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l’interview de ait menguellet au journal l’expression

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

Ainsi parla aït menguellet
10 Avril 2008 Aït Menguellet répondant aux questions de nos journalistes

Avec son naturel et sa simplicité légendaires Lounis, comme préfèrent l’appeler ses fans, révèle aux lecteurs de L’Expression quelques facettes de son long parcours d’artiste jalonné d’épreuves et de nobles combats. Ainsi est l’homme qui a marqué sa génération.

Lui, c’est Lounis Aït Menguellet, de son vrai nom Abed Ennebi. Ce chanteur qui a bercé par ses mélodies des générations entières, était l’invité de la rubrique «A coeur ouvert avec L’Expression». Irrité par ce phénomène qui gangrène la chanson algérienne en général, et la chanson kabyle en particulier, Lounis fait part de son inquiétude: «Le danger qui menace la chanson, c’est le phénomène de la reprise qui prend une ampleur inquiétante, ces dernières années», déplore-t-il, d’un ton désespéré. Loin d’être un partisan du moindre effort, cet artiste talentueux a saisi l’occasion pour lancer un SOS en direction de cette nouvelle génération d’artistes: «Assez! assez! la reprise c’est la facilité», martèle-t-il. Et de renchérir, «c’est un danger qui porte un coup terrible à la créativité». Les appréhensions exprimées par la star de la chanson kabyle sont tout à fait légitimes. Elles traduisent réellement le malaise que vit la chanson kabyle d’aujourd’hui. Notre invité appelle cette nouvelle vague à éviter de tomber dans le piège de la reproduction des chansons ayant déjà existé. Visionnaire, ce philosophe craint que la scène artistique soit prise en otage. C’est pourquoi il se met à l’avant-garde pour alerter les autres artistes. Depuis longtemps, Lounis mène une lutte sans merci contre la reproduction des chansons. «Je l’ai dénoncé haut et fort à travers la radio et la presse», a-t-il affirmé. Assurant, par là même, que la sauvegarde du patrimoine musical est un devoir. «Pourquoi reproduire une chanson qui a été déjà interprétée?» s’interroge-t-il. A quoi est dû le phénomène de la reprise? Est-ce au manque de paroliers et de compositeurs? Pour notre invité, c’est loin d’être le cas. «Il y a des paroliers et des compositeurs qui n’ont pas trouvé à qui confier leurs oeuvres», témoigne Lounis avec certitude. Hélas! Les chanteurs tombent dans le jeu des éditeurs lesquels font de la chanson un véritable fonds de commerce. «Nous menons un combat acharné contre les éditeurs», atteste ce vieux routier de la scène musicale. Cartésien dans son analyse, Lounis ne s’est pas concentré sur une seule facette de la pièce, puisqu’il ouvre une brèche en évoquant le public, pour dire ce qu’il en pense. La responsabilité n’incombe pas uniquement au chanteur, mais aussi au public. «Je ne suis pas aussi pessimiste, c’est l’écoute qui fait défaut», constate-t-il. Expert en la matière, l’invité de L’Expression reconnaît qu’il y a des chanteurs talentueux parmi la nouvelle génération qui portent le flambeau. «Je prétends et j’affirme qu’il y a de belles voix et des talents, mais les éditeurs ne sont pas là», regrette-t-il. Il citera au passage quelques artistes, à savoir Alilou, Zimou, Si Moh. Malheureusement, ils sont méconnus sur la scène artistique. Ainsi, l’écoute qui fait défaut, conjuguée à la paresse de chanteurs, et l’appât du gain facile des éditeurs ont contribué à ternir davantage la qualité du produit musical en Algérie. Voulant protéger la corporation dont il fait partie, Lounis promet d’aller jusqu’au bout pour rendre à la chanson ses lettres de noblesse.
Logique dans son raisonnement, le chanteur n’est pas contre la chanson dite «spécial fête». «Cela fait partie de la vie. On ne peut pas priver le public de se défouler», explique-t-il. Cependant, il suggère de ne pas trop se focaliser sur ce créneau, car il considère que le rôle d’un chanteur est beaucoup plus éducatif.
Lounis refuse que la musique soit un art vidé de son sens. La parole, la mélodie, c’est tout un ensemble indissociable qu’il faut mettre en valeur. Ainsi parle Lounis.

