• Accueil
  • > Recherche : idir ait maamar

Résultats de votre recherche

Hamid Medjahed:Le parcours d’un précurseur

Posté par algeriedemocratie le 27 octobre 2009

Hamid MedjahedLe parcours d’un précurseur

Il est aussi difficile de parler d’un artiste polyvalent qui a réussi à marquer de son empreinte la chanson  kabyle surtout lorsqu’on parle d’un grand chanteur tel Hamid Medjahed, né en 1949 à la Casbah (Alger). Originaire d’Ichelladhen, à Akbou, ou il n’a jamais coupé les liens. L’enfant de la Casbah s’intéressa depuis son très jeune âgée à la musique, notamment le Châabi, le style le plus répandu à cette époque. Après une longue durée d’essai, il tenta son premier passage à la radio algérienne Chaîne II en juin 1969. L’émission où il a été programmé s’intitule « le Music-hall dhi Mejdahed Radio » animée par Mehenni et Acherouf Idir, et réalisé par Kamel Hamadi. Une entrée bien annoncée pour Hamid Mejdahed. Il a réussi à enregistrer à la chaîne II,  sa première chanson en décembre 1969 qui s’intitule « Ayghar Lakhdaa » (pourquoi la trahison). L’enregistrement était assuré par un orchestre dirigé à cette époque par Maâti Bachir. Par la suite, le chanteur à poursuivit son chemin d’artiste, avec les différents chefs d’orchestre de la Radio. Son répertoire est composé aujourd’hui d’une quarantaine de chansons toutes enregistrées à la radio. Les chefs d’orchestres ayant travaillé avec Medjahed Hamid sont nombreux. Citons parmi eux : Maati Bachir, Teyssir Aklah, Alaine Touhami, Ammari Maamar, Abdallah Kerriou, Mohamed Guechoud, Mohamed Mokhtari, Chérif Kortebi, Mahmoud Aziz ….et d’autres. Il a composé également plusieurs opérettes dont « Assegas Aachrine » de Meziane Rachid et une autre opérette. « Génération après génération », animée par Ben Mokhtar. Le parcours de Medjahed Hamid  est ainsi marqué par l’aide qu’il a constamment apporté aux chanteurs et chanteuses kabyles. Il a composé plusieurs chansons aux chanteurs et chanteuses qui l’ont sollicité. Certains d’entre eux ont pu réussir au fil des ans à s’imposer dans la scène artistique. La liste est longue mais on peut citer à l’occasion Nouara, Djida, Mouloud Habib, Aït Meslayen, Abdelkader Meksa, Méziane Rachid, Tawès…etc.   

Il a participé bénévolement en qualité de musicien dans les studios d’enregistrement, Il a guidé et orienté un grand nombre de chanteurs. Ces derniers vautraient ses qualités en tant qu’artiste. Ses œuvres témoigneront de ce qu’il est. Medjhed Hamid n’a jamais voulu éditer ses chansons sur le marché, partant sur le fait que c’est aux éditeurs de le solliciter et non le contraire. Ce n’est que 38 ans plus tard et sur l’insistance de son public qu’il a enfin accepté d’éditer trois volumes englobant une vingtaine des ses meilleurs chansons. Actuellement, il prépare l’édition du quatrième volume qui sera composé de plusieurs chansons inédites.

Hormis le chanteur, Hamid Medjhed a également et surtout était un animateur. Il a produit plusieurs émissions radiophoniques à la Chaîne II, dont la fameuse émission “Ighneyen Uzeka » les chanteurs de demain. La particularité de cette émission comme le témoignent certains chanteurs était la franchise de Medjahed Hamid. L’animateur était d’un franc-parler devant ses invités. Il s’exprime en toute franchise sur le produit présenté par les hôtes de son émission. Cette émission remonte déjà à une vingtaine d’années, d’où ont émergé plusieurs chanteurs amateurs devenus actuellement des vedettes incontournables. Aussi, il  exerce son rôle de conseiller à l’égard des nouveaux chanteurs qui passent lors des différentes émissions diffusées à l’écran de la télévision algérienne. A présent,  Medjahed Hamid  continue sans cesse de défendre farouchement l’art pour l’art. Par sa franchise, il considère toujours que l’art ne fait vivre que celui qui le pratique.       

Akli Slimani

Le parcours d’un précurseur

Il est aussi difficile de parler d’un artiste polyvalent qui a réussi à marquer de son empreinte la chanson  kabyle surtout lorsqu’on parle d’un grand chanteur tel Hamid Medjahed, né en 1949 à la Casbah (Alger). Originaire d’Ichelladhen, à Akbou, ou il n’a jamais coupé les liens. L’enfant de la Casbah s’intéressa depuis son très jeune âgée à la musique, notamment le Châabi, le style le plus répandu à cette époque. Après une longue durée d’essai, il tenta son premier passage à la radio algérienne Chaîne II en juin 1969. L’émission où il a été programmé s’intitule « le Music-hall dhi Mejdahed Radio » animée par Mehenni et Acherouf Idir, et réalisé par Kamel Hamadi. Une entrée bien annoncée pour Hamid Mejdahed. Il a réussi à enregistrer à la chaîne II,  sa première chanson en décembre 1969 qui s’intitule « Ayghar Lakhdaa » (pourquoi la trahison). L’enregistrement était assuré par un orchestre dirigé à cette époque par Maâti Bachir. Par la suite, le chanteur à poursuivit son chemin d’artiste, avec les différents chefs d’orchestre de la Radio. Son répertoire est composé aujourd’hui d’une quarantaine de chansons toutes enregistrées à la radio. Les chefs d’orchestres ayant travaillé avec Medjahed Hamid sont nombreux. Citons parmi eux : Maati Bachir, Teyssir Aklah, Alaine Touhami, Ammari Maamar, Abdallah Kerriou, Mohamed Guechoud, Mohamed Mokhtari, Chérif Kortebi, Mahmoud Aziz ….et d’autres. Il a composé également plusieurs opérettes dont « Assegas Aachrine » de Meziane Rachid et une autre opérette. « Génération après génération », animée par Ben Mokhtar. Le parcours de Medjahed Hamid  est ainsi marqué par l’aide qu’il a constamment apporté aux chanteurs et chanteuses kabyles. Il a composé plusieurs chansons aux chanteurs et chanteuses qui l’ont sollicité. Certains d’entre eux ont pu réussir au fil des ans à s’imposer dans la scène artistique. La liste est longue mais on peut citer à l’occasion Nouara, Djida, Mouloud Habib, Aït Meslayen, Abdelkader Meksa, Méziane Rachid, Tawès…etc.   

Il a participé bénévolement en qualité de musicien dans les studios d’enregistrement, Il a guidé et orienté un grand nombre de chanteurs. Ces derniers vautraient ses qualités en tant qu’artiste. Ses œuvres témoigneront de ce qu’il est. Medjhed Hamid n’a jamais voulu éditer ses chansons sur le marché, partant sur le fait que c’est aux éditeurs de le solliciter et non le contraire. Ce n’est que 38 ans plus tard et sur l’insistance de son public qu’il a enfin accepté d’éditer trois volumes englobant une vingtaine des ses meilleurs chansons. Actuellement, il prépare l’édition du quatrième volume qui sera composé de plusieurs chansons inédites.

Hormis le chanteur, Hamid Medjhed a également et surtout était un animateur. Il a produit plusieurs émissions radiophoniques à la Chaîne II, dont la fameuse émission “Ighneyen Uzeka » les chanteurs de demain. La particularité de cette émission comme le témoignent certains chanteurs était la franchise de Medjahed Hamid. L’animateur était d’un franc-parler devant ses invités. Il s’exprime en toute franchise sur le produit présenté par les hôtes de son émission. Cette émission remonte déjà à une vingtaine d’années, d’où ont émergé plusieurs chanteurs amateurs devenus actuellement des vedettes incontournables. Aussi, il  exerce son rôle de conseiller à l’égard des nouveaux chanteurs qui passent lors des différentes émissions diffusées à l’écran de la télévision algérienne. A présent,  Medjahed Hamid  continue sans cesse de défendre farouchement l’art pour l’art. Par sa franchise, il considère toujours que l’art ne fait vivre que celui qui le pratique.       

Akli Slimani

source:dépêche de kabylie

Publié dans MUSIQUE ALGERIENNE(35) | Pas de Commentaires »

Chronologie du mouvement berbère d’aprés 1980

Posté par algeriedemocratie le 30 août 2009

Chronologie du mouvement berbère d’aprés 1980

21 juin 2005

addthis_url = location.href; addthis_title = document.title; addthis_pub = ‘sif’; 1 au 31 Août 1980 :

Un grand nombre de militants du Mouvement culturel berbère et de la démocratie, composé de spécialistes en histoire, sociologie, linguistique, cinéma… et de citoyens autodidactes se réunissent, durant un mois, à Yakouren (Azazga) dans un séminaire.

Ce premier séminaire du Mouvement culturel berbère avait pour tâche de préparer un document, devant refléter les revendications et les propositions du mouvement, pour être présenté à la discussion au sein du Comité central du FLN qui préparait un débat général concernant le dossier culturel.

Le séminaire de Yakouren avait pour objet de  » poser (…) clairement le problème de la culture en Algérie afin de dépasser les fausses accusations dont la presse nationale notamment s’est encore récemment faite l’écho, et dont les propos incendiaires ont failli conduire à l’irréparable ».

Ce problème de culture en Algérie s’articule, selon les séminaristes, autour de trois axes principaux : 1- Le problème de l’identité culturelle du peuple algérien. 2- Le problème des libertés d’expression culturelle. 3- Le problème de la culture dans la politique de développement.

Voici quelques propositions de différentes commissions du séminaire

La commission « culture et développement de la société » propose entre autres :
-  La décentralisation des moyens et des pouvoirs de décision : consulter et faire participer les travailleurs et les paysans dans ce domaine.
-  L’équilibre régional économique avec pour critère de base la minimisation des migrations de travail
-  La démocratisation de l’enseignement, son authenticité et sa progression dans le but de former un Algérien capable de répondre aux aspirations des masses Laborieuses au niveau de tous les domaines.
-  Promouvoir l’utilisation et l’enseignement du berbère et de l’Arabe algérien
-  Promouvoir l’épanouissement et la transmission de notre patrimoine culturel dans un cadre moderne et progressiste en fonction de révolution globale de la Société.

La commission « Langues populaires » quand à elle propose entre autres de :
-  Mettre fin a la marginalisation de la culture du peuple algérien, donc de défi­nir la culture nationale en fonction de la culture populaire dans toute Sa diver­sité. Ceci implique la reconnaissance institutionnelle des langues du peuple algérien (arabe algérien et tamazight) en tant que langues nationales.
-  Donner les moyens publics de développement suppose ré-appropriation, enri­chissement et diffusion.

Le rapport de la commission « Libertés d’expression culturelles » propose de
-  Permettre au journaliste de jouer son rôle d’informateur objectif sur le sujet traité, par le droit à la critique et au commentaire ; ceci passe par la levée des entraves de la censure, des blocages au niveau des moyens matériels (locaux, laboratoires, photo etc..).
-  Utiliser les langues du peuple algérien (arabe algérien, berbère) dans le système de l’information, au moins dans un premier temps au niveau de la Radio et de la Télévision, par la suite (…) au niveau de la presse écrite ;
-  Faire du journal télévisé un véritable « télévisé » et non « parlé », par le droit au journaliste à une information contradictoire à celle d’autres organes en lui lais­sant la possibilité de l’argumentation…
-  Décentraliser les moyens de l’information au niveau national…
-  La circulation d’une information objective à tous les niveaux…
-  La synthèse des travaux du Séminaire de Yakouren. In : « Préparation du dos­sier culturel – Séminaire de Yakouren.

