Interview de Murad Zimu sur le recueil de nouvelles en tamazight « Ameddakel »

Posté par algeriedemocratie le 15 août 2011

Interview de Murad Zimu sur le recueil de nouvelles en tamazight

La littérature kabyle écrite peut aujourd’hui s’enorgueillir de posséder une nouvelle génération de jeunes auteurs qui semblent de plus en plus conscients de la nécessité de la faire sortir de ses thématiques et des formes traditionnelles qui, à force de répétition, risquent de devenir obsolètes.

Le danger guette toujours les littératures qui ne se renouvellent pas… Dans cette génération d’auteurs, on peut citer Brahim Tazaghart, Kamal Bouamara, Ramdane Abdenbi, Djamal Arezki, Saïd Chemakh et Mourad Zimu. Auteur d’un premier recueil de nouvelles (Tikli Le cheminement) édité par le HCA, revoici Zimu qui récidive en publiant Ameddakel, un deuxième recueil édité aux Editions Tira (Bougie), composé de dix textes : Amedah, akarni azeggagh, Zwina, Ameddakel, Litidyu… Le thème de la camaraderie les traverse tous, d’où le titre du recueil. Amerdakh met en scène une esthétique typique de la nouvelle : celle de la surprise. Bien que le début du récit traîne un peu par certaines lourdeurs, l’auteur réussit brillamment la suite du récit. Qasi, le personnage central, est tombé dans une affaire dont il ne saisit apparemment pas les contours : à la veille de son départ en Algérie, ce kabyle de Paris, qui vient d’obtenir ses papiers, reçoit la visite de policiers qui l’accusent d’avoir participé à un kidnapping. Le nœud de l’histoire est ingénieusement dissimulé : le nouvelliste prend le pari d’entraîner son lecteur jusqu’au bout du récit avant de le lui révéler. Pari réussi ! Racontée par un narrateur témoin, la nouvelle Akarni azeggagh (Le carnet rouge) traite de la violence des « années noires ». Le lecteur retiendra inéluctablement cette expression véhiculée par le titre (Akaṛni azeggagh), qui traduit à elle seule le drame d’un citoyen et celui de tout un peuple, pris en otage : Un chauffeur de camion (un routier) traverse chaque nuit un barrage de militaires. Ces derniers le contraignent à choisir : soit il attend le lever du jour, soit il franchit le barrage et prend ainsi ses responsabilités en cas d’attaque. Le narrateur fait vivre au lecteur d’intenses moments de peur, traversés par des lueurs d’espoir de délivrance. Nous laisserons le lecteur découvrir par lui-même le mystère du carnet rouge. La nouvelle Zwina est écrite sur la trame de deux destins féminins : l’une n’arrive pas à tomber enceinte, l’autre, une attardée mentale n’arrive pas à trouver sa place dans la société, mais l’une trouve chez l’autre un peu de réconfort : Zwina trouve dans les petits moments fugaces qu’elle passe auprès de sa voisine une bouffée d’oxygène. De même pour Saɛdia qui subit la fureur de son époux frustré de ne pas avoir d’enfants. Les deux figures représentent la condition fragile de la femme. Fragile, car sa liberté et son bonheur dépendent de ceux de son partenaire (le cas de Sadia). Dans le cas de Zwina, sa différence (elle est attardée mentale) lui impose de rester cloîtrée à la maison, au lieu de suivre sa scolarité comme les filles de son âge. Courts et incisifs, les quatre derniers récits mettent en scène, dans un style plein de dérision, à la manière de Mohia, la figure de l’étudiant, foncièrement en décalage avec sa société… Zimu est visiblement marqué par cette figure. Ainsi, dans Ameddakel, le narrateur raconte l’histoire d’une amitié entre deux étudiants que tout rassemble, de leur condition foncièrement précaire jusqu’à l’amour d’une même étudiante. La fin du récit ne manquera pas d’émouvoir le lecteur… La nouvelle est un genre littéraire très difficile : l’écrivain est contraint de s’en tenir au principe de la concision, de condenser sa matière littéraire et de créer de l’effet sur son lecteur. Les nouvelles de Zimu ne laissent pas indifférent le lecteur, c’est l’un de leurs nombreux mérites. La langue utilisée dans le recueil est d’une grande clarté. Si le caractère expérimental de la littérature kabyle écrite est, pour l’instant, très évident, elle connaîtra un grand essor grâce à des écrits comme Ameddakel, a fortiori lorsqu’une tradition de lecture sera bien installée.

Amar Ameziane

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Le printemps Noir de Zimu, une vision réaliste

Posté par algeriedemocratie le 25 janvier 2011

J’ai préféré mettre sous forme d’article, cette réaction à l’article sur Zimu. Il aurait été dommage de ne pas mettre en avant cette analyse pertinente. Je n’ai malheureusement pas pu prévenir l’auteur qui n’a pas jugé bon de mettre une boite mail valable.
Marie

Permettez-moi de tenter une lecture critique de la chanson de Zimu.

Au préalable, je crois qu’il convient de pointer du doigt quelques fausses évidences relevées à la lecture de certains commentaires.

Premièrement, certains intervenants dressent des murs trop hauts entre les adaptations et les créations littéraires (pures si pureté existe en littérature). La chanson de Zimu Tafsut taberkant, est considérée comme une adaptation d’une chanson de Renaud (Les charognards), d’abord par l’auteur par soucis d’honnêteté intellectuelle, comme il l’avoue lui-même dans une émission télévisée, ensuite pour réduire de sa qualité et de sa « pureté » par opposition aux créations littéraires pures, comme le fait remarquer l’auteur de l’article le journaliste Akli Halim  et certains intervenants. Malheureusement cette attitude de ne pas considérer les adaptations comme d’authentiques créations littéraires n’a aucun fondement objectif en littérature. En effet, La littérature est un domaine immense, aucune œuvre n’est unique. On ne devient pas poète sans lire la poésie ni écrivain sans lire des romans. De par là même, toute œuvre est une création. Donnons un exemple dans la chanson kabyle essayez d’énumérer le nombre de chansons portant sur la thématique de « Lemri » [1] (les plus connus : Cherif Kheddam, Zeddek Mouloud…) sans compter l’allusion à cette thématique dans des dizaines d’autres chansons. Un thème traité bien des fois dans la chanson mais chaque texte est porteur de subtilité. Heureusement d’ailleurs pour nous, sinon, la production en littérature serait limitée dans le temps et s’épuiserait depuis des siècles parce que tout a été dit comme on le dit chez nous.

Deuxièmement, je vous invite aussi à écarter tout doute sur l’originalité de la chanson de Zimu en vous rappelant la chanson originelle de Renaud. Renaud dans sa chanson les charognards raconte l’histoire d’un jeune homme « né à Sarcelles et qui crève aux Champs Élysées » dans un « braquage foiré ». Touché par balles, le jeune braqueur gisant sur le sol dans une marre de sang, nous rapporte (par la voix de Renaud qui s’est mis dans sa peau) les réactions xénophobes et méchants des commerçants et de certains passants, mais, (la tendresse de la chanson et sa chute) le jeune tué a aussi distingué l’humanité de cette jeune fille, qui ne le connait pas pourtant, mais, qui le pleure de toute ses forces quoi qu’il ait fait parce que « c’est un être humain avant tout… » et que devant la mort il n’y a jamais de victoire même pour celui qui a tué.

Troisièmement, il est tout à fait honorable pour Zimu, dont je n’ai pas aimé quelques passages de sa réponse diffusée sur Internet même si très pertinents et très bien fournis, de voir sa chanson alimenter un débat contradictoire. Le journaliste de l’article Halim Akli, est d’ailleurs en complète contradiction avec lui-même en avançant au début de sa critique son point de vue subjectif sur les talents de Zimu. Zimu devrait se réjouir aussi de voir une chanson à lui, mériter un dépiautage alors que des albums entiers de nos grands artistes passent inaperçus mis à part quelques papiers dans les journaux destinés aux acheteurs pour faire vendre le plus grand nombre de CD. En citant Aït Menguellet à la fin de sa réponse, Zimu, aurait aussi bien fait de citer le dernier passage de Lounis dans la chanson (Aqbayli). Cette chanson est une autocritique pertinente de notre société mais à la fin Aït Manguellet, redoutant sûrement les critiques comme celles que reçoit Zimu aujourd’hui, a pris de court les auditeurs en devinant leurs dires : (Atas ara s-yinin, leflani la r-yessefcal… Beaucoup diront sans doute, que Lounis nous « démoralise, démotive…etc.) et c’est exactement le cœur du sujet de l’article de Halim Akli qui reproche à Zimu de chanter (l’inutilité de la lutte) mais la chanson de Zimu, comme j’essaierai de vous le démontrer est loin de scander l’inutilité de la lutte.

Zimu, dans les quatre premiers couplets de sa chanson nous donne une description remarquable de la « mise à mort » d’un jeune. Ces couplets captivant mettent l’auditeur directement dans le bain du sujet. Avec le choix d’un lexique courant et une interprétation émotionnelle (j’écoute la version envoyée sur Dailymotion, qui est, à mon avis nettement meilleure), Zimu a su remarquablement dresser le décor de sa chanson.

Dans le cinquième couplet Zimu introduit un crochet à partir du premier vers pour pointer le désappointement du jeune assassiné en se voyant s’octroyer un mérite et des fleurs sur sa tombe alors que « personne ne parlait de lui lorsqu’il épuisait ses jours au village » « maintenant que son corps est pourri trois mètres sous terre on le couvre de gerbes de fleurs » [Même le premier ministre Ahmed Ouyahia qui a eu droit à un slogan durant les manifestations du printemps Noir (Ouyahia axabit (le traître)) a eu l’honneur de déposer une gerbe de fleur sur la tombe de Massinissa le premier jeune à tomber sous les balles des gendarmes]. Pour vous dire la grande déception de toute une génération de révoltés.

Le sixième couplet est dédié aux manipulateurs qui ont tout fait par leurs discours pour que des jeunes tombent encore et encore après des mois de l’assassinat du premier jeune kabyle.

Le septième couplet a porté sur nos politiciens symbolisés par « Said d Lhusin » qui « se chamaillent, toujours sur la tombe du jeune assassiné ». Là, Halim Akli, prend à son compte une interprétation subjective de ce vers en parlant de « récupération de la mort des jeunes » alors que Zimu, à mon avis, oppose la bassesse des chamailleries des deux partis devant la tragique mort de jeunes kabyles, l’heure est grave lorsqu’il y a mort d’hommes. La tragédie aurait dû peut être unir les rangs des Kabyles dispersés par le multipartisme. Toujours dans même couplet et le neuvième sont dédiés aussi à ceux qui la tragédie a profité. Ceux qui ont produit des albums, ceux qui sont bénéficiaires des locaux de Bouteflika (les fameux locaux des genêts, nommés ironiquement par les citoyens au début du chantier ‘‘la plateforme n leksar’’), les voyous avec la multiplication des agressions, il est devenu d’ailleurs impossible de se garer gratuitement surtout à Tizi-Ouzou sans voir une bande de jeunes vous réclamer de l’argent, ceux qui ont essayé de refuser ont été tabassé ou assassinés (1 ou 2 cas) et le mouvement citoyen n’a rien fait pour arrêter cette anarchie pendant qu’il était mobilisateur.

Le huitième couplet porté sur le mouvement citoyen (les ârouch) éclatés : un groupe allié aux partis politiques, nous rappelant bien du groupe mené par Bouceta qui a appelé à voter RCD en 2004). Il y avait aussi les archs qui parlaient d’une plate forme scellée et non négociable mais qui sont finalement allés négocier. Il y a aussi ces archs « virtuel » dont parle Zimu celui des « gamins » sincères mais naïfs parce qu’il « rêvent » de changer la situation en « jetant des pierres ». Enfin, Zimu parle aussi de ces archs d’ulac smah ulac qui ont finalement pardonné [en invitant exemple Ouyahia à déposer une gerbe de fleur sur la tombe de Massinissa] n’est ce pas là un signe on ne peut plus clair de tourner la page !?

Dans le dixième couplet et le début du onzième, le jeune assassiné, pour lequel Zimu prête sa voix dans cette chanson, parle à ses amis impliqué dans le mouvement il les voit rêvant toujours d’un printemps meilleur et leur donne son point de vue maintenant qu’il est mort car il regrette d’avoir franchi la porte de chez lui le jour où il a été assassiné.

« Maintenant, je le sais, Je le sais mais c’est hélas trop tard, Ma mort, qu’a-t-elle apporté de plus à la plateforme d’El ksar ? Si c’est pour tamazight que je suis mort elle a seulement besoin qu’on l’écrive et qu’on la parle » (voir sur ce point après la traduction). « Si je suis mort pour que tombe l’injustice C’est mon frère qui est à son origine » (Ahmed Ouyahia est Kabyle non ? … sans citer d’autres). « Si je suis mort pour l’Algérie Pourquoi la mort n’a emporté que des Kabyles ? » (Là le sens mérite un autre article à mon avis).

