La force du régime réside en notre faiblesse (3)

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

La force du régime réside en notre faiblesse

Salah-Eddine Sidhoum   





Repères : Le verrouillage des champs politique et médiatique, dans notre pays, est un secret de polichinelle. Mais est-ce que cela suffit pour expliquer le manque de dynamisme au niveau des partis politiques et de la société en général ?

Salah-Eddine Sidhoum : Le début du verrouillage politique et médiatique remonte à l’indépendance et à la prise sanglante du pouvoir par les imposteurs d’Oujda et de Ghardimaou. Il ne date pas du coup d’Etat de janvier 92. Il fait partie de la stratégie de gestion politique du pays pour empêcher toute velléité politique autonome de s’organiser et de s’exprimer. Cela est un fait indéniable.

Il y a aussi ce laminage par la violence, l’intrigue et l’infiltration des partis politiques représentatifs dont nous avons parlé précédemment et leur remplacement par des partis maison corvéables et malléables à merci.

Mais cela est de bonne guerre de la part du régime immoral dont on connaît la nature totalitaire et qui s’agrippe par tous les moyens au pouvoir. A quoi devons-nous nous attendre d’un système aussi véreux ?

Mais à mes yeux, la lâcheté de nos « élites » intellectuelles et politiques est en grande partie, responsable de cette anesthésie politique. C’est ce vide sidéral qui permet à ce pouvoir de se mouvoir avec une aisance déconcertante. En réalité la force du régime réside en notre faiblesse criarde à nous entendre sur des principes démocratiques communs et à nous organiser. Et le dernier drame national l’a éloquemment montré. Nous avons été sidérés par le comportement de nombreux « intellectuels » et « politiques » devant la tragédie de notre peuple. Beaucoup se sont trompés de cible et certains…..de société !

Je cite souvent le cas de la résistance des intellectuels tchécoslovaques et à leur tête Vaclav Havel qui avait à affronter non seulement la redoutable police politique de son pays mais aussi la tristement célèbre machine répressive soviétique. Ces consciences libres et incorruptibles n’ont pas eu peur de faire de la prison et de perdre leurs privilèges sociaux, pour défendre leurs idéaux et servir leur peuple. Ils ont été ces minces lueurs qui ont éclairé leur société plongée dans les ténèbres du totalitarisme communiste qui se sont transformées en une lumière éblouissante, au lendemain de la chute du mur de Berlin, pour la guider sur la voie de la révolution de velours. J’entends déjà des « intellectuels » me dire : « oui, mais la conjoncture internationale était différente ». Tous les prétextes sont bons pour se débiner et se soustraire à la lutte politique !

Avons-nous une élite de cette trempe pour sortir la Nation algérienne des ténèbres de l’imposture politique ? La question reste posée !

Repères : Alors quelle est selon vous, la démarche à suivre pour aider à l’émergence d’une représentation politique et sociale, capable d’engager le pays dans une construction démocratique ?

Salah-Eddine Sidhoum : La crise politique qui a provoqué le drame sanglant de la décennie écoulée persiste et s’aggrave, n’en déplaise aux propagandistes du pouvoir, à leurs thuriféraires et aux services de l’action psychologique qui essaient de faire croire à l’opinion publique internationale que la crise est derrière nous et que le pays a retrouvé sa quiétude. Elle est annonciatrice, à Dieu ne plaise, d’autres séismes beaucoup plus destructeurs que ce que nous avons vécu durant les années 90.

Il est plus que certain qu’il n’y a plus rien à attendre de ce régime, atteint d’une malformation politique congénitale incurable et qui malgré son état de déliquescence avancé et la faillite sanglante qu’il a provoqué, refuse obstinément de partir.

La situation peu reluisante du pays (qui n’a rien à voir avec la vitrine présentée par le régime) doit susciter en nous un véritable examen de conscience. Devons-nous rester impassibles devant la dramatique dégradation de la situation politique, économique et sociale et la pérennisation de la violence ?

Il est impératif de mettre un terme à cette logique d’autodestruction dans laquelle le régime a claustré la société, en imposant la paix des cœurs et de la raison qui doit être la priorité des priorités.

Tout comme il est impératif de sortir du champ politique artificiel, fécondé in vitro, pour entrer dans le champ politique authentique, qui reflète les réalités nationales et qui tienne compte des forces politiques véritables ancrées dans la société et imprégnées de ses valeurs culturelles.

Il faudrait avoir le courage de briser la stratégie du pouvoir qui consiste à imposer les termes et les limites du débat et se projeter vers un changement radical et pacifique de système. S’inscrire dans sa stratégie, c’est être complice de cette faillite sanglante.

Il est, enfin, plus que nécessaire de briser le cercle vicieux dans lequel est enfermée l’Algérie depuis 1962, à savoir celui d’un peuple sans souveraineté et d’un pouvoir sans légitimité. L’ère des tuteurs en col blanc ou en képi a provoqué assez de dégâts. Il est temps de mettre fin à l’usurpation du pouvoir qui dure maintenant depuis plus de quarante ans et de rendre la parole aux citoyennes et citoyens pour qu’ils puissent choisir souverainement et librement les institutions qui reflètent leurs réalités socioculturelles.

C’est à ces conditions fondamentales et seulement à ces conditions qu’on pourra espérer un véritable changement.

Pour cela il faudra œuvrer à ce que les volontés intellectuelles et politiques sincères se rassemblent et s’organisent dans un cadre autonome, un forum de reflexion et d’action, en vue d’une construction démocratique réelle.

Nous devons prendre l’initiative de réunir autour d’une table, dans le cadre de cette moussaraha, toutes ces volontés sans exclusion aucune pour mettre à plat sans complaisance et dans un climat empreint de paix et de sérénité, tous les problèmes qui nous ont divisé, le plus souvent artificiellement pour ouvrir la voie à la construction d’un Etat de droit. Nous devons cesser de subir dans notre propre pays pour devenir les acteurs de notre propre histoire et les maîtres de notre destin. Cela demandera le temps qu’il faudra mais il est impératif de réhabiliter la pratique politique et d’aboutir au compromis politique historique dont j’avais parlé plus haut et à une alternative politique crédible à présenter à notre peuple en vue de ce changement radical et pacifique de régime. Nous avons une immense responsabilité historique dans cette cruciale phase de rétablissement du dialogue entre Algériens.

Je crois que le peuple mauritanien d’une manière générale et ses élites politiques et militaires d’une manière particulière sont en train de nous donner une leçon exemplaire de réalisme politique et de démocratie.

Avec beaucoup d’exigence morale et intellectuelle et une bonne dose de courage politique, faisons, tous ensemble que le drame de ces années de sang et de larmes se transforme en une véritable résurrection d’une Algérie de dignité, de justice et de libertés démocratiques et que le sacrifice des dizaines de milliers de victimes ne soit pas vain.

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

La force du régime réside en notre faiblesse (2)

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

La force du régime réside en notre faiblesse Version imprimable Suggérer par mail
Salah-Eddine Sidhoum   





Repères : Après le référendum, le pouvoir a convoqué le corps électoral en vue des élections législatives. Quelle analyse faites-vous de la situation du pays à la veille de cette échéance ?

Salah-Eddine Sidhoum : La situation politique qui prévaut actuellement est la même que celle d’hier et d’avant hier. C’est un statut quo mortel. La violence politique persiste, même si elle a nettement diminué. Les foyers d’opposition armée restent actifs. L’injustice, la hogra, la corruption et la misère alimentent et entretiennent ces foyers de révolte armée. Nous sommes entrés depuis 1992 dans une logique extrêmement dangereuse pour le pays. A la violence permanente du régime qu’il a imposé au lendemain de l’indépendance comme moyen de gestion politique répond maintenant une violence devenue endémique d’une jeunesse sans présent ni avenir, à travers les maquis et les émeutes. Les tensions entre le système obsolète et arrogant et la société poussée au désespoir par des décennies d’injustice et de mépris risquent de mener droit vers des lendemains plus chaotiques.

Pour revenir aux « élections » législatives prochaines, il est difficile de parler d’élections dans un système perverti comme le système algérien, quand nous savons que toutes les élections depuis l’indépendance (à l’exception de celles de 91) ont été traficotées par les « services » et leur administration. De véritables mascarades !

Encore une fois, le pouvoir va mobiliser sa clientèle larbine et rentière, ce que j’appelle Ahl el wala oua el inbitah (famille de l’allégeance et de l’aplat-ventrisme) et organiser ce que le peuple appelle le « carnaval fi dechra » pour renouveler sa chambre d’enregistrement dont la facticité et la vacuité ne sont plus à démontrer.

Peut-on parler de vie politique quand nous savons que l’écrasante majorité des « élus » est désignée en réalité par les officines et selon des quotas bien définis dans le cadre d’une fausse carte politique adaptée à la conjoncture du moment et des « équilibres internes » ?

Peut-on parler de vie politique avec un multipartisme de façade, des partis préfabriqués servant de faire-valoir, un syndicalisme de service et des élections truquées en permanence ?

Peut-on parler de vie politique avec un état d’exception qui date pratiquement de l’indépendance et officialisé depuis1992 et dont la prorogation n’est qu’un grossier stratagème pour détourner l’attention de la population des problèmes sociaux inextricables.

Le fossé ne fait en réalité que se creuser entre les citoyens et ce pouvoir honni, ce qui approfondi et aggrave un peu plus la crise politique. Mais le régime n’en a cure. Sa violence est là pour faire rentrer son « ghachi » à beit etaâ (maison de l’obéissance).

Pour les citoyennes et citoyens honnêtes de ce pays, s’inscrire dans la stratégie du pouvoir en participant à cette vie politique factice c’est participer à leur propre destruction et à celle du pays.

Repères : Des observateurs politiques relèvent que les élections n’ont pas réussi à résoudre la crise dans notre pays, pendant que d’autres soutiennent que l’exercice de la politique n’est possible qu’au sein des institutions. Quel est votre avis ?

Salah-Eddine Sidhoum : De quelles élections et de quelles institutions parlez-vous ?

Il est certain que les élections truquées et manipulées de bout en bout depuis l’indépendance ne pouvaient et ne pourront résoudre la grave crise politique que connaît notre pays, tout comme l’exercice de la politique (au sens noble du terme) est impossible au sein des institutions factices.

Repères : Est-ce que vous partagez l’avis selon lequel le pouvoir est en dehors des institutions ?

Salah-Eddine Sidhoum : Là aussi il faudrait clarifier les choses. De quelles institutions parlez-vous ?

S’il s’agit de véritables institutions, démocratiquement élues, elles n’existent pas. C’est pour cela que je persiste à dire qu’il n’y a pas d’Etat dans notre pays, pour la simple raison qu’il n’y a pas d’institutions issues de la volonté populaire.

Quand aux institutions existantes, tout le monde sait qu’il s’agit d’institutions factices issues des laboratoires de la police politique et qui n’ont aucun pouvoir. Un décor en trompe-l’oeil!

Donc le régime d’Alger est bel et bien dans ses « institutions », taillées sur mesure pour le servir et constituer la fausse vitrine d’un régime « démocratique » aux yeux de l’opinion publique internationale qui elle, est loin d’être dupe pour avaler de telles couleuvres.

Repères : Croyez-vous à l’existence d’une classe politique dans notre pays ; ou partagez-vous l’avis selon lequel les partis ne sont que des machines électorales ?

Salah-Eddine Sidhoum : Il existe quelques individualités politiques de valeur mais il n’existe pas de classe politique à proprement dite. A cela, il existe des raisons objectives et historiques.

Nos élites ont toujours brillé par leur trahison, du moins en grande partie. Regardez un peu ce qui s’est passé durant la guerre de libération. Seule une minorité avait rejoint d’emblée le combat libérateur. Beaucoup ont été tués par leurs propres frères. Et le malheureux Abane en est un exemple frappant. Quand aux autres, ils avaient campé au carrefour des vents pour rejoindre tardivement… Tunis ou les intrigants des frontières. C’est cette lâche « désertion » qui a permis à des bravaches et autres aventuriers de prendre en main la révolution avec les dérives que nous connaissons.

Après 62, le pouvoir a su phagocyter très tôt la majeure partie de notre « élite » tant intellectuelle que politique. Cette dernière a bradé el mebda (le principe) pour la khobza. C’est ce que certains historiens ont appelé la socialisation des élites. Il faut avoir l’honnêteté de dire que l’Algérie n’est pas seulement malade de ses dirigeants corrompus mais aussi et surtout de ses élites lâches !

Le constat est déplorable. Les valeurs et les idéaux qui avaient fait la force de notre Nation durant la nuit coloniale ont pratiquement disparu, laissant place à la « kfaza » (aptitude à magouiller), à l’opportunisme, à la médiocrité affligeante et au trabendo politico-intellectuel.

Les quelques partis représentatifs du début des années 90 ont été pratiquement éliminés. Nous savons dans quel piège mortel est tombé stupidement le FIS, comment le FLN rénové d’Abdelhamid Mehri a été brisé par le régime suite au « complot scientifique » organisé par d’ignares intrigants et comment votre propre parti, le FFS, qui reste l’un des rares espaces de liberté et de démocratie, si ce n’est pas le seul, est l’objet de manœuvres déstabilisatrices depuis plus d’une décennie.

Le régime ne veut pas de classe politique réelle. Il a totalement perverti l’action politique en façonnant des partis et des pantins politiques de service (et contrôlés par les « services »). De véritables troubadours politiques qu’on agite à l’occasion des mascarades électorales et référendaires. Malek Bennabi disait à ce sujet : « la politique est une réflexion sur la manière de servir le peuple. La boulitique est une somme de hurlements et de gesticulations pour se servir du peuple ». C’est ce à quoi nous assistons depuis la supercherie démocratique de 88.

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

La force du régime réside en notre faiblesse (1)

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

la force du régime réside en notre faiblesse

Salah-Eddine Sidhoum   





Repères : 15 mois après le référendum sur la « charte de la paix et la réconciliation nationale », quel bilan pouvez-vous établir ?

Salah-Eddine Sidhoum : Lors d’un débat sur la chaîne El Jazeera consacré à la « réconciliation » dans notre pays et à la veille du carnaval référendaire et plébiscitaire fin septembre 2005, je qualifiais la charte imposée par le régime de charte de l’impunité et de la supercherie nationale (el moughalata el watania). J’aurais souhaité, malgré ma connaissance de ce régime « politique » sans scrupules, me tromper dans mon analyse. Dix sept mois après, les faits confirmaient malheureusement mes dires.

Depuis cette mascarade référendaire, plus de 400 algériens sont morts et près de mille autres ont été blessés suite aux violences politiques, selon le décompte des journaux et des agences de presse. Et nous savons que cette comptabilité macabre est nettement en deçà de la triste réalité.

Nos compatriotes de l’intérieur du pays assistent quotidiennement à des mouvements de troupes dans plusieurs régions, à des ratissages, à des pilonnages et à des bombardements des maquis par des hélicoptères de combat. Chaque jour apporte son lot de morts, de blessés et de désolation dans nos foyers. Nos enfants, civils et militaires continuent de mourir pour une cause qui n’est pas la leur.

Quand on utilise tous ces moyens militaires, je crois qu’il s’agit bel et bien d’une guerre (qui perdure) et non d’opérations de « maintien de l’ordre » de sinistre souvenir et encore moins de « terrorisme résiduel », concept si cher à certains mercenaires politiques.

Mais le pouvoir, déconnecté des réalités et enfermé dans sa tour d’ivoire, son « Algérie utile », crie à la victoire (contre ses propres enfants !), à la réconciliation et à la paix… factices.

Tout comme la « concorde » initiée par les responsables de la police politique et couverte politiquement par le premier responsable du pouvoir apparent a échoué, la charte dite de la « réconciliation » est vouée à un échec cinglant car les véritables causes politiques de la crise n’ont jamais été abordées et que la Nation n’a jamais été consultée. Feignent-ils d’oublier que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets et que toute solution qui n’emprunte pas le chemin du dialogue et de la concertation et qui ne s’appuie pas sur la volonté populaire est vaine ?

Elaborée dans les ténébreuses boutiques de la police politique et exécutée par le pouvoir de façade, cette « charte » était d’emblée verrouillée. Aucun débat contradictoire n’était permis. Seuls les troubadours et les « meddahines » « boulitiques » étaient autorisés à s’exprimer pour encenser le texte qui est d’une indigence intellectuelle et politique déplorable. La machine de l’action psychologique, bien rôdée depuis quatre décennies était là pour « mobiliser » le peuple et lui faire approuver, malgré lui, le texte à la quasi-unanimité. Cette « charte » est venue consacrer la politique d’éradication et d’exclusion en cours depuis plus d’une décennie et la sacraliser.

Eludant les causes profondes de la crise et de la tragédie qui en a découlé, l’oligarchie, sous couvert de son pouvoir apparent a décidé de régler de manière partiale et partielle les conséquences de ce drame national. Une véritable offense à la mémoire des victimes et une insane tentative de corruption de leurs familles.

Ce texte « plébiscité » par un peuple sans souveraineté et sans voix (l’Algérie des paradoxes !) et transformé en nouveau Coran du Calife Othman, pour reprendre Abdelhamid Mehri, consacre l’impunité totale des responsables de tous bords du drame national et de leurs exécutants. Les putschistes qui ont plongé le pays dans une mer de sang et de larmes, tout en s’auto-amnistiant, s’autoproclameront « artisans de la sauvegarde de la République ». Effectivement ils auront sauvé leur République bananière et des containers, pour plonger l’Algérie et son peuple dans les abysses de la terreur et de la misère.

Ceux qui, hier, s’étaient dressés contre cette politique sanglante et avaient appelé, lors des années de braise à une véritable réconciliation et à la paix des cœurs avaient été qualifiés de traîtres. Demain, ceux qui se dresseront contre cette supercherie nationale, cette paix des cimetières et cette amnésie générale seront criminalisés et passibles de trois à cinq années d’emprisonnement !

On aurait parlé de blague si la situation n’était pas tragique ! Une véritable imposture ! Même les sinistres dictateurs latino-américains n’avaient pas osé cela.

Comment voulez-vous qu’avec toutes ses tares et ses inepties, cette dite « charte » puisse réussir à réconcilier les algériens et ramener la paix dans leurs cœurs meurtris ? Je crois en réalité et pour reprendre une journaliste que, faute de pouvoir réconcilier les algériens, cette farce référendaire a permis seulement à ce régime de se réconcilier avec ses vieilles pratiques totalitaires.

Repères : Quel est le processus à suivre pour aboutir à une véritable réconciliation ?

Salah-Eddine Sidhoum : Il y a deux faits avant tout qu’il faudra préciser :

La crise algérienne est avant tout une crise éminemment politique et sa solution ne peut être que politique. Cela doit être clair. Le régime actuel, juge et partie, responsable en premier lieu et en grande partie du drame national est disqualifié pour résoudre sérieusement la crise.

De ce fait, la véritable réconciliation nationale passe inéluctablement par une large consultation franche et sincère des principales forces et personnalités intellectuelles et politiques représentatives de la Nation, afin d’aboutir à une solution politique globale, après avoir cerné sans complaisance et en toute sérénité les causes réelles et profondes de la crise qui remontent en réalité à l’indépendance. Cela permettra de baliser le terrain politique sur des bases démocratiques en vue de l’édification d’un véritable Etat de droit et de mettre définitivement un terme à cette violence politique initiée au lendemain de l’indépendance par ce régime et qui a fini par gangrener la société toute entière. C’est ce que j’ai appelé la Moussaraha nationale qui aboutira à un véritable compromis politique historique. C’est le volet politique du processus.

Ce n’est qu’après cela qu’on pourra résoudre définitivement les conséquences humanitaires et sociales de la guerre provoquée par l’acte irréfléchi qu’a été le coup d’Etat de janvier 1992.