14 Septembre 1980 :

Coup d’envoi de l’arabisation des sciences sociales à l’Université.

26 Décembre 1980 :

Un groupe de militants berbéristes dépose à la wilaya de Tizi-Ouzou les statuts d’une associa­tion à caractère culturel dénommée Tiwizi (entraide). Une année après aucune réponse n’a été donnée par les autorités.

Création du Haut Conseil de la Langue Nationale (HCLN) – sous la présidence de Abdelhamid Mehri. Sa mission est d’appliquer la résolution du Comité Central du FLN de juin 1980.

12 Mars 1981 :

Ouverture du débat sur la politique culturelle nationale au sein du parti FLN.

15 Mars 1981 :

Grève générale de 24 heures et meeting à Tizi-Ouzou regroupant des milliers de personnes pour protester contre la ligne officielle lors du débat national sur la culture.

19 et 20 Avril 1981 :

Manifestations à Tizi-Ouzou pour com­mémorer le 1er anniversaire des événements de Kabylie d’avril 1980. Elles répondent à l’appel de la coordination qui a regroupé les étudiants, lycéens, enseignants et travailleurs pour faire du 20 avril une journée anti-répression et pour réaf­firmer les positions du mouvement culturel berbère : « arabe algérien et tamazight = langues nationales ; reconnaissance des libertés démocratiques, libération des prisonniers… ».

Ces manifestations drainent des foules d’environ 10000 personnes. La journée du 20 avril sera commémorée chaque année comme symbole du combat amazigh et aussi un signe de la continuité du Mouvement culturel berbère.

29 Avril 1981 :

Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Salem Chaker, M’hamed Issiakhem, Mohand Idir Ait-Amrane et d’autres universitaires et militants berbéristes déposent, au ministère de l’Intérieur, une demande d’agrément d’une association culturelle dénommée « Amuger ». L’objectif de l’association est de « favoriser l’épanouissement de la culture populaire et de participer à son enrichissement par la promotion du patrimoine culturel national dans toutes ses com­posantes, notamment la langue berbère ».

19 Mai 1981 :

A l’occasion de la journée nationale de l’Étudiant une marche est initiée par des établissements publics et administratifs (lycées, unités économiques et de services) à Béjaïa. Les manifestants scandent des mots d’ordre tels que :
-   »Non au détournement du projet universitaire de Béjaïa.
-  Reconnaissance des langues populaires (arabe algérien et tamazight).
-  Résolution des problèmes de la jeunesse du département.
-  Pour les libertés démocratiques. »
-  Les forces de l’ordre interviennent et l’excitation engendre l’affrontement. Des actes de vandalisme sont enregistrés. Un couvre-feu a, semble-t-il, été instauré à Béjaïa à partir de 18h 30.

Des arrestations massives touchent les membres des col­lectifs et comités culturels de la région de Béjaïa. Trente et un militants sont arrêtés. Les chefs d’inculpation sont :
-  Rassemblement, incitation au rassemblement, partici­pation et distribution de tracts à but de propagande.

Dans une lettre ouverte au président Chadli Bendjedid, envoyée probablement au courant du mois de novembre 1981 de la prison civile de Béjaïa, ces inculpés dénoncent les sévices corporels (coups de pieds, coups de poing, violences au niveau de l’appareil génital…) et autres tortures, morales (attente, intimidation avec armes, menaces…). Ils dénoncent également le non-respect du délai de garde à vue (allant jus­qu’à 120h).

Dans cette lettre, les détenus signalent au Président de la République qu’ils ont été contraints de reconnaître des faits qu’ils n’ont jamais commis et de signer obligatoirement les procès verbaux.

Ces inculpés sont les suivants : Med Cherif Bellache (lycéen), Boukhalfa Bellache (lycéen), Med Larbi Boutrid (lycéen), Salah Taybi (lycéen), Azzedine Madaoui (lycéen), Zaher Chibane (lycéen), Djamel Menguelati (lycéen), Zaher Aouchiche (lycéen), Med Salah Messalti (lycéen), Mokrane Agoun (lycéen), Zoubir Tarki (lycéen), Med Said Belalouache (lycéen), Abdennour Yanat (lycéen), Ali Benamsili (lycéen), Mustapha Brahiti (lycéen), Farid Zadi (lycéen), Med Akli Benalaoua (lycéen), Abdelaziz Merabet (lycéen), Mouloud laichouchene (lycéen). Ali Gharbi (enseignant), Abdelkader Guidjou (enseignant), Ali Dai (enseignant), Salati Moussouni (enseignant), Tayeb Chebi (enseignant), Mohamed-Ourabah Ait Heddad (enseignant). Kamel Merdes (fonctionnaire), Khelil Aizel (fonctionnaire), Moussa Talbi (ouvrier), Mouloud Belal (ouvrier). Hamid Lakhdari (employé). Moussa Cheurfa (agent technique).

19 Mai 1981 :

Seize (16) personnes sont arrêtées à Akbou dans la wilaya de Béjaïa. Ils sont condamnés à des peines allant de quelques mois à quatre ans de prison. Ce sont : Amar Boukedami, Smail Ait Meddour, Belkacem Souagui, Zoubir Chekkar, Mebrouk Hamidouche, Abdesslam Tiar, Smail Maamri, Mokrane Baaziz, Abdennour Benyahia, Abdennour Meldiloufi, Abdelmalek Halfaoui, Abderrahmane Nasroune, Youcef Chilha, Hider Chikhoune, Zoubir Berkani, Amar Idri.

A l’occasion de la journée nationale de Étudiant, des étudiants et travailleurs de l’Université d’Alger, militants du Mouvement culturel berbère et militants démocrates tiennent un meeting d’information dans l’enceinte l’université. Des militants bâathistes interviennent pour briser le meeting et une confrontation violente entre les deux s’ensuit . La police intervient, occupe l’université et fait arrêter les militants berbéristes. Les arrestations ne touchent qu’un seul camp, celui des berbéristes. Les éléments bâa­thistes, après leurs méfaits, sortent sous la protection des ser­vices de police.

23 Mai 1981 :

Vingt-deux étudiants et travailleurs de l’Université d’Alger, membres des collectifs d’étudiants, militants du Mouvement culturel berbère, sont arrêtés par la police à Alger suite à l’incident du 19 mai 1981. Les chefs d’inculpation sont :
-  atteinte à la sûreté de l’État ;
-  atteinte à l’unité nationale ;
-  constitution de collectif à caractère subversif ;
-  complot-rébellion, atteinte à la personnalité nationale -rédaction, détention et diffusion de tracts et de documents séditieux – association de malfaiteurs – port d’armes prohibées – destruction de biens publics et de monuments – attroupement. ».

Lors de l’interrogatoire dans les locaux de la police, les inculpés sont interrogés sur leurs opinions, leur position vis-à-vis de la question berbère, leurs activités au sein du collectif démocratique à l’université et l’incident du 19 mai

Ces vingt-deux détenus sont les suivants : Abdennour Houati, Lakhdar Mames, Meziane Ourad, Rabah Belahouane, Cherif Akeb, Arezki Benramdane, Arezki Ait-Larbi, Mokrane Laksi, Mohamed Ameziane Bencheikh, Mustapha Benkhemmou, Ali Ihadadene, Omar Zeggane, Hachimi Ihadadene, Salah Boukrif, Rachid Bouchenna, Abderrazak Hammouda, Rachid Kaci, Mouloud Fellag, Youcef Ait-Chelouche, Ihsene Elkadi, Messaoud Lahma ; Mustapha Bacha.

3 Août 1981 :

Les forces de l’ordre investissent le centre universitaire de Tizi-Ouzou (C.U.T.O) afin d’empêcher la tenue d’une université d’été dont l’objectif est le débat sur langue et la culture amazigh ainsi que la formation accélérée d’enseignants.

Les forces de l’ordre occuperont l’université jusqu’au 6 septembre 1981.

Rachid Aliche publie le premier roman en berbère chez Fédérop en France. Intitulé « Asfel, il traite de la quête de la berbérité. « Asfel » sera suivi de « Askuti »(Le boy scout) de Saïd Sadi, de « Fafa » de Rachid Aliche de « Id d wass » de Amar Mezdad et d’autres romans tels que « Tafrara » de Salem Zenia.

23 Septembre 1981 :

Le ministre de l’Enseignement supé­rieur, M. Abdelhak Brerhi annonce la création de quatre départements de culture et dialectes populaires dans les uni­versités d’Alger, d’Oran, de Constantine et de Annaba. 6 Octobre 1981 :

Hocine Sadi alias Hend, animateur du Mouvement culturel berbère et enseignant au centre universitaire de Tizi-Ouzou, adresse une « lettre aux citoyens ». Dans cette lettre Hend Sadi dénonce un autre instrument de répression utilisé par le pouvoir, à savoir l’appel qu’il vient de recevoir pour le service national, alors qu’une carte de dispense pour cause de maladie lui a été délivrée par les ser­vices de l’hôpital militaire Maillot en 1977.

reçoit l’ordre d’appel et il est affecté à Batna qu’il refuse de rejoindre. Pour lui il s’agit « de maquiller la répres­sion en la revêtant de l’uniforme militaire. Cela présente éga­lement l’avantage que le tribunal militaire offre plus de pos­sibilités que la justice civile qui a du mal avec les détenus du mouvement culturel d’El-Harrach et de Petite-Kabylie.

12 Octobre 1981 : Par décision du ministère de la Santé publique, le Dr Saïd Sadi, médecin à l’hôpital de Tizi-Ouzou et animateur du Mouvement Culturel Berbère est muté à Khenchela.

Cette mutation est venue après la vague d’arrestations qu’a connue la Kabylie (Tizi-Ouzou et Béjaïa) et Alger, touchant des militants berbéristes, après la fermeture du centre universitaire de Tizi-Ouzou, et aussi après l’appel au service national de Hend Sadi.

Un mouvement de solidarité pour la réintégration du Dr Sadi est initié, particulièrement par le Comité de wilaya de Tizi-Ouzou de l’Union médicale algérienne (U.M.A). Ce comité sera dissout par les autorités locales en 1985.

Au même moment, deux travailleurs de la Sonelec (devenue ENIEM) de Oued-Aissi (Tizi-Ouzou) ainsi que trois autres travailleurs de la Sonitex (Société nationale des industries textiles) de Draa-Ben-Khedda (Tizi-Ouzou) sont mutés en dehors de leur Wilaya.

Moussaoui Khellaf et Berdous Maamar (un des 24 déte­nus d’avril 1980) de la Sonelec ; Rabah Benchikhoune, contremaître à la Sonitex, est muté à EI-Harrach. Brahim Bentaleb, chef de service à la Sonitex, est muté à Alger. Mahmoud Ainouz, acheteur à la Sonitex, est muté à Bab-Ezzouar. Ce dernier a, semble-t-il, été surpris en train de diffuser un tract appelant la population à boycotter l’ensei­gnement et à une grève pour le 28 septembre 1981.

28 Octobre 1981 : Les inculpés du 19 mai 1981 de Béjaïa après cinq mois de détention comparaissent devant la cour correctionnelle de Béjaïa. Ils sont condamnés à des peines allant de 10 mois à 4 ans de prison et 5 années d’interdiction de l’enseignement pour Salah Moussouni, professeur de l’enseignement secondaire (P. E. S) et Tayeb Chebi (P.E.S). Deux sont relaxés.

