

Dans sa jeunesse il était admiré par les Qurayshites non seulement pour sa prestance et son élégance mais aussi pour son intelligence. Son bon comportement et son esprit fin lui ont permis de gagner l’estime des notables Mecquois parmi lesquels il vivait. Bien qu’encore jeune, il avait le privilège de pouvoir assister aux débats et aux réunions des Qurayshites. Il connaissait ainsi les questions qui perturbaient les Mecquois et leur façon de réagir aux problèmes qu’ils rencontraient.

Muhammad — paix et bénédictions sur lui — provoquait à cette époque une certaine agitation parmi les Mecquois. Connu d’eux sous le surnom de « Al-Amin » (le digne de confiance), il disait que Allâh l’avait envoyé en tant que porteur d’une bonne nouvelle et avertisseur. Il menaça d’un terrible châtiment les Qurayshites qui refusaient de se soumettre à Allâh et de L’adorer. Quant aux justes il leur promit une récompense divine. Ainsi, toute La Mecque ne parlait plus que de lui. Les dirigeants Qurayshites cherchèrent donc des moyens de faire taire Muhammad — paix et bénédictions sur lui —. Comme les moqueries et les tentatives de persuasion échouèrent, ils s’embarquèrent dans une campagne de harcèlement et de persécutions.

Mus`ab apprit que Muhammad — paix et bénédictions sur lui — et ses partisans s’étaient rassemblés dans une maison près de la colline de As-Safâ, la maison de Al-Arqam pour échapper aux persécutions des Qurayshites. Par curiosité, Mus`ab se rendit à cette demeure le plus discrètement possible, connaissant bien la haine des Qurayshites. Là, il trouva le Prophète prêchant ses quelques compagnons, leur récitant les versets du Saint Coran et pratiquant avec eux la Salat dans la véritable soumission à Allâh, Le Plus Grand, Le Très Haut.

Le Prophète l’accueillit. Il posa tendrement sa main bénie sur le cœur de Mus`ab qui palpitait d’émotion. Un sentiment profond de tranquillité l’envahit alors.

Mus`ab était émerveillé par ce qu’il venait de voir et d’entendre. Les mots du Coran eurent sur lui un impact immédiat.

Dés cette première rencontre avec le Prophète, le jeune Mus`ab décida d’embrasser l’Islam. Ce fut un moment mémorable. L’esprit vif de Mus`ab, sa volonté tenace et sa détermination, son éloquence et son bon caractère étaient maintenant au service de l’Islam et allaient contribuer à changer le cours de l’histoire.

En acceptant l’Islam, Mus`ab allait devoir face à un problème de taille : sa mère, Khunnas Bint Mâlik. Elle était très puissante. Son caractère dominateur inspirait aisément crainte et terreur. Quand Mus`ab devint musulman, la seule personne sur terre encore capable de l’effrayer était sa mère. Tous les notables influents de La Mecque avec leur attachement aux cultes et leurs traditions païens n’avaient que peu d’importance pour lui. Il ne pouvait toutefois pas prendre à la légère le fait que sa mère fusse du nombre de ses adversaires.

Mus`ab se résolut à cacher son adhésion à l’Islam jusqu’à ce que Allâh lui fasse parvenir une solution. Il continua de se rendre dans la maison de Al-Arqam où il siégeait en compagnie du Prophète. Il ressentait une certaine sérénité dans sa nouvelle foi, veillant à ne laisser transparaître aucun indice susceptible d’éveiller des soupçons de sa mère. Il réussit à éviter la colère de sa mère, mais seulement pour un temps. Il était difficile à cette époque de garder un secret bien longtemps à La Mecque. les Qurayshites avaient des yeux et des oreilles à tous les coins de rues. Derrière chaque trace de pas se cachait un informateur Quraysh. Rapidement, Mus`ab fut repéré par un certain `Uthmân Ibn Talhah alors qu’il rentrait tranquillement dans la maison de Al-Arqam.

Une autre fois, `Uthmân vit Mus`ab prier comme le faisait Muhammad — paix et bénédictions sur lui —. La conclusion était évidente. Aussi vite qu’une traînée de poudre, la nouvelle fracassante de la conversion de Mus`ab se diffusa parmi les Qurayshites et atteignit finalement les oreilles de sa mère.

Mus`ab se présenta devant sa mère, son clan et la bourgeoisie Quraysh qui s’étaient réunis pour connaître les faits et pour entendre ce qu’il avait à dire pour sa défense.

Mus`ab reconnut, non sans une certaine humilité et un certain sans-froid, qu’il était en effet devenu musulman et sut expliquer calmement et avec confiance les raisons de son choix. Il récita alors certains versets du Coran – ceux qui avaient purifié le cœur des croyants et les avaient ramené à leur religion naturelle : celle d’Allâh. Bien que peu nombreux, leurs cœurs étaient maintenant remplis de sagesse, d’honneur, de justice et de courage.

Quand la mère de Mus`ab entendit son fils pour lequel elle avait été si soigneuse et si attentionnée, elle devint furieuse. Elle était sur le point de le frapper pour qu’il se taise. Mais devant le visage lumineux et serein de Mus`ab, sa main resta comme bloquée. Peut-être n’était-ce là que son amour pour son fils qui l’empêchait de le frapper, elle ressentait néanmoins encore le besoin de venger les dieux que son fils avait osé outrager. La solution pour laquelle elle opta était bien pire pour Mus`ab que les malheureux coups dont il aurait pu écoper. Elle cloîtra son fils dans un coin de sa maison, en ayant pris soin de l’attacher. Il était ainsi prisonnier dans sa propre demeure.

Pendant longtemps, sous le regard vigilant des gardes placés par sa mère, Mus`ab n’eut plus aucun contact avec Muhammad — paix et bénédictions sur lui — et l’Islam. Malgré cela, Mus`ab garda une foi inébranlable et le doute ne pénétra pas son cœur. Il devait certainement être au courant des humiliations et des tortures que les idolâtres faisaient subir à ses frères musulmans. Pour lui, comme pour la plupart des autres musulmans, leur condition à La Mecque n’était plus acceptable. Finalement, il apprit qu’un groupe de musulmans s’apprêtait à quitter la ville pour trouver refuge dans l’Abyssinie voisine. Il pensa immédiatement à s’évader pour les rejoindre. À la première occasion, il réussit à s’éclipser. Lui et les autres musulmans traversèrent ensemble la Mer Rouge pour rejoindre les côtes africaines.

Protégés par le Négus, les musulmans vivaient là-bas dans la paix et la sécurité. Cependant ils regrettaient de ne pouvoir être à La Mecque aux côtés du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Aussi quand la rumeur selon laquelle la situation des musulmans s’était améliorée à La Mecque se répandit en Abyssinie, Mus`ab fut-il parmi les premiers à vouloir repartir. Mus`ab avait déjà quitté l’Abyssinie lorsqu’on apprit que la rumeur était fausse..

Fut-il à La Mecque ou en Abyssinie, Mus`ab garda toujours une foi forte en l’Islam et ce qui lui importait par-dessus tout était d’avoir une existence digne de son Créateur.

Quand Mus`ab revint à La Mecque, sa mère tenta une dernière fois de le faire revenir à la voie qu’elle avait tracée pour lui. Elle le menaça donc de l’emprisonner à nouveau. Mus`ab jura de tuer quiconque sa mère enverrait pour le capturer. Elle savait qu’il ne mentait pas, elle avait bien remarqué sa détermination.

La rupture était inévitable. Quand le moment arriva, la mère et le fils étaient aussi triste l’un que l’autre mais cela résultait de la forte entêtement idolâtre de la mère et de la persistance encore plus grande de la foi monothéiste du fils. En le chassant de chez elle, elle lui enlevait tout le confort matériel dont il avait bénéficié jusqu’alors. Elle dit : « Va à tes occupations. Je ne peux plus être ta mère. » Mus`ab s’approcha d’elle et dit : « Mère, je te conseille sincèrement, je ne suis pas indifférent à ton devenir. Atteste qu’il n’y a de divinités en dehors d’Allâh et que Muhammad — paix et bénédictions sur lui — est Son serviteur et Son messager. »

« Je jure par les étoiles filantes que je ne rentrerai jamais dans ta religion, cela même si mon choix est ridicule » répondit-elle.

Mus`ab quitta alors sa maison, le luxe et le confort dont il jouissait. Mus`ab l’élégant, Mus`ab le jeune toujours bien habillé allait dorénavant revêtir les vêtements les plus modestes. Il avait désormais des vues bien plus importantes. Il était déterminé à user de tous ses talents et de toute son énergie dans le but de connaître et de servir Allâh et Son Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

Quelques années plus tard, Mus`ab vint un jour se joindre aux musulmans réunis et assis autour du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Ils ouvrirent tous de grands yeux en voyant Mus`ab. Il portait alors une vieille djellaba en mauvais état et ils se souvenaient qu’avant d’embrasser l’Islam il était un modèle d’élégance. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — observa Mus`ab, sourit et dit : « J’ai vu Mus`ab chez ses parents à La Mecque. Leurs soins et attentions à son égard lui assuraient une vie confortable. Il n’y avait pas de jeune Quraysh tel que lui. Alors il quitta tout pour rechercher l’agrément de Allâh et s’est dévoué au service de Son Prophète — paix et bénédictions sur lui —. » Le Prophète se leva alors et dit : »Il arrivera un temps où Allâh vous donnera la victoire sur la Perse et Byzance. Vous aurez alors une robe pour le matin et une autre robe pour le soir et vous mangerez d’un plat le matin et d’un autre le soir. »

Autrement dit, le Prophète venait de prédire richesse et puissance aux musulmans. Ses compagnons lui demandèrent alors : « Ô messager d’Allâh, quelle est la meilleure situation, celle dans laquelle nous nous trouvons actuellement ou celle dans laquelle nous nous trouverons alors ? » Il répondit : « Vous êtes bien mieux maintenant que vous seriez alors. Si vous saviez du monde ce que j’en sais vous ne vous intéresseriez pas à cela. »

Une autre fois, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — parla d’une manière identique à ses compagnons et leur demanda comment ils seraient s’ils pouvaient porter une tenue le matin et une autre le soir et s’ils disposaient même de suffisamment de tissus pour mettre des rideaux dans leurs maisons et recouvrir la Ka`bah. Les compagnons répondirent qu’ils seraient alors dans une meilleur situation parce qu’ils auraient alors des subsistances suffisantes et pourraient pratiquer librement leurs rites. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — leur a cependant dit qu’ils étaient dans une meilleure situation comme ils étaient.

Après dix années de prêche, la plupart des Mecquois restaient hostiles à l’Islam. Le noble Prophète — paix et bénédictions sur lui — se rendit alors à Tâ’if pour chercher de nouveaux adeptes à la foi. Il fut rejeté et chassé de la ville. L’avenir de l’Islam semblait maussade.

Ce fut juste après ce désastreux épisode que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — désigna Mus`ab comme son ambassadeur à « Yatrib » afin d’enseigner l’Islam au petit groupe de croyants qui était venu jurer allégeance à Allâh et à Son Prophète — paix et bénédictions sur lui — et de préparer Médine à la grande immigration. Mus`ab fut choisi parmi des compagnons bien plus vieux que lui, plus proches du Prophète — paix et bénédictions sur lui — ou plus célèbres. Ce choix fut sans doute motivé par son tact, son noble caractère, ses bonnes manières, sa grande intelligence et bien évidemment sa connaissance du Saint Coran et sa capacité à le réciter d’une façon belle et vivante.

Conscient du caractère sacré de sa mission, Mus`ab invitait les gens à adorer Allâh, à suivre la voie droite de l’Islam et à préparer ce qui allait être la base du premier état musulman.

