La révolution

Posté par algeriedemocratie le 25 janvier 2011

Washington face à la colère du peuple tunisien
par Thierry Meyssan*

Alors que les médias occidentaux célèbrent la « Jasmine Revolution », Thierry Meyssan dévoile le plan US pour tenter de stopper la colère du peuple tunisien et conserver cette discrète base arrière de la CIA et de l’OTAN. Selon lui, le phénomène insurrectionnel n’est pas fini et la vraie Révolution, tant redoutée par les Occidentaux, pourrait rapidement commencer.



23 janvier 2011

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Le général William Ward —ancien responsable de la répression dans les Territoires palestiniens devenu commandant de l’Africom— lors d’une cérémonie en mai 2010. L’armée tunisienne a été réduite au minimum, mais le pays sert de base arrière aux opérations « anti-terroristes » régionales et dispose de ports indispensables au contrôle de la Méditerranée par l’OTAN.

Les grandes puissances n’aiment pas les bouleversements politiques qui leur échappent et contrecarrent leurs plans. Les événements qui ont fait vibrer la Tunisie depuis un mois n’échappent pas à cette règle, bien au contraire.

Il est donc pour le moins surprenant que les grands médias internationaux, suppôts indéfectibles du système de domination mondiale, s’enthousiasment soudainement pour la « Révolution du jasmin » et multiplient les enquêtes et reportages sur la fortune des Ben Ali qu’ils ignoraient jusque là malgré leur luxe tapageur. C’est que les Occidentaux courent après une situation qui leur a glissé des mains et qu’ils voudraient récupérer en la décrivant selon leurs souhaits.

Avant toute chose, il convient de rappeler que le régime de Ben Ali était soutenu par les Etats-Unis et Israël, la France et l’Italie.

Considéré par Washington comme un Etat d’importance mineure, la Tunisie était utilisée au plan sécuritaire, plus qu’économique. En 1987, un coup d’Etat soft est organisé pour déposer le président Habib Bourguiba au profit de son ministre de l’Intérieur, Zine el-Abidine Ben Ali. Celui-ci est un agent de la CIA formé à la Senior Intelligence School de Fort Holabird. Selon certains éléments récents, l’Italie et l’Algérie auraient été associés à cette prise de pouvoir [1].

Dès son arrivée au Palais de la République, il met en place une Commission militaire jointe avec le Pentagone. Elle se réunit annuellement, en mai. Ben Ali, qui se méfie de l’armée, la maintient dans un rôle marginal et la sous-équipe, à l’exception du Groupe des Forces spéciales qui s’entraîne avec les militaires US et participe au dispositif « anti-terroriste » régional. Les ports de Bizerte, Sfax, Sousse et Tunis sont ouverts aux navires de l’OTAN et, en 2004, la Tunisie s’insère dans le « Dialogue méditerranéen » de l’Alliance.

Washington n’attendant rien de spécial de ce pays au plan économique, il laisse donc les Ben Ali mettre la Tunisie en coupe réglée. Toute entreprise qui se développe est priée de céder 50 % de son capital et les dividendes qui vont avec. Cependant, les choses virent au vinaigre en 2009, lorsque la famille régnante, passée de la gourmandise à la cupidité, entend soumettre aussi les entrepreneurs états-uniens à son racket.

De son côté, le département d’Etat anticipe sur l’inévitable disparition du président. Le dictateur a soigneusement éliminé ses rivaux et ne dispose pas de successeur. Il faut donc imaginer une relève s’il vient à mourir. Une soixantaine de personnalités susceptibles de jouer un rôle politique ultérieur est recrutée. Chacune reçoit une formation de trois mois à Fort Bragg, puis un salaire mensuel [2]. Le temps passe…

Bien que le président Ben Ali poursuive la rhétorique anti-sioniste en vigueur dans le monde musulman, la Tunisie offre diverses facilités à la colonie juive de Palestine. Les Israéliens d’ascendance tunisienne sont autorisés à voyager et à commercer dans le pays. Ariel Sharon est même invité à Tunis.

La révolte

L’immolation par le feu d’un vendeur ambulant, Mohamed el-Bouzazi, le 17 décembre 2010, après que sa charrette et ses produits aient été saisis par la police, donne le signal des premières émeutes. Les habitants de Sidi Bouzid se reconnaissent dans ce drame personnel et se soulèvent. Les affrontements s’étendent à plusieurs régions, puis à la capitale. Le syndicat UGTT et un collectif d’avocats manifestent scellant sans en avoir conscience l’alliance entre classes populaire et bourgeoisie autour d’une organisation structurée.

Le 28 décembre, le président Ben Ali tente de reprendre les choses en main. Il se rend au chevet du jeune Mohamed el-Bouazizi et s’adresse le soir à la Nation. Mais son discours télévisé exprime son aveuglement. Il dénonce les manifestants comme des extrémistes et des agitateurs stipendiés et annonce une répression féroce. Loin de calmer le jeu, son intervention transforme la révolte populaire en insurrection. Le peuple tunisien ne conteste plus simplement l’injustice sociale, mais le pouvoir politique.

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Le producteur Tarak Ben Ammar, propriétaire de Nessma TV et associé de Silvio Berlusconi. Il est l’oncle de Yasmina Torjman, épouse du ministre français de l’Industrie, Eric Besson.

A Washington, on constate que « notre agent Ben Ali » ne maitrise plus rien. Le Conseil de sécurité nationale Jeffrey Feltman [3] et Colin Kahl [4] s’accordent à considérer que le moment est venu de lâcher ce dictateur usé et d’organiser sa succession avant que l’insurrection ne se transforme en authentique révolution, c’est-à-dire en contestation du système.

Il est décidé de mobiliser des médias, en Tunisie et dans le monde, pour circonscrire l’insurrection. On focalisera l’attention des Tunisiens sur les questions sociales, la corruption des Ben Ali, et la censure de la presse. Tout, pourvu qu’on ne débatte pas des raisons qui ont conduit Washington à installer le dictateur, 23 ans plus tôt, et à le protéger tandis qu’il s’accaparait l’économie nationale.

Le 30 décembre, la chaîne privée Nessma TV défie le régime en diffusant des reportages sur les émeutes et en organisant un débat sur la nécessaire transition démocratique. Nessma TV appartient au groupe italo-tunisien de Tarak Ben Ammar et Silvio Berlusconi. Le message est parfaitement compris par les indécis : le régime est fissuré.

Simultanément, des experts Etats-uniens (mais aussi Serbes et Allemands) sont envoyés en Tunisie pour canaliser l’insurrection. Ce sont eux qui, surfant sur les émotions collectives, tentent d’imposer des slogans dans les manifestations. Selon la technique des prétendues « révolutions » colorées, élaborée par l’Albert Einstein Institution de Gene Sharp [5], ils focalisent l’attention sur le dictateur pour éviter tout débat sur l’avenir politique du pays. C’est le mot d’ordre « Ben Ali dégage ! » [6].

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(Capture d’écran) Le 2 janvier 2010, le groupe Anonymous (un paravent de la CIA) hacke le site internet officiel du Premier ministre et place un message de menace en anglais sur la page d’accueil. Le logo est celui du Parti pirate international, dont le membre tunisien Slim Amanou sera propulsé par l’ambassade US secrétaire d’Etat à la Jeunesse et des Sports du « gouvernement d’union nationale ».

Masqué sous le pseudonyme Anonymous, le cyber-escadron de la CIA —déjà utilisé contre le Zimbabwe et l’Iran— hacke des sites officiels tunisiens et y installe un message de menace en anglais.

L’insurrection

Les Tunisiens continuent spontanément à braver le régime, à descendre en masse dans les rues, et à brûler commissariats de police et magasins appartenant aux Ben Ali. Avec courage, certains d’entre eux payent le prix du sang. Pathétique, le dictateur dépassé se crispe sans comprendre.

Le 13 janvier, il ordonne à l’armée de tirer sur la foule, mais le chef d’état-major de l’armée de terre s’y refuse. Le général Rachid Ammar, qui a été contacté par le commandant de l’Africom, le général William Ward, annonce lui-même au président que Washington lui ordonne de fuir.

En France, le gouvernement Sarkozy n’a pas été prévenu de la décision états-unienne et n’a pas analysé les divers retournements de veste. La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, se propose de sauver le dictateur en lui dépêchant des conseillers en maintien de l’ordre et du matériel pour qu’il se maintienne au pouvoir par des procédés plus propres [7]. Un avion cargo est affrété le vendredi 14. Lorsque les formalités de dédouanement sont finies à Paris, il est trop tard : Ben Ali n’a plus besoin d’aide, il a déjà pris la fuite.

Ses amis d’hier, à Washington et Tel-Aviv, Paris et Rome, lui refusent l’asile. Il échoue à Riyad. Il aurait emporté avec lui 1,5 tonne d’or volée au Trésor public, ce que démentent les autorités encore en place.

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Marketing : le logo de la « Jasmine Revolution » apparaît au moment exact de la fuite de Ben Ali. Au centre, on reconnaît le poing levé, symbole ex-communiste utilisé dans toutes les « révolutions » colorées depuis Otpor en Serbie. Vu de Washington, l’important est d’affirmer que les événements sont finis et qu’ils s’inscrivent dans une dynamique internationale libérale. Aussi, le titre est-il inscrit en anglais et le drapeau tunisien est-il réduit à une simple fioriture sur la lettre R.

Du jasmin pour calmer les Tunisiens

Les conseillers en communication stratégique US tentent alors de siffler la fin de la partie, tandis que le Premier ministre sortant compose un gouvernement de continuité. C’est là que les agences de presse lancent l’appellation « Jasmine Revolution » (en anglais s’il vous plaît). Les Tunisiens assurent-elles viennent de réaliser leur « révolution colorée ». Un gouvernement d’union nationale est constitué. Tout est bien qui finit bien.

L’expression « Jasmine Revolution » laisse un goût amer aux Tunisiens les plus âgés : c’est celle que la CIA avait déjà utilisée pour communiquer lors du coup d’Etat de 1987 qui plaça Ben Ali au pouvoir.

