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Réponse du Dr SIDHOUM – Appel du général YALA

Posté par algeriedemocratie le 27 octobre 2012

Réponse du Dr SIDHOUM – Appel du général YALA

Réponse du Dr SIDHOUM – Appel du général YALA dans salah-eddine sidhoum(25) dr-sidhoum-300x223Mon absence momentanée ne m’a pas permis de participer dès le début au débat suscité par l’appel de notre compatriote MT. Yala.

Il est clair que le constat présenté par cet officier supérieur est celui de tout Algérien sincère et conscient de la grave situation nationale. Et ce constat a déjà été fait depuis des décennies bien avant l’accélération de la déliquescence sociale et de la faillite politique. A l’époque ceux qui osaient dénoncer cette triste réalité nationale, en dehors des discours ronflants des thuriféraires larbins de l’imposture totalitaire, étaient traités de réactionnaires, contre-révolutionnaires, quand ils n’étaient pas carrément étiquetés de fils de harkis.

Il est encourageant de voir aujourd’hui d’ex-serviteurs du système, civils et militaires tenir le même discours que ces opposants « ennemis de la Révolution » et tirer les mêmes conclusions sur la nécessité impérieuse d’un changement radical du système.

Il est clair aussi que la faillite de ce système honni est le résultat de 50 ans d’illégitimité du pouvoir (je dis bien 50 années). Un pouvoir pris par la force des armes, entretenu par les coups d’Etats, les intrigues et « légitimé » par des mascarades électorales à la Neagelen.

J’aurais voulu connaitre le point de vue de Mr Yala sur le devenir de la sinistre police politique, dans l’Etat de Droit de demain auquel nous aspirons tous. Cette police politique, colonne vertébrale d’un régime illégitime, responsable par sa politique de terreur, de nombreux drames depuis 62 et qui continue à « gérer » sans partage tous les espaces de la vie publique, sociale et politique.

Sinon sur le plan des propositions, il y a beaucoup de points de convergences avec d’autres initiatives dont celles du FCN (changement radical et pacifique, respect des valeurs civilisationnelles de la Nation, démocratie, droits de l’homme, alternance véritable, Constituante….). Mr Yala avance l’idée d’un « pacte national de citoyenneté » comme creuset à toutes les forces politiques réelles et comme base d’action pour le changement. Au FCN et bien avant avec l’Appel du 19 mars 2009, nous avons déjà proposé de nous entendre sur un « compromis politique historique ».

Je crois que le moment est venu de fédérer sérieusement toutes ces volontés sincères, loin de tout calcul politicien et de visions idéologiques ou partisanes étroites, autour de ces principes et valeurs communes clairement énoncées qui constitueront le socle de notre pacte national ou compromis politique pour pouvoir lancer ce vaste et solide mouvement populaire pacifique du changement radical.

Il est certain que ce mouvement fédérateur en vue d’une action bien définie qu’est le changement de système politique (et non un changement dans le système) ne doit en aucun cas être un assemblage de partis et autres associations hétéroclites mais un véritable front réunissant des volontés sincères et engagées sans exclusion ni exclusive, débarrassées de leurs oripeaux idéologiques stérilisants.

En aucun cas, ce mouvement rassembleur ne doit être l’otage d’un quelconque esprit zaïmiste. Une direction collégiale doit piloter ce projet fédérateur.

Il est important de rappeler aux adeptes du grenouillage boulitique le fait que nul n’a le monopole du changement, de la démocratie, de la religion ou de l’identité nationale. Le changement doit être l’œuvre de toutes et tous ceux qui sont engagés sur le terrain à SERVIR et à SAUVER l’Algérie de ce chaos programmé et non l’œuvre de prétentieux qui voudraient déjà se positionner pour une quelconque prise de pouvoir alors que le bateau Algérie risque de couler.

Tout comme nous devons insister sur le fait que dans l’Etat de Droit de demain, auquel nous aspirons tous, aucune institution de l’Etat, quelle qu’elle soit, ne peut et ne doit se prévaloir d’être au-dessus de la souveraineté du peuple, seule source de légitimité.

Sommes-nous capables d’avancer dans ce sens et de passer des multiples initiatives à une œuvre nationale unificatrice salvatrice qui nous permettra de passer d’un régime illégitime perdurant depuis 50 ans à un véritable Etat de Droit avec ses institutions stables démocratiquement élues ?
La question reste posée.

Amicalement.
Salah-Eddine SIDHOUM.
Alger 26 10 2012

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Quand les bravaches de Ghardimaou torturaient et condamnaient les Hommes de Novembre. Témoignage du Commandant Bouregaa.

Posté par algeriedemocratie le 25 octobre 2012

 

 

Témoignage du commandant Lakhdar Bouregaa, de la wilaya IV durant la guerre de libération nationale, arrêté en 1967 par la police du colonel Boukherouba, torturé et condamné à 30 ans de prison.

Quand les bravaches de Ghardimaou torturaient et condamnaient les Hommes de Novembre. Témoignage du Commandant Bouregaa. dans vive l'algerie(128) bouregaa

In http://wilaya4.chez.com

 

Je fus arrêté le 3 juillet 1967, rue Larbi Ben M’Hidi, au cœur d’Alger. Des policiers en civil m’ont encerclé et littéralement séquestré alors que je me rendais chez une de mes connaissances. Ils m’ont passé les menottes devant de nombreux témoins, et embarqué à bord d’une Peugeot 403 noire. Peu après, j’ai été emmené au commissariat du « Cavaignac », à deux pas de la Grande Poste. J’y restai jusqu’aux alentours de minuit. Des hommes de faction se succédaient pour me surveiller. Ils entraient, me regardaient silencieusement, restaient un moment, puis repartaient sans dire un mot.
Je fus ensuite conduit ailleurs, dans une gigantesque bâtisse, où je fus jeté dans une cellule sombre, au sous-sol. J’appris plus tard que d’autres personnes, accusées d’appartenir au mouvement de Krim Belkacem, étaient détenues dans le même bâtiment.
Je fus détenu dans cette cellule pendant un mois, où je subis toutes sortes de tortures, physiques et psychologiques. J’ai été frappé par des tortionnaires qui utilisaient des bâtons ou me piétinaient pendant que j’étais maintenu allongé. J’ai subi la gégène, appliquée sur les parties les plus sensibles. Il n’était pas rare je sois aspergé d’eau sale, dont on me balançait tout un seau sur le corps. La torture variait, selon le tortionnaire. Quand je me sentais défaillir, ou m’évanouissais, ils arrêtaient les sévices, pour reprendre aussitôt que je reprenais conscience.
Je ne pouvais soupçonner l’existence, dans nos services de sécurité, d’hommes aussi haineux, capables de tels actes. Ils poussaient leur horrible tâche jusqu’aux limites du possible. Ils devaient savoir qu’avec le temps, l’organisme s’habitue à la torture, car je commençais, moi-même, à m’habituer aussi bien sur le plan physique que psychologique. Je ne sentais presque plus la douleur. Une sorte de défi m’opposait à des tortionnaires. Ils n’arrivaient pas à me faire plier, pour m’amener à leur dire ce qu’ils voulaient. Et moi, de mon côté, je ne pouvais ni mourir ni me soumettre et passer outre mes principes.
L’affrontement gagnait en violence avec le temps, pour atteindre son paroxysme. Mais je leur répétais continuellement que tout ce que je savais, les services de sécurité le connaissaient parfaitement. Ils continuèrent, misant sur le temps et la douleur pour me faire plier, espérant chaque jour que je m’écroule et les implore. Ce traitement se poursuivit jusqu’au 27 août 1968, date à laquelle je fus transféré, presque inanimé, à la prison de Sid El-Houari, à Oran.
Je ne pus changer de vêtements pendant trois mois de détention. On m’a même empêché de laver ceux que je portais. Et quand arrivé l’heure de m’emmener de ma cellule à Alger vers une autre cellule, à la prison de Sid El-Houari, à Oran, je fus menotté, et attaché avec d’autres prisonniers.
Nous avions tous les yeux bandés. Nous fûmes jetés dans un camion sans aération, dont la seule odeur aurait pu nous étouffer. Nous avons fait plus de quatre cent kilomètres dans ce camion.
Je restai deux mois à la prison de Sid El-Houari, sans que ma famille et mes amis sachent où je me trouvais. Quand mes proches s’en inquiétaient auprès des services de sécurité, on leur répondait qu’eux aussi me recherchaient, et qu’il fallait les aider à me retrouver !
A Sid El-Houari, bien que j’aie les yeux toujours bandés, je compris qu’on me mettait dans les sous-sols. J’entendis de nombreuses portes s’ouvrir et se fermer, ainsi qu’un grand brouhaha. Je fus amené à descendre des escaliers abrupts pour aboutir au sous-sol. Je fus jeté, seul, dans une cellule.
C’était une prison terrible, sinistre. Le froid y était glacial en hiver. La saleté y était repoussante. Il fallait mener une guerre continue contre les moustiques. Les cellules étaient en fait des sortes de puits creusés le long des couloirs. Elles n’étaient pas suffisamment larges pour qu’on je puisse s’y allonger. La mienne ne devait pas faire un mètre sur deux. S’y retrouver donne l’impression d’être avalé par la terre.
Mon plus grand ennemi, dans cette cellule, était le silence. Un silence lourd, pesant, terrifiant. Il donnait un sentiment de solitude absolue. Il était interrompu par de rares bruits tout aussi sinistres, le grincement d’une porte qui s’ouvre, la toux d’un détenu malade, le cri d’un détenu qui se laisse aller au désespoir.
Mon arrivée dans ce monde des ténèbres fut brutale. Mon geôlier m’enleva le bandeau que je portais depuis mon départ d’Alger, et, d’une violente poussée de la crosse de son arme, me désigna ma destination. Je trébuchai, et m’étendis de tout mon long dans la cellule. Je n’avais pas vu la fosse. Il faisait sombre, et mes yeux n’étaient pas encore habitués à l’obscurité, ni d’ailleurs à la lumière, après ces longues heures durant lesquelles je portais une cagoule.
Je tâtonnai, essayant de découvrir ce nouveau monde dans lequel j’atterrissais. Je vis très une faible lueur. Elle provenait du bas de la porte de la cellule. Je devais me mettre à genoux pour arriver à sa hauteur, car la cellule était aménagée à un niveau inférieur d’un mètre environ de celui du couloir.
Il n’y avait pas d’aération. Je dus bientôt faire face à un autre problème : comment faire mes besoins ? Je tâtonnai, mais ne trouvai rien. Il n’y avait même pas la fenêtre aux traditionnels barreaux. Rien que l’obscurité. Pas une anfractuosité. Des murs en terre, fissurés, je le sentais au toucher, avec une odeur tenace. Un toit humide, et des moustiques. Un sol avec des pierres qui me forçaient à changer constamment de place, pour tenter de trouver, en vain, une position confortable. Je regrettais ma cellule d’Alger!
Je désespérais. Je ne voyais pas de solution en vue. J’étais condamné à combattre la mort et la démence dans cet environnement terrifiant. J’y restai trente jours et trente nuits. Je ne pouvais plus faire la différence entre le jour et la nuit, entre le réel et l’illusoire, entre la crainte de la mort dans des conditions dont mes proches ne seraient jamais au courant, et la peur de la démence. Je dépensais l’essentiel de mon énergie à tenter de garder ma lucidité, à conserver mes esprits. Je voyais jusqu’où la barbarie pouvait entraîner les hommes, et de quelle manière elle pouvait les amener à traiter leurs pairs.
Le 27 septembre 1968, à 19 H, la porte s’ouvrit enfin. Mon geôlier m’ordonna de ramper pour sortir. Je pus ramper, difficilement, agrippai le rebord de la cellule, et finis par sortir du trou. Je me retrouvai dans le couloir. J’étais face à un groupe de gardiens. En fait, il s’agissait d’hommes de la sécurité militaire, comme je l’appris plus tard.
Ils me firent sortir, pour m’embarquer dans une voiture et me ramener de nouveau à Alger. Avant de me remettre en prison, ils m’ont bandé les yeux et m’ont fait longuement tourner dans les rues d’Alger, pour que je ne puisse situer l’endroit où on m’emmenait. J’avais envie de vomir, j’étais exténué, mais par dessus tout, j’avais faim et j’étais très affaibli.
La voiture s’est enfin arrêtée. J’étais presque soulagé de me retrouver en prison. Je fus de nouveau emmené vers une cellule. Le plus âgé d’entre mes geôliers me dit :
- Maintenant, tu es entre des mains sûres. Tu es à la sûreté nationale.
Nous t’avons ramené à Alger pour terminer l’interrogatoire. Le premier était insuffisant. Un nouveau round d’interrogatoires débuta alors. Des questions, toujours des questions, mille fois répétées, sous mille formes, jour et nuit, posées par un homme, puis un autre, et un troisième, puis c’est un tout un groupe à la fois qui s’acharne contre moi. Elles variaient, concernaient un sujet puis un autre, sans logique apparente. Elles n’étaient pas rattachées à une seule affaire, mais portaient sur des accusations multiples.
J’étais convaincu que ces hommes étaient des déséquilibrés qui se réjouissaient de la souffrance des autres. Pas un seul sujet concernant ma vie, y compris dans ses aspects privés, n’a été épargné. Ils me demandaient des précisions, revenaient sur des détails infimes.
Je n’avais plus une conscience réelle de ce qu’ils me voulaient. J’étais exténué, j’avais faim et je tombais de sommeil. J’étais éprouvé par la torture et les humiliations qu’ils m’ont fait subir. J’étais convaincu que je mourrais entre leurs mains.
Ils regardaient les traces des blessures que j’avais subies pendant la guerre de libération quand, les poitrines nues, nous combattions ce que je pensais être l’ennemi de l’Algérie, le seul… Ils regardaient bien la cicatrice, sur ma peau, puis y éteignaient leurs cigarettes. Ils le faisaient d’un geste détaché, tout en parlant d’autre chose. L’un d’eux y appliquait un
morceau de fer chauffé à blanc, et demandait avec ironie, à ses compagnons :
- S’agit-il d’une vraie blessure ou d’une morsure de chien ?
Son collègue prenait le relais :
- C’est bien une morsure de chien. Je vois la trace des crocs.
Le troisième ne pouvait être en reste et enchaînait :
- Le moudjahid pouvait-il réellement faire face aux mitrailleuses et à l’aviation française ? On va voir aujourd’hui s’il est vraiment aussi courageux. Et il enfonçait sauvagement ses ongles dans la blessure. Quand mes geôliers se sont rendus compte que ces méthodes ne donnaient pas de résultat, ils en ont adopté d’autres. Ils me suspendaient au plafond par les poignets, à l’aide d’une chaîne, et me laissaient dans cette position pendant plusieurs heures, jusqu’à sentir que mes articulations étaient sur le point de rompre. L’un d’eux se mettait ensuite sur une chaise, au-dessous de moi. Je pouvais alors laisser mon poids reposer sur ses épaules. Je ressentais un énorme soulagement, qui ne durait cependant
que quelques secondes. Car l’homme se retirait brutalement. Tout le poids de mon corps était attiré le vide, pour être retenu par les chaînes que qui me retenaient, suspendu. Les souffrances aux poignets et aux bras étaient atroces.
Mes tortionnaires s’amusaient. Ils avaient établi une sorte de compétition pour voir qui d’entre eux serait le plus inventif sur les moyens de me torturer. Tout au long des séances de torture, ils ne cessaient de me frapper de leurs matraques recouvertes de caoutchouc. La plupart des coups étaient destinés aux parties les plus sensibles. Je n’avais plus de force pour protester, ni pour crier. Je m’évanouissais régulièrement, mais ils me réveillaient en m’aspergeant d’eau.
Plus le temps passait, plus ils se montraient cruels. Je ne savais ce qui suscitait le plus leur colère : est-ce le fait que refusais de parler, ou que je refuse de les supplier ? Ma seule requête, c’était de demander de l’eau.
Dans tout ce que je subissais, il me semblait qu’une gorgée d’eau, une seule, pouvait soulager toutes mes douleurs. Je n’avais jamais imaginé que la douleur provoquée par la soif puisse être plus forte que tout le reste.
Mais mes tortionnaires étaient des professionnels. Eux savaient. Ils opposaient un refus systématique à ma demande. Par contre, ils me plongeaient souvent la tête dans de l’eau sale, que je buvais jusqu’à ce que mon ventre gonfle. Alors, ils m’allongeaient sur le dos et l’un d’eux me marchait sur le ventre, jusqu’à ce que l’eau se mettre à couler de ma bouche,
de mon nez, de mes oreilles et d’autres orifices naturels.
J’ai été soumis à cette torture pendant un mois, après mon retour de la prison d’Oran. Je ne dis pas un mot de plus que ce que j’avais déclaré lors des premiers interrogatoires. Pour une raison simple : je n’avais rien à dire.
Finalement, ils se lassèrent, et me ramenèrent en prison. Je fus embarqué dans un camion, qui tourna longtemps dans les rues d’Alger, pour me donner l’impression qu’on m’éloignait de la capitale. Je fus ensuite ramené à la même prison que j’avais déjà connue avant celle d’Oran. J’avais les yeux bandés, mais je me repérai grâce à la forme des marches que je descendis et aux différents bruits de portes que j’entendais. J’en fus convaincu car peu après mon arrivée, j’entendus un muezzin dont je reconnaissais la voix. Son appel,  » Allah Akbar « , m’a fortement remonté le moral.
Dieu était avec moi.
Je fus rapidement mis en présence d’un officier de la sécurité militaire. J’étais pieds et poings liés, enchaîné à une chaise. L’homme me faisait face.
- Nous avons examiné ton dossier, dit-il. Tu es un homme propre. Il n’y a pas l’ombre d’un doute. Mais les enquêteurs de la police t’ont beaucoup chargé, après que tu aies reconnu des actes graves, peut-être sous l’effet de la torture. Nous, à la sécurité militaire, nous souhaitons que ton interrogatoire soit concis, précis et définitif, qu’on puisse savoir exactement ce qu’il en est.
- Je vous laisse avec votre conscience, répondis-je aussitôt. Je vous ai dit, à vous et aux policiers, ce que je savais des évènements du 11 décembre 1967. Je n’ai rien à ajouter. Peu importe pour moi de savoir quel est le service responsable de ma torture. Ce que j’ai fait, je l’ai fait par conviction, de ma propre volonté. Si vous voulez vous-mêmes ajouter quelque chose à mes déclarations, libre à vous. Je suis votre prisonnier.
- Je veux entendre une seule chose, dit-il calmement. Des informations nous sont parvenues selon lesquelles tu as planifié l’assassinat du président Boumediene.
Je ne pus me retenir. J’éclatai d’un rire nerveux. Malgré la douleur, et la situation désespérée dans laquelle je me trouvais, je ne pus me contrôler. Je voyais parfaitement leur démarche. Il se préparait à m’envoyer de nouveau à la torture, pour me contraindre à avouer un acte aussi grave.
L’entretien fut bref. Il ne donna aucun résultat. Je n’avais rien à dire. Je fus donc de nouveau ramené à Oran. C’était le 27 octobre 1968. Le départ eut lieu à quatre heures du matin. Arrivé en fin de matinée, je fus de nouveau jeté dans une autre cellule, où je ne vis pas de lumière pendant trois jours, à l’exception des courts moments durant lesquels le geôlier ouvrait la porte pour glisser un sombre plat de lentilles et une morceau de pain datant de plusieurs jours.
Je n’y restai pas longtemps. Nouveau transfert. Il commença, cette fois encore, par un bruit de clés, puis une voix, celle du geôlier, m’appelant à prendre mes affaires et à sortir. Quelles affaires pouvais-je posséder ? Un seau, pour faire mes besoins, une vieille couverture et une natte.
- Tu as bénéficié d’une amnistie, me dit-il. Le procureur t’attend.
- A quelle occasion cette amnistie a été décidée ? demandai-je.
- Ne sais-tu pas qu’on est à la veille du 1er novembre ? répondit-il, sur un ton qui n’appelait pas de réplique, ni n’admettait de nouvelles questions.
Je quittai ma cellule et m’engageai dans le couloir, mes poignets rattachés à mes pieds par une chaîne. Je marchais au milieu de deux rangées de gardiens, dans un climat fiévreux, avec de nombreux détenus attendant leur libération. Nous entendîmes des youyous et des coups de feu dehors, des parents qui fêtaient l’événement.
Un gardien s’approcha de moi. Il me scrutait attentivement. Il fit plusieurs tours autour de moi, me regardant comme on détaille une bête, au marché, avant de se décider à l’acheter. Il me fit descendre un escalier en pierre, pour aboutir à un couloir. J’y étais à peine arrivé qu’un autre gardien me poussait vers une porte métallique. Un troisième me donna un violent coup de pied, et je me retrouvai à l’intérieur d’une cellule où je faillis perdre mon équilibre. Un froid glacial y régnait.
Je fis connaissance avec la cellule qu’on m’offrait en cadeau à la veille de l’anniversaire du 1er novembre. En fait, il s’agissait d’un petit espace aménagé à côté d’une fosse sceptique. La pièce était un peu plus spacieuse que mon ancienne cellule. Sous la porte, je pouvais voir les chaussures des gardiens quand ils passaient devant ma cellule. Mais au centre, la fosse dégageait une odeur insupportable. J’étais exténué, affaibli. J’avais maigri, et mes anciennes blessures me faisaient souffrir. Mais comment dormir ?
Et où mettre ma tête ? Du côté de la porte, qui laissait passer un froid glacial, ou du côté de la fosse avec son odeur pestilentielle ?
J’avais un compagnon. Un rat. Comme si ma présence le dérangeait, il se présenta peu après mon arrivée, me regardant bien en face. Je voulus le chasser en le menaçant avec le seau, mais j’avais peur de faire tomber cet unique ustensile dans la fosse sceptique. J’utilisai finalement ma abaya pour faire semblant de le menacer. Il s’enfuit, plongeant dans la fosse.
Je pensais m’en être débarrassé, mais je me trompais. Il revint peu après, accompagné de plusieurs autres rats, de tailles différentes. J’avais droit à la visite de toute la famille. Je me mis légèrement en retrait, pour les surveiller. Nous observions une sorte de trêve.
Mon esprit était cependant ailleurs. Nous étions à la veille du 1er novembre. Je me rappelais des moments qui m’étaient chers. Mon village, quand j’étais gamin, lorsque nous allions pêcher dans l’oued. Ou dans la forêt, quand nous allions chasser des oiseaux. Puis la guerre de libération, quand, avec les miens, nous menions le grand combat contre le colonisateur pour libérer notre terre sacrée ; la fraternité et le sens du sacrifice qui avaient marqué cette époque.
Après cette épopée, je me retrouvais prisonnier dans un sous-sol, à côté d’une fosse sceptique, assiégé par les rats, à la veille du 1er novembre. Est-ce là le destin de ceux qui ont aimé leur pays ? J’avais envie de pleurer devant toutes ces injustices, cette persécution, qui me ramenait à une existence quasi-bestiale.
Mais je devais aussi faire face. Je me mis à cultiver le souvenir. J’appris progressivement, dans la douleur, à développer une sorte de mémoire sélective. Je revivais les grands moments d’émotion, je forçais mes pensées à aller vers ce qui était fort, puissant, dans cette épopée qui fut la nôtre. Le bonheur absolu de savoir qu’on vit pour défendre sa liberté ; la terrible douleur d’apprendre qu’on a perdu un frère, un ami, un compagnon ; les larmes d’impuissance quand on voit l’un d’eux tomber, à un mètre, en sachant qu’il a eu droit à la récompense suprême, la chahada.
Mais d’autres pensées réussissaient à revenir, faisaient une intrusion, et finissaient par s’imposer, car ce sont les images du présent ; des images de ces moments de déchéance, quand des hommes, ayant pris le pouvoir de manière illégitime, en abusent au profit de dictateurs sans scrupules.
Pendant que ces pensées contradictoires se bousculaient dans mon esprit, j’entendis des légers coups répétés, tout proches. Je crus que les rats grignotaient quelque chose, ou tentaient de creuser un trou dans le mur. Je compris ensuite que le détenu de la colline voisine voulait me parler. Il attendait que je lui réponde. Je craignais cependant que ce ne soit un piège. Je m’abstins de répondre à ses appels.
Mais il ne s’est pas découragé. Quel drame vivait-il, lui aussi ? Comme moi, il devait avoir un besoin terrible de parler, de communiquer, de se confesser. De trouver un mot de réconfort, d’encouragement. La prudence lui dictait d’éviter tout contact avec les autres détenus. Le châtiment risquait d’être terrible. Mais il avait visiblement dépassé le stade de la peur.
Il finit par m’appeler. Il me semblait que sa voix me parvenait du bout du monde.
- Je suis un détenu comme toi. Ecoute ce que je vais te dire, clama-t-il.
Je gardai le silence. Son audace avait accentué mes doutes. J’étais de plus en plus convaincu que c’était un piège. Mais l’homme continuait à frapper à coups réguliers, tout en m’appelant. Je finis par lui demander qui il était, où il se trouvait, et ce qu’il voulait.
- Je suis détenu comme toi, dit-il. Approche-toi.
Je m’approchai du mur. Il reprit :
- Je les ai entendus ouvrir les portes de la cellule et la refermer sur toi tard dans la nuit. J’ai compris qu’ils amenaient un prisonnier. D’où viens-tu ?
- Pourquoi ?
- Je voudrais savoir d’où tu viens pour te demander des nouvelles de certains de mes amis dont j’ignore le sort, dit-il.
Je le devançai :
- Depuis quand tu es ici ?
- Depuis un mois.
Je mis ses paroles en doute. J’étais de nouveau convaincu que c’était l’un des gardiens qui me tendait un piège. Ou un homme de la sécurité militaire enfermé à côté de moi à cet effet. J’excluais qu’un homme puisse tenir un mois dans ces conditions. J’étais décidé à connaître ses intentions, au moins pour voir clair. Je lui demandai de me décrire sa cellule, et
ce qu’elle contenait.
- J’étais dans ta cellule, où je suis resté plusieurs jours. Ensuite, ils m’ont transféré dans ma cellule actuelle. Elle est meilleure, et moins dangereuse. Suis mes conseils. N’attaque pas les rats. Ne les tue, ils n’en seront que plus nombreux quand ils reviendront. La bouche d’égout qui est dans ta cellule se déverse dans la collecte principale de la ville. Tout ce
que tu peux faire, c’est disposer des petits morceaux de pain au bord de la bouche d’égout. Les rats s’en contenteront et te laisseront tranquille.
Pendant que mon voisin me révélait ces plans de bataille contre les rats, je me rappelai le roman d’Albert Camus, La Peste. Je remerciai mon interlocuteur. Je devais apprendre, plus tard, qu’il faisait partie du mouvement de Krim Belkacem. J’appris donc à combattre les rats, ou plutôt à éviter de les combattre, pour me contenter de les éviter, et d’accepter de cohabiter avec eux. Puis, me vint également à l’esprit l’histoire d’Abou Firas El-Hamadani, ce grand chevalier, détenu par les romains, qui avait une tourterelle pour seule voisine. Il lui chantait :
Que dire avec une tourterelle comme voisine,
Chère voisine, sais-tu ce que j’endure ?
Chère voisine, la vie ne nous a pas gâtés,
Viens partager mes soucis, viens.
Mais mes compagnons à moi sont des rats et des geôliers. Il n’y avait ni Romains ni tourterelle. J’enviais Abou Firas. J’en voulais à ce destin, à l’Histoire, qui me donnait des concitoyens si cruels, et des compagnons si peu agréables. J’étais contraint de partager ma nourriture avec les rats.
Pendant cette période de détention, je pris l’habitude de respecter scrupuleusement les conseils de mon voisin. Je disposais un peu de pain sec au bord de la fosse sceptique, attendant que les rats viennent déjeuner. Je mangeais ensuite le plat, avec un vague goût de lentilles, qu’on me servait invariablement. Je respectais ma part du pacte avec les rats, et ils ne me dérangeaient pas trop. J’avais besoin de compagnie dans ces moments difficiles. Je me surpris à trouver du réconfort à leur présence. Une fois
dépassé le dégoût qu’ils suscitent, ils étaient les seuls êtres vivants que je côtoyais.
Je décidai, un jour, de voir de quoi se composait le plat qu’on m’offrait.
Je le versai dans le seau me servant à faire mes besoins. Je sacrifiais ainsi un repas, rien que pour savoir. Je comptai exactement dix sept lentilles, navigant dans un demi-litre d’eau. C’était ma ration alimentaire.
Après la commémoration de l’anniversaire du 1er novembre, je fus déplacé vers une autre cellule. J’abandonnai le précieux seau. J’étais content de m’en débarrasser, mais il m’avait été très utile. En plus de différents autres usages hygiéniques, si on peut parler d’hygiène quand on est acculé à vivre près d’une fosse sceptique, je l’utilisais, le soir, pour y mettre les pieds. J’avais peur que les rats ne m’attaquent, profitant de mon sommeil.
J’étais convaincu que j’avais atteint le fond, et que je ne pourrais que remonter. Mais le destin m’emmenait sur une autre piste, cruelle. Je fus transféré vers une cellule où avait été détenu mon compagnon d’armes et ami, Mohamed Chaabani, quelques jours avant son assassinat. Il avait gravé son nom sur le mur de la cellule, dans une pratique à laquelle aucun
prisonnier au monde ne peut échapper.
Un autre personnage y avait séjourné. C’est le  » Barbu « , un ressortissant yougoslave arrêté par les autorités françaises après avoir acheminé clandestinement des armes en faveur des maquis de l’ALN à bord de l’Athos, en 1956. Avant de mourir, il avait, lui aussi, gravé son nom, sa date de naissance et son pays sur le mur de la cellule. Il avait creusé le mur
avec ses ongles. Depuis, cette cellule était devenue  » la cellule du Barbu « .
Dans les jours qui suivirent, je peu enfin rencontrer des hommes. Des êtres humains, ou ce qui en restait. Certains faisaient partie de l’organisation de Krim Belkacem, d’autres étaient liés au soulèvement de Tahar Z’Biri. D’autres, enfin, avaient été des officiers de l’ANP. Mais le régime, avec sa vision étroite du nationalisme, avait mis en doute leur nationalité, les considérant comme marocains, et travaillant donc pour les services spéciaux de Rabat. Certains avaient été rapatriés de l’étranger, notamment
d’Egypte, où ils avaient été envoyés en formation par l’armée. Ces officiers nés au Maroc, ou dont l’un des parents était marocain, avaient pourtant été de brillants soldats ou officiers de l’ALN. Beaucoup sont tombés en martyrs, et les autres se retrouvaient suspects et emprisonnés.
Ils auraient pu constituer une base pour renforcer la solidarité entre les pays du Maghreb, et raffermir cette fraternité dans le combat qui avait émergé pendant la guerre de libération. Ils sont devenus des détenus, suspectés de trahison, rejetés par leur propre pays parce soupçonnés de travailler pour le voisin, le frère ! Simple illustration de la dérive monstrueuse que prenaient les régimes en place dans les pays du Maghreb.
Ces hommes ne constituaient qu’une infime partie du drame que recelait la prison d’Oran, devenue un des centres où étaient punis, humiliés, détruits les révolutionnaires. J’ai vu des compagnons mourir de faim, tomber sous la torture ou emportés par la maladie. D’autres ont perdu la raison. D’autres encore ont attrapé la tuberculose, ou ont perdu la vue. A
ma connaissance, personne n’est sorti totalement indemne de cette prison, que nous appelions  » le sous-marin « . On l’appelait ainsi car bien que construite sur un monticule relativement élevé, ses cellules avaient été aménagées dans les sous-sols, que nous atteignions avec toutes les peines du monde. Je n’ai pas vu la lumière pendant une année. Je n’ai pas aperçu le soleil ni la lune pendant toute cette période, et je n’ai pas entendu le cri d’un oiseau ou d’un animal, à l’exception des rats et des aboiements de chiens qui nous menaçaient parfois devant les portes des cellules.
Les visites familiales étaient totalement interdites. Mon épouse et mes enfants sont venus à plusieurs reprises jusqu’à la prison, à Oran, dans des conditions pénibles, mais ils ont été systématiquement empêchés de me voir. Une vieille oranaise, Mme Behiri, les a aperçus une fois, au cours de l’un de ces voyages. Elle fut prise de pitié devant le spectacle de ces enfants, assis à côté de leur mère devant la porte de la prison, attendant vainement une autorisation pour voir leur père. Elle s’approcha d’eux, fit connaissance avec ma femme et de mes enfants, et les invita chez eux.
Elle leur offrit l’hospitalité. Elle est devenue une amie de toute ma famille.