Il rentra dans Médine en tant qu’invité de Sa`d Ibn Zurârah de la tribu des Khazraj. Ensemble, ils allèrent vers les gens, à leurs maisons et dans leurs réunions, leur parler du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, leur expliquant l’Islam et leur récitant le Coran. Par la Grâce du Très Haut, beaucoup embrassèrent l’Islam. C’était pour Mus`ab une grande source de bonheur mais les dirigeants de Yathrib commençaient à s’alarmer.

Un jour que Mus`ab et Sa`d étaient assis près d’un beau verger du clan de Zafar, entourés de beaucoup de nouveaux musulmans et de personnes qui s’intéressaient à la nouvelle religion, un des notables puissants de la ville, Usayd Ibn Khudayr, arriva brandissant une lance, le visage rouge de colère.

Sa`d Ibn Zurârah le vit et dit à Mus`ab : « C’est le chef de ces gens. Puisse Allâh ouvrir son cœur à la vérité. » « S’il s’assoit, je lui parlerai, » répondit Mus`ab, affichant tout le tact et le calme d’un grand jour. Usayd, fâché, commença à crier et à menacer Mus`ab et son invité. « Pourquoi êtes vous venus parmi nous semer la corruption ? Allez-vous en si vous voulez rester vivants. » Mus`ab sourit amicalement et dit à Usayd : « Ne veux-tu pas t’asseoir et écouter ? Si notre mission te plait, accepte-la, si elle te déplait alors nous cesserons de parler de ce qui ne te plait pas et nous partirons. »

« C’est une bonne proposition, » dit Usayd et, plantant sa lance dans le sol, il s’assit. Mus`ab l’invitait simplement à écouter. Si cela le satisfaisait, très bien. Sinon, Mus`ab quitterait son quartier et son clan sans histoire et s’en irait vers un autre.

Mus`ab commença à lui parler de l’Islam et lui récita le Coran. Bien avant qu’Usayd ait ouvert la bouche, on pouvait voir clairement sur son visage, maintenant illuminé et émerveillé, que la foi avait pénétré son cœur. Il dit : « Combien ces mots sont beaux et comme ils sont vrais ! Que doit-on faire pour rentrer dans cette religion ? ». « Prends un bain, purifie-toi et purifie tes vêtements. Alors tu réciteras l’attestation de foi (Shahâdah), et tu pratiqueras la Salat. « 

Usayd quitta alors l’assemblée pendant un court moment. Il revint et attesta qu’il n’y a pas de divinités sauf Allâh et que Muhammad — paix et bénédictions sur lui — est le messager d’Allâh. Alors il pria deux rak`ahs et dit : « Après moi, il y a un homme qui si il vous suit, tout les siens le suivront. Son nom est Sa`d Ibn Mu`âdh Je vais te l’envoyer maintenant. »

Sa`d Ibn Mu`âdh vint et écouta Mus`ab. Il fut convaincu et accepta de se soumettre à Allâh. Il fut suivi par un autre chef Yathribite, Sa`d Ibn `Ubâdah. Devant cette succession de conversions, les gens de Yathrib s’affolèrent tous, se demandant l’un l’autre : « Si Usayd Ibn Khudayr, Sa`d Ibn Mu`âdh et Sa`d Ibn `Ubâdah ont accepté la nouvelle religion, comment pouvons-nous ne pas la suivre ? Allons trouver Mus`ab et croyions en son message. Ils disent que la vérité sort de ses lèvres. »

Le premier ambassadeur du Prophète — paix et bénédictions sur lui — avait réussi sa mission avec succès. Le Prophète avait fait le bon choix. Hommes et femmes, jeunes et vieux, puissants et faibles, tous acceptèrent l’Islam. Le cours de l’histoire pour les habitants de Yathrib était changé à jamais. L’Hégire, la grande immigration, pouvait enfin s’organise. Yathrib serait bientôt « la capitale » de l’état islamique.

Moins d’un an après son arrivée à Yathrib, Mus`ab retourna à La Mecque. C’était encore la saison du pèlerinage. Il était accompagné d’un groupe de soixante-quinze musulmans médinois. Encore à Aqabah, près de Mina, ils rencontrèrent le Prophète. La, ils s’engagèrent solennellement à défendre le prophète coûte que coûte. Le Prophète leur garantit que s’ils restaient ferme dans leur foi, leur récompense serait rien de moins que le Paradis. Ce deuxième pacte (Bay`ah) que les musulmans de Yathrib conclurent, fut plus tard appelé le pacte de guerre. À partir de ce moment, les événements s’enchaînèrent rapidement. Peu après le pacte, le Prophète ordonna à ses disciples persécutés d’émigrer à Yathrib où les nouveaux musulmans, appelés aussi Ansars (les Aides), avaient montré la volonté de donner asile et de protéger les musulmans en détresse. Les premiers compagnons du Prophète qui arrivèrent à Médine furent Mus`ab Ibn `Umayr et l’aveugle `Abd Allâh Ibn Umm Maktum. `Abd Allâh récitait le Coran de façon merveilleuse, et selon l’un des Ansar, Mus`ab ainsi qu’`Abd Allâh récitaient tous deux le coran aux habitants de Yathrib.

Mus`ab continua de jouer un rôle primordial dans la construction du nouvel état. Ainsi, après la bataille de Badr, les prisonniers de guerre Quraysh étaient présentés devant le Prophète — paix et bénédictions sur lui — et étaient assignés individuellement en détention à des musulmans. « Traitez-les bien, » prescrivit-il.

Parmi les prisonniers se trouvait Abû Aziz Ibn `Umayr, le frère de Mus`ab. Abû Aziz raconta : « J’étais au milieu d’un groupe de Ansars…Quand ils avaient déjeuné ou dîné, ils me donnaient du pain et des dattes à manger pour respecter les prescriptions du Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

Mon frère, Mus`ab Ibn `Umayr, passa devant moi et dit à l’homme des Ansâr qui me gardait prisonnier : « Attache-le fermement… sa mère est une femme aisée et peut-être te versera-t-elle une rançon pour lui. » Je n’en croyais pas mes oreilles. Etonné, je me tournai vers Mus`ab et lui demandai : « Mon frère, est-ce là l’instruction que tu donnes me concernant ? » « Lui est mon frère, pas toi, » répondit Mus`ab. « 

Il affirmait ainsi que dans le combat opposant musulmans et mécréants, les liens de la foi étaient plus forts que ceux de la parenté.

À la bataille d’Uhud, le Prophète confia à Mus`ab, désormais connu sous le nom de Mus`ab Al-Khayr (le bon), l’étendard de l’Islam. Au début du combat, les musulmans semblaient dominer leur adversaire. Or un groupe de musulmans alla à l’encontre des ordres du Prophète — paix et bénédictions sur lui — et déserta ses positions. Les forces mécréantes saisirent cette opportunité pour lancer une contre-attaque. Leur principal objectif, pour abattre les musulmans, était de mettre la main sur le noble Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

Mus`ab réalisa le danger. Il éleva haut l’étendard de l’Islam et cria le takbîr (Allâhou akbar). L’étendard dans une main, l’épée dans l’autre, il fonça sur les Qurayshites. Les chances étaient contre lui. Un cavalier Qurayshite lui trancha la main droite. On entendait Mus`ab répéter les mots : « Mohammad — paix et bénédictions sur lui — n’est qu’un messager, des messagers sont passés avant lui « , montrant qu’au-delà de son attachement au Prophète, sa bataille était avant tout pour Allâh et pour affirmer la suprématie de Ses paroles. Son bras gauche fut également coupé et comme il persistait à tenir l’étendard de l’Islam, entre les moignons de bras qui lui restaient, il se consolait en répétant :  » Muhammad — paix et bénédictions sur lui — n’est qu’un messager. Des messagers sont passés avant lui. » Mus`ab fut alors transpercé par une lance. Il tomba, l’étendard tombant avec lui. Les mots qu’il répétait, sans cesse avant de mourir furent plus tard révélés au Prophète — paix et bénédictions sur lui — et complétèrent le Coran.

Après la bataille, le Prophète et ses compagnons allèrent explorer le champ de bataille, et firent leurs adieux aux martyrs. Quand ils arrivèrent devant la dépouille de Mus`ab, les larmes se mirent à couler. Khabbab raconta qu’ils ne purent trouver aucun tissu pour recouvrir le corps de Mus`ab, mis à part ses propres habits. Quand ils s’en servirent pour recouvrir sa tête, cela découvrait ses jambes, et lorsque ces jambes étaient recouvertes, cela découvrait sa tête, alors le Prophète leur dit :  » Placez le tissu sur sa tête et recouvrez ses pieds et ses jambes a l’aides des feuilles de la plante de ikhkhir « .

Le Prophète éprouva une grande peine à la vue du nombre de ses compagnons tombés à la bataille de Uhud. Faisait également parti des victimes son oncle Hamzah dont le corps était horriblement mutilé. Mais ce fut devant le corps de Mus`ab que le Prophète éprouva la plus vive émotion. Il se souvint de Mus`ab la première fois qu’il le vit à La Mecque, stylé et élégant, et regarda son petit burdah, qui était le seul habit qu’il possédait, puis il récita le vers du Coran suivant :  » Parmi les croyants, il est des hommes qui sont restes fidèles à leur engagement avec Allâh. « 

Le Prophète regarda de ses yeux pleins de bonté le champ de bataille où gisaient les compagnons de Mus`ab, puis dit :  » Le Messager d’Allâh est témoin que vous êtes des martyrs aux yeux d’Allâh au jour de la resurrection « .

Alors se tournant vers les compagnons qui l’entouraient, il dit : « O gens ! visitez-les, saluez-les en leur souhaitant la paix, par Celui Qui détient mon âme, à tous les musulmans qui les salueront jusqu’au jour de Qiyamah, ils vous retourneront le salut. »

As-salaamu alayka yaa Mus`ab… As-salaamu alaykum, ma`shar ash-shuhadâ. As-salaamu alaykum wa rahmatullah wa barakatuhu.

Que la paix soit sur toi, O Mus`ab… Que la paix soit sur vous tous, O les martyrs. Que la paix soit sur vous, ainsi que la miséricorde d’Allâh et ses bénédictions.

Amine !

P.-S.

Traduit de « Companions of The Prophet« , volume 1, de Abdul Wâhid Hâmid.

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Asmâ’ Bint Abî Bakr, que Dieu l’agrée

Posté par algeriedemocratie le 18 août 2009

Asmâ’ Bint Abî Bakr, que Dieu l’agrée

Une noble musulmane

mercredi 20 février 2002

Asmâ’ Bint Abû Bakr, qu’Allâh les agrée tous deux, appartenait à une famille Musulmane distinguée. Son père, Abû Bakr, était un proche ami duProphète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), et à sa mort, devint le premier Calife. Sa demie-soeur `Â’ishah, la Mère des Croyants, (qu’Allâh l’agrée) était l’une des épouses du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Son époux, Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm, était un auxiliaire personnel du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Son fils, Abdullâh Ibn Az-Zubayr, se rendit célèbre par son intégrité et son absolue dévotion pour la vérité.

Asmâ’ elle-même était l’une des premières à embrasser l’Islam. Seuls dix-sept personnes environ, hommes et femmes confondus, devinrent musulmans avant elle. Plus tard , elle fut surnommée Dhât An- Nitâqayn (la femme aux deux ceintures), à cause d’une annecdote liée à l’émigration (hijrah) historique du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et de son père Abû Bakr de la Mecque vers Médine.