A propos de tamazight : je suis étonné de voir Halim Akli parler de l’enseigner en interprétant les vers des cinquième, sixième et du onzième couplets, n’oubliez pas que Zimu, selon sa biographie sur son site a fait des études en langue amazigh et qu’il est auteur d’un recueil de nouvelles en kabyle qu’on ne trouve plus sur le marché apparemment. Zimu donc, soutient un avis sérieusement défendable en sociolinguistique selon lequel une langue vivante est celle qui se parle (point-barre). Par ailleurs, Zimu, n’affirme pas que l’enseignement suffise à l’émancipation de tamazight. Dans l’émission de BRTV, il a parlé de consommer la langue dans toute sa dimension culturelle et identitaire et c’est une position claire et positive. Permettez-moi de vous rappeler cette anecdote attribuée à Mohand Ouhyahia ou M. Mammeri selon laquelle un jeune kabyle aurait dit qu’il était prêt à mourir pour tamazight mais pour qui Mammeri ou Mohand Ouyahia aurait répondu « tamazight a besoin de toi vivant ! ».

Le douzième et dernier couplet, Zimu, dans une prise de parole poétique, fait parler le jeune homme assassiné en dressant le constat d’une tragédie terminée (ass-agi tekfa tedyant). Les Kabyles sont redevenus comme avant. La tragédie est éteinte elle n’est maintenant qu’un souvenir communément appelée « Un printemps (seulement) Noir », mais cependant, la mère du jeune assassiné est toujours en pleurs elle n’arrive pas à l’oublier et son père a finalement accepté de l’argent pour se taire (allusion faite à l’indemnisation proposée par le gouvernement algérien refusée au début puis acceptée par tous les parents des victimes du printemps Noir (là on eu droit à 2 versions je vous ai parlé de celle de dailymotion mais celle sortie dans le CD en vente maintient le refus du père de toucher l’indemnisation proposée par le gouvernement).

Voilà chers lecteurs. Vous verrez bien que l’originalité de Zimu et son courage sont d’essayer de relater une tragédie non pas en glorifiant d’inutilité de la lutte mais on interpellant notre classe politique et nos élites à beaucoup plus de responsabilités et à réfléchir sur d’autres moyens plus efficaces pour venir au bout des obstacles. Halim Akli, demande à Zimu indirectement d’être patriotique et militant ou de faire dans les discours mobilisateurs alors que le militantisme maintenant est d’être conscient et la conscience vient de la vérité mais la vérité, dans un monde de mensonge de faux militantisme, il faut la voir et la montrer et c’est ce que fait Zimu à travers cette chanson. Ttif tidett yessefrahen lekdeb yessefrahen. Quoi que l’on dise d’aucun aujourd’hui ne peut affirmer que les remarques de Zimu dans cette chanson sont erronées. Cet artiste, parce que notre chanteur mérite largement cette qualité, est d’ailleurs très dégourdi dans ce genre d’entreprise. Je vous invite d’ailleurs à voir la portée de ces chansons « Aghennay Ouzekka » ou bien « yyad ma a teddudh ». Le dernier album de Zeddek Mouloud mérite une très grande attention je vous invite, puisque ce site semble intéressé par ce genre de critique à décortiquer la chanson phare de l’album « lihala n tmurt ». Merci d’avoir pris le temps de me lire.

K. Said

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« Tafsut taberkant », Zimu et la pax romana

Posté par algeriedemocratie le 25 janvier 2011

Zimu est un bon interprète, personne n’en disconvient, mais pour le moment, il est plus imitateur qui abuse des reprises et des adaptations qui, souvent, sont carrément des traductions, qu’un artiste accompli.

Dans son dernier album, « Apipri kan », non seulement la création est quasi absente puisque la quasi majorité des chansons sont des reprises ou des « adaptations » de Renaud, de Brassens, de Moustaki… mais au-delà, il cite nommément et pratiquement dans chaque couplet soit Renaud lui-même, mais souvent aussi son autre idole, Si Moh.

Tout cela fait que ça donne un air de déjà vu d’une part. De l’autre part, reprendre des oeuvres magistrales certes mais avec excès et citer dans chaque couplet les noms des illustres auteurs et néanmoins idoles de Zimu, voilà de quoi mettre trop de salive dans une gastronomie des plus savoureuses !

Concernant le titre « Tafsut taberkant » (Printemps noir), sur un air de « Les charognards » de Renaud, encore lui, très saisissante dans son entame, s’est décliné dans un conformisme béat dans sa chute finale puisque se mettre à l’air du temps qui court, c’est chanter la passivité, la démobilisation et l’inutilité de la lutte. Aborder le printemps Noir de ce côté néfaste propre à tous les mouvements insurrectionnels, c’est soit, être réduit point de vue politique, soit complice d’une campagne conçue pour diaboliser tout ce qui représente un synonyme de lutte et de revendication de nos droits les plus élémentaires. Dans cette chanson, il est question de regret d’avoir pris part aux manifestations puisque certains, sans scrupules, en ont profité. Il y est également question d’accabler « Lhocine d Saïd » qui, selon Zimu et la nouvelle science diffuse en vogue, se seraient chamaillés pour récupérer le combat. Ainsi, si Aït-Ahmed et son parti ont dès le début pris position contre le mouvement citoyen dans sa tout première mouture en l’accusant de  » produit des moukhabarates » (services secrets), sachant qu’avant que le délégué de la cité « Les Genêts » de la ville de Tizi-Ouzou et consorts ne le squattent, le mouvement citoyen n’était qu’un cadre spontané et limité dans le temps et qui ne refermait en son sein que des notables des villages et des quartiers de Kabylie, souvent illettrés et ne nourrissant guère d’ambitions politiques, désignés « démocratiquement » par les assemblées des villages exclusivement masculines, et ceci, des années avant avril 2001. rien donc, du côté de ses structures traditionnelles n’a été prémédité.

A l’origine, ce mouvement ne s’était assigné comme objectif que le fait d’appeler et d’amener les jeunes et les manifestants à arrêter de s’exposer aux tirs assassins des gendarmes décidés à commettre un véritable génocide sous l’égide du chef de l’Etat et chef suprême des armées, Bouteflika. Mettre un terme à la tuerie de nos jeunes, voilà l’unique raison de la réaction commune des comités de villages, que sont les tijemmuyaâ. En revanche, Saïd Sadi et son parti s’était positionné dès le début « au côté du mouvement citoyen, sans nourrir de velléité de le récupérer, le parti a le devoir d’accompagne un mouvement sociale de cette ampleur » (dixit le RCD). A ce titre, le président du RCD avait même pris part à la marche du 14 juin 2001 et beaucoup de blessés de la marée humaine de ce jour là avaient trouvé refuge dans l’enceinte même du siège du RCD sis à Didouche Mourad (ex rue Michelet). La communication qui laisse à désirer au niveau de ce parti avait été à l’origine de la confusion qui entourait ses motivations réelles. Les dissensions partisanes, quant à elles, au sein du mouvement citoyen n’ont vu le jour qu’après que le FFS ait décidé d’intégrer le mouvement qu’il avait qualifié, à son apparition, de « moukhabarates », ceci d’une part. De l’autre part, ces divisions ont été exacerbées à partir du moment où quelques représentants commençaient à être mis en avant médiatiquement par rapport aux autres, piétinant ainsi le principe de l’horizontalité de la structure ; ce qui s’avérera prémédité dès le début 2003, c’est-à-dire, à quelques semaines du fameux simulacre de dialogue avec le chef du gouvernement Ahmed Ouyehia qui fut ministre de la justice dans le gouvernement qui avait tiré sur les 126 kabyles assassinés en 2001 ; un dialogue dont les contours auraient été, selon certaines indiscrétions, dessinés en prison, ce qui, en cas de preuves palpables, jetterait le doute et le discrédit jusqu’à l’arrestation puis l’emprisonnement de ces « délégués » qui, en 3 mois, sortent de prison avec de bonnes mines après près de 50 jours de grève de la faim !!! et de bonnes intentions vis-à-vis de ce qu’ils ont appelés, quelques mois avant, « le pouvoir assassin ». Ces têtes étrangement surmédiatisées iront jusqu’à recourir à la délinquance locale pour suppléer toute autre autorité en Kabylie, notamment dans les grands centres urbains comme Tizi-Ouzou ou Béjaïa, sous l’œil vigilant et « amusé » des services de sécurités dont certaines indiscrétions avaient rapporté et confirmé l’ordre reçu « d’Alger » de rester passif devant l’insécurité qui prenait chaque jour un peu plus possession de la rue kabyle. « Le pourrissement sera entretenu jusqu’à ce que la population en aura marre et réclamera elle-même l’intervention de l’Etat et le retour de la gendarmerie » auraient confié certains policiers de proximité qui sont issus de la population locale. Ceci pour l’histoire.

Dans tous les cas de figure, cette vision réductrice et complètement illogique produite à dessein, par le pouvoir certainement, vise à maintenir dans l’immobilisme les deux partis les plus influents en Kabylie et, partant, marginaliser tout autre cadre de mobilisation citoyenne et politique, ce qui ôtera à cette région ses repères qui ont, jusque là, peu ou proue, maintenu la Kabylie hors d’influence de l’islamisme et du pouvoir. En effet, cette vision de Zimu vient conforter cette attitude stérilisante qui consiste à dire que les partis politiques et l’attitude militante qui a jusque là fait de la Kabylie ce qu’elle est, sont, ou coupables d’absence et de non soutien à une population en révolte dans le cas où ces parties, par respects au mouvement et par soucis de ne pas entamer sa cohésion, décidaient de se mettre à distance et ne pas intervenir. Ou alors, ces mêmes entités politiques seraient accusées en revanche de tentative de récupération s’ils intervenaient, ce qui est, du reste, le rôle naturel de tout parti politique ! En fait, la classe politique est mise en demeure de rester figée, indécise, passive pour ne pas être accusée de ceci ou de cela, ce qui est inévitable dans l’esprit zimuiste !

Quand le jeune Zimu dit « Tamazight n’a besoin que d’être enseignée... », une idée sans contenu mais qui peut très bien séduire en ces temps de « fatigue sociale », insinuant par là que la lutte et la mobilisation porteuse de risques de révolte avec son corollaire qu’est la violence est inutile, voire stupide, la balourdise aura atteint son paroxysme car, pour être enseignée et reconnue, tamazight a plus que jamais besoin de notre union, de notre mobilisation de notre lutte car, monsieur Zimu, vous feignez d’oublier qu’en face de vous, le système n’est pas prêt pour vous servir des cadeaux juste pour les beaux yeux de Khalida, Benyounès ou Ould Euro. Pire, le régime algérien tente toujours de corrompre afin de bien mener à terme son fantasme de toujours qui est celui de faire disparaître un jour toute trace de notre culture, de notre langue et de notre identité et de faire de l’Algérie ainsi débarrassée de sa « vermine amazigh/kabyle », un pays totalement arabisé ; donc arabe. La nouvelle chaîne de télévision en tamazight que vient de lancer Bouteflika durant la dernière campagne électorale est criante à ce propos.

Je crois, pour ce qui me concerne qu’au lieu d’accabler l’opposition politique de tous les maux bien qu’elle soit loin d’être exempt de tout reproche, ce qui ne nous exonère point l’accabler quand il le faut et ce n’est pas les raisons qui manquent, mais jamais en place et lieu du pouvoir, véritable coupable de la situation gravissime que connaît la Kabylie où, pour reprendre Zimu « on vole même les vieilles dames« , donc au lieu d’aller dans cette voie régressive, totalement surréaliste et peu valorisante, nos artistes seraient mieux inspirés de reprendre le sens de l’histoire et de cesser de se prendre pour des donneurs de leçons et des moralisateurs de mauvais goût, car, Matoub et la génération des artistes militants des années 70 et 80 se seraient trompés de combat en choisissant celui qui mène soit aux geôles de la dictature, soit à l’exil ou à la mort au lieu de celui de certains chanteurs « des temps modernes » qui, ne pouvant assumer des choix difficiles, se mettent à louanger « la pax romana » en diluant dans des généralités le bourreau et la victime au motif de vouloir vivre en paix.

Ce ne sont pas nos révoltes, qui sont justes et qui n’ont rien à prouver, qui ont produit ce marasme mais le pouvoir qu’il faut combattre sans arrêt et sans perdre de vue nos nobles objectifs qui ont de tout temps, imprimé ce combat identitaire, démocratique et citoyen. La leçon à tiré du printemps 2001 c’est inéluctablement le fait que toute révolte non canalisée politiquement sombrera dans le chaos et l’anarchie et devient vulnérable au point où la délinquance peut se retrouver aux règnes de la contestation, ce qui est suffisant pour prédire une fin proche à ce genre d’action. Ensuite, il est plus que temps que les acteurs politiques, les artistes, le mouvement associatif et syndical, les femmes, les chômeurs, les travailleurs… mettent de côté leurs sentiments, leurs rancoeurs, leurs différents personnels, leurs frustrations et leur méprise pour se retrouver autour d’un texte qui énumérera les principaux points de convergences qui doivent imprimer dorénavant leurs actions, leurs réactions et leur mobilisation communes de telle sorte que chacun, en dehors de ce SNMG démocratique et républicain, peut jouir de sa totale indépendance pour se positionner individuellement sans pour autant que le texte unificateur ne soit remis en cause. Tout le reste, vraiment tout le reste n’est que mauvaise foi et tromperie et, dans le meilleur des cas, enfantillage politique. Zimu, une graine de star prometteuse qui mérite mieux que sa présente trajectoire idéologique.

Halim AKLI

source: kabyles.net

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Zimu à Halim Akli : Fierté mal placée ou orgueil démesuré ?