Le second volet est celui de la Vérité et du Droit. Il est impératif que les Algériens sachent ce qui s’est réellement passé durant ces années de sang et de larmes durant lesquelles ont été commises les pires atrocités contre un peuple sans défense. A l’instar des pays qui ont vécu des drames internes, il est nécessaire de mettre en place une commission nationale pour la vérité et la justice. Soyons clairs sur ce point : vérité et justice ne signifient aucunement règlement de comptes ou vengeance. Et ce n’est qu’après celà que pourra éventuellement intervenir l’amnistie par l’autorité politique légitime. Car comme disait mon ami Lahouari Addi: « un assassin jugé et amnistié se comportera différemment d’un criminel innocenté ».

La découverte de la vérité sur le drame national n’est pas seulement un droit pour les victimes et leurs familles mais aussi un droit pour tous les algériens afin de tirer les leçons en vue d’éviter d’autres tragédies à l’avenir et de mettre un terme aux ardeurs criminelles des aventuriers de tous bords.

Car ce qui s’est passé comme horreurs durant plus d’une décennie ne sont pas de simples faits banaux à verser dans la rubrique des faits divers. La torture institutionnalisée, les exécutions sommaires, les disparitions, les viols et les horribles massacres sont des crimes contre l’humanité imprescriptibles sur le plan du droit international que nul décret ou référendum ne peut effacer. Des atteintes gravissimes aux droits de l’homme qui ne sont pas sans nous rappeler, dans beaucoup de cas les crimes commis durant la guerre de libération nationale ne peuvent être occultés par une politique d’amnésie collective ni par la répression pour faire taire les témoins du drame.

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

Hommage à notre frère Mahmoud Khelili, combattant de la dignité humaine Version imprimable Suggérer par mail
Salah-Eddine Sidhoum   

 » Ô toi, âme apaisée, retourne vers ton Seigneur, satisfaite et agréée, entre donc parmi Mes serviteurs et entre dans Mon paradis.  » (Coran)

Il y a 5 ans, disparaissait notre frère et compagnon de lutte pour le respect de la dignité humaine, Maître Mahmoud Khelili, terrassé par une crise cardiaque. Il représentait pour nous, génération de l’indépendance, un symbole de la lutte contre l’oppression et la hogra. En ce triste jeudi 06 mars 2003, l’Algérie des Hommes Libres venait de perdre l’un de ses rares véritables militants des Droits Humains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Après un combat sans merci contre les hordes coloniales, en tant que maquisard de la wilaya IV, il s’engageait dès les premières années de la libération dans un autre combat, tout aussi harassant, contre les dérives des imposteurs qui avaient confisqué déjà l’indépendance (inachevée) de notre pays et les libertés de notre peuple.

Quand des bravaches commençaient, tels des charognards à dépecer le pays et à se servir, au nom d’une légitimité historique usurpée, lui, véritable moudjahid de la guerre de libération nationale, décidait de continuer à servir, au nom du devoir national.

Avocat des opprimés et des causes justes, il brillait par son courage, sa ténacité et sa générosité. Il défendra les prisonniers politiques de tous bords, sans exclusive ni exclusion, jetés en prison par les tuteurs de l’Algérie qui avaient pris le pouvoir par la force des baïonnettes et qui s’étaient proclamés « révolutionnaires » de l’Algérie « socialiste ». Un socialisme folklorique qui se terminera par une faillite sanglante.

Il dénoncera au début de la courte récréation démocratique qui suivra la manipulation sanglante d’octobre 88, les dérives d’une justice servile. Cette franchise et ce courage lui coûteront deux années de suspension. Ce n’est pas tant cette sanction qui l’affectera mais le silence lâche et assourdissant de beaucoup de ses confrères.

Durant la guerre menée contre la population par le quarteron de putschistes et leurs affidés de la « société servile », il sera à la pointe du combat pour le respect des droits humains bafoués quotidiennement au nom de la « sauvegarde » de l’Algérie… des privilèges.

Il sera parmi les tous premiers avocats à dénoncer l’instauration des tribunaux d’exception calqués honteusement par les « juristes » de service et des « services » sur les « sections spéciales » de Vichy. Tout comme il sera le premier à appeler au boycott de ces juridictions de la honte.

En ces temps d’indignation sélective, il faisait partie de cette poignée de militants qui dénoncera haut et fort tous les actes de barbarie commis depuis le Coup d’Etat de 92, qu’il s’agisse de la torture institutionnalisée, des exécutions sommaires massives, des massacres de populations, des tueries des bagnes de Berrouaghia et de Serkadji, des viols collectifs ou de la politique planifiée des disparitions forcées.

Par sa ténacité et son magnifique courage, il démolira l’hideux mur de désinformation et de mystification, bâti par le pouvoir, ses commandos médiatiques et ses mercenaires de la plume. Il dévoilera à l’opinion publique internationale, le véritable visage de cette « seconde guerre d’Algérie » et son lot quotidien d’horreurs commis à la fois par le régime criminel et les groupes armés se réclamant faussement de l’Islam. Tous les dossiers et les cas en sa possession étaient publiés et remis à toutes les ONG internationales sans sélectivité aucune. C’est en grande partie grâce à ses dossiers que j’ai pu confectionner avec mon amie Salima Mellah d’Algeria-Watch en janvier 2002, les listes de milliers de cas de disparitions et d’exécutions sommaires.

Il fut avec une poignée de militants, à l’origine de la création de la première organisation des familles de disparus. Tout comme il fut le premier à mettre en garde ces mêmes familles du risque de récupération de la cause de leurs enfants à des fins inavouées par certaines officines étrangères. Chose qui ne tardera pas à arriver et qui provoquera la stérilisation puis l’implosion de cette association, à la grande joie des planificateurs de ce crime contre l’Humanité.

Ni les intimidations de la police politique (menaces de mort, arrestation de ses enfants sur la base de dossiers préfabriqués….), ni les insultes et autres diffamations de certains « journalistes » en service commandé ne viendront à bout de son inlassable combat.

Malgré un état de santé très précaire et qui s’était dangereusement dégradé, il poursuivra sa quête de vérité et son soutien aux familles des victimes de cette guerre cachée. Et il mourra comme il a toujours vécu : DEBOUT.

Son admirable et magnifique parcours de combattant libre et digne des droits de l’Homme restera gravé dans les tablettes de l’Histoire de l’Algérie. Il fait honneur à sa noble profession (oh combien souillée en ces temps d’imposture !) et aux Hommes Libres qui se sont sacrifiés pour une Algérie de Dignité et de Liberté.

Il a tracé la voie de l’Honneur, de la Dignité et du Devoir aux nouvelles générations.

Humble, il restera dans le cœur de tous les Humbles d’Algérie.

Son noble combat, qui est également celui des Algériennes et des Algériens dignes, sera poursuivi, comme promis, jusqu’à la libération de l’Algérie meurtrie des griffes de cette voyoucratie criminelle.

Je demande, à toutes celles et à tous ceux qui ont connu ce combattant de la Dignité Humaine, d’avoir, en ce 5e anniversaire de sa disparition, une pieuse pensée à sa mémoire.

« A Dieu nous appartenons et à Lui nous retournerons ».

Salah-Eddine Sidhoum
Alger, le 6 mars 2008

إحياء للذكرى الخامسة لو فاة المرحوم محمود خليلي

(يا أيتها النفس المطمئنة ارجعي إلى ربك راضية مرضية وأدخلي في عبادي وأدخلي جنتي)

منذ خمس سنوات انتقل إلى جوار ربه الأخ ورفيق النضال من أجل احترام الكرامة الإنسانية، الأستاذ محمود خليلي، على إثر سكتة قلبية.

كان محمود خليلي بالنسبة لجيل الاستقلال، رمز الكفاح ضد الظلم والحقرة، ولفقدانه يوم الخميس 6 مارس 2003، فقدت جزائر الأحرار واحدا من المناضلين الصادقين القلائل من أجل حقوق الإنسان.

فبعد كفاح مرير ضد جحافل الاستعمار كمقاتل في جيش التحرير الجزائري، الولاية الرابعة، انخرط المرحوم منذ السنوات الأولى للاستقلال، في نضال جديد، لم يكن أقل شراسة من سابقه وذلك ضد انحرافات الأدعياء الذين صادروا الاستقلال الوطني مبكرا وصادروا معه حريات شعبنا.

وعندما بدأ أدعياء البطولات في تقطيع أوصال البلاد، كما يفعل مفترسو الجيفة ويستأثرون بالمكاسب باسم شرعية تاريخية مزيفة، عزم المرحوم، وهو المجاهد الحقيقي خلال حرب التحرير، على مواصلة النضال باسم القيم الوطنية.

كان المرحوم محمود خليلي لسان دفاع المظلومين ومحامي القضايا العادلة، وقد تميز بشجاعة نادرة وإصرار فولاذي وكرم حاتمي، وقد دافع عن كل المساجين السياسيين من كل صوب، ممن أودعهم غياهب السجون حكام الجزائر الجدد الذين وصلوا للسلطة بقوة الحرب، مدعين الثورة الاشتراكية، تلك الاشتراكية الفولكلورية التي كتبت إفلاسها في برك الدماء.

في بداية الاستراحة الديمقراطية القصيرة التي تلت الأحداث الدموية في شهر أكتوبر 1988 شجب المغفور له انحراف القضاء المدجن وأدانه بشجاعة وصراحة نادرتين، وقد كلفه ذلك الموقف سنتين من حرمان له في الترافع، ولم يتأثر بهذه العقوبة بمثل ما تأثر من الصمت المطبق الجبان لكثير من زملائه.

كان محمود خليلي في مقدمة النضال من أجل احترام حقوق الإنسان خلال الحرب التي شنها الرباعي الانقلابي وعملائهم، ضد المجتمع وانتهكوا فيها الحقوق الإنسانية باستمرار تحت عنوان « إنقاذ الجزائر »، جزائر الإمتيازات !

وقد كان من بين المحامين الأوائل الذين نددوا بإقامة المحاكم الاستثنائية والتي نقلها رجال قانون خدومين، تابعين « للمصالح » ودونما خجل عن الأقسام الخاصة لحكومة فيشي، وكان محمود هو الأول الذي نادى بمقاطعة محاكم « العار ».

كان الوقت وقت التنديد الانتقائي، لكن محمود خليلي كان من بين القلة القليلة من المناضلين الذين أدانوا بقوة وبصوت عال كل الأعمال الوحشية التي وقعت منذ الانقلاب العسكري سنة 1992، سواء كانت أعمال التعذيب المنهجية، أو الإعدامات والتصفيات الجسدية أو المجازر في حق المواطنين الآمنين أو تقتيل المساجين في البر واقية أو سركاجي، وعمليات الاغتصاب الجماعي وسياسة الاختطافات القصرية.

واستطاع محمود خليلي، بما أوتي من شجاعة عجيبة ودون إصر ا ر أن يسقط جدار الصمت الرهيب والمغالطة الإعلامية التي نسج خيوطها النظام وزبانيته من أصحاب القلم والإعلام، وأمكن له أن يكشف للرأي العالمي، الوجه الحقيقي « لحرب الجزائر الثانية » وما اشتملت عليه من فظا عات يومية، أقترفها النظام الإجرامي بمشاركة الجماعات المسلحة التي تحسب نفسها تعسفا على الإسلام، وقد نشر كل ما كان بين يديه من ملفات وسلمها دون تحفظ إلى كل المنظمات غير الحكومية بلا استثناء، واعتمادا على ملفاته وبالتعاون مع الصديقة سليمة ملاح عن منظمة » الجريا واتش « أمكنته شخصيا في سنة 2002 وضع قائمات بآلاف المختطفين والمغتالين.

كان المرحوم واحدا من المناضلين القلائل الذين أسسوا أول منظمة لعائلات المفقودين، كما كان أول الذي نبه هذه العائلات إلى خطر توظيف قضية أطفالهم من قبل بعض الحوانيت الأجنبية لغايات دفينة، وهو الأمر الذي لم يتأخر كثيرا وانتهى إلى شل حركة هذه المنظمة ثم تفجيرها، وهو الشيء الذي أفرح المخططين لهذه الجريمة ضد الإنسانية.

ولم يثن الرجل عن الصدع بالحق، كل ما تعرض له من إرهاب من طرف الشرطة السياسية (تهديدات بالموت وإيقافان لأطفاله وبحجج واهية وملفات مصطنعة)، ولا الأذى والشتم والسب الذي لحقه من بعض الصحافيين المأجورين، وظل مستميتا في نضاله.

وواصل بحثه عن الحقيقة ومساندته لعائلات ضحايا الحرب السرية، على الرغم من تدهور صحته إلى أن مات واقفا كما عاش واقفا !

وستظل سيرة حياة محمود خليلي الرائعة كمناضل حر من أجل حقوق الإنسان، نبراسا لنا جميعا وصفحة خالدة في تاريخ الجزائر، وقد شرف مهنته التي أساء لها الكثير من الأدعياء، كما شرف كل الأحرار الذين ضحوا في سبيل جزائر الكرامة والحرية.

عاش محمود خليلي متواضعا وسيبقى في قلوب كل المتواضعين مثله.

ولا شك أن نضاله النبيل الذي يشترك فيه كل نبلاء الجزائر، نساء ورجالا، سيستمر إلى حين تحرير الجزائر المثخنة دماء، من مخالب المجرمين الذين تمكنوا منها.

وفي الأخير، أدعو كل الذين عرفوا هذا المكافح من أجل الكرامة الإنسانية، أن يتذكروه بخير في الذكرى الخامسة لوفاته.

(إنا لله وإنا إليه راجعون)

صلاح الدين سيدهم
الجزائر في 6 مارس

khelili1.jpg

Mahmoud Khelili (à gauche) durant la guerre de libération nationale

khelili2.jpg

Mahmoud Khelili au Palais de Justice de Paris

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

Ensemble, continuons à œuvrer au compromis politique historique qui commence à voir le jour

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

Ensemble, continuons à œuvrer au compromis politique historique qui commence à voir le jour

Salah-Eddine Sidhoum   

Comme toujours et lorsqu’on aborde la question lancinante du rassemblement des Algériennes et Algériens, toutes tendances confondues, autour d’une plateforme commune de principes et de valeurs, le débat s’anime, ce qui est normal. Mais ce qui nous parait plus que suspect c’est l’apparition des « chargés de mission » qui s’excitent, frisant l’hystérie pour parasiter le débat et le détourner. C’est ce qui se passe aujourd’hui avec l’article de notre frère Djamaleddine Benchenouf.

Nous avons connu cela à plus grande échelle, un certain janvier 92, lorsque notre brave « ghachi » croyait avoir signifié sa retraite à ce régime honni, en légitimant les 3 Fronts pour diriger le pays. Nous avons tous en mémoire la campagne hystérique menée par les « services » qui avaient mobilisé les médahines et les guezanates de leur « société servile » pour servir de vitrine civile au pronunciamiento des putschistes avec la précieuse collaboration des intégristes « démocrates » et de la frange extrémiste du FIS, pronunciamiento qui allait plonger le pays dans les abysses de la terreur et de l’horreur.

Nous avons également connu cela début 95, lorsque la classe politique représentative de l’époque avait signé le contrat national dit de Rome, sous les auspices de l’association Sant’Egidio. Et nous avons là aussi en mémoire la « mobilisation » des troubadours politiques et les honteuses « marches spontanées » pour dénoncer les « traîtres » et les « complices des égorgeurs » dont le seul crime avait été d’appeler à une véritable réconciliation nationale et à une résolution politique de la crise née de l’arrêt du processus électoral. Les « Maîtres » de l’Algérie n’hésiteront pas à louer les services d’un ‘Alem (ou plutôt un ‘Amil) syrien, un certain El Bouti pour venir traiter ce Contrat National sur Yatima-TV de « Kofr » car réalisé sous les auspices d’une association …..Chrétienne.

Donc nous sommes habitués à ces provocations crasseuses et grossières. Et plus il y a de provocations, plus nous sommes rassurés que nous sommes sur la bonne voie du rassemblement et du changement.

Ces « chargés de mission » viennent se défouler dans l’anonymat derrière l’écran de leur PC pour porter atteinte aux valeurs civilisationnelles de leur Nation, ou à la dignité d’Hommes qui ont le courage de signer de leur nom leurs articles ou commentaires. D’autres, du haut de leur piédestal, avec leur morgue méprisante et hautaine envers celles et ceux qu’ils considèrent comme du « ghachi » viennent doctement nous asséner mordicus leurs « vérités » et parler au nom d’un peuple (ghachi) qu’ils méprisent et qui les méprise. Il n’est pas de plus facile et de plus lâche que de jouer à ce jeu puéril et stérile. Pensent-ils ébranler par leur lâcheté les fortes convictions et la Foi inébranlable d’Hommes et de Femmes Libres qui œuvrent au véritable changement ?

Ils ne sont en réalité qu’une infime minorité mais qui se prend maladivement pour la majorité. C’est pour cette raison que j’invite les sœurs et frères à signer avec leurs noms réels. Ceux qui craignent le Créateur, doivent-ils craindre les voyous névrosés de la police politique ? JAMAIS !

Ce débat nous a confirmé aussi que l’extrémisme n’était pas l’apanage d’une certaine frange « d’islamistes » seulement, mais aussi celui d’une certaine frange de « laïcs » et de « démocrates », ceux que j’ai toujours appelé les démocrates non pratiquants.

Cette parenthèse fermée, je voudrais aborder encore une fois cette épineuse question du rassemblement des Algériens autour de valeurs et de principes dans le cadre d’un compromis politique historique. C’est une idée qui a germé depuis plusieurs années et qui est arrivée au stade de maturation après de très nombreux contacts avec nos compatriotes de divers horizons politiques.

Nous sommes arrivés à la conclusion que la grave crise politique qui secoue le pays depuis près de 18 ans ne pouvait être réglée que politiquement après l’échec cuisant de la politique dite sécuritaire et de son bilan accablant et criminel se chiffrant à des centaines de milliers de morts. Et la liste macabre reste hélas ouverte !

Que ce règlement politique ne peut venir que du peuple guidé par ses véritables élites intellectuelles et politiques. Il est illusoire d’attendre une solution de l’intérieur du système miné par ses propres contradictions et ses luttes claniques. Mais nous n’éliminons pas le ralliement de certaines forces plus ou moins saines au sein du système (qui n’ont pas les mains tâchées de sang de leur propre peuple) pour participer à ce changement radical et pacifique et à cette transition vers un État de Droit.

Ce compromis politique historique pourrait se faire autour de valeurs et de principes intangibles qui sont :

• Les valeurs civilisationnelles de la Nation Algérienne (Islamité, Amazighité et Arabité), fondements de notre ALGERIANITE et socles de notre unité nationale.
• L’égalité de tous devant la loi.
• La sacralité des droits de la personne humaine.
• La souveraineté populaire : le peuple étant la seule source du pouvoir et de légitimité.
• La séparation effective des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
• Les libertés individuelles et collectives.
• L’alternance au pouvoir à travers le suffrage universel.
• Le respect et la promotion des cultures nationales.

Peut-on se proclamer démocrate et refuser de s’entendre sur ces principes fondamentaux ?

Une fois le terrain politique balisé et les principes acceptés et RESPECTES par tous, laissons le peuple choisir librement son projet de société et ses authentiques représentants.

Il est clair aussi que la véritable réconciliation passe par une véritable moussaraha (dialogue franc) où chaque partie doit reconnaître ses erreurs et faire son autocritique, qu’il s’agisse des intellectuels, des politiques, des militaires, des journalistes…. J’avais cité dans un précédent commentaire le courageux travail d’autocritique réalisé par l’institution militaire et la presse chiliennes. Il y a aussi l’exemple de l’Afrique du Sud et tant d’autres pays qui ont connu des conflits internes meurtriers.