Asmâ’ était l’une des rares personnes au courant des projets du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), qui avait pris la résolution de partir pour Médine. Le plus grand secret devait être gardé, car Quraïsh voulait la mort du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). La nuit de leur départ, Asmâ’ leur prépara un sac de provisions ainsi que de l’eau pour leur voyage. Comme elle ne trouva rien pour attacher les récipients, elle décida d’utiliser sa ceinture (nitâq). Abû Bakr lui suggéra de la fendre en deux morceaux, ce qu’elle fit, et le Prophète(paix et bénédiction de Dieu sur lui) loua son geste. Depuis, elle fut connue comme étant  » la femme aux deux ceintures ».

Lorsque la dernière émigration vers Médine eut lieu, après le départ du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), Asmâ’ était enceinte. Cependant, ni sa grossesse, ni la perspective d’un voyage long et pénible ne la dissuadèrent de partir. Des qu’elle fut parvenue à Qobâ, aux abords de Médine, elle mit au monde son fils Abdullâh. Les musulmans s’exclamèrent : ’Allâhou Akbar ! ’ (Allâh est Le plus Grand) et la Ilâha illâ Allâh ! (il n’y a point d’autre Dieu qu’Allâh), mus par la joie et la gratitude, car Abdullâh fut le premier né parmi les Muhâjirîn (émigrés) a Médine.

Asmâ’ devint célèbre pour ses qualités nobles et admirables et pour son intelligence accrue. Elle était extremêment généreuse, ce qui fit dire à son fils Abdullâh : « Je n’ai jamais connu personne d’aussi généreux que ma tante `â’ishah et ma mère Asmâ’. Mais leur générosité s’exprimait de facon différente. Ma tante accumulait les choses une à une jusqu’à ce qu’elle en eut suffisemment pour ensuite les redistribuer aux nécessiteux. Ma mère, quant à elle, ne gardait rien, même pas pour le lendemain ».

La présence d’esprit d’Asmâ’ dans les moments difficiles était remarquable. Lorsque son père quitta La Mecque, il emporta toute sa fortune, qui s’évaluait à six mille dirhams, et ne laissa rien à sa famille. Quand Abû Quhâfa, le père d’Abû Bakr qui était encore un mushrik (associateur) apprit son départ, il se rendit à sa demeure et dit a Asmâ : « j’ai appris qu’il vous avait dépossédés de votre argent et vous avait abandonnés », ’Non, grand-père, répondit Asmâ’, en fait il nous a laissé beaucoup d’argent ». Elle prit des cailloux et les déposa dans une niche du mur où ils avaient pour habitude de garder l’argent. Elle les recouvrit d’un linge, puis prenant la main de son grand père qui était aveugle, dit : « Vois combien d’argent il nous a laissé ».

En usant de ce stratagéme, Asmâ’ voulait dissiper les craintes du vieil homme et éviter qu’il ne leur donna quelque chose de ses propres richesses. Et ce parce qu’elle détestait recevoir de l’aide d’un mushrik (associateur), fut-il son propre grand-père. Elle observait un comportement similaire vis-a-vis de sa mère et n’était pas disposée à compromettre son honneur et sa foi. Un jour, sa mère Qutaylah vint lui rendre visite à Médine. Elle n’était pas musulmane et était divorcée de son père depuis l’époque pré-islamique. Elle lui apporta des raisins secs, du beurre clarifié, et d qaraz (des cosses de bois de santal).

Dans un premier temps Asmâ’ refusa de l’admettre dans sa demeure , et n’accepta pas les présents. Elle envoya quelqu’un chez `â’ishah pour s’informer aupres du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) de l’attitude à adopter à l’egard de sa mère, il répondit qu’elle devait certainement la recevoir en sa demeure et accepeter les présents. C’est à cette occasion que les versets suivants furent révélés au Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) : « Allâh ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allâh aime les équitables. * Allâh vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattu . Ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes » [Sourate 60-Al Mumtahanah (l’eprouvée), versets 8-9]

Au début , la vie à Médine était dure pour Asmâ’, et tel était le cas pour beaucoup de Musulmans. Son mari était assez pauvre et ne possédait qu’un cheval qu’il avait acheté. Asmâ’ décrivit ces jours d’antan en ces termes : « Je me chargeais d’apporter du fourrage au cheval, de lui donner de l’eau et de le brosser. Je devais également moudre du grain et en faire du levain, mais je n’étais pas très douée pour la cuisson du pain. Les femmes de la tribu des Ansars le faisaient pour moi. C’étaient des femmes d’une grande bonté. Je transportais le grain sur ma tête depuis le potager que cultivait Az-Zubayr, et qui lui avait été attribué par le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui). Il se trouvait a trois farsakh (environ 8 km) du centre de la ville. Un jour, je me trouvais sur la route portant du grain sur la tête lorsque je rencontrai le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) et un groupe de Compagnons. Il m’appela et arrêta son chameau de sorte que je puisse monter. J’étais gênée de voyager avec le Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui), tout en songeant à la jalousie de Az-Zubayr – il était le plus jaloux des hommes – Le Prophète(paix et bénédiction de Dieu sur lui) réalisa que j’étais embarrassée et poursuivit son chemin. Plus tard, Asmâ’ rapporta exactement ce qui s’était passé à Az-Zubayr qui dit : ’Par Allâh ! Le fait que tu sois obligée de porter ce grain m’est plus pénible que de te voir partager la monture du Prophète (paix et bénédiction de Dieu sur lui) » [2].

Asmâ’ était manifestement une femme sensible et devouée. Elle et son mari travaillèrent extremêment dur jusqu’à ce que leur situation s’améliore progressivement. Cependant il arrivait qu’Az-Zubayr la traita durement. Un jour, elle alla s’en plaindre à son père. Il lui fit cette réponse : « Ma fille, fais donc preuve de patience, car si une femme à un époux vertueux et qu’elle ne se remarie pas après sa mort, ils seront de nouveau réunis au Paradis ».

Az-Zubayr finit par devenir un des hommes les plus riches parmi les Compagnons, mais en aucun cas cela remit en question les principes d’Asmâ’. Son fils Al-Mundhir lui envoya une fois une robe très élégante, faite d’une étoffe coûteuse et raffinée. Asmâ’, devenue aveugle, dit en touchant le tissu : « C’est affreux. Rends-la lui ». Al-Mundhir en fut boulversé et dit : « Mère, elle n’est pourtant pas transparente ». « Elle n’est peut-être pas pransparente, rétorqua-t-elle, mais elle trop étroite et laisse deviner les pourtours du corps ».

Si les événements et aspects de la vie d’Asmâ’ cités ci-dessus pouvaient être oubliés, sa dernière rencontre avec son fils Abdullâh devrait rester l’un des moments les plus memorables du début de l’Histoire de l’Islam. Lors de cette rencontre elle montra l’acuité de son intelligence, la fermeté de sa résolution et l’intensité de sa foi. Abdullâh aspirait au Califat après la mort de Yazîd Ibn Mu`âwiyah. Le Hijâz, l’Egypte, l’Irak, le Khorasân et une grande partie de la Syrie lui étaient favorables et le proclamèrent Calife. Toutefois les Omeyyades continuèrent de contester ce Califat et dressèrent une armée formidable sous les ordres d’Al-Hajjâj Ibn Yûsuf Ath-Thaqafî. Des batailles implacables furent livrées entre les deux camps, durant lesquelles Abdullâh Ibn Az-Zubayr s’illustra par ses actes de bravoure et d’héroisme.

Malgré cela plusieurs de ses partisans ne purent supporter la contrainte persistante de la guerre et finirent par déserter peu a peu. Il se réfugia dans la Mosquée Sacrée de La Mecque et c’est là qu’il alla trouver sa mère, qui était alors vieille et aveugle, et dit : éQue la paix soit sur toi, mère et la clémence et la grâce d’Allâh ». « Et que sur toi soit la paix, Abdullâh’ repondit-elle. Qu’est-ce qui t’amène ici à cette heure alors qu’au Haram (Mosquée Sacrée), les catapultes d’Al-Hajjâj font pleuvoir sur tes soldats des blocs de pierres qui secouent les maisons de La Mecque ? ». ’Je viens te demander conseil », dit-il. « Me demander conseil ?’’ s’étonna-t-elle. « A quel sujet ? ». « Les gens m’ont abandonné par crainte d’Al-Hajjâj ou alors parce qu’ils se sont laissés tenter par ce qu’il avait à leur offrir. Même mes enfants et ma famille m’ont quitté. Il ne reste plus qu’une poignée d’hommes, qui, bien que vaillants et devoués, ne résisteront pas plus d’une heure ou deux. Les messagers des Banû Omayyah (les Omeyyades) sont dès à présent en train de négocier avec moi, m’offrant n’importe quelle richesse que je pourrai nommer. Devrais-je rendre les armes et prêter serment d’allégéance à Abd Al-Malik Ibn Marwan. Qu’en penses-tu ». Elle répondit en élevant la voix : « C’est ton combat, Abdullâh, et tu te connais mieux que quiconque. Si tu penses que tu as raison et que tu defends la vérité, alors ne baisse pas les bras et bats-toi, à l’instar de tes compagnons qui ont persévéré et sont morts sous ton drapeau. Si toutefois tu désirais ce monde, quel pauvre malheureux tu serais. Tu te seras détruit, et tu auras détruit tes hommes ». « Mais, dit-il, je serai tué aujourd’hui, sans aucun doute.. ». « Cela vaut bien mieux que de te rendre à Al-Hajjâj volontairement et que des esclaves de Banû Omayya jouent avec ta tête ». « Je n’ai pas peur de la mort, dit-il, je crains seulement d’être mutilé ». Et sa mère de lui signaler : « Il n’y a rien après la mort qu’un homme puisse craindre. Un mouton, une fois égorgé, ne ressent pas la douleur du dépecage ». Le visage d’Abdullâh s’illumina et il dit : « Quelle mère vénérable ! Sois bénie pour la noblesse de tes qualités ! Je suis venu à toi en cet instant pour entendre ce que j’ai entendu. Dieu sait que je n’ai pas faibli ni désespéré. Il est Témoin que je n’ai pas combattu par amour de ce monde et ses tentations mais uniquement par colère pour l’Amour d’Allâh car Ses limites ont ete transgressées. Et me voici, m’en allant vers ce qui te réjouit. Donc si j’étais tué, ne t’afflige pas et rends-moi grâce auprès d’Allâh ». « Je ne m’affligerais, dit Asmâ’ – vieillie mais resolue – que si tu étais tué pour une cause vaine et injuste ». « Sois assurée que ton fils n’a pas soutenu une cause injuste, qu’il n’a commis aucune mauvaise action, qu’il ne s’est rendu coupable d’aucune injustice envers un musulman ou un dhimmi (non musulman vivant dans la société musulmane), et qu’il n’y a rien de plus plaisant à ses yeux que la Satisfaction d’Allâh, Le Tout Puissant, Le Plus Grand. Je ne dis pas cela pour alléger ma conscience. Dieu sait que je l’ai dit uniquement pour raffermir et rassurer ton Coeur ». « Louange à Allâh qui t’a fait agir conformément à ce qu’Il aime et ce que j’aime. Viens plus près de moi mon fils, que je puisse sentir et humer ton corps car cette rencontre est peut-être la dernière ». Désignant son armure, elle dit : « Ceci, mon fils, n’est pas l’accoutrement de celui qui desire le martyre. Ôte-le. Cela rendra tes mouvements légers et rapides. Revêts plutôt ton sirwal (un long sous-vêtement) de sorte que si tu étais tué ta `awrah (partie intime) ne serait pas exposée ».