La presse occidentale —désormais mieux contrôlée par l’Empire que la presse tunisienne— découvre la fortune mal acquise des Ben Ali quelle ignorait jusque là. On oublie le satisfecit accordé par le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn aux gestionnaires du pays quelques mois après les émeutes de la faim [8]. Et on oublie le dernier rapport de Transparency International qui affirmait que la Tunisie était moins corrompue que des Etats de l’Union européenne comme l’Italie, la Roumanie et la Grèce [9].

Les miliciens du régime, qui avaient semé la terreur parmi les civils durant les émeutes les obligeant à s’organiser en comités d’auto-défense, disparaissent dans la nuit.

Les Tunisiens que l’on pense dépolitisés et manipulables après des années de dictature s’avèrent fort matures. Ils constatent que le gouvernement de Mohammed Ghannouchi, c’est « du benalisme sans Ben Ali ». Malgré quelques ravalements de façade, les caciques du parti unique (RCD) conservent les ministères régaliens. Les syndicalistes de l’UGTT, refusent de s’associer à la manip états-unienne et démissionnent des postes qu’on leur a attribués.

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Ahmed Néjib Chebbi, un opposant « Made in USA ».

Outre les inamovibles membres du RCD, il reste des gadgets médiatiques et des agents de la CIA. Par la grâce du producteur Tarak Ben Amar (le patron de Nessma TV), la réalisatrice Moufida Tlati devient ministre de la Culture. Moins show-bizz, plus significatif, Ahmed Néjib Chebbi, un pion de la National Endowment for Democracy, devient ministre du Développement régional. Ou encore, l’obscur Slim Amanou, un bloggeur rompu aux méthodes de l’Albert Einstein Institute, devient secrétaire d’Etat à la Jeunesse et des Sports au nom du fantomatique Parti pirate relié à l’auto-proclamé groupe Anonymous.

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Le vrai siège du pouvoir n’est plus au Palais de la République, mais à l’ambassade des Etats-Unis. C’est ici que l’on a composé le gouvernement Ghannouchi. Située hors de Tunis, dans un vaste campus barricadé, l’ambassade est un gigantesque blockhaus hautement sécurisé qui abrite les postes centraux de la CIA et du MEPI pour l’Afrique du Nord et une partie du Levant.

Bien entendu, l’ambassade des Etats-Unis n’a pas sollicité le Parti communiste pour faire partie de ce soi-disant « gouvernement d’union nationale ».

A l’inverse, on prépare le retour de Londres, où il avait obtenu l’asile politique, du leader historique du Parti de la Renaissance (Ennahda), Rached Ghannouchi. Islamiste ex-salafiste, il prêche la compatibilité de l’islam et de la démocratie et prépare depuis longtemps un rapprochement avec le Parti démocrate progressiste de son ami Ahmed Néjib Chebbi, un social-démocrate ex-marxiste. Dans le cas d’un échec du « gouvernement d’union nationale », ce tandem pro-US pourrait fournir une illusion de rechange.

Une nouvelle fois, les Tunisiens se soulèvent, élargissant eux-mêmes le mot d’ordre qu’on leur avait soufflé : « RCD dégage ! ». Dans les communes et les entreprises, ils chassent eux-mêmes les collaborateurs du régime déchu.

Vers la Révolution ?

Contrairement à ce qui a été dit par la presse occidentale, l’insurrection n’est pas encore terminée et la Révolution n’a pas encore commencé. Force est de constater que Washington n’a rien canalisé du tout, hormis les journalistes occidentaux. Plus encore aujourd’hui que fin décembre, la situation est hors de contrôle.

 

 Thierry Meyssan

sourcevoltairenet.org

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Moncef Marzouki : «Même dans le désert, il faut semer»

Posté par algeriedemocratie le 20 janvier 2011

Moncef Marzouki : «Même dans le désert, il faut semer» dans Tunisie(17) Moncef-Merzouki1Un témoignage inédit de Moncef Marzouki : «Même dans le désert, il faut semer»

Par François Gèze, Mediapart, 19 janvier 2011

Comme beaucoup de celles et ceux qui suivent de longue date l’actualité tunisienne, j’avoue que j’ai été surpris par la puissance de la révolte populaire qui a conduit à la fuite sans gloire de Ben Ali. Échangeant à ce sujet avec une amie journaliste qui vit à Londres, Naima Bouteldja, celle-ci m’a signalé ses superbes photos de la manifestation du 15 janvier dernier à Paris, accompagnées des propos du docteur Moncef Marzouki, l’une des grandes figures de l’opposition en exil, qu’elle avait recueillis en mai 2010 à Paris, dans le cadre d’une recherche pour l’université d’Exeter sur les mouvements islamistes en Afrique du Nord.

Interloquée par son énergie, elle lui avait demandé ce qui lui permettait de rester si positif alors que le tableau de la situation politique en Tunisie qu’il dressait apparaissait si sombre…

La réponse de Moncef Marzouki, que je reproduis ci-après, est à mes yeux admirable. Elle est une clé qui permet de comprendre comment l’obstination et le courage des amis tunisiens engagés de si longue date dans la lutte pour les droits de l’homme, totalement minoritaires, ont joué un rôle décisif dans l’embrasement de décembre en Tunisie : ce sont leurs « graines semées dans le désert » qui ont soudain germé lors d’une « pluie » inattendue, celle de l’implosion des contradictions internes d’une dictature pourrie de l’intérieur par la corruption et le mépris du peuple.

Ce témoignage inédit de l’opposant Moncef Marzouki a une portée universelle. Il est un formidable encouragement à toutes celles et tous ceux qui, partout dans le monde, se battent depuis des années contre l’oppression. Et dans l’indifférence générale des médias dominants, si spontanément accommodants avec tous les « garants de l’ordre ». Des militants comme lui, ils sont beaucoup plus nombreux que l’on croit. Et leur combat n’est pas vain, contrairement au sentiment de découragement que peut trop souvent induire l’échec apparent de ceux qui luttent contre les dictatures apparemment inamovibles, car soutenues par les « puissants du monde ».

Je pense bien sûr d’abord à celles qui ont vérifié avant l’heure l’« axiome de Marzouki » : les mères, puis les grands-mères, de la place de Mai en Argentine, qui se sont mobilisées dans l’indifférence générale pendant près de trois décennies avant de voir fleurir les graines qu’elles avaient semées dans le désert – ce n’est qu’à partir des années 2000 qu’elles ont pu obtenir enfin le jugement des généraux criminels qui avaient enlevé et assassiné leurs enfants et petits-enfants.

Je pense aussi aux mères de « disparus » algériens, victimes dans les années 1990 de la terrible « machine de mort » déchaînée contre leur peuple par les généraux d’Alger, et qui continuent aujourd’hui à se battre pour la vérité et la justice.

C’est pourquoi, au-delà de l’émotion que nous avons été nombreux à éprouver le 15 janvier à l’annonce de la fuite de Ben Ali, au-delà de l’énervement amusé qu’a suscité chez moi le soudain enthousiasme démocratique de médias qui avaient soigneusement boycotté les divers livres dénonçant le régime tunisien publiés à La Découverte depuis une quinzaine d’années, il m’a paru essentiel de restituer ici les paroles de Marzouki (fruit d’une « rétrotraduction » de Naima, qui avait immédiatement traduit en anglais, sa langue de travail, son interview – qu’il nous excuse par avance des approximations qui peuvent en résulter).

Moncef Marzouki, mai 2010.-
« J’ai deux techniques pour rester positif psychologiquement. La première, c’est que je me dis que le temps géologique n’est pas le temps des civilisations, que le temps des civilisations n’est pas celui des régimes politiques et que le temps des régimes n’est pas celui des hommes. Il faut l’accepter. Si je m’engage dans le projet de transformer la Tunisie, vieille de quinze siècles, je ne vais pas la transformer en vingt ans. Je dois donc accepter les échéances de long terme. Et à partir de là, je ne me décourage pas, parce que mon horizon, ce n’est pas les six prochains mois ou la prochaine élection présidentielle : c’est celui des cent prochaines années – que je ne verrai pas, c’est évident.

« Et l’autre technique vient du fait que je suis un homme du Sud. Je viens du désert et j’ai vu mon grand-père semer dans le désert. Je ne sais pas si vous savez ce que c’est que de semer dans le désert. C’est semer sur une terre aride et ensuite vous attendez. Et si la pluie tombe, vous faites la récolte. Je ne sais pas si vous avez déjà vu le désert après la pluie, c’est comme la Bretagne ! Un jour, vous marchez sur une terre complètement brûlée, ensuite il pleut à peine et ce qui s’en suit, vous vous demandez comment cela a pu se produire : vous avez des fleurs, de la verdure… Tout simplement parce que les graines étaient déjà là… Cette image m’a vraiment marqué quand j’étais enfant. Et, par conséquent, il faut semer ! Même dans le désert, il faut semer !

« Et c’est de cette façon que je vois mon travail. Je sème et s’il pleut demain, c’est bien, sinon au moins les graines sont là, car que va-t-il se passer si je ne sème pas ? Sur quoi la pluie va-t-elle tomber ? Qu’est-ce qui va pousser : des pierres ? C’est l’attitude que j’adopte : semeur dans le désert… »

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Lettre aux Tunisiens: ce que je crois…

Posté par algeriedemocratie le 15 janvier 2011

Lettre aux Tunisiens: ce que je crois…

“Lé, lé lel hiwar. Ben Ali ya jazzar !”

Je souhaite m’exprimer sur de nombreux points pour répondre à ce que j’ai lu à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux au cours de ces derniers jours.

AU SUJET DES CASSEURS

Diverses sources ont affirmé que les casseurs et pilleurs étaient en réalité des agents mandatés par la Police et par les cellules locales du RCD (parti au pouvoir). Parmi ces témoignages se trouve celui publié par Nawaat.org dans lequel un responsable du RCD repenti expliquait que dès le début de la révolte les agents de la police avaient saccagé des bâtiments privés et publics et avaient exercé des violences à l’égard de la population afin de rendre crédible l’hypothèse de la présence de casseurs parmi les manifestants et ainsi instaurer un climat de peur en vue de faire échec au soutien de la population aux manifestants et de saboter l’unité du peuple tunisien face au régime.

