réponse de Salah-eddine Sidhoum sur un blog

Posté par algeriedemocratie le 12 juillet 2009

réponse de Salah-eddine Sidhoum sur un blog

Cher frère Brahim
Le respect sincère est partagé.
Je crois que mon écrit est clair et je n’ai pas l’habitude d’utiliser des chemins sinueux pour exprimer franchement mon opinion.
Je parle bien de l’attitude honteuse d’une certaine « élite » au cours et après le Coup d’Etat de janvier 92. Oui, cette « élite » a joué la vitrine civile et pseudo-démocratique du pronunciamiento du quarteron de putschistes à travers le sinistre CNSA (comité national de « sauvegarde » de l’Algérie) dont tout le monde sait qu’il ne sortait pas des entrailles de la société mais bel et bien des bas-fonds de la police politique.
On peut ne pas partager les idées de « l’autre bord » mais on les combat politiquement , on ne s’associe jamais à des putschistes pour le combattre par les blindés, la gégène et la déportation, quand on est démocrate. C’est une tâche noire indélébile dans l’Histoire de l’Algérie contemporaine.
Oui, cette « élite » s’est opposée à la volonté populaire qui avait donné ses voix aux 3 fronts qui représentaient le premier pouvoir légitime depuis l’indépendance. Au nom de quelle « démocratie » une minorité s’oppose à la majorité et s’abrite derrière les blindés ?
Peut-on accuser des personnalités probes comme Hocine Aït Ahmed, Mohamed Harbi, Ali Yahia Abdenour, Lamine Khene… d’être complices des « intégristes » quand ils se sont opposés au Coup d’Etat ? Doit-on douter de leur culture démocratique ?
Oui, les responsables du FIS n’ont pas été à la hauteur ! Oui, ils n’ont pas pu maitriser leurs troupes infiltrées déjà par les « services » pour faire peur à cette classe moyenne frileuse. Oui, ils ont commis des erreurs impardonnables, intoxiqués par certaines taupes, croyant avoir le pouvoir à portée de main ! Oui, ils n’ont pas su rassurer certaines couches sociales affolées par certains comportements plus que suspects. Et certains responsables du FIS reconnaissent aujourd’hui leurs erreurs. Mieux vaut tard que jamais!
Il y a des principes immuables en démocratie et il faut les respecter. Il ne faudrait surtout pas qu’on nous sorte des clichés éculés du type « Hitler et Mussolini sont arrivés au pouvoir démocratiquement » et tutti quanti… Et je crois qu’il est indécent de verser dans ce que j’appelle la démocratie sélective, à l’algérienne. La démocratie est un tout. Il ne faudrait pas prendre d’elle ce qui nous arrange seulement.
Je crois, mon cher frère, qu’il fallait laisser le 2e tour se dérouler normalement. Il y avait des balises constitutionnelles solides pour empêcher le FIS de triturer la Constitution. Le président de la République de l’époque avait les moyens constitutionnels pour dissoudre l’Assemblée nationale, voire faire intervenir l’armée en cas de dérapages. Or ce n’était pas le cas. On a fait un procès d’intention à ce parti et on a empêché le processus démocratique de se développer dans notre pays. Beaucoup d’hommes politiques sincères, de juristes et d’observateurs impartiaux le pensaient. Certes, j’ai dénoncé comme beaucoup de gens le Coup d’Etat de janvier 92. Mais j’aurais été le premier à m’opposer au FIS, s’il avait dérapé, une fois au pouvoir. C’est cela le combat politique.
Ce qui était clair, c’était que le régime ne voulait pas d’alternance démocratique, il préférait l’alternance clanique. N’importe quel parti, quelque soit son obédience et qui aurait gagné les élections à l’époque, aurait subi le même sort que le FIS. Et une certaine « élite », hélas, a joué le jeu, avant d’être éjectée, une décennie plus tard, car le régime n’avait plus besoin d’elle. Cette « élite » ignorait que ce régime n’a point d’amis, mais seulement des intérêts à défendre. Que sont devenus, au fait, aujourd’hui tous ces « intellectuels » hypermédiatisés et qui squattaient les TV françaises, ces « commandos médiatiques », pour reprendre le Professeur François Burgat ?
Cette élite aurait pu s’opposer politiquement à celle qui allait prendre le pouvoir, mais pas en se cacher derrière des blindés et en applaudissant la déportation de dizaines de milliers d’Algériens dans les camps de concentration de l’extrême-Sud, la torture institutionnalisée et l’exécution sommaire de milliers de citoyens. Encore une fois au nom de quelle démocratie, doit-on dénoncer certains crimes et applaudir d’autres. Ne s’agissait-il pas d’Algériens qui souffraient et mourraient chaque jour ?
Il est indéniable que les islamistes ont commis des fautes impardonnables, tout comme les « démocrates » utilisés par le pouvoir. Doit-on se limiter à ce constat et rester figés dans le temps ? Ne devons-nous pas tirer les leçons de ce passé récent, O combien douloureux et essayer de jeter les bases d’une véritable réconciliation (moussalaha) après un dialogue franc (moussaraha) entre nous tous ? Devons-nous continuer à nous regarder en chiens de faïence, faisant le jeu de ce régime criminel qui nous a poussés dans un conflit fratricide qu’on aurait pu épargner à notre Peuple, si la véritable élite avait joué son rôle de phare et de guide ?
Je pense qu’aujourd’hui, et croyez-moi, mon cher Brahim, que beaucoup d’acteurs politiques (les véritables), de tous bords ont compris qu’ils avaient fait fausse route et s’étaient trompé de cible.
Oui, je suis d’accord avec vous qu’il faut baliser le terrain dès maintenant. Il est impératif de nous rassembler autour d’un Compromis politique historique clair, accepté et respecté par tous. Je crois que tout cela a été énoncé dans l’Appel du 19 mars.
Nous devons tous nous entendre sur le respect de notre ALGERIANITE dans sa globalité et qu’aucun de ses fondements ne devienne un fonds de commerce à des aventuriers de tous bords.
L’Etat de Droit auquel nous aspirons est un ETAT CIVIL, ni théocratique ni militaro-policier.
Le respect des Droits de la personne humaine et de toutes les libertés collectives et individuelles doit être clairement souligné sans aucune ambigüité.
La démocratie est le moteur essentiel dans la gestion politique du pays.
Qui a dit que démocratie et liberté, pour vous reprendre, ne pouvaient coexister en Algérie ?
Nous devons respecter et promouvoir nos cultures, toutes nos cultures, sans en faire un fond de commerce ou un facteur de division. Bien au contraire cette diversité culturelle est une richesse incommensurable
A mon humble avis, les choses sont très claires. Qui est contre ces principes ? Je crois qu’il est temps de détruire les murs d’incompréhension et de suspicion qui nous inhibent. On peut être demain, dans une Algérie sereine, des adversaires politiques, dans le cadre d’une saine compétition, mais nous ne serons jamais des ennemis. Et je m’inclinerais devant la volonté du peuple s’il vous donne sa voix et je vous soutiendrais pour reconstruire ensemble notre Algérie. Votre étiquette politique m’importe peu. Seuls votre engagement et votre honnêteté pour SERVIR la patrie comptent pour moi. Et la main dans la main, nous irons de l’avant. C’est ma modeste compréhension de la véritable démocratie. Et je n’ai pas besoin de BHL, Glucksmann ou Finkelcrôte pour me l’expliquer !
Bien sûr, on trouvera toujours des « intellectuels » pour pinailler sur tel ou tel concept. On trouvera toujours d’autres pour nous importer des concepts qu’ils voudraient greffer à notre société, jouant ainsi aux tuteurs et donneurs de leçons. Mais cela n’est pas un obstacle. Le peuple in fine, tranchera. C’est cela aussi la démocratie. Notre peuple est-il moins intelligent que les peuples voisins de Mauritanie et du Niger ? Non ! Seulement leurs élites intellectuelles et politiques sont plus courageuses.
Nous détaillerons d’autres aspects à la prochaine occasion.
J’espère avoir répondu à vos questions. Merci encore une fois pour votre intervention.

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Interview Dr Salah-Eddine Sidhoum

Posté par algeriedemocratie le 30 juin 2009

Pour notre dossier consacré aux intellectuels algériens, nous invitons le Dr Salah-Eddine Sidhoum afin d’en débattre et de faire le point sur la situation. Le Dr Sidhoum est chirurgien et défenseur des droits de l’homme en Algérie; vous pouvez biensur poser vos questions et faire vos commentaires en bas de cette même page. Nous remercions infiniment notre invité pour sa disponibilité et invitons nos lecteurs à garder les interventions à la hauteur d’un débat que nous souhaitons constructif et serein.

sidhoum-full1. Que signifie pour vous le mot » intellectuel» , et plus particulièrement comment définiriez-vous l’intellectuel algérien d’aujourd’hui ?