Posté par algeriedemocratie le 25 janvier 2011

Tout créateur a le droit d’être critiqué. Nous avions pourtant mis une réponse allant en sa faveur, mais je suis stupéfaite par le comprtement de ce chanteur. Tant que les artistes n’accepteront pas la critique, la chanson kabyle restera dans l’ornière boueuse de la médiocrité.
Marie

Le bon sens aurait voulu que la réponse de Zimu soit adressée au site qui a publié la critique qui l’a fait sortir de ses gonds en usant tout naturellement de son droit de réponse. La critique qui apparaît pour certains, dont le chanteur lui-même, comme un acte de lèse majesté n’engage pourtant que son auteur et non pas l’équipe du site. La « sagesse » de Zimu veut que même le site soit méprisé au point de confier sa réponse à un autre espace web, une réponse dans laquelle le jeune chanteur refuse de citer et mon nom, ce qui est de l’ordre de la psychanalyse, et le nom du site pourtant connu pour son ouverture au débat contradictoire et sa réprobation de la censure. L’outrance et le grenouillage de Zimu n’ont d’égale que le degré indicible qu’a atteint son désarroi et sa fragilité. Qu’à cela ne tienne, sa jeunesse peut expliquer cela et c’est avec plaisir que je publie son droit de réponse que j’ai découverts au moment où je m’y attends le moins. Je laisse donc Zimu me répondre malgré lui et les lecteurs apprécier « son engagement », ses « vérités », ses « accusations » et le ruissellement de sa nouvelle science diffuse. Peut-être que le débat se poursuivra ! Qui sait. Bonne lecture à tous et à toutes.

Halim AKLI

Réponse de Zimu à Halim Akli

Par respect à l’intelligence de mes frères restés en Kabylie et par respect aux larmes des mères qui ont vu leurs enfants arrachés à la vie à la fleur de l’âge et par respect aux âmes des jeunes kabyles qui n’ont pas eu la chance d’avoir des visas comme nous, je ne ferai pas de chansons pour leur suggérer de mourir assassiné par des gendarmes.

Des amis m’ont appelé pour me prévenir que sur un site, à la une, j’ai eu droit à un « article ». J’ai suivi le lien et je suis tombé sur ce qu’a écrit un certain M. Winnat dont je ne citerai pas le nom pour lui laisser la chance de se faire connaître en utilisant sa matière grise pour produire quelque chose au lieu de chercher à se faire une réputation en pondant un semblant de « critique » sur une de mes chansons. Je ne connais pas M. Winnat et lui ne me connait pas non plus mais surtout ne connait pas mes chansons. Certains amis m’ont demandé de lui répondre, d’autres, plus nombreux c’est sûr mais plus sages peut être, me conseillent de laisser passer la polémique « ce n’es qu’un papier virtuel ». Mais, comme vous tous, sur certaines questions comme celle-ci, nous demandons à avoir l’avis de nos amis pour finir par prendre la décision que nous croyons juste. J’ai donc décidé tout simplement de répondre.

Premièrement, je ne vois pas la motivation d’un intérêt porté sur une de mes chansons ; sortie il y a plus d’une année et mise sur dailymotion depuis 24 mois, je veux dire que je ne rempli pas des zéniths, ni même des cafés théâtres de 50 places, je ne suis pas au top des ventes de CD je n’ai pas vraiment le poids pour changer ou influer sur la pensée d’une société ou sur le cours de son Histoire au regard de mon maigre succès qui ne fait pas de jaloux. Pourquoi donc, M. Winnat m’accuse à travers une de mes chansons de casser le morale des troupes kabyles mobilisées au front ou avec ses termes de « chanter la passivité, la démobilisation et l’inutilité de la lutte » !? Est ce que ma chanson, dans cette conjoncture socioéconomique, avec tous les vrais problèmes que nous connaissons et avec tous les fléaux qui gangrènent la Kabylie, est de taille pour faire l’objet d’un article l’accusant de ralentir ou d’entraver le travail de nos élites et de nos partis politiques kabyles !? Non. Les vraies motivations de M. Winnat sont donc à chercher ailleurs.

A la lecture de ce qui a été dit sur le site, M. Winnat ne fait pas que critiquer une de mes chansons (tafsut taberkant), ce qui aurait été son droit je le confesse, si seulement il l’avait fait sans verser dans des jugements de valeurs sur mes talents d’artiste. Mais ce qui me pousse à répondre c’est de le voir, sans vraiment écouter mes 3 albums, me traiter d’« imitateur qui abuse des reprises et des adaptations qui, souvent, sont carrément des traductions, [je serai selon lui tout ça plutôt] qu’un artiste accompli ». Ensuite de se permettre de me donner des conseils, vous savez, ce genre de conseils qui font émerger une espèce de chanteurs officiels … prisonniers d’idées, d’idéologies … à la solde d’un parti, d’un pouvoir ou d’un État … alors que j’ai une autre idée de la chanson que je souhaite faire. Je ne suis prisonnier que de ma liberté que je revendique ici ; celle de dire ce que j’ai envie de dire sans chercher à plaire à Winnat et ses amis et sans me soucier de vendre plus ou moins de disques. Désolé de vous décevoir M. Winnat je ne serai jamais le chanteur kabyle officiel dont vous rêvez. Je ne m’étalerai pas sur le sens de ma chanson « tafsut taberkant », qui vous dérange tellement, les auditeurs la comprennent bien et témoignent de ça en votant pour elle et en la mettant dans leurs favoris sur dailymotion.

Pour information, j’ai eu à composer deux textes sur le thème de la chanson « tafsut taberkant ». Il fallait M. Winnat, prendre la peine de chercher sur Internet le plus d’informations possible sur votre « cible » pour écrire votre « article » comme le font les professionnels avant de vous lancer dans des jugements infondés sur mes talents et mes positions politiques. La première chanson sur ce qui s’est passée en Kabylie et qu’on appelle aujourd’hui « le printemps noir » est sortie en 2001/2002 dans mon premier album « Salupri » s’intitulait « tabratt n idammen », disponible à l’écoute sur Internet sur le site bgayet.net

Revenant un peu en arrière pour que vous sachiez que je ne suis pas étranger à ce que vous racontez dans votre papier. En 2001, j’étais étudiant en magistère de langue et Culture Amazighes et aussi membre actif avec Belaid Abrika, du Club Scientifique en Langue et Culture Amazighes. J’étais responsable et animateur d’un magazine entièrement rédigé en kabyle : Tira. J’étais aussi membre du comité de rédaction d’une revue d’études Amazighes qu’on a appelait Anadi. A l’éclatement des évènements après l’assassinat du jeune Guermah Massinissa dans les locaux d’une gendarmerie j’ai été présent et mobilisé au sein de l’université de Tizi-Ouzou pour préparer un cadre et canaliser le mécontentement de la population et arrêter surtout l’assassinat de nos jeunes. Mais aussi ma présence avec une centaine d’étudiants était pour empêcher à ce qu’un groupe de je ne sais qui ne se laisse tenter par la volonté de brûler et de dégrader l’université de Tizi-Ouzou. Nous les avons repoussé plus d’une fois, des fois en plein nuit.

A l’époque j’étais aussi un habitué d’un studio d’enregistrement où, sans trop de sérieux, j’enregistrais des chansons pour le plaisir en espérant qu’un jour je fasse aboutir l’enregistrement de mon deuxième premier album.

Lors d’un week-end à Azazga je suis allé voir de mes propres yeux l’endroit où Ircham Kamal, un jeune des Ait Aissi à Yakouren, qui touché par balles, aurait, selon la version des présents, écrit avec son sang sur un mur le mot « Liberté » avant de succomber à ses blessures à l’hôpital. J’ai été profondément bouleversé de voir ce mot écrit avec du sang on distinguait même l’emprunte des doigts qui ont glissé sur le mur en marbre en écrivant les lettres du mot LIBERTE en majuscules. Rentré à l’université j’ai composé une chanson que j’ai tout de suite proposée à l’écoute à M. Ticilia avec qui je travaillais sur mon album. Nous avons décidé de la mettre sur bande. Un de mes amis artiste (Si Moh) m’a déconseillé de la chanter dans un album, il a dit qu’à ma place il attendrait au moins 5 ans avant de la sortir. Mais je ne l’ai pas écouté et la chanson est sortie avec l’album Salupri en 2001/2002 et j’ai tout de suite regretté sa sortie en l’écoutant avec un peu plus de recul. Il avait raison. Après cinq ans je n’ai pas que regretté de l’avoir chanté mais j’ai même composé « tafsut taberkant ». Il faut écouter « Tabratt n idammen » pour comprendre pourquoi. Voir ici

Il faut que vous sachiez M. Winnat que pour moi l’année de l’algérie en France ou un gala organisé par le FFS ou le RCD ou le MAK ou le FLN ou bien une émission organisée un mois de ramadhan ou un 20 avril ou un 5 juillet ou un 14 juillet ou aussi une fête organisée un noël ou un aïd … Pour moi, toutes ces occasions sont des occasions pour lesquelles je ne me bousculerai pas pour chanter sauf le jour où je le souhaiterai pour des raisons que j’ignore encore à présent ou tout simplement pour voir encore plus d’articles du genre que celui auquel je répond.

Je l’ai toujours dit pourtant, il n y a pas de Savoir dans ma chanson ; ceux qui veulent acquérir un savoir quelconque n’ont qu’à fréquenter les bibliothèques et les écoles. Ma chanson ne changera pas le régime algérien, ne ramènera pas la liberté ou la démocratie, elle ne sauvera pas non plus notre identité … pour changer ou renverser le régime algérien mobilisez-vous dans des partis politiques si vous avez toujours confiance, constituez des groupes armés, faites des révolutions si vous croyez toujours que ça existe, sacrifiez-vous si vous voulez, manifestez, montez au maquis … mais ne me demandez pas de chanter pour vous l’ordonner ou même vous le suggérer. Pour sauver notre identité et nos langues et culture, écrivez, lisez plutôt les dizaines de romans et de poésie écrits en kabyle qui sortent chaque année et qui ne trouvent pas de lecteurs. Encouragez BRTV pour qu’elle s’améliore, écoutez les radios kabyles sur Internet …

N’attendez pas de moi des chansons qui galvanisent les foules comme le dit si bien l’ami du MAK que je remercie au passage d’avoir pris ma défense avec autant de talent …

Le jour où je composerai une chanson pour appeler mes semblables à affronter les balles pour se faire tuer ou prendre les armes pour tuer, je n’aurai probablement pas le temps de terminer sa composition parce que je serai déjà devant eux affrontant les balles, le fusil à la main. Mais pour l’instant, contrairement à vous M. Winnat, par honnêteté, vivant en France je n’oserai pas demander à mes semblables d’aller tuer ou se faire tuer. Comment chanter des idées pareilles alors que je vis loin de ma Kabylie. J’ai quitté la Kabylie 4 mois seulement après le déclenchement de « tafsut taberkant », je pouvais rester mais comme les milliers de kabyles j’ai fait le choix de partir et ce n’est pas à mes semblables que je cacherai mon soulagement de voir le bateau s’éloigner du port d’Alger vers Marseille. Alors par respect à l’intelligence de mes frères restés en Kabylie et par respect aux larmes des mères qui ont vu leurs enfants arrachés à la vie à la fleur de l’âge et par respect aux âmes des jeunes kabyles qui n’ont pas eu la chance d’avoir des visas comme nous, je ne ferai pas de chansons pour leur suggérer de mourir assassiné par des gendarmes. Je ne composerai pas de chansons pour faire monter l’adrénaline et glorifier la mort pour que ceux qui m’écoutent n’aient pas peur de l’affronter. Je ne composerai pas de chansons pour leur promettre le paradis et une place de martyr sur le marbre de l’Histoire pour que les futures générations retiennent leurs noms.

Vous savez, je n’écoute pas Brassens pour le plaisir de l’annoncer dans une interview et gagner quelques auditeurs ou pour paraître instruit, je l’écoute parce que ça me plait de l’entendre chanter « Le Jour du 14 juillet, Je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche au pas, Cela ne me regarde pas ». Ou bien quand il dit : « Aucune idée sur terre n’est digne d’un trépas, il faut laisser ce rôle à ceux qui n’en ont pas ». Mais peut être que M. Winnat ne peut pas s’élever pour saisir la portée de cette sagesse ; celle de ne pas souhaiter la mort pour soi ni surtout pour les autres. Apparemment Winnat, lui, appelle ça « chanter la passivité ».

J’ai les moyens de composer et de faire des chansons sur mesure pour glorifier la JSK et le sang de (nos) martyrs et (nos) glorieux ancêtres (le « nos » déjà sonnerait comme un discours que je n’assume pas) mais si je ne le fais pas c’est parce que je m’interdis de ne pas penser ce que je dis et chante. Je ne considère pas la chanson comme une marchandise que je vends selon la demande. Je ne maitrise pas le double jeu des politiciens qui vous demandent de faire la révolution pendant qu’eux s’occupent de leurs enfants et de leurs petites carrières et sautent sur le premier poste qu’on leur propose dans les institutions officielles.

