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Le procès du général Khaled Nezzar contre l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia (1)

Posté par algeriedemocratie le 16 juillet 2009

Algeria-Watch
Le procès du général Khaled Nezzar
contre l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia
Paris, 1er au 5 juillet 2002
Dossier de presse établi par Algeria-Watch
(15 juin – 15 juillet 2002)
PF 360 164, D-10997 Berlin, Allemagne
21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris, France
Fon: 06 23 35 89 07 Fax: 0049 69 79 123 61 60
E-Mail: algeria-watch@gmx.net
Internet: www.algeria-watch.org
2
3
Table
I. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : PRESSE EUROPEENNE
FRANCOPHONE
Le général algérien Khaled Nezzar actuellement en France 14
AFP, Paris, 28 juin 2002
L’armée algérienne défend son honneur lundi au procès de « la sale guerre » 14
AFP, Paris, 29 juin 2002
L’agenda… 15
L’Humanité, 1er Juillet 2002
L’armée algérienne veut se blanchir a Paris. Le général Nezzar attaque en justice
l’auteur de « La Sale Guerre » 15
Libération, José Garçon, lundi 1er juillet 2002
L’Algérien Lyes Laribi porte plainte pour torture contre Nezzar : « Que chacun ose
dire ce qu’il a vécu » 18
Libération, Florence Aubenas, lundi 1er juillet 2002
La « sale guerre » civile algérienne en procès devant le tribunal correctionnel de Paris
20
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 1er juillet 2002
L’armée algérienne « défend son honneur » en France 22
RFI, Mounia Daoudi, 1er juillet 2002
France-Algérie/Paris : nouvelle plainte contre Nezzar 23
Associated Press, 1er juillet 2002
Procès Souaïdia-Nezzar : deux visions de l’Algérie 24
Le journal permanent du Nouvel Obs, 2 juillet 2002
Un ex-Premier ministre algérien défend le rôle de l’armée 25
Reuters, mardi 2 juillet 2002, 15h04
L’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali justifie la mise hors la loi du FIS 26
Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 12h48
« La sale guerre » de l’armée algérienne devant la justice à Paris 26
AFP, mardi 2 juillet 2002, 11h09
L’armée algérienne devant la justice française : « Je n’arrive toujours pas à savoir
comment on a fait ça » : l’officier Souaïdia a raconté hier la sale guerre des généraux
28
Libération, Florence Aubenas, mardi 2 juillet 2002
Algérie : le procès de la « sale guerre » 29
Le Parisien, Catherine Tardrew, 2 juillet 2002
4
« Qui tue qui ? » en Algérie : deux camps s’affrontent au procès Souaïdia 29
AFP, mardi 2 juillet 2002, 21h23
Procès Nezzar-Souaïdia : l’armée algérienne au coeur des débats 30
Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 19h35
L’armée algérienne est une « armée républicaine » (chef état-major) 32
AFP, 2 juillet 2002
Un ex-haut officier compare les méthodes de l’armée à celles des terroristes 33
Associated Press, mercredi 3 juillet 2002, 19 h 36
Procès Souaïdia : un haut gradé accuse l’armée de méthodes « terroristes » 33
AFP, Paris, 3 juillet 2002
L’homme du jour. Khaled Nezzar 34
L’Humanité, ADS, 3 juillet 2002
Procès Nezzar : le mic-mac FIS 35
Le journal permanent du Nouvel Obs, 3 juillet 2002
A Paris, le général Khaled Nezzar défend l’armée algérienne 36
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 3 juillet 2002
L’armée algérienne devant la justice française : « Pas un homme politique correct, que
des illettrés » : à l’audience, le général Nezzar regarde défiler des ex-ministres37
Libération, Florence Aubenas, mercredi 3 juillet 2002
Quand un général algérien défend l’honneur de son armée. Procès : Le général Khaled
Nezzar, à la retraite, en appelle à la justice française pour contrer les accusations d’un
ancien officier. 38
La Croix, Julia Ficatier, 3 juillet 2002
La plainte contre le général Nezzar est classée sans suite 40
Lemonde.fr, 4 juillet, 20h52
Procès Souaidia : l’audience du 2 juillet 41
Le journal permanent du Nouvel Obs, 4 juillet 2002
Trois questions à… Hichem Aboud : « Nezzar a organisé son propre procès »42
Le journal permanent du Nouvel Obs, 4 juillet 2002 42
L’armée algérienne devant la justice française : « Le GIA est une création des services
de sécurité » : témoignage accablant d’un ancien officier algérien, hier, contre le
général Nezzar 44
Libération, Florence Aubenas, jeudi 4 juillet 2002
Hocine Aït Ahmed au général Nezzar : « Vous avez fait le coup d’État ! » 45
AFP, 4 juillet 2002
Procès Souaïdia : Le temps des victimes et de leurs drames intimes 45
AFP, 4 juillet 2002
5
Procès Souaïdia : incident avec une journaliste munie d’un magnétophone 46
AFP, 4 juillet 2002
Le général Nezzar, l’homme qui défend l’honneur de l’armée algérienne 47
AFP, Alger, 4 juillet 2002
Procès Nezzar : la presse algérienne partagée sur la nature des débats 48
AFP, Alger, 4 juillet 2002
Un haut gradé accuse 49
Le Parisien, Catherine Tardrew, jeudi 4 juillet 2002
Les vérités du général Lamari 50
L’Humanité, Hassane Zerrouky, 4 juillet 2002
Le clan des militaires en accusation : « Le GIA, c’est la création des services de
sécurité », accuse, à Paris, un ancien officier 50
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 5 juillet 2002
Pas de peine requise contre l’auteur de « La sale guerre » 52
Libération, par Service Web, avec agences, vendredi 5 juillet 2002
L’armée algérienne devant la justice française : « Dans le trou, avec le bas peuple » :
des témoins racontent les tortures et les exactions des militaires. 52
Libération, Florence Aubenas, vendredi 5 juillet 2002
Le général Nezzar en difficulté 54
Le Parisien, Catherine Tardrew, 5 juillet 2002
Pas de peine requise contre Habib Souaïdia 54
AFP, vendredi 5 juillet 2002, 18h48
Deux visions de la guerre civile en Algérie devant le tribunal 55
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 6 juillet 2002
L’honneur de l’armée algérienne 56
Le Monde, tribune de Rachid Boudjedra, écrivain, 6 juillet 2002
Aucune peine requise contre Souaïdia 58
Le Parisien, Catherine Tardrew, 6 juillet 2002
L’armée algérienne devant la justice française : « On a fait de nous une armée de
sauvages » : le procès en diffamation intenté par le général Nezzar a fini par se
retourner contre lui. 59
Libération, Florence Aubenas, samedi 6 juillet 2002
Le procès intenté à Paris par le général Nezzar s’est clos vendredi 61
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 7 juillet 2002
Fin, à Paris, du procès de Habib Souaïdia, qui avait dénoncé les « massacres » des
militaires. Pas de peine requise contre l’accusateur de l’armée 62
Le Figaro, Marie-Estelle Pech, 6 juillet 2002
6
Algérie. Un attentat particulièrement sanglant endeuille les quarante ans
d’indépendance . Un anniversaire et trente nouveaux morts 63
Le Soir (Bruxelles), Baudouin Loos, 6 juillet 2002
Algérie. Le face-à-face Souaïdia-Nezzar, ou le procès à Paris du rôle de l’armée
algérienne 64
Le Temps (Suisse), Christian Lecomte, Alger, samedi 6 juillet 2002
Une affaire de diffamation devient le procès du régime algérien 66
AFP, samedi 6 juillet 2002, 10h48
Pas de peine contre Habib Souaïdia. Procès Nezzar : jugement le 27 septembre67
L’Humanité, Hassane Zerrouky, 8 juillet 2002
Le procès Nezzar embarrasse à Alger. La presse algérienne attaque l’ex-officier
Souaïdia, sans défendre le général 68
Libération, LDS, mardi 9 juillet 2002
L’Algérie sans mythe 69
Le Monde, tribune de Lahouari Addi, professeur de sociologie à l’IEP de Lyon, 11 juillet 2002
Un ancien ministre de la Défense accuse le président Bouteflika d’être derrière la
« cabale » contre les généraux 70
Associated Press, jeudi 11 juillet 2002, 17h27
II. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : PRESSE ANGLOPHONE
Honour of Algerian army in the dock at Paris defamation trial 71
AFP, Raphael Hermano, 30.6.02
Ex-Algerian minister sues author 72
Associated Press, July 1, 2002
Former defense minister confronts best-selling author over allegations of military
atrocities in war against Islamic extremists 73
Associated Press, Elaine Ganley, Mon Jul 1
Algerian author sued over war claims tens of thousands have died in the civil war 74
BBC, James Coomarasamy, correspondent in Paris, Monday, 1 July, 2002
Author blasts Algerian army at start of French defamation case 75
AFP, Raphael Hermano, July 1 2002
Trial opens on Algeria’s dirty war charges 76
United Press International, Elizabeth Bryant, Jul 01, 2002
Europe defamation trial over Algerian rights violations opens in Paris 77
Voice of America, Lisa Bryant, 1 Jul 2002 18:40 UTC
Algerian general target of new torture allegations in French court 78
AFP, July 1 2002
7
Algerian army role in atrocities debated at French courtroom 79
Al-Bawaba, Jul 4, 2002
Algerian Army Role on Trial in Paris 80
Associated Press, Elaine Ganley, Jul 04, 2002
Algerian opposition leader accuses general of election’coup’ 81
AFP, July 4 2002
Algerian Army Role on Trial in Paris 82
The New York Times, 4 july 2002 (by The Associated Press)
III. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : PRESSE ALGERIENNE
Nezzar-Souaïdia/Vingt-six témoins à la barre 84
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 16 juin 2002
Le procès débutera ce lundi. Nezzar à Paris pour affronter Souaïdia 84
Le Quotidien d’Oran, Arezki Benmokhtar, 29 juin 2002 84
François Gèze et ses subterfuges 85
La Nouvelle République, O. Cheikh, 29 juin 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia s’ouvre demain à Paris. Audition des témoins jusqu’au
5 juillet 86
Le Matin, Yasmine Ferroukhi, 30 juin 2002
Affaire Nezzar contre Souaidia. Le procès s’ouvre aujourd’hui à Paris 87
El Watan, Fayçal Métaoui, 1er juillet 2002
Le procès débutera ce lundi. Nezzar à Paris pour affronter Souaïdia 88
Le Quotidien d’Oran, Arezki Benmokhtar, 1er juillet 2002
Notre procès 89
Le Matin (Alger), éditorial de Mohamed Benchicou, 1er juillet 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia s’ouvre aujourd’hui à Paris 90
Le Matin (Alger), A. C., 1er juillet 2002
Les pressions se multiplient 91
Le Matin (Alger), Soraya Akkouche, 1er juillet 2002
L’un des avocats de Khaled Nezzar l’affirme : « La partie adverse veut un procès
médiatique contre Nezzar » 92
Le Matin (Alger), G. K., 1er juillet 2002
Il a animé une conférence de presse sur la Cour pénale internationale. Le message de
Ali Yahia Abdennour 93
Le Matin (Alger), Yasmine Ferroukhi, 1er juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia. Un procès médiatique 94
Liberté, 1er juillet 2002
8
Le procès Nezzar-Souaïdia aujourd’hui à Paris. L’heure de vérité 94
L’Expression, Aziz Yemloul, 1er juillet 2002
Conférence de presse du président de la LADDH. Ali Yahia Abdenour mise sur la CPI
95
La Tribune (Alger), L. G., lundi 1er juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia à Paris. Qui sont les témoins ? 96
La Nouvelle République, Fayçel M., 1er juillet 2002
Le procès Souaidia aujourd’hui a Paris. Dix témoins contre Nezzar 103
Al Fadjr (arabophone), Adel Nassim, 1er juillet 2002
Affaire Nezzar Souaidia : Le procès aujourd’hui 103
El Khabar (arabophone), A.F., 1er juillet 2002
Le général de corps d’armée Mohamed Lamari réaffirme le caractère républicain de
l’ANP 103
APS, 2 juillet 2002, 19:02:09
M. Ghozali déclare vouloir rétablir la vérité sur l’honneur de l’ANP et de l’Algérie
104
APS, 2 juillet, 16:25:13
Affaire Nezzar-Souaidia : Un procès inédit à Paris 106
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 2 juillet 2002
Alors que son procès contre Souaïdia a commencé hier, le général-major Nezzar fait
l’objet d’une nouvelle plainte 108
Le Jeune Indépendant, S. H., 2 juillet 2002
Nezzar-Souaïdia, un procès particulier 108
La Tribune, Slimane Zyadi, mardi 2 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia. Vers un débat contradictoire sur l’Algérie des années 90 109
La Tribune, Merzak Meneceur, mardi 2 juillet 2002
Le général et le jeune officier 111
Le Quotidien d’Oran, Abdou Benabbou, 2 juillet 2002
Le général défend l’armée devant la justice française. Nezzar : « Il fallait éviter
l’afghanisation de l’Algérie » 112
Le Quotidien d’Oran, Ziad Salah, 2 juillet 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia s’est ouvert hier 113
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 2 juillet 2002
Une nouvelle plainte contre le général Nezzar 114
Le Matin, Yasmine Ferrroukhi, 2 juillet 2002
Pousse avec eux ! Khaled Cro-Magnon ! 115
Le Soir d’Algérie, Hakim Laâlam, 2 juillet 2002
9
Nezzar contre-attaque. Le procès du « qui-tue-qui ? » à Paris 116
Le Soir d’Algérie, Kamel Amarni, 2 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaidia : la bataille de Paris 117
L’Expression, Salim Aggar, 2 juillet 2002
À l’ouverture de leur procès, hier, à Paris. Première passe d’armes entre Nezzar et
Souaïdia 119
Liberté, Farid Alilat, 2 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : audition des premiers témoins 122
El Watan, Nadia Bouzeghrane, 3 juillet 2002
Ghozali à la rescousse de Nezzar : « L’arrêt du processus électoral ou la fin de
l’Algérie » 123
Le Jeune Independant, Aït-Chaâlal Mouloud, 3 juillet 2002
Une première dans l’histoire de l’ANP : le général Lamari anime une conférence de
presse 124
Le Jeune Indépendant, Redouane Noussaïr, 3 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : la symbolique d’une date 125
La Nouvelle République, Merizek Sahraoui, 3 juillet 2002
Le général-major Lamari à propos de la levée de l’état d’urgence : « L’ANP ne dit pas
non ! » 125
La Nouvelle République, Nadjia B., 3 juillet 2002
Deuxième jour du Procès Nezzar-Souaïdia. Ghozali, Haroun, Baudouin et Chouchane
témoignent 129
La Tribune, Merzak Meneceur, 3 juillet 2002
Le procès Nezzar-Souaïdia se poursuit : Les explications de Sid Ahmed Ghozali 130
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 3 juillet 2002
Ghozali au procès Nezzar-Souaïdia : « Je n’ai pas voulu être le Chapour Bakhtiar de
l’Algérie » 132
Le Soir d’Algérie, Chérif Bennaceur, 3 juillet 2002
Sid-Ahmed Ghozali au procès Nezzar-Souaidia : « Nous avons sauvé l’Algérie » 133
L’Expression, Salim Aggar, 3 juillet 2002
Sous le prisme des médias étrangers. Un sale procès pour « La sale guerre »135
L’Expression, Ali Oussi, 3 juillet 2002
Ghozali au procès Nezzar-Souaïdia : « L’arrêt du processus électoral est un acte
historique » 136
Liberté, 3 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : au prétoire, les cris des victimes du terrorisme 138
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 4 juillet 2002
Trosième journée du procès Nezzar-Souaïdia. Poursuite de l’audition des deux parties
10
139
La Tribune, Merzak Meneceur, jeudi 4 juillet 2002
Retour à 62 141
Le Matin, Mohamed Benchicou, 4 juillet 2002
Témoignage des familles victimes du terrorisme dans le procès Nezzar-Souaïdia :
« L’armée n’a rien à voir avec les massacres » 142
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 4 juillet 2002
Poursuite du procès Nezzar-Souaïdia. L’arrêt du processus électoral en débat à Paris
143
Le Soir d’Algerie, Hakim Soltani, 4 juillet 2002
Troisième journée du procès Nezzar-Souaïdia : Samraoui témoigne 145
Liberté, 4 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : guerre des témoins 145
L’Expression, Salim Aggar, 4 juillet 2002
Mohamed Samraoui : « La solution ? Le départ de certains généraux » 146
Algeria Interface, Paris, interview de Djamel Benramdane, 5 juillet 2002
Le président Bouteflika rend hommage aux prises de positions de l’ANP face aux
situations les plus difficiles 149
APS, 4 juillet 2002, 16:38:23
Procès Nezzar-Souaïdia : « Deux thèses, deux vérités » 150
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 6 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : Aït Ahmed défend le petit lieutenant 151
L’Expression, Salim Aggar, 6 juillet 2002
Jugement mis en délibéré pour le procès de Souadia 152
APS (Alger), 6 juillet 2002
Affaire Nezzar-Souaidia : Procès de l’arrêt du processus électoral 154
El Watan, Nadjia Bouzeghrane, 7 juillet 2002
Aït Ahmed à Nezzar : « Pourquoi ne pas négocier une solution politique ? »156
El Watan, N. B., 7 juillet 2002
Promotion d’officiers supérieurs de l’ANP. Le président Bouteflika remet des grades
et des médailles 157
Jeune Independant, 7 juillet 2002
Procès Nezzar-Souaïdia : les faits saillants 157
Le Matin, de notre correspondante à Paris, Naziha Benchicou, 7 juillet 2002
Nezzar-Souaïdia : les leçons d’un procès 158
Liberté, Farid Alilat, 7 juillet 2002
Khaled Nezzar, ex-ministre de la Défense, à La Nouvelle République : « Nous devons
11
instaurer une tradition de communication » 159
La Nouvelle République, interview réalisée à Paris par Mehenna H., 7 juillet 2002
Et si l’Airbus d’Air France… ? 161
Horizons, Larbi Chaâbouni, 8 juillet 2002
Point de presse de Khalida Toumi-Messaoudi : « La symétrie entre l’ANP et l’armée
coloniale est infâmante » 162
L’Expression, 8 juillet 2002
Nezzar Souaidia : un procès pour l’Histoire 163
Le Soir, Leïla Aslaoui, 10 juillet 2002
Nezzar, Canal + et les attentats de Paris 168
Le Soir, de notre correspondante permanente à Paris K. Baba-Ahmed, 10 juillet 2002
Le général à la retraite s’en prend a la concorde civile : Nezzar épingle Bouteflika
170
Le Soir, Kamel Amarni, 11 juillet 2002
Communiqué du général-major Nezzar : « Le terroriste sanguinaire est devenu
‘‘Monsieur Hattab’’» 171
Le Soir, 11 juillet 2002
Recrudescence des attentats terroristes. Les travers de la concorde civile 173
Le Soir, Sofiane Aït-Iflis, 11 juillet 2002
La colère des martyrs vivants 174
Le Matin, Mohamed Benchicou, 11 juillet 2002
Affaire Nezzar-Souaïdia 176
Le Matin, Djamel Boukrine, 11 juillet 2002
Jean-Baptiste Rivoire ou la méthode CAPA 177
Horizons, M. B, 11 juillet 2002
Khaled Nezzar poursuit son offensive juridico-médiatique 177
Algeria Interface, Paris, Karim Aït-Ouméziane, 12 juillet 2002
Affaire Nezzar-Fattani : ce général qui veut tuer la liberté d’expression 179
L’Expression, samedi 13 juillet 2002
Nezzar signe la troisième sortie du MDN. Les militaires attaquent Bouteflika : « Quel
est ton bilan en trois ans d’exercice ? » 180
Le Jeune Indépendant, Youcef Brahimi, 13 juillet 2002
Attaque frontale 182
Liberté, Hacène Ouandjeli, 13 juillet 2002
L’ANP multiplie les sorties médiatiques. De la concorde au ministre de la Défense
183
Liberté, Salim Tamani, 13 juillet 2002
12
Paroles de général ! 184
Liberté, Lyès Bendaoud, 13 juillet 2002
ANP-Bouteflika : l’heure des règlements de comptes ? 185
Liberté, Hamid Saïdani, 13 juillet 2002
Le consensus rompu 187
Liberté, Hafida Ameyar, 13 juillet 2002
Qui tue qui ? Pourquoi ? 188
Liberté, M. Hammouche, 13 juillet 2002
Dans une déclaration rendue publique jeudi : Nezzar accuse Bouteflika 189
Le Matin, Ghada H., 13.7.02
Bouteflika, le souffleur de Souaïdia 190
Le Matin, Rachid Mokhtari, 13 juillet 2002
C’est la crise ! 191