Nadia BENAKLI

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AIT MENGUELLET : « J’ACCUSE ! »

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

AIT MENGUELLET : « J’ACCUSE ! »

« N’en déplaise aux mauvaises langues, je ne suis inféodé à aucune entité, quelle qu’elle soit, ni à aucun personnage, puisse-t-il être président d’une association, d’un parti ou même de la République », a répondu le chanteur Aït Menguellet, ferme, à ses détracteurs.

Aït Menguellet : lettre ouverte aux miens

j’adresse cette lettre aux miens pour que ceux qui font du scandale leur pain quotidien ne croient surtout pas qu’elle (la lettre) constitue une quelconque justification à leurs yeux. Non, ce serait leur faire trop d’honneur en leur accordant une importance qu’ils n’ont pas et qu’ils n’auront certainement jamais. Ceux-là qu’ils croupissent dans leur fange jusqu’à la fin de leur insignifiante existence. Ma lettre s’adresse aux miens, c’est-à-dire les gens lucides, pondérés, responsables et qui ont une conception noble et juste de la liberté, aussi bien d’expression que d’action de leurs semblables. Cette lettre s’avère indispensable à plus d’un titre. D’une part, au vu des attaques injustes dont je suis victime, j’ai le devoir de me manifester pour satisfaire ceux qui attendent de moi certaines réponses. D’autre part, la dérive, la déformation et l’amplification des faits par une certaine presse ont imposé le besoin urgent de ramener les faits à leurs justes proportions. Je commencerai par l’événement par lequel la croisade a commencé, en essayant de le situer dans son véritable contexte. Il s’agit, bien sûr, de ma présence au meeting du président à Tizi-Ouzou et des fameux applaudissements. D’abord le contexte du moment : le nouveau président, quoi qu’on dise maintenant, était perçu par la majorité comme une chance de remettre le navire « Algérie » à flot. Il avait réussi à gagner la sympathie de tous ceux qui espéraient une issue heureuse à la situation inextricable où se trouvait le pays. Aller donc au meeting de Tizi-Ouzou ne présentait aucun caractère insolite. J’y étais et personne dans toute la foule que j’ai côtoyé n’était étonné de me voir. Invitation, curiosité, espoir… tout concourait à ce que je ne rate pas ce meeting. Arrive l’épisode des applaudissements : de mon point de vue, il est tout à fait normal et correct de recevoir, d’écouter et d’applaudir l’opinion de quelqu’un sans pour autant l’approuver. Applaudir, dans ce cas, relève de la simple correction et du respect de l’autre, libre ensuite à chacun d’approuver ou de désapprouver les propos tenus. Chacun fonctionne selon sa conception de la conduite à tenir en de pareilles circonstances. Je n’avais pas à adopter une attitude qui plairait mais qui ne serait pas la mienne. (A ce propos, à ceux qui m’ont sorti la chanson Akwen Ixdee Rebbi pour m’accuser de contradiction, je demande d’écouter Lxuga an ccdeh, et ils auront une autre lecture de ma conduite). Toujours concernant le meeting, il me semblait qu’introduire la question amazighe ce jour-là était faire peu de cas d’une question aussi sérieuse, aussi grande. C’était la ramener à la dimension d’un problème pouvant se poser et se régler de façon anodine au cours d’un rassemblement axé sur une tout autre question, en l’occurrence la concorde civile. A mon avis, la seule chose qui pouvait être faite ce jour-là concernant tamazight, étant