Radio Kalima a recueilli des témoignages affirmant que des agents de la Police avaient commis des viols sur de jeunes femmes dans le centre du pays, en vue, encore une fois, de favoriser la peur des tunisiens et de fragiliser l’unité et la solidarité de la population dans la lutte contre le pouvoir.

Des médias français comme France Inter ont émis l’analyse selon laquelle les saccageurs seraient des hommes cagoulés, trop organisés et entrainés pour être de simples manifestants et ils les soupçonnent d’être des agents de la Police.

Le régime de Ben Ali a compris que la peur de l’Etat avait disparu et, étant habitué à gouverner par la terreur, il tente aujourd’hui de nous communiquer la peur de l’autre, la peur du chaos. Mais ce n’est qu’un leurre.

En effet, les vidéos des manifestations, même dans les quartiers les plus populaires, montrent que les jeunes qui protestent scandent des slogans anti-Ben Ali. Ce ne sont pas des gens qui sortent dans la rue pour réclamer de l’argent. Ils ne sortent pas aujourd’hui pour protester contre le chômage ou la faim qu’ils subissent. Tous leurs cris retentissent pour affirmer leur attachement à leur dignité bafouée par ce régime corrompu qui se nourrit de la faiblesse des individus ligotés par la peur.

Plusieurs vidéos ont montré que les habitants des quartiers défavorisés (qui font tant peur à cette bourgeoisie qui ne les connait pas et qui a peur pour sa Clio) étaient responsables, plus responsables que cet Etat-poubelle dont nous n’avons pas besoins pour nettoyer nos ordures. En effet, nous avons vu des dizaines d’habitants de Kasserine nettoyer spontanément et de manière solidaire les rues et les ronds-points de leur ville après les affrontements, lorsque l’Etat n’a pas réussi à maintenir l’ordre. Une autre scène montre des jeunes de Cité Initilaq qui collectaient des dons auprès des habitants de leur quartier en vue d’aider les familles des victimes tuées par la Police. Tous ont répondu à l’appel et ont fait preuve de solidarité. Dans une troisième vidéo, nous avons pu voir les habitants de Tunis crier “N’attaquons pas les voitures !”, conscients que l’ennemi était la Police et non nos concitoyens. Ce n’est pas une lutte des classes. Il s’agit d’une lutte de l’ensemble des Tunisiens, de tous milieux et de toutes tendances, contre l’oppression et les injustices que nous subissons depuis 23 ans.

Personne ne veut voir le pays sombrer dans le chaos. Tous les Tunisiens ont la volonté de maintenir l’ordre dans leurs quartiers, tous sont attachés à leur sécurité et à celle de leur famille et les attitudes que nous voyons en ce moment reflètent une grande maturité de la part de nos concitoyens qui tentent de maintenir l’ordre sans pour autant renoncer à la lutte.

Au lieu d’avoir peur des manifestants qui casseraient vos Clios, vous devriez avoir peur de la Police qui s’est montrée capable d’assassiner des Tunisiens pacifiques pour semer le désordre et briser notre solidarité. Hier soir, la Police a déserté les rues de Bizerte. Il semble que l’ordre a été donné à l’armée de demeurer passive et de laisser le chaos se répandre afin de diviser les Tunisiens. L’Etat a décidé de sacrifier Bizerte pour asseoir sa propagande fondée sur la peur du désordre, mais le désordre est l’instrument de cet Etat.

La lutte doit continuer et les esprits doivent soutenir plus que jamais le mouvement. Il est triste de voir des bâtiments et des biens privés détruits et saccagés (que ce soit par la Police ou par des civils, peu importe), mais cela ne doit pas nous diviser. N’oubliez pas que la Police tire en ce moment sur des Tunisiens et que le sang a déjà trop coulé. La FIDH affirme détenir une liste nominative de 66 morts par balles au cours de ces affrontements, mais des sources syndicales annoncent que le bilan s’élève à plus d’une centaine de morts. En tant que libéral, je suis le premier à affirmer que la propriété est un droit inaliénable, mais la vie humaine est le bien le plus sacré. Ne tombons pas le piège qui consiste à déplorer l’incendie d’un Monoprix ou la destruction d’un véhicule alors les véritables bouches continuent à assassiner de sang-froid des Tunisiens désarmés.

Il ne s’agit malheureusement pas de légitime défense. D’une part, la Police – qui vise la tête, le thorax et le foie – a tiré sur des cortèges funéraires, des manifestations pacifiques, comme celle de Douz où le Professeur Hatem Bettahar a été assassiné par des snipers. D’autre part, il est vrai que les forces de l’ordre ont tiré sur des manifestants hostiles. Il s’agissait de jeunes en colère qui ont attaqué des bâtiments publics tels que des postes de police, des administrations ou des biens privés méritant d’être attaqués comme les cellules du RCD (parti au pouvoir). S’il est dommage, d’un certain point de vue, que des biens appartenant à l’ensemble de la collectivité soient détruits à l’occasion de cette révolte, l’emploi de la force et l’assassinat sont des réponses inappropriées, des réponses cruelles et inadmissibles. Le sacrifice de tous les bâtiments publics ou privés n’est rien comparé à la perte de vies tunisiennes, innocentes ou pas, révoltées ou pas, hostiles ou tranquilles. Puis les bâtiments attaqués étaient pour la plupart des symboles du pouvoir…

BFM TV a d’ailleurs annoncé qu’un journaliste américain avait été touché par des balles, et ce n’était sans doute pas une balle perdue. Hier, une femme a été tuée à Cité Intilaq, un adolescent de 14 ans a trouvé la mort à Sfax, et un enfant de 11 ans a succombé à Hammamet… et la liste est encore longue.

LA LUTTE CONTINUE

Il est important à l’heure actuelle de faire un bilan des événements.

Le régime de Ben Ali ne se maintenait et ne parvenait à se maintenir jusqu’à présent que par la terreur qu’il inspirait à l’ensemble des Tunisiens. Aujourd’hui, la barrière de la peur a été franchie et tout le monde ose s’exprimer librement, de la ménagère de 40 ans sur son profil Facebook aux tunisiens acquis au régime. Des militants RCD, horrifiés par la vue du sang des Tunisiens, se sont exprimés et ont retiré leur soutien au régime. Un haut responsable du RCD s’est exprimé sur Nawaat.org et a dénoncé les crimes commis par les hommes du pouvoir. Des peureux qui soutenaient publiquement Ben Ali avec ferveur il y a quelques jours se sont exprimés publiquement pour se rallier au peuple et pour dénoncer le régime, comme Zied Krichen ou, de manière plus anecdotique l’humoriste Lotfi El Ebdelli. Des militaires, même si c’est de manière marginale, ont manifesté avec les habitants de certaines villes. Une vidéo nous a montré le chef de la Police Jbeniana qui a répondu à l’appel des citoyens et est sorti dans la rue en clamant “Tounes horra, Ben Ali ala barra !” (Tunisie Tunise, libre libre, Ben Ali dehors !). De nombreux policiers son non seulement sensibles à la cause des manifestants, mais aussi terrorisés par la vengeance du peuple. Dans le commissariat de La Goulette, encerclé hier par les manifestants, des policiers pleuraient et appelaient à l’aide dans leurs Talky-Walikies “Bech yo9tlouna !” (Ils vont nous tuer).

Qui aurait cru, il y a quelques semaines, que nous purrions voir des milliers de Tunisiens protester au Passage ? Qui aurait cru que 30 000 manifestants chanteraient d’une même voix “Tunise libre, Ben Ali dehors !” ?

Le pouvoir de Ben Ali est donc fortement fragilisé et la peur de la répression a été anéantie. C’est aujourd’hui le pouvoir qui est terrifié car il se sait coupable et il sait que les Tunisiens sont unis pour arracher leur dignité volée par ces traitres corrompus. Les seules réponses que Ben Ali et ses hommes peuvent apporter aux Tunisiens sont les cartouches des fusils de précision et les rafales des mitraillettes. Ils savent qu’il ne s’agit plus de maintenir l’ordre en attendant une transition, un apaisement ou un dialogue. La peur, pierre angulaire du système, a été non seulement détruite mais retournée contre le régime. Et le régime sait qu’il ne pourra pas gouverner sans la peur comme instrument de gestion.

J’entends plusieurs personnes proposer de formuler des revendications adressées au gouvernement, parler de transition, ou bien crier “Non aux balles” ou alors demander à Ben Ali de “ne pas cautionner l’usage de balles réelles”. Ceux-là ont la mémoire courte et ont oublié que le 26 janvier 1978, la première fois que l’Etat a tiré sur le peuple, c’est Ben Ali qui était aux commandes, en tant que Directeur de la Sûreté Nationale. Et aujourd’hui, Ben Ali ordonne l’assassinat des manifestants. Un ami pris au milieu d’une fusillade dans la banlieue nord de Tunis vient de me rapporter que les policiers tiraient à vue sur un rassemblement de jeunes non-violents. Il n’y a pas de dialogue possible, ni de revendications à formuler. Al Jazeera a annoncé que le gouvernement discutait avec l’opposition “radicale”, mais l’heure n’est pas à la discussion. Il me semble inadmissible de négocier avec des terroristes. On ne dialogue pas avec des assassins.

Pour faire cesser l’augmentation constante de ce bilan macabre, la seule solution est de pousser les assassins à quitter le pouvoir et non pas demander aux manifestants de s’apaiser. Les manifestations étaient pacifiques et c’est la Police qui a fait le pari que si le sang coulait, la terreur gagnerait à nouveau le coeur des Tunisiens. Mais cela n’a fait que renforcer la résistance et la colère des Tunisiens qui sont aujourd’hui engagés dans un duel mortel contre le pouvoir. Tout ceci se soldera par une victoire, espérons que ce sera celle du peuple Tunisien et pas celle de l’oppresseur, car ni le peuple ni le régime ne peuvent reculer ajourd’hui.