Le Matin, Mohamed Benchicou, 13.7.02
Un divorce annoncé 192
Le Matin, Djamel Boukrine, 13.7.02
Le deuxième mandat de Bouteflika est-il compromis ? 194
Le Matin, Youcef Rezzoug, 13 juillet 2002
Taisez-vous donc, Monsieur Zerhouni ! 195
Le Soir d’Algérie, Leïla Aslaoui, 13.7.02
Dans une déclaration publiée par la presse algérienne, Khaled Nezzar s’en prend à
Bouteflika 198
La Tribune, A. R., samedi 13 juillet 2002
Nezzar relance le débat sur la relation Bouteflika-ANP. Les équilibres sont-ils
rompus ? 200
El Watan, Fayçal Métaoui, 13 juillet 2002
Convergence contre l’intégrisme 201
El Watan, Amine Lotfi, 13 juillet 2002
Propos à mots couverts 202
El Watan, D. Amrouche, 13 juillet 2002
Ses interventions ne sont pas fortuites. Au nom de qui parle le général ? 203
Liberté, Salim Tamani, 14.7.02
Après les attaques frontales du général Nezzar. Le silence de Bouteflika 204
Liberté, N. Sebti ; 14.7.02
« Ces démocrates à la solde de Souaïdia » 205
Le Matin, Latifa Benmansour, 14 juillet 2002
Poupées barbie, poupées barbantes ! 207
13
Le Soir d’Algerie, Hakim Laâlam, 14 juillet 2002
IV. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA, PRESSE ALGERIENNE : LE CAS
TRES PARTICULIER DE EL MOUDJAHID ET DE SON
CORRESPONDANT, M. MOULOUD BENMOHAMED
Tribunal de Grande Instance de Paris : Habib Souaïdia au banc des accusés 209
El Moudjahid, de notre envoyé spécial Mouloud Benmohamed, 1er juillet 2002
Au tribunal de grande instance de Paris : « Sale temps » pour Souaïdia 214
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, 2 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris : Contre-vérités et vérités sur la décennie de sang
220
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris Mouloud Benmohamed, 3 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris : Témoignages contre Yous, Souaïdia et le GIA
222
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, 4 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris :Grandeur et décadence de Aït Ahmed228
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, lundi 8 juillet 2002
Tribunal de grande instance de Paris : Fracassantes révélations du général-major
Nezzar 232
El Moudjahid, de notre envoyé spécial à Paris, Mouloud Benmohamed, 9 juillet 2002
V. PROCES NEZZAR VS SOUAÏDIA : COMMUNIQUES ONG ET AUTRES
Algérie : Le procès d’Habib Souaïdia souligne les préoccupations sur l’absence
d’enquêtes 236
Amnesty International, Bulletin d’information 107/02, 28 juin 2002
Le procès d’Habib Souaidia sera le procès de l’ex-général Nezzar 237
Collectif permanent de solidarité avec le peuple algérien, Paris, 28 juin 2002
Algérie : le général Nezzar doit être poursuivi par le juge français 239
FIDH, Paris, lundi 1er juillet 2002
Communiqué de presse 239
Justitia Universalis, 1er juillet 2002
14
I. Procès Nezzar vs Souaïdia : presse européenne francophone
Le général algérien Khaled Nezzar actuellement en France
AFP, Paris, 28 juin 2002
Le général Khaled Nezzar, ancien homme fort du pouvoir algérien, se trouve actuellement
en France pour assister au procès qu’il a engagé contre l’ancien officier Habib Souaïdia,
auteur du livre La sale guerre, a indiqué vendredi l’avocat du général Nezzar.
Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense algérien et principal instigateur de
l’interruption du processus électoral en 1991, avait fait l’objet en novembre 2001 de plaintes
pour tortures en France de la part de familles d’opposants algériens.
Selon son avocat, Me Jean-René Farthouat, aucune nouvelle audition du militaire — qui
avait été auditionné par la police en avril dernier — n’est toutefois envisageable durant son
séjour, dans la mesure où ces plaintes « ont fait l’objet d’un classement sans suite après qu’il a
été entendu ».
A partir de lundi et jusqu’à vendredi, Khaled Nezzar assistera donc à l’audience en
diffamation devant le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire qui l’oppose à Habib
Souaïdia, qui dans son livre La sale guerre accuse l’armée algérienne d’être impliquée dans
de nombreux massacres.
——————————————————-
L’armée algérienne défend son honneur lundi au procès de « la sale
guerre »
AFP, Paris, 29 juin 2002
Pour la première fois devant la justice française un haut dignitaire algérien, le général
Khaled Nezzar, viendra défendre lundi l’honneur de son armée en attaquant un ancien
officier, Habib Souaïdia, auteur d’un livre accusant les militaires de massacres, La sale
guerre.
L’ancien ministre de la Défense et principal instigateur de l’interruption du processus
électoral algérien en 1991, actuellement sur le sol français, a fait savoir qu’il serait présent à
l’audience, qui se déroulera pendant toute la semaine devant le tribunal correctionnel de Paris.
« Nous n’avons pas engagé cette procédure pour rien. Nous entendons faire une large mise
en perspective de tout ce qui s’est passé en Algérie ces dernières années », a prévenu l’un de
ses avocats, Me Jean-René Farthouat, qui entend faire citer une quinzaine de témoins, dont
plusieurs anciens hommes politiques et généraux algériens.
Dans ce procès inédit, l’ancien homme fort du régime n’attaque pas directement le livre de
Habib Souaïda (65 000 exemplaires vendus selon les éditions La découverte), mais les propos
qu’il a tenus lors d’une émission diffusée par la Cinquième. A ce titre, le président de France
Télévision, Marc Tessier, est cité à comparaître aux côtés de l’auteur de l’ouvrage.
Dans ce livre, qui a alimenté une très vive controverse des deux côtés de la Méditerranée,
Habib Souaïdia, engagé volontaire en 1989 dans les rangs de l’Armée nationale populaire
(ANP), raconte la torture, les exécutions sommaires et les massacres de civils commis selon
15
lui par les militaires depuis le début des années 1990.
Plaintes en France contre Nezzar
Soutenant cette thèse sur l’antenne de la Cinquième, il avait ainsi déclaré que « les
généraux » ont « tué des milliers de gens ». « C’est eux qui ont décidé d’arrêter le processus
électoral, c’est eux les vrais responsables ».
Dans un parallèle avec les exactions commises par l’armée française durant la guerre
d’Algérie, il avait aussi affirmé : « je ne peux pas pardonner au général Massu et au général
Aussaresses les crimes qu’ils ont commis comme je ne peux pas pardonner au général
Nezzar ».
« L’extraordinaire paradoxe de ce procès c’est que nous avons d’un côté un accusé qui est
un homme extrêmement courageux et qui dénonce des faits graves et de l’autre une victime
qui est suspectée d’avoir couvert des exactions d’une extrême gravité », avance l’un de ses
défenseurs, Me William Bourdon.
« Au travers de la condamnation de Souaïdia le général Nezzar cherche l’acquittement de
l’armée algérienne », ajoute l’avocat.
Pour sa défense, le jeune officier a lui aussi prévu de faire citer de nombreux témoins :
journalistes, militaires algériens dissidents et historiens (dont Pierre Vidal-Naquet et
Mohammed Harbi).
Khaled Nezzar avait fait l’objet en novembre 2001 de plaintes en France pour tortures de la
part de familles d’opposants et avait été auditionné dans ce cadre par la police française en
avril 2002. Selon son avocat, aucune nouvelle audition du militaire n’est toutefois
envisageable durant son séjour le temps du procès, dans la mesure où ces plaintes « ont fait
l’objet d’un classement sans suite ».
Habib Souaïdia, réfugié en France, a pour sa part été condamné en avril dernier à 20 ans de
prison par contumace par le tribunal criminel Sidi M’hamed d’Alger pour « participation à une
entreprise d’affaiblissement du moral de l’ANP (Armée nationale populaire) et de la sûreté de
l’État ».
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L’agenda…
L’Humanité, 1er Juillet 2002
Paris. Ouverture du procès à l’initiative de l’armée algérienne, représentée par le général
Khaled Nezzar, qui attaque un ancien officier, Habib Souaïdia, auteur d’un livre, La Sale
Guerre, accusant les militaires de massacres. L’ancien homme fort du régime n’attaque pas
directement le livre de Habib Souaïdia, mais les propos qu’il a tenus lors d’une émission
diffusée par La Cinquième.
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L’armée algérienne veut se blanchir a Paris
Le général Nezzar attaque en justice l’auteur de « La Sale Guerre »
Libération, José Garçon, lundi 1er juillet 2002
« Nous avons un accusé courageux qui dénonce des faits graves, et une victime suspectée
d’avoir couvert des exactions d’une extrême gravité. » William Bourdon, l’un des avocats de
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Souaïdia
Il n’y a pas si longtemps, seules des périphrases désignaient le général-major Khaled
Nezzar : « l’homme fort d’Alger » ou « l’un des parrains du régime ». Il était en tout cas l’un
de ces « décideurs » algériens, comme on appelle la petite poignée de généraux qui détiennent
la réalité du pouvoir en Algérie, que personne n’aurait osé nommer publiquement il y a
seulement quelques années.
Autant dire que la présence aujourd’hui (sauf imprévu) de l’ancien ministre de la Défense
devant un tribunal français est un événement. Certes, c’est officiellement un simple procès en
diffamation qui s’ouvre à 13 h 30 devant la 17e chambre correctionnelle : celui intenté par ce
général en retraite à un jeune officier Habib Souaïdia, auteur d’un ouvrage à succès, La Sale
Guerre (plus de 70 000 exemplaires vendus) qui met en cause l’armée algérienne dans des
exactions contre des civils. Ce n’est toutefois pas cet ouvrage qui est visé, mais une
déclaration de Souaïdia diffusée sur la Cinquième. « Cela fait dix années qu’il n’y a pas de
président [en Algérie], y affirme le jeune officier. Il y avait des généraux […], c’est eux les
décideurs, c’est eux qui ont fait cette guerre. C’est eux qui ont tué des milliers de gens pour
rien. C’est eux qui ont décidé d’arrêter le processus électoral, c’est eux les vrais responsables
[…] Je ne peux pas pardonner au général Massu et au général Aussaresses les crimes qu’ils
ont commis, comme je ne peux pas pardonner au général Nezzar […]. Il faut qu’on juge les
coupables. »
En réalité, Khaled Nezzar semble ne s’être décidé à accuser Souaïdia, quatre mois après la
parution de son livre, que pour esquiver une première procédure dans laquelle il était luimême
accusé. Car le 25 avril 2001, la « sale guerre » a rattrapé en France l’ex-homme fort du
régime au moment où, ironie du sort, il y présentait ses Mémoires qui innocentent l’armée de
toute exaction dans ce conflit. S’appuyant sur la « compétence universelle », une famille
algérienne, dont le fils est mort sous la torture, et deux anciens détenus, eux aussi torturés par
les forces armées après la proclamation de l’état d’urgence en 1992, ont porté une triple
plainte contre lui « pour sa responsabilité directe, en tant que ministre de la Défense, puis
membre du Haut Comité d’État, dans la politique de répression généralisée » et pour n’avoir
« pas mis un terme à ces tortures, dont il ne pouvait ignorer le caractère massif et
systématique, alors qu’il en avait les moyens ».
Séisme
Pour des généraux qui, longtemps habitués à une impunité totale, vivent aujourd’hui dans
la hantise de devoir un jour rendre des comptes, cette plainte est un séisme. Y compris parce
qu’elle laisse planer l’impossibilité pour eux de se déplacer à l’étranger. Parce qu’il est le plus
impulsif d’entre eux, ou poussé par certains de ses pairs, Khaled Nezzar a visiblement décidé
de crever l’abcès. Et d’utiliser ce procès en diffamation pour absoudre une fois pour toutes le
haut commandement militaire de toutes les accusations portées contre lui concernant
l’annulation des élections législatives de décembre 1991 remportées par le FIS, le putsch de
janvier 1992 (Front islamique de salut) et une « sale guerre » qui a déjà fait près de 200 000
morts. Bref, considèrent les « décideurs » algériens et ceux qui les ont soutenus pendant cette
décennie, tout valait mieux que laisser le FIS prendre le pouvoir et instaurer une République
islamiste.
Les émeutes en Kabylie, puis dans tout le pays, aux cris de « Pouvoir, généraux assassins »
17
montrent cependant une réalité infiniment plus complexe en Algérie. Car personne ne nie, y
compris dans les cercles du pouvoir, que ce dernier a créé les conditions de la confrontation et
a besoin d’un certain seuil de violence pour se maintenir, tandis que les GIA (Groupes
islamistes armés) demeurent l’un des mouvements les plus opaques de l’histoire des guerres
civiles. Du coup, la question des responsabilités de la « sale guerre » sera sans doute au coeur
des débats du procès. « Ce sera un procès politique. Nous entendons faire une large mise en
perspective de ce qui s’est passé ces dernières années en Algérie », assure d’ailleurs Jean-
René Farthouat, l’avocat de Khaled Nezzar, qui confirmait dimanche la présence du général à
la barre. « L’extraordinaire paradoxe de ce procès, c’est que nous avons d’un côté un accusé
très courageux qui dénonce des faits graves, et de l’autre, une victime qui est suspectée
d’avoir couvert des exactions d’une extrême gravité. Au travers de la condamnation de
Souaïdia, le général Nezzar cherche l’acquittement de l’armée algérienne », estime de son
côté William Bourdon, l’un des avocats de Souaïdia.
Les choses pourraient cependant se compliquer : une nouvelle plainte de six Algériens
pour torture contre le général Nezzar a été déposée vendredi soir à Paris par les avocats
Antoine Comte et William Bourdon (lire page suivante).
Fuite diplomatique
Le 25 avril 2001, Nezzar n’avait échappé à une audition des policiers que grâce à la
bienveillance des autorités françaises qui ont toujours pris soin de ne pas froisser Alger et
n’avaient nulle envie d’une crise diplomatique. Son départ précipité dans la nuit avait donné
la mesure de l’embarras français. Paris, qui avait pourtant confirmé à la brigade criminelle
que le général « ne bénéficiait d’aucune immunité diplomatique », avait trouvé une parade
pour organiser sa fuite en se retranchant derrière une « immunité temporaire » : une note
verbale de six lignes des autorités algériennes envoyée par fax à… 14 h 40 ce même 25 avril à
l’ambassade de France à Alger pour l’informer que « le général Nezzar est en mission
officielle en France depuis une semaine ». Et le soir même, à 0 h 12, celui-ci embarquait
précipitamment à Roissy dans un avion de la présidence algérienne spécialement affrété. Les
liens étroits entre les « services » algériens et français ont fait le reste : une semaine tout juste
après le dépôt de cette plainte, la presse algérienne publiait le nom des trois plaignants qui,
pour des raisons de sécurité évidentes, devaient garder un anonymat absolu…
Khaled Nezzar ne se contentera pas du premier classement de cette plainte, rendu quasi
automatique par sa fuite. Surfant sur « l’effet 11 septembre » qui permet aux dictatures de se
présenter comme des parangons de démocratie, il entend en finir avec une procédure qui lui
interdit de facto de se déplacer. Le 4 avril dernier, il revient à Paris dans le plus grand secret
pour y être entendu, sur sa demande, par la brigade criminelle, assurant qu’il ne s’était pas
expliqué en avril 2001 car son « entourage avait préféré qu’il rentre immédiatement à Alger,
pour éviter qu’il y ait des problèmes politiques entre la France et l’Algérie ». Plaidoyer pro
domo qu’aucune question gênante ou précise ne viendra contrarier. L’audition du général
algérien aboutit au classement de l’affaire le 24 avril. « [Son] contenu, argue le procureur de
la République, n’a pas permis d’apporter d’éléments de nature à me convaincre de prendre
l’initiative de poursuites à l’encontre du général Nezzar. » Pourtant, celui qui fut chargé du
rétablissement de l’ordre dans la capitale lors des émeutes d’octobre 1988 y fait, en creux, un
véritable aveu : « Hormis la fusillade de Bab el-Oued, le 10 octobre 1988, l’usage du feu n’a
jamais été autorisé et ordonné contre les manifestants », affirme-t-il, oubliant de préciser que
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cet épisode fit des dizaines de morts après que l’armée eut tiré sur une manifestation
pacifique.
Boutiques de luxe
Quatre jours après cette audition, Habib Souaïdia, l’auteur de La Sale Guerre, a été
condamné par contumace par un tribunal d’Alger pour « participation à une entreprise
d’affaiblissement du moral de l’Armée et de la sûreté de l’État » : dix minutes d’audience,
vingt ans de prison. En mai, l’un des trois plaignants retire sa plainte contre le général Nezzar.
La presse avait annoncé que son fils avait été enlevé dans la nuit du 16 au 17 avril par les
services de sécurité à Alger. L’ex-homme fort d’Alger pense désormais pouvoir attendre son
procès en diffamation contre un jeune officier en multipliant les allers et retours à Paris.
Un samedi de juin, il fait, seul et à pied, les boutiques de luxe du quartier de l’Opéra. Il se
vante en public de sa tranquillité depuis les dernières élections en France : « J’étais un peu
interdit de séjour à cause de cette petite plainte déposée contre moi. C’est toujours les mêmes
histoires… Mais j’ai réglé ce problème avec le Quai d’Orsay. Il reste un vague procès, mais je
ne m’en fais plus, surtout maintenant. » Le procès qui s’ouvre aujourd’hui à Paris doit durer
jusqu’à vendredi.
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L’Algérien Lyes Laribi porte plainte pour torture contre Nezzar : « Que
chacun ose dire ce qu’il a vécu »
Libération, Florence Aubenas, lundi 1er juillet 2002
« Le FIS était la peste. Ceux qui l’approchaient même malgré eux, ceux qui avaient juste
voté pour lui, une barbe trop longue, un mot de trop : coupables. »
Leur jeunesse et ses plaisirs avaient un paradis, les Haras de la garde républicaine du Lido
à Alger. Là, grâce à l’entregent d’un parent bien placé dans la cavalerie, une petite bande
d’étudiants passe des journées entières dans le piétinement des chevaux, la fièvre des
compétitions et l’exaltation de frôler les hautes sphères algéroises.
Ce 16 mars 1992, aux Haras du Lido, Lyes Laribi, 25 ans, reconnaît l’éternel Hamid, chef
des paddocks, ou encore cet officier qui avait loupé le championnat l’année d’avant. Mais, ce
jour-là, ces silhouettes familières poussent des prisonniers par centaines, « bleus de tortures »,
défigurés par les coups, attendant d’être déportés vers sept camps d’internement du désert
algérien. Et Lyes Laribi est parmi eux, effaré de faim et de peur, se battant pour un peu d’eau
dans l’abreuvoir des chevaux. Il va passer quatre ans dans le camp d’In M’guel et à la prison
militaire de Blida. Entre 1991 et 1995, plus de 15 000 personnes ont ainsi été déportées, sans
jugement, sur simple décision arbitraire.
Alors que s’ouvre aujourd’hui le procès en diffamation intenté par le général Nezzar contre