d’obtenir du président un rendez-vous pour la tenue d’un autre meeting qui ne concernera que tamazight seule. Là, c’était donner au problème sa véritable dimension. Ceci est juste un point de vue. Arrive l’épisode de la présidence d’honneur d’une association de citoyens. Après l’annonce du fait par un journal qui a rapporté fidèlement l’information, un autre journal, dont je n’arrive pas à comprendre l’animosité à mon encontre, s’est mis à amplifier et surtout à déformer insidieusement l’information au jour le jour, jusqu’à en faire un événement démesuré. Jugez-en : il avait commencé par écrire que j’ai été nommé président d’honneur par le responsable de l’association, pour finir, ces derniers jours, par écrire que j’ai été nommé à la tête de cette association par le président. Je vous laisse deviner le sous-entendu. Volonté de nuire ou mépris du lecteur ? Les deux sans doute. Alors, il me semble indispensable de faire une mise au point définitive à propos de cette question avant que ce fameux journal n’invente Dieu sait quoi encore. Voici la véritable version dans toute sa banalité : ayant appris la naissance d’une association à caractère apolitique, j’ai été contacté au téléphone par son responsable de Tizi-Ouzou. Je ne le connaissais pas et il avait obtenu mon numéro de téléphone par un ami commun. Donc, ce responsable m’a appelé pour me demander mon soutien moral pour cette nouvelle association d’aide à la promotion à la défense du citoyen. L’association étant, je le répète, à caractère apolitique, j’ai accepté la proposition d’être membre d’honneur et non adhérent actif. A la veille de la tenue d’une assemblée au Théâtre Kateb Yacine, le responsable m’a de nouveau téléphoné pour m’inviter à assister à l’assemblée. J’ai décliné l’invitation, tout en confirmant un soutien de principe. Le lendemain, j’ai appris par la presse que j’ai été nommé président d’honneur, chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Conclusion : je suis président d’honneur d’une association de citoyens de Tizi-Ouzou, dont je n’ai rencontré ni le président actif (je ne connais que sa voie au téléphone), ni les membres et encore moins la domiciliation. Même si je voudrais rendre une visite à cette association, je ne saurais pas y aller : je ne sais pas où elle se trouve. Ceci dit, si le programme de cette association vise réellement, comme il le prétend, le bien-être et la défense du citoyen, sans aucune coloration politique, je lui réaffirme mon soutien contre vents et marées. Si, par contre, son programme a des visées politiques, ce dont je n’ai aucune connaissance, je lui demande de retirer mon nom de sa liste des sympathisants. J’espère que la cause est claire. J’ajouterai ceci : n’en déplaise aux mauvaises langues, je ne suis inféodé à aucune entité quelle qu’elle soit ni à aucun personnage, puisse-t-il être président d’une association, d’un parti ou même de la République. Jaloux de ma liberté, je ne la négocierai contre aucun compromis ni avantage d’aucune sorte. Vivre simplement dans mon village parmi les miens, composer mes chansons sans contrainte d’appartenance politique quelconque, retrouver mon public à l’occasion de galas, aider les autres quand j’en ai la possibilité suffisent amplement à remplir ma vie. Voilà, mes chers miens, je vous devais cette lettre en toute sincérité. Je vous demande de l’accepter avec ses imperfections. Merci.