Dans leur lettre ouverte au Président Bendjedid, que nous avons déjà citée, ils informent ce dernier des conditio­ns judiciaires anormales dans lesquelles s’est déroulé leur procès. Il s’agit notamment de la durée puisque le procès s’est tenu dans une seule journée, pour juger 28 personnes. Ils informent aussi le Président qu’ils n’ont pas bénéficié d’une défense, leurs avocats ayant été exclus de l’audience et aussi que les questions du juge d’instruction ne correspondaient pas aux chefs d’inculpation. Ils rejettent les peines qui « ne reflètent pas les actes dont (ils ont) été accusés ».

Le même jour trois étudiants du centre universitaire de Tizi-Ouzou : Aziz Tari, Djamel Zenati et Idriss Lamari, présents au procès après leur convocation par le juge sont condamnés à quatre années de prison. Tous les détenus jugés et condamnés feront appel.

14 Novembre 1981 :

Vingt cinq des détenus de la prison de Béjaïa entament une grève de la faim pour protester contre leur détention et les conditions de déroulement de leur procès. Ils mettent fin à leur grève le 22 novembre 1981, après avoir obtenu une réponse positive, de voir leur affaire repasser en justice en décembre 1981.

25 Novembre 1981 :

Le tribunal de Tigzirt (Tizi-Ouzou) convoque neuf anciens condamnés d’août 1976, de Ouaguenoun. Ces militants du Mouvement berbère : Ali Yousfi (26 ans, agent d’administration), Mohamed Arezki Bellil (26 ans, agent d’administration), Akli Adjioua (27 ans, journalier), Hassène Messaoudène (29 ans, technicien), Ahmed Chelli (27ans, secrétaire d’administration), Belaïd Serdjane (26 ans, journalier), Rabah Chikhaoui (27 ans, journalier), Mohamed Idiri (26 ans, maçon), Amar Ait-Ali (25 ans, journalier) avaient été condamnés en 1976 à des peines allant de 3 à 12 mois de prison préventive pour déten­tion de l’alphabet Tifinagh, distribué par I’ Académie Agraw Imazighen de Mohand Arab Bessaoud.

13 Avril 1982 :

La communauté universitaire de Tizi-Ouzou appelle, dans un tract, à la commémoration de la journée du 20 avril 1980 journée anti-répression pour « dire ensemble nous n’avons pas oublié » (…) que le 20 avril 1980, le gouvernement a lâché ses chiens sur les étudiants et les travailleurs de la région pour toute réponse à la revendication culturelle pacifique ».

Il est dénoncé, à travers ce tract, la répression qui conti­nue sous d’autres formes, menée par le pouvoir contre la revendication de tamazight et de la liberté d’expression, licenciements, les mutations arbitraires et les exclusions de lycéens sympathisants du Mouvement.

La communauté universitaire de Tizi-Ouzou se solidarise avec toutes les victimes de la répression pour délit d’opinion et revendique la reconnaissance des langue populaires algériennes comme langues nationales (le berbère et l’arabe populaire) et le respect des libertés démocratiques.

Par ailleurs, une semaine culturelle et de solidarité avec les détenus du Mouvement culturel berbère est programmée du 17 au 24 avril 1982. Une table ronde est prévue sur l’histoire du mouvement nationaliste algérien avec les colonels Amar Ouamrane, Slimane Dehiles dit Sadek, Tahar Zbiri et les avocats du collectif. Est prévu aussi le baptême des cités universitaires de M’douha (jeunes filles) et Hasnaoua pour leur attribuer les noms de Taos Amrouche et Belkacem Krim. Ferhat Mehenni, Malika Domrane, le groupe Ichen­wiyen du Chenoua et d’autres doivent animer un gala. Le même jour les responsables de l’université interdisent l’affichage et la tenue d’assemblées générales.

14 Avril 1982

Le préfet de Tizi-Ouzou prend contact avec les comités de cité pour discuter des évérements qui viennent de se dérouler. Il leur signifie que « les baptêmes constituent des actes de rébellion qui appelleraient l’intervention des forces de l’ordre « quitte à reproduire le 20 avril 1980″

15 Avril 1982 :

Par un communiqué signé par le conseil de université (CUTO) et le conseil de la direction du COUS et sur décision ministérielle, les étudiants sont informés de la fermeture de « l’ensemble des infrastructures universitaires à partir du samedi 17 avril 1982 et les infrastructures d’hébergement le 16 avril 1982 à 18h et ce jusqu’à une date ultérieure.

18 Avril 1982 :

Les gendarmes occupent le centre universitaire de Tizi-Ouzou

20 Avril 1982 :

Les lycéens de la région de Tizi-Ouzou déclenchent une grève spontanée. Elle est suivie par la fermeture de leurs lycées.

Un arrêt de travail de protestation d’une durée de deux heures est observé par les travailleurs de l’usine Sonelec de Oued-Aïssi.

Les actes de protestation des lycéens sont considérés par le Secrétaire État à l’Enseignement secondaire et tech­nique dans une circulaire du 3 mai 1982, adressée aux directeurs de l’Education, chefs d’établissements, inspecteurs et enseignants de son secteur et aux associations des parents d’élèves, comme « des tentatives d’agitation » conduites par des « aventuriers » dans le but d’utiliser les élèves à des « fins contraires à l’intérêt de la révolution, en semant le doute, la confusion ». Il y rappelle le rôle de l’éducateur dont la mis­sion est d’orienter l’élève dans la voie qui le préservera de tout extrémisme et déviation, conformément aux principes du FLN et aux options fondamentales de notre peuple ».

L’école doit être, selon le Secrétaire État, une pépinière active du Parti, le FLN. Il invite les directeurs de l’éducation et les chefs d’établissements à informer les services de son secteur de toute perturbation.

7 Juillet 1982 :

Un magister de culture populaire est créé par arrêté et implanté au sein des instituts de langue et de culture arabes d’Alger, d’Oran, de Constantine, et d’Annaba.

2 Novembre 1982 :

Après les événements du 19 mai 1981, provoqués par une agression d’islamo-bâathistes contre des étudiants et travailleurs berbéristes et démocrates, et qui a vu les islamistes prendre le dessus, l’embrigadement des universités et des cités universitaires par les islamistes et les bâathistes commence avec la bénédiction du pouvoir. Les étudiants berbéristes essayent de réoccuper le terrain.

C’est ainsi qu’un groupe d’étudiants de la cité universitaire de Ben-Aknoun dont faisait partie Kamel Amzal, étudiant à l’institut des langues étrangères de l’Université d’Alger et militant berbériste, et après des réunions restreintes, décide d’afficher dans le foyer de la cité un appel à une assemblée générale. A ce moment interviennent des islamo-bâathistes qui déclenchent un affrontement. Il se solde par l’assassinat de Kamel Amzal qui tenait une affiche, avec une arme blanche, par les intégristes islamistes.

28 Janvier 1983 :

Slimane Azem, poète et chanteur kabyle, meurt en exil à Moissac (Tam et Garonne) en France à l’âge de 65 ans, suite à une maladie.

11 Février 1983 :

Salem Chaker, chercheur et militant berbèriste vivant en France est interpellé à son arrivée, de retour au pays, à l’aéroport d’Alger. Il est convoqué et interrogé par la police. Il regagne, le 27 février 1983 la France après plusieurs tracasseries, moyen trouvé par le pouvoir pour intimider les militants berbéristes.

C’est durant cette période que le Président Chadli entame une visite en Kabylie. Elle est boycottée par la population et même par les lycéens de Tizi-Ouzou mobilisés spécialement pour recevoir le Président, montrant ainsi leur mécontentement et leur refus de la politique du pouvoir.

20 Avril 1983 :

Commémoration du troisième anniversaire de la journée du 20 avril. Des conférences, projections de films, galas et présentation de pièces de théâtre sont au programme.

Une conférence axée essentiellement sur le mouvement national algérien et la question berbère est présentée par Maître Mabrouk Belhocine, ancien militant du PPA et du FLN.

Des grèves symboliques et des recueillements sont, par ailleurs, observés par les lycéens, étudiants et travailleurs de la région.

8 Mai 1983 :

Un texte signé par 31 militants du Mouvement Culturel Berbère est envoyé au Président de la République pour réaffirmer que leurs revendications (reconnaissance officielle des langues populaires, tamazight et arabe algérien, Libertés démocratiques), restent entières.

Saïd Sadi publie un roman en berbère intitulé « Askuti » (le boy scout). Il raconte l’histoire d’un jeune lycéen qui a rejoint le maquis en 1956 et qui se retrouve tortionnaire après l’indépendance, dans les locaux de la police, jusqu’en 1980

Début Avril 1984 :

La communauté universitaire de Tizi-Ouzou rend public un tract pour la célébration du 4e anniversaire du Printemps berbère. Dans ce document, les berbéristes mettent l’accent sur leur décision de prendre dorénavant en charge eux-mêmes les problèmes et les reven­dications. Ils proposent :
-   »(La) généralisation de l’enseignement de tamazight aux universités, lycées, entreprises, villages… ;
-  (1’) organisation des comités (de villages, de cités, de quartiers, d’usines… ) pour solutionner les problèmes sociaux et développer des activités culturelles et renforcer la solidarité populaire ;
-  (la) lutte contre les courants passéistes (maraboutisme, intégrisme) qui bloquent le progrès de (la) société ;
-  (le) soutien aux luttes populaires qui visent à réaliser plus de liberté et de justice sociale (lutte des femmes, ouvriers, étudiants, paysans…) ».

12 Avril 1984 :

Un groupe de fils de chouhada militants du Mouvement culturel berbère adresse au wali de Tizi-Ouzou une demande d’agrément d’une association à but non lucratif dénommée « Tighri ». Cette association s’est fixé pour objectifs, entre autres, « la contribution à l’écri­ture et la vulgarisation de l’histoire du mouvement de libération nationale, par des études, enquêtes, sémi­naires… La contribution à la vie culturelle, défense de la mémoire des martyrs et des principes fondamentaux pour lesquels ils se sont sacrifiés… ». Cette demande d’agré­ment leur sera refusée par le wali le 14 juin 1984. Moins d’une année après, une campagne de répression sera lan­cée par le pouvoir. Plusieurs dizaines de fils de martyrs et militants berbéristes seront emprisonnés.

16 Avril 1984 :

Le sous-préfet d’Azazga rejette la demande de passeport du chanteur Ferhat Mehenni. La cause évoquée est « l’avis défavorable des services de sécurité ».

Un autre berbériste, Ramdane Achab, enseignant de mathématiques au CUID et enseignant de tamazight (enseignement non autorisé officiellement) a vu, lui aussi, sa demande de passeport rejetée le 6 août 1984.

20 Avril 1984 :

Commémoration exceptionnelle du 4e anniversaire du 20 avril. Les festivités durent, pour la première fois, six jours. Elles sont variées et nombreuses : projections de films, conférences animées par Mahfoud Kaddache (historien), Rachid Mimouni (écrivain) et Nabil Farès (écrivain), exposition sur les événements d’avril 1980, les détenus du mouvement berbériste, pièces de théâtre en arabe et en kabyle, soirée poétique et gala à Oued-Aïssi.

13 Mai 1984

Les services de police de l’aéroport d’Alger interpellent Saïd Doumane, militant berbériste et enseignant au CUTO, et s’opposent à son départ pour la Pologne où il devait prendre part à un colloque international universitaire, sans lui donner aucune explication.

Juin 1984 :

Mokrane Chemime, militant berbériste et détenu de 1980 est convoqué à Sétif pour, selon Tafsut, « détention préventive ». Il est emprisonné durant cinq jours. il est libéré après avoir entamé une grève de la faim

25 Octobre 1984 :

Arezki Abbout, secrétaire général de la section syndicale du CUTO, militant berbériste et membre de l’Association des fils de chouhada et Ferhat Mehenni, lui aussi membre de la dite association, sont arrêtés à leurs domiciles. Ils sont conduits à Blida où ils subissent des interroga­toires.