Avant tout, je ne vais pas m’aventurer dans des considérations philosophiques pédantes, incompréhensibles au commun de nos honorables lecteurs ni m’étaler sur des définitions alambiquées.
A mon humble avis, l’intellectuel n’est pas seulement un producteur d’idées, c’est aussi celui qui lutte sur le terrain pour les mettre en pratique et les faire aboutir. Un intellectuel est une personnalité engagée, indépendante à la fois des idéologies et du pouvoir. C’est un défenseur acharné de la dignité humaine et des libertés. C’est un tout. Ce n’est pas ce bardé de diplômes, imbu de sa personne, hautain, donneur de leçons du haut de son piédestal, méprisant envers son peuple et se mettant à plat-ventre et de manière déconcertante devant l’ignorance au pouvoir, comme nous le voyons hélas, dans notre pays. Ce n’est pas le cas de tout le monde certes, mais c’est le cas malheureusement d’une grande partie de nos « alphabètes ».

Deux définitions de l’intellectuel me viennent à l’esprit et que je fais miennes.
L’une est de l’homme politique italien, Leonardo Sciascia qui disait que « l’idée que je me fais du monde intellectuel est si large que celui-ci inclut toute personne en mesure de penser, d’avoir une intelligence de la réalité (….) et que la preuve administrée quotidiennement en est que beaucoup d’auteurs de livres ou d’articles ne sont pas le moins du monde capables de lire la réalité, de la comprendre, de la juger ».

L’autre est d’André Malraux : « un intellectuel n’est pas seulement celui à qui les livres sont nécessaires mais tout homme dont une idée, si élémentaire soit-elle, engage et ordonne la vie ».

Et le monde a connu des intellectuels qui ont défendu les principes de liberté, de justice et de démocratie. Je pense à Zola, dans l’affaire Dreyfus. Je pense également aux signataires du Manifeste des 121 durant la guerre de libération, à Mandela, à Vaclav Havel, Kundera, Geremek et tant d’autres. Ils ont défendu El Mebda (le principe), quand d’autres chez nous, sont fiers et heureux de défendre El Khobza (privilèges).
Notre civilisation a connu également des intellectuels de la trempe d’Ibn Khaldoun, Ibn Rochd, Ibn Sina dont l’autonomie de la pensée n’a pu être corrompue ni apprivoisée par les tenants du pouvoir et de l’avoir.

2-On observe un désengagement de la part des intellectuels algériens vis à vis de  la situation en Algérie. Quelles sont, à votre avis, les raisons qui expliquent ce marasme qui frappe nos élites ?

A quelle période de notre histoire contemporaine, nos  intellectuels se sont-ils engagés dans le combat politique pour pouvoir parler aujourd’hui de désengagement ? Et je crois que ce problème remonte à très longtemps. Déjà en 54, la révolution libératrice a démarré sans eux. Certains prendront le train en marche à partir de 56. Quant à la poignée d’intellectuels dignes, certains mourront les armes à la main (Amara Rachid, Benzerdjeb, Farès Yahia, Lotfi, Aït Idir, etc). D’autres enfin seront égorgés par leurs propres frères, suite aux sanglantes purges de la « bleuïte » particulièrement dans les wilayas 3 et 4.

Quant à la majorité, elle préférera suivre la guerre de loin. C’est cette majorité, postée au carrefour des vents, qui se mettra avec zèle, au lendemain de l’indépendance, au service de l’imposture au pouvoir. Nous les retrouveront, à la veille de l’indépendance à Tripoli, mettant leur science (sans conscience) au service des comploteurs des frontières, rédigeant la tristement célèbre Charte de Tripoli qui mettait fin à l’Idéal de Novembre. Nous les apercevrons également, durant l’été 62, papillonnant autour du « groupe de Tlemcen », auteur du coup d’Etat contre le GPRA. Tout comme nous les retrouverons lors du complément de Coup d’Etat de juin 65, puis à l’ère du socialisme « triomphant », de la « charte nationale », du libéralisme débridé des années 80. Ils sont toujours là à tourner et à retourner leurs vestes et à jouer aux « chaouchs » de service.

Nous connaissons tous, l’attitude honteuse d’une certaine « élite » au cours et après le Coup d’Etat de janvier 92 et comment elle a été abjectement utilisée par un quarteron de putschistes qui allaient plonger l’Algérie dans une mer de sang et de larmes, pour sauver leurs privilèges. Des « élites » autoproclamées « démocrates » qui s’opposeront à la volonté populaire exprimée à travers les urnes et qui venait de légitimer les trois Fronts pour diriger le pays. Des « élites » qui avaient brillé, outre par leur démocratie sélective, mais plus grave encore par leur indignation sélective quand des dizaines de milliers d’Algériens étaient torturés, exécutés sommairement ou arbitrairement condamnés par une justice d’exception. Une grande partie de l’opinion publique internationale s’en est émue, alors qu’une partie de notre « élite » applaudissait. C’est triste et ignoble !

Chez certains de nos intellectuels, le dénigrement, l’avanie et l’injure remplacent l’argument et l’idée. Et pour reprendre un ami universitaire « faute de produire, ils citent et récitent ce qu’ont dit d’autres, de préférence d’Outre-Méditerranée ».

Nous n’avons pas de classe intellectuelle au sens noble du terme. Il existe d’admirables et courageuses individualités intellectuelles, mais cela ne suffit pas. Nous ne devons pas cependant, tout rejeter sur ce système. Nos tares y sont pour beaucoup. La boulitique du régime ayant fait le reste. Il ne s’agit pas d’un marasme comme vous le dites, qui frappe nos élites. C’est beaucoup plus grave. Il s’agit d’une trahison historique et je pèse mes mots.
L’Algérie est certes, malade de son régime politique mais elle est surtout malade de ses élites.

3- Pour justifier l’absence de réactivité des intellectuels algériens, il est souvent évoqué le poids de la censure et des pressions exercées par le pouvoir. Pourtant, cela n’a pas empêché des gens comme vous de continuer à lutter. Ne pensez-vous pas qu’il s’agit, in fine, d’un alibi pour fuir leurs responsabilités ?

Absolument. On n’a pas besoin d’un cadre officiel ou d’une autorisation de son oppresseur pour lutter et se libérer de l’oppression. Vaclav Havel et ses compagnons de la Charte 77 n’avaient pas besoin d’une autorisation du régime totalitaire tchécoslovaque en place dans les années 70, pour mener le combat pour les droits de l’Homme et les libertés démocratiques et affronter par l’idée et l’écrit le « grand camarade » soviétique. Il en est de même des intellectuels Polonais. Ces intellectuels n’ont pas eu peur de perdre leur khobza et d’aller en prison pour leurs idées et leurs idéaux. Et nous savons comment Havel a pu avec ses compagnons, mener sa révolution de velours et assurer de manière pacifique la transition d’un régime totalitaire à un régime démocratique. C’est l’exemple type de l’intellectuel politisé et engagé qui est la hantise des dictatures.

Nous répétons toujours que notre liberté nous la devons aux sacrifices de notre peuple et au million et demi de martyrs. Et nous n’attendrons pas l’autorisation d’ex-sous-chefs de la police politique pour nous exprimer et nous organiser afin de reconstruire notre Algérie détruite par des imposteurs érigés en tuteurs d’un peuple. Cette Algérie appartient à toutes les Algériennes et à tous les Algériens. Et ni la répression, ni la prison, ni même les balles assassines n’arrêteront les fils et petits fils d’Abane, Ben Boulaïd, Ben M’hidi et Didouche, dans leur combat pour le parachèvement de l’œuvre du 1er novembre 54 et l’instauration de l’Etat de Droit dans une Algérie de toutes et de tous.

4-  Vos actions – l’appel du 19 mars pour un changement démocratique en Algérie entre autres- trouvent-elles sur le terrain de l’écho auprès des intellectuels algériens, que ceux-ci soient établis en Algérie ou l’étranger ?