Lounis Aït-Menguellet

18/04/2000

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Lounis Aït Menguellet « Je n’ai jamais voulu être un symbole de quoi que ce soit »

Posté par algeriedemocratie le 26 décembre 2008

Lounis Aït Menguellet « Je n’ai jamais voulu être un symbole de quoi que ce soit »

La Nouvelle République : On fête aujourd’hui le 20e anniversaire du Printemps amazigh, qu’y a-t-il de changé depuis cet historique 20 Avril 80 ?

Lounis Aït Menguellet : C’est en effet une date qui intégrera la liste déjà longue des combats algériens. Le 20 Avril 80 a couronné des années de lutte non seulement pour la reconnaissance de l’amazighité de l’Algérie, mais aussi pour la démocratie.

Qu’a-t-il de changé depuis ?

Je ne peux vous répondre dans la mesure où je ne comprends pas grand-chose à tout ce qui se passe. Et quand je ne comprends pas quelque chose, je me méfie en attendant de trouver une explication, surtout en ce moment où je ne fais pas un geste sans qu’on lui colle un programme politique.

Et si l’on revenait justement à votre présence à ce fameux meeting du président de la République à Tizi-Ouzou. Elle en a dérouté certains…

Ma présence au meeting de Bouteflika n’a surpris que ceux qui ont voulu être surpris pour justement l’exploiter à des fins que j’ignore. Il faut se replacer dans le contexte du moment. Quoi qu’on dise aujourd’hui, le nouveau président était perçu par ceux-là mêmes qui lui tirent dessus aujourd’hui comme le sauveur. Ses discours militaient en sa faveur. Aller donc assister à son meeting ne pouvait avoir à mes yeux d’autres significations que la curiosité et l’espoir.

Mais alors et les applaudissements…

Je comprends que ce soit choquant pour certains, mais de mon point de vue, la démocratie est un atout. Elle doit être guidée par le respect d’autrui. Il me paraît tout à fait normal et correct de recevoir, d’écouter et même d’applaudir l’opinion de l’autre quand bien même elle n’est pas la nôtre. Applaudir dans ce cas est seulement une marque de correction et ne veut nullement dire que j’ai approuvé les propos du président.

Il faut comprendre qu’il s’agissait d’un sujet brûlant : tamazight…

C’est justement parce que c’est un sujet d’une grande importance qu’il devait être traité en conséquence. Le meeting de ce jour-là concernait le problème de la paix en Algérie. « Liquider » tamazight en quelques minutes c’est à mon sens mépriser une question capitale. Ce qu’on pouvait par contre obtenir du président c’est un rendez-vous pour la tenue d’un autre meeting qui ne concernera que tamazight seule. Là, on aurait donné au problème sa véritable dimension.

 Justement avec votre « lettre ouverte », vous avez fini par réagir à tout ce qui s’est dit à votre sujet…

Devant la persistance de certains journalistes à vouloir me coller gratuitement des étiquettes et surtout parce qu’on n’a entendu qu’un seul son de cloche, j’ai tenu par respect aux miens à apporter ma version des faits. Et ce n’est nullement une justification comme cela a été compris par la même presse qui veut faire d’Aït Menguellet le problème de l’Algérie au mépris du lecteur.

On a l’impression que vous avez une dent contre la presse…

Pas contre la presse, mais contre ceux qui me tirent dessus à longueur de colonnes sans daigner une fois demander mon opinion. Mon intervention d’avant-hier a mis à nu les visées de certains. S’il y a une presse qui s’en tient à sa mission d’informer, une autre, en mal d’inspiration et certainement pour se faire un nom sur mon dos, tente de m’entraîner dans une « guerre » qui servirait leur commerce de la félonie et de la division. Quand j’ai adressé ma lettre aux journaux, j’ai précisé qu’elle devait passer intégralement pour justement permettre aux lecteurs de prendre entièrement connaissance de mon point de vue. Malgré cela, au mépris de la déontologie, on ne s’est pas empêché de « manipuler » mes dires. Le journal L’Authentique pour ne pas le nommer est allé jusqu’à publier ma lettre d’envoi où je les ai priés de ne pas amputer mes propos. Je ne suis pas surpris de la part d’un journal venu tardivement à l’opposition, lui qui était au pouvoir depuis de longues années. Je reste néanmoins persuadé qu’au sein des journaux qui me prennent à partie, il y a des journalistes sensés qui comprennent les enjeux, mais il y a malheureusement d’autres inféodés à leur direction de crainte d’être mis à la porte. Ceux-là je les désigne du doigt car ils obéissent à une logique qui n’aurait jamais dû faire partie de leur métier. Contrairement à ces journalistes, je ne risque d’être mis à la porte de rien du tout. Qu’ils sachent que j’ai bonne conscience. La lettre adressée à mon public m’est venue du fond du cœur et je n’y changerai rien car elle est vraie. Je ne me suis pas fait d’illusion, je ne m’attendais pas à ce que mes détracteurs se taisent après ma lettre et ce que je viens de dire mettra sûrement de l’eau à leur moulin. Mais je veux qu’on sache une fois pour toutes que Lounis Aït Menguellet ne s’est à aucun moment culpabilisé parce que ce n’est pas aujourd’hui que l’on peut sans risque donner son avis que je changerai de convictions.