7 Février 1985 :

A l’ouverture du Séminaire sur l’histoire de la révolution algérienne en wilaya III (la Kabylie), six membres du comité de wilaya de Tizi-Ouzou des enfants de chouhada (martyrs de la révolution) Noureddine Aït-Hammouda (fils du colonel Amirouche), Mokrane Ait-Larbi (avocat), Nacer Babouche, Rabah Benchikhoune (travailleur licencié de Cotitex de Draa-Ben-Khedda), Amar Fali (médecin) et Ferhat Mehenni (chanteur- Imazighen Imoula), voulant prendre la parole, sont arrêtés par la police.

Dans un appel à la population lancé le 10 février 1985, le comité des enfants de chouhada de la wilaya de Tizi-Ouzou rappelle que le seul crime des prisonniers « a été d’avoir dénoncé publiquement la confiscation et l’exploitation tendancieuse qui est faite de la mémoire des martyrs, par ceux qui veulent légitimer leur domination, et revendiqué le droit à la parole et la dignité pour tous les citoyens »

Ils dénoncent notamment l’arbitraire, la répression, la confiscation de la mémoire des martyrs et la falsification de l’histoire.

9 Février 1985 :

Le Dr Saïd Sadi, un des animateurs du Mouvement culturel berbère, rejoint les inculpés du 7 février. Il est kidnappé en ville (Tizi-Ouzou) pour avoir manifesté sa solidarité avec les détenus en question.

13 Février 1985 : Les six détenus devenus sept sont jugés, en présence de milliers de citoyens mobilisés par le comité des enfants de chouhada, pour « délit de droit commun » par le tribunal de Tizi-Ouzou qui prononce la relaxe.

Dans une déclaration où ils expliquent les causes et les effets de leur arrestation, les relaxés lancent un appel à l’union de tous les Algériens « afin d’imposer un État de droit qui garantisse à tout citoyen la liberté d’expression ».

Ils interpellent le pouvoir pour qu’il  » admette que les problèmes sont posés hors de ses structures et que leurs solutions ne peuvent être que politiques ».

5 Juin 1985

De violents affrontements entre les Mozabites (berbérophones de rite ibadhite) et les M’dabih-Chaambas (arabophones de rite malikite) sont déclenchés à Ghardaïa

Ces affrontements intercommunautaires font deux morts, une cinquantaine de blessés et occasionnent la destruction de plusieurs édifices, magasins, petites unités de production, vitrines et écoles appartenant aux Mozabites.

30 Juin 1985 :

Un groupe de militants des droits de l’homme tous militants du Mouvement culturel berbère, dépose une demande d’agrément et les statuts de la « Ligue algérienne pour les droits de l’homme » (LADH). Ses objectifs sont :

-  La défense des libertés fondamentales individuelles et politiques ;

-  La dénonciation, quelles que soient les motivations, des violations caractérisées des droits de l’homme, et des atteintes à la liberté de pensée, d’expression, d’opinion, de réunion, d’association, culturelle, syndicale, etc. »

La naissance de cette ligue dite « berbériste », par le fait de sa composante humaine, la plupart de ses cadres sont ani­mateurs du Mouvement culturel berbère, est venue suite aux divergences nées entre les militants des droits de l’homme de diverses tendances politiques et idéologiques au sujet des points suivants :

-  La présidence de la ligue, sa relation avec le FLN, son affiliation à la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH).

L’idée de sa création mûrit au courant de l’automne 84, au sein d’un groupe de militants du Mouvement culturel berbère de Tizi-Ouzou et d’un groupe d’avocats d’Alger et de Tizi-Ouzou . Ils envisagent de constituer une « organisation berbère (kabyle) de défense des droits de l’homme ».

Mais le souci de créer une ligue nationale et non locale pousse ce groupe à élargir son champ à d’autres militants appartenant à d’autres régions du pays. C’est ainsi que des contacts sont pris, à la mi-décembre 1984, par l’intermé­diaire de Maître Hocine Zehouane, avec d’autres militants d’Alger : des universitaires marxistes, d’anciens respon­sables du FLN de la wilaya IV, d’anciens maquisards, des éléments d’extrême gauche trotskistes (OST) et des uni­versitaires indépendants. La majorité des militants d’Alger, non berbéristes, choisissent en mars 1985 Maître Omar Menouer pour présider la ligue naissante, écartant ainsi Maître Abdenour Ali-Yahia proche des berbéristes. Ces der­niers, minoritaires, se retirent et fondent leur propre ligue : la LADH.

La LADH ne reçoit pas d’agrément. Ses membres fon­dateurs seront sérieusement réprimés et emprisonnés par le régime. Une campagne de presse est déclenchée contre eux les accusant d’être des « opposants au régime », des « ’anti-nationalistes » et des « berbéristes manipulés ».

« Le recours à la tromperie sous le couvert des « droits de l’Homme », dira le Président Chadli Bendjedid dans un dis­cours en décembre 1985, « n’est en fait qu’un prétexte pour la création d’un parti politique servant les intérêts des enne­mis de l’Algérie. Ce que nous ne pouvons en aucun cas admettre, quelles que soient les circonstances. De même nous n’acceptons aucune leçon de quiconque en matière de respect des droits de l’individu, garantis par les lois du pays. »

5 Juillet 1985 :

En dehors du cadre officiel et des cérémonies organisées par le pouvoir et l’Organisation nationale des moud­jahidine (ONM), un grand nombre de fils de chouhada (martyrs de la révolution) déposent des gerbes de fleurs à la mémoire des martyrs le jour de la fête de l’indépendance, au cimetière d’El-Alia à Alger et dans d’autres villes du pays. Le pouvoir réagit en déclenchant une série d’arrestations. Plusieurs dizaines de personnes sont successivement arrêtées à Tizi-OuZou, Boumerdes, Tipaza, Chlef, Khenchela Parmi eux des militants berbéristes Il s’agit notamment de : Arezki Abbout, Nouredine Ait-Hamouda, Arezki Ait Larbi, Nacer Babouche, Rabah Ben­chikhoune, Mokrane Chemime, Belkacem Adjroud, Hazerchi Bouzid, Ali Faouzi Rebaine, Rachid Fennoune, Kouider Arrous et Ahmed Mekaoucha.

Ils seront tous les douze déférés une semaine après devant la Cour de sûreté de État à Médéa et incarcérés à la prison de Berrouaghia.

Un comité de soutien aux détenus est constitué le même jour (5 juillet 1985) à Tizi-Ouzou . Il est composé de fils de Chouhada et de militants du Mouvement culturel berbère. Ce comité jouera un rôle important dans l’information aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Il contribuera à la Constitution d’un collectif d’avocats pour défendre les détenue­s, distribuera des tracts, des pétitions, fera des démarches auprès des autorités locales (wali, police…), organisera des quêtes en faveur des familles des détenus…

Dans son premier bulletin d’information daté du 5 juillet 85, et après avoir annoncé les arrestations, ce comité invite à la mobilisation et à la vigilance. Il déclare son refus de l’oppression : « non au règne de la répression et de l’arbitraire policier ». Il demande la libération des détenus, le respect de la mémoire des martyrs et le respect des libertés démocratiques et des droits de l’homme.

9 Juillet 1985 :

A 19 heures, à la sortie de son bureau, dans le centre d’Alger ; Maître Abdenour Ali-Yahia, avocat au barreau d’Alger, ancien ministre, membre du Comité central du FLN (1964) et co-fondateur de l’UGTA, président de la LADH et avocat des détenus du 5 juillet 1985, est appré­hende. Il est transféré à la prison de Berrouaghia (Médéa). Il venait de protester, dans un télégramme au Président Chadli contre les arrestations des enfants de Chouhada.

17 Juillet 1985 :

Les forces de l’ordre encerclent à Azazga (Tizi-Ouzou ) le bâtiment où réside le chanteur Ferhat M’henni, fondateur du groupe Imazighen Imoula en 1973, arrêté à plusieurs reprises par les forces de sécurité, membre Comité des fils de chouhada, du Comité directeur de la LADH et militant du Mouvement culturel berbère. Il est arrêté à six heures du matin. Il est transféré à Alger pour rejoindre ensuite ses amis à la prison de Berrouaghia. Il sera Conduit à son arrivée dans le quartier des condamnés à mort.

Il est transféré plus tard à la prison de Médéa puis le 20 août 1985 à celle de Blida.

Le même jour ; un communiqué du Comité des fils de chouhada de la wilaya de Tizi-Ouzou informe la population des arrestations, de leurs conditions et de leurs suites. Les enfants de martyrs attirent l’attention des citoyens sur les rumeurs répandues par les services de répression, qui ten­dent à laisser croire que l’association des fils de chouhada « revendique un statut particulier pour ses membres, des avantages socio-économiques ; (…) ces rumeurs ne visent qu’à dénaturer notre mouvement, à nous isoler de la popula­tion, et à empêcher l’émergence de solidarités au sein de notre société (….) Les camions, les appartements et les postes de responsabilité, ce sont les militants du FLN qui les accumulent et non pas les détenus de Berrouaghia ! ».

30 Juillet 1985 :

Les quatorze détenus de la prison de Berouaghia observent une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention et dénoncer les abus des services de police et de l’administration pénitentiaire notamment le sort du chanteur Ferhat M’henni. Ils réclament le statut de prisonniers politiques. Ils seront séparés et mis dans trois prisons différentes (Berrouaghia, Ksar El-Boukhari et Médéa).

Cette grève de la faim prendra fin le 10 août après l’amélioration de leurs conditions de détention.

21 Août 1985 :

Saïd Sadi, militant du Mouvement culturel berbère et membre de la LADH, Me Mokrane Ait-Larbi avocat et vice-président de la LADH et Said Douman enseignant au centre universitaire de Tizi Ouzou et membre de la LADH, sont arrêtés à l’hôpital de Tiizi-Ouzou pour premier, et à leur domicile respectif pour le second et le Lier Les chefs d’inculpation sont :
-  atteinte à l’autorité de État, distribution de tracts et constitution d’association illégale.

Trois membres du Comité des fils de chouhada d’Alger sont arrêtés le même jour. Il s’agit de : Mohamed Ferhi, Amar Mokrani (Ouadhia) et Boudjemaa Iguernelala (Tigzirt).

Le tribunal de Bordj-Menaiel condamne six militants fils de chouhada de Naciria, incarcérés durant le mois de juillet, à six mois de prison avec sursis.

5 Septembre 1985 :

Le poète et chanteur kabyle Lounis Ait-Menguellet est arrêté chez lui à Ighil-bbwammas.

7 Septembre 1985 :

Une décision du conseil de wilaya de Tizi-Ouzou dissout la section de wilaya de l’Union médicale algérienne (UMA) suite à ses activités en faveur Said Sadi et des détenus de l’été 1985.

Même période : Lors du débat sur l’enrichissement de la Charte nationale, des membres du groupe « Les Berbères » d’Oum-El-Bouaghi, région chaouia, sont arrêtés les forces de sécurité.

16 Septembre 1985 :

Le Dr Hachemi Nait-Djoudi, secré­taire adjoint de la LADH est arrêté. Il est transféré à la prison de Berrouaghia.

29 Octobre 1985 :

Le poète et chanteur Lounis Ait-Menguellet est condamné par le tribunal correctionnel d’Alger à trois ans de prison et à une amende douanière. Le chef d’inculpation, selon l’APS, est la détention illégale d’armes de chasse et de guerre.

