Egypte: Des enseignants universitaires algériens torturés par la police spéciale

Posté par algeriedemocratie le 16 août 2009

Abdelkader Hadjar, ambassadeur de l’Algérie en Egypte, vient de révéler la tenue d’une rencontre avec l’un des adjoints du président Hosni Moubarak concernant l’affaire de la torture de professeurs universitaires algériens en Egypte. Les trois enseignants en question Omar Chérigui, chargé de cours, Harkati Nabil, enseignant et adjoint au chef de département des sciences commerciales, et Saâd Mérabet, chargé de cours et membre du conseil national du Cnes (syndicat des enseignants du supérieur) ont exigé l’interpellation des plus hautes autorités égyptiennes suite aux séquestrations physiques dont ils ont fait l’objet et qu’ils affirment avoir subies de la part des services spéciaux de la police égyptienne.

Les enseignants universitaires qui ont subi ce préjudice n’oublieront pas de sitôt leur séjour professionnel cairote « qui a viré au cauchemar et écourté précipitamment par les services de sécurité de ce pays frère » rapporte le quotidien algérien El Watan.

Par une correspondance adressée aux ministres des Affaires étrangères et celui de l’Enseignement supérieur, au président de l’université de Sétif et au président de l’Observatoire des droits de l’homme, les trois professeurs tentent d’informer du caractère officiel de leur voyage car ils étaient précisément délégués par l’université Ferhat Abbès de Sétif, pourvus d’ordres de mission et de tous les documents nécessaires à cette fin, leurs passeports étaient en cours de validité et sur lesquels l’ambassade d’Egypte a bien apposé des visas leur permettant de se rendre en Egypte.

« Nous devons souligner aussi que les établissements hôtes, à savoir l’Institut égyptien de planification, l’Institut d’études arabes, l’Institut des statistiques ainsi que les universités du Caire, de Aïn Chems, de Halouane et celle d’Alexandrie n’ont ménagé aucun effort concernant notre prise en charge », peut-on lire dans leur déclaration. « Nos confrères égyptiens nous ont accueillis fraternellement sauf que tout a basculé le soir du 14 janvier 2008 à 23h30, lorsque une patrouille d’agents armés de fusils mitrailleurs a fait irruption dans nos chambres d’hôtel », poursuivent les enseignants. « Refusant de décliner leur identité, ils nous ont embarqués manu malitari dans un véhicule sur lequel est écrit “Sûreté centrale-services spéciaux” ». « Nos cartes professionnelles ce sont nos fusils et l’armement lourd que vous voyez », ont hurlé les policiers à notre égard. Après une fouille de fond en comble de la chambre sous l’œil médusé des universitaires algériens, ordre est donné d’emmener le groupe d’abord au siège central pour un interrogatoire de 20 minutes. « Ils nous ont bandé les yeux et nous ont emmenés ensuite vers un lieu secret. Nous avons roulé environ 45 minutes pour débarquer vers l’inconnu », ajoutent les enseignants. « On nous a ligotés avec du fil de fer et c’est là que le cauchemar commence : nos noms ce sont des numéros : 28, 29 et 30. Séquestrés pendant 41 heures, nous devinerons que le lieu était un centre de torture. Nous entendions constamment des cris, des hurlements et d’autres choses du genre. Interrogés nuit et jour, nous étions sommés de donner des explications sur nos supposés liens avec des terroristes, en Egypte, à Londres… », Poursuivent-ils, exténués et psychologiquement atteints.

Selon nos interlocuteurs, les services spéciaux égyptiens n’ont pas hésité également à leur soutirer « de force » le mot de passe de leurs e-mails. « Sans nous autoriser de contacter notre ambassadeur au Caire et sans la moindre explication, les agents spéciaux de la police égyptienne nous ont permis finalement de quitter le sinistre centre, non sans nous avoir accompagnés jusqu’au seuil de l’avion d’Air Algérie », conclut le groupe d’universitaires.

Toutefois, l’ambassadeur algérien vient de reprocher aux universitaires algériens leur tort de ne pas avoir informé l’ambassade de leur présence dans le territoire égyptien et préconise à tout citoyen algérien devant se rendre en Egypte d’informer d’abord l’ambassade algérienne afin qu’elle puisse s’assurer de leur confort et de leur sécurité.

Synthèse Toufaux News, 2008.

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Témoignage de Hocine Abderahime

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de Hocine Abderahime

 

‘…Notre histoire avec les services de sécurité, dans les centres de torture et pendant nos interrogatoires ressemble à la fable du loup et du lapin (le loup et l’agneau?), a part que ces derniers sont des animaux et nous, des êtres humain., « 

Remarque : Les « services de sécurité » nous ont filmé et enregistré l’intérieur même des locaux de torture. Ils savaient très bien que s’ils nous avaient présenté en direct à la télévision. nous aurions fait échouer leur mise en scène et démontré leur machiavélisme, Concernant les cassettes audio et vidéo. celles-là même qui ont été enregistrées à l’intérieur (les locaux de torture, toutes n’ont pas été enregistrées directement, il est des enregistrements qui ont été effectués à notre insu, comme cela s’est passé à la caserne de la sécurité militaire d’Hydra, Pendant qu’un officier était en train de nous interroger, une caméra cachée nous filmait,

Au moment où nous parlions à cet officier, un commandant selon ce que nous avons entendu dire, nous regardions la mort en face. La torture était matérialisée devant nos veux.

Au deuxième jour de mon arrestation, ils m’ont fait entrer chez le grand responsable du Centre, le commissaire « El-Hadj Kraa. A coté de lui se trouvait une caméra.

Sa première question fut : « Qu’est-ce que tu sais? Parle-moi de J’affaire le l’aéroport » J’ai été étonné par cette question Je lui ai dis qu’à part ce que j’avais lu dans les journaux et vu à la télévision, je ne savais absolument rien d’autre sur cette affaire J’ai été extrêmement peiné lorsque j’ai su qu’une bombe avait explosé à l’aéroport, causant la mort de plusieurs personnes. J’ai tout de suite pensé que cela ne pouvait être l’œuvre d’Algériens.

Dès le début j’ai dit au commissaire, à l’instar de ce qu’avait déclaré Bélaid Abdesselam, le chef du Gouvernement, que ce sont des mains étrangères qui sont derrière cette opération. La caméra était en marche. Tout ce que j’ai dit a été enregistré. Et lorsque le commissaire Kraa s’en est aperçu, il s’est retourné et a lancé au cameraman : « Qui est-ce qui t’a dit d’enregistrer, Qui est-ce qui t’a dit de travailler? ». De toute évidence, cette réaction s’explique par le fait qu’il n’était pas satisfait par mes réponses, Il ordonna donc au cameraman de cesser d’enregistrer, et il continua à me parler en termes de menace. Il disait qu’il allait utiliser d’autres moyens… J’ai juré d’avoir dit la stricte vérité, « D’ailleurs, vous avez certainement entrepris une enquête sur cette affaire », lui ai-je dit, Je suis maintenant entre vos mains. Si vous êtes en possession de la moindre preuve, ou S’il y’a un témoignage contre moi, je suis prêt à toute confrontation !