Si le peuple venait à reculer, un apaisement ne serait pas envisageable. Comme l’a expliqué Vincent Geisser :

“Le scénario que les Tunisiens réclament est que Ben Ali fasse de vraies annonces : celle notamment qu’il partira dans un ou deux ans, qu’il ne se représentera pas aux élections et l’initiation d’un processus de démocratisation, en donnant des garanties pour une réelle solution démocratique. Mais c’est impossible que ce scénario se réalise car on se trouve dans un système nourri par une logique sécuritaire et une logique de corruption. Si on touche à la moindre pièce du système, il s’effondre.”

Si le peuple reculait et que le régime en sortait indemne, la vengeance des autorités sera sanglante. Elles ne pourront pas se maintenir tout en répondant aux revendications des Tunisiens. En effet, nos revendications sont la fin de la corruption, une justice indépendante et impartiale, le respect de notre liberté d’expression et de nos libertés politiques et civiles. Or, si par exemple le régime se maintenait, la lutte contre la corruption et l’indépendance de la justice mènerait à des procès visant l’ensemble des acteurs du système : des Trabelsi aux Ben Ali, en passant par les gouverneurs, officiers de police, responsables d’administrations, jusqu’au flic de la circulation qui garde son uniforme après le service et qui arrête les voitures pour les racketter. Pire : même les juges ne seraient pas épargnés. Bref, si le régime s’ouvrait et répondait à nos revendications, il signerait son propre arrêt de mort, et ces gens-là ne sont pas prêts à le faire spontanément et volontairement. Donc si l’apaisement survenait, il est inévitable que Ben Ali tenterait de nous berner pour mieux réprimer et faire taire toutes les voix qui se sont élevées aujourd’hui. Nous sommes trop engagés pour reculer et le peuple Tunisien n’a d’autre choix que de continuer et de renforcer la lutte pour mettre un terme à ce régime qui n’attend que de se venger, et ainsi mettre fin à ce bain de sang. Nous ne pouvons plus nous permettre de voir le compteur tourner et afficher toutes les minutes la mort d’un Tunisien de trop. Mais, je le répète, le recul du peuple n’est pas le bon moyen d’arrêter le carnage. C’est le régime qui doit sauter, pas notre liberté !

Il faut faire en sorte que tous ces innocents n’aient pas donné leur vie pour rien. Nous avons une occasion rêvée de nous libérer pour de bon et pour montrer l’exemple aux opprimés du monde entier.

A ceux d’entre vous qui restent timorés et qui ont peur du vide de l’après Ben Ali, je réponds que moi aussi j’avais peur il y a quelques jours. Mon espoir était la formation d’un gouvernement de transition, de sorte à assurer que l’oppression s’arrêtera en 2014. Mais aujourd’hui non seulement les Tunisiens sont largement les plus puissants dans le rapport de force avec le régime, mais attendre ne fera qu’empirer les choses. Vous avez peur du vide ? J’ai peur de Ben Ali. Il m’est difficile de croire que la libération politique des tunisiens pourrait mener à pire que ces assassins qui massacrent en ce moment même des innocents. La Tunisie est à feu et à sang par la faute de Ben Ali et sous ses ordres. La démocratie nous fera connaitre ses difficultés (grèves, opposition, scandales, rivalités) mais elle ne nous fera pas connaitre le goût du plomb et du sang de nos frères. Le pire est aujourd’hui arrivé. Dépassons-le !

A ceux qui clament que nous ne pouvons pas nous passer de Ben Ali parce que nous n’avons pas une opposition organisée ni de leader, je réponds que ces dernières semaines j’ai entendu des Tunisiens, jeunes ou moins jeunes, instruits, à l’esprit fin et aux propos mesurés et dont les noms évoquent aujourd’hui la fierté. Ne vous inquiétez pas, nous avons de quoi repeupler notre Parlement. Et nous le repeuplerons mieux, sans cette racaille corrompue qui nous suce le sang. C’est au contraire le départ de Ben Ali qui fera revenir les Tunisiens les plus brillants qui ont choisi l’exil plutôt que la dictature.

A ceux qui ont peur de la montée des islamistes après la chute de Ben Ali, je rappelle que lors de ces révoltes qui ont rassemblé le plus grand nombre de Tunisiens, aucun slogan islamiste n’a été scandé. C’est, au contraire, en attendant un ouverture en 2014 que nous laisserions aux islamistes le temps de s’organiser et de profiter du sentiment d’injustice né de la fin de cette révolte pour infecter les esprits avec leur propagande. Prenons en main le pays et notre liberté tant que nous pouvons éviter le péril islamiste. Ce n’est pas Ben Ali ou un quelconque dictateur qui nous en protègera, et l’histoire nous a montré que Ben Ali n’a fait que radicaliser les islamistes. Nous seuls pourrons lutter contre l’islamisme, dans une société ouverte à travers la libre expressions des laïcs de ce pays que le pouvoir étouffe.

L’avenir de la Tunisie est entre les mains du peuple. Et le peuple est mature !

Habib M. Sayah

source:nawaat.org

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Posté par algeriedemocratie le 15 janvier 2011

Tunisie : Qu’ils bloquent TuniLeaks et nos services sur Appspot.com et ils bloqueront Gmail et Google search

Sur Nawaat nous avons publié hier une astuce pour contourner la censure d’Appspot.com via le fichier Hosts. Ce qui au demeurant permet d’accéder au site TuniLeaks.

En terminant la note sur ce sujet, nous avons rappelé que «ceci n’est qu’un moyen provisoire, en attendant des jours meilleurs. Et sûrement que d’ici là, la “chienne au front bas” passera pour griller ces nouvelles IP

Et, effectivement, la censure n’a pas tardé. Elle est passée aujourd’hui pour bloquer, toujours aussi illégalement, de nouvelles DNS et de nouvelles IP, y compris celle que nous avons proposée hier.

Qu’à cela ne tienne ! Nous avons également promis que “nous aussi, on repassera avec de nouveaux moyens, jusqu’à ce que nos libertés fondamentales garanties par la Constitution soient respectées.”

Donc on continue à jouer au chat et à la souris, tout en faisant en sorte que cela soit encore plus compliqué pour la censure.

Avant de passer aux explications, voici les nouvelles IP à insérer dans le fichier “hosts” (cf. le chemin du fichier dans la 1ere note de bas de page) :


74.125.232.112 astrubal.appspot.com # IP Google search
74.125.232.114 tunileaks.appspot.com # IP Google search
74.125.232.118 zabastan.appspot.com # IP Google mail
74.125.232.119 tunisistan.appspot.com # IP Google mail
74.125.232.117 astrubal-bookmarklet.appspot.com # IP Google mail

Outre TuniLeaks, il s’agit également des proxies sécurisés mis à disposition : zabastan.appspot.com | tunisistan.appspot.com | astrubal.appspot.com. Il y a aussi la page des bookmarklets anti-censure https://astrubal-bookmarklet.appspot.com.
Et voici ce que ça donne une fois intégré au fichier, tant sur mon mac que sur mon smartphone :

 

Astrubal's Hosts file 

Quelque clarifications s’imposent, pour que chacun sache ce qu’il fait.

Cette fois-ci, nous avons choisi de nous couvrir sous deux gros “parapluies“. En ce sens, les IP proposées sont celles utilisées par Google Search et Google Mail. Si la censure insiste encore à bloquer Tunileaks et les services de Nawaat, ils bloqueront alors deux des principaux services de Google, soit le Mail et la Recherche Web… sporadiquement, si ce n’est pas intégralement (2).

Ce qu’il y a d’avantageux avec la myriade des services de Google, c’est que ses serveurs s’appuient principalement sur l’instruction “host” du protocole HTTP pour dispatcher le traitement des requêtes.

Google dispose d’un nombre incalculable d’IP. Entre YouTube et Google Search, ce sont des centaines de milliers d’IP. D’après ce que j’ai pu relever, Google a fait le choix de garder une flexibilité totale de ces IP. Google privilégie l’instruction http “host” pour différencier le traitement des requêtes sur ses serveurs. Plus clairement, et d’une façon générale, les IP ne sont pas liées à un service en particulier, mais pleinement polyvalentes et c’est l’instruction “host” de l’entête http qui identifie le service destinataire de la requête. C’est ce qui fait qu’au sein de la “nébuleuse” Google, une même IP peut être utilisée pour tel service web comme pour tel autre.

Et là où ça devient très intéressant, c’est que malgré cette polyvalence des IP de Google, l’une des règles sur laquelle s’appuie l’Internet, c’est celle qui consiste à accoler au niveau des “serveurs de nom (DNS)” une IP pour chaque nom de domaine. Et quand les utilisateurs saisissent sur leur navigateur youtube.com par exemple, c’est cette même IP enregistrée auprès du serveur de nom qui est utilisée par tous ceux qui font la même requête.

Or, comme chez Google les IP sont polyvalentes, on peut court-cuicuiter le serveur de nom en paramétrant une IP différente par le biais du fichier “Hosts”. Et par voie de conséquence, rien n’empêche que l’IP donnée par le “serveur de nom” -disons pour “mail.google.com”- soit utilisée pour http://tuniLeak.appspot.com.

A ce stade, la fameuse “chienne au front bas“, peut toujours intervenir pour bloquer la requête en filtrant le nom de domaine figurant dans l’instruction “Host” de l’entête http, et ce, quelle que soit l’IP utilisée. Cependant, et par bonheur, pour les requêtes en HTTPS, notre “Chienne” peut toujours aller se gratter. En effet, ses filtres sont incapables de distinguer les requêtes qui vont vers Google Mail, de celles vers tuniLeak.appspot.com, puisque le contenu de l’instruction “Host” est crypté. Le seul moyen qui reste à la censure, c’est de bloquer totalement l’IP en question. D’où le blocage de tous les services qui l’utilisent.

Est-il sage de détailler autant dans ce post la procédure de contournement indiquée, au risque de donner au censeur des éléments de nature à le renforcer ? C’est en tout cas la question que l’ami Sami m’a posée.