Une drôle de justice

J’ai passé près d’une année dans l’obscurité la plus totale. Je ne quittai s une cellule que pour me rendre dans une autre cellule. Je ne reçus aucune visite. Personne ne m’a appelé par mon nom pendant toute cette période. J’avais perdu tout contact avec l’humanité, à l’exception des gardiens de la prison, si on peut encore parler d’humanité en ce qui les concerne.

J’apercevais parfois leur tenue sombre. La notion de lumière perdait son sens. On m’interdisait de lire et d’écrire. Je fus empêché de me changer pendant quatre mois. Mes vêtements partaient en lambeaux, et tout mon corps en souffrait. Mon état physique se dégradait, du fait des privations et de la torture.
Je fus maintenu dans ces conditions inhumaines jusqu’en juillet 1969.
Alors que j’avais perdu toute notion de temps et de calendrier, un gardien est venu, un jour, ouvrir la porte de ma cellule. Il me fit sortir dans le couloir. Je redécouvrais la lumière. J’étais aveuglé. Je ne pus la supporter. Je m’évanouis. J’avais un handicap visuel, que je n’ai jamais réussi à soigner.
Moi non plus, je ne sortirais pas indemne du  » sous-marin « , si jamais je devais en sortir vivant.
Je fus emmené par des éléments des services de sécurité vers le tribunal militaire d’Oran, appelé  » cour révolutionnaire « . J’y croisai, pour la première fois, le regard de certains des accusés qui, comme moi, avaient séjourné en prison pour les mêmes accusations. C’était un moment pénible, mais émouvant. Je pus lire des regrets, des reproches dans ces
regards, mais aussi beaucoup de respect partagé. Il y avait notamment Ali Mellah, Layachi Amirat, Maammar Kara, ainsi que d’autres, des officiers, des chefs de bataillons, des chefs d’unités, des militants.
J’étais surpris par la composition hétéroclite de la cour. Elle comprenait des officiers, des anciens de l’ALN, mais aussi d’autres, qui provenaient des promotions Lacoste, ces hommes formés par l’ancien gouverneur d’Algérie pour prendre le relais du colonisateur. Je me demandais comment ils pouvaient cohabiter. Mais je me rendais aussi compte à quel
point Boumediene avait réussi à écraser tous ces hommes, pour les mettre à son service.
Certains membres de la cour portaient la robe traditionnelle des magistrats, mais d’autres étaient venus en tenue d’officier, arborant grades et décorations. Je constatai que quelques uns avaient accédé au grade de colonel pendant ma détention. C’était la première promotion de colonels depuis l’indépendance.
La salle du tribunal fut envahie par un public nombreux, composé de proches des accusés et de curieux venus assister à la condamnation de ceux que la presse avait présentés comme de dangereux criminels. Un climat particulier régnait alors. Le pouvoir avait réussi à créer des conditions favorables pour organiser le procès selon sa volonté. Nous fûmes présentés comme des criminels aussi dangereux que des nazis. Une grande campagne avait été orchestrée autour du procès, jusqu’à convaincre l’opinion publique que nous étions le Mal.
Dans l’enceinte du tribunal, le climat était particulièrement tendu. La cour était présidée par Mohamed Benahmed Abdelghani, colonel, futur ministre de l’intérieur, futur chef du gouvernement, le chef d’une équipe de fossoyeurs venus enterrer des victimes déjà détruites par la prison et les sévices. Il était secondé par Ahmed Draïa, futur patron de la police et futur ministre, et Mohamed Touati, futur idéologue du régime.
En pleine séance du tribunal, sont arrivés les responsables de la sécurité militaire. A leur tête, le colonel Kasdi Merbah, patron de la SM, futur ministre, chef du gouvernement, accompagné de Yazid Zerhouni, un de ses adjoints, futur ministre de l’intérieur. Ils s’installèrent sur des sièges au premier rang. Ils avaient des cartables, dont ils tiraient des dossiers, des documents par paquets, qu’ils mirent bien en évidence, face aux magistrats. Ils voulaient visiblement les impressionner, pour les pousser à prononcer les condamnations les plus sévères.
C’était un jeu très curieux. La plupart des membres de la cour étaient considérés comme suspects dans la tentative de coup d’état de Tahar Z’Biri, y compris le président de la cour, Abdelghani. Un des détenus l’a d’ailleurs publiquement accusé d’avoir participé aux préparatifs du putsch.
Cet homme aurait donc pu se retrouver parmi les accusés. Il était leur juge. La simple présence de Kasdi Merbah et Yazid Zerhouni lui rappelait la précarité de sa situation. Il devait donc se montrer d’autant plus zélé, pour prouver à Boumediene sa fidélité. Et le seul moyen de prouver sa loyauté devait l’amener à nous enfoncer.
La dérive a commencé aussitôt après l’ouverture de ce procès marathon. Il était clair qu’il ne serait guère question de justice. Les accusations les plus absurdes s’alignaient contre nous, alors que le vocabulaire utilisé n’avait aucun rapport avec la justice. On entendait beaucoup plus des mots comme  » impérialisme « ,  » réaction « ,  » sionisme « , que ceux supposés être utilisés traditionnellement dans les tribunaux. On ne parlait pas de loi, d’article, de procédure, de code pénal, de preuves, mais de contre-révolution  de suppôts de l’étranger et de déstabilisation. Nous sommes rapidement devenus des agents de l’impérialisme et de la réaction, comme si ces grands mots venaient de trouver la preuve de leur existence en Algérie. La loi, principal fondement des sociétés civilisées, était totalement bafouée.
Le président de la cour a lu un long discours, rédigé par des officiers de la sécurité militaire. Il lisait difficilement, il ânonnait, sans même saisir le sens de ce qu’il disait. Il nous a ensuite appelé à la barre les uns après les autres. Certains ne pouvaient se tenir debout, conséquence de la torture et des sévices subis pendant le long séjour en prison. Personne ne nous a demandé les circonstances de notre arrestation, ni où nous trouvions depuis cette date. Torture, méthodes particulières d’interrogatoire, détention dans les cachots, tout ceci fut occulté.
Quand est arrivé mon tour, je me suis levé, face au président de la cour, Abdelghani. Il a cité les charges retenues contre moi. après une courte pause, il m’a posé une première question :
- Quelle a été ta participation à la guerre de libération ?
- Je souhaiterais être dispensé de répondre à cette question dans les conditions actuelles, répondis-je aussitôt, car le passé ne jouit plus d’aucune considération. Comment allez-vous tenir compte de mon passé militant alors que je suis accusé d’être un agent de l’impérialisme, de la réaction et du sionisme ? Je ne pense pas que mon djihad puisse avoir la moindre crédibilité face à l’ampleur de ces accusations…
Il me coupa sèchement :
- La cour veut, à travers cette question, confirmer que tu es un spécialiste de l’agitation. Tu es le grand opposant, ajouta-t-il ironiquement.
Nous savons que tu es un homme qui a participé à de multiples révolutions. Tu sais ce que je veux dire, comme nous savons à propos de quelles révolutions nous allons t’interroger.
Je voyais où il voulait m’entraîner. Je décidai donc de répondre calmement à toutes ses questions. Mais l’atmosphère changea très rapidement,
quand il m’accusa d’avoir organisé un projet d’attentat contre Houari Boumediene. Je ne pus me contenir :
- Personne, parmi ceux qui me connaissent, ne pourra croire que je suis homme à tremper dans un assassinat. L’assassinat ne fait pas partie de mes principes, et ma morale révolutionnaire le rejette. Quand j’ai vu que la méthode de gouvernement de Houari Boumediene menait le pays à la dérive, je l’ai combattu par les armes, puis au sein du FFS, et enfin après le soulèvement du 11 décembre. Je remercie Dieu d’avoir réussi à sauver Tahar Z’Biri. Tout mon combat contre Boumediene a été public.
Je l’ai mené de ma seule volonté. Quant à l’assassinat, à l’organisation d’attentats et de manière générale, tout ce qui vise à frapper un homme dans
le dos, tout ceci ne fait pas partie de ma morale, ni de mes méthodes d’action. Vous le savez très bien.
Abdelghani m’a interrompu :
- Ne dis pas  » Boumediene « . Il faut dire :  » Monsieur le Président « .
- J’ai pris l’habitude de l’appeler Boumediene. Si vous voulez que j’utilise une formule plus respectueuse devant vous, cela ne me fera aucun
mal.
Tout en fouillant dans le dossier, contenant des centaines de pages, il reprit :
- Ce que tu as dit à l’instruction n’est pas conforme à la réalité. Le tribunal ne fait pas confiance à tes déclarations.
Le président de la cour parlait en français, aussi bien lorsqu’il s’adressait à moi que quand il parlait à ses assistants. Il n’a pas prononcé un mot en arabe.
Je décidai de prendre l’initiative :
- Si je dois répondre à d’autres questions pour permettre d’établir la vérité, je suis prêt.
Il sortit alors une lettre. Il l’étala devant lui, et commença à en lire des extraits :
- Tu as rencontré Krim Belkacem. Vous avez eu de longues discussions sur l’avenir de son organisation. Après une pause, il ajouta :
- N’essaie pas de nier. L’auteur de la lettre est un témoin oculaire.
Il cita le nom de l’auteur : le commandant Azzeddine. C’est l’un des deux hommes qui avaient assisté à ma rencontre avec Krim Belkacem.
Parmi ceux que j’avais vus, c’est lui qui se montrait le plus enthousiaste pour pousser Krim à agir contre Houari Boumediene.
Je ne fus pas surpris d’entendre ce nom. Je le connaissais bien. Je connaissais son aptitude à la trahison et son opportunisme. C’est lui qui avait longuement pleuré Si Lakhdhar, dans l’espoir de le remplacer au sein du Conseil de la Wilaya IV. Il avait fini par y arriver. Il avait saisi toutes les opportunités pour servir les puissants du moment, là où il s’est trouvé.
Mon opinion sur sa moralité et sur le sens de ses engagements se trouvait confirmée.
- Si je dois être jugé par cette cour, je refuse d’être jugé par correspondance, dis-je à mon tour. Je ne pense pas qu’il y ait un seul tribunal au monde qui fonctionne de cette manière. Si vous tenez absolument à présenter cette lettre comme preuve contre moi, pourquoi ne pas évoquer mes contacts avec l’ambassade d’Algérie à Rabat ? Pourquoi refuser
d’en tenir compte, alors qu’ils peuvent constituer des preuves à décharge et influer sur votre jugement ? J’aurais pu rester à l’étranger, mais mon innocence m’a poussé à rentrer dans mon pays et affronter le régime selon d’autres règles. Et puis, s’il faut absolument avoir recours à ce genre de témoignages, pourquoi ne pas ramener le témoin lui-même ? Je suis convaincu qu’il est ici même, à Oran. Peut-être même est-il devant la porte du tribunal, ou dans une pièce à côté…
Le procureur, Ahmed Draïa, a demandé une suspension de séance. Je n’avais pas eu le temps de m’asseoir que trois personnes me menottaient et m’emmenaient hors de la salle. J’étais assailli par le doute. Ne seraient-ils pas tentés de m’exécuter sur le champ ? J’en étais là de mes pensées quand surgit devant moi le procureur, Ahmed Draïa, en compagnie d’un officier, Hassan Merabet. Sur un ton qui m’a surpris, car dépourvu de haine, il m’a demandé :
- Qu’est-ce que tu entendais par cette  » justice par correspondance »?
- Une cour révolutionnaire ne peut tenir compte d’une lettre portant d’aussi graves accusations, répondis-je. Qu’est-ce qui vous prouve qu’elle est authentique ? Vous risquez de prononcer une condamnation à mort sur la base d’un document suspect. Il serait plus juste de convoquer l’auteur de la lettre.
Il ordonna aux gardiens de me ramener dans la salle du tribunal. Je fus invité à me lever pour entendre le verdict prononcé contre moi, après trois jours de procès. La peine était de trente années de prison ferme.
J’étais condamné à vingt années de prison pour avoir participé à la rébellion de Tahar Z’Biri du 11 décembre 1967, et à dix années de détention pour avoir fait partie de l’organisation de Krim Belkacem. La peine prononcée était plus lourde que ce que le procureur avait requis !