 

Il m’a alors dit : ‘je suis convaincu que tu n’as pas ordonné cette opération et que tu n’y es mêlé ni de près ni de loin, mais je ne te crois pas quand tu me dis que tu ne sais pas qui est derrière cette affaire

La question qui se pose est la suivante : Pourquoi le commissaire Kraa a refusé l’enregistrement de ce dialogue? Pourquoi ne pas avoir passé ces propos à la télévision

Est-ce parce que cela n’aurait pas servi la manigance qui a été présentée à l’opinion publique..,

La première semaine, et plus exactement le vendredi, après la prière d El-Asr, ils m’ont fait entrer dans le bureau du commissaire. J’y ai trouvé le directeur général de la Sûreté nationale, M Tolba. Ce dernier m’a posé la même question concernant l’affaire de l’aéroport. je lui ai répété ce que j’avais dit auparavant au commissaire Kraa La aussi, je ne fus ni filmé, ni enregistré, Parce que, de toute évidence, mes propos ne servaient pas le scénario qu’ils avaient préparé.

Le directeur général de la Sûreté ne me répondit pas. Il ordonna qu’on me fasse sortir du bureau. Et je rejoignis ma cellule.

Au lendemain de cette entrevue, le samedi matin, un officier nommé Talhi est venu en compagnie d’un groupe de tortionnaires et m’a dit « C’est terminé, les discussions philosophiques avec les responsables! Maintenant, c’est avec nous que tu dois parler. Nous sommes des militaires… des caporaux, et nous nous fichons de Dieu, de la politique, et de la religion, Si tu n’avoues pas, nous allons te torturer comme jamais tu ne fus été. S’il est nécessaire de te tuer, nous allons le faire,

Tu ne seras ni le premier ni le dernier… Et nous allons commencé par t’arracher les testicules, comme ça tu ne pourras pas avoir de relations avec ta femme.

Ses propos ont été ponctués des pires grossièretés. Ils m’emmenèrent ensuite de force à la chambre des tortures, Ils me ligotèrent les mains derrière le dos avec des menottes, m’enchaînèrent le corps entier avec des cordes très épaisses, et recouvrirent ma tête. Ils me firent ensuite ingurgiter de l’eau à l’aide d’un chiffon, je continuais à clamer mon innocence et crier à l’injustice. L’officier me dit alors : « Meurs comme un chien. Et si cela ne te suffit pas, nous allons passer à l’électricité », et d’ajouter à son collègue : Fais fonctionner les 380 Volts!’

J’ai vu la mort devant moi. Après d’insupportables souffrances, je leur ai inventé le scénario de J’affaire de l’aéroport et j’ai mentionné des noms de frères innocents afin que l’on cesse de me torturer. Effectivement, une heure après, on me délivra de mes chaînes et on me présenta au commissaire Kraa qui me demanda de lui répéter ce qui, j’avais dis sous la Torture, tout en ordonnant au cameraman de m’enregistrer, J’ai commencé alors à parler comme si j’avais effectivement participé a l’affaire La, j’ai cité les frères Moliamed Aimat, Djamel Ressaf, et BenToumi, tous innocents. Mais le commissaire Kraa ne fut pas satisfait du scénario que j’avais inventé et qui a été intégralement enregistré sur caméra.

Il m’a dit : « Tu mens! Il n’y a aucune cohésion entre ce que tu dis et les informations » - ! ! Pourquoi ne pas vous en servir pour la recherche de la vérité?. Et pourquoi alors nous torturer?? ». Ensuite, on me reconduisait à ma cellule.

Un ou deux jours après, ils sont revenus de nouveau pour me torturer, après m’avoir donc forcé à faire de faux aveux et à citer des personnes innocentes.

ils m’ont frappé à la tête avec un instrument qui ressemble à une chignole.

Mon crâne était sur le point de se briser, et ils m’emmenèrent à l’hôpital de Ain Naâdja, où un me soigna dans des conditions atroces, Le médecin a eu beaucoup de mal pour coudre ma blessure à la tête puisque j’étais enchaîné, je fus ensuite conduit à l’infirmerie du Centre de torture, Deux ou trois jours après l’incident, l’officier est venu et m’a conduit au bureau du commissaire Issouli où, tous deux, m’interrogèrent au sujet de l’affaire de l’aéroport Lorsque je leur ai dit que j’étais innocent, l’officier Talhi me frappa à la tête malgré ma blessure et I’enflement de mon visage. Les points de suture n’y ont pas résisté et le sang gicla de ma tête avec abondance. Il se mit a me secouer la tête et me dit « Bois Ton sang ! ». J’ai commencé à crier et à demander du secours.

J’ai été ensuite conduit, une deuxième fois, à l’hôpital de Aïn Naâdja où je fus traité de la même manière qu’auparavant. Après, ils me reconduisirent au Centre de torture, et je fus jeté dans une chambre, Ils m’enchaînèrent à un lit et me forcèrent à Faire mes besoins dans des bouteilles en plastique, Un ou deux jours plus tard, ils sont revenus et m’ont reposé la même question. J’avais d’horribles maux de tête. je leur ai redit que je ne savais rien de l’affaire de l’aéroport.

ils m’ôtèrent alors les chaînes et me torturèrent de nouveau en utilisant le procédé de L’eau et du chiffon. Lorsque je n’en pouvais plus, je leur ai inventé une autre histoire, un autre scénario différent du premier mais tout aussi imaginaire.

Après m’avoir enregistré, ils me dirent: » Tu continues à mentir ! ».

A travers leurs questions, ils pouvaient évidemment savoir si j’étais en train de mentir ou non. Quand ils m’ont demandé après, la forme et la couleur de la valise qui contenait la bombe, une fois j’ai répondu qu’elle était verte, une autre fois j’ai dit qu’elle était rouge. Et à chaque fois, ils me rouaient de coups.

Comment aurais-je pu savoir la forme et la couleur de la valise alors que je suis innocent.

Le dernier vendredi de notre présence au Centre de torture; à 13 heures précises,

on me fit entrer au bureau du commissaire divisionnaire Kraa qui me dit : il est temps pour toi d’avouer! ».

J’ai dit : « Entends-tu l’appel à la prière du vendredi.. Je jure devant Dieu que je n’ai aucun lien avec l’affaire de l’aéroport.