Mais bien sûr. De nombreux véritables intellectuels, de tous bords, arabophones et francophones d’ici et de notre chère diaspora ont adhéré dès les premiers jours à cet Appel fédérateur où se sont reconnus tous les patriotes, de par les principes démocratiques et les valeurs civilisationnelles qu’il véhicule. Nos compatriotes sont impatients de participer à cette œuvre de salut public. Nous l’avons constaté à travers les débats sur l’organe d’information de l’Appel (Le Quotidien d’Algérie), le courrier que nous recevons, les contacts directs que nous avons avec nos compatriotes sur le terrain et les réunions et conférences que nous tenons. Mais comme nous leur disons, il ne faut pas brûler les étapes. Il faut aller lentement mais sûrement et dans la transparence la plus totale et surtout pas d’aventurisme. Bien sûr, et il faut avoir l’honnêteté de le dire, cet Appel au peuple n’a pas plu aux intellectuels de salon et d’officines – ces hautains donneurs de leçons – et aux politicards sans ancrage qui ont peur de l’instauration de la véritable démocratie et de l’Etat de droit. Ils n’ont comme armes que la critique stérile, l’intrigue et les gesticulations politiciennes. Non seulement ils ne produisent rien (en dehors des hurlements et de la gesticulation) mais ils essaient d’empêcher les autres de produire et d’agir.

5- Quelle est votre analyse justement sur la situation de l’opposition en Algérie aujourd’hui ?

A mon humble avis, il n’y a pas de véritable opposition. Tous les partis qui avaient un ancrage populaire ont été neutralisés. Le seul parti autonome et qui reste encore debout est le FFS et ce, malgré les campagnes de déstabilisation dont il fait l’objet depuis plus d’une décennie. Mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Tout le reste n’est que folklore politique. Un ramassis de troubadours et de marionnettes politiques qu’on sort à l’occasion de carnavals électoraux pour amuser la galerie et garnir cette vitrine pseudo-démocratique dont a besoin le régime, pour essayer de leurrer (vainement) l’opinion publique internationale.
Je crois qu’à l’état actuel, la véritable opposition est à construire (ou à reconstruire).

6-  Dans vos écrits, vous faites souvent appel au rassemblement. Cependant, certains vous reprochent d’encourager le dialogue avec les islamistes, et pas qu’avec les modérés.  Qu’avez-vous à leur répondre ?

Nous disons toujours que devant cette grave crise politique qui perdure depuis 62 et qui réside dans la problématique de la LEGITIMITE DU POUVOIR, ni un zaïm, ni un messie, ni un parti, ni un courant politique à lui seul ne peut résoudre ce problème si complexe. Si nous voulons constituer une véritable force politique qui pourra secouer ce régime et aboutir au véritable changement, il faut rassembler toutes les volontés intellectuelles et politiques, sans exclusion aucune. Il ne peut y avoir de solution efficiente en dehors du rassemblement de toutes les forces politiques réelles. Non seulement, nous avons encouragé le dialogue sans exclusion, mais nous avons, durant près de quatre années, avant la diffusion de l’Appel, dialogué avec des intellectuels et des politiques de tous bords, sans exclusion aucune. De quel droit et au nom de quelle « démocratie » devons-nous exclure des pans politiques qui ont un ancrage populaire ?

La véritable démocratie appelle au dialogue avec toutes les forces politiques réelles et représentatives. Au nom de quelle « démocratie », une minorité atteinte de schizophrénie politique, voudrait s’ériger en majorité et s’arroger le droit de distribuer des brevets de « démocratie » à qui elle veut et d’exclure qui elle veut ?
« Il n’y a de politique qui vaille en dehors des réalités » disait un Homme d’Etat. Voulons-nous construire l’Algérie de demain sur la base des réalités ou voulons-nous nous inscrire dans la stratégie du régime illégitime et continuer à construire sur du virtuel avec des pantins politiques, des partis préfabriqués et des institutions factices ? La question reste posée !

7- Mustapha Farouk Ksentini, président de la Commission Consultative pour la Promotion et la Protection des Droits de l’Homme a fait dernièrement cette déclaration pour le moins audacieuse «  L’Algérie est une démocratie à ciel ouvert, l’Algérie est devenue un véritable État démocratique ». En tant que défenseur des droits de l’homme, comment avez-vous reçu cette déclaration ?

J’aurais voulu répondre à une autre question ayant trait à l’avenir du pays, à l’Etat de Droit à construire demain, après la libération de l’Algérie de cette « voyoucratie« , plutôt que de commenter les inepties nauséeuses de ce fonctionnaire d’El Mouradia.

Contrairement à ce qu’il dit « l’Algérie est une prison à ciel ouvert, l’Algérie est devenue une véritable république bannière  », n’en déplaise aux larbins au service de l’ignorance au pouvoir.

8 – Que pensez-vous du troisième mandat de Bouteflika et du projet politique de son frère Saïd qui projette la création de son propre parti ?

Nous ne nous sommes jamais inscrits dans la stratégie du régime illégitime pour nous intéresser aujourd’hui à sa fuite en avant et à ses gesticulations politiciennes. Nous avons dit il y a quelques mois, lors du carnaval électoral, qu’il s’agissait d’un non-événement. Et effectivement, ce fut un non-événement comme l’a attesté l’abstention massive de la population à ce scrutin à la Kim Il Sung et à la Saddam. Et ce n’est pas la fraude et l’hypertrophie des chiffres dignes de Neagelen, qui tromperont l’opinion nationale et internationale.

Vous parlez d’un 3e mandat, mais en réalité c’est le même et unique mandat d’un système qui perdure depuis 62. Il y a seulement une alternance clanique au gré des rapports de force au sein des gangs du système. Le problème n’est pas celui de tel ou tel individu, c’est celui d’un système politique dégénéré qu’il faudra impérativement changer de manière radicale et pacifique.

Il est clair et pour reprendre le langage populaire, qu’une grande majorité de la population est dans un oued et le pouvoir et sa base sociale sont dans un autre oued. Et nous avons l’honneur et la fierté d’être dans l’oued de notre peuple, comme nous l’avons toujours été durant les moments difficiles.

Hélas, l’absence d’une réelle opposition et face à ce vide politique sidéral, le régime se retrouve seul à mener le bal sur la place. Il fait ce qu’il veut, sans pudeur, ni retenue aucunes. Et malgré qu’il soit dans sa phase descendante, terminale, il perdurera tant qu’il n’a pas en face de lui une véritable opposition représentative des forces politiques réelles et porteuse d’une alternative démocratique crédible.

9- Un mot pour conclure ?

Je tiens avant tout à vous remercier pour votre aimable invitation et à saluer mes compatriotes, lecteurs de votre site, avec lesquels, nous souhaitons enclencher un débat fraternel et serein sur l’avenir de notre pays.

Je pense à mon humble avis que le régime et ses clientèles sont pris à leur propre piège, enfermés eux aussi dans cette impasse dans laquelle ils ont poussé le pays et la société. Le pouvoir, en réalité ne maîtrise plus rien, en dehors de ses services répressifs et ce, malgré les apparences fortement trompeuses. Il se lance dans une fuite en avant extrêmement dangereuse qui peut mener le pays vers ce que nous avons appelé un tsunami populaire et qui risque, à Dieu Ne Plaise, d’emporter le pays.

Face à ce régime, il y a un vide politique sidéral, en l’absence d’une véritable opposition et qu’il faut impérativement combler.
Il existe cependant au sein de la société, un consensus manifeste sur la nécessité d’un changement radical et pacifique du système politique.
Il est de notre devoir, en tant qu’intellectuels et politiques, de présenter à notre peuple une alternative démocratique réaliste et crédible à ce régime dégénéré et moribond.

Le verrouillage politique et la répression, aussi sauvage soit-elle ne doivent pas servir d’alibi ni constituer des obstacles devant la volonté de changement des Hommes Libres.

Notre initiative sincère de rassemblement des volontés intellectuelles et politiques sans exclusion ni exclusive devient une nécessité impérieuse pour créer cette dynamique populaire de changement et redonner espoir à notre peuple el Mahgour.

Nous devons ensemble poser les vrais problèmes et nous défaire des faux clivages. Cette œuvre de salut public n’est pas facile, après tant de drames, de heurs et de malheurs. Mais elle n’est pas impossible. Nos parents en 54 étaient dans la même situation et ont pu déclencher le processus libérateur.

Nous devons impérativement sortir des palabres de chapelles et de clans pour nous investir dans un large dialogue avec la société et réfléchir avec elle sur son avenir et son devenir. Tout comme nous devons sortir de la stratégie diabolique et destructrice du régime et imposer la nôtre, pacifique et constructive.

Œuvrons ensemble sur la base de valeurs et de principes démocratiques et dans le cadre d’un compromis politique historique à rassembler les Algériennes et les Algériens, sans exclusion et sans exclusive (et nous insistons sur cela) dans un Front du Changement National (Djabhat Etaghyir El Watani) pour libérer le pays de ce régime illégitime et construire un Etat de Droit dans une Algérie de toutes et de tous.

Fraternelles et respectueuses salutations à toutes et à tous.