Je pense qu’il est utile de le faire afin de donner des éléments pour mieux comprendre comment ça se passe. Quant au censeur, ça ne change rien pour lui, dans la mesure il ne peut strictement rien faire à l’égard de cette procédure hormis, encore une fois, de griller l’IP et tous les services qui vont avec. Oseraient-ils faire cela pour bloquer Nawaat tout en privant les Tunisiens de Google Search et de Google Mail ? Ou se limiteraient-ils à bloquer le port 443 du HTTPS tout en paralysant les services bancaires et la vie économique nationale ?

Rien ne nous étonnera plus d’un tel régime despotique qui s’affole à l’idée même qu’un tunisien puisse exercer ses droits de citoyen sur un support médiatique en exprimant son opinion pour dire “Non… Je n’aime pas Ben Ali, c’est un despote et je désire qu’il parte”.

Astrubal, le 3 décembre 2010

http://astrubal.nawaat.org/
http://nawaat.org/
Mon compte sur Twitter @astrubaal
Celui de Nawaat.org @nawaat

 

PS : Sur ce lien, un billet où figurent, en annexes, des illustrations détaillées sur la procédure de modification du fichier “hosts”.

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Des Citoyensn des victimes, des assassins et des lâches!

Posté par algeriedemocratie le 15 janvier 2011

Des Citoyensn des victimes, des assassins et des lâches!

Tunisie Mensonge Ben Ali

I.— Des victimes et des assassins

Il convient d’abord de rappeler l’un des piliers du pacte républicain autour duquel la société tunisienne s’organise. Ce pilier est bâti sur le dogme du monopole du port d’arme par les agents du ministère de l’Intérieur et par l’armée. Ce monopole est fondé sur la logique qui fait que les citoyens renoncent à porter des armes et c’est l’Etat qui prend en charge leur sécurité. Cela signifie : quoi qu’il en coûte en terme de vies humaines pour ses agents, l’Etat s’engage à garantir la sécurité de ceux à qui il interdit de porter des armes.

Dès lors, ceux qui sont commis pour la sécurité des citoyens ont pour mission sacrée de protéger la vie desdits citoyens. Les opérations de maintien de l’ordre ne peuvent en aucun cas justifier tout usage disproportionné de la force pour tuer. Autrement, cela serait qualifié d’Assassinat. C’est-à-dire un acte commettant un homicide volontaire avec préméditation.

Et je ne trouve aucune autre qualification : tuer un citoyen désarmé, c’est un assassinat. Et il n’y a que l’imbécile qui soit capable de tenir un discours pour affirmer que les décès sont dus au fait que les victimes se sont jetées sur les balles tirées par leurs assassins.

Quels que soient les troubles, en cas de manifestation, y compris s’il y a des jets de cocktails Molotov (et je ne suis pas en train de dire que ce fut le cas, je n’en sais rien, je n’y étais pas), on ne tire pas sur la foule pour tuer.

Pour rappel et à titre de comparaison : en mai 1968, malgré tout le désordre qui prit d’assaut les rues de la capitale française, pas une seule victime n’est tombée. Et aujourd’hui, 42 ans après, tout le monde rend hommage à ce préfet de la République, Maurice Grimaud, qui a fait son travail de maintien de l’ordre jusqu’au bout et avec l’honneur qui sied à sa fonction. Et s’il n’y a eu aucun mort, c’est parce que l’un des principes fondateurs des Républiques démocratiques, celui de l’usage proportionné de la force, fut respecté. On ne canarde pas les citoyens pour disperser une foule, ni ne les abat pour empêcher qu’un cocktail Molotov soit lancé.

Et je me souviendrai jusqu’à la fin de mes jours de ce communiqué si scandaleux qui parlait, lors des événements de Redayef, de «la mort [assassinat] d’un élément perturbateur». Et nous continuons à avoir droit à ces «fumeuses» sources anonymes qui reconnaissent la mort des Tunisiens abattus par les forces de l’ordre. Ces mêmes sources qui indiquent sans pudeur : «malgré les mises en garde lancées, conformément à la loi, par les forces de l’ordre, les éléments perturbateurs n’ont pas obtempéré, obligeant les forces de sécurité à intervenir. Ces événements —préciseront encore ces sources—, ont entraîné la mort de “X” éléments perturbateurs. »
II.— Des Lâches…

Lâche selon le Littré : «indique une disposition faible et misérable qui ne peut résister à aucun péril ; aucune espèce de courage ne reste ; une idée de mépris y est jointe.»
Selon le Robert : «Qui manque de courage, recule devant le danger, s’abaisse devant la force, la puissance. ➙ capon, couard, peureux, pleutre, poltron, veule.»

Outre les lâches, tant ceux qui ordonnent comme ceux qui tirent sur des citoyens désarmés, il y a les autres lâches qui regardent et se terrent, en particulier nos parlementaires. Toute la journée j’ai attendu un communiqué de ces derniers. Toute la journée j’ai attendu quelques mots de compassion envers les familles tunisiennes qui ont perdu les leurs, tombés sous les balles d’autres tunisiens. Mais rien… pas un mot. Et ma colère est immense.

Dans n’importe quel pays au monde avec un parlement qui se respecte, nous aurions eu droit à un tollé des parlementaires, ces représentants de la nation qui observeraient ainsi leurs concitoyens tomber sous les balles des forces de l’ordre. Nous aurions eu droit à l’annonce d’une commission d’enquête pour savoir exactement ce qui s’est passé et définir les responsabilités de chacun. On aurait eu droit à l’annonce de cette commission ne serait-ce que pour dire aux citoyens de la nation entière «nous sommes là pour contrôler l’exécutif et contrôler, entre autres, tout usage de la force par la police et par l’armée». Tout parlement qui se respecte ne peut et ne doit se suffire des déclarations du «grand flic» qui ordonne de tirer sur la foule. C’est tout de même invraisemblable que nos parlementaires observent ce qui se passe comme s’ils étaient sur la Lune. Au fond, ils ne sont bon qu’à voter cette somme astronomique —près 1,8 milliard de nos millimes— pour l’école privée de Leila Trabelsi épouse Ben Ali au détriment de nos petits écoliers, ces petits anges qui pataugent dans la boue pour accéder à leurs écoles de l’arrière-pays et s’installer dans des classes rongées par l’humidité et le dénuement.

Ma colère est si grande que je n’ai d’autres mots que de dire : «messieurs les parlementaires, quand des citoyens Tunisiens meurent sous les balles et que vous ne réagissez pas, c’est que vous n’êtes que des lâches aux ordres de celui à qui vous devez vos sièges, indignes de parler au nom de la nation et indignes de vous exprimer au nom de ce drapeau que vous avez transformé en vulgaire tissu pour recouvrir des cercueils.»

 

Astrubal, le dimanche 9 janvier 2011
Co-admin Nawaat.org

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L’homme qui en savait trop

Posté par algeriedemocratie le 20 février 2010

C‘est un miraculé. L’homme d’affaires tunisien Ghazi Mellouli, 45 ans, n’aurait pas dû survivre à la tentative d’assassinat dont il a été victime, le 18 novembre 2009.C’était le jour du match de football Algérie-Egypte qualificatif pour la Coupe du monde 2010, qui se jouait au Soudan. Mellouli regarde la télévision dans le salon de la villa qu’il a louée dans un complexe résidentiel de Tripoli (Libye), en bord de mer. Il parle en même temps au téléphone avec un marchand d’avions français, Yves D., à Genève. « Soudain, j’ai entendu des cris aigus, raconte au Monde ce témoin. Je n’ai plus reconnu la voix de Mellouli. Ça a duré une quarantaine de secondes avant que la ligne soit coupée. Je n’ai pas compris ce qui se passait. »

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par-derrière, l’a ceinturé puis lui a porté plusieurs coups de poignard. L’agresseur, dit-il, n’est autre que son ancien chauffeur, un Tunisien qui a pris l’initiative inattendue de le rejoindre à Tripoli, quelques jours plus tôt.

Mellouli hurle : « Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu es devenu fou ? » L’autre répond : « Ne bouge pas ou je te frappe encore. » L’agresseur relâche sa victime quelques secondes, le temps de sortir de sa poche une corde et de l’adhésif. « Il préparait une mise en scène pour faire croire à un cambriolage qui aurait mal tourné », pense Ghazi Mellouli.

L’homme d’affaires profite de ce bref répit pour reprendre l’avantage, malgré ses blessures. Dans le corps-à-corps qui va suivre, le poignard vole à l’autre bout de la pièce. Mellouli réussit à se relever. Il ouvre la porte de la villa et prend la fuite, chancelant, les entrailles à demi hors de l’abdomen. « Je les ai tenues, comme une boule sous ma chemise, jusqu’à l’arrivée des sauveteurs », se souvient-il.

Son agresseur, lui, s’enfuit vers la plage. Un complice l’attend, vraisemblablement dans une voiture. La frontière tuniso-libyenne n’étant qu’à une heure et demie de Tripoli par la route, il paraît plausible qu’il ait regagné la Tunisie, avant même que la police libyenne ait eu le temps de réagir.

Transporté aux urgences, Mellouli va passer cinq heures sur la table d’opération. L’estomac et le foie ont été sérieusement endommagés, mais aussi la vésicule biliaire, l’aine, la main, l’épaule… Le blessé reste plusieurs jours dans un état critique, mais, contre toute attente, il s’en sort. « On dit souvent le pire des médecins libyens, mais, ce jour-là, ils m’ont sauvé la vie ! », remarque-t-il.

Mi-décembre 2009, Mellouli est transféré en France, grâce à l’intervention de son frère qui a la nationalité française. Il subit une seconde opération. A présent, en convalescence à Paris, il s’apprête à faire une demande d’asile politique à la France. A intervalles réguliers, il reçoit sur son portable des coups de fil et des SMS de menace de mort, en provenance de Tunisie. « Ton heure est venue ! », « Adieu pour toi », ou encore : « Ta mère et ta soeur (restées en Tunisie) vont payer pour toi ! »

Qui en veut à sa vie et pourquoi ? Sur ordre de qui, surtout, son agresseur a-t-il agi, le 18 novembre à Tripoli ? « Il n’a pas l’âme d’un assassin. Pour qu’il en soit venu là, c’est qu’on l’a menacé, j’en suis convaincu », affirme Ghazi Mellouli.