Savez-vous ce qu’il m’a répondu… Il m’a dit : je suis convaincu que tu n’as participé à cette opération ni de prés ni de loin. Mais je ne te crois pas lorsque tu dis que tu ne sais pas qui l’a planifiée,.. »

je lui ai dit : « je suis innocent. Vous êtes en train de me torturer. C’est injuste » Il se tut et ordonna qu’on me fasse sortir de son bureau.

Le dimanche d’après, juste après la prière d’El-Asr je fus entouré par près de 20 policiers.

Ils me couvrirent la tête jusqu’au niveau du nez, me jetèrent sur une table en bois, m’enchaînèrent les mains derrière le dos et ligotèrent tout mon corps par les cordes. Ils me firent ensuite boire de l’eau de force jusqu’à ce que j’en faillis mourir. En même temps, ils m’interrogeaient au sujet de l’affaire de l’aéroport tout en sachant que le premier enregistrement avait déjà été présenté à la télévision comme étant, soi-disant, la vérité, Devant l’atrocité de la torture, je me surpris à citer des noms de personnes qui n’avaient rien à voir ni avec l’affaire de la bombe de Aéroport, ni avec le mouvement armé. Tel le frère Hechaichi Rachid, le commandant de bord.

Lorsque j’ai fait mention de l’heure, de l’endroit et du moment de l’appel téléphonique concernant la bombe, ils m’ont dit : « Nous n’avons pas besoin de ces informations. Tu les as lues dans les journaux! Nous voulons, par contre, des noms!… »

C’est alors que je leur ai inventé une troisième histoire, toute aussi imaginaire que les deux premières, A la suite de quoi, ils m’emmenèrent en compagnie de quelques frères à la caserne de la sécurité militaire d’Hydra. Ils me mirent face à un officier, un commandant à ce qu’un dit, qui m’ordonna de lui raconter la toute dernière histoire que j’ai inventée sous la torture, et qui est différente de celle qui a été enregistrée sur la bande vidéo qu’ils ont fait passer à la télévision. Au moment, une caméra cachée était en train de me filmer a mon insu.

Et lorsque nous sommes revenus au Centre de torture de Ben-Aknonoun, le commissaire m’a ordonné et forcé à parler face à la caméra, de telle sorte que je paraisse naturel, (Pour faire passer cela comme des aveux.). Ils m’avaient donné un « Kamis » et une ‘Chéchia » neufs. Parce que mon « Kamis » était maintenant plein de sang. Le commissaire Issouli m’avait préparé ce que je devais dire, sous la menace De me renvoyer à la salle de torture. (il ma menacé de torture et de mort).je lui ai alors dit qu’il Y avait, en ce qu’il m’ordonnait de dire des propos que je n’ai même pas tenus sous la torture. Tels ceux relatifs au Soudan, à l’Iran, et ceux mettant un cause les Cheikhs Ben Azouz et Méliani. (Ce sujet m’est d’ailleurs complètement inconnu), ou ceux relatifs à notre soi-disant planification pour la « destruction des institutions économiques », y compris l’aéroport, ainsi que l’imaginaire collusion du Front Islamique dans tout cela!

De même, il fallait que je demande pardon au peuple pour apparaître comme étant le responsable effectif de l’affaire de l’aéroport’.

Mais j’étais capable de leur indiquer, s’ils me l’avaient ordonné, le lieu de la tombe d’Hitler, tellement j’étais traumatisé par J’atrocité de la torture que javins subie, Malgré cela, je ne savais pas que cet enregistrement était destiné aussi à la télévision. Ils m’avaient affirmé qu’ils allaient le conserver comme archive, Mais leur machiavélisme consistait de me placer devant le fait accompli : Présenter ces propos au peuple! Grâce à Dieu, le peuple a été à la hauteur, Parce qu’il connaît parfaitement la véritable nature des services de sécurité et ce dont ils sont capables de faire. Et il connaît tout aussi bien la nature de la télévision algérienne. C’est pour cela que le peuple a vite compris qu’il fallait rechercher la vérité ailleurs que dans un enregistrement effectué dans des conditions plus que suspectes, et qu’il s’agissait, en fin de compte, d’une grande mascarade.

Nous avons donc été torturés, un mois durant, jusqu’au dernier instant. Ils ne nous ont pas laissés le moindre répit.

Le jour où ils nous ont transportés au Tribunal, ils nous ont enchaînés de manière sauvage, à l’intérieur même du camion qui nous transportait. Pour que nous ne puissions pas nous défaire de la hantise de la torture, des menaces et de la terreur, Nos mains étaient ligotées entre nos jambes et nos têtes, maintenues brutalement vers le bas. Nous sommes restés dans cette position très douloureuse jusqu’à notre arrivée au Tribunal `Abane Ramdane », où toute une armée de policiers nous attendait, comme pour nous exécuter déjà. Meme chez le procureur général, ils nous menacèrent de nous reconduire au Centre de torture si jamais il nous venait à l’esprit de nous rétracter.

Et pour nous terroriser encore plus, seuls des hommes armés jusqu’aux dents et portant des cagoules étaient présents au tribunal. Chez le juge d’instruction, nous sommes restés enchaînés, et ils ont même voulu rentrer avec nous,

Après cela, nous étions dans un tel état que nous avaient été si injustement attribué, et ce de peur de retourner au Centre de torture.

La hantise de la torture ne m’a pas quitté en prison.

Un jour, je me suis réveillé au milieu de là nuit en criant à l’adresse du frère Saïd : « Viens à mon secours! Ils veulent me tuer!.. » Saïd a tout fait pour me calmer, Le gardien est venu aussi auprès de moi et m’a dit: « N’ait pas peur, personne n’est en train de torturer… ».

J’ai oublié beaucoup de choses du fait de ma blessure à la tête. je m’évanouissais souvent, et je ne pouvais faire la différence entre un ami et un policier.

Lorsque les frères m’ont vu dans cet état, ils ont été très attristés, Les policiers leur ont dit : « Votre compagnon a voulu se suicider! »

Je me rappelle qu’a l’hôpital de Ain-Naâdja, lorsque le médecin a demandé après Ies causes de mon état, ils lui ont dit que je me suis cogné la tête contre le mur’

Et je n’ais pas osé lui avouer la vérité par peur de la torture. Chez le juge d’instruction, j’ai parlé de suicide pour la même raison, je ne voulais plus retourner au Centre de torture,

Je tiens, enfin, à faire quelques remarques au sujet du traitement médiatique de J’affaire, ainsi que sur la manière avec laquelle j’ai été « soigné » à I’hôpital.