Dr Salah-Eddine Sidhoum

Entretien réalisé par Fayçal Anseur pour Algerie-Focus.com

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réponse de salah eddine Sidhoum sur le site quotidien d’algérie

Posté par algeriedemocratie le 28 juin 2009

En réponse aux frères intervenants :
Je crois que tous les compatriotes sincères sont d’accord sur l’impérative nécessité du changement, après 47 ans de fuite en avant d’un régime illégitime dont la politique a mené le pays et la Nation vers une terrible FAILLITE SANGLANTE.
Il est vrai que nous entendons depuis des décennies et plus particulièrement depuis la supercherie démocratique de 88 des voix disparates prôner ce changement. Mais chacun avait sa propre perception du changement, sans tenir compte du point de vue des autres. Chacun voulait imposer à sa manière le changement. Certains dans les maquis, d’autres dans les salons ou les officines. Très peu avec le peuple et sa jeunesse.
Après 47 ans d’une indépendance inachevée et 18 ans de violence politique, le bilan est peu reluisant. Nous ne parlerons pas du régime illégitime, de ses échecs patents et de ses tares connues de toutes et de tous et rabâchées maintes fois jusqu’à la nausée. Nous préférons parler de la société, de ses «élites » et de sa classe politique. C’est-à-dire parler de nous-mêmes, de nos insuffisances et de nos erreurs qui ont permis à une voyoucratie de prendre en otage notre propre pays. Ces « élites » tant intellectuelles que politiques ont-elles été à la hauteur pour pouvoir constituer cette locomotive capable de sortir la société du tunnel ténébreux dans laquelle est a été enfermée depuis des décennies ? N’avons-nous pas failli quelque part par notre autosuffisance ? Ne nous ne sommes nous pas déconnectés de notre « ghachi » méprisé et abandonné à lui-même et à tous les aventuriers de tous bords ? Autant de questions auxquelles nous devons répondre avec franchise et sincérité. On ne peut avancer et nous lancer dans cette dynamique de changement sans avoir fait notre autocritique, pour ne pas dire notre mea-culpa.
Nous le disons et le répétons : l’Algérie n’est pas seulement malade de son régime politique, elle est surtout malade de ses élites.
Sans la complicité d’une bonne partie de ces élites, la voyoucratie vomie et honnie par le peuple aurait –elle pu rester indéfiniment au pouvoir, après tous les désastres qu’elle a provoqué ?
Consciemment pour certains et inconsciemment pour d’autres, ces « élites » participent à maintenir ce statu-quo politique suicidaire. Par les divisions artificielles entretenues par une partie de cette classe intellectuelle et politique, le pouvoir est arrivé à paralyser toute activité d’organisation et de structuration d’une véritable opposition.
Nous sommes arrivés à une telle situation que nous doutions de nos propres origines. Des « esprits pseudo-éclairés » remettent en cause notre ALGERIANITE, alors que celle-ci a été FORGEE PAR L’HISTOIRE, ce que la France coloniale avec ses gigantesques moyens n’a pu réaliser avec nos parents.
D’autres – une infime minorité – au nom d’une démocratie sélective, se permettent d’exclure une partie de la société, se posant en tuteurs du peuple et toujours au nom de leur « démocratie » qui n’a rien à voir avec la Démocratie.
D’autres hier, au nom d’un nationalisme plus que douteux et brandissant de fausses attestations communales, se sont permis de distribuer des brevets de patriotisme aux bravaches et de qualifier de traitres d’illustres héros de la guerre de libération.
Certains enfin, dégoulinant de nifaq, ont voulu nous ré-enseigner l’Islam par la force. Il est vrai que la démission des véritables élites religieuses a permis à des charlatans de se jouer de notre noble religion. Personne à l’époque n’avait le courage de rappeler à ces derniers « qu’il ne s’agissait pas d’enseigner au musulman une croyance qu’il possédait déjà, mais de restituer à cette croyance son efficacité » pour reprendre Malek Bennabi.
A la lumière de ces erreurs criardes du passé, avons-nous tiré les leçons et sommes-nous capables de mettre de côté nos divergences, le plus souvent artificiellement entretenues par qui on sait et nous entendre sur un minimum de principes démocratiques et de valeurs civilisationnelles qui lient l’écrasante majorité du peuple, pour sauver l’Algérie de ce désastre annoncé ?
C’est ce que nous avons humblement essayé de faire à travers l’Appel du 19 mars 2009, un appel fait en Algérie et en toute indépendance par des Algérien(ne)s libres résidant ici et en exil. Cela a demandé plus de quatre années de consultations de centaines de compatriotes, toutes tendances politiques confondues, sans exclusion ni exclusive, et de quelques personnalités connues pour leur sagesse et leur intégrité qui nous ont apporté leurs sages conseils et leurs encouragements à « cette génération de l’indépendance qui doit parachever le travail que nous avons commencé dans les années 40 » pour reprendre l’une des personnalités consultées.
Après trois mois, sa diffusion s’est largement faite en Algérie et chez notre diaspora. Notre appel s’est fait en direction de notre base et de ses véritables élites, non pas vers les appareils politiques. Même si l’accueil a été majoritairement favorable au niveau de la base, de notre jeunesse estudiantine, de nos universitaires et même de certains ayant appartenu à un moment au système, cet Appel ne pourra se concrétiser que par l’engagement de toutes et de tous ceux qui croient aux idéaux qu’il véhicule et aux buts qu’il s’est fixé.
Je crois et comme l’ont également affirmé et souligné nos compatriotes adhérents à l’esprit du texte, l’Appel est très clair sur les principes et les valeurs qui nous rassemblent. Qui est contre l’Algérianité dans sa globalité ? Qui est contre la démocratie comme moyen de gestion politique de la société ? Qui est contre le respect des Droits de la personne humaine ? Qui est contre le respect et la promotion des cultures de la Nation Algérienne ? Qui est contre le respect des libertés individuelles et collectives ? Qui est contre le libre choix du peuple souverain ? Qui est contre un compromis historique regroupant tous ces principes, accepté et respecté par tous ?
Il faudrait que les choses soient claires pour cette minorité qui nage en eau trouble, déconnectée des réalités nationales et que voudrait être tutrice du peuple et détentrice du monopole de la démocratie. Ce Front du changement National (Djabhat Etaghyir El Watani) sera celui de toutes les Algériennes et tous les Algériens, sans exclusion ni exclusive. Son but est le changement radical du système politique. Ses moyens sont exclusivement pacifiques comme clairement explicités dans l’Appel. Ce Front ne sera inféodé ni à Paris, ni à Washington ni à Ryad ni au Caire. Et nous n’avons de conseils ni de soutien à recevoir de personne si ce n’est de notre propre peuple généreux et patient. Nous ne serons jamais de ceux qui iront quémander un quelconque soutien aux ambassades et nous ne serons jamais de ceux qui libéreront notre Algérie de cette voyoucratie, en entrant sur des blindés français ou américains, comme le disait un ami syrien exilé, militant des droits de l’homme.
Tout comme nous disons et répétons que personne n’a le monopole de l’Islam ou de la démocratie. Le premier est la religion de la très grande majorité de notre peuple. La seconde est une culture et un moyen de gestion politique de la société utilisé par toutes les forces politiques saines, sans exclusive.
Nous ne sommes pas un parti politique, ni des rivaux de quiconque. Notre but et nos moyens sont clairs. Nous n’aspirons nullement à prendre un quelconque pouvoir. Nous n’aspirons qu’à rassembler la grande majorité du peuple et ses forces politiques réellement représentatives en vue de créer cette dynamique populaire du changement et remettre le pays sur ses rails avec un Etat de Droit et de véritables institutions, permettant ainsi aux forces politiques issues du peuple et non des labos, de s’affronter pacifiquement dans une libre compétition démocratique, comme cela se déroule dans les pays civilisés. Et dont le SEUL ARBITRE sera le PEUPLE.
Ayons l’honnêteté de dire qu’il n’y a pas seulement ce régime qui refuse le changement. Il y a aussi cette minorité de politicards, donneurs de leçons, qui refuse le changement. Car demain, par la volonté du peuple souverain et par les voies réellement démocratiques, ces politicards craignent de devenir insignifiants.
Nous pensons qu’après cette phase d’information et de diffusion de l’Appel qui a duré trois mois, nous devons approfondir notre réflexion sur les moyens de mobilisation et d’adhésion populaire.
La solution de cette crise se trouve entre les mains des Algériens. Libérons-nous du climat de suspicion et de peur, inculqué depuis des décennies dans nos esprits et engageons-nous dans la voie courageuse du changement pour sauver l’Algérie.
Le débat est ouvert et L’Histoire demain jugera !

Salah-Eddine Sidhoum
Alger

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TRÊVE D’HYPOCRISIE ET DE LÂCHETE. UNISSONS-NOUS POUR SAUVER L’ALGERIE !