Je ne pense pas que la politique d’exclusion soit la meilleure voie pour asseoir une culture démocratique et instaurer un État de Droit. J’avais repris dans l’un de mes articles une citation d’un Homme d’Etat occidental qui disait : « Il n’y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités ». Or une partie de nos élites semble construire sa « politique » sur du virtuel, sur ses propres souhaits, pour ne pas dire sur ses rêves et ses fantasmes. Déconnectée des réalités nationales, elle pense qu’il suffit d’importer des concepts d’ailleurs (démocratie, laïcité, interdiction du Hidjab …..) et d’exclure un pan socio-politique non négligeable pour régler la crise multidimensionnelle dans laquelle se débat le pays.

L’expérience nous a montré que toute démocratie se construit sur la base des valeurs civilisationnelles de chaque Nation, pour être viable. Comparons les démocraties britannique, allemande, scandinave, américaine. Sont-elles identiques ? Sommes-nous incapables de construire notre démocratie adaptée à nos réalités et à nos valeurs? Ou devons-nous toujours singer aveuglément les autres ?

Il est clair et pour revenir aux réalités du pays qu’il existe trois courants politiques essentiels : nationaliste, islamique et social-démocrate. Penser effacer administrativement et exclure par la force un courant est une grossière erreur politique. Le courant islamique est une réalité. Tous les hommes politiques sages et lucides reconnaissent cette réalité. Le FIS était le plus représentatif de ce courant et était la seule force à l’époque capable de venir à bout du régime. Mais malheureusement ses responsables ont commis des erreurs monumentales. Comptant sur la masse, faisant cavalier seul, sans tenir compte des autres forces en présence et dépourvu de stratégie politique, il tombera dans le piège du régime qui en fera aux yeux des citoyens et plus particulièrement de notre couche moyenne frileuse et khobziste, le bourourou national avant de l’entraîner sur le terrain de la violence politique qui lui sera fatale. Il est important que nos frères qui appartenaient à ce parti puissent s’exprimer sur ce site et nous donner en toute sérénité leur point de vue. Je profite de l’occasion pour répondre à notre cher frère signant sous le pseudo K. Abenceradj. Ni moi, ni Djamaleddine n’avons écrit ou dit que le FIS était un parti démocrate. Il existait cependant des démocrates en son sein mais ils ne représentaient qu’une minorité qui n’avait pratiquement pas droit au chapitre.

Il est important de tirer les leçons de notre drame.

La force et la répression utilisées par le régime n’ont absolument rien réglé, bien au contraire. Elles ont aggravé la situation tant politique que sociale.

La crise éminemment politique ne peut être réglée que politiquement et par tous les acteurs politiques représentatifs.

Il ne peut y avoir de véritable réconciliation nationale (moussalaha) sans moussaraha et sans Vérité et Justice concernant tous les crimes contre l’Humanité commis contre notre peuple sans défense.

Nous devons œuvrer à l’élaboration d’un compromis politique historique autour de principes et de valeurs communes où se reconnaîtront tous les Algériens sans exclusion aucune.

Tous les courants représentatifs, sans exclusion ni exclusive ont leur place pour peu que tous soient respectueux des valeurs civilisationnelles de la Nation et des principes démocratiques de gestion politique et de vie commune.

Le changement radical et pacifique ne peut être réalisé par un seul parti ou un seul courant. C’est l’œuvre de toutes et de tous. Ensemble, transformons ce rêve en réalité. Rappelons-nous de la lumineuse stratégie unificatrice de nos frères aînés Abane et Ben M’Hidi, qui ont eu l’intelligence de rassembler sous la bannière du FLN authentique, tous les partis et associations aux idéologies différentes (MTLD, UDMA, PCA, Oulémas et personnalités diverses) pour libérer le pays.

De très nombreux compatriotes ont développé avec pertinence et sagesse leurs points de vue concernant l’initiative de rassemblement et que je partage pleinement.

Ensemble continuons notre travail de rassemblement que nous avons commencé depuis quelque temps ici en Algérie mais aussi avec nos compatriotes exilé(e)s.

Ensemble continuons à œuvrer au compromis politique historique qui commence à voir le jour grâce à la volonté et au travail inlassable de nombreux frères et sœurs.

Soyons patients et persévérants. Le chemin reste certes long mais « lorsque le peuple veut la vie, force au destin d’y répondre, au jour de se lever et aux chaînes de se rompre ».

Fraternelles et respectueuses salutations.

Salah-Eddine Sidhoum
29 août 2008

Source: www.lequotidienalgerie.com

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

Compte-rendu du procès de Baba Nadjar

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

Compte-rendu du procès de Baba Nadjar Version imprimable Suggérer par mail
Salah-Eddine Sidhoum   

Aujourd’hui s’est déroulé le procès en appel de Mohamed Baba Nadjar, après deux reports successifs. Ce procès, comme nous l’avons annoncé la semaine dernière, a été délocalisé à Médéa, pour « des raisons de sécurité ».


Tôt le matin, à 7h 30 alors que nous étions sur la route pour rejoindre le tribunal, des citoyens venus de Ghardaïa m’ont appelé pour me signaler qu’ils avaient été arrêtés à l’entrée de Médéa. En effet, les véhicules immatriculées 47 (Ghardaïa) étaient arrêtés par les services de sécurité à un barrage situé à l’entrée de la ville et leurs occupants invités à remettre  leurs pièces d’identité, sans aucune raison valable. Leurs papiers leurs furent restitués après avoir été enregistrés par ces mêmes services.

A l’arrivée, de nombreux véhicules de police étaient stationnés à la périphérie du tribunal. Ses rues d’accès étaient occupées par des policiers. Près de 200 citoyens venus d’Alger, de Ghardaïa, de Béjaïa et de Tizi-Ouzou attendaient l’ouverture du procès.

Ce dernier s’est ouvert vers 9h 30. Une cinquantaine de citoyens de Ghardaïa n’a pu accéder à la salle d’audience. Les malheureux attendront dehors, sous un soleil de plomb et ce, jusqu’à 17h 30. L’entrée à la salle d’audience de la victime de l’arbitraire, Mohamed Baba Nadjar fut accueillie par des applaudissements de l’assistance qui s’est levée à l’unisson. Douze avocats du collectif étaient présents. Sept autres s’étaient excusés la veille pour raison de programmation. Une avocate marocaine a tenu à être présente au procès en solidarité avec ses confrères algériens et avec la victime de l’arbitraire.

Le procès fut marqué par la citation de nombreux témoins à charge et à décharge. Aucun d’eux n’avait vu Baba Nadjar sur le lieu du crime ! Au fil des minutes, tout le monde, assistance et avocats, était persuadé de l’issue favorable du procès. Le procureur général réclamera, malgré tout,  la peine de mort. La brillante plaidoirie de cinq avocats de la défense finira par détruire toutes les « preuves » de l’accusation.

La Cour se retirera en fin d’après-midi pour délibérer. Tout le monde était confiant. Aucune preuve tangible. Les jeunes de Ghardaïa rayonnaient d’espoir. Ils parlaient de retour triomphal à Ghardaïa, avec, dans leurs « bagages »  Mohamed Baba Nadjar. L’espoir était vraiment permis, au vu du dossier vide démontré avec brio par la défense.

Un fait attirera cependant notre attention, lors de notre sortie dans la cour du tribunal, dans l’attente du verdict. Des renforts de gendarmes et de policiers étaient arrivés sur les lieux. La route du tribunal vers le haut était bouclée par un double cordon de policiers et de gendarmes. La salle d’audience fut envahie par de nombreux policiers en civil portant des gilets « police ». Pourquoi ce soudain déploiement des services de sécurité alors que le calme régnait tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du tribunal ?

La délibération sera très courte. Elle ne durera pas plus de 30 mn. Stupeur dans la salle quand la condamnation à perpétuité sera prononcée. Baba Nadjar, blême, s’effondrera sur son siège. Son père et son oncle éclateront en sanglots. L’assistance, stupéfaite et scandalisée criera à l’injustice. De jeunes citoyens, révoltés par le verdict crieront leur rage en scandant : ‘Adalat Etilifoune (justice du téléphone).

Les jeunes restés à l’extérieur, ayant appris la nouvelle, se mettront à scander « pouvoir assassin ». Les plus âgés lèveront leurs mains au ciel pour prier et maudire l’injustice et ses fonctionnaires aux ordres. C’était l’image d’un peuple mahgour qui criait sa rage, son désespoir et son impuissance devant cette situation de non-droit.

De nombreux sages  de Ghardaïa, ont déployé tous leurs efforts  pour calmer cette population révoltée à juste titre.

C’était une fin d’après-midi triste non seulement pour la population  de Ghardaïa, mais pour toute l’Algérie. Un malheureux jeune citoyen condamné à perpétuité pour un crime qu’il nie de toutes ses forces. Un malheureux jeune innocent qui voit sa vie brisée par l’imposture au pouvoir.

Nous continuerons cependant le combat pour sauver Mohamed Baba Nadjar. Nous frapperons maintenant aux portes des instances judiciaires internationales pour que la vérité, toute la vérité éclate sur cette affaire plus que douteuse et pour que les véritables criminels soient démasqués.

Salah-Eddine Sidhoum
Médéa le 27 mai 2009

PS : Une analyse du procès sera réalisée par un ami juriste et professeur de droit qui a assisté à l’audience. Nous la publierons dès sa réception.

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

5 octobre 1988 : Espoirs, désillusions et leçons

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

5 octobre 1988 : Espoirs, désillusions et leçons

Salah-Eddine Sidhoum   

« L’Histoire ce ne sont pas seulement les faits, mais les leçons que l’on tire ».

Il y a 20 ans, une manipulation criminelle de l’un des gangs du système provoquait la mort de plus de 600 algériens dont une majorité d’adolescents. Cette manipulation, avec le recul, n’était en réalité qu’une répétition à petite échelle de la tragédie de janvier 92 qui allait faucher plus de 200 000 Algériens.

Il y a 20 ans, on a tiré à la mitrailleuse sur des adolescents et on a torturé systématiquement d’autres dans les commissariats et les casernes de la sinistre police politique. Leur seul crime était d’avoir clamé violemment leur aversion d’un système de haggarines. Ces mêmes haggarines qui pensaient manipuler une jeunesse désoeuvrée pour assouvir leurs bas instincts de brigands, ne savaient pas qu’ils manipulaient une poudrière. Les manipulateurs dans leur inconscience, donnaient ainsi l’occasion à une jeunesse abandonnée et sans repères, de vomir sa haine d’un régime illégitime qui avait transformé son pays en une vaste prison à ciel ouvert. Et cette poudrière éclatera sur leur visage hideux et sans scrupules.

Abandonnée à elle-même et minée déjà par de nombreux fléaux sociaux, notre jeunesse se donnera à cœur joie à détruire ce qui représentait à ses yeux les symboles de la hogra et de la corruption (kasmates et mouhafadhates du FLN, ministères, souks el Fellah, Riadh El Feth…..). Elle faisait inconsciemment sienne, la citation d’un auteur français : « Dans cette forêt d’injustice que peut faire la cognée du bûcheron ? Ce qu’il faut, c’est l’incendie, le grand incendie ». Cette violence inouïe signifiait tout simplement le rejet profond de ce système. Et ce rejet appelait au changement de ce dernier dans sa globalité. Mais, hélas on préféra changer de vitrine.

Ces douloureux événements permettaient également de mettre à nu l’odieux visage de ce régime illégitime, sa cruauté et son échec patent dans sa gestion chaotique du pays. Sa violente réaction à des événements que l’un de ses gangs avait lui-même provoqué nous donnait déjà un avant-goût de ce que nous allions vivre comme horreurs quelques années plus tard.

Des criminels en col blanc pensaient se débarrasser du gang dit conservateur du système en provoquant des émeutes téléguidées. Ils pensaient « réformer » le pays en sacrifiant des enfants, ignorant superbement la sentence de Tocqueville qui disait que « le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui où il commence à se réformer ». Car l’Algérie de 88 n’avait pas besoin de réformes, mais d’un CHANGEMENT RADICAL de système.

Je tiens avant tout et à l’occasion de ce douloureux anniversaire, à m’incliner avec émotion et respect devant la mémoire de ces innocentes victimes juvéniles, sacrifiées sur l’autel de prétentions politiciennes criminelles.

En tant que chirurgien orthopédiste et militant des droits de la personne humaine, j’ai eu à vivre de très près ces tragiques événements. Outre les nombreux cas de tortures et de blessures par balles que nous avons eu à traiter, je fus particulièrement marqué par la sanglante répression bestiale qui s’est abattue sur les participants de la manifestation pacifique du 10 octobre 88 à Alger.

Ce jour-là, un confrère traumatologue de garde à l’hôpital Mustapha, débordé par l’afflux des blessés, m’appela pour lui prêter main forte. Je fus bouleversé par le spectacle désolant qui s’offrait à mes yeux. J’ai eu à opérer plus particulièrement deux patients, l’un de 19 ans, lycéen demeurant à Alger qui avait participé à la marche qui avait démarré du quartier de Belouizdad pour rejoindre Bab El Oued. Il fut fauché devant le siège de la direction nationale de la police (DGSN) par des tirs venant d’un blindé selon ses dires. Sa cuisse était réduite à une véritable bouillie cutanée, musculaire et osseuse. La peau et les muscles étaient totalement calcinés et son fémur totalement éclaté. Aucun traitement conservateur n’était possible devant cette importante perte de substance. Je fus contraint de pratiquer une amputation au niveau de la cuisse pour sauver ce jeune citoyen qui perdait énormément de sang. Le 2e patient était âgé de 32 ans, manœuvre, originaire de Jijel et travaillant dans un chantier de la capitale. Lui aussi fut grièvement blessé par balles lors de la même manifestation. Les importants dégâts provoqués au niveau de sa jambe m’amenèrent là aussi à pratiquer une amputation. Je me suis interrogé avec mon confrère de garde sur le type de balles utilisées, car nous n’avions retrouvé aucune trace des projectiles. Seulement des pertes importantes de substance, des brûlures et une bouillie osseuse. Alors que les jours précédents, nous avions eu à opérer des blessés par balles et on retrouvait toujours un orifice d’entrée, parfois de sortie de la balle sur le membre, quand cette balle ne se logeait pas dans le muscle ou l’os. J’avais conclu ce jour là que les balles utilisées n’étaient pas des balles conventionnelles. Il s’agissait bel et bien de balles explosives.

’autres confrères chirurgiens me rapportèrent les mêmes constatations. J’ai eu à relater ces cas à la presse internationale présente à l’époque à Alger et à quelques journalistes nationaux courageux qui venaient s’enquérir de la situation des blessés. J’apprendrais, suite à une enquête que j’avais réalisé avec une poignée de confrères au sein du Comité médical de lutte permanente contre la répression et la torture que nous avions créé après la tragédie d’octobre, que ce jour-là huit citoyens avaient subi des amputations dans les différents hôpitaux d’Alger suite à des blessures par ces balles ravageuses.

Je fus également bouleversé d’apprendre qu’un enfant de 11 ans fut froidement abattu d’une balle dans la tête et à bout portant par un policier en civil à Belfort, quartier d’El Harrach.

Je fus troublé en lisant le témoignage du père d’une victime demeurant à Annaba qu’avait mis à notre disposition Me Brahimi, président de la ligue officielle des droits de l’Homme de l’époque (LADH) et d’apprendre comment fut assassiné froidement son fils avant d’être jeté dans un dumper de la voierie municipale.

Tout comme j’ai eu à présenter à la délégation d’Amnesty International, un citoyen de Bab El Oued, atrocement torturé au commissariat central d’Alger et dont ses organes génitaux furent écrasés dans l’épreuve du tiroir, épreuve si chère à nos tortionnaires névrosés.

Ces crimes odieux contre l’Humanité seront graciés quelque temps plus tard sans que justice ne soit faite. Cette dernière sera par contre « sollicitée » de jour et de nuit pour condamner les jeunes manifestants victimes de cette criminelle manipulation.

Plus grave encore, ces crimes contre l’Humanité seront officiellement considérés comme des accidents du travail, indemnisables par…… la caisse nationale de sécurité sociale. Une tragi-comédie !

Quelles leçons doit-on tirer de ce drame annonciateur d’une autre tragédie ?

Je persiste à dire que la pseudo-ouverture démocratique de l’après-octobre 88 n’était qu’une supercherie. Je n’étais pas le seul à le penser et à l’exprimer. Notre frère Hocine Aït Ahmed, figure historique de la Révolution et de l’opposition s’interrogeait déjà le 24 octobre 88 : «S’agit-il d’un bluff démocratique destiné, en ravalant la façade, à donner au pouvoir un semblant de légitimité ? ».

Je commençais déjà à douter de cette parodie démocratique lors de la désignation du nouveau « gouvernement » dirigé par l’ancien chef de la sinistre police politique (!!!) et où l’ancien chef de l’Amicale (de surveillance et de contrôle) des Algériens en Europe, une branche de cette police politique, qui avait traité la crapuleuse manipulation de notre jeunesse de « chahut de gamins », était nommé « ministre » de l’information !!! Je partage entièrement le constat d’un courageux jeune compatriote journaliste qui disait en 2005 : « L’Algérie est sûrement le seul pays au monde qui pensait pouvoir passer de la dictature à la démocratie avec les mêmes acteurs, qui ne se sont même pas donné la peine de changer de costumes ». On voulait décréter une « démocratie » sans démocrates !

Alors que le pays avait besoin d’un changement en profondeur de son système politique, l’oligarchie militaro-financière, momentanément déstabilisée par ses propres turpitudes qui avaient dérapé, préféra un changement dans le système. Les luttes souterraines sourdes qui se poursuivaient après le séisme d’octobre, mirent fin rapidement à ce « gouvernement », pour le remplacer par un autre dit « réformateur », qui, ceci dit, était le moins mauvais qu’ait connu l’Algérie indépendante.

Mes appréhensions quant à cette vaste supercherie furent hélas confirmées par la fin de la récréation sifflée par le quarteron de putschistes en janvier 92. Un geste irresponsable et criminel qui allait plonger l’Algérie dans une mer de sang et de larmes.

En réalité et malgré les modifications de façade de l’époque, les véritables acteurs du système s’étaient arrangés, pour reprendre un auteur italien, « pour tout changer afin que rien ne change ».

La société, gonflée d’espoir et assoiffée de justice et de liberté, croyait sincèrement et naïvement au changement. Ce qui restait de la classe politique réprimée durant trois décennies et réduite à la clandestinité (FFS, MDA, PAGS, extrême gauche), n’avait pas de sérieuse assise populaire pour constituer une force et pouvoir jouer un quelconque rôle dans le changement. Elle fut contrainte de s’inscrire dans la stratégie du pouvoir intrigant et manœuvrier. Ces partis et d’autres furent « agréés » non pas en tant que partis mais sous la folklorique appellation « d’association à caractère politique ». Une fumisterie politique à l’Algérienne !

Autre caractéristique de la supercherie démocratique : des « partis » sans aucune consistance furent créés dans les laboratoires de la tristement célèbre sécurité militaire pour certains et dans le bureau du chef de cabinet de la Présidence pour d’autres. Certains avaient pour mission d’amuser le « ghachi » et de servir de vitrine au faux pluralisme, d’autres avaient pour mission de s’opposer à la véritable opposition. Autre fumisterie politique à l’Algérienne !

Nous connaitrons tous, les résultats de ces manipulations boulitiques malsaines des officines quelques années plus tard. Un mélange explosif qui ébranlera les fondements de la Nation algérienne.

Que reste-t-il au jour d’aujourd’hui des « acquis » d’octobre 88 (qui ne sont pas sans rappeler les fameux et fumeux « acquis » du socialisme) ?

Nous sommes toujours en présence d’un régime sans légitimité et d’un peuple sans souveraineté.