Concernant la presse, je dépose plainte contre tous les journaux qui ne se sont pas donnés la peine d’aller au delà de la manigance présentée à la télévision et qui nous ont présentés de fait, à l’opinion publique, comme étant des criminels, et ce avant d’attendre que la justice ne tranche et rétablisse la vérité.

Je dépose également plainte contre les médecins de j’hôpital de Ain-Naâdja, qui ont eu la charge de me soigner. Les séances de soins se faisaient d’une manière barbare, et ces médecins n ont jamais pu dire aux policiers de m’enlever les menottes et les chaînes.

je suis resté jeté sur le lit, les mains enchaînées derrière le dos. (Est-ce ainsi que les hommes vivent)

 

                                                                                                                                  Hocine Adberahim

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Témoignage de Harik Noureddine, torturé durant sa garde à vue

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de Harik Noureddine, torturé durant sa garde à vue

 

je soussigné, inculpé Harik Noureddine, né le 29 août 1964 à Alger, universitaire, certifie aux autorités judiciaires la non reconnaissance des chefs d’inculpations qui me sont reprochés par la police et les services de la sécurité militaire, en dehors de mes déclarations faites devant le juge d’instruction au palais de justice, et lors de la deuxième instruction en prison et qui recoupent ce que j’avais déclaré initialement à la police. Tout ce qui existe sur le procès-verbal n’est qu’une pure invention de la police qui a utilisé tous les moyens abominables et inhumains de torture. lis ont excellé dans l’art de torturer pour m’arracher de faux aveux.

Tantôt un me disait : « tu as tué un tel  » et dès que je réfutais ces accusations, j’étais soumis aux pires technique de torture. J’étais contraint, dans la plupart des cas, à admettre ces faux aveux pour échapper au supplice. C’est ainsi qu’il ont préfabriqué un procès verbal sur mesure m’impliquant dans des faits extrêmement graves que j’ai pu découvrir par la suite chez le juge d’instruction, en sachant que j’ai signé le P.V. sans pouvoir le lire et sous la contrainte.

je vous citerais quelques méthodes sauvages de torture utilisées pour m’arracher des faut aveux

Après mon arrestation le 7 septembre 1993 je fus conduis directement au siège de la sûreté de daïra où je fus « accueilli » par une meute de policiers qui me jetèrent au sol et se mirent à me frapper par des coups de poings et de pieds au thorax et au visage jusqu’à tuméfaction du visage. Puis, ils m’attachèrent à un banc de torture, les poings liés sous le banc et les pieds attachés solidement par une corde. Ils installèrent un tabouret sur mes pieds et un tortionnaire s’assit dessus, On m’appliqua un chiffon sur le visage et on versa des litres d’eau sale dessus jusqu’à ce que je vois la mort devant mes yeux et je commençais à perdre connaissance; malgré cela, les tortionnaires continuaient à m’assener des coups de poings au visage et de pieds au thorax et à l’abdomen. C’est ainsi que l’interrogatoire sous la torture dura deux heures ou plus, Le lendemain, je fus ramené à nouveau dans cette sinistre salle et je fus sujet à de nouvelles tortures plus atroces que celles de la veille. Parmi celles-ci, je citerais.

1- Des coups de poings et de pieds au visage,

2- Des coups avec une grosse matraque aux coudes et aux genoux,

3- Utilisation de la technique du chiffon jusqu’à la perte de connaissance.

4- Privation de nourriture et de sommeil pendant plusieurs jours en restant enchaîné.

5- Menaces de sodomisation et versement de vin rouge sur le corps.

Après 17 jours de séquestration et de tortures je fus transféré vers les locaux de la sécurité militaire (selon mes tortionnaires), Li, je connus les pires sévices et souffrances que je n’avais encore jamais vus. Les tortionnaires de la sûreté de daïra étaient des anges devant ceux de la S.M. Dès mon arrivée je fus conduis à la salle de torture et allongé par la force sur un banc en ciment; on m’attacha solidement à lui par les poings et les pieds après m’avoir déshabillé, Ils commencèrent par l’épreuve du chiffon et me versèrent des litres d’eau d’un seul coup jusqu’à l’asphyxie tout en me boxant le visage. Cette séance se répéta durant plusieurs jours. En plus de cela, j’ai eu droit:

1- A J’électricité sur les parties sensibles du corps comme les mamelons et les parties génitales au point où j’avais d’énormes difficultés à uriner pendant des semaines du fait des brûlures atroces que je ressentais. Cette gégène fut utilisée à plusieurs reprises sur moi.

2- Utilisation d’un gourdin sur ma tête. J’avais l’impression que mon crâne allait éclater J’avais des douleurs atroces sur tout le corps suite aux multiples coups reçus avec ce gourdin. je garde des séquelles à ce jour.

3- Utilisation d’une bouteille pour me frapper sur la tête et le thorax ainsi que d’un briquet pour brûler ma barbe.

4- On a placé un chien sur mon dos, après m’avoir déshabillé et on me menaça là aussi de me sodomiser si je ne reconnaissais pas les faits. je suis resté plusieurs nuits enchaîné dans ma cellule.

C’est ainsi que j’ai passé ces journées entre la vie et la mort jusqu’à mon incarcération le 6 octobre 1993.

 

Harik Nourreddine

 

Nourreddine Harik a été jugé par le tribunal d’exception d’Alger le 12 avril 1994 dans le cadre du « procès des assassins d’intellectuels », procès entaché d’irrégularités, de contradictions et où tous les inculpés ont clamé que les faux aveux avaient été extorqués sous la torture. il a été condamné à mort.

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Témoignage de Mohamed castré par une matraque électrique

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de Mohamed castré par une matraque électrique

 

Le jeudi 4 novembre 1993, à 13 heures, alors que je me trouvais avec des amis du quartier, quatre individus en civil sont descendus d’une fourgonnette Renault Express blanche. Ils m’ont jeté à l’arrière de véhicule de façon violente et sauvage, ce qui m’a occasionné plusieurs blessures a la tête. Ils m’ont bandé les yeux et couvert la tête avec ma chemise. Ils se sont dirigés vers un endroit tout proche. A peine arrivés, un groupe de policiers s’acharna sur moi, en me portant des coups violents, coups de pieds, coups de poings, coups de matraque, en plus des injures et grossièretés proférées à mon encontre ainsi qu’à ma famille. Tout cela s’est déroulé dans la cour de cet endroit.

Ils ont voulu m’introduire dans une salle de torture mais elle était occupée par une autre personne. Ils ont donc profité de l’occasion pour se reposer et déjeuner et m’ont jeté dans une cellule.