Il faut dire que c’est la rançon de la gloire. Vous vous appelez Aït Menguellet…

Et alors, je n’ai jamais postulé à un quelconque titre. Je n’ai jamais voulu être un symbole de quoi que ce soit. Il y a des idéaux à défendre et comme tout un chacun, je l’ai fait avec les moyens que j’ai. Le paradoxe c’est que justement ce sont ceux qui me distribuent des titres gracieusement qui tentent aujourd’hui de me donner en pâture à mon public. Et c’est en cela que réside la stratégie de ces gens : vous élever très haut pour mieux vous abattre. Alors qu’à mon avis, on n’est élevé que par ses actes.

Une bonne partie de votre œuvre nous décrit comme des gaspilleurs d’énergie, d’hommes et de talents ; Aqbayli, entre autres, a valu certains mécontentements…

Les mécontentements quand ils peuvent générer un débat fertile sont salutaires ; au-delà, je ne fais que constater et rapporter les dégâts toujours dans l’espoir qu’ils soient les derniers. Ceci dit, tout le monde est d’accord pour dire qu’il y a trop de réalités, de clans de querelles de second coutea. Il existe toujours un malaise entre nous et la réalité. Je crois qu’il faut par pudeur ou par culpabilité cacher un certain nombre de vérités. Nous avons raté beaucoup de nos rendez-vous avec nous-mêmes. Et le drame c’est que nous revenons sur nos pas pour nous plaindre.

C’est ce que vous dites dans nombre de vos chansons. Mais qui est responsable ?

Nous tous ; si ceux qui véhiculent, voire créent la zizanie et la polémique sont condamnables, ceux qui ne cautionnent pas, mais se taisent quand même sont tout autant condamnables. Parce qu’il faut savoir que le silence de ceux que l’on appelle la « majorité silencieuse » sert les objectifs de ceux qui veulent nous maintenir dans notre statut d’éternels combattants.

Glorifier le passé, vivre sur les pierres tombales, vous avez dénoncé cela bien avant l’hécatombe qui a frappé l’Algérie…

Attendez, la nostalgie du passé, l’évocation de nos faits d’armes, ce n’est pas inutile. Tout peuple a besoin de racines et de symboles et nous plus que les autres, mais la réponse au déclin, c’est de se tourner vers l’avenir. On doit mettre un trait sur « je mourrai pour tamazight ». Je mourrai pour l’Algérie. A mon avis, il faut vivre pour elle. L’histoire récente ou ancienne devrait servir à nous aider à modifier nos comportements quand c’est nécessaire. C’est une forme de suicide que de ne rien changer quand tout bouge.

Depuis quelques années, les événements politiques s’accélèrent. Votre public se plaît à vous « classer » un jour dans un parti, un jour dans un autre. Qu’en est-il au juste ?

C’est justement cela qui doit vous donner la réponse. Je ne me suis jamais détourné de ceux qui cherchent à apporter leur pierre au bien-être de ce pays où qu’ils se trouvent. Si je n’ai pas été embrigadé politiquement dans les années difficiles, ce n’est pas aujourd’hui que cela commencera. Je continuerai à être ce que j’ai toujours été.

Qu’est-ce que l’engagement pour vous ?

Pour moi l’engagement c’est de faire le mieux possible ce à quoi on est destiné. C’est d’être efficace à son « poste ». Et ce sont justement ceux qui n’ont pas de « poste » qui utilisent le plus ce terme.

Mzrigh afus sumeqyas, siwa ackal id tmerktayegh. Si c’en est une d’abord, nous croyons que c’est la seule allusion à votre « passage » en prison…

Ne me parlez pas de prison sinon vous donnerez à mes détracteurs encore une occasion pour trouver à redire…

Comment peut-on faire renaître la confiance ?

Vous demandez trop. Et puis j’ai fini par avoir peur des mots. On leur fait prendre des connotations que je ne maîtrise pas. Mais, ce qui me paraît sûr c’est qu’en servant l’intérêt général et desservant les intérêts particuliers souvent morbides, on peut se permettre déjà d’espérer. Et puis ou on est responsable et on devient maîtres de notre destin, ou on se fait prendre en charge par d’autres. C’est une question de choix.

Interview réalisé par Zahir Mahdaoui Copyright © 2000 Quotidien Algérien d’Information – La Nouvelle République . All Rights Reserved.

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