Je suis assez conscient pour comprendre que si la chanson a mobilisé à une certaine époque, de nos jours, avec l’aliénation culturelle, la mondialisation et la diversification des médias … la chanson n’est que du vent dans une flûte. Sinon comment expliquer qu’après les chansons d’Aït Menguellet, celles de Matoub, de Slimane Azem, de Ferhat, de Idir… nous, les kabyles, sommes toujours sous le joug du pouvoir algérien et nos printemps multicolores (noir, rouge …) ne nous laissent comme semblant de victoires que des dizaines de morts. Tout comme nos malheureux ancêtres (objet d’une chanson dans le 4e. album qui arrachera le sommeil à M. Winnat), nous sommes toujours impuissants, nos divisions s’accentuent et s’agrandissent de jour en jour et nous ne savons rien faire d’autre que de s’exiler au Canada, en France ou aux USA. Aujourd’hui, aucune chanson n’est censurée par le pouvoir algérien. Il n’a pas peur de nos chansons ni de la symbolique de la JSK (pour info les joueurs de la JSK et Hannachi ont assisté à la venue de Boutef à Tizi).

Alors M. Winnat, vous ferez mieux de jeter mes CD si vous les avez vraiment et de ne plus chercher à m’écouter (surtout le prochain) je ne changerai pas de trajectoire pour vous faire plaisir. Je serai toujours absent de vos plateaux télé le 20 avril. Le 20 avril, moi je le fête avec mes amis et nos familles, j’écoute Ferhat, Aït Menguellet, Matoub et Idir et je sors acheter ou même racheter un roman où un recueil de poésie en kabyle. Je serai absent de vos zéniths et sur les plateaux des Tv officielles. Mais néanmoins, je serai un kabyle soulagé parce que j’aurai dit encore une fois ce que je pensais tout en sachant que certains kabyles (dont M. Winnat) n’apprécieront pas. Mais je dormirai la conscience tranquille. Ma chanson, sans aucun doute, ne remplira pas des zéniths ni mes poches d’argent d’ailleurs, mais, du coup et ça me soulage, elle ne cautionnera aucune idée susceptible de remplir nos cimetières… de jeunes kabyles assassinés. Les générations futures qui se pencheront sur ce que nous leurs laisseront comme héritage ne trouveront pas ma guitare maculée de sang … sauf du mien peut être, si des gens comme Winnat, passent à l’acte pour me réduire au silence parce que je ne suis pas réglé à leur diapason. Je termine par ces vers de Lounis Aït Menguellet :

Wigi yettseggimen ccna / Ceux qui font de la belle chanson

Gher ldjiha-nnegh ad ten-id-nernu / Nous les mobiliserons à nos côtés

Ad sen-nini nettdafa / Nous leurs dirons que nous combattons

Ghef teqbaylit ad d-tehyu / Pour que ressuscite notre identité

Ad agh-id-âiwnen merra / Ils nous prêteront main forte

Kul yiwen ad d-yehdu asefru / Dédieront des poèmes à notre cause

Mi newwed s ayen i nebgha / Sitôt nos ambitions satisfaites

Ssut-nsen ad t-nemhu / Nous les réduirons au silence

Ula d afrux di lexla / Ce jour-là nous pourchasserons

Ad t-nssegged ma icennu / Même l’oiseau qui oserait ouvrir son bec pour chanter

Zimu

source: kabyles.com

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Zimu: “Werǧin xemmeɣ akk ad aruɣ neɣ ad cnuɣ s tutlayt nniḍen.”

Posté par algeriedemocratie le 23 janvier 2011

Zimu: “Werǧin xemmeɣ akk ad aruɣ neɣ ad cnuɣ s tutlayt nniḍen.”  dans Zimu(11) 05298624d0636de82c15fc6e5dcfcdf4

Murad Zimu, i ssnen medden ugar s wudem ucennay, yessufeɣ-d ussan-a yiwen wammud n tullisin ɣer teẓrigin “Tira”, iwumi iga azwel “Ameddakel d tullisin nniḍen”. Deg wammud-a, yewwi-d awal ɣef waṭas n temsal am tdukli, rebrab, tayri, tudert n yinelmaden.. atg. Tira-ines d tafessast, imi Zimu yefren ad yaru s tezwawt (taqbaylit) i ttmeslayen yal ass Izwawen.

08/11/2010 mis a jour le 15/11/2010  sɣur Berkus Tiwal

    

Tamurt.info tewwi-d yid-s awal ɣef wedlis-is, tefka-yas kra n yisteqsiyen fell-as. Hatenta tririyin-is:

Tamurt.info: Zimu nessen-it ugar s wudem-is d acennay, tura aql-aɣ nettissin-ik d amyaru daɣen. Γer Zimu, d acu i d amgired yellan ger ccna akked tira? S wawalen nniḍen, d acu ur yufi ara Zimu deg ccna, yufa-t-id deg tira?!!

Zimu: Seg wasmi lliɣ meẓẓiyeɣ di lakul ḥemmleɣ tira n teqsiḍin. Ula asmi xedmeɣ tidwilin di ṛaddyu tis snat, xedmeɣ tidwilin deg-i zemreɣ ad aruɣ, amedya   tadwilt-nni « tamacahutt n tayri »neɣ « tilisa n tidett » i yi-d-yessufuɣ Meziane Rachid ad t-idekkeṛ Ṛebbi s lxiṛ, aṭas n teqsiḍin i sɛeddaɣ deg-sent d nek i tent-id-yesnulfan. Nek ɣur-i Tira neɣ ccna yella wanda ttemlilen, zemreɣ ad ak-iniɣ akkeya d atmaten. Imi ccna d kra uḥulfu neɣ d taqsiṭṭ ara d-tḥekkuḍ s lmuziga, tira d kra uḥulfu neɣ d taqsiṭṭ ara d-teḥkkuḍ ɣef lkaɣeḍ s tira. Tira neɣ ccna bnan ɣef umeslay. D acu, ma tzemreḍ ad ssiɣzifeḍ tira yecbeḥ ad tssiwzileḍ ccna. Abrid n tatut, d yiwet n tullist i d-yeddan deg tullisin d-ssufɣeɣ ar HCA, u daɣen xedmeɣ-tt d tizlitt mazal ur d-teffiɣ ara ar ass-a. Di tullisin-agi d-yeffɣen akka ussan-a ar Tira n Brahim Tazaghart, yella wacu yellan n tullist-nni « zwina » deg yiwet n tezlitt ara d-yeffɣen akka deg ḍebsi wis ṛebɛa. Zemreɣ kra wass ad tixreɣ ur xeddmeɣ ara tizlatin, asmi ara teqqar tala-nni, d acu ur cukkeɣ ara ad tixṛeɣ i tira alamma d asmi ara yeẓẓay yimru ɣef iḍudan-iw !!

Tamurt.info: Ayen i tferneḍ ad t-taruḍ s tezwawt deg lweqt anda tuget n Yezwawen ttextirin tafransist neɣ tutlayt nniḍen?!!

Zimu: Werǧin xemmeɣ akk ad aruɣ neɣ ad cnuɣ s tutlayt nniḍen. Kkreɣ-d di twacult yesmuzzuɣen si zik, ur faqeɣ ara amek i d-ufiɣ iman-iw selleɣ i Feṛḥat, Ait Menguellet, Muḥend Uyeḥya … Asmi d-yeffeɣ wungal « askuti » n Saɛid Sadi neɣ weɣmis amezwaru s tagi-nneɣ « asalu » s tfenṭazit i ten-ɣriɣ. Ma d ungal amezwaru i ɣriɣ s ccuq d winn-a n Amer Mezdad « iḍ d wass », asmi t-ɣriɣ yesfaq-iyi mass Mezdad belli nezmer ad naru s tagi-nneɣ u s cbaḥa. Deg wasmi xedmeɣ magistère n tmaziɣt di Ḥesnawa dɣa faqeɣ belli mači kan ilaq, maɛna ala ayagi i-ɣ-d-yeqqimen ad t-nexdem i wakken ur tettmettat ara tutlayt-nneɣ, amek i tebɣiḍ ihi ad aruɣ s tutlayt nniḍen u tutlayt i lemdeɣ ar yemma tettmuṛḍus ger ifassen-iw !? Suref-iyi ad k-d-fkeɣ yiwet n tezlitt i xedmeɣ zikenni :

Ɣas d ccna neɣ d asefru

Neɣ d tibṛatin n tayri

D ayen yellan neɣ d asnulfu

Neɣ ɣef leḥyuḍ di Llisi

S tmaziɣt ara t-naru

Yes ara nidir temẓi

Imi taɛṛabt yes ḥekkmen

Sɣrayen-tt di tmura

Fell-as lɛekkeṛ d iɛessassen

Yes i d-urant tẓilla

D tamaziɣt kan i yenḥafen

Ur t-ḥkim ula di tferka

Ur d-tufi ddin ara tt-isenden

I ddunit neɣ i uẓekka

Tamurt.info: Adlis deg-s llant aṭas n tullisin, maca   tferneḍ tullist “Amdakel” terriḍ-tt d azwel i wedlis yakk. Wissen ayen?

Zimu: Deg tullist-nni ameddakel yella wacu d-yeddan ger imeslayen-is ur zmireɣ ara ad t-id-iniɣ. Ad anfeɣ kan wid ara tt-yeɣren ma zemren ad t-id-afen s yiman-nsen. U daɣen tullist-nni kra n wi tt-yeɣran ger imedukkal-iw steqsan-iyi-d ɣef wudem-nni i wumi semmaɣ Ahcene ma d yiwen ger imedukkal ukud lliɣ akka ar ass-a. Lḥaṣul tullist-nni tessenfufed-d kra iseggasen i ddreɣ di Ḥesnawa d tseddawit n Bouzariɛa.

Tamurt.info: Deg tullist “Litidyu”, tḥekkuḍ-d amek yettidir unelmad n tesdawit di tmetti  -ines. Wissen ma yufa iman-is deg-s neɣ uhu? D acu i tenniḍ ɣef temsalt-a?

Zimu: Teẓriḍ udem-nni n “Litiddyu” zemreɣ ad d-aruɣ fell-as ungal. Llant d imeyaten kan akken n temɛayin i ddren inelmaden. Taseddawit tettelli allen, tessemlalay wid ur nettizmir ara ad milien anida nniḍen. Di tseddawit i nettfaq d acu-yaɣ ger wiyaḍ. Aṭas n wid d-yettmeslayen kan ɣef lḥif-nni ttidiren akken inelmaden d acu mara iɛeddi zman ntettu akk lḥif-nni tettɣima-d kan tdukkli-nni neẓda akken d wiyaḍ. Timɛayin-nni n Litiddyu d tajmilit i wid akk d-mmuggreɣ di tseddawit

Tamurt.info: Deg tazwara n wedlis-ik, tenniḍ-d belli terniḍ-d kra ilugan n tira i tezwawt. Tenniḍ-d, deg umedya, deg aydeg ad naru “mi ara” yebḍa tifxir ad t-naru yeddukel “Mara”. Wissen ma d ayen yelhan yal yiwen ad yettaru tazwawt akken i s-yehwa?

Zimu: Tidett kan ur ilaq ara yal win ara yekkren ad yaru ad d-yesnulfu ilugan-ines. Aladɣa tura imi tt-sɣrayen akka di lakul. Ɛmeṛ Mezdad twalaḍ netta d “tt” i yugi ad yaru am wakken t-nettaru akka tura s sin isekkilen “t”. D acu mači d ahuddu i bɣiɣ ad huddeɣ ayen yettwabnan. Teẓriḍ win yettarun isɛa assaɣen lqayen aked tutlayt-is. Tira ilaq ad ticbiḥ, ad tifsus i leqraya. Mači weḥdi kan i bɣiɣ ad aruɣ mi ara – mara. Lliɣ nek u llan imedukkal nniḍen yettarun daɣen. D lawan i wakken wid ixeddmen tasnilsit, d wid d-yesnulfuyen ilugan n tira, ad ffken awal i wid yessexdamen tameslayt akken ad nemcawaṛ ad nesɛeddi kra n tlufa. Ula d tafṛansist s yagi i tɛedda. Muqel kan tura ssexdamen “apostrophe” imedyaten : lorsqu’on, jusqu’à …. Ma d nekkni di tmaziɣt ilaq ad naru mi ara, i akken … atg. Ttwasbedden-d kra ilugan n tira i wakken ad nemsefham amek ara naru tamaziɣt si Rrif alamma d Siwa si Tigzirt alamma d itargiyen n Niger … D acu Amezruy   n tutlayin ad d-yeqqar belli d tutlayt deg-i tella aṭas n tira d uxeddim ara d-yefflen ɣef tiyaḍ. Muqlet kan tura di Lmaṛuk llan wid yessawalen ad naru s tifinaɣ, di Tɣerdayt ttarun s isekkilen n taɛṛabt … Itargiyen ar ass-a s tifinaɣ u mači am winna n Maṛuk. Ihi nekkni ad Neqqim d imaziɣen d tidett d ayetmaten-nneɣ akk ama di Rif neɣ di Tɣerdayt d acu, tura, aqlaɣ akken kan d-nteffeɣ ar ddunit s tutlayt-nneɣ, ilaq-aɣ ad naru akken ad aɣ-ɣren wid ukud nettidir. Twalaḍ liḥala amek tella, tamaziɣt tegguma ad taf wid ara tt-yeɣren am nettat am tutlayin nniḍen, ilaq-aɣ ad nexdem akk ayen nezmer i wakken ad tt-ifsus ad tt-refden medden ad tt-slemden i warraw-nsen. Ma yella imeslayen-agi n tmaziɣt taqurant ssaɛaṛen tira ilaq ad nessenɣes deg-sen, ma yella tira i nettaru ẓẓayet ilaq ad tt-nessifses … ma yella nettaru kan ɣef wayen ur neɛni yara medden ilaq ad naru ɣef wayen iceɣben aqbayli n wass-a aladɣa wid meẓẓiyen imi d nutni i d azekka, d nutni i d immal !! Mači d ddewla mačči d adabu neɣ d ipartiyen ara d-yesukksen tamaziɣt ɣef yiri n cfeṛ deg-i tt-id-nufa, d keč, d nek d tagi, d wihin, …d nekkni. Ad tt-neqqar, ad tt-nettaru, ad nettaḍṣa yes, ad nefṛeḥ yes … ad nettargu yes … Ma yella alamma telliḍ “militant” i tmaziɣt ara teɣreḍ ungal neɣ tullist ur s-d-iqqim wara i tmaziɣt. Tameslayt ssexdamen warraw-is ur tettmettat ara. Ma yella tettaruḍ, tcennuḍ neɣ tessefruyeḍ ur k-id-yefhim ara d acu teqqareḍ ula d lǧaṛ-ik aqla-k am win iceṭṭḥen i uderɣal, mači d win i d abrid. Muḥend Wameṛ Usalem, ad t-idekkeṛ Ṛebbi s lxiṛ, asmi ɣ-yesɣaray di Ḥesanawa, yenna-yaɣ-id : « ma yella kra was tebɣiḍ ad tezreḍ ma ayen turiḍ d taqbaylit, ɣer-as-t-id i yemma-k ma ur t-tefhim ara, ḥṣu-k-id belli aqla-k ad tesserwateḍ beṛṛa n wennar, ayen akk txeddmeḍ i waḍu ». Acimi ur tettafeḍ ara aqbayli ara k-yinin ur fhimeɣ ara acu d-yenna Muḥya di tceqqufin-ines neɣ deg isefra-ines !? Ihi d wagi i d abrid i kra n wid yebɣan ad arun neɣ ad ssefrun.