Posté par algeriedemocratie le 24 juin 2009


Par Salah-Eddine SIDHOUM

Ce nouveau drame qui a vu le massacre de plus de vingt de nos enfants dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj, interpelle encore une fois les consciences libres de notre cher et malheureux pays. Encore une fois, des Algériens ont fait couler le sang d’autres Algériens. Encore une fois, ces innocentes victimes, utilisées comme boucliers par les imposteurs au pouvoir pour préserver leurs privilèges, viennent s’ajouter à une cette longue liste macabre ouverte un certain 5 octobre 88, par ceux qui ont pris en otage notre pays depuis 1962.
Cette Algérie qui avait su, grâce à l’héroïsme de son peuple, mener une des plus grandes révolutions libératrices du siècle dernier, qui allait aboutir à la décolonisation de toute l’Afrique, est devenue aujourd’hui la risée du monde. Un pays aux mains d’une voyoucratie sans foi ni loi qui a fait de ce paradis terrestre, un enfer. Une voyoucratie qui, par son « génie » maléfique, a rendu ce peuple pauvre dans un pays aussi riche. Une voyoucratie qui a cultivé durant des décennies une profonde haine dans nos cœurs et qui voit des Algériens, torturer, exécuter sommairement et faire disparaitre et sans aucun état d’âme leurs frères Algériens. Qui voit des Algériens égorger et massacrer des dizaines, voire des centaines d’Algériennes et d’Algériens, sans aucun remord. Et le tout dans un climat d’impunité totale.
Qui avait dit que les enfants et petits-enfants d’Abane, Ben Boulaïd, Ben M’Hidi et Didouche, allaient devenir des frères ennemis dans cette Algérie qu’ils avaient libérée avec des centaines de milliers d’autres martyrs au prix de leur sang et de leur vie ? Qui avait dit que les enfants et petits-enfants de ces héros allaient se transformer en bombes humaines et en harragas dans l’Algérie dite « indépendante » alors que leurs parents ne l’ont pas fait dans l’Algérie colonisée ?
Le moment n’est plus aux jérémiades et aux dénonciations hypocrites de ces crimes abjectes. Le moment est à la réflexion et à l’action. Que de condamnations sélectives et fourbes depuis 92 ? Pour quels résultats ? Le maintien de ce statu quo mortel qui profite au régime illégitime et à ses affidés !
Il faut avoir l’honnêteté, la sincérité et le courage de traiter les causes profondes de cette crise qui perdure depuis 1962 et qui s’est transformée en tragédie depuis 92, n’en déplaise aux « intellectuels » et politicards couards de salon !
Quitte à nous répéter, la crise algérienne est une crise éminemment politique. Elle remonte aux lendemains de l’indépendance et s’est aggravée au fil des décennies. C’est une crise de LEGITIMITE DU POUVOIR et sa solution ne peut être que politique, n’en déplaise encore une fois aux pseudo-intellectuels thuriféraires du régime. Des volontés politiques sincères et sages l’ont dit en 92, quand le régime aux abois et ses boutefeux autoproclamés démocrates appelaient à la solution sécuritaire et à l’éradication d’une partie du peuple Algérien. Les arrestations arbitraires, la torture, les disparitions forcées, les exécutions sommaires, les ratissages, les manipulations criminelles, les groupes armés d’opposition au régime et leurs attentats aveugles et meurtriers, les milices, les escadrons de la mort, les infiltrations de certains groupes armés, les tribunaux d’exception, la multiplication des effectifs militaires et policiers, l’achat de matériel de guerre ultrasophistiqué, le massacre de populations, la fausse réconciliation nationale et l’impunité ont-ils réglé la crise Algérienne ? Que non ! Et cela dure depuis 18 ans.
Devant l’aggravation de cette crise et dans tous les domaines, le pays se dirige vers un véritable tsunami populaire qui risque de balayer le pays. Il est de notre devoir de nous mobiliser et de réagir pour empêcher l’irréparable !
Il n’y a pas d’autre solution que la solution politique et cette dernière passe inéluctablement par un changement radical du régime illégitime en place. Ce changement, nous le souhaitons pacifique, mais l’entêtement de la voyoucratie jalouse de ses privilèges mal acquis, risque de nous mener, à Dieu Ne Plaise vers un changement violent.
Il est temps que toutes les volontés nationales ici et en exil se rassemblent autour de valeurs et de principes démocratiques pour créer cette dynamique mobilisatrice populaire. Il est temps aussi que ce qui reste de probe dans notre « classe politique » mette un terme aussi à son autosuffisance et à son obstination, pensant détenir à elle seule la solution…. dans les salons. Aucune individualité, aucune tendance et aucun parti n’a le monopole ni ne détient le brevet de la démocratie, de l’Islam ou du nationalisme. La démocratie qui est une culture et un moyen de gestion politique de la société, se juge sur le terrain et non par des discours hypocrites. Et l’Algérie, encore une fois n’a besoin ni d’un Zaïm, ni d’un messie, encore moins d’un « génie » qui attendrait un hypothétique coup de téléphone des Tagarins. Elle a besoin de tous ses enfants, sans exclusion aucune, pour la libérer de cette voyoucratie et la reconstruire.
Il est temps aussi que ce qui reste de probe dans notre « classe politique » sorte du cadre de la stratégie du pouvoir, dans laquelle elle s’inscrit inconsciemment. Ce n’est pas en jouant les troubadours politiques au cours des carnavals électoraux, qu’on risque d’ébranler ce régime. Bien au contraire, par cette pratique on constitue la vitrine pseudo-démocratique de ce même régime aux yeux de l’opinion publique internationale, tout en se discréditant vis-à-vis de notre opinion nationale qui n’est pas aussi dupe que le pensent certains.
Nous en appelons aussi à ceux qui appartiennent à ce régime et qui n’ont pas les mains tâchées de sang, à prendre conscience de la gravissime situation du pays – que seules les sirènes de la propagande essaient de leur dissimuler – et d’œuvrer avec toutes les volontés nationales sincères à la résolution de la crise. Nous avons besoin de toutes et de tous, car comme disait l’illustre homme politique DEMOCRATE, Nelson Mandela : « Il faut libérer aussi bien l’opprimé que l’oppresseur lui-même, enfermé derrière les barreaux des préjugés et de l’étroitesse d’esprit ».
Nous en appelons encore une fois à une prise de conscience collective. Evitons de nous tromper de cible comme en 92 et mettons de côté nos divergences artificiellement entretenues par qui on sait.
Œuvrons à sauver notre Algérie de ce tsunami qui se profile à l’horizon.
Toutes nos pensées vont à toutes les victimes sans exception, d’hier et d’aujourd’hui, du drame national.

Salah-Eddine SIDHOUM
Signataire de l’APPEL du 19 mars 2009
Alger le 18 juin 2009

 

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Compte-rendu du procès de Baba Nadjar. Médéa le 27 mai 2009 par Dr Salah-edine Sidhoum

Posté par algeriedemocratie le 27 mai 2009

Aujourd’hui s’est déroulé le procès en appel de Mohamed Baba Nadjar, après deux reports successifs. Ce procès, comme nous l’avons annoncé la semaine dernière, a été délocalisé à Médéa, pour « des raisons de sécurité ».
Tôt le matin, à 7h 30 alors que nous étions sur la route pour rejoindre le tribunal, des citoyens venus de Ghardaïa m’ont appelé pour me signaler qu’ils avaient été arrêtés à l’entrée de Médéa. En effet, les véhicules immatriculées 47 (Ghardaïa) étaient arrêtés par les services de sécurité à un barrage situé à l’entrée de la ville et leurs occupants invités à remettre leurs pièces d’identité, sans aucune raison valable. Leurs papiers leurs furent restitués après avoir été enregistrés par ces mêmes services.
A l’arrivée, de nombreux véhicules de police étaient stationnés à la périphérie du tribunal. Ses rues d’accès étaient occupées par des policiers. Près de 200 citoyens venus d’Alger, de Ghardaïa, de Béjaïa et de Tizi-Ouzou attendaient l’ouverture du procès.
Ce dernier s’est ouvert vers 9h 30. Une cinquantaine de citoyens de Ghardaïa n’a pu accéder à la salle d’audience. Les malheureux attendront dehors, sous un soleil de plomb et ce, jusqu’à 17h 30. L’entrée à la salle d’audience de la victime de l’arbitraire, Mohamed Baba Nadjar fut accueillie par des applaudissements de l’assistance qui s’est levée à l’unisson. Douze avocats du collectif étaient présents. Sept autres s’étaient excusés la veille pour raison de programmation. Une avocate marocaine a tenu à être présente au procès en solidarité avec ses confrères algériens et avec la victime de l’arbitraire.
Le procès fut marqué par la citation de nombreux témoins à charge et à décharge. Aucun d’eux n’avait vu Baba Nadjar sur le lieu du crime ! Au fil des minutes, tout le monde, assistance et avocats, était persuadé de l’issue favorable du procès. Le procureur général réclamera, malgré tout, la peine de mort. La brillante plaidoirie de cinq avocats de la défense finira par détruire toutes les « preuves » de l’accusation.
La Cour se retirera en fin d’après-midi pour délibérer. Tout le monde était confiant. Aucune preuve tangible. Les jeunes de Ghardaïa rayonnaient d’espoir. Ils parlaient de retour triomphal à Ghardaïa, avec, dans leurs « bagages » Mohamed Baba Nadjar. L’espoir était vraiment permis, au vu du dossier vide démontré avec brio par la défense.
Un fait attirera cependant notre attention, lors de notre sortie dans la cour du tribunal, dans l’attente du verdict. Des renforts de gendarmes et de policiers étaient arrivés sur les lieux. La route du tribunal vers le haut était bouclée par un double cordon de policiers et de gendarmes. La salle d’audience fut envahie par de nombreux policiers en civil portant des gilets « police ». Pourquoi ce soudain déploiement des services de sécurité alors que le calme régnait tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du tribunal ?