Habib Souaïdia (lire page précédente), une nouvelle plainte pour « torture » vient d’être
déposée en France contre l’ex-ministre de la Défense par six Algériens, dont Lyes Laribi. Un
chassé-croisé judiciaire qui pourrait bouleverser les audiences parisiennes. Lyes témoigne
aussi par un livre, Dans les geôles de Nezzar (1), où le récit des supplices est parfois
insoutenable. Ce que racontent surtout ces procédures et cet ouvrage poignant — le premier
sur ces camps de déportation —, c’est l’histoire du grand silence algérien.
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« On croyait vivre »
« Je cherche la réponse que personne ne m’a jamais donnée en quatre ans d’internement :
pourquoi et sur quelle instruction m’a-t-on arrêté ? », dit Laribi. A l’époque, c’est
l’effervescence, la fugace « ouverture démocratique » qui a suivi les émeutes d’octobre 1988
à Alger, l’instauration du multipartisme qui va durer quatre ans. A la faculté de Bab-ez-Zouar,
tout bouillonne, les études et la drague, cette « mode des syndicats libres ». Comme tout le
monde ou presque, Laribi, fils d’une famille algéroise d’universitaires, fonde le sien avec
quelques copains, une petite structure démocratique plutôt de gauche. « On avait l’âge des
folies. On ne se rendait pas compte. On croyait vivre. On défiait le pouvoir ».
En 1990, le FIS (Front islamique du salut) remporte les municipales et vogue vers la
victoire aux législatives de décembre 1991. Les autorités élaborent alors un projet de loi
électorale, notamment un nouveau découpage censé rattraper administrativement ce qui était
perdu politiquement. Grèves, marches… les protestations s’élèvent côté FIS, mais aussi du
côté de l’opposition non islamiste, également lésée par ces mesures. C’est le début des
déportations, et l’arrestation des principaux dirigeants du FIS. Lorsque ce dernier remporte
néanmoins le premier tour de ces législatives, le processus électoral est suspendu, le président
Chadli Bendjedid « démissionné » et, appuyés par les chars, cinq militaires et civils
s’installent au pouvoir. La contestation reprend. A l’occasion d’une assemblée à la faculté de
Bab-ez-Zouar, organisée par un mouvement étudiant proche des islamistes, dont il ne fait pas
partie, Laribi dénonce lui aussi le « coup d’État ». « A ce moment, il y avait deux camps :
ceux qui approuvaient la situation et ceux qui pensaient qu’il s’agissait d’un coup de force.
Cette analyse n’appartenait pas, loin s’en faut, au seul FIS ».
Quelques semaines plus tard, au centre de torture, on criera pourtant à Lyes « islamiste ! ».
Arrivé au camp d’In M’guel, on ne dit déjà plus que « terroriste ». « Le FIS était la peste.
Ceux qui l’approchaient, même malgré eux, ceux qui avaient juste voté pour lui, une barbe
trop longue, un mot de trop : coupables. Le car de l’usine de bière d’El Harrach avait été
arrêté à un barrage de police. A l’époque, on n’était pas encore habitué à ces contrôles et un
ouvrier, saoul, a crié pour les emmerder : « Vive le Fis ! ». Aucun d’entre eux ne savait même
faire la prière ». Tous ont été déportés. « Terroristes ». Les forces de sécurité sont survoltées.
Lors d’un simulacre d’exécution au camp d’In M’guel, un gradé pointe son arme contre la
tempe d’un prisonnier : « Dis à ton Dieu que les gendarmes d’Algérie l’emmerdent. » Les
années les plus noires de la sale guerre commencent. Pour une grève de la faim en 1993 à In
M’Guel, des protestataires sont accusés de « destruction de matériel de l’armée » et transférés
à la prison militaire de Blida. Un juge d’instruction, capitaine, est saisi. Il doute du dossier,
d’ailleurs jamais jugé. Loin de se rassurer, les accusés (dont Lyes fait partie) sont pris de
panique, « comme fous. Puisque tout est faux et qu’il le sait, la vraie raison de notre présence
ici doit être bien pire. »
Harcèlement
Laribi est libéré le 30 novembre 1995 : « Les gens changeaient de trottoir, ostensiblement,
en me voyant. Dans l’escalier, les voisins guettaient mes allées et venues : cela peut coûter
cher un « bonjour » à quelqu’un qui sort de là-bas. A la fin, quand quelqu’un m’adressait la
parole, c’est moi qui devenais méfiant : pourquoi me parle-t-il ? C’est louche. Un indicateur
peut-être ? » Comme tous les anciens détenus, l’étudiant est harcelé, papiers confisqués,
emprisonné à nouveau dans le même centre de torture. Lyes Laribi se réfugie en France en
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2000. Sa première visite est pour une organisation humanitaire à Paris. Quand il raconte la
torture, les sévices, l’horreur des camps et de la prison, on s’obstine à ne lui poser qu’une
question : « Mais étiez-vous islamiste ? ». Avec le commentaire : « Parce que pour eux, c’est
bien fait. » Et l’innocence se fait inavouable. Lyes pourtant les comprend, « ces
Occidentaux ». « Ils ont le droit d’avoir peur. Mais pour nous, il y a quelque chose alors qui
se dérobe. On n’a plus le courage de dire. »
Laribi s’est associé à la première procédure contre Nezzar, à Paris en avril 2001, parce
qu’il avait une entière confiance en un autre des deux plaignants. « En représailles, son fils a
été enlevé dix jours à Alger par la police. Il a fini par se retirer », raconte Lyes. Lui continue
avec une nouvelle plainte contre le général : « Je me sentirai traître d’abandonner maintenant.
Que chacun ait aujourd’hui le courage de dire ce qu’il a vécu. Eux comme nous. » Le 4 avril
dernier, la police française entendait le général Nezzar dans la première procédure. A propos
des déportations réalisées à partir de 1991, il s’exclamait : « Personne ne s’est plaint alors. »
Et, sur Laribi et ses quatre ans de détention : « C’est un activiste islamiste convaincu. Je ne
me suis jamais rendu dans les centres où il a été incarcéré. Je ne comprends pas pourquoi je
suis mis en cause par cet homme. » Classée sans suite.
(1) Editions Paris-Méditerranée, 15 euros, 230 pp.
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La « sale guerre » civile algérienne en procès devant le tribunal
correctionnel de Paris
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 1er juillet 2002
Le général Nezzar, ex-homme fort d’Alger, accuse de diffamation un ancien officier réfugié
en France.
Étrange paradoxe : c’est à un tribunal français que va revenir le soin de trancher une
querelle entre militaires algériens et, au-delà, d’éclairer un pan de l’histoire récente du pays.
Et pas n’importe laquelle : celle qui a vu, en janvier 1992, l’interruption d’élections
législatives que les islamistes étaient en passe de gagner haut la main.
On en connaît les conséquences. L’Algérie a sombré dans une guerre civile qui a fait
100 000 morts (l’estimation est du président Bouteflika) voire davantage, pour l’essentiel des
civils. Dix ans après, la violence a nettement baissé mais elle est loin d’avoir disparu.
A l’origine du procès qui s’ouvre, lundi 1er juillet — en principe pour une semaine —
devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, quelques phrases lâchées à la
télévision française, en mai 2001, par un ancien officier, Habib Souaïdia. Les « généraux »,
avait-il déclaré, c’est eux les décideurs, c’est eux qui ont fait la guerre. C’est eux qui ont tué
des milliers de gens pour rien du tout ». « C’est eux qui ont décidé d’arrêter le processus
électoral, c’est eux les vrais responsables [de la guerre civile]« , avait-il ajouté. Cette grille de
lecture, qui exonère pour partie les islamistes, continue à diviser aujourd’hui la société
algérienne en deux camps irréductibles, tout comme ceux qui, en France, s’intéressent au sort
de l’Algérie.
Que cette prise de position débouche sur un procès qui s’annonce orageux tient également
à la personnalité du plaignant et à celle du prévenu. Habib Souaïdia n’est pas n’importe qui.
Militaire en rupture de ban, aujourd’hui réfugié politique en France, il est l’auteur d’un livre
21
qui a fait scandale, à sa sortie, de part et d’autre de la Méditerranée. Dans La Sale Guerre
(Éditions La Découverte), M. Souaïdia raconte avec précision comment, engagé volontaire en
1989, il a été témoin de tortures, d’exécutions sommaires et de massacres de civils dont il
attribue clairement la paternité à l’armée.
C’était la première fois qu’un témoignage venu de l’intérieur de l’institution militaire
mettait ainsi ouvertement en cause l’armée. D’où le succès du livre en librairie (85 000
exemplaires vendus toutes éditions confondues) et, en avril 2002, la condamnation de son
auteur, réfugié politique en France, à 20 ans de prison par contumace par un tribunal algérien
pour « participation à une entreprise d’affaiblissement du moral de l’ANP [Armée nationale
populaire] et de la sûreté de l’État ».
Dans l’entretien accordé à la Cinquième chaîne (ce qui explique que le président de France
Télévision, Marc Tessier, est cité à comparaître), Habib Souaïdia ne s’en était pas uniquement
pris à l’institution militaire. Il avait eu des mots très durs à l’encontre de celui qui, par sa
position, incarnait le régime lorsque l’Algérie a sombré dans la violence, le général Khaled
Nezzar. M. Souaïdia l’accusait de crimes et le comparait aux généraux français Massu et
Aussaresses.
Aujourd’hui à la retraite, Khaled Nezzar, ancien ministre de la défense nationale, a donc
décidé de porter plainte pour diffamation. Sa démarche, a-t-il précisé, n’engage que sa
personne « même si l’enjeu concerne l’Algérie tout entière ».
Et c’est ainsi qu’un tribunal français va devoir se pencher sur une période tumultueuse et
dramatique de l’histoire récente de la jeune Algérie. « Il s’agit du premier grand procès du
régime militaire algérien », résume l’éditeur de La Sale Guerre, François Gèze.
Les débats promettent d’être passionnés. De part et d’autre, les témoins convoqués ont été
des acteurs engagés et, pour certains, le sont encore. Défendu par Me Jean-René Farthouat, le
général Nezzar a fait citer, entre autres personnalités, un ancien Premier ministre, Sid Ahmed
Ghozali, l’actuelle porte-parole du gouvernement, Khalida Messaoudi, le directeur de
l’Observatoire des droits de l’homme, Rezzag Bara, une poignée d’universitaires (dont André
Mandouze) et quelques journalistes.
Les témoins de la partie adversaire, dont Me William Bourdon et Me Antoine Comte
assureront la défense, ne sont pas moins intéressants. Ont été sollicités les historiens
Mohammed Harbi et Pierre Vidal-Naquet, la députée du Parlement européen Hélène Flautre,
la soeur du chanteur kabyle assassiné Lounès Matoub, Malika Matoub, et surtout quatre
militaires entrés en dissidence, dont deux appartiennent au MAOL, un mouvement d’officiers
libres connu pour ses « révélations » diffusées sur Internet. Au total, pour les deux parties, pas
moins de 38 témoins ont été cités.
La situation personnelle du général Nezzar n’est pas faite pour calmer les débats. En
novembre 2001, sous le coup de plaintes pour « tortures » déposées par des familles de
victimes, il avait dû quitter précipitamment la France où il se trouvait en visite privée. Un an
plus tard, il était auditionné par la brigade criminelle et son affaire a fait l’objet d’un
« classement sans suite », selon son avocat. Mais une nouvelle plainte contre le général Nezzar
a été déposée par six personnes, vendredi 28 juin, auprès du procureur de la République pour
« tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants ». A l’ouverture du procès, le statut de
l’ancien ministre de la défense apparaît à nouveau incertain.
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22
L’armée algérienne « défend son honneur » en France
RFI, Mounia Daoudi, 1er juillet 2002
Le procès en diffamation contre Habib Souaïdia, cet ancien officier algérien, auteur de
l’ouvrage à succès La Sale Guerre qui dénonce notamment les exactions de l’armée
algérienne contre des civils depuis l’interruption en janvier 1992 du processus électoral, s’est
ouvert lundi après-midi devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris. Ce procès
pour lequel le plaignant n’est autre que le général Khalid Nezzar, ancien ministre de la
Défense et l’un des anciens hommes forts du régime algérien, sera dans l’esprit de
l’accusation l’occasion de « blanchir » l’armée algérienne. La défense dénonce, elle, « le
paradoxe d’un procès où l’accusé, Habib Souaïdia, est un homme extrêmement courageux qui
dénonce des faits graves et la victime, une personne suspectée d’avoir couvert des exactions
d’une extrême gravité ».
Ce n’est paradoxalement pas pour La Sale Guerre que Habib Souaïdia est poursuivi en
diffamation par le général à la retraite Khalid Nezzar. L’ouvrage, qui a connu un franc succès
avec 70 000 exemplaires déjà vendus, avait pourtant provoqué un séisme à Alger. Et même si
le livre n’a pas été distribué dans les librairies algériennes, l’ouvrage a suscité un tel émoi que
le chef d’État-major, le général Lamari, s’était senti obligé de réagir dans un communiqué à
ses troupes. Il y dénonçait notamment une opération visant à donner de l’armée « un visage
dictatorial » ainsi qu’un « rôle politique obscur et handicapant ». Habib Souaïdia a d’ailleurs été
condamné par contumace par un tribunal d’Alger à vingt ans de prison pour « participation à
une entreprise d’affaiblissement du moral de l’armée et de la sûreté de l’État ».
Même si La Sale Guerre a été qualifiée de « tissu de mensonges » par les autorités
algériennes, le général Khalid Nezzar a choisi d’attaquer pour diffamation son auteur pour
une toute autre affaire. Il s’agit d’une déclaration diffusée par la chaîne de télévision française
la Cinquième dans laquelle Habib Souaïdia affirme que « les généraux -les véritables
décideurs- ont tué des milliers de gens pour rien ». « Ce sont eux qui ont décidé d’arrêter le
processus électoral, affirme-t-il, ce sont eux les vrais responsables ». L’ancien officier n’hésite
d’ailleurs pas à citer des noms et affirme qu’il ne peut pas « pardonner au général Nezzar » et
qu’il faut « juger les coupables ».
L’occasion était donc toute trouvée pour l’armée algérienne de « se blanchir » puisque le
général Nezzar veut « un procès politique ». Son avocat affirme en effet que le but recherché
est de « faire une large perspective de ce qui s’est passé ces dernières années ». Il s’agit dans
l’esprit des autorités algériennes de détruire « le complot médiatique fait au régime ». Pour
l’ancien homme fort, « les auteurs de ce complot, qui utilisent Habib Souaïdia comme un
simple pion, sont le Front islamique du salut (FIS aujourd’hui dissous) et le Front des forces
socialistes (FFS, principal parti d’opposition) ». Le procès qui s’est ouvert lundi à Paris risque
donc de traiter d’enjeux de politique intérieure algérienne auprès d’une juridiction bien
éloignée du territoire algérien.
Le général Nezzar n’est pas à l’abri de poursuites
Si l’ancien homme fort du régime algérien se présente comme une victime devant le
tribunal de Paris, il n’est pas pour autant à l’abri de poursuites judiciaires. Le général Nezzar
avait dû en effet en avril dernier quitter précipitamment Paris pour éviter de se retrouver
confronté à la justice française. S’appuyant sur la compétence universelle, cette dernière avait
23
en effet jugé recevable des plaintes pour tortures déposées contre lui par trois Algériens.
L’affaire avait été ensuite classée puisque selon le procureur de la République « le contenu de
la plainte n’a pas permis de d’apporter d’éléments de nature à prendre l’initiative de
poursuites à l’encontre du général Nezzar ».
Une nouvelle plainte a toutefois été déposée la semaine dernière contre l’ancien ministre
de la Défense pour « tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants ». Neuf Algériens
demandent ainsi au procureur de la République l’ouverture d’une enquête préliminaire pour
que « soit procédé à l’interpellation et à l’audition du général Nezzar ». Selon eux, ce dernier a
eu jusqu’en 1994 les prérogatives d’un « super chef d’État » et « c’est sous sa direction que fût
appliquée la politique de répression systématique » du peuple algérien. La justice française vat-
elle donner suite à cette plainte ? C’est ce que se demandent les militants algériens des droits
de l’homme.
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France-Algérie/Paris : nouvelle plainte contre Nezzar
Associated Press, 1er juillet 2002
Le tribunal doit entendre mardi à 9h30 Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre
algérien de juin 1991 à juillet 1992.
L’ancien ministre de la Défense algérien, qui se trouve actuellement à Paris, est accusé de
« tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants ».
Une nouvelle plainte a été déposée vendredi à Paris par neuf Algériens contre l’ancien
ministre de la Défense algérien, Khaled Nezzar, pour tortures et traitements cruels, inhumains
et dégradants, a-t-on appris lundi auprès de l’un de leurs avocats, Me William Bourdon.
M. Nezzar, ancien homme fort du régime algérien lors de l’interruption du processus
électoral en 1992, se trouve actuellement en France pour assister à partir de lundi au procès
qu’il a intenté à un ancien sous-officier de l’armée algérienne, Habib Souaïdia, auteur du livre
La Sale Guerre.
De précédentes plaintes déposées pour les mêmes motifs en avril 2001 contre M. Nezzar
ont été depuis classées sans suite par le parquet de Paris.
Audition
Les plaignants demandent au procureur de la République l’ouverture d’une enquête
préliminaire pour que « soit procédée à l’interpellation et à l’audition du Général Khaled
Nezzar ».
Selon eux, M. Nezzar a eu jusqu’en 1994 les prérogatives d’un « super chef d’État » et c’est
« sous sa direction que fut appliquée la politique de répression systématique des opposants et
notamment du FIS (Front islamique du salut, dissous, NDLR) et c’est sous sa direction encore
que continuèrent à être commis de façon massive des crimes de torture ».
Raisons politiques
« Les déportations, les meurtres collectifs, les exécutions extrajudiciaires en série et surtout
l’utilisation massive de la torture se sont inscrits dans le cadre d’une politique de répression
systématique inspirée par des raisons politiques dont Monsieur Khaled Nezzar a été le
principal instigateur et artisan », poursuit le texte de la plainte.
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Parmi les plaignants figurent plusieurs des personnes qui avaient déjà déposé plainte en
avril 2001, dont les membres d’une même famille, ainsi que Lyez Laribi, un étudiant ayant
passé plusieurs années en prison en Algérie, une expérience qu’il raconte dans un livre intitulé
Dans les geôles de Nezzar.
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2 juillet 2002 : France 2 a fait un sujet sur le procès dans le JT de 20 h