La prison, pas la soumission

Je n’étais pas surpris par la sentence. Je m’attendais au pire. Nous vivions sous une junte militaire, qui n’avait aucun respect pour les libertés et les Droits de l’Homme. Au fond de moi, je n’en attendais guère mieux. J’étais même un peu soulagé que ce chapitre prenne fin. Je n’oubliais pas les tortionnaires et les geôliers, avec leurs matraques et leur
gégène, ainsi que ses rats, ses poux, ses puces, et, par dessus tout, l’enfer de l’isolement.
Ma famille et mes amis furent plus frappés que moi par la dureté de la peine. Ils étaient terrifiés. Une consolation, tout de même : mes enfants étaient encore trop jeunes, et ne mesuraient pas la signification de ce qui m’arrivait.
Nous fûmes emmenés hors de la salle du tribunal, pour être transférés en prison. Le jour même, vers minuit, les geôliers nous ordonnèrent de nous regrouper dans une salle. En présence de nombreux policiers et hommes de la sécurité militaire, le directeur de la prison demanda à haute voix aux hommes impliqués dans le soulèvement de Tahar Z’Biri d’écrire une lettre au président du conseil de la révolution Houari Boumediene pour solliciter une mesure de grâce.
Tous les détenus acceptèrent cette proposition. Ils se dispersèrent, cherchant qui un stylo, qui du papier, chacun essayant de trouver la belle formule qui toucherait la sensibilité de Boumediene. Plusieurs d’entre eux durent déchirer la lettre, pour la réécrire, puis la déchirer une seconde fois, ne la trouvant pas assez expressive ni assez touchante pour émouvoir le  chef de l’état.
Je refusai de me plier à cette démarche humiliante. J’ai été arrêté, mis au secret, affreusement torturé, injustement condamné à l’issue d’une parodie de procès. Et maintenant, on me proposait une suprême humiliation, celle de demander au responsable de tous mes malheurs d’avoir pitié de moi !
J’informai mes compagnons de malheur que je refusais d’écrire un seul mot à Boumediene pour demander son pardon. Ils me regardèrent, surpris et apitoyés. Ils me demandèrent de ne pas être trop  » extrémiste « .
Certains murmuraient, entre eux, que je n’y croyais pas, ou que je n’avais plus toute ma tête. Le directeur de la prison me supplia. Il évoqua mes enfants, me demandant de le faire pour eux. Il se proposa pour rédiger lui-même ma demande de grâce. Je n’aurais qu’à la signer. Je rejetai son offre.
Mes co-détenus s’apitoyaient sur mon sort. Mais en fait, c’est moi qui avais pitié d’eux. J’en arrivais presque à les mépriser. La vie ne leur avait décidément pas appris grand chose. Ils n’avaient pas compris la nature de ce système. Ils acceptaient d’être reconnaissants envers leur propre bourreau. Il était, certes, difficile de les condamner, mais je refusais une liberté à n’importe quel prix. En rejoignant l’ALN, j’avais accepté l’idée de mourir pour la liberté. Mais je la refusais si le prix en était l’humiliation.
Tout le monde s’y mettait, essayant de me convaincre de revenir sur ma décision. J’en avais assez de ces sollicitations. Pour y mettre fin, je m’adressai au directeur de la prison :
- S’il faut absolument que je sollicite une mesure de grâce, je demande qu’au préalable, nous soyons transférés dans une autre prison, avec les truands et bandits de grand chemin. Ce sera beaucoup mieux pour nous.
Personne ne saisit la portée de ma déclaration. Tout le monde était occupé à chercher son propre salut, attendant une nouvelle journée qui signifierait peut-être la liberté. Mais quelle liberté ? Je refusais celle à laquelle on accède en demandant pardon à son tortionnaire. Le poids de la soumission me paraissait plus dur à supporter que la prison, malgré ce
que j’avais enduré.
Face à mon attitude intransigeante, le président du tribunal qui m’avait condamné à trente ans de prison, Mohamed Benahmed Abdelghani, a demandé, à son tour, à me rencontrer en tête-à-tête. Il avait déjà rencontré les autres détenus, après avoir reçu leurs demandes de grâce. Je fus introduit auprès de lui. Sa promotion était encore récente, et il montrait
le zèle nécessaire pour la justifier. Il avait une allure soignée, et portait des lunettes à monture dorée.
Le face à face ne manquait pas de piment. La sentence qu’il avait prononcée constituait une barrière définitive entre nous.
- Pourquoi n’as-tu pas fait une demande de grâce comme tes compagnons ? me demanda-t-il
- Pour une raison simple, répondis-je. Le tribunal qui m’a condamné à trente ans de prison peut tout aussi bien prononcer mon acquittement.
Pourquoi une demande de grâce, alors que la sentence avait été décidée avant même l’ouverture du procès ?
Il hésita un moment, puis reprit :
- Ne désespère pas, dit-il. La sentence prononcée constitue une condamnation de principe. Elle n’est pas définitive. A la première fête nationale, tu seras transféré vers une prison à Alger, pour être près des tiens. On attendra un peu, et tu seras ensuite libéré.
Comme s’il parlait pour lui-même, il poursuivit :
- Quelle confiance peut-on accorder à cette vie ? Et qui sait ? Un jour viendra peut-être où je serai le détenu, et toi, tu seras alors un homme
libre, en face de moi. C’est la vie !
Il s’arrêta, comme s’il attendait une réponse de ma part. Je gardai le silence. Je ne voulais pas m’engager avec lui dans une discussion qui m’amènerait à lui révéler le fond de ma pensée. C’est lui qui devait se sentir tourmenté. Peut-être sentait-il que j’étais plus libre, dans ma prison, que lui, dans son uniforme de colonel. Je n’avais rien à solliciter. Je ne voulais montrer aucun regret. J’avais fait des choix, conformes à mes principes, mon éthique et ma morale. J’avais pris des risques pendant le grand djihad, la guerre de libération. J’étais prêt à assumer les souffrances de l’indépendance.
Elles devaient s’avérer particulièrement dures. Je passai encore sept années en prison. J’ai connu la plupart des prisons algériennes. La fraternité avec les autres détenus allégeait partiellement le poids de la détention et du sentiment d’injustice qui ne m’a jamais quitté. La prison m’a appris certaines règles de la sagesse et la patience. J’y nouai des amitiés qui ont survécu pendant des décennies. J’y découvris des hommes libres, et découvris que de nombreux hommes se croyant libres sont en fait des esclaves.
Malgré la durée de la détention, je n’ai jamais perdu espoir. Je préservai ma dignité, malgré les conditions de détention et les traitements inhumains qui y étaient en vigueur. Je m’accrochais à mon pays, je me rappelais le sacrifice des chouhada, et refusais de me laisser entraîner par le désespoir. Dans les moments difficiles, je me rappelais mes compagnons
chouhada, ces immortels, eux que Dieu glorifiait :  » Ne croyez pas que ceux qui sont tombés pour la gloire de Dieu sont morts. Ils sont vivants auprès de Dieu qui pourvoit à leurs besoins « . Cela me suffisait.

source: lequotidiendalgerie.org

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Il y a vingt ans, la hiérarchie militaire en Algérie…

Posté par algeriedemocratie le 13 janvier 2012

Il y a vingt ans, la hiérarchie militaire en Algérie... dans Addi Lahouari(29) addiLahouari ADDI

Il y a vingt ans, la hiérarchie militaire en Algérie décidait d’annuler les élections législatives remportées par les islamistes à la faveur de la transition démocratique inaugurée par la réforme constitutionnelle de Février 1989. C’était à la suite des émeutes d’Octobre 1988 qui montraient au monde entier que le système du parti unique est un mensonge derrière lequel les barons du régime s’enrichissaient tandis que la pauvreté gagnait les couches populaires. Le multipartisme a alors été légalisé et les différents courants idéologiques de la société sont sortis de la clandestinité pour activer au grand jour. Il était prévisible que les premiers scrutins ne seront pas remportés par les partis non islamistes, mais l’avenir leur appartenait pour peu que l’alternance électorale aura été préservée. En décembre 1991, il était normal que l’électorat vote en majorité pour ceux qui apparaissaient le plus contre le régime et qui utilisaient la religion comme facteur d’unité nationale. C’est parce qu’il était perçu comme un remède contre la corruption et un gage pour l’unité de la nation que l’électorat a voté pour le FIS.
Les résultats du scrutin ont été accueillis comme un séisme par des généraux qui avaient pris peur pour eux et pour leurs familles en raison des libertés qu’ils avaient prises dans le passé avec les biens publics. Ils ont alors décidé d’organiser un coup d’Etat contre la souveraineté populaire, ce qui indique la légèreté avec laquelle la hiérarchie a joué avec le destin du pays aujourd’hui ravagé et démoralisé. Nommés au grade de général sur des critères politiques, les officiers supérieurs de Janvier 1992 ont montré qu’ils n’avaient aucun sens de l’Etat ou des institutions, alors qu’ils prétendent s’imposer comme source de légitimité par la peur des baïonnettes. Un militaire qui n’obéit pas aux institutions politiques n’est pas un soldat mais un homme en armes.
Le prétexte invoqué était que les islamistes ne respecteraient pas l’alternance électorale s’ils arrivaient au pouvoir. Cet argument aurait eu de la consistance si, dans les quelques mois qui avaient suivi l’annulation du 11 Janvier 1992, des élections avec un scrutin proportionnel avaient été organisées. Cela aurait obligé le FIS, qui n’avait eu en décembre 1991 que 33% des suffrages, de former une coalition avec le FLN ou le FFS pour avoir une majorité parlementaire. Contre toute raison, contre toute sagesse, les généraux ont joué avec le feu et ont mené le pays au désastre. La haine entre Algériens et l’absence de confiance dans les institutions de l’Etat ont permis aux opportunistes d’occuper des postes politiques pour profiter de la prédation généralisée.
Exténués par une guerre qui leur a été imposée par un segment de leur armée, les Algériens se détournent de la politique, estimant qu’elle mène à la violence et qu’elle est l’activité des opportunistes et des courtisans sans foi ni loi. Les faux islamistes, les faux militaires et les faux démocrates ont pavé la voie aux vrais corrompus. L’histoire sera sévère avec les préposés aux affaires militaires qui ont pris la lourde responsabilité de dévier l’Algérie de son destin démocratique.

Lahouari Addi

 

source: lequotidiendalgerie.org

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L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire

Posté par algeriedemocratie le 13 janvier 2012

L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire  dans salah-eddine sidhoum(25) Sidhoum-Lesoir.be_Interview accordée par le Dr Salah-Eddine SIDHOUM au quotidien LE SOIR de Belgique

lesoir.be

BAUDOUIN LOOS

mercredi 11 janvier 2012, 12:14

Alors que les révoltes arabes célèbrent leur premier anniversaire ce mois, il y a tout juste vingt ans ce 11 janvier, l’Algérie se réveillait avec un coup d’État militaire interrompant le processus électoral.
« L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire »

 

Pour parler de cet événement qui nous rappelle que les islamistes avaient déjà pu vaincre à travers les urnes il y a deux décennies, nous avons interrogé un homme, Salah-Eddine Sidhoum, chirurgien orthopédiste de son état, qui incarne la résistance à la dictature militaire algérienne par le combat pour le respect des droits de l’homme. Un combat qui lui coûta la prison, neuf ans de clandestinité, une grève de la faim et finalement un procès qui s’est soldé par un acquittement en 2003. Il anime un site, www.lequotidienalgerie.org.

Pouvez-vous résumer le coup d’État de 1992 ?

Les premières élections législatives pluralistes qui ont eu lieu le 26 décembre 1991 ont été les plus libres depuis l’indépendance. Le peuple venait de signifier au régime politique illégitime imposé par la force des armes sa retraite définitive. Il venait de légitimer et de mandater les trois fronts : FIS (islamiste), FLN rénové (nationaliste) et le FFS (social-démocrate) pour diriger l’Algérie. Cette sanction populaire a provoqué un séisme au sein de l’oligarchie militaro-financière qui, voyant déjà ses privilèges s’évaporer, s’appuiera sur les leaders de micro-partis qu’elle avait créés dans ses laboratoires, sur sa clientèle affairiste et rentière et sur ses « intellectuels » de service, comme vitrine politique du pronunciamiento qu’elle préparait. Toute une campagne de désinformation fut menée dès le lendemain du 1er tour, créant un véritable climat de psychose. Il faut reconnaître que certains dirigeants du FIS, par leurs discours incendiaires et populistes facilitèrent ce travail de propagande.

Le 2e tour des élections fut annulé, les blindés sortis dans les rues et plus de 10.000 citoyens déportés dans les camps de concentration de l’extrême Sud. La terrible machine répressive venait de se mettre en marche. Et nous connaissons l’effroyable bilan de cet acte avec la première violence du régime et la contre-violence d’une jeunesse sans présent ni avenir : plus de 250.000 morts, plus de 10.000 disparitions, plus de 30.000 torturés, 500.000 exilés.

L’armée se disait soutenue par « la société civile »…

Ce n’est pas l’armée en tant qu’institution nationale mais l’oligarchie militaro-financière, une poignée de putschistes, qui porte l’entière responsabilité d’avoir entraîné l’armée dans cette « sale guerre ». Pour revenir à votre question, cet hypothétique « soutien » faisait partie de la propagande du régime. Si le régime était soutenu par la société civile, il n’aurait pas eu besoin de mener une véritable guerre contre une bonne partie de son peuple. Le régime était par contre soutenu par sa « société servile », cette minorité sans ancrage populaire, de syndicalistes véreux, d’intellectuels de service et autres opportunistes rentiers qui papillonnaient autour du système, qui craignaient eux aussi de perdre leurs privilèges mal acquis. Le temps a permis de démystifier cette fausse image du drame algérien : de méchants intégristes qui allaient abattre la République et la démocratie pour instaurer un régime moyenâgeux et menacer l’Europe ! Ce scénario des services de l’action psychologique de la police politique, soutenu par la minorité élitiste éradicatrice fut malheureusement pris pour argent comptant par de nombreux médias occidentaux durant assez longtemps avant que cette imposture ne soit mise à nu.

Ce régime a-t-il évolué ?

Le pouvoir n’a pas évolué dans le fond, il change seulement de maquillage. Il pense continuer à gérer la société par la violence politique et la corruption de pans entiers de la société. Tout n’est qu’illusions : fausses institutions, faux partis politiques, fausses élections, réconciliation factice avec impunité assurée aux criminels de tous bords, fausse presse libre à quelques très rares exceptions près… Pour prévenir un éventuel « printemps algérien », le régime procède à un ravalement de façade avec des réformettes. Vingt ans après l’arrêt du semblant de processus démocratique, le constat est amer : des centaines de boat-people qui fuient en bravant une mort quasi certaine, une économie agonisante perfusée par l’argent du pétrole, un enseignement en déperdition, une aggravation des maux sociaux, une corruption généralisée du sommet à la base, une violence politique persistante, etc. Ce régime autiste ne peut évoluer dans le sens du véritable changement. Sa nature même ne le lui permet pas. L’Algérie n’a jamais été pour lui une patrie à défendre et à développer mais un butin de guerre à se partager.