Pas un instant, l’homme d’affaires tunisien ne met en cause la Libye. Il se voit, dit-il, plutôt au coeur d’un règlement de comptes politico-mafieux orchestré par l’un des clans au pouvoir à Tunis. Sollicitées par Le Monde à plusieurs reprises, les autorités tunisiennes n’ont pas souhaité réagir à cette affaire.

L’agresseur de Mellouli, en tout cas, est libre de ses mouvements, en Tunisie, en dépit de la plainte déposée contre lui auprès des autorités libyennes et tunisiennes. Pour Thibault de Montbrial, l’avocat français de M ; Mellouli, il est évident que son agresseur a bénéficié de « solides complicités », depuis la Tunisie, pour mener son opération. « Il a fallu notamment qu’il paye les 1 000 dollars de visa d’entrée en Libye et qu’il quitte le secteur, dissimulé au fond d’une voiture, couvert du sang de sa victime », souligne Me de Montbrial.

Ghazi Mellouli en saurait-il trop ? Depuis toujours, ce faux dilettante baigne dans le milieu tunisien des affaires. Il connaît mieux que personne les clans qui s’accaparent les richesses de la Tunisie depuis des années. Et pour cause : il a fait partie de ce marigot avant d’en être chassé.

Quand il se lance dans les affaires, sa bonne étoile s’appelle Moncef Ben Ali. C’est un ami. Il est en outre le frère cadet de Zine El-Abidine Ben Ali, à l’époque ministre de l’intérieur. Après que Zine El-Abidine Ben Ali eut accédé à la présidence de la République, en 1987, Mellouli s’associe avec Moncef Ben Ali pour importer des matières premières industrielles. Ils touchent des commissions florissantes. Et les démêlés de Moncef Ben Ali avec la justice française ne les dérangent pas trop. Impliqué dans un réseau de trafic de drogue, dit la « Couscous Connection », le frère du président est condamné par défaut, en novembre 1992, à dix ans de prison par un tribunal parisien. Pendant plusieurs années, le tandem Moncef Ben Ali-Ghazi Mellouli fonctionne bien. Le nom de Ben Ali ouvre toutes les portes.

Le vent va pourtant tourner. Leïla Trabelsi, que le chef de l’Etat a épousée en 1992, est bien décidée à asseoir son pouvoir. Au fil du temps, la nouvelle première dame va écarter tous ceux qui ne sont pas de son clan ou de sa fratrie. Kamel Eltaïef, ami intime du président, est mis sur la touche. Moncef Ben Ali ne tarde pas à découvrir que les Trabelsi – Moncef Trabelsi en particulier – ne sont pas ses alliés, bien au contraire. Quant à Slim Chiboub, l’époux d’une fille née du premier mariage du président – jusque-là considéré comme le gendre préféré du chef de l’Etat -, il tombe en disgrâce, de même que ses amis.

Florence Beaugé

source:lemonde.fr

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Jurez Monsieur le Juge

Posté par algeriedemocratie le 28 décembre 2009

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Jurez Monsieur le Juge. Dites je jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

Monsieur le Juge : avez-vous reçu, lors du procès du journaliste et poète Taoufik Ben Brik que vous avez présidé, des instructions vous dictant la sentence de six mois de prison ferme que vous deviez  prononcer ce jour là ?

-Avez-vous subi des pressions vous imposant la manière de diriger ce simulacre de procès ?

-Passons aux détails  Monsieur le Juge: Pourquoi n’avez-vous pas permis aux avocats de présenter leur argumentations ou de procéder à un contre interrogatoire. Pourquoi n’avez-vous pas accepté la demande d’expertise de la signature falsifiée apposée en bas de l’enquête judiciaire ? Pourquoi n’avez-vous pas cherché à savoir où était passé le PV n° 5 disparu du dossier ? Pourquoi n’avez-vous pas exigé la présence des témoins. Existent-ils seulement ces témoins, puisque le numéro de leur carte d’identité est inexistant? Pourquoi n’avez-vous rien voulu entendre des requêtes des avocats concernant la remise en liberté de M Taoufik Ben Brik ?

Connaissant le verdict  par avance vous avez levé la séance avant même qu’elle n’ait débuté. Vous en aviez assez entendu. Assez de perte de temps !

Votre condamnation n’est-elle pas un affreux  déni de justice ? Avouez que ce procès bafoue clairement les principes fondamentaux de la justice. Vous n’avez même pas cherché à sauver les apparences et à faire croire à un procès équitable. Quelle mauvaise comédie !

Vous avez obéi aux instructions. Mais depuis quand les instructions sont-elles au dessus de la loi ? La constitution ne prévoit-elle pas la séparation des pouvoirs ? Vous nous faites vivre un cauchemar.

Vous avez une famille que vous voulez préserver et protéger, dites-vous. Ce n’est pas une excuse. Taoufik Ben Brik a lui aussi deux beaux enfants que vous privez de la présence du  père. Taoufik Ben Brik a sacrifié sa liberté pour vous offrir un peu de dignité.

Savez-vous ce que pensent ses deux enfants de vous ? Ils font chaque jour votre procès et vous condamnent d’avoir condamné leur père, ils vous condamnent pour avoir accepté de jouer le jeu du bouc.

Leur père risque à tout moment de mourir. Certes, son cœur bat, il respire, il prend régulièrement ses médicaments …mais ceci n’est pas suffisant. Il suffirait d’une hypoglycémie dont il ne se rendrait pas compte lors de son sommeil, .ou qu’il ne trouve rien à avaler… pour qu’il trépasse….Ce serait horrible, non !

L’affaire Ben Brik n’est pas de votre compétence. Vous avez cependant accepté, en toute conscience, d’y jouer un  petit rôle, celui d’un figurant ayant accepté de jouer le mauvais rôle avec notre argent. A qui incomberait la responsabilité ? Avez-vous pensé à votre propre part de responsabilité ?

La vérité, est que c’est une affaire entre ZABA le grand et Taoufik Ben Brik le poète soûlouk.

Toi, le Grand, toi qui a pris le poète pour otage. L’affaire est hors constitution. Cette parodie de justice n’a pas besoin de durer plus longtemps. Tu as offert à Taoufik Ben Brik, malgré toi, une grande victoire celle, pour l’avoir embastillé, d’être élu l’homme de l’année 2009, aux côtés d’OBAMA, On n’arrête pas l’histoire. …

Mais si Taoufik Ben Brik venait à mourir, nous serons tous condamné pour n’avoir pas prêter assistance à personne en danger. L’histoire l’enregistrera.

AZZA ZARRAD épouse de Taoufik Ben Brik

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Sihem Bensedrine:Lettre ouverte au président Ben Ali

Posté par algeriedemocratie le 9 décembre 2009

Sihem Bensedrine: Partez Monsieur le Président !

Bensedrine

Lettre ouverte au président Ben Ali

Monsieur le président,
Vous avez mal gouverné la Tunisie durant plus de vingt ans et vous venez de vous octroyer cinq autres années de pouvoir absolu sur nos vies et notre avenir. Votre règne reste aux yeux des Tunisiens celui de l’injustice, des atteintes à la dignité du citoyen, du népotisme, du développement de la corruption et de la dilapidation des ressources humaines et matérielles de notre pays. La Tunisie nous semble aujourd’hui aller à la dérive, menée par on ne sait quelle force occulte face à un Etat absent et marginalisé.
Vous vous êtes affranchi de cette morale tacite qui faisait qu’en Tunisie les puissants ne pouvaient pas être trop puissants et les pauvres trop misérables, générant ainsi une forte classe moyenne et faisant de la Tunisie un pays prospère et équilibré. Votre régime qui tablait sur le «consommez et taisez-vous» a rompu ce deal et permis tous les excès, plongeant de larges franges de cette classe moyenne dans le dénuement et favorisant l’enrichissement illicite de quelques bénéficiaires du clientélisme d’Etat.
La rébellion du bassin minier n’est, au bout du compte, qu’une saine réaction symptomatique de ce naufrage qui n’a épargné aucun secteur de l’économie.
Cette politique prédatrice a inexorablement entaché les acquis qui faisaient la fierté des Tunisiens.
Nos universités et nos écoles qui soutenaient la concurrence avec nombre d’institutions européennes ont périclité sous l’effet du nivellement par le bas et la marginalisation des compétences insoumises.
Nos hôpitaux et structures de soins tombent en ruines et les cadres performants sont découragés.
Nos institutions républicaines ont été dévoyées et la Justice est désormais un lieu où le droit se vend et s’achète, réduite à une annexe de la police politique qui lui dicte des « injonctions ». Les juges intègres qui résistent encore à cette dégénérescence sont marginalisés et sanctionnés. Le parlement nommé par vos services à l’issue d’une farce électorale est devenu une machine à produire des lois vidées de tout sens du droit. Notre presse est naufragée par l’action conjuguée de la censure et de ces « déchets écrits » financés par les fonds publics qui polluent l’espace médiatique et dépravent ses mœurs. Les compétences fuient le pays comme on fuie une jungle qu’aucun droit ne régule.
Cette Tunisie qui a tant d’atouts pour figurer en bonne position dans le peloton des pays développés est aujourd’hui prise en otage par les clans qui vous entourent et son élan bridé.
Votre police tire sur tout ce qui bouge, moleste, insulte, arrête et terrorise les voix pacifiques qui tentent d’alerter sur cette dérive.
Vous paraissez affaibli et la guerre pour votre succession est ouverte dans votre sérail sans que les citoyens Tunisiens n’aient la moindre idée sur comment la transition sera assurée et ni si les lois de la République seront respectées. Votre épouse, introduite en contrebande dans notre paysage politique, a aujourd’hui l’ambition de diriger notre pays. C’est une perspective effrayante. Non pas que nous ne voudrions pas être dirigés par une femme – des femmes d’envergure et intègres existent dans notre pays et je serais fière de voir l’une d’elles à la tête de la Tunisie – mais votre femme a eu des comportements peu éthiques qui ne rassurent pas sur sa capacité à préserver le patrimoine public du pillage des siens. Son sens du droit et de l’intérêt public semble déficient et je doute qu’il y ait beaucoup de Tunisiens qui en veulent pour dirigeante. Je crains que son ambition n’expose la paisible Tunisie à un cycle de violences dont personne n’est capable d’en présager l’issue.