2 juillet 2002 : France 3 a fait un sujet sur le procès dans le JT de la nuit
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Procès Souaïdia-Nezzar : deux visions de l’Algérie
Le journal permanent du Nouvel Obs, 2 juillet 2002
Lors du procès en diffamation intenté contre lui par le général Khaled Nezzar, Habib
Saouïda dénonce les exactions perpétrées par l’armée algérienne.
Face au général à la retraire Khaled Nezzar qui le poursuit en diffamation, Habib Saouïdia,
auteur du livre La Sale Guerre, a réitéré devant la justice française ses propos contre l’armée
algérienne qu’il accuse de massacrer la population de son pays. « L’Histoire vous rattrapera
dans votre tombe », s’est écrié l’ex-sous-lieutenant en pointant un doigt vengeur vers l’ancien
ministre algérien de la Défense assis devant ses avocats. Khaled Nezzar poursuit Habib
Souaïdia pour des propos tenus le 27 mai 2001 sur la chaîne La Cinquième lors de l’émission
Droits d’auteur consacrée à l’Algérie. Il demande 15 000 euros de dommages-intérêts.
Accusations réitérées
Habib Souaïdia, âgé de 33 ans, réfugié en France depuis avril 2000, n’a cessé lundi de
marteler ses accusations de corruption à l’encontre du pouvoir algérien et de ses généraux qui
constituent, selon lui, « une seule famille qui décide » du devenir de l’Algérie. « Ils savent très
bien que s’il y a une démocratie en Algérie, ce seront les premiers à être jugés », a-t-il
expliqué. « Nezzar dit qu’il a sauvé la démocratie de l’intégrisme. Où est la démocratie en
Algérie ? », s’est-il emporté alors que la majorité du public, qui suit les débats devant la 17e
chambre du tribunal correctionnel de Paris, est acquis à sa cause.
Armée algérienne
Des propos vivement contestés par le général Nezzar, pour qui les exactions orchestrées en
Algérie sont l’oeuvre des islamistes intégristes, même s’il a reconnu qu’il pouvait y avoir eu
des « bavures » commises par l’armée.
Sanglé dans un costume sombre, le général Nezzar, qui refuse d’être pris pour « un
apparatchik assoiffé de pouvoir à l’instar de [ses] compagnons », s’en est pris à une presse
française qui tente de « faire croire que les odieux massacres perpétrés par les islamistes
intégristes seraient l’oeuvre de l’armée algérienne ». « L’armée algérienne n’est pas une armée
de barbares », a-t-il affirmé avec force. C’est « une armée populaire confrontée à une situation
inédite et difficile avec la guerre contre les intégristes », a-t-il encore fait valoir.
« Éviter la guerre civile »
Celui qui fut l’un membre du Haut comité d’État, présidé par Mohamed Boudiaf, chef
d’État assassiné il y a tout juste dix ans, a justifié l’interruption du processus électoral en
25
1992. « Il fallait éviter la guerre civile et l’ »afghanisation » de l’Algérie. En un mot, un État
taliban ».
Considéré comme acteur de la tendance « éradicatrice » du pouvoir algérien qui refuse tout
compromis avec les intégristes, Khaled Nezzar concentre sur sa personne les attaques de la
mouvance « réconciliatrice », animée notamment par Hocine Aït Ahmed, secrétaire général du
Front des forces socialistes (FFS), exilé en Suisse.
Nouvelles plaintes
Défendu par Me Antoine Comte, avocat parisien de M. Ahmed, Habib Souaïdia a demandé
plusieurs fois à la barre du tribunal la création d’une commission d’enquête. « On trouvera qui
sont les responsables de tous les massacres ».
Une nouvelle plainte pour tortures a été déposée vendredi contre le général Nezzar par Mes
William Bourdon et Antoine Comte au nom de six plaignants qui l’accusent d’avoir couvert
de son autorité le recours à la torture après la proclamation de l’état d’urgence en 1992. Cette
plainte qui vise les faits de tortures et actes inhumains au sens de la Convention de New York
de 1984, ratifiée par la France, est actuellement à l’étude au parquet de Paris, indique-t-on
lundi de sources judiciaires.
Une plainte similaire avait été déposée par les mêmes avocats au nom de trois plaignants
l’an passé au mois d’avril. Une procédure classée sans suite mais qui avait conduit le général
Nezzar a quitter précipitamment la France où il était venu présenter son ouvrage, « Algérie,
échec d’une régression avancée ».
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Un ex-Premier ministre algérien défend le rôle de l’armée
Reuters, mardi 2 juillet 2002, 15h04
PARIS (Reuters) — Sid Ahmed Ghozali, ex-Premier ministre algérien, a soutenu mardi au
tribunal de Paris l’armée de son pays, qui a barré la route du pouvoir aux islamistes après les
élections législatives de 1992.
« Notre conviction était que laisser le pouvoir aux islamistes, c’était laisser tomber
l’Algérie », a-t-il dit à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Il a estimé que l’armée était
« le seul rempart contre l’obscurantisme » dans son pays.
Il témoignait au procès en diffamation d’un ancien officier de l’armée algérienne, Habib
Souaïdia, qui a soutenu dans un livre intitulé La Sale Guerre que les généraux algériens
utilisaient la guerre civile et organisaient eux-mêmes des massacres de civils imputés aux
islamistes, afin de monopoliser le pouvoir politique et économique.
Pour Sid Ahmed Ghozali, qui était Premier ministre au moment de l’interruption du
processus électoral en 1992 et au début de la guerre civile, qui a fait au moins 100 000 morts
en dix ans, cette thèse est une invention des islamistes.
« La stratégie de l’islamisme, c’est de s’emparer du pouvoir sur la base de l’effondrement
de l’État en passant par la déstabilisation de l’armée », a-t-il dit.
Il a affirmé que l’intervention armée de 1992 n’avait pas décidée par les militaires seuls
mais avait bénéficié d’un consensus très large dans la société civile et les milieux politiques.
L’ancien président Ahmed Ben Bella lui aurait d’ailleurs dit à ce moment : « Mon fils, tu ne
vas pas laisser le pouvoir à cette bête immonde ! ».
Le procès contre Habib Souaïdia a été initié par le général Khaled Nezzar, à qui on prête
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un rôle important dans l’interruption du processus électoral et qui se voit imputer des faits de
tortures par des plaignants algériens.
Le procès doit durer toute la semaine. Une vingtaine de témoins au total doivent venir
déposer sur les différents aspects de la guerre civile algérienne.
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L’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali justifie la mise hors la loi du
FIS
Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 12h48
PARIS (AP) — « Laisser le pouvoir aux islamistes, c’était la fin de l’Algérie ». Sid Ahmed
Ghozali, ancien Premier ministre algérien, a justifié mardi l’interruption du processus
électoral en 1991, au deuxième jour du procès qui oppose à Paris le général à la retraite
Khaled Nezzar à Habib Souaïdia, auteur de La Sale Guerre.
En 1991, il n’y avait d’autre choix, a-t-il affirmé que de mettre fin au processus électoral
qui avait vu le Front islamique du salut (FIS) arriver en tête des élections législatives avec
26 % des suffrages mais 60 % d’abstention.
« Le FIS, avec la complicité d’un clan au pouvoir, a manipulé les listes électorales et le
scrutin », a-t-il soutenu à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Ce résultat était un vote de
« rejet de tous ceux » que le peuple « considérait comme étant responsable des difficultés dans
lesquelles » il était, a-t-il poursuivi.
L’interruption du processus électoral n’a pas été décidé par les militaires seuls, a-t-il
assuré, car il s’agissait d’une décision « des militaires, du gouvernement et de la société civile
d’un commun accord ». D’ailleurs, Ahmed ben Bella, l’un des père de la révolution algérienne
lui aurait dit : « Mon fils, tu ne vas pas laisser le pouvoir à cette bête immonde ».
L’ancien ambassadeur d’Algérie en France, cité comme témoin à la demande du général
Nezzar, a expliqué qu’il n’avait pas voulu être le Chapour Bakhtiar de l’Algérie » dans une
allusion au dernier Premier ministre du shah d’Iran avant la prise de pouvoir de l’ayatollah
Khomeini.
« L’Algérie n’est pas une république bananière avec d’un côté des militaires assoiffés de
sang et de l’autre côté des civils obéissants », s’est insurgé M. Ghozali qui refuse d’être pris
pour un « apparatchik » inféodé aux militaires.
Selon lui, les violences islamiques n’ont pas commencé avec l’interruption du processus
électoral en 1991 mais remontent bien avant la légalisation du FIS en 1989. « La stratégie des
islamistes vise à exploiter les situations de détresse, de frustration et de corruption, qui sont de
la responsabilité du pouvoir en place, pour accéder au pouvoir », a-t-il expliqué. Et pour mieux
accéder au pourvoir, estime l’ancien Premier ministre, il faut « déstabiliser l’armée, seul
rempart aux projets islamiques ».
Les débats se poursuivent mardi après-midi avec l’audition de témoins de la défense et de
la partie civile. AP
pas/Bg
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« La sale guerre » de l’armée algérienne devant la justice à Paris
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AFP, mardi 2 juillet 2002, 11h09
PARIS (AFP) — Un ancien militaire algérien, Habib Souaïdia, auteur du livre La Sale
Guerre poursuivi depuis lundi en diffamation à Paris par le général Khaled Nezzar, a répété
au dignitaire les graves accusations qu’il porte contre son armée, l’accusant de « massacres » et
de « tortures ».
Véhément, souvent confus, l’ancien officier, un petit homme de 33 ans, s’est même fait
menaçant à l’encontre de l’ancien ministre de la Défense nationale (1990-1993), lui lançant :
« l’Histoire vous rattrapera dans votre tombe ! ».
Assis face à lui, le fixant du regard sans broncher, Khaled Nezzar, 64 ans, a longuement lu
un texte. « Au delà des propos diffamatoires à l’égard de ma personne c’est en réalité sur tout
un peuple, son gouvernement et son armée […] que les diffamateurs et leur porte-voix tentent
de jeter l’opprobre », a-t-il répliqué.
Principal instigateur de l’interruption du processus électoral algérien en janvier 1992,
M. Nezzar poursuit Habib Souaïdia devant la 17e chambre du tribunal correctionnel pour des
propos qu’il a tenus lors d’une émission diffusée sur La Cinquième, en mai 2001.
Soutenant la thèse selon laquelle l’armée algérienne organise des massacres dans la guerre
civile qui secoue le pays depuis 10 ans, afin de se maintenir au pouvoir, M. Souaïdia avait
notamment affirmé que « les généraux » ont « tué des milliers de gens ».
Dans un parallèle avec les exactions commises par l’armée française durant la guerre de
décolonisation, il avait aussi lancé : « je ne peux pas pardonner au général Massu et au général
Aussaresses les crimes qu’ils ont commis comme je ne peux pas pardonner au général
Nezzar ».
Interrogé sur les exactions dont il dit avoir été témoin, il raconte au tribunal avoir vu des
militaires brûler vif un enfant de 15 ans après l’avoir aspergé d’essence. « On prend l’enfant,
on le met sur une décharge publique, on verse sur lui de l’essence et on allume avec du
plastique […]. Quel être humain peut faire ça ? ».
Souaïdia dit également avoir été contraint d’escorter en mars 1993 des militaires déguisés
en islamistes dans un village appelé Douar Ez-Zaatria, où ils auraient massacré 12 civils. « J’ai
vu ces collègues habillés en civil avec des fusils de chasse, des poignards, portant la barbe et
sortir dans des voitures banalisées pour faire la chasse aux Algériens ! ».
Face à ces graves accusations, déjà rapportées dans son ouvrage (environ 70 000
exemplaires vendus), Khaled Nezzar a répondu que « l’armée algérienne n’est pas une armée
de barbares ».
Il a aussi longuement justifié l’interruption du processus électoral et le rôle des militaires
dans la lutte contre les islamistes. « L’action de l’armée a eu pour but de préserver l’ordre
menacé par les islamistes […]. Il fallait éviter l’afghanisation de l’Algérie, en un mot, l’État
taliban ».
Les avocat de Souaïdia, Mes William Bourdon et Antoine Comte, ont profité de la
présence de Nezzar en France pour déposer à son encontre, au nom de neuf Algériens, une
nouvelle plainte pour tortures et traitements cruels, inhumains et dégradants. De précédentes
plaintes déposées pour les mêmes motifs en avril 2001 ont été depuis classées sans suite.
Mardi, les débats reprendront à 09H30 avec l’audition de l’ancien Premier ministre Sid
Ahmed Ghozali (juin 91-juillet 92), cité par la défense de Khaled Nezzar. Le procès doit
s’achever vendredi.
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L’armée algérienne devant la justice française
« Je n’arrive toujours pas à savoir comment on a fait ça » : l’officier
Souaïdia a raconté hier la sale guerre des généraux
Libération, Florence Aubenas, mardi 2 juillet 2002
« Pourquoi moi ? » Quand, il y a un an, un ex-sous-lieutenant, Habib Souaïdia, a publié La
Sale Guerre, racontant les exactions de l’armée algérienne depuis 1992, il s’attendait à être
attaqué en justice, par un général ou un autre. Et rien. « D’autres ont même dit pire que moi.
Un ancien officier a écrit un livre où il accuse le général Nezzar d’avoir tué sa femme (1). » A
ces mots, la salle de la 17e chambre correctionnelle de Paris sursaute. Tous sauf Nezzar,
impassible. Finalement, Souaïdia est devant le tribunal, attaqué en diffamation par cet exministre
de la Défense algérien pour une interview diffusée sur TV5.
La salle du tribunal est trop petite. On se bouscule. Ceux qui sont entrés ont du mal à rester
assis. L’énervement, l’émotion. Tout le monde sait ce qui va se jouer pendant cinq jours : le
premier procès des responsabilités dans une guerre qui a déjà fait 200 000 morts.
Exécutions
« On était la chair à canon. » A la barre, Souaïdia, réfugié en France, raconte les « Forces
spéciales », où il fut officier à partir de 1992. Les viols, la torture, les exécutions. Et sa voix
qui se casse pour raconter ce soir parmi d’autres, à Lakhdaria. « Aujourd’hui encore, je
n’arrive pas à savoir comment on s’est retrouvés à faire ça. On est partis en Renault Express
avec des collègues. » A bord, un homme et un enfant de 15 ans, « qu’on a sortis de leur
maison », accusés de terrorisme. « Quand on arrive à la décharge de la ville, on met l’enfant à
poil. Il est attaché avec des fils de fer. » La salle s’est figée dans le silence. « On verse du
carburant sur l’enfant, on le met dans du plastique pour que, de lui, il ne reste rien du tout. On
allume le feu. Le lendemain, comme toujours, la gendarmerie emballe ce qui reste, comme de
la merde. Elle dit : « Les terroristes l’ont tué. » Et la mère du gamin, qu’est-ce qu’elle peut
dire ? On avait des ordres, mais les généraux, en Algérie, personne ne peut les accuser. Si
c’était une démocratie, c’est lui qui serait jugé en premier. »
De la chaise en face, se déplie 1,90 mètre en costume-cravate. Le président s’inquiète :
« On m’a dit que vous étiez malade. Vous pouvez rester debout ? » L’autre opine gravement.
Sort un premier papier. Lit : « Je suis le général Nezzar Khaled. » Puis un second, dont il
déchiffre tout avec cérémonie, ponctuation comprise. Pour ce haut gradé d’une Algérie
toujours prête à s’irriter d’une possible « ingérence étrangère », les raisons d’avoir saisi un
tribunal français paraissent un étrange écho aux accusations de Souaïdia : « Une procédure en
Algérie aurait été, aux yeux de mes accusateurs, frappée de suspicion au motif d’une justice
subordonnée au pouvoir. » A une question d’un avocat de la défense, Antoine Comte, le
général commence à se fâcher : « Je vous appelle maître pour ne pas vous appeler autrement. »
Comte : « Vous vous croyez où ? Nous sommes dans un État de droit, vous devez m’appeler
maître. » Dans la salle, des amis de Nezzar murmurent : « Vous vous rendez compte comment
on ose parler à un général. »
« Illettré »
Puis William Bourdon, l’autre avocat de la défense, l’interroge sur les déclarations d’un
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autre général, critiquant ceux qui, comme Nezzar, ont annulé en 1992 le processus électoral
que le FIS s’apprêtait à remporter. Et là, le général Nezzar devient le général Nezzar,
déclarant : « C’est un illettré. Il a une usine de couvertures et une ligne de transport. C’est
normal, depuis l’indépendance, on a des généraux illettrés. »
(1) La Mafia des généraux, par Hichem Aboud
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Algérie : le procès de la « sale guerre »
Le Parisien, Catherine Tardrew, 2 juillet 2002
EN PRINCIPE, il s’agit d’un banal procès en diffamation. Seulement voilà : à la veille, ou
presque, du 40e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet, un tribunal français
est appelé à se prononcer sur une affaire dont les deux protagonistes sont des militaires
algériens. Le général Khaled Nezzar, ex-ministre de la Défense, longtemps considéré comme
l’homme fort d’Alger, estime son honneur bafoué par un sous-lieutenant. Son nom : Habib
Souaïdia. Dans son livre La Sale Guerre (La Découverte), Souaïdia accuse l’armée algérienne
de massacres dont, depuis douze ans, les groupes armés islamistes sont tenus responsables.
Plus : il a affirmé que ce sont les généraux (dont Nezzar) qui, en janvier 1992, ont « arrêté le
processus électoral ». Furieux, Nezzar a porté plainte pour diffamation. Mais, hier, devant la
17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, personne n’est dupe. La question est : « Qui
tue qui en Algérie ? »
« Vider l’abcès »
Le sous-lieutenant Souaïdia, c’est « David contre Goliath ». Condamné à quatre ans de
prison pour vol qualifié, rayé des cadres de l’armée, il s’est réfugié en France et y a écrit son
réquisitoire implacable. Petit (1,62 m), il raconte : « Depuis 1992, il y a eu 200 000 morts,
7 000 disparus, des milliers de torturés. J’ai assisté à l’exécution d’un enfant de 15 ans. On a
versé sur lui du kérosène. Un autre homme était attaché. Lui aussi, à poil. Ils ont allumé avec
du plastique, pour que ça brûle mieux. »
En face de lui, « Goliath » : le général Khaled Nezzar, 67 ans, costume de bonne coupe,
lunettes, moustache, cheveux poivre et sel. Une carrière impeccable. Il a rejoint l’ALN
(l’Armée de libération nationale) en 1958, pour devenir, trente ans plus tard, tout puissant
ministre de la Défense. S’il est là, c’est, lance-t-il, « pour vider l’abcès » : car « au-delà de ma
personne, c’est tout un peuple, son gouvernement et son armée sur lesquels les diffamateurs
tentent de jeter l’opprobre ». Selon lui, Souaïdia, sous influence d’intellectuels français, ne fait
que répéter les thèses du Front islamiste du salut (FIS). Le vieux soldat nie être « un
apparatchik assoiffé de pouvoir ». « L’armée algérienne, insiste-t-il, n’est pas une armée de
barbares. » Les débats se poursuivent aujourd’hui.
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« Qui tue qui ? » en Algérie : deux camps s’affrontent au procès Souaïdia
AFP, mardi 2 juillet 2002, 21h23
PARIS (AFP) — « Qui tue qui ? » Revenant sans cesse dans la bouche des témoins, cette
question a opposé mardi à Paris les deux camps qui s’affrontent au procès en diffamation de
l’ex-militaire Habib Souaïdia sur la question du partage des responsabilités dans les massacres
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en Algérie entre l’armée et les islamistes. Premier à témoigner dans la matinée, l’ex-Premier
ministre (de juin 91 à juillet 92) Sid Ahmed Ghozali a surtout défendu le choix de
l’interruption du processus électoral en janvier 1992, après que le FIS (Front islamique de
salut) eut remporté le premier tour des législatives.
« Notre conviction était que laisser le pouvoir aux islamistes c’était laisser tomber l’Algérie
[…] Nous ne l’avons pas fait et nous ne le regrettons pas », martèle à la barre l’ancien chef du
gouvernement, cité comme témoin par le général et ex-ministre de la Défense Khaled Nezzar,
ancien homme fort du régime et instigateur de ce procès contre l’auteur du livre « La sale
guerre » de Habib Souaïdia.
Dans cet ouvrage, M. Souaïdia accuse le pouvoir algérien d’avoir laissé l’armée prendre le
contrôle du pays et commettre des massacres contre les populations civiles pour se maintenir
à la tête de l’État. Pour M. Ghozali, l’armée a au contraire « constitué le seul rempart contre
l’obscurantisme ».
« L’Algérie n’est pas une République bananière […] Dans le cadre de ma mission, je n’ai
jamais été en situation d’exécuter ou de recevoir des ordres de la part des autorités militaires »,
dit-il. Interrogé par des journalistes après son audition dans les couloirs du palais, il a admis
qu’il « y a peut peut-être eu des exactions » de la part des militaires, « mais elles ont été
traduites en justice ».
Intervenant après lui, Mohammed Harbi, l’un des « historiques » du FLN lors de la
décolonisation, devenu depuis opposant au régime, estime au contraire que l’Algérie présente
la spécificité « d’une armée avec un État à son service plutôt qu’une armée au service de
l’État ». « C’est un régime militaire à façade civile », dit-il.
Le point de vue est partagé par Patrick Baudoin, responsable de la Fédération
internationale des Droits de l’Homme (FIDH), appelé à témoigner par la défense : « Ce n’est
pas le président de la République, ce n’est pas le gouvernement, ce n’est pas l’Assemblée
nationale mais un quarteron de généraux qui détient le pouvoir ».
Comme avant lui Nezzar et Ghozali, il utilise la formule : « qui tue qui ? » et répond que,
selon lui, l’armée a tué des civils. Au terme de deux missions menées avec trois autres
organisations (Human rights watch, Reporters sans frontières et Amnesty International)
en 1997 et 2000, il dit avoir « recueilli des dizaines et des dizaines de témoignages, tous
concordants contre les forces de l’ordre ».
Il cite « des arrestations arbitraires en masse, des camps d’internement plus ou moins
secrets, une pratique systématique de la torture, des exécutions extra-judiciaires ».
En fin d’après-midi, un ancien officier cité par la défense, Ahmed Chouchane, placé en
détention en mars 1992 pour ses liens supposés avec des islamistes, raconte qu’il a été
« torturé » par l’armée.
Dans un français hésitant, cet homme — le seul dans l’assistance portant la barbe —
aujourd’hui réfugié à Londres, dit qu’un colonel lui aurait proposé après son arrestation de
faire des opérations dans le maquis contre les islamistes. Et selon lui le colonel aurait ajouté :
« Laisse Zitouni tranquille (à l’époque Zitouni est l’un des « émirs » du GIA, NDLR), c’est
notre homme. C’est avec lui que tu vas travailler ».
Suite du procès mercredi.
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Procès Nezzar-Souaïdia : l’armée algérienne au coeur des débats
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Associated Press, mardi 2 juillet 2002, 19h35
PARIS (AP) — Au second jour du procès en diffamation qui oppose le général à la retraite
Khaled Nezzar à Habib Souaïdia, auteur de La sale guerre, le rôle de l’armée et des généraux
en Algérie a été au coeur des débats devant le tribunal correctionnel de Paris.
Premier à être interrogé mardi matin, l’ancien Premier ministre algérien Sid Ahmed
Ghozali, au pouvoir de juin 1991 à juillet 1992, refuse d’être pris pour une marionnette aux
mains des généraux.
Dans ses propos qui lui valent d’être poursuivis en diffamation par le général Khaled
Nezzar, l’ex-sous-lieutenant Habib Souaïdia n’hésite pas à dire que les généraux algériens
sont les véritables politiciens, les décideurs et les responsables de la guerre avec les
intégristes. Sourcilleux sur son indépendance, M. Ghozali, 65 ans, s’est énervé du fait que
l’on puisse prendre l’Algérie pour « une république bananière avec d’un côté des militaires
assoiffés de sang et de l’autre des civils obéissants ». Les accusations de massacres imputés à
l’armée ne sont, selon lui, que la stratégie développée depuis des années par le Front
islamique de salut (FIS) qui consiste « à déstabiliser l’armée, pour accéder au pouvoir ». Le FIS
a été dissous en 1992.
S’il reconnaît que depuis 1999 « il y a une dérive totalitaire » dans son pays, Sid Ahmed
Ghozali, cité par la défense du général Nezzar, refuse que l’on réduise la guerre en Algérie « à
une bagarre entre deux forces violentes : les islamistes et l’armée ». L’ancien Premier ministre
a justifié l’interruption du processus électoral en 1991 : « Laisser le pouvoir aux islamistes,
c’était la fin de l’Algérie », a-t-il expliqué. « Je ne voulais pas être le Chapour Bakhtiar de
l’Algérie », a-t-il dit, faisant allusion au dernier Premier ministre du Shah d’Iran avant la prise