Pourquoi l’Algérie a-t-elle échappé au « printemps arabe » ?

L’Algérie n’échappera pas au destin de l’Histoire. Il est vrai que la guerre subie par le peuple durant plus d’une décennie avec son lot de malheurs et son flot de sang et de larmes n’est pas étrangère à cette léthargie observée, alors que le Maghreb et le Machrek sont en ébullition. Mais il y a aussi un autre facteur retardant : la faillite de la classe dite politique qui n’a pas été à la hauteur des espérances et des aspirations de la population, pour présenter une alternative crédible. On a trompé le peuple au nom du nationalisme, du socialisme, de la question identitaire, de la démocratie, puis de l’islam. Autant de fonds de commerce utilisés par cette faune politicienne pour se servir au lieu de servir. La population ne croit plus aux discours creux de cette classe dite politique discréditée. Comme en Tunisie, en Egypte, au Yémen et en Syrie, c’est la jeunesse qui décidera, dans la rue, de son destin et avec tous les risques que cela comportera.

Le phénomène de l’islamisme est-il encore aussi prégnant en Algérie qu’il ne le fut ?

L’islamisme est une réalité sociale et politique indéniable en Algérie. Ni la propagande du régime, ni ses lois politico-juridiques scélérates n’effaceront cette réalité du terrain. Cela s’est vérifié en Tunisie, en Libye et en Egypte. La terrible répression subie par cette tendance durant des décennies dans ces trois pays n’a pas du tout modifié la carte politique réelle. Il faudrait que l’opinion publique occidentale comprenne que chaque Nation a sa propre voie pour construire son État de droit et sa démocratie, en s’inspirant de ses valeurs culturelles et identitaires propres et de son Histoire. C’est le chemin emprunté par toutes les démocraties avancées. Pourquoi pas nous ? La société réelle a tiré les leçons des supercheries de son système. Par la rue ou par un compromis politique entre la véritable opposition et ce qui reste comme éléments lucides du pouvoir réel, le changement se fera inéluctablement et ce régime en fin de cycle est appelé à disparaître.

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Le choix du successeur de Boumediene : à la recherche d’un homme sans ambition à la tête de l’État.

Posté par algeriedemocratie le 29 décembre 2011

Le choix du successeur de Boumediene : à la recherche d’un homme sans ambition à la tête de l’État. dans vive l'algerie(128) Boukharouba11Par Ait Benali Boubekeur

Les manœuvres, pour désigner le successeur de Boumediene en 1979, donnent lieu, et c’est le moins que l’on puisse dire, à une lutte sans pitié. En effet, la mort prématuré de Houari Boumediene, survenue le 27 décembre 1978, a pris de court la nomenklatura. Pendant son agonie, qui a duré à peu près trois mois, chaque clan essaie de tirer ses marrons du feu. À peine l’oraison funèbre, prononcée par Abdelaziz Bouteflika, est dite que les éventuels successeurs sont prêts à livrer la bataille. Cela dit, bien que les statuts du parti soient en faveur du responsable du FLN, Mohamed Salah Yahiaoui, le chef des services secrets de l’époque, Kasdi Merbah, avait concocté un plan à part. Selon Hocine Malti, dans « Histoire secrète du pétrole algérien » : « On savait que dès qu’ils furent convaincus que Houari Boumediene était condamné, alors même qu’il se trouvait encore à Moscou [hospitalisé du 29 septembre au 14 novembre 1978], les membres du Conseil de la révolution avaient engagé d’intenses tractations en vue de la succession. Deux hommes, représentant deux tendances politico-économiques différentes, s’étaient portés candidats : Abdelaziz Bouteflika, ministre des Affaires étrangères, et Mohamed Salah Yahiaoui, coordinateur du FLN ».

Quoi qu’il en soit, dans cette compétition en dehors du peuple, celui qui est choisi candidat sera forcément élu. En d’autres termes, la désignation d’un candidat implique par ricochet sa victoire lors du prochain scrutin. En effet, une fois les vrais décideurs auront opté pour leur président, et dans le souci de maintenir une démocratie de façade, ils le proposeront enfin à l’approbation du peuple. Du coup, la surenchère pour choisir le candidat, en ce mois de décembre 1978, est à son apogée. Néanmoins, aux deux candidatures déjà citées, il y a une troisième, celle du chef des services secrets, Kasdi Merbah. Bien que ne pouvant pas la déclarer ouvertement, dans la réalité, selon Hocine Malti, il y pense fortement. « Dès le mois de novembre, Kasdi Merbah, patron de la Sécurité militaire depuis 1962, avait pris en effet une initiative qui sera lourde de conséquences. Sans l’avouer ni l’annoncer publiquement, il aurait aimé, lui aussi, succéder à son ancien chef. Il fut néanmoins assez sage pour ne pas tenter d’organiser un coup d’État », écrit-il.

Cependant, pour imposer un homme sans envergure, Kasdi Merbah, avec le concours de son adjoint Nourredine Yazid Zerhouni, élimine de la course les deux candidats potentiels, Bouteflika et Yahiaoui. Bien que leur appartenance au groupe d’Oujda, ayant écarté le GPRA d’assumer les destinées politique du pays en 1962, leur ouvre la voie à la succession, le chef de la sécurité militaire se projette dans l’après premier mandat du futur chef d’État. Il est plus facile, pense-t-il, d’écarter un malléable qu’un homme voulant à tout prix devenir président. Ainsi, sans les manœuvres de Kasdi Merbah, le pouvoir serait revenu à Bouteflika ou à Yahiaoui. Pour le premier candidat cité, sa relation privilégiée avec Boumediene, estime-t-il, est suffisante pour qu’il accède à cette fonction suprême. Il considère, selon Hocine Malti, que « le groupe d’Oujda s’apparentait à une monarchie, au sein de laquelle il était le dauphin naturel auquel le souverain disparu avait laissé le trône en héritage ». Quant à Mohamed Salah Yahiaoui, il revendique son droit de succession en invoquant son statut de membre du Conseil de la révolution et son grade de colonel. En tout cas, pour Hocine Malti, Yahiaoui possède un avantage de taille : « En tant que coordinateur du FLN, il contrôlait non seulement le parti unique, mais aussi toutes les organisations de masse, dont le Syndicat UGTA (Union générale des travailleurs algériens) et l’UNJA (Union nationale de la jeunesse algérienne). Il jouissait donc du soutien de ces organisations, mais aussi de celui des communistes du PASG clandestin, futur MDS ».

Cependant, Kasdi Merbah, dont l’ambition présidentielle ne fait aucun doute et ce, bien qu’elle soit tempérée par son entourage, envisage la succession autrement. Pour garder ces chances intactes pour la prochaine mandature, il opte pour le colonel Chadli Bendjedid. Son calcul est ainsi résumé par Hocine Malti : « Encore fallait-il, dans ce cas-là, que le titulaire du poste qui allait être choisi fût facile à manœuvrer et qu’il puisse être délogé sans difficulté. Or, ni Bouteflika ni Yahiaoui ne correspondaient à ce critère ». En revanche, le colonel Chadli, n’ayant jamais affiché une quelconque ambition pour la fonction, parait un candidat idéal. Pour Hocine Malti, le chef de la 2e région militaire depuis 1964 répond aux critères recherchés par Kasdi Merbah : « Son âge relativement avancé –il avait 49 ans –, son éloignement du centre de décision d’Alger, son ignorance présumée de la chose politique, son indolence et le peu d’ardeur avec laquelle il avait assumé sa responsabilité de chef de région en faisait un candidat idéal ».

Toutefois, pour le placer à la tête de l’État, Kasdi Merbah ne lésine pas sur les moyens à employer. Ainsi, pendant l’agonie de Boumediene, Kasdi Merbah a nommé Chadli Bendjedid, en novembre 1978, coordinateur de l’armée. Pour parer à un éventuel remue-ménage, il invoqua son âge et son ancienneté dans l’armée. Après l’élimination des deux candidats potentiels, Chadli va bénéficier d’un appui important, celui du colonel Abdelghani, chef de la région de Constantine. Partant, celui qui deviendra son futur premier ministre mène une campagne auprès de ses collègues militaires, mais aussi auprès des cadres civils du FLN. Lors du 4e congrès du FLN, le choix de Chadli est quasi total. De toute façon, les dés furent pipés bien avant. La suite consiste à jouer la partition. « En janvier, le choix du congrès se porta effectivement sur le nom de Chadli Bendjedid, qui fut présenté comme unique candidat au suffrage des Algériens. Il fut élu président de la République, le 7 février 1979, avec un score de 94% ». Il va de soi, en somme, que le choix de cette candidature n’a pas obéi aux intérêts de la nation. Cette façon d’isoler le peuple de toutes les décisions concernant son avenir va plonger le pays dans une crise abyssale. Hélas, aujourd’hui encore, l’avenir de l’Algérie se décide sans tenir compte de ce peuple malheureux.

Par Ait Benali Boubekeur

source: lequotidiendalgerie.com

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Abeṛṛani, L’Etranger de Camus en kabyle

Posté par algeriedemocratie le 2 octobre 2011

yle

Abeṛṛani, L’Etranger de Camus en kabyle dans tamazight(65) arton756

Abeṛṛani, L’Etranger de Camus en kabyle

samedi 10 septembre 2011, par Karim T

Mohamed Arab Aït Kaci a tradui le roman dans la langue de Si Mohand, mais faute d’avoir pu trouver un éditeur, il a mis son œuvre en libre circulation sur Internet.

L’Etranger d’Albert Camus fait désormais partie des chefs d’œuvre traduits en kabyle, mais il ne sortira pas en version papier, pour le moment l’ouvrage est disponible uniquement sous forme de fichier PDF. L’auteur, Mohamed Arab Aït Kaci n’a pas trouvé d’éditeur, il invite donc les lecteurs à diffuser son roman par le biais d’Internet. Le lien vers le texte a été largement relayé, notamment par le chanteur Zimu sur Facebook.

Le roman raconte l’histoire d’un colon français qui tue un « Arabe ». Lors de son procès, l’accusé est interrogé non pas pour le crime qu’il a commis mais parce qu’il n’a pas pleuré à la mort de sa mère. Le livre tient son titre du fait que le personnage, d’apparence froide et insensible est « étranger » à la morale de la société. Le livre, paru en 1942 s’inscrit dans une veine existentialiste, il illustre la philosophie d’Albert Camus, celle l’homme libre et révolté face à l’absurdité de l’existence.

Dans Abeṛṛani d’Aït Kaci utilise une langue kabyle populaire, accessible, avec notamment l’emploi de mots courants empruntés au français comme rridu (le rideau) tafremlit (l’infirmière) ou à l’arabe comme yenneḥcam (il a été humilié). L’auteur utilise quelques néologismes berbères tels que taɣdemt (la justice).

source: rezki.net

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Amawal

Posté par algeriedemocratie le 24 juillet 2011

tafekka

corps

abbidor : boiteux
abddiz, aHddiz : ventre (péjoratif)
abray : cloque
abud : nombril
abukad : aveugle
abunnir : étron, matière fécale
aburd : cordon ombilical
addad : doigt, pic de montagne
addan : intestin, boyau
addar : pied, jambe
adderddor : sourd
addran : giron
addrig : diarrhée
adif : moelle osseuse
adis : ventre
admer : poitrine
adrar uddar : coup-de-pied (anatomie)
adwas : force physique
afan : plat à faire cuire le pain, casserole, figure, visage (argot)
afddis : ventre (péjoratif)
afellun : marmite ou plat à faire cuire le pain, figure, visage (péjoratif)
aferyad : bec-de-lièvre
afrdffus : trapu
afrfazz : grisonnant
afrmac : édenté, personne ayant perdu ses dents
aftak, afttak : entorse au poignet, luxation, foulure
afttal : verge (membre viril)
afttik, afttiq : fente, vagin
afud : genou
afulki : charme, beauté, bonté
afurray : cancer
afursel : gerçure
afus : main, bras, clan, manche (outil, vêtement), poignée, clan de 4 ou 5 tafust
agalidd, tagalitt : cuisse
agarir, agwaârir : pierre, caillou, tête (péjoratif)
agasis : tronc d’arbre, tête (péjoratif)
agayu : tête, souche, tronc
agerjudd : gorge
agerjum : gorge
aggas : douleur, fièvre de la blessure, blessure
aghrod : épaule
aghzzayfu : homme grand
agiz : lavande (plante)
agja : joue, mâchoire
agjiwn, aljiwn : côtés du visage, le bas des joues
agl, agwl : molaire
agmam, agwmam : membre (bras, jambe)
agmam n turin : trachée-artère
agmam ufus : cubitus (os de l’avant bras)
agnaw : muet, sourd-muet, parfum, gens du Sud dont on ne comprend pas la langue
agnnag : tambour, tête (péjoratif)
agrawaz : dur d’oreille, bafouilleur, qui entend et articule mal
agrdd, amgrdd, tamgrtt : cou, col d’un vase, goulot, goulet, passage en lacets d’un chemin de montagne, outre à huile
agrnuz : chignon de femme
agrru : hanche
agertgzzert : pubis
aguaâya : tête (péjoratif)
agujj : bosse, contusion à la tête
agulli, aqqul, aqulli, tagult : joue
agunnir : le derrière, le cul
aguri : qui n’a pas d’oreilles
agurzu : enrouement de la gorge
agutu : boiterie, claudication
aguzz : coin de la bouche
agzzazz : douleurs dans les membres, douleur, rhumatisme
agzzal, agwzzal, agzzaylu : petit homme, nain, court, petit
agzzur : palmier-nain
aHbud : ventre
akddo : olfaction
akrum : dos
akucci : pet
allen : yeux
amaddon : malade
amadil : joue, colline
amaghus : blessé
amagus : plaie, blessure, blessé
amayug : mâchoire
amghar waddan : vessie
amjjod : teigneux
amtta : larme, pleur
amzzogh : oreille
ancur : lèvre
angha : palais de la bouche
aqellal : tête, crâne
aqemmu, agmmu : bouche (pour animal), figure (familier, déplaisant)
aqennur : étron, matière fécale
aqerru : tête
arfay : acné
argaz : homme
asagwl : coeur et poumons pendant à la trachée-artère, tripes
asfardd : coït
asfeld : ouïe, audition
asfurudd : convulsion
asgunfs, asggunfs : soupir
assudd : anus
asuqi : homme noir
atfer : tarse
awlsis : ganglion
awunzer : hémorragie par le nez
axs : dent
azatrur : tibia
azbbar : collique
azerhun : granit
aziwal : loucheur
azzar : cheveux
bazza : pénis, verge
claghem : moustache
fersel : être gercé, se gercer
fi : suppurer, être crevé (abcès)
fudi : suppurer, couler (pus)
gerimslan, igermslan : os sacrum, croupe de cheval, partie du corps entre les hanches
gmz, ikmz : pouce
grujju : avoir le torticolis
grurs : avoir les dents agacées par une chose aigre ou acide
guffu, gguffu : être oppressé, respirer avec peine, être bossu, marcher le dos courbé
gunzer, wwunzer : saigner du nez
gurzu : être enroué (gorge)
ibzdan : urine
idammen : sang
ifan : placenta, eaux foetales
iff : sein, mamelle
ifigher : couleuvre
ifnzi : orteil
ifurslen : crasse des pieds
igenzi : front, os frontal
iggr : être stérile
ighil : bras, coteau, colline, chambranle, montants latéraux d’une porte
igiwal : giron
iglili : muet
iknwa : jumeaux
ilfzan : salive
ilm : peau
ils : la langue (organe)
ilufsan : crachat
imi : bouche, entrée
imslan : flancs, cuisses
inrefdd : pancréas
inxar : nez
iraran : vomissements
iskenjbir : gingembre (plante)
isker : ongle
ixf : tête, pic, sommet
ixs : os, clan équivalent à la tafust
izbel : poil
izzi : vésicule biliaire
lazz uddar : plante du pied
sfi, ssfi : crever, ouvrir l’abcès
sfurdd : avoir des convulsions (bête égorgée, personne en colère)
tafckert : griffe, orteil, sabot de mouton
tafddett : verrue
tafddeddet : verrue
taffka : charogne, cadavre
tafulddit, tafullit : verrue
tafurit, tafuri, tafura : dartre, eczéma, séborrhée
tafust : anse de jarre, botte, paquet, bouquet, poignée, manivelle, clan de 20 foyers(takat)
tagalitt : mollet
tagctrirt wafud, tagcrirt wafud : rotule
taglayt : oeuf, testicule
tagmmut n taqqayt : pomme d’Adam
tagmmut n titt : globe de l’oeil
tagra yixf : crâne, os occipital
tagusmut : indigestion
taguttit : tressé
talguzzin : pommettes
tamaddont : maladie
tamart : barbe
tamda uddar : plante du pied
tamgezt : mâchoire
tamgutt : vierge
tanzert : narine, orgueil, fierté
taqsmart : menton
tasa : foie
tawulzit : bas de la cheville
tiddli : le noir, pupille
tifdent : orteil
tifddett : verrue
tiferkit : croûte (pain, plaie, etc), peau de boeuf brute, écorce
tiffit : sein, mamelle
tifidi : plaie au dos d’un chameau, mal causé à la plante des pieds par les pierres
tifighra : vipère
tifiyi : chair, viande
tifiyi wuxsan : gencive
tiggst, taggast, tuggast, tuggst : blessure grave, plaie
tighzdist : côte, rangée
tigigilt : orpheline, partie du bras comprise entre le coude et l’épaule, biceps
tigira, tigra : le derrière du corps, fin, extrémité, derrière, après
tiglgadd : chatouillements
tiglmt : haut du bras
tigzzdlt, tigzzlt : rein
timctt uddar : coup-de-pied (anatomie)
timiwi : cils
tisddrin : délivre, enveloppes foetales
tiswar : paume du pied
titt : oeil, maille, orifice axial de la meule
tiyghrad : épaules, salaire
tizfrit : soufre
uddem : visage, figure
uff : sein, téton
ufrigh : bancal, qui a une ou les jambes tordues
ufugh : sortie, tumeur
uglan : canines
ul : coeur
uxs : dent

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Amawal n tcelḥit(5)