Le véritable pouvoir est toujours aux mains d’une oligarchie militaro-financière mafieuse sans foi ni loi. Tout le reste n’est qu’apparence et faux décor ou pour reprendre la dialectique populaire : ce n’est que khodra fawk A’acha.

La vie politique artificielle est « animée » par une kyrielle de « partis » décoratifs aux ordres de la police politique. Seul le FFS garde encore son autonomie mais reste affaibli par de nombreuses opérations de déstabilisation.

La ligue officielle des droits de l’homme (LADH) lâchée par le régime, car ne présentant plus aucun intérêt à ses yeux, est réduite à une vie végétative.

La ligue Algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), née dans la douleur en 85 et après un courageux combat contre l’Etat de non-droit, est actuellement éclatée en deux tendances et risque de ce fait, une dissolution par le pouvoir illégitime. Quelle aubaine !

Les institutions du pays du sommet à la base sont des institutions factices, sans aucune représentativité.

La presse est aux ordres, à quelques rares exceptions. On nous a fait croire au début de la pseudo-ouverture à une « aventure intellectuelle » qui s’avérera au fil des ans être une imposture pseudo-intellectuelle. Et là aussi, d’anciens responsables des BSP (bureaux de surveillance de la SM), purs produits du parti et de la pensée uniques se transformèrent en « patrons » de presse, exploitant d’honnêtes et brillants jeunes journalistes. Certains titres se mettront sous la coupe de l’action psychologique « des services » au lendemain du coup d’Etat, pour devenir une sorte de « Radio des mille collines », au service de l’éradication. D’autres se transformeront en brosses à reluire du palais d’El Mouradia. Les quelques titres qui voulaient garder leur autonomie seront précocement éliminés (La Nation, El Hourrya, El Oumma, L’opinion, El Hadeth…).

La justice est sous la dépendance totale de l’oligarchie et de sa police politique.

Le chômage endémique au sein de la jeunesse a atteint un taux alarmant et ce ne sont pas les faux chiffres officiels qui nous feront croire le contraire. Une jeunesse réduite à la délinquance, la harga ou à rejoindre les maquis.

La corruption est pratiquement institutionnalisée. Elle concerne aussi bien le planton d’administration que le plus « haut fonctionnaire » du régime. La « tchippa » est érigée en constante nationale.

La misère touche plusieurs millions de citoyens. Un pays aux richesses incommensurables où des dizaines de milliers de ses citoyens quémandent leur maigre pitance dans les poubelles !

L’économie trabendisée, largement dominée par les réseaux mafieux de l’import, est totalement dépendante des hydrocarbures. Une éventuelle baisse du prix du pétrole risque de constituer un véritable désastre au pays, comme en 86.

Cette inquiétante situation sociopolitique est aggravée par une opposition armée aveugle régulièrement alimentée par les victimes de l’oppression, de la misère et de la hogra.

Ce régime sourd aux appels des hommes politiques sages en vue d’un changement réel, aveugle devant les souffrances et la déliquescence de la société et muet devant l’appel de détresse d’un peuple meurtri, se complait dans un statu quo suicidaire.

Comme nous le voyons, tous les ingrédients d’une grave explosion populaire sont là sous nos yeux. La prochaine déflagration risque d’être, à Dieu ne Plaise, un véritable TSUNAMI populaire qui emportera non seulement ce régime gangrené mais tout le pays.

Je crois que le diagnostic a été amplement fait par de nombreux acteurs et observateurs de la vie politique nationale et depuis fort longtemps. Rien ne sert de s’y attarder.

Le temps est à la réflexion et à l’action quant aux voies et moyens de changer radicalement et pacifiquement le système politique.

Aveugle, sourd et muet, le régime persiste dans sa fuite en avant, ignorant, pour reprendre Burke « qu’un Etat qui n’a pas les moyens d’assurer des changements n’a pas non plus les moyens de sa propre conservation ». Ce régime est donc inéluctablement condamné à disparaître tôt ou tard. Il a atteint la phase terminale de son cycle naturel de vie.

Mais en face, qu’y a-t-il comme force alternative crédible ? RIEN. Un vide sidéral !

Devant la faillite de la classe dite politique et la trahison d’une grande partie des élites :

Doit-on rester les bras croisés et attendre l’arrivée d’un Mahdi ou de l’homme providentiel que les laboratoires de la police politique et de l’argent sale se chargeront de nous « dénicher » ?

Devons-nous attendre impassibles l’explosion populaire et ses dérapages inévitables qu’exploiteront inéluctablement des charlatans et des aventuriers politiques de tous bords pour nous plonger encore une fois dans d’autres ténèbres ?

Ou devons-nous nous rassembler et nous organiser, toutes tendances politiques confondues et sans exclusion aucune, autour d’un compromis politique historique, en vue d’un changement pacifique et radical afin de remettre notre pays sur les rails de la réconciliation véritable, de la paix et des libertés démocratiques et de construire ENSEMBLE un Etat de droit et une république de toutes et de tous ?

Devant la gravité de la situation, il est du devoir de toutes les volontés politiques et intellectuelles sincères de s’unir autour d’un minimum de valeurs et de principes communs, quelque soient leurs chapelles idéologiques et leurs appartenances politiques. L’urgence est d’œuvrer à un changement de système, en créant une véritable dynamique populaire guidée par une élite probe et engagée.

Il est clair que ce processus de changement souhaité ne peut réussir que s’il associe toutes les volontés et forces représentatives de la Nation et dans lequel tout citoyen se reconnait et se sent partie prenante.

Personne, ni galonné, ni zaïm politique, ni cheikh, ni intellectuel ne doit avoir la prétention de penser que le destin de l’Algérie est entre ses mains. Ce processus politique est l’affaire de toutes et de tous, de l’intérieur et de l’extérieur. Nos compatriotes exilé(e)s doivent être partie prenante de cette dynamique.

Nous devons tracer Ensemble une perspective d’avenir qui puisse redonner espoir à notre peuple. Un « rêve partagé » motivant notre jeunesse et créateur d’une dynamique, avec une vision saine d’une Algérie apaisée et prospère dans laquelle tous ses citoyens, sans exclusion ni discrimination vivront harmonieusement. Cette Algérie apaisée et prospère qu’on voudrait aussi léguer aux générations futures.

Nous appartenons à cette catégorie d’intellectuels et de politiques qui refuse les fausses solutions et encore moins, les honteuses compromissions. Devant la gravité de la situation, nous devons faire preuve de pédagogie et d’honnêteté envers notre peuple, longtemps trompé par les aventuriers de tous bords et prendre nos responsabilités devant notre Peuple et devant l’Histoire. Sans concessions ni complaisance, nous devons poser les véritables problèmes de fond et proposer des solutions réalistes d’une authentique sortie de crise et d’une dynamique populaire de changement. Je pense que nous avons tracé dans nos articles précédents sur le site Le Quotidien d’Algérie et sur le forum de la dignité et du changement, les grandes lignes de cette dynamique.

es frères et sœurs œuvrent depuis des mois à la rédaction du Manifeste de la dignité et du changement.

Nous demeurons convaincus que la solution à la crise nationale se trouve en Algérie, entre les mains des algériennes et algériens sincères et dignes qui se battent pour une Algérie de toutes et de tous sans exclusion, une Algérie de justice, de dignité et de liberté. Nous ne devons compter que sur nos propres forces. Et elles sont grandes si nous en prenons conscience.

Ensemble relevons ce défi d’initier cette dynamique de changement, intelligente, pacifique et réaliste.

Ensemble œuvrons à créer les conditions d’une vie digne dans une Algérie libre et prospère.

« Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».

Salah-Eddine Sidhoum
2 octobre 2008

Paru sur www.algeria-watch.org

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

A la mémoire de toutes les victimes du drame Algérien provoqué par l’inconscience des imposteurs.

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

Salah-Eddine Sidhoum   

A la mémoire de toutes les victimes du drame Algérien provoqué par l’inconscience des imposteurs.

Il y a 17 ans, le pouvoir illégitime d’Alger décidait de mettre fin aux balbutiements de la démocratie naissante en Algérie. Après avoir « octroyé »  une pseudo-ouverture démocratique et organisé elle-même des élections législatives, l’oligarchie militaro-financière décida, un certain 11 janvier 92, par la force des armes, de renverser les urnes et de bafouer la volonté populaire qui venait de légitimer les trois fronts (FIS, FFS et FLN) et de leur remettre les destinées du pays pour une durée de 5 ans.


Par ce geste criminel et irresponsable, le pouvoir allait plonger le pays et la Nation dans les abysses d’une mer de sang et de larmes. Par ce geste scélérat, il fermait la porte à une ère nouvelle : celle de l’alternance au pouvoir et de l’auto-construction politique démocratique, avec toutes les insuffisances que pouvait comporter cette dernière.

Au message du peuple par les urnes, lui signifiant sa retraite, le pouvoir illégitime répondra par la violence politique et la répression sauvage. Pour sauvegarder ses énormes et illicites privilèges, il n’hésitera pas à déclencher une véritable guerre contre une partie du peuple, avec la complicité toute aussi criminelle d’une certaine classe boulitique, préfabriquée dans les officines, d’une certaine « élite » intellectuelle de la « société servile », issue des mêmes laboratoires – en lieu et place de la véritable société civile marginalisée et terrorisée – et d’une certaine presse obséquieuse et mercenaire qui n’était pas sans nous rappeler la Radio des Mille collines rwandaise.

Cette violence sauvage du pouvoir entrainera une contre-violence aveugle d’une jeunesse sans présent ni avenir à qui il donnait l’occasion de libérer, tel un torrent en furie, ses frustrations et sa haine à la fois contre le régime et sa propre société.

Des « analystes » politiques et autres « intellectuels » de service seront mobilisés après ces élections législatives avortées pour nous expliquer, chiffres et pourcentages farfelus à l’appui et par des calculs d’épicier, que seule une infime partie du peuple avait voté et que ceux qui avaient voté …… ne représentaient pas le peuple ( ?!!). Une véritable tchektchouka politico-intellectuelle, dégoulinante de lâcheté et de larbinage. Nous n’entendrons pas ces pseudo-intellectuels et ces « analystes » lors des « élections » législatives de 1997 et de la fraude massive et criarde qui les entachèrent, « élections » qui porteront une monstruosité politique âgée d’à peine 3 mois au « pouvoir ». Tout comme nous n’entendrons pas cette même « élite » s’indigner des dernières « élections » législatives de mai 2007 où seulement 12% du corps électoral s’exprimait ! Personne n’avait fait appel alors aux blindés. La raison en était simple : ils ne répondent qu’à la VOIX DE LEURS MAITRES ! Et les intérêts illégitimes de leurs « maîtres » n’étaient pas en danger en 97 et 2007, comme ils l’étaient en décembre 91.

Ce qui se produira après l’acte irresponsable du 11 janvier 1992 dépassera tout entendement. Il est maintenant certain que durant la récréation pseudo-démocratique (88 – 91), l’oligarchie avait déjà concocté son plan de guerre contre ceux qui auraient l’impudence et l’imprudence de remettre en cause son illégitimité par la voie des urnes. C’est ce que les putschistes appelleront pompeusement et toute honte bue, le « plan d’action global ». Un plan de très «haut niveau », selon l’un des auteurs du pronunciamiento,  qui coûtera très cher au peuple et au pays. Il est vrai que « comme toujours, à la veille des grands drames, l’INCONSCIENCE domine ».

Nous nous lasserons jamais de rappeler le bilan humain effroyable de cette guerre cachée : Plus de 200 000 morts, près d’un million de blessés (dont des milliers d’handicapés à vie), près de 10 000 disparitions forcées, 30 000 torturés, plus de 50 000 prisonniers, 15 000 citoyens déportés dans des camps de concentration de l’extrême Sud, des dizaines de milliers de veuves et d’orphelins, plus de 500 000 exilés. Une véritable hécatombe !

De véritables crimes contre l’Humanité, imprescriptibles, que n’absoudra aucune charte d’autoamnistie et de fausse réconciliation aujourd’hui et demain, malgré tous les artifices politico-juridiques des criminels et de leurs protecteurs.

Un coup d’Etat  pour quels résultats ?

La démocratie a-t-elle été sauvée par les « janvièristes » ? Que non ! Pour la simple raison que cette démocratie n’avait jamais existé depuis 62 pour être défendue ou sauvée.

L’Algérie a-t-elle été sauvée de la « barbarie » dite islamiste ? Que non ! L’opposition armée aveugle, malgré la réduction de sa nuisance, persiste et continue d’être alimentée par la hogra institutionnalisée. Ses « kamikazes » continuent d’emporter des dizaines de victimes innocentes. Et notre Algérie entre dans sa 18e année de violences politiques.

Qui a souffert de cette barbarie programmée ?

Il est clair que c’est la population sans défense qui fut, toutes couches sociales confondues, la proie de cette violence inouïe de tous bords qui se déchaina sur le pays.

Ce sont les citoyens des quartiers populaires qui furent la cible de la vague de répression (arrestations arbitraires, déportations, disparitions forcées, tortures, exécutions sommaires).

Ce sont les citoyens des quartiers populaires qui seront les victimes des groupes armés se réclamant faussement de l’islam (policiers intègres, appelés du service militaire, fonctionnaires civils des services dits de sécurité, malheureux miliciens trompés par des seigneurs de guerre…).

Ce sont les citoyen(ne)s des quartiers populaires qui seront la cible des diaboliques manipulations criminelles (massacres collectifs, campagnes de viols….). A-t-on un jour attaqué les nouveaux quartiers de la lumpenbourgeoisie qui s’est enrichie en déplumant les Algériens ? Jamais !

Et ce sont les humbles intellectuels et politiques, issus des quartiers populaires qui seront les victimes d’attentats plus que suspects (Sebti, Djaout, Boucebci, Fathallah, Mekbel, Yefsah, Mahiou, Hachani, Hambli, Benboulaïd…). Et la liste est longue, très longue.

Ce sont aussi de valeureux, d’humbles et dignes officiers, enfants de l’Algérie profonde qui seront assassinés (lieutenant-colonel Redha Sari-Redouane, lieutenant-colonel Abdelillah Kara-Slimane, commandant Mourad, général Boutighane, colonel Meraou Djilali…….). Les sinistres GIA ont-ils attenté à la vie des tortionnaires et autres criminels de Haouch Ch’nou, Châteauneuf, Antar, Magenta ou Bellevue ? Jamais !

Ce sont les modestes outils de travail des ouvriers (usines publiques en faillite et misérables coopératives) qui seront détruits par les bombes des criminels privant des milliers de familles d’un modeste revenu et favorisant les barons mafieux de l’Import. Les usines de prête-noms de l’oligarchie ont-elles subi le moindre dégât ? Jamais !

Qui a profité de cette décennie de sang et de larmes ?

Il est indéniable que l’oligarchie militaro-financière reste la grande bénéficiaire de cette guerre sans nom. Aucun de ses membres n’a été touché par la violence politique. Aucun de ses biens n’a été touché par les groupes armés. Bien au contraire, ses affaires commerciales ont grandement prospéré. Cette guerre qu’on a voulu cacher au monde, tout en appauvrissant une très grande majorité de la population, a créé des centaines de nouveaux milliardaires, ceux que le « ghachi » auquel nous appartenons appelle à juste titre les Beggarines.

En rappelant ces faits, il ne faudrait surtout pas que certains de nos compatriotes pensent que les aiguilles de notre montre se sont arrêtées à cette période sombre de notre Histoire. Il est toujours utile de relire cette dernière car « quand on oublie l’Histoire, on risque de la voir se répéter ». Tout comme l’Histoire « n’est pas seulement des faits, mais les leçons que l’on tire ».

Quelles leçons tirer de notre drame national et de près d’un demi-siècle d’indépendance inachevée et de néo-colonisation indigène ?

Le régime illégitime a montré ses limites après 46 ans de pouvoir sans partage. L’échec du système politique mis en place depuis 1962 est patent et sur tous les plans. Ce système a disposé de l’Algérie comme d’un butin de guerre. Ses multiples « politiques » menées sans la participation du peuple n’ont abouti qu’à d’amères et terribles désillusions. Malgré son état de déliquescence avancée, le pouvoir haï et coupé des réalités refuse obstinément de partir. Il est prêt à tout pour se maintenir. Il n’a pas hésité à faire couler le sang de ses propres concitoyens pour sauver ses privilèges.

Tout comme le coup d’Etat de janvier 92 a clairement  montré qu’il n’était pas question pour le pouvoir  en place de se plier à la volonté et à la souveraineté populaires, que même la démocratie sélective et conditionnelle octroyée en 1988 n’était que supercherie et qu’en réalité on ne pouvait toucher aux fondements du système militaro-financier et à son exercice du pouvoir réel. Beaucoup d’observateurs  s’accordent maintenant à dire que la victoire du FIS ne fut qu’un alibi dans l’arrêt du processus d’autodétermination des algériens. La Constitution de 1989 était dotée de solides garde-fous que le président du pouvoir apparent de l’époque pouvait  actionner pour empêcher tout dérapage du parti majoritaire. La conviction de beaucoup de citoyens est que tout autre courant politique légitimé par la volonté populaire à travers le suffrage universel aurait subi le même sort. L’assassinat ignoble de Mohamed Boudiaf qui voulait prendre ses distances vis-à-vis de l’oligarchie qui l’avait ramené, est un autre exemple de la nature funeste et des intentions  crapuleuses de cette dernière.

Il serait malhonnête de dire que seule l’oligarchie militaro-financière est responsable de cette tragique situation. Honnie et vomie par une grande partie de la population, elle n’aurait jamais pu se maintenir au pouvoir après une telle faillite sanglante, sans la complicité d’une certaine classe boulitique et d’une certaine « élite » dite intellectuelle, celle de l’allégeance et de l’aplat-ventrisme.

La supercherie démocratique d’octobre 88 et le drame vécu après janvier 92 ont mis à nu, non seulement la nature réelle du régime et l’état de déliquescence de la société mais aussi l’absence d’une véritable classe politique et intellectuelle. Tout n’était qu’apparences, gesticulations, hurlements et duperies. Nous avons toujours dit et répété que l’Algérie n’était pas seulement malade de son régime mais aussi de ses élites.

Actuellement, les citoyens ne se reconnaissent plus dans les formations politiques préfabriquées,  les institutions factices et les administrations corrompues. Tous les canaux de l’expression libre et pacifique ont été obstrués. La violence et l’émeute sont devenues les seuls moyens de se faire entendre par notre jeunesse.

A cela s’ajoute l’avilissement d’une société qui a perdu tous ses repères et le profond délitement des valeurs de la Nation, valeurs qui avaient fait la force de nos parents lors de la résistance à la colonisation.

Les tensions de plus en plus exacerbées entre le système obsolète et arrogant et la société déréglée et poussée au désespoir par des décennies d’injustice et de mépris risquent de provoquer, à Dieu Ne Plaise, à n’importe quelque moment un véritable Tsunami populaire qui emportera non seulement ce régime moribond mais tout le pays.

Je crois, à mon humble avis que ce climat de soumission et de fatalisme que vit notre population dont une partie non négligeable baigne dans la misère, cette faillite d’une grande partie de nos élites et de la classe politique, le mépris de cette minorité de nouveaux riches au pouvoir se comportant en nouveaux colons, l’absence de représentativité réelle du peuple du fait du trucage des élections, n’est pas sans nous rappeler le climat qui régnait la veille du 1er novembre 54.

Doit-on rester impassibles devant la dramatique dégradation de la situation nationale  et ces graves dérives  qui mettent en jeu l’unité de la Nation ? Doit-on rester les bras croisés et attendre l’explosion ?

Est-il possible de remonter la pente, après pratiquement cinq décennies de gabegie, de corruption, d’absence d’Etat régulateur et  avec une société en décomposition et plongée dans une politique d’automutilation ?