Tamurt.info: D acu i d-ttheyyiḍ ar zdat? Sliɣ d abrid ad d-tessufɣeḍ aḍebsi?

Zimu: D tidett yella uḍebsi wis ṛebɛa semmaɣ-as “Sekksu n Xalti Malḥa” llant deg-s 13 n tezlatin. Nemsefham nek d Izem Pro ad d-yeffeɣ di tubeṛ-agi iɛeddan ha-t-an mazal, ur ẓriɣ ara anida teḥṣel mur d-iffiɣ ara akka di lawan.

Tanemmirt

source:tamurt.info

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interview de Zimu

Posté par algeriedemocratie le 23 janvier 2011

1)- Isem-ik yeqqel am nnefs deg yimawen, segmi ad d-nekker ṣṣbeḥ nsell i lɣaci di yal adeg ttadren-d Murad Zimu, teẓriḍ ayagi ?

D acu ara k-iniɣ, ssarameɣ kan n wid i yi-isellen yella wacu ttawin yelha deg wayen xeddmeɣ di ccna neɣ di tira. Zik asmi i cennuɣ kan i yiman-iw d imeddukkal-iw, ttebbrikkuliɣ kan akken ssneɣ, tura, imi simmal ttmagareɣ-d wid i yi-isellen ur ten-ssineɣ ara ttkukruɣ kra, ttagadeɣ ad ccḍeɣ, ttagadeɣ i d-qqareɣ. Ad ɛerḍeɣ ad kemmleɣ ayen akka d-bdiɣ skud mazal tazmert d wallaɣ yestufan.

2)- D acu yesεa neɣ d acu d-yewwi Murad Zimu ur t-sεin ara neɣ ur t-id-wwin ara inaẓuren nniḍen ?

Ayagi d wiyaḍ i yecbeḥ ad t-id-inin, d wid i isellen i t-yeẓran. Nekk, yal mi ara s-iniɣ ad ɛerḍeɣ ad aruɣ am “zimu” ttafeɣ-d iman-iw zdat n tewriqt tamellalt. Mazal-iyi ttnadiɣ deg yiman-iw d acu yessemgarraden Zimu d wiyaḍ. mazal-iyi d abujad. Tiṭṭ ur tezmir ara ad ttwali iman-is ḥala di lemri, lemri-yagi ihi d kenwi d wid i isellen.

3)- Di yal amḍiq ideg ara d-nemlil tasusant ɣef unaẓur Zimu, nettaf daɣen imeslayen-nni yelhan yenna fell-as Lewnis At Mangellat, i Zimu d acu yezmer ad aɣ-t-id-yini si tama-s ɣef Lewnis ?

Lewnis Aït Menguellet, s tezlatin-is d tid n Yidir d Feṛhat i lemdeɣ agiṭar d ccna. D acu seg wasmi i bdiɣ ttaruɣ imeslayen-inu imezwura i faqeɣ belli ayen akka d-yewwi Lewnis i teqbaylit s wureɣ ur yettwaktal ara. Asmi yecna daɣen tizlit-nni-ines iwumi yeqqar “diri-yi”, yekcem s ul-iw am wakken nemyussan. Zik s isefra-s u s wayen yecna yezdeɣ allaɣ-iw, s tezlit-nni deg i d-yerra ṣṣerf i wid i itetten deg weksum-is, yuɣal Lewnis yekcem s ul-iw, ḥulfaɣ-as, ma yehwa-yak, i wayen i t-id-yessneṭqen.

Ayen ur fhimen ara akk ibbeẓbbuẓen-agi (ibeẓbuẓen ?) yekkaten akka deg-s ass-a imi yewwet llir i Butefliqa sakin ɣas a lukan ad as-yewwet llir i Cciṭan ma yehwa-yas azekka, ayen akk i d-yerna i teqbaylit i tutlayt-nneɣ yelha … ad yeqqim ad t-id-afen warraw-nneɣ. Tutlayt-nneɣ ha-tt ɣef yiri n ccfer, kra iseggasen kan, ma nkemmel akka, ur tt-id-tettaf ara tsuta i d-iteddun. Ayen i yexdem Lewnis i tutlayt-nneɣ, mačči d ayen ara sefḍen ifassen-is ɣas ma yehwa-yas ad yewwet llir ula i Saɛid Bouteflika asmi ara yuɣal i lehna (lol) deg wemkan n gma-s Abdelaziz imi ar din i tetteddu ɣef wakken ttwaliɣ.

Ih, ula d nekk qrib d-rriɣ asmi walaɣ Lewnis di 1999 yekkat llir i Butefliqa, rfiɣ fell-as am wakken rfiɣ ɣef Saɛid Saɛdi i iceggɛen Benyounes d Khalida ad ṭṭfen amkan deg udabu. Amek wigi yakk semmḥen-asen leqbayel, Lewnis, netta, refden-d ɣer-s ibeckiḍen !? Nekk ferqeɣ ger useḥmu d userkem. Ha-t-an Amara Benyounes, tzemreḍ ad temgarradeḍ yid-s ɣef tsertit ? Ad mgarradent tikta-nwen, d acu deg weɣmis-ines kamim yexdem kra isebtaren s tmaziɣt neɣ ala ? Ha-t-an Saɛid Saɛdi, ur k-hwint ara tikta-s a sidi, yella wacu s-id-tessukkseḍ, d acu, ur tettu ara kamim belli yura ungal s tmaziɣt (askuti), belli yettwaḥbes d 23 nniḍen n leqbayel ɣef tmaziɣt … mačči d ayen yezmer u mačči d ayen i ilaq ad yenker walebɛaḍ. Ala win i ixeddmen i yessexṣaren, yal tirect tesɛa akerfa. Ha-t-an Ferḥat, ahat ttwalem ur d-tezgiḍ ara yid-s ass-a imi yessawal ar timanit n Tmurt n Leqbayel, d acu, ur tettu ara belli yečča-tt-id di lḥebs 13 n tikkal ɣef tmaziɣt d izerfan n wemdan, ur tettu ara tizlatin-nni-ines k-id-yessakin.

Amer d wanag nekkni s leqbayel aql-aɣ am wakken d tawacult. Ger-aneɣ, ad nemyexbac akka cuya, ad nemyuččaḥ ger-aneɣ, ad nemɣanzu, d acu, mačči zdat n medden akk, mi ara d-naweḍ ar tidet, ad nemyeɛqal ger-aneɣ d atmaten. Muqlet kan s amezruy-nneɣ, wi yenɣan Yugurten ? Wi yezzenzen Ḥend Umerri ? Acimi yessusem Krim asmi yeẓra belli ad nɣen Abane Remdan ? … atg Ass-a d lawan ad tbeddel neɣ ala ? Gma ixuṣṣ, yexdem tixeṣṣarin, ad nqeṣṣer, ad zeɛfeɣ fell-as, ad yezɛef fell-i, ad t-regmeɣ ad iyi-yergem, d acu ay ameddakkel ur nekreɣ ara ayen d-yewwi, ur ttakkeɣ ara deg-s afus, ur t-znuzuyeɣ ara i wid ur t-nettqil ara, ur beṭṭuɣ ara yid-s akken ad d-afen yeɛdawen amek ara d-kecmen ger-aneɣ.

4)- D acu tzemreḍ ad aɣ-d-tiniḍ ɣef yiman-ik akken ad nissin kra seg wayen ur nessin ara deg-k ?

Steqsi-yi-d ayen i tebɣiḍ ad teẓreḍ fell-i, ma d ayen zemreɣ ad t-id iniɣ ad teẓreḍ ur k-ttɣulluɣ ara.

5)- Tcennuḍ akken ad tecnuḍ neɣ yella wayen k-yerran yessefk ad tecnuḍ ? Ma d aneggaru-a, ini-yaɣ-t-id ttxil-k !

Cukkeɣ ulac acennay i yeẓran d tidet d acu t-id-yessneṭqen. Kra n win ara testeqsiḍ ad k-id-yini yufa-d iman-is di ccna kan akka. Di tazwara nḥemmel ccna sakin tettawi-yaɣ leḥmala-nni alamma nessegma-d deg-neɣ asirem akken ad necnu. Mi ara tebduḍ ccna ur tettfiqeḍ ara yella wacu k-id-yessenṭaqen, s yakka d tusawent, ara d-tettafeḍ deg yiman-ik i wayen yessembbiwilen ul-ik akken ad taruḍ isefra d tezlatin.

6)- Zimu d anaẓur aqbayli neɣ nezmer ad as-nessiwel akken nniḍen ? Ma yella d amezwaru i tferneḍ, d aɣref ay nella neɣ uhu ?

D aqbayli ih ! Ma tenniḍ-iyi-d wansi-k si Tmurt n Leqbayel ad k-iniɣ : “n At Ɣebri”. Ma tḥewwseḍ ad tfehmeḍ ugar ad k-iniɣ : “Iɛeẓẓugen”. Ma tebɣiḍ dɣa ad teẓreḍ anita tama seg Iɛeẓẓugen ad k-iniɣ : “Ifiɣa”. Ma tenniḍ-iyi-d anita taddart, ad k-iniɣ : “Ucallam” … Kečč ma tḥedqeḍ ad d-tiniḍ : “xyaṛ nnas” mst.

Dagi di Fransa, anida xeddmeɣ akken, mi ara yi-d-inin ansi-k qqareɣ-asen : “n Lezzayer”. Weqbel ad yi-d-steqsin wansi-yi di Lezzayer imi ttagadeɣ ad iyi-rren d aɛrab, qqareɣ-asen : “n Tmurt n Leqbayel”. Dɣa qqaren-iyi-d : “amek almi mačči d allen tizegzawin i tesɛiḍ ?”. Dɣa nekk qqareɣ-asen : “ça fait, ula d kenwi kellxen-awen … !? mst”. Akka, tura ma d aɣref i nella neɣ ala !? D ayen i ibanen, d aɣref ay ameddakkel. Ala wid i ixeddmen tasertit i yettagaden ad d-inin ayenni.

7)- Di tezlit-inek γef tefsut taberkant, tenniḍ-aγ-d d acu yessefk ad t-nuqem ma d tamaziγt i nettnadi, aṭas n yemdanen ur k-gzin ara akken yessefk, tzemreḍ ad aɣ-d-tessegzuḍ ugar amek akk i tettwaliḍ tamsalt-a ? Tizlit-nni tessendef kra n wid yesseḥsaben i yimukan-nsen. Wid yettagaden tidet kerhen tidet akken teẓriḍ. Tamaziɣt, d ayen i ibanen, tlaq ad tili di yal amkan, di tebratin, di lakul, d taɣelnawt, di tmendawt, di tilibizyu, di rradyu, deg iberdan … ayagi akk i wakken ad d-yili, am wakken ttxemmimen aṭas n leqbayel, ilaq ad ilin wid ara isuɣen deg wudem n udabu, wid i ixeddmen tasertit am ikabaren … Netta tidet kan, tamaziɣt mačči d adabu ara k-tt-id-yefken, di tilawt, tamaziɣt akken ad tidir teḥdaǧ wid ara tt-yemmeslayen, ara tt-yarun, ara tt-yeɣren. Ɣef waya mi ara tmuqleḍ akka, ɣur-neɣ kan i d-teqqim. Ad d-qqaren yiwen yenna-yas i Muḥya (ad s-yeɛfu Rebbi) : “nekk zemreɣ ad mmteɣ ɣef tmaziɣt”, yerra-yas-d Mohia yenna-yas : “tamaziɣt teḥwaǧ wid ara yidiren fell-as …”. Ayagi d ayen i ibanen, tameslayt ur tettmettat ara skud llan wid tt-yessexdamen.