Posté par algeriedemocratie le 24 juillet 2011

awen d rnugh ihi imudar s tcelhit

abaghugh : renard
abayru : renard
abbaxcar : serre d’oiseau
abelbuz : chiot
abjaw : chamelon
ablagh : alose (poisson)
abrayc, abghayc : pie
acnedd : bardot
adaghas : abris pour bétail
adderg : passage pour bestiaux
admu : grande gazelle du Sahara
afaghagh : vipère
afaghru : nom de poisson rouge
afddodd : tique des animaux
afellu : bête d’un attelage
afelwadd : bovin à petites cornes droites, brebis (qui a les oreilles pendantes)
afenckker : sabot
affighra : mille-pattes (scolopendre), serpent
afnckudd : sabot des bovidés
afnnakwc, afnnakc : ongle des ruminants
afzu : sabot, pied, ongle (animal)
afraj : bourdon
afraray : petit oiseau, oisillon
afrzzu, afrazzu, ifrzzi : coque, coquille d’oeuf, éclat, partie éclatée, tesson
afuck : branchies, ouies de poisson, opercule
afufan : museau
afullus : poulet
afunas : taureau, boeuf
afzzddadd : grande marguerite jaune des champs, tomate de mer, pourpier, petit animal marin
agad : ovaire d’une poule
agadir n tudfin : fourmilière
agamerru, agaymru, gamerru : frelon, abeille mâle
agamum : gueule, groin, mufle, museau
agar, angar, agurur : sauterelles qui commencent à voler, petits insectes
agaymru, agamru : bourdon, frelon
agaywar : corbeau
agbur, aghur, akbur, abgur : écureuil, rat d’argan
agddedd : oiseau
agenfur, akenfur, aghenfur : museau, gueule, groin
agertidd : privé de sa queue (cheval, bovin)
agerzam : panthère, guépard, léopard, ogre
aggurdi, aggurdu, agurdu, ggwrdi : puce
aghadd : bouc
aghdad : bouc
agherda : souris
agherdan n urtan : furet
aghwi : taureau
aghyul : âne
agllus : nervure principale de la feuille, coeur de palmier-dattier, tige montée de l’asphodèle, nom d’un squale (requin)
agmar, agwmar : cheval, étalon
agnfadd, agwnfadd : animal qui a perdu une corne
agrad, agwrad, gwrd : être apprivoisé, être familier, animal que l’on peut caresser
agriredd : gloussement des poules
agrnidd : perdrix du Sahara
agru : grenouille, crapaud
agunidd : abdomen des sauterelles, des insectes
agutf : nid
aguttu : gloussement de la poule cherchant à couver après la ponte
agwirar : animal sans cornes
agwjddadd : serpent
agwjddim, aghjddim : queue d’animal
agwjjim, akwjjin : ourane, lézard du Sud
agwlal : queue de lézard
agwlf : nid, bouquet de rejets de palmier
agwlif : ruche avec ses abeilles et le miel, essaim, ruche
agwrad, amgrud : apprivoisé, familier
agwrml : teigne, tique, pou de chameau, de chien
aHaqqay : corbeau
aHgun : gîte (de lièvre)
ahidor : peau de mouton avec la laine
ajagju : merle
ajssud : perdreau
akasu : chamelon
akaya : merle
akentur : taureau
akermuc : gazelle
akittar : cheval
akulka : linot
akwtf : nid
akyaw : poussin
alghwm : dromadaire
algmad : serpent
alqqar : agneau
amayyas : guépard
amejtku, amejku : merle
amerd : criquet
amermir : bave animale
amgayaz : veau sevré
amgyadd : alouette
amjarac : moineau
amlal : gazelle
ammoc : chat
amuder : animal
amunas : taureau
amugay : bovin (boeuf, vache)
amwad : taurillon
anHid : autruche
anir : antilope
ankur : bouc
anqar : agneau
anugu : bouc
anziss, anzil : écureuil
aqemmu, agmmu : bouche (pour animal), figure (familier, déplaisant)
araka, arakuk : renard
aram : dromadaire
arksim : caracal, chat sauvage
aruc : porc-épic
arwi : cerf de Berbérie
arzuzi : guêpe
aselm : poisson
aserdun : mulet
asflaw : fauvette
asgn, asgwn, tasgant : gîte (de lièvre)
asgrs : musette
asid : autruche
askkur : perdrix
asmayn : alouette
asufgh : expulsion, essaim d’abeilles sortant de la ruche
aswan : milan
atefk : nid
awlaH : saumon (poisson)
awqqas : requin
awtil : lapin
axsas : crotte d’animal sous forme de boule
aydi : chien
ayis : cheval
aynanaz : dorade (poisson)
aywal : animal
azamar : perche de mer (poisson)
azayz : poulpe
azenkad : gazelle
azffan : langouste
azger : boeuf
azrm : ver parasite
azyam, taârabt el bHer : dauphin
baqza : guêpier
bumHemd : hérisson
butagant : sanglier
butgra : tortue
dikkuk : coucou
famma : singe, singe sans queue
fergaddil : gros poisson comestible
ferrgu : nom d’un gros poisson
fertellis, fitellis : mite, papillon de nuit, papillon de mite
fuqs : punaise (insecte)
gawgaw : genre de poisson (goujon de mer?)
gerimslan, igermslan : os sacrum, croupe de cheval, partie du corps entre les hanches
Hammu n taffka : grand vautour
ibindder : cafard
ibzddi : bousier (scarabée)
iddwi : gerboise (mammifères rongeurs)
ifer : grande aile, feuille d’arbre, feuillage
iferttitto : chauve-souris, papillon
ifick : vessie natatoire (du poisson)
ifis : hyène, calamar
ifindi : nom d’un poisson
ifkr : tortue
iflilis : papillon
ifrijdi : punaise
iful : palourde, clovisse, cardite, coquillage
igelgiz : gros scarabée noir, coléoptère, bousier
igergis : cartillage
iggis : veau
ighejd : chevreau
igherdm : scorpion
ighiwur : vautour
igidr : aigle
igiz, igiyz : chamelon, veau, chamelon dont on fait le dressage
igjder : gros lézard bariolé
igliz : cafard
igurdan : puces, espace vide de la pirogue compris entre deux bancs arrières
igurmln : espèce de teigne
ikru : agneau
ikzin : chiot
ilf : sanglier
imila : tourterelle
imzik : chevreau
inikf : hérisson
insi : hérisson
isgni, issgni : grande aiguille, espadon, orphie vulgaire (poisson)
isk : corne
izenkad : gazelle
izi n taffka : mouche verte
izi : mouche
izimer : mouton
izm : lion
lbhimt : bête de somme
lbirun : thon (poisson)
middrus : charogne, bête morte sans égorgement, cadavre
qaymrun : crevette
sufgunnir : espèce de bergeronnette, hochequeue
tabghaynuzt : crabe
taddart : ruche
taddit : sangsue
tafaghrut : poisson rouge comestible
tafaska : brebis, fête du sacrifice
tafckert : griffe, orteil, sabot de mouton
tafnzut, tifnzit : sabot, pied, ongle (animal)
tafrawtt : ailette, nageoire, aileron du sac
tafult : moule, patelle, arapède
tafunast : vache
taggandut : grosse sauterelle grise
taggnt : taon
taghat : chèvre
taghwit : génisse
tagiwalt : pis d’une vache
taglimt, tagwlimt : torpille (poisson)
tagmmut ibeHcac : cocon
tagmmut uwayel : huitre
tagnart : chambre, tille avant de la pirogue, alvéole d’un gâteau de cire d’abeille
tagnrruyt : boulette de fumier
tagra : bol, jatte, marmite, bassin, écuelle, tasse, coquille, pelure, écaille, peau, carapace de tortue
tagrnitt, tagenritt : caille
taguba : nom de poisson
tagurgumat : oiseau d’habitation
tagwa : petit poisson du genre sar
tagwnfatt : sans cornes (vache)
taHerwit : brebis
taluzit : dorade (poisson)
tamda : épervier
tamelHannat : rouge-gorge
tamkrazt : bergeronnette, laboureuse
tammurghi : sauterelle
tammwatt : génisse qui peut labourer
tasmi ifergan : roitelet (oiseau)
tawukt : chouette, hibou
tazegrazt : bergeronnette, laboureuse
tazuki : moineau
tazwit : abeille
tiddiwt : reptile venimeux long et mince
tiferkit : croûte (pain, plaie, etc), peau de boeuf brute, écorce
tiflillist : hirondelle
tifrt, tifrtt : aile, plume, nageoire, petite feuille
tigddamt, tiqdamt : patelle, arapède (molusque)
tiggrt : stérile, qui n’a pas encore mis bas (vache)
tigri : moule (mollusque)
tigwjddemt : queue, os de la queue, endroit où commence le poil de la queue
tilli : brebis
tiqqlit : lézard
tisergalt : mulet (poisson)
tixsi : brebis
ttarus : petit chien
ttijdmenni : araignée
tuddemssi : termite
tuttfit : fourmi
tuttuft : grosse fourmi noire
uccen : chacal
udad : mouflon
ulli : troupeau de caprins
uskay : lévrier
uttuf : grosse fourmi rouge
wabiba : moustique
wafzzddadd : grande marguerite jaune des champs, tomate de mer, pourpier, petit animal marin
waganziz : bourdon
wagnimn, bagnim : scarabée noir, espèce de coléoptère
wirzzan : guêpe
zaghla : agneau

tinegura

awen d rnugh tinegura : agama (nature)d tafekka (corps ).

agama

nature

abluz : boue
acddir : ronce à mûres, buisson
addad : doigt, pic de montagne
addag : petite pousse
addarwaylal, addariylal : astragalus (plante)
addil wuccen : belladone (plante)
addo : vent, brise, odeur
adfel : neige
adrar : montagne
afa : cime, faîte, sommet, crête, partie supérieure, colline
afa : feu, éclair
afar : chiendent (plante)
afdam, alfdam : tissu végétal à la base du doum ou du dattier
afddozz : buisson de doum (plante)
aferkki, afrekki : écorce, croûte
afersiq : tamarix gallica (arbre)
afersu : éclat de bois
aferzzizz, tiferzzizzt, taferzist : coloquinte (plante)
afiwac, tafiwuct, afiyac, tifyyict : fruit de l’arganier, drupe d’arganier
afjddad : résédé sauvage, lavande, érodium (plante)
afnsu : pierre sous terre, à ras le sol
afraw : bassin, feuille d’arbre
afrddil : grosses feuilles très vertes, feuille de vigne
afrsig : tamaris (sorte d’arbre, arbrisseau)
afssas : plante à latex
aftas : bord de mer, plage, rivage, lieu d’échouage des pirogues
afuddus : buisson de doum (plante)
aful : coquillage, coquille, conque
afyac : fruit sec de l’arganier, drup d’arganier, coquille du noyau du fruit d’arganier
afza : roche calcaire
afzzddadd : grande marguerite jaune des champs, tomate de mer, pourpier, petit animal marin
agalim, agilim, igilim, igilm : pulpe du fruit de l’arganier
agan : melon vert, concombre
agarir, agwaârir : pierre, caillou, tête (péjoratif)
agasis : tronc d’arbre, tête (péjoratif)
agayr, agyar, agayyr : souche d’arbre, tronc
agayu : tête, souche, tronc
agctffa : buisson, bouquet d’arbres fruitiers, amandiers, oliviers
agdday, agwday : creux, petit lac, réservoir
agddu : creux, intérieur (d’un tube), cavité
agdi, agwdi : carrière, trou
agdrur, abdrur : poussière
agemmadd, agwmmadd : rive, bord, côté d’une rivière
agwlmim : mare, étang (en communication avec une rivière)
agennaggay : pierre ronde
agenza : talus
agffa, agffu : tiges nées d’une même graine, buisson, ronce
aggacfa : buisson, fourré
aggal : rayon de miel
aggu, awwu : fumée
aggun : pierre
aghanim : roseau
aghbalu : source
agjdi, agjji : grosse branche, stipe, tronc, poutre
agjdi ufrux, agjdi tiyni : stipe de palmier
agjdmur : tronc dessèché de cactus, de figuier de Barbarie
agjja, agdjja : tige ligneuse, tronc, souche, branche, poutre
agjjuf, agwjjif, aqjjuf, abjjuf : palmier-dattier, stipe de palmier
aglagal : flaque, mare croupissante, marais, endroit où l’eau se tient en hiver
aglas, agwlas : blé, orge en herbe, orge verte, champ couvert d’orge verte, orge semée et donnée en fourrage vert aux bestiaux
aglla : bulbe (d’un oignon, de l’asphodèle, racine d’un navet)
agllus : nervure principale de la feuille, coeur de palmier-dattier, tige montée de l’asphodèle, nom d’un squale (requin)
aglluz : pédoncule d’un fruit
agmr, agwmr : prairie, îlot dans un cours d’eau, terrain herbeux près des cours d’eau
agntif, agwntif, tagwntaft : petit arganier, rejeton, jeune pousse d’arganier
agnza : falaise
agrdd, amgrdd, tamgrtt : cou, col d’un vase, goulot, goulet, passage en lacets d’un chemin de montagne, outre à huile
agris, agwrs : givre, gelée blanche
agttum : rameau, branche jeune et tendre, branche longue et mince dépouillées de feuilles
agudi : tas, fosse à battre le fer, part de viande tirée au sort
agulf : touffe de doum
agulttm, wagultm, gultm, awultm : arbuste produisant des fruits recherchés par les brebis et dont l’écorce pilée est employée au tannage des peaux
aguma, agumat : stipe de palmier
agummu, agmmu : fruit, fruit vert, de l’argannier, figue, amande, noix, datte
aguncic : souche, tronc
agursl : champignon (plante)
agurslm : champignon
agusif : brise, vent léger, brouillard bas et chaud, giboulée, tornade, trombe d’eau, averse, vent brusque et violent
agwddi : grand trou, fosse, cavité creusés dans la terre, fosse dans laquelle le forgeron descend pour battre son fer
agwjddadd : acaule (privé de queue, plante sans tige apparente)
agwjdi : trou, terrier
agwlf : nid, bouquet de rejets de palmier
agwni, agwmi, gwmi : dépression de terrain
agzzmir : petit palmier
agzzur : palmier-nain
ajawi : vent
akal : terre
akccodd : bois
aknari : figuier de Barbarie (arbre)
alili : laurier rose
alim : paille
amaccu : terre sombre
amadagh : javelle (plante)
aman : eau
amazer : cascade
amdlu : nuage
amlal : sable
amlu : ombre
ammas : saule (arbre)
anas : cuivre rouge
anzar : pluie
anzzetta : pellicule de mousse
aqajja : pied d’une souche
argan : arganier (arbre)
asawn : escarpement
asdrem : escarpement
asemlal : cerisier (arbre)
asengar : orge
asgu : pierre rouge, sorte de minerai de fer très silicieux provenant de la décomposition des dolérites et servant à orner les murs de dessins
asif : rivière
assghar : tige de bois, arbre, perche
aswik : noyer (arbre)
attu : armoise, grain d’armoise
atwan : coucher de soleil
awddis : soufre
awillan : été
awrir : colline
ayyur : lune, mois
azag : corniche, frange
azal : clarté du jour
azaghar : plaine
azar : figuier (arbre)
azemmur : oléastre (olivier) (arbre)
azenzar : rayon de soleil
azilal : crête
azuggwar : jujubier sauvage (arbre)
azor : racine
azorf : brillance du plancton la nuit
azuzwu : brise
azru : pierre
azrur : spadice
azzanzzu : clématite (plante)
flilu : coquelicot (fleur)
ger isaffen : confluent
gernunec : cresson (plante)
ibiqs : micocoulier (arbre)
idernan : châtaignes
ifer : grande aile, feuille d’arbre, feuillage
iferdd : lac artificiel pour bétail, flaque d’eau, étang, cuve, trou d’eau
iferkki : pelure, épluchure, cosse
iferskedd : arbuste épineux à fleurs rouges
iferskil : plante à latex
ifghersn : campagne, brousse
ifitti, iffitu : branche
ifizw, ifizu : très forte chaleur, canicule, sécheresse
ifrekt : cosse de fève
ifri : grotte, terrier, cavité, trou, bassin, orifice
ifrkc : cosse
ifrs : épinard (plante)
ifrskl : suc concentré de l’alois (plante)
ifrskkl : plante utilisée comme combustible
ifski : arbuste, buisson
ifzi(y) : marrube, plante dont la sève est bonne pour les yeux
igenna : ciel, air, atmosphère
igg : pistachier, térébinthe (arbre, plante)
iggi : sur, le haut, la partie supérieure, le dessus, avers, endroit (opposé à envers), bord, précipice, par dessus,au-dessus de,en haut de
iggid : bande de terre étroite entre deux jardins, butte
iggig : tonnerre, coup de tonnerre
iggl : jeune plante, jeune pousse, pied de céréale
ighd : cendre
ighil : bras, coteau, colline, chambranle, montants latéraux d’une porte
igidi, igidu, igudi : sable, dune de sable
igigizz, igizz, igiz : lavande (plante)
igmir : berge, rivage, bord rongé par l’eau, côté, bord
ignfern : tourbillon de vent et de poussière, fort vent soulevant la poussière
igrfl, igrfil : scille maritime (plante)
igriz, agriz : nom d’un arbre, genêt à spartérine
igrjdi : réséda (plante)
igti : pierre (sous terre)
ilammen : son (plante)
ilel : mer
inghmi : carthame (plante)
inubzz : éclipse
isgnu : nuage
itri : étoile
ixf : tête, pic, sommet
iznir : alpiste (graminée)
izri : armoise (plante)
taddanga : vague, masse d’eau, pleine mer
taferjemma : variété de chardon
tafgga : zeste (noix, datte), écaille à la base des palmes
tafgha : sorte d’artichaut nain sauvage, comestible, ronce
tafifra : sorte d’arbre (daphné des Alpes, mercuriale annuelle)
tafratt : palme (palmier)
tafrawt : ruche, crèche pour les boeufs, bassin, citerne, vallée
tafrut : glaïeul
tafsut : sorte de mil sauvage, sorgho blanc
tafuffut : lueur
tafukt : soleil
tafuqlalt : courgette jeune
tafza : tuf, roche molle et colorée, verte, jaune ou rouge
taga : genévrier (arbre), artichaut
tagant : forêt, brousse
tagertilt wwuccen : glaieul
tagffut : plant, pied de fève, d’arbre, qui fait partie d’une paire ou d’un groupe
taggult, taggwlt : férule (plante)
taggunt, tawwunt : grosse pierre, pierre à lisser les poteries, mèche en pierre, enclume, pilon du mortier à grain
tagjjuft : tronc de palmier
tagmmut : bouton floral, bourgeon, petit fruit, baie, boule, petit bijou en forme de boule, tête d’ail, d’artichaut, coeur de palmier-datier
tagmmut n tagant : artichaut sauvage
tagmmutn tiskert : tête d’ail
tagnddust : pyrèthre (plante)
tagrst, tagirst : hiver
tagwlla ughyul : tige avant la floraison, tige d’artichaut, chardon à fleurs jaunes
tagwnit : ravin
talalt : euphorbe (plante)
talat : ravin
taleggut : touffe de cytise (plante)
tamda : étang
tamesgetta : plante à latex
tamjujt : tourbillon
tammwrit : coeur de palmier-datier
taqernift : branche de palmier
tarkkimit : navet
tasaft : chêne-liège
tasgnut : nuage
tawrirt : petite colline
tazwaght : terre rouge
tiddallin : héliotrope, morelle noire (plante)
tiddmas : jonc aromatique (plante)
tifaf : pissenlit
tifawt, tufawt : lumière, lueur, clarté
tifacict : espèce d’arbre
tiferkit n tasaft : liège
tifiddas : fenugrec (plante)
tifirt : dalle, pierre plate
tifizza : résine, gomme, glu
tifrt, tifrtt : aile, plume, nageoire, petite feuille
tifst : chanvre, lin
tifuffut : lueur
tiggit : trou, fente
tighzert : ravin
tignaw : pluie et tonnerre, orage, pluie d’orage, nuages qui donnent la pluie, nuages
tigurdin : plantes arrachées au printemps utilisées comme fourrage d’hiver
tigwrramin : alpiste (millet long), sorgho (plante)
tigzdmt, tigzddmt : palmier-nain
tigzirt, tagzirt : île
tillas : ténèbre, obscurité
timqit : goutte
tiqqi : genévrier (arbre)
tiznirt : palmier nain, crin végétal
tufaf : chicorée sauvage, laiteron épineux (plante)
tufri : grotte creusée dans les rochers par l’action des vagues
tufut : feu
tuga, tugwa, tuya, suga : herbe, herbe fraîche, verte, sèche
urgh : or
wafzzddadd : grande marguerite jaune des champs, tomate de mer, pourpier, petit animal marin

 

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Amawal n tcelḥit(4)

Posté par algeriedemocratie le 24 juillet 2011

imyagen

Amawal am ma ul ilaq ara ad yeqqim yeffer.ihi atan ad rnugh ayyen yellan ghuri.akken twalam atas i taadel tcelhit nettat d teqbaylit.yernu llan atas imeslayen mazal seqdacenten icelhiyen nettuten marra di teqbaylit.

as innigh d aghen i Winna aqli tthegigh amawal n tmacaqt at rregh di tencirt agi. fektiyid kan ccit n lweqt.