de pouvoir de l’ayatollah Khomeini.
Toutefois, cette interruption n’a pas été décidé par les militaires seuls, a-t-il assuré, car il
s’agissait d’une décision « des militaires, du gouvernement et de la société civile d’un commun
accord ». Véhément, Sid Ahmed Ghozali a refusé l’idée que l’interruption du processus
électoral ait induit l’intégrisme qui existait déjà bien avant. Il préfère parler de crise
économique qu’ont laissé filer les politiques et de leurs responsabilités qu’ils ont occultés.
Les deux leaders du FIS, arrêtés en 1991, Abassi Madani et Ali Benhadj — le premier est
en résidence surveillée, le second incarcéré à Blida — n’ont jamais appelé les groupes
islamistes proches du FIS à rendre les armes.
Patrick Baudoin, avocat et président de la Fédération internationale des droits de l’homme
(FIDH), cité par la défense de Habib Souaïdia, affirme avoir recueilli au cours de ses voyages
en Algérie des « dizaines et des dizaines de témoignage concordants » sur des arrestations
arbitraires, la pratique de la torture. « On a l’impression quand on n’est pas dans le camp des
généraux, on est dans celui des islamistes. Nous (la FIDH, ndlr), nous ne sommes dans aucun
camp. L’État doit respecter le droit », a-t-il avancé à la barre du tribunal.
Autre témoin plus surprenant, cité par la défense, Ahmed Chouchane, 43 ans, ancien
officier algérien. Barbe fournie et réfugié à Londres depuis 1997, l’ex-capitaine des forces
spéciales affirme avoir été torturé car il dénonçait « l’implication de l’armée contre la
population civile ». A sa sortie de prison, un militaire de haut rang lui aurait proposé de
combattre les maquis du FIS. « Laisse Zitouni (émir du Groupe islamique armé, GIA)
tranquille, c’est notre homme, c’est avec lui que tu vas travailler », lui aurait dit ce militaire.
Reprise des débats mercredi à 9h30. AP
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L’armée algérienne est une « armée républicaine » (chef état-major)
AFP, 2 juillet 2002
ALGER.- Le chef d’état-major de l’armée, le général de corps d’armée Mohamed Lamari a
estimé mardi que l’armée algérienne était une « armée républicaine ». « Nous sommes une
armée républicaine. Notre mission est claire et le reste ne nous concerne pas », a souligné le
général Lamari, cité par l’agence algérienne APS.
Évoquant un « cabinet noir », comprenant des militaires qui dirigeraient le pays, il a affirmé
« je vous renvoie aux propos du président de la République qui disait que le chef d’état-major
de l’ANP (Armée Nationale Populaire) a appris la constitution du gouvernement comme
n’importe quel citoyen ». « Ce ne sont pas des propos démagogiques, c’est la réalité », a-t-il dit,
en référence au nouveau gouvernement d’Ali Benflis, constitué après les législatives du
30 mai, remportées par le Front de Libération Nationale ex-parti unique).
Il y a « un exécutif et des institutions, et c’est à eux seuls de décider », a précisé le général
qui s’exprimait à l’académie militaire interarmes de Cherchell (100 km à l’ouest d’Alger), à la
clôture d’un cycle d’études.
Le général Lamari, observant que les militaires algériens avaient été « traités de voleurs, de
tueurs », a précisé que « s’il est arrivé par le passé que l’ANP se soit immiscée dans les
problèmes politiques de notre pays, c’est qu’à ce moment-là, les institutions mêmes de l’État
étaient défaillantes ».
« Nous avons essayé de pallier cela et, grâce à Dieu, la République a été sauvegardée », a
affirmé le général, en allusion à la décision, sous la pression des militaires, d’annuler les
élections législatives de décembre 1991 qui allaient être remportées par le Front Islamique du
Salut (FIS, dissous).
Aujourd’hui, « l’armée ne s’occupe plus que de sa mission telle que prévue par la
Constitution, ni plus ni moins », a-t-il précisé.
« Il est vrai que nous participons à la lutte contre le terrorisme. Nous le ferons jusqu’au
bout », a ajouté le général, soulignant que « pour le reste, ce n’est pas à nous de nous substituer
à d’autres organes de l’État ».
Le général Lamari a précisé que la lutte contre les groupes armés n’était pas uniquement
« l’affaire de la police et de l’armée », stigmatisant la pratique d’ »hommes d’affaires » et de
« grands entrepreneurs » qui « payent mensuellement une dîme aux terroristes ». Avec cet argent,
a précisé le responsable de l’armée, « on peut acheter des équipements, payer des tueurs. Voila
le problème ».
Il a observé à propos de la reprise des attentats à Alger et dans ses environs qu’ »il n’y a
rien de plus facile pour que deux terroristes, habillés comme tout le monde, d’être au milieu
de citoyens attendant un bus, de tirer une ou deux rafales et de s’enfuir ». « Ceci prouve que ces
gens-là sont dans un désarroi le plus total. Je peux vous le confirmer », estimant à 700 le
nombre de « terroristes ».
Il a aussi indiqué qu’il n’y avait pas de différend entre le président Abdelaziz Bouteflika et
l’armée. Cette question, « rapportée par la presse, n’a rien de nouveau. Elle date de plusieurs
années », selon lui. Le général Lamari a également précisé que l’Algérie n’avait « rien à
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reprocher au Maroc officiel, monarchie et gouvernement, concernant l’armement ou autres
soutiens des terroristes », mais qu’il se pouvait « qu’il y ait des populations frontalières ou un
petit chef de service qui manipule pour aider les terroristes, ceci oui ».
A propos de corruption dans l’armée, le général Lamari a indiqué que « l’armée est la seule
institution qui lutte contre ce fléau dans ses rangs et prend des sanctions pénales et
exemplaires ».
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Un ex-haut officier compare les méthodes de l’armée à celles des terroristes
Associated Press, mercredi 3 juillet 2002, 19 h 36
PARIS (AP) — Au jeu du « qui tue qui » en Algérie, le tribunal correctionnel de Paris, qui
juge depuis trois jours la diffamation opposant Khaled Nezzar, général à la retraite, à Habib
Souaïdia, auteur de La Sale Guerre, doit perdre son latin : mercredi, un ex-colonel de la
Direction des renseignements et de sécurité (DRS), Mohamed Samraoui, 52 ans, cité par la
défense de M. Souaïdia, a accusé l’armée d’avoir utilisé les méthodes terroristes pour lutter
contre les groupes islamistes.
Un an et demi avant l’interruption du processus électoral en 1991, l’officier explique qu’on
leur a demandé de se consacrer à la lutte contre l’intégrisme en infiltrant les groupes existants.
« On avait crée des groupes, on avait infiltré. On se retrouvait avec des vrais groupes et des
faux groupes. A un moment, l’armée ne maîtrisait plus la situation. Elle ne savait plus qui
était avec qui ».
Interrogé sur ces faits, le général Khaled Nezzar n’a pas nié le principe des infiltrations des
groupes islamistes mais a réfuté leur instrumentalisation par l’armée.
Le général à la retraite, a admis que lorsqu’il était ministre de la Défense de 1990 à 1993,
« c’est clair qu’il y a eu une tentative d’arriver au pouvoir avec le FIS », le Front islamique du
salut. Toutefois, il ne dit pas qui dans l’ombre du pouvoir a joué ce jeu.
Mardi, Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre algérien, a tenu des propos similaires
en accusant le FIS et un « clan au pouvoir » d’avoir manipulé les listes électorales et le scrutin ».
M. Samraoui, exilé depuis 1996 en Europe a ajouté que les militaires avaient arrêté « à tort
et à travers des gens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les islamistes, rien à
voir avec les violences ».
Omar Bendera, ancien conseiller du gouverneur de la banque d’Algérie, a souligné devant
le tribunal que l’interruption du processus électoral avait coïncidé avec l’arrêt du processus
économique ; et qu’un petit groupe de généraux allouaient à leurs inféodés des prébendes
financières.
Reprise des débats jeudi matin à 9h30. AP
pas/Bg
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Procès Souaïdia : un haut gradé accuse l’armée de méthodes « terroristes »
AFP, Paris, 3 juillet 2002
Pour la première fois depuis le début du procès en diffamation à Paris de l’ancien souslieutenant
algérien Habib Souaïdia, un ex-haut gradé de l’armée, colonel dans les services de
renseignements, a accusé ses supérieurs « d’utiliser les méthodes des terroristes » contre les
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islamistes. Les témoins cités par les défenseurs de M. Souaïdia, poursuivi en diffamation par
l’ex-homme fort du régime le général Khaled Nezzar et qui dans son livre La Sale Guerre
accuse l’armée de massacres, n’étaient pas, jusqu’à présent, des militaires de haut rang.
L’ex-colonel Mohamed Samraoui, 52 ans, entré dans l’armée en 1974, a lui été jusqu’en
septembre 1992 l’adjoint du général Smaïn Lamari, n°2 du Département des renseignements
et de sécurité (DRS), avant de rejoindre jusqu’en janvier 1996 l’ambassade d’Algérie en
Allemagne.
Réfugié en Europe et s’exprimant pour la première fois publiquement en France (il avait
donné en août 2001 une interview à la chaîne qatariote Al Jazira), il raconte qu’à partir de
novembre 1990 l’armée a commencé à « infiltrer » le FIS (Front islamique du Salut).
Ce travail des militaires, qui a commencé avant l’interruption du processus électoral (en
janvier 1992), revenait notamment à « créer la division », « amadouer » ou « corrompre » les
islamistes, poursuit le militaire. Le but : « casser le FIS en leur attribuant des actions ».
Deux opposants à assassiner en Allemagne
Mais au bout d’un moment l’armée n’a plus maîtrisé ses « créations ». « On avait créé des
groupes, on avait infiltré et on se retrouvait avec des vrais et des faux groupes. A un moment
l’armée ne maîtrisait plus la situation. Elle ne savait plus qui était avec qui, qui était ami, qui
était ennemi », raconte-t-il.
Parallèlement à ces opérations, l’armée a « arrêté à tort et à travers des gens qui n’avaient
rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les islamistes, rien à voir avec les actions violentes »,
dans le but de terroriser les populations civiles. « C’est à ce moment que j’ai commencé à
penser que l’on cherchait à radicaliser l’islamisme », dit-il. Invité à répondre à ces graves
accusations, le général Khaled Nezzar prend la parole très calmement et courtoisement devant
cet officier qu’il connaît et qui lui donne du « mon général » malgré son entrée en dissidence.
« Les infiltrations, c’est un travail de tous les services ! », lance doctement M. Nezzar, qui
admet qu’il existait aussi des « contacts au plus haut niveau » entre les responsables du pouvoir
et ceux du FIS. Samraoui poursuit son récit : appelé à rejoindre l’Allemagne comme
diplomate pour continuer sur le sol allemand la lutte contre les intégristes, il raconte qu’en
1994 le général Smaïn Lamari est venu le voir pour lui demander « de coordonner l’assassinat
de deux opposants », dont Rabah Kébir, le chef de l’instance exécutive du FIS à l’étranger
(assassinat qui finalement n’aura pas lieu). Cette fois Khaled Nezzar ne le contredit pas.
Suite du procès jeudi à 09 h 30.
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L’homme du jour. Khaled Nezzar
L’Humanité, ADS, 3 juillet 2002
Paradoxalement, c’est un ancien militaire, Habib Souaidia, qui depuis lundi est poursuivi
en diffamation par le général Khaled Nezzar, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel
de Paris. Le dit général porte plainte pour les « graves accusation » portées contre l’armée
qu’Habib Souaidia aurait tenu lors d’une émission télévisée.
Actuellement réfugié en France, cet ancien officier accuse le pouvoir d’être impliqué dans
les massacres de civils en utilisant les « méthodes » des islamistes pour justifier le pouvoir des
généraux et obtenir l’aide internationale. Aujourd’hui à la retraite, Nezzar fait partie de ces
hommes forts qui, dans le cercle très restreint des décideurs militaires algériens, exercent dans
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l’ombre le vrai pouvoir en Algérie. Né en 1937, ce chef de la junte militaire a été formé en
France, en Union soviétique et aux États-Unis. Devenu chef d’état-major, puis ministre de la
Défense, Nezzar, homme clé du Haut Comité d’État (HCE), a été le grand conciliateur entre
toutes les tendances de l’armée.
Accusé de tortures systématiques, de crimes organisés et de liquidations massives, il fait
l’objet de nombreuses mises en cause par des victimes de la répression sanglante de l’État
algérien. Le procès doit s’achever vendredi alors qu’une nouvelle plainte contre l’ancien
ministre a été déposée à Paris par neuf Algériens pour tortures et traitements cruels,
inhumains et dégradants.
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Procès Nezzar : le mic-mac FIS
Le journal permanent du Nouvel Obs, 3 juillet 2002
Un ex-colonel de la Direction des renseignements et de sécurité affirme que l’armée ne
maîtrisait plus la lutte contre l’intégrisme.
Au jeu du « qui tue qui » en Algérie, le tribunal correctionnel de Paris, qui juge depuis
trois jours la diffamation opposant Khaled Nezzar, général à la retraite, à Habib
Souaïdia, auteur de La sale guerre, doit perdre son latin : mercredi, un ex-colonel de la
Direction des renseignements et de sécurité (DRS), Mohamed Samraoui, 52 ans, cité par la
défense de Habid Souaïdia, a accusé l’armée d’avoir utilisé les méthodes terroristes pour
lutter contre les groupes islamistes.
Un an et demi avant l’interruption du processus électoral en 1991, l’officier explique qu’on
leur a demandé de se consacrer à la lutte contre l’intégrisme en infiltrant les groupes existants.
« On avait créé des groupes, on avait infiltré. On se retrouvait avec des vrais groupes et des
faux groupes. A un moment, l’armée ne maîtrisait plus la situation. Elle ne savait plus qui
était avec qui. »
FIS
Interrogé sur ces faits, le général Khaled Nezzar n’a pas nié le principe des infiltrations des
groupes islamistes mais a réfuté leur instrumentalisation par l’armée. Le général à la retraite, a
admis que lorsqu’il était ministre de la Défense de 1990 à 1993, « c’est clair qu’il y a eu une
tentative d’arriver au pouvoir avec le FIS », le Front islamique du salut. Toutefois, il ne dit pas
qui dans l’ombre du pouvoir a joué ce jeu.
Mardi, Sid Ahmed Ghozali, ancien Premier ministre algérien, avait tenu des propos
similaires en accusant le FIS et un « clan au pouvoir » d’avoir manipulé les listes électorales et
le scrutin.
Mohamed Samraoui, exilé depuis 1996 en Europe, a ajouté que les militaires avaient arrêté
« à tort et à travers des gens qui n’avaient rien à voir avec le FIS, rien à voir avec les
islamistes, rien à voir avec les violences ».
Omar Bendera, ancien conseiller du gouverneur de la banque d’Algérie, a souligné devant
le tribunal que l’interruption du processus électoral avait coïncidé avec l’arrêt du processus
économique ; et qu’un petit groupe de généraux allouaient à leurs inféodés des prébendes
financières.
Reprise des débats ce jeudi matin à 9h30.
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A Paris, le général Khaled Nezzar défend l’armée algérienne
Le Monde, Jean-Pierre Tuquoi, 3 juillet 2002
« Si demain il y a une démocratie, c’est vous qui serez jugé », lui lance l’ex-officier Habib
Souaïdia.
« Les débats vont déborder », a prévenu le président de la 17e chambre du tribunal
correctionnel de Paris peu après l’ouverture du procès, lundi 1er juillet. Au départ donc, une
plainte en diffamation déposée à Paris par le général Khaled Nezzar, l’homme fort du régime
algérien il y a dix ans, contre Habib Souaïdia. Cet ancien sous-lieutenant est l’auteur d’un
livre publié en France, La Sale Guerre (éditions La Découverte) dans lequel il incrimine, à
partir de sa propre expérience, le comportement « criminel » de l’armée algérienne dans sa lutte
contre les islamistes.
Invité sur une chaîne de télévision, en mai 2001, M. Souaïdia avait eu des mots très sévères
à l’encontre du général Nezzar, l’accusant, lui et ses pairs, entre autres choses, d’avoir « décidé
d’arrêter le processus électoral » en 1992 au point de départ de la guerre civile, et d’avoir « tué
des milliers de gens pour rien du tout ». Ce sont ces termes qui ont nourri la plainte en
diffamation et vont permettre « pour la première fois en France un débat contradictoire sur une
guerre qui, ces dix dernières années, a ravagé l’Algérie », selon les mots d’Antoine Comte,
l’un des avocats d’Habib Souaïdia. « On est ici pour que se dégage une vérité que le tribunal
dira. Ce ne sera pas la vérité historique, mais une certaine vérité », allait dire de son côté le
président du tribunal.
La vérité, il y a celle d’Habib Souaïdia. Elle est véhémente, dure, sèche, à l’image de ce
jeune officier de petite taille, à la chevelure brune et au teint pâle, paquet de nerfs tendus
comme s’il était en mission dans le maquis. « J’aime mon pays. Mais, en Algérie, lance-t-il en
agitant ses mains, on n’a pas le droit de parler librement, c’est pourquoi je me suis réfugié en
France. On faisait un sale travail pour lequel on n’était pas préparé. J’ai vu des collègues qui
s’habillaient en civil, portaient des barbes de trois ou quatre jours, sortaient dans des voitures
banalisées et partaient faire la chasse aux Algériens, même pas aux terroristes. J’en ai vu
revenir avec des couteaux tachés de sang », dit-il. Il raconte, comme dans son livre, les
tortures, les exécutions sommaires d’adultes et d’adolescents, les viols de jeunes filles et de
vieilles femmes « par des militaires ».
« Je ne suis pas là pour dédouaner les islamistes », précise l’ex-officier avant de se tourner
vers le général Nezzar qui l’écoute, la tête légèrement inclinée, impassible, et de lui lancer, à
la satisfaction bruyante d’une partie de la salle : « L’histoire vous rattrapera. Si demain il y a
une démocratie en Algérie, c’est vous qui serez jugé. »
Bon tribun malgré son français parfois approximatif, l’ex-officier ne se démontera pas.
Que le président ou l’un des avocats de la partie civile l’interroge sur les raisons de sa
condamnation à quatre ans de prison par un tribunal militaire pour vols (le désir de vengeance
aurait pu dès lors inspirer son livre), qu’il évoque les querelles qu’il a eues avec le « nègre » de
La Sale Guerre sur le contenu de l’ouvrage, ou les conditions de son arrivée en France, Habib
Souaïdia maintiendra deux heures durant la même ligne : celle qui veut que l’attaque soit la
meilleure des défenses.
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Ce sera également le choix du général Nezzar, dans un autre registre, moins nerveux mais
tout aussi ferme sur le fond. Costume de bonne coupe, cravate couleur bordeaux, chaussant de
fines lunettes, portant beau malgré ses 67 ans, l’ancien ministre de la défense n’est pas habité
par le doute et les remords. Cette armée, où il a fait toute sa carrière, il défend son honneur
bec et ongles.
« Leur part de vérité »
« Au-delà des propos diffamatoires à l’égard de ma personne », dira-t-il dans une déclaration
à la cour, c’est sur elle que « les diffamateurs et leurs porte-voix tentent de jeter l’opprobre. Or
l’armée algérienne a rempli son devoir », jure-t-il. L’affaire est entendue : « S’il est vrai qu’il y
a eu des bavures, ce n’est pas une armée de barbares. »
Accuser ses chefs — et donc lui-même — d’avoir manipulé les institutions et les
responsables politiques ne tient pas debout, clame le général. Et d’expliquer que l’interruption
du processus électoral en janvier 1992 par l’armée (après un premier tour remporté par les
islamistes) ne faisait que répondre aux voeux de « la majorité de l’opinion publique ». Comment
pouvait-on les connaître ? lui lance Me Bourdon, l’autre avocat d’Habib Souaïdia. « Par des
sondages du ministère de la défense », répond tout à trac l’ancien ministre.
Avec un égal aplomb, il jurera que le président Chadli — contrairement à la conviction
d’une partie de l’opinion publique — n’a pas été poussé vers la sortie par les militaires, même
si un officier supérieur a participé à la rédaction de la lettre de démission. « C’est parce que
Chadli était arabisant. Il ne maîtrisait pas bien le français », explique à la barre l’imperturbable
général.
De ces événements qui, dix ans après, pèsent sur l’Algérie, il sera question pendant trois
jours à partir de mardi 2 juillet, avec le début du défilé des témoins. Une trentaine — un
ancien chef de gouvernement, des ministres, des militaires, des intellectuels — sont annoncés
et viendront dire « leur part de vérité ».
———————-
L’armée algérienne devant la justice française
« Pas un homme politique correct, que des illettrés » : à l’audience, le
général Nezzar regarde défiler des ex-ministres
Libération, Florence Aubenas, mercredi 3 juillet 2002
« Objectivement, l’armée était l’alliée des démocrates. C’est grâce à elle que nous avons pu
tenir. » Ali Haroun, ex-ministre
En Algérie, les hommes politiques existent. Physiquement en tout cas. La preuve : ils ont
défilé hier devant la 17e correctionnelle de Paris. Tous ont la même façon de se présenter. Ils
tissent longuement, comme des lauriers, leurs années d’exil et de prison, leur opposition au
pouvoir algérien ou leur traversée du désert. Devenus ministres ou hauts fonctionnaires, les
voilà qui s’excusent : on leur a proposé, « imposé », dira l’un d’eux… Pour conclure, tous se
tournent vers le général Khaled Nezzar, l’un des hommes forts du régime algérien, en faveur
duquel ils viennent témoigner pour l’assurer de leur vibrant soutien. Et Nezzar, qui bâille sans
écouter, pense sans doute : « Quel cheptel ! » C’était son commentaire sur la classe politique
algérienne, à Hélène Flautre, députée européenne en visite à Alger.
Ce haut gradé attaque pour « diffamation » l’officier Habib Souaïdia, auteur d’un livre sur
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les exactions de l’armée en Algérie, pour avoir entre autres affirmé sur TV5 : « Cela fait dix
ans qu’il n’y a pas de président, il n’y avait que des généraux […]. Ils ont tué des milliers de
gens pour rien […]. Il faut les juger. » Dans ce premier procès sur les responsabilités dans cette
sale guerre, la cour a fait hier un étrange voyage dans l’exercice du pouvoir en Algérie.
Décrets
Le cadre, c’est le début des années 90, lorsque le FIS vole de victoire en victoire. Sid
Ahmed Ghozali est nommé chef du gouvernement en juin 1991. Il signe un décret, pour les
assignations à résidence, un autre étendant les pouvoirs de l’armée, un troisième qui interdit
des publications. Son ministre de la Défense, c’est Nezzar. A l’Intérieur, c’est Larbi Belkheir,
autre général. « On aurait pu rester dans l’Histoire comme ceux qui ont été démocrates
jusqu’au bout. Mais laisser le pouvoir aux islamistes, c’était laisser tomber l’Algérie. L’armée
était le seul rempart contre l’obscurantisme », dit Ghozali à l’audience. Une autre mesure crée
des centres de déportation où furent détenues 15 000 personnes. « Vous assumez cela aussi ? »,
demande Antoine Comte, l’un des avocats de la défense. Ghozali mollit. Dans ses yeux passe
le spectre de cette autre plainte pour « torture » qui vient d’être déposée à Paris contre Nezzar
par six Algériens, dont certains furent internés dans ces centres. Témoigner en faveur d’un
général, certes. Mais se retrouver demain avec lui dans un box est autre chose. Et Ghozali se
tait.
Élections annulées
Quand le FIS remporte le premier tour des législatives fin 1991, les élections sont
annulées. Mais Chadli doit partir. Dans ses Mémoires, Nezzar écrit que la lettre de démission
de Chadli fut rédigée par un autre général. Dans le hall du palais de justice, le capitaine
Chouchène, lui aussi témoin mais pour Souaïdia, raconte comment l’officier de protection de
Chadli est venu le trouver après son départ. « Il m’a dit : « On l’a fait sortir comme un chien. »
Ce gradé portait le jogging du président et la seule chose qui le préoccupait était de savoir s’il
lui allait bien. » Le pouvoir est confié au HCE, un haut comité civil et militaire. Ali Haroun,
témoin de Nezzar, en fait partie : « Objectivement, l’armée était l’alliée des démocrates. C’est
grâce à elle que nous avons pu tenir. » A moins que ce ne soit l’inverse. Dix ans, 200 000
morts plus tard, les mêmes galons tiennent le pouvoir. Tout le reste n’est que politique. Et,
comme l’a lancé Nezzar, « pas un homme politique correct, que des illettrés ».
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assassinat de Matoub-extrait de l’ouvrage de L.Aggoun & J-P Rivoire (francalgerie, crimes et mensonges)