1 Novembre 1985 :

Une centaine de personnes environ, sont condamnés à des peines allant de 6 à 24 mois de prison suite à des manifestations en Kabylie.

2 Novembre 1985

Le bureau international de la FIDH émet un avis favorable d’affiliation de la LADH.

19 Décembre 1985 :

La Cour de sûreté de État de Médéa rend le verdict de l’affaire dite « affaire Rébaine Ali Faouzi », procès des détenus de l’été 1985, militants de la LADH, de l’association des enfants de chouhada et militants du Mouvement culturel berbère : Ali Faouzi Rébaine (3 ans de prison), Arezki Ait-Larbi (3 ans de prison), Arezki Abbout (3 ans de prison), Ferhat M’henni (3 ans de prison), Saïd Saad (3 ans de prison), Saïd Doumene (3 ans de prison). Rachid Fennoun (2 ans de prison), Kadour Arrous (2 ans de prison), Hachemi Nait Djoudi (2 ans de prison). Belkacem Adjroud (18 mois de prison). Mâamar Benaoucha (1 année de prison). Nouredine Ait-Hamouda (11 mois de prison), Rabah Benchikhoune (11 mois de prison), Nacer Babouche (11 mois de prison), Abdenour Ali-Yahia (11 mois de prison), Mokrane Ait-Larbi (11 mois de prison). Ahmed Mekaoucha (10 mois de prison), Hazerchi Bouzid (10 mois de prison), Fetouma Ouzegane (10 mois de prison). Amar Mokrani (6 mois de prison), Boudjemâa Iguernelala (6 mois de prison), Mohand Ferhi (6 mois de prison). Mokrane Chemime (acquitté).

Ces 23 inculpés ont été jugés pour les chefs d’inculpation suivants :

-  Atteinte à l’autorité de État par incitation au changement du régime (ce seul chef d’inculpation est passible de peine de mort), élaboration et diffusion de tracts pouvant porter atteinte à l’intérêt suprême du pays, création d’associations illégales et attroupements non armés.

Suite à la campagne menée en faveur des détenus par la presse internationale, les organisations et ligues des droits de l’homme (Amnesty international, Ligue tunisienne des droits de l’homme, Association des avocats arabes, Association des avocats africains…) et à l’intérieur du pays, ainsi que la présence d’avocats mandatés par la FIDH à laquelle la LADH avait adhéré, la cour de sûreté de État est contrainte à ne pas retenir le premier chef d’inculpation.

Afin de discréditer ces militants, le Président Chadli Bendjedid dans un discours devant le congrès extraordinaire du FLN de décembre 1985 déclare : « D’autres groupes se font les champions du berbérisme et là, je me demande qui est berbère et qui ne l’est pas dans ce pays. Nous rejetons catégoriquement ce terme qui nous a été accolé autrefois. Cette rengaine procède en réalité de mentalités rétrogrades, exacerbées par le colonia­lisme, au moyen de la politique de « diviser pour régner ». L’Algérie est une, et il m’a déjà été donné de dire que je suis un Algérien que l’Islam a arabisé, j’y crois et j’en suis fier (…) L’objectif recherché est donc de tenter de diviser la Nation… »

19 Août 1986 :

L’Académie algérienne de langue arabe est créée par décret. Elle est placée sous le haut patronage du Président de la République.

Cette Académie, qui est une institution nationale à caractère scientifique et culturel, a pour objectifs de :
-   »Servir la langue nationale en oeuvrant à son enrichis­sement, sa promotion et son développement ;
-  Préserver sa pureté et veiller à l’adapter aux réalités contemporaines en tant que véhicule d’invention scienti­fique et technologique ;
-  Concourir à son rayonnement en tant qu’outil de création dans les domaines des lettres, des arts et des sciences ».

Février 1987 :

Ouverture d’un Institut national supérieur de Culture populaire à Tlemcen. Il a pour vocation de « contribuer à la préservation du patrimoine culturel populaire algérien : traditions, coutumes, médecine traditionnelle, arts populaires, chants et poésies ».

5 Juillet 1987 :

A l’occasion du 25e anniversaire de l’indépendance, l’un des « poseurs de bombes », Mohamed Haroun est libéré de la prison de Lambèse après onze années de détention, bénéficiant d’une grâce présidentielle.

20 Avril 1988 :

Une table ronde réunit des militants berbéristes à Tizi-Ouzou. Des divergences apparaissent.

Août 1988 :

Une importante réunion de militants du Mouvement culturel berbère a lieu près d’Azeffoun (Tizi-Ouzou ). Elle déclare l’urgence de créer une organisation politique du MCB.

5 Octobre 1988 :

Des manifestations populaires éclatent à Alger pour manifester le ras-le-bol populaire contre 1e régime de Chadli Bendjedid. Ces manifestations se propagent à plusieurs régions du pays sauf en Kabylie où règne un calme relatif. C’est une secousse qui ébranle et accélère l’évolution du champ politique en Algérie. Les jours qui sui­vent ces événements d’octobre voient l’ouverture du régime vers un pluralisme politique rendu jusque là impossible par le parti unique depuis 1962.

Lors des émeutes d’octobre, Matoub Lounés, chanteur et militant du mouvement berbériste est atteint de plusieurs balles tirées par des gendarmes qui avaient dressé un barrage sur la route de Ain-El-Hammam.. Matoub selon certaines sources, détenait des tracts appelant la population de Kabylie au calme.

9 Novembre 1988 :

Un mois après les événements d’octobre 1988, le Dr Saïd Sadi, Maître Mokrane Ait-Larbi, Mustapha Bacha et Ferhat M’henni tiennent une conférence de presse au campus de Tizi-Ouzou . Ils déclarent que le Mouvement culturel berbère à travers sa lutte, « s’est toujours inscrit dans la perspective d’une dynamique du pays… (…), l’expres­sion des axes stratégiques prioritaires qu’il s’est définis, reconnaissance et prise en charge de la langue et de la cul­ture berbères, libertés démocratique notamment, trouvent une solution naturelle dans une vie publique libre et tolérante ».

« (…)Seule, continuent-ils, une société régie par des politiques dignement représentatives (…) peut

mettre aux différents cadres de représentation socio-politique (…) de jouer pleinement et efficacement leur rôle ».

Ils appellent à la tenue des premières assises du mouvement.

25 Novembre 1988

Un meeting initié par le comité de cité de l’université de Tizi-Ouzou se tient au stade Oukil Ramdane. Il regroupe plusieurs personnalités et militants du MCB. L’intervention du Dr Sadi, ajoutée à son initiative, lancée avec trois de ses camarades d’appeler à une conférence de presse, fait réagir d’autres militants du MCB. Dans une « lettre à la population », ils accusent nommément le Dr Sadi de prôner une ligne non revendicatrice (des propositions ont été avancées) contraire aux principes du mouvement.

« Nous sommes », écrivent-ils, « en droit de nous interroger sur d’éventuels engagements pris avec le pouvoir dans le cadre des réformes politiques annoncées. Quelle satisfaction avon-nous obtenue pour passer du stade revendicatif au stade de la proposition ? ».

Ils dénoncent la mainmise des quatre militants (Sadi, M’henni, Bacha, Mokrane Ait-Larbi) sur le mouvement ­berbère et parlent d’une rupture « effectivement et publiquement consommée ».

Ils appellent à l’esprit de responsabilité des militants pour « déjouer toute tentative de récupération de cette scission ».

17 Décembre 1988 :

Dans un autre document daté du 17 décembre 1988 et intitulé « pourquoi des assises », ses auteurs parlent de la « nécessité de l’option d’une organisa­tion pitico-culturelle indépendante, libre, représentative et ce » qui permettra à leur mouvement de franchir « un saut qualitatif en rapport avec la situation et les exigences socio-culturelles actuelles, à l’instar des autres courants de pensée dans le pays ».

3 Janvier 1989 :

Le comité préparatoire, dans « Éléments de réflexion pour les assises », dresse un bilan de huit années de lutte. Le Printemps berbère a, selon le document, « permis aux berbérophones d’exprimer massivement leur attachement à leur langue et à leur culture, interpellé leurs compatriotes sur la nécessaire d’une discussion autour de l’identité nationale ». Mais « la terreur » et les « traditions de lutte insuffisantes, la perte de la notion de l’effort permanent »et « la fermeture des autorités en la matière, ont amené les militants à concevoir leur combat dans des regroupements informels où le fonctionnement était plus déterminé par les rapports individuels que par les exigences structurelles de la lutte ».

Pour ces causes, « des potentialités humaines et matérielles considérables n’ont pu être rentabilisées, occasionnant ainsi de sérieux dommages à l’épanouissement culturel berbère ».

Ils sont convaincus que cette situation « doit cesser car inefficace et dangereuse ». Ils proposent « un définitif de l’improvisation qui a prévalu jusque là, de créer, « un cadre structurel suffisamment efficient et fonctionnel qui n’en réduise pas l’envergure sociologique » et « trouver la meilleure voie par laquelle l’intégration nationale et maghrébine de (leur) lutte peut se faire ».

Ces assises qui se tiendront les 9 et 10 février 1989, donneront naissance au parti politique « Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) ».

16 au 24 Juillet 1989 :

Neuf années après la tenue du 1er séminaire de Yakouren et après plusieurs années de clandestinité, le Mouvement culturel berbère tient son 2eme séminaire à Tizi-Ouzou. Il a pour objectif de faire le bilan qualitatif de la trajectoire qu’il a connue et définir ses contours actuels, les perspectives sur les plans de l’organisation et du programme de travail. Dans sa plate-forme, le MCB se défi­nit comme « un mouvement de revendication rassembleur et autour de la question identitaire, culturelle et linguistique ­ »Le MCB, mouvement à caractère pacifique, non violant est « une force sociale et politique, démocratique… » qui inscrit son combat dans le cadre du mouvement démocratique de tout le peuple algérien ».

Il lutte et combat pour :
-  La reconnaissance constitutionnelle de la dimension amazigh comme partie intégrante et inaliénable de l’identité du peuple algérien ;
-  La récupération et la promotion des cultures populaires algériennes en général et du patrimoine amazigh en particulier
-  La reconnaissance de la langue tamazight, tangue nationale et officielle aux côtés de l’arabe ;
-  Le développement et la promotion de la production culturelle en langue tamazight ;
-  Le développement et la généralisation progressive de l’enseignement de cette langue ainsi que sa prise en charge par les médias, l’administration, etc.

Le Mouvement Culturel Berbère se dit « partisan de l’ou­verture sur les autres dimensions de la culture nationale et l’universalité ».  » Il n’est ni chauvin ni passéiste ». il est ouvert à toute personne militante ou non dans un parti politique, le MCB se défend d’être partisan d’un parti politique. Il n’est ni un parti politique, ni un relais de partis. « Il n’a pas vocation à prendre le pouvoir ». Le MCB, mouvement reven­dicatif se dit « autonome vis-à-vis de l’ensemble des partis politiques, ainsi que de État ».

5 Janvier 1990 :

Un tract signé Mouvement culturel amazigh invite tous les militants berbères (individus, associations cul­turelles, partis politiques) à un rassemblement devant le Premier ministère le 25 janvier à 13 h. Cela en « vue, selon le document, d’exiger l’intégration de la langue et de la culture tamazight au sein de l’Université, c’est-à-dire la création d’instituts d’enseignement et de recherche en tamazight.

L’organisation de ce rassemblement suscite une polémique au sein des militants du MCB.