Après un bref instant, les voilà de retour. Ils m’ont conduit dans la pièce de torture qui venait d’être libérée puis qu’il n’y avait plus de cris. Ils me jetèrent au sol, les yeux toujours bandés. Ils me déshabillèrent de force et toujours avec la même violence, m’ont fait asseoir sur un banc en ciment, m’attachant les main en dessous de ce banc avec des menottes, et les pieds avec une grosse corde.

L’un d’eux s’est assis sur mes jambes, puis l’opération du chiffon commença par le versement d’une quantité infinie d’eau dans la bouche. Ne pouvant respirer que par le nez, ils me pincèrent ce dernier fortement. Je suffoquais et l’eau absorbée faisait souvent fausse route vers les poumons.

L’opération dura deux heures, puis on passa à l’interrogatoire. On me jeta ensuite dans une cellule; le soir les policiers revinrent me conduire à la salle de torture pour répéter la même opération et me faire subir les même sévices. Apres deux heures de tortures, on me reconduisit à la cellule dans un état subcomateux.

Les mêmes opération durèrent sans relâche 4 jours, du matin jusqu’a midi (le temps de prendre leur repas) puis jusqu’au dîner, parfois jusqu’à des heures tardives de la nuit. Une seule séance de torture durait de deux a trois heures, et chaque tortionnaire etait spécialisé dans une technique particulière, notamment :

  • le matraquage des points sensible du cors à l’aide d’un instrument électrique, particulièrement sur le sexe. Le tortionnaire, usant de cette technique s’est tellement acharné sur moi que mes organes génitaux se sont tuméfiés d’ou une impotence totale et définitive.

Utilisation de ce même appareil sur les yeux, provoquant des hémorragies et une baisse considérable de la vue. Appliqué au niveau de la bouche, il provoque une tuméfaction des lèvres, des gencives et de la muqueuse buccale, entraînant une impossibilité d’alimentation pendant plusieurs jours.

Cet instrument consiste en une matraque génératrice de décharge électriques, provoquant des douleurs atroces sur les poins sensible du corps, sans laisser de traces.

Cependant, une application prolongée de cet instrument provoque la perforation de la peau jusqu’à la vue de l’os sur la jambe gauche.

  • Brûlures a l’aide de cigarettes sur tout le corps et particulièrement sur les partie sensible; j’en porte des traces aujourd’hui sur la poitrine.
  • Ils m’ont fait asseoir sur une chaise, attaché les main derrière le dos à l’aide de menottes et ont commencé à me donner des coups sur le visage et sur la tête.
  • Durant toute la période de torture, environ un mois, j’etais presque nu, ils avaient pris toutes mes affaires et m’ont remis un pantalon complètement déchiré et une chemise très fine. Ils me faisaient sortir dans cet état tôt le matin ou la nuit dans un froid glacial et me laissaient dans la cour sous la pluie, les mais liées.

En plus de cette torture physique, ils ont usé avec moi de différentes méthodes de torture psychologique comme des menaces de mort, des pressions, des intimidations et du chantage, par exemple de faire venir mes parents, les violer devant moi et les torturer, pour que je signe le procès-verbal préparé par leurs soins.

Le chantage b’etait pas vain, puisque 10 jours après j’ai eu la douloureuse surprise de voir ma mère âgée de 45 ans ainsi que mon frère aîné amené dans ce même centre de torture.

Apres 10 jours de tortures, mon fut relâché et ma mère conduite a la prison d’El-harrach.

A mainte repris, ils m’ont menacé de m’expulser vers le Maroc, ainsi que ma famille – parce que nous sommes de nationalité marocaine – ou de faire dynamiter la maison.

A plusieurs reprise également, ils m’ont conduit chez moi, sous prétexte de perquisition. Ils saccagèrent tout ce qui était à portée de main. L’un d’eux mit un couteau sous la gorge de ma grand-mère pour la terroriser. D’autres ont battu ma mère sous les yeux de ses enfants. A chaque visite nocturne à mon domicile ils semaient la terreur et la panique.

Et à mainte reprises la nuit, ils me sortaient de ma cellule ou de la salle de torture, me jetaient a l’arrière de leur véhicule, les poings lies et on roulais de longs moments et a chaque fois je sentais la mort roder quand ils me menaçaient de « m’abattre et de me jeter dans la rue comme un chien ».

A la fin j’etais près a signer n’importe quoi, pourvu que ces souffrances cessent et que ma mère puisse sortir de cet enfer.

Le 8 décembre 1993, soit après 36 jours de garde a vue a châteauneuf (j’ai su par la suite le lieu exact de ma séquestration) j’ai été transfère avec ma mère ainsi que d’autre citoyens vers le commissariat central d’Alger alors qu’ils m’avaient promis de relâcher ma mère des que je signerais le procès-verbal.

Arrives au commissariat central, et croyant que le calvaire etait terminé, me croyant être chez des gens civilises, je fus conduit dans une cellule souterraine, les main liées derrière le dos, abandonné, 2 ou 3 jours sans nourriture ni eau, portant les même haillons. Je fus sorti a plusieurs reprise dans une salle avec un bandeau sur les yeux. Tous les policiers qui passaient me ruaient de coups, ce qui provoqua des douleurs atroces au niveau de la colonne vertébrale et du genou droit ou j’avait été opéré. A ce jour, le bourdonnement des cris des coups résonne dans ma tête et surtout les paroles de certains policiers qui répétaient que je devais me soumettre et signer sinon ils feraient venir ma sœur comme ils ont fait venir ma mère. Ils m’ont fait a leur tour signer, comme a châteauneuf, un autre procès-verbal probablement de nouveaux chef d’inculpation.

Je suis donc reste dans cet état pendant un mois jusqu’au jour ou on me présenta devant le juge d’instruction en m’ordonnant de reconnaître tous les faits reproches sinon je serais reconduit au centre de torture pour….complètement de torture avec ma mère. C’est ce que je fis mal grés moi le 10 janvier 1994 pour échapper avec ma mère aux affres de la torture. Ce jour-la je fus transféré a la prison d’El-Harrach après 36 jours de séquestration à châteauneuf et 30 jours au commissariat central.

 

Aït Bellouk Mohamed
Né le 29 Avril 1960

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Témoignage Ramdani Redha torturé avec sa mère

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage Ramdani Redha torturé avec sa mère

 

Badjarah. 31 Août 1993. J’etais chez moi avec mon ami Smail Kadi, quand ma mère rentra de Boufarik. Un quart d’heure après son retour, notre maison fut encerclée par des gendarmes et des policiers qui se mirent à frapper violemment a la porte. Au moment ou j’allais ouvrir, je fus surpris par la présence de gendarmes devant moi.

ils avaient défoncé la porte. Ma mère me suivit et nous nous retrouvâmes entourés par des gens armés qui nous mirent le canon sur nos tempes. Ils m’ordonnèrent de me mettre a plat ventre, chose que je n’ai pas accepté. On me sorti brutalement dehors en m’insultant et en me demandent si j’hébergeais un blessé a la maison. Je répondis qu’il n’y avait pas de blessé chez moi. On me jeta violemment sur le sol et on me reposa à nouveau la question en me demandant qui etait la personne cachée chez moi. J’ai répondis qu’il s’agissait d’un ami. « Est-il armé? » me demanda l’un d’eux? Non! Répondis-je. Furieux, ils me menacèrent de me tuer sur le champ. Leur chef ordonna à un gendarme de tirer sur moi s’il entendait des coups de feu.