Sommes-nous capables, de mettre de côté nos divergences artificiellement entretenues et nous entendre sur un ensemble de valeurs et de principes démocratiques, en vue de la construction de l’Etat de Droit dans une Algérie de toutes et de tous ?

Sommes-nous capables, de créer une véritable dynamique populaire en vue d’un changement du système politique, au vu des multiples écueils, de la démobilisation d’une société désabusée, démoralisée où l’individualisme et la « kfaza » sont érigés en vertus ?

Autant de questions que se posent légitimement beaucoup de nos compatriotes.

Il est temps que les volontés sincères intellectuelles et politiques assument leurs responsabilités. Le moment est venu d’engager le véritable combat politique pacifique ouvertement et courageusement. Et pour reprendre Vaclav Havel « les seuls combats qu’on risque de perdre sont ceux qu’on n’ose pas engager ». Il est plus que nécessaire de reconstruire une véritable opposition afin de mener le combat du changement.

La conférence de Genève de novembre 2008 a été un tout petit pas vers cette reconstruction. D’autres compatriotes œuvrent à l’intérieur, au rassemblement de toutes les volontés sincères autour de valeurs et de principes démocratiques acceptés et respectés par tous.

Je  crois qu’il est impératif de stopper cette logique d’autodestruction dans laquelle le régime a claustré la société.

Il est tout aussi impératif de briser le cercle vicieux dans lequel est enfermée l’Algérie depuis 1962, à savoir celui d’un peuple sans souveraineté et d’un pouvoir sans légitimité. L’ère des tuteurs en col blanc ou en képi est révolue. Il est temps de mettre un terme à ce régime usurpateur et dégénéré qui perdure maintenant depuis plus de quarante ans et de rendre la parole aux citoyennes et citoyens pour qu’ils puissent choisir souverainement et librement les institutions qui reflètent leurs réalités socioculturelles.

Unissons nos efforts toutes et tous ensemble, sans exclusion aucune, pour aboutir à un compromis politique historique en vue d’un changement pacifique et radical du système politique et de la construction d’un Etat de Droit.

Si nos parents, hier, ont libéré la patrie (El Watan) du joug de la colonisation française, il est de notre devoir aujourd’hui de libérer le citoyen (El Mouwatine) de cette néo-colonisation indigène et d’achever la réalisation des objectifs de notre mouvement de libération que sont l’instauration d’un Etat de Droit, le respect des libertés fondamentales et la construction du Maghreb. Hier, nos aînés se sont regroupés, toutes tendances confondues, au sein du Front de libération (Djabhat Etahrir) pour chasser l’occupant colonial. Aujourd’hui, nous devons nous regrouper, sans exclusion aucune, au sein d’un Front du changement (Djabhat Etaghyir) pour instaurer un Etat de Droit.

Nous n’avons pas le droit, en tant qu’intellectuels et politiques, de fuir nos responsabilités. L’Histoire, implacable, nous jugera sévèrement demain !

« Les volontés précaires se traduisent par des discours, les volontés fortes par des actes. »

Salah-Eddine Sidhoum
11 janvier 2009

source:hoggar.org

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

Le devoir de résistance

Posté par algeriedemocratie le 15 juillet 2009

Le devoir de résistance
Par Salah-Eddine Sidhoum

Lorsque le destin d’une nation est capté indûment par des usurpateurs, ceux-ci ne peuvent se maintenir à sa tête qu’en usant de procédés amoraux et corrupteurs. C’est une vérité immuable.
Ce pouvoir illégitime n’a d’autre choix, pour s’imposer au peuple, que de s’approprier tous les attributs de la légitimité, en les dénaturant, en en faisant des coquilles vides, des façades de pure forme qui n’ont d’autre finalité que de le servir, aux dépens de la Nation, et au risque d’altérer l’esprit même de cette dernière, sa cohésion, et les grands principes de justice et d’égalité devant la loi qui fondent son existence et sa destinée même.
Une telle situation ne peut qu’empirer. C’est une logique inexorable. De jour en jour, et quelles que soient les richesses naturelles du pays et quelque soient les discours triomphalistes et trompeurs du régime.
Nous avons pu mesurer cette logique dans toute son implacable réalité depuis que la flambée des prix des hydrocarbures ont permis à notre pays d’engranger des recettes inespérées. Toute cette richesse, qui aurait pu soulager la misère des plus démunis d’entre nous, et mettre en place des mécanismes rationnels de redressement économique, n’a eu d’autre effet que de décupler la voracité de l’oligarchie, et de servir à des plans pseudo économiques, improvisés et relativement exorbitants, qui n’auront d’autre résultat que ceux d’un cautère sur une jambe de bois.
Cet argent miraculeux, qui aurait pu servir à nous remettre sur la voie d’une gestion rationnelle et raisonnable du pays, puisque ces moyens colossaux étaient suffisants pour une réelle relance économique, a été utilisé, sans compter, pour faire de notre pays un immense bazar, une véritable Khourda où la consommation débridée et démagogique en soi, ne profite réellement qu’aux barons du régime.
Aujourd’hui, à la veille des « élections » présidentielles, dignes de l’ère stalinienne et qui se sont préparées dans l’orchestration folklorique que nous savons tous, et qui devraient faire honte aux barons de ce régime, si tant est qu’ils sont susceptibles de ressentir la moindre pudeur, nous assistons à un usage immodéré de l’argent du peuple, à des fins démagogiques et populistes, alors que l’essentiel de nos richesses est pillé par une minorité et ses réseaux mafieux. Nous observons que ce pouvoir illégitime, même s’il a mué autant de fois que cela lui fut nécessaire, est en passe de nous précipiter dans une situation dont nous ne pourrons plus nous tirer, pour peu que la conjoncture économique mondiale s’aggrave un tant soit peu. Il s’agit d’une véritable fuite en avant – suicidaire pour le pays – d’un régime en phase terminale.
Nous ne pouvons plus continuer à assister en spectateurs à notre propre déchéance, et à l’assassinat de notre Nation ! Nous n’en avons pas le droit. Ce serait un crime de non assistance à Nation en péril. Notre propre Nation. Celle pour laquelle nos aînés ont donné leur vie.
La résistance à la destruction de sa propre patrie est un devoir sacré.
Nul ne peut nous en dénier le droit.
Car l’Algérie n’est la propriété de personne, ni d’un quelconque clan. Elle est celle du peuple algérien, de tous les Algériens qui ont le devoir de la prémunir des périls.
Le moment est venu de cesser les palabres stériles et de nous enfoncer dans des zizanies paralysantes. Le moment est venu de poser les vrais problèmes et de trouver les véritables solutions.
Le pouvoir doit revenir au peuple, et au peuple seul. Sans manigances et sans récupérations sordides. Le fleuve détourné doit retrouver son lit ! Ce fleuve de la dignité qui a charrié le sang de tant des nôtres. Et seul un CHANGEMENT RADICAL ET PACIFIQUE du système politique permettra de régler définitivement la crise de LEGITIMITE DU POUVOIR qui perdure depuis 62.
Le moment d’une action politique est venu. Une action pacifique et éminemment politique. Nous userons de tous nos droits en tant que citoyens libres, pour voler au secours de notre patrie.
Une action qui s’imposera en alternative démocratique, qui devra fédérer toutes les forces vives de la nation, sans exclusion ni exclusive, loin de toute démagogie et de tout opportunisme.
Le devoir nous appelle !
Nous n’avons pas le droit d’hésiter et encore moins de démériter. Parce que force doit revenir au Droit et à la justice.
Pour une Algérie de toutes et de tous, de justice, de liberté et de démocratie, profondément ancrée dans ses valeurs et grandement ouverte sur l’Universel.
Qu’il me soit permis de faire miennes les paroles d’Abou El Kacem Echabbi :
« Si le peuple, un jour, aspire à la Vie,
Force est au destin d’y répondre,
Force est aux ténèbres de se retirer,
Et force est au joug de se briser… »
Que Dieu Guide nos pas !

Salah-Eddine Sidhoum
Alger

11 Dec 2007

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

Salah-Eddine Sidhoum répond à vos questions sur le blog *http://ffs1963.unblog.fr*

Posté par algeriedemocratie le 14 juillet 2009

Je tiens tout d’abord à remercier les responsables de ce blog et les organisateurs de ce forum qui m’ont fait l’insigne honneur de m’inviter à discuter avec mes très chers compatriotes de la situation politique de notre malheureux pays en proie à une très grave crise politique.

Je me réjouis après ces années de léthargie, de la multiplication depuis quelques temps de sites et blogs algériens libres et de l’intérêt que portent nos compatriotes à ces derniers. C’est un signe d’éveil des consciences qui ne trompe pas, malgré la politique diabolique d’anesthésie générale de la société. C’est le début In Cha Allah d’une véritable résurrection qui permettra d’abord aux Algériens de dialoguer sereinement dans un profond respect des différences, puis de se rassembler et s’organiser autour d’un compromis politique historique en vue d’un changement radical et pacifique de régime et de la remise du pouvoir aux représentants authentiques du peuple élus démocratiquement.

NB: les questions sont écrites en rouge

Arezki 15 octobre 2007

M. Sidhoum, j’ai lu dans ce blog que la LADDH est divisée en clans. Lequel des clans vous soutenez. Sinon, que pensez-vous des revirements de la LADDH et notamment de son président d’honneur Ali Yahia? Merci

Mon cher Arezki, ce qui se passe actuellement à la LADDH est lamentable et désolant.

J’écrivais le 8 octobre 2007 comme commentaire sur ce blog et suite à l’article : LADDH : la guerre des clans :

« C’est triste de voir des militants des droits de l’Homme théoriquement unis pour défendre la Dignité Humaine s’entre-déchirer sous les yeux amusés des criminels contre l’Humanité qui ont mis le pays à feu et à sang.
J’en appelle à la sagesse de tous les protagonistes de ce conflit d’un autre âge.
L’Algérie meurtrie a besoin aujourd’hui du rassemblement de tous ses enfants sincères pour venir à bout de ce régime criminel. »

La seule ligue des droits de l’Homme autonome qui est née au milieu des années 80 dans la douleur est en train, à Dieu ne Plaise, d’imploser. Tout cela est le fruit de sérieux dysfonctionnements qui ne datent pas d’aujourd’hui. Des militantes et militants de valeur dont mon ami le regretté Mahmoud Khelili, Rahimahou Allah, avaient depuis plusieurs années quitté cette structure en raison justement de ces dysfonctionnements. Je sais que de nombreux militants sincères sont outrés par ce qui se passe. L’un d’eux, membre du bureau directeur me disait dernièrement : « qu’on laisse les militants de base travailler. Qu’ils ne nous paralysent pas l’activité de la ligue. Leur conflit de za’ama (leadership) ne nous intéresse pas ».

Personnellement je n’ai jamais été membre de la ligue. J’ai toujours été un militant libre et indépendant. Tout comme je suis allergique au clanisme ravageur qui a fait tant de mal au pays. Donc je m’interdis de soutenir, mon cher Arezki, un quelconque « clan ». Ce n’est pas ma nature de soutenir des Algériens contre d’autres Algériens. Nous avons toujours tenté humblement de rassembler mais jamais de diviser. Abdenour Ali Yahia et Hocine Zahouane sont des amis pour lesquels j’ai beaucoup d’estime et de respect, mais je ne cache pas ma colère et ma révolte de les voir, à leur âge dans cette situation de lutte fratricide. J’en appelle encore une fois et avec insistance à la sagesse de tous les protagonistes afin de se réunir autour d’une table et de mettre à plat tous leurs problèmes pour permettre à la ligue, débarrassée des luttes intestines et des conflits de personnes, de redémarrer sur des bases saines au service des Droits de l’Homme.

Mouloud 15 octobre 2007-10-15

  1. M. Sidhoum, en Algérie l’ordre de droit est confronté a l’ordre de force, une telle situation conjuguée au marasme social génère inéluctablement une situation de conflit et de désespoir du fait que le pouvoir ne donne pas de signes réel de faiblesses, d’une part, d’autre part, les organisations sociopolitiques n’arrivent pas à renforcer leurs liens pour faire face à la stratégie de nihilisme et de dislocation sociale, mais aussi les partis et outres organisations (ceux qui sont avec le peuple) n’arrivent pas a maintenir l’osmose social-organisation politique, pour élargir le camps d’oppositions.

  2. Rejoindriez-vous l’initiative du trio Ait Ahmed-Mehri-Hamrouche?
    Pensez-vous qu’une telle initiative si elle ne s’arrête pas au stade des dires est porteuse d’espoir pour les jeune algérien en leur permettant de renouer avec le politique et le combat comme alternative à la peur handicapante, le désespoir qui est a son apogée, la morosité de laquelle naquit les fléaux sociaux les plus dévastateur, et le paroxysme qui a atteint ses limites

  3. Dans la nouvelle structure des Nation Unis a savoir le conseil des droits de l’Homme l’Algérie et d’autre pays qui violent systémiquement les droit de l’Homme sont accepté en qualité de membre, cela veut-il dire que cette organisation est vidée de sa substance vitale a savoir ses principes fondateurs?

  4. L’ Organisation International des Travailleur a accepté L’UGTA dans sont commando comme membre alors que le pouvoir algérien ne reconnaît que cette organisation et encore plus grave ce pouvoir interdit tout autre organisation syndicale ne connaissent-il pas la réalité algérienne?

  5. Chakib Khalil prendra la tête de l’OPEP, ultralibéraliste qu’il est et pro Américain, dans une conjoncture ou les Etat Unis d’Amérique envisagent de se déployer militairement dans les pays producteurs sous prétexte de lutte antiterroriste (Qui terrorise Qui) pour ainsi asseoir son hégémonie et faire face a une éventuelle dépendance chronique, en terme énergétique, des pays en voie de développement mais producteur de pétrole, exemple édifiant l’ouverture du capitale de Sonatrach et possession de 70% des réserve des gisement exploité PAR LES opérateur étranger (la maladie de boutef nous a permis de revenir au point de départ dieu merci mais que nous prépare les décideurs, d’autre plus pire que boutef?) Est-ce que cette “nomination” est une autre façon de nous dilapider nos richesses?

  6. Qu’est-il de la sensibilisation internationale sur la question des Droit de l’Homme en Algérie en tenant compte du prix du baril de pétrole.

    Je vous remercie vivement et ceux qu’ont organisé ce débat.

  1. Vous dites que le pouvoir ne donne pas de signes réels de faiblesse. Oui, en apparence. Mais en réalité il est miné par ses contradictions internes et ses luttes claniques souterraines. Malheureusement en face il y a un vide politique sidéral, ce qui lui donne l’apparence de force et de solidité. C’est pour cette raison que je répète toujours tel un leitmotiv que le régime n’est fort que de par notre faiblesse. Tôt ou tard ce régime s’effondrera de par ses propres contradictions. C’est une question de temps car il a atteint ses limites naturelles après avoir utilisé tous les stratagèmes criminels pour tenter de se pérenniser. Mais y-a-il au stade actuel une force politique réelle et une alternative crédible pour combler ce vide ? NON.

Pourquoi ce vide ? Le pouvoir n’a jamais voulu de forces politiques représentatives des différents courants qui traversent la société. Au lieu d’une représentation réelle, il a préféré une représentation factice, folklorique tant sur le plan politique que syndical. La police politique qui reste la colonne vertébrale du système a préfabriqué des partis-maison animés par des pantins, tout comme elle a apprivoisé le syndicat des travailleurs pour en faire à la fois un appareil de surveillance de ces derniers et un pompier des conflits sociaux. Et en parallèle, les syndicats autonomes sont réprimés et non « agréés » et le seul parti politique autonome qui reste sur le terrain, le FFS, est miné par des dissensions internes encouragées et amplifiées par les laboratoires de la police politique.

A cette action du régime s’ajoute un 2e facteur qui est celui de la trahison d’une grande partie des élites phagocytée par la politique de corruption. Ces « élites », hautaines, larbines et lâches qui traitent leur peuple de « ghachi » et de piétaille, ignorant par là même et dans leur orgueil démesuré qu’ils appartiennent à ce même peuple et qu’ils s’insultent eux-mêmes. Ils méprisent leur peuple mais se mettent au garde-à-vous pour ne pas dire se prostituent devant les ignares criminels au pouvoir. Quelle « grandeur » et quelle……… décadence !

Comment voulez-vous, mon cher Mouloud qu’il y ait osmose (comme vous le dites) politico-syndicale et une opposition efficiente avec un régime de kleptocrates criminels, une vie politique virtuelle et une société en voie de décomposition avancée ?

La vie boulitique algérienne actuelle se résume à 3 pôles : un pouvoir occulte et réel des « services », un pouvoir apparent de service et des satellites boulitico-syndicaux décoratifs. C’est cette donne que nous devons changer par notre combat politique. C’est pour cette raison que je dis que nous devons sortir de la stratégie du pouvoir et nous organiser en dehors des règles de ce système.

  1. Je n’ai pas encore vu d’initiative du trio précité. Il y a eu le communiqué de quelques lignes du 14 septembre 2007 où les trois personnalités ont exprimé leur affliction devant la détérioration de la situation sécuritaire, leur condamnation de la violence politique et leur disposition à contribuer à la recherche de solutions de sortie de crise. Peut-on appeler cela une initiative ?

« L’initiative » semble plutôt venir de certains organes de la presse privée qui reviennent à chaque fois à la charge.

Deux hypothèses viennent à l’esprit :

    1. L’initiative existe effectivement (au stade préparatoire) et des fuites ont eu lieu.

    2. L’initiative est sortie des laboratoires des services de l’action psychologique pour mettre en selle l’ancien chef du gouvernement, présenté dans certains cercles comme étant le candidat potentiel d’un clan du pouvoir à la Présidence en cas de défaillance de l’actuel locataire d’El Mouradia. Et les deux figures historiques de la Révolution Algérienne serviraient de caution à cette investiture à travers l’éventuelle « initiative » entrainant ainsi dans leur sillage, les sympathisants de ces deux personnalités historiques et les militants du plus vieux parti d’opposition.

    Rappelons-nous que c’est cette même presse « bien informée » qui avait distillé juste avant le 4e Congrès du FFS, la grossière information du remplacement de Hocine Aït Ahmed par l’ancien chef du gouvernement à la tête du parti !!!! Ces informations tendancieuses et répétitives qui consistent à coller le nom de ce dernier aux basques du FFS me paraissent plus que suspectes. L’avenir nous permettra de voir plus clair.

  1. Je crois que le Général De Gaulle avait bien décrit l’ONU en la qualifiant de « machin ». Elle a été mise en place par les vainqueurs de la 2e guerre mondiale et à un moment où de très nombreux pays étaient sous le joug colonial et n’avaient pas droit à la parole. Elle a été fondée par 51 états (dont 4 pays arabes et 03 pays africains), alors qu’actuellement il existe 195 pays reconnus. C’est une organisation devenue stérile et qui ne répond plus aux nouvelles exigences mondiales. Ses principes universels fondateurs ont été piétinés par certaines puissances et plus particulièrement par les Etats-Unis. Elle est devenue depuis la chute du Mur de Berlin un moyen de légalisation internationale de la politique expansionniste américaine. Elle a besoin d’une refonte totale.

Le pseudo-conseil des Droits de l’Homme est une vaste fumisterie. Un conseil des Droits de l’Homme où siègent des Etats qui bafouent les Droits de l’Homme ! Une insulte à la Dignité Humaine !

Tout un travail de concertation doit être fait par les Etats du Tiers-Monde pour imposer un Ordre International Juste basé sur les Principes Universels respectés par tous et une ONU efficiente, impartiale et adaptée aux nouveaux équilibres mondiaux. Mais cela ne peut être réalisé que lorsque ces pays se seront libérés des régimes illégitimes.