Abdullâh retira son armure et mit son sirwal. Alors qu’il s’en allait vers le Haram pour rejoindre le combat, il dit : « mère, ne me prive pas de tes dou’a (prières) ». Levant ses mains au ciel elle pria : « O Seigneur, aie pitié pour ses longues heures de veille et ses sanglots dans les ténèbres de la nuit pendant que les gens dormaient. O Seigneur aie pitié pour sa faim et sa soif durant son voyage de Médine à La Mecque alors qu’il jeunait. O Seigneur bénis sa bienfaisance envers sa mère et son père. O Seigneur je lui rends grâce pour Ta cause et je me réjouis de tout ce que tu auras décidé pour lui. Et accorde-moi en hommage pour lui, la récompense de ceux qui sont patients persévérants ».

A la tombée de la nuit, Abdullâh était mort. A peine une dizaine de jours plus tard, sa mère mourut à son tour. Elle était alors âgée de cent ans. l’âge ne l’avait pas rendue infirme et n’avait pas altéré la vivacité de son esprit.

P.-S.

  1. Traduit de « Companions of The Prophet », Vol.1, écrit par Abdul Wâhid Hâmid.
  2. Sahîh Muslim : D’après ’Asmâ’ bint ’Abî Bakr (qu’Allah soit satisfait d’elle), « Az-Zubayr m’avait épousé, alors qu’il ne possédait sur terre ni biens, ni argent, ni esclave, ni autre chose à l’exception de son cheval. Je donnais à son cheval le fourrage, je lui assurais sa provende et prenais soin de lui. En outre je moulais les grains à son nâdih (chameau de pompage et d’arrosage) pour le nourrir, je puisais l’eau et je raccommodais ses outres. Je pétrissais aussi la farine, mais comme je n’étais pas habile à préparer le pain, des voisines, femmes des ’Ansâr, de bonnes amies, me faisaient le pain. Je transportais sur ma tête les récoltes qui provenaient d’une terre que l’Envoyé d’Allah (pbAsl) avait concédée à Az-zubayr et cette terre était éloignée de ma demeure de deux tiers de parasange. Un jour que je portais le fardeau des récoltes sur la tête, je rencontrais l’Envoyé d’Allah (pbAsl) accompagné d’un certain nombre de ses Compagnons. Le Prophète m’appela, puis fit agenouiller sa monture pour me prendre en croupe. J’éprouvais quelque honte à voyager avec des hommes et je songeais à ta jalousie (de Az-zubayr) ». Mais, Az-zubayr, lui répondit : « Par Dieu, il m’eût été moins pénible de te voir en croupe derrière lui, que de porter cette charge sur ta tête ». « Je continuai à mener cette existence, ajouta ’Asmâ’, jusqu’au jour où ’Abû Bakr (son père), après cette aventure, m’envoya un domestique qui me débarrassa des soins à donner au cheval et il me sembla alors que je venais d’être affranchie ». Ce hadîth est également rapporté par l’Imâm Al-Bukhârî, que Dieu l’agrée.

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Â’ishah Bint Abî Bakr, que Dieu l’agrée

Posté par algeriedemocratie le 18 août 2009

Â’ishah Bint Abî Bakr, que Dieu l’agrée

La Mère des Croyants

dimanche 24 mars 2002

La vie de `Â’ishah est la preuve qu’une femme peut être bien plus instruite qu’un homme et qu’elle peut être le professeur de savants et d’experts. Sa vie montre aussi qu’une femme peut exercer une influence sur les hommes et les femmes et leur apporter l’inspiration et l’union. Sa vie est enfin la preuve que cette même femme peut être complètement féminine et être une source de plaisir, de joie et de réconfort pour son mari.

Elle ne fut diplômée d’aucune université car il n’y avait pas d’universités à cette époque. Cependant, ses discours sont étudiées dans les facultés de littérature, ses déclarations juridiques sont étudiées dans les Ecoles de Droit et sa vie ainsi que ses œuvres sont étudiées par des étudiants et des enseignants en Histoire Islamique depuis un millier d’années.

L’essentiel de ses vastes connaissances fut acquis alors qu’elle était encore jeune. Dans sa petite enfance, elle fut élevée par son père qui était très aimé et respecté car c’était un homme qui disposait d’un grand savoir, de manières courtoises et d’une présence agréable. De plus, il était l’ami le plus proche du noble Prophète — paix et bénédictions sur lui — qui lui rendait souvent visite, et ce, depuis les tous premiers jours de sa mission.

Dans sa jeunesse, déjà connue pour sa frappante beauté et sa formidable mémoire, le Prophète lui-même lui porta un soin et une attention particuliers. En tant qu’épouse et compagne du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, elle acquit un savoir et une perspicacité qu’aucune autre femme n’a atteints à ce jour.

`Â’ishah devint la femme du Prophète — paix et bénédictions sur lui — à la Mecque alors qu’elle était à peu près dans sa dixième année, mais son mariage ne fut pas célébré avant la deuxième année de l’Hégire, alors qu’elle avait entre quatorze et quinze ans [1]. Avant et après son mariage, elle garda une jovialité et une innocence naturelles et ne semblait pas intimidée par l’idée d’être mariée au Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui —, lui que tous ses compagnons, y compris les parents de `Â’ishah, traitaient avec un amour et une révérence qu’ils ne vouaient à aucune autre personne.

À propos de son mariage, elle rapporta que peu de temps avant qu’elle ne quitte la maison de ses parents, elle se rendit dans la cour pour jouer avec une amie qui était de passage :

 » Je m’amusais à la balançoire et mes longs cheveux étaient en désordre, dit-elle, ils vinrent me chercher pour me préparer ».

Ils la vêtirent d’une robe de mariage faite à partir d’une fine étoffe ornée de rayures rouges, venant du Bahrein, puis sa mère l’amena vers la maison nouvellement construite où quelques femmes des Ansars [2] attendaient devant l’entrée. Elle la félicitèrent avec ces mots :  » Que le bien et le bonheur soient toujours présents !  » Puis, en la présence du Prophète souriant — paix et bénédictions sur lui —, un bol de lait fut apporté. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — but de ce lait et en offrit à `Â’ishah. Elle refusa timidement mais, lorsqu’il insista, elle fit de même et proposa le bol à sa sœur Asmâ’ qui était assise derrière elle. D’autres personnes en burent également, et ce fut tout de leur simple et solennelle cérémonie de mariage. Il n’y eut pas de fête.

Son mariage avec le Prophète — paix et bénédictions sur lui — ne changea pas son comportement enjoué. Ces jeunes amies allaient régulièrement lui rendre visite dans ses appartements.

 » Je jouais avec mes poupées, dit-elle, avec les filles qui étaient mes amies, et quand le Prophète venait, elles fuyaient vite hors de la maison mais il sortait pour les ramener à l’intérieur car il était heureux de voir mon bonheur de les avoir près de moi ». Quelques fois, il disait  » Restez où vous êtes  » avant qu’elles n’aient le temps de partir, et il se joignait également à leurs jeux. `Â’ishah dit :  » Un jour, le Prophète vint alors que je jouais avec les poupées et dit :  » O `Â’ishah, quel est ce jouet ? ». « C’est le cheval de Salomon, dis-je, et il se mit à rire ». Quelques fois quand il rentrait, il se cachait derrière son manteau afin de ne pas déranger `Â’ishah et ses amies.

Les premiers temps qu’`Â’ishah vécut à Médine furent également les moments les plus graves et les plus anxieux. Une fois, son père et deux compagnons qui étaient avec lui attrapèrent une fièvre dangereuse qui était fréquente à Médine durant certaines saisons. Un matin, `Â’ishah alla lui rendre visite et fut stupéfaite de trouver les trois hommes gisants faibles et exténués. Elle demanda à son père comment il allait et lui répondit dans un style qu’elle ne put comprendre. Les deux autres lui répondirent également avec des vers de poésie qui lui semblaient n’être que des bredouillements inintelligibles. Elle fut profondément troublée et rentra auprès du Prophète — paix et bénédictions sur lui — en disant :

« Ils divaguent complètement à cause de leur forte fièvre ». Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — demanda ce qu’ils avaient dit et fut quelque peu rassuré lorsqu’elle répéta certains des mots des vers qu’ils avaient récités et qui avaient un sens, même si elle ne les comprenait pas complètement. Ceci est une démonstration de son grand potentiel de mémorisation, qui, au fil des années, allait servir à préserver les précieux dires du Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

De toutes les femmes du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, il est clair qu’`Â’ishah était la plus aimée. De temps en temps, un de ses compagnons demandait :

 » Ô Messager de Dieu, quelle est la personne que tu aimes le plus en ce monde ?  » Il ne répondait pas toujours la même chose car il ressentait un amour énorme pour ses filles et leurs enfants, pour Abû Bakr, `Alî, Zayd et son fils Usâmah. Mais de ses femmes, la seule qu’il nomma dans de telles circonstances fut `Â’ishah. Elle l’aimait également énormément et cherchait souvent à se rassurer du fait qu’il l’aimait. Une fois, elle lui demanda « comment est ton amour pour moi ? « 

« Comme le nœud de la corde », dit-il en signifiant ainsi qu’il était fort et sûr. Puis de temps à autres, elle lui demandait :  » comment est le nœud ? « , il répondait : « `alâ hâlihâ » c’est-à-dire « dans le même état ».

Son amour pour le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était un amour jaloux et elle ne supportait pas que le Prophète ait des égards vis-à-vis des autres, au-delà de ce qu’elle considérait suffisant. Elle lui demanda :

 » Ô Messager de Dieu, dis-moi, si tu te trouvais entre les deux pentes d’une vallée et que l’une d’entre elles ait été broutée et pas l’autre. Sur laquelle des deux ferais-tu paître tes troupeaux ? « 

 » Sur celle qui n’a pas été broutée » répondit le Prophète — paix et bénédictions sur lui —.  » De même, dit-elle, je suis différente de tes autres femmes. Chacune d’entre elles a eu un mari avant toi, sauf moi « . Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — lui sourit et ne dit pas un mot.

Quelques années plus tard, `Â’ishah parla de sa jalousie en ces termes :  » Je n’étais pas aussi jalouse des femmes du Prophète que je l’étais de Khadîjah, parce qu’il la mentionnait constamment et parce que Dieu lui avait ordonné de lui annoncer la bonne nouvelle de la disposition pour elle de pierres précieuses dans le Paradis. Et à chaque fois qu’il sacrifiait un mouton, il en envoyait une partie à toute personne ayant fait partie de ses amis intimes. À maintes reprises, je lui ai dit :  » On dirait qu’il n’y a jamais eu d’autre femme sur terre à part Khadîjah ».

Une fois, alors qu’`Â’ishah se plaignait et demandait pourquoi il parlait aussi bien d’une « veille femme de Qoraïsh », le prophète fut blessé et dit :  » Elle fut la femme qui crut en moi alors que les autres me rejetèrent. Quand les gens me traitaient de menteur, elle affirmait ma sincérité. Lorsque je fus abandonné, elle dépensa sa fortune pour alléger le fardeau de mon chagrin… « 

Malgré cette jalousie qui n’était guère destructrice, `Â’ishah avait l’âme généreuse et patiente. Elle supporta la pauvreté dans le foyer du Prophète ainsi que la faim qui duraient souvent de longues périodes. Pendant plusieurs jours, aucun feu n’était allumé dans la demeure très pauvrement meublée du Prophète — paix et bénédictions sur lui — pour cuisiner ou préparer du pain, et ils se nourrissaient surtout de dattes et d’eau. La pauvreté ne fut pas une cause d’humiliation ou de chagrin pour elle ; se contenter du peu qu’elle avait, quand cela fut nécessaire, ne troubla en rien son style de vie.