Nekkni, mačči akken, mi ara nexdem laggrif (La grève) neɣ ad nheggi tikli ɣef tmaziɣt di tefsut Imaziɣen n 20 yebrir teffɣen-d ma drus 200000 ar Tizi Wezzu akken ad lḥun, mi ara d-tessufɣeḍ ungal neɣ tasɣunt s teqbaylit ad nzen deg-s 20 neɣ 30 u d imeɣnasen kan (militants) ara ten-yaɣen !? Mi ara txedmeḍ tameɣra di tefsut n 20 yebrir neɣ di yennayer di Le Zénith ucayl Llah, ad d-asen ad ceḍḥen 6000 n leqbayel u ad xellṣen ger 20 d 30 €, mi ara tessiwel tiddukla n tmaziɣt i leqbayel yettidiren di Fransa ad d-ceyyɛen arraw-nsen ad ɣren tamaziɣt baṭel, ulac win i d-yettasen, yettɣimi uselmad n tmaziɣt weḥd-s di tzeqqa. Acu-tt ssiɛqa-agi i ɣ-yehman akka ? Mačči d nekkni ideg yella iɣisi ass-a ?

Aql-aken tetteddum ad theggim aɣmis-agi-nwen s tmaziɣt i nekkni, i leqbayel akken ma llan, akka kra wussan ad d-tuɣaleḍ, ini-yi-d acḥal i n-ikeččmen s asmel akken ad ɣren ayen ara sen-id-tarum s tmaziɣt, si tama nniḍen muqel ar wacḥal i ikeččmen si leqbayel ad mseččawen s tefransist d lexyalat di les forums yettwassnen.

8)- Asirem-ik d-tbedreḍ di tririt-ik ɣef westeqsi amezwaru, atan zemreɣ ad ak-iniɣ yeffeɣ, acku nekk d asen-isellen i lɣaci d wacu heddren fell-ak, ẓriɣ ihi aṭas n wayen yelhan i yettawin seg wayen tqeddceḍ( ccna-k d tira-k). Imi akka tuɣaleḍ tettagadeḍ tuccḍa, zemreɣ ad ak-iniɣ daɣen, atan tegziḍ nezzeh d acu n wazal yesεa unaẓur di tmetti-s. Tura aṭas i yezziɣ nnḍeɣ deg wawal, ihi asteqsi-w d wa : I tsusmi tettagadeḍ-tt ? Riɣ a d-iniɣ ma teẓriḍ ahat atan lɣaci-agi i k-iḥemmlen, ɣer ɣur-k i yettarran timuɣliwin n wallaɣen-nsen di tegnatin ideg ur ssawaḍen ara ad meyyzen akken yessefk timsal i ken-yesduklen, mi ara kersent tindac ?

Dusema dusema kan … Tuccḍa ɣef i d-mmeslayeɣ ttwalem ur s-nefki ara yiwen unamek nekk yid-k. Amedya wid-nni d-yewwten akken di tezlit-nni-inu « tafsut taberkant », ɣilen-iyi ccḍeɣ, nekk ɣur-i ihi mačči d tuccḍa tinna. Mazal ad d-iniɣ ugar n wayen d-nniɣ di tezlit-nni. Ma d wid yessaramen ad d-iniɣ deg webdil-nsen kra, ɣas ur ttkalen ara fell-i, win yebɣan ad d-yini kra, yini-t-id s yiman-is, nekk qqareɣ-d kan ayen bɣiɣ ad t-id-iniɣ, nekk mačči d ayen bɣan wiyaḍ i d-qqareɣ.

9)- Tiririt-ik ɣef westeqsi wis-sin, tesmektayi-d d yiwet n tmacahut n watmaten Grimm, anida tettaded yiwet n tgeldit zdat lemri, testeqsay-it “anta i yugaren akk tiyaḍ di ccbaḥa di tmurt”, i kečč lemmer ad testeqsiḍ kra n wass lemri-agi iγef d-temmeslayeḍ, ad ak-yini “tzadeḍ a Zimu, maca, yifi-k …”, anwa neɣ anta ara d-yersen imiren zdat wallen-ik d amezwaru ngum(uqbel) ad yessali ameslay ?

Ɣas ulamma tessbeɛdeḍ ameslay, ad ɛerḍeɣ ad k-d-fkeɣ tiririt-inu. Di ccna neɣ deg isefra aṭas i d iyi-yugaren. Mačči d ayen ara d-adreɣ. Tamezwarut, wid i yi-zwaren ɣer ccna ifen-iyi akken ma llan, ayagi d ayen i ibanen, zwir di temẓi akken ad timɣureḍ, i qqaren les anciens. Ma d wid yellan akka d tizzya-w, ma yehwa-yak, ad d-bedreɣ akka kra deg-sen i walaɣ ifen-iyi : Djamel Kaloun, Ali Amran, Belaid Branis, Hakim Tidaf, Oulehlou, Nabila Dali, Djidji, Mohamed Allaoua, Mourad Guerbas, Ujrih, Mhand, Massy … d waṭas nniḍen. Yal wa deg-sen yif-iyi di tɣawsa neɣ snat. Selleɣ-asen akk deg wexxam-iw, di tkerrust, hwan-iyi akken ma llan.

10)- Tura a d-uɣleɣ ɣer tririt-ik ɣef westeqsi wis-kraḍ(3), d tidet aṭas i d-yewwi Lewnis i teqbaylit, maca, yezmer wemdan daɣen a d-yini tiwin-agi yella deg-s wayen yelhan d wayen ndiri neɣ yelha yakk wayen d-yewwi ?

Ferneɣ ad ak-d-fkeɣ asteqsi-agi i kečč, acku sliɣ daɣen qqaren widak k-iḥemmlen Zimu yewwi-d aẓar seg at Muḥya. Ihi ad k-id-smektiɣ netta, Muḥya(ad rsen yeɣsan-is ti talwit !) yenna :“Iferr ibawen yegman d asawen, llah ibarek, di lmeεṭa n Rebbi, εni yella yiferr ibawen yegman d akessar ?” neɣ “At Mangellat yeqqim almi d 83 yufa-d aεrab di tferkas, yesserɣ-it-id s weḥlalas, taε ! taε !”. Mi ara tt-id-yawi wemdan tura à la Muḥya, yezmer a d-yini “aεrab-nni d-yufa di tferkas, yessuqel-as-d tura ula d isefra-s, ɣas ulamma d netta i yecnan ma nnan-ak el ba d el ba, el waw mačči d lhemza, ad ak-mlen yakk lεilm anida yeffer” neɣ tella tayeḍ nniḍen, ahat ula d kečč tesliḍ yerna ad tiliḍ tessneḍ “A mmi”, yiwet ger tezlatin-is sut ccan ameqqran, qqaren medden ula d tikti-s tlul-d seg ugeldun n Niccolò Machiavelli. Mi ara yessaked wemdan imeslayen swayes yessuli tizlit, a d-yaf amzun d tasusant i yuqem i tneslemt, ad as-tiniḍ d limam n tmesgida mi ara yeqqar, mačči d tineslemt ur nelhi ara, maca, d imdanen yettarran iman-nsen d inselmen i diri. atah wayen d-yenna : Ma yella ttamnen, ttawi tteṣbiḥ deg ufus-ik, err iman-ik seg widak yumnen ! Zeggir-asen ɣas deg wul-ik d aɣurru, Rebbi yetteddu d widak iẓewren ! Γas ul-ik d akafri, yiwen ur t-yeẓri, kellex-asen i lɣaci, ttamnen kan ayen ẓerren !

Teḥwağ teqbaylit ayagi neɣ ur ifaq ara i tuccḍa, acku ur d as-tekcim ara s ul tugdi k-ikecmen kečč yennan tettagadeḍ tuccḍa ?

Tidet kan, asteqsi-yagi-inek diri-t, yesbanay-d akk ayen tettxemmimeḍ ɣef Lewnis. Yernu ma tebɣiḍ ad tiḥriceḍ ur d-ttader ara akk Mohia (Ad fell-as yeɛfu Ṛebbi), yiwen seg-neɣ ur yeẓri ara ass-a d acu yellan ger-as d Lewnis. Imezwura-nneɣ amek qqaren-d win yemmuten ssiweḍ-as kan rreḥma tessusmeḍ. Diri ad tewwteḍ amdan s wayeḍ.

Ulac aɣilif, ad d-alseɣ i wayen k-id-nniɣ ɣef Lewnis. Ur tettu ara nettmeslay-d ɣef tsekla. Di tsekla ihi, akken yebɣu yessexṣer umedyaz di tudert-is, ma yella lhan isefra-ines ur ttuɣalen ara diri-ten ger yiḍ d wass, alamma ma ilul-d umedyaz i t-yifen. Ma ilul-d win i t-yifen imiren ad as-inin medden ziɣen yella usefru yifen wayeḍ. D aya kan. Acimi akka Irumyen ur nkiren ara ayen xedmen P. Verlaine d A. Rimbaud, ɣas akken … amek akken tura ara d-nini fell-asen a ssimra imi yexṣer wawal, ɣas akken d iɛeṭṭayen, d wid i iḥemmlen irgazen (Homosexuels). Yerna di lweqt-nni mačči ass-a. Ɣas akken, twalaḍ, fkan-asen azal-nsen, imi ayen d-wwin s tira-nsen i trumit d ayen ɣef ur ilaq ara yiwen ad yessusef. Semman iberdan ɣef yismawen-nsen, lakulat …atg. Ɣef wayenni, akken i k-nniɣ, akken yebɣu yexdem-it Lewnis, ayen d-yerna i teqbaylit mačči d ayen ara yesfeḍ ufus-nni-ines i yessrefqen i Boutef.

11)- Imi d-tudreḍ Idir ger widak d-yeslalen deg-k abrid-agi tuɣeḍ iɣef nettmeslay yerna tenniḍ ih nekkni d aɣref ay ameddakel, riɣ ad ak-iniɣ Idir-agi yerra-yasen i iberraniyen tiririt ɣef westeqsi-agi akken-nniḍen, yenna-yasen uhu nekkni mačči d aɣref. D acu yezmer Murad Zimu ad as-t-yini i Idir ilmend n wayagi ?

Nekk Yidir ay ameddakkel, asmi ara t-id-mlileɣ, ad s-fkeɣ azul d ameqran, ad as-iniɣ tanemmirt tagaɛmirt, am wakken qqaren watmaten-nneɣ imẓabiyen, tanemmirt tagaɛmirt ɣef wayen akk i yexdem i yidles-nneɣ, ɣef wayen akk i icebbeḥ tizlit-nneɣ d iẓuran-nneɣ ar iberraniyen. Asmi ara t-id-mlileɣ, ma tella yid-i tweṣṣaft ass-nni, ad d-ṭṭfeɣ yid-s tawlaft d asmekti akken ad tt-ɛellqeɣ di texxamt-iw. Ma ulac taweṣṣaft yid-i, ad d-ddmeɣ aportabl ad d-weṣṣfeɣ yid-s. Mi ara ad d-kecmeɣ s axxam-iw ass-nni, ad zuxxeɣ yes-s, u ad as-cfuɣ i wass-nni deg i t-mlaleɣ ayen akk ara kkeɣ di tudert-iw ger leqbayel i yessusufen s igenni.

12)- Iqbayliyen ur qqaren ara, ur ttaɣen ara idlisen n teqbaylit am wakka tenniḍ, ayagi yakk d tidet, maca, ansi d-yekka waya ? Mačči d tasertit n tmurt d uzaglu-s i ten-yessawḍen s annect-a ? Iɣerfan akk n ddunit qqaren kra yellan s tutlayt-nsen tayemmat deg uɣerbaz yerna mi ara yaweḍ weqcic 6 iseggasen tewwi-yas-d ad yekcem aɣerbaz-agi, ayagi yettarra imdanen qqaren tutlayin-nsen yehwa-yasen neɣ uhu. Yella kra n webrid neɣ tifrat-nniḍen i yessen Murad Zimu i izemren ad aɣ-ssiwḍent ula d nekkni s ayagi ? Mačči siwa timanit i d tifrat-is ?

Teshel fell-aɣ tririt i icuban tagi : d adabu. Adabu neẓra d acu t-iceɣben si zik. Adabu, amer yettaf ad nkemmel akka di tifenyent-nneɣ di tidderɣelt-nneɣ akken ad temmet tmaziɣt. Sɣarayen tamaziɣt di lakulat ass-a neɣ ala ? Teffɣen-d wungalen s tmaziɣt neɣ ala ?

Amek akka ihi d adabu i yerran leqbayel ur ttaɣen ara ayen yuran s teqbaylit ? Yella win teẓriḍ ddmen-t iǧadarmiyen imi d-yuɣ ungal n Amer Mezdad ? Nekk asmi lliɣ di tmurt, asmi nexdem Asrir Usnan n Tutlayt d Yedles Amaziɣ (club scientifique en langue et culture amazigh), nessufeɣ-d 3 n wuṭṭunen n tesɣunt i wumi nsemma TIRA, s teqbaylit yakk, neznuzuy-itent 15 DA, teẓriḍ !? Ur d-nettaf ara wid ara tent-yaɣen agad Rebbi ! Yernu imiren d l’APW n FFS d RCD (d adabu-nneɣ quoi) i ɣ-d-yefkan idrimen akken ad d-nessufeɣ tasɣunt-nneɣ.