La délibération sera très courte. Elle ne durera pas plus de 30 mn. Stupeur dans la salle quand la condamnation à perpétuité sera prononcée. Baba Nadjar, blême, s’effondrera sur son siège. Son père et son oncle éclateront en sanglots. L’assistance, stupéfaite et scandalisée criera à l’injustice. De jeunes citoyens, révoltés par le verdict crieront leur rage en scandant : ‘Adalat Etilifoune » (justice du téléphone).
Les jeunes restés à l’extérieur, ayant appris la nouvelle, se mettront à scander « pouvoir assassin ». Les plus âgés lèveront leurs mains au ciel pour prier et maudire l’injustice et ses fonctionnaires aux ordres. C’était l’image d’un peuple mahgour qui criait sa rage, son désespoir et son impuissance devant cette situation de non-droit.
De nombreux sages de Ghardaïa, ont déployé tous leurs efforts pour calmer cette population révoltée à juste titre.
C’était une fin d’après-midi triste non seulement pour la population de Ghardaïa, mais pour toute l’Algérie. Un malheureux jeune citoyen condamné à perpétuité pour un crime qu’il nie de toutes ses forces. Un malheureux jeune innocent qui voit sa vie brisée par l’imposture au pouvoir.
Nous continuerons cependant le combat pour sauver Mohamed Baba Nadjar. Nous frapperons maintenant aux portes des instances judiciaires internationales pour que la vérité, toute la vérité éclate sur cette affaire plus que douteuse et pour que les véritables criminels soient démasqués.

Salah-Eddine Sidhoum.
Médéa le 27 mai 2009.

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L’INJUSTICE ALGERIENNE

Posté par algeriedemocratie le 26 mai 2009

par Salah-Eddine SIDHOUM

“Il faut rendre à la justice sa dignité et son honneur. Il faut que ses jugements et ses arrêts soient des actes de justice et non des opérations de justice”. (Abdenour Ali Yahia).