Une fois, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — se tint à l’écart de ses femmes pendant un mois car elles l’avaient chagriné en lui demandant ce qu’il ne possédait pas. Ceci se passa après l’expédition de Khaïbar quand l’accroissement des richesses aiguisa leur appétit pour les présents. Lorsqu’il revint de cette retraite qu’il s’était imposé, il alla tout d’abord chez `Â’ishah. Elle se réjouit de le voir mais il avait reçu une révélation qui lui imposait de lui donner deux possibilités. Puis il récita les versets :

« O Prophète ! Dis à tes femmes : Si vous désirez la vie de ce bas monde et ses ornements, alors venez et je vous accorderai ces biens, et je vous laisserai libres. Mais si vous recherchez Dieu et son Messager ainsi que la réussite dans l’au-delà, alors Dieu vous a préparé une immense récompense pour ce que vous avez fait de bien ».

La réponse de `Â’ishah fut la suivante :

 » En vérité, je recherche Dieu et son Messager ainsi que la réussite dans l’au-delà  » et sa réponse fut suivie par celles de toutes les autres.

Elle resta fidèle à son choix durant toute la vie du Prophète — paix et bénédictions sur lui — et après. Plus tard, lorsque les musulmans eurent accès à de grandes richesses, on lui offrit un don de cent milles dirhams. Elle était en état de jeûne lorsqu’elle reçut cet argent et elle le distribua entièrement aux pauvres et aux nécessiteux alors qu’elle n’avait aucune provision chez elle. Peu de temps après, une servante lui dit :  » peux-tu acheter de la viande pour un dirham afin de rompre ton jeûne ? « .  » Si je m’en étais souvenu, je l’aurais fait  » dit-elle.

L’affection du Prophète — paix et bénédictions sur lui — pour `Â’ishah dura jusqu’à la fin. Pendant sa maladie, après suggestion de ses femmes, il resta dans ses appartements. La plupart du temps, il restait allongé sur un matelas, la tête reposant sur la poitrine ou les genoux de la Mère des Croyants `Â’ishah. C’est elle qui pris un siwâk auprès de son frère, le mâcha afin de le ramollir et le donna au Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Malgré sa faiblesse, il frottait ses dents avec de façon vigoureuse. Peu de temps après, il perdit conscience et `Â’ishah pensa que c’était la mort qui était arrivée, mais il ouvrit les yeux une heure plus tard.

`Â’ishah est celle qui a rapporté pour nous ces moments d’agonie de l’homme le plus honoré de la création d’Allah, son Messager bien-aimé — paix et bénédictions sur lui —.

Quand il ouvrit les yeux encore une fois, `Â’ishah se rappela qu’il lui avait dit : « Aucun Prophète n’est emporté par la mort, jusqu’à que sa place au Paradis lui soit montrée et que le choix de vivre ou de mourir lui soit donné ».

 » Maintenant, il ne nous choisira pas  » se dit-elle, quand elle l’entendit murmurer :  » Avec l’Assemblée suprême au Paradis, avec ceux à qui Dieu a donné ses faveurs, les prophètes, les martyrs et les droits… « . Puis elle l’entendit encore murmurer :  » O Seigneur, avec l’Assemblée suprême « , et ce furent les derniers mots qu’elle l’entendit prononcer. Progressivement, sa tête se fit plus lourde sur sa poitrine et d’autres personnes dans la pièce se mirent à se lamenter, puis, `Â’ishah posa sa tête sur un oreiller et les rejoignit dans leurs lamentations.

Sur le sol de la chambre de `Â’ishah, près du matelas où était allongé le Prophète, on creusa la tombe où il fut enterré dans une profonde tristesse et un grand chagrin.

`Â’ishah vécut environ cinquante ans après la mort du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Elle fut sa femme durant dix années. La plupart de son temps passa dans l’apprentissage et l’acquisition du savoir des deux plus importantes sources de la guidance d’Allah ; Le Coran et la Sunnah de son Prophète — paix et bénédictions sur lui —. `Â’ishah fut parmi les trois femmes (les deux autres furent Hafsah et Umm Salamah) qui mémorisèrent la Révélation. Tout comme Hafsah, elle eut son propre manuscrit du Coran après la mort du Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

En ce qui concerne les Hadiths ou les dires du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, `Â’ishah est une des quatre personnes (les trois autres étant Abû Hurayrah, Abdullah Ibn `Umar et Anas ibn Malik) qui transmirent plus de deux milles hadîths. Nombreux sont les récits concernant des aspects intimes de la personnalité du Prophète que seule une personne dans la position de `Â’ishah aurait pu connaître. Le plus important, c’est que sa connaissance des hadiths fut transmise par écrit par au moins trois personnes, dont son neveu `Urwah qui devint un des plus grands savants de la génération suivant celle des compagnons.

Beaucoup des compagnons du Prophète et de leurs successeurs ont bénéficié du savoir de `Â’ishah. Abû Mûsâ Al-Ash`arî dit une fois : « Si les compagnons du Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — rencontraient quelque difficulté que ce soit sur un sujet précis, ils interrogeaient `Â’ishah ».

Son neveu `Urwah affirma qu’elle était brillante, non seulement en matière de Fiqh, mais aussi en médecine et en poésie. Beaucoup des compagnons du Prophète — paix et bénédictions sur lui — sont venus lui demander conseil à propos de questions d’héritage qui requièrent un fort esprit matheux. Les savants la considèrent comme faisant partie des premiers Fuqaha (Jurisconsultes) de l’Islam avec d’autres personnes telles que `Umar Ibn Al-Khattâb, `Ali et Abdullâh Ibn `Abbâs. En ce qui concerne son immense savoir, cette parole du Prophète est rapportée :  » Apprenez une partie de votre religion (din) auprès de la humayrâ – fille rousse ». « Humayra », voulant dire « Rousse », était une épithète donnée à `Â’ishah par le Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

`Â’ishah ne possédait pas seulement le savoir, mais elle fut également très active au niveau de l’éducation et des réformes sociales. En tant que professeur, elle avait une façon de s’exprimer claire et persuasive et ses capacités oratoires furent décrites par Al-Ahnaf en des termes superlatifs. Il dit :  » J’ai entendu des discours d’Abû Bakr, `Umar, Uthman et `Alî et des Califes jusqu’à ce jour, mais je n’ai jamais entendu de discours plus persuasifs et aussi beaux que ceux qui sont sortis de la bouche de `Â’ishah ».

Hommes et femmes venaient de loin pour profiter de son savoir. Il est dit qu’il y avait plus de femmes que d’hommes. En plus de répondre à des questions, elle prenait sous sa garde les garçons et les filles, nombre d’entre eux étant orphelins, et leur enseignait avec soin. Et ceci en plus de ses proches qui recevaient une éducation de sa part. Ainsi, sa maison devint une école et une académie.

Certains de ses étudiants étaient remarquables. Nous avons déjà mentionné son neveu `Urwah comme étant un rapporteur de hadiths distingué. Parmi ses élèves femmes, il y eut `Umrah Bint `Abd Ar-Rahmân. Elle est considérée par les savants comme faisant partie des narrateurs de hadiths les plus fiables et est connue pour avoir été la secrétaire de `Â’ishah, recevant et répondant aux lettres qui lui étaient adressées. L’exemple de `Â’ishah mettant l’accent sur l’éducation et en particulier sur l’éducation des femmes musulmanes et un exemple à suivre.

Après Khadiîjah Al-Kubra (la plus grande) et Fâtimah Az-Zahrâ’ (la resplendissante), `Â’ishah As-Siddîqah (la véridique) est considérée comme la meilleure femme en Islam. Du fait de sa forte personnalité, elle fut leader dans tous les domaines de la connaissance, dans la société, en politique et en matière de guerre. Elle regretta souvent son implication dans la guerre mais elle vécut assez longtemps pour retrouver la position de femme la plus respectée de son temps. Elle mourut durant l’année 58 de l’Hégire, pendant le mois de Ramadan, et comme elle l’avait requis, elle fut enterrée dans le Jannat Al-Baqî`, dans la ville illuminée, là où d’autres compagnons du Prophète sont enterrés.

P.-S.

Traduit de l’anglais à partir de Companions of The Prophet, Vol.1, de Abdul Wâhid Hâmid.

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`Abd Ar-Rahmân Ibn `Awf

Posté par algeriedemocratie le 18 août 2009

`Abd Ar-Rahmân Ibn `Awf

dimanche 19 mai 2002

Il était l’une des huit premières personnes à se convertir à l’islam, l’une des dix personnes (al-`asharah al-mubashsharîn) assurées d’entrer au paradis et l’une des six personnes choisies par `Umar pour former le conseil de consultation (shûrâ) destiné à élire le Commandeur des Croyants (le Calife) après sa mort.

`Abd Ar-Rahmân se convertit à l’islam seulement deux jours après Abû Bakr As-Siddîq et avant que le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, n’entre à la maison d’Al-Arqam. Il s’appelait Abû Amr au temps de la Jâhiliyyah (Ignorance Pré-Islamique), mais à sa conversion, le Prophète d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, lui donna le nom de `Abd Ar-Rahmân (le serviteur du Miséricordieux).

Comme les premiers musulmans, `Abd Ar-Rahmân n’a pas échappé aux souffrances infligées par les Quraishites. Il fut contraint de rester caché et de fuir en Abyssinie quand les persécutions devinrent insupportables. Au moment où la rumeur disait que les conditions des musulmans s’étaient améliorées, il revint à La Mecque. Or, cette rumeur s’avéra être fausse. Il retourna alors en Abyssinie. `Abd Ar-Rahmân fut également de ceux qui participèrent à la hijrah (émigration) de La Mecque vers Médine.

Dès son arrivée à Médine, le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, invita à la fraternité entre Muhâjirîn (les Emigrés) et Ansars (Auxiliaires). L’établissement de liens solides et fraternels a permis de renforcer la cohésion sociale et de soulager les émigrés de leur misère.

Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, présenta `Abd Ar-Rahmân à Sa`d Ibn Ar-Rabî`ah. En bon Ansar, Sa`d accueillit `Abd Ar-Rahmân avec générosité et magnanimité :  » Mon frère ! Je suis l’un des hommes les plus riches de Médine. J’ai deux vergers et deux épouses. Je te cèderai le verger que tu veux et divorcerai de la femme que tu aimerais épouser. « 

`Abd Ar-Rahmân, embarrassé, répondit :  » Qu’Allah vous bénisse, ta famille, ta richesse et toi ! Montre-moi simplement où se trouve le marché. « 

`Abd Ar-Rahmân se rendit au marché où il conclut quelques affaires avec le peu d’argent qu’il possédait. Ses profits s’accumulèrent peu à peu jusqu’à ce qu’il soit capable financièrement de se marier.

Il alla chez le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, sentant très fort le parfum.
 » Mahyam, Ô `Abd Ar-Rahmân !, s’écria le Prophète – mahyam est un mot d’origine yéménite traduisant une agréable surprise.
- Je me suis marié, répondit `Abd Ar-Rahmân.
- Et quel mahr (dot) as-tu donné à ton épouse ?
- Le poids d’un noyau en or.
- Tu dois faire une walîmah (un banquet de noces), ne serait-ce qu’avec un simple mouton. Et puisse Allah bénir ta richesse, invoqua le Prophète avec beaucoup de plaisir pour l’encourager.  »

`Abd Ar-Rahmân avait un tel succès dans ses affaires que ce ne serait pas une surprise s’il soulevait une pierre et s’il trouvait de l’or en dessous.

`Abd Ar-Rahmân s’est, par ailleurs, distingué dans les batailles les plus dures. À Uhud, sa fermeté et sa détermination lui ont permis d’endurer la vingtaine de blessures plus ou moins sévères. Son jihad n’était pas seulement physique. Il contribua tout autant avec ses biens et sa richesse.