Monsieur le président, je ne vous félicite pas pour ce 5e mandat ;
Vos services ont dû vous le rapporter, cette mascarade électorale n’a convaincu personne, pas même les troupes du RCD essoufflées et à court d’imagination. Leurs bannières vous glorifiaient comme un Dieu, mais le cœur manifestement n’y était plus. Voyez-vous monsieur, un cinquième mandat, ce n’est pas vraiment convaincant !
« A vaincre sans péril on triomphe sans gloire », disait Corneille. Il n’y a pas eu de compétition, ni d’arbitre, encore moins un scrutin où la volonté populaire était respectée contrairement à ce que vous avez dit dans votre discours d’investiture. Tout juste une mise en scène sans génie avec de faux témoins.
Vous avez clôturé votre campagne par un discours fait d’avertissements et de menaces à l’adresse de ceux qui avaient osé mettre en doute la sincérité du processus électoral. Vous avez repris ces mêmes menaces dans votre discours d’investiture où vous aviez dénié patriotisme et honneur à tous ceux qui ne vous font pas allégeance.
En sortant de votre obligation de réserve, vous avez pris le parti de vous afficher comme le président d’un clan. Vous avez déclaré la guerre à tous les Tunisiens qui vous reprochent d’avoir mal gouverné la Tunisie, dilapidé ses ressources et hypothéqué son avenir après avoir bâillonné ses medias et asservi sa Justice.
Ces Tunisiens, monsieur, n’ont pas de leçons de patriotisme à recevoir des clans qui parasitent l’Etat et son administration, propageant des mœurs politiques indécentes qui insultent notre civilité et nous font honte.
Ces Tunisiens, monsieur, ont résisté durant vos 22 ans de règne absolu aux lâches attaques de votre police politique, aux représailles familiales, à la faim à laquelle vous les avez réduit, les privant de leurs droits élémentaires à une vie digne, à un toit, à un travail, à la liberté de se déplacer. Vous avez fait tout cela en proclamant votre respect pour les droits humains et en ratifiant les conventions internationales qui les protègent. Mais vous n’avez pas réussi à les réduire au silence. Ils ont survécu à vos bulldozers et trouvé un soutien auprès des sociétés civiles algériennes, marocaines et plus largement arabes et internationales, qui ont tissé un véritable bouclier autour d’eux.
Cela n’est pas pour vous plaire et vous le qualifiez d’« appui sur les forces étrangères » !
Vous aviez déclaré que « le vrai patriote est celui qui répugne à porter son différend avec son pays hors des frontières nationales ». Notre différend, monsieur, n’est pas avec notre pays que nous aimons si fort que nous sommes prêts à braver votre sinistre machine répressive pour le défendre. Notre différend est avec vous et votre régime qui étouffe la Tunisie et hypothèque son avenir.
Dites moi, quand avez-vous accepté de dialoguer avec vos contradicteurs ? Le seul outil de « dialogue » que vous avez consenti à manier est le bâton de vos policiers et la violence verbale de vos barbouzes de la plume.
Non seulement vous avez dénié le droit à l’existence légale à toutes les ONG indépendantes, mais même les associations professionnelles qui avaient osé manifester des velléités d’indépendance ont subi des putschs et les membres des bureaux légitimes ont été persécutés, comme cela a été le cas pour les magistrats et les journalistes. Vous avez empêché la LTDH, la plus ancienne ONG de droits humains, de remplir son mandat d’observatoire vigilant du respect des droits humains.
Vous avez toujours perçu la posture citoyenne comme une attitude hostile et le devoir de vigilance propre à toute société civile comme une menace sur la pérennité de votre régime qui fonctionne dans l’opacité la plus totale couvert par la loi de l’omerta. Et vous avez certainement raison, car votre régime est perçu par nous tous comme l’ennemi de notre pays.

Monsieur le président;
Ces étrangers que vous nous accusez de chercher à introduire dans votre « forteresse » et qui menacent votre « souveraineté » ne les aviez vous pas qualifié tantôt d’amis ? La France que vous stigmatisez aujourd’hui, n’est-t-elle pas le principal soutien à votre régime ? N’est-elle pas la principale puissance européenne qui vous « protège » du devoir de rendre compte de vos manquements à vos engagements pris dans le cadre des accords d’association avec l’Union Européenne, dont vous réclamez aujourd’hui le statut avancé ?
Renierez-vous maintenant ces accords par lesquels vous êtes engagé à promouvoir l’Etat de droit et la démocratie en Tunisie et en vertu desquels vous acceptez une évaluation périodique de l’état d’avancement de cette démocratie?
Lorsque le président de la France déclarait contre toute évidence que « l’espace des libertés progresse» en Tunisie, vous n’avez pas à ce moment là crié à l’ingérence ! Par contre lorsque le ministre des Affaires étrangères du même pays se dit « déçu par les arrestations de journalistes en Tunisie », les jugeant « inutiles», là vous criez à l’ingérence !
Lorsqu’un Eric Raoult (fréquemment invité par l’ATCE à effectuer des séjours dans les palaces tunisiens) se fond en flagorneries sur votre politique éclairée, il ne fait pas de l’ingérence. Mais lorsqu’une Florence Beaugé fait sereinement son travail de journaliste, elle est accusée de nostalgie colonialiste. L’apologie serait donc la bienvenue et la critique illicite !

Monsieur le président, je ne vous félicite pas,
Vous avez perdu la bataille médiatique et vous en attribuez, à raison, la victoire à Taoufik Ben Brik. Vous aviez cru qu’une telle bataille se gagne par vos posters géants qui envahissent nos murs et les articles commandés aux mercenaires de la plume à l’étranger. C’est ainsi que vous percevez vos élections, une simple joute médiatique ! Mais le langage de la vérité triomphe toujours, vous savez !
Vous avez entamé votre cinquième mandat en embastillant mon ami Taoufik Ben Brik. Personne ne croit à ce montage juridico-policier mal ficelé où une pauvre bougre prétend avoir été agressée par Taoufik devant une école primaire où elle n’avait aucun enfant à chercher.
Si le sort des femmes violentées vous préoccupe tant, monsieur le président, vous auriez commencé par interdire à vos policiers de violenter les femmes défenseures de droits humains et surtout, vous auriez laissé votre justice poursuivre les coupables et statuer sur leurs multiples plaintes classées sans suite.
Nul n’ignore que ce sont les écrits de ce poète qui vous ont tant irrités et qui lui valent votre lettre de cachet. Dans les pays démocratiques, ce genre d’article est monnaie courante et ne conduit pas en prison ; « On ne met pas Voltaire en prison » monsieur !
En agissant ainsi vous révélez la grande fragilité de votre régime caché derrière un masque en carton pâte, reconstruit chaque jour par une agence de propagande à coup de milliards par an pour reproduire par le verbe mensonger, une image artificielle d’un miracle économique et politique auquel vous êtes seul à croire.
Les jeunes, monsieur le président, ont voté pour votre miracle en fuyant le pays par milliers. Les plus récents, ce sont ces 4 sportifs qui ont déserté l’équipe nationale pour se réfugier au Canada portant ainsi à 140 le nombre de sportifs de haut niveau qui ont fui la Tunisie. Sans parler des dizaines de milliers qui traversent la méditerranée au péril de leur vie pour échapper à un avenir confisqué.
Une véritable réussite économique, monsieur, attire plus qu’elle ne fait fuir.

Monsieur le président,
Vous avez lâché vos cerbères sur tous ceux et celles qui sont l’honneur de ce pays. Ces barbouzes de la plume payés par l’argent public insultent, diffament à longueur de colonnes en des termes qui déshonorent la presse tunisienne et avilissent nos mœurs. Jamais nous n’avons été si bas dans la gestion de l’espace public que vous monopolisez vous et vos proches.
La fiabilité est la première qualité d’un Etat qui se respecte. Sous votre règne, le mensonge d’Etat est devenu un sport national pratiqué par nombre de vos ministres et commis. Vos policiers de la plume sont passés maîtres dans l’art du faux et de l’usage de faux. Voila maintenant qu’ils nous accusent d’être des espions d’Israël recherchés par les Palestiniens et les Libanais. Cet appel au lynchage vous discrédite. Notre honneur de défenseurs des valeurs universelles de liberté et de droits humains est intact. Les Palestiniens et les Libanais qui nous connaissent, pour avoir vérifié notre attachement à leurs justes causes sur le terrain et sous les bombes israéliennes, le savent et vous aussi vous le savez pertinemment. Si l’un de vos barbouzes tente d’attenter à notre vie, tout le monde sait que vous en serez seul tenu pour responsable.

Monsieur le président, partez
Les Tunisiens n’espèrent plus rien de vous, sinon votre départ et celui des clans qui vous entourent.
J’en appelle à la conscience citoyenne des responsables politiques intègres ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des cadres intègres du RCD ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des cadres intègres de notre administration ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des magistrats intègres au sein de l’institution judiciaire ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des cadres intègres dans les corps de la police et de l’armée ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des dirigeants des vrais partis d’opposition ;
J’en appelle à la conscience citoyenne des acteurs courageux de la société civile, femmes, syndicalistes, artistes, journalistes, défenseurs de droits humains ; à tous les démocrates et tous ceux à qui le devenir de notre patrie importe ;

Sauvons notre pays, sauvons la Tunisie, avant qu’il ne soit trop tard.

Sihem Bensedrine

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Tunisie:Le pays du jasmin, le miroir déformé de l’occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées.