16 Janvier 1990 :

Le Rassemblement pour la culture e la démocratie (RCD) s’oppose à l’appel du MCB pour 1e rassemblement devant le Premier ministère prévu pour 25 janvier 1990. Dans une déclaration intitulée « question amazigh : dépasser la confusion et prévenir les dérapages » le RCD qualifie l’appel d’anonyme puisqu’il ne porte aucune signature. Il se demande : « qui est effectivement derrière cet appel ? Un parti, plusieurs partis, une association ou des individus ? Comment s’appellent-ils ? Qui va prendre la parole ? Pour dire quoi ? ».

Pour le RCD, il y a « trop de doutes, trop de manœuvres trop d’anonymat, trop de confusion » qui « accompagne l’action du 25 janvier ».

18 Janvier 1990 :

Les auteurs de l’appel du 25 janvier répondent individuellement à la déclaration du RCD par une autre déclaration signée MCB. Cette déclaration vient comme pour donner l’identification réelle des auteurs de l’appel du MCB au rassemblement. Ce sont les représentant des Commissions de wilaya issues de son 2e séminaire, des représentants de plusieurs associations culturelles ou civiles.

La déclaration précise que le MCB « ne donne aucune signification politicienne quant au choix du lieu de rassemblement ».

22 Janvier 1990

Une déclaration signée « Étudiants réunis en A.G. de l’université de Tizi-Ouzou » qui se réclament partie prenante du MCB, critique sévèrement l’attitude du RCD vis-à-vis du rassemblement prévu pour le 25 janvier 1990. Ces étudiants se disent « profondément indignés par l’attitude malhonnête, criminelle et calculatrice du RCD ».

Ils appellent tous les militants sincères à « dénoncer énergiquement ce parti qui prétend détenir la paternité de la revendication tamazight ».

A trois jours du rassemblement prévu par le MCB à Alger ; le ministre délégué aux Universités annonce la création d’un département autonome de la langue et culture tamazight

23 Janvier 1990 :

Un groupe de dix enseignants de la langue et militants du MCB (Abdennour Abdeslam, Arezki Graine, Hakim Saheb, Mourad Bounab, Amar Amireche et Khaled Bouredine) rendent public une déclaration intitulée « la raison et l’instinct ». Dans cette déclaration, ils s’opposent et se démarquent de l’appel au rassemblement du 25 Janvier et appellent les militants à un maximum de vigilance. Ils se posent les questions suivantes : « Puisque l’institut est acquis, pourquoi ce rassemblement ?
-  Aller au siège du gouvernement pour dire quoi ?
-  Quel est l’objectif réel de ce rassemblement ?
-  A qui profite ce rassemblement : est-ce à tamazight ou à des formations politiques ? Lesquelles ? Quelle est leur position (dans leur programme) sur tamazight ? ».

25 Janvier 1990 :

Des centaines de milliers de manifestants répondent à l’appel du MCB en prenant part au rassemblement devant l’APN (Assemblée Populaire Nationale) à Alger. Ils sont venus de plusieurs départements du pays, « infli­geant ainsi un cinglant démenti à ceux qui voulaient régionaliser le mouvement ».

Cette marche, prévue lors du deuxième séminaire du MCB (Commissions nationales) et dont le mot d’ordre était la réalisation d’un institut ou département de la Thamazight à Tizi-Ouzou, a confirmé l’enracinement du mou­vement berbériste au sein de la population alors qu’on pen­sait « que derrière les trois initiales se cachait un mouvement d’élites restreint à l’université ».

La réussite de la marche a malheureusement suscité, selon le rapport du MCB « des appétits politiques divers ». côté du pouvoir d’abord, puis des forces politiques qui voulaient le récupérer et enfin de l’intérieur du mouvement, qui le plongent dans une crise dangereuse. La crise éclatera a grand jour le 20 avril 1990, au campus de Oued-Aïssi lors du gala de la commémoration du 10 e anniversaire du printemps berbère.

Cette crise provoque un schisme et divise le mouvement culturel berbère d’une manière claire en deux ailes diamétralement opposées : les Commissions nationales du FFS d’Aït-Ahmed et la Coordination nationale proche du RCD de Sadi. Les événements (notamment les élection, que connaîtra, plus tard, l’Algérie vont accentuer les divergences et feront réagir des militants berbéristes. Angoissé ils s’insurgent contre les manœuvres de division du mouvement à tel point que l’un d’eux, Mokrane Chemime, détenu d’avril 1980 et linguiste écrit dans les colonnes de presse en mai 1994 ce qui suit :

« Alors, dans la rue, des gens (…)se posent l’inévitable question : pourquoi deux MCB pour défendre une seule et même cause ? Existe-t-il des divergences de fond entre les deux « adversaires », ces « frères ennemis » sur la question de l’identité de la langue et de la culture ? L’absence de débats francs et sereins entre la sensibilité RCD et la sensibilité FFS sème davantage la confusion, jette encore plus d’obscurité sur la démarche et surtout les desseins des uns et des autres. Que veulent-ils exactement et où veulent-ils en venir ? (… Les véritables divergences sont d’ordre politique ou, comme disent certains, une question de leadership ».

« (…)Ayez pitié de nous, démocrates des deux MCB, jouez cartes sur table, parlez-nous franchement. Si non, nous, qui nous mobilisons pour la cause Thamazight mais jamais pour vous, par le cœur et par la raison, risquent de vous « lâcher » au milieu du chemin »

Même période : Un cercle d’études berbères est mis sur pied à Ghardaïa autour de Abderrahmane Houache, pionnier berbérisant du M’zab, regroupant d’autres mili­tants tels que : Salah Tirichine, Abdelwahab Fekhar…….

Ce premier cercle du genre, au M’zab, entreprend des projets ambitieux dans le domaine de la langue, de la culture et de la prise de conscience identitaire chez les jeunes Mozabites. Ces initiateurs entament la révision et le déve­loppement d’un dictionnaire complet mozabite-français. Ils créent plusieurs centaines de néologismes et amorcent la ration de l’école Thamazight. Ils créent un vocabulaire propre à la région, une modalité de transcription en caractères arabes, des publications dans le domaine de la grammaire et de la poésie.

Extraits de « Chronologie du mouvement berbère, un combat et des hommes » de Ali Guenoun paru aux éditions Casbah Alger, 1999

source:afrique-du-nord.com

Publié dans kabylie(60), vive l'algerie(128) | 3 Commentaires »

Nouvelle répression en kabylie 13/ janvier 2003

Posté par algeriedemocratie le 23 juin 2009

ALGERIE

 

NOUVELOBS.COM | 13.01.2003 | 15:27

La police algérienne a violemment réprimé dimanche à Tizi-Ouzou la « marche pacifique » organisée par les animateurs de la contestation kabyle. Plusieurs manifestants ont été passés à tabac et l’un d’eux a été blessé à coup de baïonnette.

Nouvelle répression en kabylie 13/ janvier 2003 dans kabylie(60) 20030113.OBS1443

Les manifestants fuient la police durant la manifestation de dimanche (AP)

La police algérienne a violemment réprimé dimanche à Tizi-Ouzou (100km à l’est d’Alger) la « marche pacifique » organisée par les animateurs de la contestation kabyle, selon Idir Ait Maâmar, responsable de la Coordination des Ouacifs.
La police a été déployée tôt le matin sur tous les accès routiers menant à Tizi-Ouzou, a-t-il déclaré au téléphone, « la plupart des personnes qui devaient venir des villages pour participer à la marche ont été refoulées ». « En dépit de cet empêchement, un grand nombre de citoyens, en empruntant des chemins détournés, ont pu rallier le carrefour du Vingt-Avril d’où devait s’ébranler note marche en direction de la maison d’arrêt », a toutefois affirmé Idir Ait Maâmar.
D’après lui, les marcheurs ont pu parcourir environ un kilomètre avant que la police n’intervienne pour les disperser, en tirant dans leur direction des bombes lacrymogènes.
Plusieurs manifestants ont été passés à tabac et l’un d’eux a été blessé à coup de baïonnette, selon la correspondante du quotidien francophone Liberté.

Nouvel An berbère

Cette marche des Arouchs (comités de village), dont l’organisation coïncide avec la célébration de Yennayer, le Nouvel An berbère, était destinée à faire pression sur les autorités algériennes pour obtenir la libération des détenus du mouvement de contestation kabyle, arrêtés au lendemain des élections locales du 10 octobre dernier.
Ces détenus, qui sont accusés d’avoir empêché le déroulement du scrutin en Kabylie, observent une grève de la faim depuis le 3 décembre pour protester contre leur arrestation qu’ils qualifient « d’arbitraire ».
Plusieurs personnalités, dont le célèbre caricaturiste de Liberté, Ali Dilem, ont lancé cette semaine un appel aux détenus pour cesser leur grève de la faim.
Certains, dont la figure de proue du mouvement Belaid Abrika, ont été évacués plusieurs fois à l’hôpital, en raison de la dégradation de leur état de santé.
La répression de la marche par la police va certainement compromettre les chances de dénouement de la crise kabyle qui dure depuis le 18 avril 2001, jour où le lycéen Massinissa Guermah avait été tué dans une brigade de gendarmerie. Depuis, émeutes et répression s’enchaînent dans la région. AP

Publié dans kabylie(60) | Pas de Commentaires »

Entretien avec Idir Aït Maamar

Posté par algeriedemocratie le 23 juin 2009

izuran

Mouvement citoyen : Entretien avec Idir Aït Maamar

(délégué des Ouacifs)

mardi 1er avril 2003

« La Kabylie est la locomotive du combat démocratique en Algérie »

Plein de sagesse et de bon sens, le délégué de la Coordination des Ouacifs Idir Ait Maamar se révèle un des extraordinaires animateurs du Mouvement citoyen des Archs depuis le début du Printemps Noir. Il ne prônait aucune action sans en avoir profondément réfléchi à ses conséquences. Son honnêteté, qui n’exclut point l’habilité du politique dans la fermeté de sa volonté, l’ascendant qu’il exerce sur ceux qu’il s’agissait de convaincre allait être pour ses pairs du Mouvement citoyen un précieux atout dans la lutte pour la citoyenneté.

M. Ait Maamar, conciliant ses talents oratoires, subjuguant avec parfois ses quintes de colère utiles pour remettre les pendules à l’heure du mouvement citoyen, s’épanche à c�Â�ur ouvert dans le présent entretien pour répondre à toutes nos questions en des termes dépourvus de toutes ambiguïtés, écoutons-le :


IZURAN : peut-on dresser un état des lieux, du mouvement citoyen après maintenant vingt mois de combat pour la citoyenneté ?

Idir AIT MAAMAR : Il y a effectivement vingt mois que le mouvement citoyen a fait irruption sur la scène nationale en s’imposant comme une force incontestable pour un véritable changement du régime politique algérien à travers l’exigence de la satisfaction pleine et entière de la plate forme d’El-Kseur, explicitée à Larbaa Nat Iraten.

Après des actions populaires telle l’historique marche populaire du 14 juin à Alger et des actions politiques comme le rejet des deux échéances électorales passées, le mouvement citoyen se heurte, malheureusement, à l’intransigeance du pouvoir maffieux et assassin qui est frappé d’autisme et qui favorise les basses man�Â�uvres, les sabordements de toutes sortes et les répliques sournoises comme la prise d’otage de délégués du mouvement citoyen, et la mise en place d’indus élus qui n’ont eu dans leurs escarcelles qu’une poignée de voix. Il demeure donc évident que le mouvement citoyen qui n’a rien à démontrer en matière de mobilisation populaire ne veut point se départir de son caractère résolument pacifique qui dérange énormément le pouvoir manipulateur qui ne cultive que l’ambition de se maintenir vaille que vaille en faisant fi de la volonté franchement affichée de tout le peuple algérien vers un changement radical générateur de libertés et de progrès pour tous, en somme de véritable démocratie.