Mon ami sortit pour éviter le pire, craignant le dynamitage de la maison. On nous jeta ma mère, mon ami et moi dans un fourgon type Peugeot J5, les poings lié.

On me demanda ou se trouvait mon frère Samir? Je répondis qu’il etait au marché de Boudouaou. Ils jetèrent ma mère et mon ami dans des cellules du commissariat, et m’embarquèrent à la recherche de mon frère au marché. Il n’etait pas au marché, et les policiers, furieux, me frappèrent de toutes leur forces et me traitant de tous les noms. Alors que nous étions au marché a la recherche de Samir, ma mère fut agressé et bastonnée malgré son age et les intervention chirurgicales qu’elle venait de subir. A notre retour je fus conduit dans une salle de torture. On m’ordonna de m’asseoir, On lia mes pieds a mes poings par derrière et on passa un gros bâton pour me suspendre ainsi. Des coups pleuvait de tous les cotez, tout en me demandant qui avait ramené mon ami Smail à la maison? Je leur répondis qu’il était venu seul, comme d’habitude pour me tenir compagnie et discuter. On me plaça un morceau de chiffon mouillé sur le visage. Je n’arrivais plus à respirer et on commença à me verser de l’eau sale dans la bouche. On menaça de me tuer si je persistais à ne pas répondre « correctement » à leur question. Devant les affres et les souffrances de la torture que je subissais, je finis par leur « avouer » que c’etait mon frère Samir qui avait ramené mon ami Smail. On m’interrogea ensuite sur des « terroristes » que je « connaîtrais ». Devant mes réponses négatives, je reçus une flopées de coups. On me menaça de me sodomiser si je continuais à nier les faits.

L’un d’eaux commença a toucher mon postérieur et l’autre voulut m’introduire un manche a balai dans l’anus. Le soir on me conduisit à mon quartier, Badjarah, pour leur montrer le domicile de Mohamed, un ami que j’avais dénoncé sous la torture, sans qu’il n’ait rien fait. Mohamed était absent de son domicile.

Les policiers se mirent alors à me rouer de coups. Je suis resté 16 jours au commissariat du quartier puis nous fumes transférés, ma mère, mon ami et moi au commissariat central d’Alger. La, nous sommes restés cinq jour sous les insultes et les menace permanentes des policiers avant d’être incarcéré a la prison d’El-Harrach.

Ramdani Redha et sa mère Boudjema Malika
Prison d’El-Harrach

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Témoignage de Chaachoua Djelloul

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de Chaachoua Djelloul

 

J’ai été arrêté le Mercredi 31 mars 1993à 17 heure 40 a la rue Belouizdad, prés du ministère du commerce, en compagnie de Ouchéne Mansour, un ami de Khemis Miliana. J’ai passé dans les centre de sûreté de la police 86 jours repartis comme suit:

  • centre de sûreté de la wilaya : 21 jours.
  • Ecole de police de Château neuf : 65 jours

J’écris ce témoignage pour l’histoire, pour monter ce qu’a fait la dictature aux enfants de l’Algérie.

Description du centre de torture de Chateauneuf :

Situé a ben Aknoun, prés de la faculté de droit, il est pris en charge par des doctrinaires du communisme qui portent une haine viscérale à l’islam.

Ce centre est constitué de :

2 cellules de 4m sur 2 m.
2 cellule de 1.40 m sur 1,40 m
une grande cellule de 6 m sur 5 m
Des cellule secrètes.

Dans le premier type de cellules il y a entre 14 et 35 détenus, qui ne peuvent ni bouger ni dormir, du fait de l’étroitesse des lieux.

Dans le deuxième type de cellules il y a entre 4 et 7 prisonniers. L’une d’elles est utilisée comme lieu de torture.

Dans le troisième type, il y a entre 40 et 50 personnes.

Les tortionnaires qui viennent nous prendre des cellules portent des cagoules. Ils nous agressent continuellement par des coup et des insultes, plus particulièrement quand ils sont saouls.

Les WC se résument a un bidon dans chaque cellule.

Les différentes techniques de torture :

Les bastonnades avec tous les moyens : barres de fer, fils électriques, tuyaux, matraques, etc.

Asseoir le détenu sur une bouteille.

Sodomisation

Technique du chiffon.

Privation de manger et de boire.

Les techniques du chiffon et la gégène (électricité) sont les plus dangereuses, pouvant tuer la personne.

L’interrogatoire se fait dans une salle spéciale. Le prisonnier est entouré de plusieurs tortionnaires, dont un groupe s’occupe a poser des questions, l’autre a insulter, et un troisième a frapper et a torturer.

Le but de leur stratégie est d’arracher de faux aveux, tels qu’ils ont été préfabriqués par les « services » et de faire signer un P.V sur mesure et sans la moindre possibilité de lecture et encore moins de contestation. Lors de l’interrogatoire on couvre le plus souvent d’un sac la tête du prisonnier pour éviter qu’il reconnaisse éventuellement ses tortionnaire.

L’interrogatoire peut durer 10 jours et plus.

Les tortionnaires s’interpellaient par des surnoms tels que Omar 1 ,Omar 2 Omar 14…Pitch.

La garde a vue dépassait souvent le délais fixés par la loi qui est de 12 jours.

Quand a ce que j’ai enduré comme souffrances entre les mains des tyrans, je vous le relaterais en quelques lignes.

Lors de mon arrestation je fus conduit immédiatement au commissariat de Belcourt ou l’on me reçut par des coups de pieds et poings, et des injures de toute sortes. Je fus transféré quelques moments après au siège de la sûreté de la Daïra d’Alger, et ce dans la malle d’un véhicule banalisé type Renault 16; et la commencèrent les chose sérieuses avec l’atteinte a ma dignité et les pratiques sauvages, en plus de la torture morale durant 21 jours. Des choses que je n’oublierai jamais.

Je fus ensuite transféré vers l’enfer de Châteauneuf a Ben Aknoun le 20 Avril 1993 à 20 heures. J’avais reçu un accueil « chaleureux » de la part des tyrans qui occupent ces lieux. Dés mon arrivée, je fus ‘convié » a leur chanter une chanson Rïa, car ils savaient que j’etais originaire de l’ouest. Je m’exécutais en improvisant.