  1. La nature de ce régime totalitaire est ainsi. Toute vie politique ou syndicale réelle est verrouillée. Seuls les partis des officines et le syndicat-maison sont autorisés. Ces organisations internationales n’ignorent pas la réalité algérienne mais ferment les yeux, intérêts stratégiques des puissances obligent. Depuis fort longtemps, les valeurs éthiques universelles ont déserté ces structures. L’intérêt a pris le dessus sur la Morale. Et c’est ainsi que des organisations tiers-mondistes non représentatives sont acceptées en leur sein. N’avons-nous pas vu en 93 l’Union Parlementaire Internationale admettre en son sein les « députés » potiches du Conseil National Transitoire (CNT) créé de toutes pièces par les janvièristes factieux ? Donc il n’y a rien d’étonnant, mon cher Mouloud. Ces puissances et ces organisations appliquent la devise : « démocratie chez nous et intérêts chez eux ». Il ne sert à rien de se focaliser sur ces organisations internationales au service des stratégies des puissances expansionnistes et néocoloniales. Le plus important pour nous Algériens, c’est de susciter et de renforcer cette forte volonté de lutte pour changer les choses. Lutter pour un changement pacifique mettant fin à ce régime destructeur et permettre à nos concitoyens de s’autodéterminer librement et de choisir leurs représentants authentiques tant dans les structures syndicales que les institutions politiques locales et nationales. Les instances internationales et les puissances s’adapteront à la nouvelle réalité nationale pour peu que nous soyons sérieux et crédibles.

  1. Concernant l’individu qui prendra la présidence de l’OPEP et ses répercussions sur la politique énergétique du pays (si politique il y a), je vous renvoie à l’excellente analyse de notre compatriote Hocine Malti (ex-vice-président de la Sonatrach) : Les américains en Algérie: Pétrole, magouilles et terrorisme du 13 septembre 2007 publié par Algeria-Watch.

  1. Le travail de sensibilisation que réalise la poignée de militants algériens sur la question des Droits de l’Homme se fait vers l’opinion publique internationale et les ONG. Il ne faut pas se faire d’illusions sur le rôle des Etats occidentaux. Comme je vous l’ai dit précédemment leur devise est claire. Le baril de pétrole passe avant le respect de la dignité humaine. Et nous l’avons appris à nos dépends au cours des années de braise lorsque nos concitoyens de tous bords étaient assassinés par centaines chaque jour. Rappelez-vous de la fumisterie du Panel Onusien, du comportement indigne du sieur André Soulier qui présidait la commission adressée par l’Union Européenne, de l’interdiction de la diffusion d’un livre blanc sur la répression par Louis Debré à Paris……

Et là aussi, mes chers compatriotes, nous devons tirer les leçons de notre drame. C’est à nous de nous prendre en charge et de lutter pour l’instauration d’un Etat de Droit, respectueux de la dignité de ses concitoyens. Nous avons les volontés et les compétences tant intellectuelles que politiques pour réaliser cet objectif. Avec un peu de courage et beaucoup d’honnêteté nous y parviendrons In Cha Allah. Nous fermerons les portes à ces officines donneuses de leçons Outre-Méditerranée, très mal placées pour nous les donner d’ailleurs et qui font de la détresse de notre peuple un fonds de commerce. Et je sais, en tant que modeste militant des droits de la personne humaine qui a vécu les affres subis par son peuple, de quoi je parle.

C’est à moi à vous remercier.

Tayeb a dit:
15 octobre 2007 à 20:40

Docteur SIDHOUM.

J’ai l’honneur de m’adresser à une personnalité douée d’un courage exceptionnel, et je vous remercie pour votre travail qui mérite une grande considération. J’ai lu vos écrits, depuis de nombreuses années et je dois avouer que vos analyses sont très pertinentes et vous avez un esprit très vif et très lucide : Vous faites honneur aux Algériens et aux intellectuels.

J’aimerais cependant attirer votre attention que les Algériens qui veulent un changement pacifique , tournent en rond et mis à part les constats que tout le monde connait , il n’y a aucune solution en vue et le pourrissement actuel risque de nous conduire à une situation pire que celle vécue durant les 15 dernières années .
Quelle sont selon vous les modalités pratiques et techniques pour amorcer ce début de changement ?

Certaines personnalités parlent d’une conférence nationale, mais sera-t-elle efficace?
Messieurs Aït AHMED, MEHRI et HAMROUCHE ont rendu une déclaration (06 paragraphes) sur la nécessité de changement, pour l’instauration d’une seconde république, avec une constituante. Que pensez-vous de cette démarche ?

Si les décideurs décident de ne pas lâcher prise, que faut-il faire ? La solution viendra-t-elle de l’étranger ? Les Algériens accepteront-ils une ingérence étrangère ? Dans tous les pays du monde les sociétés bougent, sauf chez nous, il y’a comme une paralysie généralisée et un coma profond.
Docteur SIDHOUM, donnez-nous votre diagnostic !

Très fraternellement et bon courage.

———————–

Abdelkader DEHBI Date: 16 oct. 2007 13:12

Mon cher Si Salah-Eddine !

Je voudrais quant à moi, profiter de ce forum pour te demander quelles sont les voies et moyens que vous préconisez pour “fédérer” et coordonner l’action de toutes les oppositions – qu’il s’agisse de personnalités prises individuellement ou d’Associations – qui se proposent de lutter d’une manière efficiente pour abattre le régime politique illégitime et mafieux, criminel et corrompu qui règne sur notre pays depuis des décennies.

Ce forum, je souhaite qu’il puisse se transformer, l’espace de deux ou trois mois, en une sorte de “plate-forme rédactionnelle” chargée de recueillir et de collationner fidèlement, les nombreuses informations et propositions qui ne manqueront pas de se faire connaître, de la part de milliers patriotes intellectuels, qui bouillonnent intérieurement, mais qui n’en peuvent mais, devant l’étendue des trahisons morales et de l’incompétence d’un pouvoir foncièrement corrompu qui a mis le pays en coupe réglée, pour son propre compte, comme pour celui de ses suppôts, intérieurs et extérieurs.

Une telle “plate-forme rédactionnelle” pourrait ainsi faire une synthèse loyale des propositions les plus pertinentes qui pourraient servir à l’élaboration d’un Texte de référence qui doit énumérer sans ambiguïté: les principes au nom desquels les patriotes s’engagent à lutter contre ce régime, ainsi que les moyens auxquels les patriotes se proposent de recourir pour l’abattre.

Cette lutte doit tirer toute sa légitimité de la justesse de nos principes, de la non-violence de nos moyens de lutte et du caractère criminel, corrompu et antinational du pouvoir en place.

Voilà cher Si Salah-Eddine, ma première réaction. Amicalement vôtre. Abdelkader DEHBI.

J’ai volontairement joint le message du frère Tayeb et l’e-mail de Si Abdelkader Dehbi car ils traitent pratiquement de la même question. Cela m’évitera de me répéter et de fatiguer nos cher (e)s lectrices et lecteurs.

En réponse à mon cher compatriote Tayeb que je remercie pour ses encouragements, je dirais qu’effectivement nous tournons en rond et nous continuerons à tourner en rond tant qu’on n’aura pas vaincu cette peur inculquée depuis des décennies par la police politique de ce régime honni et tant que les véritables élites intellectuelles et politiques n’auront pas pris leurs responsabilité en cette phase critique que traverse le pays, pour guider le processus pacifique de changement radical de régime et la transition vers une République démocratique et sociale dans le cadre de nos valeurs civilisationnelles, cette AMANA que nous ont laissé les Hommes Libres de novembre 54 et que les imposteurs d’Oujda et de Ghardimaou et une multitude de bravaches ont honteusement trahi dès l’indépendance acquise.

Jusqu’à quand allons-nous continuer à avoir peur de cette sinistre police politique, de ces « Dieux de l’Algérie » et de ces « Messies » psychopathes qui ont transformé l’Algérie en une MAZRA’A privée ?

Et je suis d’accord avec vous quand vous dites que « le pourrissement actuel risque de nous conduire à une situation pire que celle vécue durant les 15 dernières années ». A Dieu ne Plaise, la prochaine explosion risque d’être un véritable tsunami populaire qui emportera tout le pays. Le régime n’a pas tiré un seul iota de leçon du drame que nous avons vécu (et qui perdure malheureusement). La hogra a repris de plus belle, la corruption s’est institutionnalisée, la misère devient criarde et les valeurs morales ont déserté la société. Tous les ingrédients d’une explosion populaire sont là. Et cette fois-ci ni les chars ni les « nindjas », ni les escadrons de la mort ni les milices n’arrêteront la colère de ce peuple écrasé par plus de quatre décennies d’injustices. Le pays risque d’être réduit en cendres. Un véritable suicide collectif.

Essayons donc tous ensemble d’éviter ce scénario catastrophe qui risque de devenir réalité. Notre DEVOIR est d’œuvrer au rassemblement (sans exclure quiconque) de toutes les volontés intellectuelles et politiques réelles, sincères qui sont nombreuses, contrairement à ce que l’on pense mais qui ont été disloquées, éparpillées, marginalisées ou exilées par la politique de division du régime durant plusieurs décennies.

Ces volontés doivent se réunir autour d’une table et mettre à plat tous les différents qui les ont divisés parfois artificiellement. C’est ce que j’ai appelé la Moussaraha.

Il est temps que certains frères du courant islamique comprennent que la démocratie est seulement un système de gestion pacifique de la société. Elle ne peut en aucun cas être en contradiction avec nos convictions religieuses. C’est, pour reprendre Churchill, le « moins mauvais des systèmes » utilisés et rien d’autre.

Il est temps que nos frères du courant laïc admettent la place de l’Islam dans la société et dans la vie politique nationale. Cela ne signifie en aucun cas l’instauration d’un Etat théocratique. Ignorer la place et la force de notre religion dans notre société, c’est ignorer les réalités socioculturelles de notre propre Nation. En appelant le 1er novembre 54 à l’instauration d’un Etat démocratique et social dans le cadre des principes islamiques, Ben Boulaïd, Didouche, Ben M’hidi et leurs compagnons, appelaient-ils à l’instauration d’un Etat théocratique ? Etaient-ils des « intégristes » ? Que non ! Ils étaient seulement en harmonie avec les aspirations et les convictions profondes de leur peuple. Nos parents qui avaient pris les armes contre les hordes coloniales et qui se sont proclamés « moudjahidines » étaient-ils (pour reprendre la phraséologie actuelle de quelques intellectuels déracinés atteints du syndrome de la « colonisabilité ») des extrémistes et des fanatiques religieux? J’ouvre une parenthèse pour dire que je suis attristé de voir certains de nos hommes politiques et intellectuels, citant la proclamation du 1er novembre 54 l’amputer du « cadre des principes islamiques ». Ont-ils honte des valeurs civilisationnelles de leur peuple ou est-ce, à leurs yeux, politiquement incorrect vis-à-vis des occidentaux de citer ces principes ? Ces derniers ont-ils honte de se référer à leurs valeurs chrétiennes ? Les israéliens ont-ils honte de se référer à leurs valeurs judaïques ?

Il est temps aussi de régler définitivement la question de la culture nationale tamazight, opprimée depuis l’indépendance. Nul courant et nulle région n’ont le monopole de cette culture nationale millénaire. Elle appartient à toutes et à tous. Nous devons « libérer » cette culture à la fois de l’oppression du pouvoir et de l’extrémisme de la minorité berbériste et de la faire sortir de l’isolement dans laquelle elle a été confinée depuis des décennies. Laissons la société et les hommes de culture la prendre en charge librement sans interférences politiciennes douteuses. Cela coupera l’herbe sous les pieds des aventuriers politiques qui l’utilisent comme fond de commerce et du régime qui l’exploite et la manipule pour diviser les Algériens. Cette culture millénaire, tout comme l’Islam et l’Arabité, est un facteur d’Unité et non de division.

Il est temps aussi que le rôle de l’institution militaire soit définitivement clarifié.

Son instrumentalisation lors du Coup d’Etat de 92 par la poignée d’officiers factieux a été une erreur monumentale qui a provoqué une profonde césure entre elle et le peuple.

Jusqu’à quand les intérêts de notre armée nationale, institution de la République et de la Nation continueront-ils à se confondre avec les intérêts mercantiles d’une poignée de factieux ? Jusqu’à quand nos enfants continueront-ils à servir de boucliers à l’oligarchie militaro-financière pour préserver ses privilèges ?

Il est du DEVOIR des officiers probes et ils constituent la majorité, de participer avec toutes les volontés patriotiques à la résolution de la grave crise qui secoue les fondements de notre Nation. Il y va de leur honneur et du destin de l’Algérie.

Cette institution devra être comme toutes les institutions de notre futur Etat démocratique et social, une institution de la Nation Algérienne avec des prérogatives claires qui sont celles de toutes les Nations civilisées. L’institution militaire n’est tenue de servir ni une oligarchie, ni un clan mais l’Algérie, Etat et Nation, dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles. Elle doit cesser d’être instrumentalisée à des fins claniques et d’être la source du pouvoir.

Et dans ce cadre, nous devons mettre fin à cette sinistre police politique au dessus des lois militaires et civiles et qui échappe au contrôle du politique. Jusqu’à quand les services de la police politique continueront-ils à régenter le peuple par la terreur et la manipulation et au nom du prétexte fallacieux de la défense des intérêts supérieurs de la Nation ?

Voila grosso- modo les grands sujets qui nous ont divisés et que nous devons résoudre sereinement dans le cadre de la MOUSSARAHA pour aboutir enfin à cette paix des cœurs et à la véritable MOUSSALAHA entre Algériens après que ce régime illégitime et criminel de par ses intrigues et ses manipulations nous a poussés dans le gouffre d’une guerre fratricide avec la complicité d’extrémistes de tous bords et après nous avoir enfermé durant des décennies dans un champs de divisions (kabyles contre arabes, arabophones contre francophones, islamistes contre gauchistes, nationalistes contre sociaux-démocrates, l’est contre l’ouest, « laïcs » contre « intégristes »…..).

A partir de là et je rejoins mon Ami Si Abdelkader Dehbi, nous devons sortir avec ce qu’il appelle un « texte de référence » et que j’appellerais « MANIFESTE de la DIGNITE et du CHANGEMENT » qui sera un véritable COMPROMIS POLITIQUE HISTORIQUE mettant en exergue les principes fondamentaux de l’Etat de Droit, acceptés et respectés par tous :

  • Le respect et la promotion des droits de la personne humaine.

  • Le respect des Valeurs civilisationnelles de la Nation Algérienne.

  • Le respect de la souveraineté populaire, le peuple étant la seule source de pouvoir et de légitimité.

  • Le respect des libertés individuelles et collectives.

  • L’alternance au pouvoir à travers le suffrage universel.

  • Le respect et la promotion de nos cultures nationales.

Il constituera l’ACTE FONDATEUR de la vaste dynamique populaire du changement radical et pacifique de régime.

Pour ce qui est de la question sur l’initiative des trois personnalités, j’y ai répondu dans le 2e message du frère Mouloud.

Il est clair que ce régime ne lâchera prise que lorsque la pression populaire pacifique le contraindra. Mais il essayera de fomenter les troubles et de manipuler sa base d’opportunistes et de khobzistes. Il n’hésitera pas, si le peuple ne répond pas à ses provocations, à déclencher un conflit armé avec nos frères marocains en remuant la question du Sahara occidental.

Mais quelque soit la situation, nous devons toujours agir pacifiquement et intelligemment, sans répondre aux provocations et aux manipulations. Avec le recul et la triste et sanglante expérience vécue, les Algériens ont appris à ne pas se tromper de cible. Cette dernière est claire : le régime illégitime et criminel. Le but est aussi clair : L’instauration d’un Etat de Droit.

Je suis contre toute ingérence étrangère. Tout le monde sait que je ne suis pas un abonné des ambassades américaine et française à Alger comme le sont certains « hommes politiques ». La crise politique nationale ne sera résolue qu’en Algérie et par les Algériens. La seule chose que nous demandons à ces puissances « tutélaires » auprès desquelles le régime d’Alger quémande la légitimité en contrepartie du bradage de nos richesses nationales c’est de lui ôter leur soutien diplomatique et rien d’autre.

Entièrement d’accord avec Si Abdelkader Dehbi pour ses propositions.

Fraternelles et respectueuses salutations à tous deux.

_________________________________________________________________________________________

ayaniw a dit:

15 octobre 2007 à 22:43

M. Sidhoum est ce que les instances dirigeantes des droits humaines étrangères prennent elles en considération vos rapports? Sinon, qu’elles sont les mesures de sanction que risquent les décideurs algériens par rapport à vos rapports établis à ces instances. Merci.

Les rapports que nous avons rédigé durant les années de sang et de larmes et que nous continuons à rédiger sont destinés, certes à la commission des droits de l’Homme de l’ONU, aux organisations non gouvernementales des droits de l’homme et à l’opinion publique nationale et internationale mais serviront surtout comme documents de base à la future Commission Vérité et Justice que l’Etat Algérien démocratique et social de demain instaurera pour lever le voile sur les crimes contre l’Humanité commis par tous les protagonistes de ce drame contre notre peuple. C’est un véritable travail de mémoire que nous essayons de réaliser. Mais encore une fois nous ne devons compter que sur nous-mêmes car il ne faut pas se faire d’illusions sur un éventuel TPI. Nous savons tous sur quelles bases ont été créés les différents TPI à travers le monde, pour quelles raisons et sur injonction de quelles puissances. L’Algérie ne figure pas actuellement sur l’agenda de ces puissances en raison de l’Eldorado saharien que leur offre le régime algérien. Réalisons ce qu’ont fait nos amis Sud-Africains et réglons nos problèmes entre nous, sereinement mais fermement pour éviter d’autres tragédies.

Il ne faudrait pas cependant que ce régime se fasse d’illusions en pensant se protéger par des « chartes », des lois d’auto-amnistie et des cures d’amnésie générale à travers des référendums truqués. Les dictatures chilienne et argentine ont utilisé les mêmes méthodes pour se prémunir de poursuites et s’autoamnistier, mais en vain. Les régimes démocratiques instaurés après la chute de Pinochet et de Videla ont rouvert les dossiers et les authentiques représentants des peuples de ces deux pays ont déclaré caducs ces lois iniques protégeant les criminels. Le régime d’Alger, ses « juristes » et ses droit-de-l’hommistes de service ne sont pas sans ignorer que ces crimes sont IMPRESCRIPTIBLES. L’heure arrivera inéluctablement. Soyons patients.

Mais encore une fois, vérité et justice ne signifient pas vengeance. Les Algériens sont en droit de savoir ce qui s’est réellement passé et qui a fait quoi. Les commanditaires et exécutants de tous bords doivent être identifiés publiquement et la justice impartiale libérée du joug de la police politique aura à juger ces crimes en son âme et conscience. Ce n’est qu’après cette étape fondamentale de vérité et de justice que les futurs responsables du pays et représentants du peuple, issus du suffrage universel libre, auront à décider d’une éventuelle amnistie pour tourner définitivement cette page sale de notre histoire contemporaine.

_______________________________________________________________________________________

A.S a dit:
15 octobre 2007 à 23:44

Salaam aleykum,

Partagez-vous la même impression que nous autres : Le régime vit ses dernières semaines et ses appuis a l’étranger a Paris ou ailleurs sont ébranlés par des luttes intestines ? Ou comme d’autres pensez vous que le régime tirera son baroud d’honneur en déclenchant une quatrième guerre d’Algerie ?

Depuis le mois de mars 2007, les clans (les pays devrions nous dire, France USA, UK) se battent à nouveau sur la place d’Alger, mais plusieurs signes visibles donnent des signes contradictoires si l’on analyse au niveau de la grille de lecture locale ?

Quel est votre décryptage de la situation ?

Avec tout le respect que l’on vous doit mon frère.

Barak Allah fik pour votre réponse.