IZURAN : Le mouvement citoyen a déjà rejeté deux échéances électorales. Avez vous capitalisé les dividendes de ces actions d’envergures ?

I. A. M : Réussir à rejeter deux échéances électorales est en soi une grande réussite pour le mouvement et le fait est historiquement unique en son genre.

Quand à la capitalisation, il faut dire que la réussite de la première induit celle de la deuxième. Même l’administration n’a trouvé mieux que de s’armer d’un non-sens tout aussi historique en validant une élection dont le nombre de votants était inférieur au nombre de candidats dans une liste arguant que la loi le permettait comme si la loi pouvait prévoir des situations ridicules comme celle que nous venons de vivre lors des élections du 10 octobre.

La capitalisation réside donc dans le fait de prouver à la face du monde toute la détermination de la population à arracher ses droits même au prix d’immenses sacrifices et le rejet des fraudes électorales pour mettre à nu la logique électoraliste du pouvoir.

IZURAN : Après les élections locales, le pouvoir utilise la répression aveugle envers toutes les actions pacifiques du mouvement citoyen notamment les arrestations tous azimuts des délégués. Qu’en dites-vous ?

I. A. M : Cela montre justement la véritable nature du pouvoir qui n’accepte de société que « normalisée », pour pouvoir perdurer à volonté. Toute velléité d’opposition est soit récupérée par le biais de la compromission soit étouffée sinon cassée sournoisement ou publiquement sans égards pour les droits de l’homme que le pouvoir foule aux pieds. Ce sont des signes de paniques évidents lorsqu’un mouvement de protestation échappe à son emprise et il n’arrive pas à le domestiquer. Les arrestations des délégués obéissent donc à cette logique que partage, par ailleurs, tous les régimes despotiques à travers le monde.

IZURAN : Les parents de martyrs sont sollicités par les pouvoirs publics pour une indemnisation matérielle. Qu’en pensez-vous ?

I. A. M : Il est heureux de constater que les parents de martyrs dans leur écrasante majorité n’ont pas répondu aux chants des sirènes en soulignant lors de la dernière réunion à laquelle ils ont pris part à Tizi Rached qu’ils refusaient ces indemnisations tant que les autres points de la plate forme d’El Kseur explicitée à Larbaa Nat Iraten ne sont pas satisfaits.

Il est vrai que tout un travail d’approche a été mené pour aboutir à couper les parents des martyrs du mouvement citoyen mais la lucidité a prévalu en comprenant que l’honneur et la fidélité à la mémoire des martyrs doivent primer pour pouvoir aboutir à l’idéal pour lequel se sont sacrifiés leurs enfants.

Au demeurant, il n’y a qu’à analyser le verdict rendu par le tribunal militaire de Blida dans le procès de feu Massinissa Guermah, pour mesurer toute la supercherie que prépare le pouvoir manipulateur aux familles des martyrs du printemps noir.

En l’occurrence, le pouvoir met en évidence son caractère corrupteur.

IZURAN : L’on parle souvent de la saisine des instances internationales où en est-on ?

I. A. M : Le recours à la saisine des instances internationales répond à un double objectif.

Primo, il s’agit de confondre le pouvoir algérien au niveau international en lui portant la contradiction quant à ses insertions officielles en matière de respect des droits de l’homme dans les salons feutrés et les réunions cloisonnées en occident alors que la réalité révèle une répression aveugle qui ne souffre aucune exception et l’interdiction de la marche organisée à Alger par le mouvement citoyen accompagnée de l’arrestation de délégués le jour commémoratif de la proclamation universelle des droits de l’homme.

Deusio, on voulait mettre les instances internationales devant leurs responsabilités.

La communauté internationale ne peut se dérober dans le cas de l’Algérie en se suffisant de rappels mitigés pour que le pouvoir respecte les droits de l’homme. Le fait que le responsable de la représentation onusienne à Alger n’ait pas daigné élever, ne serait ce, qu’une protestation lors de la marche réprimée à Alger alors que sa destination était justement cette honorable institution met en évidence toute « l’attention » accordée aux violations des droits de l’homme. En somme, nous comptons ficeler un dossier consistant que nous enverrons aux instances internationales pour prouver que l’Algérie ne doit pas être vue comme un immense champ pétrolifère ou à travers des cartes postales louant l’exotisme de nos contrées mais qu’elle recèle un peuple fier qui aspire au changement en choisissant le caractère résolument pacifique dans sa lutte et l y aider par des pressions tout aussi pacifiques est le devoir de ces instances qui doivent choisir le camp du peuple et de la démocratie et non celui des despotes et de la dictature même si cette dernière consent à accorder des privilèges sans se soucier du degré de paupérisation à l’intérieur des frontières et ce pour pouvoir perdurer.

IZURAN : Le mouvement citoyen se projette-t-il dans le temps ; alors quelles en sont les perspectives ?

I. A. M : Le mouvement citoyen veut effectivement s’inscrire dans le temps car il n’est pas une force de protestation conjoncturelle. Pour les perspectives, une commission de réflexion est installée au niveau de la CADC et toutes les wilayas structurées dans le mouvement citoyen. Il est donc logique que les perspectives seront dégagées pour pouvoir continuer le combat afin d’aboutir à la satisfaction pleine et entière de la Plate forme d’El Kseur, explicitée à Larbaa Nat Iraten. Dans ce cadre, l’accent sera mis sur les présidentielles, qui suscitent déjà des man�Â�uvres et nous ne pouvons rester muets sur ce sujet pour l’exploiter à bon escient et en tirer les dividendes au profit de la satisfaction des revendications citoyennes.

IZURAN : L’on a du oublier une question à laquelle vous aimeriez répondre ?

I. A. M : Je voudrais effectivement revenir sur un point qui me tient à c�Â�ur et qui est relatif à cette histoire de dialogue parce qu’il y a une volonté délibérée de complexer le mouvement citoyen qui considère la Plate forme d’El Kseur explicitée à Larbaa Nat Iraten scellée et non négociable. En fait, la balle est dans le camp du pouvoir qui n’appelle au dialogue que pour se donner bonne image devant l’opinion publique nationale et internationale alors que tous ses agissements indiquent nettement une volonté de saborder le mouvement citoyen. Dans ce sens, nous mettons au défi toute personne sensée de citer des propos ou des actions de la part du pouvoir qui peuvent être interprétés comme des signes sérieux d’ouverture vers un changement radical, car c’est de cela qu’il s’agit.

Par ailleurs, nous savons bien que la polémique autour de ce point soit entretenu à dessein pour permettre à des man�Â�uvres qui ont commencé sournoisement d’aboutir à une substitution de forces politiques par une autre alors que le mouvement citoyen a l’ambition de fédérer les forces démocratiques existantes sauf celles qui veulent s’en détacher pour des raisons que seule l’histoire peut élucider.

En tout cas, la responsabilité de chacun est engagée quant à la réussite et la capitalisation de cette formidable mobilisation citoyenne que personne n’a le droit de dilapider mais qu’il faut sauvegarder par dessus tout parce que c’est le facteur primordial permettant à la Kabylie de peser de tout son poids et de jouer le rôle de locomotive afin d’influer positivement et d’aboutir à l’instauration d’une véritable démocratie.

Entretien réalisé par Hocine Azem

Publié dans kabylie(60) | Pas de Commentaires »