En plus de cette torture morale, les tortionnaires m’obligeaient a assister aux tortures d’autre citoyens, jeunes et vieux. Je n’oublierais jamais les séances de tortures infligées à un enfant de 15 ans qui failli perdre la raison, et celle d’un vieillard de 81 ans.

Je suis resté, par exemple, menotté, avec trois autres compagnons d’infortune, pendant 8 jours dans un couloir de 50CM de large, sur un plan incliné, dormant et mangeant dans cette position. Nous allions aux Wc ensemble, toujours enchaînés l’un a l’autre. C’est ainsi que j’ai assister au décès de nombreux citoyens sous la torture. Parmi eux je citerais les noms de Kiboua Lyés, Hocine Kebbane, Bentoumi Abdelkrim, Samir Djilali.

Parmi les noms que je n’oublierais pas je citerais le frère Mihoubi Nourredine, demeurant a Bachdjarah, qui a passé une année de « garde à vue » au centre de torture de Châteauneuf.

Finalement j’ai signé trois procès-verbaux.

Avec tout cela je reste encore en vie grâce a Dieu!

 

Chaachoua Djelloul
Prison d’El-Harrach
Ecrou n°67683. Salle 1 bis

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Témoignage de Belhamri Messaoud

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de Belhamri Messaoud

 

J’ai été kidnappé le 18 juin 1994 alors que j’était prés de mon domicile Situé au 37 rue Boumaza a El-Harrach. Plusieurs véhicules surgirent d’ou sortirent les hommes armés, en civil. Ils se jetèrent sur moi et me poussèrent brutalement dans l’un des véhicules sans que je sache ce qu’ils voulaient, ni leur identité. J’ai été emmené au centre de police de Châteauneuf ou j’ai passé deux jours puis j’ai été transféré au commissariat central d’Alger ou j’ai passé 28 jours.

La torture a été morale et physique.

J’ai été insulté ainsi que les membre de ma famille par les policiers. C’etaient des obscénités indignes. On m’a menacé a plusieurs reprise de ramener mon épouse et ma fille pour les violer devant moi. J’ai été menacé de mort. On m’avait jeté dans une cellule froide et sombre sans aération. J’avais perdu la notion du temps. J’avais les yeux bandés en permanence par un plastique qui serrait fortement ma tête.

Quant à la torture physique, dés le 1er jour après mon Kidnapping on m’a descendu dans une cellule de sous-sol ou ils pratiquaient la torture (a Châteauneuf). J’ai reçu des coups de pieds et poings de toutes les parts sur tout mon corps, de la tête aux pieds. Puis on se lit a me bastonner avec un bâton et un tuyau en caoutchouc. Un câble électrique a même été utilisé.

Puis j’ai été suspendu par mes pieds au plafond, ma tête en bas. Je suis resté dans cette position durant toute la journée.

Au 2eme jour on m’a appliqué l’épreuve de chiffon avec de l’eau sale. J’ai été transféré au commissariat central d’Alger ou j’ai passé 28 jours. J’ai été torturé durant toute cette période, sans arrêt.

Je souhaitais mourir pour échapper aux affres de ces supplices.

On a utilisé la aussi l’épreuve de chiffon, les bastonnades avec un bâton et un tuyau caoutchouc. Les tortionnaires m’attachèrent ensuite les poignets a mes cheville et je restais recroquevillé durant toute la nuits, les yeux bandé.

 

Belhamri Messaoud. Né en 1951
Prison d’El-Harrach

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Témoignage de benredjdal Slimane torturé par les gendarmes de Reghaia.

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de benredjdal Slimane torturé par les gendarmes de Reghaia.

 

C’etait le 1er jour du Ramadhan, correspondant au 23 février 1993. Je revenais de mon travail après la prière de Dhor. A mon arrivée a la maison, mon épouse m’apprit que des gendarmes s’étaient présentés et avaient pris le livret de famille me laissant comme consigne de ma présenter au groupement de gendarmerie de Reghaia. Je me suis immédiatement présenter a la gendarmerie. Ils m’informèrent que ‘jetait en état d’arrestation pour distribution de tracts a l’étranger et trafic de devises???.

On me garda durant trois jours dans une cellule, puis commença le supplice de la torture. On commença par les insultes et les obscénités accompagnées de coups de poing et de pied. L’un d’eux me fouettait avec un câble électrique.

On me déshabilla ensuite et on m’arrosa avec un tuyau d’eau froide. Je n’avais pas rompu le jeune depuis près de 20 heures. La séance dura toute la nuit, sans relâche. Des équipes se relayaient. Je ne pouvais plus me relever, j’etait épuisé.

On me jeta dans une cellule et on m’oublia pendant trois jours. Puis on revint a nouveau. On me bastonna avec une canne et on me donna des coups de pied. On ramena une boite en forme de tiroir et on mit mon sexe dedans et on referma violemment le tiroir. J’ai hurlé de douleur, tout en perdant connaissance.

J’avais atrocement mal et je ne pouvais plus marcher. on m’appliqua ensuite un chiffon sur le visage et on me versa dans la bouche près de trois litres d’eau savonneuse mélangée a un désodorisant et de la javel . Mon ventre tendu me faisait atrocement mal.

On ramena un fer a souder et on se mit a inscrire avec, les initiales M.O.C (Mouloudia Club de Constantine) qui est un club de football, sur mon pied. Je perdis encore une fois connaissance et a mon réveil je me retrouvais avec des brûlures de pied qui me faisaient atrocement mal. Le gendarme tortionnaire qui me brûla le pied avec le fer a souder etait originaire de l’est et etait un fervent supporter de cette équipe. Ces initiales existent a ce jour au niveau de pied.

On me menaça ensuite de ramener mon épouse et on me fit boire de force deux bouteilles de crésyl. J’ai perdus connaissance.

Apres ces journées et nuits de tortures, j’avait totalement perdu la notion du temps. Je ne savais plus quel jour nous étions.

Un matin on vint me chercher a nouveau. On m’emmena dans le bureau de l’officier qui me demanda de signer un procès verbal après qu’il m’ait énoncé les chefs d’inculpation. j’ai failli encore une fois m’évanouir devant l’énormité des mensonges et de la gravite des charge. Les chef d’inculpation ne correspondaient pas du tout a ceux énoncés lors de la séance de torture et qui parus dans le journal El Moujahid du 8 mars1993.

J’ai refusé catégoriquement de signer. Un gendarme qui était derrière moi me donna un coup de baïonnette a la tête et a l’épaule, et le sang commença a couler abondamment. A ce jour les cicatrices de ces blessures persistent.