Twalaḍ ihi ass-a adabu, imi yeẓra amek i igan wulawen n leqbayel ar tmaziɣt, d acu i ixeddem ? Adabu yerra-tt d taɣelnawt, yessekcem-itt ar lakulat xeṛsum di tmurt n leqbayel, yerra-tt di tilibizyu … yettak ula d idrimen akken ad d-ssufɣen idlien s tmaziɣt. HCA yessufeɣ-d ugar n 50 yedlisen s tmaziɣt ger-asen dɣa tullisin-inu. D acu, imi leqbayel ur d-lhin ara, imi mmuten wulawen-nneɣ, imi d leqbayel kan uqemmuc, ar tura tutlayt-agi-nneɣ ma nkemmel-as akka ala rḥil ? kan ara truḥ.

Teẓriḍ adabu d acu i ixeddem di tmurt n leqbayel ay ameddakel ? Adabu yefka-d ugar 2600 n turagin (autorisations d’ouverture de débits de boissons) si 2001 ar ass-a, i wakken ad ffuktint ttbernat di tmurt n leqbayel. Wissen ma teẓriḍ daɣen ? Wissen ma teẓriḍ belli d Tamurt n Leqbayel i itessen ccrab d lbira i d-xeddmen di Batna, Médéa d Tlemcen … Wissen ma ɣur-k lexbar ? Di ttbernat akk yellan di tmurt n Lezzayer qrib 85% deg-sent di Tizi Wezzu d Bgayet d Tubiret d Wehran d Lezzayer d Boumerdes i llant.

Ungal n Mezdad yeswa azal n 3 tebyirin. Sel-as mliḥ i tezlit-nni n Zedek Mouloud, « liḥala n tmurt » i s-isemma, sel-as daɣen i tezlit-nni n Matoub (Ad t-yeḥem Rebbi) Anida s-yeqqar : “nnan txuṣṣ lbira, teṣɛeb di Lezzayer ad tt-tafeḍ, nekkni di Tizi tella, smir, sgerger, feggeḍ), sel-asent i tezlatin-agi ad teẓreḍ anida tt-nuɣ s leqbayel.

13)- Imi tenniḍ Ferḥat kerhent yemdanen imi yettnadi Timanit, εni dayen ur nelhi ara wannect-a ? D acu-tt tmuɣli n Murad Zimu metwal timanit i Tmurt n Yeqbayliyen ?

Muqel d acu k-id-nniɣ ɣef Ferḥat : “Ha-t-an Ferḥat, ahat ttwalem ur d-tezgiḍ ara yid-s ass-a imi yessawal ar timanit n Tmurt n Leqbayel, d acu, ur tettu ara belli yečča-tt-id di lḥebs 13 n tikkal ɣef tmaziɣt d izerfan n wemdan, ur tettu ara tizlatin-nni-ines k-id-yessakin “.

Anida ihi i twalaḍ akka belli nniɣ-ak-d Ferḥat kerhen-t yemdanen … !?

Timanit n Tmurt n Leqbayel ihi, akken twalaḍ, nekk mazal ur fhimeɣ ara ayen i s-teqqarem akka Tamurt n Yeqbayliyen, temsalt-agi ihi, ilaq-as uqeṣṣer lqayen, u di tmurt, mačči dagi. D lɛib fell-i ad d-iniɣ kra fell-as. D acu, d rray kan ara d-fkeɣ ur d iyi-ttqassat ara. Ɣef akken ttwaliɣ ihi, asmi ara d-yeɣli wawal n tidet di temsalt-agi, ad mmiren idammen, ad ɣlint tmegraḍ, imi ad d-nuɣal ar udabu-nni, ur nwiɣ ara ad yefhem kan s wawal asmi ara s-ssutren leqbayel timanit. D acu ara yeḍrun assen, ad d-tuɣal daɣen temsalt ɣur-neɣ am taluft-agi n tmaziɣt. Ruḥ tura kečč assen, af-d ihi wid ara yemmten ɣef timanit, ger wid yesteɛgzen ad d-aɣen ula d ungal yura s teqbaylit akken ad t-ɣren !!

14)- Zemreɣ ad gzuɣ deg wayen d-tenniḍ, ɣas ulamma yecceḍ Σmara Ben Yunes, yelha si tama-nniḍen, acku tella teqbaylit tura deg weɣmis-is ?

Acimi ara yi-tdeggreḍ akken ad d-iniɣ yelha Amara Benyounes. Nekk ur t-ssineɣ ara, yelha ahat ar imawlan-is d warraw-is d yemddukkal-is. Nekk ad as-iniɣ kan tanemmirt ɣef isebtaren-nni n tmaziɣt yerra di DDK, u ma yella wamek, amer ttafeɣ ad ilin yal ass akka 4 isebtaren s tmaziɣt. Ma nemyussan ad nqeṣṣer tasertit ahat ttwalem ur nettemsefham ara, d acu kan, ur ssenɣaseɣ ara di leqder-is. Tamara ur iyi-terri.

Win yeɣlin ar ukemus ad s-d-ntun yark isennanen. D acu, win yessnen, ad d-iqucc ? kan takermust-nni taẓidant s umeḍrac, ad tt-yesseqcer ad iniwel yes-s seksu deg unebdu !! Imiren, ma yehwa-yak ini-d diri-t ukermus.

15)- Lwennas yenna “ur lliɣ d aεrab, ur lliɣ d ineslem”, kečč atan teqqareḍ-asen di Fransa i yemdanen mi ara k-id-steqsin anwa i k-ilan “d Adzayri, si Tmurt n Yeqbayliyen” akken ur k-ttɣilen ara d aεrab, annect-a tefra fell-as. Tiririt-ik daɣen ɣef westeqsi yezrin mi d ak-nniɣ “d acu tzemreḍ ad aɣ-tid-iniḍ fell-ak”, tenniḍ, steqsi-yi-d kan, ur k-ttɣulluɣ ara, ihi ata westeqsi : D ineslem Murad Zimu ?

Di temsalt-agi, am wakken qqaren imeddukkal-nneɣ n le MAK, temsalt-agi yal yiwen ger-as d yiman-is kan. C’est personnel. Leqbayel si zik-nsen i tt-fran. Di tuddar-nneɣ llan wid yettẓallan, wid ur nettẓalla ara, wid yettuẓumen wid t-itetten … Llan wid i itessen ccrab, d acu ma yeskeṛ-d yiwen u faqen-as di taddart, ad yefk lḥeqq. Tella ssebba, imi ma yeskeṛ yiwen, yezmer ad yessexṣer i tmeṭṭut neɣ ad yesɛeddi lbaṭel ɣef walebɛaḍ. Yal taddart ihi s lǧameɛ-ines, s lqahwa-ines, s tejmaɛt-ines. Ur nesɛi ara akk iɣeblan-agi, amer d wanag, amer terbiḥeḍ ay ul, tili ad nesseḥbiber ɣef lɛaqliya-agi-nneɣ d-ǧǧan at zik. D acu, taggara-yagi, ula d ayen yelhan ɣur-neɣ, akka ttwaliɣ deg westqsi-yagi-inek, ibeddu yettṛuḥu-yaɣ ula d netta. Ilaq ad nettqeṣṣir ugar ɣef wayen ara ɣ-yessemlilen mačči ɣef wayen ara ɣ-iferqen. D tagi i d tagmat, ma ulac fiḥel. Ad aɣ-d-yessemlil Rebbi ma yebɣa di tegnatin yifen tagi.

Tanemmirt a Zimu

Interview réalisée par A.A

source: tamurt.info

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Zimu et ….

Posté par algeriedemocratie le 23 janvier 2011

J’ai bien suivi cet épisode désolant sur le net depuis la réponse de Zimu diffusée sur facebook. Je crois que ce qui se passe nous informe beaucoup sur la mentalité rétrograde et mégalomane de certains d’entre nous comme Halim Akli. Zimu, un artiste, compose une chanson qu’il diffuse. Halim Akli, au lieu de se contenter de critiquer uniquement la chanson, a laché sa plume pour retirer à Zimu son mérite d’être un artiste de talent. Zimu, en toute logique répond à la subjectivité de Halim Akli qui n’était finalement qu’un sombre militant du RCD toujours en activité. Mais dès la sortie de la réponse de Zimu en dehors de facebook on a assisté à un déchaînement sans précédent sur l’artiste. Nous étions (ses amis) dans l’obligation de répondre mais kabyles.net nichée dans son islamophobie a filtré nos réponses et a orienté les débats. Cette situation ne s’est arrêtée que lorsqu’un inconnu militant du RCD a dévoilé la véritable identité de Halim Akli dont les liens sont diffusés sur facebook ont permis à des milliers de kabyles de démasquer Halim Akli qui n’est qu’un opportuniste du RCD.

Le blog d’Elmouhtarem a repris cette affaire pour permettre aux allergiques à kabyles.net et aux véritables démocrates de s’exprimer. Si pour vous se défendre et donner son avis est synonyme de non acceptation d’une critique, pourquoi critiquer Zimu ? Contentez-vous de donner votre avis sur ce qui s’est passé au printemps noir. C’est ce que Zimu a fait. Il a donné son avis dans une chanson. Vous répondez dans un article sans le commencer par des paragraphes subjectifs du genre … “Zimu abuse des reprises…”. Tout le monde sait que Zimu au contraire a toujours veillé à l’originalité de ses oeuvres. Vous avez aussi dévalorisé ses adaptations des chansons alors que son travail est formidable. Il n’est pas donné à n’importe qui de réécrire des chansons de Brassens en Kabyle en gardant toute la subtilité des mots et des histoires.

Zimu, ne vous plaît pas, c’est votre avis ça se respecte. Mais pourquoi ne pas parler de ceux qui vous plaisent. Encourager la chanson que vous croyez mobilisatrice; parlez de Allaoua, vous l’avez déjà fait dans un autre contexte refaites-le sur kabyles.net en commençant par expliquer la chanson “Nhemdik Allah” ou “A baba cheikh” … mais peut-être que Marie du site ou Genevieve ne vous laisseront pas parler d’un chanteur kabyle né à Alger profondément musulman et encouragé par tous les médias de l’Algérie officielle !? Vous avez tant de pistes à explorer sans passer par écraser un artiste de talent qui ne fait que chanter ce qu’il aime sans demander à plaire à tout le monde.
Maintenant comment osez-vous reprocher à une chanson tellement réaliste la démobilisation alors que vous êtes toujours militant d’un parti politique RCD à l’origine de la démobilisation de toute une région !?

Alors Mr Halim Akli et/ou Mme Taoues ou bien Amazigh1, Zina (la fameuse étudiante de magistère amazigh qui n’existe pas, je peux même vous le prouver) selon les pseudos choisis, vous ferez mieux de faire profil bas avant de voir cette affaire reprise ailleurs. Je le souhaite un peu pour pousser Zimu à sortir de sa réserve et assumer ses talents !!
Je vous connais très bien. Nous avons pris des litres de café dans le même café même si nous ne partageons que rarement la même table. Par Moussa

source:ffs1963.unblog.fr

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Baba asefru n Zimu

Posté par algeriedemocratie le 23 janvier 2011

Baba

Zimu

Ẓriɣ ass-a yegguni
Je savais que ce jour viendrait

D acu ur ẓriɣ
Ce que je ne savais pas

Annect-a akk
C’est à quel point

Ara yi-d-txaseḍ
Tu allais me manquer

Ula d kečč
Toi aussi

Tgujleḍ temẓi
Tu devins orphelin [tout] jeune

Akken i k-ǧǧan
C’est comme t’avaient laissé

Imawlan-ik
Tes parents

A ɣ-teǧǧeḍ
Que tu allais nous laisser [toi aussi]

I gecmet wass-a
Que ce jour est horrible

Kecmeɣ s axxam
J’étais rentré à la maison

U k-ufiɣ
Je ne t’avais pas trouvé

Deg wemkan-ik
À ta place

Teqqimeḍ
En train de te reposer

I gecmet
Qu’il est horrible

Yid ad-yas nnadam
[Cette nuit je vais dormir]

Ur k-d-selleɣ
Sans t’entendre

Tafrara-s m’ara tekkreḍ
A l’aurore quand tu te levras

-

Ulac-ik,
Tu n’es pas là

A k-d-sleɣ
Pour t’entendre

A d-tḥekkuḍ
me raconter [des histoires]

Ulac-ik,
Tu n’es pas là,

A yi-d-tesleḍ
Pour m’écouter

Ma k-id-ḥkuɣ
Te raconter [les miennes]

Ulac-ik,
Tu n’es pas là,

A d-teḍseḍ
Pour rigoler

A d-dduɣ
Pour [entraîner mon rire avec toi]

Ulac-ik,
Tu n’es pas là

A d-ḍseɣ
Pour [m'entendre rire]

A d-ternuḍ
Pour ajouter [à mon rire aux éclats]

Win ara yi-d-iqqaren
Qui me dira [maintenant]

« Axir a Mu … »
« Bonjour Mo ! »

T-tṣebḥit neɣ t-tmeddit ?
Le matin [comme] le soir ?