A.S

Oua Alaykum Essalam

Je ne sais si le régime vit ses dernières semaines ou mois mais ce qui est sûr c’est qu’il est à la phase terminale de son cycle de vie. Il est miné par des luttes intestines et claniques et par ses contradictions internes qui s’exacerbent au fil du temps. Il est vrai que jusqu’à maintenant, les différents clans retrouvaient vite leur « unité » quand le « koursi » de leur système était ébranlé. Mais dès qu’il est stabilisé par des deals internes douteux, ces clans reprennent, comme des bêtes sauvages, le dépeçage de leur proie qu’est notre malheureuse Algérie et le partage du butin. Mais cela ne va pas durer.

Il est certain que les puissances étrangères et plus particulièrement la France et les Etats Unis participent à cette braderie de nos richesses du Sahara. Ils ont une stratégie nationale et une politique énergétique à défendre et ils ont trouvé des ressources à moindre coût. C’est de bonne guerre. Notre régime n’a de stratégie que celle de survivre quitte à brader le pays. Faute d’avoir une légitimité de ses concitoyens, il la cherche chez les reliques coloniales de la France officielle ou chez l’administration américaine. Et ces derniers profitent de cette faiblesse du régime politique algérien et de son illégitimité pour faire main basse sur le pétrole et le gaz. Je vous invite encore une fois à lire la brillante analyse de notre compatriote Hocine Malti (ex-vice président de la Sonatrach) intitulée : Les américains en Algérie : pétrole, magouilles et terrorisme, publiée par Algeria-Watch le 13 octobre 2007. Des luttes internes à mort pour renforcer leurs positions claniques au détriment du pays. Yukharibouna buyutahum bi aydihim. Effarant !

Comment voulez-vous, mon cher A.S qu’un pays avec un peuple sans souveraineté et un régime sans légitimité puisse être respecté sur le plan international ? Il n’y a que certains plumitifs et thuriféraires pour nous font croire que l’Algérie a repris sa place dans « le concert des Nations ». Quelle blague ! Un pays ne peut être respecté à l’extérieur que s’il est fort et soudé à l’intérieur. Et les analystes occidentaux ne sont pas des crétins congénitaux pour croire à cette propagande éculée.

Fraternellement.

________________________________________________________________________________________

belaid a dit:
16 octobre 2007 à 9:04

La police politique est forte, elle a de l’argent et même beaucoup .Pensez vous qu’un jour elle sera dissoute ?
Elle gouverne depuis le temps du GPRA (MALG) à ce jour et même bien plus tard.
Saha aid ek une seconde fois.

Aïdek Moubarak oua kulu ‘Am oua anta bikheir,

Dans tous les pays totalitaires, la police politique constitue la colonne vertébrale du régime politique. En Algérie, elle a, comparativement aux anciennes polices politiques des pays de l’Est, des prérogatives plus larges.

Sur le plan répressif, elle surveille le citoyen, l’empêche de s’organiser et de s’exprimer. Elle a droit de vie ou de mort sur lui.

Sur le plan politique, elle désigne le Président de la République, les ministres, les « hauts fonctionnaires » des ministères, de la « justice », des universités, les « députés », les directeurs de banque……..Elle désigne même les correspondants en Algérie des chaînes satellitaires !

Elle « prépare » les élections à l’Algérienne (à la Naegelen) et grâce à ses brillants « mathématiciens » elle calcule avec une précision déconcertante les quotas de strapontins des différents partis factices dans les institutions locales et à la chambre d’enregistrement nationale bien avant le déroulement du scrutin.

Elle infiltre les partis, les syndicats, les associations et ….. les maquis.

Elle repère dans les amphis des universités de potentiels « agents honorables » parmi certains étudiants « affamés » pour en faire demain des mercenaires politiques et des « personnalités » chargées des sales besognes.

Elle organise périodiquement (tous les cinq ans) des « carnavals fi dechra » (appelés pompeusement ELECTIONS) et fait sortir ses troubadours politiques pour amuser « el ghachi ». Elle organise à l’occasion d’évènements conjoncturels des « marches spontanées » pour soutenir le régime.

Vous voyez mon cher Belaïd que son champ d’action est vaste, très vaste.

Mais cette police politique disparaitra inéluctablement avec l’instauration d’un Etat de Droit comme cela s’est passé avec les sinistres Securitate roumaine, Dina chilienne, Stasi allemande, etc.…..

Mais d’ici là……..

Respectueuses salutations.

————————————————————————————————————————————————-

dalia a dit:
16 octobre 2007 à 10:45

Salamou allahi alayka cher compatriote et militant des droits de l’homme,
je vous encourage pour ce que vous faites et le combat que vous menez. J’ai une simple question pourquoi on parle de la crise économique (problèmes socio-économiques) alors que le prix de baril est a 70 dollar ou sont passes nos richesses ? Et pourquoi ce passage brutal à une économie de marché (capitalisme sauvage) sans qu’il y a une préparation ou bien la crise politique est un pont pour cette mutation socio-économique ?
Allah maak et bon courage.

Une algérienne soucieuse de l’avenir de ce beau pays.
d.n

Oua Alayki Essalam,

Merci pour vos encouragements. J’en suis très touché.

La rente pétrolière et les réserves de change qui frôlent les 100 milliards de dollars sont là pour masquer la faillite économique et tenter de tromper l’opinion. Nous n’avons malheureusement ni économie ni stratégie économique. Il suffit que le baril de pétrole chute pour que notre « économie » s’asphyxie. Tout le monde se rappelle, après le socialisme folklorique de Boukharouba et le libéralisme hybride de Bendjedid, qu’il a suffit de la chute brutale du prix du baril en 86, pour que les Algériens découvrent que l’économie algérienne était une vaste fumisterie, perfusée par le pétrole. Le même scénario se répète actuellement. Notre économie n’a aucune capacité productive. Elle dépend des hydrocarbures et de la …météo. Le pétrole qui devait être une source de développement s’est transformé en rente servant à nourrir et à acheter la paix sociale d’un côté et de l’autre à engraisser une oligarchie insatiable. Cette vaste gabegie érigée en mode de gestion économique, aggravée par un ultralibéralisme sauvage de ces dernières années, s’est traduite par la montée inexorable de la misère avec tous les fléaux sociaux qui en découlent. Et ce n’est ni la manipulation des chiffres par les « économistes » de service, ni les indices macro-économiques ni les satisfécits béats de la banque mondiale et du FMI qui démentiront la triste réalité.

Nous n’avons pas d’économie de marché (au sens universel du terme) mais une économie de souk (au sens tribal du terme) entre les mains de trabendistes mafieux issus du pouvoir occulte qui se sont partagé les monopoles des différents secteurs commerciaux. Cette économie de souk se réduit à l’importation de toute la « khourda » du monde par des importateurs sans foi ni loi. N’avons-nous pas vu des trabendistes importer du fer à béton irradié d’Ukraine, des médicaments périmés et des aliments avariés. Le dernier exemple en est la pomme de terre initialement destinée aux porcs …… importée du Canada pour notre « ghachi » à l’occasion du mois sacré du Ramadhan et exemptée de TVA !!! Et certains de ces trabendistes à l’image de Khalifa et d’autres ont été promus managers de l’année.

Vous avez raison de parler de capitalisme sauvage et il est vrai aussi que durant la décennie de la terreur, des lois économiques scélérates ont été promulguées et de très nombreuses fortunes se sont constituées à l’ombre de cette économie de souk et de la lutte « antiterroriste ». L’ex-père de « l’industrie industrialisante » (qui fut berné dans les années 70 par De Bernis) reconnait lui-même que sous son « règne » de chef du gouvernement en 93, des « hommes d’affaires » avaient pompé dans les caisses des banques algériennes en toute impunité.

—————————————————————————————————————————————-

Tazmalt-mounadhiloun bila aounwan a dit:

16 octobre 2007 à 14:59

M. Sidhoum;

Saha aidek

1. croyez-vous que le temps de “HADA AL ALAM GHIR ETHAOURA DEZ EL GOUDAM POUR ASSURER LE VERITABLE CHANGEMENT EN ALGERIE, EST VRAIMENT DEPASSE ????

2. croyez vous que Mr Mouloud Hamrouche peut oublier et se soustraire des reflexes du parapluie et adopté le rôle des ailes de la colombe comme deuxième nature????

Merci pour vos vœux. Aïd El fitr Moubarak oua kulu ‘Am oua anta bikheir, In Cha Allah.

  1. Il est vrai que si cette situation politique perdure nous allons, à Dieu ne Plaise, vers un tsunami populaire qui n’emportera pas seulement le régime mais tout le pays. Je pense en avoir déjà parlé plus haut en réponse à un compatriote. Mais je ne pense pas que la violence soit la solution pour venir à bout de cette kleptocratie criminelle. Nous avons vu ce que la violence politique des années 90 a donné. Une tragédie difficile à effacer de nos mémoires et de celles de nos enfants. La jeunesse du courant islamiste s’est faite piégée par les janvièristes factieux. Ces derniers avaient préparé depuis fort longtemps leur PLAN GLOBAL D’ACTION pour sauver leurs privilèges au cas où le peuple voterait mal. Et nous avons vu le résultat. Ils sont passés maîtres en matière de violence. Ce régime est né dans la violence. En 1962 il avait lâché les bataillons de l’armée des frontières cantonnés dans les régions d’Oujda et de Ghardimaou pour massacrer ce qui restait de notre glorieuse armée de libération nationale et prendre la capitale. 2000 moudjahidines et civils sont morts sous les balles de ces bravaches qui n’avaient pas, durant la guerre de libération, tiré une seule balle contre l’armée coloniale.

    Il s’est développé et à grandi dans la violence (complément de coup d’Etat de juin 65 : des dizaines de morts à Annaba, manipulation du 5 octobre 88 : 600 enfants et adolescents fauchés à la mitrailleuse, la guerre contre les civils de 92 à nos jours : plus de 200 000 morts, événements de Kabylie en 2001 : plus de 100 morts).

    Un ami me disait dernièrement : « ce régime est né dans la violence, il a grandi dans la violence et va périr dans la violence ». Sincèrement je ne le souhaite pas. N’ayant aucun scrupule, il risque d’entraîner avec lui une grande partie de la population.

    Donc mon cher « militant sans adresse »…..de Tazmalt, évacuons la violence comme moyen de changement. Nous désarmerons ce régime violent par la volonté et l’intelligence politique. Et je crois que le boycott du 17 mai 2007 en a été un exemple éloquent. Et ce n’est qu’un début.

  1. Pour ce qui est de votre 2e question, je crois à ma connaissance que notre pays n’est pas stérile en matière de compétences politiques. L’Algérie qui a enfanté Ben M’Hidi, Abane, Ben Boulaïd, Didouche, Malek Bennabi et Mouloud Mameri peut également enfanter de véritables Hommes d’Etat qui n’ont rien à voir avec les Pantins de la Boulitique qui ont défilé depuis l’indépendance et qui ont mené le pays vers la faillite sanglante. L’Algérie de demain a besoin, quitte à me répéter de sang frais et de visages nouveaux. On ne peut pas faire du neuf avec du vieux. Notre pays n’a point besoin de Messies ou de Sauveurs tombés du ciel mais de tous ses enfants sincères.

—————————————————————————————————————————————-

—From : Utilisateur1 <YAZ5@wanadoo.fr>
Date: 12 sept. 2007 18:49
Subject: bsr
To:
elmouhtarem2007@gmail.com

g pas de questions juste du respect pour ce gars

Merci mon cher frère. Le respect est réciproque.

______________________________________________________________________________________

Moukawim a dit:

17 octobre 2007 à 12:45

Salam Wa Rahma,

Merci et bravo pour ce site intéressant et surtout qui donne la parole, chose si rare dans notre contrée. Je salut le Docteur Sidhoum et me permet de lui demander ; En ces temps de’ repli militant dû essentiellement aux très dures conditions d’actions politiques, comment devrait on faire pour mobiliser la population à ces droits SURTOUT quant le Monde regarde plus vert les champs de pétrole que vers les conditions de Vie des populations issus du Sud de notre planète ? Merci de me répondre, de nous répondre sans langue de bois AUCUNE.
Encore bravo et bon vent au site et a tous les militants des Droits Humains.

Ai-je l’habitude, mon cher Moukawim d’utiliser la langue de bois dans mes interventions ?

Ce que vous appelez le repli militant ne date pas d’aujourd’hui. La formidable mobilisation populaire qu’il y a eu après la diabolique et tragique manipulation d’octobre 88 a été mal exploitée par les partis politiques, tous les partis politiques. Ces derniers se sont inscrits dans la stratégie du régime dont l’ouverture dite démocratique n’était qu’une supercherie pour gagner du temps et stabiliser ses assises ébranlées par les dissensions claniques et le dérapage de la manipulation de cette jeunesse qui leur avait échappé. Les querelles de chapelles interpartisanes ont grandement affaibli l’opposition qui s’est présentée divisée face à ce pouvoir. Les islamistes ont monopolisé l’Islam, les sociaux-démocrates la démocratie, le FLN le nationalisme. Puis est survenu l’acte irréfléchi de janvier 92 qui a mis un terme à la récréation pseudo-démocratique avec le désastre humain qui s’en est suivi, entrainant une démobilisation de la population, dont le seul souci est le retour de la paix et rien d’autre. Tout le monde s’est trompé de cible faisant le jeu du régime. Des erreurs monumentales ont été faites. Et toute la classe dite politique est responsable de ce fiasco. Tous doivent avoir le courage de faire aujourd’hui et avec le recul leur autocritique, voire pour certains, leur mea-culpa. Il n’est pas facile aujourd’hui de remobiliser les foules terrorisées par les années sanglantes et qui ont perdu confiance en cette classe politique factice. Mais avec un peu de courage et beaucoup d’honnêteté et d’abnégation, nous pourrons arrêter cette hémorragie et redonner confiance à notre jeunesse réduite à prendre le maquis, à se faire exploser ou se jeter dans les flots de la Méditerranée.

D’où le rôle des véritables élites intellectuelles et politiques de prendre leurs responsabilités pour créer une dynamique politique qui puisse donner espoir à ce peuple désemparé et le remobiliser. Pour cela il faut du sang frais et des visages nouveaux. Des femmes et des hommes sincères prêt (e)s à servir et non se servir avec la même ardeur et le même patriotisme que ceux de nos aînés de novembre 54 afin de libérer pacifiquement la Nation de cette colonisation indigène et œuvrer à la reconstruction du pays.

Pour les grands axes de cette dynamique, je pense en avoir esquissé les grandes lignes lors de mes réponses à nos frères Tayeb et Abdelkader Dehbi.

Merci pour vos mots d’encouragements.

________________________________________________________________________________

Tiga Malek

Date: 18 oct. 2007 08:39

Assalam Aleikoum Mr Sidhoum,

1) Avez vous entendu parler du mouvement Rachad? Et qu’est ce que vous pensez de ce mouvement?

2) Les droits de l’homme et la justice sont le socle et la base d’une nation saine et fraternelle, pourquoi d’après vous tous ces “Oulémas”, “imams”, “vizirs” des pays arabes, pour rester dans le contexte de l’Islam, ne dénoncent pas les milliers de prisonniers torturés et martyrisés dans tous les geôles et les sous sols de ces “dictatures musulmanes” en signalant au passage qu’Abou Ghraieb est un paradis à côté de toutes ces prisons arabes.

Et dés que des gens révoltés s’opposent contre cet état de fait, ce sont ces “oulémas” et “imams” à un des exceptions prés qui montent au créneau comme des chiens enragés pour traiter de “terros”, “d’égarés de la OUMA”,de “barbares” ces jeunes, alors que tous les préceptes de l’Islam soulignent et insistent sur la dignité le respect et la protection de l’individu, et le meilleur exemple est illustré par notre prophète (PPSL) qui a reproché à un bédouin le mauvais traitement infligé à un chameau (il lui donnait pas assez à manger et le faisais travailler bcp) sans parler de ces positions par rapport à la dignité de l’Homme?

3) Quel est selon vous la meilleure méthode dans le contexte actuelle de s’opposer à la destruction et le bradage par une bande d’assassins (DRS/Généraux et affairistes) de l’Algerie?

Avec mes salutations les meilleurs.

 

Malek

Oua Alaykum essalam, cher Malek

  1. Oui je connais le mouvement Rachad et la majorité de ses membres fondateurs qui sont d’authentiques patriotes, exilés par la médiocrité et la terreur. Tout comme j’ai lu leur plate-forme politique cohérente et réaliste. Trois critiques cependant à mes frères de Rachad qui connaissent ma franchise :

    • D’abord la constitution du mouvement à partir de l’étranger. Il aurait fallu le créer au cœur du pays avec la participation de nos compatriotes exilés. L’expérience a montré que tous les mouvements d’opposition des pays arabes créés à l’étranger (Syrie, Irak, Tunisie….) n’ont jamais pu assurer ce travail de mobilisation dans les profondeurs populaires.

    • Il aurait fallu s’ouvrir à des personnalités d’horizons différents et à d’autres courants politiques.

    • Cette notion de BONNE GOUVERNANCE utilisée pour désigner leur mouvement. Ce terme représente à mes yeux un concept postcolonial imposé plus particulièrement par la France officielle pour permettre aux dictatures de ses ex-colonies africaines de se pérenniser sous des apparences de bonne gestion.

Ceci dit, le mouvement peut et doit participer avec les autres forces politiques internes à cette dynamique politique pour un changement radical et pacifique.

  1. Ces « Oulémas » de service sont en réalité des OUMALA du régime ou ce qu’on appelle « Oulémas elbalat ». Ils ont fait beaucoup de mal à l’Islam et à nos pays. De véritables « chaouchs » utilisés par les pouvoirs arabes dans le cadre de la politique d’instrumentalisation de l’Islam car notre religion a toujours été utilisée par ces pouvoirs comme un instrument pour manipuler les foules et jamais comme un substrat à leur politique pour servir de manière équitable et juste leurs peuples. Ces « chaouchs » ont vendu leur dignité et leur honneur pour servir les Maîtres illégitimes. Et nous avons de nombreux exemples en Algérie et dans les pays arabes. De parfaits Mounafiquines ! L’exemple le plus éloquent est le sieur Tantaoui d’El Azhar. L’autre exemple que je garde toujours à l’esprit est celui d’El Bouti, ce ‘Alem syrien qui était intervenu à la télévision algérienne quelques jours après la signature du Contrat de Rome en 1995. Il avait vilipendé des personnalités politiques algériennes de la stature d’un Abdelhamid Mehri et d’un Aït Ahmed pour avoir signé ce Contrat « sous l’hospice des……chrétiens » ! Quelle insanité de la part d’un dit ‘Alem qui ignore tout des réalités politiques algériennes et qui accepte d’être corrompu par les services de l’action psychologique du régime.

Le système a laminé les véritables compétences religieuses de la trempe de Mohamed El Bachir El Ibrahimi, d’Abdelatif Soltani, d’Omar Larbaoui ou d’Ahmed Sahnoun qui avaient su dire NON, au prix de leur liberté, aux dérives post-indépendance de Ben Bella et Boukharouba et de dire une parole de vérité à un gouvernant injuste.

C’est pour cela qu’il faudrait réfléchir dès maintenant et pour notre Etat de demain, à une instance religieuse indépendante constituée de véritables Oulémas compétents et à la conscience libre qui aura à se prononcer sur toutes les questions religieuses qui se posent à la Nation pour mettre fin à ce larbinage religieux mais aussi aux aventuriers qui s’érigent en Oulémas et Muphtis et qui nous importent des théories qui n’ont rien avoir avec notre rite.

  1. Pour ce qui est de votre 3e question je pense avoir répondu déjà plus haut à d’autres compatriotes, car c’est une question qui revient souvent chez nos compatriotes : Que faire ?

Fraternelles salutations.