Posté par algeriedemocratie le 15 décembre 2008

La carte kabyle contre Zeroual
En organisant les terribles massacres de l’été 1997, le « clan éradicateur » visait notamment, on l’a vu, à déstabiliser le clan présidentiel et empêcher le général Betchine d’accroître son pouvoir. Selon le MAOL, le conflit entre les deux clans atteint son apogée au printemps 1988. L’urgence pour le « clan français » devient critique lorsque le général Betchine est soupçonné « de préparer avec d’autres officiers [...] une « nuit des longs couteaux ». [...] Un des grands coups réalisés par le bureau de Betchine est le limogeage du général Abdelmadjid Taright pour cause de corruption ou celui du général Saïd Bey [...] suite à sa passivité coupable avant et après les grands massacres de 1997 . » La situation est donc sérieuse pour le « clan Belkheir » et celui-ci est désormais décidé à se débarrasser du général Zéroual, président trop indocile. Encore faut-il lui trouver un remplaçant crédible. Abdelaziz Bouteflika, l’ancien ministre des Affaires étrangères de Boumediene, marginalisé des allées du pouvoir depuis de longues années, est alors discrètement approché. Selon l’ex-colonel B. Ali, « Bouteflika savait qu’il allait être président bien avant le départ de Zéroual. Des contacts avaient été pris en Suisse (réunions à Genève et aux Émirats, sous le patronage de cheikh Zaïd) dès mars 1998 ». Voilà pour la relève… Il reste à provoquer son enfantement. Mais que faire lorsque les massacres de masse de l’année 1997 n’ont pas réussi à faire plier le duo Zéroual-Betchine ? La solution, quand rien ne marche, consiste à jouer la « carte kabyle ». Les « décideurs » envisagent ainsi de mobiliser la Kabylie pour contrer le projet d’ »arabisation totale » promu par le gouvernement Ouyahia , mais cela ne constitue pas en soi une nouveauté susceptible de justifier une explosion à même de fragiliser le pouvoir présidentiel… Fin juin, c’est l’assassinat du très populaire chanteur Lounès Matoub qui va faire basculer la région dans la violence et provoquer finalement la chute du président Zéroual.

L’assassinat de Lounès Matoub

Le jeudi 25 juin 1998, vers 13 h 30, alors qu’il aborde un virage serré si route le ramenant de Tizi-Ouzou à Béni-Douala, son village, la voitun Lounès Matoub essuie des rafales de mitraillette provenant d’un talus plombant la route. Le chanteur meurt sur place. Quelques jours plus tard, la Kabylie tout entière s’embrase contre le régime, en protestation contre l’assassinat de son chanteur fétiche. Quelques semaines après Liamine Zen annoncera sa démission.

Le jour de l’embuscade mortelle, criblé de balles, le chanteur agoni en se vidant de son sang. Également présentes dans la voiture, son épouse Nadia et les deux sœurs de celle-ci sont légèrement blessées. Après s’être approchés de la voiture pour s’assurer de la mort du chanteur, les tueurs quittent les en criant ostensiblement des « Allah akbar ! » caractéristiques des islamistes.
Dans les minutes qui suivent l’opération, Noureddine Aït-Hamouda, député local du RCD et chef des « patriotes » (miliciens) de Kabylie, appelle frénétiquement les télés françaises. Manifestement bien renseigné sur ce qui vient de se produire, il annonce la mort de Lounès Matoub et martèle un message : « Les tueurs sont des islamistes du GIA. » La plupart des médias français relaient la version d’Aït-Hamouda pendant plusieurs jours, contribuant ainsi à accréditer dans le monde entier l’idée que Matoub a bien été victime de la « barbarie islamiste ».
Mais la population kabyle, elle, n’en croit pas un mot : au cri de « Pouvoir assassin ! », des milliers de jeunes persuadés que leur idole a été assassinée sur ordre du DRS se mettent à manifester. Dans les semaines précédant l’opération, les habitants de Tala-Bounane, le hameau où s’est déroulé l’attentat, ont en effet surpris des militaires en train d’effectuer d’étranges repérages sur la route : « La Sécurité militaire a étudié le terrain pendant des mois, raconte ainsi un habitant. Chaque jour, un officier de Tizi-Ouzou venait faire son petit footing le long de la route »

Choqués, les habitants racontent également les harcèlements que leur ont fait subir des civils armés se déplaçant manifestement en toute impunité : « Ils rôdaient dans les alentours de Tala-Bounane depuis plusieurs mois, raconte ainsi une habitante. Ils cognaient aux portes vers 9 ou 10 heures du soir, comme pour nous effrayer. Ils se faisaient passer pour des islamistes. Ils portaient barbes et perruques, ils étaient sales, mais nous savions qu’il s’agissait de gens de l’État, de la Sécurité militaire ]. »

Préoccupés, les habitants tentent d’alerter les autorités : « On a prévenu la gendarmerie, on leur a signalé la présence d’étrangers armés se promenant en plein jour dans le secteur. Mais les gendarmes nous ont répondu que ces individus ne nous avaient rien fait et qu’il fallait leur foutre la paix », ajoute un autre habitant .
Le 22 juin 1998, soit trois jours avant l’attentat, très inquiets de la passivité des autorités et persuadés qu’un massacre est en préparation dans la région, les habitants de Tala-Bounane alertent par fax les autorités algériennes, plusieurs médias français et Amnesty International.
Le matin du 25 juin, la menace se précise : sur la route qui descend vers Tizi-Ouzou, plusieurs voitures banalisées immatriculées à Alger se postent sous les arbres ou au détour des virages. À bord, des civils munis de taïkieswalkies. En fin de matinée, prétextant un ratissage en préparation dans la zone, les gendarmes ordonnent aux habitants de Tala-Bounane de ne pas sortir de chez eux. Vers midi, alors que Matoub déjeune avec son épouse et ses deux belles-sœurs au restaurant Le Concorde de Tizi-Ouzou, les gendarmes dévient la circulation vers la route passant par le centre de Tala-Bounane. Seule la Mercedes noire de Lounès sera autorisée à emprunter la route principale sur laquelle elle sera mitraillée.

Quelques instants avant que le véhicule arrive à la hauteur du lieu de l’embuscade, un habitant aperçoit le commando de tueurs, des hommes manifestement étrangers à la région : « J’ai entendu un grésillement de taïkie- walkie. Je me suis retourné, et j’ai vu sept hommes descendre de l’oliveraie. J’ai fait semblant de ne pas les voir… Ce qui était bizarre, c’est que les terroristes de la région ne passent jamais par la forêt. Ils empruntent la route normale. Si c’était les GIA du coin, j’en aurais au moins reconnu un ou deux, on les connaît . » D’autant plus curieux que cela se passe en plein jour, dans une zone infestée de militaires et de gendarmes. Vers 13 h 30, Matoub arrive à la hauteur de Tala-Bounane… C’est l’embuscade. On relèvera plus de soixante-dix-huit impacts de balles sur la carrosserie de sa Mercedes.
Occupés à ramasser des cailloux sur la route, deux gamins assistent à la scène : « Après avoir tué Matoub, ils l’ont sorti de la voiture et ils l’ont filmé », affirmera l’un d’eux. « Un peu plus tard, je les ai vus revenir avec des tenues militaires », dira son camarade. « II y avait un camion de l’armée sur la route », confirme une femme habitant en contrebas du lieu de l’attentat. « Après l’assassinat, les assaillants sont repartis en longeant ma maison. Ils sont descendus sous la route et là [peu après], ils sont remontés habillés en tenue militaire . » Quelques jours après l’attentat, les gendarmes locaux, qui avaient été impliqués dans la sécurisation du secteur sous prétexte de ratissage, sont mutés et l’affaire Matoub est classée.
Dès le 25 juin, les plus hauts dirigeants du RCD déploient une énergie considérable pour convaincre le monde entier que, contrairement à ce que dénoncent les jeunes manifestants kabyles, l’opération a bien été par des islamistes : dans les heures qui suivent l’attentat, certains de ses dirigeants appellent Malika Matoub, en région parisienne, et l’incitent à raconter à la télévision française que son frère a été assassiné « par le GIA » – thèse qu’elle relaiera pendant longtemps. En Kabylie, le RCD édite et distribue 10 000 exemplaires un tract dénonçant un assassinat « islamiste ». Il est placardé sur les façades de Tizi-Ouzou dans l’heure qui suit le meurtre.

La campagne lancée par le RCD produit son effet : en quelques jours, la communauté internationale et une partie de l’opinion algérienne se laissent convaincre que Lounès a été tué par des islamistes. Une fois encore, un assassinat commandité par l’un des clans du pouvoir est donc faussement attribué au GIA. Reste à comprendre qui avait intérêt à éliminer l’un des plus grands chanteurs kabyles et pourquoi.

Assassins DRS et complicités locales

L’assassinat de Lounès Matoub compte parmi les affaires qui ont fait couler le plus d’encre et donné lieu à de nombreux documents télévisés et divers procès. Elle est à la mesure du personnage, controversée, riche en ramifications et en manipulations. En Kabylie, chaque habitant ou presque est en mesure de donner son propre détail croustillant sur les circonstances de cette mort. Tous mettent en cause le régime et la plupart impliquent les milices locales dans l’exécution. Dès le début, le zèle des responsables du RCD à mettre tout de suite le meurtre sur le dos du « GIA » en a intrigué plus d’un. Le jour de l’enterrement, Saïd Sadi, qui met lui-même en cause des « complicités locales » – dans sa dialectique, il faut les chercher au sein du FFS -, est pris à partie par la population.

Faute de commission d’enquête indépendante du régime – on peut comprendre ses réticences à la réunir – et ne pouvant jouir des libertés et de la sécurité nécessaires pour enquêter et faire le tri parmi toutes les versions qui circulent, ne pouvant exposer les multiples témoins que nous avons entendus sans mettre leur vie en péril, nous avons choisi de ne retenir ici que l’essentiel. Un récit détaillé du « complot » qui serait derrière la mort du chanteur a été présenté en 2002 par le MAOL sur son site web. Souvent confus (à la différence de la plupart des dossiers publiés antérieurement par les officiers dissidents), il est impossible de confirmer ce récit, faute de témoignages de l’ »intérieur » du pouvoir permettant les recoupements que dicte une enquête sérieuse. Nous ne donnerons pas davantage écho aux aspects graveleux de l’affaire (évoqués aussi sur le site du MAOL), qui expliqueraient le choix de Lounès Matoub comme victime expiatoire, comme « allumette » de l’incendie qui secouera la Kabylie.

En septembre 2000, l’ex-colonel B. Ali, du MAOL, nous a en tout cas confirmé que le « clan éradicateur » au sein du pouvoir cherchait à l’époque à provoquer des révoltes en Kabylie pour justifier un coup d’État contre le président Zéroual et aurait imaginé pour cela d’éliminer le chanteur : « II fallait mettre la région à feu et à sang, la mobiliser quels que soient les moyens . « À notre connaissance, il y avait trois ou quatre types en couverture et cinq tueurs », précisera l’ancien porte-parole du MAOL. Parmi les tueurs, fidèles à leur stratégie, les agents du DRS ont sans doute pris le soin de dépêcher sur les lieux de l’attentat des « terroristes islamistes » dont le rôle consistera à accréditer la thèse d’un acte des GIA. Depuis, le régime se perdra d’ailleurs dans les invraisemblances des boucs émissaires présentés à la télévision algérienne – comme pour tous les autres attentats spectaculaires, notamment celui de Kasdi Merbah – et avouant être les auteurs de l’assassinat.
En l’état actuel des informations disponibles, il est impossible de savoir dans quelle mesure certains responsables du RCD auraient été impliqués, comme cela a été dit, dans l’opération. Car le motif, en effet hautement probable, de soulever la Kabylie par cet assassinat, n’explique pas pourquoi des responsables du RCD auraient consenti à prêter main-forte à la liquidation d’un homme qui comptait selon eux parmi leurs amis – ce qui d’ailleurs constitue l’un des rares arguments qu’ils invoquent pour nier leur implication.

Sans qu’on puisse en déduire qu’ils étaient informés de l’assassinat qui se préparait, il est en tout cas établi que certains de ces responsables ont joué un rôle dans les préliminaires de l’opération. Ainsi, il fallait amener Lounès Matoub sur les lieux de l’attentat, ce à quoi collabora efficacement le RCD en le faisant revenir de Paris au motif de l’aider à obtenir le visa de son épouse qu’il comptait emmener avec lui en France. Selon le MAOL, « c’est le chef d’antenne du DRS à Paris, le colonel Smaïn Seghir, de son vrai nom Ali Benguedda (très intime de Smaïl Lamari qui l’a nommé à ce poste après le décès du lieutenant-colonel Mahmoud Souamès), qui a annoncé à Toufik et Smaïl Lamari l’imminence du voyage de Matoub à Alger avant même que celui-ci ne prenne son billet d’avion ».

Le 18 juin, l’ambassade de France à Alger avertit le RCD que le visa est accordé. Mais Matoub n’en saura rien. Le 25 juin, c’est l’embuscade mortelle. Depuis quelques jours, on l’a vu, la gendarmerie de Béni-Douala avait sécurisé la zone, aidée des miliciens locaux et aussi, d’après certains témoignages, de la milice de Bougie.

| Un documentaire dévoilant les dessous de cette affaire sera diffusé le 31 octobre 2000 sur Canal Plus, dans le cadre de l’émission « 90 minutes ». Quelques semaines après une première diffusion cryptée, Alain de Greef, le directeur des programmes de Canal Plus, acceptera une rediffusion exceptionnelle en clair. Gravement mis en cause par cette enquête, Saïd Sadi et Noureddine Aït-Hamouda n’engageront aucune procédure en justice contre Canal Plus. Seule la cellule « Immigration » du RCD intentera un procès à la chaîne mais elle sera déboutée en raison d’une erreur de procédure.

La chute du duo Zéroual-Betchine

Au plan politique, l’assassinat de Lounès Matoub est un véritable cataclysme pour le président Zéroual. À dix jours de l’entrée en vigueur de sa loi d’arabisation, il provoque en Kabylie de très graves émeutes qui déstabilisent l’ensemble du clan présidentiel. Le 1er juillet, alors qu’il est très gravement contesté dans toute la Kabylie, Zéroual lance une mise en garde contre tous ceux qui « portent la haine en Algérie ».
Le calcul du « clan Beikheir » était bien que le meurtre du chanteur kabyle provoque une poussée de fièvre dans sa région, suffisante pour mettre l’armée en situation d’intervenir dans le cadre d’un état d’exception (pour cela, les généraux pouvaient se passer de l’aval du président, puisque le chef d’état-major Mohamed Lamari disposait d’une délégation de signature au titre de ministre de la Défense) et pour enclencher le mécanisme habituel émeutes-répression-suspension des institutions-reprise en main du pouvoir par Larbi Beikheir et ses acolytes. Mais cela sera inutile : « Le soir de la mort de Matoub, nous a affirmé l’ex-colonel B. Ali, Zéroual a accepté de quitter le pouvoir. Ses adversaires n’ont même pas eu à appliquer l’état d’exception. Ils lui ont par contre demandé de ne pas partir dans la chaleur de l’action, son éviction aurait été trop flagrante. »

Suite à cet épisode, les généraux éradicateurs orchestrent une violente campagne de presse contre le général Betchine, visant à l’empêcher d’être candidat à la prochaine élection présidentielle… Fin août, le président tente encore de défendre son ami et conseiller, dénonçant dans un discours les « manœuvres politiciennes, rumeurs et atteintes à l’ordre public ». Mais à la fin de l’été, la campagne de presse prend une tournure encore plus violente : alors que L’Authentique, journal proche de Betchine, accuse le directeur du Matin d’avoir le visage « lavé à l’urine », celui-ci réplique au journaliste de L’Authentique en l’accusant de se « complaire dans le rôle de la favorite dans le harem de Betchine « .
Le 1er septembre 1998, répondant aux attaques contre Betchine, le clan Zéroual lance dans Demain l’Algérie des accusations gravissimes : un article, intitulé « Qui est Mister Jeannot et Chapôt ? » – que nous avons déjà cité (voir supra, chapitre 13) -, accuse sans le nommer le général Larbi Belkheir, le patron du « clan éradicateur », d’avoir longtemps été un « indicateur de l’Elysée » et d’avoir créé des « escadrons de la mort », ce qui dans le contexte de l’époque revient à accuser les généraux proches de Belkheir d’être derrière certains massacres. La ligne rouge est franchie. Le 9 septembre, convoqué par ses collègues les généraux Mohamed Lamari, Toufîk Médiène et Smaïl Lamari, Liamine Zéroual accepte de précipiter son départ .
Le 11, il annonce dans un discours radiotélévisé sa démission et l’organisation d’une élection présidentielle anticipée avant février 1999 (elles seront ensuite repoussées à avril). Comme pour rassurer ses collègues du « clan éradicateur », il garantit qu’il ne sera pas candidat. Mais, comme s’il était également désireux de montrer qu’on lui a forcé la main, il ne donne aucune justification à ce départ précipité. Début octobre, la campagne de presse contre le général Betchine, qui n’a toujours pas démissionné, s’accentue : le 12, Hichem Aboud, ancien membre de la Sécurité militaire, publie une lettre ouverte accusant le conseiller de Liamine Zéroual d’être impliqué dans les tortures de 1988 (ce qui, on l’a vu au chapitre 5, est parfaitement exact). Le même jour, El-Watan met gravement en cause Mohamed Adami, ministre de la Justice et proche de Betchine. Le 14, le quotidien d’Omar Belhouchet ajoute que le ministre est impliqué dans un trafic de voitures. Le 15, Kamel Rezzag-Bara, directeur de l’ONDH, enfonce encore un peu plus l’ami du général Betchine en le mettant en cause à propos d’une bavure pénitentiaire survenue un an auparavant.

Le 17 octobre, excédé par cette campagne de la presse éradicatrice le gouvernement ordonne aux imprimeries d’État de ne plus imprimer El-Watan ni Le Matin sous prétexte de dettes. Mais le 19 octobre, Adami est contraint de démissionner. Le lendemain, Mohamed Betchine est à son tour contraint de quitter son poste de ministre conseiller du président de la République. Grâce au soulèvement de la Kabylie et au relais d’une partie de la presse, le « clan éradicateur » a donc obtenu la chute du clan présidentiel. Il ne lui reste alors qu’à organiser l’élection d’Abdelaziz Bouteflika, un nouveau paravent destiné à conférer au haut commandement militaire une vitrine civile de nature à faire à nouveau oublier qui détient le vrai pouvoir en Algérie…

Bouteflika, le nouveau paravent

Mais si la « solution Bouteflika », on l’a vu, est dans les tablettes de Larbi Belkheir depuis déjà quelques mois, ce choix risque de rencontrer des résistances au sein de l’État français. Lorsque son nom avait été évoqué début 1994 pour succéder au HCE à la tête de l’État (voir supra, chapitre 19), le Quai d’Orsay avait émis ses réserves à la perspective de voir l’ancien second de Boumediene reprendre du service. Mais de l’eau a coulé sous les ponts et Bouteflika a eu le temps de comprendre que la main qu’il n’a pas pu mordre, mieux valait l’embrasser.