Ces tortures durent 16 jours, soit du 23 février au 10 mars 1993

Je terminerais ce témoignage par 2 remarque :

  • Concernant le chef d’inculpation de distribution de tracts a l’étranger je tien a préciser que je ne possède plus de passeport depuis 1991.
  • a mon incarcération a la prison d’El-harrach je fus immédiatement admis a l’infirmerie et traité par le psychiatre et la psychologue.

 

Benredjdal Slimane
N° d’écrou : 66378. Salle 6 bis
Prison d’El-harrach

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Témoignage de Bougandoura Faycal

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage de Bougandoura Faycal

 

Dans la nuit du dimanche, à 3 heures du matin lorsque je dormais avec les membres de la famille dans le calme et la paix nous fûmes soudain réveillés en sursaut par des coups à la porte d’entrée. Les murs de la maison tremblaient sous les coups. Mon père, réveillé en sursaut, se dirigea vers la porte pour voir. Tout se précipita. La maison fût envahie par des ombres armées . Je n’arrivais pas à réaliser assommé par le sommeil. Un homme masqué se pencha sur mon lit me demandant si j’étais Faycal Bougandoura dés que je répondis par l’affirmatif, une pluie de coup Sabatit sur moi. Je n’avais pas le temps de protéger ma tête. En me sortie brutalement du lit et on me traîna jusqu’à l’extérieur. Je me retrouvais être entourée d’une meute de personne cagoule et armées, face a un jeunes, qui etait mon voisins et mon camarade de classe. Il s’appelait Amara Salim. un policier demanda a Salim s’il s’agissait bien de la personne concernée en me dévisageant. il répondit que par l’affirmatif. J’ai été surpris je n’arrivée par à comprendre ce qu’il m’arrivait .

on me passa les menottes et on me jeta dans la malle d’un véhicule dont le n’arrivais pas a distinguer la marque, sous des coup de crosse et de poings comme si j’etait un criminel. c’etait abject et inhumain

je fus emmené au commissariat de Bachjarah et reçu par une horde de personnes excitées qui semblaient nous attendre avec impatience. des coups de poings et de pieds accompagnaient leur langage obscène et ordurier. d’emblée, ils me questionnèrent sur mon voisin Fouad: que connais tu sur lui, qui fréquente t-il et ou passe t-il son temps?

je répondus le plus franchement qu’il etait mon voisin mais que je ne connaissais rien quant a ses fréquentations et a ses habitudes, étant absorbé par mon travail a la Sonacome de 7h30 a 16h30.

Mécontents de ma réponse, ils s’acharnèrent sur moi en me frappant, m’insultant et me menacent de tous les maux. toutes les techniques de torture furent utilisées, du chiffon au courant électrique en passant par la bastonnades.

devant les douleur indescriptible et atroce, je finissais par raconter n’importe quoi et des nom furent inconsciemment prononcés pour échapper a cette abominable torture. j’ai dénoncé presque la moitié des amis du quartier, que Dieu me pardonne.

le matin je fus transfère au commissariat d’hussein day ou j’ai passé 18 jours dans une cellule avec les mêmes techniques de torture et les mêmes questions. je voyais ainsi la mort devant et a plusieurs reprise, je perdais connaissance du fait de la faim et d’épuisement. j’etais prêt a leur avouer que j’etait le responsable du tremblement de terre de Chlef en 1980, pour échapper au supplice, que dieu me pardonne, et que j’etait le responsable de la mort de Boudiaf!

Après 18 jours de tortures et de souffrance, on me transféra a nouveau vers le commissariat d’El Anasser ou j’ai passe 10 jours sous la torture. les même méthodes, les mêmes gestes et les mêmes techniques etaient pratiquées autant a Badjarah qu’a Hussein dey qu’a El Annaser. je ne savais plus si j’etais vivant ou mort, j’etais une véritable loque humaine qui a été transportée au commissariat du vieux Kouba; j’y ai passé 13 jour. dans ce centre, on me promit de me libérer, mais sans illusion, bien qu’il n’y avait aucune charge contre moi. en réalité, le procès verbal confectionné par les soins de la police etait lourd en charge, inventée de toutes pièces. on m’obligea de signer sous la menace le procès verbal et on termina mon circuit par le commissariat central d’ou je fus présenté au juge d’instruction avant d’être incarcéré a la prison d’El Harrach

telle est la situation que vit la jeunesse algérienne aujourd’hui. près de 90% des détenus politique rencontrés a la prison ont vécu les même souffrance que moi, avant d’arriver la. nous attendons, patiemment notre jugement. Quand aura-t-il lieu? dans un mois ou dans quarte ans?

telle est la situation d’injustice que vit la jeunesse algérienne

 

 

Bougandoura Faycal

Prison d’El Harrach

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Témoignage sur les avènements de Batna – 1992

Posté par algeriedemocratie le 1 août 2009

Témoignage sur les avènements de Batna – 1992

 

A la suite d’une manifestation pacifique, organisée a la après de l’arrestation d’un Imam d’une mosquée de la ville de Batna, les forces de répression se déchaînèrent avec une rare violence contre mes manifestants. La manifestation dégénéra alors en un soulèvement populaire. La réponse des autorités fut des plus cruelles: encerclement de la ville par des soldats, utilisation d’armes de guerre (fusil d’assaut kalachnikov, fusil mitrailleurs FMPK, balles traçantes et explosives) contre des civils ayant pour seules armes des pierres… des dizaines de citoyens payèrent de leur vie ce véritable carnage, alors que des centaines d’autre furent arrêtées et torturées. Tel fut le cas, à titre d’exemple, de Omar Rebbouh, enseignant à l’université de Batna et maire de la ville. Voici la liste des personnes tuées entre le 4 et 15 février 1992, lors de ces évènements tragiques qui ont mis à nu la violence et la barbarie d’un régime qui n’hésite pas à assassiner sa population…

Derghal Yamina, 60 ans
Khellaf abdennabi, 27 ans
Merzekane Lakhdar, 18 ans
Louchene Abdelmajid, 18 ans
Chekabi Fawzi, 24 ans
Abdelmajid Mohamed, 30 ans
Ibrahim Lotfu, 60 ans
Aouam Mahmoudi, 22 ans
Meddour Ammar, 22 ans
Yakhlaf Ibrahim, 18 ans
Achach Said, 15 ans
Deram Salim, 17 ans
Hamlaoui Lazhar, 11 ans
Benzeroual Samir, 20 ans
Benkezza Tarek, 14 ans
Bourenane Salim, 22 ans
12 Autres personnes non identifiées, âgées de 13 à 45, dont 7 enfants.

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