_________________________________________________________________________________

SLIMANE HAMOUCHE a dit:

18 octobre 2007 à 8:23

Désolé docteur,

Mais les droits de l’homme ne sont que des palabres de salon!

Jamais les droits de l’homme ne sont venus à bout : d’une dictature ni d’une junte encore moins d’un dictateur fut-il le plus sanguinaire!

Les exemples foisonnent : Chili, Nicaragua, Bolivie, Afrique du Sud, Algérie, Lybie, Maroc, Somalie, Palestine….
C’est les peuples qui font et défont leurs destins: Des Peuples mûrs et mobilisés, pas des affamés ou des calculateurs en quête de survie ou d’intéressements!

Mon cher Slimane, vous tenez exactement le même langage que certains dirigeants et militants du FIS qui nous disaient en 90 et 91 que les droits de l’Homme c’était de la « foutaise ». Mais cela ne les a pas empêchés, lorsqu’ils ont été sauvagement torturés dans les commissariats et les centres de la police politique par la suite et que leur dignité ait été bafouée, de nous adresser des lettres et des témoignages décrivant les horribles persécutions subies et nous demander d’intervenir auprès des ONG et d’alerter l’opinion publique internationale.

Pour information, le mouvement initié dans les années 70 en Tchécoslovaquie par Vaclav Havel et ses compagnons connu sous le nom de « charte 77 » était à ses débuts un mouvement de défense des droits de l’Homme avant de se transformer en un vaste mouvement politique qui a assuré la transition pacifique vers un régime démocratique et que le monde connait sous l’appellation de « révolution de velours ».

C’est le combat des militants des droits de l’Homme, des familles de victimes de la répression en Argentine et plus particulièrement des mères de disparus qui a permis l’incarcération de Videla, Massena et autres criminels de la junte, même si cela s’est passé plusieurs années après leurs crimes.

C’est le combat des militants des droits de l’Homme et des familles de victimes de la dictature chilienne qui a permis l’inculpation du sinistre Pinochet et qui ne fut sauvé de la condamnation que par sa défaillance cardiaque. Et le combat de ces militants et des familles de victimes continue pour juger ses proches collaborateurs auteurs des crimes contre l’Humanité.

Défendre et préserver la dignité humaine, dénoncer ses atteintes par les régimes totalitaires est un DEVOIR.

Et selon ma modeste conception de l’action politique, la préservation et la défense des droits de la personne doivent être des axes essentiels du programme de tout homme politique digne qu’il soit au pouvoir ou dans l’opposition.

Dans les pays développés et démocratiques, l’Etat se charge de cette question et respecte la dignité et les droits de l’Homme et ces pays n’ont pratiquement pas besoin de militants de droits de l’Homme.

Dans les pays sous-développés sous le joug de la dictature, les régimes (faute d’Etat) bafouent la dignité humaine et c’est le rôle des défenseurs des droits de l’Homme de dénoncer (au prix de leur liberté et parfois de leur vie) ces atteintes.

Œuvrons tous à l’instauration d’un Etat de Droit et cette question des atteintes aux droits de l’Homme se réglera d’elle-même.

Je suis d’accord cependant avec vous quand vous dites, dans le dernier paragraphe de votre message que ce sont les peuples qui font et défont leurs destins. J’ajoute seulement une précision si vous me le permettez, ces peuples doivent être guidés par leurs élites (les véritables élites). Et quand les élites se débinent, ce sont les aventuriers et les charlatans qui s’en chargent pour plonger leurs peuples dans les ténébres. Et je pense pouvoir dans les messages suivants développer le tragique problème des élites dans notre pays.

Fraternelles salutations.

__________________________________________________________________________________

Idir a dit:
18 octobre 2007 à 15:08

Bonjour Doc

Je vous tire chapeau pour votre courage et votre abnégation.
Je crois que vous étiez membre du Mouvement El Oumma initié par un grand Monsieur le regretté BEN KHEDDA avec l’aide de plusieurs amis nationalistes tel que KIOUANE, LAHOUAL, KADDACHE,et autres..
Pouvez-vous nous relater votre expérience aux côtés de ces hommes illustres clairvoyants? et la tentative de faire la jonction entre les nationalistes honnêtes et les jeunes du mouvement islamique. Je crois que tous le monde a eu peur de la réussite de ce mouvement aussi bien les militaro trabendistes du pouvoir que les émirs du trabendos du mouvement islamiste.

Bon courage

Mon cher Idir,

Oui, effectivement j’ai eu l’honneur de faire partie, et dès sa création, du mouvement El Oumma dirigé par mon Ami, le Président Benyoucef Benkhedda, Rahimahou Allah, une figure historique de la Révolution Algérienne et très proche collaborateur du regretté Abane Ramdane lors de l’unification des rangs de la résistance sous la bannière du FLN et de la préparation du Congrès de la Soummam. Je connaissais Cheikh Benyoucef depuis 1984. C’était un homme pieux, d’une grande sagesse et d’une grande modestie et que certains politicards fascistes et déracinés avaient traité « d’intégriste ». Une insulte à l’Histoire ! L’Algérie indépendante n’a pas pu profiter de son expérience, tout comme de celle de nombreux patriotes marginalisés ou exilés, hélas par les bravaches qui avaient confisqué notre indépendance.

Au niveau du mouvement El Oumma, il y avait aussi des personnalités de valeur comme Ahmed Bouda, Hocine Lahouel, Mahfoud Kaddache, Zahir Ihaddadène, Tahar Gaïd, Abderrahmane Benhamida…. Des personnalités probes qui faisaient honneur à l’Algérie. Il y avait aussi de jeunes militants sincères, universitaires, pleins de volonté et d’ardeur qui voulaient se frotter à ces figures historiques et participer à ce vent de changement.

Mon expérience avec El Oumma n’a pas duré longtemps, à peine une année. De jeunes agitateurs ignares, disciples des imams-DRS d’Appreval et de Belcourt et qui avaient rejoint le mouvement, s’amusaient à douter de l’islamité de certaines personnalités du mouvement et à porter atteinte à leur dignité. Ils furent les principaux responsables de la paralysie d’El Oumma. Tout le monde se rappelait de cette époque où de petits délinquants reconvertis jouaient aux muphtis. Devant cette ambiance inquisitoire et les hésitations du Président Benkhedda à trancher, des personnalités comme Kaddache, Ihaddadène, Gaïd et Benhamida décidèrent de se retirer sur la pointe des pieds et sans tapage. Lahouel et Bouda gelèrent leurs activités. Quelques semaines plus tard je décidais de me retirer à mon tour et reprendre mon indépendance. D’autres universitaires quittèrent le mouvement par la suite. J’ai gardé des contacts fraternels avec Cheikh Benyoucef jusqu’à l’année 94, date de mon passage à la clandestinité. En 1993, il m’avait appelé pour me présenter le journaliste anglais Robert Fisk et son épouse qui préparaient un article sur la répression en Algérie après le Coup d’Etat et à qui j’avais présenté un jeune citoyen de mon quartier torturé au sinistre centre de Châteauneuf.

Effectivement, comme vous le dites, ce fut une expérience qui aurait pu réussir à l’image de la démocratie chrétienne en Europe, car ce mouvement regroupait des islamo-nationalistes démocrates intègres. Mais hélas, l’immaturité politique de certains et leur agitation stérile ont fait capoter l’expérience. Un véritable gâchis !

Ayons le courage et l’intelligence de faire notre autocritique et de tirer les leçons de nos erreurs pour ne pas les répéter.

Fraternellement.

____________________________________________________________

saadia a dit:

20 octobre 2007 à 8:54

essalamou alaykoum

Une question que me tourmente toujours, vu le nombre important des élites qu’a produit l’Algérie sont des spectateurs de cette pièce théâtrale. Ne pensez-vous pas cher docteur, que les élites tant intellectuelles que politiques ont, une part de responsabilité dans cette situation dramatique du pays et plus particulièrement après l’arrêt du processus démocratique? Merci et bon courage dans ton combat.

J’ai toujours dit que notre pays n’était pas seulement malade de son régime politique criminel et corrompu mais aussi de ses élites lâches. Une grande partie des intellectuels et des politiques a eu un comportement odieux durant les moments tragiques qu’a connu notre pays.

Certains d’entre eux ont traité ce peuple de gueux, de piétaille ou de « ghachi ». D’autres ont proposé un collège électoral pour empêcher justement ces « gueux » de voter.

Ils se sont abrités derrière les blindés qui ont renversé les urnes et confisqué la volonté populaire un certain janvier 92. Ils ont cautionné la répression sauvage qui s’est abattue sur une partie de la population et ont servi de commandos médiatiques en France plus particulièrement, pour désinformer l’opinion publique sur les réalités du drame national.

Nous avons vu des « opposants » circuler en voitures blindées et loger au « club des lapins » au même titre que les criminels qui ont mis le pays à feu et à sang. C’est ce qu’on appelle Djazaïr El ‘Adjaïb.

Ces intellectuels et politiques se réclamaient tous de la démocratie mais peu la pratiquaient ce qui m’avait amené à dire lors d’une conférence, qu’en Algérie il y avait beaucoup de démocrates non pratiquants et peu de démocrates pratiquants.

Cette tragédie nous a permis de constater aussi qu’en place et lieu d’une véritable société civile, les officines nous ont préfabriqué une « société servile » corvéable et malléable à merci.

Une poignée de directeurs de journaux privés autoproclamés « indépendants » et une minorité de « journalistes » se sont mis au service du département de l’action psychologique de la police politique, se transformant en véritables mercenaires de la plume. Certains lançaient de véritables appels au meurtre contre des citoyens et que les escadrons de la mort se chargeaient de cueillir et d’éliminer quelques temps après. Je parle en connaissance de cause car j’ai été personnellement victime de cette odieuse machination. Je connais de nombreux cas qui n’ont pas eu cette chance d’échapper à la mort et qui ont été exécutés sommairement ou portés « disparus » après des articles délateurs de cette presse. Dieu merci la majorité des jeunes journalistes est restée digne et n’a pas participé à cette œuvre criminelle. Quelques journalistes trompés par la propagande des « services » ont eu le courage et l’honnêteté de se ressaisir, de reconnaitre leurs erreurs par la suite et de faire leur mea-culpa. C’est tout à leur honneur. Quand aux plumitifs des basses œuvres, ils ont été grassement récompensés. Allez voir sur quelles fortunes roule cette poignée de directeurs de journaux privés qui s’étaient mis au service des généraux factieux ?

Mais en réalité cette trahison remonte à longtemps, aux premières années de l’indépendance. Les tragiques événements survenus depuis 92 n’ont fait que rendre les choses plus voyantes et criardes.

N’avons-nous pas vu des universitaires, hauts cadres, prostituer leurs épouses et leurs filles dans des orgies de la nomenklatura pour obtenir une promotion sociale ? La décence ne nous permet pas de nous étaler sur cette pratique. N’avons-nous pas vu un « professeur » en médecine se faire coopter dans les années 80 par un proxénète faisant fonction de directeur central à la présidence de la République pour accéder au poste de chef de service ? Les exemples sont nombreux et connus de tous.

Autre exemple du trabendo et du larbinage intellectuels. Bientôt, apparaitrons sur les écrans de notre « Yatima-TV » certains « professeurs » et autres « constitutionnalistes » de service de notre malheureuse faculté de Droit pour nous expliquer les bienfaits de la révision constitutionnelle (si révision il y a) et de la ‘Ouhda Ethalitha (3e mandat) pour renforcer la démocratie de notre Mazra’a algérienne. Triste et lamentable intelligentsia au service des ignares au pouvoir !

Certains compatriotes disent souvent que le peuple n’a que les élites et les dirigeants qu’il mérite. Je ne partage pas leur point de vue. Ce n’est pas du populisme ou de la démagogie que d’inverser l’équation et de dire que notre malheureux peuple est à l’image de ses élites et de ses dirigeants.

Que les élites véritables prennent leurs responsabilités et qu’ils participent au changement de régime pour mettre les compétences et l’intelligence au pouvoir et vous verrez ce dont est capable ce peuple !

Voilà, chère sœur, ma modeste réponse à la question qui vous (et nous) tourmente.

Respectueusement.

______Boukhalfa a dit:

16 octobre 2007 à 19:46

Salut docteur

Gloire à vous et à votre courage.

Que dieu le tout puissant puisse vous aider dans votre grande tâche.
Ma question est la suivante: vue la situation que traverse le pays depuis l’arrêt du processus électoral les partis politiques tournent en rang autour d’un noyau inébranlable pour le moment, qu’est le pouvoir dictateur. Pensez-vous que cette boulitique (mot cher à Malek Bennabi) disparaitra et fera place à une vraie alternative démocratique qui pourra sortir le pays de ce marasme?

Peut-on continuer à espérer que “les prochains votes” seraient fatals pour ce pouvoir?

Peut-on rêver un jour d’une véritable séparation de pouvoir?

Merci de tout mon cœur

Un militant de l’EX-FIS

Toutes mes excuses d’abord à notre frère Boukhalfa pour avoir omis d’envoyer par inadvertance les réponses à ses questions.

Cette politique factice (la BOULITIQUE) pratiquée par un pouvoir occulte mais réel qui manipule les marionnettes du pouvoir apparent et les partis décoratifs disparaîtra lorsque les véritables élites nationales décideront de se rassembler autour d’un minimum de principes et de valeurs, à prendre leurs responsabilités pour libérer le pays de cette oligarchie criminelle et corrompue et à servir l’Etat démocratique et social de demain, ancré dans ses valeurs culturelles et ouvert sur l’universel. La solution ne viendra ni de l’étranger ni d’un Messie venu du ciel. La solution est entre nos mains et arrêtons d’être fatalistes. Les élites militaires, intellectuelles et politiques mauritaniennes nous ont donné une leçon de lucidité politique et de démocratie. Sommes-nous incapables de faire ce qu’ont fait pacifiquement et courageusement nos frères mauritaniens ?

C’est la mobilisation de toutes et de tous autour de principes démocratiques et leur volonté de changement pacifique qui sera fatale au pouvoir. L’abstention massive aux « carnavals fi dechra » (élections) n’est qu’un moyen parmi tant d’autres de lutter pacifiquement et intelligemment contre ce pouvoir.

La séparation des pouvoirs viendra avec l’instauration de l’Etat de Droit.

Fraternellement.

_____________________________________________________

En conclusion

Mes chers compatriotes,

Notre Algérie meurtrie va entrer dans quelques mois dans sa 17e année de violences politiques avec son bilan provisoire effroyable de plus de 200 000 morts.

Ce régime criminel responsable de cette faillite sanglante refuse l’alternative démocratique et la légitimité populaire et préfère pour sa survie la fuite en avant et une alternance clanique suicidaires pour notre patrie.

Le drame que vit encore notre pays doit susciter en nous, politiques et intellectuels un véritable examen de conscience.

Sommes-nous condamnés à subir cette dramatique et misérable situation quarante cinq ans après que nos parents aient chèrement arraché une indépendance vite confisquée ?

La situation est grave et la Nation est au bord d’un suicide collectif.

J’en appelle :

Aux citoyennes et citoyens,

Nous devons cesser de subir dans notre propre pays pour devenir les acteurs de notre propre histoire et les maîtres de notre destin. L’Algérie appartient à toutes les Algériennes et à tous les Algériens sans exclusion ni exclusive. Nous avons le devoir, en tant que citoyennes et citoyens libres, de la libérer de cette horde de destructeurs. Aucune barrière infranchissable ne sépare les Algériens entre eux malgré les discours haineux de tous bords servis à profusion par les sirènes de la division et de la discorde.

Le très fort taux d’abstention à la dernière consultation électorale, malgré la manipulation des chiffres, traduit la prise de conscience des Algériens et de leur refus de continuer à s’inscrire dans la stratégie du pouvoir qui fabrique des pantins politiques et des institutions factices qui ne représentent pas la société.

J’en appelle au cœur et à la raison de toutes et de tous pour s’unir et œuvrer ensemble, sans exclusion aucune et dans la sérénité, à éteindre les flammes de la haine et de la rancœur, afin d’atteindre les rivages de la paix et de la véritable réconciliation nationale. Mobilisons-nous et puisons dans nos ressources patriotiques afin de contribuer, chacun avec ses moyens, à la résolution de la crise qui ébranle notre pays et qui passe inéluctablement par un changement radical et pacifique de régime.

Aux intellectuels et Oulémas,

Il devient une nécessité impérieuse à tous les intellectuels et Oulémas, sans exclusion, d’apprendre à se respecter, se parler et à s’accepter les uns les autres, avec leurs différences idéologiques et politiques. Les stratégies de division et d’asservissement du pouvoir ont provoqué assez de ravages dans nos rangs avec les dramatiques résultats que tout le monde connaît.

Nous devons contribuer à la construction d’une société d’ouverture et de tolérance, libérée notamment du joug de la violence politique et des injustices. Nous devons nous impliquer pleinement pour l’avènement d’une société qui gère les conflits d’intérêt par les seuls moyens de la politique. Nous avons une immense responsabilité historique dans cette cruciale phase de rétablissement du dialogue entre Algériens.

Nous devons œuvrer aux côtés des forces politiques, au rassemblement de toutes les volontés nationales sincères, à la conclusion du compromis historique et à la réussite de la phase de transition qui jetteront les bases d’une Algérie fraternelle, réconciliée avec elle-même, et de son Etat démocratique et social dans le cadre de ses valeurs civilisationnelles.

Aux politiques

Le jeu de substitution des forces politiques réelles par des forces préfabriquées dans les laboratoires de l’intrigue et de la manipulation s’est avéré un lamentable fiasco.

L’Histoire nous a enseigné encore une fois, et le drame national que nous vivons en est un exemple, que toute solution qui n’emprunte pas le chemin du dialogue et de la concertation et qui ne s’appuie pas sur la volonté populaire est vaine.

La véritable classe politique a subit, consciemment ou inconsciemment et à ses dépens, les conséquences des stratégies de violence, de division et d’intrigues utilisées comme moyens de régulation de la vie politique, ce qui a abouti à sa dévaluation aux yeux de notre opinion. Nationalistes, islamistes, sociaux-démocrates et autres courants sont appelés à s’accepter mutuellement. Et pour cela, l’instauration d’un dialogue respectueux de tous les courants politiques est fondamentale.

Il est impératif de sortir du champ politique artificiel, fécondé in vitro, pour entrer dans le champ politique authentique, qui reflète les réalités nationales et qui tienne compte des forces politiques véritables ancrées dans la société et imprégnées de ses valeurs culturelles.

Il est tout aussi impératif de briser la stratégie du pouvoir qui consiste à imposer les termes et les limites du débat et se projeter vers un changement radical et pacifique de système.

La lourde tâche de réconciliation, de changement de régime et de reconstruction du pays ne peut être assumée par un seul parti ou courant politique, quel que soit son ancrage. C’est une lourde responsabilité qui incombe à toutes les forces politiques et intellectuelles réelles et sincères réunies autour d’un minimum de principes et de valeurs.

Œuvrons ensemble à ce rassemblement de toutes et de tous dans le cadre d’un FORUM de la DIGNITE et du CHANGEMENT.

Mes chers compatriotes,

Avec beaucoup d’exigence morale et intellectuelle et un peu de courage politique, faisons, tous ensemble que cette tragédie puisse se transformer en une véritable résurrection d’une Algérie de dignité, de justice et de libertés démocratiques.

A toutes les volontés sincères du pays je dis : AKKER AMIS OUMAZIGH ! (Levez-vous, Hommes Libres !)

Fraternelles et respectueuses salutations.

source:http://ffs1963.unblog.fr(l’un des meilleur blog sur l’Algérie)

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | Pas de Commentaire »

123
 

The Soul of a Slayer |
AHL EL KSAR |
toutelactualite |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Halliburton Manufacturing &...
| Le Tallud 79200
| momema