verbes

ackid : venir
add : appuyer
addfut : être doux, sucré, au goût agréable
addn : être malade, souffrir
addo : retourner, plier
addr : malaxer, pétrir, modeler, triturer, se dis****r, salir
addudd : être sevré, sevrer
af : être meilleur, surpasser, valoir mieux
af : trouver
afs : fourrer (ajouter en pressant), ajouter, introduire, fouler aux pieds, marcher sur
afud : avoir soif
afudd : être envoyé, s’en aller, dire adieu
afudd : être balayé, essuyé, nettoyé
agg, aggw : apparaître, être apparu, voir, regarder, paraître, regarder de gaut, poindre
aggug, aggugw : être loin, éloigné, s’éloigner
aggw : rendre témoignage de
agl, agwl : pendre, accrocher, s’accrocher, être pendu, être accroché, suspendre, être suspendu, être dans l’incertitude, dans l’embarras
agm, agwm : puiser, prendre de l’eau à une source, à un puits
agr, agwr : être supérieur à, dépasser, surpasser
agrad, agwrad, gwrd : être apprivoisé, être familier, animal que l’on peut caresser
agriwel, grawl : se retourner, changer d’avis, d’opinion
ags, agws : blesser, être blessé
agur : surpasser
agwi, agwy : refuser, ne pas vouloir, rejeter
agwur : être en surplus, rester
ajj : laisser, abandonner
aki : sauter
akr : voler, dérober
akz, agz, agwz, zzigez : reconnaître, reconnaître pour
all : lever
alla : pleurer
amz : prendre
arem : essayer
aru : accoucher
asi : soulever
atfudd : être envoyé, s’en aller, dire adieu
awid : apporter
azen : envoyer
azzel : courir
bbi : couper
bddel : changer
bddo : partager, séparer, diviser
bdu : commencer
bgu : percer, trouer
bid : s’arrêter, se lever
dar : avoir
ddalb : demander
ddaf, dduf : garder, surveiller, guetter
ddar : tomber, se jeter sur, s’écrouler, baisser (prix), chuter
ddaraba : frapper, battre
ddemms : souffleter
dder : vivre
ddfr : suivre, avoir une dette, réclamer une chose due
ddi, ddid : sortir, extraire, extirper, faire sortir, chasser, renvoyer, poursuivre, pourchasser
ddl : envelopper, emmailloter
ddls : se cacher
ddlu : être mouillé, trempé
ddlu : être noir, devenir noir
ddni : être gros, fort, épais
ddsr : être frivole, mal élevé, insolent, peu sérieux
ddssa : rire, sourire, se moquer de, plaisanter
ddu : aller, partir
ddurddr : être sourd, assourdi
dduzz : être étranger, insolite, être fier, distant, sauvage, non familier
dudu : trembler, chanceler
duy : réveiller
ekk : passer, se trouver
ens : passer la nuit
erz : casser, briser
fa : bailler
fad : avoir soif
fafa : se réveiller, bailler
faH : bailler
fcd : faire des condoléances, plaindre, compatir
fdder : déjeuner
ferdd : défricher
ferfed : bouillir
ferg : clôturer, enclore, entourer, être entouré d’une clôture
ferru : se cotiser
fers : être aiguisé, tranchant, dépecer, trancher, être âcre, aigu
fersel : être gercé, se gercer
ffayr, farri : voleter
ffi : verser, répandre, s’écouler, fuir, suppurer, être répandu, versé
ffizzi : souffleter
ffnzr : disperser, être dispersé
ffrsi, frsi : être fendu, mis en morceaux, être débité
ffrtel : échapper (à), s’échapper, glisser, tomber
ffu : poindre, jaillir, paraître, briller, éclairer (soleil, jour), faire jour, arriver à l’aube
ffugh, ffgh, ffagh, ffwgh : sortir, quitter, abandonner, finir (période, mois)
ffukks : être adroit, habile
ffzz : mâcher
fgr : avoir une amende
fi : suppurer, être crevé (abcès)
fiss, fss, fssa : se taire, être belle, calme (mer)
fiyyic : nettoyer
fjjij : être gai, souriant
fk : donner, offrir, accorder
fl : laisser, abandonner, léguer, dépasser, se lever (soleil)
fls : avoir confiance
flu : équarrir, fendre
fluflu, flufu : bouillir
flulu : éclore (fleur)
fnfr : être barbouillé (la figure)
fnnc : grimacer
frd : paître, être en pâturage, brouter, défricher, démanger
frfr : bruire (bruit d’ailes), battre des ailles, voleter, voltiger
frgh : tordre, être gauche, mal aplani, courber
fri : marquer les bestiaux
friqssi : s’épanouir
frk : s’apercevoir de quelque chose, se douter, sentir, deviner, se vanter
frkc, frkwc : être rompu, rompre (pain)
frn : trier, nettoyer, choisir, être nettoyé, être trié
frtt : raser
fru : payer,être payé,faire une collecte,se cotiser,expliquer,deviner,régler,être réglé,résoudre
fruccu : cesser (pluie)
fruri, fruru : être éparpillé, s’effriter, tomber en miettes, être écossé, égrené, bouder
fsi : dénouer, démêler, dételer, détacher, lâcher, délier, défaire, fondre, être fondu, se fondre
fsr : étendre, étaler
fsu : carder
fsu : épier (produire des épis), s’épanouir, fleurir
ftatl : trembler
fts : éparpiller, répandre
ftu : partir, marcher, aller, circuler, s’en aller
ftunn : venir de
fudi : suppurer, couler (pus)
fulki : être beau, gentil, joli, bon, bien
furdu : piler, écraser, pilonner
g : être
g : représenter, valoir, placer, servir, équivaloir à, constituer, être compris, mettre, faire, appartenir à
gbu : percer, trouer
gdel, qwdl : protéger, interdire, réserver
ged : plonger
ger : semer
ggall : jurer, prêter serment
ggall tamurrant : se parjurer
ggammi : ne pas pouvoir, s’efforcer en vain
ggawr : s’asseoir, être assis, rester
ggaws, ggiws : fouiller
ggd, ggwd,ggwt : être effrayé, s’effrayer, avoir peur, craindre
ggngr : rouler, dégringoler
ggr, ggwr : toucher, tâter, palper, choquer
ggru : être le dernier, rester en arrière, s’achever, être récent, être en retard
ggu, ggw : laver en frottant, en savonnant, être lavé
ggudderr : être poussérieux
ggudi : être en tas, être mal placé, être très malade
ggunctellu : culbuter sur la tête, faire la culbute
ggwus : chercher, fouiller
ggwz, ggwiz : descendre, faire halte, camper, venir chez quelqu’un comme hôte, débarquer
ghal : croire
gher : appeler, invoquer
ghers : égorger
ghez : creuser
ghli : monter
ghwi : saisir
giddi, gaddi, gaddu : être égal,uni,aplani,ajusté,horizontal,de même longueur,en même proportion
giti : être planté, être entouré d’un talus
giyil : être arrêté
gjdr : se lamenter en signe de deuil
gl : prendre par la même occasion, faire venir avec, en même temps
gl : être hors d’usage, épuisé, tari (puits, source), être comblé, s’ébouler, s’effondrer
gli : conduire, pousser devant soi, délimiter, borner, limiter, distinguer, séparer
gli ifz : ruminer
glugl, glugwl : être stagnant, stagner, croupir (eau)
gmi : épeler
gmm, gwmm : prendre une bouffée, une gorgée, se rincer la bouche
gmr, gwmr : chasser, pêcher
gn, gwn : dormir, se coucher, être couché, sommeiller, s’étendre pour se reposer
gniw : être muet, parler un dialecte inconnu
gnu, gwnu : coudre, être cousu, raccommoder
gnunni, gnunny : s’affaisser, tomber, rouler, être roulé à terre, s’écrouler, être renversé, être versé
gr : éparpiller, jetter, lancer, rejeter (mer), laisser tomber près de soi, semer, monter un métier à tisser, ourdir, faire un collier
grgr, gwrgwr : faire du bruit, bruire en parlant d’une porte s’ouvrant et se fermant
gr asstta : ourdir, monter un métier à tisser, chaîner, disposer les fils de chaîne
grraâ : roter
gru, ger : glaner, ramasser, rassembler, picorer, être ramassé
grujjm : être mal cuit
grujju : avoir le torticolis
grurs : avoir les dents agacées par une chose aigre ou acide
gruzzm : être mal cuit
grwel, griwel : faire face, se retourner
guddem : poser, mettre sur le bout, l’extrémité (verticalement), retourner, renverser, être renversé
guffu, gguffu : être oppressé, respirer avec peine, être bossu, marcher le dos courbé
gufsu : être corrompu, moisir, pourrir (eau)
gug : être pair
gum, igum : suffire, être suffisant
gundu : être humide, être en sueur (grains)
gunfrru : être émoussé
gunzer, wwunzer : saigner du nez
gurzu : être enroué (gorge)
gusfu : être pourri, se gâter, se décomposer
gutta : couver
gwr : tisser
gwraz : regretter, se repentir
gzem : couper en morceaux, être coupé, déchirer, être déchiré
gzi : faire des scarifications avec la pointe d’une lame de rasoir, inciser, vacciner
gzz : mâcher, croquer
gzzr : faire le métier de boucher, tailler la viande, dépecer
Hddo : cacher
Huc : danser
ic : manger
icqqa : être difficile
idra : être profond
idruss : être rare, un peu
ifiw, faw, ffu : être clair (eau,temps,etc), paraître (jour,soleil), se lever (jour,soleil)
ifiw, faw, ffu : voir clair, être lumineux
ifrs : émonder, couper les branches inutiles d’un arbre
ifsus, fsus : être léger, prompt, rapide, intelligent, frivole, à l’esprit vif
ifukti : foisonner, abonder, pulluler
ifzz : ruminer, chiquer
igdel : être interdit, réservé
iggr : être stérile
ighzan : dire la vérité
igut, gut, ggwt : abonder, être abondant, nombreux, en grande quantité, se multiplier
igzul, gzul : être ou devenir court, de petite taille
iHma : être chaud
ili : être
ili : se trouver, exister
illas : être obscur, ténébreux
infr : s’ébrouer, s’agiter, se secouer
ini : dire
inttalasa : être secret, caché
irgha : être chaud
iri : vouloir, désirer, aimer
irka : être sale
irmi : être fatigué
irxss : ne pas être cher
irxa : être facile
isdid : être fin (mince)
iskars : dire des mensonges
iwd : être effrayé, s’effrayer, avoir peur, craindre
ixcen : être mauvais
ixsi : être éteint
ixwa : être vide
jijji : guérir
jujjg : fleurir
kcem : entrer
kddo : sentir
kerf : attacher, nouer
kers : nouer
kerz : labourer
kkes : oter, enlever
kmez : gratter
kmi : fumer
ks : garder un troupeau, paître
lemd : apprendre
lkem : arriver
ls : se vêtir
lul : naître
mel : montrer
mddel : enterrer
mddi : goûter
mger : moissonner
miyyd : jetter le mauvais oeil
mmagh : se dis****r
mmuddrs : être mal égorgé, être étranglé
mmuddu : voyager
mnagger : rencontrer
mrreq : gifler
mun : accompagner
muss : bouger
mzi : broyer, écraser
naqs : manquer
negh : tuer
nfissi : séparer
ngara, ngiri : être séparé, se séparer
ngdd : plonger, être trempé, être plongé
ngemg : marmotter, murmurer
ngiddi, ngadda : être aplani, être égal
nker : se lever
nnfk : se donner, échanger
nnfsi : se dissiper, disparaître
nnfu : résoudre un problème, divorcer
nsifid, nsafad : faire ses adieux, se séparer, prendre congé
ntel : être caché
nugdm : se renverser, être renversé
nwu : être cuit
qel : attendre
qan : falloir
qen : fermer
qumu : rester
rar : rendre
rdel : prêter, créditer
rgel : fermer
rwas : ressembler
rwel : fuir
rzem : ouvrir, divorcer
saddmer : comparaître
saddfut : rendre doux
saggug, saggugw : éloigner
sawl : parler
sbidder : boîter
sddar : faire tomber, abaisser, pondre
sdderffi : renifler
sddlu : mouiller, enduire, tremper
sddlu : noircir
sdel : recouvrir
sefsussu : répandre de la farine
segh : acheter
sengadda : faire les mêmes proportions
sengiddi : comparer
sengiri : séparer
sengudem : retourner, renverser
sers : poser
sexser : gacher
sfardd : coïter
sfaw, sfiw, sufu, isfiw : éclairer, faire de la lumière, éclaircir, devenir clair
sffnzr : disperser, répandre, jeter ça et là en divers endroits
sfgwr : donner une amende
sfi, ssfi : crever, ouvrir l’abcès
sfi : vider un animal, l’ouvrir pour le vider
sfiyc : éplucher des fruits d’arganier
sfl : déborder
sflid, sfld, sfild : entendre
sflufu : faire bouillir, lessiver
sfnfr : se barbouiller (la figure)
sfrfir : se débattre (oiseau)
sfrsi, sfrssi : fendre
sfruri : éparpiller, écosser, saupoudrer, émietter, éclore
sfulki : orner, embellir
sfuqqur : ruer
sfurdd : avoir des convulsions (bête égorgée, personne en colère)
sfurdu : piler dans un mortier
sfurrg : se fâcher, se mettre en colère
sfuzzg : se fâcher, se mettre en colère
sgawr : faire asseoir
sgedd : s’étrangler en buvant
sggay : roter
sggru : mettre le dernier, conclure
sgiddi, sgadda : aplanir, unir, rendre horizontal, niveler, arranger, égaliser, ajuster
sgijji : bourdonner
sgel : verser par petites poignées, garnir le moulin en y versant du grain
sgelzem : hacher, couper, travailler à la hache
sglgdd : chatouiller
sglulli, sgluliy, sglul : ruminer
sgngr : faire dégringoler, bousculer
sgniw : faire le muet
sgnugi : mettre en boule, faire rouler
sgnunni, sgnunny : faire rouler, faire tmber, renverser, faire rouler à terre, verser, renverser
sgrawul : mettre en désordre, boulverser, fouiller, retourner
sgriredd : glousser, caqueter
sguaâya : mugir, brâmer
sgudi : mettre en tas, entasser
sgunfrru : émousser
sgunfs, sggunfs : respirer, soupirer
sgurrem : raser
sgusfu : pourrir, rendre malsain
sguta : boiter légèrement
sguttem : protéger, s’accroupir
sguttu, sgutti : faire couver, glousser en couvant, caqueter
sgwaân : grogner, brâmer, mugir
sgwerd : dresser, apprivoiser
sgwr : mettre en écheveau, bobiner
siggel : chercher
skiws : s’asseoir
smaqel, smagel : regarder, surveiller, veiller à
smun : ramasser, réunir
sngdd : tremper
snnfsi : dissiper
snu : cuire
snufcu : ouvrir la laine avec les doigts
ssaddn : rendre malade, causer du mal
ssafa, ssyafa : sentir, éprouver une sensation
ssagg, ssaggw : regarder, surveiller, garder, surplomber, dominer
ssddser : gâter (enfant)
ssefdd : adresser
sselkem : faire parvenir
ssella : entendre
ssen : savoir, connaître
ssens : éteindre
ssergh : allumer
ssfsi : fondre, défaire, dénouer, chauffer
ssgrs : passer l’hiver, hiverner
ssifd, ssafd : envoyer, expédier, chasser, faire venir
ssiff, ssaff, sseff : être tamisé, criblé
ssifsus : alléger, accélérer
ssighzif : allonger
ssigut, ssugt, suggut, suggwt : mettre de trop, exagérer, multiplier
ssimghur : agrandir
ssird : laver
ssiwd : effrayer, faire peur, être redoutable
ssud : souffler
ssudd, ssuddudd : allaiter
ssuden, ssudem : embrasser
ssudu : monter à cheval
ssuffu : sortir, essaimer (abeilles)
ssufgh, sufugh : faire sortir, expulser, décharger une arme à feu, s’éclater (essaim d’abeilles), tirer un coup de feu
ssufs : cracher
ssugr, ssugwr : être supérieur, puissant, influent
sugger : faire ramasser
suggd : effrayer, faire peur, être redoutable
ssugu : vider
ssutel : entourer
ssum : sucer
ssunssedd : siffler
su : boire
suff : faire enfler, gonfler, bouder, se fâcher
suf, sufu : briller, étinceler, éclairer
sunfu : se reposer
syags : blesser
tagrist : cheville, perche enfoncée dans le mur d’une chambre à laquelle on suspend divers objets
tahel : se marier
tfafa : être embarrassé
tgrz, twgrz : regretter, se repentir
ttaf : avoir, posséder, saisir, tenir
ttay : sortir, extraire, extirper, faire sortir, chasser, renvoyer, poursuivre, pourchasser
ttdd : téter, être imbibé
ttemmeH : gifler, souffleter
ttemmss : être têtu
ttgwnu : être cousu
ttgru : être ramassé
ttl : retenir quelqu’un, faire rester avec soi
tts : dormir, coucher
ttu : oublier, se consoler
ttuzz : être pris, coincé
ttyagam, ttyigim : être puisé
ttyigis, ttyagas : être blessé
ttyigmar, ar ittiugmir : être chassé
tyigraw : être ramassé
uddr : faire attendre
ufa : pouvoir, être capable
uff : être gonflé, enflé, bouder, être essouflé, souffler
ut : frapper
uzen : peser
werrid : revenir
wreg : rêver
xeldd : mélanger
xess : manquer
xwu : vider
zddar : pouvoir
zdegh : habiter
zgel : rater
zgizzi, skizzi : bourdonner
zigz, zigiz : chercher, marcher
zri : passer
zwar : précéder, commencer
zzall : prier
zzenz : vendre
zzugz, zzugwz : abaisser, baisser, faire descendre, enlever (une charge, un fardeau), décharger, déchiffrer

lebni

atan d acu awen d rnugh assa….