IDIR AIT MAAMAR-LEADER DU MOUVEMENT CITOYEN DE KABYLIE

Posté par algeriedemocratie le 26 mai 2009

IDIR AÏT MAAMAR
Forum de la dignité et du changement

Le rideau vient de tomber sur la mascarade électorale du 9 avril 2009.Bouteflika est intronisé président de la république pour encore cinq ans.
Quel enseignement peut-on en tirer?
Le pouvoir qui a de l’argent sale pour ameuter la foule n’a pas voulu d’une victoire honorable. Son atavisme ne pouvait le lui permettre. La victoire devait être éclatante, totale et écrasante. C’est finalement le reflet d’un pluralisme de façade. Dans les démocraties respectables, les adversaires politiques perdent en n’enregistrant pas des scores ridicules car sinon ils ridiculisent le vote lui-même en démontrant qu’ils n’étaient que des faire-valoir sans aucune assise dans la société ou qu’il y a parti pris flagrant pour le vainqueur.
Dans le cas de figure algérien, qualifier le scrutin qu’il s’y est déroulé de suffrage universel est un non sens. Le pouvoir a voulu un plébiscite pour Bouteflika et il a trouvé des « concurrents » auxquels il avait permis de hausser le ton voire même de vilipender, le temps d’une compagne, pour donner le change et montrer qu’il s’agit d’une véritable élection.
Or, l’opinion publique n’est pas dupe et sait que tout est ficelé d’avance et que les cordes sont bien accordées pour n’émettre que la musique que réclame le pouvoir .
Peut-on expliquer le score de 97% dans certaines wilayas? Peut-on expliquer comment le taux de participation a grimpé magiquement jusqu’à atteindre 75% alors que l’activité politique de ces deux dernières années n’a été alimentée que par les luttes insipides du sérail et la santé hypothétique de Bouteflika? N’est-ce pas là un mépris total pour le peuple?
Ces chiffres à eux seuls discréditent déjà tout le processus électoral en Algérie et réservent à notre pays une place de choix parmi les régimes totalitaires qui n’acceptent pas de voix discordantes.
Avec cela, on ose encore parler de dignité nationale, de souveraineté nationale ou de drapeau national.
Ce pouvoir tire le pays vers l’arrière, bloque toutes les énergies créatrices et ne peut avoir de projet sain pour l’avenir. Sachez, Mr Bouteflika que vous ne pouvez vous soustraire au jugement de l’histoire en lisant une liste de réalisations infrastructurelles même si notre pays en a grandement besoin. L’histoire retiendra votre nom pour la solidité des institutions que vous laisserez derrière vous, pour la qualité de l’enseignement, pour ce que vous auriez fait pour lutter efficacement contre la corruption et le népotisme, pour le civisme et l’hygiène, pour l’amélioration de la production et de la productivité dans le secteur agricole, pour la lutte réelle contre le chômage et non pas la création fictive et conjoncturelle d’emplois, pour l’espoir que vous redonneriez aux jeunes Algériens de rester chez eux en créant les conditions minimales qui leurs permettent de fonder un foyer , de travailler et de contribuer au développement de leur pays parce qu’ils s’y sentent libres, respectés et bénéficiant de promotions conséquemment à leur mérite et non à leurs accointances avec les cercles du pouvoir et leur servilité, par la création de conditions permettant aux petites et moyennes entreprises de travailler dans un environnement socioéconomique sain et ce, loin des lourdeurs bureaucratiques qui freinent au lieu d’aider et d’accompagner dans l’effort, pour l’instauration d’un État où la justice indépendante, où les pouvoirs seront séparés afin qu’il y ait un meilleur contrôle, pour la création de conditions idoines permettant d’instaurer une sérénité et une harmonie entre les Algériens et ce, en trouvant des solutions politique et non illusoires aux problèmes identitaire et de l’utilisation de la religion dans la sphère politique ainsi que l’influence de l’armée dans la décision politique.
Vous serez surtout jugé pour l’instauration d’un État de droit où la démocratie ne serait plus de façade, où la majorité respecterait la minorité, où la constitution, alors respectée par tous parce que le fruit d’un consensus, ne serait pas piétinée à tout bout de champ, où l’alternance au pouvoir ne serait pas un vain mot, où le président serait légitimé par les urnes et respecté parce qu’il incarne l’État et donc usant de toutes ses prérogatives pour servir son pays conformément à ses intérêts suprêmes et non imposé par la fraude et donc adulé pas ceux qui sont tombés dans les rets de ses promesses ou craint par d’autres qui n’ont pas pu, su ou voulu hurler avec les loups.
Le président qui aura ce mérite aura effectivement marqué l’histoire et pourra aspirer à la postérité car la réussite de ce bilan relève du génie, de la grandeur et de l’intelligence alors que les réalisations infrastructurelles ne peuvent être que le fruit de la disposition de l’argent qui provient en l’occurrence des hydrocarbures et la simple bonne gouvernance si encore les conditions de coût, de normes et de délais sont respectés.
Il convient de dire que si Bouteflika peine à assurer une gouvernance médiocre pour son pays, il es t clair qu’il persistera à cultiver son égo, à régner sans partage et à booster d’avantage sa mégalomanie. Quant à la place de l’Algérie dans le monde et des problèmes profonds dont elle souffre, il en parlera ou en fera allusion occasionnellement dans ses discours. Il tire sa lignée de Mugabé et de Hafedh El Assad. Il ne peut donc pas avoir la grandeur de Nelson Mandela.
Le constat est terrible, sans appel. Il est plus ou moins partagé par ceux qui s’opposent à ce régime dictatorial et qui veulent l’instauration d’une aire de démocratie dans notre pays.
Pour autant, est-il suffisant de s’en réclamer pour croire faire de l’opposition à la dictature en place?
Il est presque un truisme de dire que le pouvoir en place opère sur du velours étant donné que l’opposition n’a pas pu se hisser à la hauteur des exigences de son rôle dans une société où les problématiques politique, identitaire et idéologique compliquent la situation et ne rendent nullement son action aisée.
C’est aujourd’hui et maintenant que le bilan de l’opposition doit être fait. Il faut se placer dans une perspective d’action et non de réaction par rapport aux manœuvres du pouvoir.
S’il ne faut pas tomber dans l’auto-flagellation, le bilan doit être exhaustif et juste. Il ne doit pas souffrir de complaisance.
Commençons donc par dépasser l’événement des élections présidentielles en les considérant comme un fait accompli car s’embarquer dans une gueguerre des chiffres à outrance n’est pas d’un grand intérêt tant il est d’une évidence criarde que le taux de participation arrêté officiellement défie tout entendement. C’est simplement un mépris à l’endroit du peuple et même de la communauté internationale qui, malheureusement, s’empresse à féliciter Bouteflika III pour cette supercherie. Le pouvoir a mobilisé tout son arsenal constitué d’argent sale, de couverture médiatique, d’intimidations et de toutes sortes de subterfuges aussi mesquins et sordides les uns que les autres pour n’enregistrer qu’un score médiocre. Si le taux de 25% avancé par une certaine opposition est de bonne guerre pour contrecarrer celui de 75% arrêté d’autorité par le pouvoir, il ne doit pas masquer une réalité amère: il y a eu une relative participation qu’il va falloir analyser pour en connaître les véritables raisons. Même la Kabylie, réputée frondeuse et insensible au discours du pouvoir, s’est distinguée par une participation appréciable. C’est un fait implacable car la région est épargnée pour l’instant par le bourrage des urnes. Il est vrai que le pouvoir y a mobilisé une logistique hors du commun pour essayer de mettre la touche finale par le biais de cette élection en vue de sa normalisation qui a commencé par le fameux dialogue illusoire entre Ouyahia et une frange du mouvement citoyen qui s’était octroyée la légitimité de représenter la région. Il faut admettre que le pouvoir a donc conséquemment à cela pu capter une bonne frange de l’électorat.
C’est peu-être l’un des enjeux du scrutin du 09 avril 2009. Il fallait éloigner le spectre de l’autonomie qui est en débat et aussi casser une quelconque dynamique d’opposition pouvant prendre appui sur la région et certaines forces dans le pays. Dans ce registre, les partis d’opposition qui y on un certain encrage doivent assumer une part de responsabilité et éviter, surtout, la fuite en avant . C’est un revers qui aura des conséquences fâcheuses si on n’en mesure pas d’emblée l’ampleur.
L’absence de perspective, les alliances contre-nature lors des dernières élections locales et une présence à peine organique sur le terrain ajoutées à l’invective et l’insulte gratuites dirigées par les uns contres les autres ont fini par lasser une population de plus en plus désabusée.
Le chômage, la mal vie, et la précarité sont autant d’éléments qui fragilisent la résistance citoyenne. Cette dernière ne peut être renforcée par des slogans que ressasse l’opposition au détour de chaque compagne électorale. Elle a besoin d’une dynamique forte pouvant aboutir à une perspective sérieuse.
Aussi, le bilan est à faire. Il doit être fait dans la sérénité. Il ne s’agit pas de vilipender mais de cerner les causes du marasme afin d’y apporter la solution idoine. Le moment est venu d’explorer toutes les pistes pouvant nous permettre de prendre notre destin en main. La réponse doit cesser d’être partisane. Elle doit émaner d’un rassemblement de partis, de syndicats, d’associations, de corporations et citoyens qui s’inscrivent dans une dynamique de changement.
Il faut revendiquer les droits élémentaires permettant un minimum d’activité politique. Il faut oser les arracher par une lutte sur le terrain. La levée de l’état d’urgence, la liberté d’exercice politique et syndicale, l’accès aux médias publics sont des droits qui ne manqueront pas de mobiliser la population toutes tendances confondues pour les arracher. Après, entrer dans le jeu électoral ou le rejeter sera une action politique qui peut être assumée en conséquence car disposant alors de conditions minimales pour la mener à bien.
Si la situation est complexe et la tâche ardue, se ressaisir ne relève pas de la gageure. Il va falloir compter sur nos propres ressources et s’armer de patience. Il ont le pouvoir de l’argent, nous avons la force de la conviction. L’Algérie ne peut pas être gouvernée ainsi, le sens de l’histoire indique qu’elle doit changer de cap.

IDIR AIT MAAMAR

Publié dans kabylie(60) | Pas de Commentaires »

declaration de tifrit

Posté par algeriedemocratie le 19 décembre 2008

26 ème anniversaire du Printemps berbère en Kabylie

Déclaration de Tifrit

Rendue publique suite à la réunion qui a rassemblé des dizaines de personnes à Tifrit, village situé près d’Akbou, le 14 avril 2006.

Quelques 60 personnes se sont réunies le 14 avril 2006 à Tifrit, près d’Akbou. Ils se sont penché sur la situation que vivent celles et ceux qu subissent l’Etat algérien.
Leurs discussions ont conclu sur la nécessité de « refondation de l’Etat national en dehors de la conception uniciste et centralisée constitue l’unique voie pour l’édification d’un projet démocratique ». Ils prévoient aussi l’organisation d’une rencontre « régionale » à laquelle sont invités l’ensemble des acteurs notamment politiques…
Nous nous abstiendrons, pour le moment, de commenter cette déclaration que nous publions dans son integralité.


DECLARATION DE TIFRIT

14 avril 2006

La lutte séculaire pour les libertés en Algérie a connu différentes phases avec leurs lots de réussite et d’échec.

Région phare dans le combat pour la liberté et la démocratie, la Kabylie est plongée, aujourd’hui, dans une insécurité totale faite de violence politique, de violence sociale et, phénomène nouveau, l’utilisation de la délinquance comme arme politique.

Le moment est grave ! Les citoyens de ce pays sont en train d’assister à la consécration et la finalisation de l’alliance stratégique entre les tenants du système et l’arabo-islamisme.

Cette alliance qui assume l’extinction de la vie publique, la privatisation de l’Etat et des richesses nationales, s’attelle à étouffer le projet démocratique et moderne, avec la complicité de la communauté internationale dont l’indifférence n’a d’égale que le volume des échanges commerciaux avec le régime en place. Les élites de cette région, en symbiose avec la population ainsi que toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans le projet démocratique, sont interpellés par la gravité de la situation.

Elles se doivent d’assumer, pour préserver l’avenir de nos enfants dans la paix et la dignité, la ligne de démarcation idéologique, politique et territoriale, désormais nette, avec les tenants de l’Algérie militaro arabo-islamique.

La rupture avec la conception jacobine de l’Etat, prolongement du colonialisme français, qui a englouti l’espérance démocratique et enfanté cette alliance, est une exigence historique stratégique.

Les expériences du combat pour la démocratie et la modernité, que cela soit à travers les partis politiques ou d’autres formes d’organisation tels les mouvements, forums et rassemblements, dans le cadre du système institutionnel actuel, ont échoué.

La résistance puis le redéploiement du projet démocratique passe, d’une part, par la consolidation de la région sociologiquement et politiquement apte à le porter et, d’autre part, par le rassemblement de l’élite politique, culturelle et économique afin d’élaborer la ou les formes d’organisation à même de produire l’efficacité politique nécessaire à son aboutissement.

La refondation de l’Etat national en dehors de la conception uniciste et centralisée constitue l’unique voie pour l’édification d’un projet démocratique.

Nous, signataires de cet appel, invitons l’ensemble des acteurs politiques, des militants des droits de l’homme, des syndicalistes, des militants de l’amazighité, ainsi que toutes les citoyennes et tous les citoyens soucieux de préserver l’avenir de nos enfants dans la paix, dignité et le progrès à une rencontre régionale où seront mises à contribution l’ensemble des bonnes volontés. Un comité de suivi en assurera la préparation.

Premiers signataires de la déclaration de Tifrit

AIT MAAMAR Idir, ADJLANE Sofiane, RAMI Nourredine, HADDAD Nacer, MEHENNI Ferhat, BOUMEDINE Hamou, TAYEB Mohand Larbi, BRAHITI Mustapha, AIT BACHIR Ahmed, OUNOUGHENE Idir, ADLI Younes, MOUZAOUI Ali, OUCHALLAL Karim, SADI Abdenour, HACHIM mohand Ouamar, AOUANECHE Ali, BOUZERAR Ahmed, BENKHELLAT Abderrezak, SAADI Azzedine, AZEM Hocine, LAIMCHI Said, HADDAD Hakim, KADI Belaid, SAIDOUN Mohamed, AIT CHEBBIB Bouaziz, HAMOUDI Arezki, MEZIANE Med Seghir, REGHDI Omar, CHEBRI Mahmoud, OUCHALLAL Abdelkader, BENALLEL Litamine, BENSALEM Achour, CHAIT Salem, BECHAKH Lahlou, AMER Mohand Lounis, MOKEDDEM Atmane, ALGANE Mohamed, DJENNADEN Walid, DEMOUCHE Hakim, DEMOUCHE Kaci, BELLILI Mohamed, MEZOUARI Hocine, BOUIDGHAGHEN Yahia, BECHA Boussad, BOUROUBA Mustapha, DAHMANI Nabil, BELLAL Nouredine, TAKKA Yacine, TAKHDMIT Azedine, BERRANI Ali, SAM Farida, NAIT SID Maizeine, ANNOUH Mohamed, OURTELLI Hamid, SAADI Azedine, ELBIR Samir, BOUAICHE Redouane, IBRI Youcef, HADDADJ Seddik, BELKACEMI Djamel, HAMOUM Meziane, ZALOUK Merzouk, ASLI Mebarek, NAIT SLIMANE Kamel, HAMITOUCHE Ahmed, IBAZATENE Zahia, YAHYATENE Mahmoud, LARABI Rabah,

Publié dans kabylie(60), vive l'algerie(128) | Pas de Commentaires »

 

The Soul of a Slayer |
AHL EL KSAR |
toutelactualite |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Halliburton Manufacturing &...
| Le Tallud 79200
| momema