Posté par algeriedemocratie le 7 novembre 2009

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Tunisie
Le pays du jasmin, le miroir déformé de l’occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées.
René Naba | 3.11.2009 | Paris

L’arrestation du journaliste Toufic Ben Brick, le 29 octobre, cinq jours après la réélection du président Zine El-Abidine Ben Ali a retenti comme un camouflet à l’égard de ses protecteurs occidentaux et des pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.

Paris, 2 novembre 2009. La Tunisie célèbre, le 7 novembre 2009, le 22 ème anniversaire du coup d’état médical du général Zine El-Abidine Ben Ali, contre le père de l’indépendance tunisienne, le combattant suprême Habib Bourguiba, dans une ambiance de résignation de la population découragée par la perspective d’une présidence à vie de leur «général président» du fait de ses jongleries constitutionnelles visant à assurer sa longévité politique avec la complicité silencieuse de ses protecteurs occidentaux.

Régime décrié pour son usage abusif du népotisme, de la répression, de l’intimidation et de la corruption, la Tunisie continue de bénéficier néanmoins d’une étonnante mansuétude de la part des pays occidentaux, plus prompts à dénoncer les violations des droits de l’Homme en Iran ou en Syrie que dans l’arrière cour de la France (Tunisie, Maroc, Gabon, Tchad), plus prompts à s’enflammer pour le Darfour que pour Gaza, pour le Tibet que pour le Yémen. Plus prompts à fustiger la fraude électorale en Iran à grands renforts de campagne médiatique que le trucage massif en Afghanistan, ou la parodie de la démocratie à la tunisienne ou encore la vénalité de la féodalité politique du bloc parlementaire du milliardaire libano saoudien Saad Hariri au Liban. Plus prompts enfin à carboniser un chef d’état coupable d’avoir prolongé son mandat de trois ans, rien que trois ans, le libanais Emile Lahoud, que leurs clients arabes multirécidivistes de la reconduction, l’égyptien Hosni Moubarak (28 ans de pouvoir) ou le tunisien Ben Ali (22 ans de pouvoir) ou encore les dinosaures de la Françafrique

Doté d’une coterie familiale agglomérant des trafiquants de drogue, des écumeurs des mers et des prédateurs des banques, le roitelet tunisien trône en partage avec son envahissante épouse Leïla sur le pays du jasmin, devenu au fil des ans le royaume putride de la corruption, une parodie de démocratie, l’alibi occidental à la lutte contre le fondamentalisme religieux, le miroir déformé de l’occident, la face honteuse de ses pratiques dévoyées.

En vue de la reconduction de son mandat, le petit génie de Carthage s’est surpassé lors de la dernière consultation électorale, dimanche 25 octobre, faisant preuve d’imagination et d’innovation au point que la plupart des observateurs s‘accordent à penser que le scrutin présidentiel aura été un chef d’œuvre de mascarade et d’arbitraire. Si Zine El-Abidine Ben Ali a été officiellement réélu, sans surprise, pour un cinquième mandat avec 89,62 % des suffrages exprimés, selon les résultats définitifs du ministère de l’intérieur, le président sortant n’a toutefois pas réussi à dépasser les 90 % réalisés lors des deux précédents scrutins, en 1999 et 2004.

L’homme n’avait pourtant pas ménagé ses efforts. Il a ainsi veillé à donner l’apparence d’une compétition pluraliste en s’assurant la présence de trois autres concurrents, dont deux figurants, représentants des partis proches du pouvoir, Mohamed Bouchiha, du Parti de l’Unité populaire et Ahmed Inoubli de l’Union démocratique unioniste, ainsi que M. Ahmed Brahim, dirigeant du parti Ettajdid (Renouveau, ex-communiste), seul véritable contestataire dans cette compétition.

Préconisant une transparence qui fera date dans les annales des scrutins électoraux à l’effet d’inspirer plus d’un dirigeant aspirant à l’éternité, le président Ben Ali a retourné l’équation aménageant une transparence non pas du scrutin mais des votants par le biais des enveloppes à déposer dans les urnes, coloriées en fonction des candidats.
Le motif officiel avancé pour justifier le coloriage était de faciliter l’identification des candidats dans les zones à fort taux d’analphabétisme et le décompte des voix. Mais le vote technicolor pouvait masquer une opération de tri entre les «bons votants» et les autres, plus rares, les «mauvais votants», les abstentionnistes et autres opposants. Sans surprise, le carton présidentiel était de couleur rouge vif, très visible de loin, facilement repérable à distance et son porteur tout aussi facilement identifiable. Malheur à celui qui se serait hasardé à sortir de l’isoloir avec l’enveloppe rouge à la main. La trappe aurait été son destin. Pas difficile de présumer en effet qu’il s’inscrivait potentiellement sur la liste des candidats aux tracas.

L’arbitraire est incrusté à toutes les strates de l’état. Le ministre de la communication a ainsi payé de son poste le fait de n’avoir su aménager un tirage au sort favorable au président Ben Ali pour la présentation de son programme à la télévision alors qu’il avait déjà accaparé 97,22 % de l’espace consacré à la campagne présidentielle par la presse écrite, contre 0,22 % pour son principal rival, Ahmed Brahim, et 1,27 et 1,28 % pour les deux autres candidats, selon une étude commune de l’Association des femmes démocrates, de la Ligue de défense des droits de l’homme et «Reporters sans Frontières» (LeMonde.fr  23.10.2009 ).

Sacrifions à l’usage et souhaitons donc longue vie au président réélu Ben Ali (73 ans) et à ses protecteurs français, l’homme de la rupture affichée mais de la continuité pratiquée, le Président Nicolas Sarkozy, le Président gaulliste de la Cour des comptes, Philippe Seguin, le vacancier de Bizerte, Bertrand Delanoë, Maire socialiste de Paris, le résident de Sidi Bou Saïd, Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, et la cohorte des intellectuels médiatiques, pensionnaires gracieux de ses sites balnéaires, qui assurent sa promotion et celle de son paradis d’enfer, notamment l’équipe de Télé matin de France 2, William Leymergie, Sophie Davant, Françoise Laborde, ainsi que les natifs de Tunisie, le producteur Richard Moatti et la présentatrice Daniella Lombroso.

Leur silence sur l’arrestation du journaliste Toufic Ben Brick, le 29 octobre, cinq jours après la réélection de M. Ben Ali retentit comme un camouflet à leur égard. Il porte condamnation de leur complaisance et discrédite leur discours.
Et plutôt que de se gargariser des vertus de la démocratie à la tunisienne, plutôt que nous gargariser avec les sempiternelles ritournelles sur le rempart contre l’islamisme que représente cette «dictature éclairée», que ces grands défenseurs autoproclamés de la démocratie se plongent donc dans la lecture salutaire de deux ouvrages qui constituent de véritables radioscopies des turpitudes du régime, un exposé des dérives de cet état policier, chouchou de l’Occident.

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Un texte de soutien à Taoufik Ben Brik

Posté par algeriedemocratie le 2 novembre 2009

Le journaliste et opposant tunisienTaoufiq Ben Brik est emprisonné depuis jeudi 29 octobre. La Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) a lancé un appel aux signatures pour réclamer sa libération. Nouvelobs.com publie cet appel intitulé « la désobéissance en danger ».

« Ecrivain et journaliste, Taoufik Ben Brik est une plume indépendante, courageuse et intransigeante, en butte au harcèlement d’un régime indigne. Le gouvernement poursuit de sa vindicte le journaliste et sa famille : traquenard, pression, répression, menaces, intimidations, convocations injustifiées à la police, tel est le quotidien de cette figure emblématique de la critique inlassable du régime.
Pour avoir couvert avec amertume et causticité les « élections » tunisiennes dans des médias français, pour avoir démasqué cette sombre farce politique, pour avoir osé faire entendre une voix discordante dans le concert obscène de louanges qui salue le sacre arrogant de Ben Ali, Taoufik Ben Brik se retrouve maintenant isolé, baillonné et réduit au silence. Jusqu’à son arrestation aujourd’hui qui nous fait redouter le pire.

Nous ne pouvons tolérer la criminalisation de la dissidence. Nous dénonçons le silence complice du gouvernement français devant ces atteintes aux libertés essentielles, ainsi que sa complaisance envers une dictature policière féroce.
Une dictature qui n’hésite pas à enlever et faire disparaître les journalistes comme Slim Boukhdhir, correspondant d’Al Arabya, agressé, roué de coups, menacé 2 heures après une interview à la BBC sur le rapport de RSF, ou encore Zouhaier Makhlouf, arrêté depuis le 20 octobre, et aussi des syndicalistes comme Mohamed Soudani, coupable d’avoir parlé à des média étrangers. Sans parler de Florence Beaugé, journaliste au Monde, refoulée à son arrivée en Tunisie et insultée dans une presse aux ordres !

L’impunité aux tortionnaires, ça suffit ! Nous serons toujours aux côtés de ceux qui s’élèvent contre le déni de démocratie. Nous témoignons avec force notre solidarité et notre soutien à Taoufik Ben Brik et toutes les victimes de la torture et de la maltraitance dans les prisons tunisiennes. »

Quelques signataires : Mouloud Aounit MRAP, Hamadi Aouina Collectif Boycott élections 2009, Clémentine Autain FASE (coordinatrice de Regards), Olivier Besancenot (NPA), Tarek Ben Hiba (FASE), Daniel Bensaïd (NPA), Mouhieddine Cherbib (FTCR), Annick Coupé (Union Syndicale Solidaires), Iyed Dahmani (PDP), Cécile Duflot (Les Verts), Abid El Khattabi (ASDHOM), Jacques Fath (PCF), Jérôme Gleizes (commission transnationale des Verts), Kamel Jendoubi (REMDH & CRLDHT), Alain Krivine (NPA), Noël Mamère (Les Verts), Christian Mahieux (Union Syndicale Solidaires), Lumamba Mohsni (NPA), Marguerite Rollinde (chercheur), Omeyya Sedik, Adel Thabet (PCOT).

(Nouvelobs.com)

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