batiment

abnnay : maçon
acbarro : poste de guet
adaghas : abris pour bétail
adderras : mur en pierre entourant une propriété, une ruche, etc, rempart
aferdu : mortier (outil)
aferrug : brèche faite dans un mur de haut en bas
afrag, ifrig : enclos, barrière, clôture, bergerie, haie
afrruy : morceau, morceau de pain, tesson, brèche
afrukkc : brèche, morceau cassé, tesson
agadir : grenier fortifié, château, fort, forteresse, endroit élevé, fortifié, camp, entrepôt, mur d’enceinte, fusil ancien à pierre de provenance européenne
agdur itbiren : niche de pigeons (dont l’ouverture est encadrée par un col de marmite)
agellay : propriété, enclos
agelluy : buisson, haie, enclos, bergerie, étable, écurie, hutte, haie de figuiers de Barbarie entourant un jardin
agezzum : morceau, petite poutre
aggunuwal : sui des cheminées
aghgemmi, agwmi : vestibule
aghrab : mur
aghuni : mur en pierres sèches
agjdi, agjji : grosse branche, stipe, tronc, poutre
agjja, agdjja : tige ligneuse, tronc, souche, branche, poutre
aggli, aglay, agllay, aglluy : distinction, enclos, séparation, bornage, limite, conduite d’un troupeau
agnar : grenier, chambre à grains, chambre du premier étage
agnir : couloir, corridor
agrur : étable, cave, sous-sol, vestibule, arrière-cour
agwdi : trou, excavation, fosse
agwfaf : linteau de porte, pierre servant de parapet
aHactaw : gravier servant de mortier dans les constructions en pierres sèches
aHanu : chambre
ajakan : serrure
akccum : entrée
akwfaf : pierre plate qui sert à recouvrir le sommet des murs
alkiw : meurtrière (construction)
amaway : poutre supportant le plafond
amesmar : clou
amHidi : montants latéraux d’une porte
amnir : pierre dressée
anebddad : pilier
anebdur : guet
anekfer : serrure, trou pour passer la main et la clef encadré d’un goulot de cruche ou de marmite
angarf : branchages formant le plafond
antal : construction légère sur la terrasse
anwal : cuisine
anzella : orifice du plafond pour évacuer la fumée
aquddi : pierre dressée au bord d’une terrasse
arzan : petite cloison basse, en briques
asad : serrure
asarag : rez-de-chaussée servant d’étable ou d’écurie, petite cour intérieure, partie centrale du patio
asatur : poutre supportant le plafond
aseksel : serrure, trou pour passer la main et la clef encadré d’un goulot de cruche ou de marmite
asgerd, asugwerd : mortier à chaux
assqif : construction légère, en bois et branchages servant souvent de cuisine,grenier avec « vue », ménagère en bois
awerz : gonds, cheville
awlaf : construction légère sur la terrasse
awqaf : rivet
axerbic : pièce de la mosquée où l’on chauffe l’eau pour les ablutions
axrib : ruine
aytma : frères (au sens large), parents
azayyud : tour de guet
azuni : muret, clôture
azur : terrasse
azzalu : aire pour la prière collective
ccerrjem : fenêtre
ccerrjem wuzzal : grille de fenêtre en fer forgé
ecckel, ecckul : meurtrière (construction)
essellum : échelle taillée dans un tronc de palmier
essinit : poulie du puits
esstart uzur : parapet de la terrasse
ferg : clôturer, enclore, entourer, être entouré d’une clôture
ibergemmi : grande maison
iflu : porte, planche
iggi : sur, le haut, la partie supérieure, le dessus, avers, endroit (opposé à envers), bord, précipice, par dessus,au-dessus de,en haut de
igherm : maison ou village fortifié
ighil : bras, coteau, colline, chambranle, montants latéraux d’une porte
igil : décombres d’un édifice démoli et qui obstruent le passage
igmmi : grande maison
ijugjadd : espèce de guêtres (jambière couvrant le bas de la jambe et le dessus du soulier)
ilmedeffes : contrefort d’un mur
imigiz : barre qui sert à fermer une porte par derrière
imriri : seuil, poutre inférieure de l’encadrement de la porte
isekfal : escalier
iserag : plafond
izghi : construction légère sur la terrasse
laqwas : arcades de loggia
lassttwan : galerie couverte entourant le patio
tabellutt : enduit ocre pour murs
tabut : coffre à pisé
tacamuct : poutrelle disposée à l’extérieur près de la porte de certaines maisons
tacrafin : créneaux
taddwarit : pièce de réception au rez-de-chaussée
taferruyt : plafond en planches
tagelluyt : bergerie
taggurt, tuggurt : porte, embrasure d’une porte, volet
tagnart : chambre, tille avant de la pirogue, alvéole d’un gâteau de cire d’abeille
tagnza : clôture, haie, tambourin, monture du tambourin
tagrat : fondations d’un mur, d’une construction
tagrist : cheville, perche enfoncée dans le mur d’une chambre à laquelle on suspend divers objets
tagrurt : enclos, bergerie, étable, écurie
tagumat : solive du plafond
talherit : réduit sous l’escalier servant de resserre
talimamt : niche dans le mur d’une mosquée indiquant la direction de la prière
talkuyt : lucarne
tallaght : mortier de construction (terre et gravier), boue
talqost : meurtrière (construction)
talxerssett : marteau d’une porte
talzazt : perches inclinées au-dessus du puits soutenant l’axe de la poulie
tamessriyt : salle de réception (l’égyptienne)
tanddaft : tour d’observation
tannalt : poteaux soutenant un auvent ou un toit léger
taqennint : tronc de palmier soutenant un auvent
tarremmamt : partie du patio à ciel ouvert
tarriHtt : petite fenêtret
tarrutt : tas de pierre
tasarut : clé
tasatt : verrou
taskala : échelle
tassumaâit : minaret
tasyut : plafonnage en tiges de roseau, de laurier-rose ou en branches de palmier
taxwllalt : bandeau de dessins en rouge qui ornaient autrefois la partie supérieure des murs des maisons
tazagurt : plafond (au sens technique, appareillage qui constitue le plafond)
tazdeght : habitation
tibergemmit : bicoque
tifirt : dalle, pierre plate
tiflut : porte, planche
tifrut : cheville d’assemblage
tigemmi : maison, demeure, tombeau
tiggit : trou, fente
tighirtt : angle
tighzdist ukfaf : dessins qui surmontent les portes, obtenus par juxtaposition de petites pierres plates
tigjdit, tagjdit : perche, pieu, piquet, poutre, solive
tigzin : cheville en bois, cheville se déplaçant dans le pène pour ouvrir ou fermer le verrou
timzgida : mosquée
tisi : banc, couchette
tiskki : étage, rez-de chaussée
tiskki n tuzzumt : premier étage
tiskki ufella : étage supérieur
tunfust : serrure, trou pour passer la main et la clef encadré d’un goulot de cruche ou de marmite
ufugh : sortie, tumeur
uttub : brique crue

outils

outils

abelgaw : seau usagé
abra : bouton
abzg : b****let
acaqqur : hache
aderbal : haillon
adghagh : vêtement
aduku : chaussure
afaggu, afawwu : haïk, couverture, voile, voile de bateau, huile
afala : pelle à enfourner, verge, pénis
afarnu, afanru, tafanrut : four, pain cuit au four, galette
afctrir : bâton, massue
afellun : marmite ou plat à faire cuire le pain, figure, visage (péjoratif)
aferdu : mortier (outil)
aferran : four
afilal : amphore, vase
afraw : bassin, feuille d’arbre
afskar : bouton de vêtement
afskar : entrave aux pieds de la bête, cordon dont on se ceint la tête
afulu : fil, ficelle, cordon
afus : main, bras, clan, manche (outil, vêtement), poignée, clan de 4 ou 5 tafust
aga : seau, outre en peau de chèvre, puiser l’eau
agadir : grenier fortifié, château, fort, forteresse, endroit élevé, fortifié, camp, entrepôt, mur d’enceinte, fusil ancien à pierre de provenance européenne
aganza : monture du tambourin
agattu, aguttu : mancheron de charrue
agbur, akbur : mouchoir en cotonnade
agdur : amphore, vase, marmite en terre
agelzim : pioche, hoyau, hachette, mors de cheval
agelzim n tanawt : ancre
agerbuz, agherbuz : vieille outre
agergabbu : objet vide de son contenu
agettum : lingot, troupeau
aggam, aggwam, asagwm : fontaine, louche, grande cuiller, seau, seau et corde
aggwa, taggwa : charge, fardeau, braisée de bois, fagot
agherf : meule
aghrabu : barque
aghwrf : meule
aginan : vanne
aglaggu : corbeille, hotte servant au transport des gerbes
aglf : boucle liée sur un noeud pour l’empêcher de se défaire, noeud de sûreté
aglim : pelisse, voile de femme, chemise faite de cuir
agnaw : muet, sourd-muet, parfum, gens du Sud dont on ne comprend pas la langue
agnidd : levier
agnnag : tambour, tête (péjoratif)
agra : seau en bois, baquet
agrdd, amgrdd, tamgrtt : cou, col d’un vase, goulot, goulet, passage en lacets d’un chemin de montagne, outre à huile
agstur : sabre tranchant
agttus : corde
agullu, awullu, agllu, awllu, agallu, awallu : charrue, corps de la charrue
aguntr, abuntr : jeton, fruits servant de jetons ou de pions
agwnin : panier, grand couffin en alfa, boisseauen doum ou en alfa
agwnin-akeskus : boisseau (en doum ou en alfa)
ahiddun : burnous
ahidor : peau de mouton avec la laine
ajbir : sac
ajenwi : couteau
akttum : baguette, brochette
akurray : bâton
algamu : bride
allun : tamis, tambour
almddad : doigt de gant protégeant un doigt lors de la moisson
amesmar : clou
amkrus : noeud
anefsu : petite carde, peigne à longues dents de fer
anfattu : sarbacane
aqarid : sou
aqelluc : pot en terre rond, à oreilles
aqelmun : capuchon
arenjaw : cuillère
asafar : médicament
asakkwn : mortier à grain en pierre
asergul : couvercle
asfiw : lampe, éclairage
asgdl : billot du boucher
asggwerd : meule gisante du moulin à olives, auge du moilin, lavoir en pierre
asgrs, asgris : petit panier en doum servant de semoir
askerz : soc de la charrue
astta : métier à tisser
aswkti : manivelle
atellis : couverture de laine
awerz : gonds, cheville
awqaf : rivet
awulk : sac
ayddid : outre à eau
azerf : grand plat
azerg : moulin
azga : panier
azlu : pivot du moulin
ddikkuk : poignée de mancheron de la charrue
essellum : échelle taillée dans un tronc de palmier
essinit : poulie du puits
ffezz : boulette, petit projectile lancé avec la main
ganga : tambour, tambourin des nègres
ibiks : ceinture
ifggig : ensouple du métier à tisser
ifili, ifilu, ifulu : fil, ficelle, cordon
igilm : gros marteau, masse du forgeron
igurdan : puces, espace vide de la pirogue compris entre deux bancs arrières
ildi : fronde
imgdi : ciseau à froid, ciseau de menuisier, burin, ciseau
imigiz : barre qui sert à fermer une porte par derrière
inefsa : peigne de fer
inifif : entonnoir, tuyère en argile
iqardden : argent (monnaie)
isufa : brindilles de bois d’arganier qui servaient à l’éclairage
izker : corde
izmaz : cadran solaire
mmifalan : grande aiguille
mmisugna : grosse aiguille en acier des cordonniers pour coudre avec des lanières de cuir
tabrat : lettre
tabsselt : assiette
taduHant : moulin à grain
taduHant : moulin à grain
tafala : baïonnette
tafant : poêle
tafdna : chaudière en cuivre, chaudron
tafract : meule gisante du moulin à olives
tafrawt : ruche, crèche pour les boeufs, bassin, citerne, vallée
tafrawtt : ailette, nageoire, aileron du sac
tafrdust : auterelle, coussinet de bois supportant les tolets d’une pirogue
tafust : anse de jarre, botte, paquet, bouquet, poignée, manivelle, clan de 20 foyers(takat)
tagasist n twullut : corps de la charrue
tagccult, takccult : baratte, outre suspendue (pour battre le beurre)
tagcrirt : peson de fuseau
tagddut : étui, fiole, pot
tagelHit : écuelle
tagelzimt : cheville en bois servant à régler l’écartement des deux meules du moulin (azerg)
taggst, taggwst, taggust : courroie, ceinture d’homme en cuir, sangle, trait, arnachement
taggunt, tawwunt : grosse pierre, pierre à lisser les poteries, mèche en pierre, enclume, pilon du mortier à grain
taghda : age de la charrue
taghorst : boucle d’oreille
taglimt : pelisse, voile de femme, bouclier composé de plusieurs peaux cousues les unes aux autres
taglult : noeud coulant
taglut : pelle en bois utilisée au vannage des grains, bèche, aviron, rame
taglzimt : couperet, petite hache, binette
tagmmut : bouton floral, bourgeon, petit fruit, baie, boule, petit bijou en forme de boule, tête d’ail, d’artichaut, coeur de palmier-datier
tagnart : chambre, tille avant de la pirogue, alvéole d’un gâteau de cire d’abeille
tagnza : clôture, haie, tambourin, monture du tambourin
tagra : bol, jatte, marmite, bassin, écuelle, tasse, coquille, pelure, écaille, peau, carapace de tortue
tagurit, tigirit : balle de fusil
tagust : cheville de bois, piquet, pieu, cheville d’assemblage de la charrue, tolet en bois de la pirogue, maillet pour assommer les gros poissons
tagwdit n inkan : foyer, trou dans lequel on fait le feu
tagwmamt, tagmumt : grosse pièce de bois, rouleau de bois, étui en roseau, tuyère en métal, tube
tagwmamt yidammen : ventouse
talxerssett : marteau d’une porte
talzazt : perches inclinées au-dessus du puits soutenant l’axe de la poulie
tamurt : épieu, lance
tanuttfi : bassin, citerne
tarialt : panier
tasarut : clé
tasatt : verrou
taseksut : couscoussier
tasflut : outil pour fendre quelque chose
tasggut : chiffon mouillé avec lequel on nettoie le four
tasgrut : corbeille, lien, attache servant à réunir deux choses
tasgwrt : écheveau, rouleau de fil, peloton de laine, de fil ou de coton
tasila : corps de la charrue
taskala : échelle
tasmi : aiguille
tasuggwit : van, plateau de doum ou d’alfa
tazekka : peigne de tisserand
tazerzit : fibule
tazinna : fronde
tazlaft : plat à couscous
tazlaft ukccodd : plat en bois pour pétrir le pain
tazrut : meule volante du moulin à olives
tazzirtt : cruche
ticict : plateau en fibre de palmier nain
tidqit : petit récipient en terre, bol
tifeggiget : planchette faisant levier et qui sert à régler l’écartement des meules dans le moulin (tadduHant)
tifenddert : pied de l’outre
tifggigt wuzzal : barre de fer
tifrdiwst, tifrdust : auterelle, coussinet de bois supportant les tolets d’une pirogue
tifridi : sac en peau
tifrtt : cuvette
tifrut : cheville d’assemblage
tifrutt : outre pour provisions
tigdmt : tambour
tigezzdemt : balai
tigfst : flacon de koheul, étui à collyre
tiggit ufskar : boutonnière
tigjdit, tagjdit : perche, pieu, piquet, poutre, solive
tigzin : cheville en bois, cheville se déplaçant dans le pène pour ouvrir ou fermer le verrou
tikint : marmite
tisi : banc, couchette
tissgnit : aiguille
tiwwinas : boucles d’oreilles
tizkert : corde
ttabla : plateau, table
tuzlin : ciseaux
usu : table basse sans rebords
uttub : brique crue
uzun : râteau

tafelaht

icelhiyen tfen atas deg meslayen imi si zik ttarun tamazight , zik s isekilen n taarabt ma d taggara agi s isekilen n tlatinit.

agriculture

abadu : sillon
abaw : fève
abuhu : gland
adaghas : abris pour bétail
addag : petite pousse
adderf : labour, labourage, sillon
adderg : passage pour bestiaux
addil : raisin, vigne
adunkal : irrigation
afdam, alfdam : tissu végétal à la base du doum ou du dattier
afellu : bête d’un attelage
afghyus : couche de fumier séché
afiwac, tafiwuct, afiyac, tifyyict : fruit de l’arganier, drupe d’arganier
afrad : champ labouré
afradd : coin de brousse défriché, planche de terre cultivable
afrag, ifrig : enclos, barrière, clôture, bergerie, haie
afraw : bassin, feuille d’arbre
afray : marquage des animaux
afrddil : grosses feuilles très vertes, feuille de vigne
afssay : printemps
afttri : mesure à grains
afyac : fruit sec de l’arganier, drup d’arganier, coquille du noyau du fruit d’arganier
agalim : paille hachée
agalim, agilim, igilim, igilm : pulpe du fruit de l’arganier
agan : melon vert, concombre
agattu, aguttu : mancheron de charrue
agctffa : buisson, bouquet d’arbres fruitiers, amandiers, oliviers
agdal, agwdal : réserve, interdiction, pâturage réservé, forêt réservée, pré, enclos, lieu d’asile d’une zaouïa, pâturage au bord des rivières
agellay : propriété, enclos
agellid : roi, grand caïd, chef d’une équipe de moissonneurs
agellus : branche de palmier
agelluy : buisson, haie, enclos, bergerie, étable, écurie, hutte, haie de figuiers de Barbarie entourant un jardin
agettil, agwttil : tas de céréales préparées pour le vannage, tas de graines et de pailles, céréales dépiquées, non vannées
agettum : lingot, troupeau
agffa, agffu : tiges nées d’une même graine, buisson, ronce
aggal : rayon de miel
aggam, aggwam, asagwm : fontaine, louche, grande cuiller, seau, seau et corde
agherf : meule
aghwrf : meule
aginan : vanne
agjdi ufrux, agjdi tiyni : stipe de palmier
agjjuf, agwjjif, aqjjuf, abjjuf : palmier-dattier, stipe de palmier
aglaggu : corbeille, hotte servant au transport des gerbes
aglas, agwlas : blé, orge en herbe, orge verte, champ couvert d’orge verte, orge semée et donnée en fourrage vert aux bestiaux
aglla : bulbe (d’un oignon, de l’asphodèle, racine d’un navet)
agllus : nervure principale de la feuille, coeur de palmier-dattier, tige montée de l’asphodèle, nom d’un squale (requin)
aggli, aglay, agllay, aglluy : distinction, enclos, séparation, bornage, limite, conduite d’un troupeau
aglluz : pédoncule d’un fruit
agmmum : rebord d’un canal d’irrigation
agnar : grenier, chambre à grains, chambre du premier étage
agntif, agwntif, tagwntaft : petit arganier, rejeton, jeune pousse d’arganier
agrdd, amgrdd, tamgrtt : cou, col d’un vase, goulot, goulet, passage en lacets d’un chemin de montagne, outre à huile
agrur : étable, cave, sous-sol, vestibule, arrière-cour
agufaf : première poignée d’épis coupés pour former une gerbe
agulf : touffe de doum
agullu, awullu, agllu, awllu, agallu, awallu : charrue, corps de la charrue
agulttm, wagultm, gultm, awultm : arbuste produisant des fruits recherchés par les brebis et dont l’écorce pilée est employée au tannage des peaux
aguma, agumat : stipe de palmier
agummu, agmmu : fruit, fruit vert, de l’argannier, figue, amande, noix, datte
agundu : humidité des grains en sueur
agwlif : ruche avec ses abeilles et le miel, essaim, ruche
agzzmir : petit palmier
ajddig, ajjig, aldjjig, amdjjig : fleur
aknari : figuier de Barbarie (arbre)
alim : paille
almddad : doigt de gant protégeant un doigt lors de la moisson
amazir : fumier
amdduz : tas de fumier
amegdul : parc
amensif : endroit fertile
amfgur : gardien, responsable des champs
amgger : moissonneur
amgraw, amgru, imgri : ramasseur, glaneur
amkraz : laboureur
amksa : berger
amud : semence
amttul : terrain, champ
anagam : tireur d’eau
anebdu : été
anffa : homme qui met en gerbes
anrar : aire
anu : puits
aqendar : quintal
aqqa : grain
argan : arganier (arbre)
aryadden : vergers
asaru : rigole d’irrigation
aselda : bassin pour l’eau prise du puits
asemlal : cerisier (arbre)
asengar : orge
asfel n tafrawt : petite rigole pour le trop plein d’un bassin
asfrd : broutillement, pré, pâturage
asggwerd : meule gisante du moulin à olives, auge du moilin, lavoir en pierre
asgrs, asgris : petit panier en doum servant de semoir
asifdd : fête qui a lieu aux approches des labours, rite d’expulsion du mal
askerz : soc de la charrue
aswik : noyer (arbre)
attu : armoise, grain d’armoise
awillan : été
awuttu, awttu : limite, frontière, borne, pierre tumulaire
azakunni : thym
azalim : oignon
azar : figuier (arbre)
azemmur : oléastre (olivier) (arbre)
azerg : moulin
azggway : gaulage
azlu : pivot du moulin
azor : racine
azuni : muret, clôture
azway : gaulage
azzayn : amande
ddikkuk : poignée de mancheron de la charrue
ferdd : défricher
ferg : clôturer, enclore, entourer, être entouré d’une clôture
frd : paître, être en pâturage, brouter, défricher, démanger
fri : marquer les bestiaux
fsu : épier (produire des épis), s’épanouir, fleurir
gernunec : cresson (plante)
idernan : châtaignes
ifdr : piétin
ifer : grande aile, feuille d’arbre, feuillage
iferdd : lac artificiel pour bétail, flaque d’eau, étang, cuve, trou d’eau
iferkki : pelure, épluchure, cosse
ifif : tamisage
ifitti, iffitu : branche
ifrekt : cosse de fève
ifrkc : cosse
ifrs : épinard (plante)
ifrs : émonder, couper les branches inutiles d’un arbre
iger : champ, chantier maritime
igg : pistachier, térébinthe (arbre, plante)
iggid : bande de terre étroite entre deux jardins, butte
iggl : jeune plante, jeune pousse, pied de céréale
ikikr : pois-chiches
ilammen : son (plante)
imeccir : bassin d’irrigation communal
irden : blé
iznir : alpiste (graminée)
izragen : se dit des fractions de temps qui mesurent le débit de l’eau d’irrigation et des quantités d’eau qui y correspondent
ks : garder un troupeau, paître
lbhimt : bête de somme
sfurdd : avoir des convulsions (bête égorgée, personne en colère)
snufcu : ouvrir la laine avec les doigts
taddart : ruche
taddot : laine
taddot yidd : laine longue et forte dont on fait du fil
taddot tabrayct : laine brune, laine bigarrée
taddot n tilmi : laine servant à la fabrication de la trame
taduHant : moulin à grain
taduli : terrasse
taduHant : moulin à grain
tafdadut : feu du solstice
taferka : parcelle, bande de terrain
taffa : meule, tas de gerbes étalées sur l’aire à battre
tafgaggut : feu du solstice
tafgga : zeste (noix, datte), écaille à la base des palmes
tafgha : sorte d’artichaut nain sauvage, comestible, ronce
tafract : meule gisante du moulin à olives
tafratt : palme (palmier)
tafrawt : ruche, crèche pour les boeufs, bassin, citerne, vallée
tafsut : sorte de mil sauvage, sorgho blanc
tafuqlalt : courgette jeune
tafuzzi, tafuzzit : suint, débris de végétaux dans une toison
tafwikt : noix
taga : genévrier (arbre), artichaut
tagasist n twullut : corps de la charrue
tagellat : navet
tagelluyt : bergerie
tagelzimt : cheville en bois servant à régler l’écartement des deux meules du moulin (azerg)
tagffut : plant, pied de fève, d’arbre, qui fait partie d’une paire ou d’un groupe
taghda : age de la charrue
taghrart : mesure de capacité des grains valant à peu près 7,5 litres
tagjjuft : tronc de palmier
tagjdit waddil : treille (ceps de vigne)
taglayt : oeuf, testicule
taglut : pelle en bois utilisée au vannage des grains, bèche, aviron, rame
tagmurt : pêche
tagmmut : bouton floral, bourgeon, petit fruit, baie, boule, petit bijou en forme de boule, tête d’ail, d’artichaut, coeur de palmier-datier
tagmmutn tiskert : tête d’ail
tagnrruyt : boulette de fumier
tagrsa, tagwsa, tagursa : charrue (tirée par deux bêtes), soc
tagrurt : enclos, bergerie, étable, écurie
taguli : les deux poignées de grains que le meunier jette dans l’orifice de la meule
taguli : poignée, quantité d’olives, de grains que l’on peut écraser en une seule fois
taguzzit : troupeau
tagwlla ughyul : tige avant la floraison, tige d’artichaut, chardon à fleurs jaunes
tagwmert : chasse
takerza : labours
taldra : belle saison
talkast : pot de terre pour la mesure
tamaxirt : belle saison, estivage
tamewrut : axe du moulin à olives
tamgra : moisson
tammwatt : génisse qui peut labourer
tammwrit : coeur de palmier-datier
tanuttfi : bassin, citerne
tanuri : culture inondée
taqernift : branche de palmier
targa : canal, rigole
tarkkimit : navet
tasemlalt : cerise
tasila : corps de la charrue
tasraft : silo
tasxart : endroit stérile, plage
tawuri : travail
taxsayt : courge
tayyerza : labours
tazart : figue
tazrut : meule volante du moulin à olives
tazzert : fourche
tifcict : plantes arrachées au printemps pour le fourrage d’hiver
tifeggiget : planchette faisant levier et qui sert à régler l’écartement des meules dans le moulin (tadduHant)
tiferkit : croûte (pain, plaie, etc), peau de boeuf brute, écorce
tifidi : plaie au dos d’un chameau, mal causé à la plante des pieds par les pierres
tiflit : canal amenant l’eau de la rivière aux cultures, source dans un cours d’eau
tifnghin : cultures, champs
tifrdi : pâturage, pâture
tifrt, tifrtt : aile, plume, nageoire, petite feuille
tifsit : quantité de laine cordée en une fois
tifst : chanvre, lin
tigit : bordure en terre d’un carré de jardin
tigurdin : plantes arrachées au printemps utilisées comme fourrage d’hiver
tigzdmt, tigzddmt : palmier-nain
tiqqi : genévrier (arbre)
tirkmin : navets
tiskert : ail
titt : oeil, maille, orifice axial de la meule
tiwizi : entr’aide collective
tiznirt : palmier nain, crin végétal
tuga, tugwa, tuya, suga : herbe, herbe fraîche, verte, sèche
uggug, uggugw : barrage, rigole principale d’irrigation, abreuvoir
ugri : glanage
ulli : troupeau de caprins
urti : jardin
uzun : râteau
wadderna : glands