Selon Le Canard enchaîné, c’est le général Larbi Beikheir lui-même qui se charge dès la fin 1998 de « vendre » la candidature Bouteflika aux dirigeants politiques français : « Au mieux avec les proches de Charles Pasqua, comme avec l’entourage de François Mitterrand, notamment Hubert Védrine et Jack Lang, Belkheir peut aussi compter à Paris sur l’aide de quelques hommes d’affaires algériens. Le plus proche, Abdeikader Koudjeti, [...] francophone séduisant, qui a conservé de nombreuses relations chez Thomson et Total, n’a pas son pareil pour vanter l’amitié franco-algérienne autour d’un alcool fort dans son hôtel particulier du 16e arrondissement . »
Le 15 avril 1999, Abdelaziz Bouteflika est finalement « élu », mais dans des conditions plus que douteuses : constatant que le DRS faisait pression sur les administrations pour organiser la fraude en sa faveur, les six autres candidats (Hocine Aït-Ahmed, Mouloud Hamrouche, Ahmed Taleb Ibrahimi, Abdallah Djaballah, Mokdad Sifi et Youcef Khatib) ont en effet décidé de se retirer du scrutin au dernier moment . Du coup, Bouteflika apparaît comme le « candidat unique » de l’armée et peu d’électeurs se déplacent, ce qui ne déplaît pas à ses soutiens militaires, dont le souci principal est qu’il ne tente pas de s’émanciper. Alors que l’armée ne voulait lui allouer que 53 % des suffrages pour raccourcir la bride par laquelle ils le tiennent, Bouteflika fera pression auprès de cette institution tutrice pour qu’il soit crédité d’un meilleur score que son prédécesseur Zéroual en 1995 . Il recueille donc officiellement 73,79 % des suffrages exprimés, pour un taux de participation flatteur de 60,25 %, moyennant une fraude effectivement massive (que des « sources militaires » s’empressent de confirmer à la presse internationale – témoin d’un scrutin à bureaux déserts , en précisant que le taux de participation ne dépasse pas 25 % ). Le 16 avril 1999, les dissidents du MAOL publient un communiqué détaillant les « vrais résultats des élections » : pour eux, seuls 23,03 % des électeurs se sont déplacés pour voter. « Si le gouvernement n’a pas démenti nos chiffres, c’est parce qu’il sait que nous avons la disquette informatique des résultats », assurera plus tard l’ex-colonel B. Ali .

Extrait de l’ouvrage : Lounis AGGOUN et Jean-Baptiste RIVOIRE, Françalgérie, crimes et mensonges d’États. Histoire secrète, de la guerre d’indépendance à la « troisième guerre » d’Algérie, éditions La Découverte, Paris, 2004. Collection « Cahiers libres »

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POLEMIQUE HICHEM ABOUD-MOHAMED BENCHICOU

Posté par algeriedemocratie le 14 décembre 2008

Mohamed Benchicou réagit
au dossier consacré à KHALIFA TV

Mohamed Benchicou, le Directeur du quotidien Le Matin a réagi au dossier consacré à la chaîne KHALIFA TV par la mise au point que je publie intégralement. Une mise au point par laquelle il m’offre l’occasion de dévoiler un pan de l’histoire de celui qui joue, aujourd’hui, au donneur de leçons de patriotisme, de morale et d’intégrité. Tant pis pour lui si je me vois contraint de dévoiler ce qu’il a toujours voulu cacher. Il ne doit s’en vouloir qu’à lui même. Je cite des faits réels qu’il ne peut nier et je me base sur des documents officiels signés de sa propre main.
Lisons d’abord sa mise au point :

A l’intention de M. Aboud Hicham

On vient de me faire part d’attaques gratuites que vous auriez commis à mon
égard sur votre site. J’ignore ce qui vous pousse à cultiver les calomnies
contre moi et contre le journal que je dirige et qui a eu à vous défendre
lorsque vous étiez inquiétés par le général Betchine. Nous y avons récolté sept procès intentés contre Betchine et qui sont toujours en cours contre Le Matin.

Je ne vous demande pas de faire preuve de gratitude, à l’impossible nul n’est tenu et nous n’avons pas besoin de gratitude pour faire notre devoir envers une injustice avérée même si de toute évidence vous n’êtes pas digne personnellement de la cause pour laquelle nous sommes traînés en justice.

Je ne vous demande pas de gratitude, nous continuerons à vous défendre à Constantine et à Alger contre les avocats de Betchine, et en votre absence puisque vous dites ne pas pouvoir venir en Algérie. Je ne vous demande aucune reconnaissance, mais juste de publier cette mise au point à l’intention de ceux qui vous lisent :

1) Je n’ai jamais reçu un euro ni un dinar de M. Khalifa ni du groupe Khalifa ni d’une quelconque personne en Algérie ou ailleurs. Le journal que je dirige n’a jamais reçu un centime de qui que ce soit depuis sa création, ce qui l’autorise à vous défendre contre le régime. Nous n’avons jamais troqué nos convictions contre de l’argent : si telle était notre voie, nous aurions pris le parti du général-milliardaire Betchine au lieu du vôtre, vous le capitaine démuni. Cela dit, comme de toute évidence vous êtes très mal informé, vous vous demandez s’il est vrai que ma fille travaille à KTV : je vous le confirme. Le cacher serait difficile : elle passe chaque soir à 18 heures sur la chaîne, elle s’appelle Nassima, elle est belle, talentueuse et son avenir est prometteur. Vous devriez vérifier vos sources, M. Aboud Hicham.

2) Vous avez donné une foule d’informations inexactes sur mes conditions de vie dans l’étrange but de me nuire. Je n’essaye pas d’en savoir la raison et ne vous en veux nullement : vous êtes sans doute forcé à le faire. Et je ne vous répondrai pas, ni étalerai dans mon journal ce qu’on colporte sur vous : je vous abandonne cette noble spécialité. Je ne vous traînerai même pas en justice : je ne peux à la fois affronter devant le juge la victime et son bourreau Betchine. Dans la vie, M. Aboud, il faut faire des choix et s’en tenir. Par ailleurs, je n’ai pas à me justifier sur mes ressources ni sur mes conditions de vie qui semblent vous obséder car cela ne regarde que moi. Mais sachez juste qu’en Algérie comme durant mon exil forcé, je n’ai jamais tendu la main à qui que ce soit parce que chez nous, quand on est directeur d’un journal algérien, c’est-à-dire d’un pays anciennement colonisé, on ne tend pas la main à l’ancienne colonie. Il nous suffit qu’elle soit une terre d’accueil, le temps d’une crise passagère. J’ai les moyens de vivre dignement sans solliciter la presse française, ni RSF, ni les ONG françaises. Cela me permet aujourd’hui de regarder la tête haute tous les journalistes de l’Hexagone chez qui les nouveaux harkis se précipitent pour dire du mal de leur pays. Et ce qui me permet, dans la foulée, d’envoyer balader le général Betchine et les pontes du régime quand je décide de publier les articles désespérés d’un certain Aboud Hicham qui porte, à partir de Paris, de courageuses accusations contre le régime algérien. C’est mon choix, je ne changerai pas, et l’adresse du Matin ne
changera pas non plus : j’attends que vous tapiez à notre porte quand le vent tournera. Tranquillisez vous : on vous ouvrira parce que nous, nous n’avons de comptes à rendre à personne.

Salutations

Mohamed Benchicou

Réponse :

Je n’userai pas de baratin pour vous répondre, mais par des faits réels qu’il vous serait impossible de réfuter. Je ne me base pas seulement sur ma connaissance du personnage mais surtout sur des documents officiels et de témoignages de personnes qui ne vous sont pas inconnues. Pour que les choses soient claires, et pour ne pas laisser place à la moindre des ambiguïtés, je reprends vos arguments un par un et je vous apporte la réponse phrase par phrase, point par point. Que voulez-vous de plus que ça ?

Vous écrivez :  » On vient de me faire part d’attaques gratuites que vous auriez commis à mon égard sur votre site. J’ignore ce qui vous pousse à cultiver les calomnies contre moi et contre le journal que je dirige et qui a eu à vous défendre
lorsque vous étiez inquiétés par le général Betchine. Nous y avons récolté sept procès intentés contre Betchine et qui sont toujours en cours contre Le Matin.
 »

En rédigeant cette mise au point sans avoir pris le soin de lire ce que j’ai écrit à votre sujet dans le dossier consacré à la chaîne KHALIFA TV, vous le journaliste chevronné ne pensez-vous pas que vous venez de commettre un manquement grave à l’éthique journalistique. Cela vous aurez permis d’éviter d’écrire au conditionnel. Je vous confirme que dans le dossier Khalifa, je vous ai bel et bien cité.

Ce que j’ai écrit ne constitue nullement des attaques gratuites comme vous le prétendez. Ce ne sont nullement des calomnies que je cultive et vous êtes bien placé que je n’ai aucun compte à régler avec vous pour chercher à vous nuire. Avant de vous citer dans l’article consacré au milliardaire énigmatique Rafik Khalifa, je n’ai pas manqué de vous appeler au journal tout en vous laissant mes coordonnées téléphoniques pour me rappeler. Vous n’avez pas jugé utile de le faire pour confirmer ou infirmer les informations que j’ai rapportées. Je ne cherche pas à comprendre s’il s’agit d’une simple arrogance ou d’une impuissance à me convaincre du contraire. Si vous vous interrogez sur ce qui me pousse à chercher la vérité et la révéler à l’opinion publique cela prouve, on ne peut mieux que vous avez l’habitude de n’écrire que lorsqu’on vous pousse à le faire. Cela est largement démontré dans vos écrits.

Vous avez une longue expérience journalistique et vous savez bien que lorsqu’on fait de l’investigation journalistique ce n’est nullement de nuire à quiconque si ce n’est que pour révéler la vérité. Une vérité qui ne dérange que ceux qui ont quelque chose à se reprocher.

Quand m’avez-vous défendu quand le général Betchine m’inquiétait ? Indiquez moi un seul numéro du Matin où vous aviez pris une seule position quand je fus dépossédé de mon journal El Acil en 1993? Un seul numéro de votre quotidien où vous avez exprimé la toute petite solidarité quand le quotidien Le Libre en 1994 fut suspendu au mépris des lois du pays? Allez chercher dans les archives de votre journal et sortez moi un seul numéro où vous m’aviez exprimé le moindre soutien lorsque j’ai été arrêté, placé en garde à vue, ensuite mis sous contrôle judiciaire et enfin traduit en justice sous la fallacieuse accusation de  » troubles à l’ordre public, la sécurité publique et atteinte aux intérêts supérieurs du pays « . Quand m’avez-vous soutenu lorsque je traînais dans les tribunaux et récoltais les condamnations à des peines de prison l’une après l’autre. Pas un seul mot de solidarité.. Trouvez moi un seul numéro de votre journal où vous aviez dénoncé le pouvoir des généraux qui a pris en otage ma famille en l’empêchant de me rejoindre dans mon exil en 1999. Et vous osez, aujourd’hui, toute honte bue prétendre m’avoir défendu ?

Quels sept procès avez-vous récoltés pour m’avoir défendu ? Le général Betchine a intenté un procès à tous les journaux qui ont publié la lettre ouverte que je lui ai adressée en novembre 1998. Comment et dans quelle conditions Le Matin a publié cette lettre ? Votre consœur, Ghania Hamadou ayant appris que je rédigeais une lettre ouverte à Betchine, était venue me voir à Paris pour que je la lui remette pour publication. Deux jours après lui avoir remis le texte et ne voyant rien venir je l’appelle au téléphone pour l’interroger sur le sort qui lui a été réservé. Elle me rassura qu’elle vous l’avait remise et que la lettre sera publiée incessamment. Deux jours plus tard, il n’y avait toujours rien. Mes tentatives de la joindre par téléphone seront infructueuses. Elle ne répondait plus à mes appels ni aux messages laissés sur son répondeur. J’avais compris que votre journal ne pouvait franchir la ligne rouge que dépassait largement ma lettre. J’ai fini par l’envoyer à El Watan et El Khabar qui l’ont publiée dès le lendemain de sa réception.

Ce n’est qu’après la publication de cette lettre que vous avez fini par daigner à publier quelques extraits commentés. Pouvez-vous avancez le contraire ? Les paroles s’envolent, mais les écrits restent. J’ai en ma possession toutes les coupures de presse. Si vous en avez d’autres qui puissent me contredire n’hésitez pas à les sortir.

Qu’avez-vous réservé comme reconnaissance
à la famille de Saïd Mekbel ?


Vous écrivez  » Je ne vous demande pas de faire preuve de gratitude, à l’impossible nul n’est tenu et nous n’avons pas besoin de gratitude pour faire notre devoir envers une injustice avérée même si de toute évidence vous n’êtes pas digne personnellement de la cause pour laquelle nous sommes traînés en justice. »

Vous êtes très mal placé pour parler de gratitude. Je ne vous suis redevable d’aucune gratitude. Et vous êtes mal placé pour en parler. Avez-vous manifesté la moindre gratitude à Saïd Mekbel à qui vous aviez confié la direction du journal pour partir faire du bizness en France d’où vous exportiez vers l’Algérie des macaronis ? Avez-vous pris au moins le soin de payer le billet d’avion à son épouse pour qu’elle puisse assister aux obsèques de son défunt époux ? Lui avez-vous apporté le moindre réconfort ne serait-ce que lui présenter vos condoléances par téléphone ? Saïd Mekbel l’un des plus illustres martyrs de la presse algérienne durant ces folles années de terrorisme qui ont profité aux commerçants du sang et des larmes, l’ avez-vous laissé dormir en paix en prenant soin de ses enfants et de son épouse ? Leur avez-vous versé le moindre centime comme indemnités pour les aider à surmonter les graves difficultés financières dans lesquelles les a plongés la disparition du chef de famille ? Au lieu d’aider sa famille ne lui avez-vous pas réclamé de vous rembourser une misérable somme de 30.000 Dinars et de rendre un micro qu’utilisait Saïd pour les besoins du journal ? Quelle honte ! Et vous osez encore parler de gratitude. Je préfère ne pas m’étaler sur le sujet. Mais, si vous le souhaitez, j’y reviendrais.

Et Ameur Ouaguenni et Saïd Tazrout deux autres journalistes du Matin assassinés alors que vous vous occupiez en France de votre librairie et de votre société d’exportation de macaronis vers l’Algérie, quelle gratitude leur avez-vous manifestée ? Tous les journaux qui ont perdu des journalistes morts la plume à la main ont continué à verses leurs salaires à leurs familles. Le faites-vous au Matin ? Répondez sans détours. Je connais votre réponse:le silence des coupables.

Vous êtes redevable envers celui qui vous faisait le chauffeur par amitié et qui transportait votre petite famille à Ain Naâdja en Fourgon en pleines inondations quand votre Lada était en panne. Dois-je vous rappeler ce que vous lui avez fait en signe de gratitude? Vous êtes redevable envers ces journalistes dont la rémunération ne dépassait pas les 2000 Dinars (quelle misère) qui ne leur permettaient même pas de manger à leur faim vos macaronis et qui vous ont permis de vous retrouver à la tête d’un journal à grande audience.

 » Je ne vous demande pas de gratitude, nous continuerons à vous défendre à Constantine et à Alger contre les avocats de Betchine, et en votre absence puisque vous dites ne pas pouvoir venir en Algérie. Je ne vous demande aucune reconnaissance  »

Je ne sais d’où sortez-vous tout ça pour dire que vous me défendez à Constantine et à Alger? Cela n’existe que dans votre imagination. Je n’ai nul besoin de votre défense. J’ai mes avocats tant à Alger qu’à Constantine et ils n’ont jamais coordonné avec les vôtres. Autant votre défense est basée sur les vices de procédure pour éviter le procès, autant la mienne persiste et signe dans les accusations que je porte contre le général Betchine. Et je ne cesse de demander un passeport pour rentrer en Algérie pour lui faire face à lui et aux autres généraux maffieux.

Je ne prétends pas ne pas pouvoir rentrer en Algérie, mais vous savez bien que je n’ai pas de passeport algérien et vous avez refusé de publier mes différents appels lancés aux autorités algériennes pour qu’elles me délivrent un passeport pour que je puisse rentrer faire face à mes adversaires. Il n’y a qu’ElKhabar, El Watan et Liberté qui ont publié mes appels. El Khabar avait titré à la une « Hichem Aboud lance un appel à Bouteflika pour lui délivrer un passeport ». Mais, pas Le Matin. Vous avez même refusé de publier un démenti à votre désinformation lorsque vous aviez écrit dans la rubrique  » confidentiel  » que les autorités m’avaient délivré un passeport. Vous savez très bien que ni moi ni mon épouse ni mes enfants n’ont de passeport algérien . Tout comme nous refusons de nous faire délivrer des documents de voyage étrangers. Je ne suis pas du genre d’hommes qui demande la nationalité française pour ses enfants et donner, en même temps, des leçons de patriotisme aux autres. Je pense que vous m’avez compris.

La solidarité des milliardaires énigmatiques

 » Je n’ai jamais reçu un euro ni un dinar de M. Khalifa ni du groupe Khalifa ni d’une quelconque personne en Algérie ou ailleurs. Le journal que je dirige n’a jamais reçu un centime de qui que ce soit depuis sa création, ce qui l’autorise à vous défendre contre le régime. Nous n’avons jamais troqué nos convictions contre de l’argent : si telle était notre voie, nous aurions pris le parti du général-milliardaire Betchine au lieu du vôtre, vous le capitaine démuni.  »

Vous répondez n’avoir reçu aucun euro de Khalifa mais vous ne dites pas combien de milliers d’exemplaires du Matin vous achète quotidiennement Khalifa. Vous ne dites pas, non plus, qu’est ce qui vous motive à consacrer votre temps  » généreusement  » à KHALIFA TV si ce n’est la solidarité des milliardaires énigmatiques. Vous ne dites pas non plus pourquoi votre journal fait le black out sur un crime économique tel celui de l’évasion de 2 millions d’Euros dans des mallettes. Vous ne dites pas pourquoi vous persistez à défendre des voleurs pris en flagrant délit. Vous ne dites pas pourquoi vous n’avez pas réagi à la censure que vous avez subi lors d’une table ronde organisée par KHALIFA TV. Les gens ne sont pas dupes. C’est pas parce que vous vous calfeutrez à Boulogne que vous n’entendez pas la réaction de ceux qui vous lisent ou qui ne vous lisent pas. Votre complicité avec Khalifa n’a pas besoin de commentaire. Ceux qui s’assemblent se ressemblent.

Quant à répéter à chaque fois que vous me défendez contre le régime, encore une fois, sortez moi un seul article où vous aviez pris ma défense contre le régime. Chiche ! Arrêtez votre baratin M. Benchicou. Citez des faits réels. Après avoir fait commerce du sang des autres (je reviendrai sur le sujet), ne venez pas vous approprier le combat des hommes libres. Ce n’est pas parce qu’on vous a intenté un procès pour avoir publié des extraits de ma lettre adressée à Betchine en les reprenant d’El Watan que vous vous permettez de jouer à l’héros. Je sais pourquoi vous le faites. Pour mieux faire passer vos articles favorables aux généraux, comme vous l’avez déclaré au juge d’instruction qui vous demandait pourquoi publiez-vous les chroniques de SAS. Les lecteurs du Matin savent aujourd’hui ce qu’il est advenu de SAS.

Oui, je suis démuni comme la majorité des Algériens

 » Capitaine démuni  » dites vous ? Oui, je le suis et j’en suis fier. Je suis démuni comme la majorité des Algériens qui n’ont pas volé. Je fais partie de cette majorité d’Algériens appauvris par des généraux maffieux que vous n’osez pas dénoncer nommément. Des Algériens plongés dans la misère par ces trabendistes en col blanc dont vous faites partie, qui font évader les deniers publics d’Algérie pour investir en France. Ainsi, vous faites, aujourd’hui, partie de la minorité des nantis. Vous étiez plus démuni que moi. Mais, vous avez suivi une voie que j’ai refusé de suivre. Celle de l’enrichissement rapide et illicite. Jusqu’avant l’ouverture du marché du commerce du sang vous étiez démuni autant que moi. Nous nous sommes connus en 1977 au bureau d’Alger de l’hebdomadaire El Hadef dont j’étais le coordinateur de la rédaction. Pour arrondir vos fins de mois vous faisiez de la pige dans cet hebdomadaire pour la somme de 500 Dinars par mois. Durant votre service national, j’ai fait tout ce qui était en mon possible pour vous faire affecter à la revue El Djeïch que je dirigeais en tant que rédacteur en chef. Vous vous souvenez des multiples visites que vous me rendiez pour que j’intervienne pour votre affection parce qu’à l’issue de votre instruction militaire à l’EFOR vous avez été affecté à Chlef au lendemain du séisme de 1980. Vous faisiez partie de la classe des démunis. Durant les années quatre-vingts vous habitiez un petit appartement à la cité SEGNA de Réghaïa, pas loin de chez moi qui habitais la cité DNC.

Vous avez été actionnaire avec six autres journalistes du MATIN en détenant au départ 30 pour cent des parts (avant qu’un actionnaire partant ne vous cède ses deux pour cent). Vous êtes resté à la tête du Matin 18 mois. Jusqu’à 1997, il n’y a pas eu de répartition de bénéfices. Vous partez en France en juin 1993 toujours démuni. Subitement vous avez une société d’exportation de macaronis, une librairie, une maison à Boulogne (quartier chic) etc. Vous menez grand train de vie à Paris. Subitement, vous devenez riche. En parler, semble vous nuire. C’est normal. Quand la fortune est mal acquise, on souhaite taire son origine. C’est ce qui m’a amené à conclure dans l’article que vous semblez mettre en cause, Benchicou-Khalifa : même combat. Auriez-vous honte de mener le même combat que Khalifa ?