Win ara yi-d-isawalen
Qui m’appelera

« A Mu … » ?
« Eh Mo … » ?

Xas ulama di tergit
Quand bien même en rêve

Iqqim-ed kan
Seul reste

Wesmekti
Le souvenir

Ma ad isifses
Pour [soulager]

Lxiq d-ibnan
La mélancolie qui est apparue

Di lɣiba-k
Dans ton absence

Aqlaɣ
Nous voici

Deg wexxam nezdi
[Tous unis] à la maison

Ɣur yemma
[Notre] mère

Mazal-d
[A gardé]

Lhiba-k
Ton charisme

Xas nɣum
Même si nous [cachons]

Zdat medden imeṭṭi
[Nos] larmes devant les gens

Yak iɣusa
[Nos coeurs]

Wul daxel fell-ak
[Sont fissurés de l'intérieur]

A baba
Ô père,

A k-yeɛfu Rebbi
Que Dieu te pardonne

Di lǧennet
Dans le paradis

Yella wayla-k.
[Il y a une place pour toi.]

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“Il y a de plus en plus de personnes qui donnent un sens à mes chansons”

Posté par algeriedemocratie le 23 janvier 2011

Mourad Zimu

“Il y a de plus en plus de personnes qui donnent un sens à mes chansons”

La nouvelle icône de la chanson kabyle, Mourad Zimu estime dans cet entretien que la chanson rythmée « reflète l’état de décomposition avancée du cadavre de notre musique assassinée pour faire plaisir à ces asticots qui se nourrissent de la médiocrité ». Ne machant pas ses mots quand il s’agit de parler de l’art, il ajoute qu’il faut se rendre à l’évidence, celle qui impose ce genre de chansons sur le marché.
Il aborde dans cet entretien, les embûches et les difficultés qui se dressent devant les artistes. Les problèmes liés à la promotion, les spectacles et aussi les moyens financiers afin d’y parvenir…
Zimu n’a pas surtout omis de parler de ses textes, ses adaptations et sa manière de travailler.

La Dépêche de Kabylie : Vous avez apporté un nouveau style à la musique kabyle. Votre style de rapproche de celui de Brassens, Moustaki, Renaud… comment êtes-vous venu à ce style ?

Mourad Zimu : Je ne suis pas trop à l’aise pour parler d’un style propre à moi qui ressemblerait à celui des Grands : Brassens, Moustaki et Renaud … Je crois que le petit bout de chemin que j’ai emprunté dans la chanson porte en lui tous les ingrédients que j’ai intériorisés lors de mon apprentissage de la chanson. En somme, ma chanson, s’inspire de toutes les chansons que j’ai eues le plaisir d’écouter jusque-là. Ma chanson est aussi le résultat de tout ce que j’ai lu, ce que j’ai appris à l’école ou chez mes amis et dans ma famille, des influences de mon entourage en général… Il suffit de savoir que j’ai appris la guitare en jouant les chansons d’Aït Menguellet et de Idir pour se rendre compte qu’on ne vient pas de nulle part à la chanson mais qu’on vient toujours de quelque part. Pour répondre à votre question, on se retrouve par hasard dans un style mais ce hasard trouve ses explications dans notre vie.

Si nous abordons vos années d’études à l’université de Tizi Ouzou, elles semblent revenir dans vos trois albums, quels souvenirs gardez-vous de ces années, et quel est leur apport à votre personnalité artistique ?

Avant l’université de Tizi-Ouzou, j’ai aussi été étudiant à l’université d’Alger. Comme vous le dites,  il est clair qu’on ne sort pas « indemne », au sens artistique du terme, quand on passe une dizaine d’année à l’université. Vous savez à l’université, comme à l’armée, avec ma foi, moins de violence et de médiocrité et plus de liberté, on tisse des amitiés intéressantes, on apprend à écouter les autres, on apprend à aimer et à détester aussi, on apprend à débattre, à triompher mais aussi à ingurgiter amèrement nos défaites … si vous voulez, on se découvre une personnalité à part entière. Il y a comme un souffle de liberté qui fait sauter les verrous de notre éducation. C’est là qu’on se découvre poète, artiste, peintre, malade, pervers, scientifique, chercheur ou meneur d’hommes, etc.

Zimu est un jeune artiste qui a su et pu se frayer un chemin en si peu de temps, peut-on en connaître le secret ?

« Se frayer un chemin en si peu de temps » ça dépend du sens que vous donnez à cette phrase. Je ne négocie toujours pas la sortie de mes albums. Je suis toujours à la merci des « éditeurs ». Je vends toujours à perte mes œuvres. Je prends toujours en charge mes frais d’enregistrements. Je n’ai pas encore reçu un centime de notre chère Onda. Si se frayer un chemin dans la chanson ne ressemble pas à tout ça ; je suis à quelques années lumière de le faire.
Si, par contre, « se frayer un chemin » est de voir des personnes anonymes vous dire qu’elles aiment vos chansons, d’entendre parler d’un couple qui s’est réconcilié en écoutant Ughald- kan, de voir un militant des Archs, les larmes aux yeux en écoutant D Tafsut kan d Taberkant, de voir un ami vous appeler après 8 ans d’absence en écoutant Ay ameddakel  … si c’est ça « se frayer un chemin dans la chanson » alors là je vous dis : « Oui ça commence à fonctionner.  » Il y a de plus en plus de personnes qui donnent un sens à mes chansons.

Sinon parlez-nous de votre manière de travailler, notamment l’écriture du texte ?

Pour les adaptations, il faut d’abord que le texte me plaise et que je puisse l’imaginer en kabyle. Si j’arrive à le concevoir dans ma tête,  je commence à travailler sur le texte originel. Vers après vers, je me mets à chercher les expressions kabyles qui rendent bien compte du sens tel que je le comprends. Là, j’appelle à ce stade mon travail « un chantier ». J’ai des dizaines de chantiers d’ailleurs. Pour les terminer, il faut ajouter au travail de traduction un peu de création pour avoir des strophes cohérentes et un texte vraiment kabyle. Lors de  cette dernière phase on oublie un peu le texte originel. Pour les autres textes, je démarre des fois d’une expression lue ou entendue chez un ami, des fois je démarre d’un enchaînement d’accords ou d’une musique, des fois encore je démarre d’un texte mais sans tenter une adaptation, je saute toutes les étapes pour arriver au stade de création comme c’est le cas dans Les charognards et  Si t’es mon pote de Renaud.
Voilà, reste une petite partie de textes dont on n’expliquera pas la venue, pour faire durer le suspense dans la tradition poétique kabyle ; c’est aussi un secret professionnel pour que le métier ne change pas de main. Evidemment, je dis ça pour plaisanter.

Vous avez abordé aussi l’immigration ou l’exil, mais d’un côté fataliste, pourquoi cet angle  de tir ?

Voici finalement un thème qu’on ne traitera jamais assez dans la chanson kabyle. J’avais envie de parler d’immigration en évitant un discours moralisant. C’était difficile à faire. Comment témoigner de ce qu’est de nos jours l’exil pour une jeunesse qui ne rêvent que de s’exiler. Le discours nostalgique sonnerait en déphasage avec la réalité mais parler aussi de la douleur de s’éloigner de sa patrie est entachée de morale. C’est de ce dilemme qu’est née la chanson Amexbut composée avec Ameziane Kezzar.

Par rapport à la situation de la chanson kabyle d’aujourd’hui, dominée par le rythmé, que pensez-vous de cette « évolution », si évolution il y a ?

Tout le monde critique la chanson rythmée, à voix robotique. Votre journal consacre à cette mouvance bien des entretiens et des articles à la sortie de leurs albums. Mais je suis devenu un peu sage, contrairement à mes débuts, où j’avais consacré à ce fléau une chanson composée en 1997 Muhuc sortie en 2001 dans l’album Salupri.
Ce n’est pas que je suis, à présent, indifférent, mais, je me suis rendu compte que la chanson robotique est imposée par tout un système. Ces chanteurs qui s’y investissent le font souvent par choix. Malgré toute la critique et le ras le bol du non-stop qui s’exprime un peu partout, disons-le tout court, ces chanteurs trouvent quand même un chemin vers l’enregistrement de leurs albums, ils trouvent souvent des sponsors, des éditeurs, des médias pour les soutenir (les radios diffusent leurs chansons à longueur de journée, ils ont des clips à l’ENTV et à BRTV…) et même pire que ça… leurs albums se vendent par milliers donc on a des consommateurs de ce genre de chansons dans nos maisons, chez nos voisins… Alors il est de notre devoir de cesser cette hypocrisie. Cette chanson rythmée est là parce qu’elle répond à un besoin et parce qu’elle constitue un marché. Mais hélas, pour ma part, je me garde le droit d’exprimer mon avis ; elle reflète l’état de décomposition avancée du cadavre de notre musique assassinée pour faire plaisir à ces asticots qui se nourrissent de la médiocrité. Tout ce que nous pouvons faire à notre niveau (moi et mes amis Djamel Kaloun, Nacer Ouaret, Elyas…) est de continuer à faire la chanson que nous aimons. C’est tout.  ? nos auditeurs de juger de ce qui est urgent à faire à leur niveau pour nous aider à résister.

Zimu est connu du grand public, mais souvent absent des concerts et des salles de spectacles, peut-on s’attendre à une tournée en Kabylie ?

Pour faire une tournée, il faut être disponible et payer des musiciens, louer des salles, obtenir des autorisations, s’occuper de la promotion. Pour l’instant les conditions et les moyens financiers ne sont pas réunis pour monter ce genre de projets. J’espère qu’on parviendra un jour à le faire.

D’autres projets dans le  domaine ?

Après la sortie du troisième album Apipri kan cette année, je suis déjà en phase de préparation du quatrième qui sera enregistré au courant de l’année 2009. Je prépare aussi l’édition d’un recueil de nouvelles après la sortie de Tikli édité dans la collection Idlissen-nnegh du HCA.

Un dernier mot peut-être ?

Merci aux amis qui me soutiennent et m’encouragent sur Internet : www. zimou.fr ou bien www. daily motion. com/zimu

Entretien réalisé par Mohamed Mouloudj pour la Dépêche de Kabylie

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Zimu

Posté par algeriedemocratie le 23 janvier 2011

Il a réussi à s’imposer sur la scène artistique au bout de trois albums
Mourad Zimu, le souffle du renouveau

La liberté des mots, des notes et d’esprit, tels sont ses gages pour la réussite. Jeune, ému par la vie qui ne vaut pas grand-chose à ses yeux, en dehors des notes de musique qui coulent à flot de sa guitare, Mourad Zimu, est de ceux qui s’accroche au train en délaissant au dernier arrêt les préjugés portés sur un art en plein dépérissement. Il incarne le renouveau, le souffle vivant pour nous faire oublier les travaux insipides et ternes qu’on nous ressasse à tout bout de champ. De son vécu, il a fait un trésor poétique et de ses penchants musicaux, une fontaine intarissable de musiques veloutées et suaves. De Moustaki à Renaud, des essais d’adaptations remis au goût de notre vie, Zimu passe en dénicheur de nouvelles mélodies douces et agréables. Ces mélodies, agrémentées par des textes évasifs, brisent les « jougs » que l’on impose à la poésie à sens unique, quelquefois abusif. Ses textes inspirés des quotidiens pâles de ses concitoyens, qu’ils soient chez eux ou à l’exil, répondent à cette envie de décortiquer avec une touche d’humour une société bloquée par ses propres préjugés.
En dehors des idées préconçues pour l’art de chanter, Zimu donne le véritable sens à la chanson, celui de dire les choses telles quelles sont. Loin de tout artifice qui la rendra, inéluctablement sans âme et sans énergie, Zimu met toute sa détermination dans ses travaux, qu’il interprète comme un maître. De sa voix douce et rocailleuse, au gré des tons, Zimu garde un cachet originel qui fait sa différence, celui de la liberté que lui assure son art : chanter pour la vie.
Il peint ses chansons de couleurs artistiques éclatantes, des visions épicuriennes et ésotériques. Il adoucit les temps chagrinés pour les rendre moins pénibles. Il récite sa vie, comme celle des autres, sous des airs doux sans enquiquiner l’auditeur, mais avec des mots justes, précis et souvent puissants.
La chanson de Zimu est un univers de révolte enveloppée de sagesse. Face à la société pétrie dans des incroyables stagnations, il crie sa colère et son refus de la conception de l’amour et de la vie en général que l’on nous dessine. A la situation politique du pays, il crie révolte dans l’union. Il  » s’égosille  » de toutes ses forces contre la mal vie, la manipulation.
Les trois albums de Zimu, l’un intitulé, Muhuc, l’autre, Ma3lic, (tant pis) et le dernier, Apapri kan, (à peu prés), procurent aux âmes battues de l’espoir une excitation de la vie sans limite. Ils constituent un remède aux férus de la chanson kabyle et un relâchement, notamment après des étés pleins de vacarmes charriés par le rythmé et le  non-stop.
Cette nouvelle génération d’artistes, même si elle est mêlée à des « burlesques » de l’art sans queue ni tête, a la certitude de voir la chanson kabyle rejaillir avec eux, est permise. Le meilleur est semblable à la réussite. Avec Zimu, même sans faire dégainer ses instruments fétiches, il nous montre que rien n’est impossible avec l’engouement… Surtout quand on veut réussir.

M. Mouloudj
Source : depechedekabylie.com

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