 

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Pour une Union de la Méditerranée des peuples

Posté par algeriedemocratie le 30 janvier 2011

parLounis AggounIn OUMMA.com


 

Tous les mécanismes qui ont permis à la junte militaire de spolier les Algériens de leur liberté à partir de 1988 sont en ce moment même à l’œuvre en Tunisie. Hormis l’armée[1] qui s’en sort dignement et semble pour l’instant honorer sa fonction au service de la protection de son peuple, les autres leviers de la dictature sont intacts. Or, que vaut une révolution qui se contente de la mise à l’écart du dictateur en chef ? À l’instar des groupes terroristes, la loi intangible de la numération impose que, sitôt le n°1 éliminé, le n°2 hérite du rang, rétablissant instantanément le statu quo ante. Le moindre espace de liberté qui n’est pas arraché à la dictature recèle en son sein les ferments de sa remise en cause dès que les projecteurs se seront éloignés.

Une dictature n’a pas vocation à se saborder d’elle-même. Elle peut simplement muer pour redoubler de férocité ; se maquiller et se vêtir opportunément pour se conformer à une nouvelle donne, trouver parmi ses pourfendeurs d’hier des alliés pour lui permettre de garder au moins un pan de sa prédominance (à partir duquel elle ira reconquérir tous les autres), donner l’impression de s’amender pour gagner un répit : son objectif est de demeurer, de se renforcer, et de se présenter sous un visage renouvelé pour des desseins, au mieux, identiques ?

Tout cela, les Algériens l’ont vécu et leur corps, leur environnement, leur psyché, leur volonté, en portent 20 ans après les stigmates indélébiles. Après 1988, l’armée n’a-t-elle pas décidé de rentrer dans ses casernes ? La terrible Sécurité militaire n’a-t-elle pas été dissoute ? Les partis politiques n’ont-ils pas été légalisés, la liberté de la presse n’a-t-elle pas été instaurée ? Le parti unique n’a-t-il pas été réformé, vidé de ses branches pourries ? Des partis attachés à la liberté n’ont-il pas vu le jour ? Les islamistes légalisés en parti n’ont-ils pas promis monts et merveilles ? La libre entreprise n’a-t-elle pas été proclamée ? La constitution n’a-t-elle pas été amendée ? Des élections libres n’ont-elles pas été organisées ? La France ne s’est-elle pas réjouie du processus démocratique naissant et proclamé par tous ses organes qu’elle soutiendrait cette démarche vers la liberté du peuple algérien ? Toutes ces mutations ne dessinaient-elles pas la promesse de vraie démocratie ?

On connaît la suite. L’armée a reculé pour mieux comploter, la SM a été remplacée par un DRS encore plus déterminé à nuire, le FLN a enfanté le RND, multipliant par 2 la problématique du parti unique (deux partis uniques, en quelque sorte), les partis d’opposition démocratique se sont révélés tous (à un degré ou à un autre) inféodés au régime, les islamistes modérés ont imparablement été infiltrés par des terroristes, la presse libre a simplement servi de paravent pour promouvoir des intérêts privés qui se substitueraient aux biens publics. Les Algériens ont alors été soumis à l’une des plus terribles et minutieuses vagues de répression que les siècles les plus noirs ont enfantées ?

Le tort des Algériens ? N’avoir pas battu le fer quand il était chaud… Et s’être, par inadvertance, laissé confisquer leur combat. D’avoir cru trop tôt en leur victoire. D’avoir rendu les armes avant que le dernier de leurs adversaires ait été neutralisé…

En Algérie tout a été planifié de main de maître par la junte militaire dirigée alors par le général Larbi Belkheir, bien conseillé par ses amis et complices français au sein de la galaxie mitterrandienne. La révolte s’étant délitée en quelques jours, le général Nezzar s’est chargé de lui redonner vie en tirant à la mitrailleuse lourde sur des islamistes propulsés au devant de la scène, enclenchant l’engrenage qui débouchera sur une décennie abominable (La mort de 200 000 personnes, pour la plupart des femmes, des enfants, des vieillards sans défense, étrangers à toute volonté de lutte, n’est que la partie émergée de l’iceberg de l’abomination qui a frappé le pays.)

La Tunisie n’est pas à l’abri de se voir administrer la même potion a posteriori : imposer la menace islamiste [2] comme une perspective inéluctable et tout mettre en œuvre pour dresser un rempart, à trouver parmi les militaires au besoin, après une réforme que l’on imposera au nom de la nécessaire transition vers la démocratie et qui enverra à la retraite tous ceux qui refuseront de jouer ce jeu malsain.

La recette pour rééditer le syndrome algérien est simple. Faire profil bas, laisser la tension tomber, le peuple se démobiliser, éreinter peu à peu l’opposition démocratique, donner un coup de pouce aux islamistes[3] pour progressivement les faire apparaître – aux yeux de la population –, bon gré malgré, comme la seule opposition digne d’arracher la liberté des mains des dictateurs revigorés. L’asservissement du peuple tunisien sera alors reconduit au nom de sa sauvegarde, pour faire rempart contre l’intégrisme, sauver les fillettes tunisiennes qui se mettent du vernis sur les doigts, qui parlent français, ceux qui boivent de l’alcool et qui connaissent Jules Ferry, etc.[4]

Il faut donc s’attendre à voir dans les prochains jours fleurir à la télévision française des reportages sur les islamistes tunisiens[5], sur la menace qu’ils représentent, qui éclipseront peu à peu les aspirations réelles de l’extrême majorité à une vie libre, dans un pays où chacun pourra choisir son mode de vie, en son âme et conscience, exprimer ses opinions, se vêtir, s’alimenter et se cultiver selon ses aspirations. Il ne restera peu à peu que l’image en enfilade de croyants se prosternant devant Dieu, « occupant » au besoin la rue pour prier, tant ils seront nombreux[6].

Les élites intellectuelles tunisiennes ont le devoir historique d’empêcher que soit dévoyée la révolution de leur peuple. Ils le doivent aux Tunisiens immédiatement, avant que le fer ne refroidisse (et tous les sacrifices qu’apportera leur intransigeance aujourd’hui sauveront des milliers de vies demain). Ils le doivent aussi à tous les peuples de la région, d’apporter, sans forfanterie, la preuve par l’exemple de l’ineptie du discours de mépris qui voudrait que les « Arabes ne méritent pas la démocratie » et qu’une « dictature éclairée » qui leur donne à manger est le summum à leur consentir.

Pour toutes ces raisons, les élites tunisiennes qui aspirent à ce projet grandiose sont exposées, aujourd’hui même, aux pires dangers. Car, pour tous les prédateurs du monde (les pillards économiques de tous poils, les opportunistes, les tyrans voisins, les ennemis des peuples du Maghreb et d’Orient qui fomentent dans l’ombre pour les maintenir sous le joug de dictatures « stables », vouées donc à s’imposer pour l’éternité, ces pouvoirs qui disposent d’une puissance médiatique absolue), ce projet doit absolument être contrarié et cet exemple empêché d’éclore. Et ils mettront le prix pour l’étouffer avant qu’il soit exposé à la face du monde. Les enchaînements qu’on avancera pour corrompre leur mouvement vers le salut sont entendus : pousser les Tunisiens à faire preuve de patience pour que la transition s’opère en douce : « Ils ont attendu 25 ans, ils peuvent bien patienter 6 mois de plus ! » Or, c’est durant ces six premiers mois que se décidera la réussite ou l’échec de leur libération.

Ceux qui ont participé à la dictature durant des années, participé à la corruption qui a ruiné leur pays, participé à la répression, n’ont aucune légitimité à fonder les lendemains auxquels aspirent les Tunisiens. S’ils ont cependant un rôle à jouer, c’est devant les tribunaux pour certains et, pour d’autres, à répondre de leur rôle devant des commissions d’enquêtes publiques, pour disséquer la dictature, faire que chacun sache par quels mécanismes se perpétue la destruction d’un peuple. Quant aux « opposants » intéressés qui trouveront toujours des raisons valables de collaborer avec les tyrans d’hier, ils mesurent mal l’ampleur de leur compromission et les dérives que peuvent entraîner leurs opportunistes inconséquences.

Les Tunisiens se garderaient bien de recevoir des leçons d’Etats qui ne leur veulent du bien que dans la mesure où ce « bien » prolonge leur asservissement ; pas de la junte algérienne qui ne manquera pas de miner leur révolution, pas davantage de l’élite politique française qui s’est déshonorée à leur égard un quart de siècle durant et jusque dans les heures précédant la fuite du tyran. Les leçons, ils doivent les tirer d’eux-mêmes, de leur histoire, de celle de leurs voisins, dans leur sens du discernement, et chez les seuls maîtres qui vaillent, ceux qui sur les bancs de l’école leur ont appris à réfléchir…

Quant aux Algériens, ils doivent aussi tirer les leçons de l’expérience de leurs voisins. D’abord cesser de s’immoler – c’est-à-dire cesser de prêter main-forte au régime qui les immole depuis un demi-siècle – et orienter leurs efforts contre leurs adversaires, contre ce régime qui les meurtrit. Qu’ils s’organisent, chacun dans le secteur où il officie, pour identifier les coupables et leurs complices, qu’ils réunissent les preuves des corruptions qui les ruinent chaque fois qu’il leur est loisible de tomber sur un document, et qu’ils se préparent à barrer la route, le moment venu, aux tyrans en fuite, pour non pas les lyncher, mais pour les présenter à la justice devant laquelle ils devront répondre de leurs forfaits. Ils apporteront ainsi la preuve qu’ils valent mieux que ceux qui le enchaînent, qui les méprisent. Quant aux islamistes, quand viendra le moment de la libération, qu’ils s’abstiennent de prêter le flanc encore une fois à des velléités qui ne manqueront pas d’émerger pour justifier le renvoi aux calendes grecques les espoirs de leur peuple.

Alors seulement, ces deux pays frères présenteront à la face du monde l’éclatante démonstration que l’Union des peuples est possible, et non cette Union de la Méditerranée que pilote Nicolas Sarkozy qui ambitionne de réunir une solidarité entre dictateurs, sous l’égide néocoloniale d’une France qui tourne le dos à sa grandeur. Alors, le salut dans la Méditerranée viendra du Sud et, tel l’Harmattan, cette espérance humaine viendra balayer le Nord de son souffle salvateur.

 


[1] L’armée du général Khaled Nezzar (en violation de toutes les règles hiérarchiques et constitutionnelles) a tiré sur la foule faisant plus de 1000 morts, avant de s’acharner sur des milliers d’autres, emprisonnés sans motif, sur lesquels elle a pratiqué la torture, le viol physique et psychologique et le meurtre brutal. Avant de faire voter, manu militari, une loi d’autoamnistie qui interdit aux victimes de se souvenir de l’avoir jamais été.[2]Il serait aisé, avec des voisins aussi attentionnés que l’Algérie et la Libye (par exemple), de faire migrer « l’Aqmi » pour s’installer dans le sud de la Tunisie. L’édifice médiatique permettant de convaincre l’opinion internationale que la démocratie n’apportera que la victoire des islamistes est bien rôdée. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à recenser, au cours de la décennie écoulée, combien de scientifiques, de chercheurs, de journalistes, d’hommes politiques, attachés à la démocratie et à la laïcité ont été vus à la télévision française. Le seul qui écume les plateaux a pour nom Mohamed Sifaoui, dont les déclarations dégoulinent de la haine de l’Algérien, trouvant dans chacune des chaînes un relais pour l’introduire. Qui ne connaît pas dans son entourage le Sifaoui tunisien de demain ? 

[3]Ben Ali n’a-t-il pas spontanément invoqué le complot islamiste ? Michèle Alliot-Marie n’a-t-elle pas, pour détourner l’attention de ses offre de services de répression (de l’envoi de mercenaires pour mater la révolution – comme au Mali, au Niger, en Irak, en Mauritanie, etc.) mis en garde contre une menace dans le Sahel (menace d’autant plus « imminente » qu’elle est permanente, pour des raisons faciles à expliquer, les terroristes et ceux qui les combattent relevant d’une même organisation, le DRS algérien, avec la complicité des prédateurs économiques qui peuvent piller les richesses de ces pays « pauvres » en toute impunité). On remarquera que les explications des divers ministres sont de la même tenue puisqu’ils évoquent pour tout mea culpa de n’avoir pas bien mesuré l’exaspération du peuple tunisien – en d’autres mots, l’erreur, ce n’est pas d’avoir soutenu la dictature mais d’avoir surestimé la capacité des Tunisiens à la tolérer.

[4]Pour s’en convaincre, pendant que chacun déplore à demi-mot son engagement passé avec Ben Ali et exprime des regrets de n’avoir pas compris assez tôt l’exaspération (en d’autres mots que l’on l’ait laissée dériver si loin que les Tunisiens ont décidé de la contester), les mêmes poursuivent leurs compromissions morbides avec le régime algérien (la première décision d’un Hollande candidat aux primaires socialistes a été d’effectuer une virée à Alger pour des raisons que l’on a du mal à comprendre autrement que pour quérir un soutien financier). Pourtant, la dictature algérienne est hautement plus meurtrière que son homologue tunisienne et aucune semaine ne passe sans que l’Aqmi, cette organisation qui a son siège aux Tagarins sur les hauteurs d’Alger, ne se manifeste à l’encontre de la France par un méfait quelconque. Chaque fois, Nicoals Sarkozy se présente en « pleureuse » à la télé avant que les choses se tassent : The show must go on !

[5]Le 10 janvier 2010, sur le Grand journal de Canal+, c’est Ali Badou qui reçoit Mohamed Sifaoui sous le titre ronflant de « grand expert du terrorisme » pour parler de la mort des deux jeunes Français enlevés à Niamey. Mohamed Sifaoui, avec Louis Caprioli, deux revers d’une même médaille (le tout récent receleur de cette imposture s’appelle Mathieu Guidère, un écrivain-journaliste-universitaire suisse qui prolonge le « paradis fiscal » d’un « paradis du coup tordu »), celle de l’instrumentalisation du terrorisme international pour permettre la mainmise des puissances occidentales sur les richesses du Sahel. Ali Badou n’en est tellement pas à un forfait de ce type près que quelques ans auparavant, il avait proposé comme ouvrage « indispensable » une caricature cosignée par le même Mohamed Sifaoui. Quant au film de Daniel Leconte et Philippe Val sur les caricatures de Mahomet, le contre-exemple absolu du journalisme honnête, il a été salué comme « brillantissime » par Ali Badou, avec l’ensemble de l’équipe du Grand journal, dans un unanimisme qui n’aurait d’équivalent que dans la télévision de Ceausescu. Ces hommes ne sont que des étages inférieurs de ce que l’on pourrait appeler la verticale de la manipulation, dont les motivations n’ont à voir ni avec l’information, ni la vérité, ni l’humanité, et dont les sommets répondent à des réseaux dont chacun pourra vérifier les effets dévastateurs à travers la planète et dont ne bénéficient que des minorités au pouvoir, des minorités néfastes, prédatrices, meurtrières.

[6]Il suffira alors de donner corps à cette hantise en filmant une explosion ici, l’incendie d’un bar là, un jet de vitriol sur le visage d’une jeune habillée à l’occidentale un jour, le discours enflammé d’un imam un autre (qu’on présentera comme la traduction des aspirations d’une majorité qui, si elle était laissée s’exprimer, plongerait le pays dans la barbarie) ; le climat s’alourdira peu à peu et bientôt les intellectuels laïques seront pris pour cible par les islamistes, éliminant les plus récalcitrants d’entre eux, les autres préférant se murer dans le silence de peur de compter dans le prochain contingent des victimes.

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