Pendant les préparatifs d’une expédition, le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, appela ses compagnons pour leur dire :  » Contribuez par la sadaqah car je prépare une expédition. « 

`Abd Ar-Rahmân alla chez lui et s’empressa de revenir. Il dit au Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue :  » Ô Messager d’Allah, j’ai quatre mille dinars. J’en donne deux mille en qard à mon Seigneur et deux mille à ma famille. « 

Quand le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, décida d’envoyer une expédition à Tabûk, la dernière bataille de sa vie, il manquait certes de moyens financiers et matériels mais aussi d’hommes compte tenu des forces byzantines. Le millier de kilomètres à traverser rendait le voyage à Tabûk long et difficile. D’autant plus que cette année-là Médine avait souffert de la sécheresse. Le peu d’équipements militaires et de montures disponibles réduisait l’effectif des troupes musulmanes. Combien de musulmans se virent refuser la participation à l’expédition par le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, faute de montures !

Leur tristesse était telle qu’on surnomma les pleureurs. L’armée même était désignée sous le nom de « l’armée de la difficulté » (`usrah). Le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, invita ses compagnons à contribuer à la guerre sainte, leur assurant que leur geste serait récompensé. La réponse des musulmans à l’appel du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, fut immédiate et généreuse. `Abd Ar-Rahmân donna deux cents awqiyyah d’or.

 » J’ai vu `Abd Ar-Rahmân commettre une faute. Il n’a rien laissé à sa famille, fit remarquer Umar Ibn Al-Khattab au Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue.
- As-tu laissé quelque chose à ta famille, `Abd Ar-Rahmân ?, demanda le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue.
- Oui, répondit `Abd Ar-Rahmân. Je leur ai laissé plus que je ne leur ai donné.
- Combien ?, interrogea le Prophète.
- Ce que Dieu, exalté soit-il, et Son Messager ont promis de nourriture, de bonté et de récompense, répondit `Abd Ar-Rahmân.  »

L’armée musulmane s’est finalement mise en route pour Tabûk. C’est pendant ce voyage que `Abd Ar-Rahmân eut le plus grand honneur dont personne d’autre avant lui n’avait pu bénéficier. A l’heure de la salat, les musulmans le choisirent pour mener la prière en l’absence du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue. La premier rakat (génuflexion) de la salat était presque achevée lorsque le Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, les rejoignit et effectua la salat derrière `Abd Ar-Rahmân. Quel plus grand honneur que celui d’être l’imam du Prophète, l’imam du Prophète des Prophètes ?

Après la mort du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue, `Abd Ar-Rahmân décida de prendre en charge personnellement sa famille (les Mères des Croyants). Il allait partout où elles allaient et il effectua même le Hadj avec elles pour s’assurer qu’elles ne manquent de rien. C’était un signe de confiance et une preuve qu’il était aimé par la famille du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue.

`Abd Ar-Rahmân était bien connu pour sa contribution aux musulmans et aux épouses du Prophète. Après avoir vendu un morceau de terre pour quarante mille dinars, il distribua la totalité de la somme aux Banu Zahra (la tribu d’origine de la mère du Prophète, Amina), aux pauvres parmi les musulmans et aux femmes du Prophète. Quand Aïcha reçut une partie de cet argent, elle demanda d’où il provenait. On lui répondit que c’était un don de `Abd Ar-Rahmân. Aïcha dit alors :  » Le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, dit :  » Personne n’éprouvera de la compassion envers vous après ma mort à l’exception des Sâbirîn (Ceux qui sont patients). « . « 

La prière du Prophète d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue, sollicitant la barakah du Tout Puissant sur la richesse de `Abd Ar-Rahmân lui a été favorable. `Abd Ar-Rahmân était en effet le plus riche parmi les compagnons du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue. Ses transactions commerciales ont toutes été fructueuses et sa richesse n’a pas cessé de s’accroître. Ses caravanes d’exportation et d’importation permettaient aux gens de Médine de s’approvisionner en beurre, tissus, vaisselles, parfum, farine etc. Il importait tout ce qui était nécessaire et exportait tout ce qui était excédentaire à Médine.

Un jour, les gens de Médine entendirent un grand bruit venant d’au-delà des frontières de Médine, une ville normalement calme et paisible. Le bruit se rapprochait petit à petit. Ils pouvaient voir au loin un nuage de poussière et de sable. C’était en fait une riche caravane qui se dirigeait vers Médine. Les habitants étaient figés de stupéfaction devant les sept cents chameaux chargés de marchandises qui arrivaient.

L’agitation gagna les Médinois, les uns appelant les autres à venir assister à ce défilé.

Aïcha intriguée par tout ce brouhaha demanda ce qu’il se passait. On lui dit :
 » C’est la caravane d’`Abd Ar-Rahmân Ibn Awl qui vient de Syrie chargée de marchandises, la renseigna-t-on.
- C’est une caravane qui fait tout ce vacarme ?, demanda-t-elle incrédule.
- Oui, Ya Oum Al-Mouminin (Mère des Croyants), il y a sept cents chameaux.  »

Aïcha secoua la tête songeuse comme si elle essayait de se rappeler une scène passée et dit :  » J’ai entendu le Messager de Dieu, qu’Allah le bénisse et le salue, dire :  » J’ai vu `Abd Ar-Rahmân Ibn Awf entrer au paradis en rampant. « . « 

Pourquoi rampant ? Pourquoi ne devait-il pas entrer au paradis d’un pas léger et rapide avec les premiers compagnons du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue ?

Quelques amis de `Abd Ar-Rahmân lui rapportèrent le hadith de Aïcha. Il s’est rappelé avoir entendu le même hadith plus d’une fois de la bouche du Prophète, qu’Allah le bénisse et le salue. Il se précipita à la maison de Aïcha et lui dit :
 » Ya `Ammâh ! (O tante !) As-tu entendu dire cela le Messager d’Allah, qu’Allah le bénisse et le salue ?
- Oui, répondit-elle.
- Tu m’as rappelé un hadith que je n’ai jamais oublié. Si je le pouvais, je voudrais certainement entrer au paradis en rampant. Je te jure, Ya `Ammâh, que je donnerai fî sabîlillâh (pour l’Agrément d’Allah) cette caravane entière avec toutes ses marchandises, ajouta-t-il tout heureux.  »

Il tint parole en organisant une fête de charité et en distribuant tout le contenu de la caravane aux habitants de Médine et de ses environs.

Cette anecdote qui montre quel genre d’homme fut `Abd Ar-Rahmân. En dépit des richesses dont il jouissait, il a toujours été plus fort que les passions qu’il aurait pu avoir.

La générosité de `Abd Ar-Rahmân ne s’est pas arrêtée là, il a continué à donner tant secrètement qu’ouvertement. Certains chiffres mentionnés sont vraiment surprenants, quarante mille dirhams, quarante mille dinars d’or, deux cents awqiyyah d’or, cinq cents chevaux aux mujâhidîn, quatre cents dinars d’or aux survivants etc. et un grand legs aux Ummahât Al-Mu’minîn (Mères des Croyants).

A propos de cette fabuleuse générosité, Aïcha dit :  » Puisse Allah lui donner à boire de l’eau de Salsabîl (une source du paradis). « 

Toute cette richesse n’a pas corrompu `Abd Ar-Rahmân. Il est resté le même. Quand il était parmi ses ouvriers, les gens ne pouvaient pas le distinguer d’eux.

On lui rapporta de la nourriture un jour pour manger. Il a regardé la nourriture et a dit :  » Mus`ab Ibn Umayr a été tué. Il était meilleur que moi. Nous avons trouvé à peine de quoi couvrir sa tête, ses jambes sont restées découvertes. Allah nous a donné tout ce qu’il y a dans ce monde, je crains vraiment que notre récompense nous ait été accordée trop tôt.  » Il a commencé à sangloter et n’a pas mangé.

On peut dire que Abd Ar-Rahman Ibn Awf fait partie de  » Ceux qui dépensent leurs biens dans le sentier d’Allah sans faire suivre leurs largesses ni d’un rappel ni d’un tort, auront leur récompense auprès de leur Seigneur. Nulle crainte pour eux, et ils ne seront point affligés « .(Le Coran, sourate 2 Al-Baqarah, verset 62)

P.-S.

Traduit de « Companions of The Prophet » , Vol.1, de Abdul Wâhid Hâmid.

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Abû `Ubaydah Ibn Al-Jarrâh

Posté par algeriedemocratie le 18 août 2009

Abû `Ubaydah Ibn Al-Jarrâh

lundi 10 juin 2002

Sa silhouette longue et élancée lui donnait un air frappant. Son visage était lumineux et sa barbe clairsemée. Il était agréable à regarder. Sa compagnie était rafraîchissante. Il était extrêmement humble et courtois, voire un peu timide. Néanmoins, dans certaines situations il pouvait devenir sérieux et aussi vif que la lame tranchante d’une épée.

Il était décrit comme le  » Amin  » ou le gardien loyal de la communauté de Muhammad. Il était connu sous le nom d’Abû `Ubaydah mais son nom complet était `Âmir Ibn `Abd Allâh Ibn Al-Jarrâh. `Abd Allâh Ibn `Umar, un des compagnons du Prophète — paix et bénédictions sur lui — a dit de lui :

 » Abû Bakr As-Siddîq, `Uthmân Ibn `Affân et Abû `Ubaydah Ibn Al-Jarrâh étaient très en vue au sein de la tribu des Quraysh. Ils étaient dotés du meilleur caractère et d’une grande modestie. Quand ils parlaient, ils ne vous décevaient pas, et quand on leur parlait ils ne vous accusaient pas de mentir. « 

Abû `Ubaydah fut l’une des premières personnes à embrasser l’islam. Sa conversion suivit celle d’Abû Bakr un jour après. En réalité, c’est Abû Bakr qui les conduisit lui et Abd Ar-Rahmân Ibn Awf, `Uthmân Ibn Madh`ûn et Al-Arqam Ibn Abî Al-Arqam, au Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Ensemble, ils déclarèrent leur adhésion à la vérité. Ils devinrent ainsi les piliers du formidable édifice de l’islam.

Abû `Ubaydah survécut aux rudes expériences infligées aux musulmans de La Mecque. Avec eux, il endura les insultes et la violence, la douleur et la chagrin de ces persécutions. Malgré les épreuves, il demeura ferme et constant dans sa croyance en Dieu et en son Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Cependant, la plus éprouvante expérience qu’il eut à traverser fut la bataille de Badr.

Abû `Ubaydah était à l’avant-garde de l’armée musulmane, combattant avec fougue, sans craindre de mourir. Les cavaliers quraysh, méfiants à son égard, se tenaient à distance. Cependant, un homme en particulier s’acharnait à poursuivre Abû `Ubaydah dans ses déplacements. Abû `Ubaydah faisait de son mieux pour éviter ce soldat.

En dépit des tentatives désespérées d’Abû `Ubaydah, l’homme réussit à barrer le chemin d’Abû `Ubaydah et le contraindre au face à face. Abû `Ubaydah ne put plus se contenir. Il assena un coup d’épée à son adversaire. Sa tête roula à terre. Il gisait mort.

N’essayez pas d’imaginer qui était cet homme. Comme nous l’avons mentionné plus haut, cette épreuve fut des plus éprouvantes pour Abû `Ubaydah. Que dire quand on sait que l’homme qu’il a mis à mort était `Abd Allâh Ibn Al-Jarrâh, son propre père !

Abû `Ubaydah ne voulait bien-sûr pas tuer son père mais dans la bataille qui opposait la croyance en Dieu et le polythéisme, le choix à faire était certes perturbant mais évident. Dans un sens, on peut dire qu’il a seulement tué le polythéisme incarné en la personne de son père.