Voici mes preuves. Qu’en pensez-vous M.Benchicou?

Vous écrivez  » Cela dit, comme de toute évidence vous êtes très mal informé, vous vous demandez s’il est vrai que ma fille travaille à KTV : je vous le confirme. Le cacher serait difficile : elle passe chaque soir à 18 heures sur la chaîne, elle s’appelle Nassima, elle est belle, talentueuse et son avenir est prometteur. Vous devriez vérifier vos sources, M. Aboud Hicham. « 

Je ne pense pas être mal informé en livrant des informations sur KHALIFA TV sur la base de documents officiels que ni vous ni Khalifa ne saurez réfuter. Quant à votre fille, elle n’était pas au centre de mes investigations. Et comme vous le dites si bien, c’est parce qu’il vous est difficile de le cacher que vous finissez par l’avouer. Que son avenir soit promoteur, tant mieux pour elle. Je souhaite la même chose à toutes les Algériennes de son âge. Que ces Algériennes puissent avoir un meilleur avenir que celui que leur réservent ceux qui ont appauvris l’Algérie en allant investir en France après avoir bradé le Dinar sur le marché parallèle pour leur envoyer des macaronis.

Vous écrivez  » Vous avez donné une foule d’informations inexactes sur mes conditions de vie dans l’étrange but de me nuire. Je n’essaye pas d’en savoir la raison et ne vous en veux nullement : vous êtes sans doute forcé à le faire. Et je ne vous répondrai pas, ni étalerai dans mon journal ce qu’on colporte sur vous : je vous abandonne cette noble spécialité. « 

Quelles sont ces informations inexactes que j’ai publiées sur vos conditions de vie en France ? Pouvez vous me démentir lorsque je vous dis que le 22 juillet 1994 vous avez crée la SARL NEGOCE EXPORT au capital de 150. 000 FF ? Je préfère ne pas entrer dans les détails pour ne pas étaler la vie privée de vos supposées associées. Des femmes que je ne connais pas et qui n’ont pas lieu d’être citées dans cet article. Elles n’ont servi que de prête-noms dans vos magouilles. Je crois que cela suffit pour vous faire comprendre que j’ai toutes les données et que je n’ai nul besoin de vérifier mes sources. Mes informations je les puise dans des documents officiels signés de votre main.

Pouvez-vous me démentir que votre registre de commerce porte le numéro : 397915158. Numéro de gestion 94B03841. Date d’immatriculation : le 03/08/1994 au greffe de Nanterre. Dois-je vérifier mes informations ou douter de mes sources qui sont des plus officielles ? Je suis prêt à publier tous ces documents sur le site, si vous le souhaitez.

Pouvez-vous me démentir que le siège de votre société se trouvait au , 1 allée D’Issy 92310 Issy les Moulineaux qui était votre adresse personnelle ? Pouvez-vous me démentir que le siège fut transféré ensuite au 16, rue Kleber 92310 Issy les Moulineaux ? Dois-je publier les bilans annuels de votre société? Vous n’ignorez pas que je ne parle pas dans le vide. Vous devez savoir que je détiens tous vos bilans et vous vous permettez de me demander de vérifier mes informations. Dois-je les publier sur le site ? Quel culot ! M. Benchicou.

Pouvez-vous me démentir que votre librairie papeterie presse (vente au détail) se trouvait au 24, rue Anatole France à Issy Les Moulineaux ? Non, M.Benchicou vous ne pouvez pas me démentir. Et si vous n’aviez rien à vous reprocher vous ne m’auriez jamais accusé de vous avoir calomnié ni chercher à vous nuire ? Depuis quand nuit-on à quelqu’un lorsqu’on évoque ses biens quand ils sont acquis honnêtement ? En quoi pourrai-je vous nuire en disant que vous aviez ouvert un fond de commerce en France en 1994 si cela s’était fait dans la légalité et avec des fonds acquis honnêtement ? Quel mal y a -t-il si je dis que le directeur du quotidien Le Matin est vendeur de journaux à Paris? Si vous le faisiez honnêtement, il n’y a aucun mal.

Quant à la maison achetée à Boulogne, c’est vous même qui me l’avez confirmé lors de notre dernier entretien téléphonique il y a une année de cela, en me précisant même le nombre des pièces de cette maison. Avec quel argent l’avez-vous achetée ? Je suis salarié en France depuis le 9 janvier 1998 (je peux vous montrer mes fiches de paie, ça ne me gêne pas) et je ne peux me permettre d’acheter ne serait-ce qu’un petit studio. Pour bénéficier d’un crédit bancaire, je ne pense pas que vous puissiez répondre aux exigences draconiennes des banques françaises, sauf si… A quel prix l’avez-vous payée cette maison ? Pas moins de 150 millions. Ce qui représente en dinars, un milliard et demi. Voilà, ça y est vous faites partie du club des milliardaires énigmatiques.

Vous constatez bien, M.Benchicou, qu’ils ne s’agit pas de rumeurs colportées. Mais des informations qui ne souffrent pas la moindre contestation. Quant à dire que vous vous refusez de colporter dans votre journal les rumeurs qui circulent sur mon compte, je prends à témoin l’opinion publique dont vous avez le devoir de servir en tant que journaliste, de vous mettre au défi, de publier tout ce que vous pouvez savoir sur moi.

Vous me connaissez de longue date. Si vous avez la moindre des choses sur ma carrière militaire ou de journaliste, publiez-la, sans la moindre hésitation. Si vous avez la moindre preuve que j’ai bénéficié d’un logement social en Algérie ou en France, d’un lot de terrain à bâtir, d’un commerce au nom d’une personne qui me servirait comme prête-nom, d’un quelconque acte contraire à la morale et aux idées que je défends, n’hésitez pas. Vous disposez d’un journal à grande audience, une arme redoutable, n’hésitez pas à l’utiliser pour me faire taire à tout jamais. Les rumeurs, par contre, pour vous éviter des procès en diffamation, je peux m’en charger. Le forum de mon site est ouvert à toutes les rumeurs qui circulent sur mon compte. Je ne les censure pas pour m’amuser en les lisant. Elles sont la meilleure preuve que mes adversaires qui se recrutent tant chez les généraux maffieux et leurs larbins que chez les commerçants du sang et des larmes qui jouent aux donneurs de leçons, n’ont pas le moindre argument pour me discréditer.

Je vous rappelle qu’à la suite de la parution de La Mafia des Généraux, qui n’était pas à votre goût, tous les généraux maffieux cités dans mon livre et leurs larbins ont remué ciel et terre pour me trouver la toute petite des compromissions pour me salir. En vain. Bien après eux, les cercles français qui font commerce du drame algérien menés par François Gèze et son orchestre ont tout fait dans le même objectif. Ils n’ont rien trouvé.

Vous avez perdu votre honneur pour riposter au démuni que je suis


Vous écrivez :  » Je ne vous traînerai même pas en justice : je ne peux à la fois affronter devant le juge la victime et son bourreau Betchine.  »

Non! Si vous avez la possibilité de le faire n’hésitez pas. Vous savez très bien que je détiens des preuves de ce que j’avance. Vous avez la certitude que mes preuves sont irréfutables et incontestables. Vous ne pouvez nullement m’accuser de vous avoir diffamé. Gardez votre baratin pour ceux qui ne vous connaissent pas encore. L’opinion publique, à la lecture de ces lignes, sait, maintenant, qui vous êtes et vous n’arriverez pas à l’induire en erreur par la magie des phrases.

 » Dans la vie, M. Aboud, il faut faire des choix et s’en tenir. Par ailleurs, je n’ai pas à me justifier sur mes ressources ni sur mes conditions de vie qui semblent vous obséder car cela ne regarde que moi  »

Oui, j’ai fait le choix de faire partie de cette majorité de démunis pour garder ma liberté de dénoncer tous les maffieux et leurs larbins. Dénoncer tous les opportunistes de votre éspèce et tous les commerçants du sang et des larmes du peuple algérien. Par contre, vous, M.Benchicou, vous avez fait le choix d’une voie honteuse qui permet, certes, l’enrichissement rapide, mais, vous avez perdu votre capacité de riposter aux démunis honnêtes qui vous interrogent sur l’origine de votre fortune. Vous avez perdu l’honneur qui permet de riposter au démuni que je suis. Assumez, donc, votre choix et taisez vous. Cachez vous quand on vous montre du doigt. C’est ça, votre choix.

Vos conditions de vie en France ne m’obsèdent pas. Seulement, je tiens à vous rappeler que lorsqu’on a honte de justifier ses ressources, on ne doit pas se permettre de donner des leçons de morales aux autres et notamment à ceux qui dénoncent les malfrats qui mènent une véritable entreprise de mise à mort de l’Algérie. La différence de nos choix réside dans le fait est que vous refusez de justifier vos ressources contrairement à moi qui ne trouve aucune gêne à publier ma déclaration d’impôts annuelle et de faire en public l’inventaire de tous mes revenus centime par centime.

 » Mais sachez juste qu’en Algérie comme durant mon exil forcé, je n’ai jamais tendu la main à qui que ce soit parce que chez nous, quand on est directeur d’un journal algérien, c’est-à-dire d’un pays anciennement colonisé, on ne tend pas la main à l’ancienne colonie. Il nous suffit qu’elle soit une terre d’accueil, le temps d’une crise passagère.  »

Pouvez-vous nous dire pourquoi êtes-vous parti vous installer en France en juin 1993 ? A quel titre vous êtes vous installé ? vous n’aviez ni l’asile politique ni l’asile territorial. Comment les autorités françaises vous ont-elles permis de séjourner sur le territoire français au-delà des trois mois du visa ? Pourquoi laissez-vous votre famille en France puisque vous affirmez que vous avez sollicité l’accueil de l’ancienne colonie le temps d’une crise passagère ? Vous Appelez à mener la guerre contre le terrorisme et à son éradication tout en mettant à l’abri votre famille à Boulogne ? Je ne suis pas naïf pour attendre une quelconque réponse de votre part à ces questions. Si vous le souhaitez, je peux répondre à votre place pour éclairer l’opinion publique.

Vous écrivez  » J’ai les moyens de vivre dignement sans solliciter la presse française, ni RSF, ni les ONG françaises « .

Sans avoir dévalué le Dinar Algérien chez votre ami de Bordj Bou Arreridj, sans avoir commis des délits économiques, je n’ai pas tendu la main à RSF ou à une quelconque ONG ni à un quelconque organe de la presse française . Si c’était le cas, François Gèze et son orchestre auraient été les premiers à me dénoncer. Quant à vous, M.Benchicou, les moyens dont vous disposiez pour ne pas tendre la main, vous les aviez obtenus de manière qui vous met dans la gêne pour en parler aujourd’hui. Pouvez-vous me dire pourquoi avez-vous refusé de désigner, en votre absence, un directeur de la publication du MATIN parmi les associés ? pourquoi vous avez mis tous les obstacles pour qu’aucun de vos associés ne puisse prendre connaissance de la gestion des deniers du journal et notamment les recettes des ventes du journal en France ? Pouvez-vous me dire pourquoi Le Matin a disparu du marché français en 1996 ? La Banque Extérieure d’Algérie ne vous a-t-elle pas interrogé sur le pourquoi du non rapatriement de ses recettes ? Le non rapatriement des recettes du Matin n’est-il pas un délit économique pour lequel vous deviez répondre devant les tribunaux si un échéancier ne vous a-t-il pas été accordé par la BEA sur intervention de Kéramane? Etes-vous en mesure de répondre à ces questions M.Benchicou ? Personnellement, je connais les réponses. Mais en votre qualité d’homme de communication, éclairez l’opinion publique sur la face cachée du Matin.

Vous écrivez  » Cela me permet aujourd’hui de regarder la tête haute tous les journalistes de l’Hexagone chez qui les nouveaux harkis se précipitent pour dire du mal de leur pays « .

Pouvez-vous regarder la tête haute l’épouse et les enfants de Saïd Mekbel ? Pouvez-vous regarder la tête haute certains de vos associés restés en Algérie, qui vous ont mis sur la table toutes vos magouilles lors de réunions houleuses. Pouvez-vous regarder la tête haute SAS qui a fait la grandeur de votre journal ? pouvez-vous regarder la tête haute, les journalistes que vous rémunériez à 2000 DA au moment où vous exportiez vers l’Algérie des macaronis et des spaghettis ? Qui sont-ils ces harkis qui se précipitent en France pour dire du mal de leur pays ? dénoncez-les. Sinon, vous êtes leur complice. Et si l’insinuation m’est adressée, au vu de cette gifle que je vous assène, vous ne devez pas hésiter une seconde pour me sortir un seul de mes écrits à travers lequel je dis du mal de mon pays. Un pays que tu as dépravé en participant à le dépouiller des miettes que lui ont laissé les généraux maffieux.

«  Et ce qui me permet, dans la foulée, d’envoyer balader le général Betchine et les pontes du régime quand je décide de publier les articles désespérés d’un certain Aboud Hicham qui porte, à partir de Paris, de courageuses accusations contre le régime algérien. « 

Je n’ai pas attendu 1998 pour envoyer balader Betchine en profitant d’une guerre de clans et en attendant le feu vert d’un clan maffieux qui m’assure la protection. Je vous renvoie aux archives du quotidien Le Libre pour vous rafraîchir la mémoire. A l’époque vous n’aviez pas le courage de reprendre ces écrits et leur donner l’écho qu’ils méritent. Les pontes du régime quand ils sont dénoncés nommément, vous avez été le premier à les défendre par des écrits tendancieux pour tirer sur mon livre  » La Mafia des Généraux  » que vous vouliez présenter comme un pamphlet contre l’armée, en titrant, le 18 février 2002,  » Encore un livre brûlot contre l’armée algérienne « . Le surlendemain vous revenez encore sur le sujet en faisant une lecture tronquée du livre, dans le but de le discréditer. Vous n’avez fait qu’entretenir l’amalgame entre l’armée algérienne et une poignée de généraux maffieux que je ne cesserai jamais de dénoncer jusqu’à leur jugement pour crime contre l’humanité.

Votre baratin ne passe plus, M.Benchicou, vous êtes démasqué. Quand avez-vous publié  » les articles désespérés d’un certain Aboud Hicham  » ? Indiquez moi les numéros ou les dates des éditions de votre journal pour que je les cherche dans les archives. Hormis un droit de réponse en juillet 1999 qui m’a été publié après trois rappels et menaces de recourir aux organisations internationales de la presse vous dénonçant de m’empêcher d’user de mon droit de réponse, un deuxième en réplique à votre attaque contre mon livre et un troisième droit de réponse au général Larbi Belkheir, dont certains de ses passages ont été censurés. Trouvez moi un seul de mes écrits où je me suis exprimé dans les colonnes de votre journal ou une seule interview.

Quant aux courageuses accusations portées contre le régime, je n’ai pas attendu le temps de m’exiler pour le faire. Je ne parle pas, comme vous, dans le vide. Je vous renvoie aux archives d’El Acil daté du 16 décembre1992 où j’accusais clairement les généraux maffieux de l’assassinat de Boudiaf. Celui du 1er avril 1993 où je dénonçais en termes sans équivoque les généraux en leur promettant que le peuple ira cracher un jour sur leurs tombes. Consultez le Quotidien le Libre du mois de mars 1994où je dénonçais les pratiques maffieuses de Betchine et les tortures qu’il avait fait subir aux manifestants d’octobre 1988. Le Libre du 29 juin 1994 que j’avais ouvert à Nacer Boudiaf pour dénoncer sans ambages les assassins de son père. Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres. Je n’ai nul besoin de vous rappeler mon courage que vous avez eu l’honneur de vérifier quand vous étiez sous ma conduite à la revue El Djeïch. Vous reconnaissiez que sous ma conduite vous bénéficiez d’une liberté d’expression que vous n’aviez pas à EL Moudjahid. Vous reconnaissiez que je n’agissais pas sur instruction du commandement militaire. Vous étiez témoin des pressions que je subissais de la part du commandement militaire. Vous savez très bien que vous ne pouvez pas affirmer, aujourd’hui, le contraire. Des dizaines de journalistes de notre génération ont accompli leur service national à la revue El Djeïch peuvent apporter leur témoignage. C’est ce qui explique le respect dont je bénéficie auprès de mes confrères de la presse, et les rares larbins qui ont cherché à descendre en flammes mon livre ont été calmés par ceux qui connaissent mon passé journalistique et mon intégrité morale.


Vous terminez en concluant sur votre habituel ton démagogique « C’est mon choix, je ne changerai pas, et l’adresse du Matin ne changera pas non plus : j’attends que vous tapiez à notre porte quand le vent tournera. Tranquillisez vous : on vous ouvrira parce que nous, nous n’avons de comptes à rendre à personne.  »

Je vous ai répondu sur votre choix. Il ne sera jamais le mien. Quant à l’adresse du Matin, avec tous le respect que je dois à certains de ses journalistes honnêtes, je ne prendrai jamais le chemin qui mène vers elle tant que vous êtes à la tête de sa direction. C’est à vous de vous rassurer que je ne frapperai jamais à votre porte. Nous n’avons pas les mêmes principes ni les mêmes valeurs morales. Ce que je viens d’écrire le démontre amplement. Le vent tournera toujours en faveur de l’honnêteté. La preuve vous est apportée, aujourd’hui. Si vous étiez honnête, M.Benchicou, vous n’auriez jamais eu à subir ces vérités que je clame à votre face, en public, sans que vous soyez capable de répondre bien que vous disposez d’un journal à fort tirage. Un journal qui ne vous sert même pas à défendre votre malhonnêteté.

Je ne conclurai pas sans commenter la phrase que vous m’avez dédiée dans votre chronique du jeudi 20 mars.  » ce capitaine algérien exilé reconverti dans la délation de ses compatriotes, une façon comme une autre de gagner son pain à Paris, les Chouchou algériens ne manquant pas dans la douce France  » . Dites moi, Monsieur le journaliste professionnel, qu’entendez-vous par délation ? Est-ce le fait de dénoncer, preuves à l’appui, des maffieux qui font sortir les billets de banques dans des mallettes tout en jouant aux sauveurs de l’économie algérienne, qui relève de la délation ? Révéler à l’opinion publique leurs magouilles ce n’est pas de l’information? Est-ce le fait d’informer l’opinion publique des magouilles des agents de la mafia que vous appelez la délations des compatriotes ? Dois-je taire des vérités pour faire plaisir à ceux qui ont mis l’Algérie dans l’état qu’elle ne devait jamais connaître ? Dois-je taire les magouilles de petits trabendistes en col blanc qui jettent l’argent du peuple à Gérard Depardieu et autres starlettes de ce qu’on appelle la jet set ? Est-ce de la délation que de faire étalage de vos magouilles en faisant commerce du sang des Algériens avec lequel vous avez fait des centaines de une de votre journal et vous retrouver dans la caste des milliardaires aux fortunes dont l’origine est plus que douteuse? C’est quoi l’information selon vous, M. Benchicou? Vous savez ce que c’est la délation M.Benchicou? Souvenez-vous lorsqu’en septembre 1988 lors de la grève des ouvriers de la zone industrielle, vous m’aviez accosté à Rouiba pour me remettre un tract du PAGS croyant avoir affaire à un officier véreux de la SM. Je vous ai simplement dit que cela ne m’intéressait pas et que ce n’était pas mon rayon. Je vous ai fait comprendre que je n’avais rien à voir avec les services opérationnels. Hébété et balbutiant vous aviez fini par lâcher « non, non, c’est pour votre lecture. Gardez-le » C’est ça la délation, ya Si Benchicou !

Sachez, M.Benchicou, que mon pain je le gagne proprement et honnêtement. Je ne suis pas comme vous. Rien ne me gêne pour justifier mes ressources et d’exhiber mes fiches de paie. Il n’y a que les chouchou qui sont gênés de justifier leur revenu parce qu’on sait comment les obtiennent-ils ? Qui de nous deux fait le chouchou dans la douce France en refusant de justifier ses ressources ? Les lecteurs connaissent la réponse.

En conclusion, je ne manque pas de vous rappeler que j’ai pour habitude de défier les hommes. Si vous en êtes un, et s’il vous reste un gramme de dignité, répondez à cette gifle que je viens de vous assener par une semblable en me trouvant une toute petite tâche noire avec preuves comme je viens de le faire contre vous. Ils seront nombreux à vous applaudir et venir vous faire courbette pour avoir trouvé une toute petite tâche sur le front de l’homme qui ne cesse de clamer haut et fort : Je suis propre et blanc comme neige. Chiche !
Sinon, taisez-vous, M. Benchicou. Quand on se fait prendre la main dans le sac on doit s’imposer le silence. Taisez-vous et méditez sur ce vieux proverbe arabe qui s’applique bien pour vous  » Il n’y a pas plus éloquent qu’une pute pour parler d’honneur « .


Hichem Aboud
Le 24/03/03

Certains s’interrogeront, certainement, pourquoi consacrer tout cet éspace et tout ce temps pour répondre à quelqu’un qui ne saura riposter à cette salve de vérités qui risque de lui provoquer un malaise cardiaque. Je leur réponds qu’il s’agit tout simplement d’un chapitre d’un prochain livre consacré aux commerçants du sang et des larmes. Je n’ai, donc, pas perdu mon temps en répondant à Benchicou.

le 24/03/03

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