Le 27 mai 2009 se déroulera le procès en appel de notre jeune compatriote Mohamed Baba Nadjar, un modeste citoyen de Ghardaïa, arbitrairement condamné à la peine capitale en juin 2006 pour un odieux crime qu’il nie de toutes ses forces.
Dépendant de la juridiction de Ghardaïa, il sera rejugé à ….Médéa pour des « raisons de sécurité ». Pourquoi évoquer des « raisons de sécurité » ? Car la majeure partie de la population de cette ville, scandalisée par cette affaire et son aboutissement inique, a crié pacifiquement sa colère en décrétant une grève générale et des marches lors des procès précédents, en première instance et en appel. Elle a clamé dans le calme, haut et fort : NON à l’injustice et à la hogra institutionnalisées ! JUSTICE pour Mohamed Baba Nadjar !
Bien sûr, ce modeste journalier, fils de fellah, n’aura pas droit aux colonnes d’une certaine presse aux ordres ni aux pétitions des « intellectuels » et « politiciens » de salon, encore moins à la dénonciation de certaines ONG internationales des Droits de l’Homme. Mohamed Baba Nadjar est du menu fretin, du « ghachi » qui ne nécessite pas une levée de boucliers nationale et internationale. Et ce n’est pas un juteux fond de commerce pour nos droits-de-l’hommiste. Ainsi va l’indignation sélective !
Il croupit depuis trois ans dans sa cellule de condamné à mort. Animé d’une foi inébranlable, et malgré les pressions psychologiques et l’agression physique dont il avait fait l’objet lors de son transfert à la prison de Ghardaïa, il résiste par les prières et les grèves de la faim, ses seules armes, aux affres de l’injustice de ses propres frères, ces nouveaux colons de l’Algérie. Et nous savons ce qu’est cette injustice aux ordres, pour l’avoir subie durant près d’une décennie dans notre propre chair.
Cette affaire scabreuse qui est d’ordre politique (pour essayer d’étouffer le courant social-démocrate naissant dans la région) n’est pas la première dans les annales « judiciaires » algériennes. Elle ne risque pas aussi d’être, au vu de l’état de délabrement de nos pseudo-institutions, la dernière. Elle nous offre, cependant, l’occasion de rappeler à l’opinion, et plus particulièrement à notre jeunesse, quelques épisodes de l’histoire de ce que nous appelons notre « injustice aux ordres ».
Au lendemain de l’indépendance, des tribunaux d’exception sinistrement connus sous l’appellation de « cours criminelles révolutionnaires » seront mis en place. Composés d’ignares promus « magistrats », ils avaient pour mission de liquider les illustres patriotes qui s’opposaient aux aventuriers venus d’Oujda et Ghardimaou. Le meilleur et triste exemple en sera la condamnation à mort en 1964 et l’exécution immédiate du plus jeune colonel de notre glorieuse armée de libération nationale, Mohamed Chabani. Un brillant officier, cultivé, qui avait courageusement résisté à la soldatesque coloniale, quand ceux qui l’avaient « jugé » étaient planqués en Tunisie et au Maroc et mettaient en place la dite « armée des frontières » qui massacrera durant l’été 62, plus de 2000 véritables maquisards et civils innocents.
L’autre scandale « judiciaire » sera le procès inique contre Hocine Aït Ahmed en avril 65. Cette illustre figure historique de la guerre de libération, sera traitée de renégat et de séditieux, par ces mêmes Tartarins des frontières, lors d’une parodie de justice orchestrée par le régime illégitime naissant. Là aussi, la « Cour criminelle révolutionnaire » (ou plutôt la Cour des criminels révolutionnaires) condamnera Si Hocine à la peine capitale. Mais l’heure du destin n’avait pas sonné pour lui, malgré l’insistance des aventuriers des frontières à faire appliquer la sentence. A leurs yeux, les véritables acteurs qui avaient façonné l’Histoire nationale devaient disparaître pour céder la place aux bravaches excrétés par l’Histoire qu’ils étaient.
D’autres illustres patriotes seront condamnés à mort par contumace (Khider et Krim) par cette injustice aux ordres au « nom du Peuple » et les sentences seront exécutées par des proxénètes de la sinistre police politique à Madrid et Frankfurt.
Nous citerons aussi à titre d’exemple, le cas du commandant Lakhdar Bouregaa, ancien officier de la wilaya 4 de l’ALN, condamné à 30 ans de prison par la sinistre « Cour révolutionnaire » d’Oran. Il était accusé d’avoir participé à la tentative de coup d’Etat de Tahar Z’Biri en 1967, contre Mohamed Boukharouba, auteur lui-même du Coup d’Etat de juillet 62 contre le GPRA et du complément de coup d’Etat du 19 juin 65.
De cette Cour de « justice », Si Lakhdar disait dans ses Mémoires : « J’étais surpris par la composition hétéroclite de la cour. Elle comprenait des officiers, des anciens de l’ALN, mais aussi d’autres, qui provenaient des promotions Lacoste, ces hommes formés par l’ancien gouverneur de l’Algérie pour prendre le relais du colonisateur. (…). La cour était présidée par Mohamed Benahmed Abdelghani, colonel, futur ministre de l’Intérieur, futur chef du gouvernement, le chef d’une équipe de fossoyeurs venus enterrer les victimes déjà détruites par la prison et les sévices. Il était secondé par Ahmed Draïa, futur patron de la police et futur ministre et Mohamed Touati, futur idéologue du régime. En pleine séance du tribunal, sont arrivés les responsables de la sécurité militaire. A leur tête, le colonel Kasdi Merbah, patron de la SM, futur ministre, chef du gouvernement, accompagné de Yazid Zerhouni, un de ses adjoints, futur ministre de l’Intérieur. Ils s’installèrent sur des sièges au premier rang. Ils avaient des cartables, dont ils tiraient des dossiers, des documents par paquets, qu’ils mirent bien en évidence, face aux magistrats. Ils voulaient visiblement les impressionner, pour les pousser à prononcer les condamnations les plus sévères. »
Outre ces figures historiques, cette injustice aux ordres sera là aussi pour faire taire toute rare voix libre qui s’élevait d’une société soumise à une chape de plomb. Personne n’y échappera. Berbéristes, islamistes, benbellistes, gauchistes, tous connaitront ces cours révolutionnaires puis la dite Cour de Sûreté de l’Etat de Médéa, juridiction d’exception aux procès expéditifs, basés sur des aveux extorqués sous la torture et aux verdicts dictés par téléphone.
Un rassemblement devant l’Université d’Alger en novembre 82, d’intellectuels du courant islamique leur coûtera plusieurs années de prison pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » par cette cour de Médéa, et ce, après d’affreuses tortures au centre de Bouzaréah.
La création de la Ligue Algérienne de défense des droits de l’Homme en 1985 par un groupe d’universitaires et d’avocats dont Ali Yahia Abdenour, coûtera également à ses initiateurs la comparution devant cette même sinistre Cour de Médéa et leur inculpation pour complot « visant à porter atteinte à l’autorité de l’Etat ». Ils seront condamnés à de la prison ferme allant de 9 mois à 3 ans. Défendre la dignité humaine et les droits de la personne humaine était assimilé à un crime par les imposteurs érigés en tuteurs de la Nation.
Durant le même procès, des enfants de martyrs d’Alger, Tizi-Ouzou et Chlef qui ont eu « l’outrecuidance » de déposer des gerbes de fleurs sur les tombes de leurs parents, morts au champ d’honneur, seront eux aussi inculpés d’atteinte à la sûreté de l’Etat et condamnés à de lourdes peines par cette même Cour de la honte de Médéa…..au nom du Peuple, de la Révolution et des Martyrs !!
En Octobre 85, le chanteur Lounis Aït Menguellet était condamné arbitrairement à trois années de prison pour « détention d’armes ». Il s’agissait de vieilles armes de collection qui décoraient son modeste domicile. L’injustice aux ordres l’avait en réalité condamné pour ses chansons engagées qui dénonçaient le régime corrompu et ses ….injustices !
L’injustice aux ordres connaîtra ses très graves dérapages et à l’échelle industrielle, après le Coup d’Etat de janvier 92 et l’instauration des tribunaux d’exception appelés pompeusement « cours spéciales ». Des juridictions honteusement calquées par les « juristes » de service et des « services » sur les sections spéciales du gouvernement de Vichy. La France officielle, dans sa face ignoble (coloniale et collaboratrice) a toujours été la référence idoine du régime illégitime. Au nom du peuple et au nom de la « lutte anti-terroriste », des milliers d’innocents seront arbitrairement condamnés par ces tribunaux d’exception. Je tiens, à cette occasion, à saluer le courage de cette poignée de magistrats qui a refusé de participer à ces parodies de justice et de cautionner cette monstruosité judiciaire. Certains, dont des amis, ont été « mutés » en représailles, dans certaines zones « chaudes » et assassinés par les trop suspects GIA. Je tiens, là aussi et à cette même occasion, à m’incliner devant leur mémoire. D’innocentes victimes de machinations diaboliques.
De cette période tumultueuse, je retiendrais deux cas assez significatifs, victimes de cette injustice aux ordres.
Le premier cas est celui de feu Abdelkader Hachani, ingénieur et homme politique, arbitrairement incarcéré en 1992 pour avoir appelé l’institution militaire à respecter les résultats du suffrage universel de décembre 91 et à ne pas intervenir pour interrompre le processus électoral. Il sera accusé « de publication d’informations nuisant à l’intérêt et à l’unité nationale » (!). Il sera maintenu en détention préventive durant cinq années et demi (!!). Et après 9 grèves de la faim pour réclamer son jugement, il sera « condamné » à…….cinq années de prison. Cinq ans et demi d’emprisonnement dans l’un des bagnes les plus sinistres de l’histoire de l’Algérie (coloniale et post-indépendance) pour avoir appelé au respect de la Constitution !!
Le 2e cas est celui d’un universitaire constantinois, ex-militant du PAGS, Ali Bensaâd qui sera condamné en juillet 1998 à la peine capitale par contumace pour ……. appartenance à un groupe armé islamiste !!! Son « crime » : avoir critiqué publiquement lors d’un meeting électoral en 95 l’ex-chef de la police politique, Mohamed Betchine. L’injustice aux ordres avait été mise en branle pour le « punir ». En réalité, il avait été condamné à mort par contumace pour un délit d’opinion ! Le tapage médiatique mené par une certaine presse en 98 avait obligé l’appareil judiciaire à faire marche arrière quelque temps après et à prononcer un non-lieu. Dans les faits et en toute honnêteté, l’affaire « Bensaâd » avait été exploitée durant cet été 98 par cette presse dans le cadre d’une féroce lutte clanique qui finira par « dégommer » Betchine et pousser Zéroual à la démission. Ce n’était pas le malheureux universitaire qui intéressait cette presse mais plutôt le général en retraite qu’il fallait abattre politiquement, car il gênait l’autre clan des éradicateurs purs et durs.
A partir de 1999, à l’ère de la concorde civile, de la fausse réconciliation nationale et de la paix des cimetières, on assistera à l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire par le pouvoir illégitime pour étouffer toute contestation légitime et toute opposition à son désordre établi. Hier, les « visiteurs de la nuit » kidnappaient le citoyen pour le torturer et le séquestrer sans jugement. Aujourd’hui, la répression s’est « civilisée » et « démocratisée ». C’est l’injustice aux ordres qui est chargée de ce travail, au nom de la loi et au nom du peuple !
Là aussi, deux exemples nous viennent à l’esprit. Il s’agit des cas de deux journalistes.
Ahmed Benaoum est journaliste, directeur du journal ERAÏ (l’opinion). Il sera maintenu en détention préventive durant onze mois en 2004 pour des accusations de fraude fiscale et de falsification de documents officiels dans une affaire datant de plus d’une douzaine d’années !! Abdenour Ali Yahia écrivait sur cette affaire : « Ahmed Benaoum a été emprisonné pour faux et usage de faux, alors que l’acte notarié présenté par la direction des impôts comme acte d’accusation, était lui-même un faux, visible à l’œil nu. La décision du juge d’instruction de le maintenir en détention sur ordre venu d’en haut, du pouvoir publique, alors que l’acte notarié était visiblement un faux, était viciée dans la forme et dans le fond, frappée de suspicion légitime ». Benaoum était un journaliste et directeur de presse qui refusait de s’aligner sur la politique d’éradication de l’époque et de se mettre sous la coupe des « services ». N’étant pas un adepte de l’indignation sélective et ayant dénoncé les atteintes gravissimes aux droits de l’Homme durant les années de sang et de larmes, il fera les frais de cette injustice aux ordres qui lui préfabriquera des dossiers sur mesure pour le faire taire et le priver de liberté durant près d’une année.
A l’opposé, Mohamed Benchicou, un autre journaliste et directeur du Matin, quotidien de l’éradication d’une partie de la population, sera lui aussi victime de cette injustice aux ordres, dont il avait tu, durant une décennie, ses graves dérives. Il avait publié en 2004 un ouvrage, «Bouteflika : une imposture algérienne », soufflé par un gang de l’oligarchie militaro-financière, en pleine mascarade électorale des « présidentielles » et dans le cadre d’une féroce lutte interclanique. En dernière minute et suite à un deal passé entre les différents gangs de l’oligarchie, il se retrouvera seul, lâché par ses « protecteurs ». A son tour, il sera broyé par Dame injustice . Même si nous ne partageons pas du tout les « idées » de Benchicou, mais par honnêteté, nous devons dire et clamer qu’il a été arbitrairement condamné à 2 années de prison pour un délit d’opinion. La non-déclaration des bons de caisse à l’aéroport n’était qu’un fallacieux prétexte. Une grossière machination, tout comme pour Benaoum !
Il s’agissait là, d’une revue non exhaustive de cas de victimes de cet appareil répressif au service du régime illégitime.
Il est triste de dire que les Algériens qui ont grandement souffert de la « justice » coloniale et qui se sont sacrifiés pour ces idéaux de liberté et de justice, n’ont toujours pas goûté, 47 ans après une indépendance inachevée, à la JUSTICE, au sens noble du terme, protectrice des droits des citoyens, de tous les citoyens sans distinction, face à l’arrogance des oppresseurs, des haggarines et des beggarines. « Le malheur de notre justice est de mériter elle-même de passer en jugement » écrivait il y a quelques années, un ami avocat, lui-même happé par cette injustice aux ordres.
Ils se comptent par milliers ces compatriotes anonymes victimes de Dame injustice, des sans voix et des sans « appuis » qui n’ont pas la chance d’être écoutés ni médiatisés, à l’image de notre jeune compatriote Mohamed Baba Nadjar de Ghardaïa. C’est notre rôle, à nous, citoyens libres d’être à leur côté et de défendre leurs droits bafoués, en attendant de rassembler toutes nos forces, sans exclusion aucune, en vue de l’édification de l’Etat de Droit et des Libertés, où l’indépendance de la justice ne sera pas un slogan faux et creux, mais une éclatante réalité.