Dieu révéla ces versets coraniques en rapport à cet événement :  » Tu n’en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allâh et au Jour dernier, qui prennent pour amis ceux qui s’opposent à Allâh et à Son Messager, fussent-ils leur père, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu. Il a prescrit la foi dans leurs cœurs et Il les a aidés de Son secours. Il les fera entrer dans des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Allâh les agrée et ils L’agréent. Ceux- là sont le parti d’Allâh. Le parti d’Allâh est celui de ceux qui réussissent.  » (Sourate 58 Al-Mujadilah ; verset 22)

La réaction d’Abû `Ubaydah à Badr, lorsqu’ il fut confronté à son père n’était pas surprenante dans la mesure où il avait affermi sa foi en Dieu, et ainsi atteint un haut degré de dévotion et d’implication pour la oumma de Muhammad auquel beaucoup aspiraient.

Muhammad Ibn Ja`far, un compagnon du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, rapporta qu’une délégation chrétienne vint faire une requête au Prophète — paix et bénédictions sur lui — :

 » Ô Abû-l-Qasim, envoie-nous l’un de tes compagnons, dont tu es satisfait, afin qu’il juge les questions de propriétés sur lesquelles nous sommes en désaccord. Nous avons un grand respect pour vous, les musulmans. « 

 » Revenez me voir ce soir « , répondit le Prophète — paix et bénédictions sur lui —,  » j’enverrai avec vous quelqu’un digne de confiance. « 

`Umar Ibn Al-Khattâb entendit la réponse du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Il dit plus tard :

 » Je suis parti pour la prière du dhohr tôt, espérant correspondre à la description faite par le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Quand il termina la prière, il regarda autour de lui et je me suis levé pour qu’il puisse me voir. Mais il continua à scruter l’assemblée, jusqu’à ce qu’il aperçoive Abû `Ubaydah Ibn Al-Jarrâh. Il l’appela et lui dit :  » Va avec eux et tranche leurs différents au moyen de la vérité.  » « 

Abû `Ubaydah était non seulement digne de confiance, mais il faisait également preuve d’une grande droiture dans l’acquittement de ce qui lui était confié. Cette qualité s’est par ailleurs manifestée à de nombreuses occasions.

Un jour, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — détacha un groupe de ses compagnons à la rencontre d’une caravane des Quraysh. Il désigna Abû `Ubaydah comme amir (chef) du groupe et lui donna un sac de dattes comme seules provisions. Abû `Ubaydah distribua à chacun de ses hommes une datte par jour. Pour sa part, il suçait cette datte comme un enfant tête le sein de sa mère. Puis il buvait un peu d’eau et cela lui suffisait pour toute la journée.

Le jour de la défaite des musulmans à Uhud, un des moushrikines commença à hurler :  » Montrez-moi Muhammad, montrez-moi Muhammad !  » Pour le protéger, Abû `Ubaydah et neuf autres musulmans encerclèrent le Prophète — paix et bénédictions sur lui — et repoussèrent les assauts des moushrikines.

Au terme de la bataille, les musulmans découvrirent qu’une molaire du Prophète — paix et bénédictions sur lui — était cassée, qu’il était blessé au front, et que deux disques de son bouclier avaient pénétré dans sa joue. Abû Bakr s’avança vers lui avec l’intention d’extraire ces disques mais Abû `Ubaydah lui dit :  » S’il te plaît, laisse-moi m’en occuper. « 

Abû `Ubaydah craignait de faire mal au Prophète — paix et bénédictions sur lui — s’ il tirait les disques avec sa main. Il mordit alors fermement dans l’un des disques afin de l’extraire de sa joue. Il réussit mais durant l’opération une de ses incisives tomba à terre. Il perdit une autre incisive en retirant l’autre disque. Abû Bakr remarqua :  » Abû `Ubaydah est le plus habile des hommes pour casser des incisives ! « 

Abû `Ubaydah continua à s’impliquer entièrement dans tous les événements importants du vivant du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Après la mort du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, les compagnons se rassemblèrent à la Saqifah, le lieu de réunion des Banu Sâ`idah pour designer un successeur. Ce jour est d’ailleurs connu dans l’histoire comme le Jour de Saqîfah.

Pendant cette assemblée, `Umar Ibn Al-Khattâb s’adressa à Abû `Ubaydah :  » Tends la main et je te ferai mon serment d’allégeance car j’ai entendu le Prophète, paix sur lui, dire :  » Chaque oumma a un amin (gardien) et tu es le amin de cette oumma. « . « 

 » Je ne veux pas mettre ma personne en avant en présence d’un homme à qui le Prophète — paix et bénédictions sur lui — a demandé de nous diriger dans la prière, et qui la mena à bien jusqu’à la mort du Prophète — paix et bénédictions sur lui — « , déclara Abû `Ubaydah.

Sur ce, il donna la bay’ah (serment de fidélité) à Abû Bakr as-Siddiq. Il continua à être un étroit conseiller d’Abû Bakr et un solide défenseur du bien et de la Vérité.

Abû `Ubaydah apporta le même soutien au calife `Umar Ibn Al-Khattâb. Il lui obéit en toutes occasions sauf une. L’incident se produisit lorsque Abû `Ubaydah était en Syrie menant l’armée musulmane de victoire en victoire jusqu’à ce que la Syrie entière fut sous contrôle musulman. Le fleuve de l’Euphrate s’étendait à sa droite et l’Asie mineure à sa gauche.

C’est alors que la peste frappa la population syrienne comme jamais auparavant. L’épidémie fut dévastatrice. `Umar dépêcha un messager à Abû `Ubaydah avec une lettre disant :  » J’ai besoin de toi de toute urgence. Si ma lettre te parvient de nuit, tu dois partir avant l’aube. Si cette lettre te parvient de jour, tu dois partir avant la tombée de la nuit et revenir ici au plus vite. « 

Lorsque Abû `Ubaydah reçut la lettre de `Umar, il dit :  » Je sais pourquoi le Prince de Croyants a besoin de moi. Il veut la survie de quelqu’un qui, cependant, n’est pas éternel. « 

Aussi répondit-il à `Umar :  » Je sais que tu as besoin de moi. Mais j’appartiens à une armée de musulmans et je n’ai nulle envie de fuir ce qui les afflige. Je ne veux pas me séparer d’eux jusqu’à ce que la volonté d’Allâh soit faite. Quand tu recevras cette lettre, libère-moi de ton commandement et permets-moi de rester ici. « 

Lorsque `Umar lut la lettre, ses yeux s’emplirent de larmes. Ceux qui étaient présents lui demandèrent :

 » Ô Amir Al-Mu’mineen, Abû `Ubaydah est-il mort ?
- Non mais la mort est proche « , a-t-il répondu.

L’intuition de `Umar était juste. Peu après, l’épidémie frappa Abû `Ubaydah. Peu avant sa mort, il s’adressa à son armée en ces termes :  » Laissez-moi vous donner quelques conseils qui vous aideront à toujours être sur la voie de la rectitude. Priez. Jeûnez le mois de Ramadan. Donnez la Sadaqah. Accomplissez le Hajj et la `Umrah. Restez unis et soutenez-vous les uns les autres. Soyez sincères avec vos commandants et ne leur cachez rien. Ne laissez pas le monde vous détruire. Même si les hommes pouvaient vivre mille ans, ils finiraient tous dans l’état où je suis maintenant. Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous. « 

Puis, Abû `Ubaydah demanda à Mu`âdh Ibn Jabal :  » Ô Mu`âdh, dirige la prière.  » Il s’éteignit alors.

Mu`âdh se leva et dit :  » Ô gens, vous êtes frappés par la mort d’une personne. Par Allâh, je ne sais si j’ai déjà rencontré un homme aussi sincère, aussi droit, qui se gardait de tout mal. Demandez à Dieu de verser Sa miséricorde sur lui et Dieu sera miséricordieux avec vous. « 

P.-S.

Traduit de « Companions of The Prophet » , Vol.1, écrit par Abdul Wâhid Hâmid.

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Talhah Ibn `Ubayd Allâh(raa)

Posté par algeriedemocratie le 18 août 2009

Talhah Ibn `Ubayd Allâh

dimanche 16 juin 2002

Revenant à la hâte à La Mecque après un voyage d’affaires en Syrie, Talhah demanda à sa famille :

 » S’est-il passé quelque chose à La Mecque depuis mon départ ?
- Oui, lui répondit-on, Muhammad Ibn `Abd Allâh a fait savoir qu’il est Prophète et Ibn Abî Quhâfah (Abû Bakr) le soutient.  »

« J’avais l’habitude de fréquenter Abû Bakr « , dit Talhah.  » C’est un homme facile à vivre, aimable, doux. Il est droit et honnête en affaires. Nous l’aimions beaucoup. Sa connaissance de l’histoire et de la généalogie de Quraysh rendait sa compagnie très agréable. « 

Talhah alla trouver Abû Bakr et lui demanda :

 » Est-il vrai que Muhammad Ibn `Abd Allâh se déclare Prophète et que tu le soutiens ?
-Oui, répondit Abû Bakr, et ce serait une bonne chose si tu adhérais également à sa religion. &quot

Talhah raconta à Abû Bakr l’histoire de l’étrange échange qu’il eut peu auparavant avec un ascète sur le marché de Busra en Syrie. Cet ascète lui aurait dit qu’un homme au nom de Ahmad allait bientôt émerger à La Mecque et qu’il serait le dernier des Prophètes. Selon l’histoire, il aurait également prédit à Talhah que le Prophète — paix et bénédictions sur lui — allait émigrer de La Mecque vers une contrée au sol fertile, riche en eau et en palmiers…

Abû Bakr, stupéfait par ce récit, conduisit Talhah auprès de Muhammad. Il raconta au Prophète — paix et bénédictions sur lui — sa conversation avec l’ascète de Busra. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — lui présenta l’islam et lui récita quelques versets du Coran. Enthousiaste, Talhah prononça séance tenante la shahâdah – il n’y a aucun Dieu à part Allâh et Muhammad est Son Messager. Talhah fut la quatrième personne qu’Abû Bakr amena à l’islam.

La conversion du jeune homme stupéfia les Qurayshites, surtout sa mère qui en fut consternée et malheureuse. Elle avait espéré que son caractère noble et ses remarquables vertus auraient fait de lui un leader dans sa communauté. Quelques Qurayshites inquiets tentèrent d’éloigner Talhah de sa nouvelle religion, mais il resta ferme et convaincu. Puisque la manière douce était inefficace, ils recoururent à la violence pour le dissuader.

L’histoire suivante est rapportée par Mas`ûd Ibn Kharash :

 » Tandis que je faisais le sa`y (foulées rituelles) entre Safâ et Marwah, je vis une foule persécuter de coups un jeune homme avec les mains liées. Une vieille femme particulièrement virulente le flagellait.

Je demandai :  » Qu’a fait cet homme ?
- C’est Talhah Ibn `Ubaydillâh. Il a renoncé à sa religion pour celle de l’homme des Banû Hâshim.
- Qui est cette femme derrière lui ? demandai-je.
- C’est Sabâh Bint Al-Hadramî, sa mère, me répondit-on.  »

Les Qurayshites ne s’arrêtèrent pas là. Nawfal Ibn Khuwaylid, surnommé le lion de Quraysh attacha Talhah et Abû Bakr avec une même corde et les remit aux cruels Mecquois qui les torturèrent. Cette expérience partagée contribua sans aucun doute à rapprocher Talhah et Abû Bakr.

Les années passèrent. Grandi par les épreuves endurées au nom de Dieu et de Son Prophète — paix et bénédictions sur lui —, Talhah gagna en assurance. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — l’appelait Talhah le Bon ou Talhah le Généreux. Suite à la bataille d’Uhud, il reçut le surnom unique de  » martyr vivant « .