Salah-Eddine SIDHOUM
Alger le 25 mai 2009

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intervention trés pertinente de salah-eddine sidhoum dans un forum

Posté par algeriedemocratie le 21 décembre 2008

Suite à l’interview de mon ami Lahouari Addi, je voudrais apporter quelques remarques d’ordre historique d’abord puis quelques réflexions politiques.
Je crois que ce que Lahouari appelle « notre réalité historico-politique » est bâtie sur une imposture qui date de la guerre de libération et qui a débuté par la mainmise effective des chefs militaires et plus particulièrement des 3 B (colonels Bentobbal, Boussouf et Belkacem Krim) sur la conduite du mouvement de libération. Le tournant de cette triste « réalité » a été la tragique liquidation physique d’Abane Ramdane, unificateur de toutes les forces politiques au sein du FLN et artisan avec Ben M’Hidi de la plateforme de la Soummam qui structurera politiquement et militairement le mouvement de libération. Dès lors la conduite du mouvement de libération sera marquée par une série de dérives militaristes :
- désignation par cooptation du 3e CNRA par une poignée de « colonels » en 1959,
- ce même CNRA illégitime « décidera » en janvier 1960 de la création de l’Etat-major des frontières.
- ce dernier, au fil du temps finira par s’autonomiser et de se libérer à la fois de la tutelle des 3 B et du GPRA. Il constituera un Etat dans un Etat se permettant de lever une armée classique dite « armée des frontières » pour préparer la prise du pouvoir, alors que les maquisards de l’ALN se faisaient écraser à l’intérieur par le rouleau compresseur des opérations « Jumelles », « Pierres précieuses », « Courroie » et autres….
Et nous avons en mémoire la peu glorieuse entrée à Alger de cette armée des frontières durant l’été 62, massacrant le long de son passage forcé, les maquisards de notre Armée de Libération Nationale qui avaient survécu aux opérations militaires coloniales. Les chemins menant d’Oujda et de Ghardimaou vers la capitale seront jonchés de plus de 2000 cadavres de moudjahidines et de civils qui s’étaient opposés à ce coup de force qui allait coûter très cher au pays.
Et nous savons tous comment furent éliminés les véritables maquisards de la guerre de libération des postes de décision politique au détriment des « officiers » des frontières et des sous-officiers « déserteurs » de l’armée coloniale qui avaient rejoint l’Etat-major la veille du cessez-le-feu. Ne resteront en poste que les « officiers » de cette armée et les rares de l’intérieur acquis à la clique de cet Etat-major. C’est sur cette base d’allégeance que se structurera l’armée nationale. Et nous savons comment furent éliminés (le plus souvent physiquement) ceux qui tenteront, suite à un réveil tardif, de s’opposer à la sournoise légitimation du pouvoir militaire (Chabani, Abbès, Abid, Z’biri et tant d’autres).
La mainmise progressive de l’Etat-major des frontières sur les rouages politiques (coup d’Etat contre le GPRA durant l’été 62 en utilisant une piètre façade « politique », puis le complément de coup d’Etat de juin 65 contre cette même façade) s’achèvera en décembre 67 avec l’échec du coup de force de Z’biri contre Boukharouba et la vaste épuration qui s’en suivra. Les imposteurs d’Oujda et Ghardimaou venaient alors de prendre en main tous les leviers de commande pour mener le pays vers la….faillite sanglante. Ils seront grandement aidés par des intellectuels et des technocrates, dont beaucoup s’étaient engagés sincèrement croyant œuvrer à la construction d’une Algérie libre et prospère.
Ce rappel historique était nécessaire, plus particulièrement pour nos jeunes compatriotes, pour comprendre le processus d’imposture et de légitimation par la force d’un pouvoir militaire issu de l’armée des frontières et dont la Nation toute entière paie actuellement chèrement son aventure criminelle. Et depuis, il se considère comme le tuteur de la Nation, le gardien du Temple et la source du pouvoir. Cette triste « réalité historico-politique » bâtie sur les coups de force et les intrigues et baignée de sang et de larmes, ne peut donner, à mon humble avis, une quelconque légitimité à ces reliques des frontières qui ne représentaient aucunement l’ALN.
Je crois que le temps est venu de mettre un terme aux slogans populistes et démagogiques du régime concernant l’institution militaire du genre « digne héritière de l’ALN ». Tout comme il faudrait préserver la gloire de notre armée de libération intacte et de ne pas la manipuler et la salir ,comme cela s’est fait avec le FLN, creuset de tous les courants politiques de l’époque qui a conduit le mouvement libérateur et qui fut sali au lendemain de l’indépendance par une faune d’opportunistes et de bravaches, ce qui avait fait dire à un ancien militant du mouvement national « qu’il était triste de voir le glorieux Front de Libération Nationale transformé au lendemain de l’indépendance en Front de Liquidation Nationale ».
Je crois aussi qu’au lieu de calquer une quelconque solution à la turque ou autre, il serait plus sage pour nous de réfléchir à une solution algérienne qui tienne compte de nos réalités et de nos valeurs. La hiérarchie militaire turque qui n’est pas exempte de reproches reste, qu’on le veuille ou pas, respectueuse d’une certaine éthique et s’est toujours tracée des limites à ne pas dépasser. Avec le temps, elle s’est rendue compte que les coups d’Etat ne réglaient pas le problème de la stabilité politique. Il faudrait reconnaitre aussi que le courant islamique a brillé par son intelligence et sa lucidité politiques. Le gouvernement Erdogan est le gouvernement le plus stable qu’ait connu la Turquie depuis des décennies. La menace « islamiste » brandie par certains courants politiques turcs totalement discrédités et par certains radicaux de l’armée s’est dégonflée comme un ballon de Baudruche. Le peuple avait tranché et l’armée s’était inclinée devant l’intérêt national. Car pour cette institution, quelque soient ses erreurs, l’intérêt national reste au dessus des intérêts claniques.
Pour revenir à notre réalité, je persiste à dire et à répéter que notre institution militaire qui est constituée de nos frères et de nos enfants n’est tenue à servir ni l’oligarchie dans son ensemble ni un de ses clans en particulier, mais l’Algérie, Etat et Nation, dans le cadre de ses prérogatives constitutionnelles. Elle doit cesser d’être instrumentalisée par l’oligarchie militaro-financière pour en faire la source du pouvoir. Et cela n’est plus un secret pour personne. Le temps est venu, dans l’intérêt du pays, de briser les tabous et de démystifier les choses.
Le rôle de notre institution militaire dans la phase de transition vers un Etat de Droit est fondamental. Cette transition ne pourrait se faire sans son active participation une fois libérée de la mainmise de la poignée de généraux factieux et du carcan de la police politique. Au terme de cette phase transitoire et d’un commun accord avec les institutions élues démocratiquement, l’armée entamera son désengagement effectif et progressif des affaires politiques pour s’orienter définitivement vers ses obligations clairement définies par la nouvelle Constitution, issue de la volonté populaire. Cette voie empreinte de sagesse et de lucidité politique permettra à notre armée de se réconcilier avec son peuple. Elle aura ainsi pris avec toutes les volontés nationales sincères sa responsabilité historique dans le rétablissement de la paix et l’instauration d’un Etat de droit. C’est là et seulement là que nous pourrons dire que notre armée à travers ses très nombreux officiers probes, qui aura participé avec les élites intellectuelles et politiques dignes, à débarrasser le pays d’un système corrompu et criminel est la digne héritière de l’armée de libération nationale qui avait libéré le pays du joug colonial.
Avec mes remerciements à mon ami Lahouari Addi qui nous a permis de relancer le débat sur cette question.
Fraternellement.
Salah-Eddine Sidhoum

Publié dans salah-eddine sidhoum(25) | 1 Commentaire »

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