Talhah n’avait pu participer à la bataille de Badr car le Prophète — paix et bénédictions sur lui — les avait envoyés en mission, lui et Said Ibn Zayd, à l’extérieur de Médine. A leur retour, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — et ses compagnons étaient déjà en route vers Badr. Ils étaient tous deux très peinés de ne pouvoir prendre part à la première campagne du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Ils furent néanmoins heureux d’apprendre qu’ils allaient être récompensés au même titre que ceux qui s’étaient battus.

À Uhud, quand les musulmans furent mis en déroute, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — fut dangereusement exposé. Onze Ansâr et un MuhâjirTalhah Ibn `Ubaydillâh – étaient alors à ses côtés. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — escalada une montagne suivi de près par quelques polythéistes. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — cria :  » Celui qui repoussera ces ennemis sera mon compagnon au Paradis.  »  » Moi ! O Messager de Dieu « , cria Talhah.  » Non, reste à ton poste « , répondit le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Un Ansârite se porta volontaire. Il lutta mais finit par mourir sous les coups ennemis. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — poursuivit son ascension toujours talonné par les polythéistes .  » N’y a-t-il personne pour les repousser ? « 

Talhah se proposa de nouveau mais le Prophète — paix et bénédictions sur lui — lui ordonna de maintenir sa position. Un autre soldat tenta d’arrêter l’ennemi sans succès. Il fut tué. Tous ceux qui accompagnaient le Prophète — paix et bénédictions sur lui — tombèrent en martyre à l’exception de Talhah.

 » Maintenant, oui, tu peux y aller « , signala le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Aussi se lancèrent-ils dans la bataille. Au terme de la lutte, plusieurs dents du Prophète — paix et bénédictions sur lui — étaient cassées, son front et ses lèvres étaient blessés et le sang coulait sur son visage. Il était épuisé. Talhah fonça sur l’ennemi qu’il éloigna du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Il revint auprès du Prophète — paix et bénédictions sur lui — pour le mettre à l’abri plus haut dans la montagne. Il l’allongea sur le sol et reprit le combat.

Enfin, il parvint à repousser l’ennemi. À cette occasion, Abû Bakr dit :  » À ce moment, Abû Ubaydah Ibn Al-Jarrâh et moi-même étions loin du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Quand nous l’avons rejoint pour lui porter secours, il nous somma de le laisser et d’aller plutôt prêter main forte à notre compagnon Talhah. »

Talhah gisait inconscient dans un creux. Le sang coulait abondamment. Son pied avait été coupé et les épées, les lances et les flèches ennemies ne l’avaient pas épargné.

Plus tard, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — dit :  » Celui qui est heureux de voir un homme toujours vivant alors qu’il est arrivé au terme de sa vie, qu’il regarde Talhah Ibn Ubaydallah. « 

Puis, chaque fois qu’Uhud était évoqué, As-Siddîq, puisse Allâh être satisfait de lui, dit :  » Ce jour-là, c’était bel et bien le jour de Talhah. « 

C’était ainsi que Talhah devint le martyr vivant. D’autres situations lui valurent d’être appelé Talhah le Bon et Talhah le Généreux.

Talhah était un commerçant avisé. Ses nombreux voyages d’affaires dans la péninsule arabe étaient très fructueux. Au retour de l’un d’eux à Hadramawt, il accumula des profits s’élevant à près de sept cent mille dirhams. Cette immense richesse l’angoissait. Ses nuits étaient très agitées. Son épouse, Umm Kulthûm, la fille d’Abû Bakr, lui demanda alors :

 » Qu’est-ce qui ne va pas , ô père de Muhammad ? T’ai-je blessé en quoique ce soit ?
- Non , répondit Talhah, tu es une épouse merveilleuse pour un musulman. Mais depuis hier soir je me demande : comment un homme peut-il penser à son Seigneur, Celui qui pourvoit quand il va dormir avec tout cet argent sous son toit ?
- Pourquoi cela te dérange tant ? fit remarquer Umm Kulthum. Tu n’as qu’à distribuer dès demain matin cet argent aux indigents de ta communauté et à tes amis.
- Dieu te bénisse. Tu es vraiment merveilleuse et tu es certes la fille d’un homme merveilleux , dit Talhah à son épouse. »

Le lendemain matin, Talhah mit l’argent dans des sacs qu’il distribua aux pauvres Emigrés (Muhâjirîn) et Auxiliaires Médinois (Ansâr). On raconte qu’un homme vint trouver Talhah dans le but de lui demander de l’aide en faisant mention de la famille qu’ils avaient en commun.

 » On m’a déjà parlé de ce lien de parenté auparavant « , répondit Talhah, réputé pour sa générosité envers tous les membres de son clan. Talhah annonça à l’homme qu’il venait de vendre une parcelle de terrain à `Uthmân Ibn `Affân pour plusieurs milliers de dirhams. L’homme avait le choix entre l’argent et la terre que Talhah pouvait racheter à `Uthmân. L’homme opta pour l’argent. Talhah lui remit l’intégralité de la somme.

Talhah aidait volontiers ceux qui avaient des problèmes de dettes, les chefs de famille dans le besoin et les veuves. L’un de ses amis, As-Saib Ibn Zayd, raconta à son propos :  » J’ai accompagné Talhah Ibn `Ubayd Allâh dans ses voyages. J’ai passé du temps chez lui. Je ne connais personne d’aussi généreux avec l’argent, les vêtements et la nourriture que Talhah. « 

Il méritait bien d’être appelé Talhah le Bon et Talhah le Généreux.

Le nom de Talhah fut également mêlé à la première fitnah (discorde entre musulmans) après la mort du Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

Les graines de discorde furent semées pendant le Califat de `Uthmân Ibn `Affân. Les fauteurs de trouble ne se satisfirent pas des plaintes et des accusations alléguées contre `Uthmân. Ils souhaitaient en finir avec lui une fois pour toutes.

En l’an 35 A.H. (c’est-à-dire en 656 E.C.), un groupe d’insurgés prit d’assaut la maison de `Uthmân. Ils l’assassinèrent lâchement tandis qu’il récitait le Coran. Ce fut l’un des événements les plus choquants de la jeune histoire de l’islam.

`Alî fut persuadé d’accepter la charge de Calife. Aussi tous les musulmans lui firent-ils serment d’allégeance, y compris Talhah et Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm. Ces derniers furent profondément touchés par le meurtre de `Uthmân. Ils décidèrent de punir les meurtriers et de se faire ainsi justice. Or, la punition des meurtriers n’était pas une tâche facile dans la mesure où le crime impliquait un grand nombre de personnes.

Talhah et Az-Zubayr demandèrent à `Alî la permission d’aller à La Mecque accomplir la `umrah. Aishah, l’épouse du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, était tout aussi bouleversée quand elle apprit l’assassinat de `Uthmân. Talhah, Az-Zubayr et Aishah partirent pour Basrah où s’étaient réunis en masse ceux qui voulaient venger la mort de `Uthmân.

Cette importante mobilisation à Basrah représentait un défi ouvert pour `Alî. En tant que Calife des musulmans et chef de l’Etat musulman, il ne pouvait tolérer un conflit armé au sein de son État. Quelle tâche ardue ! Pour contenir cela, il dut affronter ses frères, ses amis, ses compagnons, ceux qui étaient avec lui aux côtés du Prophète — paix et bénédictions sur lui — de son vivant, ceux qui s’étaient battus côte à côte avec lui contre l’ennemi et ceux qu’il respectait et aimait.

Les deux camps opposés se rencontrèrent à Kuraybah, près de Basrah. `Alî souhaitait éviter la guerre et trouver un arrangement pacifique. Il épuisa tous les moyens disponibles pour maintenir la paix. Il s’accrocha à tout espoir d’éviter la confrontation. Mais les forces obscures travaillant contre l’islam étaient déterminées à résoudre les problèmes dans le sang.

`Alî pleura. Il pleura amèrement quand il vit Aishah, la Mère des Coyants, dans son hawdaj (palanquin) à Califourchon sur un chameau en tête de l’armée adverse. Quand il vit Talhah et Az-Zubayr, les deux proches compagnons du Prophète — paix et bénédictions sur lui — dans les rangs, il leur cria de sortir. Ils sortirent. `Alî dit à Talhah :  » Ô Talhah, es-tu venu avec l’épouse du Messager d’Allâh pour te battre ? « 

Et à Az-Zubayr, il dit :  » Ô Az-Zubayr ! Par Dieu, je t’implore de m’écouter. Te rappelles-tu le jour où le Prophète, que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur lui, te demanda :  » Aimes-tu `Alî ? « . Tu avais répondu :  » Pourquoi n’aimerais-je pas mon cousin et mon co-religionnaire … ? « . « 

`Alî continua à parler leur rappelant la fraternité et la foi qui les unissaient. Talhah et Az-Zubayr finirent par se retirer de ce conflit envisageant enfin la situation sous une lumière différente. Cependant, ils allaient payer de leurs vies ce retrait.

Suite à leur rétractation, un homme nommé `Amr Ibn Jarmûz assassina lâchement Az-Zubayr alors qu’il effectuait sa prière. Talhah fut tué par une flèche supposée appartenir à Marwan, un cousin de `Uthmân, si aveuglé par la haine et la soif de vengeance de son parent qu’il n’envisageait pas d’autre issue que la guerre.

Le destin de Talhah était lié au meurtre de `Uthmân. Il ne prit pas part au combat connu dans l’histoire comme étant  » la Bataille du Chameau « . En effet, s’il avait su que la discorde allait dégénérer dans une haine si folle et dans un tel bain de sang, il s’y serait opposé. Il ne voulait pas se battre contre `Alî. Il avait été affecté par le meurtre de `Uthmân et voulait que justice soit faite. Avant le début de la bataille, il avait dit avec une voix étranglée d’émotion :  » O mon Dieu, au nom de `Uthman, fasse que je lutte aujourd’hui jusqu’à Te satisfaire !  » Puis, suite au discours de `Alî, Talhah et Az-Zubayr comprirent la justesse de son raisonnement et se retirèrent du champ de bataille. Malgré ces circonstances difficiles, le martyre leur fut réservé.

Au terme de la bataille du Chameau, Aishah, la Mère des Croyants, se rendit compte de la précipitation de son jugement. Aussi prit-elle du recul par rapport au conflit. Elle quitta Basrah pour se rendre à la Mosquée Sacrée et ensuite à Médine. `Alî lui fournit tout le nécessaire pour son voyage. Il s’assura de son confort et qu’elle était traitée avec l’honneur qu’elle méritait.

`Alî dirigea la prière funéraire de ceux qui avaient péri pendant la bataille des deux côtés, ses alliés et ses adversaires. Quand ils eurent fini d’enterrer Talhah et Az-Zubayr, il leur fit ses adieux le cœur lourd et débordant de tendresse et d’amour.

 » Je souhaite sincèrement, dit-il avec des mots simples et sublimes, que Talhah, Az-Zubayr, `Uthmân et moi soyions parmi ceux à propos desquels Dieu a dit :  » Et Nous aurons arraché toute rancune de leurs poitrines : et ils se sentiront frères, faisant face les uns aux autres sur des lits.  » Coran, sourate al-Hijr 15, verset 47. « 

Alors il regarda tendrement et avec tristesse les tombes de ses frères dans la foi et leur dit :  » J’ai entendu de mes propres oreilles le Messager d’Allâh, que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur lui, dire :  » Talhah et Az-Zubayr sont mes compagnons au Paradis ! « . « 

P.-S.

Traduit de « Companions of The Prophet« , Vol.1, écrit par Abdul Wâhid Hâmid.

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